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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 19:14

 

Voici un roman pour le moins original. Enfin non, original n’est pas l’adjectif le mieux approprié, je dirais plutôt singulier. Sur de nombreux points, à commencer par son origine.

Titrer un livre Le Livre sans nom c’est déjà assez judicieux. Quand en plus il est écrit par un auteur qui se nomme Anonyme cela épice la chose. Et quand le titre du roman est aussi le titre d’un ouvrage autour duquel toute l’histoire tourne, ça devient très malin.

Diffusé au départ sur internet, le script va vite éveiller l’intérêt d’un éditeur britannique qui aura la bonne idée de le publier. Très bonne inspiration même, puisque l’ouvrage va rapidement cartonner et devenir un best-seller dans de nombreux pays. Depuis d’ailleurs, ce Livre sans nom aura connu déjà trois suites, toujours sous couvert d’anonymat pour son auteur. Un Anonyme qui attise les curiosités du reste, sur le net les passions se déchaînent et les hypothèses vont bon train : de David Bowie au Prince Charles (va comprendre Charles !), on aura collé la paternité de cette tétralogie à bien des personnalités. Celui venant en tête des paris étant ni plus ni moins que le pape du cinéma de genre, Quentin Tarantino himself. Et il faut bien l’avouer, si concordances on devait chercher avec d’autres œuvres du même acabit, c’est bien du style de Quentin Tarantino qu’on se rapprocherait le plus.

Jugez plutôt. L’action prend place de nos jours à Santa Mondega, ville d’Amérique du Sud où règnent la pègre et la corruption, ambiance western. Sa réputation est telle qu’elle est reconnue comme la ville la plus dangereuse au monde. Un homme encapuchonné entre dans un bar, le Tapioca. Il commande un bourbon et la tuerie commence. Le seul rescapé du bar, sera Sanchez le patron. Dans toute la ville, il fera pas moins de 300 victimes ce jour-là. La légende du Bourbon Kid est née. Cinq ans plus tard, Santa Mondega est le lieu de convergence de plusieurs personnages hauts en couleurs, tous à la recherche d’une pierre précieuse au pouvoir immense, l’œil-de-la-lune. Il y a tout d’abord Kyle et Peto, deux jeunes moines à mi-chemin entre moines shaolin et chevaliers Jedi, experts en arts martiaux mais qui quittent pour la première fois l’île de leur monastère et découvrent la civilisation. Il y a le chasseur de primes Jefe qui ramène la pierre à son patron El Santino, parrain de la mafia locale et soupçonné d’être le diable en personne. Il y a Elvis, tueur à gages et sosie du King. Il y a Marcus la Fouine, voleur de son état, Dante et Kacy, les Bonnie and Clyde des bacs à sables, Rodeo Rex l’invincible, lutteur façon Undertaker et tueur à gages du Tout-Puissant comme il aime à se surnommer. Il y a Jessica, rare survivante de la folie meurtrière du Bourbon Kid, qui a survécu à la fusillade malgré les 32 balles qu’elle a prises et qui l’ont plongée dans un profond coma de cinq années et dont elle sort enfin, mais devenue amnésique. Et il y a aussi Miles Jensen, enquêteur spécialisé dans les affaires paranormales en duo avec Somers le parano, flic le plus détesté et solitaire de la ville, que leurs investigations vont mener à un mystérieux Livre sans nom qui serait en lien avec le Bourbon Kid.

Ajoutez par-dessus : des vampires, des arts martiaux, du gore, des filles pas farouches, une cadillac jaune, une diseuse de bonne aventure, une éclipse totale de soleil, un tournoi de baston sur un ring, des flingues à gogo et un breuvage pas trop conseillé en guise de bienvenue au Tapioca. Mélangez. Secouez bien même parce que c’est un sacré gloubi-boulga mine de rien. Vous obtenez : le Livre sans nom.

 

Pas étonnant que ce bouquin soit attribué à Tarantino. Un tel mélange de genre y fait inévitablement penser. Western, intrigue policière, fantastique, action, surnaturel, gore, épouvante… sans compter que le tout est enrobé d’une dose d’humour salvatrice, une telle collision de genres ne pouvant pas se faire sans provoquer des scènes comiques. Et puis évidemment c’est référencé à l’extrême, au point que tout paraît ultra-cliché mais rappelle inévitablement des classiques de la pop culture : Jessica fait penser à Uma Thurman dans Kill Bill, Jensen n’est rien d’autre qu’un Fox Mulder black, le Bourbon Kid aurait les traits de Clint Eastwood en Homme sans nom que ça m’étonnerait pas une seconde, les moines karatékas lorgnent du côté du petit scarabée de Kung Fu, les vampires ont l’air tout droit sortis d’Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez (et avec Quentin Tarantino, comme par hasard), le livre maudit rappelle furieusement la K7 vidéo de Ring, etc, etc, etc…

Autre élément fort : les dialogues qui jonchent le récit sont un mélange de cynisme, de testostérone et de second degré bienvenu.

Le roman est saucissonné en 65 chapitres plutôt courts selon un schéma astucieux : chaque chapitre concerne un personnage en particulier et se termine sur une note de suspense dont on ne saura la suite que deux ou trois chapitres plus tard, quand le personnage sera à nouveau au centre d’un chapitre. Le paroxysme étant les rencontres entre personnages phares bien entendu.

 

Bref, tout cela est plutôt bien foutu faut l’admettre. Ça peut paraître fourre-tout comme roman, et pour tout dire, ça l’est ! Mais on ne s’y perd pas pour autant. C’est maîtrisé, c’est vif, et c’est surtout une narration hyper cinématographique dans les descriptions et le déroulement des actions. On frôle cependant à plus d’une reprise l’indigestion. En ce qui me concerne, les vampires étaient à la limite de faire basculer le livre dans le « définitivement trop c’est trop ». Mais on continue pourtant à lire, la mécanique d’écriture étant parfaitement rôdée pour parvenir à garder l’attention du lecteur malgré l’entrechoquement de concepts et de genres. Cela dit, je n’ai pas réussi à me sentir passionné par ce qui se passait. J’avais envie de connaître la suite, mais je n’étais pas happé dans le livre. Je crois que l’amoncellement de références, la volonté d’en donner toujours plus et la manière très pro dont c’est fait, qui donne presque parfois l’impression de voir l’écrivain au détour d’un paragraphe regarder le lecteur dans les yeux le temps de lui adresser un bon gros clin d’œil avant de recommencer à écrire, ont fait que j’ai gardé mes distances avec le roman. C’est à mes yeux un exercice de style intéressant et remarquablement bien mené, mais il lui manque … je ne sais pas, je dirais une âme. La référence pour la référence, la figure de style pour la figure de style, l’esbroufe pour l’esbroufe, sur plus de 400 pages ça finit par lasser un peu, même quand c’est bien fait.

 

Alors je ne regrette pas ma lecture, je pense même que je lirai au moins le second volet pour voir dans quelle direction part l’auteur, mais je ne peux pas dire que ce livre est la révolution littéraire que vantent de nombreuses critiques très positives que j’ai pu en lire sur le net. C’est trop poseur par moment, trop explicitement artificiel pour cela. Ce qui du reste, en fait un excellent divertissement pop et pas con, c’est le moins qu’on puisse lui concéder.


335 livre sans nom

 

 

 

 

 

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 14:40

À Hollywood on est constamment à la recherche d’idées pour produire des films. De préférence des films qui rapportent du pognon. Mais comme on n’aime pas prendre de risque, et que c’est fatigant en plus, on a de plus en plus rarement le réflexe d’inventer. De créer. D’écrire. À la place, on adapte. Double-avantage : le matériel de base existe déjà et on peut ainsi piocher dans ce qui a déjà marché ailleurs et/ou sous une autre forme. C’est ainsi qu’on va chercher les best-sellers dans différents secteurs : les meilleurs romans qui se vendent le plus, les comics qui ont du succès (ou un succès potentiel), les séries télé qui ont cartonné sur petit écran, les films étrangers qui ont bien marché... tout cela est passé à la moulinette des grands studios et ressort un jour ou l’autre sous forme de films, si possible de blockbusters tant qu’à faire.

