Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
  • Contact

Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

Recherche

Série(s) en cours

 

17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 14:26

Drôle de film que ce Président, réalisé par Lionel Delplanque, qui avait déjà commis un Promenons-Nous dans les Bois de sinistre mémoire (bien que mû de bonnes intentions) en 2000.

Ici, on navigue quelque part entre le thriller politique, l’essai sur les méandres du pouvoir, et l’itinéraire d’un jeune homme intelligent mais d’origine modeste au sein des hautes sphères de direction d’un pays… le tout saupoudré d’une histoire d’amour conflictuelle, de morale et d’éthique, de programme politique et de relations familiales difficiles.
Bref, on le voit, non seulement ce genre de film n’est pas facile à résumer ni à décrire, mais on sent également que cette envie d’exhaustivité dans le traitement des personnages et des situations dévoile rapidement ses limites. De fait, à trop vouloir aborder de choses, on finit par faire d’une ambition respectable la faiblesse d’un film.

Loin d’être mauvais cependant, Président souffre d’un manque de ligne directrice qui ne permet pas au scénario de dégager une colonne vertébrale sur la base de laquelle il pourrait se construire et se développer solidement. Du coup le film se risque à perdre le spectateur à force de ne pas choisir sur quel pied danser. On ne sait pas exactement par exemple qui est le personnage principal. Le titre et l’affiche laissait penser que Albert Dupontel dans le rôle du Président français serait au centre du film et finalement l’histoire s’attache autant voire plus au parcours du jeune Mathieu (Jérémie Renier) au sein de l’équipe de conseillers présidentiels.

Le Président (Albert Dupontel), un homme qui essaie de concilier les affres du pouvoir et ses convictions
Le film de Lionel Delplanque me fait étrangement penser à Syriana de Steve Gaghan, qui lui aussi aborde un sujet éminemment politique au travers d’une multitude de personnages dont aucun ne se dégage pour prendre le pas sur les autres, qui lui aussi possède une trame et un scénario exigeants si ce n’est compliqués. Mais là où Gaghan parvient à une certaine alchimie qui confère au film une force de narration inattendue, Delplanque peine un peu plus à arriver à ses fins sur Président. Pourtant le film est émaillé de très bonnes scènes et de passages vraiment intéressants, c’est je pense surtout de liant qu’il manque.

À son crédit on notera une galerie de personnages réussis et emblématiques, à commencer par le Président en personne, interprété par un Albert Dupontel étonnant, qui joue ici dans un registre que non seulement on ne lui connaissait pas, mais dans lequel on ne l’imaginait même pas. Le pari était osé tant on a l’habitude de le voir dans des rôles moins « institutionnels » (quoiqu’il avait déjà fourni une très bonne prestation dans un rôle difficile de médecin pour La Maladie de Sachs en 1999) et contre toute attente il parvient à composer un président tout à fait crédible qui pioche à la fois dans le dynamisme médiatique et la nervosité d’un Sarkozy, la force tranquille et les certitudes d’un Mitterrand, et la science des discours d’un Jospin ou d’un Chirac. Le personnage de Dupontel se voit empêtré dans ses contradictions, cherche à concilier convictions politiques, responsabilités, ses intérêts personnels et ceux de la nation, et finit par se rendre compte que même celui qui détient le pouvoir doit parfois composer avec ce qui va à l’encontre de sa morale et de ses envies. Malgré tout, même ici, on ne peut s’empêcher de remarquer, que les personnages qu’interprète Albert Dupontel ont tous en eux une fêlure, plus ou moins importante, qui les distingue toujours des hommes ordinaires.
Est-ce l’acteur qui insuffle cette part de sa personnalité décalée dans ses rôles ou les personnages pour lesquels on le choisit qui ont cette spécificité en eux ?

La fille du Président (Mélanie Doutey) est amoureuse de Mathieu (Jérémie Renier) qui ne tardera pas à intégrer l'équipe des conseillers du Président
Jérémie Renier en jeune premier a évidemment moins de charisme qu’un Dupontel, mais tire son épingle du jeu tout en servant une performance juste mais sans réelle saveur. À noter les sympathiques prestations dans des seconds rôles de Claude Rich en ancien ambassadeur et maître à penser du président, de Jacky Berroyer qui tourne en dérision le poste de chargé de com, et de Mélanie Doutey en fille du président.

Le film de Delplanque, s’il manque un peu de personnalité, a pour lui l’avantage d’explorer des directions vers lesquelles le cinéma français ne s’aventure que rarement voire jamais, et est à ce titre très intéressant. Si les réflexions autour de l’exercice du pouvoir en France restent parfois embrouillées ou insuffisamment explorées, elles ont le mérite d’exister et d’être soulevées par le film. Président n’est certes pas le film de l’année, mais vaut toutefois le coup d’œil.

 L'affiche du film et ses énigmatiques suites de chiffres premiers...

