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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

Penny Dreadful saison 3 : Dernière des 3 saisons de la série historico-horrifique de Showtime, les personnages connaissent enfin la conclusion de leurs aventures, bien qu'on sent confusément qu'en dehors du personnage central de Vanessa Ives les autres auraient encore largement pu être développés plus avant et ne sont pas forcément menés jusqu'à leurs limites potentielles (je pense à Victor Frankenstein, mais aussi à son comparse d'expériences le Docteur Henry Jekyl ou encore ce bon vieux Dorian Gray qui aura passé presque toute la saison comme spectateur des frasques de Miss Croft). Ce qui frappe dans cette saison c'est d'abord la multiplication des lieux et des décors, on voit que la production a de l'argent à dépenser, et qu'elle le fait plutôt bien. L'introduction de Dracula dans cette saison est également intéressante, il est toutefois dommage que l'affrontement final contre lui se limite à ce qu'on a vu, j'imaginais quelque chose d'un peu plus spectaculaire et moins facilement résolu. Tout cela m'amène à penser que cette fin n'était peut-être pas exactement celle qui avait été envisagée, que peut-être une quatrième saison conclusive aurait permis de mener les différentes intrigues à leur terme de manière un peu moins expéditive. Attention, ça ne veut pas dire que c'est mal fichu, la qualité reste de la partie c'est indéniable, mais il y a certains indices qui laissent regretter que la troisième saison soit la dernière, même si la fin est tout à fait acceptable et correcte en l'état. Très beau casting, décors, ambiance, effets, narration : on ressent que cette série n'est pas la première venue et a été soignée, rien que pour ça, et pour ses thèmes rétro-fantastiques bien entendu, Penny Dreadful vaut largement le détour et mérite qu'on s'attarde sur elle. On verra bien ce qu'il en sera de sa série spin-off...

Razzia : Razzia est un film qui propose de décortiquer en partie la société marocaine dans son évolution des 25 dernières années. Par l'intermédiaire de 5 personnages principaux, entre passé et présent, aux trajectoires pas forcément liées ou alors de loin en loin, on aborde plusieurs thématiques sur fond de révoltes sociales et de lutte entre un retour à la religion et les libertés individuelles. C'est d'ailleurs le thème transversal à tout le film : la recherche, la soif, l'envie, la revendication, le besoin de liberté. Liberté de culte, de pensée, de sexualité. On sent que le pays se trouve à un croisement d'une importance capitale : entre espoir et résignation, entre envies et désespoirs. Le film ne propose ni réponse définitive ni solution, et envoie autant de raisons de se réjouir que de craindre le pire, battant le chaud et le froid selon les moments. Immense constat qui refuse un manichéisme trop simpliste tout en montrant les choses comme elles sont, on ressort du film avec tout un tas de questions sur l'avenir. Ni foncièrement optimiste ni tristement pessimiste, le film parvient à alterner les deux points de vue sans jamais se fixer définitivement. On sent bien vers où penchent les espoirs non-dits, on ressent aussi le désarroi quand certains personnages se retrouvent démunis et se sentent impuissant devant quelque chose qui les dépasse, les excès de la foule, dans un sens comme dans l'autre (les manifestations de jeunes pro-islam dans la rue sont aussi flippantes que la dérive au cours d'une fête de jeunes bourgeois qui finit mal). À voir pour une approche sociétale du Maroc d'aujourd'hui qui ne laisse pas indifférent.

Triangle : Petit film à mi-chemin entre l'épouvante et le fantastique (perso c'est dans cette dernière case que le mettrais sans hésiter), Triangle joue avec un thème qui m'est cher, les circonvolutions du temps. Car avec le temps, il y a maintes choses à faire, et ça ne se limite pas aux voyages dans le temps. En l'occurrence ici on a droit (attention je dévoile une partie du film à partir de maintenant) à un effet de loop, autrement dit de boucle temporelle. Ce qui est très ambitieux car de la même manière qu'un voyage "classique" dans le passé ou le futur, la loop permet également de sacrés paradoxes temporels, peut-être même encore plus emberlificotés que ceux du voyage dans le temps. Et cela demande donc une rigueur d'autant plus stricte si on veut que le scénario tienne la route. Ici on a l'essentiel qui est préservé mais on sent tout de même que les scénaristes atteignent leurs limites sur le sujet et se permettent quelques libertés avec le principe. Mais ils se rattrapent sur la fin, bien qu'il eut été bienvenu de trouver un prétexte psychologique qui permette de boucler la boucle en expliquant les motivations profondes de l'héroïne. Mais comme ça a de la gueule comme effet, en fermant un oeil on peut laisser passer ce petit manque de fond. Pour le reste il y a de chouettes trouvailles (comme celle du pont supérieur où vient se réfugier une des filles blessée par le tueur masqué...) et des parties plus communes. L'ambiance générale est noire et assez fataliste, mais ce n'est pas pour me déplaire. La révélation sur l'un des personnages en fin de film m'a semblé également bien pensée, en tout cas assez inattendue selon moi. À voir pour l'exercice de style sur l'ensemble assez réussi, et pour Melissa George, comédienne australienne largement sous-employée au cinéma à mon avis.

Euphoria saison 1 : Netflix a fait un carton avec sa série sur le sexe chez les ados Sex Education, qui était en partie axée comédie, HBO réplique avec sa série à elle sur les ados et le sexe. Sauf que là on est beaucoup plus dans le drama que dans la comédie. L'héroïne principale est Rue, qui sort de désintox parce qu'elle se came depuis la mort de son père. Et ce n'est pas une désintox qui va la convaincre d'arrêter. En revanche sa rencontre avec une nouvelle élève de son lycée, l'excentrique et solaire Jules, va peut-être changer la donne et lui donner l'envie de rester sobre... Autour de ces 2 jeunes filles, il y a tout un environnement de personnages, filles et garçons, les frères et sœurs, les amis, les parents, dont on va suivre les interconnexions et les histoires intimes. C'est plutôt pas mal, assez direct, ça parle de tous les sujets liés au sexe (et pas que), ça a un regard assez moderne, il y a au fur et à mesure des sous-intrigues qui se développent, la narration est sympa, et le petit nombre d'épisodes (8 au total) fait que l'ensemble avance assez vite. Mais pourtant il y a une chose qui m'a gêné : c'est le peronnage principal que je trouve le moins intéressant de tous et dont l'histoire m'a le plus laissé sur la réserve. Faut dire qu'une toxico c'est un peu couru d'avance quoi qu'il se passe, elle finit toujours par reprendre un cacheton après avoir beaucoup ri ou beaucoup pleuré... Reflet d'une réalité dramatique certes, mais au niveau suspense ça plombe un peu l'histoire parce que c'est forcément un peu répétitif. Du coup j'ai trouvé toutes les histoires annexes des autres personnages beaucoup plus passionnantes, ce qui m'a laissé un goût de "bizarre" après visionnage. N'empêche pour cette galerie de personnages justement, et parce que l'ensemble est de qualité et le ton vraiment contemporain, je recommande cette série qui sort des sentiers battus de ce qu'on a le droit de dire et de montrer habituellement dans les séries américaines qui traitent des ados. J'attends donc la suite de pied ferme !!

Why don't you just die ? : Bon alors je peux pas dire que je suis un grand spécialiste du cinéma russe, donc avec ce film je découvrais un peu un univers que je ne connais pas vraiment. Et ma première réflexion c'est que ce n'est pas ce qu'on a l'habitude de voir ! Ni dans les images ni dans le traitement de l'histoire. L'histoire d'abord : un jeune gars toque à la porte d'un appartement en se répétant à la façon d'un mantra "la mort de m'aura pas". Un Bruce Willis du pauvre en mode bourrin lui ouvre, il semblerait que ce soit le père de sa petite amie. Visiblement le marteau lui est destiné, mais le jeune tergiverse et entre sur l'invitation de son aîné. Déjà on sent qu'il y a un truc bizarre dans l'air, mais à partir de là tout va partir en vrille, très vite, très fort, et très salement. Alors un truc à savoir : en Russie on saigne assez abondamment, et le sang est à la fois visqueux et très sombre, presque noir par moment. La mise en image est d'ailleurs spéciale tout du long. Beaucoup de gros plans, un décor à la fois vieillot et déprimant (qui va du reste morfler au cours du film) autant que réduit, des personnages très caricaturaux et à l'intensité physique indéniable, des dialogues un peu trash et qui vont droit au but, de l'action assez brutale et des plans limite crados (je vous laisse découvrir la scène de la salle de bain). Dans son genre c'est plutôt efficace et une chose est sûre, on ne s'ennuie pas ! En revanche côté scénario on cherche à trouver un sens profond, mais entre la naïveté profonde de certains personnages et l'ironie cruelles de quelques situations je ne suis pas sûr qu'il y ait grand-chose à trouver comme message caché !! En gros c'est bourrin, ça saigne énormément, c'est cash et on se demande tout du long comment ça va finir. Et en fin de compte il n'y a que d'une manière que ça peut finir... mais ça je vous laisse la surprise.

Filles de joie : Film français qui traite de la prostitution dans un cadre particulier : ce sont des femmes françaises qui ont fait le choix de cette profession (momentanément ou durablement) et travaillent dans des salons belges où la prostitution organisée est autorisée. On les suit dans leur boulot mais aussi et surtout dans leur quotidien de femmes, qu'il s'agisse de leur vie familiale, leurs amours ou leurs problèmes d'argent. On a donc ici l'envers du décor de cette prostitution choisie, vue par les yeux des filles, loin du manichéisme cependant qu'on aurait pu craindre dès lors qu'on traite de ce sujet à controverse. Il n'y a pas de jugements de valeur, pas de mises en accusations, parfois même c'est tendre ou drôle, on n'est pas dans le mélodramatique du début à la fin comme on pourrait le croire. En fait, ce film porte un regard très humain sur la prostitution, sans la glorifier ni la condamner. Comme l'affirme avec force l'une des trois prostituées à un type qui l'insulte : "pute oui, oui, mais pas sale pute !"... Reste tout de même que les personnages masculins de ce film donnent une image assez négative du sexe dit fort, même celui joué par Sergi López qui est certainement le plus positif d'entre tous, se voit affubler d'impuissance passagère... Bref, ici ce sont les personnages féminins qui sont avant tout mis en avant, et c'est aussi bien comme ça, car cela donne la parole à celles qui sont d'habitude doublement condamnées au silence : de par leur genre d'abord, et de par leur profession ensuite. Pas un film hyper joyeux, mais pas démoralisant non plus, il apporte un regard pas si courant que ça sur le monde de la prostitution dans notre société occidentale. À voir.

True Detective saison 3 : C'est avec un certain retard que j'ai regardé cette troisième saison qui renoue un peu avec ce qui a fait l'originalité et le succès de la première saison, à savoir une enquête splittée dans le temps sur des périodes très longues et qui permettent de voir les personnages principaux à différentes époques (ici 1980, 1990 puis 2015). Le risque avec ce genre de récit c'est la crédibilité physique (rajeunir ou vieillir des comédiens n'est pas chose si aisée, et le moindre détail qui cloche ou ne fait pas "vrai" fout en l'air tout le reste, le jeu du comédien autant que l'intrigue qui sont de ce fait décrédibilisés. Or justement, ici c'est le point fort de la série : les personnages récurrents d'une période à l'autre sont vraiment très bien rendus aux différents âges qu'ils revêtent. Mahershala Ali tout particulièrement, est fascinant à regarder dans la version vieillie de son personnage, tant on ne remarque pas la moindre fausse note, ni dans son jeu ni dans son maquillages qui sont juste parfaits. Stephen Dorff également est très réussi en version vieillie, un poil moins en version 1980, les ajouts capillaires (entendez par là la moumoute !) sont un poil trop figés pour faire vrai. Mais c'est un très léger bémol. Heureux également de retrouver dans un rôle secondaire Scott McNairy qui a ce don pour rendre les personnages qu'il interprète terriblement humains. L'histoire quant à elle est plutôt maligne, à jouer sur les effets temporels, et surtout à faire évoluer l'intrigue entre flashbacks et trous de mémoire du héros principal atteint d'Alzheimer naissant. Beau travail d'écriture à l'évidence, conserver une cohérence et la capacité de faire avancer l'intrigue tout en faisant des aller-retour dans le passé, pour finir sur un dénouement qui ne voit sa résolution qu'en fin du dernier épisode, et qui ménage de plus un dernier rebondissement (un peu à la façon ironie du sort qui plus est)... Bonne saison donc !

