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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 09:58

De Kenneth Cook, j’avais lu deux recueils de nouvelles, Le Koala tueur et La Vengeance du Wombat, qui sont remplies de petites histoires tirées de faits réels et pleines d’humour. Son roman principal, Cinq matins de trop, est pour sa part à l’opposé de tout cela. Même si on retrouve des traces d’humour il est noir, dans ce roman le rire est jaune et cruel. Rien à voir donc avec les pitreries des recueils de nouvelles. Ici on parle de déchéance, de descente aux enfers, de fatalité.

L’histoire démarre à Tiboonda en plein désert australien. Tiboonda c’est simple, c’est le trou du cul du monde mais en pire. Il n’y a rien d’intéressant. Personne d’intéressant. Rien à faire. Et une putain de chaleur qui ne vous lâche jamais la grappe. Les deux occupations principales sont : survivre et transpirer. C’est à Tiboonda donc, que John Grant, un tout jeune instituteur est muté pour deux ans. Sa première année scolaire sur place vient de se terminer, et John a six semaines devant lui pour se changer les idées. Ses maigres économies et son salaire du mois lui permettent de repartir pour Sidney y passer quelques semaines au bord de l’océan tant rêvé. Le train l’emmène donc jusqu’à sa première étape, Bundanyabba, la capitale du trou du cul du monde. Même environnement horrible, à l’échelle juste supérieure. De là il repartira vers Sidney et la promesse d’un réconfort amplement mérité après une année de privations et d’efforts en plein outback australien. Mais c’est compter sans la malchance. L’enchaînement sera rapide et fatal. Boire une bière ou deux avec les autochtones plutôt accueillants tant que tu partages une chopine avec eux, manger un bout dans une gargote locale et jouer à pile ou face pour tuer le temps. Il suffira d’une soirée un peu alcoolisée, d’un léger manque de discernement et John va mettre le doigt dans un engrenage qui va le broyer aussi implacablement et sûrement que le soleil lui a tanné la peau une année durant.

Ce roman ressemble à un cauchemar éveillé. On sent tout ce qui va arriver, on sent que ça ne va pas être bon du tout, on sait qu’il suffirait de pas grand chose pour s’en sortir, qu’un petit effort suffirait à se réveiller, et pourtant rien n’y fait, la spirale de la déchéance vous entraîne avec le personnage principal. On ressent à travers lui toute une gamme de sentiments, avec en premier lieu de l’injustice, de la frustration, une immense impuissance face aux événements et pour finir une résignation forcée. Tout s’enchaîne très vite, tout se ligue contre John, et il lui aura suffit d’une petite faiblesse au départ pour ne plus arriver à se relever et prendre pleine face merde sur merde.

Le roman est court et se lit vite, le style est percutant et Cook sait mettre en mots des ambiances poisseuses et un environnement hostile. L’alcool, le jeu, la violence (vous avez déjà chassé le kangourou dans l’outback ? expérience peu ragoûtante je vous préviens de suite) seront les trois facteurs d’autodestruction d’un jeune instituteur qui n’avait pourtant rien demandé d’autre que des vacances au bord de la mer. Bundanyabba en a décidé autrement pour son plus grand malheur...

Pour moi qui idéalise l’Australie et la vois comme une terre de toutes les merveilles, ce roman a remis quelques pendules à leurs places, selon l’expression hallydaysque consacrée. L’outback décrit par Kenneth Cook est loin, très loin de donner ne serait-ce que l’envie de s’en approcher à moins d’une centaine de kilomètres. Que ce soit l’environnement, le climat ou ses habitants, tout pousse à fuir au plus vite.

Impossible de nier à ce bouquin une force et une efficacité imparables. Pour autant je n’irai pas à crier au livre culte ce dont il est pourtant régulièrement qualifié. Il me manque une certaine implication plus forte, un attachement plus profond au personnage principal qui m’est resté un peu étranger je l’avoue. Peut-être une certaine apathie de sa part, un manque de réaction, une naïveté qu’en tant que lecteur on ne peut pas partager tant on voit cela d’un oeil spectateur. C’est certainement pour cela que ce roman ne m’a pas pris aux tripes comme il aurait pu le faire. Cela n’empêche pas qu’on a à faire à un livre très fort, très bien écrit et qui avance vite et bien. Il lui aura donc juste manqué une certaine dimension plus humaine pour être réellement marquant.

À lire pour ceux qui aiment qu’un personnage soit totalement à la merci du monde où il évolue, ceux qui aiment les enchaînements implacables de situations qui mènent à la catastrophe inévitable, ceux qui apprécient les récits où la fatalité l’emporte (ce qui est mon cas je le précise). À éviter pour ceux qui ne supportent pas la chasse sanguinaire aux kangourous, les orgies de bière et les pays où la poussière vous colle au visage comme vos vêtements pleins de sueur à la peau.

341 cinq matins de trop

 

 

 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 20:01

Encore une ! Ce début d’année 2012 aura été riche en sortie de comédies françaises en tous genres. J’en ai chroniquées quelques unes dernièrement, voici donc Dépression et des potes de Arnaud Lemort qui affiche un casting ma foi bien engageant, piochant dans la jeune garde de l’humour français.

Du célèbre duo télévisuel Omar et Fred, Omar a déjà triomphé en tant que vedette du phénomène de l’année dernière : Intouchables. Restait donc à Fred à se placer en tête d’affiche d’un film et à voler lui aussi de ses propres ailes. Loin de rencontrer le même succès que le film de son compère, Dépression et des potes n’est pourtant pas un mauvais film et possède même quelques qualités bien sympathiques.

340 depression et des potes boite

Trentenaire bien ancré dans le monde moderne, Franck (Fred Testot) a tout pour être heureux. Un boulot sympa, Talla (Gyselle Soares) sa jolie fiancée brésilienne et toute la vie devant lui… et pourtant quelque chose ne va pas, il déprime. À un tel point qu’il en devient insupportable, et que la pétillante Talla décide de le quitter. Le médecin de Franck est catégorique : il est en dépression. Décidant de renouer avec sa bande de potes qu’il n’a plus vus depuis plusieurs mois, il leur annonce la nouvelle. Benoît (Arié Elmaleh), William (Jonathan Lambert) et Romain (Ary Abittan) décident de ne pas le laisser tomber et de lui venir en aide. Mais ils s’aperçoivent bien vite qu’ils sont chacun à leur façon, en proie à la dépression eux aussi. C’est tous ensemble qu’ils vont essayer de remonter la pente…

340 depression et des potes prison

Le titre ne ment pas, on a affaire à un vrai film de potes. C’est un sous-genre assez courant pour une comédie française. Un peu moins délirant et extravagant qu’un La Vérité si je mens ! (quoique les personnages de Romain et de sa famille jouent un peu dans ce registre), avec des accents moins dramatiques et un chouïa moins réalistes que ce qu’on peut trouver dans Les Petits Mouchoirs, Dépression et des potes propose quelque chose d’intermédiaire. Des passages iconoclastes (pour la plupart centrés autour du personnage de William dans la peau duquel Jonathan Lambert fait mouche) mêlés de moments plus sérieux propices aux remises en questions des personnages (c’est en particulier le cas de Benoît par exemple), le tout mâtiné quand même dans une bonne dose de bonne humeur. Parce que de façon générale, si la dépression est le sujet principal du film, elle est traitée sur un ton léger et on reste tout du long dans le registre de la comédie. Pas de détours vers le drame et les larmes comme dans le film de Guillaume Canet. Le propos est plutôt de parler d’un mal un peu surfait, un mal de vivre qu’on se crée presque tout seul, fait de routine et d’indécision, de laisser aller et de facilité. Un mal qu’il faut savoir avant tout relativiser, l’humour restant un outil formidable pour y arriver.

340 depression et des potes sortie prison

Pour ma part en tout cas, je retiens surtout de ce film son côté divertissant, le discours de fond sur la dépression passant vraiment en arrière plan. C’est vrai, certaines situations, certains personnages et les questions qu’ils se posent peuvent nous amener à un peu plus de réflexion, mais le film n’est pas trop développé en ce sens. Libre à chacun d’extrapoler sur son propre cas, moi j’ai préféré m’en tenir à la partie comédie qui est plutôt pas mal réussie. En majeure partie grâce au casting qui est plutôt bien choisi. Jonathan Lambert, Arié Elmaleh et Fred Testot en tête. J’ai moins accroché à Ary Abittan, la faute certainement à son personnage beaucoup moins attachant (à mon sens) et un peu trop caricatural. En revanche j’ai adoré le personnage de sa fiancée aveugle Laura (Laurence Arné, que je trouve à la fois très belle et très drôle, ce qui n’est pas si commun comme cocktail. D’ailleurs elle explose de talent dans la récente série de Canal+ WorkinGirls que je vous recommande !), plein de second degré et qui permet au film de placer quelques vannes un peu borderline sur les aveugles qui m’ont bien fait marrer. Autre caméo que j’ai beaucoup apprécié : Joseph Malerba dans le rôle du collègue de travail de Franck, sosie français de Vic Mackey dans la série Braquo se retrouve ici en pleine détresse capillaire et en rupture complète avec son image de gros dur. C’est très con, mais ça aussi ça m’a fait marrer.

