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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 05:53

Depuis le temps que je voulais voir un concert du Boss en live… combien de fois ai-je bavé d’envie en regardant le dvd de son époustouflant concert à Barcelone en 2002 lors du Rising Tour… eh bien ça y est c’est fait. Le 5 juillet Bruce Springsteen & The E Street Band se produisaient à Bercy, et cette fois je n’ai pas raté l’occasion d’aller les voir.
Et quelle claque. Un concert dantesque. Juste énorme. Une tuerie de 3h40, sans aucun temps mort. Et quelle force, quelle intensité, quelle énergie ! Jamais vu ça. En communion avec une salle comble (et comblée), Springsteen a livré un show incroyable, comme je crois que lui seul est capable d’en faire.


333 springsteen bercy scene2
Il paraît qu’on était 18 000 ce soir là dans l’arène du Palais Omnisport de Paris Bercy. En tout cas une chose est sûre : personne n’était assis, du début jusqu’à la fin tout le monde dansait, remuait, bougeait et chantait au rythme des titres envoyés par le gars du New Jersey.
31 pour être exact. 31 titres pour un concert marathon d’une puissance que j’ai rarement vue, et jamais sur une telle longueur. 31 titres dont une quinzaine de différents par rapport au concert de la veille au même endroit. Le Boss a une telle profusion de chansons et de hits à sa disposition qu’il peut se permettre de modifier la moitié de sa setlist d’un soir à l’autre et de parvenir à contenter son public malgré tout. Certes, jeudi soir nous n’avons pas eu droit aux Born In The USA, The River ou encore Badlands qu’il avait interprétés le mercredi soir, mais peu importe, il y avait tant d’autres classiques sous la main…

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Parmi les 31 titres je ne vais pas tout citer, juste dire que Springsteen a réussi à mêler parfaitement nouveautés et morceaux plus anciens. Les titres de son dernier album en date (Wrecking Ball – 2012) sont d’ailleurs particulièrement bien adaptés à la scène, je retiendrais entre autres We Take Care Of Our Own, Wrecking Ball ou encore Land Of Hope And Dreams repris en chœur par les fans. Évidemment il y a eu les « incontournables » issus de l’album The Rising (2002) comme My City Of Ruins, un The Rising hyper vitaminé et un génialissime Waintin’ On A Sunny Day durant lequel le Boss a fait monter sur scène une jeune fille pour la faire chanter avec lui le refrain. Et puis du plus ancien encore avec un For You en solo au piano, Born To Run, Because The Night, Dancing In The Dark, j’en passe et j’en oublie. Très proche de son public, Springsteen en a pour tout le monde, à droite, à gauche, derrière la scène… et va même jusqu’à se permettre quelques incartades au milieu de la fosse dont une où il se fera porter à bout de bras sur une vingtaine de mètres pour rejoindre la scène. Il joue avec les gens, harangue la foule après 3 heures de concert : « Fatigués ? » et d’enchaîner par un « one two, one two three four » qui annonce le titre suivant sans laisser la moindre seconde de répit entre deux morceaux.

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Du spectacle le Boss sait en donner et sa générosité semble sans limite. Idem d’ailleurs pour tous les autres membres du E Street Band (élargi à une quinzaine de musiciens) dont les inoxydables Bittan, Nils Lofgren et Little Steven Van Zandt aux guitares, Garry Tallent (le type au nom prédestiné) à la basse, Patti Scialfa (madame Springsteen) à la guitare acoustique et l’immense Max Weinberg, gardien du rythme et cœur battant du band, à la batterie. Le violon de Soozie Tyrell, les cinq cuivres, les chœurs, claviers, percussionnistes… tout le monde suit l’exemple du Boss et donne sans compter. Pendant le concert Bruce Springsteen rend hommage à plusieurs personnes, dont une partie de sa famille (sa maman Adèle, sa fille Jessica qu’il fera danser sur scène, sa sœur et belle-sœur sont présentes dans la salle) et bien entendu au regretté Clarence Clemens, mythique saxophoniste du groupe remplacé avec talent par son neveu Jake Clemens.

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Les morceaux s’enchaînent, les minutes, que dis-je, les heures passent, la salle vibre, l’énergie distillée en est presque palpable… et 3h40 plus tard, Springsteen et le E Street Band saluent une foule électrisée et en délire.
Je n’en reviens toujours pas, ce type a un talent inouï. Musical bien sûr, mais d’une autre teneur également. Ce bonhomme de bientôt 63 piges n’a pas son égal pour vous filer une pêche d’enfer, et créer le temps d’un concert une bulle en dehors de l’espace temps où rien d’autre ne compte que la scène, la musique et ce lien entre un artiste hors du commun et son public.

Vous n’avez pas vu de concert de Rock tant que vous n’avez pas vu un concert du Boss. Il n’est pas le Boss pour rien.

Et pour le plaisir, Waitin' On A Sunny Day par Bruce et la petite Amandine, ce jeudi 5 juillet 2012 à Bercy :



 


The Rising un peu chaotique les 15 premières secondes :

 


 

 

Et un petit Born To Run pour la route :



 

 

Crédits photos : © Patrice Guino pour Rockerparis.blogspot.fr & Marie Hoegel


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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:27

Bon c’est pas tout ça mais vu le nombre de chroniques de films que j’ai en retard cette année va falloir que je me remue un peu pour pas être complètement à la ramasse. Non pas que j’espère redevenir complètement d’actualité un jour mais au moins que je puisse parler de films pas disparus des salles depuis quatre mois, ce serait pas mal comme objectif. Je laisse donc ma flemme de côté pour quelques instants et je m’en vais vous causer cinéma…

