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  • : Moleskine et Moi
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

Orange is the New Black saison 7 : Déjà la septième, et déjà la dernière saison d'une des séries qui a fait le succès de Netflix. Bien que toutes les saisons ne soient pas du même niveau, la série a toujours su offrir un spectacle de qualité même dans ses passages un peu moins bons. Il fallait donc que cette dernière saison soit à la hauteur, et j'ai trouvé qu'elle l'a été. La quasi-totalité des personnages principaux de la série y trouvent une conclusion à leurs story-arcs, le moins qu'on puisse dire c'est que pour nombre d'entre elles, la fin n'est pas forcément des plus réjouissantes. L'humour cependant reste présent, et continue de côtoyer l'aspect dramatique des situations avec succès, touche qui a été depuis le début l'un des points forts et marque de fabrique de la série. J'ai bien aimé la partie de Joe Caputo confronté au mouvement #MeToo, ça m'a rappelé un peu le développement en partie similaire de ce thème dans la dernière saison de The Affair. Très intéressant de confronter un personnage masculin qu'on a plutôt tendance à apprécier et trouver sympathique et positif à des reproches sur son comportement sexiste alors qu'on ne l'avait pas forcément perçu comme tel dans les précédentes saisons. Ça fait se poser des questions (mais dans ce bref avis je ne vais pas commencer à y répondre bien que je me sois fait un avis sur le sujet). C'est donc un mélange de plaisir et de tristesse qui nous accompagne tout du long de la saison, le plaisir de voir le dénouement (plutôt que de laisser des choses sans réponse ou en suspend) de l'histoire de toutes ces filles qu'on a appris à connaître, et la tristesse de se dire qu'on les laisse là à jamais, d'autant que le sort de certaines est vraiment dur, voire cruel. Petit plaisir également : revoir, même parfois juste le temps d'un tout petit clin d’œil, certains personnages qui avaient disparu au cours des saisons. Chouette série, entre drame et rire, qui dit plus qu'on ne croit de la société américaine actuelle, qui a là une belle fin, plutôt maîtrisée et réussie.

Daughter of the Wolf : Filez moi entre les pattes un inédit récent, fut-il totalement inconnu au bataillon, avec au casting principal Gina Carano et Richard Dreyfuss, et vous saurez d'avance que je ne pourrai pas retenir ma curiosité et l'envie d'y jeter un œil. C'est donc ce que j'ai fait, conscient que j'allais certainement tomber sur un petit film de série B classique, avec l'espoir tout de même que les deux acteurs en tête d'affiche allaient pouvoir y ajouter une pointe de personnalité. Bon alors au final : en terme de série B on est en effet en plein dedans, en terme de classicisme on y est pas mal aussi, quant à la personnalité ça reste un peu en-deçà de ce que j'espérais. L'histoire est basique : Gina Carano campe une maman badasse qui doit récupérer son fiston kidnappé par une bande de bouseux au fin fond de la forêt canadienne. Le meneur des-dits bouseux est Père, incarné par un Richard Dreyfuss qui cachetonne à jouer au grand méchant charismatique des neiges. Il y a aussi un lien avec le Wolf du titre puisque dans le grand Nord canadien, les loups seront de la partie, mais franchement la tentative de glisser vers l'ésotérisme métaphorique en créant un parallèle entre Gina la mère-louve et la louve cheffe de meute qui apparaît tout au long du film est quelque peu raté. Et si Gina Carano est parfaitement à son aise et à sa place dans ce genre d'actioner à petit budget, Dreyfuss quant à lui semble un peu paumé et fait tout ce qu'il peut pour exister mais a du mal tout de même à en sortir grandi, rôle alimentaire, résultat minimal pour lui. Bref, si vous n'êtes pas un inconditionnel d'au moins un de ces deux comédiens, le film est très dispensable.

Raising Dion saison 1 : Les super-héros ont le vent en poupe depuis quelques années, et les adaptations de comics deviennent le nouvel eldorado au cinéma comme à la télévision, c'est dans ce contexte que Netflix a lancé Raising Dion, petite variation sur le thème puisqu'ici il s'agit d'un gamin de primaire qui se voit développer des pouvoirs aussi impressionnants que non-maîtrisés. Et sa mère qui l'élève seule depuis le décès de son père galère, c'est le moins qu'on puisse dire ! C'est plutôt pas mal, et la production s'est donné les moyens, puisque côté effets spéciaux ça tient largement la route pour une série télé, ça évacue déjà le danger de paraître trop "cheap", ce qui est vite rédhibitoire dans ce genre d'histoires. Plutôt pas mal disais-je aussi, car la série surfe agréablement sur plusieurs genres : il y a le côté fantastique lié aux pouvoirs du môme, la menace et le mystère à résoudre pour comprendre à la fois d'où viennent ses pouvoirs et comment ce qui se passe autour du petit Dion, et puis il y a un aspect plus soap (léger, heureusement) pour tout ce qui concerne la vie de la Nicole la maman, plutôt jolie et objet d'attentions masculines diverses... Ajoutez-y une bonne dose d'humour qui confirme qu'on est dans un spectacle familial centré sur un enfant de 8 ans, et vous obtenez une petite série bien sympathique, qui bien qu'elle ne casse pas trois pattes à un canard s'en sort admirablement bien sur à peu près tous les plans et thèmes qu'elle aborde, ce qui n'est déjà pas si mal !! D'autant qu'elle est sortie d'un peu nulle part, adapte un comics indépendant peu connu, et mise en partie sur des comédiens peu connus (Michael B. Jordan y est associé en tant que producteur et tient le rôle du papa décédé, qu'on voit de temps en temps en flashbacks, en dehors de ça le casting est plutôt fait de seconds couteaux). Chouette petite série divertissante.

Toy Story 4 : Voilà bien une série de films d'animation qui affiche une qualité continue à mes yeux depuis le tout premier opus jusqu'à ce quatrième, et a priori dernier, volet. Il y a dans ce Toy Story 4, comme dans tous ces prédécesseurs, un vrai amour des personnages, un soin tout particulier porté à chacun d'entre eux, des plus centraux aux plus secondaires, une qualité incroyable dans le rendu à l'image, dans la retranscription des émotions et des sentiments pour des personnages de plastique prétendument figés et limités dans leurs mouvements et possibilités, et surtout un humour parfait qui fait mouche aussi bien chez les petits que chez les grands, à plusieurs niveaux de lecture. C'est d'ailleurs une des plus grosses réussites de cette franchise : parler autant aux enfants qu'aux adultes, en trouvant le ton approprié et juste, celui qui se souvient en l'occurrence que les adultes ont eux-aussi été enfants un jour. Dans ce quatrième épisode de la saga, on aborde des thèmes qui ont déjà été plus ou moins abordés précédemment, mais cette fois c'est fait frontalement, et surtout on en tire des conclusions inévitablement définitives : on parle de grandir, de passer à autre chose, d'abandonner le passé pour se tourner vers le futur, d'évolution, de choix compliqués et de renonciations (choisir c'est aussi renoncer n'est-ce pas ?). Ce qui apporte une part peut-être plus grande que dans les autres Toy Story d'émotions, et j'allais dire presque de tristesse bien que tout finisse bien, comme dans tout dessin-animé familial qui se respecte (d'autant plus quand il est produit par la firme Disney !!). On ressort de ce film en ayant beaucoup ri, grâce aux très bonnes idées qui émaillent le film de bout en bout (les nouveaux personnages tels que Duke Caboom, Bunny et Ducky, la Bergère et Fourchette). Mais on en ressort aussi avec un poil de mélancolie, comme après avoir tourné une page qui définitivement. Toy Story 4 est vraiment très réussi, à tous les niveaux, tout aussi drôle et inventif que les précédents, avec une pointe de réflexion supplémentaire encore, et c'est à voir absolument !!