340 depression et des potes laura romain franck

Sur la forme on a quelque chose de plutôt classique, une comédie qui fonctionne plus sur l’affect qu’on peut avoir pour les personnages que sur les rebondissements ou la surprise. En effet, on ne peut pas dire que le film déborde d’originalité, on ne sera jamais surpris, le déroulement de l’histoire se fait en suivant un chemin relativement balisé. Je crois même que je ne spoilerais rien en dévoilant la fin (mais bon, comme je suis un garçon bien élevé je ne le ferai quand même pas), à mon avis son dénouement n’est finalement qu’assez anecdotique. J’ai surtout pris plaisir au jeu des acteurs et à l’ambiance générale qui ne se prend pas trop la tête. Une comédie française qui n’a rien d’exceptionnel mais qui se laisse bien regarder au final. Dépression et des potes n’a rien de ce qui a fait de Intouchables un méga succès, mais il n’est pas à jeter aux orties pour autant, si vous avez l’occasion de le voir, jetez-y un œil.

 

340 depression et des potes aff

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 06:14

Depuis maintenant bientôt quatre années que j’ai décidé de me remettre « sérieusement » à lire des romans, je tiens une moyenne de seize bouquins par an (en dehors de la BD bien évidemment). Je n’en suis pas mécontent et je bataille pour conserver voire améliorer sensiblement cette moyenne. Et donc au cours de ce petit parcours littéraire je suis tombé sur certains auteurs qui sont devenus pour moi, des valeurs sûres. Des types dont la plume me touche d’une manière ou d’une autre, à chaque coup. Laurent Chalumeau en fait partie, c’est même certainement celui dont je me suis le plus délecté ces dernières années à lire les pages. J’ai déjà eu l’occasion d’en faire parler ici, en chroniquant Un Mec Sympa, Fuck et Le Siffleur. C’était donc sans la moindre hésitation que je me suis lancé dans son dernier opus en date : Bonus. Sans hésitation au début de ma lecture, et sans regret à l’arrivée.

Dans Bonus, Laurent Chalumeau nous replonge dans ce qui est devenu sa spécialité : le roman noir aux accents du sud et à l’humour omniprésent. Encore une fois cela se passe en Côte d’Azur, encore une fois on a affaire à des gens ordinaires et quelques loufiats, et encore une fois il s’agit de savoir qui va arnaquer le mieux les autres au cours d’une intrigue à rebondissements savoureux…

Plus que dans ses précédents romans encore, l’auteur intègre à son histoire un grand nombre de personnages, tous très travaillés, hauts en couleurs et rendus avec un naturel déconcertant. Dans Bonus on croisera donc en vrac : un ancien PDG d’une chaîne de supermarchés accusé de malversations et de délit d’initié, une avocate stagiaire fille d’un prof à la retraite amoureux d’une clandestine sans-papier, une juge d’instruction intransigeante et le policier black chargé de sa protection rapprochée, un cordiste spécialiste des explosif, une esthéticienne qui rêve de devenir la nouvelle Cindy Sander, un ex-taulard gay qui rêve de se faire un pactole dans un dernier coup avec un minimum de risques, et quelques autres encore…

Toute l’histoire tourne autour du grand patron déchu, dont les millions illicites qui dorment dans différents paradis fiscaux attisent bien des convoitises… qui donc sera l’arnaqueur le plus doué, celui qui réussira à s’en sortir avec tout ce pognon bien mal acquis ? les différents fils de l’intrigue vont s’emberlificoter jusqu’à un dénouement plutôt inattendu.

Comme à chaque fois, la force de Chalumeau est dans les mots, dans la gouaille, dans les dialogues, bien plus encore que dans les situations et les coups de théâtre pourtant bien menés eux-aussi. Si j’aime le lire c’est parce que je sais à l’avance que je vais me marrer, parce que je sais à l’avance que je vais y croire, et parce que malgré tout ce que je sais à l’avance, je sais aussi que je serai surpris ! Comme à chaque fois le verbe utilisé est truculent, l’humour est noir, grinçant et vire parfois au cynisme mais garde toujours un fond de gentillesse et de bienveillance. On sent que l’auteur les aime bien ses personnages, même les plus indéfendables, et il parvient à nous les faire tous aimer aussi. Ce qui n’est pas un maigre exploit vu certains énergumènes. En ce qui me concerne j’ai eu une petite préférence pour le trio de magouilleurs composé de l’esthéticienne, son mari et son frère, qui m’ont vraiment fait rire que ce soit dans les situations rocambolesques, les caractères bien trempés ou les dialogues aux petits oignons dont les a gratifiés Laurent Chalumeau. Quelque chose me dit que sur ces trois là il s’est un peu plus lâché, d’ici qu’ils remportent sa préférence à lui aussi je n’en serais pas du tout étonné…

À chaque fois que je parle d’un roman de Laurent Chalumeau j’ai un peu l’impression de me répéter, et pour cause : à chaque fois j’en dis du bien parce que c’est toujours de la bonne came, c’est toujours extrêmement bien écrit et ça emporte à tous les coups la palme pour ce qui est de me divertir. Je suis toujours heureux d’entamer un nouvel ouvrage de cet auteur, et toujours un peu triste en tournant la dernière page de devoir quitter des personnages aussi attachants et drôles que les siens. Je ne dérogerai donc pas à mon habitude en vous recommandant très chaudement Bonus de Laurent Chalumeau. Allez-y, lisez et marrez-vous.


339 bonus

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 19:58

Dimanche 2 septembre, le groupe Coldplay a donné un concert au Stade de France. Et quel concert ! plein comme un œuf, le stade de Saint-Denis affichait complet pour la venue des anglais. Dès le départ le ton est donné : le chanteur et leader Chris Martin annonce que le concert est filmé (pour un futur dvd live ?) et qu’ils ont bien l’intention de faire de ce moment un moment unique (oui bon ok il l’a dit d’une manière à peine plus imagée « our best fuckin’ concert »).

 

Et il faut bien l’avouer, les britanniques ont mis les petits plats dans les grands. Le spectacle était grandiose : la mise en scène, l’énergie transmise par le groupe et l’enchaînement des morceaux auront assuré la réussite du pari de Coldplay, celui d’enflammer le stade.

À l’entrée du concert chaque spectateur s’est vu remettre deux bracelets de couleur. Ces derniers étant sertis de diodes rouges, bleues, vertes, blanches, jaunes… et commandées à distance pour s’allumer ou clignoter au rythme de la musique. Très chouette idée, et quand 80 000 paires de bracelets s’illuminent dans le stade cela donne un spectacle assez impressionnant ! Mais ce n’est pas tout : grands écrans, jeux de lumières, pluies de confettis multicolores, ballons de baudruches géants lâchés dans la foule, feux d’artifices… visuellement Coldplay a mis le paquet et le rendu est génial, donnant une ambiance très festive au concert. Musicalement, évidemment allais-je dire, le groupe déroule du gros et bon son. Principalement axé sur leur dernier album Mylo Xyloto, d’autres morceaux plus anciens et qui ont fait le succès des anglais s’intercalent et sont repris en chœur par le public. Petite surprise supplémentaire : la chanteuse Rihanna est venue en personne pour chanter son duo avec le groupe Princess of China. Pour le plus grand bonheur de Chris Martin, qui plein d’enthousiasme, propose de profiter de la présence de la chanteuse pour reprendre dans la foulée une seconde fois la chanson (par pur plaisir sincère ou pour un problème de captation sur le premier passage allez savoir, mais on en a pris une double ration avec plaisir quoi qu’il en soit). Rihanna reviendra en fin de concert pour interpréter une de ses chansons, Umbrella, dans une version épurée seulement accompagnée de Chris Martin au piano.

338 coldplay rihanna

Proche de son public, Chris Martin ne s’économise pas une seconde. Le gaillard parcourt la scène (très large) en tous sens, le fait de chanter ne l’empêchant pas une seconde de courir comme un dératé et de sauter partout. Il tient une forme olympique le garçon. L’avancée centrale de la scène principale l’emmène à plusieurs reprises loin au cœur du public, et le groupe fera même une échappée belle sur une plate-forme à l’autre extrémité du stade, manière de contenter pendant trois ou quatre titres aussi ceux qui sont loin de la scène, vraiment sympa.