Alors aujourd’hui, un tout petit film, sorti en catimini en mars de cette année : Hénaut Président, de et avec Michel Muller. Au moment de sa sortie sur les écrans il était parfaitement d’actualité puisqu’il relate la campagne politique du candidat indépendant Pierre Hénaut (Michel Muller) aux élections présidentielles de 2012. Petit maire de campagne, modeste et intègre, il a pour projet de se présenter aux présidentielles avec un programme exclusivement tourné vers l’Europe et le fédéralisme. Bref, plus chiant tu meurs. Totalement dénué de charisme et piètre communicant ses chances sont nulles. Mais sa rencontre avec Thierry Giovanni (Olivier Gourmet), patron d’une agence de pub en mal de reconnaissance va changer la donne. Giovanni et son équipe vont prendre en main le candidat et le modeler de façon à en faire une bête médiatique et politique. Vendre de la levure pâtissière ou un candidat à la présidentielle, pour lui c’est du pareil au même, à ceci près que la notoriété dont il bénéficiera après ce coup là, s’il le mène judicieusement, sera toute autre. Cela dit, avec Pierre Hénaut il y a du boulot et pour ainsi dire tout à changer dans l’image qu’il dégage. Mais pour faire bouger les sondages d’opinion, Giovanni, magouilleur et truqueur dans l’âme n’hésitera pas une seconde à employer les méthodes les plus douteuses et profiter de la naïveté de son candide candidat…


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Bien, soyons honnête, il s’agit d’une petite comédie franchouillarde sans grande prétention. Qui a su parfaitement jouer de l’enjeu des élections de 2012 (rappelez-vous qu’il y a encore quelques mois on nous vendait les présidentielles comme le tournant qui allait changer nos vies à tous) pour gagner un cachet particulier l’inscrivant en plein dans l’actualité et en faisant une petite fenêtre ouverte sur l’aspect caché des élections, l’envers du décor. Petites magouilles médiatiques, coup fourrés télévisés, recettes et arnaques en tout genre pour jongler avec les fameux sondages d’avant scrutin… on passe en revue tout l’aspect manipulations des masses communication de la politique.
Là encore il faut relativiser : il ne s’agit pas spécialement de mise à l’index ni de dénonciation en bonne et due forme de ces procédés, on est et on reste dans la comédie qui a pour but principal de distraire (en tout cas je l’ai pris comme ça). Ça peut d’ailleurs même par moment paraître caricatural dans la parodie. Mais en tout cas cela souligne bien que pour faire de la politique, ce ne sont pas tant les idées qui importent que la façon dont « on les vend », la prédominance de plus en plus évidente de la forme sur le fond, chose qu’on constate élection après élection (cf. les smseries, facebookeries et autres twiteries récentes…).

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Côté comédiens, on notera que Olivier Gourmet en publiciste sans vergogne vole la vedette à Michel Muller en candidat mollasson et gentillet. Les salauds sont toujours plus intéressants que les bons gars, encore une triste réalité que démontre le film. Voir Olivier Gourmet dans ce rôle tout en démesure et en exagération aura été pour moi un vrai contraste puisque je venais de le voir en dvd deux jours auparavant dans un autre film politique récent, L’Exercice de l’État, où il tient le rôle de l’homme politique cette fois-ci (et que je ne saurais trop vous conseiller d’ailleurs).

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Sinon pas grand chose à signaler sur ce film, qui ne m’a que moyennement convaincu. Une comédie honnête, un thème d’actualité et original, un déroulement assez prévisible. Ça se regarde sans déplaisir mais on ne s’en relèvera pas la nuit.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 10:45

“Nice to see you, it’s been a long time.”

Tu m’étomes Tonn. Euh, tu m’étonnes Tom.
20 ans. Cela faisait 20 longues années que Tom Petty & the Heartbreakers ne s’étaient pas produits sur scène en France. Et mercredi 27 juin ils étaient là, fringants sexagénaires, en concert au Grand Rex de Paris.
Et moi aussi j’étais là. Forcément. Le cœur battant, le sourire aux lèvres et cette émotion spéciale qui accompagne les moments rares et tant attendus. Parce que Tom Petty c’est une de mes références musicales majeures, un de ceux que j’écoute en continu depuis des années au point que sa musique m’imprègne inconsciemment. Combien de fois me suis-je pris à siffloter ou fredonner un de ses titres ? C’est simple, pour moi il est au panthéon des artistes anglo-saxons que je vénère, juste après Leonard -Dieu le père- Cohen et au même niveau qu’un Bruce Springsteen, qu’un Eric Clapton ou qu’un Mark Knopfler.

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Pourtant en France, le nom de  Tom Petty & the Heartbreakers n’éveille pas grand-chose chez le commun des mortels. Citez-le autour de vous et vous récolterez comme uniques réactions des « euh, qui ça ? » qui attesteront pour le moins de la pauvreté ambiante question culture musicale. Star aux USA, songwriter de talent et guitariste hors pair, Tom Petty est curieusement méconnu dans nos contrées. Pourtant ce n’est pas un perdreau de l’année, le bonhomme a connu ses premiers gros succès dès la fin des années 70 et n’a pas chômé durant sa quarantaine d’années de carrière. Mais voilà, faut pas compter sur la programmation musicale de RTL2, NRJ et consorts pour entendre du Tom Petty sur les ondes françaises… bonjour la diversité musicale. D’ailleurs moi-même je l’ai découvert voilà des années sur les judicieux conseils d’un collègue à l’oreille fine et au goût musical averti (thanx Pascal).