Au Poste ! : Second film de Quentin Dupieux visionné dans la foulée, ce Au Poste ! m'a irrésistiblement attiré par son casting, et cette affiche inexplicablement bizarre et intrigante (à mes yeux hein). En tant que fan de Benoît Poelvoorde, je me devais de voir ce qu'il allait donner dans le contexte d'une histoire délirante à la façon Dupieux. Et je n'ai pas été déçu, il s'y intègre avec beaucoup de facilité, apportant même tout son poids d'acteur à un scénario qu'on peut considérer a priori comme un peu léger. Face à lui Grégoire Ludig tient parfaitement son rôle aussi, ce qui fait de ce film avant tout une confrontation très réussie entre deux personnages, et deux très bons acteurs. Le film est court et concentré en terme d'unité d'action et de temps, ce qui lui donne une certaine cohérence. La force principale du film est selon moi ses personnages, variant du bizarre au loufoque, et interprétés avec une gourmandise palpable par les comédiens. L'humour pince sans rire, délirant et parfois bien corrosif en font un spectacle plutôt réussi et inattendu. Sans en faire un grand film, je pense que de tous ceux que j'ai vus de ce réalisateur, Au Poste ! est clairement le plus convaincant.

Le Daim : De Quentin Dupieux j'avais déjà testé Rubber, son histoire de pneu au farwest, qui m'avait laissé un peu dubitatif. Ici c'est un peu la même réaction que j'ai eue, devant cette histoire de bon franchouillard qui part en sucette dès lors qu'il va acquérir une veste en daim qui changera sa vision de lui-même et donner libre court à la folie en gestation qui l'habite. Le film est truffé de bonnes idées, l'interprétation est plutôt bonne et on sent que les acteurs y sont investis. Contrairement à Rubber où le non-sens était au centre de tout, ici c'est différent : il n'y a que cette passion pour sa veste en daim du héros qui est vraiment iconoclaste, mais tout le reste se maintient dans un univers "à peu près" normal, ce qui permet d'accepter plus facilement la "logique" de ce qui se passe à l'écran. Mais comme pour Rubber, ce qui m'a gêné c'est le manque de finalité de l'histoire, cette impression que Dupieux est parti d'une chouette idée de base, bien décalée comme il aime, mais pour ne pas en faire grand-chose en fin de compte, si ce n'est quelques déclinaisons de plus en plus sanglantes. D'ailleurs ça se ressent jusque dans la durée du film, très courte pour un long métrage, preuve supplémentaire peut-être que finalement le cinéaste n'avait pas grand-chose à raconter et qu'il a su éviter de trop diluer le peu qu'il avait sur la longueur. Ça se regarde avec curiosité, sans réel déplaisir parce que l'originalité est au rendez-vous, mais ça laisse un gros sentiment de "tout ça pour ça" un peu décevant au final.

The Affair saison 5 : Voici avec cette cinquième saison le dénouement d'une série que j'ai vraiment beaucoup aimé et que je trouve complètement à part dans le paysage des séries récentes. Après la dramatique conclusion de la saison précédente, je me demandais quelle suite pourrait bien valoir la peine d'être développée pour une saison supplémentaire, sachant que la moitié du casting principal en serait absente. Sans surprise donc on se concentre sur la destinée de Noah et Helen, non sans passer par les points de vue ponctuels de Whitney et de Sierra, un peu plus anecdotiques mais qui ont l'intérêt de varier un peu la narration. Un autre personnage qu'on connaît va quant à lui être développé de manière assez inattendue, et j'ai trouvé le procédé pour le moins original je dois le dire. The Affair aura donc réussi à me surprendre encore une fois dans sa construction et la direction prise par l'histoire, alors que je craignais que la série ne sorte la saison de trop où l'on tournerait en rond. Qu'on apprécie ou non l'évolution de l'histoire et la destinée de certains personnages, le parti pris est fort, et si on peut discuter de la cohérence de l'ensemble en ce qui concerne Noah et Helen, les scénaristes sont assez malins pour nous vendre leur conclusion de manière suffisamment convaincante pour qu'on l'accepte. Ce que j'ai particulièrement apprécié dans cette saison c'est le passage "#MeToo" auquel est confronté Noah qui voit se déverser sur lui une série d'affaires ressorties des précédentes saisons et qui sont d'autant plus implacables qu'on ne les avait pas senties venir. J'ai aussi trouvé très astucieuse la manière trouvée d'avoir encore un peu d'Alison sans Alison (cf le personnage inattendu). Quant à l'épisode conclusif de cette dernière saison, qui se veut bien entendu définitif (et qui l'est sans contestation), je lui ai trouvé une certaine classe, et une aptitude remarquable à jouer en équilibre entre le touchant et le grandiloquent sans jamais tomber dans l'excès pourtant si facile. Pourtant cette fin est vraiment osée, dans sa forme comme dans son fond, mais j'avoue avoir été conquis et avoir accepté cette conclusion non sans une certaine mélancolie en me disant que c'était là un adieu à la fois sensible et sans concession aux personnages que j'ai tant appréciés durant les 4 précédentes saisons. The Affair est définitivement à mes yeux une grande série, et en tant que telle, elle a eu droit à une grande fin.

Triple Threat : Pour tout amateur de films de baston et d'arts martiaux, le casting de ce film est vraiment de tout premier ordre, jugez plutôt : le Tony Jaa de Ong-Bak, le Iko Uwais de The Raid, Michael Jai White et Scott Adkins, Tiger Chen et quelques autres gueules cassées qui se foutent sur la tronche, vous je ne sais pas, mais moi ça me fait envie !! Alors dans les faits on a bien notre dose de bastons et de combats chorégraphiés, je dirais, presque "à l'ancienne". Entendez par là "rien de neuf ni d'innovant" dans ces combats-là. Rien de honteux non plus remarquez. C'est juste que vous n'aurez pas la sensation d'être pris au dépourvu par ce que vous voyez comme on a pu l'être par certains scènes de Ong-Bak ou The Raid par exemple. D'où un tout petit sentiment de déception face aux promesses d'un tel casting. Je m'attendais à être soufflé et j'ai eu du classique énergique tout au plus. D'autant que ce n'est pas le scénario ni les scènes de "comédie" qui rattraperont l'ensemble, on s'en doute un peu par avance cela dit. Alors pour la classe générale que dégage l'ensemble des protagonistes de ce film je pense que le film vaut le coup d'oeil, mais il ne marquera pas plus que ça les amateurs de films d'arts martiaux pour autant.  Quand même un petit goût de "ah comme c'est dommage" tant l'affiche promettait de belles choses...

Atypical saison 1 : Petite série de dramédie centrée sur une famille américaine type mais dont l'un des enfants est autiste de haut niveau. Le format est court ce qui donne du rythme au récit et évite ainsi de trop tourner en rond ou de se répéter dans les situations. L'humour fait mouche et est plutôt bien équilibré avec le sérieux et la gravité de certains thèmes abordés. Comme souvent dans ce genre de séries ce qui compte avant tout c'est l'interprétation, et dans ce domaine la brochette d'acteurs présents s'en donnent visiblement à cœur joie et tiennent chacun parfaitement bien leurs rôles. C'est vraiment drôle, frais, intelligent et bien mené, avec un soupçon d'inattendu qui en fait toute l'originalité, il m'est évidemment impensable de ne pas regarder la suite tout prochainement ! Je recommande vivement !

