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  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

Mon Ket : Sacré pari de la part de François Damiens ! Faire un film à base de caméra cachées, avec tout un tas de protagonistes qui devront ensuite accepter de faire partie du film et d'apparaître à l'écran, tout en gardant une structure narrative cohérente et précise. Avec cette difficulté supplémentaire : aujourd'hui François Damiens est beaucoup plus connu que du temps de ses caméras cachées qui ont fait son succès, c'est d'autant plus difficile de trouver un nouveau personnage auquel les gens vont croire... Bref, il a dû naviguer sans cesse entre scénario écrit et improvisations générées par les caméras cachées, chapeau ! Et comme il n'y a pas moyen de "refaire" une scène ratée, il a tourné plusieurs versions avec plusieurs quidams, pour garder les meilleures prises ensuite. Que ce soit à la banque, chez le chirurgien plastique, à l'hôpital, en prison ou lors d'un incroyable déjeuner avec ses futurs beaux-parents (qui pensent vraiment qu'ils ont à faire à leur futur gendre donc !!), François Damiens nous propose un véritable festival d'outrances et de scènes à la fois très drôles et dérangeantes. Il va très loin, bien plus loin qu'on ne pourrait le croire possible et plus c'est gros plus ça passe ! Les gens qu'il a en face de lui sont de ce point de vue géniaux d'authenticité, et pour cause ! Tourné quasi-intégralement en Belgique (sauf la fin) ça permet une bonne fois pour toute d'affirmer avec certitude que vraiment, les belges sont des gens gentils !! À voir pour le concept casse-gueule qui pourtant tient la route au final, et pour les performances et le culot sans limite de François Damiens.

Billions saison 2 : Dans cette seconde saison, la dualité entre le procureur et le trader milliardaire s'accentue encore, et cette fois on va taper vraiment bas, très bas pour parvenir à ses fins, d'un côté comme de l'autre. La fin de saison est à ce titre un petit bijou de retournement de situation, c'est complètement jouissif de constater ce qui se passe et à quel point on s'est fait balader par les différents protagonistes. J'ai clairement toujours eu un faible pour le procureur, du fait de son interprète que j'aime tout particulièrement, Paul Giamatti. Mais le trader n'est pas en reste. Gros coup de coeur également pour Maggie Siff qui joue Wendy Rhoades, que je trouve à la fois superbe et d'une classe folle. Elle donne à son personnage une force de caractère et pourtant une fragilité personnelle paradoxales. Giamatti parvient à insuffler à son personnage un côté à la fois touchant mais aussi terriblement machiavélique, c'est assez bluffant. Reste le personnage de Malin Ackerman que je trouve un peu sous-utilisé et quelque peu trop basique, bien qu'on commence à la percevoir un peu différemment sur la fin, à approfondir toutefois. L'histoire reste celle de combats d'avocats, de coups fourrés et de sentiments mêlés d'arnaques de haut vol. C'est Dallas puissance mille, l'aspect soap en moins. Je suis impatient de les retrouver tous dans une troisième saison !!

Jurassic World : Fallen Kingdom : La suite inévitable de Jurassic World, lui-même suite de Jurassic Park, avec toujours plus de dinosaures, toujours plus impressionnants et plus féroces. Alors voilà, on a quasiment tout dit avec ce simple mot : "plus". Visuellement très réussi, les effets spéciaux sont fabuleux, les dinosaures plus réussis que jamais. L'histoire quant à elle n'est pas très recherchée, les rebondissements n'en sont pas vraiment, certaines ficelles commencent à être usées de ce point de vue-là. De plus une bonne grosse moitié du film ne se passe pas sur l'île reculée des dinos mais dans le monde moderne des hommes, ce qui m'avait déjà rebuté à l'époque de Jurassic Park 2, j'ai du mal avec les dinosaures lâchés dans le monde moderne plutôt que dans un environnement naturel, j'accroche beaucoup moins. Alors pour le grand spectacle, ce film fait parfaitement bien l'affaire, sans le moindre doute. On ne s'y ennuie pas, il y a du rythme, les images sont spectaculaires. Pour le scénario, la logique, la surprise, on repassera une autre fois. Il m'a manqué je crois aussi cette sensation d'émerveillement qui était présente dans le premier Jurassic Park, et aussi dans le premier Jurassic World. J'en retiens également que dès lors qu'on donne plus de place aux protagonistes humains du film qu'aux animaux préhistoriques, l'intérêt décroît dans ce type de film, ça se confirme ici. À voir donc pour le côté grand spectacle, comme un pur divertissement, et ne surtout rien demander de plus à ce film. Sous cette condition tout se passera bien !

Easy saison 1 : Petite série anthologique dont on peine au cours des huit courts épisodes qui la constituent, à comprendre quel est l'exact fil conducteur. Chaque épisode présente une situation et des personnages différents, le tout se passant à Chicago. Certes, au fur et à mesure des épisodes on repère les liens entre les personnages qui apparaissent parfois le temps d'une scène d'un autre épisode. Mais ça reste très léger, sans véritable raison de fond, si ce n'est peut-être montrer le peu de degré de séparation qui existe entre des situations parfois très différentes et qu'a priori rien ne semble rapprocher. Sinon dans l'ensemble la série se laisse bien regarder, même si, et c'est presque une évidence de le dire pour une anthologie, tous les épisodes ne se valent pas. Tout simplement parce que telle histoire vous parlera et pas telle autre. tel personnage vous attirera, vous plaira, et pas tel autre. Si on peut peut-être trouver un autre point commun à toutes ces petites histoires, ce serait leur façon de raconter les relations amoureuses et sexuelles (que l'amour et le sexe soient liés ou non d'ailleurs), les relations de couples, l'évolution des sentiments. Mais ça reste très ténu comme lien, tout en discrétion. J'ai du mal à dire que cette série est vraiment passionnante, en revanche la diversité de ce qu'elle montre et ses épisodes courts permettent de ne pas s'ennuyer et de prendre l'ensemble comme un moment assez agréable finalement. On verra ce que donne la seconde saison !

Outsiders saison 2 : Voici donc la seconde saison de cette série qui sort des sentiers battus, et qui a pour personnages principaux une bande de rednecks revenus à la vie quasi-tribale, hors de toutes les règles de la société "classique", perdus quelque part dans la montagne. Les intrigues se succèdent et s'emmêlent, elles ne sont pas toutes d'un intérêt égal, et parfois on se dit que c'est un peu poussif même (le retour en grâce de Big Foster, les problèmes existentiels de la Brenin, sa grossesse, etc...), mais il y a aussi de très bonnes choses (la vie carcérale de Lil Foster, le shériff et ses multiples déboires, Hasil qui joue des poings pour gagner sa vie). Dans l'ensemble, c'est une impression de qualité et d'originalité qui ressort de cette série. Non, le problème c'est que cette seconde saison est aussi la dernière, et que ça n'était absolument pas prévu. En effet, Outsiders était la série la plus regardée de la chaîne WGN qui la produisait, mais cette dernière a décidé de l'annuler (comme la plupart de ses séries) pour repartir sur de "nouvelles bases éditoriales". Du point de vue des audiences et de la qualité intrinsèque de la série c'est un non-sens absolu. Si on a l'esprit complotiste, on peut se laisser aller à imaginer que dans l'Amérique de Trump, une série qui montre des héros vivre et s'en sortir en-dehors de la société de marché (ils vivent en complète autarcie), en-dehors du capitalisme (ils vivent en communauté, et partagent tout ce qu'ils ont pour survivre), du christianisme (ils ont leur propre religion, plutôt animiste), de l'autorité (ils ne reconnaissent ni les lois ni l'autorité locale ou fédérale), de la patrie (ils n'ont aucun sentiment d'appartenance à un pays ou une nation), de la mondialisation et du productivisme (ils vivent et jouissent de ce que la nature leur offre, et ont une approche écologiste de leur relation à la Terre)... n'est pas exactement dans la doctrine actuelle du pays !! De là à dire que c'est pour éviter de glorifier des héros qui prônent le contraire de tout ce qui fait la force et la fierté de l'Amérique du moumouté orange, il n'y a qu'un pas. Qui ne sera pas franchi puisque officiellement les raisons de l'arrêt de la série sont toutes autres... Mouais, n'empêche... Conséquence principale : l'histoire est laissée en l'état, en plein cliffhanger, sur toute une série d'intrigues en cours qui ne verront donc jamais de résolution, sur l'évolution passionnante de plusieurs personnages qui avaient un très beau potentiel (mon préféré restant le shériff loser), et sans même l'explication d'un manque de succès (au moins on aurait pu pester contre ces cons de ricains qui savent pas reconnaître les fictions de qualité, mais non, même pas sur ce coup-là). C'est assez rageant.