Mais revenons au Grand Rex.
Les briseurs de cœurs se s’ont fait attendre (début de concert à 20h00, trois quarts d’heure de première partie assurée par Jonathan Wilson, et arrivée de Tom et ses potes à 21h30), mais dès leur entrée c’est du grandiose, pas de tour de chauffe, on attaque d’emblée à fond les ballons (seul bémol du concert, le son n’aura pas toujours été au top, en particulier dans les aigus poussés un peu trop à fond pour mes pauvres oreilles) avec un enchaînement de hits qui réveillent (Listen to Her Heart, You Wreck Me, un I Won’t Back Down d’anthologie et un Here Comes My Girl repris en cœur par le public). Petty est là et bien là, costume trois pièces sur chemise blanche, ses éternels cheveux blonds mi-longs, la barbe soignée, changeant de gratte quasiment à chaque chanson, la classe incarnée. Et il n’est pas seul, tout du long du concert ses compères auront tour à tour l’occasion de démontrer leur talent : les excellents Ron Blair à la basse, Scott Thurston à la guitare, Benmont Tench aux claviers, le phénomal Steve Ferrone qui finira en nage à la batterie et l’incroyable Mike Campbell complètement habité par le son de sa guitare électrique.

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En dehors de quelques titres de leur dernier album en date Mojo (2010), tous les morceaux seront antérieurs à 1994. Tant pis pour moi qui aime bien The Last DJ (album de 2002) et qui adore Echo (1999) je me ferai une raison. Mais ce n’est pas comme si le groupe manquait de hits, difficile de tout caser en un concert. Et puis quelques hommages au passage, comme la géniale reprise de Peter Green (Oh Well) et l’inattendu Oh Carol de Chuck Berry.
Puis mon bonheur devient total quand Tom Petty entonne Free Fallin’ et Learning to Fly qui sont de très loin mes deux titres préférés. Je suis ailleurs le temps de ces deux chansons. Dans un autre monde, celui du son parfait, de l’accord ultime. Satellisé le Stéph.
Ça déroule et ça s’enchaîne, de riffs géniaux en ovations du public, Tom Petty termine sur Refugee et un Running Down A Dream du tonnerre. Enfin pas tout à fait, puisque le rappel se fera les doigts dans la prise au rythme des incontournables Mary Jane’s Last Dance et An American Girl. Et déjà le concert prend fin, ça fait deux heures et pourtant ça a filé à toute allure. C’est pas comme si je n’en reprendrais pas volontiers une louche, mais ce que j’ai entendu m’a comblé. Je suis doublement content d’ailleurs, puisque j’avais traîné ma petite sœur à ce concert, bien décidé à lui faire découvrir Tom Petty pour ses trente ans (elle est grande maintenant, il était temps qu’elle s’y mette) et on dirait bien que la greffe a pris.

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Alors pour répondre à la question du début de cet article, « c’est qui Tom Petty ? », c’est simple. Du grand art, du bon rock, de l’excellente musique : c’est ça Tom Petty & The Heartbreakers.

Et pour mon plaisir et le votre, je ne résiste pas à l’envie de mettre ici en lien quelques vidéos de la soirée au Grand Rex :

un I Won’t Back Down qui remue dans les chaumières,

 


un Free Fallin’ stratosphérique,

 


et un Learning To Fly pour atteindre le septième ciel !

 





Crédits photos : © Carsten Wilde pour Rocknconcert.com

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 12:53

Dans le monde merveilleux des séries télévisées, les américains sont sans conteste les rois. La grande majorité des séries viennent de là-bas, et si quantité ne rime pas toujours avec qualité (combien de pétards mouillés du style Terra Nova ou FlashForward pour un Battlestar Galactica ?) on finit toujours par trouver son bonheur dans un catalogue quasi illimité de choix.
Mais, au risque de choquer l’Oncle Sam, il n’y a pas que l’Amérique dans la vie, et surtout pas dans l’univers des séries télé. Les français qui ont peiné des dizaines d’années à coup de Navarro, Julie Lescaut et autres Joséphine Ange Gardien de triste mémoire, sortent enfin depuis quelques temps le nez de la bouse et proposent des choses intéressantes (Braquo, Engrenages, Mafiosa, WorkinGirls, …). Et ils ne sont pas les seuls : inutile de lorgner exclusivement outre Atlantique, un coup d’œil de l’autre côté de la Manche suffit parfois.


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C’est de Grande Bretagne que nous vient Luther, une série policière qui a su tirer son épingle du jeu, dans un genre tellement visité qu’il n’est pas si évident de s’y démarquer.
L’inspecteur John Luther (Idris Elba) est de ces flics habités par leur rôle et leurs responsabilités. Excellent enquêteur et fin connaisseur des mécanismes psychologiques qui poussent les criminels à agir, il a une capacité incroyable à se mettre dans la peau d’un tueur, à décortiquer ses motivations et ses réactions. Son instinct combiné à sa ténacité rageuse lui confèrent une perspicacité hors du commun, lui permettant de résoudre les affaires les plus difficiles et sensibles. Mais sa traque quasi obsédante d’un pédophile lui ayant échappé trop longtemps finit pourtant mal pour lui. Les conditions dans lesquelles il met hors d’état de nuire le criminel lui coûtent plusieurs mois de suspension et la séparation d’avec son épouse Zoé (Indira Varma). La série débute lorsqu’il reprend enfin du service, dans la suspicion et sous la surveillance de sa hiérarchie qui lui adjoint le jeune lieutenant Justin Ripley (Warren Brown) pour le seconder.

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D’entrée confronté à un double assassinat assez sanglant, Luther découvre assez rapidement la meurtrière mais sans pouvoir prouver sa culpabilité. Débute alors une relation de plus en plus ambigüe entre la jeune femme en question, Alice (Ruth Wilson), et le policier. Entre attirance et répulsion un jeu du chat et de la souris se met en place entre eux tandis qu’au fur et mesure des épisodes John Luther va se confronter à d’autres enquêtes et d’autres tueurs. Luther avec son caractère entier, sera d’autant plus mis à rude épreuve que du côté de sa vie privée, sa femme Zoé lui annonce vouloir le quitter pour un autre...