The Deuce saison 3 : Ça y est, il est déjà temps de la dernière saison de The Deuce, le dernier bijou en date de David Simon... Chaque saison retrace une nouvelle période, cette fois c'est en 1984 que l'on retrouve les héros de la 42ème rue. Le quartier est en pleine métamorphose, d'importants enjeux financiers sont de la partie, l'ambiance populaire laisse petit à petit place à une autre, plus chic et plus feutrée, que veulent imposer les investisseurs immobiliers. L'heure est au nettoyage du quartier... Comme d'habitude la reconstitution est fidèle et bluffante, on est plongé en plein dans les années 1980. Les personnages évoluent également, du moins surtout les personnages féminins : Eileen assume tant bien que mal son statut d'artiste, son indépendance de femme active et ses idées sur la liberté individuelle tout en se confrontant au féminisme revendicatif montant, Abigail voit elle aussi ses convictions mises à mal par les abolitionnistes, quant à Lori qui est devenue une star du porno, elle ne rêve que de simplicité, de reconnaissance et de respect sans parvenir à trouver son équilibre entre cures de désintox et scènes de plus en plus dégradantes et hard dans les films qu'elle tourne. Les personnages masculins quant à eux sont à l'opposé : ils stagnent, voire ils font tout leur possible pour que les choses qu'ils connaissent ne changent pas, freinent des deux pieds pour préserver un statu quo bien fragile et une position dominante qui leur échappe de plus en plus. Pour moi c'est le vrai thème de la série, au-delà du sexe, de la prostitution ou du féminisme : la dualité face au changement entre les femmes et les hommes. Je trouve dommage que la série s'arrête ainsi à sa troisième saison, il y aurait sans doute eu encore pas mal d'idées à explorer, mais l'avantage d'une fin programmée c'est que les intrigues et les personnages connaissent ainsi une véritable évolution jusqu'à une conclusion correcte et qui se tient. Le dernier épisode la joue un peu sur le ton de la nostalgie du temps passé, on revoit des personnages figés à une période bien précise de leur vie, et cela permet de revoir toute leur évolution depuis le début de la série. Cette troisième saison est peut-être un poil moins viscérale que les deux précédentes, mais on y ajoute un peu plus de drame pour compenser et garder toute l'attention du spectateur. Bizarrement à mes yeux, cette série n'a pas pour héros les frères jumeaux pourtant présentés comme personnages principaux, mais bel et bien Eileen d'une part et Lori d'autre part. Excellente série que The Deuce qui referme ses portes sur une troisième saison douce-amère dont chacun décidera de retenir ce qui l'aura le plus touché. Des fresques télévisées comme celle-ci, j'en redemande.

Vingt-Cinq saison 1 : Vingt-Cinq est une petite perle française qui s'aventure sur un terrain pas si souvent visité par les séries françaises, le mélange entre dramédie et réflexion générationnelle. Comme son nom l'indique, les personnages centraux ont 25 ans et cet âge marque le signe du changement pour chacun d'entre eux. Il y a Jérémie qui vit une rupture amoureuse et la fin de sa première relation longue durée ce qui l'amène à se demander ce qu'il veut faire de sa vie "d'après", il y a Jonas qui se pose des questions sur sa sexualité et a le plus grand mal à se positionner, il y a Adrien qui va se marier, devenir papa et qui a déjà un prêt sur le dos pour sa maison qui commence à regretter de n'avoir pas pu profiter de l'insouciance de sa jeunesse, et il y a Alex qui aimerait bien quitter sa mère juive ultra-envahissante pour voler de ses propres ailes. Ces 4 là sont potes et se soutiennent tant bien que mal chacun dans son mal-être. C'est parfois pathétique, parfois drôle, mais toujours très juste. Et pour une fois je n'ai pas ressenti le décalage de génération avec les "jeunes d'aujourd'hui" et je me suis retrouvé dans l'expérience des uns et des autres tel que j'ai pu être moi aussi vers cet âge-là. La question d'une seconde saison se pose, bien que la première se tienne plutôt bien telle quelle ; personnellement je dirais que si suite il devait y avoir il serait peut-être judicieux de la nommer Trente et de l'axer autour d'un autre âge pivot histoire d'éviter la redite, de voir l'évolution sur le long terme des personnages et d'avoir de la suite dans les idées... En tout cas Vingt-Cinq c'est bien sympa et je recommande !

Preacher saison 4 : Voici donc la quatrième et dernière saison de Preacher (déjà). Stoppée parce qu'elle n'avait pas assez de succès par rapport à ce qu'elle coûte, la série a au moins eu la chance de connaître son destin avant la fin, ce qui a permis aux scénaristes de mettre un terme proprement à l'histoire, d'une manière un peu rapide certes mais au moins on a une vraie fin. Preacher s'est elle-même tiré une balle dans le pied avec une première saison beaucoup trop lente et qui a dû perdre pas mal de spectateurs dans ses tergiversations. La suite a été bien plus productive et l'intrigue a pu réellement avancer mais je crois que le mal était fait. Tant pis, au moins dans cette dernière saisons les scénaristes ont pu se faire plaisir et ont réussi à caser encore quelques bons passages, gores, irrévérencieux, bourrins et grassement drôles tels qu'ils sont légions dans le comic book d'origine. On sent que les personnages de Cassidy et de Herr Starr sont spécifiquement préférés par les auteurs et ça tombe bien parce que ce sont mes préférés aussi, on les retrouve donc au centre des scènes les plus marquantes de cette saison. Avec une petite percée de ce point de vue-là de Dieu himself qui a droit quelques scènes bien torchées et assez délirantes ! Je reste avec cette série sur un goût d'inachevé et un petit arrière-goût de gâchis par rapport à ce qu'elle aurait pu être, mais dans le paysage actuel des séries américaines on ne peut pas vraiment se plaindre de Preacher qui sort déjà très largement des sentiers battus sur pas mal de points, en particulier son rapport à la religion. Je continue donc de conseiller cette série à ceux qui aiment quand c'est un peu trash et drôle sans être con, et je conseille encore plus chaudement les comics qui sont un des chefs-d'oeuvre de leurs auteurs (Garth Ennis et le regretté Steve Dillon) !!

Hang Ups saison 1 : Petite curiosité que ce Hang Ups au format un peu particulier, épisodes courts dont la majorité des plans sont issus de caméras online : webcams, smartphones, caméras de surveillance etc... La webcam est du reste l'outil de travail principal du thérapeute Richard Pitt qui donne des consultations en ligne. On le voit donc aux prises avec ses différents patients, tous bien gratinés, sa supérieure hiérarchique chargée de l'évaluer, et son propre thérapeute que Richard consulte régulièrement. Et puis il y a ses communications plus privées, avec sa femme, les collègues de sa femme, son ami qui gère son site internet de consultations, ses enfants, ses frère et soeur, son père... Les discussions sont montrées sous forme de pastilles qui ne durent jamais plus de 2-3 minutes à tout casser, ce qui permet de mettre du rythme dans ce programme court. D'ailleurs niveau rythme il faut suivre, parce que c'est assez mouvementé la vie de psy, contrairement à ce qu'on pourrait croire ! Les personnages sont tous un peu exagérés, voire caricaturaux pour certains, mais dans le bon sens du terme, à savoir le sens qui fait rire ! Je me suis vraiment bien marré dès lors que j'ai compris et accepté le format de la série et ses codes un peu particuliers. Certains personnages sont réellement savoureux, je pense surtout à l'ami de Richard, le patron de sa femme et son thérapeute (ce dernier rapporte tout au sexe, et envoie des fions bien puissants sur un ton toujours mesuré et monocorde, un humour à froid que j'adore). Bref, c'est court et ça se regarde très vite, c'est drôle, sans prétention et rafraîchissant et c'est anglais. Une petite pépite quoi.

