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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 07:55

Voilà bien longtemps que je n'ai pas parlé bande-dessinée sur ce blog... et pourtant j'en lis toujours et encore, plus et plus vite que je ne trouve de place sur les étagères de mes bibliothèques soit dit en passant, mais ça c'est une autre histoire. Alors certes ces derniers temps je me suis englouti une quantité industrielle de comics (durant le confinement c'est quasiment la seule lecture, bizarrement, qui me convenait), mais par esprit de contradiction je vais vous parler de Open Bar, du génial Fabcaro, un de mes auteurs français actuels préféré.
 

 

Open Bar c'est un florilège de gags en une page, parus au préalable dans les Inrockuptibles, où Fabcaro laisse libre cours à son sens de l'ironie et de l'absurde. Composés de dessins assez statiques, voire même d'une succession de vignettes graphiquement identiques, l'humour se loge avant tout dans le texte, plus précisément dans les dialogues (ou monologues d'ailleurs).

 

Un humour très contemporain, pince-sans-rire, intelligent et référencé. Un humour par lequel Fabcaro s'autorise à nous parler et à se moquer gentiment de nous, de notre société occidentale, de petits rien érigés en grands délires comme de grands sujets vus par le petit bout de la lorgnette. On passera donc sans aucune transition des migrants à l'école, de l'écologie au couple, de la société de l'information à la sexualité, du racisme ordinaire aux J.O. d'hiver. À chaque fois c'est inattendu, parfois dérangeant, mais toujours bien vu et drôle. En tout cas moi ça m'a fait marrer.

 

Alors plutôt que de longs discours, je vais plutôt vous donner un ou deux exemples de cet humour si particulier que Fabcaro manie avec tant de dextérité, vous comprendrez mieux de quoi il s'agit. Il va de soi que je conseille fortement cette lecture !!

D'abord un petit cours d'intégration pour les nuls :

 

Mais aussi une miss météo plus vraie que nature :

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:15

On a souvent tendance à faire une distinction nette entre les scientifiques et les littéraires, au lycée par exemple où cet étiquetage instaure une véritable séparation entre les filières. Ce qui est non seulement très dommage, mais surtout infondé selon moi. Combien d'éminents scientifiques sont aussi de remarquables manieurs de mots ? Combien l'Histoire compte-t-elle de mathématiciens ou de physiciens également philosophes à leurs heures ? Tel Jules-Henri Poincaré par exemple, ingénieur, mathématicien, physicien et philosophe français de la fin de XIXème – début du XXème siècle. Poincaré a été un des précurseurs majeurs de la théorie de la relativité restreinte, mais aussi celui qui fut à l'origine de la fameuse théorie du chaos.

 

Admirez le subtil art de la transition dont je fais preuve : le héros de La Théorie du chaos de Leonard Rosen est justement Henri Poincaré, l'arrière-petit-fils du renommé scientifique ! Loin d'avoir suivi les traces de son aïeul, Henri est flic à Interpol, et ses états de service font de lui l'un des plus fiables et efficaces enquêteurs de la maison. Après trente années de bons et loyaux services, il caresse l'idée de prendre une retraite bien méritée, dans sa maison retirée en Dordogne, et de prendre enfin le temps de profiter de sa femme, de son fils et de ses petits-enfants. Il sort d'une longue et difficile enquête qui lui aura permis de mettre sous les verrous le criminel de guerre Stipo Banović, traduit devant la Cour Internationale de Justice de La Haye pour crimes contre l'humanité. Mais ce dernier a la rancœur tenace, et jure de se venger du policier français. Qu'importe, Poincaré se voit embarqué dans une nouvelle enquête quand un jeune mathématicien prodige, James Fenster, trouve la mort dans une explosion peu avant d'intervenir au sommet de l'OMC à Amsterdam. Mais qui peut en vouloir à un mathématicien et surtout pourquoi ? Dès le départ l'enquête s'annonce hors du commun : l'explosif qui a été utilisé pour tuer Fenster s'avère être un dérivé de la recherche spatiale, le perchlorate d'ammonium... Placé à la tête d'une équipe d'enquêteurs internationaux, le policier français hésite à suivre la piste qui semble lier la mort de Fenster à un récent attenta à l'explosif à Naples et à un assassinat ciblé à Barcelone. L'intuition de Poincaré lui souffle que la clé du mystère se trouve dans les travaux du spécialiste des fractales James Fenster...

 

Vous l'avez peut-être remarqué dans mon bref résumé du début de ce thriller, c'est plutôt dense en éléments. Et encore, j'aurais pu citer la secte apocalyptique des Soldats de l'Enlèvement, le ponte de la haute finance ou l'altermondialiste péruvien qui prône le retour de l'économie aux peuples indigènes...