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Belle découverte que cette série policière anglaise ! Dès le départ elle imprime à sa narration un ton plutôt dur, froid, voire violent. Dans le registre « série policière réaliste » elle marque sa différence par une sorte de pessimisme ambiant qui colle aux images ternes, comme privées de couleurs. La violence, physique comme psychologique, y est omniprésente et même si on ne nous montre pas forcément tout, ce qu’on voit et surtout ce qu’on nous laisse le soin d’imaginer ne laisse pas indifférent c’est le moins qu’on puisse dire. Quant à la morale et « au bien qui l’emporte toujours à la fin », ce ne sont pas des concepts très développés dans cette série, ce qui n’est pas plus mal si vous voulez mon avis.

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Mais s’il est une chose à retenir avant tout de cette série, c’est le formidable véhicule qu’elle représente pour imposer Idris Elba comme un acteur impressionnant de présence et de charisme. En effet, le personnage incarné par Elba bouffe littéralement toute la place à l’écran. L’homme ne sourit jamais, de sa démarche légèrement courbée, les mains dans les poches, il impose sa carrure impressionnante sans jamais verser dans la caricature. Enclin à des accès de violence on sent pourtant toute la bonté qui anime John Luther derrière son lourd manteau qui lui serre de carapace. Aussi intelligent, perspicace, tenace et courageux qu’il soit, on entraperçoit derrière ce masque impassible et cette force tranquille des failles émotionnelles à la démesure du personnage. Idris Elba attire à ce point toute la lumière à lui que les autres personnages sont inexorablement relégués au second plan, sans être mauvais, mal écrits ou mal interprétés pour autant. Seule Ruth Wilson, qui incarne la psychopathe Alice, réussit à se faire une petite place à côté de l’immense Elba, son personnage parvenant à jouer sur les faiblesses de Luther, apportant au flic une adversaire à sa hauteur.

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Bien entendu au cours des épisodes on va croiser quelques frappadingues des plus déjantés et sanguinaires, un bestiaire de serial killers qui n’ont rien à envier à leurs collègues starisés par des séries américaines telles que Dexter par exemple.
Et si le glauque fait partie du quotidien dans cette série, ce n’est pas l’essentiel de ce qui la caractérise selon moi. Si je devais la qualifier, je dirais de la série Luther qu’elle est à la fois brutale et sexy, à l’image de John Luther lui-même. Oui, sexy. Je ne parle pas de scènes de cul ou de passages un peu osés, mais d’ambiance, de relations entre les personnages, comme une musique de fond tout juste perceptible. Est-ce dû à une forme d’animalité qui émane des héros principaux, ou est-ce une espèce de contre-poids aux meurtres et affaires bizarres dont ils s’occupent, toujours est-il que ce qui se dégage de cette série est assez hors du commun de ce côté là, se rapprochant du principe d’attirance / répulsion qui régente les relations entre Alice et John. Ou alors c’est juste moi qui vois des choses qui n’ont pas lieu d’être, allez savoir docteur. Comment ? mes petites pilules roses avant chaque repas et la verte avant de dormir ? c’est noté, je n’oublierai pas, promis.

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Bref, j’ai beaucoup aimé cette courte série (6 épisodes pour la saison 1, à peine 4 pour la saison 2), je l’ai trouvée fascinante, originale pour tout ce qui concerne les relations des personnages, et intelligente dans le développement de ses intrigues. À l’opposé de séries du type Les Experts, ici c’est avant tout le côté humain et faillible des personnages qui l’emporte sur le reste. Je suis bien content d’avoir appris qu’une saison 3 avait été commandée par la BBC, le final de la seconde saison ayant été d’un excellent niveau il faut bien le dire.
Si les séries de flics ne vous font pas peur, si vous acceptez de troquer le soleil de Los Angeles ou de Miami contre le Fog de Londres et si vous voulez avoir la confirmation du talent de Idris Elba, jetez vous sur Luther.

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 06:55

J’ai vu il y a quelques jours le Prometheus de Ridley Scott, et depuis je suis dans l’expectative. Je ne sais toujours pas si ce que j’ai vu est bon ou pas. Formellement d’une beauté à couper le souffle, un rythme qui ne laisse pas au spectateur le temps de penser (c’est peut-être à dessein), et des incohérences à gogo qui laissent des trous béants dans le scénario pour peu qu’on prenne le temps d’y réfléchir (d’où ma précédente remarque sur le rythme). Donc me voilà bien embêté pour pondre un avis clair sur ce film. Je me laisse encore quelques mois pour bien y repenser et je vous dirai quoi comme on dit dans eul ch’nord.

En attendant le verdict donc, je suis tombé sur quelque chose dont je n’ai pour le coup eu aucun mal à mesurer le degré de connerie, mais qui malgré tout m’a fait -bêtement je le confesse- marrer.

Le chat-hélicoptère.
Si, ça existe.

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Ça se passe aux Pays-Bas (l’autre pays du Flamby). Orville, le chat de Bart Jansen meurt tragiquement dans un accident de la route (l’histoire ne dit pas s’il traversait dans les clous avant de finir scotché à un pare-choc de 33 tonnes mais peu importe). Son maître, endeuillé, fan d’aviation et artiste-bricoleur dans l’âme a décidé de rendre hommage à sa bestiole canée en même temps qu’à sa passion (le chat tenait son patronyme de Orville Wright, un pionnier américain de l’aviation).

Il a donc fait empailler le greffier les pattes en croix, tout en lui collant un petit moteur d’aéromodélisme dans le buffet et une pale d’hélico à chaque papatte (façon chapeau de l’inspecteur Gadget).

Paraît-il que de son vivant le bestiau aimait déjà bien les oiseaux. Dans sa seconde vie il pourra donc les côtoyer de très près.
J’imagine bien l’étourneau de base qui verra ce chatcoptère le courser dans les airs promettre devant Dieu de ne plus jamais abuser du jaja à l’avenir.