The Punisher saison 2 : Très agréablement surpris par cette seconde saison du Punisher à la sauce Netflix ! De toutes les séries Marvel/Netflix, celle-ci est celle qui s'en tire le mieux en terme de narration et de rythme, gros défaut des autres. Elle a tendance malgré tout à un peu trop diluer dans le temps son intrigue (dans le cas précis, il y a 2 intrigues principales lors de cette saison) mais à l'avantage sur ses séries-soeurs de traiter d'un personnage qui a très régulièrement droit à de sévères fusillades et des empoignades viriles, ce qui permet de masquer un peu l'avancement un peu trop lent du reste. Ce que j'ai particulièrement apprécié dans cette saison, ce sont d'une part l'ensemble des scènes d'action (que ce soit de la baston pure ou du canardage ça envoie du pâté) et d'autre part la caractérisation de certains personnages plutôt réussis, avec en tête de tous John, l'ex-skin reconverti en pasteur, qui officie en tant que tueur implacable. L'interprétation y joue pour beaucoup, mais j'ai trouvé ce personnage très abouti à l'écran. La version de Castle de Jon Bernthal est elle aussi assez réussie, il parvient à jouer les gros durs tout en assurant le minimum syndical dans les scènes qui sont là pour crédibiliser le personnage, celles où on le voit avoir des rapports humains normaux d'amitiés ou amoureux, et les scènes où il relate son passé et son bonheur perdu. Il y a de plus un certain nombre de personnages secondaires intéressants et qui ont tous un background suffisamment riche pour capter notre attention. Mais ce qui emporte le morceau à mes yeux, quitte à me répéter, c'est la gestion de certaines scènes de combat d'une violence à laquelle je ne m'attendais pas du tout. La scène du bar, celle de la salle de musculation des mafieux russes, le règlement de compte de John avec ses anciens amis néo-nazis : de vrais moments de sauvagerie brutale, à ne pas mettre devant tous les yeux. Dommage que cette série s'arrête-là, ils avaient enfin trouvé le ton parfait pour traiter d'un personnage tel que le Punisher.

L'Effondrement saison 1 : Toute petite série française qui se regarde en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, L'Effondrement est une création originale sortie des studios Canal+ qui m'aura autant surpris que passionné. Le scénario se base sur le concept en vogue ces dernières années, celui de l'effondrement, ou la collapsologie pour utiliser un terme plus science-fictionnel. L'idée que la société telle qu'on la connaît va évoluer dans ses excès et ses travers jusqu'à s'effondrer sur elle-même, victime d'elle-même. Ici on n'en saura pas plus sur l'événement déclencheur ni sur les détails de ce qui mène le monde à la catastrophe, on peut l'imaginer social, sociétal, financier, sécuritaire, économique ou sanitaire peu importe, le résultat est là : le monde change, et très vite. Et tout à coup, sans prévenir, on bascule dans la survie coûte que coûte. Avec les réactions de chacun face à l'incompréhensible, à ce qu'on croyait impensable. La peur, la panique, la folie ne sont jamais loin dans ces courts épisodes qui proposent chacun de nous enfoncer un peu plus loin dans la chronologie des événements depuis le jour J+2 jusqu'à... ça je vous laisse le découvrir. Les personnages et les situations changent également à chaque fois, bien qu'on retrouve ici ou là l'un ou l'autre personnage déjà vu dans un autre épisode, ou en lien plus ou moins direct avec une situation précédemment évoquée. Cette série est menée tambour battant et chaque épisode est une petite perle : filmé en plan-séquence d'une vingtaine de minutes chaque épisode nous prend aux tripes et ne nous laisse aucun répit, faisant monter en flèche la tension très vite et très fort. Grosse démonstration aussi bien de scénario hyper-bien ficelé que de mise en scène réglée au millimètre qui force l'admiration ! Rarement j'avais vu une série qui parvient à chaque épisode, bien que très court, à poser une ambiance aussi anxiogène du début à la fin, qui laisse le spectateur vraiment sur les dents à suivre ce qui se passe à l'écran. Grosse surprise et excellente série mais je préfère prévenir quand même : vous n'allez pas ressortir de cette série avec le moral reboosté, les auteurs de la série le confessent eux-mêmes : elle a été faite dans le but de faire peur !! Et c'est réussi.

The Invisible Man : Décidément Elisabeth Moss a le vent en poupe et le nez fin pour choisir ses rôles en ce moment. Je n'étais pourtant pas convaincu quand j'ai appris qu'elle jouait dans une énième déclinaison du concept d'homme invisible. Ça a quand même déjà été traité bien souvent et de bien des manières différentes, du coup ça n'éveillait pas vraiment ma curiosité. La réputation très flatteuse qui a accompagné la sortie du film a commencé à me faire changer d'avis, mais pas suffisamment pour aller le voir en salles. De toute façon il est sorti peu avant le confinement... Mais je l'avais noté sur mes tablettes et quand l'occasion s'est présentée je n'ai pas hésité à le regarder, et j'ai vraiment bien fait ! Vraiment cette actrice est l'une des plus talentueuses du moment, je le savais déjà mais elle l'a encore une fois confirmé ici. Quant à l'histoire, cette vision de l'homme invisible (si je peux me permettre cette tournure) sort de l'ordinaire par son aspect résolument tourné vers le film anxiogène et en permanence à la frontière du film d'horreur. Paul Verhoeven avait tenté cette approche voici déjà bien longtemps avec sa version, sans vraiment aller au bout de son intention, sacrifiant une part de l'intérêt de son film sur l'autel du film d'action pure. Ici c'est plus revendiqué comme ambiance, le choix du réalisateur (impliqué comme scénariste dans le remarqué Saw par exemple) le prouve. Revendiqué et réussi donc, car on est vraiment tenu en haleine tout du long, avec cette sensation que quoi qu'elle fasse l'héroïne est prise au piège comme un poisson dans sa nasse... J'avoue même avoir été surpris l'une ou l'autre fois par des choses auxquelles je ne m'attendais pas du tout, alors même que le film aurait pu le laisser envisager. Bref, alors que je n'avais pas du tout parié dessus, j'ai été très agréablement surpris par The Invisible Man version 2020.

Space Force saison 1 : Quand Donald Trump a annoncé la création d'une branche supplémentaire de l'armée américaine, la Space Force ça a prêté à sourire. Visiblement ça a aussi inspiré positivement Steve Carell et Greg Daniels qui y ont trouvé le terrain parfait pour laisser libre cours à leurs délires comiques. Bien entendu il y a tout au long de la série des références directes à l'orange POTUS actuel sans pourtant jamais citer son nom comme pour mieux se moquer de lui. Mais il y a aussi un passage en revue version comico-délirante de tout ce que permet de faire dans ce domaine l'armée quand on se permet de l'observer par le petit bout de la lorgnette. À cet égard les réunions d'état major entre commandants en chefs des différentes factions de l'armée valent leur pesant de cacahuètes ! Et puis il y a Steve Carell qui retrouve un rôle proche de celui de The Office en tant que grand chef un poil incompétent et parfois à côté de la plaque, comique à ses dépends, bien que dans Space Force son rôle soit moins poussé dans le délire, avec également un côté très humain et même attachant, et qui porte à lui seul tout le show sur ses épaules. Il est qui plus est plutôt bien entouré par un groupe de seconds rôles qui visiblement se font tous bien plaisir (John Malkovich en tête !), ce qui ne gâche rien. Je me suis vraiment bien marré avec cette courte série, et je regarderai avec grand plaisir la suite !!

The Platform : Petit film espagnol au concept hyper simple et très malin, celui d'une prison verticale où une plateforme empli de victuailles passe de niveau en niveau, avec un temps imparti pour chaque, et où chacun peut manger tout ce qu'il veut, et ainsi aussi laisser ce qu'il veut aux suivants... Avec évidemment à la clé une mise en exergue de la nature humaine dans ce qu'elle peut avoir de pire en elle : l'égoïsme, la peur, la méfiance et en fin de compte l'individualisme qui l'emporte à la fois sur la raison mais aussi sur la survie de groupe... Alors certes il y a quelques défauts à noter : le mécanisme de la plateforme en premier lieu, il faut accepter d'entrée qu'elle puisse se déplacer en "lévitation" sans aucun support ni axe central. Le concept de base n'est pas expliqué non plus : quel est le but exactement de cette prison ? Car on peut visiblement être "volontaire" pour y aller en échange de "certificats", un brin nébuleux tout cela. Et puis la fin qui reste très ouverte, et qui laisse à chacun le soin d'interpréter le dénouement à sa manière peut s'avérer frustrante pour ceux qui n'aiment pas ne pas avoir le fin mot de l'histoire. Mais dans l'ensemble j'ai quand même trouvé le film très malin, à la fois simple dans son idée de base mais très complexe dans toutes les implications qu'il peut avoir, extrêmement bien joué par des comédiens qui ne sont pas des "têtes connues" (c'est l'avantage des productions internationales de Netflix), et surtout très immersif pour le spectateur qui se prend au jeu de cet environnement inédit et hostile. Bien que très différent, j'ai trouvé le film proche culturellement et conceptuellement de Cube par exemple. À voir !!

Shameless US saison 10 : Ah Shameless ! Quel plaisir de retrouver, année après année, cette série qui n'en finit pas de me faire rire. Je dois cependant dire qu'on sent un léger tassement cette saison de l'intérêt général. Est-ce parce qu'il s'agit de la première saison sans l'un des personnages centraux, Fiona, ou simplement parce qu'après 10 années les scénaristes ont peut-être eu un petit coup de mou, je ne saurais pas le dire exactement. Attention cependant : quand Shameless est un peu en-deça de ce que la série propose d'habitude, ça la laisse tout de même loin au-dessus de l'immense majorité des séries actuelles, d'autant plus que cette dixième saison aura tout de même connu de très chouettes épisodes et des intrigues sympathiques. Kev et Lip restent évidemment mes préférés, mais tous les Gallagher et savent mettre de l'ambiance et chacun avec ses propres extravagances fait de cette série un rendez-vous toujours agréable à suivre. Il m'a juste manqué au cours de cette saison les 2 ou 3 énormes éclats de rire auxquels j'étais habitué jusqu'ici. Peut-être les premiers signes d'une difficulté à trouver de quoi se renouveler, ce qui après aussi longtemps peut se comprendre. Mais Shameless conserve son originalité première : traiter des populations pauvres et oubliées de cette grande nation que sont les USA. Quand on a l'habitude de suivre les héros friqués et à la mode des côtes de Californie ou issus des milieux d'affaires new-yorkais, voir se démener pour survivre tant bien que mal les familles nombreuses des quartiers sud de Chicago c'est pas tout à fait la même chose. Et ça fait partie des choses que j'adore dans Shameless : tout ce qu'on nous montre des USA qu'on a plutôt tendance à balayer sous le tapis d'habitude. Longue vie à Shameless !!