 

Certains trouveront peut-être que le récit souffre de trop de détails à intégrer, moi j'y ai vu non seulement un parallèle évident à la théorie du chaos qui traite des systèmes complexes et multifactoriels, mais aussi un background riche qui donne de l'épaisseur et de la crédibilité aux événements comme aux personnages. On échappe ainsi clairement à la caricature et aux formules toutes faites de certains polars d'auteurs ultra-rôdés en la matière. D'ailleurs je précise qu'il s'agit ici d'un premier roman.

 

Dans le genre « on sort des clichés » l'auteur coche par ailleurs plusieurs particularités que je trouve pour ma part remarquable. Tout d'abord, pour un écrivain américain choisir un héros français, ça n'est pas très courant ! De ce point de vue aussi, je m'empresse d'ajouter que rien ne laisse déceler que l'auteur est américain dans sa description du personnage, de sa vie privée et des décors français de l'histoire. Pas de fausse note, pas de cliché, pour peu qu'on ne connaisse pas la nationalité du romancier, on pourrait sans peine penser qu'il s'agit d'un polar français.

Autre particularité : Leonard Rosen ne joue pas sur le registre de l'action échevelée et du rythme haletant. L'enquête qu'il déroule est au contraire faite de réflexion, de sensibilité, d'intuition bien plus que d'échanges de coups de feu ou de scènes de course-poursuite.

Et ce qui m'aura le plus marqué parce que je l'ai rarement vu pratiqué avec autant d'âpreté et de jusqu'au-boutisme, c'est la façon dont l'auteur ne ménage pas son héros. Alors que le roman débute en se permettant de faire quelques petites pointes d'humour, l'histoire va évoluer au point de se transformer en véritable drame pour le personnage principal qui sera loin, très loin de s'en sortir indemne. Vous en conviendrez peut-être en le lisant sinon croyez-moi : on ne voit pas ça souvent dans un thriller.

 

Finalement, et c'est un peu paradoxal, ce que j'aurai le plus retenu de ce roman c'est son approche de l'humain. Ce sont ses personnages très travaillés, très vrais, qu'on a vraiment l'impression de connaître en fin de lecture. Bien plus que son intrigue basée en partie sur des théories scientifiques que l'auteur va également développer pour en faire un élément important de son récit. Alors que c'est cet aspect-là qui m'avait initialement attiré vers ce bouquin, ce n'est pas ce qui m'a le plus marqué, l'exact contraire de ce qu'il s'est passé lors de ma lecture de La Formule de Dieu, avec lequel on peut faire une comparaison sur le registre du polar-scientifique.

 

Un livre dense, intelligent et très humain, qui par ce biais-là, tire son épingle du jeu sur le plan de l'originalité.

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 19:46

La crise sanitaire actuelle a surtout été pour moi une crise capillaire, je vous en ai déjà touché un mot précédemment. Ce fut même à l'origine d'un moment de doute quant à ce qu'il convenait pour moi de décider.

Et puis voilà une semaine j'ai rencontré sur la route un ami que je n'avais plus vu depuis plus de trois mois, on s'est juste croisé en sens inverses sans s'arrêter, à vrai dire s'il n'avait pas klaxonné comme un dingo (c'est un des trucs préférés de Nico quand il est au volant : mettre du AC/DC à fond les ballons, faire crisser les pneus et klaxonner) je ne l'aurais sans doute même pas vu. Toujours est-il que dans la demi-heure qui s'ensuivit, il m'envoyait un sms pour s'enquérir de la santé de mon coiffeur, craignant que ce dernier fut une victime de plus du covid-19. J'y vis un signe qui ne trompe pas.

Vous le voyez aussi le signe qui ne trompe pas ?

Avisant ma tronche dans le miroir, je décidai d'agir.

Agir oui, mais par où commencer ?

Première étape : tailler ma barbe. Adieu le look Bud Spencer. Mais devant l'épaisseur de la chose, j'ai dû procéder par étape.

Un petit côté Double-Face ??

Jusqu'à enfin arriver à quelque chose d'un peu plus seyant.

Y a quand même encore un truc qui cloche non ?

Sauf que là le haut et le bas n'étaient plus du tout raccord. Une seule solution : vite un rendez-vous avec Graziella (ma coiffeuse).

Fin du confinement : retour à la normale !

Et depuis j'ai retrouvé enfin un semblant de dignité capillaire. Il était temps je crois.

