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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 15:14

Amateurs de nourriture bio, voici une bonne nouvelle.

Vous pourrez si vous êtes de passage à Changsha (ville du sud de la Chine), déguster des plats préparés avec du lait… de femme. En effet, un restaurateur soucieux de se distinguer de la concurrence a décidé de proposer quelques spécialités de ce type sur sa carte de menus !

Il a déclaré au journal local : « Lorsque les clients font un banquet au lait humain ils peuvent en même temps faire l'expérience de l'amour maternel. » tout en se portant garant de l’hygiène de son restaurant.
Le lait proviendrait de six paysannes, mais il n’est pas précisé combien elles sont rémunérées pour leur « traite ».

Ça tente quelqu’un ? (de goûter je veux dire, pas de traire !)

 

 

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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 17:38

Wolverine est un des personnages phares de l’univers Marvel. Il est sans conteste le X-Man préféré des lecteurs, et sa popularité est telle qu’il est omniprésent dans de nombreuses séries.
Principal protagoniste d’une pléthore de mini-séries qui lui sont consacrées, présent dans toutes les séries dédiées aux X-Men, depuis peu membre des Vengeurs … il collectionne les apparitions en guest-star et apparaît sur un nombre impressionnant de couvertures de comics. Bref, bien que moins connu du grand public qu’un Spider-Man, il est incontournable.

C’est donc très paradoxal de se dire qu’en même temps, sa série régulière n’a jamais vraiment déchaîné les passions. Pour ma part je l’ai d’ailleurs toujours trouvée plus anecdotique que les autres séries où il a été mis en scène. Même les grands évènements de sa « carrière » de super-héros ont eu lieu ailleurs que dans sa série, c’est tout de même un comble !
Quand Barry Windsor-Smith nous conte sa mésaventure avec l’organisation Arme X, c’est dans la mini-série du même nom. Quand Magnéto arrache son adamantium au squelette de Logan, c’est dans X-Men #25. Quand nous sont dévoilées les origines du nabot griffu, c’est encore dans une mini-série évènementielle (Origin par Joe Quesada, Paul Jenkins et Andy Kubert).

Inconsciemment, j’ai moi-même en tant que lecteur, toujours considéré la série Wolverine comme une « série B » face à ses aînées telles que Uncanny X-Men, Avengers ou Amazing Spider-Man. Une série souvent plaisante et distrayante, mais où il ne se passait rien de crucial.
Et j’ai l’impression en lisant les commentaires dans les forums, ou en discutant avec d’autres lecteurs de comics, que c’est un peu le sentiment de tout le monde.

Marvel a dû certainement faire le même constat, car il a été décidé de « booster » la série Wolverine en y créant l’événement. Tout d’abord, l’équipe créative a été remaniée, avec l’arrivée du décapant Mark Millar (tout auréolé du succès de ses Ultimates et Authority) au scénario, et de John Romita Jr en personne, transfuge de sa mythique série Amazing Spider-Man, au dessin. Excusez du peu.


De cette collaboration inédite est né le story-arc en six parties Enemy of the State, qui joue la rupture de ton avec ce qui avait été fait depuis des années sur la série. Millar dans son style percutant a décidé de revenir aux bases du personnage de Wolverine.
Qu’est-ce qui a fait que Wolverine sorte ainsi du lot des nouveaux X-Men lancés en 1975 ? Sa bestialité.
Logan est certes un héros, mais avant tout parce que l’humain prend le pas sur l’animal qui est en lui. Plus on remonte dans son historique, plus on se rend compte qu’il était sauvage, incontrôlable. C’est donc sur cet aspect que Millar base son histoire. Que se passerait-il si Wolverine se lâchait, s’il laissait parler la bête sauvage en lui ? D’autant que selon sa propre expression, il est sans conteste « le meilleur dans sa partie » …