 

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 10:23

À force d’articles de ce genre on va finir par croire que je suis de ceux qui se complaisent dans des a priori négatifs sur le monde des hommes et femmes politiques, des raccourcis faciles du genre « tous pourris »…
Pourtant c’est loin d’être le cas, je pense plutôt qu’il est nécessaire de s’occuper de politique (sinon la politique s’occupera de toi dirait l’autre), d’en parler, de confronter des idées, bref d’ouvrir des débats. Ce que je n’aime pas en revanche, ce sont les attitudes purement politiciennes, les basses manœuvres et les discours populistes et démagos qui émaillent l’actualité politique de notre pays.

Serait-ce donc si idéaliste (utopiste ?) de considérer la politique comme l’art de faire vivre ensemble des gens différents au sein d’une même et seule Nation ?
Ce n’est pourtant pas l’image que j’en ai ces derniers temps, à mesure qu’approche l’échéance présidentielle de 2007. Il me paraît évident que pour les principaux candidats, la politique prend une toute autre définition que la mienne, plutôt dans le genre « politique : art de se faire élire ».
Je sais bien que pour réussir à mettre en œuvre ses idées et concrétiser son projet il faut d’abord être élu, accéder au pouvoir. Mais là on assiste à un retournement pervers de la situation, un renversement total : aujourd’hui pour réussir à être élu on modifie et module ses idées.

Les deux exemples les plus parlants sont, et c’est un triste constat, justement les deux personnes qui ont le plus de chances d’être élues en mai 2007, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ennemis naturels mais tellement proches dans leurs comportements que c’en est à se demander ce qui les sépare.

Je passe rapidement sur le cas Sarko, qui est un exemple vivant depuis deux ans environ de ce qui se fait de mieux en discours démagogue. Le bonhomme n’est d’ailleurs pas dénué de talent, puisqu’il parvient avec des idées populistes, simplistes et tout sauf neuves à faire croire qu’il est l’homme de la « rupture », celui qui n’a plus rien à voir avec ses prédécesseurs, celui qui va tout révolutionner et donner un nouveau visage à la politique.

Mais je voudrais me pencher un peu plus sur son vis-à-vis socialiste, celle qui selon les sondages est la seule à pouvoir l’emporter face au rouleau compresseur Sarko, je veux bien entendu parler de la femme politique du moment, Ségolène Royal. Car cette semaine, elle a fait encore mieux que son concurrent direct dans le domaine de l’opinion à géométrie variable.

Là où le petit Nicolas va prendre la température de l’opinion publique avant de se ranger du côté de l’idée la plus populaire (il a eu d’ailleurs cette phrase superbe et néanmoins  révélatrice : « Aller contre moi, c’est aller contre l’opinion publique »), Ségolène le bat (je ne pensais pas cela possible et pourtant…) en se rangeant d’office du côté de l’idée la plus partagée à l’avenir, quelle qu’elle soit.

Lors de son tout récent voyage en Belgique, elle a, au cours d’une conférence de presse, fait un beau discours sur l’importance de l’Europe et la collaboration entre pays de l’espace Schengen. Une journaliste la questionne alors en lui demandant ce qu’elle pense d’une éventuelle intégration à l’Union Européenne de la Turquie. Ségolène, dans ce que j’ai pris pour de la langue de bois classique tout d’abord, élude la question en expliquant que les français seront interrogés dans quelques années sur la question par référendum. La journaliste, pas dupe, insiste en lui demandant quelle est sa position personnelle sur la question. Et là on se rend compte que c’était bien plus que de la langue de bois, puisque Ségolène Royal répond en ces termes : « mais je vous ai déjà répondu : je suis de l’avis des français » !!
Je trouve ça d’autant plus énorme comme déclaration que ça a l’air d’être tout à fait naturel et normal comme réponse à ses yeux.

Je crois que là on atteint vraiment le degré zéro de la politique, comme j’ai pu l’entendre très justement dans les commentaires de certains journalistes politiques sur les ondes de France Inter et Europe 1.
C’est donc ça la nouvelle façon de faire de la politique : surfer sur l’opinion, aller dans le sens du vent, prendre la position la plus populaire. En un mot : caresser l’opinion dans le sens du poil.

Suis-je à ce point dépassé ? j’étais pourtant persuadé que faire de la politique c’est avoir des idées, les défendre auprès de l’opinion, rassembler autour de soi et convaincre les gens, avoir des convictions et s’en faire des valeurs auxquelles on est fidèle. Aujourd’hui Sarko et Ségo c’est le même combat : c’est à celui qui sera du côté des plus nombreux, point barre. Ils observent ce qui se passe, ce qui se dit, et vont dans le sens de ce qui l’emporte sur le reste, sans la moindre hésitation et sans faire le moindre cas d’éventuelles « opinions personnelles ».

Nous avons bien plus que deux populistes tout en haut des sondages d’intentions de votes, nous avons deux girouettes ultra sophistiquées.

Et pourtant il va bien falloir choisir entre ces deux là. Ça promet…

 

 

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 14:22

Deuxième article de ma série consacrée aux organismes génétiquement modifiés, les fameux OGM dont on vous rebat les oreilles ces dernières années.