Poussant la logique toujours plus loin, chez Universal Studio on est allé chercher en dehors de ces sentiers battus et rebattus pour trouver le Graal, le sujet qui ratisse le plus large possible, le plus petit dénominateur commun, ce qui touche un maximum de gens, que tout le monde connaît et apprécie, un truc qui cause aux garçons comme aux filles, aux jeunes et aux plus vieux, aux riches et aux pauvres, aux occidentaux et aux orientaux, aux progressistes et aux conservateurs, aux carnivores et aux végétariens, aux rockers et aux rappeurs, aux croyants et aux athées, aux sportifs et aux intellos, aux baskets et aux chaussures à pompons... et on a trouvé. Bon sang mais c’était bien sûr : la bataille navale !


334 battleship bateau
Oui. Qui ne connaît pas ce jeu ? Qui n’y a jamais joué ? Touché-Coulé.
On frôle l’universel là. Il doit bien y avoir un ou deux indiens d’Amazonie et trois papous qui y ont échappé, mais on s’en cogne puisque de toute façon ils ne vont pas au cinéma ces sauvages. Mais tous les autres, TOUS les autres connaissent et entrent donc dans le potentiel public-cible. Un jackpot virtuel. Je pense que le mec qui a eu cette brillante idée a dû gagner en récompense son poids en lingots d’or. D’ailleurs ça a vite donné d’autres idées : l’adaptation au cinéma du jeu du Monopoly est d’ores et déjà dans les tuyaux (et sous la houlette de Ridley Scott, excusez du peu). On attend avec impatience que quelqu’un s’attaque au jeu de l’oie et au jeu de cartes de la bataille...

On avait donc le sujet : adapter le jeu de la bataille navale au cinéma. Restait à broder une histoire autour, trouver un casting adapté et roulez jeunesse. Bon, une bataille navale, forcément ça lorgne vers le film d’action avec effets spéciaux, scènes de destruction etc, etc. C’est cool, ça plaît. Reste à voir qui seront les belligérants. Alors attend une seconde, on a dit qu’il ne fallait pas se mettre un public potentiel à dos. Les méchants seront donc... des extraterrestres ! Enfin, dans le cas présent il faudrait dire des extraaquatiques mais bon, on va pas aller compliquer un si beau concept. On a donc des extraterrestres contre... le reste du monde (mais surtout des ricains quand même, faut pas déconner non plus). Mais sur des bateaux. Ok jusque là on est bon.

334_battleship_alien-copie-1.jpg
Devant tant d’inventivité et de hardiesse je n’ai pas su résister, il a fallu que je voie de mes propres yeux le résultat : Battleship. Et je n’ai pas été déçu. Boudiou non. Permettez que je vous raconte ?

Bon alors ça se passe à Hawaï. Des scientifiques d’un chouette observatoire envoient des messages par ondes-radio via un satellite en direction d’un coin de l’espace où on a de l’espoir de trouver de la vie, et donc possiblement une civilisation extraterrestre... Le réalisateur Peter Berg (qui a également commis le Hancock avec Will Smith, mais aussi scénarisé The Losers et mis en scène il y a bien longtemps -en 1998- un film déjanté que j’avais bien aimé Very Bad Things) matérialise à l’écran ces ondes-radios par un beau rayon laser, mais c’est pas grave ça fait joli et on est pas à un partiel de sciences-physiques.
Revenons à Hawaï où on découvre le héros de cette histoire, Alex Hopper (interprété par le bovin Taylor Kitsch qu’on a pu entrapercevoir en Gambit dans X-Men Origins : Wolverine et plus récemment dans le rôle titre du plantage de l’année John Carter), une espèce d’ado attardé, doublé d’un bellâtre-parasite qui passe son temps à draguer et picoler. Une tête à claques dans toute sa splendeur en somme. C’est justement en adoptant une technique de drague bien particulière (le vol de burrito-poulet acrobatique dans une station essence) pour tenter de séduire la blonde et sculpturale Samantha (Brooklyn Decker dont on ne peut décemment nier le talent tant il déborde de son débardeur), que le pauvre abruti Alex va finir en zonzon pour le reste de la nuit. C’est son grand frère Stone (Alexander Skarsgård – galère à taper ses lettres å à la con), officier dans la marine qui va le sortir de là, lui passer un savon et l’obliger à s’engager dans l’US Navy. Hop, après des classes qui auront duré le temps d’un passage chez le coiffeur, voilà Alex qui se retrouve lui aussi officier avec un bel uniforme tout blanc, le muscle saillant et la peau bronzée. Non ce n’est pas un biopic des Village People, on est dans Battleship, suivez un peu bordel.

334 battleship alex ymca
Ah j’oubliais ! il se trouve que la blondasse poumonnée au burrito-poulet n’a pas résisté au charme du blaireau de service et s’avère en plus être la fille du chef de toute la flotte pacifique de la Navy, l’amiral Shane (Liam Neeson qui fait également d’excellents films de temps en temps). Ah bah ça pour une coïncidence !
Bref, tout ce petit monde se retrouve pour le début d’une parade / démonstration navale qui va avoir lieu au large d’Hawaï où vont s’affronter pour de rire mais c’est sérieux quand même, dans des jeux à mi-chemin entre Intervilles et la Bataille Navale (ben oui tant qu’à faire), les flottes de divers pays (rappelez-vous le début de l’article -oui c’est déjà loin je sais- on a dit : les extraterrestres contre le reste du monde). Alex voudrait bien en profiter pour annoncer à l’amiral qu’il se tape qu’il désire épouser sa fille, mais un malencontreux incident, enfin pour être exact un coup de boule dans les chiottes sur la personne de l’officier japonais Nagata (Tadanobu Asano), va lui couper l’envie. En effet l’amiral qui en a plus que ras-le-bol des frasques de ce débile qui se la pète lui annonce qu’après les manœuvres il sera viré de la Navy. On comprend qu’Alex ne se sente pas trop de glisser dans la conversation qu’il l’appellera bientôt beau-papa. Autant éviter la Cour Martiale. Et de passer par-dessus le bastingage manu militari (parce que mine de rien, il est balèze l’amiral et il a moyen le sens de l’humour, il est même payé pour faire la gueule on dirait). Bref tout cela est bien mal engagé, mais c’est sans compter sur … les extraterrestres qui débarquent à l’improviste et s’invitent à la fête navale sans même ramener un truc à boire ou des chips, sans-gêne, genre les gars. Bah oui, finalement le rayon-laser-ondes-radios du début du film est arrivé à destination, parce que les scientifiques en chemises à fleurs de Hawaï mine de rien, ils avaient vachement bien calculé leur coup. On peut s’habiller cooldingue et viser juste hein, c’est pas incompatible.