On assiste donc au début de l’arc à un piège dans lequel Wolverine va tomber. L’Hydra, et la Main (deux des plus puissantes organisations criminelles de l’univers Marvel) s’associent pour transformer Wolverine en tueur à leur solde. Ils chargent le fantômatique et redoutable Gorgone, maître-ninja, de capturer le griffu et de le leur livrer moribond afin de lui faire subir un lavage de cerveau diabolique. Au-delà même de cela, il est littéralement reprogrammé pour devenir un tueur indomptable. La stratégie des criminels est simple : faire assassiner des super-héros par Wolverine afin de les récupérer pour les transformer à leur tour en tueurs implacables comme la Main l’avait fait à l’époque avec Elektra (tuée par Bullseye dans Daredevil vol.1 #181). En effet, la Main a la capacité de réanimer les corps de personnes mortes depuis peu de temps, pour en faire des quasi-zombies totalement soumis à ses ordres.
En ciblant des sur-hommes, ils tentent de gonfler leurs rangs de tueurs dotés de super-pouvoirs. Ce sera l’occasion de voir Wolverine en solo contre quelques stars du Marvel universe : Elektra, les 4 Fantastiques, Daredevil, ses coéquipiers X-Men… et c’est Captain America qui finira par le neutraliser, juste après qu’il ait tué l’un des X-Men lancé à sa poursuite. C’est sur la capture de Logan par le SHIELD (agence gouvernementale d’espionnage et d’affaires sur-humaines)d’un côté et la récupération d’Elektra par la Main (pour la seconde fois donc) que se finit Enemy of the State.


Comme souvent avec Millar, on ne s’ennuie pas à voir Wolverine semer le chaos alors que les autres héros se démènent pour l’arrêter. Les duels entre Wolverine et les nombreux héros qui interviennent au long des six épisodes sont très intéressants, pleins de punch et bien trouvés. Et il fait quelques victimes de second plan au passage, histoire de donner du poids et de l’authenticité à l’histoire.

Point de vue dessins, John Romita Jr rend une copie parfaite, il met dans ses planches de la puissance, de la fluidité et du spectaculaire, le tout mêlé à sa science bien rôdée de la narration. Il est et reste définitivement l’une des valeurs les plus sûres de l’écurie Marvel.

(Cliquez ici pour agrandir)


En résumé, si l’histoire et son déroulement sont assez basiques, les deux auteurs prennent visiblement du plaisir sur cette aventure de Logan, et ça se ressent à la lecture. C’est même plutôt communicatif. Bref, ce story-arc assure le spectacle tout en préparant le terrain à sa suite directe qui occupera les six épisodes suivants du duo Millar/Romita : Agent of the SHIELD.

 

 

 

 

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20 janvier 2006 5 20 /01 /janvier /2006 16:29

Je préfère rester incognito...
Je démarre cette nouvelle catégorie de notes avec un dessin de l’ami Pierig.
Comme vous pouvez le constater, c’est un dessin de moi en costume. J’aime d’ailleurs tout particulièrement l’emblème arachnéen sur mon torse, au regard à la fois mystérieux et insaisissable (c’est une façon plus classe de parler d’un léger strabisme). À part ça, tout le monde appréciera mon allure sportive, ma souplesse légendaire et mon air déterminé et zen à la fois (cf. le petit doigt en l’air).

Alors je voulais remercier à plusieurs titres Pierig : d’abord pour le temps qu’il a passé sur ce dessin, ensuite pour m’avoir permis de le mettre en ligne ici, et enfin pour me permettre de me reposer aujourd’hui puisqu’il m’évite ainsi de rédiger un (trop long ?) article ! :o)
Pour tout ça, et aussi pour tes commentaires réguliers sur ce blog, merci beaucoup Pierig.

NdS : Si comme Pierig d’autres personnes veulent apporter leur contribution, you’re welcome !

 

 

 

 

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 18:11

Ok, je l’avoue, j’ai toujours aimé George Clooney.
Qu’il soit pédiatre urgentiste (Urgences), aux prises avec des vampires (Une Nuit en Enfer), militaire escroc (Les Rois du Désert), voleur surdoué (Ocean’s Eleven), prisonnier évadé (O’Brother), psychiatre astronaute (Solaris) ou avocat amoureux (Intolérable Cruauté), ce type là assure. Un acteur de grande classe selon moi.

Mais depuis qu’il est aussi réalisateur, c’est bien simple : je l’adore ! Il m’avait déjà convaincu avec son premier film Confessions d’un Homme Dangereux, il récidive avec son second long métrage, Goodnight, and Good Luck.
Clooney a su démontrer depuis longtemps qu’il n’a pas seulement une gueule de playboy, il est aussi bourré d’humour, sait aborder des sujets très sérieux avec beaucoup de réflexion, et possède un esprit critique développé et une conscience politique affirmée. En voici encore la preuve avec son dernier film.

L’histoire se situe en 1953, et narre le conflit d’opinions entre le sénateur du Wisconsin Joseph McCarthy et quelques journalistes de CBS, menés par le présentateur vedette de l’époque, Edward R. Murrow.
George Clooney mêle astucieusement et de manière très fluide et naturelle des images d’archives (par exemple McCarthy n’est jamais interprété par un comédien, ce sont toujours de vraies images de lui à l’écran) à ce qu’il filme lui-même dans un Noir & Blanc soigné, à la fois classieux et abrupte.