D’ici que l’hurluberlu néerlandais apparaisse dans une pub de pâté pour chats avec un slogan du genre « Moi, Bart Jansen, éleveur de Chat-coptère je vous conseille Pal(e) pour votre animal » il n’y a plus qu’un pas.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 07:20

Ouch. Deuxième film coup de coeur de l’année après Chronicle. Dans un genre bien différent cependant ; après les apprentis super-héros voici un survival dans le monde des grands méchants loups.

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Dans Le Territoire des Loups, Liam Neeson prête sa grande carcasse à John Ottway, chasseur bourlingueur au coeur lourd qui traîne ses guêtres au fin fond de l’Alaska où il est embauché pour assurer la sécurité des ouvriers d’une compagnie pétrolière. John est du genre silencieux et bourru, il vit en permanence dans le passé, hanté par les souvenirs de son passé : l’image d’une femme et des regrets inexprimés qui le rongent. Quand arrive le moment de rentrer à Anchorage, ses collègues et lui embarquent à bord du dernier vol avant les grands froids de l’hiver. Mais l’avion n’arrivera jamais à destination : pris dans une tempête il s’écrase dans l’immensité blanche du Grand Nord. Les rares survivants du crash savent que personne ne les secourra avant des semaines. La meute de loups qui règne sur ce territoire sauvage les a déjà repérés et pris pour cibles... Ottway ne voit pas d’autre issue pour son petit groupe que de se mettre en marche vers la forêt à la recherche d’un meilleur abri. S’engage alors pour la poignée d’hommes qui restent un combat sans merci contre la Nature, le froid intense et les prédateurs qui les traquent, ce qui ne sera pas sans créer des tensions entre eux. Vaincre ses limites, résister à un environnement plus qu’hostile et rester unis, il n’y a pas d’autre solution s’ils veulent survivre...


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Mis en scène par Joe Carnahan (auteur de l’intéressant Narc mais aussi de Mi$e à Prix et de l’adaptation ciné de L’Agence tous Risques qui ont tous deux de bons échos mais que je n’ai toujours pas réussi à voir) ce Territoire des Loups n’entre pas dans le tout-venant du survival tel qu’on a l’habitude d’en voir. Il y a bien entendu les passages obligés du genre : une tension qui monte crescendo, des survivants qui y passent les uns après les autres, le sacrifié pour que les autres puissent continuer, des personnages aux caractères forts et marqués, des scènes d’action réussies (rien que le crash de l’avion est déjà très impressionnant), etc...

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Mais Carnahan ne s’est pas contenté de réciter sa leçon et de dérouler le mode d’emploi du film de genre réussi, il y a insufflé autre chose, de plus lancinant et qui donne au film une saveur supplémentaire. Tout tient dans le personnage de John Ottway. Il y a en lui une sorte de mélancolie, de tristesse mêlée de force, de désespoir profond qui paradoxalement l’empêche d’abandonner la lutte sans se battre. De ce point de vue la performance de Liam Neeson est doublement bluffante. D’abord c’est un rôle très physique qu’il endosse là, et du haut de ses soixante piges il en impose le bonhomme. Rien à voir avec les rôles de papy-bastonneur qu’il a tenu récemment dans des films comme Taken par exemple, où il distribue quelques coups de tatanes avec vigueur et efficacité certes, mais qui restent du domaine de l’actioner sur mesure et chorégraphié. Ici c’est autre chose, il dégage une aura de force et de dureté peu commune. Et pourtant il parvient à glisser dans son jeu quelque chose d’indéfinissable qui donne l’impression qu’un poids titanesque le tire en permanence vers les abîmes. John Ottway, si dur et abrupt qu’il soit, a une faille dans la carapace, indicible mais profonde, certainement aussi difficile à combattre que le froid et les loups qui l’assaillent.

Et du coup il ne s’agit plus pour Ottway de « seulement » survivre aux bêtes féroces qui en veulent à sa peau, mais aussi à l’homme de trouver les ressources morales suffisantes pour ne pas baisser les bras alors que tout, objectivement comme psychologiquement,  le pousse à simplement abandonner.

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C’est en cela que Le Territoire des Loups dépasse (pour pas dire qu’il l’explose) son statut de survival. Dans ce film on ne parle pas que de quelques gars qui doivent survivre aux loups et au froid arctique. Il est question de foi en l’homme et de foi en Dieu, de remise en question, de réflexion sur la mort (et donc sur la vie), de la destinée et du sens (s’il y en a un) de tout cela. Il y a à ce sujet une scène lourde de sens et que j’ai trouvée très difficile à regarder juste après le crash, quand l’un des survivants succombe à des blessures trop graves dans les bras de Ottway. Ce dernier lui explique doucement ce qui va arriver et l’accompagne dans son agonie et sa panique jusqu’à son dernier souffle. C’est fait sans mièvrerie, sans exagération et sans apitoiement, et ça a une force émotionnelle qui se pose là. Une de ces scènes qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma, encore moins dans un genre un peu bourrin comme un survival.

328 territoire loups crash2
Si je ne peux pas cacher que j’ai été pris aux tripes par ce film, je ne peux pas non plus passer sous silence quelques défauts que j’ai notés par-ci par-là. À commencer par les loups du titre. Les effets spéciaux qui les concernent m’ont un peu décontenancé. C’est très certainement voulu pour appuyer le côté peur ancestrale du « grand méchant loup » et imposer le sentiment de se trouver face aux prédateurs ultimes contre lesquels l’homme est totalement démuni, mais les loups qu’on voit en gros plan m’ont posé un problème de crédibilité et d’authenticité. Ils sont énormes les bestiaux ! et ouvertement pervers dans leur comportement ! Mais ce défaut de réalisme n’entrave pour autant pas la tension dont les loups sont le vecteur, c’est du reste l’essentiel. Au contraire si on accepte la description des loups et de leur comportement telle qu’elle apparaît dans le film, on comprend qu’on ne parle là pas que d’animaux poussés par la faim mais de bien autre chose, qu’on y voit selon sa propre interprétation des anges de la mort ou une métaphore de la vie dans tout ce qu’elle peut avoir de cruel...
On peut également reprocher une certaine prévisibilité par moment : on sent parfois quel personnage va y passer sous peu, même si sur la fin ce n’est plus le cas. Mais là encore, c’est une des limites inhérentes à ce type de film, pas un défaut propre à celui-ci spécifiquement.