334 battleship alex amiral shane
Bon, pour tout dire c’est pas l’invasion de grande envergure non plus hein, il y a en tout et pour tout cinq vaisseaux qui arrivent sur notre planète, dont un visiblement piloté en état d’ivresse évident (c’était avant la loi sur les éthylotests obligatoires à bord) puisqu’il a réussi à traverser des millions d’années-lumière jusqu’à la Terre mais se prend lamentablement un ridicule satellite dans la gueule à quelques kilomètres de l’arrivée. Les pare-chocs aliens n’étant pas fameux, le vaisseau va se crasher quelque part sur Singapour ou Hong-Kong je ne me souviens plus très bien mais on s’en fiche c’est pas chez nous et ça fait de très chouettes scènes de destruction massive. Les quatre restants vont se poser dans la flotte (parce qu’ils font vaisseaux interstellaires ET paquebots un peu penchés sur le côté genre Costa Croisière), quelque part dans le Pacifique. Ah ben tiens, ça pouvait pas tomber mieux, au large d’Hawaï. En plein dans la zone réservée aux manœuvres internationales des Jeux Sans Frontières navales évoquées plus haut. Les trois plus proches navires vont donc voir de quoi il s’agit. Il se trouve qu’il y en a un commandé par Stone Hopper (le grand frère), un autre sur lequel est embarqué Alex Hopper (qui s’est vu signifier la fin de son CDD dès qu’il aura reposé pied à terre je vous le rappelle) et le troisième par Nagata l’empaffé qui avait bien cherché son coup de boule matinal faut quand même le souligner.

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Évidemment on s’en doutera (enfin le spectateur, pas les marins faut croire), les extraterrestres ne sont pas venus nous compter fleurette, et les pauvres petits bateaux vont se faire laminer par leurs vaisseaux ultra sophistiqués. C’est ainsi que le navire de Stone se mange une salve de projectiles qui le pourfendent de haut en bas, l’envoyant par le fond en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. RIP Stone Hopper. De quoi fâcher tout rouge Alex, vous pensez bien. Par un étrange concours de circonstances (ce film est un gigantesque concours de circonstances en fait) sur son bateau à lui qui se fait pilonner aussi, il n’y a que l’officier commandant du navire et son second qui y passent laissant tout le reste en l’état et devinez qui se retrouve le plus haut gradé à bord du coup ? Ouais, le charlot qui avait les cheveux gras vingt minutes plus tôt au début du film. Rappelons que c’est un blaireau de classe internationale et un casse-cou bagarreur qui tape d’abord et réfléchit ensuite pas. Il décide donc devant l’évidente infériorité de son équipement face aux vaisseaux destructeurs aliens de… les attaquer de front. Un bourrin je vous dis.

334 battleship bateau alien
Bon de toute façon les aliens ont aussi déployé une sorte de champ de force inviolable en forme de dôme d’énergie qui recouvre toute la zone environnante, les empêchant de se barrer et interdisant au reste de la flotte de l’amiral et à l’aviation de s’en mêler, tout en coupant les communications en plus de cela. Entre temps les japonais ont pris leur trempe eux aussi, et une bonne partie des marins de leur bateau se retrouvent à la flotte ou en canots de sauvetage (leurs ancêtres kamikazes ont dû se retourner dans leurs tombes quand cette bande de lopettes se sont baqués en voyant arriver les projectiles perforants ennemis, mais que voulez vous, le Japon n’est plus ce qu’il était). Finalement le promu commandant Alex décide qu’il mettra la tête au carré aux aliens plus tard, et porte son navire au secours des naufragés japonais. Du coup ce connard de Nagata (qui avait bien mérité son coup de boule l’ai-je déjà signalé ?) devient son meilleur ami (et certainement le seul aussi je pense). De leur côté, comme plus personne ne les attaque, les extraterrestres ne tirent plus non plus et laissent tomber l’affaire (gentlemen et fair-play les mecs, faut leur laisser ça).


334 battleship alex tel
Alex et Nagata vont donc s’associer à bord du navire restant, pas si déglingué finalement ça va, c’est juste le commandant de bord qui a tout pris je vous ai dit, pour mettre en place une stratégie qui va en remontrer aux aliens. Les aliens quant à eux ont d’autre chats à fouetter de toute manière, puisqu’ils ont pour but de se rendre à l’observatoire d’Hawaï pour faire passer un message à leur potes restés au bercail en se servant du rayon-laser-ondes-radios qui marche qu’une fois par jour (couverture satellite de merde c’est pas possible). Parce que oui, il faut préciser que le vaisseau qui a fini en boule de bowling quelque part en Asie était leur vaisseau de communication. Ces cons là n’ont pas de kit mains libre sur chaque vaisseau, certainement  pour cause de restrictions budgétaires because la crise touche les extraterrestres aussi, depuis le temps qu’on vous dit que cette crise est grave je ne sais pas ce qu’il vous faut comme preuve supplémentaire. Il leur faut donc utiliser le rayon-laser-ondes-radios des scientifiques baba-cools de Hawaï, situé comme il se doit sur un des sommets de l’île. Précisément là où Samantha, la bombasse fille-de-l’amiral-et-fiancée-d’Alex qui est accessoirement kiné dans un centre pour vétérans de l’armée américaine, a décidé de faire une randonnée pédestre pour remonter le moral à Mick (Gregory D. Gadson) un grand black balèze qui a perdu ses deux jambes à la guerre (En Irak ou en Afghanistan, je ne me souviens plus très bien). Partir faire le GR20 local avec un type qui a deux prothèses en guise de guiboles je trouve personnellement ça audacieux comme thérapie, mais pourquoi pas, on n’est franchement plus à ça près. Et puis bon, elle est kiné mais là il n’y a plus rien à masser puisque les jambes du gars sont restées dans le Golfe Persique donc elle innove question traitement.

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Bref je fais un point rapide sur la situation à ce moment précis du film : Alex et Nagata sont à bord d’un navire qui n’a aucune chance contre les vaisseaux aliens, Samantha et Mick sont à pinces (et à prothèses) dans la montagne où un commando alien se rend pour communiquer avec leur planète et leur dire que « c’est bon les gars vous pouvez venir c’est des nazes ». La suite je vous la laisse découvrir par vous-mêmes parce que je ne vais pas tout raconter non plus hein, et on en n’est à peu près qu’à la moitié là. Mais je vous promets que c’est largement aussi bien que le début. Il y a même encore plus d’action et de poilade, c’est dire.

Vous aurez droit en vrac à :

- une véritable scène de jeu de bataille navale où Nagata annonce des coordonnées genre A6/B2/C4 avec les coups dans l’eau, les « touché » et « coulé » qui vont bien. Je pense que le réalisateur et le scénariste ont dû un soir de picole avancée se lancer le défi de caser ça dans les dialogues de leur film, juste pour le fun ;
- une scène qui m’a tiré une larme (de rire) quand une bande de vétérans de la deuxième guerre remettent en usage l’USS Missouri (ouais les gars, le même que dans Piège en Haute Mer, le film des années 90 où Steven Seagle conjugue ses talents de cuistot et de briseur de bras, ah nostalgie quand tu nous tiens) sur fond de hard-rock, de déambulateur et de bannière étoilée. Scène qui a fini de me convaincre que le réalisateur était en réalité là pour se marrer et manier le second degré comme personne ;
- de la baston au corps à corps avec des aliens géants en armure mais qui préfèrent utiliser des machettes que des pistolets lasers. Certainement que petits ils tripaient plus devant le Shogun de Richard Chamberlain que devant le Capitaine Flam chez Dorothée, allez savoir ;
- du suspense avec l’incontournable chronomètre qui décompte les secondes avant que le message des aliens ne puisse partir vers leur planète lointaine ;
- et LA scène grandiose du film : le dérapage contrôlé d’un destroyer en pleine mer. Si, c’est possible, fallait juste oser essayer.

334 battleship rihanna
Que dire pour bien résumer ma pensée au sujet de Battleship… ça va peut-être vous paraître étonnant mais j’ai trouvé ça tellement nul que ça a fini par me plaire. On tient là un navet transgénique, un truc à la base naturellement mauvais mais boosté aux hormones. Entre l’humour involontaire (et j’ose l’espérer aussi une sacrée dose de second degré) et la connerie élevée au rang d’art majeur (rarement vu de héros plus insupportable que Taylor Kitsch dans ce film), les défauts de ce film se sont inexplicablement mués en qualités. Au point que je me suis rendu compte au fur et à mesure que je rédigeais cet article que j’y prenais un plaisir tout particulier ! J’ai même dû résister à l’envie de vous le raconter en entier.