Le réalisateur parvient à montrer avec beaucoup de finesse l’intensité et l’importance de l’opposition entre Murrow et McCarthy, décuplant habilement la valeur documentaire de son film. Là où Clooney dit vouloir avant tout rendre hommage à son père, lui-même journaliste de télévision, transparaît de manière assez évidente une critique non dissimulée de la télévision (déjà promise à la décadence d’aujourd’hui), et des méthodes des dirigeants américains actuels, qui sous prétexte de protéger la Nation réduisent les libertés individuelles comme peau de chagrin. Le parallèle est vite fait entre la « chasse aux sorcières » menée par le comité de lutte contre les activités anti-américaines de McCarthy et les lois du « Patriot Act » mises en place par le gouvernement Bush.

Ed Murrow, journaliste dans la tourmente.

Et comme pour se concentrer davantage sur son rôle de réalisateur, Clooney a l’humilité de ne pas se donner le rôle principal, se ménageant un second rôle peu mis en avant. L’humilité et certainement aussi l’intelligence, car cela ne fait qu’accentuer encore l’intérêt sur le propos du film (plutôt que sur la star). La brochette d’acteurs est par ailleurs formidable : un Robert Downey Jr tout en retenue côtoie un Jeff Daniels méconnaissable ou encore un Frank Langella impeccable. Et les deux qui éclaboussent le film de leur talent sont à mon avis Ray Wise (alias Don Hollenbeck) en présentateur émotif et aussi fragile que ses convictions sont profondes, et surtout David Strathairn, dont l’interprétation de Ed Murrow est parfaite en tous points.
D’ailleurs je vous conseille fortement de voir le film en VO (je ne sais pas du reste s’il est proposé en VF quelque part), ne serait-ce que pour la voix de Strathairn durant les séquences d’émissions en direct. Le ton, le phrasé, le rythme, tout renvoie à la perfection aux standards télévisés des années 1950.

Bref, si je vous conseille vivement ce film, je vous mets cependant en garde : il n’y a rien de spectaculaire ou de trépidant dans cette histoire, c’est juste le témoignage d’une époque douloureuse de l’histoire des États-Unis. Pas d’action, seulement un grand conflit d’idées politiques et de concepts sociaux.

 

 

Mais c’est magistralement raconté.

 

 

 

 

 

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 16:27


« Caresse ton chien, pas ta copine. »

Slogan publicitaire pour la promotion de l’abstinence avant le mariage, prônée par le gouvernement Bush.

 

 

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17 janvier 2006 2 17 /01 /janvier /2006 19:13

Dans ses vœux de nouvelle année, Dominique de Villepin s’est fait le défenseur de l’optimisme, et a livré sa recette pour un quotidien meilleur : y faire une place à l’humour et la tendresse. Sages paroles, qui ont l’avantage de soigner son image de poète et d’homme au charisme rassurant.

Pour tout dire, bien que je ne partage que peu de ses opinions politiques, je considère l’actuel Premier Ministre comme sortant de l’ordinaire, une coudée au-dessus du « tout venant » des hommes politiques, tous bords confondus.
Il a la stature et la prestance d’un véritable homme d’état, de ceux qui sortent du lot pas par leurs convictions et leurs éclats, mais bel et bien par leur personnalité et leur image. Fin diplomate, calme, posé, à l’apparence réfléchie et mesurée (à l’inverse d’un survolté Sarko par exemple), il ne participe pas à la détestable règle en cours en ce moment qui veut que « celui qui parle le plus fort a raison », et c’est tout à son honneur.

Et voilà que dans son élan de positivisme et sa lutte contre les déclinologues (dixit lui-même), il part personnellement en lutte contre la chute de moral des français et pour ce faire, s’attaque vaillamment au problème de l’emploi dans notre pays.
Après le CNE (Contrat Nouvelle Embauche) sorti au mois d’août, voici donc comme c’était parfaitement prévisible, qu’arrive son « grand frère », le CPE (Contrat Premier Emploi) qui élargit en gros le CNE aux entreprises de plus de 20 salariés. D’ailleurs entre parenthèses, je prédis un bel avenir à cette nouvelle famille de contrats. Gageons que d’ici peu, le CPE aura lui aussi un aîné qui concernera cette fois les plus de 26 ans.