 

Hand of God saison 1 : Autre série, autre approche du religieux ! Avec Hand of God on a surtout une confrontation entre ceux qui décident de croire et ceux qui ne croient pas, mais on prend le problème du côté de la preuve et des signes. Ici on croit ce qu'on voit en fait ! Et dès lors qu'on perçoit ce qu'on assimile à des signes divins, voire des miracles, on devient croyant... Ce qui est donc une approche plus matérielle et concrète de la foi religieuse. J'ai particulièrement aimé cette première saison car on navigue entre folie et réalisme, entre miracle et hallucinations, mais surtout on côtoie sans cesse un jeu de coïncidences qui vient contrebalancer les délires religieux purs, et laisse du coup le spectateur décider de la nature des faits. Intervention divine ou non ? Il y a sans cesse ce double-langage, et le héros Pernell (un juge à la base, donc quelqu'un de plutôt rationnel normalement) bascule de l'un à l'autre, de l'objectivité à la croyance et vice versa. Ce qui est plutôt malin de la part des scénaristes c'est de conserver cette incertitude face aux événements qui ont lieu, sans jamais donner une réponse définitive (ou alors quand on a l'impression qu'une telle réponse est donnée, elle est battue en brèche quelques temps plus tard). Il y a aussi un petit aperçu du monde des télévangélistes assez croquignolet, et même si c'est bien moins profond et spirituel que The Path par exemple, il y a de vraies interrogations sur le phénomène de foi, et sur sa traduction à plus grande échelle sous forme de religion. À ce titre la toute fin de la saison se clôt sur un rebondissement très intéressant, car il remet en perspective tout le reste et aurait presque pu être une chouette fin de série en soi. Mais il y a une seconde saison, et évidemment j'en serai ! Ah et puis j'ai failli oublié : Ron Perlman est toujours aussi génial !!

The Path saison 3 : Cette troisième saison est une suite directe et logique aux événements de la troisième saison qui a bouleversé les bases même de la série. Les personnages ont énormément évolué, et vont continuer à le faire au cours de cette troisième saison. Cependant l'ensemble sera un peu moins percutant que la seconde saison, bien que cela reste de la très très bonne came. J'ai personnellement un peu de mal avec Eddie qui devient un personnage moins intéressant à mes yeux en perdant une part d'ambiguité, il se lisse tout doucement et devient prévisible, ce qui n'est pas le cas du tout des autres personnages qui réservent encore de belles surprises et de belles évolutions. Dommage qu'Eddie ne soit plus traité sous le mode du doute, mais c'est finalement assez logique puisque d'autres personnages empruntent cette direction à sa place. L'inversion des tendances est même plutôt spectaculaire et bien menée, bien qu'on ne puisse s'empêcher de se dire que parfois les choses bougent trop vite. Cela étant ce n'est au final pas une mauvaise chose car malheureusement la série n'a pas été renouvelée après cette troisième saison. La fin est donc en demi-teinte, les pistes pour une suite avaient déjà été bien mises en place, ce qui laisse donc des questions en suspens. En revanche l'intrigue principale voit une conclusion acceptable, ce qui est déjà ça de pris. Mais les regrets sont énormes de devoir abandonner de si intéressants et riches personnages que ceux de The Path. Et encore une fois,les thématiques font partie de celles qui m'intéressent le plus, et qui plus est sont traitées avec intelligence et sans parti pris, ce qui est très appréciable. Seul bémol : faire passer à la fin de la saison le professeur en théologie pour un affreux jojo c'est un peu trop rapide comme traitement pour l'athée critique que je suis. Mais sur l'ensemble de ses trois saisons, cette série offre un voyage très prenant et intéressant dans le monde des sectes, et plus encore dans l'univers de la spiritualité, des croyances et des religions. À voir !

The Path saison 2 : On avait laissé Eddie complètement dévasté après avoir quitté la communauté des meyeristes. Ses doutes et sa perte de foi lui avaient fait perdre tout ce qu'il avait, et en premier lieu sa famille. Cette seconde saison va mener les 3 personnages principaux (Eddie, Sarah et Cal) a évoluer énormément, et pas forcément dans le sens qu'on pourrait toujours croire. D'ailleurs certaines de ces évolutions m'ont un peu gêné, pas tant par manque de cohérence (tout se tient bien) mais parce qu'en tant que spectateur tu as du mal à accepter que les personnages que tu apprécies changent et font des choix que tu désapprouves. C'est pourtant ce qui va arriver dans cette seconde saison qui aura eu l'effet de prendre le statu quo de la première saison, de tout mélanger un grand coup et de tout renverser pour voir ce que ça donne. C'est casse-gueule mais aussi carrément gonflé de le faire ! Pourtant ça continue à marcher et à tenir en haleine, ce qui prouve une fois de plus la finesse et la puissance de l'écriture des personnages. Je recommande chaudement cette série pour ce qui s'y passe mais aussi pour les thèmes abordés, en particuliers ceux de la religion, des croyances, du bien et du mal... Passionnant à bien des égards, cette saison 2 monte d'un cran et rend la série vraiment attrayante.

Moi, moche et méchant 3 : Moi qui avait un gros a priori négatif sur Moi, moche et méchant à l'époque de sa sortie, j'ai depuis été complètement conquis par cette franchise, que je trouve vraiment drôle, inventive et délirante. Ce troisième film continue à creuser le même filon, et je me suis bien marré du début à la fin. Grâce en particuliers au méchant de cet épisode, à savoir le totalement improbable Balthazar Bratt et la bande son qui l'accompagne, reflet du meilleur (pour le son) et du pire (pour l'image) de ce qu'ont été les années 80. Chacune de ses apparitions est hilarante. Pour le reste on joue en terrain connu entre un Gru plus du tout méchant et son jumeau qui aimerait bien mais ne peut point, les gamines qui sont la garantie du "trop chou" avec cette histoire de licorne à attraper, et puis les inévitables minions un peu moins drôles cette fois, et clairement moins omniprésents qu'ils ont pu l'être par le passé (et ça marche très bien comme ça aussi finalement). Bref un chouette moment, avec un film qui fait rire petits et grands pour des raisons différentes, à condition de rester dans ce ton-là, un quatrième épisode ne serait pas de refus pour moi.

The Walking Dead saison 8 : Ah The Walking Dead... c'est plus ce que c'était. Cette saison 8 est très certainement la plus ratée, la plus longuette, la plus ennuyeuse, la plus soporifique et la plus j'm'enfoutiste de toutes les saisons. On nous promettait la guerre totale entre les troupes de Negan et celles de Rick, mais côté batailles homériques on a eu droit à quelques fusillades où personne ne sait viser, deux pelés et trois tondus planqués derrière des carcasses de bagnoles ou entre deux murs. La plupart du temps, visuellement ça me faisait plus penser à une partie de Paintball, pour dire le niveau d'ennui et de péril ressenti. Negan continue à faire du Negan mais avec moins de sauvagerie qu'avant, du coup ça a moins d'impact, Morgan vire cinglé une bonne fois pour toutes et nous saoule plus qu'autre chose avec ça, les Éboueurs et le village retranché de gonzesses ne servent à rien d'autre qu'à remplir un ou deux épisodes de vide supplémentaire (Emmy Award de la scène la plus pourrie de l'année pour la confrontation entre Jadis la cheffe des Éboueurs et Negan ligoté mais pas trop sur son charriot, du grand grand n'importe quoi), et puis surtout on a droit à une flopée de blablas interminables (le premier prix dans ce domaine est décerné sans conteste à Ézéchiel passé maître dans l'art d'endormir ses troupes avant un combat à mort). Côté morts rien de bien excitant puisque cette "guerre totale" n'aura pas trop élagué les rangs des principaux protagonistes, d'ailleurs le décès le plus notable de cette saison ne résulte même pas d'une bataille rangée, c'est dire. Un personnage principal meurt donc, et de façon plutôt imprévisible puisque dans le comic-book il est toujours là, c'est donc la seule mini-surprise de la saison, et le temps de la lecture d'une lettre qu'il laisse cela aura presque eu de l'intérêt, en tout cas ça explique un peu le revirement de Nick dans le dernier épisode. Sa décision vis-à-vis de Negan reste certainement le point le plus intéressant de cette longue saison, et donne un peu d'espoir pour la suite. Ah, et puis l'autre espoir c'est que Rick aura enfin le temps de se faire un shampoing et de ce couper les frisettes. Pour le bien de tous, merci.