328 territoire loups loup
Quant à la fin du film, elle m’a tout simplement scotché. C’est une fin grandiose, émotionnellement phénoménale, comme on n’en voit pas souvent, et qui introduit au dernier moment un autre regard sur le reste du métrage (attention spoiler \ le poème du père de John et la citation finale ont un impact faramineux et donnent un sens très philosophique à la fin du film / fin du spoiler). Je l’ai trouvée d’une force et d’une classe assez uniques.

328 territoire loups live and die this day
Voilà vous l’aurez compris, je ne peux que conseiller Le Territoire des Loups. C’est un film puissant. C’est un film prenant. Et c’est une des chouettes surprises de ce début d’année.

328 territoire loups aff

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:34

Ce qui m’a poussé à lire ce livre, c’est le nom de son auteur : Mike Carey. S’il n’est pas spécialement connu comme écrivain, il l’est en revanche comme scénariste de comic books. Et ce n’est pas le plus mauvais d’entre eux, loin s’en faut. Parmi ses oeuvres phares il faut avant tout citer une tripoté d’épisodes de la série Hellblazer (qui met en scène le personnage de John Constantine) pour le compte de DC / Vertigo. Il a également adapté au format BD le roman Neverwhere de Neil Gaiman. Pour Marvel il s’est frotté à différents personnages dont les X-Men et la version Ultimate des Quatre Fantastiques. Actuellement c’est avec la très chouette série The Unwritten (toujours chez Vertigo) qu’il tient le haut du pavé. Mike Carey a un style bien à lui, alliant intelligence, originalité et humour dans un cocktail assez détonant. J’ai donc voulu voir ce que ça donnait dans un autre format, celui du roman.

Dans Cercle Vicieux, le héros principal se nomme Félix Castor. Le bonhomme est exorciste (bien qu’il puisse communiquer avec les morts il n’en porte pas pour autant la soutane, loin de là) et détective privé. Il exerce ses talents à Londres, à une époque où le surnaturel a éclaté au grand jour. Les fantômes et autres morts-vivants sont devenus monnaie courante et à ce titre les législateurs anglais planchent sur une loi qui doit donner un statut juridique à tous ces êtres post-mortem qui partagent le quotidien des humains. Castor pour sa part utilise ses dons pour résoudre énigmes et enquêtes tantôt en free-lance, tantôt comme soutien aux forces de l’ordre. Quand un couple en deuil vient lui confier une enquête un peu spéciale, il ne peut s’empêcher de l’accepter : des parents lui demandent de retrouver leur fille kidnappée. Ou plutôt de retrouver le fantôme de leur fille, qui a été enlevé, par un confrère exorciste qui plus est. L’affaire n’étant pas banale, Castor va mettre sur le coup son meilleur indic, Nicky, un zombie geek, paranoïaque et plein de ressources, ainsi que son associée Juliet, un succube au charme dévastateur. Et comme rien n’est jamais simple dans la vie de Félix Castor, il doit également gérer le cas de Rafi son meilleur ami qui est interné depuis qu’un démon de la pire espèce ait possédé son corps.

L’enquête va bientôt le mener sur les traces d’une secte d’adorateurs de Satan, dans les pattes de Garous peu avenants et surtout ... droit dans de gros problèmes.

Bon alors quoi dire de ce roman ?
D’abord j’ai appris qu’il s’intègre dans un genre de littérature dont je ne connaissais pas le nom jusqu’ici : l’Urban Fantasy. En gros on prend les codes d’un genre ultra-codé, le polar urbain, qu’on plonge dans un environnement qui emprunte peu ou prou à cet autre genre qu’est le fantastique. Ça peut paraître un peu lourd dit comme ça, voire foutraque même, et pourtant quand c’est bien mené ça donne un mélange assez intéressant. Et justement donc, Mike Carey prouve qu’il sait aussi bien mener sa barque en tant qu’écrivain qu’en tant que scénariste de comics. Il crée dans ce bouquin un univers très particulier, assez sombre, qu’il fouille et bâtit consciencieusement le rendant cohérent et contre toute attente crédible. La force de Carey réside avant tout dans ses personnages. Il sait les rendre intéressants et attachants. Qu’il s’agisse de Castor ou des seconds rôles comme Nicky le zombie et Juliet le succube. D’ailleurs le personnage de Félix Castor n’est pas sans rappeler le John Constantine qu’il a maintes et maintes fois mis en scène dans Hellblazer. Le gars revenu de tout, qui ne s’étonne plus de rien et qui prend tout d’un air faussement détaché, avec un humour piquant et une pointe de cynisme... tout cela en fait un détective alliant classicisme et modernité. On l’apprécie d’autant plus que la narration se fait à la première personne et qu’on « vit » toute l’histoire à travers son regard particulier sur le monde. L’autre point fort de Mike Carey c’est son sens des dialogues et les répliques cinglantes qui fusent, soulignant ainsi un peu plus l’humour souvent noir de Castor.
L’intrigue quant à elle, sans être exceptionnellement géniale, sait se montrer suffisamment  tortueuse pour ne pas décrocher le lecteur avant la fin. Si Carey sait gérer avec brio tous les éléments fantastiques qui émaillent son récit, il prouve aussi qu’il se débrouille pas mal du tout dans le registre plus spécifique du polar.