Quelles sont les modalités principales du CPE ?
C’est simple, il s’agit d’un contrat d’embauche qui spécifie une durée de « mise à l’essai » de 2 ans, durant laquelle l’employeur peut mettre fin au contrat quand il le désire (pas d’obligation de délai entre la signification de fin de contrat et le licenciement effectif) et sans aucune justification à donner.
Deux choses me choquent particulièrement là-dedans.

D’abord ce délai de 2 ans. Vous êtes en essai pendant 2 ANS ! Dans un contrat classique de CDI, la période d’essai est généralement de 3 mois, ce qui me semble raisonnable. Mais 2 années complètes d’essai, comment peut-on concrètement justifier une telle durée ? Cela voudrait dire que vous pouvez bosser 2 ans à votre poste et qu’au bout de ces 2 ans votre employeur finisse seulement par se rendre compte que vous n’êtes pas fait pour ce boulot ?! Sans même parler des cas où avant de signer ce fameux CPE vous étiez déjà au même poste sous CDD ou contrat d’intérim… Ça n’est pas sérieux, pour ne pas dire proprement indéfendable.

Mais là où ça devient fort de café, c’est que la rupture de contrat dans ce délai ne nécessite aucun motif. AUCUN MOTIF. Autrement dit, en temps qu’employé sous contrat CPE, vous avez peur à tout moment de perdre votre place, pendant deux longues années. Vous allez travailler le matin sans savoir si vous aurez toujours du boulot en rentrant le soir. Qu’on risque de perdre son emploi après avoir commis des erreurs graves, pour incompétence notoire, absentéisme non-justifié à répétition ou pour faute professionnelle, je le conçois. Mais juste comme ça, « pour rien », comment cela peut-il être concevable ? Comment peut-on justifier une telle règle (ou absence de règle, au choix) ?
Imaginez-vous pendant 2 ans avoir une épée de Damoclès au-dessus de votre tête, et quoi que vous fassiez, rien ne peut vous mettre à l’abri. Aucune discussion possible, pas la moindre négociation de salaire, de congés, d’emplois du temps, d’heures supp, etc… possible, de peur d’entrer en conflit avec votre employeur, ou juste de lui déplaire. Prendre garde à ne jamais avoir la moindre divergence d’opinion avec lui, tout accepter et en redemander, être toujours dans ses petits papiers.
Je ne vous parle pas de « bien faire votre boulot » là, ce qui est normal du reste comme critère d’évaluation, non je vous parle de « relations humaines » de tous les jours.
Dans quelles relations entre personnes arrive-t-on à tenir 2 ans sans le moindre conflit, même le plus minime ? Même avec votre mari, femme, meilleur ami, parents, ça n’existe pas. Alors imaginez avec les personnes avec qui vous travaillez toute la journée. Tous ceux qui ont déjà une expérience dans le monde du travail savent cela : c’est impossible.

Le problème, c’est qu’à partir du moment où il n’y a aucune règle qui encadre un licenciement, ne pas avoir à justifier un licenciement revient à permettre de baser cette décision sur n’importe quels critères, y-compris ceux qui n’ont rien à voir avec le travail. On ne fait rien d’autre que permettre le licenciement abusif.
Pour exagérer au dernier degré, si vous êtes irréprochable dans votre travail, mais que vous ne soutenez pas le même candidat chevrotant de la StarAc que votre patronne, ou que vous plaisez un peu trop à la secrétaire de votre boss alors qu’il avait des vues sur elle, ça peut se transformer en motif de licenciement. Je prends évidemment des exemples volontairement extrêmes ( ?) et à la limite du ridicule, mais … il n’y a aucune protection de l’employé pour le soustraire à des risques de ce genre. Je trouve cela très grave.

Au final, qu’est-ce qu’un CPE ?
Rien d’autre qu’un contrat d’intérim moins bien rémunéré. L’intérim n’est évidemment pas une situation stable loin s’en faut, mais il a au moins l’avantage d’être mieux payé (à poste équivalent). À l’âge où j’ai touché mes premiers salaires, j’avais pas mal de copains qui préféraient justement pour cette raison l’intérim : plus d’offre et meilleur salaire avec en contre-partie des boulots moins intéressants la plupart du temps. Et ils n’avaient pas tort, leur raisonnement tenait la route. Tant qu’ils vivaient chez leurs parents.
Mais quand il s’est agit de s’installer seul ou en couple, ils ont évidemment recherché une situation plus stable. Aujourd’hui on leur proposerait certainement un CPE. C’est-à-dire un EMPLOI PRÉCAIRE.
Le banquier chez qui vous demandez un prêt pour remplacer votre vieille bagnole, ou le propriétaire qui sélectionne ses futurs locataires s’en tapent des mesures pour « relancer l’emploi des jeunes ». Ce ne sont pas leurs affaires. Ce sont des gens prudents (et on les comprend) qui veulent vous entendre dire : « j’ai un boulot stable, une rentrée d’argent fixe chaque mois ». Et si ce n’est pas le cas… merci on vous rappellera…