Peaky Blinders saison 5 : En quelques années Peaky Blinders est devenue l'une des séries anglaises les plus addictives du moment. Parler de haut du panier en ce qui la concerne est un doux euphémisme. Reconstitution historique des années 1920-1930 fabuleuse dans une Liverpool grisâtre et ouvrière, des bas-fonds aux strates gouvernantes en passant évidemment par les différents clans mafieux prompts à imposer leur loi... Visuellement la série possède une véritable identité propre, quant aux personnages ils sont impeccablement interprétés par un casting aux petits oignons. Avec cette saison une nouvelle menace sur le clan Shelby avec la montée du fascisme en 1929 qui voit son idéologie emporter de plus en plus de succès à travers toute l'Europe et au cœur de la Grande Bretagne également... Non pas que les Peaky Blinders soient des saints, mais ils ont un honneur à défendre et des origines gitanes qu'ils n'oublient pas, qui plus est le business en sous-main des Shelby connaît quelques difficultés dues à la montée du fascisme dans le pays... Plus politique que jamais, cette cinquième saison continue sur sa lancée et confirme le gage de qualité auquel son nom est à présent associé. Le seul défaut de cette série : les saisons sont courtes et on dévore les épisodes trop vite, ce qui impose une longue attente avant de voir la suite. Il y a pire comme défaut non ?

Nox : Mini-série qui a priori n'est pas appelée à connaître de suite (l'intrigue est conclue à la fin sans laisser de points non élucidés pour une éventuelle suite), on navigue ici dans un entre-deux qui balance entre la série policière à la façon Engrenages et quelque chose de plus sombre, de plus cruel et de plus glauque comme Mr Mercedes par exemple. Le tout à la sauce frenchie, avec ce que cela implique de qualités et de défauts. La qualité indéniable c'est l'espèce de proximité avec les personnages et les lieux, c'est cette sensation de plongée dans un monde tout proche, presque le quotidien de chacun, du coup on se sent vraiment impliqué dans l'histoire. Le défaut c'est ce sentiment qui point de temps en temps et qui donne trop l'impression qu'on a voulu "faire comme les américains" sur certains passages. Un mimétisme pas toujours bien digéré. Ce qui m'a personnellement systématiquement fait tiquer c'est malheureusement le jeu de l'actrice principale, à savoir Nathalie Baye, qui n'a jamais réussi à me faire croire à son personnage. Elle joue la vieille flic badasse, tellement borderline qu'elle s'est faite virée de la police, sèche, rugueuse, froide comme la mort et des jurons plein la bouche. Sur le papier le personnage tient à peu près la route, mais sur pellicule l'actrice ne parvient pas à donner le change, elle est toujours dans le too much, le décalage. Je ne sais pas s'il s'agit d'une problème de timing de jeu, d'image trop marquée de l'actrice, mais je n'ai jamais cru à la véracité de ce personnage. Dès qu'elle intervenait dans une scène je voyais Nathalie Baye qui essaie de jouer la méchante, au lieu de  voir le personnage de fiction sans me poser de question. C'est d'autant plus dommage que tous les autres membres du casting sont vraiment très convaincants dans leurs rôles. Côté histoire c'était assez original pour une fiction française, le ton est sombre, l'image ne cherche pas à être jolie ou tape-à-l'oeil et c'est tant mieux, le scénario est plutôt jusqu'auboutiste ce qui n'est pas du tout pour me déplaire et la conclusion a réussi à me surprendre ce qui est toujours positif. Ce n'est pas une série de référence, mais je ne regrette pas de l'avoir vue, ses qualités l'emportent sur ses défauts.

After Life saison 1 : Ricky Gervais est le sale gosse de l'humour anglais et il adore ce rôle. Il le prouve une fois de plus avec sa nouvelle série, After Life où il trouve l'alibi parfait pour sortir tout ce qui lui passe par la tête y compris les pires horreurs : il vient de perdre sa femme adorée et balance entre envies suicidaires et humour à froid farci de vérités politiquement incorrectes qui font tant de bien quand on s'autorise à enfin les dire au lieu de se contenter de les penser très fort... Format court, nombre réduit d'épisodes, la série se regarde avec plaisir et très rapidement, on a pas le temps de tourner en rond ni de s'ennuyer puisque les choses évoluent assez vite et que le scénario ne laisse pas de place au remplissage de rigueur dès lors qu'il s'agit d'allonger la sauce à pas cher ou de palier à un manque de talent comique ou narratif. Ici pas besoin d'artifices : c'est bien écrit, c'est bien joué et ça va à l'essentiel de la même manière que ça met les pieds dans le plat régulièrement. Vraiment une très bonne surprise que cette petite série, un subtil (bien plus qu'on ne s'y attend) mélange d'humour vache, de méchanceté et de sensibilité, la parfaite illustration d'une immense fragilité cachée derrière une épaisse carapace aux épines affutées. Ouais, en fait j'ai adoré.

Joker : Un film marquant. Un film de super-héros qui n'en a que le nom, et qui doit aux comics l'origine du nom de son personnage central mais pas grand-chose de plus. Un film sur la solitude, le désœuvrement, l'incompréhension d'individus fragiles face à un monde de plus en plus dur et cruel, la folie de l'humanité et l'inhumanité de la société... Un film sur le bien et le mal, et la frontière floue entre les deux selon le point de vue où l'on se situe pour l'observer... Un film dérangeant, car profondément humain. Une prestation d'acteur complètement hors du commun de la part de Joaquin Phoenix, la relecture d'un personnage que tant d'autres avant lui ont déjà interprété avec talent, sans sensation de déjà-vu, sans copie, sans répétition. Un film parfaitement original avec un personnage pourtant ultra-connu et dont on pensait avoir fait le tour depuis longtemps. Un grand moment de cinéma, mais un film pas forcément agréable à regarder, hypnotisant mais pas forcément beau, un film qui fait réfléchir mais qu'on aura du mal à "aimer" pour autant. Et en tout état de cause, un film vraiment différent. À voir et à digérer lentement.

Fear The Walking Dead saison 5 : Plus le temps passe et les saisons défilent, plus je trouve que la série spin-off de The Walking Dead s'en sort mieux que la série mère !! Pourtant c'était tout le contraire au départ de Fear The Walking Dead. Je pense avoir compris en partie pourquoi mon jugement a doucement changé : les personnages insupportables du début ont presque tous été éliminés pour être remplacés par de personnages que j'ai plus de plaisir à suivre (John & June par exemple, ou Morgan qui a ici pris une étoffe bien plus intéressante que celle qu'il avait avant son transfuge dans le spin-off). Le scénario part un peu dans tous les sens et le perpétuel aller-retour temporel d'un épisode à l'autre est parfois fatigant à suivre, mais dans l'ensemble j'aime mieux les idées développées dans FTWD que dernièrement dans TWD. Et puis il faut avouer que cette saison 5 a eu de bons moments, et surtout un épisode final marquant et inattendu dans ses 5 dernières minutes, et ça c'est bien. Maintenant pour le reste ça reste une série moyenne qu'on suit surtout parce qu'on l'a commencée et qu'on a du mal à l'abandonner définitivement, pas une série qui vous retourne la tête à chaque épisode, soyons clairs. Mais si TWD mérite d'être suivi alors FTWD le mérite un peu plus !