On sent une sincérité, un enthousiasme, une envie de faire plaisir et de s’amuser parmi chacun des membres du groupe. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’en retour le public a répondu présent. Dans l’opération séduction, Coldplay s’en sort avec les honneurs, les spectateurs sont conquis, la fièvre a pris le stade. Coldplay est de ces groupes qui créent un vrai sentiment de communion avec leur public. Ce n’est pas que du show, il y a une dimension supplémentaire, celle qui donne l’impression au public, dans toute sa diversité, de partager le temps d’un concert un univers commun, à la manière d’une virgule positive, trop courte mais intensément forte.

338 coldplay chris martin

Bien entendu chacun a ses préférences et ses titres favoris, mais il est indéniable que des sommets ont été atteints quand ont retenti les titres phares que sont Viva la Vida et Paradise. Cette dernière d’ailleurs a été reprise une seconde fois en fin de concert, pour un enregistrement destiné à une émission caritative américaine pour la recherche sur le cancer. Vous me direz, deux titres doublés dans un concert ça fait beaucoup c’est vrai, mais quand la qualité est là (et elle était là) en n’en veut qu’à moitié aux artistes. Certes j’aurais préféré entendre un Strawberry Swing plutôt que deux fois de suite Princess of China, mais ce type de reproche s’apparenterait un peu à du caprice d’enfant gâté tant le concert a été excellent. Je m’abstiendrai donc. Et puisqu’on parle de nos goûts personnels, je me permets d’ajouter que le final sur Every Teardrops is a Waterfall m’a ravi.

338 coldplay stade de france

En conclusion, je dirais que Coldplay au Stade de France a été un très grand moment, un poil trop court à mon goût (au total cela n’a pas dû dépasser les 1h45 de spectacle, encore loin des performances springsteeniennes) mais vraiment intense et d’une qualité bluffante. Au niveau musical, Coldplay n’a rien à envier à qui que ce soit, niveau spectacle je crois que ce concert se rapproche de très prêt (pour vous faire une idée) de ce que U2 avait proposé lors de son historique 360° Tour. Il ne reste plus pour Chris Martin qu’à s’inspirer de l’endurance du Boss et ce sera parfait à tout point de vue. L’énergie et le talent, il les a incontestablement !

Et pour finir, quelques vidéos de qualités diverses glanées ça et là...
Avec tout d'abord Viva la Vida :



Paradise :


et enfin Every Teardrops is a Waterfall en guise de final :


(merci aux posteurs de vidéos)


 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 07:20

La super production des Studios Marvel, Avengers, a été la première des trois principales sorties super-héroïques au cinéma cette année (les deux autres étant Amazing Spider-Man et Batman : The Dark Knight Rises, qui seront bientôt chroniqués ici… euh enfin, un jour… ou l’autre…).

Des trois, c’était celle que j’attendais le plus impatiemment. Pas tellement pour l’excitation de voir enfin les Vengeurs sur grand écran, pour avoir vu les films consacrés à chacun des personnages individuellement, la question du « qu’est-ce que ça va donner à l’écran » ne se posait plus vraiment. Non, c’était plutôt de la curiosité qui m’animait en allant le voir. Car pour la première fois on allait voir sur grand écran ce concept pourtant déjà ancien et qui est un des fondements de l’esprit Marvel : l’univers partagé. En tant que lecteur assidu de comics depuis mon plus jeune âge il n’y a rien de bien nouveau pour moi là-dedans, mais sous ma casquette d’amateur de cinéma c’est assez inédit.


337 avengers iron man

Le projet Avengers a été initié il y a six ans déjà, avec la sortie du premier film consacré à Iron-Man. Iron-Man était également la première production 100% Marvel Studios, contrairement aux licences X-Men et Spider-Man, produites par la Fox et Sony. Quand Marvel décide de se doter de son propre studio de production pour les adaptations cinématographique de ses comics, elle s’ouvre par la même occasion l’opportunité de développer un univers partagé comme dans ses publications. Pour les non-initiés, un univers partagé c’est l’idée d’interconnecter plusieurs personnages très différents et qui se suffisent à eux-mêmes au sein d’un même univers cohérent, et doté d’une continuité temporelle. C’est ainsi que dans un comic de la Marvel, les X-men pourront de temps en temps s’engluer dans la toile de Spider-Man au détour d’un building de New-York, se castagner avec Hulk ou discuter le bout de gras autour d’une bière avec les Quatre Fantastiques et Iron-Man. Et le concept de « continuité » assure le fait que tout ce qui se passe dans n’importe quel comic Marvel est intégré dans « l’historique » de l’univers partagé, perdure et peut être utilisé ou influer dans n’importe quel autre comic Marvel, quel que soit le héros principal du titre. Un peu comme si Tintin débarquait pour enquêter au sein de la rédaction Dupuis pour découvrir qui de Gaston Lagaffe et Achille Talon a donné de la pâtée frelatée au chien de Boule et Bill. Je ne sais pas si l’exemple est bien choisi mais vous voyez certainement ce que je veux dire. Mais si, mais si.


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C’est donc pour la première fois que des héros distincts vont se rencontrer et s’unir au cinéma. Introduits dans leurs propres films, Iron-Man (Robert Downey Jr), Captain America (Chris Evans), Hulk (Mark Ruffalo) et Thor (Chris Hemsworth) vont former une équipe de super-héros, les Avengers. À leur origine on retrouve Nick Fury (Samuel Lee Jackson), à la tête de l’organisation internationale du SHIELD, qui les a recrutés pour former une équipe à même de tenir tête aux plus grands dangers à l’échelle de la planète. Et du danger il va y en avoir, puisque Loki (Tom Hiddleston), le demi-frère de Thor chassé d’Asgard a réussi à s’emparer du cube cosmique (artefact qu’on avait déjà croisé entre les mains de Crâne Rouge dans Captain America : the First Avenger), et allié à une civilisation extraterrestre il a comme projet de conquérir la Terre, ni plus ni moins. Dans l’équipe des Avengers, on retrouve également deux éléments directement issus des rangs du SHIELD puisqu’il s’agit des bras droits de Nick Fury : la très belle et très fatale Veuve Noire (Scarlett Johansson) ainsi que l’archer d’élite Œil-de-Faucon (Jeremy Renner). Mais l’équipe des Avengers, aussi puissante qu’elle soit sur le papier est surtout composée d’individualités qui vont devoir apprendre à travailler en groupe, ce qui ne se fera pas sans peine.

337 avengers loki

Bon, on le voit au résumé, le scénario n’a rien d’original. On a des méchants très méchants et très forts, et des gentils qui vont se prendre une danse et devoir s’unir pour venir à bout des méchants. Forcément les gentils vont d’abord se friter un peu entre eux histoire de montrer qui a la plus grosse et se vanner façon cours d’école, mais quand il faudra redevenir sérieux ils feront ce qu’il faut pour contrer les envahisseurs extraterrestres. Sur le fond, rien que de très classique et très lisse en somme. L’intérêt du film n’est pas là. Il se loge dans les interstices : les relations entre les personnages (et le casting de stars qui les interprètent), la gestion de l’équipe, le ton du récit constamment saupoudré d’humour et de second degré. Et puis le film fait très fort là où on l’attendait : dans le grand spectacle. Faut l’avouer, ça envoie du bois, ça explose à tout va, ça pète et ça déménage bien comme il faut. Effets spéciaux à gogo et d’excellente facture (soit dit en passant à propos de facture : le budget s’élève quand même à quelque chose comme 220 millions de $), on ne s’ennuie pas une seconde et on en prend donc plein les yeux pendant deux heures vingt. Comme je le disais : du grand spectacle. Mais pas du grand spectacle con-con ou sans âme comme ce que donne à voir un Transformers par exemple (m’en fous je balance les noms des mauvais élèves). Il y a de l’humain derrière et ça se sent.

337 avengers hulk

Dans la mise en scène grâce à un Joss Whedon qui parvient à mettre sa patte juste ce qu’il faut pour ne pas que ça soit une empreinte trop ostentatoire comme dans ses très marquées et reconnaissables œuvres précédentes (Buffy contre les Vampires ou Firefly par exemple). C’était l’une de mes craintes d’ailleurs, qu’on sente trop l’influence particulière du réalisateur qui a un style bien à lui. Crainte évaporée par Whedon qui a su gérer avec respect le matériau d’origine, tout en y insufflant une part de son originalité.