Je rappelle que ces articles n’ont pas pour objet de prendre parti pour ou contre l’utilisation des OGM, je me contente de recenser quelques OGM (végétaux ou animaux) étonnants. Et ce ne sont pas de vagues projets ou des scénarios de science-fiction… ça existe vraiment !

Aujourd’hui donc, je vais vous parler de dents.

L’évolution naturelle vous connaissez ? chère à Darwin, cette théorie énonce le principe selon lequel les espèces évoluent (pour s’adapter à l’environnement principalement) et changent petit à petit de caractéristiques jusqu’à déboucher sur de nouvelles espèces. Une idée qui convainc de plus en plus de scientifiques avance que les oiseaux seraient les lointains descendants des dinosaures. Autrement dit, les oiseaux auraient eu dans un lointain passé des dents.

La communauté scientifique n’est pas encore unanime sur le sujet, mais en attendant qu’ils se mettent d’accord pour élucider définitivement le passé des volatiles, une équipe de chercheurs universitaires de l’École Normale Supérieure de Lyon, avec à leur tête le professeur Efthimios Mitsiadis (preuve vivante que la Grèce ne produit pas que des animateurs de Star Académie), a réussi à faire pousser des dents à des poules !

En transplantant des cellules souches dentaires de souris sur des embryons de poulets, l’équipe de l’ENS de Lyon a réussi en 2003 ce qui passait pour impossible voire farfelu aux yeux de nos grands-parents. Le but de ces essais est de parvenir à terme à faire pousser des dents sur des patients humains souffrants d’anomalies dentaires et de révolutionner par la même occasion la discipline des soins dentaires.

En attendant que les sourires édentés soient de l’histoire révolue, on peut d’ores-et-déjà supprimer du dictionnaire des expressions et proverbes la formule « quand les poules auront des dents », elle est devenue obsolète.

 

 

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 23:33

Voilà un film assez inhabituel et qui pourtant est passé un peu inaperçu. Le héros, Nick Naylor (interprété par un Aaron Eckhart remonté à bloc) est un lobbyiste de grand talent. Et du talent il lui en faut pour défendre les intérêts et l’image de son employeur, la société Big Tobacco, l’un des plus gros vendeur de cigarette du pays. Alors que dans le passé la cigarette a eu une image classe, séduisante voire glamour, de nos jour la roue a tourné en même temps que le tabac est devenu la cible de la prévention anti-tabagisme et des organismes de protection de la santé publique.

Mais l’industrie du tabac a bien l’intention de ne pas se laisser faire et contre-attaque en suivant une stratégie offensive : réinvestir les cercles décisionnaires d’Hollywood et contrecarrer le sénateur Ortolan Finistirre (le toujours impeccable William H. Macy) fervent défenseur de l’aposition d’un symbôle en tête de mort sur les paquets de cigarettes. Et pour mener à bien ces missions, l’homme de la situation est tout trouvé : Nick Naylor est capable de tout. Les termes « indéfendable » et « impossible » ne lui font pas peur au contraire : rien de mieux pour l’inciter à exceller encore plus qu’à l’accoutumée. Il est moins à l’aise face à son ex-femme et dans son rôle de père…

Nick ne recule devant aucun cynisme : devenir l'ami d'un jeune cancéreux sur un plateau télé tout en vantant les mérites de la cigarette ne lui pose pas de problème
Le film de Jason Reitman manie le cynisme avec intelligence, à l’image de son héros (si l’on peut parler de héros), qui est fier de faire partie du MOD Squad (Merchants Of Death) au même titre que ses collègues représentants du marché de l’alcool et du lobby des armes.
Basé quasiment uniquement sur la force de ses dialogues, on pourrait reprocher à Thank You For Smoking un certain manque d’action, mais ce déficit est largement compensé par la virtuosité des textes ainsi que les performances des comédiens.
Il peut y avoir par moment un côté dérangeant dans ce film, une dose de poil-à-gratter, de politiquement incorrect qui range Thank You For Smoking dans la catégorie de films tels que Lord Of War.

La MOD Squad se réunit pour parler chiffres d'affaires, nombre de victimes et stratégies commerciales...
Le scénario a l’intelligence de ne pas prendre définitivement part pour l’un ou l’autre camp, mais se situe plutôt dans la défense des libertés personnelles. Tout en soulignant la perversité du système marchand d’un côté et les limites de la protection sanitaire des gens malgré eux de l’autre…

Ce qui fait vraiment la force de ce film, outre son scénario malin, c’est aussi le casting quatre étoiles, jugez plutôt : Maria Bello, Sam Elliott, Katie Holmes, Robert Duvall, Rob Lowe, J.K. Simmons… qui s’en donnent tous à cœur joie pour apporter leur talent à cette comédie acerbe.