Killing Eve saison 2 : La première saison de Killing Eve avait un peu surpris tout le monde et ce duo d'actrices détonnait quelque peu par leur relation très spéciale d'amour-haine poussée à son paroxysme. Enfin à son paroxysme, ça c'était avant la saison 2 qui va encore un peu plus loin dans cette direction, et qui continue de surprendre, ce qui pour une seconde saison est très appréciable car souvent le virage est difficilement négocié après une première saison trop réussie et trop originale. Killing Eve parvient donc à se renouveler sans se répéter, à approfondir sans tourner en rond, et à étonner là où on pensait avoir compris le mécanisme de la série. Évidemment le scénario y est pour beaucoup, mais le duo d'actrices est tout de même au centre de tout, y compris de la réussite de la série. La comédienne qui interprète Villanelle, Jodie Comer, prend encore plus d'ampleur dans la seconde saison, et réussit à garder un frêle équilibre entre justesse et exagération sans jamais sombrer dans le piège qui se tend à elle, celui de surjouer son personnage. Rarement j'aurais vu un personnage aussi surprenant et imprévisible que Villanelle, et l'actrice lui donne corps avec un talent flagrant. Maintenant que la seconde saison a aussi bien marché que la première, le défi sera de basculer sur une suite qui ne se répétera pas, et je suis curieux de voir vers où les scénaristes vont aller... Mais Killing Eve continue d'être une très bonne surprise et confirme donc tout le bien que j'en pensais avec cette seconde saison parfaitement bien maîtrisée. Il y a donc tout lieu d'être positif et optimiste pour la suite !!

Shazam ! : N'étant pas un fin connaisseur de l'univers DC Comics, je ne connaissais Shazam que de réputation. Je savais grosso-modo de quoi ça causait et l'idée de base, mais je n'avais jamais lu la moindre histoire mettant en scène ce super-héros tout droit sorti des années 1950. Alors on aurait pu craindre un traitement "à l'ancienne" justement mais pas du tout. Le concept de Shazam a été modernisé et parfaitement bien adapté au public d'aujourd'hui, et principalement d'ailleurs à un public jeune (alors que paradoxalement les super-héros, lecture enfantine à la base, a lentement évolué depuis les années 1960 pour être de plus en plus destinée à un public plus adulte qui aura finalement grandi en même temps que ses héros préférés...). D'ailleurs ça n'a pas manqué de fonctionner à plein tube : mes garçons ont tout à fait accroché à cette histoire d'un jeune garçon qui se transforme en super-héros adulte ultra-balèze mais qui garde son esprit de gamin. Ça leur parle parce que ça se place à leur niveau, bien qu'il y ait également quelques clins d’œil aux plus grands, ce qui en fait un vrai spectacle familial qui marche à plusieurs niveaux de lecture mais reste plutôt dans le cadre de l'humour (quoi qu'il y ait une touche de drame aussi, les rapports familiaux étant un des thèmes centraux). Dans ce contexte le film matche bien, et c'est bien dans ce contexte qu'il faut le regarder. Exit une quelconque noirceur, Shazam se veut avant tout lumineux et gai, il faut le prendre pour ce qu'il est : presque un feel-good movie dans le genre très particulier des films de super-héros. Étant incapable de comparer le film à l’œuvre papier faute de culture personnelle dans ce pan des comics américains, je ne me prononcerais donc pas sur le plan de l'adaptation. Mais ce que je peux dire c'est qu'en tant que film de super-héros destiné aux gamins, Shazam fait le job.

Pure saison 1 : Les anglais sortent parfois comme ça des perles, des trucs inattendus et qui rentrent dans le lard, et bien souvent quand ils y vont, ils ne font pas dans la dentelle. La série Pure est de ce bois-là. C'est l'histoire de Marnie, une jeune femme qui souffre de pensées parasites à caractère sexuel, euh... très sexuel même, et la plupart du temps carrément dégueu, qui l'empêchent d'avoir des relations sociales normales, car ses pensées s'imposent à elle à tout moment y compris les moins indiqués... en famille, au boulot, avec ses amis, Marnie ne peut pas s'empêcher de penser à des situations scabreuses et bien déviantes, et ce ne sera pas sans lui poser quelques problèmes... Série au format court, complètement décomplexée et parfaitement assumée, Pure ressemble à un ovni comme on en voit passer parfois, sans s'y attendre et qui nous laissent un peu éberlués. À voir aussi bien pour l'originalité du propos que pour le jusqu'auboutisme des idées... mais évidemment c'est à réserver à un public... averti dirons-nous !!!

Ad Astra : Annoncé comme un petit événement en soi, Ad Astra promettait beaucoup. De par son réalisateur, James Gray qui a déjà fourni de très bons métrages. De par son casting, plutôt classieux et qui a le vent en poupe (Brad Pitt enchaîne coup sur coup le Tarantino et Ad Astra, offrant deux prestations très différentes mais saluées toutes deux). De par son genre, la SF, qui régulièrement sert à certains grands réalisateurs à sortir de leur zone de confort et d'apporter leur vision, leur touche en plus du vernis SF de ce type d'histoire. De part son thème, la relation père-fils, la position du fils quand son père est une sommité et que le fils essaie d'exister dans le même domaine que lui, à la fois pour lui rendre hommage et le rendre fier. Thème qui m'a toujours passionné et qui m'est cher. Bref, ça promettait donc. Et je suis bien désolé, presque triste, de devoir le dire comme ça, mais je me suis fait un peu chier pendant ce film. On sent bien que James Gray veut y mettre une ambiance toute particulière, faite de non-dits et de silences (ça tombe bien, dans l'espace on ne vous entend pas crier n'est-ce pas ?) et pour tout dire, il arrive à atteindre cet effet très intimiste qu'il recherche, mais peut-être presque un peu trop bien, car ça éteint tout le reste du film (contrairement à une autre ambiance similaire au contexte assez proche, dans le film Solaris de Steven Soderbergh). L'espace n'est finalement qu'un décor un peu plus particulier qu'un autre, mais il n'est pas suffisamment exploité pour apporter tout ce qu'il aurait été convenu d'attendre d'un film catégorisé "de SF". Alors ça donne un jeu sur les silences pendant la course poursuite sur la Lune, ça donne un effet stylisé à "la" scène de trouille lors de l'abordage du vaisseau en détresse, et ça augmente un peu l'effet dramatique du sauvetage en fin de film, mais ça reste un "accessoire" un peu classe et cher, rien de plus. Et là où j'ai encore plus été gêné aux entournures, c'est quand en sus de tout cela, certains "détails", purement liés au contexte "espace", n'étaient pas gérés comme ils l'auraient dû. Pendant le sauvetage en orbite autour de Saturne par exemple. C'est con mais moi ça me sort du truc, j'ai besoin de cohérence pour y croire. Bref, j'ai été déçu par le film, aussi bien sur le fond que sur la forme, certainement me suis-je fait prendre par le fait qu'on me l'avait trop bien vendu (le matin encore avant de le voir, j'en avais entendu une critique dithyrambique à la radio). La critique étant toutefois assez unanime et positive envers Ad Astra, j'en déduis donc que je dois être un spectateur au mauvais goût prononcé !!

Chernobyl : Au départ j'ai hésité à regarder cette mini-série, avec l'idée que ça risquait de tourner vite en rond sans nous en apprendre beaucoup plus sur cette catastrophe nucléaire dont je gardais quelques souvenirs vus depuis ma fenêtre de français limitrophe de l'Allemagne, frontière rappelons-le strictement respectée et non-franchie par le nuage radioactif (j'avais 11 ans à l'époque). Ben en fait j'avais grandement tort, et ce pour plusieurs raisons. Bien qu'on connaisse tous l'événement, on en a une connaissance très limitée finalement, et la série nous apprend un tas de choses sur le déroulement de ce qui s'est passé en avril 1986. Autre point fort : la vulgarisation des raisons qui ont mené à cette catastrophe est vraiment bien faite : ni trop simplifiée, ni trop compliquée pour peu qu'on soit un minimum attentif (à l'épisode du procès tout particulièrement). Le fait de revenir sur un événement historique dont on a soi-même des souvenirs parce qu'on l'a vécu, pourrait faire croire qu'on en sait déjà l'essentiel et que toute la partie "suspense" s'en trouve tuée dans l’œuf, mais en fait non, l'intrigue reste prenante, on est dans l'action, on craint pour les personnages et on se retrouve dans le même état d'interrogation sur l'avenir proche qu'eux. Preuve supplémentaire que cette série est bien foutue ! Le seul bémol que je me permettrais d'ajouter au sujet de cette excellente série, c'est l'état dans lequel elle nous laisse. Elle aborde les faits de manière froide et sans concession (je vous préviens, vous allez voir en gros plan quels sont les effets d'une irradiation à haute dose sur l'organisme humain...), et apporte des explications claires et tout aussi froides sur ce qui s'est passé. Et clairement c'est très, très glaçant. Déprimant. Triste. De mesurer l'inconséquence de certains dirigeants politiques. De comprendre les vraies raisons, très concrètes et matérielles qui se cachent derrière tout ça. De voir toutes les conséquences et implications qu'une telle catastrophe a pu entraîner. Et surtout de saisir à demi-mots que ce genre "d'accident" était presque inévitable, et que l'avenir ne nous met pas à l'abri qu'un enchainement de circonstances de ce type pourrait se reproduire ailleurs, autrement, mais tout aussi inévitablement... À regarder absolument, mais à éviter absolument si vous en êtes en période de déprime !!