De l’humain également dans les personnages. Que ce soit dans le combat de coq entre Tony Starck et le fils d’Odin, le combat intérieur d’un Bruce Banner ou le combat pour la survie durant lequel Hulk envoie une bonne baffe au passage à un Thor poseur, chaque personnage vit, impose sa personnalité et trouve sa place dans un collectif au sein duquel on pouvait légitimement craindre de voir des disparités de traitements entre les uns et les autres. Alors certes le personnage phare reste à mes yeux Tony Stark / Iron-Man parce que c’est certainement lui qui possède le plus d’emphase, de charme et de répartie, aussi bien sur le papier que dans le jeu, Robert Downey Jr oblige. Pour autant les autres ne sont pas en reste et chacun a sa part de gloire. Seul Thor est un chouïa en-dessous, je ne saurai dire avec certitude si cela tient du personnage ou de l’interprète, mais clairement il m’intéresse moins. Alors que j’avais plutôt peur de me désintéresser du cas Hulk, ce dernier aura été une très bonne surprise à l’arrivée. Outre la beigne à Casque d’Or, il se permet de rabattre son claquet de façon expéditive au frangin du scandinave, à savoir Loki qui se la pète un peu trop à un moment, ceci ayant la fâcheuse conséquence (pour lui) d’un peu trop échauffer les oreilles du titan vert. Grosse marade car plutôt inattendu. Et Ruffalo imprime son empreinte avec classe. Moi qui avait beaucoup aimé la précédente interprétation de Banner par Edward Norton, je dois avouer avoir été séduit par celle de Mark Ruffalo.

337 avengers banner stark

Au chapitre des bonnes surprises je citerais également Clint Barton / Œil-de-Faucon qui tire bien son épingle du jeu, ce qui n’était pas gagné à l’avance. Privé de son costume violet des comics, il se rapproche beaucoup plus de la version Ultimate (la gamme Ultimate est une relecture des personnages Marvel mis au goût du jour et purgés de plusieurs dizaines d’années de continuité accumulées depuis leur création). Et puis les acrobaties aussi sexy que mortelles de la miss Johansson en Veuve Noire n’ont pas été pour me déplaire non plus.

337 avengers hawkeye black widow

Bien évidemment Avengers n’est pas exempt de défauts. La nuance est mince entre simplicité et simplisme, et par sa linéarité le scénario, qu’on pourra grossièrement résumer à un « gentils contre méchants », navigue parfois entre ces deux eaux. Sans parler de certaines incohérences mineures, il a également son lot de petites, voire grosses facilités. Limite un peu agaçantes même faut dire. Autant j’ai apprécié l’Agent Coulson (un des lieutenants de Nick Fury) qu’on a pu voir dans quasiment tous les films Marvel précédents en lien avec les Avengers, autant son rôle ici m’a un peu exaspéré. Sans déflorer l’intrigue (il y a des gens ici qui n’ont pas encore vu Avengers ??), son histoire de cartes de collection de Captain America m’a tout d’abord fait sourire avant de me paraître comme vraiment ridicule quand on voit quelle est sa finalité et pourquoi le scénariste l’a introduite dans le déroulement du film. Là ce n’est plus une ficelle scénaristique dont on parle, mais d’une corde d’amarrage pour tankers géants. Dans le genre énorme on fait difficilement mieux. Mais bon, ça fait partie des couleuvres qu’il faut avaler, des ratés qu’il faut accepter pour pouvoir bien apprécier en parallèle le reste d’un film qui se veut avant tout comme un immense objet de distraction et de plaisir. On en prend plein les mirettes et on se marre bien aussi, le tout couplé (pour les amateurs de comics s’entend) avec le plaisir toujours renouvelé de voir en chair et en os des super-héros trop longtemps cantonnés aux deux dimensions statiques du papier.

337 avengers thor captain america

Alors j’avoue que je suis très vite passé outre les reproches qu’on peut faire à Avengers pour en retenir principalement la source de plaisir que le film représente et le gigantesque réservoir d’action spectaculaire qu’il déverse à l’écran.

 

Et puis comme à l’accoutumée pour les films estampillés Marvel Studios, je suis consciencieusement resté à ma place jusqu’au bout du (très long) générique de fin pour y voir la traditionnelle petite séquence d’après générique. Y entrapercevoir la silhouette du cultissime Thanos a éveillé en moi une grosse impatience de le voir à l’affiche du second volume d’Avengers (qui est annoncé pour 2015 si je ne m’abuse).

Loin d’être un film parfait, Avengers aura pourtant tenu son statut et rempli son rôle à la perfection : c’est un très chouette film de super-héros, décomplexé, plein d’action et d’humour. L’attente avait été longue et volontairement bien entretenue par Marvel, et malgré cela le film a réussi à ne pas être décevant, tous les blockbusters ne peuvent pas en dire autant.

337 avengers aff

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 06:20

Un film sur la radio, déjà j’ai trouvé l’idée bonne et assez originale. Qui plus est avec Manu Payet en tête d’affiche, qui m’avait fait pleurer de rire dans Les Infidèles quelques semaines auparavant… je me suis donc laissé tenter. Et puis je ne rechigne pas à aller voir de temps en temps un film français en salles, histoire de contre-balancer avec les blockbusters et autres hollywooderies que je m’enfile régulièrement.


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Dans Radiostars, on suit l’équipe d’une émission matinale à succès. Sur Blast FM, une radio de d’jeuns façon NRJ et consorts, l’émission du matin, le Breakfast-Club, cartonne. Elle est co-animée par plusieurs gugusses : le chef de meute Arnold (Clovis Cornillac), le blagueur Alex (Manu Payet) et le vieux beau qui n’assume pas son âge Cyril (Pascal Demolon). Dans leur sillage il y a leurs assistants : le toujours fringuant Smiters (Benjamin Lavernhe) et le survolté Jérémie (Côme Levin).

De retour de New-York, le jeune Ben (Douglas Attal), qui a échoué dans son projet de percer en stand-up outre-atlantique et s’est fait lourder par sa girl-friend en prime, rencontre Alex. Ce dernier accroche à son humour et le fait engager dans l’équipe du Breakfast-Club comme écrivain. Il va devoir écrire aux stars du micro des vannes et des mini-sketchs pour booster l’audience. Malheureusement pour lui, il arrive juste avant que les indices d’audience rendent un verdict sans appel : la matinale de Blast FM n’est plus numéro un, les chiffres sont en chute libre, la formule ne fait plus mouche. Le patron de la station annule tous les congés d’été de ses stars et les envoie au turbin avec une mission : tout l’été ils sillonneront les routes de France pour faire leur émission en direct et reconquérir leurs parts de marché. La porte leur est promise en cas d’échec. Pour Arnold et ses potes, parisiens indécrottables et arrogants au possible, c’est la pire des nouvelles. Devoir se taper les bouseux de province et du rab de taf alors qu’ils ont l’habitude d’être traités en stars auxquelles tout est dû, ça ne passe pas sans grincements de dents. Mais ils n’ont pas le choix : c’est dans leur bus aménagé qu’ils passeront donc un été qui les verra renaître de leurs cendres ou finir encore plus lamentablement. Le talent d’écriture et la fraîcheur de Ben vont être mis à profit pour relever le défi…


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Mouais, bon. J’avoue que je m’attendais à un peu mieux. Ça n’est pas non plus catastrophique, mais j’espérais rire un peu plus que ça n’a été le cas. Le film de Romain Levy alterne le moyen et le très bon par moments. Commençons par le très bon : Manu Payet. Bien que le rôle principal soit celui tenu par Douglas Attal, c’est bien le personnage de Manu Payet qui retient le plus l’attention, surtout quand le scénario lui lâche la bride et le laisse donner sa mesure. Payet est vraiment drôle, et c’est surtout lui qui fait rire. Les conseils de drague, la séquence de boîte de nuit avec la blondasse antisémite, sont des moments où on se marre vraiment.

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Le personnage de Cyril n’est pas mal non plus, moins drôle mais assez attachant, on rit plus souvent de qu’avec lui. Autre grosse réussite, le personnage secondaire de Daniel(e), chauffeur du bus et autour de qui va tourner une question tout le long du film quant à son sexe. Homme ou femme ? On pousse d’ailleurs le vice et l’interrogation jusque dans le générique de fin qui indique que le rôle est tenu par un intriguant J. Plumecocq-Mech… Les membres de l’équipe auront beau user de divers stratagèmes pour découvrir l’identité sexuelle du chauffeur, bien malin qui pourra se prononcer à la fin du film. Daniel(e) est vraiment une chouette trouvaille, un mix de Jacques Dutronc et de Françoise Hardy dans un même corps (et non, ça ne donne pas un Thomas Dutronc, désolé). Mais bon, ça ne fait pas tout un film non plus. À côté de ça il y a justement la partie bien plus moyenne du film : le personnage principal auquel on n’accroche pas vraiment et dont on se soucie finalement bien peu du sort, le personnage d’Arnold, totalement antipathique (je sais bien que c’est fait exprès…) et caricatural à l’extrême jusque dans son revirement final, et une trame générale dans la même veine c’est-à-dire très prévisible.