Un film vraiment intéressant, original et une comédie réussie sur un thème a priori pas si évident que ça. Et la coïncidence veut qu’il sorte en France au moment où il est question d’interdire complètement la cigarette dans les lieux publics. Le film pourrait même s’avérer un élément de réflexion supplémentaire et bien venu dans le débat pro / anti interdiction du tabac.

 L'affiche du film : on lui donnerait le bon Dieu sans confession...

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 15:38

Ce week-end se tiendront les élections municipales anticipées dans la ville de l’ancien Premier Ministre Alain Juppé, Bordeaux. Ces élections interviennent suite à la démission en bloc de la majorité municipale (UMP-UDF-DVD) fin août (à l’exception du maire et des deux premiers adjoints, restés en place pour gérer la ville jusqu’à l’élection du nouveau conseil municipal).

Le but de la manœuvre est clair, avoué et pleinement revendiqué par les concernés : permettre à Alain Juppé, redevenu éligible, de reprendre SA place de maire de Bordeaux, mandat qu’il avait été contraint d’abandonner en décembre 2004.

Petit rappel des faits : en 1998, Alain Juppé est mis en examen pour abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt dans le cadre de ses fonctions de secrétaire général du RPR, et maire adjoint de Paris aux finances jusqu’en 1995. En janvier 2004 il est reconnu coupable des faits et des malversations qui lui sont reprochés (à cette époque les commentaires vont bon train, en particulier ceux qui sous-entendent que Juppé est condamné en lieu et place d’autres responsables, plus hauts placés, suivez mon regard…) et condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à une peine de 18 mois de prison avec sursis et de 10 ans d’inéligibilité. L’affaire est portée en cour d’appel, qui en décembre 2004  confirme le jugement mais réduit la peine à 14 mois de prison avec sursis et une année d’inéligibilité, jugeant que l’ancien Premier Ministre était coupable aux yeux de la loi, mais qu’il ne devait pas endosser pour autant le rôle de bouc émissaire. Soit.

Alain Juppé démissionne de ses derniers mandats et s’exile à Montréal où il enseigne à l’École Nationale d’Administration Publique, malgré la polémique dont il est à l’origine (de nombreux universitaires québécois s’étonnent qu’un homme politique condamné à une peine d’inéligibilité puisse enseigner à des futurs hauts-fonctionnaires).
Maintenant que sa peine est purgée, le voici donc qui revient, bien décidé à reconquérir son trône dans sa bonne ville de Bordeaux.

Je trouve tout cela non seulement attristant mais aussi emblématique des raisons pour lesquelles la politique déçoit autant les français. Il ne se passe pas un jour sans que des responsables politiques ou des commentateurs et autres journalistes spécialisés se plaignent du désintérêt grandissant, voire même du désamour des citoyens français pour la politique. Et pourtant tout ce qui fait que les gens se détournent de leurs élites et de leurs décideurs continue encore et encore comme si de rien n’était. Les manœuvres politiques à la mairie de Bordeaux en sont un parfait exemple.

Voilà un homme politique de premier plan qui est jugé et reconnu coupable d’avoir, je cite le tribunal correctionnel, « trompé la confiance du peuple souverain ». Il effectue sa peine (et quelle peine…), revient comme si de rien n’était, et provoque des élections anticipées dans un seul intérêt : le sien. Comme si le mandat de maire de Bordeaux lui était adjugé de droit divin.
Où est l’esprit républicain là-dedans ? et je ne parle même pas d’un quelconque sens de l’éthique ou de la morale…

Qu’une personne qui a purgé sa peine ait une seconde chance je le conçois. Par contre, dans le cas d’un homme politique, de quelque bord qu’il soit, je ne lui accorderais pour ma part plus ma confiance s’il devait se trouver coupable de malversations avec l’argent public, même après qu’il ait purgé sa peine. Mais ça n’engage que moi, légalement il a tout à fait le droit de se représenter à une élection une fois sa période d’inéligibilité passée.

En revanche, dans ce cas précis cela va bien au-delà de ces simples considérations. Alain Juppé revient et on lui déroule le tapis rouge en provoquant des élections anticipées, juste pour que monsieur puisse retrouver la place qui était la sienne avant de partir. Croyez-vous qu’il aurait pu attendre l’échéance nationale en 2008 ? Non, il faut que ce soit tout de suite bien entendu. Et tant pis si cela coûte quelques 300 000 euros aux contribuables bordelais (ce sont les estimations moyennes que j’ai pu trouver sur différents sites d’informations) pour moins de deux ans avant de recommencer en 2008 avec les élections municipales normales.

Rappelons rapidement que des élections anticipées sont évidemment possibles et prévues dans certains cas : défections d’un élu pour raison de santé ou pour condamnation pénale, voire pour convenances personnelles si l’élu en question considère ne plus être en mesure de remplir correctement sa tâche. Mais il s’agit ici ni plus ni moins d’une abdication au profit de quelqu’un qui estime que le poste lui revient de droit.

Comme s’il ne s’agissait pas d’une élection démocratique mais d’un sacre.
Comme si le résultat du vote était acquis d’avance.
Comme si… cela ne servait à rien d’aller voter !