Uncut Gems : Précédé d'une critique élogieuse, je me suis penché sur ce film car il promettait entre autre de voir un Adam Sandler comme on ne l'avait jamais vu auparavant. Et en effet je confirme que son rôle est très différent de ce qu'on a l'habitude de le voir faire. Même physiquement il est transformé pour son rôle de négociant en pierres et bijoux. En gros il joue complètement à contre-emploi, ce qui souvent quand il s'agit de comédien à forte marque "comique" donne des résultats surprenants. Pourtant je n'ai pas accroché au film. Trop bavard, trop speed, trop nerveux, trop décousu. Des histoires d'arnaques à la petite semaine, de paris sportifs et de mafia du jeu à laquelle il faut payer ses dettes, ça n'a rien de neuf, et en soi ce type d'histoire ne me gêne pas plus que ça. Mais là, c'est traité avec un parti pris visuel et sonore qui ne m'a pas du tout convaincu. Visuellement la caméra qui bouge beaucoup, suit les personnages, fait des embardées et beaucoup de gros plans, tout cela m'a mis mal à l'aise devant mon écran. Et sur un plan sonore c'est encore pire : il y a un incessant bavardage, un brouhaha qui n'en finit pas, et il n'y a pas deux phrases prononcées par les personnages (et dieu sait qu'ils causent pourtant !!) qui le soient sur un ton calme et posé. Ça gueule, ça vocifère, ça se menace, ça s'invective, ça crie, ça pleure, ça bavasse sans arrêt. Et ce fond sonore désagréable m'a déplu au plus haut point. C'était à la limite du regardable (et écoutable) pour moi. Du (mauvais) stress en pellicule quoi. Et puis difficile de trouver vraiment intéressant ce qui se passe et de s'impliquer dans ce qui arrive aux personnages, tous plus antipathiques les uns que les autres. Il n'y a que la fin du film, disons les 30 dernières minutes où le suspense monte et la tension devient enfin "positive" dans le sens où elle donne envie de savoir la suite des événements. C'est bien que ça arrive sur la fin, au moins on reste avec une impression plus positive qu'au début, n'empêche que sur un film de 2 heures environ ça fait un peu court. À mon sens une déception donc, surtout vis-à-vis de la bonne réputation du film. Survendu et surestimé selon moi.

Un divan à Tunis : Une jeune femme retourne au bled après avoir étudié et vécu à Paris en tant que psychanalyste, bien décidée à ouvrir son cabinet sur place. Faisant tout d'abord face à une incompréhension de la population locale vis-à-vis de son métier, contre toute attente, très vite les gens se bousculent pour venir la voir. Bien que les règles strictes de la psychanalyse freudienne laissent ses patients dubitatifs, le bouche à oreille fonctionne, mais l'administration locale s'avérera un point difficile à gérer pour la nouvelle venue. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et au final le film se trouve être un mélange de plusieurs genres. Il y a un aspect comédie généré par le choc entre la psychanalyse et la culture traditionnelle tunisienne, il y a un côté presque documentaire sur la vie aujourd'hui à Tunis, un état des lieux sur l'après-Ben Ali, il y a des questions de société sur la place de la femme, le statut de l'homme, la tradition, la religion, le travail, les tabous... Tout cela donne de la profondeur, de la diversité au propos, mais laisse aussi une impression de fouillis, on ne comprend pas toujours où l'auteure veut en venir ou cherche à démontrer. Mais l'ensemble est suffisamment sympathique pour se laisser regarder, je ne peux donc qu'en conseiller le visionnage si vous en avez l'occasion.

Feel Good saison 1 : Mae est une canadienne expatriée au Royaume-Uni pour tenter de percer sur la scène comique au travers ses spectacles de stand-up. C'est ainsi qu'elle rencontre Georgina, avec laquelle c'est un véritable coup de foudre réciproque. Sauf que Georgina est hétérosexuelle, ce qui ne sera pas sans poser des problèmes relationnels au nouveau couple lesbien qu'elles forment. Cette mini-série de 6 courts épisodes est véritablement bien menée, sans temps mort, sans longueur, sans passage gnangnan. Il y a de l'humour, plutôt frais et moderne d'ailleurs, une part de dérision qui permet aux personnages de se montrer sous un jour étonnamment vrai et sincère. Ça n'est jamais larmoyant même quand on aborde des sujets graves et difficiles. Il y a quelque chose qui se dégage de très authentique et de profondément humain de cette série, quasiment entièrement portée à l'écran sur les épaules de l'actrice principale qui est également la créatrice et la réalisatrice de la série, Mae Martin. Contrairement à ce que le titre semble laisser supposer, il y est question de choses très dures aussi, pas que de bons moments et de rigolade, malgré tout on ressort de cette série avec de good vibes, et on ne peut qu'espérer qu'une suite voit le jour prochainement !

Vous êtes jeunes vous êtes beaux : Lucius a 73 ans, il vit seul et plutôt modestement. Il rencontre un jour Lahire qui lui propose de se faire de l'argent en participant à des combats clandestins "de vieux". Se sachant malade et condamné, Lucius accepte, tout en essayant de partager le meilleur du reste de son existence avec Mona, la seule personne dont il se sent encore proche. Le film est plutôt froid, clinique presque, à l'image de Lucius campé par un Gérard Darmon vraiment convaincant, à mille lieues de ses habituelles performances comiques. On n'a pas  à faire à un film de baston malgré le thème, les scènes "physiques" étant assez sobres et pas plus mises en avant que cela, ça n'est en rien central dans le récit en fait. Bref on ne regarde pas un Rocky. L'histoire se concentre plus sur l'évolution d'un homme seul qui n'a plus grand-chose à perdre, et aussi d'une certaine manière de la place des vieux dans notre société. De l'Ehpad à l'arêne de combat ils restent interchangeables, anonymisés, déshumanisés. Le sentiment principal qui ressort du film c'est la sensation de solitude qui entoure les vieux, mais aussi leur envie, leur besoin de s'affirmer comme quelqu'un d'encore vivant. Ou plus exactement de "pas encore morts". Assez triste tout de même comme photographie de la situation des personnes âgées dans nos villes et plus généralement dans notre société occidentale. De véritables traits de vérité transpercent cependant le film, et l'interprétation en particulier de Gérard Darmon, mais aussi de Josiane Balasko et de Patrick Bouchitey, donnent toute sa force au film, bien au-delà du message qu'il véhicule. Un film pas très joyeux certes, mais un film très intéressant quand même, qui mène à réfléchir sur l'image qu'on a des vieux, mais aussi sur la façon dont on peut se projeter nous-mêmes à leur âge.

Une fille facile : Qui ne connaît pas Zahia, la fameuse "égérie" des footballeurs français qui aura défrayer la chronique au sujet de leurs mœurs sexuels ? Dans ce film elle tient le rôle d'une "fille facile", autrement dit d'une prostituée, bien qu'à aucun moment ce terme ne soit employé ni son activité explicitée plus avant. Mais le parfum sulfureux qui plane autour du personnage autant qu'autour de son interprète ne laisse pas grand doute à ce sujet. Pour autant son personnage n'est pas aussi basique qu'on pourrait le croire, et à plusieurs reprises le scénariste met dans sa bouche des points de vue et une philosophie de la vie particulière, qui ne manquent ni de sens ni d'une certaine profondeur, et le fait que Zahia paraissent très naturelle dans son rôle intensifie l'impression que la jeune fille est plus intéressante que ce que son physique entièrement voué à l'image et à l'artificiel ne le laisse présager. Sans le dire frontalement, ce que montre le réalisateur de son personnage tend plus à prouver qu'elle ne mérite pas d'être jugée aussi durement que ça pu être le cas dans la réalité pour ses choix de vie, alors que parallèlement ce sont plutôt les hommes qui ont affaire à elle (ceux qui en profitent comme ceux qui la jugent) qui apparaissent sous un jour peu flatteur. Au final cependant, par l'intermédiaire de la fascination première et du choix de vie final du personnage de Naïma sa jeune cousine, le réalisateur semble se ranger malgré tout parmi ceux qui désapprouvent la manière de vivre de Zahia / Sofia, sans la condamner mais en en soulignant en creux les manques et la fuite perpétuelle en avant. Pas inintéressant contrairement à ce que j'avais craint au départ, mais pas de quoi s'en relever la nuit non plus hein. En revanche, si Zahia convainc plutôt (surprise), j'ai tout de même du mal à l'imaginer dans un autre type de registre que ce rôle-ci (surprise ?)...

Run saison 1 : Petite série courte aussi bien en nombre d'épisodes qu'en durée de chacun d'eux, Run démarre sur une idée simple mais vraiment prometteuse : après avoir vécu une histoire d'amour intense, un homme et une femme ont fait un pacte : si l'un d'eux envoie par sms "RUN" à l'autre et que l'autre lui répond la même chose dans les 24 heures, ils s'enfuiraient tous les deux ensemble en sautant dans le premier train au départ de New-York pour Chicago. 15 ans après leur rupture, Billy envoie ce fameux sms à Ruby... C'est plutôt malin, c'est assez rythmé, on découvre des choses au fur et à mesure sur la vie de chacun et ses motivations, sur leurs doutes, leurs rêves, leurs désillusions... C'est une sorte de romance un peu déjantée à laquelle on ajoute un petit côté fuite de thriller car leur situation va vite prendre un tournant un peu inattendu (que je ne dévoilerai pas là). Du coup il y a une véritable dimension dramatique en plus de la comédie romantique de base, et même du suspense dès lors qu'on passe la première moitié de saison. Seul bémol : la fin est assez abrupte et m'a un peu laissé sur ma faim, à moins qu'il s'agisse d'une astuce pour rembrayer sur une suite avec une saison supplémentaire, à voir. En tout cas ça se regarde vite et très facilement, alors pourquoi se priver ?

Happy ! saison 2 : J'étais tout surpris qu'une seconde saison de Happy ! voit le jour, le comics dont elle est adapté étant un one-shot dont toute l'histoire avait été utilisée au cours de la première saison, et dont la fin peut très bien servir de fin à l'histoire qui plus est. Mais vu le haut niveau de délire atteint dans la première saison, ça fait bien plaisir de remettre le couvert une deuxième fois ! Les ingrédients sont plus ou moins les mêmes, à la déclinaison près que cette fois le grand méchant ne prend plus les traits d'un Père-Noël déjanté mais d'un Lièvre de Pâques psychopathe ! Sinon il y a toujours autant de sang qui gicle dans tous les sens, autant de putain de gros mots, un poil de nudité et surtout pas mal d'indécence au menu de cette nouvelle saison, ce qui personnellement me va très bien. Cette série c'est un peu comme un 4x4 lancé à fond et dont la pédale d'accélérateur n'est jamais relâchée : ça n'arrête pas, ça fuse, c'est du grand délire à haute dose livrée à un rythme effréné. D'ailleurs n'en regardez pas trop à la fois, vous finiriez sur les genoux ! Christopher Meloni est toujours aussi hallucinant dans son rôle, quant au méchant de cette saison, on a à faire physiquement à une sorte de Coluche au rabais c'est assez étonnant... Si vous avez aimé la première saison vous aimerez celle-ci, en revanche si la première était too much pour vous, il y a tout à parier pour que cette saison soit synonyme d'overdose pure et simple !

Workin' Moms saison 1 : Comédie centrée sur le retour à la vie active de 4 femmes après avoir accouché. Elles ont fait connaissance au cours d'un groupe de soutien et de paroles entre jeunes mamans et tissé des liens d'amitié entre elles à cette occasion. Professionnellement, socialement et familialement, ces 4 femmes sont très différentes et chacune vit son statut de jeune maman différemment... Série moderne et drôle, assez cash et rentre dedans, c'est un étonnant mélange entre morale à l'anglo-saxonne et trash à l'anglaise. Certainement parce que c'est canadien ! En tout cas le casting féminin est au top et ça fait plaisir de découvrir de nouveaux visages (quoique ce sont surtout des seconds couteaux parfois déjà entraperçus de façon subliminale ailleurs, sans qu'on sache vraiment les recaser), le scénario ne révolutionne pas le genre mais le ton et les personnages sont suffisamment originaux pour que la mayonnaise prenne. On se sent assez vite proche de l'état d'esprit de ses jeunes mamans, le côté très contemporain du traitement de l'histoire doit certainement y être pour beaucoup. Chouette petite série donc, dont je suivrai avec plaisir la suite (il y a déjà 4 saisons au compteur !!).

The Sinner saison 2 : Nouvelle enquête qui s'annonce complexe pour Harry Ambrose qui va devoir creuser pour démêler les fils emberlificotés de la vérité... C'est le personnage de l'enquêteur qui est le point commun des deux saisons qui sans cela feraient de cette série plutôt une anthologie avec des saisons indépendantes. Cette fois un couple meurt par empoisonnement, et c'est le jeune garçon de 13 ans qui les accompagne qui est soupçonné. L'enquête prend une dimension supplémentaire quand on apprend que ces trois protagonistes sont issus d'une secte locale qui vit en communauté et qui a des mœurs particulières... Comme lors de la première saison, ce qui prime ici c'est la psychologie des personnages et la saison avance au fur et à mesure des découvertes des enquêteurs qui découvrent à chaque fois un nouveau pan de la vérité. Autant dire que dans ce genre de récit, l'écriture est primordiale, et c'est l'une des qualités principales de la série. L'autre point positif c'est l'interprétation, l'ensemble du casting est très convaincant, on est plongé intégralement dans l'histoire, pas de fausses notes, l'ambiance est vraiment impeccablement tenue du début à la fin. Et la présence de Carrie Coon, l'une des révélations (pour moi) de la série The Leftovers, dans un des rôles principaux témoigne de la qualité de l'ensemble. Pas une série très joyeuse, mais très bien construite.