À savoir cependant sur ce roman, c’est qu’il s’agit du deuxième tome d’une série de romans ayant pour héros Félix Castor. L’éditeur français Bragelonne a sciemment décidé de laisser tomber le premier tome et de commencer directement la traduction par le second tome de cette série. À la lecture il n’y paraît rien, on a tout ce qu’il faut dans ce tome pour bien appréhender l’univers et les personnages.
En ce qui me concerne l’expérience de ce Cercle Vicieux s’est révélée positive, et je ne serai pas contre une autre dose des aventures de cet exorciste détective privé (un second tome –le troisième dans la langue de Shakespeare, suivez un peu quoi- existe, toujours chez Bragelonne, et si l’occasion se présente je le lirai avec plaisir).

327 cercle vicieux

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Published by Stéph - dans Lire ou écrire
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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 09:19

On y avait cru, on l’avait espéré, pour quelques uns même cette promesse avait suffit à orienter leur vote. Mais aujourd’hui la déception est de taille. Cruelle désillusion. De quoi en dégoûter certains de la politique à tout jamais. Le constat est là pourtant, irréfutable, incontournable : c’est un premier échec pour le nouveau Président de la République, un de ceux qui font le plus mal. Voici la première douche froide de ce quinquennat balbutiant : Mickael Vendetta, blaireau leader de niveau international, ne partira pas vivre ailleurs, il a annoncé qu’il restait en France.

Il faudra bien vous y faire pourtant, c’est ainsi. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient paraît-il.

326 caramba encore rate

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 14:00

Sorti dans la foulée de la cérémonie des Oscars, porté par le vent du succès qui n’a pas lâché Jean Dujardin depuis The Artist, le film Les Infidèles, de et avec Jean Dujardin et Gilles Lelouche a aussi fait parler de lui suite à la polémique lancée au sujet de ses affiches promotionnelles. Jugées provocantes, sexistes et de très mauvais goût, certains ont même avancé qu’elles risquaient de nuire à Dujardin dans la course à l’Oscar du meilleur acteur.
Eh bien pour une fois les américains auront été moins puritains que certains français et ne lui en ont pas tenu rigueur puisqu’on sait tous ce qu’il est advenu de la cérémonie hollywoodienne. Franchement, si l’on peut à la rigueur discuter de l’aspect « mauvais goût » de ces affiches-gags (et alors dans ce cas il faudra m’expliquer qu’on puisse censurer une œuvre pour mauvais goût, autre débat…), il suffira de voir le film pour juger de son caractère sexiste et machiste, donnant soi-disant une image dégradante de la femme. Les Infidèles est une comédie, avec ses exagérations et ses débordements, mais en aucun cas le film ne véhicule de message propre à être censuré. Bref, cette polémique aura été ridicule de bout en bout et de triste augure quant à la liberté d’expression et l’humour dans nos contrées…

Moi qui suis allé voir le film, je peux donc vous rassurer, à l’image de ce qui se fait pour la défense animale : aucune femme n’a été blessée ou maltraitée au cours de ce long métrage. Enfin si, une. Mais ça compte pas, c’était une vieille.

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Bon mais alors de quoi ça cause ?
Il s’agit non pas d’une histoire mais de plusieurs, de durées et de propos très divers, mais toutes centrées autour de l’infidélité des hommes. C’est une comédie, donc le sujet est traité surtout sur un ressort comique, bien qu’à l’occasion le ton humoristique cède sa place à d’autres, plus graves. Je pense en particulier à l’histoire mettant en scène Dujardin et Alexandra Lamy dans le rôle d’un couple de quinze ans qui s’avoue ses infidélités sur l’idée de départ d’un « on s’aime, on peut tout se dire » qui va vite dégénérer. Ou encore à l’histoire mise en scène par Michel Hazanavicius (ils sont sept réalisateurs à se succéder au cours du film) dans laquelle Jean Dujardin interprète un bureaucrate plutôt terne qui essaie tant bien que mal de s’encanailler au cours d’un congrès de sa boîte, qui m’a vu mal à l’aise et presque gêné de voir ce pauvre type s’enfoncer dans le pathétique.. Et celle où Gilles Lelouche est un orthodontiste qui tombe amoureux de sa jeune patiente est également à ranger parmi les sketches à fond plus sérieux.

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À côté de cela, il y a les scènes où on se lâche ouvertement. Des petites « pastilles » très courtes, notamment celles mettant en scène Manu Payet (absolument hilarant) et Guillaume Canet (dont la coupe de cheveux est à la mesure du contre-emploi qu’il joue). Gilles Lelouche en footeux aux urgences vaut son pesant de cacahouètes aussi. Évidemment c’est moins fin, voire parfois même carrément gras, mais ça ne m’a pas gêné une seconde. Le clou étant le sketch des « infidèles anonymes » où plusieurs personnages (que des hommes bien sûr) se retrouvent en thérapie de groupe pour avouer et combattre leur infidélité chronique. Sandrine Kiberlain y interprète une thérapeute féministe, revancharde et peau de vache qui vaut le détour.

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Quant à l’histoire principale, celle qui débute et clôt le film, qui narre les frasques de deux potes qui ne peuvent pas s’empêcher, bien qu’étant en couples, de sauter (sur) tout ce qui bouge, c’est la plus longue mais celle qui m’a le moins enthousiasmé finalement. Bon c’est sûr, Dujardin et Lelouche y jouent deux lourdaux hypocrites et cela donne quelques scènes amusantes, mais leur voyage aux States fait un peu trop dans la démesure et l’exagération, si bien que ça m’a donné l’impression d’avoir du mal à se situer clairement entre dénonciation et grand-guignol...