Pour rester un tout petit peu objectif, je dirais quand même que question effets spéciaux et grand spectacle on en a pour son argent. Côté scénario ma foi, il ne faut pas oublier d’où l’on part quand même : la bataille navale. On ne peut donc pas légitimement s’attendre à du Kubrick. Niveau personnages et casting, on reste dans la logique du film. Taylor Kitsch est certainement l’incarnation du jeune américain hype, beau gosse et frondeur, c’est juste que moi j’ai envie de lui bourrer la face de high-kicks à chaque fois qu’il apparaît à l’écran. Liam Neeson est là en tant que garantie de sérieux sur le papier, à l’écran on le voit au début et à la fin dans un rôle où il ne se donne même pas la peine de cabotiner, il se contente de jouer de sa rigidité naturelle, point à la ligne. Un autre nom connu est présent en haut du casting pour attirer le chaland : Rihanna la chanteuse américaine qui interprète un soldat aux côtés de Taylor Kitsch. Là j’ai vraiment envie de commenter par « un coup à l’eau » tellement elle ne sert à rien, même pas ce à quoi on pourrait s’attendre, à savoir jouer la bonnasse en treillis. Je ne sais pas si c’est moi qui commence à avoir de sérieux problèmes de vue, mais si elle était censée être sexy ou glamour dans ce film je n’ai pas vu où ni quand. Et promis je n’ai pas dormi dans la salle. Sa participation au film se limitera donc au fait de tirer au canon ou à la machine gun une casquette mal vissée sur la tête. Et puis il y a un gars, dans le rôle d’un soldat également, qui m’a fait m’interroger pendant tout le film : j’avais l’impression de voir une version adolescente de Matt Damon et je me demandais à chaque fois qu’on l’apercevait si c’était pas son frangin par hasard. J’ai cherché depuis et il s’avère que pas du tout, le gaillard se nomme Jesse Plemons et restera donc pour moi un rouquin inconnu qui ressemble à Matt Damon. Enfin reste Brooklyn Decker que je ne connaissais pas mais dont l’intelligence physique m’a parfaitement convenu et convaincu qu’elle fera une belle carrière de sex symbol. Vraiment canon faut dire ce qui est.

334 battleship samantha burrito poulet
Alors si je devais vous conseiller quelque chose au sujet de ce film, finalement ce serait de le voir. Histoire de rire un bon coup, même si ce sera plus souvent « de » que « avec » les personnages.
Et quand on y réfléchit bien, puisque ce film par ses défauts nous fait tant de bien, peut-être faudrait-il le qualifier de bon film finalement. Ouais c’est ça, Battleship c’est de la balle. Mieux vaut mater ça que n’importe quel quart d’heure d’émission issu de Secret Story.

PS : si vous avez lu tout ça, chapeau et merci.

334 battleship aff

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 05:53

Depuis le temps que je voulais voir un concert du Boss en live… combien de fois ai-je bavé d’envie en regardant le dvd de son époustouflant concert à Barcelone en 2002 lors du Rising Tour… eh bien ça y est c’est fait. Le 5 juillet Bruce Springsteen & The E Street Band se produisaient à Bercy, et cette fois je n’ai pas raté l’occasion d’aller les voir.
Et quelle claque. Un concert dantesque. Juste énorme. Une tuerie de 3h40, sans aucun temps mort. Et quelle force, quelle intensité, quelle énergie ! Jamais vu ça. En communion avec une salle comble (et comblée), Springsteen a livré un show incroyable, comme je crois que lui seul est capable d’en faire.


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Il paraît qu’on était 18 000 ce soir là dans l’arène du Palais Omnisport de Paris Bercy. En tout cas une chose est sûre : personne n’était assis, du début jusqu’à la fin tout le monde dansait, remuait, bougeait et chantait au rythme des titres envoyés par le gars du New Jersey.
31 pour être exact. 31 titres pour un concert marathon d’une puissance que j’ai rarement vue, et jamais sur une telle longueur. 31 titres dont une quinzaine de différents par rapport au concert de la veille au même endroit. Le Boss a une telle profusion de chansons et de hits à sa disposition qu’il peut se permettre de modifier la moitié de sa setlist d’un soir à l’autre et de parvenir à contenter son public malgré tout. Certes, jeudi soir nous n’avons pas eu droit aux Born In The USA, The River ou encore Badlands qu’il avait interprétés le mercredi soir, mais peu importe, il y avait tant d’autres classiques sous la main…

333 springsteen bercy fosse3
Parmi les 31 titres je ne vais pas tout citer, juste dire que Springsteen a réussi à mêler parfaitement nouveautés et morceaux plus anciens. Les titres de son dernier album en date (Wrecking Ball – 2012) sont d’ailleurs particulièrement bien adaptés à la scène, je retiendrais entre autres We Take Care Of Our Own, Wrecking Ball ou encore Land Of Hope And Dreams repris en chœur par les fans. Évidemment il y a eu les « incontournables » issus de l’album The Rising (2002) comme My City Of Ruins, un The Rising hyper vitaminé et un génialissime Waintin’ On A Sunny Day durant lequel le Boss a fait monter sur scène une jeune fille pour la faire chanter avec lui le refrain. Et puis du plus ancien encore avec un For You en solo au piano, Born To Run, Because The Night, Dancing In The Dark, j’en passe et j’en oublie. Très proche de son public, Springsteen en a pour tout le monde, à droite, à gauche, derrière la scène… et va même jusqu’à se permettre quelques incartades au milieu de la fosse dont une où il se fera porter à bout de bras sur une vingtaine de mètres pour rejoindre la scène. Il joue avec les gens, harangue la foule après 3 heures de concert : « Fatigués ? » et d’enchaîner par un « one two, one two three four » qui annonce le titre suivant sans laisser la moindre seconde de répit entre deux morceaux.

333 springsteen bercy fosse1
Du spectacle le Boss sait en donner et sa générosité semble sans limite. Idem d’ailleurs pour tous les autres membres du E Street Band (élargi à une quinzaine de musiciens) dont les inoxydables Bittan, Nils Lofgren et Little Steven Van Zandt aux guitares, Garry Tallent (le type au nom prédestiné) à la basse, Patti Scialfa (madame Springsteen) à la guitare acoustique et l’immense Max Weinberg, gardien du rythme et cœur battant du band, à la batterie. Le violon de Soozie Tyrell, les cinq cuivres, les chœurs, claviers, percussionnistes… tout le monde suit l’exemple du Boss et donne sans compter. Pendant le concert Bruce Springsteen rend hommage à plusieurs personnes, dont une partie de sa famille (sa maman Adèle, sa fille Jessica qu’il fera danser sur scène, sa sœur et belle-sœur sont présentes dans la salle) et bien entendu au regretté Clarence Clemens, mythique saxophoniste du groupe remplacé avec talent par son neveu Jake Clemens.

333 springsteen bercy scene
Les morceaux s’enchaînent, les minutes, que dis-je, les heures passent, la salle vibre, l’énergie distillée en est presque palpable… et 3h40 plus tard, Springsteen et le E Street Band saluent une foule électrisée et en délire.
Je n’en reviens toujours pas, ce type a un talent inouï. Musical bien sûr, mais d’une autre teneur également. Ce bonhomme de bientôt 63 piges n’a pas son égal pour vous filer une pêche d’enfer, et créer le temps d’un concert une bulle en dehors de l’espace temps où rien d’autre ne compte que la scène, la musique et ce lien entre un artiste hors du commun et son public.

Vous n’avez pas vu de concert de Rock tant que vous n’avez pas vu un concert du Boss. Il n’est pas le Boss pour rien.