Into the Night saison 1 : Il n'y en a pas si souvent et donc ça vaut la peine de le préciser : il s'agit d'une série belge !! Le pitch : la lumière du soleil devient pour on ne sait quelle raison mortelle. Une seule solution, la fuir en restant toujours du côté de la Terre où il fait nuit ! Un homme prend alors de force le contrôle d'un avion au départ de Bruxelles, et embarque avec lui dans sa fuite, et contre leur gré, le pilote, les quelques passagers et personnels déjà à bord au moment où il s'empare de l'avion. S'engage une fuite dans la nuit, au cours de laquelle on va apprendre à mieux connaître chacun des protagonistes et voir petit à petit se dévoiler le mystère autour de la subite dangerosité du soleil... Comme souvent dans les récits catastrophes à base de concept un peu SF un peu Fantastique, ce qui compte le plus c'est ce qui intervient entre les survivants. Ici la saison est courte, les épisodes également, alors on ne fait pas trop dans le personnage fouillé et complexe, mais plutôt dans le personnage bien identifié, un peu caricatural pour ne pas dire simple, et pourtant ça fonctionne plutôt bien. Question de rythme surtout je pense : on n'a pas le temps de s'appesantir sur eux, il s'agit sans cesse d'une course contre le temps qui empêche de trop s'attarder sur les détails, sans quoi l'histoire tiendrait moins bien il faut bien le dire. Il y a des trucs un peu gros parfois, mais présentés dans la précipitation ça passe mieux et on accepte, juste parce qu'on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite. Je dirais que la narration n'est scénaristiquement pas la plus aboutie que j'ai eue à voir, mais que la forme rattrape le coup et efface certains défauts. Le cliffhanger de la fin est bien accrocheur et donne particulièrement envie de voir la seconde saison, tout en laissant présager qu'elle va certainement fonctionner sur un autre principe que la fuite. Bonne surprise, découverte inattendue que cette série très nerveuse, très punchy, qui va droit au but.

Dollface saison 1 : Drôle de petite série qui sort des sentiers battus dans sa forme, un peu moins sur le fond. Le fond d'abord : Jules est une jeune femme qui vit une relation assez exclusive avec son petit copain. Sauf que ce dernier décide de la quitter. Elle va alors devoir reprendre ses repères dans sa nouvelle vie de célibataire, et pour commencer renouer avec ses anciennes amies qu'elle avait délaissées pendant sa relation amoureuse. La série se veut certainement plutôt féministe et pour cause, tous les personnages principaux sont féminins, et les quelques hommes du casting sont dépeints sous des traits de caractère pas très flatteurs. Pourtant tout féministe qu'elle est, il y a parfois quelques morceaux de nunucherie flagrante que toute féministe qui se respecte accusera d'avoir été écrits par un homme ! :-) La forme ensuite : épisodes courts, rythmés, look moderne, et surtout passages délirants où on est dans l'imagination de Jules et plus dans le monde réel. C'est ainsi qu'à chaque épisode, une femme à tête de chat vient discuter avec elle de choses et d'autres. Oui, oui, une femme-chat, et rien à voir avec Catwoman. Il y a aussi ci et là des extraits d'émissions télé (souvent des jeux) détournées qui entrent également dans le cadre des visions délirantes de Jules. Donc un thème bateau (une jeune femme redevient célibataire) dans une mise en scène assez spéciale. À l'arrivée ça se regarde assez bien, même si la série est peut-être un poil plus ciblée nanas que mecs. Après certains délires sont drôles et bien trouvés, d'autres un peu too much. En tout cas c'est frais et plutôt inédit comme façon de traiter un sujet somme toute très basique. Sinon il y a quand même un truc qui a posé un vrai problème, à mes oreilles pour être précis : la voix de l'héroïne principale ! Aiguë, nasillarde, plaintive, en un mot : insupportable.

Westworld saison 2 : Sentiments ambivalents vis-à-vis de cette série. C'est beau, c'est classe, c'est super bien foutu, c'est complexe et intriguant, ça aborde des thèmes très intéressants (qu'est-ce qu'être humain ? vivant ? qu'est-ce que la liberté ? le déterminisme ?), c'est très ambitieux sur le fond comme sur la forme. Et justement, c'est aussi là que se nichent les défauts de la série : narration destructurée, temporalité explosée, narration intentionnellement complexe et déroutante, digressions parfois nocives au rythme d'ensemble. J'aime quand il faut réfléchir, j'aime quand tout n'est pas prémâché, j'aime quand c'est complexe, mais je n'aime pas quand c'est inutilement complexe. Si ça n'apporte rien de probant, ça peut souvent n'être que de la frime avant tout. Et à plusieurs moments dans la série je me suis fait cette réflexion : ça fait un peu "poseur" de la part des scénaristes. Et à d'autres moments j'étais scotché par une révélation qui donnait (enfin) du sens à certains passages précédents. Donc il y a du très bon et du réussi, mais aussi du moins bon et des circonvolutions un peu vaines et exagérées. Pourtant ce qui prédomine c'est la sensation de qualité : l'image à elle seule en témoigne. Visuellement on se fout pas de notre gueule, ça c'est évident. La complexité ne cède pas au n'importe quoi, et pour le moment bien qu'on se sente à de nombreuses reprises perdu, on a l'impression que les scénaristes savent ce qu'ils font et maîtrisent leur sujet (au hasard : tout le contraire de larges passages de Lost par exemple). Je serai donc de la troisième saison (sui vient de se terminer aux USA) tout en espérant que l'équilibre sera un peu retrouvé et qu'on penchera moins dans la complexité inutile que lors de cette deuxième saison. Je termine en soulignant la qualité indiscutable de l'interprétation : tout le casting est de haut vol !

The Big Show Show saison 1 : Sitcom développée autour de la vie "civile" de l'ex-star de catch Big Show fraîchement retraité, cette courte première saison (8 épisodes de moins de 30 minutes) lorgne vers la vie de famille à l'américaine avec un poil d'originalité dans le classicisme, grâce entre autres aux personnalités des personnages. Clairement les plus drôles sont la plus jeune fille Jay-Jay et étonnament le Big Show lui-même : la première par son côté très décalé, le second par son inattendu talent pour la comédie. En peu d'épisodes les scénaristes parviennent à bien poser les personnages et la dynamique au sein de cette famille, si bien qu'on se sent très vite en terrain familier, du coup l'humour et les clins d'oeil fonctionnent d'autant mieux. L'alchimie entre les 5 membres de la famille est là, et ça se ressent. Loin d'être un chef d'euvre, ça se laisse gentiment regarder et ça rappelle dans le ton les meilleures sitcoms américains de notre jeunesse. Et avec les gamins pendant le confinement c'est passé super bien, ils ont bien accroché. Nous en tout cas on est partant s'il d'aventure il devait y avoir une seconde saison (et un reconfinement ?? ;-)  ).

Tales from the Loop saison 1 : Série très ambitieuse, Tales from the Loop suit l'architecture d'une série anthologique tout en construisant un univers complet et cohérent, aux personnages récurrents et aux répercussions de leurs histoires entre elles à différents degrés. Ainsi chaque épisode développe l'histoire d'un personnage souvent vu ou parfois même juste entraperçu dans l'épisode précédent. Chaque épisode puise dans un concept de SF ou de Fantastique différent pour raconter une histoire complète. Le tout se fixant autour de "The Loop", lieu intriguant et centre vital de la ville où sont menées différentes recherches expérimentales et scientifiques plus ou moins secrètes, et s'ancrant dans un univers partagé où les liens se tissent au fur et à mesure des épisodes entre les personnages. C'est ainsi que la série abordera des thèmes tels que le voyage dans le temps, les robots, les monstres, l'intelligence artificielle, les interversions d'esprits entre deux personnes, les mondes parallèles, la capacité d'arrêter le temps... tout en parvenant à conserver une cohérence parfaite. Le rythme est d'emblée lent, les personnages riches, l'interaction avec le spectateur privilégiée : on essaie de comprendre, de détecter les indices d'un épisode à l'autre, de repérer les liens, de déterminer une logique générale. Les concepts abordés donnent de nombreuses pistes de réflexion et sont vraiment passionnants car toujours traités d'un point de vue très humain, très sensible. Il se dégage de cette série un parfum de mélancolie, de tristesse et parfois de fatalisme, mais étrangement jamais de pessimisme. J'ai trouvé l'ensemble très intelligent et surtout très intéressant. Évidemment si les concepts assimilés SF que j'ai énumérés plus haut vous laissent froid, autant laisser tomber, mais si ça vous parle alors cette série est faite pour vous.

Better Things saison 2 : La première saison de cette série écrite et jouée par Pamela Adlon (la Marcy Runkle de Californication !) faisait preuve d'une originalité féroce mais aussi d'un aspect un peu brouillon. Cette seconde saison est clairement mieux construite et propose un fil conducteur plus palpable, tout en conservant l'énergie et l'originalité qui caractérisaient la première saison. Pour moi la série va donc en s'améliorant et je commence vraiment à beaucoup apprécier cette famille de gonzesses complètement loufoques. Il faut cependant savoir que les mecs s'en prennent un peu plein la tronche dans cette série ! Mais c'est suffisamment intelligent comme série pour ne pas présenter pour autant les nanas comme de petits êtres parfaits mais au contraire blindés de défauts et d'imperfections elles aussi. Du coup on évite de glisser vers la pure guerre des sexes façon "la revanche des filles" et c'est tant mieux. J'ai trouvé cette saison vraiment bien fichue, Pamela Adlon parvient à jongler avec talent entre humour et émotion, sans privilégier l'un ou l'autre. Une série fraîche, très originale dans le ton comme dans le contenu, rythmée et sincère. Je conseille la découverte pour ceux qui cherchent des petites séries sans prétention qui sortent des sentiers battus.

Briarpatch saison 1 : Bienvenue chez les bouseux d'une petite ville du Texas écrasée sous le soleil. Allegra a fui cet environnement depuis longtemps mais doit y revenir pour enquêter sur le meurtre de sa sœur, une policière locale. Cette série a plusieurs qualités. Son interprète principale pour commencer : Rosario Dawson ! Son casting de façon plus générale : quelques "gueules" pour donner vie à des personnages hauts en couleurs. Sa réalisation : très travaillée, très léchée, qui installe une ambiance à part. Son scénario : un polar solide, une enquête à plusieurs niveaux, le traitement de l'héroïne principale sur un ton résolument féministe (en gros elle se la raconte et consomme du sexe comme s'il s'agissait d'un perso masculin ultra macho), un mélange de suspense, de gravité et d'humour cynique, avec une pointe de surréalisme (le zoo de la ville a subi un "casse" et on retrouve des animaux sauvages en liberté un peu partout). Une très agréable série de genre donc, qui tire son épingle du jeu en parvenant à cultiver une certaine originalité et qui bénéficie d'une écriture haut de gamme.