 

 

Mes excuses auprès de ceux qui me lisent régulièrement : à la place de mes longues proses dont vous raffolez pour vous aider à vous endormir le soir venu, vous n'avez eu droit qu'à ma trogne en gros plan et en plusieurs exemplaires. Ce blog part à vau l'eau !

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 07:52

Pour ceux qui ont un peu de mémoire, je vous ai déjà parlé de Warren Ellis sur ce blog. Parce que c'est un auteur de premier plan de comic books d'une part, et parce que j'avais adoré son tout premier roman que je vous avais chaudement recommandé ici, Artères souterraines.

 

Avec Gun Machine, Warren Ellis récidive dans le monde du polar, quatre ans après sa première incursion dans le genre. Et pour ceux qui se souviennent avoir lu ma critique de son premier roman, je m'excuse platement car il va falloir que je me répète un tantinet.

 

Warren Ellis est un auteur clairement à part. Un surdoué dans son domaine. Je ne vais pas vous refaire la liste complète de ses œuvres où vous dénicherez quelques-unes des bd américaines les plus marquantes des dernières décennies (au hasard Transmetropolitan ou The Authority), mais je vous le dis comme je le pense : ce type connaît son affaire. J'ai l'habitude de le lire quand il est scénariste de comics, mais avec son deuxième roman je commence à vraiment trouver que le britannique fou devrait plus souvent laisser libre cours à sa plume d'écrivain, parce qu'il assure bien comme il faut aussi dans le genre littéraire l'énergumène.

 

Dans Gun Machine, on démarre avec un duo de flic façon bad cop / good cop : du grand classique. John Tallow est une caricature-née du flic désabusé. Des états de service en berne, célibataire qui ne rechigne pas à s'envoyer une bouteille de whisky de temps en temps, complètement dépassé, à la ramasse physiquement depuis que les années se sont installées, il n'est pas du genre populaire au sein du NYPD. Tout le contraire de son ami et coéquipier, Jim Rosato, dynamique et alerte, aimé et respecté de tous. Sauf que c'est Jim qui se fait descendre au cours d'une intervention face à un forcené d'un immeuble délabré de Manhattan. Une bastos envoie sa cervelle repeindre le mur de la cage d'escalier. John voit rouge et vide son chargeur sur le type, défonçant au passage le mur d'un des appartements du palier. Et quand les flics inspectent l'appartement en question, c'est la stupéfaction : il y a là une multitude d'armes à feu fixées aux murs, suivant un bien étrange ordonnancement. Après analyses, toutes correspondent à des affaires de meurtres non-élucidées, certaines remontant à plus de vingt ans ! Déjà pas en odeur de sainteté auprès de sa hiérarchie, Tallow n'avait pas besoin de ça pour s'attirer la colère de ses supérieurs et l'animosité de ses collègues : non content d'être celui des deux que personne n'aime qui a survécu à la fusillade, il leur apporte une avalanche de cold cases à rouvrir avec cette découverte. C'est donc lui qui se voit chargé d'élucider les affaires liées à cette cache d'armes, avec pour seule aide deux doux-dingues de la police scientifique qu'on lui assigne. Pendant ce temps, dans les rues d'une ville quasi-organique dans sa description, erre un chasseur. Un chasseur dont l'esprit navigue entre le Manhattan moderne et le lieu tel qu'il était avant que les colons blancs ne débarquent sur cette terre amérindienne... Un chasseur qui compte bien récupérer ses armes.

 

Ce résumé du début illustre ce qui se confirme au cours de la lecture : avec son second roman, Warren Ellis reste un peu plus dans les standards du polar, alors qu'il avait proposé quelque chose de très décalé qui piochait ouvertement dans différents genres avec Artères souterraines. Mais cette image de classicisme n'est qu'un vernis, Ellis reste Ellis, et il n'est jamais plus lui-même que lorsqu'il parvient à injecter une part de (sa propre ?) folie à son récit, bien souvent par l'intermédiaire de certains personnages. Et il ne s'en prive pas dans Gun Machine, où le personnage du tueur en série (car avec ses centaines de contrats mortels remplis, je pense qu'il mérite ce titre) est un véritable psychotique de haut-vol, vivant en quasi-permanence dans l'illusion d'un environnement hybride entre modernité de la ville et retour à la nature du lieu tel qu'il existait avant que les amérindiens en soient délogés par les colons européens. Un fou dangereux, littéralement. Des personnages décalés mais dans un genre plus loufoque, on en croise également avec Bat et Scarly, les officiers de la police scientifiques qui secondent Tallow. La patte Ellis est indéniable.