Et pour le plaisir, Waitin' On A Sunny Day par Bruce et la petite Amandine, ce jeudi 5 juillet 2012 à Bercy :



 


The Rising un peu chaotique les 15 premières secondes :

 


 

 

Et un petit Born To Run pour la route :



 

 

Crédits photos : © Patrice Guino pour Rockerparis.blogspot.fr & Marie Hoegel


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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:27

Bon c’est pas tout ça mais vu le nombre de chroniques de films que j’ai en retard cette année va falloir que je me remue un peu pour pas être complètement à la ramasse. Non pas que j’espère redevenir complètement d’actualité un jour mais au moins que je puisse parler de films pas disparus des salles depuis quatre mois, ce serait pas mal comme objectif. Je laisse donc ma flemme de côté pour quelques instants et je m’en vais vous causer cinéma…

Alors aujourd’hui, un tout petit film, sorti en catimini en mars de cette année : Hénaut Président, de et avec Michel Muller. Au moment de sa sortie sur les écrans il était parfaitement d’actualité puisqu’il relate la campagne politique du candidat indépendant Pierre Hénaut (Michel Muller) aux élections présidentielles de 2012. Petit maire de campagne, modeste et intègre, il a pour projet de se présenter aux présidentielles avec un programme exclusivement tourné vers l’Europe et le fédéralisme. Bref, plus chiant tu meurs. Totalement dénué de charisme et piètre communicant ses chances sont nulles. Mais sa rencontre avec Thierry Giovanni (Olivier Gourmet), patron d’une agence de pub en mal de reconnaissance va changer la donne. Giovanni et son équipe vont prendre en main le candidat et le modeler de façon à en faire une bête médiatique et politique. Vendre de la levure pâtissière ou un candidat à la présidentielle, pour lui c’est du pareil au même, à ceci près que la notoriété dont il bénéficiera après ce coup là, s’il le mène judicieusement, sera toute autre. Cela dit, avec Pierre Hénaut il y a du boulot et pour ainsi dire tout à changer dans l’image qu’il dégage. Mais pour faire bouger les sondages d’opinion, Giovanni, magouilleur et truqueur dans l’âme n’hésitera pas une seconde à employer les méthodes les plus douteuses et profiter de la naïveté de son candide candidat…


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Bien, soyons honnête, il s’agit d’une petite comédie franchouillarde sans grande prétention. Qui a su parfaitement jouer de l’enjeu des élections de 2012 (rappelez-vous qu’il y a encore quelques mois on nous vendait les présidentielles comme le tournant qui allait changer nos vies à tous) pour gagner un cachet particulier l’inscrivant en plein dans l’actualité et en faisant une petite fenêtre ouverte sur l’aspect caché des élections, l’envers du décor. Petites magouilles médiatiques, coup fourrés télévisés, recettes et arnaques en tout genre pour jongler avec les fameux sondages d’avant scrutin… on passe en revue tout l’aspect manipulations des masses communication de la politique.
Là encore il faut relativiser : il ne s’agit pas spécialement de mise à l’index ni de dénonciation en bonne et due forme de ces procédés, on est et on reste dans la comédie qui a pour but principal de distraire (en tout cas je l’ai pris comme ça). Ça peut d’ailleurs même par moment paraître caricatural dans la parodie. Mais en tout cas cela souligne bien que pour faire de la politique, ce ne sont pas tant les idées qui importent que la façon dont « on les vend », la prédominance de plus en plus évidente de la forme sur le fond, chose qu’on constate élection après élection (cf. les smseries, facebookeries et autres twiteries récentes…).

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Côté comédiens, on notera que Olivier Gourmet en publiciste sans vergogne vole la vedette à Michel Muller en candidat mollasson et gentillet. Les salauds sont toujours plus intéressants que les bons gars, encore une triste réalité que démontre le film. Voir Olivier Gourmet dans ce rôle tout en démesure et en exagération aura été pour moi un vrai contraste puisque je venais de le voir en dvd deux jours auparavant dans un autre film politique récent, L’Exercice de l’État, où il tient le rôle de l’homme politique cette fois-ci (et que je ne saurais trop vous conseiller d’ailleurs).

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Sinon pas grand chose à signaler sur ce film, qui ne m’a que moyennement convaincu. Une comédie honnête, un thème d’actualité et original, un déroulement assez prévisible. Ça se regarde sans déplaisir mais on ne s’en relèvera pas la nuit.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 10:45

“Nice to see you, it’s been a long time.”

Tu m’étomes Tonn. Euh, tu m’étonnes Tom.
20 ans. Cela faisait 20 longues années que Tom Petty & the Heartbreakers ne s’étaient pas produits sur scène en France. Et mercredi 27 juin ils étaient là, fringants sexagénaires, en concert au Grand Rex de Paris.
Et moi aussi j’étais là. Forcément. Le cœur battant, le sourire aux lèvres et cette émotion spéciale qui accompagne les moments rares et tant attendus. Parce que Tom Petty c’est une de mes références musicales majeures, un de ceux que j’écoute en continu depuis des années au point que sa musique m’imprègne inconsciemment. Combien de fois me suis-je pris à siffloter ou fredonner un de ses titres ? C’est simple, pour moi il est au panthéon des artistes anglo-saxons que je vénère, juste après Leonard -Dieu le père- Cohen et au même niveau qu’un Bruce Springsteen, qu’un Eric Clapton ou qu’un Mark Knopfler.

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Pourtant en France, le nom de  Tom Petty & the Heartbreakers n’éveille pas grand-chose chez le commun des mortels. Citez-le autour de vous et vous récolterez comme uniques réactions des « euh, qui ça ? » qui attesteront pour le moins de la pauvreté ambiante question culture musicale. Star aux USA, songwriter de talent et guitariste hors pair, Tom Petty est curieusement méconnu dans nos contrées. Pourtant ce n’est pas un perdreau de l’année, le bonhomme a connu ses premiers gros succès dès la fin des années 70 et n’a pas chômé durant sa quarantaine d’années de carrière. Mais voilà, faut pas compter sur la programmation musicale de RTL2, NRJ et consorts pour entendre du Tom Petty sur les ondes françaises… bonjour la diversité musicale. D’ailleurs moi-même je l’ai découvert voilà des années sur les judicieux conseils d’un collègue à l’oreille fine et au goût musical averti (thanx Pascal).

Mais revenons au Grand Rex.
Les briseurs de cœurs se s’ont fait attendre (début de concert à 20h00, trois quarts d’heure de première partie assurée par Jonathan Wilson, et arrivée de Tom et ses potes à 21h30), mais dès leur entrée c’est du grandiose, pas de tour de chauffe, on attaque d’emblée à fond les ballons (seul bémol du concert, le son n’aura pas toujours été au top, en particulier dans les aigus poussés un peu trop à fond pour mes pauvres oreilles) avec un enchaînement de hits qui réveillent (Listen to Her Heart, You Wreck Me, un I Won’t Back Down d’anthologie et un Here Comes My Girl repris en cœur par le public). Petty est là et bien là, costume trois pièces sur chemise blanche, ses éternels cheveux blonds mi-longs, la barbe soignée, changeant de gratte quasiment à chaque chanson, la classe incarnée. Et il n’est pas seul, tout du long du concert ses compères auront tour à tour l’occasion de démontrer leur talent : les excellents Ron Blair à la basse, Scott Thurston à la guitare, Benmont Tench aux claviers, le phénomal Steve Ferrone qui finira en nage à la batterie et l’incroyable Mike Campbell complètement habité par le son de sa guitare électrique.