Project Blue Book saison 2 : Cette seconde saison du Project Blue Book avance sur des terrains qui se diversifient un peu, on touche selon les épisodes à de véritables ambiances dignes de thrillers, de films d'espionnage ou de films d'épouvante, et c'est plutôt pas mal fait, même si cela donne un peu l'impression qu'on se disperse et qu'on cherche à rallonger un peu la sauce en visitant d'autres genres. Mais c'est très bien fait et on suit avec plaisir les aventures de nos deux enquêteurs pré-X-Files. Toutefois il devient clair dans cette saison (bon on avait déjà peu de doutes dans la première) que le parti pris est "les aliens existent et ils sont parmi nous", et que les enquêtes penchent de plus en plus vers une recherche de preuves de cette théorie. Comme je l'avais déjà dit pour la première saison, je regrette de ne pas connaître exactement les limites entre fiction et réalité, et si chaque épisode est précédé d'un encart qui précise qu'ils sont tous basés sur des faits réels, j'aurais aimé savoir où s'arrêtent ces faits réels et à partir de quand on bascule dans la fiction pure. Mais j'imagine que pour cela il faut faire le travail soi-même de se pencher sur les archives des faits relatés. C'est le seul petit bémol que j'apporte à cette série estampillée "History" quand même, donc a priori on pourrait croire que tout ce qui est rapporté à l'écran correspond à des faits historiques vérifiés, or je crois malgré tout qu'il y a beaucoup d'ajouts sortis tout droit de l'esprit des scénaristes. Difficile dans le cas présent de faire la différence, et finalement on en revient toujours à la même chose : on y croit ou on n'y croit pas, c'est selon notre sensibilité qu'on décide seul où situer le curseur entre réalité et fiction. Gros clin d’œil le temps d'un épisode à Steven Spielberg et son film "Rencontres du troisième type" que j'ai beaucoup apprécié. Et j'ai appris au passage que le film de Spielberg et cette série se sont inspirés des mêmes rapports du Project Blue Book et des mémoires du professeur Hynek. Viviement la saison 3 en tout cas, car le cliffhanger en fin de saison 2 est quand même très très intrigant...

Future Man saison 1 : Alors Future Man c'est un peu Retour vers le Futur sous LSD !! Avec un soupçon de Terminator et surtout une énorme dose de délire et d'humour assez trash. Des combattants du futur viennent dans le présent pour récupérer leur sauveur qui les aidera à retourner dans le passé pour modifier les événements afin d'éviter la fin du monde. Sauf que ces combattants du futur sont totalement déjantés, que le sauveur est un jeune geek qui passe son temps sur jeux vidéos, et que chacun des sauts dans le passé a des conséquences inattendues et souvent pires que la situation de base. C'est vraiment très très drôle, assez rentre-dedans et ultra-référencé. Et surtout ça semble inextricable comme histoire puisque chaque modification du passé, loin de produire les effets escomptés, empire les choses, ce qui oblige à retourner modifier autre chose, ce qui aura d'autres conséquences fâcheuses, etc... J'ai littéralement adoré le personnage de Wolf et tout particulièrement son immersion dans les années 1980 qui est juste hilarante. Au début de la série il faut un certain temps pour "prendre la température" et s'habituer à l'ambiance qui est un poil déconcertante tant on ne s'attend pas à ce qu'on va voir. Et puis petit à petit on mesure le délire et on capte de plus en plus de références, clins d'oeil et autres petits plaisirs cachés, et ça devient comme un jeu qui s'ajoute au plaisir de suivre les pérégrinations de ces trois zozos. Composée d'épisodes courts qui permettent d'avancer vite et de ne pas ressentir de baisse de rythme, cette série est vraiment une excellente surprise, et mériterait d'être beaucoup plus connue tant sa qualité est grande. Vivement conseillé !! 

House of Cards saison 6 : Ah le dénouement de House of Cards, la série qui a vu la gloire et la déchéance de l'acteur Kevin Spacey, fauché par la vague Me Too... J'ai sciemment attendu pour regarder cette ultime saison que le scandale soit un peu passé. J'ai plutôt bien fait je crois. Cette fois il n'y a plus que Robin Wright en tête d'affiche, et on sent bien qu'elle avait l'intention de ne pas être réduite à marcher dans l'ombre de Spacey. Productrice, co-scénariste, co-réalisatrice et actrice principale, on peut dire qu'elle s'est investie !! Le résultat est plutôt bon, et comme il était impossible de faire comme si Spacey n'avait pas existé (ou Franck Underwood comme vous préférez) on sent très régulièrement des références à l'acteur et à sa situation, à vrai dire il y a une collision frontale entre le personnage et son interprète assez flagrante, et les deux ne font clairement plus qu'un sur ce qu'il est dit d'eux et la façon dont ils sont présentés. D'ailleurs j'ai trouvé l'astuce très maline, très bien vue, et en partie très ironique. Car si la mémoire du personnage de Spacey n'est pas épargnée une seule seconde, et que la critique à son égard, par fiction interposée et très acerbe, au point que son fidèle bras droit et dernier des mohicans à le défendre envers et contre tout (Doug Stamper interprété par un Michael Kelly convaincant) connaît un destin peu enviable, ce que j'ai vraiment beaucoup aimé et qui m'a surpris, c'est que sur le fond, toute cette saison n'a eu qu'une finalité : prouver que Claire Underwood est encore bien pire que son époux !! La dernière scène de la série en est la preuve flamboyante, ce dernier regard à la caméra, qui casse le quatrième mur comme la série a aimé le faire tout du long des 6 saisons, en dit long sur ce sujet. Condamnation sans équivoque de Franck Underwood et de Spacey à travers lui certes, mais prise de position claire et nette pour dire : "attention ce ci n'est pas qu'une question de genre, on peut être une ordure quel que soit son sexe". En cela, j'ai trouvé cette dernière saison plutôt couillue et inattendue.

Back to life saison 1 : Emprisonnée à 18 ans, Miri sort de prison à 36 ans et rentre chez ses parents dans sa petite bourgade côtière britannique. Elle ne connaît pour ainsi dire quasiment rien de la vie et c'est déterminée et positive qu'elle veut enfin commencer sa vie. Mais les gens n'ont pas oublié pourquoi elle a été condamnée, et ne sont pas prêts à pardonner bien qu'elle ait payé sa dette à la société en prison. On dirait que je décris une série dramatique à se couper les veines de désespoir, et pourtant c'est loin de n'être que ça, d'ailleurs le ton de la série en est témoin : il y a énormément de dérision et de comédie dans cette série, et cette vision très fraîche apporte une bouffée d'air alors que la situation décrite n'est quand même pas toute rose. Et dans le développement c'est tout du long comme ça : on aborde des sujets très sérieux voire très graves, mais le ton est toujours à l'humour, à l'autodérision, au sourire. Du coup j'ai trouvé la confrontation entre le thème et le ton très réussie et j'ai vraiment beaucoup aimé la façon dont cette petite histoire a été menée. Le rythme est rapide qui plus est, puisque les quelques épisodes qui forment cette mini-série (je ne pense pas qu'il y ait une suite, en tout cas l'histoire pourrait sans problème s'arrêter là, toutes les intrigues ayant été résolues) durent moins d'une demi-heure chacun. Malgré cela on en apprend beaucoup sur les personnages principaux et on se sent assez proches d'eux, sur ce point c'est très réussi également. Je conseille cette série pour ceux qui cherchent à découvrir quelque chose de différents avec des comédiens touchants et charismatiques bien que parfaitement inconnus pour la plupart.

The Valhalla Murders saison 1 : J'avoue que ce qui m'a attiré avant tout c'est le lieu où se situe ce polar : l'Islande. Ce pays m'attire. Et les séries qui mettent en scène une chasse au tueur en série ne me sont pas antipathiques par nature non plus. Ce qui m'a donc convaincu de regarder cette série. Eh bien, j'ai été assez déçu je dois bien le dire. Je précise que je l'ai regardée doublée en français, ne me sentant pas d'attaque pour de l'islandais sous-titré (ce que j'ai pourtant déjà fait et ça s'était très bien passé sur le film Béliers), et j'ai trouvé les dialogues d'une pauvreté et d'une banalité affligeante, tout comme il m'a semblé qu'il y avait un gros problème à la fois de rythme (on s'ennuie ferme jusqu'aux 2 derniers épisodes où les choses avancent enfin et deviennent intéressantes) et d'enjeux (les sous-intrigues m'ont paru presque plus intéressantes que les meurtres qui valent son titre à la série). Les acteurs eux-mêmes sont un peu, monolithiques diront nous. Il y a dans ce registre un faux Kevin Bacon (et rôle masculin principal) qui bat tous les records du genre. La fin rattrape un peu les débuts, mais à vrai dire, je suis resté sur un sentiment de déception sur cette série. Dommage, j'aurais tant aimé être positivement dépaysé par elle...

The Handmaid's Tale saison 3 : The Handmaid's Tale est une série agaçante. Parce qu'elle a beau tourner un peu en rond, que le status quo du personnage de June semble rebooté à la fin de chaque saison, qu'on a l'impression de ressasser un peu le même thème depuis le début sans beaucoup avancer, qu'un pas en avant est systématiquement suivi d'un pas en arrière. Et surtout parce que malgré tout cela, objectivement cette série reste foutrement bien construite et addictive !! Parce que si les situations ne changent que très peu, les scénaristes parviennent tout de même à nous faire découvrir un nouvel angle pour aborder le système de Gilead, et que c'est suffisamment bien fichu pour qu'on ne puisse pas s'empêcher de vouloir connaître la suite. Faut dire aussi que le casting est vraiment soigné et que les comédiens sont impeccables dans leurs rôles, ça aide. Donc cette fois encore, on termine la saison sans que la situation ait beaucoup progressé et pourtant on a l'impression qu'il s'est passé pas mal de choses et on ne s'est pas ennuyé un seul épisode. Ça ne pourra pas durer ainsi indéfiniment bien entendu, mais cette troisième saison s'en tire encore une fois vraiment bien.

Hunters saison 1 : Imaginez un plongeon vers la fin des années 1970. Imaginez des chasseurs de nazis organisés comme une équipe de Mission : Impossible mais avec un petit côté déjanté en plus. Imaginez des nazis qui ont survécu à la chute du troisième Reich et qui comptent bien établir le quatrième en Amérique. Vous obtenez la série Hunters. C'est un fichu de mélange de gros délires, de passages bien gores, d'humour à deux balles et de suspense plutôt bien entretenu tout au long de la saison. Ajoutez à la tête de cette équipe hétéroclite de chasseurs un Al Pacino tout en cabotinage et pourtant parfois surprenant de justesse, et vous aurez une série complètement à part, très originale, aux décors et aux costumes d'époques fabuleux (il y en a qui se sont fait visiblement plaisir, que soit pour trouver les tenues de l'iconoclaste Lonny ou celles de l'übersexy Roxy !!), aux rebondissements fréquents et pas toujours prévisibles, au casting au petit oignons avec des gueules marquantes et terriblement bien choisies (Biff !!) et au savant mélange entre enjeux dramatiques forts et humour toujours présent (une séance de torture à base d'excréments canins en est l'illustration parfaite). Bien que le dénouement avec la révélation finale soit un poil tirée par les cheveux, on accepte quand même tant tout le reste de la série vaut largement le coup d’œil et surprend régulièrement au cours des épisodes. Un petit ovni tout à fait inattendu mais de très bonne facture.

Homeland saison 7 : On avait laissé Carrie dans une situation pas très joyeuse à la fin de la saison précédente. Dire qu'elle s'est faite rouler dans la farine est un minimum. Mais on la connait, elle n'est pas du genre à se laisser faire ni à manquer de ressources. Elle va le prouver une fois de plus au cours de cette septième saison (déjà !). Cette fois les choses se complexifient beaucoup, car il y a des ennemis dans tous les coins : intérieurs comme extérieurs. Et quand il faut aussi se méfier des amis... Bref, on se retrouve dans l'ambiance espionnage / thriller comme les scénaristes de Homeland savent si bien les distiller. Le seul bémol que j'apporterai est presque toujours le même depuis le début : il y a cette tendance à se répéter au sujet de Carrie et pour cause : malade mentale chronique, elle se retrouve régulièrement sous l'emprise de sa bipolarité, et cette saison n'échappera pas à la règle. Il faut cependant concéder aux narrateurs qu'ils savent amener la chose, et que même si c'est toujours le même résultat on a quand même l'impression qu'il est à chaque fois traité un peu différemment. La fin de cette saison du reste devrait vous convaincre de ce que j'avance ici. Bref, ça fait toujours plaisir de retrouver une série à suspense bien écrite, qui évite de trop se répéter bien que les thèmes abordés sont forcément à un moment redondants. Cette septième saison n'a donc pas été la saison de trop pour les aventures de Carrie et Saul, et c'est tant mieux. Nous verrons bien ce qu'il en sera de la huitième, déjà en cours de diffusion...