 

D'ailleurs on retrouve dans ce polar bien d'autres caractéristiques qui lui sont propres et qu'on ne peut s'empêcher de relever dès lors qu'on a déjà lu un certain nombre de ses comics. Les dialogues par exemple : Warren Ellis excelle dans le domaine, il aligne les punchlines et est passé maître de la répartie à l'humour bien senti qui fait mouche. Il le prouve une fois de plus dans ce roman.

On note également des thèmes qui sont chers à l'auteur et qu'il aime à traiter d’œuvre en œuvre. Notamment ici, la ville, qu'il développe tel un personnage à part entière. Intéressant de se rappeler que Ellis a créé dès 1996 (co-créé avec Tom Raney aux crayons pour être exact) un personnage de comics* du nom de Jack Hawksmoor qui possède un lien physique avec les villes, dont il se nourrit littéralement puisqu'elles sont la source de sa force et de son agilité qu'il puise en elles.

Régulièrement aussi, Ellis insère dans ses histoires des références fouillées et très précises à l'Histoire contemporaine dont il semble féru, comme on peut par exemple s'en rendre compte aussi bien dans son précédent roman que dans celui-ci, ou encore dans des comics tels que Planetary par exemple.

 

Clairement on peut dire que Gun Machine est de facture plus classique que le roman précédent, dans ses thèmes et sa construction en tout cas, moins délirant, moins touche-à-tout, moins bordélique. Mais on conserve un ton acide, percutant, un humour bien présent, un rythme soutenu, une fluidité et une maestria dans les dialogues. Et on sent cette folie propre à l'auteur qui n'est jamais très loin, comme un carcan intangible dans lequel évoluent les personnages que développe Warren Ellis.

 

Vous l'aurez sans doute compris depuis le début de cette chronique : je conseille sans hésiter la lecture de ce roman !

* Pour ceux que ça intéresse, Jack Hawksmoor apparaît pour la première fois dans Stormwatch #37 et sera un des piliers de l'équipe The Authority par la suite dans le comics éponyme.

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 07:33

 

« Il y a deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison. »

 

Blaise Pascal, entre-deux.

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 07:26

Quel drôle de roman:fable que ce livre là !

Tout, de son format à son contenu, le fait sortir de l'ordinaire.

 

À commencer par son quatrième de couverture, qui tient en une seule phrase : « Dans mon souvenir, les années 2000 forment un long blockbuster traversé çà et là par des super héros. »

Énigmatique n'est-ce pas ? Tout comme Zoo : clinique, un titre:bizarre, vous en conviendrez.

 

Pas facile du reste d'en faire un résumé. Le roman de Patrice Blouin est une uchronie dont l'événement divergent est daté au printemps 1999. L'année où apparaît le premier homme:animal, un hom:gator pour être précis. Apparu en Floride, logique. L'épidémie s'est alors doucement propagée au monde entier. D'ailleurs peut-on parler d'épidémie ? Car il n'y a aucun signe de contagion, pas plus que de parenté visible entre les personnes qui mutent du jour au lendemain. Qu'il s'agisse d'une fem:ourse, d'un hom:dogue, d'une fem:singe ou encore du plus étonnant (comme si ce genre de mutation homme:animal ne l'était déjà pas suffisamment) hom:jument ! Vous croiserez également quelques enfants:lézards et plusieurs espèces d'hom:oiseaux... Le monde a alors changé, et dans plusieurs grandes villes ont été créés des zoos:cliniques, des lieux consacrés où sont regroupés les mutants, où on les soigne et où on les étudie. Officieusement cela permet aussi de les maintenir à l'écart de la population « normale ». Carlo Ginsburg* y officie en tant que rédacteur:infirmier, chargé de l'entretien et du bien-être des mutants, mais aussi de recueillir des témoignages:interviews sur les sensations nouvelles procurées par leurs corps hybrides inédits.

 

J'ai rarement écrit un résumé de roman aussi barré que celui-ci, je m'en rends compte !

 

L'histoire donc, sort de l'ordinaire, ainsi en va-t-il de la construction du récit. Le format ultra-court (120 pages d'une maquette très aérée) ne laisse pas place à de longs développements. Les raccourcis sont nombreux, les événements parfois survolés assez rapidement, tout se passe comme si Patrice Blouin refusait obstinément d'entrer dans les détails et de céder à la tentation de l'étalement comme le premier G.R.R. Martin venu qui serait tombé sur une idée à haut potentiel. Pourtant l'univers à peine esquissé par Patrice Blouin paraît riche, et on imagine sans peine le trésor de déclinaisons et de pistes à explorer qu'il renferme. Mais non, ce travail-là semble avoir été réservé au lecteur, pour -selon son profil- son plus grand plaisir ou sa plus intense frustration.