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En dehors de quelques titres de leur dernier album en date Mojo (2010), tous les morceaux seront antérieurs à 1994. Tant pis pour moi qui aime bien The Last DJ (album de 2002) et qui adore Echo (1999) je me ferai une raison. Mais ce n’est pas comme si le groupe manquait de hits, difficile de tout caser en un concert. Et puis quelques hommages au passage, comme la géniale reprise de Peter Green (Oh Well) et l’inattendu Oh Carol de Chuck Berry.
Puis mon bonheur devient total quand Tom Petty entonne Free Fallin’ et Learning to Fly qui sont de très loin mes deux titres préférés. Je suis ailleurs le temps de ces deux chansons. Dans un autre monde, celui du son parfait, de l’accord ultime. Satellisé le Stéph.
Ça déroule et ça s’enchaîne, de riffs géniaux en ovations du public, Tom Petty termine sur Refugee et un Running Down A Dream du tonnerre. Enfin pas tout à fait, puisque le rappel se fera les doigts dans la prise au rythme des incontournables Mary Jane’s Last Dance et An American Girl. Et déjà le concert prend fin, ça fait deux heures et pourtant ça a filé à toute allure. C’est pas comme si je n’en reprendrais pas volontiers une louche, mais ce que j’ai entendu m’a comblé. Je suis doublement content d’ailleurs, puisque j’avais traîné ma petite sœur à ce concert, bien décidé à lui faire découvrir Tom Petty pour ses trente ans (elle est grande maintenant, il était temps qu’elle s’y mette) et on dirait bien que la greffe a pris.

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Alors pour répondre à la question du début de cet article, « c’est qui Tom Petty ? », c’est simple. Du grand art, du bon rock, de l’excellente musique : c’est ça Tom Petty & The Heartbreakers.

Et pour mon plaisir et le votre, je ne résiste pas à l’envie de mettre ici en lien quelques vidéos de la soirée au Grand Rex :

un I Won’t Back Down qui remue dans les chaumières,

 


un Free Fallin’ stratosphérique,

 


et un Learning To Fly pour atteindre le septième ciel !

 





Crédits photos : © Carsten Wilde pour Rocknconcert.com

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 12:53

Dans le monde merveilleux des séries télévisées, les américains sont sans conteste les rois. La grande majorité des séries viennent de là-bas, et si quantité ne rime pas toujours avec qualité (combien de pétards mouillés du style Terra Nova ou FlashForward pour un Battlestar Galactica ?) on finit toujours par trouver son bonheur dans un catalogue quasi illimité de choix.
Mais, au risque de choquer l’Oncle Sam, il n’y a pas que l’Amérique dans la vie, et surtout pas dans l’univers des séries télé. Les français qui ont peiné des dizaines d’années à coup de Navarro, Julie Lescaut et autres Joséphine Ange Gardien de triste mémoire, sortent enfin depuis quelques temps le nez de la bouse et proposent des choses intéressantes (Braquo, Engrenages, Mafiosa, WorkinGirls, …). Et ils ne sont pas les seuls : inutile de lorgner exclusivement outre Atlantique, un coup d’œil de l’autre côté de la Manche suffit parfois.


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C’est de Grande Bretagne que nous vient Luther, une série policière qui a su tirer son épingle du jeu, dans un genre tellement visité qu’il n’est pas si évident de s’y démarquer.
L’inspecteur John Luther (Idris Elba) est de ces flics habités par leur rôle et leurs responsabilités. Excellent enquêteur et fin connaisseur des mécanismes psychologiques qui poussent les criminels à agir, il a une capacité incroyable à se mettre dans la peau d’un tueur, à décortiquer ses motivations et ses réactions. Son instinct combiné à sa ténacité rageuse lui confèrent une perspicacité hors du commun, lui permettant de résoudre les affaires les plus difficiles et sensibles. Mais sa traque quasi obsédante d’un pédophile lui ayant échappé trop longtemps finit pourtant mal pour lui. Les conditions dans lesquelles il met hors d’état de nuire le criminel lui coûtent plusieurs mois de suspension et la séparation d’avec son épouse Zoé (Indira Varma). La série débute lorsqu’il reprend enfin du service, dans la suspicion et sous la surveillance de sa hiérarchie qui lui adjoint le jeune lieutenant Justin Ripley (Warren Brown) pour le seconder.

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D’entrée confronté à un double assassinat assez sanglant, Luther découvre assez rapidement la meurtrière mais sans pouvoir prouver sa culpabilité. Débute alors une relation de plus en plus ambigüe entre la jeune femme en question, Alice (Ruth Wilson), et le policier. Entre attirance et répulsion un jeu du chat et de la souris se met en place entre eux tandis qu’au fur et mesure des épisodes John Luther va se confronter à d’autres enquêtes et d’autres tueurs. Luther avec son caractère entier, sera d’autant plus mis à rude épreuve que du côté de sa vie privée, sa femme Zoé lui annonce vouloir le quitter pour un autre...

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Belle découverte que cette série policière anglaise ! Dès le départ elle imprime à sa narration un ton plutôt dur, froid, voire violent. Dans le registre « série policière réaliste » elle marque sa différence par une sorte de pessimisme ambiant qui colle aux images ternes, comme privées de couleurs. La violence, physique comme psychologique, y est omniprésente et même si on ne nous montre pas forcément tout, ce qu’on voit et surtout ce qu’on nous laisse le soin d’imaginer ne laisse pas indifférent c’est le moins qu’on puisse dire. Quant à la morale et « au bien qui l’emporte toujours à la fin », ce ne sont pas des concepts très développés dans cette série, ce qui n’est pas plus mal si vous voulez mon avis.

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Mais s’il est une chose à retenir avant tout de cette série, c’est le formidable véhicule qu’elle représente pour imposer Idris Elba comme un acteur impressionnant de présence et de charisme. En effet, le personnage incarné par Elba bouffe littéralement toute la place à l’écran. L’homme ne sourit jamais, de sa démarche légèrement courbée, les mains dans les poches, il impose sa carrure impressionnante sans jamais verser dans la caricature. Enclin à des accès de violence on sent pourtant toute la bonté qui anime John Luther derrière son lourd manteau qui lui serre de carapace. Aussi intelligent, perspicace, tenace et courageux qu’il soit, on entraperçoit derrière ce masque impassible et cette force tranquille des failles émotionnelles à la démesure du personnage. Idris Elba attire à ce point toute la lumière à lui que les autres personnages sont inexorablement relégués au second plan, sans être mauvais, mal écrits ou mal interprétés pour autant. Seule Ruth Wilson, qui incarne la psychopathe Alice, réussit à se faire une petite place à côté de l’immense Elba, son personnage parvenant à jouer sur les faiblesses de Luther, apportant au flic une adversaire à sa hauteur.

330 luther alice
Bien entendu au cours des épisodes on va croiser quelques frappadingues des plus déjantés et sanguinaires, un bestiaire de serial killers qui n’ont rien à envier à leurs collègues starisés par des séries américaines telles que Dexter par exemple.
Et si le glauque fait partie du quotidien dans cette série, ce n’est pas l’essentiel de ce qui la caractérise selon moi. Si je devais la qualifier, je dirais de la série Luther qu’elle est à la fois brutale et sexy, à l’image de John Luther lui-même. Oui, sexy. Je ne parle pas de scènes de cul ou de passages un peu osés, mais d’ambiance, de relations entre les personnages, comme une musique de fond tout juste perceptible. Est-ce dû à une forme d’animalité qui émane des héros principaux, ou est-ce une espèce de contre-poids aux meurtres et affaires bizarres dont ils s’occupent, toujours est-il que ce qui se dégage de cette série est assez hors du commun de ce côté là, se rapprochant du principe d’attirance / répulsion qui régente les relations entre Alice et John. Ou alors c’est juste moi qui vois des choses qui n’ont pas lieu d’être, allez savoir docteur. Comment ? mes petites pilules roses avant chaque repas et la verte avant de dormir ? c’est noté, je n’oublierai pas, promis.