Split : J'aime M. Night Shyamalan. Il n'a pas fait que des chefs-d’œuvre je vous l'accorde. Il a même réussi à bien m'énerver une ou deux fois (avec par exemple Phénomènes pour ne pas le citer...). Mais il m'a quand même procuré plus d'une fois de très belles sensations de cinéma, avec une immersion totale et un sens de la narration et du twist hors du commun. Avec Split, il signe enfin son grand retour (si son précédent film The Visit avait déjà été une petite production très réussie, ici on a à faire à quelque chose de plus grande envergure) et surtout il se permet de faire un lien assez osé avec ce qui est certainement son meilleur film à ce jour, le magnifique Incassable. Si Shyamalan démontre qu'il a retrouvé tout son savoir-faire et s'amuse à nous tenir en haleine pendant tout le film, il faut rendre hommage à celui qui lui rend la tâche beaucoup plus facile tant il éclabousse la pellicule de son talent, James McAvoy dans le rôle principal. Enfin les 24 rôles principaux pour être plus exact. Cela fait maintenant quelques temps que je suis ce que fait cet acteur avec grand intérêt (depuis Wanted précisément), et je crois bien ne jamais l'avoir vu faire un faux pas. Non pas qu'il ait toujours jouer dans des films exceptionnels, mais il a toujours fait preuve, dans tous ses rôles, d'un talent constant et indiscutable. ici il explose, tout simplement. Sans lui, ou plutôt avec un autre que lui, cela aurait pu être beaucoup moins bien. Avec lui, Split est réellement impressionnant. Et du coup je me prends à attendre avec une impatience non-feinte la suite qui fera le pont cette fois de manière claire et sans détours entre Split et Incassable. Hâte !!

Avengers : Infinity War : Après un second volet un peu décevant en terme d'enjeux et limité (à mon sens) à un immense jeu de destruction un peu répétitif par rapport au premier film, ce troisième opus des Avengers met enfin sur le devant de la scène celui qui trônait dans l'ombre du MCU depuis de nombreux films, le méchant le plus charismatique de la firme, la menace ultime, celui aux-côtés duquel tous les autres personnages font mine de nains : Thanos ! D'entrée je peux l'affirmer : Thanos a un rendu spectaculaire et très réussi, à l'exact opposé de ce qu'a été le fadasse et très moche Steppenwolf de la JLA. Il y a chez Thanos une impression de puissance mêlée à un sentiment d'humanité qui ont pour effet de donner vie de façon crédible à ce qui n'est finalement qu'un tas d'images virtuelles et d'effets spéciaux. Ce film c'est aussi l'occasion de réunir l'ensemble de tous les super-héros des précédents films Marvel (à quelques exceptions près cependant) et là où on pouvait légitimement craindre quelque chose de fouillis et qui partirait dans tous les sens, on a finalement un objet filmique plutôt bien maîtrisé, dont les 2h30 passent à une vitesse folle, où l'on parvient à suivre sans peine ce qui se passe malgré la multitude de lieux et de personnages (et de mini-enjeux qui vont ponctuer le film jusqu'à son climax final). Le rythme est soutenu mais l'intrigue n'est pas menée au pas de charge pour autant, chaque scène est utile et possède son propre rythme, il n'y a pas d'effet de déséquilibre trop marqué entre elles. Sans dévoiler la fin, ce qui arrive dans Infinity War est assez éloigné de ce qu'on a l'habitude de voir comme conclusion dans les films Marvel, et pour cause, l'histoire n'en est qu'à sa première moitié puisqu'il faudra attendre le prochain volet pour connaître la fin. N'empêche qu'on quitte la salle avec un drôle de sentiment (bien qu'on sache qu'il y a une suite, l'histoire aurait aussi bien pu en rester là, d'où le malaise en fin de film), celui d'avoir vu une fin douce-amère, inhabituellement triste et pessimiste chez les super-héros sur grand écran. D'ailleurs, je me suis fait la même réflexion sur les motivations de Thanos, rarement on aura vu un tel questionnement philosophique chez un grand méchant qui "se limite" plus souvent à chercher à conquérir le pouvoir et tout détruire au passage. Et puis gros kif de voir les bastons homériques de tous mes super-héros favoris qui se mettent sur la tronche avec des adversaires qui pour une fois laissent croire qu'ils pourraient bien être les vainqueurs en lieu et place des héros. Très bon film Marvel qui remonte très nettement le niveau de la franchise Avengers et s'avère pour sa première partie tout du moins, un pari réussi à 110%. Reste à voir ce que va donner le second volet de cette histoire dans un an, en espérant qu'il reste dans la même veine, l'effet de surprise "Thanos" n'étant plus là il faudra que le scénario soit parfait pour prendre le relais et laisser une aussi grosse impression.

Altered Carbon : Les séries de SF pure et dure repointent doucement le bout de leur nez ces dernières années, sans que ce soit la déferlante mais suffisamment pour qu'on parie parfois gros dessus. Altered Carbon est en plein dans le coeur de cible SF, adaptée d'un roman dont je n'avais cependant jamais entendu parler. Ça se passe dans le futur, l'humanité a inventé la possibilité de devenir virtuellement immortel puisque l'on peut sauvegarder et transférer son esprit d'un corps à un autre, et que le clonage est devenu monnaie courante. Sauf que cette possibilité n'est en réalité que l'apanage des plus riches, les autres se débrouillant comme ils peuvent, utilisant parfois des enveloppes (entendez des corps) de second choix, voire pas du tout adaptés (on peut ainsi voire des esprits d'un sexe transférés dans des corps de l'autre sexe, ou bien des enfants dans des corps d'adultes par exemple). Seuls les fervents croyants comme les Néo-C (comprenez les nouveaux catholiques) qui se font encodés comme tels refusent le retour dans un nouveau corps après la mort. L'idée que les esprits puissent se télécharger dans des corps vides n'est pas absolument nouvelle en SF, mais je ne l'avais que peu vue utilisée dans une série télé, et encore moins dans une série avec d'aussi gros moyens que celle-ci. Et comme souvent, les concepts intéressants de SF amènent toujours à des questions et des réflexions très poussées sur la société, la philosophie, et de manière générale la condition humaine. Greffez par-dessus tout ça une enquête liée à un meurtre, des tensions sociales et religieuses, et vous obtenez une chouette série qui allie action et scénario intelligent. De bonnes idées, de belles images, de chouettes acteurs et une histoire qui se tient en une seule saison (sans pour autant fermer la porte à une éventuelle suite), Altered Carbon est une très bonne surprise !