Daredevil saison 3 : Les super-héros Marvel chez Netflix avaient fait grand bruit à leur arrivée, avant de rapidement s'engluer dans un développement un peu mollasson et décevant qui en aura en partie signé l'arrêt (outre la volonté de Disney de récupérer ses franchises au passage). Daredevil surnage cependant, la série phare de Marvel-Netflix aura toujours été un poil au-dessus de la mêlée de ses collègues. Cette troisième saison confirme mon opinion sur la série, sa qualité première étant à chercher dans ses intentions narratives. Elle n'échappe certes pas complètement à ses défauts originels, à savoir une certaine lenteur, ou plutôt un manque de rythme flagrant sur certains passages, mais la troisième saison marque une réelle amélioration de ce point de vue là. J'ai particulièrement apprécié les éléments scénaristiques empruntés aux meilleurs moments du comics, et le retour au premier rang du Caïd relève très nettement l'intérêt et la qualité de l'ensemble. La série voit cependant avec sa troisième saison son chant du signe, bien que visiblement les scénaristes n'étaient pas au courant de l'arrêt, semant déjà ici et là les graines d'une intrigue ultérieure. Dommage que cette version de Daredevil s'arrête là, elle s'était montrée très supérieure à la version cinéma du début des années 2000, et la somme de ses qualités l'emportait très clairement sur celle de ses défauts. L'histoire traitée dans cette troisième saison se boucle cependant en 13 épisodes et on ne reste pas figé sur un cliffhanger sans suite, et c'est très bien comme ça.

I am not okay with this saison 1 : Cette série a des airs de parenté avec The End of the Fucking World et pour cause, c'est le même réalisateur aux commandes. On y a juste ajouté une strate supplémentaire avec l'introduction de super-pouvoirs dans l'intrigue... Et ça fonctionne plutôt pas mal car c'est fait intelligemment, en nourrissant l'histoire et le suspense plutôt qu'en en faisant le point central du récit. Le point central reste cette jeune anti-héroïne paumée et à la recherche de sa place dans la vie. Ses pouvoirs naissants vont apporter une difficulté en plus pour son intégration auprès des autres, on s'en doute bien... Il y a de l'humour en dose mesurée et qui repose quasi-intégralement sur le voisin-petit ami, il y a du suspense, du drama avec la situation familiale très compliquée de l'héroïne, et le tout est traité sur un ton et d'une manière moderne. D'un format court avec moins d'une dizaine d'épisodes de moins de 30 minutes, cette série est rapide et agréable à regarder. Du coup la saison 2 ne devrait pas tarder à poindre, je suis sûr que la qualité de la série en assurera la production prochaine.

The House that Jack built : On peut dire de ce film qu'il ne brosse pas le spectateur dans le sens du poil !! Entre lenteurs expressément voulues, images insoutenables (gros plan sur une ablation du sein ou le tir aux pigeons pratiqué sur des gamins, faites votre choix), blablas ésotériques entrecoupés d'images d'archives, réponses à de vieilles accusations sous forme de provocation que le réalisateur polémique met dans la bouche de son personnage principal au sujet de la violence, du sexisme ou encore du nazisme, meurtres abjects, mises en scène macabres des corps des victimes, ... The House that Jack built est clairement un film où l'on sent que Lars Von Trier s'est fait plaisir en fonçant la tête la première dans tout les sujets grinçants et tous les dérapages qu'on a déjà pu lui reprocher au cours de sa carrière. Sauf que ce type-là le fait à sa manière : avec un talent formel, qu'on ne saurait lui nier. Ses images font mouche, à chaque coup. Son scénario est cruel et incommodant, mettant très exactement le spectateur dans l'état qu'il souhaite : quelque part entre la fascination et le malaise profond. On a parfois du mal à endurer ce qu'on voit, mais on ne peut pas lâcher le spectacle des yeux, au contraire même, on l'anticipe et on l'attend. Ce film c'est comme un sale gosse qui met un grand coup de pied dans un tas de purin, tout fier d'éclabousser tout le monde au passage. Impossible de ne pas être écœuré à un moment ou un autre par les images ou les idées qui peuplent ce film. Impossible aussi de ne pas avouer que ce que Lars von Trier fait dans ce film, il le fait avec brio et succès. De là à dire qu'on peut aimer ce film je ne sais pas, mais qu'on en soit impressionné, ça oui, sans l'ombre d'un doute. Si vous avez le cœur bien accroché (et un peu d'indulgence pour sa longueur, le film aurait gagné à être un peu plus compact je trouve) allez-y, sinon abstenez-vous.

Tu ne tueras point : Voici donc le film par lequel Mel Gibson est revenu sur le devant de la scène hollywoodienne en tant que réalisateur. Un film compliqué à définir car il a plusieurs visages. Du long de ses 2h30 de métrage, on passe d'abord plus d'une heure avant que l'action ne se déplace sur le front d'Okinawa, pendant la seconde guerre mondiale. Plus d'une heure donc à présenter et poser les personnages, ça peut paraître long et pourtant je n'ai pas trouvé ça exagéré. Il faut dire que le héros est si particulier, que pour bien le cerner et le comprendre, cette heure n'est pas de trop. C'est durant cette partie-là également qu'on a la plus grosse couche de prêchi-prêcha à laquelle il est parfois difficile de résister sans lever les yeux au ciel (et pas pour une prière hein). C'est le côté catho-saoulant de Mel Gibson qui revient de manière régulière... Et puis quand on aborde les combats, on passe dans un autre film, on retrouve une ambiance très particulière comme on a pu en voir dans Il faut sauver le soldat Ryan par exemple, on est happé par ce qui se passe à l'écran, en immersion complète. C'est à l'évidence extrêmement bien filmé, c'est le côté réalisateur-surdoué de Mel Gibson qui prend le contrôle. Et croyez-le ou non, même si l'avalanche de bons sentiments et de morale chrétienne m'aura gonflé tout du long, j'ai été vraiment ému par le personnage hors-norme de Desmond Doss. C'est dire si l'histoire est forte et bien racontée malgré ses défauts précités. Ah, un autre aspect vient troubler l'ensemble et rajoute une grille supplémentaire de lecture par-dessus tout ça : c'est qu'il s'agit d'une histoire vraie. Et ça, forcément, ça donne du recul et inspire du respect par rapport à l'histoire. Ce qui aurait été facilement raillable et tourné en caricature s'il s'était agit d'une fiction, prend une force décuplée et devient une source d'émotions contradictoires et puissantes quand on sait que tout cela s'est réellement passé. Encore une fois, Mel Gibson m'aura eu par le choix de son sujet et par la puissance de sa réalisation. Je n'adhère pas toujours au bonhomme ni au message, mais ce à quoi j'adhère à fond, c'est au talent dont il fait preuve pour l'exprimer.

A Ghost Story : J'avoue avoir été désappointé au début du film par certains plans extrêmement longs et pendant lesquels on s'attend à quelque chose sans que rien ne se passe. On n'a plus l'habitude, en tant que spectateur, de plans de ce type-là, au montage très lent, sans changement d'angle, fixes, sur des personnages immobiles. L'effet voulu et recherché est évidemment la lenteur, mais aussi certainement le calme, la profondeur, l'empathie... regarder longuement une image fixe, c'est un peu aussi se regarder soi-même de l'intérieur... Mais cela peut aussi éveiller une forme d'angoisse ou tout simplement d'ennui, c'est selon votre personnalité. En fait, je n'ai commencé à  accrocher au film que dans sa deuxième moitié, quand le personnage de Rooney Mara disparaît de l'histoire. Le rythme reste ce qu'il est, mais là j'ai mieux compris ce dont il s'agissait en vérité, la source d'attachement du fantôme, et c'est là que le film est vraiment devenu "une histoire d'un fantôme" plutôt que l'histoire d'un couple dont le mec meurt dans un accident. Le parti pris était également très osé de faire du fantôme visuellement un type avec un grand drap blanc sur la tête ! On prend l'imagerie du fantôme au pied de la lettre et ça ajoute à la poésie très bizarre de ce film. Honnêtement je ne sais pas si ce film est un grand film, mais il est assurément sur la forme comme sur le fond, très original. Ne serait-ce que pour l'expérience qu'il procure, il mérite d'être vu. Ensuite, selon vos goûts et votre personnalité, vous accrocherez à la mélancolie et la tristesse qu'il développe, ou vous trouverez ça trop lent et vous ennuyerez...

A Beautiful Day : Bizarre ces films qui sortent en France avec un titre en anglais, mais qui n'est pas leur titre d'origine. You Were Never Really Here, c'est ça le "vrai" titre. Cependant les deux sont bons et illustrent parfaitement le film en fin de compte. Le paumé Joe, donne du sens à son existence en tant qu'homme de main. Il doit récupérer une fillette au sein d'une organisation de proxénétisme pédophile. 9a tombe bien que son commanditaire lui demande de "faire souffrir ces salauds", parce que Joe en avait bien l'intention. On ne touche pas aux gamins. Il a lui-même connu la violence étant enfant, il en fait son affaire. Une affaire personnelle. Oh bien entendu, il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir, et l'histoire ne sera pas aussi simple pour Joe. Mais une chose est sûre : il ne lâchera pas l'affaire. C'est étonnant de voir ce film sorti 2 ans avant le Joker, mais après avoir vu le Joker. C'est là qu'on mesure la transformation physique de Joaquin Phoenix, qui dans A Beautiful Day est massif et imposant. Barbe hirsute, queue de cheval, corps puissant. Rien à voir avec ce qu'il est dans le Joker. A Beautiful Day est plutôt sombre, voire très sombre, et avare en mots, ce qui ne m'a gêné en rien. L'intensité est dans le jeu et dans l'image, crue, directe, viscérale. Sans pour autant en faire trop, ce qui est appréciable et donne un certain équilibre au film. Joaquin Phénix est un interprète d'exception, et on a beau le savoir, on est à chaque fois bluffé quand il nous le prouve dans un nouveau rôle. Il ne se répète jamais, il est son rôle, à chaque fois. Rien que pour sa prestation de toute façon, le film vaut le coup. Alors n'hésitez pas si vous avez l'occasion de le voir !

Lucky : Film-testament d'un acteur méconnu alors qu'il a une carrière longue comme le bras et incroyablement riche à faire pâlir d'envie toutes les stars actuelles d'Hollywood, Harry Dean Stanton est le centre, le cœur du film. Un film très simple, très calme, où il ne se passe apparemment rien, mais ou au contraire on parle de l'essentiel : la vie. La vie vue par les yeux d'un homme de 90 ans qui n'en a pas encore fini avec elle, qui a peur de la mort et qui cherche des raisons et des explications à tout cela. Un film touchant de sincérité, qui questionne autant qu'il véhicule les émotions. En partie inspiré de la vie de l'acteur, ce film aura été son dernier, puisque son interprète principal est décédé peu avant sa sortie officielle. C'est à la fois un hommage à l'acteur et un vrai bon film, qui se soucie avant tout du fond et ne propose que le réalisme cru comme manière de traiter la forme. Il n'y a rien de palpitant dans ce film, si ce n'est le cœur vaillant et les yeux brillants de Harry Dean Stanton. Et il n'en faut pas plus pour faire de Lucky une très belle expérience de cinéma. À voir sans hésiter.

Baron Noir saison 3 : Les deux premières saisons de Baron Noir avaient été une franche réussite, aussi bien dans le pari relevé de proposer un "House of Cards" à la française que dans le risque pris en imposant Kad Merad dans le rôle principal. D'habitude il suffit de voir sa tronche quelque part pour déjà commencer à se marrer, alors en faire la tête d'affiche d'un drama politique, c'était osé. Ce fut pourtant un double-pari gagnant. Eh bien laissez-moi vous dire que la troisième saison surpasse encore les deux précédentes. C'est vraiment très bien écrit, à l'américaine sur bien des points tout en conservant un tout petit côté franchouillard qui marche du feu de dieu, c'est excellemment bien interprété par une brochette d'acteurs vraiment au top, et ça possède un rythme de dingue qui empêche toute mollesse et toute perte d'attention de la part du spectateur. Du bel ouvrage ! Très chaudement recommandé par ma pomme !!

