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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 00:52

La chaîne payante américaine HBO est très certainement l’une de celles qui produit depuis quelques années déjà, les meilleures séries télévisées. Non, je ne parle pas ici des ultra-commerciales Lost ou Prison Break, mais de séries bien supérieures et ambitieuses telles que les excellentes et novatrices The Shield, Carnivale, Rome, Deadwood ou Oz par exemple. D’ailleurs un jour ou l’autre il faudra que je rédige un petit quelque chose sur ces séries là aussi…
 Six Feet Under est l’exemple même de la qualité des séries HBO. Je dirais même qu’elle se situe dans le tout haut du panier.

Le casting principal de la première saison, de gauche à droite : Rico, Keith, David, Claire, Ruth, Nate, Nathaniel, Brenda et Billy.
Pendant cinq saisons et 63 épisodes au total, on suit les aventures des membres de la famille Fisher et de leurs proches.
 Nathaniel Fisher Sr (Richard Jenkins) est le père de famille et patron de l’entreprise familiale de pompes funèbres Fisher & Fils à Los Angeles. Tout commence à la veille de Noël 2000. Pour les fêtes, Nate Fisher (Peter Krause), le fils aîné et un peu rebelle sur les bords, fait le voyage depuis Seattle où il vit, et à cette occasion fait la rencontre quelque peu cavalière d’une bien singulière jeune femme, Brenda Chenowith (Rachel Griffiths) avec qui il entame une relation tout aussi singulière. Mais ce jour là, Nathaniel meurt au volant de son corbillard, percuté de plein fouet par un poids lourd. Nate va devoir revenir définitivement vivre à Los Angeles, pour reprendre en association avec son frère cadet David Fisher (Michael C. Hall) la gérance de l’affaire familiale. L’entreprise de pompes funèbres est également la maison familiale où vivent Ruth Fisher (Frances Conroy) la veuve de Nathaniel et Claire (Lauren Ambrose) la petite dernière qui va bientôt entrer à l’université.

Chaque épisode débute avec la mort, parfois violente, parfois douce, parfois dramatique, parfois ridicule voire drôle, d’une personne (la plupart du temps de parfaits inconnus, et quelques fois des gens liés d’une manière ou d’une autre à la famille Fisher) dont Fisher & Fils va organiser les funérailles.
La plupart du temps ces funérailles (ou l’histoire personnelle du défunt) seront mis en parallèle avec la vie privée des différents personnages principaux, de façon à développer et approfondir leurs idéaux, états d’âmes, questionnements, doutes, croyances ou certitudes.

La famille Fisher après la mort de Nathaniel : Claire, David, Nate et Ruth.
Outre les quatre membres de la famille Fisher, quelques autres personnages principaux gravitent dans leur entourage. Brenda avec qui Nate sort, et qui est elle-même issue d’une famille très spéciale (son frère Billy Chenowith (Jeremy Sisto) en particulier tient un rôle important dans la trame de la première saison principalement). Keith Charles (Matthew St. Patrick), flic, noir et gay, et de surcroît l’amant de David Fisher, qui refuse de faire son coming out. Les différents petits amis de Claire qui vont se succéder au fil des saisons. Federico Diaz (Freddy Rodriguez), l’embaumeur latino surdoué qui travaille pour le compte de l’entreprise Fisher. Puis plus tard dans les dernières saisons, le professeur George Sibley (James Cromwell) ainsi que sa fille Maggie (Tina Holmes), Lisa Kimmel (Lili Taylor) ex-petite amie de Nate, et l’inénarrable Arthur Martin (Rainn Wilson) pendant un temps employé par l’entreprise de pompes funèbres.

Nate et Brenda... de l'amour ?
Tout ce petit monde va vivre et évoluer de façon ininterrompue au cours de ces cinq saisons, d’ailleurs cette série entière semble basée sur le changement, l’évolution. Pas un seul personnage ne connaîtra de stagnation, de statu quo. Que vous les aimiez ou non tels que vous les découvrirez, tous sans la moindre exception, vont évoluer et irrémédiablement changer pour le meilleur ou pour le pire. Ne serait-ce que pour cette raison, la série est déjà très différente du schéma habituel des séries télé, dans lesquelles on pose souvent des personnages très travaillés voire iconiques qu’on se garde bien de faire changer surtout lorsqu’ils plaisent aux téléspectateurs.

 Six Feet Under prend cette politique en contre-pied total, ne laissant jamais aucun personnage « tranquille ». Au contraire même, on souffre parfois de voir des personnages qu’on apprécie prendre des virages, des décisions  et des évolutions profondes qu’on déteste. Six Feet Under n’est absolument pas là pour plaire au sens courant du terme, ni pour flatter ou rassurer le spectateur. C’est à ce titre une des très rares séries à pouvoir se targuer d’une sincérité et  d’une intégrité sans faille dans l’avancée de son scénario. La trame est telle que je me plais à penser que les scénaristes ont réussi à se préserver des pressions de l’audimat et ne jamais prendre en compte les attentes ou désirs probables des spectateurs afin de faire de l’audience.