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À l’arrivée on se retrouve un peu le cul entre deux chaises. On sent bien que l’idée était bonne et quelques traits de génie laissent entrevoir tout le potentiel comique de départ qu’avait le film, mais il y a en contre-partie des passages trop anodins pour vraiment entretenir l’intérêt sur la longueur. On peut résumer le problème que connaît ce film par le moment où les présentateurs lancent à leur écrivain-blagueur : « vas-y, fais nous marrer, sors nous une vanne ». La commande de départ biaise le résultat, et pour cause : on ne rit jamais plus que lorsqu’on ne s’y attend pas, le film confirme cette règle. Pas foncièrement mauvais, c’est une comédie avec de belles pépites à l’intérieur dont je dirais en résumé : pas mal, mais peut mieux faire.


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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 19:14

 

Voici un roman pour le moins original. Enfin non, original n’est pas l’adjectif le mieux approprié, je dirais plutôt singulier. Sur de nombreux points, à commencer par son origine.

Titrer un livre Le Livre sans nom c’est déjà assez judicieux. Quand en plus il est écrit par un auteur qui se nomme Anonyme cela épice la chose. Et quand le titre du roman est aussi le titre d’un ouvrage autour duquel toute l’histoire tourne, ça devient très malin.

Diffusé au départ sur internet, le script va vite éveiller l’intérêt d’un éditeur britannique qui aura la bonne idée de le publier. Très bonne inspiration même, puisque l’ouvrage va rapidement cartonner et devenir un best-seller dans de nombreux pays. Depuis d’ailleurs, ce Livre sans nom aura connu déjà trois suites, toujours sous couvert d’anonymat pour son auteur. Un Anonyme qui attise les curiosités du reste, sur le net les passions se déchaînent et les hypothèses vont bon train : de David Bowie au Prince Charles (va comprendre Charles !), on aura collé la paternité de cette tétralogie à bien des personnalités. Celui venant en tête des paris étant ni plus ni moins que le pape du cinéma de genre, Quentin Tarantino himself. Et il faut bien l’avouer, si concordances on devait chercher avec d’autres œuvres du même acabit, c’est bien du style de Quentin Tarantino qu’on se rapprocherait le plus.

Jugez plutôt. L’action prend place de nos jours à Santa Mondega, ville d’Amérique du Sud où règnent la pègre et la corruption, ambiance western. Sa réputation est telle qu’elle est reconnue comme la ville la plus dangereuse au monde. Un homme encapuchonné entre dans un bar, le Tapioca. Il commande un bourbon et la tuerie commence. Le seul rescapé du bar, sera Sanchez le patron. Dans toute la ville, il fera pas moins de 300 victimes ce jour-là. La légende du Bourbon Kid est née. Cinq ans plus tard, Santa Mondega est le lieu de convergence de plusieurs personnages hauts en couleurs, tous à la recherche d’une pierre précieuse au pouvoir immense, l’œil-de-la-lune. Il y a tout d’abord Kyle et Peto, deux jeunes moines à mi-chemin entre moines shaolin et chevaliers Jedi, experts en arts martiaux mais qui quittent pour la première fois l’île de leur monastère et découvrent la civilisation. Il y a le chasseur de primes Jefe qui ramène la pierre à son patron El Santino, parrain de la mafia locale et soupçonné d’être le diable en personne. Il y a Elvis, tueur à gages et sosie du King. Il y a Marcus la Fouine, voleur de son état, Dante et Kacy, les Bonnie and Clyde des bacs à sables, Rodeo Rex l’invincible, lutteur façon Undertaker et tueur à gages du Tout-Puissant comme il aime à se surnommer. Il y a Jessica, rare survivante de la folie meurtrière du Bourbon Kid, qui a survécu à la fusillade malgré les 32 balles qu’elle a prises et qui l’ont plongée dans un profond coma de cinq années et dont elle sort enfin, mais devenue amnésique. Et il y a aussi Miles Jensen, enquêteur spécialisé dans les affaires paranormales en duo avec Somers le parano, flic le plus détesté et solitaire de la ville, que leurs investigations vont mener à un mystérieux Livre sans nom qui serait en lien avec le Bourbon Kid.

Ajoutez par-dessus : des vampires, des arts martiaux, du gore, des filles pas farouches, une cadillac jaune, une diseuse de bonne aventure, une éclipse totale de soleil, un tournoi de baston sur un ring, des flingues à gogo et un breuvage pas trop conseillé en guise de bienvenue au Tapioca. Mélangez. Secouez bien même parce que c’est un sacré gloubi-boulga mine de rien. Vous obtenez : le Livre sans nom.

 

Pas étonnant que ce bouquin soit attribué à Tarantino. Un tel mélange de genre y fait inévitablement penser. Western, intrigue policière, fantastique, action, surnaturel, gore, épouvante… sans compter que le tout est enrobé d’une dose d’humour salvatrice, une telle collision de genres ne pouvant pas se faire sans provoquer des scènes comiques. Et puis évidemment c’est référencé à l’extrême, au point que tout paraît ultra-cliché mais rappelle inévitablement des classiques de la pop culture : Jessica fait penser à Uma Thurman dans Kill Bill, Jensen n’est rien d’autre qu’un Fox Mulder black, le Bourbon Kid aurait les traits de Clint Eastwood en Homme sans nom que ça m’étonnerait pas une seconde, les moines karatékas lorgnent du côté du petit scarabée de Kung Fu, les vampires ont l’air tout droit sortis d’Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez (et avec Quentin Tarantino, comme par hasard), le livre maudit rappelle furieusement la K7 vidéo de Ring, etc, etc, etc…

Autre élément fort : les dialogues qui jonchent le récit sont un mélange de cynisme, de testostérone et de second degré bienvenu.

Le roman est saucissonné en 65 chapitres plutôt courts selon un schéma astucieux : chaque chapitre concerne un personnage en particulier et se termine sur une note de suspense dont on ne saura la suite que deux ou trois chapitres plus tard, quand le personnage sera à nouveau au centre d’un chapitre. Le paroxysme étant les rencontres entre personnages phares bien entendu.

 

Bref, tout cela est plutôt bien foutu faut l’admettre. Ça peut paraître fourre-tout comme roman, et pour tout dire, ça l’est ! Mais on ne s’y perd pas pour autant. C’est maîtrisé, c’est vif, et c’est surtout une narration hyper cinématographique dans les descriptions et le déroulement des actions. On frôle cependant à plus d’une reprise l’indigestion. En ce qui me concerne, les vampires étaient à la limite de faire basculer le livre dans le « définitivement trop c’est trop ». Mais on continue pourtant à lire, la mécanique d’écriture étant parfaitement rôdée pour parvenir à garder l’attention du lecteur malgré l’entrechoquement de concepts et de genres. Cela dit, je n’ai pas réussi à me sentir passionné par ce qui se passait. J’avais envie de connaître la suite, mais je n’étais pas happé dans le livre. Je crois que l’amoncellement de références, la volonté d’en donner toujours plus et la manière très pro dont c’est fait, qui donne presque parfois l’impression de voir l’écrivain au détour d’un paragraphe regarder le lecteur dans les yeux le temps de lui adresser un bon gros clin d’œil avant de recommencer à écrire, ont fait que j’ai gardé mes distances avec le roman. C’est à mes yeux un exercice de style intéressant et remarquablement bien mené, mais il lui manque … je ne sais pas, je dirais une âme. La référence pour la référence, la figure de style pour la figure de style, l’esbroufe pour l’esbroufe, sur plus de 400 pages ça finit par lasser un peu, même quand c’est bien fait.

 

Alors je ne regrette pas ma lecture, je pense même que je lirai au moins le second volet pour voir dans quelle direction part l’auteur, mais je ne peux pas dire que ce livre est la révolution littéraire que vantent de nombreuses critiques très positives que j’ai pu en lire sur le net. C’est trop poseur par moment, trop explicitement artificiel pour cela. Ce qui du reste, en fait un excellent divertissement pop et pas con, c’est le moins qu’on puisse lui concéder.


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 14:40

À Hollywood on est constamment à la recherche d’idées pour produire des films. De préférence des films qui rapportent du pognon. Mais comme on n’aime pas prendre de risque, et que c’est fatigant en plus, on a de plus en plus rarement le réflexe d’inventer. De créer. D’écrire. À la place, on adapte. Double-avantage : le matériel de base existe déjà et on peut ainsi piocher dans ce qui a déjà marché ailleurs et/ou sous une autre forme. C’est ainsi qu’on va chercher les best-sellers dans différents secteurs : les meilleurs romans qui se vendent le plus, les comics qui ont du succès (ou un succès potentiel), les séries télé qui ont cartonné sur petit écran, les films étrangers qui ont bien marché... tout cela est passé à la moulinette des grands studios et ressort un jour ou l’autre sous forme de films, si possible de blockbusters tant qu’à faire.