Étonnez-vous ensuite, messieurs les politiques, que l’abstention progresse encore et encore.

 

 

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 08:33

Comme promis voici le retour du quizz musical !
Le dernier en date avait été proposé par NoNo et explorait les grands classiques du rock anglo-saxon, cette fois-ci je vous propose de vous replonger avec moi dans la chanson française.

Pour cette sélection, j’ai fait assez facile je pense, à une ou deux exceptions près peut-être, mais du coup on peut les trouver par élimination et déduction…
Mais bon, c’est toujours plus facile quand on a les réponses je sais !

Je vous rappelle le concept rapidement : je vous donne 20 artistes et 20 titres de chansons, à vous de faire le lien « qui chante quoi » dans les commentaires. Comme d’habitude, ce sera plus intéressant si vous ne vous aidez pas de google ou autres moteurs de recherche mais uniquement de votre mémoire…

Voici les 20 interprètes :

 Fred Blondin, Bernard Lavilliers, Cookie Dingler, Axelle Red, Étienne Daho, Matmatah, Sandy, Jean-Jacques Goldman, Stephan Eicher, Art Mengo, Laurent Voulzy, Jacques Dutronc, Enzo Enzo, Niagara, Négresses Vertes, Philippe Risoli, Michel Fugain, Noir Désir, Mylène Farmer & Jean-Louis Murat, Pigalle.


Et voici les 20 titres de chansons à leur associer :

 Quelqu’un de BienLes Parfums de sa VieUn Jour en FranceEmmaL’opportunisteJ’voudrais Voir les ÎlesBonne IdéeJe n’aurai pas le TempsFemme LibéréeJ’ai Faim de ToiDans la Salle du Bar-Tabac de la Rue des MartyrsLe Monde Tourne MalVoilà l’ÉtéDes Attractions DésastreCuitas les Bananas15ème RoundElle Vient me VoirRegretsPendant que les Champs BrûlentLe Rêve du Pêcheur.


J’espère que ça vous plaira : à vous de jouer !

 

 

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 16:06

Après un été somme toute assez morose question sorties en salles, la rentrée, comme l'ensemble de la fin de l'année, se voit bardée de sorties de films tout à fait intéressants. Little Miss Sunshine n'en est pas des moindres, bien que ce ne soit pas celui qui a fait le plus parler de lui avant de débarquer sur les écrans...
Très remarqué lors de son passage au festival du film américain de Deauville (il y a remporté le Grand Prix), ce petit film indépendant apporte une vraie vague de fraîcheur avec lui, et se démarque très nettement et surtout très avantageusement des blockbusters hollywoodiens actuels.

Co-réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris (époux à la ville et réalisateurs de nombreux clips vidéos), Little Miss Sunshine raconte l'odyssée d'une famille américaine dont la benjamine a été retenue pour concourir dans une élection de miss pour enfants. Un peu « justes » financièrement, les Hoover vont être contraints de voyager d'Albuquerque jusqu'en Californie dans le vieux van familial, faisant fi des pannes et autres incidents techniques, et tout en essayant de concilier les personnalités très disparates formant cette famille hors du commun.

Le voyage en van : tout un programme...
Il y a le père de famille, Richard (le très bon Greg Kinnear), un américain pur jus convaincu que tous ceux qui ne sont pas premiers sont d'honteux losers, et qui essaie de publier un livre dans lequel il développe un programme en 9 étapes qui mène au succès.
Il y a la mère Sheryl (la trop rare Toni Collette), qui contente comme elle peut chacun des membres de la famille et se place autant que faire ce peut en médiatrice familiale.
Il y a Frank (l'excellent Steve Carrell) le frère de Sheryl, spécialiste universitaire de Proust et qui vient de tenter de se suicider après sa rupture d'avec un de ses étudiants...
Il y a le Grand-Père (Alan Arkin, décadent au possible), père de Richard, obsédé sexuel au dernier degré, qui sniffe de la coke et dont la philosophie se situe quelque part entre « Carpe Diem » et « Je vous emmerde tous autant que vous êtes ».
Il y a Dwayne (Paul Dano, flippant), le fils aîné de Sheryl, qui a fait voeu de silence jusqu'à ce qu'il puisse devenir pilote de chasse et qui passe sa crise d'adolescence entre l'adulation de son maître à penser Nietzsche et une haine mal contenue envers tous les membres de sa famille.
Et enfin il y a Olive (la géniale petite Abigail Breslin), la plus jeune, rêveuse et un peu boulotte mais qui se voit en reine de beauté. Elle est la seule malgré ses excentricités de petite fille à être « normale » dans cette famille de fous...