Pour en revenir à la construction même du récit, ce dernier oscille entre des passages de la vie de Carlo Ginsburg et des extraits d'interviews:confessions de mutants.

 

En ce sens, j'ai trouvé le roman un peu obscur, peu aisé à déchiffrer, laissant volontairement de larges zones d'ombres qu'il conviendra de combler au lecteur. Pourtant l'ensemble est intriguant à n'en pas douter. Intéressant également, pas son concept hors normes. À la lecture de Zoo : clinique apparaissent certainement nos habitudes:facilités de lecteurs:enfants qui ont l'habitude d'être pris par la main et qu'on laisse rarement se débrouiller seuls devant un texte vaporeux et avare en détails...

 

On a clairement des pistes thématiques qui mènent à des réflexions sur l'évolution comme sur la condition humaine, sur la peur de l'inconnu, sur des sujets plus à la mode comme la mutation voire les super-pouvoirs qu'on a plutôt l'habitude ces derniers temps de considérer comme l'apanage de super-héros en costumes bariolés. Et puis en toute fin de son roman:fable, Patrice Blouin glisse malicieusement une explication possible à toutes ces mutations improbables, qui tout à coup font basculer le livre dans un autre registre du roman à coloration fantastique... mais trop tard, c'est déjà la fin. Comme pour le reste du roman, ce sera à vous de voir ce que vous ferez de cette révélation : en développerez-vous vous-mêmes les ramifications ou vous laisserez-vous porter cahin-caha par cette conclusion abrupte tout comme par le reste du texte ?

* Contrairement au premier rapprochement réflexe que j'ai fait entre ce nom et celui de Lucien Ginsburg, plus connu sous le patronyme de Serge Gainsbourg, il semblerait que le nom de Carlo Ginsburg fait directement référence à l'historien italien contemporain Carlo Ginzburg qui a fait de la microhistoire sa spécialité, préférant les études de témoignages précis pour coller au plus près à la réalité historique de personnes plutôt qu'à l'étude plus large d'une période ou d'un peuple.

 

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 07:05

Il y a quelques jours je listais une série d'effets secondaires, positifs comme négatifs, liés au confinement et à la crise sanitaire du Covid-19.

Dans ma liste je n'ai pas parlé d'une des conséquences qui m'aura bien brisé les roustons : l'annulation, ou dans le meilleur des cas la reprogrammation à une date ultérieure des spectacles et concerts depuis le mois de mars et potentiellement jusqu'aux mois estivaux.

 

Et il se trouve que j'en avais un certain nombre de prévus sur mes tablettes, le début d'année s'annonçait riche sur le plan culturel et artistique...

 

C'est donc ainsi que je me suis vu passer sous le pif les concerts de :

  • Alain Souchon : je l'ai déjà vu à plusieurs reprises et à chaque fois c'est un plaisir de voir le dandy français sur scène, entre poésie, dinguerie et musicalité il reste un incontournable de la scène française.

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  • Seasick Steve : je connais un peu sa musique mais ne l'ai encore jamais vu en concert, c'était censé être une découverte avec l'ami Nono...

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  • James Blunt : tant pis pour mon côté midinette, le britannique repassera dans environ un an...

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  • Louis Chedid : en voilà un qu'il me tardait de découvrir sur scène ! J'adore sa musique mais ne l'ai encore jamais applaudi en live... va falloir prendre mon mal en patience jusqu'en janvier 2021 du coup.

 

 

 

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  • Nathaniel Rateliff : l'un de mes plus gros coups de cœur de ces dernières années. Le barbu a décalé son passage en France au mois d'octobre. En espérant que d'ici là la seconde vague sera déjà passée, parce que Nathaniel on a prévu d'aller le voir tous les quatre ensemble avec les garçons, le rock c'est une affaire de famille ! ;-)

  • Bebel Gilberto : elle aussi je l'attendais avec impatience ! La reine de la Bossa Nova enfin de passage pas loin de chez moi pour un concert intimiste dans une petite salle, j'avais rameuté une belle bande de potes pour y aller en groupe ! Aux dernières nouvelles ça se fera peut-être en novembre...

  • Greg Zlap : un inconnu pour vous ? Pour moi aussi ! C'est un cadeau-découverte de ma petite sœur, mais ça devra attendre encore quelques mois.

  • The Dead South : Ceux-là aussi il me tardait de voir ce qu'ils donnent en live, leurs clips sur youtube sont chouettes, il me faudra patienter jusqu'en avril 2021.