Warrior saison 1 : J'avais méchamment accroché à la série Banshee voici 4 ans de cela. Donc quand j'ai appris que le même showrunner repartait sur une nouvelle série basée sur le même concept, à savoir un casting de quasi-inconnus qui ont de la gueule, une bonne dose de baston et quelques morceaux de sexe et nudité dedans, je me suis dit qu'il fallait que j'aille y voir. Et j'ai très bien fait, puisque non seulement tous les ingrédients cités ci-avant sont bien présents, mais qu'en plus l'histoire est plutôt sympa. A priori basée sur une idée non-développée à l'époque de Bruce Lee himself, on plonge dans le San Francisco de la fin du 19è siècle, plus particulièrement à Chinatown, au sein de la communauté chinoise en pleine expansion (car c'est elle qui fournit la main-d’œuvre la moins chère de l'époque, en concurrence directe avec celle en provenance d'Irlande). Plusieurs organisations mafieuses du type triade se font la guerre plus ou moins ouvertement pour le contrôle de Chinatown. C'est dans ce contexte qu'Ah Sahm (qui touche sa bille en arts martiaux) débarque en provenance directe de Chine à la recherche de sa sœur, et qu'il va travailler comme homme de main pour les Tongs (rien à voir avec les pompes). Lutte de pouvoir, conquête de territoire, enjeux communautaires, politiques mais aussi personnels et sentimentaux, Warrior brasse plusieurs thèmes et de nombreux personnages qui laissent présager de très bons moments dans les saisons à venir. En tout cas cette première saison est plutôt réussie et donne envie de voir la suite !!

Mindhunter saison 2 : Après une première saison vraiment très prometteuse, voici le retour de la série de David Fincher, qui continue exactement sur la lancée de la première salve d'épisodes. Cette seconde saison est un peu moins centrée sur l'agent Ford et met plus en avant le développement narratif de l'agent Tench et de la psychiatre Wendy, ce qui est une très bonne chose car elle ajoute de l'humanité à ces personnages qui étudient l'inhumanité des tueurs en série. L'arc narratif de Bill Tench et de son fils est à ce titre très intéressant, car il met en perspective l'aspect théorique de son travail qui consiste à récupérer le maximum d'information sur les tueurs psychopathes et les parallèles qu'il ne peut s'empêcher de s'imaginer avec ce qu'il vit au cœur même de sa famille. Idem pour Wendy contrainte de ne pas étaler au grand jour son homosexualité, celle-ci étant encore considérée comme une maladie mentale à cette époque... triste réalité et paradoxe cruel pour une psychiatre de renom... Les interviews de tueurs en série sont moins nombreuses que lors de la première saison mais toujours des moments très particuliers et intéressants, elles cèdent la première place à l'enquête sur le terrain que vont mener Holden et Bill pour débusquer un tueur qui fait des ravages à Atlanta au sein de la communauté noire de la ville (on parle là d'un cas réel comme souvent quand la série aborde les tueurs en série). Mindhunter est une série exigente, on n'y entre pas aussi facilement que cela, elle demande un peu de patience, mais dès lors qu'on se laisse happer par les personnages elle prend un tour vraiment passionnant, à son rythme lent mais inexorable. Excellente série dont j'attends déjà avec impatience la suite !!

Voyez comme on danse : Dire qu'on ne l'attendait pas ce film tient de l'euphémisme ! Cette suite à un film près de 20 ans après, avec une partie seulement du casting d'origine et quelques nouvelles têtes (et donc de nouveaux personnages), c'était osé et en même temps, pour moi qui ai beaucoup apprécié Embrassez qui vous voudrez en son temps, cela excitait ma curiosité de voir ce que cette suite donnerait. Alors ça n'est pas un mauvais film, mais il n'est pas à la hauteur du premier non plus, enfin à mon humble avis. Le positif d'abord : les acteurs sont tous bons et ils se font visiblement plaisir à interpréter leurs rôles. Les répliques fusent et souvent on retrouve la même tonalité d'humour que dans le premier film, ce qui est une grosse qualité à mes yeux. Le rythme est bon, on ne s'ennuie pas, c'est enlevé, c'est frais. Les points négatifs : à mon sens le principal vient du casting. Pas des acteurs présents, mais bel et bien de ceux qui sont absents, car on aurait eu envie de les retrouver eux aussi, 20 ans plus tard, et voir leur évolution dans le temps. Le personnage de Jérôme étant à mon avis celui qui manque le plus cruellement dans le second film. Alors il est fait référence à eux et on apprend par personnages interposés plus ou moins ce qui leur est arrivé entre temps, mais rien n'y fait, ce n'est pas la même chose malgré tout. Second bémol : si on n'a pas vu le premier film, le second ne doit être très moyennement intéressant et un peu obscure sur certains points car on n'a pas la présentation des personnages (en particulier celui de Michel Blanc tombe comme un cheveu sur la soupe pour qui ne le connaît pas au préalable). Dans l'ensemble le film m'a plu, j'ai ri, et les nouveaux personnages sont sympas (celui de Jean-Paul Rouve en tête). À voir si vous avez aimé Embrassez qui vous voudrez.

Once upon a time in... Hollywood : Le dernier Tarantino en date, un casting aux petits oignons, du buzz, des personnages ayant réellement existé dont Polanski et surtout Sharon Tate juste avant de se faire trucider par la Manson Family... bref les arguments étaient bien suffisants pour me mener en salle obscure me faire un avis sur ce film qui a tant fait parler de lui. Et j'ai vraiment bien aimé. J'ai été bluffé par le jeu de Di Caprio, j'étais comme un gamin à essayer de capter toutes les références à la pop-culture que je pouvais, je me suis demandé pendant tout le film où Tarantino voulait en venir mais sans m'ennuyer une seconde, j'ai été complètement surpris quand j'ai enfin compris l'idée derrière la tête du réalisateur/scénariste (j'y suis allé sans m'être fait spoiler avant), je me suis amusé et ai bien ri, j'ai adoré la bande son -comme toujours chez QT- et en fin de compte je suis ressorti de ce film avec la banane. Mieux : il m'a donné envie de revoir ses films précédents. Mieux encore : il m'a donné envie de revoir des vieux films de l'époque des années 1970, des Clint Eastwood, des Charles Bronson, des Steve McQueen... On peut lui reprocher plein de choses, on peut détester ses tics visuels et ses obsessions, on peut être gêné par son ton et son plaisir pervers à aller là où ça gratte de manière sciemment provocatrice, mais on ne peut ôter à Tarantino qu'il est un réalisateur hors-norme, un sale gosse du cinéma qui fait exactement ce qui lui chante et si possible ce qui va emmerder le plus grand nombre de bien-pensants possible. Pour ma part c'est très exactement pour cela que je l'aime. Film recommandé, ça va de soi.