Poussant la logique toujours plus loin, chez Universal Studio on est allé chercher en dehors de ces sentiers battus et rebattus pour trouver le Graal, le sujet qui ratisse le plus large possible, le plus petit dénominateur commun, ce qui touche un maximum de gens, que tout le monde connaît et apprécie, un truc qui cause aux garçons comme aux filles, aux jeunes et aux plus vieux, aux riches et aux pauvres, aux occidentaux et aux orientaux, aux progressistes et aux conservateurs, aux carnivores et aux végétariens, aux rockers et aux rappeurs, aux croyants et aux athées, aux sportifs et aux intellos, aux baskets et aux chaussures à pompons... et on a trouvé. Bon sang mais c’était bien sûr : la bataille navale !


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Oui. Qui ne connaît pas ce jeu ? Qui n’y a jamais joué ? Touché-Coulé.
On frôle l’universel là. Il doit bien y avoir un ou deux indiens d’Amazonie et trois papous qui y ont échappé, mais on s’en cogne puisque de toute façon ils ne vont pas au cinéma ces sauvages. Mais tous les autres, TOUS les autres connaissent et entrent donc dans le potentiel public-cible. Un jackpot virtuel. Je pense que le mec qui a eu cette brillante idée a dû gagner en récompense son poids en lingots d’or. D’ailleurs ça a vite donné d’autres idées : l’adaptation au cinéma du jeu du Monopoly est d’ores et déjà dans les tuyaux (et sous la houlette de Ridley Scott, excusez du peu). On attend avec impatience que quelqu’un s’attaque au jeu de l’oie et au jeu de cartes de la bataille...

On avait donc le sujet : adapter le jeu de la bataille navale au cinéma. Restait à broder une histoire autour, trouver un casting adapté et roulez jeunesse. Bon, une bataille navale, forcément ça lorgne vers le film d’action avec effets spéciaux, scènes de destruction etc, etc. C’est cool, ça plaît. Reste à voir qui seront les belligérants. Alors attend une seconde, on a dit qu’il ne fallait pas se mettre un public potentiel à dos. Les méchants seront donc... des extraterrestres ! Enfin, dans le cas présent il faudrait dire des extraaquatiques mais bon, on va pas aller compliquer un si beau concept. On a donc des extraterrestres contre... le reste du monde (mais surtout des ricains quand même, faut pas déconner non plus). Mais sur des bateaux. Ok jusque là on est bon.

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Devant tant d’inventivité et de hardiesse je n’ai pas su résister, il a fallu que je voie de mes propres yeux le résultat : Battleship. Et je n’ai pas été déçu. Boudiou non. Permettez que je vous raconte ?

Bon alors ça se passe à Hawaï. Des scientifiques d’un chouette observatoire envoient des messages par ondes-radio via un satellite en direction d’un coin de l’espace où on a de l’espoir de trouver de la vie, et donc possiblement une civilisation extraterrestre... Le réalisateur Peter Berg (qui a également commis le Hancock avec Will Smith, mais aussi scénarisé The Losers et mis en scène il y a bien longtemps -en 1998- un film déjanté que j’avais bien aimé Very Bad Things) matérialise à l’écran ces ondes-radios par un beau rayon laser, mais c’est pas grave ça fait joli et on est pas à un partiel de sciences-physiques.
Revenons à Hawaï où on découvre le héros de cette histoire, Alex Hopper (interprété par le bovin Taylor Kitsch qu’on a pu entrapercevoir en Gambit dans X-Men Origins : Wolverine et plus récemment dans le rôle titre du plantage de l’année John Carter), une espèce d’ado attardé, doublé d’un bellâtre-parasite qui passe son temps à draguer et picoler. Une tête à claques dans toute sa splendeur en somme. C’est justement en adoptant une technique de drague bien particulière (le vol de burrito-poulet acrobatique dans une station essence) pour tenter de séduire la blonde et sculpturale Samantha (Brooklyn Decker dont on ne peut décemment nier le talent tant il déborde de son débardeur), que le pauvre abruti Alex va finir en zonzon pour le reste de la nuit. C’est son grand frère Stone (Alexander Skarsgård – galère à taper ses lettres å à la con), officier dans la marine qui va le sortir de là, lui passer un savon et l’obliger à s’engager dans l’US Navy. Hop, après des classes qui auront duré le temps d’un passage chez le coiffeur, voilà Alex qui se retrouve lui aussi officier avec un bel uniforme tout blanc, le muscle saillant et la peau bronzée. Non ce n’est pas un biopic des Village People, on est dans Battleship, suivez un peu bordel.

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Ah j’oubliais ! il se trouve que la blondasse poumonnée au burrito-poulet n’a pas résisté au charme du blaireau de service et s’avère en plus être la fille du chef de toute la flotte pacifique de la Navy, l’amiral Shane (Liam Neeson qui fait également d’excellents films de temps en temps). Ah bah ça pour une coïncidence !
Bref, tout ce petit monde se retrouve pour le début d’une parade / démonstration navale qui va avoir lieu au large d’Hawaï où vont s’affronter pour de rire mais c’est sérieux quand même, dans des jeux à mi-chemin entre Intervilles et la Bataille Navale (ben oui tant qu’à faire), les flottes de divers pays (rappelez-vous le début de l’article -oui c’est déjà loin je sais- on a dit : les extraterrestres contre le reste du monde). Alex voudrait bien en profiter pour annoncer à l’amiral qu’il se tape qu’il désire épouser sa fille, mais un malencontreux incident, enfin pour être exact un coup de boule dans les chiottes sur la personne de l’officier japonais Nagata (Tadanobu Asano), va lui couper l’envie. En effet l’amiral qui en a plus que ras-le-bol des frasques de ce débile qui se la pète lui annonce qu’après les manœuvres il sera viré de la Navy. On comprend qu’Alex ne se sente pas trop de glisser dans la conversation qu’il l’appellera bientôt beau-papa. Autant éviter la Cour Martiale. Et de passer par-dessus le bastingage manu militari (parce que mine de rien, il est balèze l’amiral et il a moyen le sens de l’humour, il est même payé pour faire la gueule on dirait). Bref tout cela est bien mal engagé, mais c’est sans compter sur … les extraterrestres qui débarquent à l’improviste et s’invitent à la fête navale sans même ramener un truc à boire ou des chips, sans-gêne, genre les gars. Bah oui, finalement le rayon-laser-ondes-radios du début du film est arrivé à destination, parce que les scientifiques en chemises à fleurs de Hawaï mine de rien, ils avaient vachement bien calculé leur coup. On peut s’habiller cooldingue et viser juste hein, c’est pas incompatible.

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Bon, pour tout dire c’est pas l’invasion de grande envergure non plus hein, il y a en tout et pour tout cinq vaisseaux qui arrivent sur notre planète, dont un visiblement piloté en état d’ivresse évident (c’était avant la loi sur les éthylotests obligatoires à bord) puisqu’il a réussi à traverser des millions d’années-lumière jusqu’à la Terre mais se prend lamentablement un ridicule satellite dans la gueule à quelques kilomètres de l’arrivée. Les pare-chocs aliens n’étant pas fameux, le vaisseau va se crasher quelque part sur Singapour ou Hong-Kong je ne me souviens plus très bien mais on s’en fiche c’est pas chez nous et ça fait de très chouettes scènes de destruction massive. Les quatre restants vont se poser dans la flotte (parce qu’ils font vaisseaux interstellaires ET paquebots un peu penchés sur le côté genre Costa Croisière), quelque part dans le Pacifique. Ah ben tiens, ça pouvait pas tomber mieux, au large d’Hawaï. En plein dans la zone réservée aux manœuvres internationales des Jeux Sans Frontières navales évoquées plus haut. Les trois plus proches navires vont donc voir de quoi il s’agit. Il se trouve qu’il y en a un commandé par Stone Hopper (le grand frère), un autre sur lequel est embarqué Alex Hopper (qui s’est vu signifier la fin de son CDD dès qu’il aura reposé pied à terre je vous le rappelle) et le troisième par Nagata l’empaffé qui avait bien cherché son coup de boule matinal faut quand même le souligner.

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Évidemment on s’en doutera (enfin le spectateur, pas les marins faut croire), les extraterrestres ne sont pas venus nous compter fleurette, et les pauvres petits bateaux vont se faire laminer par leurs vaisseaux ultra sophistiqués. C’est ainsi que le navire de Stone se mange une salve de projectiles qui le pourfendent de haut en bas, l’envoyant par le fond en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. RIP Stone Hopper. De quoi fâcher tout rouge Alex, vous pensez bien. Par un étrange concours de circonstances (ce film est un gigantesque concours de circonstances en fait) sur son bateau à lui qui se fait pilonner aussi, il n’y a que l’officier commandant du navire et son second qui y passent laissant tout le reste en l’état et devinez qui se retrouve le plus haut gradé à bord du coup ? Ouais, le charlot qui avait les cheveux gras vingt minutes plus tôt au début du film. Rappelons que c’est un blaireau de classe internationale et un casse-cou bagarreur qui tape d’abord et réfléchit ensuite pas. Il décide donc devant l’évidente infériorité de son équipement face aux vaisseaux destructeurs aliens de… les attaquer de front. Un bourrin je vous dis.