Counterpart saison 1 : De la même manière que les histoires de paradoxes temporels, les récits de mondes parallèles ont sur moi un pouvoir d'attraction indéniable. Ça tombe bien, c'est le thème central de cette toute nouvelle série. Encore faut-il que cela soit bien fait, et ça tombe bien bis, c'est encore le cas ici. Alors trop en dire serait certainement gâcher pas mal de surprises à ceux qui voudraient se lancer dans Counterpart, donc autant que je n'en parle pas trop, ce serait bien dommage... Ce que je peux dire cependant, c'est que c'est l'occasion de retrouver quelques tronches qu'il est bien agréable de revoir à l'écran, en premier lieu celle de JK Simmons qui tient le rôle principal (enfin les rôles principaux !) et qui assure comme un chef dans deux registres très différents mais qu'il maîtrise parfaitement. Chouette de revoir aussi Ulrich Thomsen (l'ultra-charismatique Proctor de Banshee) et l'épatante autant qu'envoutante Nazanin Boniadi (déjà remarquée auparavant dans Homeland). Et même de manière plus anecdotique Jamie Bamber (mais si, Lee Adama dans le remake de Battlestar Galactica).Et parmi les révélations j'ai bien envie de citer l'italienne Sara Serraiocco que j'ai trouvée vraiment bluffante dans un rôle pas facile et à contre-emploi total de son physique. Intrigue bien menée, scénario intelligent, rebondissements, j'ai apprécié de ne pas être pris pour une truffe par les scénaristes qui déroulent leur histoire sans tout surligner et expliquer à outrance comme c'est trop souvent l'habitude dès qu'une intrigue a des tenants et aboutissants un poil moins basiques que le tout-venant cathodique. J'attends avec une très grande impatience la suite, autant pour le jeu des comédiens que pour l'histoire qui est vraiment passionnante et qui possède un potentiel énorme de développements intéressants.

Better Call Saul saison 3 : Si la série spin-off de Breaking Bad n'a pas la même notoriété ni la même envergure que son illustre prédécesseur, elle n'en reste pas moins attachante et de grande qualité. J'ai toujours eu un faible pour le personnage de Saul, et c'est encore plus vrai depuis que je le connais en tant que Jimmy dans cette série qui lui est entièrement dédiée. Cette troisième saison reste dans la veine des deux précédentes, on continue d'explorer le passé de celui qui va devenir Saul Goodman, et ce qu'on y trouve ne cesse de me surprendre et m'amuser. Le personnage de Jimmy, qui est avant tout d'un terreau comique assumé, s'avère aussi recéler de trésors de dramaturgie et avec moi ce mix drame/comédie fonctionne à tous les coups quand c'est bien fait, car je trouve que cela crée une relation au personnage plus forte et profonde encore que dans une "simple" comédie ou un "simple" drame. Ici c'est la relation de Jimmy et son frère qui est au centre du récit, et si j'ai eu un peu peur qu'on tourne en rond par rapport à la seconde saison j'ai vite été rassuré, et j'ai même particulièrement adoré l'un des épisodes, entièrement consacré à une confrontation entre les deux hommes au tribunal, et au cours duquel on passe par à peu près tous les sentiments. Grand épisode ! Et bonne saison au passage, même si le mystère entretenu depuis quasiment le tout début de la série déjà, mystère qui nous fait voir Jimmy en équipier de chaîne de fast-food le temps de courtes scènes, tarde de plus en plus à se dévoiler, ça commence à faire long. Mention spéciale aussi au plaisir non dissimulé de retrouver dans ses œuvres Gustavo Fring en personne, ainsi que Don Hector Salamanca de plus en plus frappé et ce bon vieux Mike en vieux de la vieille à qui on la fait pas (mais qui possède malgré tout ses failles très personnelles). Vivement la saison prochaine !!

Hard Sun saison 1 : Saison courte de 6 épisodes qui pourtant se permet d'avoir déjà un sacré contenu bien étoffé, avec des pistes pour de futures développements toutes tracées et qui ne demandent que ça. Pour l'instant une seconde saison n'est pas encore annoncée bien que le showrunner a déjà largement de quoi embrayer sur la suite (en tout cas en tant que spectateur on a méchamment envie d'en savoir plus). Cette série est une série policière pré-apocalyptique, donc on peut dire déjà que c'est pas commun. La fin du monde est annoncée pour dans 5 ans, les personnages de cette série le savent, bien que le grand public ne soit pas du tout au courant. Forcément ça va changer leur rapport à leur boulot de flic, sans même parler des implications purement personnelles face à une telle annonce apocalyptique. Sauf que pour le moment le monde continue de tourner comme avant, à quelques exceptions près... À l'argument fantastique peu développé finalement (on ne sait même pas exactement encore ce que sera cette fin du monde annoncée, on ne connaît que son nom de code : Hard Sun), viennent s'ajouter des histoires de flics plus ou moins intègres, d'enquêtes internes, de relations personnelles conflictuelles, et le tout forme une toile d'araignée dense et, à mon goût tout du moins, très intéressante. Les histoires s'enchevêtrent finalement, de la plus petite à la plus grande échelle, ce que je trouve très habile dans la construction du récit, car on se rend vite compte que tout a de l'intérêt et qu'il n'y a pas de "petite" ou "sous" intrigue. Un peu frustré en premier lieu par le fait que l'intrigue principale (la fin du monde) ne semble pas beaucoup avancer au profit d'enquêtes qu'on pense plus secondaires voire au profit d'enjeux purement personnels des personnages, j'ai finalement changé d'avis en cours de route, appréciant de plus en plus de voir la façon dont est développée cette série à la manière d'une puzzle géant. J'ai trouvé ça inattendu, malin et bien maîtrisé. Maintenant ce que je dis là vaut surtout si la suite se met en place (sinon effectivement ce serait une grosse frustration), l'auteur dit avoir prévu un développement sur 5 saisons... Et puis pour la petite histoire, cette série a été inspirée de la chanson du même titre de David Bowie. Classe jusqu'au bout ses british quand même, faut leur laisser...

Hostiles : Alors là attention, grand film ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en allant le voir, si ce n'est que je m'attendais à de belles interprétations vu la présence dans les rôles principaux de deux valeurs ultra-sûres à mes yeux que sont Christian Bale et surtout Rosamund Pike. Et ils ne m'ont pas déçu, loin de là ! Mais au-delà de leur performance de comédiens, c'est tout le film qui est vraiment d'un niveau impressionnant. C'est grand, c'est beau, c'est simple, c'est émouvant, c'est fort, c'est direct. Bref ça envoie du lourd, dans la tradition des westerns modernes peu bavards, avares de démonstrations de force trop spectaculaires leur préférant la puissance de l'interprétation et la force des enjeux. On est loin, très loin, des westerns de mon enfance avec John Wayne le mardi soir dans la Dernière Séance, mais on est certainement beaucoup plus proche de la réalité telle qu'elle a pu exister à la fin du XIXème siècle aux USA. Vraiment j'ai beaucoup, beaucoup aimé, je le recommande chaudement !!

Jessica Jones saison 2 : Dans le micro-univers urbain Netflix/ Marvel, Jessica Jones avait fait grand bruit pour deux raisons : on ne l'attendait pas (contrairement à un Daredevil ou un Punisher) et sa première saison avait de bien belles qualités à offrir au spectateur. Donc une seconde saison était attendue avec curiosité (par moi) d'autant plus que Jessica avait été plutôt transparente lors de la réunion des héros urbains dans The Defenders (mais bon on ne lui jettera pas la pierre : ils ont tous été plu ou moins transparents là-dedans !). Eh bien cette seconde saison continue sur sa lancée, on garde la formule qui a bien marché et on la développe dans d'autres directions, pas toujours attendues du reste. J'ai plutôt bien aimé l'évolution de Jessica dans ces épisodes, toujours à la frontière de ce qu'est un héros (on a bien compris que ce n'est pas un rôle qu'elle veut endosser, mais que dans le fond sa personnalité la pousse quand même dans cette direction), entre intérêt personnel et général avec les dilemmes que ça peut poser. J'ai bien aimé aussi tout l'arc narratif autour de l'avocate Harper, où pour le coup on sort de l'univers des héros à pouvoir tout en restant bien dans le ton sombre de la série. L'autre personnage mis en avant est Patsy Walker, qui évolue droit vers son alter-ego super-héroïque des comics, à savoir la Chatte. Peut-être l'aspect le moins intéressant de la série selon moi, bien que je sois curieux de voir comment elle va encore évoluer dans la saison suivante. Bref, Jessica Jones transforme l'essai et sa seconde saison reste de qualité, bien que la première avait été fortement marquée par le magnétisme et le charisme de son méchant surtout. Pas mal du tout donc.