Pause repas : l'ambiance est au beau fixe !!
Le film est avant tout un film de comédiens, dont le talent éclatant est le principal intérêt de cette comédie familiale pas si grand-public que cela... Car l'autre intérêt de cette comédie c'est aussi son humour caustique, parfois très méchant, parfois juste moqueur, mais qui touche toujours très juste et qui ne laisse jamais de marbre, qu'on aime ou pas ce type d'humour. À travers les relations très spéciales entre les personnages, le scénario se permet quelques charges directes contre l'american way of life tel qu'il est communément décrit. Toujours bien vues, les piques envers la société américaine et ce qu'elle a de plus pernicieux, donnent un ton très particulier au film, et apportent une profondeur (pour ne pas dire une gravité) inattendue et bonifiant encore un peu plus l'ensemble.

Olive, une petite fille normale au milieu de mini-miss qui font peur !
Peut-être l'effet a-t-il été amplifié par le côté « surprise » du film, toujours est-il que Little Miss Sunshine a été pour moi le premier vrai grand éclat de rire au cinéma depuis bien longtemps. À ce titre, la fin exceptionnelle et délirante vous laisse avec une pêche d'enfer alors que retentit le générique de fin. Un très, très bon moment, à voir absolument.

 L'affiche du film.

 

 

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 16:42

 Rémy Belvaux, réalisateur belge, est décédé le mardi 5 septembre à l’âge de 40 ans.
Le namurois avait connu le succès en 1992 avec la bombe cinématographique qu’il avait co-écrit, co-réalisé et co-interprété avec André Bonzel et la future star Benoît Poelvoorde, C’est arrivé près de chez vous.
Le film d’art et essai mettant en scène Ben le tueur en série belge et poète à ses heures, est devenu instantanément culte pour toute une génération et reste depuis un jalon incontournable du cinéma belge et de l’irrévérence sur grand écran.

Alors que Benoît Poelvoorde menait sa carrière avec brio (de Monsieur Manatane sur Canal+ jusqu’à Podium de Yann Moix), son compère Rémy s’est imposé comme l’un des meilleurs réalisateurs de spots publicitaires actuels. On lui doit entre autre la série des spots SFR mettant en scène Arié Elmaleh et Frédéric Quiring.

En 1998, Rémy avait également accroché à son tableau de chasse Bill Gates qu’il est parvenu à entarter en compagnie de Noël Godin dit le Gloupier, un autre belge des plus déjantés.

En vrac quelques photos : André, Rémy et Ben sur les plages de la Mer du Nord, l’équipe en promotion de C’est arrivé près de chez vous au Japon et Ben qui propose à Rémy un bon gros plat de moules avec des frites. T’aimes bien les moules toi Rémy ? Ben quoi, arrêtes de sourire bêtement comme ça !

Avec la Mer du Nord, le long des golfes clairs, et des vagues dodues...

Promo niponne, superstars !


Rémy n’aura pas vécu vieux, mais on peut dire sans trop risquer de se tromper qu’il se sera bien marré. C’est déjà ça.

Buvons à ta mémoire. Qu’est-ce que tu prends ? Un p’tit Grégory, comme tout le monde.


 

 

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 16:05

Voici le titre parfait. En effet, Des Serpents dans l’Avion est à la fois le titre, mais aussi le pitch de départ ainsi que le résumé parfait de tout ce qui se déroule à l’écran.
Il y a un avion. Dans cet avion il y a, outre les passagers, une multitude de serpents venimeux de toutes sortes. Refermez, mélangez le tout, et vous obtenez un film de série Z dans la plus pure tradition.

Enfin de série Z pas tout à fait… du moins si c’est le cas sur le fond, il n’en est rien sur la forme. Des Serpents dans l’Avion c’est peut-être un scénario qui tient en une simple phrase, mais c’est aussi un film qui n’hésite pas sur les effets spéciaux de qualité et une tête d’affiche qui porte une bonne partie du long métrage sur ses seules épaules : Samuel Lee Jackson (la rumeur veut qu’il aurait accepté le film rien que sur son titre !).
Parce qu’une chose est sûre et certaine, Jackson tient là un rôle écrit sur mesure pour lui. Un film où ça pète, où les punchlines pleuvent et où il joue le gars couillu toujours à la cool, à qui rien ne résiste et qui vient à bout de tout le sourire aux lèvres et sans le moindre effort apparent.

L’argument de départ du film est on ne peut plus simple, ce qui a le double avantage de ne pas compliquer volontairement quelque chose qui n’en vaut pas la peine (ou autrement dit : pourquoi faire compliqué si on peut faire simple ?), et de permettre d’aller directement au vif du sujet, à savoir dans un avion qui transporte des centaines de serpents mortellement dangereux.
Un jeune homme (Nathan Phillips alias Sean Jones) est témoin d’un meurtre crapuleux incriminant le chef de la pègre de Hawaï en personne. Il doit aller témoigner à Los Angeles et c’est l’agent spécial du FBI Neville Flynn (Samuel L. Jackson) qui est chargé de l’escorter. Pour ce faire il réquisitionne une partie de l’avion de ligne dans lequel officie la jolie hôtesse de l’air Claire Miller (Julianna Margulies). Mais la mafia, bien décidée à ce que le témoin n’arrive jamais à destination, s’arrange pour inclure dans la soute de l’appareil une cargaison impressionnante de serpents venimeux en tous genres. Ceux-ci sont libérés par une minuterie et se répandent dans tout l’avion, rendus fous d’agressivité par une hormone qui a été soigneusement dispersé sur les colliers de fleurs offerts aux passagers. À partir de ce moment le carnage commence, les serpents s’insinuent partout et mordent tout ce qui passe à portée de crocs. Flynn va devoir se démener pour ramener l’avion à bon port et garder son témoin en vie…