Thunder Road : Alors là les amis, attention OFNI. Rarement eu autant de mal à définir le style d'un film que pour ce Thunder Road. On oscille constamment entre le rire gêné, l'empathie pour le personnage principal, la tristesse profonde face à ce qu'il lui arrive, et le sentiment de voir un clown loufoque malgré lui, totalement décalé. L'apparence de normalité que dégage le héros est très friable, et en-dessous on a vite à faire à un personnage totalement inidentifiable, incernable, très dérangeant en vérité. Pourtant plus d'une fois on ressent des vérités profondes émaner de lui à travers les sentiments qu'il exprime. De la détresse, de l'amour, de l'émotion, de la colère, de la déception, de la tristesse, de l'enthousiasme, de la nostalgie, des regrets, de la bienveillance, du désespoir... il y a tout ça dans ce personnage, et bien souvent ça déborde bien malgré lui (je précise : à l'insu du personnage, évidemment pas du comédien qui réalise là une performance d'acteur assez remarquable). On ne sait pas comment réagir face à cet olibrius qui ne répond à aucun canon habituel : il nous déroute et parvient à nous paraître aussi attachant qu'insupportable. C'est une vraie expérience à part que de regarder ce film, et à vrai dire je ne sais pas exactement comment me positionner après l'avoir vu. Je ne sais pas si je dois le conseiller ou non, je ne sais même pas s'il m'a plus ou non !! En tout cas il m'a totalement sorti de ma zone de confort en tant que spectateur, et c'est en ce sens que je parlais d'OFNI en préambule. Pour le coup je vous laisserai vous faire votre propre opinion, je ne peux affirmer qu'une chose : vous serez pris au dépourvu.

Stranger Things saison 2 : Après une première saison aussi surprenante qu'inattendue, Stranger Things était attendue au tournant. Et la série a vraiment très bien négocié le virage de sa seconde saison ! On reste dans l'ambiance de la première, les ingrédients sont peu ou prou les mêmes, et pourtant on n'a pas l'impression de répétition, signe que l'histoire est bonne (et la mise en scène itou). Le casting se révèle toujours aussi excellent, que ce soit chez les adultes ou chez les enfants. Attention cependant : les gamins ça grandit vite, et on sent déjà qu'ils ne sont plus aussi mômes que dans la première saison. On a beau leur faire des coupes au bol, ça ne fonctionnera pas éternellement et on touche déjà les limites de la stratégie capillaire là... David Harbour est quant à lui toujours aussi bon dans son rôle de shériff bourru au grand coeur. Le combo horreur-humour qui d'habitude me lasse vite (la plupart du temps on verse rapidement dans le grand guignol avec ce genre de cocktail) est ici vraiment bien maîtrisé, et les deux versants de l'histoire fonctionnent très bien sans se phagocyter l'un l'autre. À voir ce qu'il en sera de la troisième saison, mais cette seconde saison est vraiment très réussie, et très recommandable !

Traîné sur le bitume : Alors j'en avais entendu énormément de bien de ce film, et j'avais été déçu d'apprendre qu'il sortirait directement en vidéo sans passer par les salles obscures. Une très bonne critique le précédait, et j'ai donc déchanté un tantinet pendant la première heure du long métrage. Parce que c'est très lent, ça prend beaucoup, beaucoup de temps pour poser les différents personnages, y compris des seconds rôles (et il y en a quelques uns), et que l'action et le spectaculaire mettent du temps à arriver. Par contre quand ça arrive, ça vous balance un putain d'uppercut que vous n'aurez pas vu venir du tout ! Et ensuite, jusqu'au dénouement du film, vous aurez encore droit à deux ou trois scènes ultra-violentes qui vous prendront de cours et auxquelles, même dans le contexte, vous ne vous attendrez à coup sûr pas ! Je dirais même qu'il y a une sorte de véritable cruauté dans le traitement des personnages et dans ce qui leur arrive, chose qu'on n'a pas forcément l'habitude de voir dans les films d'action américains. Le casting est plutôt prestigieux pourtant aucun des comédiens n'est dans sa zone de confort : c'est déroutant et ça ajoute à la surprise de voir ce qu'il advient de leurs personnages, car on n'a pas l'habitude de les voir dans des rôles tels que ceux-là (l'exemple le plus frappant à mes yeux c'est le rôle de Michael Jai White, mais c'est valable pour Mel Gibson, Vince Vaughn et Jennifer Carpenter aussi !!). J'avoue que j'ai été complètement pris par surprise par ce film, d'abord dans le mauvais sens, puis complètement bluffé par ce que je voyais. Et finalement la lenteur du début a été balayée par les scènes électro-chocs de la seconde partie du film. Grosse sensation donc, je recommande fortement ! (et je conseille de la patience au début...)

The Boys saison 1 : Dire que je l'attendais dès lors qu'elle avait été annoncée, tient du doux euphémisme. Garth Ennis est un scénariste hors du commun qui a écrit 3 des comics qui m'ont le plus marqué au monde : Preacher, The Boys et son run sur le Punisher. L'adaptation du Preacher m'avait un peu déçu sur sa première saison, se rattrapant sur la suite mais condamnée prématurément, la quatrième saison en cours de diffusion étant la dernière. Je craignais d'autant plus pour The Boys que Ennis avait été encore plus jusqu'auboutiste dans son art de choquer et taper là où ça fait mal aux américains, j'avais donc très peur de l'édulcoration que risquait de subir son adaptation télévisée. Édulcoration il y a eu, en particulier sur tout ce qui est lié au sexe. Ça reste déjà gratiné pour une série de super-héros, mais en effet visuellement ça n'a rien à voir avec la BD de ce point de vue. Pour ce qui est de la violence et de l'immoralité des personnages en revanche, on est plutôt bien dans les clous du comics, et ça c'est déjà une excellente nouvelle en soi. Donc on peut dire que ça envoie du lourd à l'écran de ce côté-là. L'histoire est un peu modifiée et c'est assez logique : la BD s'adresse directement aux fans de comics, et part du prérequis que le lecteur est familier des super-héros et connaît une grande partie des personnages DC et Marvel, ce qui permet des private jokes, des détails et un foisonnement de super-slips même un peu obscurs pour le grand public. La série télé a voulu certainement éviter un trop fort effet de niche, et s'est donc concentrée (pour le moment) sur des super-héros très connus qui son pastichés dans "les Sept". Mais ce n'est pas grave, c'est même plutôt judicieux que de faire en sorte de ne pas perdre les téléspectateurs avec des héros de seconde zone comme on en croise à volonté dans le comic-book. L'histoire aussi a été un peu remaniée, l'origine et le statut des "ptits gars" en particulier, leur rapport avec la CIA entre autre. Je suis très curieux de voir où ça va mener puisqu'on commence à s'éloigner du comics sur la fin de la première saison, et les promesses d'une seconde saison encore plus trash me font saliver. Et surtout je trouve incroyable que cette série de comics, absolument géniale mais grandement méconnue car pas mainstream du tout, connaisse un tel succès aujourd'hui en série télé (car ça marche du tonnerre j'ai l'impression). Quelque part je suis presque nostalgique de ce temps où ce genre de pépites ne se partageaient qu'entre connaisseurs...