Black Panther : Les films des Studios Marvel se suivent avec une belle régularité, et on peut dire qu'ils ont trouvé non seulement le rythme mais aussi la recette, car force est de constater que ça marche toujours bien à l'écran. Gros moyens, gros casting, idées piochées parmi les dizaines d'années d'épisodes des comics d'origine, univers partagé qui fait qu'on se sent toujours un peu en terrain connu, c'est la marque de fabrique de ces films. Le revers de la médaille c'est de parvenir aussi à insuffler un minimum de surprise quand on suit une recette à la lettre ! Cette fois c'est sur l'environnement que Marvel a parié pour apporter cette touche de nouveauté. Pari gagné, car on a là le premier film Marvel réellement "exotique". Point de vue enjeux on n'a pas de révolution narrative : il y a toujours le héros et son antagoniste principal qui n'est rien d'autre que sa version maléfique. Ça en revanche ça commence doucement à lasser. Faut dire que cette fois le méchant pousse la décalque du héros jusque dans l'apparence, puisqu'il revêt un costume de Black Panther lui aussi. Alors certes, il y a tout ce qui se passe autour, tous les personnages secondaires qui apportent de la fantaisie et détournent l'attention, mais quand même cet antagoniste-caméléon m'aura un peu gêné sur le fond comme la forme. Pourtant au niveau des acteurs j'ai plutôt apprécié de voir Chadwick Boseman et Michael B Jordan face à face, mais dès lors que ça passe en mode super-héros costumé ça m'a moins convaincu. Leur premier duel, sans artifices, sans costume et sans pouvoir m'a largement plus plu que le duel final avec tout l'attirail. Et c'est un fan de super-héros qui dit ça !! Bon, ces quelques griefs exposés, je ne peux que me ranger à l'avis général, Black Panther fait tout de même partie des bons films Marvel, même s'il m'a moins passionné et intéressé que d'autres avant lui. Toujours est-il qu'en tant qu'amuse-bouche avant le prochain Avengers Infinity War, ça fait l'affaire.

The Girlfriend Experience saison 2 : GFE revient pour une seconde saison, mais sans aucun lien avec la première, plutôt à la manière d'une anthologie qui prend différentes histoires séparées autour d'un même thème (ici, l'escorting). C'est même poussé plus loin comme format, puisque au sein même de cette seconde saison, ce sont deux histoires différentes qui nous sont racontées simultanément, sur la base d'un épisode par histoire en alternance. D'ailleurs j'ai été surpris par ce parti pris, puisque je m'attendais tout du long à voir une connexion se faire entre les deux histoires, connexion que je ne voyais pas arriver au fur et à mesure des épisodes et pour cause : il n'y en a pas ! Donc on passe d'un récit à l'autre sans réellement de justification, sans lien apparent, sans passerelle, et j'avoue que c'est un peu énigmatique comme choix, car je n'en vois pas la finalité. Cela dit, chaque histoire présentée est intéressante et a sa propre structure et sa propre ambiance, rien à redire quant à la cohésion des récits. Les comédiens, et en particuliers les comédiennes, puisqu'il s'agit d'histoires mettant au premier plan les femmes, sont vraiment investies et très convaincantes. On n'est un peu moins dans le contrôle très froid et quasi clinique de l'héroïne de la première saison qui donnait une tonalité très en décalage avec ce à quoi on s'attendait, il y est ici beaucoup plus question de sentiments et de fragilité, j'allais presque dire que le scénario est plus "féminin" mais ce serait très machiste que de s'en tenir à ça uniquement. J'avoue une préférence pour l'histoire de Erica et Anna, toute en subtilité, qui parle de sexe aussi bien que d'amour, de rapports de forces et de décalage entre les individus dans un couple. L'histoire de Bria fonctionne plus sur le thème de l'héroïne en détresse qui doit se cacher et être protégée, quitte à retomber dans un nouvel engrenage de dépendance. Intéressant aussi, mais un peu plus caricatural. L'ensemble est franchement bon, si ce n'est les conclusions, rapides et un peu sèches, qui auraient mérité plus de développement. Cette seconde saison entame donc une nouvelle formule, je pense que si troisième saison il y a je la suivrai pour voir la suite de l'évolution narrative.

The Deuce saison 1 : HBO propose régulièrement des séries qui se distinguent des autres par leur ampleur, leur classe, leurs moyens et leur ambition. The Deuce est de celles-là, et dès le départ on le voit, on le sent. L'ambiance 70s est absolument parfaite, la reconstitution est juste parfaite, à tous les niveaux, on y est, on s'y croit, on est replongé 40 et quelques années en arrière c'est vraiment bluffant. Cette période si proche et en même temps si lointaine fait que nous sautent aux yeux les ressemblances et les différences entre notre société actuelle et celle pas si ancienne des années 70. Les comédiens sont au diapason et donnent vie à des personnages plus vrais que nature, pour lesquels on en se pose même pas de question tant ils sont crédibles et réels, malgré leurs aspects excentriques parfois, too much d'autres fois. Que ce soit dans les looks comme dans les comportements, ces héros et héroïnes de la rue sont criants de vérité, et on ne peut qu'être entraîné avec eux dans leur univers si particulier, qu'on a cependant l'impression de connaître depuis toujours tant il a été souvent exploré au cinéma comme en littérature, que ce soit dans les polars, les drames ou les séries policières de cette période... Ce qui est révélateur de la qualité de cette série c'est que tous les personnages sont forts et marquants, au point qu'aucun d'eux ne porte la série sur ses épaules seules. Même si James Franco et Maggie Gyllenhaal ont plus de temps à l'écran que les autres, ils ne sont que deux personnages parmi d'autres, et s'ils étincellent de talent ce n'est ni plus ni moins que tous les autres acteurs de cette série hors-normes. On suit avec intérêt et on s'attache à chacun des persos, et on se retrouve en moins de temps qu'il n'en faut pour s'en rendre compte au dernier épisode, en se disant "vite, vite la suite !" tant on a envie de reprendre une dose de The Deuce et d'en apprendre plus sur ce qu'il va advenir de ce petit monde haut en couleurs de la 42ème rue de Manhattan... HBO a produit là une bien belle pépite comme on en voit de moins en moins malheureusement.

Hap and Leonard saison 2 : Mucho Mojo : Ce que j'aime avec cette série, c'est le mélange qu'elle propose entre classicisme dans la forme et originalité dans le ton. Les intrigues fonctionnent mais ne sont pas révolutionnaires, en revanche les personnages sont détonants et vraiment bien campés, et apportent un brin de folie à l'histoire. Ce qui transpirent d'eux c'est avant tout leur humanité, leur profondeur, et on ressent sans qu'ils soient dits les liens qui les unissent. Toujours sur un fond de critique sociale, on va gratter là où ça dérange, et c'est fait avec suffisamment de justesse et d'intelligence pour ne pas être trop lourd ou indigeste comme ça peut l'être quand ce type de thème est traité sans nuances. Côté interprétation il y a la présence de James Purefoy qui traîne avec lui sa classe et sa nonchalance tout du long de la série, mais j'ai également été touché par la comédienne qui joue Meemow la vieille voisine de Leonard, et j'ai aimé revoir à l'écran cette vieille carne de Brian Dennehy, amaigri et aidé d'une canne dans le rôle du shériff. Hap & Leonard c'est 6 épisodes rythmés et bien balancés, qu'on regarde avec plaisir et je sais déjà que je serai de la troisième saison !