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Bref, j’ai beaucoup aimé cette courte série (6 épisodes pour la saison 1, à peine 4 pour la saison 2), je l’ai trouvée fascinante, originale pour tout ce qui concerne les relations des personnages, et intelligente dans le développement de ses intrigues. À l’opposé de séries du type Les Experts, ici c’est avant tout le côté humain et faillible des personnages qui l’emporte sur le reste. Je suis bien content d’avoir appris qu’une saison 3 avait été commandée par la BBC, le final de la seconde saison ayant été d’un excellent niveau il faut bien le dire.
Si les séries de flics ne vous font pas peur, si vous acceptez de troquer le soleil de Los Angeles ou de Miami contre le Fog de Londres et si vous voulez avoir la confirmation du talent de Idris Elba, jetez vous sur Luther.

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 06:55

J’ai vu il y a quelques jours le Prometheus de Ridley Scott, et depuis je suis dans l’expectative. Je ne sais toujours pas si ce que j’ai vu est bon ou pas. Formellement d’une beauté à couper le souffle, un rythme qui ne laisse pas au spectateur le temps de penser (c’est peut-être à dessein), et des incohérences à gogo qui laissent des trous béants dans le scénario pour peu qu’on prenne le temps d’y réfléchir (d’où ma précédente remarque sur le rythme). Donc me voilà bien embêté pour pondre un avis clair sur ce film. Je me laisse encore quelques mois pour bien y repenser et je vous dirai quoi comme on dit dans eul ch’nord.

En attendant le verdict donc, je suis tombé sur quelque chose dont je n’ai pour le coup eu aucun mal à mesurer le degré de connerie, mais qui malgré tout m’a fait -bêtement je le confesse- marrer.

Le chat-hélicoptère.
Si, ça existe.

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Ça se passe aux Pays-Bas (l’autre pays du Flamby). Orville, le chat de Bart Jansen meurt tragiquement dans un accident de la route (l’histoire ne dit pas s’il traversait dans les clous avant de finir scotché à un pare-choc de 33 tonnes mais peu importe). Son maître, endeuillé, fan d’aviation et artiste-bricoleur dans l’âme a décidé de rendre hommage à sa bestiole canée en même temps qu’à sa passion (le chat tenait son patronyme de Orville Wright, un pionnier américain de l’aviation).

Il a donc fait empailler le greffier les pattes en croix, tout en lui collant un petit moteur d’aéromodélisme dans le buffet et une pale d’hélico à chaque papatte (façon chapeau de l’inspecteur Gadget).

Paraît-il que de son vivant le bestiau aimait déjà bien les oiseaux. Dans sa seconde vie il pourra donc les côtoyer de très près.
J’imagine bien l’étourneau de base qui verra ce chatcoptère le courser dans les airs promettre devant Dieu de ne plus jamais abuser du jaja à l’avenir.

D’ici que l’hurluberlu néerlandais apparaisse dans une pub de pâté pour chats avec un slogan du genre « Moi, Bart Jansen, éleveur de Chat-coptère je vous conseille Pal(e) pour votre animal » il n’y a plus qu’un pas.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 07:20

Ouch. Deuxième film coup de coeur de l’année après Chronicle. Dans un genre bien différent cependant ; après les apprentis super-héros voici un survival dans le monde des grands méchants loups.

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Dans Le Territoire des Loups, Liam Neeson prête sa grande carcasse à John Ottway, chasseur bourlingueur au coeur lourd qui traîne ses guêtres au fin fond de l’Alaska où il est embauché pour assurer la sécurité des ouvriers d’une compagnie pétrolière. John est du genre silencieux et bourru, il vit en permanence dans le passé, hanté par les souvenirs de son passé : l’image d’une femme et des regrets inexprimés qui le rongent. Quand arrive le moment de rentrer à Anchorage, ses collègues et lui embarquent à bord du dernier vol avant les grands froids de l’hiver. Mais l’avion n’arrivera jamais à destination : pris dans une tempête il s’écrase dans l’immensité blanche du Grand Nord. Les rares survivants du crash savent que personne ne les secourra avant des semaines. La meute de loups qui règne sur ce territoire sauvage les a déjà repérés et pris pour cibles... Ottway ne voit pas d’autre issue pour son petit groupe que de se mettre en marche vers la forêt à la recherche d’un meilleur abri. S’engage alors pour la poignée d’hommes qui restent un combat sans merci contre la Nature, le froid intense et les prédateurs qui les traquent, ce qui ne sera pas sans créer des tensions entre eux. Vaincre ses limites, résister à un environnement plus qu’hostile et rester unis, il n’y a pas d’autre solution s’ils veulent survivre...


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Mis en scène par Joe Carnahan (auteur de l’intéressant Narc mais aussi de Mi$e à Prix et de l’adaptation ciné de L’Agence tous Risques qui ont tous deux de bons échos mais que je n’ai toujours pas réussi à voir) ce Territoire des Loups n’entre pas dans le tout-venant du survival tel qu’on a l’habitude d’en voir. Il y a bien entendu les passages obligés du genre : une tension qui monte crescendo, des survivants qui y passent les uns après les autres, le sacrifié pour que les autres puissent continuer, des personnages aux caractères forts et marqués, des scènes d’action réussies (rien que le crash de l’avion est déjà très impressionnant), etc...

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Mais Carnahan ne s’est pas contenté de réciter sa leçon et de dérouler le mode d’emploi du film de genre réussi, il y a insufflé autre chose, de plus lancinant et qui donne au film une saveur supplémentaire. Tout tient dans le personnage de John Ottway. Il y a en lui une sorte de mélancolie, de tristesse mêlée de force, de désespoir profond qui paradoxalement l’empêche d’abandonner la lutte sans se battre. De ce point de vue la performance de Liam Neeson est doublement bluffante. D’abord c’est un rôle très physique qu’il endosse là, et du haut de ses soixante piges il en impose le bonhomme. Rien à voir avec les rôles de papy-bastonneur qu’il a tenu récemment dans des films comme Taken par exemple, où il distribue quelques coups de tatanes avec vigueur et efficacité certes, mais qui restent du domaine de l’actioner sur mesure et chorégraphié. Ici c’est autre chose, il dégage une aura de force et de dureté peu commune. Et pourtant il parvient à glisser dans son jeu quelque chose d’indéfinissable qui donne l’impression qu’un poids titanesque le tire en permanence vers les abîmes. John Ottway, si dur et abrupt qu’il soit, a une faille dans la carapace, indicible mais profonde, certainement aussi difficile à combattre que le froid et les loups qui l’assaillent.

Et du coup il ne s’agit plus pour Ottway de « seulement » survivre aux bêtes féroces qui en veulent à sa peau, mais aussi à l’homme de trouver les ressources morales suffisantes pour ne pas baisser les bras alors que tout, objectivement comme psychologiquement,  le pousse à simplement abandonner.

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C’est en cela que Le Territoire des Loups dépasse (pour pas dire qu’il l’explose) son statut de survival. Dans ce film on ne parle pas que de quelques gars qui doivent survivre aux loups et au froid arctique. Il est question de foi en l’homme et de foi en Dieu, de remise en question, de réflexion sur la mort (et donc sur la vie), de la destinée et du sens (s’il y en a un) de tout cela. Il y a à ce sujet une scène lourde de sens et que j’ai trouvée très difficile à regarder juste après le crash, quand l’un des survivants succombe à des blessures trop graves dans les bras de Ottway. Ce dernier lui explique doucement ce qui va arriver et l’accompagne dans son agonie et sa panique jusqu’à son dernier souffle. C’est fait sans mièvrerie, sans exagération et sans apitoiement, et ça a une force émotionnelle qui se pose là. Une de ces scènes qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma, encore moins dans un genre un peu bourrin comme un survival.