Samuel L. Jackson prend les choses en main !
Évidemment dans la salle on n’attend qu’une chose, c’est que les serpents attaquent, et on n’est pas déçu puisque non seulement ça arrive très tôt dans le film, mais surtout parce que l’attaque est d’une rare sauvagerie pour un film hollywoodien actuel. Les serpents sont visiblement de beaux sadiques et ils ne semblent totalement satisfaits que s’ils parviennent à bien faire souffrir leurs victimes. De ce point de vue le réalisateur David R. Ellis (qui a déjà fait preuve de son dynamisme dans Destination Finale 2, et qui a commis le plus regrettable mais musclé Cellular) se lâche complètement et se fait visiblement plaisir en mettant en scène les morsures les plus horribles dans les situations les plus diverses. Les baiseurs fous qui s’envoient en l’air dans les toilettes de l’avion ouvrent le bal, et dès lors c’est une véritable bataille rangée entre les reptiles malfaisants et les passagers paniqués. D’ailleurs la galerie des personnages est truculente comme dans tous les films de ce genre, mais rares sont ceux qui s’en tireront indemnes…

Vous ssssssshabitez chez vos parents mademoissssselle ?
Au départ j’avoue que je n’étais pas très chaud pour voir ce film en salle, me disant qu’une vision en dvd tranquillement installé dans mon salon suffirait amplement. Et à vrai dire, je n’ai pas trop changé d’avis à ce sujet, mais cela dit je ne regrette absolument pas de m’être déplacé pour le voir au cinéma. J’ai passé un très bon moment de franche rigolade, devant un film totalement décomplexé et qui assume son statut de nanar bourrin. Les effets sont là, l’humour est là, et surtout ce qui place Des Serpents dans l’Avion loin, très loin devant tous les films de genre auquel il s’apparente (entendez par là, tous ces films où des vilaines bébêtes attaquent les gentils héros), c’est sa méchanceté non-censurée et jouissive. Personne n’est à l’abri, ni les jeunes ni les vieux, ni les hommes ni les femmes, ni les sympas ni les affreux. Tous sont des victimes potentielles, et nombreux sont ceux qui sortiront de l’avion les pieds devant. Ellis se permet quelques moments de pure sauvagerie et des répliques tout sauf politiquement correct (le fameux « I’ve had it with these motherfuck’ snakes on this motherfuck’ plane ! » en tête). Rien que pour ce jeu de massacre, le film mérite le coup d’œil et se démarque d’un film comme Arac Attack très amusant lui aussi mais largement moins jusqu’auboutiste que son compère reptilien.

Je suis vert, longiforme, avec deux crochets regorgeant d'un poison violent, je suis, je suis ?
Alors Des Serpents dans l’Avion est plus que conseillé si vous voulez vous plonger dans un bon film bourrin, drôle et méchant, visuellement très réussi. Sachez juste que le scénario est la portion congrue du film, mais soit dit en passant quand on va voir un film avec un titre pareil, on n’y va pas pour voir du Shakespeare, mais … des serpents ! Et là, pas de déception, bien au contraire.

Donc histoire de se laisser aller un bon coup avant d’entamer une rentrée certainement très sérieuse, se priver de ce film serait une erreur. À bon entendeur…

 

L'affiche du film, déjà tout un programme !

Partager cet article
Repost0
29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 11:25

L’été s’est avéré pauvre en sorties, mais depuis la fin août les films intéressants commencent à se bousculer en salles. L’opération « ciné cool – 4 € la place » aidant, c’est l’occasion idéale d’en découvrir quelques uns avant la rentrée…

Hier je suis donc allé voir La Science des Rêves, de Michel Gondry. Michel Gondry est le réalisateur français de deux films américains qui ont fait parler d’eux par le passé : Human Nature (que je n’ai pas encore pu voir) avec Patricia Arquette et Tim Robbins et le très beau Eternal Sunshine of the Spotless Mind réunissant Kate Winslet et un Jim Carrey bluffant. Son troisième long métrage est cette fois-ci français, et Gondry en a fait très certainement son film le plus personnel puisqu’il l’a écrit et scénarisé lui-même.

Si l’originalité de Eternal Sunshine of the Spotless mind en avait déboussolé plus d’un, Gondry remet ça de plus belle dans La Science des Rêves, film onirique s’il en est. Tim Burton avait jusqu’ici la réputation d’être un cinéaste doté d’un univers fortement tourné vers le rêve, mais sur ce plan Michel Gondry le ferait presque passer pour un triste et morose matérialiste !