Happy ! saison 1 : Dès l'annonce de cette série et encore plus lorsque j'en ai vue la bande annonce, j'étais très impatient de voir le résultat. Et pour cause : il s'agit de l'adaptation du comics éponyme de Grant Morrison et Darick Robertson (pas du tout des branques dans leur domaine) avec dans le rôle principal Christopher Meloni (que tout le monde connaît pour New-York Unité Spéciale mais qui est pour moi surtout un monstre de charisme dans la fabuleuse série Oz). Le comics est un one-shot délirant et trash, mais qui m'avait paru un peu léger côté scénario (tout génial qu'il est, Morrison a été un peu paresseux sur ce coup-là j'ai trouvé), ce qui me faisait douter d'ailleurs de la capacité à nourrir une saison entière (il s'agit en l'occurrence de 8 épisodes d'une quarantaine de minutes). Et en effet, la série se permet de digresser et d'ajouter des éléments qui n'apparaissent pas dans la BD, ce qui d'ailleurs est plutôt réussi. J'ai trouvé la série complètement timbrée, aussi bien dans l'histoire que dans le ton qui semble varier d'un instant à l'autre du sérieux au comique, du tragique au burlesque, du morbide au délirant, si bien qu'on est parfois un peu mal à l'aise lors de ces transitions. Mais l'accent principal est tout de même mis sur l'humour noir, très noir, et sur les délires en tous genres. Pas plus mal d'ailleurs, car sinon ce serait d'un sombre vraiment abyssal... La prestation de Christopher Meloni est vraiment azimutée, celle de Happy est... étonnante ! Série pas prise de tête, un peu foutraque, où il faut accepter le postulat de départ (sinon vous resterez en dehors du truc tout du long) et se laisser embarquer. Et au diable la vraisemblance ! Petit bonbon acidulé, recommandé pour se changer les idées et découvrir quelque chose de ... différent ? ;-)

The End of the F***ing World saison 1 : Mini-série constituée de 8 épisodes au format court (une vingtaine de minutes environ chacun) cette série anglaise suit 2 lycéens complètement barrés. James est persuadé qu'il est un psychopathe et compte bien passer au stade supérieur : après les animaux, il veut tuer quelque chose de plus gros... Alyssa est une ado qui ne supporte plus sa mère et son beau-père. Rebelle dans l'âme elle a l'esprit de contradiction ancré en elle. Elle va donc se rapprocher du seul type qui reste toujours seul au lycée : James. James se dit que d'avoir une petite amie pourrait être une bonne occasion d'assassiner enfin quelqu'un, puisqu'elle ne se méfiera pas. Sur un coup de tête Alyssa propose à James de fuguer, elle a dans l'idée de retrouver son père qu'elle n'a plus vu depuis ses 8 ans. James accepte, sans oublier d'emporter avec lui le couteau de chasse dont il a prévu de se servir pour devenir enfin un vrai tueur... Alors voilà, comme on peut s'en rendre compte par le résume de départ, c'est un peu spécial. Faut accepter que pas un seul personnage (pas que les 2 lycéens mais bien tous ceux qu'on voit dans la série, en dehors peut-être de la fliquette) ne soit "normal". Et quand je dis "pas normal", je veux dire en fait "cinglé" au bas mot... Mais cet étalage de héros délirants, et de comportements hors-normes ne fait finalement que mettre en lumière le désarroi des adolescents, et la perte de repères que le monde d'aujourd'hui peut amener. C'est à la fois drôle, trash quelques fois, mais aussi étonnamment émouvant par moment, et très humain en fin de compte. Un passage à l'âge adulte un peu plus mouvementé que le jean déchiré et le piercing en signe de rebellion en somme... La fin quant à elle peut paraître un peu brutale mais reste ouverte. La série peut très bien en rester là ou connaître une seconde saison, et l'interprétation finale restant à l'appréciation du spectateur, c'est à vous de voir si vous préférez les happy-ends ou pas !

Jean-Claude Van Johnson saison 1 : L'acteur d'action que tout le monde connaît sous le nom de Jean-Claude Van Damme n'est qu'une couverture pour un agent spécial, Jean-Claude Van Johnson. Dit comme ça, déjà c'est bien barré comme truc. Mais alors mis en image ça l'est encore plus ! Depuis la jeunesse de Jean-Claude dans un élevage d'émeus jusqu'à son amour pour les perruques et postiches en tout genre qui lui garantissent l'anonymat pendant ses missions, en passant par les voyages dans le temps et les sosies mongolitos, rien ne vous sera épargné dans cette toute petite mini-série de quelques courts épisodes. Moi j'ai trouvé ça drôle, que dis-je : délirant, cependant je crois que ça parlera beaucoup plus aux gens dont la jeunesse a été bercée par les exploits du belge champion de grand écart facial qu'aux autres. Que ce soit pour les clins d'oeil à sa filmographie passée ou la mise en abîme du personnage qui ne rechigne pas à se moquer de lui-même tout du long de la série, ça vaut le coup de se laisser embarquer dans cette histoire foutraque et WTFuckesque. C'est presque dommage que la série ne soit pas renouvelée pour une seconde saison, bien que cette unique saison se tienne parfaitement et connaît une fin tout à fait acceptable en tant que telle. Finalement la plus grosse surprise ce ne sont ni le ton blindé d'humour loufoque, ni les intrigues délirantes, c'est plutôt de s'apercevoir qu'on marche dans la combine assez facilement. Ce qui tente à prouver pour le coup que le père JCVD est plutôt bon acteur quand il veut bien s'en donner la peine et qu'on lui écrit quelque chose de potable ! Qui l'eut cru ?

Baron Noir saison 2 : J'avais beaucoup aimé la première saison, tout particulièrement grâce au jeu d'acteurs tout à fait bluffant. Cette seconde saison reprend donc là où la première s'était arrêtée, et repart sur les chapeaux de roues dès le début. L'ensemble du casting est top, avec un petit coup de coeur pour le nouveau venu Mélenchon-like interprété par une François Morel qui visiblement se (et nous) fait plaisir. Question intrigue ça ne chôme pas un instant et le contexte politique permet de s'en donner à coeur joie dans ce domaine, avec coup fourrés, coups de bluff et coups de putes servis en veux-tu en voilà ! Ce qui fait à la fois sourire et en même temps fait peur, ce sont les ressemblances (même involontaires puisque le scénario a été écrit plus d'un an avant la diffusion et bien avant les présidentielles 2017) avec notre paysage politique réel. Les conflits d'ego prennent très largement le pas sur les conflits d'idées, et c'est peu reluisant. Les arnaques et stratégies politiques démontrent que les convictions et le fond l'emportent bien rarement sur les personnes, les postes à influence, les intérêts personnels et la seule volonté de gagner coûte que coûte... C'est triste et en même temps ce n'est pas plus mal qu'on voit l'envers du décor, qu'on ouvre un peu les yeux, même si on a l'impression de ne plus être dupes, on en reste malgré tout parfois sur le cul de tant de mauvaise foi et cynisme politique... Les rebondissements vont un peu loin quand même, et surtout tout va très vite, peut-être un chouïa plus que dans la réalité, n'empêche que ça transpire la vérité sur le fond. J'attends avec impatience la troisième saison, et si elle va dans le sens que suggère le dernier épisode de cette saison, ça risque d'être à la fois très coton pour les scénaristes mais très intéressant à suivre pour nous les spectateurs !

Godless saison 1 : Rencontre du féminisme et du western... oui, enfin sur le papier surtout, pas tant que ça dans les faits. Car si cette série prend place dans une petite ville du farwest presque uniquement peuplée de femmes, les personnages principaux les plus marquants restent incontestablement des hommes. Que ce soit Roy Goode, Frank Griffin, Whitey ou le shériff McNue, ils l'emportent clairement scénaristiquement parlant sur les femmes de La Belle. Merrit Wever par exemple peine à convaincre dans son rôle de dure à cuire, pendant toute la série je ne l'ai perçue que comme une version boudeuse de Zoey Barkow dans Nurse Jackie. Seule Alice Fletcher tire un peu son épingle du jeu et propose un personnage féminin fort et crédible. Et encore, elle n'évite pas le rôle de love-interest du jeune, beau et mystérieux Roy Goode... L'histoire se met en place lentement, on ne s'attache aux personnages qu'au bout de quelques épisodes, mais ensuite c'est bien mené. L'affrontement Griffin / Goode est intéressant, le dernier épisode fait monter la pression et offre du spectacle. Ce n'est pas la révélation de l'année pour moi, mais une série de bon niveau qui est peut-être passée un peu à côté de son ambition première, celle de mettre les femmes au premier plan. Ça reste à voir cependant.