  • Eric Clapton : God himself !! Certainement le report qui me fait le plus braire !! J'avais déjà un peu fait mon deuil sur la possibilité de le revoir un jour (je l'ai vu sur scène une seule fois, il y a une vingtaine d'années) entre son âge (75 balais cette année), sa santé fragile, la quasi-disparition de dates en France lors de ses dernières tournées et les prix un poil over-the-top des billets de ses concerts. Ma fée avait réussi je ne sais comment à dégoter deux places pour aller le voir à Zurich en juin et pour moi ça tenait déjà du miracle, j'étais tout fou ! Mais le virus est passé par là et c'est donc en juin 2021 que le concert a été reprogrammé... si tout va bien d'ici là. Ça m'a fait un peu l'effet d'une douche froide. Je n'ai plus qu'à patienter une année supplémentaire...

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 07:07

Ah quel plaisir de vous parler de ce livre, Le Ciel vous tienne en joie, qui est un recueil de chroniques, celles du Toutologue de France Culture, Philippe Meyer.

Le plaisir d'ailleurs, c'est surtout pour moi celui de vous parler de l'auteur : « Philippe Meyer, mammifère omnivore, bonjour ! »

 

Philippe Meyer c'est avant tout à mes yeux un homme de radio. Il est pourtant loin de n'être que cela, puisque si vous parcourez son Curriculum Vitae vous y verrez apparaître un nombre impressionnant de qualités : le bonhomme semble être un touche-à-tout infatigable. Il aura été tour à tour éducateur pour jeunes délinquants juvéniles, chercheur indépendant au Centre de santé mentale, journaliste de presse écrite, enseignant en sociologie des médias à Sciences Po, écrivain, animateur de télévision et d'émissions musicales, auteur des textes du film De Nuremberg à Nuremberg de Frédéric Rossif, chroniqueur de plateaux télé, candidat aux municipales, comédien, auteur et metteur en scène de pièces de théâtre, chanteur à ses heures, j'en passe et des meilleures...

 

Mais pour moi, il est avant tout un homme de radio. Pour avoir officié des dizaines d'années au micro de diverses antennes, vous ne pouvez presque pas l'avoir raté pour peu que vous ne vous limitiez pas au triste tagada-tsoin-tsoin des radios « musicales » pour jeunes décérébrés façon Fun Radio ou NRJ. C'est avec son émission La prochaine fois je vous le chanterai qu'il a accompagné bon nombre de mes fins de matinées du samedi, en voiture de retour de la librairie *... Avec sa voix à aucune autre pareille, avec son phrasé inimitable, avec son exactitude exemplaire dans le choix de ses mots et avec la classe indéfectible de chacune de ses tournures de phrases, avec son humour ravageur aussi pince-sans-rire que raffiné, avec son flegme, son ton et son dandysme tellement hors du temps et de tout courant, avec sa culture immense des grandes comme des toutes petites choses qui font ce monde, avec son amour des chansons à texte et des bons mots mais aussi des « chansons _ons », avec ses gimmicks savoureusement millimétrés qui ponctuaient ses interventions, ce n'est pas pour me vanter mais Philippe Meyer aura marqué mon oreille d'auditeur sachant auditer !! **

 

Et c'est d'ailleurs avec dans l'oreille le son de cette voix si singulière qui barytone ses textes avec la métronomie et l'exactitude d'une horloge suisse, que j'ai lu ce livre. Chacun des cent-trente-deux textes compilés ici est la retranscription exacte d'une chronique que Philippe Meyer a tenue à 7h56 chaque matin, lors de sa chronique du toutologue sur France Culture de 2010 à 2014. Un toutologue ? C'est celui pour qui tous les sujets se valent et disent quelque chose du monde et de la condition humaine. Qu'il nous entretienne de littérature, de chirurgie plastique du fessier, de politique, de bonheur conjugal, d'histoire, d'anecdote triviale, d'hôtesses de caisses, de musique, de chou frisé, de théâtre, de locutions latines ou d'artisans coiffeurs, il en retire toujours quelque chose d'insolite, d'intéressant, de surprenant ou de drôle, parfois tout à la fois, qui nous permet de nous sentir en fin de chronique un peu moins bête et un peu plus heureux. Car on apprend en souriant grâce au talent de conteur et à l'érudition de Philippe Meyer.