Keith et David, un couple pas comme les autres.
D’ailleurs il n’y a pas de véritable morale à tirer de cette série, tout se passe comme si les auteurs avaient décidé de considérer les spectateurs comme suffisamment intelligents et capables de juger selon leur propre conscience ce qu’ils voient dans les différents épisodes. Aucun jugement de valeurs imposé, ni politiquement correct, ni philosophie de vie, ni morale.

Dans Six Feet Under on a juste des personnages infiniment vrais, humains, imparfaits. Et des situations qui vont les faire changer, s’adapter ou se perdre. David (Michael C. Hall) est génial, j'ai été époustouflé par Nate (Peter Krause), et j'ai une tendresse toute particulière pour ce vieux donneur de leçon de George (James Cromwell). Je pourrais citer ainsi chacun d'entre eux, tant cette série concentre toute sa force dans le talent de ses acteurs et le travail de ses auteurs.

Séance de thanatopractologie dans les sous-sols de Fisher & Fils.
S’il est indéniable qu’un des thèmes principaux est la mort (et donc forcément aussi la vie et la recherche du sens de la vie), je ne crois pas pour ma part que ce soit là le but premier et ultime des auteurs de la série.
Je crois que le centre de la série, et ce qui en fait tout son intérêt par l’intelligence du traitement, c’est l’étude des relations humaines. L’amour, l’amitié, la famille, la peur, l’envie, la tristesse, le devoir, le sacrifice, le désamour, la haine, l’incompréhension, la religion, le doute, la trahison, la morale, la folie, la mélancolie, l’art, les regrets, la joie, l’enthousiasme, la projection dans l’avenir, les engagements, les responsabilités, le sexe,… tout ce qui fait la vraie vie et motive les relations entre les personnes est abordé dans la série, avec une simplicité et une authenticité qui font parfois peur. Peur car on finit par se rendre compte que ce qui est fascinant c’est que Six Feet Under n’est rien d’autre qu’un miroir de l’âme humaine, et que le miroir est si fidèle qu’on n’y voit pas que les belles choses mais aussi (ou surtout, selon votre personnalité) les parts d’ombres et d’inavouable qu’on aimerait tant oublier parfois. Qui qu’on soit on n’y échappe pas, chacun se retrouvera dans l’une ou l’autre situation, l’un ou l’autre personnage, l’une ou l’autre réaction.
Et Six Feet Under est de ce point de vue sans concession. Elle appuie, sans exagération mais le fait tout de même, là où ça fait mal. Et ça fait d’autant plus mal que ça sonne parfaitement vrai.

Si vous aimez le glamour, les happy end, les univers roses où tout le monde est foncièrement bon, l’optimisme et le positivisme béat, ne regardez pas Six Feet Under, vous détesteriez. Ou plutôt si, regardez cette série et comprenez là, cela vous sera salvateur.

Les réunions de famille ne sont jamais vraiment ce qu'elles paraissent...
Outre le fait que chaque épisode débute par le décès d’une personne, la série a quelques spécificités vraiment originales. La plus intéressante à mon sens réside dans le traitement des pensées des personnages. Très souvent on « voit ce que pensent les héros » grâce à un décrochage qui peut arriver à tout moment. Tout à coup le personnage parle avec un mort, avec lui-même, ou se lâche à dire ce qu’il a au plus profond de lui, ses colères, ses envies, ses peurs ou ses frustrations. Puis l’histoire reprend son cours normal, le héros réintègre la « réalité ». C’est ainsi que le personnage de Nathaniel Fisher, qui meurt pourtant dès le premier épisode, reste un personnage récurrent tout au long des cinq saisons, faisant diverses apparitions sous la forme d’interlocuteur privilégié de la conscience ou des rêves de ses enfants et de sa veuve.

Je tenais aussi à évoquer rapidement le générique de début, absolument sublime. La musique est obsédante, les images sont d’une froideur tétanisante, et l’image des deux mains se lâchant en tout début est d’une beauté glaçante, fascinante et extrêmement dérangeante à la fois, à donner des frissons. Bien qu’ayant vu les cinq saisons en dvd, je n’ai jamais fait l’impasse pour aucun des 63 épisodes sur le générique de début. Rarement j’ai trouvé générique aussi parfait et envoûtant, et c’est typiquement le genre de détail qui démontre définitivement et avec force le soin avec lequel cette série a été élaborée.

Six Feet Under c'est aussi un générique exceptionnel.
Et comme l’indique l’accroche de l’ultime saison « Tout a une fin », Six Feet Under connaît elle aussi une fin. Et quelle fin !
De mémoire de série-vore, je crois n’avoir jamais vu une aussi belle, émouvante et intelligente fin. Que je ne dévoilerai pas ici bien entendu. Mais je ne peux m’empêcher d’en parler tant elle m’a marqué.
Pour tout dire, je n’ai pu m’arrêter de penser et repenser aux dernières minutes du dernier épisode toute une semaine après l’avoir vu. Je ne sais pas si cela tend plus à prouver que je suis quelqu’un de bizarre, plutôt qu’à témoigner de la qualité de cette fin, mais rares sont les œuvres, tous supports confondus, dont le développement et le dénouement auront eu un tel effet durable sur moi. Même aujourd’hui en y repensant, j’en suis encore ému. En la qualifiant de marquante, j’ai l’impression d’user d’un doux euphémisme.