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Bon de toute façon les aliens ont aussi déployé une sorte de champ de force inviolable en forme de dôme d’énergie qui recouvre toute la zone environnante, les empêchant de se barrer et interdisant au reste de la flotte de l’amiral et à l’aviation de s’en mêler, tout en coupant les communications en plus de cela. Entre temps les japonais ont pris leur trempe eux aussi, et une bonne partie des marins de leur bateau se retrouvent à la flotte ou en canots de sauvetage (leurs ancêtres kamikazes ont dû se retourner dans leurs tombes quand cette bande de lopettes se sont baqués en voyant arriver les projectiles perforants ennemis, mais que voulez vous, le Japon n’est plus ce qu’il était). Finalement le promu commandant Alex décide qu’il mettra la tête au carré aux aliens plus tard, et porte son navire au secours des naufragés japonais. Du coup ce connard de Nagata (qui avait bien mérité son coup de boule l’ai-je déjà signalé ?) devient son meilleur ami (et certainement le seul aussi je pense). De leur côté, comme plus personne ne les attaque, les extraterrestres ne tirent plus non plus et laissent tomber l’affaire (gentlemen et fair-play les mecs, faut leur laisser ça).


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Alex et Nagata vont donc s’associer à bord du navire restant, pas si déglingué finalement ça va, c’est juste le commandant de bord qui a tout pris je vous ai dit, pour mettre en place une stratégie qui va en remontrer aux aliens. Les aliens quant à eux ont d’autre chats à fouetter de toute manière, puisqu’ils ont pour but de se rendre à l’observatoire d’Hawaï pour faire passer un message à leur potes restés au bercail en se servant du rayon-laser-ondes-radios qui marche qu’une fois par jour (couverture satellite de merde c’est pas possible). Parce que oui, il faut préciser que le vaisseau qui a fini en boule de bowling quelque part en Asie était leur vaisseau de communication. Ces cons là n’ont pas de kit mains libre sur chaque vaisseau, certainement  pour cause de restrictions budgétaires because la crise touche les extraterrestres aussi, depuis le temps qu’on vous dit que cette crise est grave je ne sais pas ce qu’il vous faut comme preuve supplémentaire. Il leur faut donc utiliser le rayon-laser-ondes-radios des scientifiques baba-cools de Hawaï, situé comme il se doit sur un des sommets de l’île. Précisément là où Samantha, la bombasse fille-de-l’amiral-et-fiancée-d’Alex qui est accessoirement kiné dans un centre pour vétérans de l’armée américaine, a décidé de faire une randonnée pédestre pour remonter le moral à Mick (Gregory D. Gadson) un grand black balèze qui a perdu ses deux jambes à la guerre (En Irak ou en Afghanistan, je ne me souviens plus très bien). Partir faire le GR20 local avec un type qui a deux prothèses en guise de guiboles je trouve personnellement ça audacieux comme thérapie, mais pourquoi pas, on n’est franchement plus à ça près. Et puis bon, elle est kiné mais là il n’y a plus rien à masser puisque les jambes du gars sont restées dans le Golfe Persique donc elle innove question traitement.

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Bref je fais un point rapide sur la situation à ce moment précis du film : Alex et Nagata sont à bord d’un navire qui n’a aucune chance contre les vaisseaux aliens, Samantha et Mick sont à pinces (et à prothèses) dans la montagne où un commando alien se rend pour communiquer avec leur planète et leur dire que « c’est bon les gars vous pouvez venir c’est des nazes ». La suite je vous la laisse découvrir par vous-mêmes parce que je ne vais pas tout raconter non plus hein, et on en n’est à peu près qu’à la moitié là. Mais je vous promets que c’est largement aussi bien que le début. Il y a même encore plus d’action et de poilade, c’est dire.

Vous aurez droit en vrac à :

- une véritable scène de jeu de bataille navale où Nagata annonce des coordonnées genre A6/B2/C4 avec les coups dans l’eau, les « touché » et « coulé » qui vont bien. Je pense que le réalisateur et le scénariste ont dû un soir de picole avancée se lancer le défi de caser ça dans les dialogues de leur film, juste pour le fun ;
- une scène qui m’a tiré une larme (de rire) quand une bande de vétérans de la deuxième guerre remettent en usage l’USS Missouri (ouais les gars, le même que dans Piège en Haute Mer, le film des années 90 où Steven Seagle conjugue ses talents de cuistot et de briseur de bras, ah nostalgie quand tu nous tiens) sur fond de hard-rock, de déambulateur et de bannière étoilée. Scène qui a fini de me convaincre que le réalisateur était en réalité là pour se marrer et manier le second degré comme personne ;
- de la baston au corps à corps avec des aliens géants en armure mais qui préfèrent utiliser des machettes que des pistolets lasers. Certainement que petits ils tripaient plus devant le Shogun de Richard Chamberlain que devant le Capitaine Flam chez Dorothée, allez savoir ;
- du suspense avec l’incontournable chronomètre qui décompte les secondes avant que le message des aliens ne puisse partir vers leur planète lointaine ;
- et LA scène grandiose du film : le dérapage contrôlé d’un destroyer en pleine mer. Si, c’est possible, fallait juste oser essayer.

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Que dire pour bien résumer ma pensée au sujet de Battleship… ça va peut-être vous paraître étonnant mais j’ai trouvé ça tellement nul que ça a fini par me plaire. On tient là un navet transgénique, un truc à la base naturellement mauvais mais boosté aux hormones. Entre l’humour involontaire (et j’ose l’espérer aussi une sacrée dose de second degré) et la connerie élevée au rang d’art majeur (rarement vu de héros plus insupportable que Taylor Kitsch dans ce film), les défauts de ce film se sont inexplicablement mués en qualités. Au point que je me suis rendu compte au fur et à mesure que je rédigeais cet article que j’y prenais un plaisir tout particulier ! J’ai même dû résister à l’envie de vous le raconter en entier.

Pour rester un tout petit peu objectif, je dirais quand même que question effets spéciaux et grand spectacle on en a pour son argent. Côté scénario ma foi, il ne faut pas oublier d’où l’on part quand même : la bataille navale. On ne peut donc pas légitimement s’attendre à du Kubrick. Niveau personnages et casting, on reste dans la logique du film. Taylor Kitsch est certainement l’incarnation du jeune américain hype, beau gosse et frondeur, c’est juste que moi j’ai envie de lui bourrer la face de high-kicks à chaque fois qu’il apparaît à l’écran. Liam Neeson est là en tant que garantie de sérieux sur le papier, à l’écran on le voit au début et à la fin dans un rôle où il ne se donne même pas la peine de cabotiner, il se contente de jouer de sa rigidité naturelle, point à la ligne. Un autre nom connu est présent en haut du casting pour attirer le chaland : Rihanna la chanteuse américaine qui interprète un soldat aux côtés de Taylor Kitsch. Là j’ai vraiment envie de commenter par « un coup à l’eau » tellement elle ne sert à rien, même pas ce à quoi on pourrait s’attendre, à savoir jouer la bonnasse en treillis. Je ne sais pas si c’est moi qui commence à avoir de sérieux problèmes de vue, mais si elle était censée être sexy ou glamour dans ce film je n’ai pas vu où ni quand. Et promis je n’ai pas dormi dans la salle. Sa participation au film se limitera donc au fait de tirer au canon ou à la machine gun une casquette mal vissée sur la tête. Et puis il y a un gars, dans le rôle d’un soldat également, qui m’a fait m’interroger pendant tout le film : j’avais l’impression de voir une version adolescente de Matt Damon et je me demandais à chaque fois qu’on l’apercevait si c’était pas son frangin par hasard. J’ai cherché depuis et il s’avère que pas du tout, le gaillard se nomme Jesse Plemons et restera donc pour moi un rouquin inconnu qui ressemble à Matt Damon. Enfin reste Brooklyn Decker que je ne connaissais pas mais dont l’intelligence physique m’a parfaitement convenu et convaincu qu’elle fera une belle carrière de sex symbol. Vraiment canon faut dire ce qui est.

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Alors si je devais vous conseiller quelque chose au sujet de ce film, finalement ce serait de le voir. Histoire de rire un bon coup, même si ce sera plus souvent « de » que « avec » les personnages.
Et quand on y réfléchit bien, puisque ce film par ses défauts nous fait tant de bien, peut-être faudrait-il le qualifier de bon film finalement. Ouais c’est ça, Battleship c’est de la balle. Mieux vaut mater ça que n’importe quel quart d’heure d’émission issu de Secret Story.

PS : si vous avez lu tout ça, chapeau et merci.