Dire que le CPE (tout comme le CNE avant lui) est mis en place pour combattre la morosité des français et relancer l’emploi me semble tellement loin de la vérité quand on y regarde de plus près, que je me demande comment des personnes arrivent à y croire. Il me semble que ça se rapproche bien plus de « combattre le droit du travail et relancer la précarité (qui se portait pourtant pas si mal je trouve) ».
Il y a quelques mois les français ont voté, à tort ou à raison, contre la constitution européennes, et bon nombre d’entre eux l’ont fait pour se préserver du libéralisme exacerbé que quelques oracles politiques nous promettaient… mais bon, ça c’est déjà du passé n’est-ce-pas…

Quand j’entends certains prises de position en faveur des CPE, je sursaute devant l’argumentaire. Pas plus tard qu’hier, j’entendais sur Europe 1 une lycéenne de 19 ans (qui a donc certainement une longue expérience de la vie active…) s’exprimer résolument en faveur du projet, arguant du fait que les CPE donneraient l’occasion aux jeunes de faire leurs preuves, permettraient de se donner à fond pour décrocher ensuite une situation plus stable. C’en est affligeant de naïveté, mais bon c’est encore excusable de sa part (ceci dit son vote a le même poids que celui de tout un chacun, raison supplémentaire de débattre de ce genre de choses).

Autre argument que j’ai énormément entendu, le fameux « c’est mieux que rien du tout ! ».
Oui bien sûr, et toucher le RMI c’est mieux que ne rien toucher du tout, faut-il s’en contenter ? Un tel raisonnement c’est du nivellement des valeurs par le bas, rien d’autre. On entend de plus en plus souvent des histoires de boîtes qui ferment pour délocalisation en Europe de l’Est. Et on est scandalisé quand la direction de ces entreprises proposent à leurs ouvriers et employés de partir en Roumanie bosser pour 1500 balles par mois. Ah tiens ? c’est pourtant mieux que rien non ?…

Enfin, un des arguments phare du gouvernement c’est le bilan du CNE. Depuis sa création, il y en aurait déjà 280 000 (chiffre à vérifier, je le donne de mémoire) de signés, preuve que ça fonctionne. Faux. C’est juste la preuve qu’un employeur n’est pas un imbécile, et que si on lui donne le choix entre plusieurs possibilités, il prend évidemment ce qui l’avantage le plus, donc le CNE plutôt qu’un CDI ou l’intérim, point. On nous présente ce chiffre comme la preuve éclatante que le CNE aurait créé une offre d’emplois. Ah bon ? Ça reviendrait à dire que sans CNE, les employeurs se seraient très bien passé de ces employés ?
Moi j’aimerais plutôt qu’on m’explique pourquoi ne pas proposer des CDI (avec essai de 3 mois) à la place des CNE qui sont censés déboucher aussi sur des CDI ? Faudrait-il comprendre que c’est parce que ces CNE ne déboucheront finalement pas sur des CDI mais sur d’autres CNE ? J’espère sincèrement que non.

Bref, vous l’aurez compris si vous avez eu le courage et l’obstination suffisante pour me lire jusqu’ici, le concept CNE-CPE me laisse un arrière-goût plus qu’amer en bouche. Évidemment je suis pour les initiatives qui permettront de relancer l’emploi, mais aussi pour celles qui combattront la précarité.
Je me pose la question suivante : pourquoi dans le contexte actuel privilégier les contrats les plus précaires ? Pourquoi ne pas favoriser les CDI plutôt qu’un CPE (par allègement de charges, incitations diverses, que sais-je encore…). À quoi ça rime et surtout qui y gagne ? l’employé ?

Et quand j’entends souvent dans des discours politiques, des invitations à remettre la « valeur travail » au cœur du système français, je suis assez d’accord, mais il faudrait que ce soit vraiment effectif, non ? Qu’est-ce que représentera cette fameuse « valeur travail » aux yeux de ceux qui seront au régime CNE-CPE ? Qu’est-ce que la « valeur travail » représente aujourd’hui aux yeux des licenciés d’une entreprise largement bénéficiaire telle que HP par exemple ?

Redonner de l’importance à ceux qui bossent, c’est une belle et grande idée, souvent brandie à droite, et je suis pour. Si on commençait par respecter les salariés et les faire passer de temps en temps avant les actionnaires, on serait sur la bonne voie.