 Six Feet Under aura réussi l’exploit d’être passionnante, cohérente et pertinente de la première à la dernière minute.
Avec Six Feet Under, on touche à la perfection. En toute simplicité.

Après avoir dit cela, est-il utile de préciser que je la recommande vivement ? D’ailleurs non, je ne la recommande même pas. Je la qualifierai juste d’indispensable.

 


Visuel du coffret de la denière saison. Chaque chose, chaque personne, chaque endroit finit par disparaître un jour... 

 

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commentaires

Stéph 31/12/2007 11:34

Le Major >> oui, ils me manquent également ces personnages, comme de "vraies" personnes que j'aurais connues et appréciées au cours de ma vie. Ça fait presque un peu peur quand on y réfléchit de s'attacher autant à des êtres fictifs... ou peut-être qu'ils existent réellement, au fond de chacun d'entre nous...

Le Major 24/12/2007 15:09

Haaa, SFU..... La série la plus complète, la plus aboutie qu'il m'ait été donné de voir. Les personnages sont tellement fouillés, qu'ils en deviennent attachants et pire,  prennent  corps à part entière et font partie de nos vies... Voilà plusieurs mois que j'ai eu l'immense plaisir de visionner la série, et les personnages me hantent toujours. A vrai dire, ils me manquent...Une série à part, donc, sans complaisance, sans compromis, avec des personnages qui font des choix difficiles, pas forcément les bons, avec des points restés en suspens et qui ne trouveront jamais de réponse... finalement, comme dans la "vraie" vie !SFU... une série culte !

Stéph 16/04/2007 22:32

Fleurdelotus >> content que ça t'ait plu, et merci pour ton commentaire !

fleurdelotus_ 16/04/2007 07:27

SFU m'a bouleversée, profndément ...
Merci d'en parler de façon si juste ...

Stéph 19/02/2007 23:50

A,S&M >> je comprends, on a beau être sensible et l'esprit ouvert, il n'en reste pas moins une certaine réputation à entretenir ! (mais quand même il est marquant ce dernier épisode n'est-ce pas ?)

Affreuse, sale et méchante 19/02/2007 20:01

Exact. En ce qui concerne le dernier épisode, je l'ai regardé deux fois de suite, et encore une fois trois jours après. Bon, j'ai pleuré que la première fois, parce quand même je suis afrreuse, sale et méchante, c'est pas mon genre de pleurnicher.

Stéph 13/02/2007 22:30

Mooutche >> eh bien la conclusion de tout ça est que moi non plus je ne dois pas en être un "vrai homme" ! ;o)Yaponchik >> oh oui, et prépare-toi à de gros changements...

yaponchik 13/02/2007 11:46

Ca y est, j'ai lu l'article. Pas de spoilers, effectivement.J'avais adoré les deux premières saisons, et il va donc vraiment falloir que je vois la suite.

mooutche 12/02/2007 16:20

Quelle série ! Et quelle article ! ;o)C'est très vrai (et très bien dit) quand tu expliques qu'on souffre devant la télé de voir l'évolution des personnages qui sont traités sans complaisance, seulement avec un certain réalisme empreint de nostalgie... La grande force de la série est qu'en dépit de tout ce qui peut arriver, on est dès le début profondement attaché et impliqué dans les évenements qui émaillent la vie de la famille Fisher, comme rarement avec des personnages de fiction. On se prend à s'imaginer à leur place, à comparer nos parcours... Au final, 5 saisons extremement bien construites et une vraie conclusion des plus belles et des plus émouvantes qui soient.Il n'y a peut-être que les vrais hommes qui ne pleurent pas les 10 dernières minutes :oD et bon, j'en suis pas un !!!
Bref, cette série est pour moi la number one. Il y en a tout un tas que j'adore suivre, mais aucune à laquelle je repense avec autant de tendresse. Et franchement, une telle démonstration de "vie" ficelée en 63 épisodes, aucune raison de se priver, non, aucune !

Stéph 11/02/2007 22:48

Spooky >> J'avais lu ton article à l'époque et je viens de le relire, effectivement on est plutôt d'accord sur cette série ! J'avais beau coup de choses à dire sur Six Feet Under et je n'ai pas encore tout dit, la suite très bientôt dans un autre article ;o)Yaponchik >> J'ai fait attention à ne rien dévoiler d'autre que le début de la série et le nom de personnages intervenants dans les dernières saisons. Je pense que tu peux lire cet article sans risquer de te gâcher quelques surprises. Pour le second article que je consacrerai à Nate, il y aura peut-être de "mini-spoilers" mais là encore rien d'essentiel à la préservation du suspens. Mais fait comme bon te semble et surtout, procure-toi les dernières saisons, tu ne le regretteras pas une seconde !!