L’histoire de La Science des Rêves est celle de Stéphane Mirioux (Gael Garcia Bernal, le jeune sex-symbol latin lancé par Pedro Almodovar) qui n’a véritablement de français que le nom ! En effet, le jeune homme dont la mère (Miou-Miou) est française débarque à Paris depuis son Mexique ensoleillé, d’où il ramène en plus d’un look décalé un accent à couper au couteau. Stéphane a perdu son père d’un cancer et veut se rapprocher de sa mère qui lui a trouvé un travail de graphiste dans une fabrique de calendrier de la capitale. Loin du boulot de créatif espéré, Stéphane doit se contenter d’un travail laborieux et sans intérêt à ses yeux, et s’intègre tant bien que mal parmi ses collègues au sein desquels il trouve rapidement un allié et confident en la personne de l’excentrique Guy (Alain Chabat). Stéphane rencontre lors d’un déménagement Zoé (Emma de Caunes) et son amie Stéphanie (Charlotte Gainsbourg). Attiré par les deux jeunes filles, il n’ose révéler à Stéphanie qu’il est en fait son voisin, et par la même occasion le fils de sa proprio… Bien qu’il ait du mal à se l’avouer, Stéphane tombe amoureux de Stéphanie, qui sous le charme du jeune homme quelque peu original fuit un peu son excentricité…

Stéphanie (Charlotte Gainsbourg) et Stéphane (Gael Garcia Bernal), amoureux ?
Jusque là, cela pourrait être le scénario type de n’importe quelle comédie romantique d’été… sauf que Michel Gondry ajoute à son histoire une dimension supplémentaire, celle du rêve. En effet, Stéphane est un personnage singulier à plus d’un titre. C’est quelqu’un qui vit dans ses rêves au sens propre du terme, il souffre de distorsion de sa perception de la réalité et mélange sans arrêt la vie réelle et la vie onirique dans laquelle il expérimente ses fantasmes les plus fous, ses délires et ses cauchemars… de quoi déstabiliser son entourage qui ne le comprend pas vraiment. Ce qui rend Stéphane attachant aux yeux de Stéphanie, le rend également instable, imprévisible et parfois incompréhensible…

Stéphane combat Guy (Alain Chabat) pour garder le contrôle de ses rêves !
Ce monde mi-réel mi-onirique donne l’occasion à Michel Gondry de se lâcher totalement du point de vue visuel et sur le plan des idées. Celles-ci s’enchaînent, passant de la plus loufoque à la plus romantique, de la plus poétique à la plus bizarre… Quand Stéphane s’endort, il se retrouve dans son rêve qui n’est autre qu’une émission de télévision virtuelle faite de décors en carton-pâte, représentant sa vie effective et fantasmée. Gondry fait de son héros un personnage à la fois génial (il est capable d’inventer des tas d’objets insensés grâce à son imagination sans limite), et à la fois totalement immature et infantile. Ce qui le rend très attachant et séduisant (voire attendrissant) mais également complètement déconcertant et impropre à toute identification du spectateur au personnage. Est-ce voulu ou seulement une conséquence de ce choix, toujours est-il que la personnalité du héros fait que le spectateur est en permanence tenu à distance, et qu’il ne peut réellement s’identifier émotionnellement au personnage principal. C’est à la fois la qualité et le défaut du film, Gondry nous plonge dans un monde totalement à part et innovant, mais à trop vouloir s’immiscer dans l’inconscient du jeune homme on s’en sent à l’écart tant il est particulier.

Rien de mieux que de déclarer sa flamme en chanson... et en rêve !
Difficile de juger un tel film tellement il ne répond à aucun critère cinématographique et scénaristique habituel. La Science des Rêves est bourré de qualités. Je citerais pêle-mêle l’inventivité et l’originalité qui débordent de chaque image. L’humour et la tendresse des situations et des personnages. L’adéquation des images avec l’histoire. La construction très naturelle des passages oniriques. Mais si le film est intéressant à regarder, il l’est plus sur un plan formel que sur le fond. Les idées sont belles, certaines même réjouissantes (la machine à remonter le temps d’une seconde, sacrée trouvaille !), mais on sort de ce film finalement comme on sort d’un rêve, en se disant : « c’était sympa », suivi presque immédiatement d’un « mais c’était n’importe quoi » (pas dans le sens péjoratif, plutôt dans le sens imagination débridée mais acceptée comme telle). C’est un peu comme lorsqu’on demande à quelqu’un de nous raconter les rêves qu’il a fait durant la nuit : il y a en nous une part de fascination étrange teintée d’amusement même envers les histoires les plus abracadabrantes.

Une chose est sûre : des films qui proposent une telle vision du monde et des relations humaines ne sont pas choses courantes, et de temps en temps ça fait du bien de se laisser emporter par les rêves des autres.
À vous de voir si les rêves des autres vous font envie ou non…

L'affiche très fidèle au film mais peu attractive sur un plan commercial. 

 

Partager cet article
Repost0