Ou alors qu’on m’explique la dimension « drôle et tendre » du terme « Fin de Mission », j’avoue qu’elle m’échappe.

 

 

 

 

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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 12:21


Ça fait 8 ans.
Et tu nous manques toujours autant.

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13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 17:38

2005 a été l’année de deux films à grand spectacle qui ont bien plus de points communs qu’on ne pense à première vue. Les films auxquels je pense sont King Kong et La Guerre des Mondes. Je me suis amusé à faire un petit comparatif.

King Kong et La Guerre des Mondes sont deux films qui ont le même but : en mettre plein la vue du spectateur. Et l’un comme l’autre tient ses promesses. Techniquement ils sont très travaillés, truffés d’effets spéciaux parfaits en tous points : crédibles et impressionnants à la fois. Le nec plus ultra.
Dans les deux cas il s’agit de remake de vieux films mythiques, qui ont marqué l’inconscient collectif et évidemment contribué à poser certaines bases des genres qu’ils représentent. Le King Kong d’origine date de 1933 alors que La Guerre des Mondes au cinéma remonte à 1953, mais le roman de H.G. Wells de 1898 avait déjà connu une première diffusion à succès sous forme de fiction radiophonique en 1938 par Orson Welles.

À la barre de ces deux blockbusters hollywoodiens, on retrouve des réalisateurs exceptionnels. La méga-star et ultra-bankable Steven Spielberg, et le multi-oscarisé et couronné de succès pour sa monumentale trilogie tolkienne, Peter Jackson. Ils ont tous les deux déjà signé des films cultes dans leurs genres (les SDA, E.T., les Indiana Jones, Bad Taste, etc…) et ont décidé de s’attaquer à des monuments de leur jeunesse, des films qui ont modelé leur univers cinématographique.
Leurs films mettent en scène des icônes du cinéma fantastique. Le gorille géant et les tripodes destructeurs pilotés par des martiens, s’imposent comme des classiques des films de « monstres » (les tripodes, bien que mécaniques, possèdent toute la sauvagerie et la puissance d’un King Kong, et incarnent tout autant –sinon plus encore- la peur aux yeux des frêles humains).

Fallait pas énerver Kong !

Dans les deux histoires, les protagonistes principaux vont évoluer pour changer du tout au tout. Ann Darrow (Naomi Watts), tout d’abord victime sacrifiée et prisonnière du simien géant, va s’y attacher et finir par nouer une relation complice avec lui. Ray Ferrier (Tom Cruise), père inconstant et inconsistant va devenir pleinement responsable et adulte (au point de choisir à un moment entre ses enfants, ou encore tuer de sang froid un homme pour protéger sa fille).
Les deux longs métrages nous proposent des scènes d’anthologie : King Kong qui combat trois tyrannosaures simultanément, la sortie de terre du premier tripode géant, la fuite du troupeau de diplodocus, les plaines ensanglantées jonchées de ruines et de végétaux extra-terrestres, l’attaque de King Kong dans la salle de spectacle, la scène de cache-cache dans la cave entre l’œil mécanique et les survivants terrorisés…
Mais ils ne sont pas non plus dépourvus de défauts : la fin de La Guerre des Mondes est tout de même très décevante avec sa happy-end qui semble plus que déplacée (tout le monde est sauf, tout le monde se retrouve dans la joie, plus aucune trace des attaques extra-terrestres). Et j’ai été passablement bassiné par le ballet sur glace de Ann et Kong en plein Central Park ou encore les fameux échanges belle-bête ponctués de « c’est merveilleux » (surlignés au marqueur fluo pour qu’on comprenne bien surtout) en regardant le coucher de soleil sur l’horizon lointain (d’abord sur l’île, ensuite à Manhattan). On a connu plus fin.

Bref, beaucoup de points communs donc. Pourtant je dois avouer une nette préférence pour La Guerre des Mondes. Si les deux films se valent du point de vue spectaculaire, celui de Spielberg a éveillé en moi quelques petites choses en plus.
Quand je vois King Kong en action dans sa jungle je suis scotché. C’est très bien foutu, c’est fun et les images sont hyper-crédibles.
Mais quand je vois surgir du sous-sol et tout détruire sur son passage le premier tripode de Spielberg, je peux aussi dire que je suis scotché à mon siège tellement les images sont bluffantes, mais en plus j’ai sérieusement la trouille. Spielberg a su recréer cette même angoisse sourde que lorsque je regarde Les Dents de la Mer par exemple. Non seulement on s’en prend plein les yeux et les oreilles (d’ailleurs la bande son est extraordinaire et participe à hauteur égale avec les images à l’ambiance du film), mais ce vieux briscard de la pellicule qu’est Spielberg sait ménager ses effets et prendre le spectateur aux tripes avec tant de force qu’on est soulagé quand enfin l’action se calme à l’écran.