 

Le Ciel vous tienne en joie, titre de ce recueil mais aussi expression dont il ponctue chacune de ses chroniques et qu'il a empruntée au Tartuffe de Molière, est évidemment une lecture que je conseille à tout un chacun. Par petites touches, ici et là, comme on picore quelques cacahuètes entre deux gorgées de Campari-orange, ce livre se déguste petit-à-petit et laisse un arrière-goût d'intelligence impertinente et de reviens-y jouissif. À la bonne heure !

* juste après une autre voix inimitable, celle de Jean-Claude Ameisen et son émission Sur les épaules de Darwin, programmée alors juste avant celle de Philippe Meyer...

** les habitués de ses émissions radio auront peut-être reconnu l'une ou l'autre de ses expressions fétiches ;-)

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 20:12

Avec le confinement on est amené à se poser des questions. Vous savez, des questions importantes, profondes, existentielles, primordiales. Des questions de fond. Sur le monde mais aussi sur soi.

 

Et donc je me demandais, maintenant que la première urgence capillaire est quasiment passée, que mes cheveux ont bien poussé, que je recommence à presque pouvoir me coiffer et que bientôt la phase intermédiaire bien dégueulasse où ça part dans tous les sens, ça se dresse, ça frisotte et ça se rebelle à tout crin (ah ah) sera derrière moi, je me demandais donc si ce n'était pas le moment où jamais de les laisser pousser ? Les cheveux longs façon gitan. El Chato, vous vous souvenez ?

Sébastien El Chato, non moi je ne t'ai pas oublié !

Parce que mine de rien, la barbe grisonnante aidant, je me rapproche de plus en plus du style Georges Moustaki. La gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec, je n'en suis plus très loin. Me resteraient plus que quelques semaines de patience, à apprendre la guitare, et je vous fais une reprise de Ma Liberté et de La Philosophie du grand Georges !!

Georges Moustaki, la classe poilue, mais la classe quand même.

Bon après j'ai quand même un doute affreux, nourri par la crainte de finir plutôt en sosie raté de Rudi Völler.

Rudi Völler, bel homme, mais d'un autre genre...

Du coup j'hésite.

 

Des questions de fond je vous dis.

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 07:56

Tout avait l'air d'être fait pour me plaire. Le titre, la quatrième de couverture, l'humour anglais, le style moderne, les personnages contemporains, le cynisme ambiant... vraiment, Idiopathie de Sam Byers semblait avoir tous les atouts en main pour décrocher la timbale avec moi.

 

Sauf que non. Plouf. Un coup à l'eau...

 

Mais je vais d'abord vous expliquer de quoi ça cause.

Le roman est centré sur trois personnages, trentenaires mal dans leur peau, trois anciens amis que la vie a séparés, et qui se retrouvent à l'occasion de la sortie d'hôpital de l'un d'eux.

Il y a Katherine, cynique et misanthrope, qui hait le monde entier (mais surtout les hommes) et s'en sert comme prétexte à cultiver sa méchanceté à un degré rarement rencontré. Il y a Daniel, son ex qui l'a quittée pour Angelica, jolie nunuche ultra-positive, avec laquelle il vit l'existence parfaite en apparence. Mais les apparences savent être trompeuses. Enfin il y a Nathan, leur ami commun, qui était aussi leur dealer attitré, et qui sort d'hôpital psychiatrique alors que sa mère a fait de lui le centre d'un récit-témoignage qui lui permet de courir les plateaux télé et s'inscrire au classement des best-sellers du moment. À la demande de Nathan, les trois amis se retrouvent le temps d'une soirée, qui ne sera pas sans dommage pour les uns et les autres...

Ah oui, à travers toute l'Angleterre, il y a aussi les vaches qui souffrent et meurent d'un étrange syndrome de « désœuvrement et de désengagement du troupeau ».

 

Voilà. Dit comme ça, franchement, ça pouvait le faire. Ben ça l'a pas fait.

Revenons rapidement sur le titre : Idiopathie, qui ne désigne pas la pathologie de ceux qui souffrent de bêtise chronique, mais qui se dit d'une maladie qui apparaît de façon spontanée et dont la cause est inconnue. Ici il s'agit de l'épidémie dont souffre la gente bovine et qui est évidemment une métaphore qui se veut malicieuse pour illustrer le mal qui touche la génération désœuvrée dont nous parle Sam Byers. Ne cherchez pas plus loin d'ailleurs, s'il y a des amoureux des vaches parmi vous, sachez qu'il s'agit là d'un simple décor de fond, l'auteur n'approfondira pas plus cet aspect du récit.

 

Alors venons-en au fait : pourquoi ça ne l'a pas fait ?