Fargo saison 3 : Cette troisième saison de Fargo reste dans la droite lignée des précédentes : atmosphère inquiétante entre le polar bizarre et la comédie noire, personnages borderline, climat froid et arnaques à la petite semaine... Bien que Ewan McGregor se paie le luxe d'interpréter deux personnages différents, qui plus est au centre de l'intrigue principale, ce n'est pas lui qui marque le plus au cours de cette saison. C'est très clairement le personnage de VM Varga (interprété par David Thewlis) qui emporte le morceau haut la main : inquiétant, hors norme, bavard, sombre, cynique, une voix et une dégaine qui donnent envie de passer très vite son chemin... en un mot comme en cent, c'est lui qui imprime durablement la rétine dans au cours de cette saison. Ce que j'aime bien dans cette série je l'ai retrouvé encore une fois, cette sensation de "destin en marche" que rien ne peut arrêter, la poisse qui colle aux baskets de certains personnages, le pessimisme inéluctable qui s'abat sans pitié sur les protagonistes, l'humour noir et les délires de losers hauts en couleurs,... bref une recette qui me convient bien et qui est méticuleusement respectée. J'ai toujours un peu plus de mal avec la touche de fantastique qui se vient se mêler à un moment ou un autre au récit (et qui pourrait sans mal être évité, puisque selon moi il ne fait qu'ajouter des questions sans réponses à l'histoire et n'aide en rien à résoudre les intrigues en cours), mais ça aussi il semblerait que c'est une petite marque de fabrique de la série. Légère cette saison, et tant mieux. Et puis petit plaisir personnel : retrouver Carrie Coon, même si son personnage est loin de la profondeur de celui qu'elle a interprété dans The Leftovers. Fargo ne déçoit pas, ça reste une valeur sûre.

Mindhunter saison 1 : Hardie série qui associe un groupe de comédiens quasi-inconnus du grand public à un réalisateur star ultra-doué, à savoir David Fincher. Quant au contexte et au sujet : fin des années 70, quand le FBI se lance timidement dans ce qui deviendra par la suite une discipline renommée, le profilage. Période au cours de laquelle on va également nommer et ficher une toute nouvelle catégorie de criminels, qui depuis sont devenus les vraies stars des polars et autres thrillers : les serial killers. Cette plongée au tréfonds des pensées et des logiques des tueurs les plus froids et les plus sanglants n'est pas sans poser des questions : peut-on essayer de comprendre ces esprits dérangés, ces hommes considérés jusqu'alors que des bêtes sauvages ? Et si on peut le doit-on ? Sont-ils si dérangés, si différents de nous que cela ? Enfin, en les analysant, en les comprenant, ne glisse-t-on pas soi-même sur une pente dangereuse, faut-il pour y parvenir vendre un peu de son âme au diable ?... À toutes ces questions la série répond différemment selon les points de vue divergents des différents protagonistes. C'est troublant, c'est parfois glauque, c'est dérangeant, c'est angoissant, mais c'est surtout passionnant ! Fincher ne cède à aucune sirène des temps modernes : il prend son temps pour poser et ses personnages et ses thématiques, et il a tout à fait raison de s'en tenir à son rythme parfaitement adapté pour imposer une histoire et une narration maîtrisées et d'une vraie profondeur dramatique. On suit avec d'autant plus de curiosité et d'imprégnation les deux héros principaux que leurs interprètes sont relativement peu connus et ne renvoient donc dans notre imaginaire à aucun autre personnage précis préexistant. Et faut dire aussi que c'est aussi bien joué que mis en scène, le combo des deux fait de cette série écrite avec un sens aigu de la précision un vrai must, et une des meilleures nouveautés de 2017. J'en redemande sans hésiter !!!

Peaky Blinders saison 4 : Peaky Blinders c'est une petite pépite de la BBC qui avance doucement mais sûrement ses pions puisqu'elle en est déjà à sa 4ème saison. La précédente saison avait été très intense, et sa fin complètement inattendue et bluffante, laissant le spectateur sur un cliffhanger où s'entremêlaient deux questions sans qu'on arrive à  décider laquelle est la plus importante : "mais pourquoi ?" et "et maintenant ?". La saison 4 aura mis du temps à arriver, et dès le premier épisode les deux questions précitées trouvent leurs réponses. Un peu expédié à mon goût, surtout vis-à-vis du traumatisme engendré par le dernier épisode de la saison 3. La suite bascule dans une histoire de vendetta qui certes amène pas mal de suspens et de paris sur ce qu'il va advenir des personnages (qui va y passer ?), mais donne tout de même un arrière goût de "recette toute faite" pour entretenir une tension qui s'avère moins puissante que lors des premières saisons. Ça manque un peu de profondeur, comme si les personnages avaient déjà donné tout ce qu'ils avaient en eux et qu'on ne pouvait trouver d'autres sources de surprises que des éléments extérieurs et donc un peu "artificiels" par rapport à l'histoire si forte bâtie jusqu'alors. Attention je ne dis pas que c'est mauvais, très loin de là même, ça reste une des Rolls des séries actuelles, mais il y a un petit coup de moins bien que précédemment, c'est indéniable. Cependant l'espoir est très largement permis pour la suite, puisque au cours de ces 6 épisodes on sent que de nouvelles pistes commencent à se mettre en place pour un développement ultérieur durant la cinquième saison. Et puis je préfère largement une saison un poil plus faible que les autres de Peaky Blinders que n'importe quel procedural/policier produit à la chaîne façon Experts et consorts. Donc rester fidèle à cette série il faut ! Et vivement la suite !!

Taboo saison 1 : Tom Hardy aime jouer avec son apparence et en imposer avec son physique. Il a raison, ça lui réussit plutôt bien du reste. Je l'avais trouvé étonnant -et excellent- dans le rôle du Juif Solomon dans la série Peaky Blinders qui ancre son action dans les années 1920. Il a visiblement aimé lui aussi jouer dans une série du type "reconstitution historique" et s'est donc lancé corps et âme (il joue, mais il co-produit et co-scénarise aussi) dans cette mini-série de 8 épisodes (qui pourrait dit-on connaître une seconde saison) qui le plonge dans l'Angleterre des années 1815. Niveau décors et ambiance c'est vraiment très réussi, côté interprétation c'est du haut standing, l'intrigue quant à elle manque peut-être d'un soupçon de tension supplémentaire pour être vraiment passionnante, peut-être la faute à un personnage principal très énigmatique et dont on ne sait rien (ce qui est évidemment volontaire) mais qu'on a du mal à cerner et surtout dont on a du mal à comprendre les intentions et les motivations profondes. L'aspect "shamanique" également abordé par les images (les rêves et hallucinations du héros) qui prend visuellement une place non-négligeable n'est finalement qu'effleuré par le scénario et on aimerait vraiment en savoir beaucoup plus sur ce plan. Si Tom Hardy vampirise l'image dès qu'il apparaît, il y a une brochette de seconds rôles très intéressants et qui méritent aussi qu'on s'attarde sur eux, peut-être un peu sous-employés face à la star Hardy. En tout cas cette mini-série est agréable à regarder, intelligente, bien rythmée et cohérente, et s'il y a une suite je sais que j'en serai.

Spider-Man : Homecoming : J'avais beaucoup aimé, contre toute attente qui plus est, la version "Marvel Studio" de Spider-Man apparue dans Captain America : Civil War, voici donc dans la foulée le film solo qui lui est consacré. Sans effet de surprise cette fois, on a déjà intégré que Peter est un ado de 15 ans, que Tante May est une milf italienne qui a tout juste la quarantaine, et que Tony Stark est le mentor de l'Araignée. Prévenu de tout ça, on a moins de choses à accepter avant de se lancer dans l'histoire. Par chance, Marvel Studio a renoncé à nous pondre une troisième origin story bien que son héros soit profondément remanié, et on peut donc tranquillement entrer dans le vif du sujet sans avoir à se refarder tout un tas de choses qu'on sait déjà et qui auraient peut-être infimement varié d'une version à l'autre. Autre bon point : on a pas non plus une troisième version du Bouffon Vert mais un ennemi jusqu'alors inédit dans un film Spider-Man : le Vautour ! Et quel Vautour !! Rien moins que Mickael Keaton dans le rôle du méchant, qui donne une interprétation toute personnelle et plutôt réussie d'Adrian Toomes, encore une fois très divergente de ce qu'on a l'habitude de voir dans les comics mais parfaitement adaptée au grand écran et à l'ambiance Marvel Studio. Idem pour le Shocker, assez éloigné de sa version papier mais très abouti et convaincant cinématographiquement parlant. Pour ce qui est du scénario en lui-même c'est pas du Shakespeare mais on touche du doigt l'essence même de Peter Parker tel qu'il a été créé en 1962 (un ado loser et blagueur), auquel on aurait ajouté par-ci par-là des touches de sa version latino-black (le dernier Ultimate Spider-Man en date, Miles Morales) avec entre autres son pote Ned (initialement Ganke dans les comics) qui apporte une dose de fraîcheur, d'humour et de légèreté au film. J'ai plutôt aimé cette version du tisseur, je la trouve plus intéressante et réaliste (si tant est qu'un personnage tel que Spider-Man puisse l'être) que la version précédente au cinéma (les deux Amazing Spider-Man). Cela dit il faut accepter que ce soit un film grand public, et donc également visible par les enfants (les miens ont adoré), d'où peut-être un traitement un peu moins adulte que ce qu'a pu apporter en son temps Sam Raimi dans sa trilogie. Mais tant qu'on ne sombre pas dans des niaiseries sans nom moi je suis plutôt client, et j'ai vraiment le sentiment de retrouver, sur le fond en tout cas, le Spider-Man des origines, et celui que j'ai lu étant gamin.