Seuls dans la cave. Vraiment seuls ?

Voilà la différence selon moi qu’il y a entre les deux films. Là où Peter Jackson fait preuve d’une grande technicité, d’une gestion des effets spéciaux impressionnante et d’une mise en scène musclée qui sait rendre l’action avec force, Steven Spielberg cumule les mêmes qualités que son homologue néo-zélandais, avec en plus un talent de conteur hors-norme, qui fait qu’on est bien plus impliqué dans son film que « simplement spectateur ».
À qualité d’images identique, Spielberg insuffle un supplément d’âme à son métrage, et ça, ça change tout.

 

 

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12 janvier 2006 4 12 /01 /janvier /2006 13:18

Sins Past est à mes yeux l’une des plus importantes histoires de Spider-Man de ces dernières années. Il faut dire que le tisseur a connu dernièrement des hauts et des bas. Après avoir crevé le plafond des chiffres de ventes au début des années 90 quand il a été confié au jeune prodige Todd MacFarlane (futur papa de Spawn !), il y a eu une longue traversée du désert pour le héros arachnéen qui a vu sa popularité décliner jusqu’à tomber au plus bas avec la fameuse Saga des clones, une histoire alambiquée, incohérente, incompréhensible, et interminable qui fera fuir, dégoûtés, bon nombre de fans du monte-en-l’air.

Devant l’ampleur du désastre, Marvel réagit tard mais fort. Spider-Man est ramené à ses « bases » (c’est-à-dire qu’on tire un grand trait sur presque tout ce qui a été fait avant et on revient à la formule qui a fait son succès), non sans casse au passage, et parallèlement est lancé Ultimate Spider-Man, la version « années 2000 » du Spider-Man des origines.
Si Ultimate Spider-Man ne tarde pas à cartonner (avec Brian-Michael Bendis et Mark Bagley aux commandes), la version classique du héros ne redécolle pas. Marvel débauche alors la star montante, Joe-Michael Straczynski (Rising Stars et Midnight Nation chez Top Cow, Babylon 5 pour la télévision) pour s’occuper de Peter Parker, associé au talentueux et indéboulonnable John Romita Jr. Dès lors, Amazing Spider-Man reprend de la hauteur. Les histoires sont de qualité, les scénarios intéressants, bref on vibre à nouveau pour le tisseur.

Et voilà qu’en août 2004, alors que John Romita Jr quitte l’aventure Spider-Man après près de 24 années de bons et loyaux services (pour se consacrer à d’autres séries de la Maison des Idées comme Wolverine ou Black Panther), JMS sort l’histoire qui marquera son passage dans la destinée de Peter Parker, dans les #509 à 514 de Amazing Spider-Man. C’est Mike Deodato Jr qui prend le relais aux crayons, et de bien belle manière, puisqu’il revient avec un style très réaliste et bien moins brouillon qu’auparavant (à comparer à ses prestations passées sur Thor, Hulk ou  Elektra).

Page crayonnée (cliquez pour agrandir) Page finalisée (cliquez pour agrandir)


Dans l’histoire en 6 parties Sins Past, JMS va introduire une révélation qui fera date chez les spider-fans. Une révélation sur le passé de Gwen Stacy, premier amour de Spidey. Pour ceux qui ne savent pas qui elle est et ne connaissent que la Mary-Jane Watson qu’on voit dans les 2 films de Sam Raimi, je fais un rapide topo sur elle.
Sachez que dans le comics, avant la rousse MJ, il y a eu la blonde Gwen …
Peter et Gwen se sont rencontrés au lycée et ont fait l’université ensemble. Gwen a été son premier grand amour, et tout semblait à croire qu’ils étaient destinés à finir leur vie ensemble. Mais c’est Norman Osborn, alias le Bouffon Vert, qui transformera l’histoire d’amour en tragédie. Lorsqu’il découvre l’identité de Spider-Man, il enlève Gwen et l’emporte en haut du pont de Brooklyn (scène reprise dans le premier film, avec MJ à la place de Gwen). S’en suit une bataille entre Spider-Man et le Bouffon au cours de laquelle celui-ci précipite Gwen dans le vide. Spider-Man tente de la rattraper avec sa toile, mais le choc brise la nuque de la jeune fille, qui meurt dans Amazing Spider-Man #121. Ce n’est que bien plus tard que Peter connaîtra à nouveau l’amour avec MJ, leur amie commune. Voilà pour vous situer Gwen Stacy.