Pour plusieurs raisons. La première, et la principale, ce sont les personnages. Ils sont insupportables, tous autant qu'ils sont. Katherine est très certainement le personnage de roman la plus désagréable et difficile à lire que j'ai croisée depuis longtemps. Pourtant elle avait du potentiel pour me plaire. Le cynisme et les sarcasmes, j'adore. Mais quand c'est bien fait. Pour que le cynisme fonctionne chez un personnage, il ne faut pas que ce dernier se limite à cette spécificité. Il faut que cela vienne en contre-point d'autre chose. Un humour corrosif, une mélancolie subie, une intelligence supérieure, un sacrifice passé, une faille profonde et humaine, un doute existentiel sincère, je ne sais pas ... n'importe quoi d'intéressant bon sang ! Mais chez le personnage de Katherine, rien de tout cela, malheureusement. En tout cas rien de convaincant. Son cynisme, qui se pare pourtant d'un voile d'esprit critique, n'est rien d'autre que de l'aigreur qui essaie de se donner une image d'intelligence froide sans y parvenir. Bien au contraire même, le cynisme sans fond, sans but, même inconscient, n'est selon moi que la marque d'une cruel manque d'intelligence justement. Ou d'une intelligence qui se sera faite supplantée par l'amertume. Résultat : Katherine est détestable et insupportable. Elle pourra même énoncer certaines vérités qu'on ne l'écoutera plus tant son caractère l'aura rendue inaudible. Quant à Daniel ce n'est pas mieux. On pourrait croire que celui qui a quitté une femme pareille mérite si ce n'est notre sympathie au moins notre indulgence, mais au final pas du tout. Il est, dans un tout autre genre, tout aussi insupportable. D'une mollesse sans nom, il est juste insipide, inodore, inconsistant. Finalement c'est Nathan, sensément le plus barré des trois (c'est quand même lui qui a été interné en hôpital psy), qui paraît le plus normal de la troupe, celui dont on comprend le mieux le ressenti et les réactions. C'est dire.

 

En second lieu, outre les personnages qui n'inspirent pas de grande passion à leur égard, il y a la promesse un peu déçue de la comédie caustique à l'anglaise. Non pas que le roman soit mal écrit, il y a une certaine fluidité à la lecture (quoique l'auteur soit un adepte des phrases à rallonge, mais ce serait vraiment mal venu de ma part de lui reprocher ça !!), mais je n'y ai pas retrouvé ce que j'ai pu adorer chez d'autres. Dans le genre hilarant, je n'ai pas encore trouvé mieux, ni même aussi bien, que Vacances anglaises de Joseph Connolly. Et le mètre étalon en la matière reste pour moi David Lodge, qui sait mixer comme personne l'humour, la justesse et la classe toute britannique dans ses romans. Sam Byers, l'auteur trentenaire dont c'est ici je le précise le premier roman, est encore loin de ses glorieux aînés. D'ailleurs il est même possible que la construction de son récit en rebute quelques uns, du moins ceux qui ne goûtent que peu aux dialogues à outrance. Car c'est majoritairement ce dont est composé son bouquin. On discute, on se dispute, on s'invective, on s'apostrophe et on s'envoie à la tronche réplique de sniper sur bon mot assassin. J'avoue que ça peut lasser si on n'apprécie que modérément le genre.

 

Et puis, ce qui m'a finalement gêné aux entournures, c'est le fond du propos. La légèreté ne me dérange pas. On peut faire d'excellents livres, très distrayants et bien écrits sur des sujets qui s'avèrent très secondaires au final. Mais là, j'ai un peu trop ressenti la vacuité de l'ensemble. À mes yeux on a à faire ici à une bande de petits bourgeois chouineurs tout juste sortis des jupes de leurs mères et qui à peine dans la trentaine croient déjà tout savoir, tout connaître de la vie, au point d'en décréter le non-sens et l'inutilité avec un aplomb qui laisse songeur. Le personnage de Katherine en particulier, cumule sur ce point la majorité des réflexions et comportements qui m'auront hérissé le poil au cours du livre. Si ce roman était un film, il aurait les défauts qu'on prête habituellement (et parfois avec exagération) aux comédies dramatiques françaises nombrilistes et dépressives. Car s'il y a bien un qualificatif qui colle aux personnages (et à l'auteur qui parle par leur entremise ?) c'est narcissique.

 

En fait voilà : c'est malheureusement bien plus narcissique que caustique, cynique ou drôle. Et c'est ce qui m'aura sans doute définitivement fait décrocher du roman. Il se lit sans trop de difficultés, mais on est content d'en finir une fois arrivé à la fin !! Pour pouvoir passer à autre chose.

 

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