Mr Inbetween saison 1 : Petite série d'origine australienne, Mr Inbetween est un curieux mélange de styles qui fait de son personnage principal un héros difficile à cerner. Au premier abord pas commode, il s'avère plutôt sympa et droit dans ses bottes. Mais quand il se lâche, il ne fait pas dans la demi-mesure, et là tout de suite il redevient beaucoup moins sympa... On a donc du mal à se situer vis-à-vis de lui : on l'apprécie dans son rôle de père divorcé, de frère et d'ami attentif, et il a un côté "punisher" qui châtie les gros cons qui le méritent qui fait plaisir par moment. Mais il a aussi cette propension à la violence extrême et dénuée de tout remord qui fait froid dans le dos et qui fait de lui tout sauf un good guy ! La première saison compte 6 épisodes d'une demi-heure, ce qui fait qu'elle passe très vite, mais permet toutefois de bien présenter les personnages principaux, ce qui est toujours agréable : pas de temps mort et déjà une bonne accroche aux persos, c'est bon signe. Je suis curieux de voir ce que la saison 2 va donner, et j'en serai.

Ray Donovan saison 7 : Définitivement une de mes séries préférées du moment ! Cette septième saison aborde des questions douloureuses en revenant sur le passé des frères Donovan, notamment la disparition de leur soeur qui s'est suicidée dans leurs jeunes années. C'est un thème qui aura traversé l'ensemble de la série depuis le début sans jamais qu'on s'y attarde plus que cela, et c'est très logique qu'enfin il s'agisse de la pierre angulaire d'une saison. Le personnage de Ray évolue pas mal au cours de cette saison, on va même aller jusqu'à dire qu'il s'humanise presque !! Terry est toujours l'un des visages forts de la série, Eddie Marsan n'y est pas pour rien. Mickey reste mon chouchou de la série, Jon Voight est magistral dans le rôle, comme à chaque saison. Les moins bien servis cette fois seront Bunchy et Daryll, dont les story-arcs sont moins intéressants que ceux du reste de la famille sur cette septième saison. Grosse réussite : les flashbacks récurrents au cours des épisodes, qui montrent ce qui s'est passé il y a 25-30 ans. Les acteurs choisis pour interpréter les personnages jeunes sont excellemment bien trouvés ! Grosse déception : la série a été annulée après la diffusion de cette saison, ce qui n'était pas prévu puisque pas mal de choses restent en suspens au dernier épisodes. Il n'y a pas d'immense cliffhanger laisser en cours, mais tout de même, cette excellente série qu'est Ray Donovan aurait mérité une fin plus propre que celle-ci, et vu la qualité des scénaristes depuis le début, nulle doute qu'ils auraient su lui en donner une à la hauteur si elle avait été prévue à l'avance !! Je suis donc doublement triste après ce season's final qui devient le serie's final : un de mes rendez-vous favoris de l'année s'arrête, et la série n'aura pas eu la fin qu'elle méritait...

Thalasso : Michel Houellebecq et Gérard Depardieu se retrouvent en thalasso à Cabourg. L'occasion pour les deux compères de se faire quelques confidences et de parler de la vie. Ce qui saute aux yeux dans ce film c'est le naturel des comédiens, ils ne jouent pas, ils sont eux-mêmes. Malgré toutes les polémiques autour de ces deux monstres sacrés de la scène culturelle française, je n'ai pas pu m'empêcher de les trouver sympa. Complètement azimutés et hors du monde, souvent plus proches de la décadence que de l'aura qui a fait leur gloire et leur succès, ils portent la laideur et l'alcoolisme au diapason avec fierté et impudeur. Impossible pour moi de ne pas ressentir de la sympathie pour ce duo complètement out of limit. Pas que je cautionne tout ce qu'ils disent et tout ce qu'ils pensent, mais c'est juste que les entendre parler normalement, naturellement, sans prendre la pose ni se retrouver embarquer dans des débats houleux, ça dépassionne un peu l'ensemble et remet les choses à leur place. Deux alcoolos qui déblatèrent ont le droit de dire des conneries aussi. Vu sous cet angle, Houellebecq et Depardieu sont plus proches de vieux qui délirent un peu que de méchants réacs comme on les voit parfois. Un film foutraque, où l'histoire n'est pas l'intérêt principal de l’œuvre mais bel et bien la personnalité des deux comédiens, et où la sincérité l'emporte sur le reste. C'est calme, c'est lent, c'est bavard, parfois brumeux, parfois drôle. Il faut être dans un état d'esprit particulier pour prendre ce film pour ce qu'il est, mais moi je l'ai plutôt apprécié comme un petit moment de détente qui n'apporte pas grand chose d'autre que ça : de la détente. Normal pour une thalasso, non ?

Reprisal saison 1 : Dans Reprisal il est question d'une femme qui veut se venger de ceux qui l'ont laissée pour morte 10 ans plus tôt, pour une raison qui restera un poil nébuleuse malgré les flashbacks réguliers. Le souci pour la belle vengeresse, c'est que ceux à qui elle en veut forment un gang puissant, les Brawlers, et il lui faudra donc monter une équipe pour mener à bien sa quête de revanche. Autre souci : son ancien gang est aussi sa famille, puisque ceux qui l'ont blessée et abandonnée la croyant morte, sont son propre frère, son mari, et ses amis de toujours. Cette série est intrigante, foisonnante, mais aussi mal fichue et foutraque. On a du mal avec certains personnages qui restent trop superficiels, dont on capte mal les réelles motivations profondes dès lors qu'on creuse un peu. Il y a aussi une juxtaposition d'éléments visuels hétéroclites qui font penser à un mélange de Sons of Anarchy et de Mad Max, le tout ne semble pas vraiment contemporain, peut-être à situer il y a une vingtaine d'années, il y a une référence qui revient plusieurs fois à un événement qui se passerait aux alentours du pôle nord et considéré comme un canular dont on parle régulièrement à la télévision mais dont on apprendra jamais la nature exacte, bref, c'est un peu le foutoir. Le point fort reste l'interprétation, on a plusieurs "gueules" à l'affiche (dont Ron Perlman, c'est toujours un bon point !!), et quand la série se lâche il y a des bons moments de violence pure (plusieurs fusillades qui valent le coup, et surtout une scène très convaincante et réussie où Joel the Mover se déchaîne dans les rangs du gang rival pour récupérer sa gosse). Les points faibles restent à mon avis une narration un peu trop imprécise, un rythme parfois trop lent (les épisodes d'une quarantaine de minutes passent bien mieux que ceux qui avoisinent l'heure), des motivations trop floues. Dommage, parce qu'à quelques détails près, on aurait pu avoir une petite pépite, à la place de quoi on a une série moyenne avec quelques bons moments et des passages trop longuets entre...

Sex Education saison 2 : Après une première saison enthousiasmante, la seconde se devait d'être à la hauteur, et dans les grandes lignes se fut le cas. Un poil moins axée autour des problèmes intimes des lycéens et des conseils distillés par Otis, on se concentre plus dans cette seconde saison sur la vie privée des personnages principaux. Des triangles, voire des carrés amoureux se forment, et il est très intéressant de voir comment les choses évoluent, autant chez les adolescents que chez les adultes. On garde l'humour et la fraîcheur de la première saison, et l'équilibre est toujours aussi bien maintenu avec les passages plus sérieux et les situations qui méritent plus de gravité dans leur traitement. Évidemment rien en se passe comme prévu pour les personnages, et même si on voit arriver certaines choses on reste surpris par la manière dont elles arrivent. Le traitement de l'intrigue, bien que la plupart des héros soient ados, est résolument adulte et du coup la série parle aussi bien aux jeunes qu'aux moins jeunes. Je dirais cependant qu'il y a une petite tendance dans cette seconde saison à être un peu moins légère. Cela reste malgré tout une très chouette saison, qui remet une pièce dans la machine et continue de faire de Sex Education l'une des séries Netflix les plus sympas et addictives du moment !

Servant saison 1 : Servant est la nouvelle incursion de M. Night Shyamalan dans l'univers des séries et il a choisi un thème qui entre parfaitement dans ses canons classiques dont il maîtrise l'écriture. Une ambiance tordue et étouffante, des personnages bizarres et toujours un peu décalés par rapport à une réaction "normale" de personne "normale", un thème qui crée le malaise d'entrée de jeu (la tête du nourrisson dans le premier épisode devrait suffire à vous mettre de suite dans l'ambiance), des effets sonores et visuels minimalistes mais efficaces, bref, un véritable décorum pour série inquiétante. Le format court des épisodes (autour de 30 minutes) joue également positivement : on évite de tourner en rond et de rallonger artificiellement la sauce. Les comédiens sont au diapason, chacun joue parfaitement son rôle. L'ennui c'est que la série est très forte pour faire se poser des questions au spectateur, très forte pour installer ses personnages et un ton unique, très forte pour intriguer par ses mystères et les différentes pistes qu'elle lance, mais se révèle beaucoup moins convaincante quand il s'agit d'apporter des réponses. D'où une certaine frustration quand on arrive à la fin, presque la sensation d'avoir été mené en bateau. Il faut cependant savoir que cette histoire est prévue sur le long terme (j'ai entendu parler d'un déroulement programmé sur 6 saisons !!), ce qui atténue un peu la déception de la fin qui n'en est donc pas une puisqu'une suite assez conséquente lui est d'ores et déjà prévue. Reste à espérer que la série remportera assez de succès pour que la suite nous parvienne justement, sinon on pourra légitimement se sentir floué par cette fausse conclusion après ces 10 premiers épisodes. À suivre donc !

Mars saison 2 : Retour sur Mars, avec cette série atypique qui mêle fiction d'anticipation et interventions de spécialistes actuels de la conquête spatiale et de la relation de l'humanité à son environnement. J'ai trouvé cette seconde saison encore plus engagée que la première dans son message à caractère éco-responsable, et ce qui me plaît avant tout dans cette série c'est le souci de traiter le thème de la conquête de Mars de la manière la plus réaliste possible, en s'appuyant sur l'ensemble des connaissances et données prédictives dont on dispose aujourd'hui, pour déboucher sur une histoire qui pourrait très bien, d'un point de vue aussi bien technique qu'humain, se dérouler de la manière qui est décrite. Dans cette seconde saison on voit arriver les conflits d'intérêts qui ne seront pas sans mettre en péril toute la colonie martienne, et c'est assez inconfortable de constater que la situation exposée voit son origine dans la partie la plus détestable de l'humanité : l'appât du gain, la recherche irraisonnée de profits... Rien de neuf sous le soleil, sur Mars comme sur Terre me direz-vous, et pourtant sous bien des aspects, ça fait froid dans le dos. Sans en faire trop, sans une débauche d'effets spéciaux et avec des moyens somme toute modestes par rapport à d'autres "grandes séries", Mars parvient à intéresser, faire réfléchir et on est forcément accroché par l'envie de savoir ce qu'il va advenir de la colonie humaine de Mars plus le temps passe... La saison 2 se termine en 2045, dommage car l'arrêt de la série ne donnera pas l'occasion d'explorer le futur plus avant...

Good Omens saison 1 : Seconde série adaptée en peu de temps de l'oeuvre foisonnante de Neil Gaiman (après American Gods), j'avais d'abord dans l'idée de ne la voir qu'une fois que j'aurai lu le roman (co-écrit avec Terry Pratchett), et puis finalement je me suis enfilé les 6 épisodes de cette saison (a priori unique) sans attendre. C'est pour le moins original comme histoire, cet ange et ce démon chargés des affaires terriennes qui s'allient pour éviter l'Armageddon histoire de garder leurs postes dans lesquels ils se plaisent bien. Ça se place avant tout sur le ton de l'humour, voire même de l'ironie vis-à-vis de la religion, et il y a quelques trouvailles sympathiques. Cela souffre toutefois d'un léger manque de rythme, il me semble que la série aurait gagné à ce que les épisodes soient un poil plus courts pour gagner en tonicité. Les comédiens se font visiblement plaisir, et je ne peux nier que j'ai pris du plaisir à regarder cette histoire assez déjantée, mais je pense qu'il y manque un petit quelque chose tout de même pour en faire un parfait incontournable.