La mort de Gwen (cliquez pour agrandir) La mort de Gwen (cliquez pour agrandir)

Sins Past débute donc avec une lettre que reçoit Peter chez lui, une lettre datée de quelques jours, écrite et signée de la main de … Gwen Stacy elle-même. Dans cette lettre inachevée, elle parle à Peter d’une révélation horrible qu’elle ne peut se résoudre à lui faire. Peter reçoit des menaces envers Tante May et MJ, et à plusieurs reprises doit en découdre avec deux mystérieux adversaires masqués, à la force et à l’agilité étonnantes. C’est en enquêtant sur la lettre de Gwen que Peter découvre, éberlué, qu’elle avait eu des jumeaux, Gabriel et Sarah, nés prématurés durant les quelques mois qu’elle avait passés en étude en France. Enfants dont Peter n’est pas le père, faute d’avoir eu de relations intimes avec Gwen.

Peter face au passé (cliquez pour agrandir)

Et le plus fort réside … dans l’identité du père des jumeaux, qui n’est autre que Norman Osborn en personne, l’ennemi le plus intime de Spider-Man !!! C’est Mary-Jane, au courant de toute l’affaire en tant que confidente privilégiée de Gwen, qui révèle tout à Peter, médusé d’apprendre de la bouche même de sa femme cet épouvantable secret.
Jugez plutôt : Peter apprend en bloc que sa douce et tendre Gwen Stacy avait eu une brève liaison avec Norman Osborn, son pire ennemi, alors que leur propre relation avait toujours été chaste. Et qu’elle a eu de lui des jumeaux, qui ont non-seulement hérité des pouvoirs extraordinaires de leur père, mais aussi subit de ce fait une dégénérescence génétique qui les fait vieillir 3 fois plus vite que la normale (évidemment, les mystérieux adversaires en noir que Spidey a combattu au début de l’histoire sont Gabriel et Sarah, persuadés que Peter est leur vrai père et qu’il les a abandonnés eux et leur mère).

Le voici face à une triple trahison : Gwen l’a trompé, de plus avec son ennemi juré, et MJ a toujours été au courant sans jamais rien lui dire. Voilà un vrai et grand bouleversement dans la vie de Spider-Man, bouleversement d’autant plus puissant qu’il amène à considérer d’un nouvel œil tout un pan de l’histoire du héros, en destituant de son piédestal Gwen Stacy de manière tout à fait plausible. C’est d’ailleurs ce que les fans hardcore de Spidey ont reproché à JMS : ne pas respecter le personnage devenu culte qu’a été Gwen Stacy. C’est comme si on venait vous dire que Rudolph Valentino était en fait gay ou que John Wayne avait peur des armes à feu, ça va à l’encontre de tout ce qu’on a toujours cru savoir du personnage de la douce Gwen.

Et pourtant je ne peux qu’avouer que JMS a parfaitement réussi son coup : tout colle jusque dans les moindres détails. On a du mal à le croire parce qu’on ne veut pas le croire, pourtant c’est vraiment étayé et plausible. Et c’est justement parce que cette histoire est imparable, et parce que les faits s’insèrent sans mal dans le passé des personnages sans créer d’incohérence de continuité, que la révélation prend une telle force, que la trahison fait si mal. C’est la première fois que je me suis senti trahi personnellement au même titre que Peter Parker par un personnage de BD. Preuve que Gwen représentait jusqu’alors dans l’inconscient collectif des lecteurs une forme de perfection, et que JMS a réussi à nous démontrer que même dans les comics, les êtres humains parfaits et irréprochables n’existent pas.
Rien que pour ça, bravo monsieur Straczynski !


(en VO ça se lit dans Amazing Spider-Man vol.1 #509 à 514, en VF dans le mensuel de Panini/Marvel France Spider-Man vol.2 #63 à 68 - avril à septembre 2005) 

 

 

 

 

 

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11 janvier 2006 3 11 /01 /janvier /2006 17:34

Regardez attentivement l'image qui suit.
Que voyez-vous ?



Il semblerait que les jeunes enfants ne parviennent pas à identifier le couple car ils n'ont pas d'image mentale accordée à un tel scénario... ils voient neuf dauphins qui batifolent dans l'eau.
S'il vous est difficile de trouver ces dauphins en 3 secondes, considérez votre esprit comme définitivement corrompu ...

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