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 05:53

Depuis le temps que je voulais voir un concert du Boss en live… combien de fois ai-je bavé d’envie en regardant le dvd de son époustouflant concert à Barcelone en 2002 lors du Rising Tour… eh bien ça y est c’est fait. Le 5 juillet Bruce Springsteen & The E Street Band se produisaient à Bercy, et cette fois je n’ai pas raté l’occasion d’aller les voir.
Et quelle claque. Un concert dantesque. Juste énorme. Une tuerie de 3h40, sans aucun temps mort. Et quelle force, quelle intensité, quelle énergie ! Jamais vu ça. En communion avec une salle comble (et comblée), Springsteen a livré un show incroyable, comme je crois que lui seul est capable d’en faire.


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Il paraît qu’on était 18 000 ce soir là dans l’arène du Palais Omnisport de Paris Bercy. En tout cas une chose est sûre : personne n’était assis, du début jusqu’à la fin tout le monde dansait, remuait, bougeait et chantait au rythme des titres envoyés par le gars du New Jersey.
31 pour être exact. 31 titres pour un concert marathon d’une puissance que j’ai rarement vue, et jamais sur une telle longueur. 31 titres dont une quinzaine de différents par rapport au concert de la veille au même endroit. Le Boss a une telle profusion de chansons et de hits à sa disposition qu’il peut se permettre de modifier la moitié de sa setlist d’un soir à l’autre et de parvenir à contenter son public malgré tout. Certes, jeudi soir nous n’avons pas eu droit aux Born In The USA, The River ou encore Badlands qu’il avait interprétés le mercredi soir, mais peu importe, il y avait tant d’autres classiques sous la main…

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Parmi les 31 titres je ne vais pas tout citer, juste dire que Springsteen a réussi à mêler parfaitement nouveautés et morceaux plus anciens. Les titres de son dernier album en date (Wrecking Ball – 2012) sont d’ailleurs particulièrement bien adaptés à la scène, je retiendrais entre autres We Take Care Of Our Own, Wrecking Ball ou encore Land Of Hope And Dreams repris en chœur par les fans. Évidemment il y a eu les « incontournables » issus de l’album The Rising (2002) comme My City Of Ruins, un The Rising hyper vitaminé et un génialissime Waintin’ On A Sunny Day durant lequel le Boss a fait monter sur scène une jeune fille pour la faire chanter avec lui le refrain. Et puis du plus ancien encore avec un For You en solo au piano, Born To Run, Because The Night, Dancing In The Dark, j’en passe et j’en oublie. Très proche de son public, Springsteen en a pour tout le monde, à droite, à gauche, derrière la scène… et va même jusqu’à se permettre quelques incartades au milieu de la fosse dont une où il se fera porter à bout de bras sur une vingtaine de mètres pour rejoindre la scène. Il joue avec les gens, harangue la foule après 3 heures de concert : « Fatigués ? » et d’enchaîner par un « one two, one two three four » qui annonce le titre suivant sans laisser la moindre seconde de répit entre deux morceaux.

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Du spectacle le Boss sait en donner et sa générosité semble sans limite. Idem d’ailleurs pour tous les autres membres du E Street Band (élargi à une quinzaine de musiciens) dont les inoxydables Bittan, Nils Lofgren et Little Steven Van Zandt aux guitares, Garry Tallent (le type au nom prédestiné) à la basse, Patti Scialfa (madame Springsteen) à la guitare acoustique et l’immense Max Weinberg, gardien du rythme et cœur battant du band, à la batterie. Le violon de Soozie Tyrell, les cinq cuivres, les chœurs, claviers, percussionnistes… tout le monde suit l’exemple du Boss et donne sans compter. Pendant le concert Bruce Springsteen rend hommage à plusieurs personnes, dont une partie de sa famille (sa maman Adèle, sa fille Jessica qu’il fera danser sur scène, sa sœur et belle-sœur sont présentes dans la salle) et bien entendu au regretté Clarence Clemens, mythique saxophoniste du groupe remplacé avec talent par son neveu Jake Clemens.

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Les morceaux s’enchaînent, les minutes, que dis-je, les heures passent, la salle vibre, l’énergie distillée en est presque palpable… et 3h40 plus tard, Springsteen et le E Street Band saluent une foule électrisée et en délire.
Je n’en reviens toujours pas, ce type a un talent inouï. Musical bien sûr, mais d’une autre teneur également. Ce bonhomme de bientôt 63 piges n’a pas son égal pour vous filer une pêche d’enfer, et créer le temps d’un concert une bulle en dehors de l’espace temps où rien d’autre ne compte que la scène, la musique et ce lien entre un artiste hors du commun et son public.

Vous n’avez pas vu de concert de Rock tant que vous n’avez pas vu un concert du Boss. Il n’est pas le Boss pour rien.

Et pour le plaisir, Waitin' On A Sunny Day par Bruce et la petite Amandine, ce jeudi 5 juillet 2012 à Bercy :



 


The Rising un peu chaotique les 15 premières secondes :

 


 

 

Et un petit Born To Run pour la route :



 

 

Crédits photos : © Patrice Guino pour Rockerparis.blogspot.fr & Marie Hoegel


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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:27

Bon c’est pas tout ça mais vu le nombre de chroniques de films que j’ai en retard cette année va falloir que je me remue un peu pour pas être complètement à la ramasse. Non pas que j’espère redevenir complètement d’actualité un jour mais au moins que je puisse parler de films pas disparus des salles depuis quatre mois, ce serait pas mal comme objectif. Je laisse donc ma flemme de côté pour quelques instants et je m’en vais vous causer cinéma…

Alors aujourd’hui, un tout petit film, sorti en catimini en mars de cette année : Hénaut Président, de et avec Michel Muller. Au moment de sa sortie sur les écrans il était parfaitement d’actualité puisqu’il relate la campagne politique du candidat indépendant Pierre Hénaut (Michel Muller) aux élections présidentielles de 2012. Petit maire de campagne, modeste et intègre, il a pour projet de se présenter aux présidentielles avec un programme exclusivement tourné vers l’Europe et le fédéralisme. Bref, plus chiant tu meurs. Totalement dénué de charisme et piètre communicant ses chances sont nulles. Mais sa rencontre avec Thierry Giovanni (Olivier Gourmet), patron d’une agence de pub en mal de reconnaissance va changer la donne. Giovanni et son équipe vont prendre en main le candidat et le modeler de façon à en faire une bête médiatique et politique. Vendre de la levure pâtissière ou un candidat à la présidentielle, pour lui c’est du pareil au même, à ceci près que la notoriété dont il bénéficiera après ce coup là, s’il le mène judicieusement, sera toute autre. Cela dit, avec Pierre Hénaut il y a du boulot et pour ainsi dire tout à changer dans l’image qu’il dégage. Mais pour faire bouger les sondages d’opinion, Giovanni, magouilleur et truqueur dans l’âme n’hésitera pas une seconde à employer les méthodes les plus douteuses et profiter de la naïveté de son candide candidat…


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Bien, soyons honnête, il s’agit d’une petite comédie franchouillarde sans grande prétention. Qui a su parfaitement jouer de l’enjeu des élections de 2012 (rappelez-vous qu’il y a encore quelques mois on nous vendait les présidentielles comme le tournant qui allait changer nos vies à tous) pour gagner un cachet particulier l’inscrivant en plein dans l’actualité et en faisant une petite fenêtre ouverte sur l’aspect caché des élections, l’envers du décor. Petites magouilles médiatiques, coup fourrés télévisés, recettes et arnaques en tout genre pour jongler avec les fameux sondages d’avant scrutin… on passe en revue tout l’aspect manipulations des masses communication de la politique.
Là encore il faut relativiser : il ne s’agit pas spécialement de mise à l’index ni de dénonciation en bonne et due forme de ces procédés, on est et on reste dans la comédie qui a pour but principal de distraire (en tout cas je l’ai pris comme ça). Ça peut d’ailleurs même par moment paraître caricatural dans la parodie. Mais en tout cas cela souligne bien que pour faire de la politique, ce ne sont pas tant les idées qui importent que la façon dont « on les vend », la prédominance de plus en plus évidente de la forme sur le fond, chose qu’on constate élection après élection (cf. les smseries, facebookeries et autres twiteries récentes…).

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Côté comédiens, on notera que Olivier Gourmet en publiciste sans vergogne vole la vedette à Michel Muller en candidat mollasson et gentillet. Les salauds sont toujours plus intéressants que les bons gars, encore une triste réalité que démontre le film. Voir Olivier Gourmet dans ce rôle tout en démesure et en exagération aura été pour moi un vrai contraste puisque je venais de le voir en dvd deux jours auparavant dans un autre film politique récent, L’Exercice de l’État, où il tient le rôle de l’homme politique cette fois-ci (et que je ne saurais trop vous conseiller d’ailleurs).

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Sinon pas grand chose à signaler sur ce film, qui ne m’a que moyennement convaincu. Une comédie honnête, un thème d’actualité et original, un déroulement assez prévisible. Ça se regarde sans déplaisir mais on ne s’en relèvera pas la nuit.

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