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En tout cas, loin d’être un chef d’œuvre (ambition dont le film ne se targue pas du reste), Les Infidèles est un film distrayant, voire vraiment marrant par moment. C’est une tarte à la crème que de dire cela d’un film à sketchs tellement c’est évident : il y a des sketchs meilleurs que d’autres, en cela le film s’avère inégal sur son ensemble. Mais la sensation prédominante pour moi a été positive. Et pour revenir rapidement sur la polémique dont je faisais état en début d’article, vu, au cours de ce film, tout ce que les mecs se prennent dans la tronche question fidélité, hypocrisie, sincérité des sentiments, vu la manière dont ils passent quasiment tous pour de grands gamins parfaitement irresponsables et menés par une seule loi, celle de leur libido, je crois qu’on peut l’affirmer : le film n’est en rien machiste. Au contraire même, c’est limite sexiste dans l’autre sens, vu que les seuls torts, vices et travers dénoncés ici sont masculins, comme si les femmes en étaient elles-mêmes exemptes…

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Je profite rapidement de cet article pour faire passer un message à caractère très personnel puisqu’il s’adresse à mon ami Éric, qui me lira peut-être.
Pour la petite histoire, mon meilleur ami et moi partageons comme les deux compères du film, depuis des lustres, le rêve d’un voyage tous les deux à New-York, et nous comptons bien parvenir à le réaliser un jour. Mais que ce soit clair et sans l’ombre du moindre doute : Éric, pour moi ça tient toujours mais en aucun cas, tu m’entends bien, en AUCUN cas, il ne faudra compter à ce que notre périple finisse comme dans le film. Non négociable.
Ceux qui ont vu Les Infidèles comprendront...

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:37

Voici quelques temps déjà, j’avais beaucoup aimé les deux livres de Bill Bryson que j’avais pu lire : American Rigolos et Nos Voisins du Dessous* qui narraient les aventures domestiques de l’auteur et sa découverte rocambolesque de ces deux grands pays iconiques que sont les Etats-Unis et l’Australie. Si bien que je n’ai pas hésité à me lancer dans ce gros ouvrage à l’ambition démesurée mais assumée dès son titre, quand j’ai su que c’est Bill Bryson qui assurait le rôle de conteur.

Et pour répondre à la question qu’on peut légitimement se poser à la vue du titre, OUI, Bryson nous dit tout sur tout, ou presque.

Dans ce formidable ouvrage de vulgarisation, l’auteur aborde à peu près l’ensemble du champ des connaissances actuelles, mais revient aussi sur un aspect extrêmement intéressant : l’Histoire des Sciences. Il va donc au gré de ses pérégrinations dans l’Histoire, aborder différentes disciplines scientifiques, allant de la chimie à la physique quantique, en passant par l’astronomie, la géologie, la zoologie, la paléontologie, la botanique, la biologie, l’anthropologie, j’en passe et des meilleures… Oh oui, je sais qu’énuméré comme ça, ça a tout l’air rébarbatif, mais détrompez-vous, c’est tout simplement passionnant.

Comme il faut bien se donner un fil rouge, Bryson suit comme trame principale l’écoulement du temps, tout simplement. Depuis le présumé Big-Bang jusqu’à nos jours, il va donc passer en revue la chaîne ininterrompue de l’évolution de notre univers, de notre système solaire, de notre planète et de la vie qu’elle abrite, nous compris. Ça cause atomes, mur de Planck, tectonique des plaques, origines des espèces, chaînon manquant de l’évolution du singe jusqu’à l’homme, inventeurs géniaux et fous méconnus qui ont peuplé l’histoire mondiale des découvertes scientifiques. Tout y passe sans que jamais, jamais, on ne se sente ni dépassé ni lassé par ce qu’on nous raconte dans ce bouquin.
Mine d’informations, ce livre n’est pas qu’un inventaire de connaissances théoriques, de lois mathématiques compliquées, d’explications de phénomènes physiques, loin de là, c’est beaucoup, beaucoup plus que nous propose Bill Bryson.

Car Bryson est avant tout un conteur hors-paire doublé d’un journaliste consciencieux. Ce qui rend son bouquin génialement construit. D’abord il a l’avantage de n’avoir pas de formation scientifique (il était journaliste économique pendant longtemps avant de devenir romancier), ce qui le place au même niveau que son lecteur lambda. Il se pose donc les mêmes questions que le quidam moyen, et sait utiliser en guise de réponses des mots simples avec un véritable talent pédagogique. Ce type n’enseigne pas, il raconte, et cela fait toute la différence…
Ce qui fait son originalité et sa grande force, c’est la capacité qu’il a de mêler étroitement l’Histoire aux petites histoires, l’information à l’anecdote. Cela donne un récit vivant, et un style d’écriture intelligemment perméable à l’humour et au second degré. Bill Bryson prouve avec ce livre qu’on s’instruit bien mieux en s’amusant.

C’est ainsi que j’ai appris entre mille choses, avec un grand étonnement, un léger dégoût et beaucoup d’amusement, qu’une étude très sérieuse a estimé qu’un oreiller de six ans est composé pour un dixième de son poids de peau morte, d’acariens vivants, d’acariens morts et de crottes d’acariens. On vous laisse imaginer pour ce qui concerne un matelas. Et encore, comme aime à le souligner Bryson, « au moins ce sont vos acariens », repensez-y quand vous irez dormir à l’hôtel… Voilà typiquement le genre d’anecdote amusante qui émaillent le livre, celle-ci étant insérée au sein d’un chapitre traitant entre autre de taxinomie, de la diversité des êtres vivants et du dénombrement des espèces. De la même manière vous en apprendrez autant sur la vie et la personnalité de grands esprits scientifiques tels Einstein, Newton et beaucoup d’autres, que sur leurs découvertes. C’est drôle, toujours authentique, intéressant, parfois bizarre et inquiétant, mais ça a surtout pour effet principal d’humaniser la science qu’on pourrait avoir tendance à considérer comme difficile d’accès de prime abord.

Avec un prof comme Bill Bryson, la Science devient un plaisir, ni plus ni moins. Lecture vivement conseillée !


* il est également fait mention de Une Histoire de tout, ou presque… dans un autre livre que j’ai lu précédemment : Instructions pour sauver le monde de Rosa Montero.

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