Homeland saison 6 : Je dois bien l'avouer, Homeland j'ai toujours été moyennement client. La première saison avait été d'une force assez impressionnante jusqu'à son final totalement foiré à mon goût. Ce qui m'avait complètement déçu et m'a fait regarder toutes les saisons suivantes d'un oeil plus suspicieux que convaincu. Avec parfois de nouvelles déceptions et parfois de très bonnes surprises. Et là, cette saison 6 fait partie des très bonnes surprises, indubitablement. On retombe dans le climat de complot généralisé qui plonge les personnages principaux dans une paranoïa quasi-constante qui les met en équilibre très instable (quand peut-on dire que sa parano est justifiée ou non ?). J'ai toujours eu du mal avec le personnage de Carrie, surtout dans les 4 premières saisons où je trouvais qu'elle tournait pas mal en rond narrativement parlant, mais les scénaristes ont su lui faire prendre un tournant, la faire évoluer sans toujours systématiquement rebondir sur sa cyclothymie. J'ai eu un peu peur que cet écueil n'intervienne encore une fois en fin de cette saison, mais les scénaristes ont évité de retomber dans le cliché et c'est tant mieux. De là à ce que je me mette à apprécier Carrie, il reste du chemin à faire, mais au moins on ne retombe pas dans ses travers habituels et un poil lassants. Ce qu'on peut dire et qui est à mettre au crédit de Homeland, c'est que cette série a toujours su mettre à mal ses personnages, voire même à les maltraiter ouvertement, c'est presque sa marque de fabrique depuis la fin de la saison 3, et cette saison 6 n'est pas différente. Cette fois c'est Peter Quinn qui en prend pour son grade, et on ne peut pas s'empêcher de souffrir avec lui tant ce que son personnage subit dans cette saison est dur, et tant son évolution dans l'histoire s'éloigne de ce qu'on attend pour un personnage principal de son importance. Et c'est également toujours un plaisir de retrouver le vieux sage Saul Berenson, même lui a cette fois bien du mal à démêler le vrai du faux, malgré son expérience de vieux renard des services secrets. Quant à la toute fin, la dernière partie du dernier épisode en gros, sans la dévoiler, j'en dirais que je ne m'y attendais pas du tout. Ce qui est bon signe a priori. Mais c'est une fin qui laisse un goût très amer dans la bouche tant le retournement de situation s'avère radical. Je ne sais pas du tout si une septième saison est prévue, mais je dois avouer qu'après ce final qui fait pour moi office de véritable fin de cycle, j'ai du mal à imaginer comment les scénaristes pourraient relancer la machine. Ce qui éveille autant de circonspection que de curiosité en moi. À suivre donc...

Star Wars : les derniers Jedi : Star Wars c'est devenu quelque chose de spécial dans le monde du cinéma, presque une institution à part. D'autant que depuis son rachat par Disney, on a droit à une sortie annuelle pour cette franchise ciné. Je n'ai jamais été un intégriste de Star Wars, ni même un fan inconditionnel d'ailleurs. J'ai grandi avec certes, j'ai des souvenirs émus de gamin qui y sont liés, aussi bien avec les films qu'avec les jouets du reste. Mais je n'ai jamais eu un amour démesuré pour Star Wars comme j'ai pu en avoir pour certains super héros de ma jeunesse par exemple. C'est ce qui me permet d'avoir un certain détachement pour la série de films, et de les voir pour ce qu'ils sont, de manière dépassionnée. Et celui-ci m'a paru un bon divertissement, peut-être un chouïa trop long à mon goût, je ne suis sorti ni transporté ni déçu par ce que j'avais vu. Le moins qu'on puisse dire c'est que les choses ont avancé avec cet opus, et pas toujours dans les directions que j'avais imaginées, bien que l'on pourra toujours s'amuser à faire des comparaisons et trouver des ressemblances avec la première trilogie (la première trilogie historique, pas chronologique). Mais on m'a donné à voir ce à quoi je m'attendais d'un point de vue visuel et narratif : du beau et grand spectacle avec des batailles spatiales (pas aussi abouties que dans Rogue One mais très chouettes quand même), des combats au sabre laser (pas le point le plus fort du film mais incontournable dès lors qu'on parle de Jedi n'est-ce-pas ?), des jeunes qui veulent apprendre et des vieux qui rechignent à enseigner, des têtes connues et attendues et d'autres nouvelles pas mal intégrées dans cet univers déjà riche. Je ne suis toujours pas vraiment convaincu de la force (ahah) d'attraction du personnage de Rey comme héroïne principale, ni de la pertinence du perso de Finn qui reste trop superficiel à mes yeux, mais j'ai été agréablement surpris de la performance de Adam Driver dans le rôle de Kylo Ren. Je ne l'avais vraiment pas trouvé à la hauteur dans son rôle de grand méchant dans le précédent film, mais là j'avoue qu'il a passé un palier, aussi bien dans l'écriture (surtout) que dans l'interprétation (dans une moindre mesure tout de même), qui me fait l'accepter et même l'apprécier comme antagoniste principal de cette nouvelle trilogie. Pour moi le problème principal de la trilogie a été résolu : elle tient son méchant. Reste à trouver des héros auxquels on aura autant envie de s'accrocher que dans la première trilogie. Force est de constater que ni Rey, ni Finn, ni même Poe Dameron n'éveillent pour l'instant en moi l'intérêt qu'avaient su éveiller Luke, Han et Leia à leur grande époque. Mais dans l'ensemble le film remplit son contrat : il n'y avait qu'à voir les yeux écarquillés tout de long du film et l'immense sourire aux lèvres à la sortie de la salle de mon fiston pour comprendre que ce Star Wars a atteint son but : plaire aux mômes et divertir les parents qui ont gardé en eux un peu de leur âme d'enfant.

Les Gardiens de la Galaxie vol.2 : Dans l'univers cinématographique Marvel, Les Gardiens de la Galaxie tiennent une place particulière, celle des trublions. Certes on a bien un Spider-Man qui fait des blagues à tour de bras et un Ant-Man entouré de potes ravagés du bulbe, mais les Gardiens c'est encore une autre dimension ! C'est vraiment drôle et décalé, ça ne se prend pas vraiment au sérieux et on sent clairement la volonté de trouver un ton différent des autres super-héros. Tout en proposant aussi un film à grand spectacle, de l'action et des effets spéciaux à gogo, un univers coloré et chamarré, et même par moments (brefs certes) des instants d'émotion. Ça passe par des comédiens qui se font vraiment plaisir à l'écran, par un tourbillon de couleurs et de formes iconoclastes, par des personnages décalés et des bons mots placés aux meilleurs moments pour désamorcer des situations qui se voudraient sans cela bien trop sérieuses. Il y a de l'inventivité, une grosse dose d'humour (qui fonctionne bien qui plus est), du rythme, de la couleur, une bande son qui dépote. J'avais un peu peur que cela fasse redite, voire recette déjà dépassée après le premier volet, mais non pas du tout, ça reste frais et original, ça possède un ton à part et immédiatement reconnaissable (dont la licence Thor s'est clairement et avec succès inspirée dans Thor : Ragnarok), et surtout ça file la patate et donne envie d'y revenir. ce qui est quand même pas dégueu comme résultat pour un film grand public non ?

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Published by Stéph