Dark saison 2 : Cette seconde saison est la saison pivot dans ce qui est prévu comme un triptyque et se conclura donc dans la prochaine saison. Autant dire que loin de résoudre l'intrigue en cours, cette saison rajoute des questions et mystères supplémentaires, et colle une petite couche de complexité supplémentaire au tout. La première saison état déjà dense de ce point de vue, avec beaucoup de personnages et plusieurs lignes temporelles différentes qui se juxtaposent, il fallait suivre. Dans la seconde saison idem : je vous déconseille de roupiller pendant un épisode, sous peine d'être assez vite largué, cette série demande une certaine concentration ! Et c'est bien ainsi, car le thème le nécessite, parce que le traitement n'est pas simpliste, et parce que l'histoire prend une ampleur supplémentaire en fin de saison qui a éveillé un peu plus ma curiosité mais qui ne sera pas sans complexifier encore les choses à mon avis... du coup je suis curieux de voir comment l'ensemble va se résoudre dans la troisième et supposé dernière saison.

Luke Cage saison 2 : La seconde saison de Luke Cage chez Netflix est assez semblable à la première, mêmes qualités, mêmes défauts. Au chapitre des qualités : des personnages charismatiques, une ambiance plutôt réussie, une bande son au top. Pour ce qui est des défauts : un rythme trop lent, une thématique qui souffre de répétitions, une saison qui se découpe en plusieurs sous-intrigues traitées une après l'autre sans suffisamment de liant, de trame claire. La seconde saison est la dernière, non pas que la série soit si mauvaise que ça, c'est le destin de toutes les séries Marvel développées par Netflix : Disney reprend ses billes et ne laisse pas ses jouets à la concurrence, tout simplement. Dommage pour Luke Cage, qui avait trouvé en Mike Colter un interprète proche de la perfection. Dommage aussi pour Simone Missick qui m'avait tapé dans l'oeil dans le rôle de Misty Knight. Le personnage risque de ne plus apparaître pendant quelques années (clauses particulières du contrat de rupture entre Disney et Netflix), et s'il revenait ce serait donc certainement sous une autre incarnation. Il reste un sentiment d'occasion ratée pour Luke Cage, qui avait du potentiel, mais s'est arrêté avant même de réussir à correctement l'exploiter. That's life.

Years and Years saison 1 : Cette mini-série nous fait suivre sur une dizaine d'années le destin d'une fratrie anglaise, deux frères et deux sœurs trentenaires et quadras, leurs conjoints et enfants, ainsi que leur grand-mère. Issus de la classe moyenne, ils n'ont pas tous le même niveau de vie ni les mêmes convictions politiques, mais ils forment une famille soudée et maintenus unis par deux événements familiaux fondateurs : la mort récente de leur mère et leur père démissionnaire qui les a abandonnés pour refaire sa vie alors qu'ils étaient encore enfants. Démarrant en 2019, en plein contexte du Brexit, la série va au cours de ses 6 épisodes s'étaler d'année en année et on va suivre à travers les yeux des différents membres de la famille l'évolution du Royaume Uni, aussi bien sur le plan politique, sociétal, économique, scientifique, écologique, technologique, culturel,... qui sont en permanence mis en parallèle avec la vie quotidienne des personnages et leurs préoccupations personnelles. En filigrane de l'histoire, on assiste également à l'apparition et la montée en puissance d'une femme politique atypique et surfant comme personne sur une vague populiste grandissante. Libre à chacun d'y trouver des analogies avec des personnages existants ou ayant existé... Série touche-à-tout, on y trouve de l'amour, de la haine, de l'humour, des rires et des pleurs, de l'engagement et des débats d'idées, des peurs et des rêves, des points de vue divergents selon les milieux et les générations, des rebelles et des résignés, du bonheur et du mal-être... liste non-exhaustive. La série propose une véritable projection sur l'évolution du monde et l'impact sur le mode de vie à l'occidentale, plus les épisodes passent et plus on plonge dans la dystopie qui fait froid dans le dos autant qu'elle convainc par son caractère plausible et cohérente. Il y a des choses marquantes dans chaque épisode, difficile de faire un choix tant ce qui y est décrit (et en quelque sorte dénoncé comme déviance possible à court terme) est inquiétant et pourtant si proche de ce que nous connaissons en partie déjà... Je garde cependant en mémoire les paroles de la grand-mère, qui n'a pas sa langue dans sa poche, et qui fustige tout un chacun en s'incluant dans le lot, pour l'apathie dont nous faisons preuve quotidiennement et notre manque de réaction face à ce qu'on nous présente chaque jour comme "inévitable" et qu'on finit par accepter avec résignation comme étant la "normalité". Cette série est vraiment très bien faite, on passe sans cesse de considérations personnelles à des choix politiques à grande échelle, et on n'évitera pas de se retrouver dans l'un ou l'autre des personnages, à ne plus savoir exactement où positionner le curseur de "l'acceptable" bien qu'on sente à tout moment les choses sur le point de possiblement déraper. Years and Years nous dessine un avenir pas très prometteur, j'irais même jusqu'à dire franchement pessimiste, bien que la fin laisse une porte éventuellement ouverte sur quelque chose de plus positif... Excellente série pour la prise de conscience citoyenne, un poil moins conseillée pour le moral...

Star Wars épisode IX : L'Ascension de Skywalker : Dernier volet de la toute dernière trilogie Star Wars en date, L'Ascension de Skywalker est un peu à l'image des deux films qui l'ont précédé : plutôt réussi visuellement, en recherche de nouveauté tout en recyclant les vieilles recettes, le film se veut posséder une profondeur psychologique qui est censée accroître l'impact de ce qui s'y passe, tout en essayant aussi de jouer sur l'aspect iconique de certaines scènes au passage, sans oublier de titiller la fibre nostalgique des amoureux de la première trilogie (dans l'ordre de parution à l'écran j'entends) grâce aux quelques personnages survivants (ou non !!) depuis les années 1980 (grosso-modo : Luke, Leia, Han, Chewy, les droïdes). Ça fonctionne parfois, et parfois c'est raté. Là où ça marche moyennement selon moi : les nouveaux personnages manquent de profondeur et on ressent trop fortement les ressemblances avec les anciens (Po Dameron par exemple, c'est en gros la fougue et le charme rebelle de Han Solo avec le casque de pilote de X-Wing de Luke sur la tête, je serais bien infoutu en dehors de ça de décrire sa personnalité ou de pointer son originalité). Du coup on se sent un peu moins impliqué dans ce qui leur arrive, fut-ce grave et dramatique. Le grand méchant Kylo Ren souffre du même type de problème : forcément il n'échappe pas à la comparaison avec Dark Vador (son armure noire pousse en ce sens) en tant que tenant du côté obscur de la force et le personnage de Ben lui-même est lui aussi à mettre directement en rapport avec Anakin pour tout ce qui concerne sa lute intérieure entre son bon et son mauvais côté. Et comme tout ça a déjà été vu, ça passionne moins, et ça touche moins aussi. Sorti de là, si on accepte des personnages un peu légers et/ou déjà vus, on a droit à du grand spectacle, des vaisseaux spatiaux en pagaille, des extra-terrestres improbables, des combats un chouïa moyen question chorégraphie au sabre laser, et une construction narrative classique pour un film Star Wars. Ah si, on a droit aussi à Lando Calrissian en un peu boudiné dans son uniforme mais qui a gardé le sourire classe de sa jeunesse. Ça se laisse regarder et ça plaît beaucoup aux mômes, mais ça n'a clairement plus le même impact qu'avaient les films de la franchise dans les années 1980. Sur moi en tout cas. Pour une raison simple et tristement banale j'en ai peur : j'ai grandi.

The Mandalorian saison 1 : Voici donc la première série live tirée de l'univers Star Wars, basée sur un personnage inédit qui n'apparaît pas dans les films (bien que visuellement il rappelle très fortement Boba et Jango Fett). Son gros point fort selon moi c'est le soin porté à l'image : les effets spéciaux sont convaincants, les décors et maquillages ne font pas cheap du tout et ne laissent pas apercevoir de quelconque différence avec ce qui se fait au cinéma. Bref, visuellement c'est très travaillé et très réussi. Pour ce qui est de l'histoire, je la trouve légère mais je ne lui nie pas quelques points originaux, l'enfant que récupère puis protège Mando tout particulièrement. Ça joue peut-être la facilité (parce qu'il est troooop mignon n'est-ce pas ?) mais ça reste surtout efficace et malin. Alors il ne s'y passe pas tant de choses que ça dans cette série, mais finalement cela ne m'a pas gêné plus que cela. J'ai même plutôt apprécié que Jon Favreau, à la manoeuvre au scénario, ne se précipite pas et pose avant toute chose ses nouveaux personnages, ce qui permet de d'abord bien s'en imprégner avant d'entrer dans le vif du sujet. J'ai plutôt bien aimé l'introduction du personnage de Gina Carano qui, quoiqu'assez caricaturale, s'insère bien dans la fraction de l'univers Star Wars développée par Favreau. On n'est pas dans la série de l'année c'est évident, ça reste un peu léger du point de vue narratif et les enjeux ne sont pas primordiaux, mais The Mandalorian remplit sa fonction première : divertir tout en apportant un peu de diversité supplémentaire dans l'univers Star Wars.

Watchmen saison 1 : Grand amateur du comic-book d'origine d'Alan Moore et Dave Gibbons, j'avais déjà beaucoup apprécié l'adaptation ciné (qui a déjà 10 ans !!) par Zack Snyder, mais cette nouvelle déclinaison sous forme de série m'intriguait autant qu'elle m'inquiétait. Car l'esprit "Watchmen" est très difficile à cibler, manier et maîtriser. J'avais cependant un peu d'espoir : c'est une série HBO et c'est chapeauté par Damon Lindelof qui m'a filé une de mes plus grosses claques télévisuelles et narratives tout supports confondus de ces 15 dernières années avec son Leftovers qui est juste monstrueux à tous points de vue. Et j'ai très vite été rassuré : la série est vraiment très réussie, et s'inscrit parfaitement dans l'univers Watchmen, n'en déplaise à son co-créateur, le génial mais acariâtre Alan Moore, qui ne veut plus être associé à aucune adaptation de ses œuvres au cinéma ou à la télévision, au point de refuser que son nom apparaisse au générique. L'histoire se situe de nos jours mais fait de fréquents flashbacks jusque 100 ans en arrière, se permettant ainsi de revisiter la période des Minutemen de l'après-guerre, mais aussi les années 1980 ou encore les tourmentées années 1920 en pleine ségrégation raciale dans le sud des USA. C'est tortueux, intelligent, malin, référencé, beau, maîtrisé, respectueux du matériau d'origine, innovant, surprenant, bref : ça m'a plus que convaincu, ça m'a conquis ! La seule question que je me pose c'est celle du public-cible. Je baigne plus ou moins dans cet univers depuis longtemps, j'ai lu plusieurs fois la BD, et j'ai donc toutes les références et connaissances en ma possession pour bien tout comprendre et surtout pour me sentir à l'aise dans cet univers tout de même particuliers de Watchmen, aussi cette série et tout ce qu'il s'y passe me parle vraiment. Mais qu'en est-il d'un spectateur qui n'a pas cette base, qui ne connaît rien ni du comics ni du film qui en a été précédemment tiré ? Forcément il doit passer à côté de beaucoup de choses, ou alors le flou doit persister sur certains aspects (exemple : les hommes du 7ème de Kavalerie qui portent tous un masque de Rorschach, pour qui ne connaît pas le personnage d'origine, Rorschach, ça peut manquer cruellement de clarté). Idem pour le personnage de Dr Manhattan : pour qui le connaît déjà tout ce qu'on voit dans la série est clair et ne demande aucune explication, pour qui découvre le personnage je me demande s'il ne manque pas quelques clés pour pleinement comprendre qui il est, ce qu'il est devenu et ce qu'il représente dans cet univers uchronique. Bref, je ne sais pas si cette série a autant d'impact sur quelqu'un qui découvre les Watchmen que sur moi qui les connais déjà depuis longtemps. En tout cas sur moi ça a fonctionné du tonnerre et je ne peux que conseiller cette série somptueuse en tout point.

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Published by Stéph