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Si je ne peux pas cacher que j’ai été pris aux tripes par ce film, je ne peux pas non plus passer sous silence quelques défauts que j’ai notés par-ci par-là. À commencer par les loups du titre. Les effets spéciaux qui les concernent m’ont un peu décontenancé. C’est très certainement voulu pour appuyer le côté peur ancestrale du « grand méchant loup » et imposer le sentiment de se trouver face aux prédateurs ultimes contre lesquels l’homme est totalement démuni, mais les loups qu’on voit en gros plan m’ont posé un problème de crédibilité et d’authenticité. Ils sont énormes les bestiaux ! et ouvertement pervers dans leur comportement ! Mais ce défaut de réalisme n’entrave pour autant pas la tension dont les loups sont le vecteur, c’est du reste l’essentiel. Au contraire si on accepte la description des loups et de leur comportement telle qu’elle apparaît dans le film, on comprend qu’on ne parle là pas que d’animaux poussés par la faim mais de bien autre chose, qu’on y voit selon sa propre interprétation des anges de la mort ou une métaphore de la vie dans tout ce qu’elle peut avoir de cruel...
On peut également reprocher une certaine prévisibilité par moment : on sent parfois quel personnage va y passer sous peu, même si sur la fin ce n’est plus le cas. Mais là encore, c’est une des limites inhérentes à ce type de film, pas un défaut propre à celui-ci spécifiquement.

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Quant à la fin du film, elle m’a tout simplement scotché. C’est une fin grandiose, émotionnellement phénoménale, comme on n’en voit pas souvent, et qui introduit au dernier moment un autre regard sur le reste du métrage (attention spoiler \ le poème du père de John et la citation finale ont un impact faramineux et donnent un sens très philosophique à la fin du film / fin du spoiler). Je l’ai trouvée d’une force et d’une classe assez uniques.

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Voilà vous l’aurez compris, je ne peux que conseiller Le Territoire des Loups. C’est un film puissant. C’est un film prenant. Et c’est une des chouettes surprises de ce début d’année.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:34

Ce qui m’a poussé à lire ce livre, c’est le nom de son auteur : Mike Carey. S’il n’est pas spécialement connu comme écrivain, il l’est en revanche comme scénariste de comic books. Et ce n’est pas le plus mauvais d’entre eux, loin s’en faut. Parmi ses oeuvres phares il faut avant tout citer une tripoté d’épisodes de la série Hellblazer (qui met en scène le personnage de John Constantine) pour le compte de DC / Vertigo. Il a également adapté au format BD le roman Neverwhere de Neil Gaiman. Pour Marvel il s’est frotté à différents personnages dont les X-Men et la version Ultimate des Quatre Fantastiques. Actuellement c’est avec la très chouette série The Unwritten (toujours chez Vertigo) qu’il tient le haut du pavé. Mike Carey a un style bien à lui, alliant intelligence, originalité et humour dans un cocktail assez détonant. J’ai donc voulu voir ce que ça donnait dans un autre format, celui du roman.

Dans Cercle Vicieux, le héros principal se nomme Félix Castor. Le bonhomme est exorciste (bien qu’il puisse communiquer avec les morts il n’en porte pas pour autant la soutane, loin de là) et détective privé. Il exerce ses talents à Londres, à une époque où le surnaturel a éclaté au grand jour. Les fantômes et autres morts-vivants sont devenus monnaie courante et à ce titre les législateurs anglais planchent sur une loi qui doit donner un statut juridique à tous ces êtres post-mortem qui partagent le quotidien des humains. Castor pour sa part utilise ses dons pour résoudre énigmes et enquêtes tantôt en free-lance, tantôt comme soutien aux forces de l’ordre. Quand un couple en deuil vient lui confier une enquête un peu spéciale, il ne peut s’empêcher de l’accepter : des parents lui demandent de retrouver leur fille kidnappée. Ou plutôt de retrouver le fantôme de leur fille, qui a été enlevé, par un confrère exorciste qui plus est. L’affaire n’étant pas banale, Castor va mettre sur le coup son meilleur indic, Nicky, un zombie geek, paranoïaque et plein de ressources, ainsi que son associée Juliet, un succube au charme dévastateur. Et comme rien n’est jamais simple dans la vie de Félix Castor, il doit également gérer le cas de Rafi son meilleur ami qui est interné depuis qu’un démon de la pire espèce ait possédé son corps.

L’enquête va bientôt le mener sur les traces d’une secte d’adorateurs de Satan, dans les pattes de Garous peu avenants et surtout ... droit dans de gros problèmes.

Bon alors quoi dire de ce roman ?
D’abord j’ai appris qu’il s’intègre dans un genre de littérature dont je ne connaissais pas le nom jusqu’ici : l’Urban Fantasy. En gros on prend les codes d’un genre ultra-codé, le polar urbain, qu’on plonge dans un environnement qui emprunte peu ou prou à cet autre genre qu’est le fantastique. Ça peut paraître un peu lourd dit comme ça, voire foutraque même, et pourtant quand c’est bien mené ça donne un mélange assez intéressant. Et justement donc, Mike Carey prouve qu’il sait aussi bien mener sa barque en tant qu’écrivain qu’en tant que scénariste de comics. Il crée dans ce bouquin un univers très particulier, assez sombre, qu’il fouille et bâtit consciencieusement le rendant cohérent et contre toute attente crédible. La force de Carey réside avant tout dans ses personnages. Il sait les rendre intéressants et attachants. Qu’il s’agisse de Castor ou des seconds rôles comme Nicky le zombie et Juliet le succube. D’ailleurs le personnage de Félix Castor n’est pas sans rappeler le John Constantine qu’il a maintes et maintes fois mis en scène dans Hellblazer. Le gars revenu de tout, qui ne s’étonne plus de rien et qui prend tout d’un air faussement détaché, avec un humour piquant et une pointe de cynisme... tout cela en fait un détective alliant classicisme et modernité. On l’apprécie d’autant plus que la narration se fait à la première personne et qu’on « vit » toute l’histoire à travers son regard particulier sur le monde. L’autre point fort de Mike Carey c’est son sens des dialogues et les répliques cinglantes qui fusent, soulignant ainsi un peu plus l’humour souvent noir de Castor.
L’intrigue quant à elle, sans être exceptionnellement géniale, sait se montrer suffisamment  tortueuse pour ne pas décrocher le lecteur avant la fin. Si Carey sait gérer avec brio tous les éléments fantastiques qui émaillent son récit, il prouve aussi qu’il se débrouille pas mal du tout dans le registre plus spécifique du polar.

À savoir cependant sur ce roman, c’est qu’il s’agit du deuxième tome d’une série de romans ayant pour héros Félix Castor. L’éditeur français Bragelonne a sciemment décidé de laisser tomber le premier tome et de commencer directement la traduction par le second tome de cette série. À la lecture il n’y paraît rien, on a tout ce qu’il faut dans ce tome pour bien appréhender l’univers et les personnages.
En ce qui me concerne l’expérience de ce Cercle Vicieux s’est révélée positive, et je ne serai pas contre une autre dose des aventures de cet exorciste détective privé (un second tome –le troisième dans la langue de Shakespeare, suivez un peu quoi- existe, toujours chez Bragelonne, et si l’occasion se présente je le lirai avec plaisir).

327 cercle vicieux

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 09:19

On y avait cru, on l’avait espéré, pour quelques uns même cette promesse avait suffit à orienter leur vote. Mais aujourd’hui la déception est de taille. Cruelle désillusion. De quoi en dégoûter certains de la politique à tout jamais. Le constat est là pourtant, irréfutable, incontournable : c’est un premier échec pour le nouveau Président de la République, un de ceux qui font le plus mal. Voici la première douche froide de ce quinquennat balbutiant : Mickael Vendetta, blaireau leader de niveau international, ne partira pas vivre ailleurs, il a annoncé qu’il restait en France.

Il faudra bien vous y faire pourtant, c’est ainsi. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient paraît-il.

326 caramba encore rate

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