Iron Fist saison 2 : Après une première saison assez plan-plan où il ne se passait pas grand-chose et où surtout il n'y a pas eu beaucoup de kung-fu digne de ce nom, on repart pour une saison 2 un peu plus maîtrisée. Toujours un peu trop étirée en longueur selon moi, mais de meilleure facture tout de même que la première. Grâce e, particulier aux seconds rôles qui ont amené un peu d'intérêt à la série : Davos et Typhoïd Mary sont les bonnes raisons de regarder cette saison. Danny Rand quant à lui est relégué sur le banc de touche : constamment à la ramasse face à ses ennemis, il est plusieurs fois blessé et diminué (ficelle scénaristique pour faire mieux passer le fait que son niveau en arts martiaux est loin d'atteindre celui d'autres de ses partenaires ?), et en cours de route il perd même le titre de Iron Fist, ça ressemble à un aveu... Colin et Misty font le job mais c'est beaucoup de blabla pour peu d'action. Ward et Joy répètent inlassablement les mêmes situations, les mêmes répliques, ça n'avance pas beaucoup en ce qui concerne la psychologie des personnages, si ce n'est à la toute fin. Toute fin a priori définitive puisque la série en restera là, ce qui n'est pas une grande perte en fin de compte. Pour une Misty Knight et une Typhoïd Mary bien trouvées et une Colleen Wing qui tient la route, on a eu surtout une grande endive caoutchouteuse en guise de Iron Fist, quel dommage. La prochaine incarnation du héros (s'il y en a une) ne pourra être que meilleure !

La Casa de Papel saison 1 : Avec pas mal de retard, c'est alors que vient de sortir la saison 3 de cette série phénomène que je me suis décidé à regarder la première saison. Et je dois dire que si je comprends l'engouement qu'a provoqué La Casa de Papel à sa sortie, je n'en suis pas tombé raide dingue pour autant non plus. À son actif il y a de belles qualités : un excellent casting de parfaits inconnus (en tout cas pour qui n'est pas un connaisseur de la scène hispanique), une ambiance travaillée et des images plutôt léchées qui donnent une vraie personnalité visuelle à la série, et surtout un enchaînement de péripéties, un scénario assez malin et une science du cliffhanger consommée qui oblige à se jeter sur la suite à la fin de chaque épisode. Franchement, c'est déjà pas mal non ? Mais malgré tout, à mon avis, La Casa de Papel frôle la perfection sans l'atteindre pour plusieurs raisons, qui tiennent parfois du détail, mais qui m'ont fait tiquer. Quelques exemples : deux otages se font tirer dessus, les deux se font retirer la balle sur place (l'un par un chirurgien, l'autre par les ravisseurs eux-mêmes), et les deux sont sur pieds et plutôt en bonne forme rapidement. Quand je dis rapidement je ne plaisante pas : en moins de 48 heures. Et quand je dis en bonne forme je ne plaisante pas non plus puisque la blondinette s'envoie en l'air peu de temps après sa séance de scalpel en autodidacte (et ses cris ne sont pas de souffrance...). On a beau apprécier le spectacle de la partie de jambes en l'air qu'elle nous offre, c'est quand même moyen crédible. Autre exemple : les toilettes. Il s'y passe plein de choses au nez et à la barbe de ceux qui attendent derrière les portes des WC. Les otages papotent entre eux, voire s'échangent des affaires contondantes sans que les preneurs d'otages qui surveillent de l'autre côté des portes (ajourées en bas et en haut qui plus est) ne se doutent ni même ne remarquent rien. Zéro crédibilité là-aussi. Et puis quelques pirouettes scénaristiques qui permettent de se sortir de cliffhangers ultra-critiques sont à la limite de ce que l'on peut accepter dans le capilo-tracté. Pas totalement impossibles, mais pas très plausibles quand même. Disons qu'il faut accepter certaines choses pour que l'ensemble fonctionne bien. Et puis il y a l'aspect soap qui prend parfois un peu trop de place pour ce qui se veut une série de braquage à suspens à la base. Oui ok machine aime truc mais est quand même attirée par bidule, soit, mais est-ce bien le lieu et le moment ? Malgré toutes ces réserves, je dois bien avouer que l'engrenage est captivant, qu'on est accroché et qu'on a envie de savoir la suite, et que tant que la série flirtera avec les limites du "trop gros pour y croire" sans les dépasser franchement la recette fonctionnera. À condition toutefois de ne pas allonger la sauce indéfiniment non plus, dans ce type de série, le "toujours plus" finit assez vite par lasser. Espérons que la seconde saison saura se préserver de ces pièges...

Glass : Incassable avait été le chef d'oeuvre de M. Night Shyamalan, Split le film de son retour en force, Glass se devait donc de clore cette trilogie tout en se montrant digne de ses prédécesseurs. Je sais que la critique a été un peu dure avec ce film, pourtant moi je l'ai vraiment beaucoup aimé. Certes on a un peu un sentiment de déception pour ce qui est de la confrontation pure entre les trois protagonistes principaux, en particulier ça manque un chouïa de spectaculaire pour ce qui concerne l'affrontement entre David Dunn et La Bête. Mais à bien y regarder, Incassable non plus n'avait pas cet aspect spectaculaire, ce n'est donc pas primordial à mes yeux. J'ai cependant beaucoup apprécié la confrontation dans le jeu des trois personnages et des trois interprètes chacun dans des registres très différents. Quel plaisir de retrouver Bruce Willis dans un bon rôle par exemple ! Samuel L. Jackson est splendide dans le rôle de l'homme qui casse, si fragile et si dangereux à la fois. Et évidemment le clou du spectacle est assuré, comme dans Split, par James McAvoy qui envoie du lourd et livre une performance d'acteur encore une fois impressionnante. Quant au scénario, qui est si souvent le point fort des films de Shyamalan, j'ai été plutôt satisfait : il réussit à éviter les poncifs, ne va pas forcément là où on s'y attend, et la fin, sans être un retournement complet comme il l'a si souvent fait par le passé, modifie cependant l'ensemble du film et en donne un éclairage différent et donc appréciable. C'est sobre, ça n'en fait pas trop là où cela aurait pourtant été facile (et attendu), et surtout ça conserve les personnages au centre du récit, et non pas les actes et les événements. Le trio d'acteurs est remarquablement excellent, les quatre principaux seconds rôles sont convaincants et font bien le job tout en humanisant l'histoire et en y insufflant une part de doute sur ce qui s'y passe. La société secrète de la fin est peut-être l'aspect too much du film, mais cela reste cohérent avec le propos de Glass et d'Incassable : le rapport entre la vraie vie et celle décrite dans les comics. De mon point de vue en tout cas, Glass est un très bon film et propose une conclusion réussie pour la trilogie sur le monde des super-héros de la vie réelle de Night Shyamalan. Et puis quels jeux d'acteurs !!

Glow saison 2 : Avec Glow je suis un peu embêté. J'adore le concept, j'aime beaucoup les personnages, je suis fan du contexte années 80 + catch. Mais je dois bien avouer qu'il ne s'y passe pas grand-chose dans cette série. Ça n'a pas de grands enjeux, ça part souvent dans des délires qui collent bien avec le sujet de la série mais qui font osciller la série entre burlesque pur et histoire crédible. Du coup la partie "dramatique", qui existe pourtant, a du mal à exister tant le côté portnaouaque prend régulièrement le dessus. Heureusement les épisodes sont courts ce qui contre-balance le manque de rythme de certains passages et évite qu'on en s'ennuie de trop. Mais ce serait quand même bien d'insuffler une intrigue un peu plus conséquente pour qu'on en retienne un peu quelque chose de cette série, je veux dire autre chose que juste les personnages délirants de catcheuses ultra-kitsch. Mais je continue à être un supporter de la série, dont je trouve le concept à la fois original et osé, et rien que pour son potentiel et le petit coup de fraîcheur qu'apporte cette série, je serai présent à la troisième saison.

Kingdom saison 1 : J'en avais entendu beaucoup de bien et lu de très bonnes critiques de cette série coréenne de zombies de chez Netflix. J'ai donc tenté le coup, et à vrai dire je n'ai pas été convaincu. La série est courte, seulement 6 épisodes, et pourtant j'y ai trouvé le temps de m'ennuyer par exemple... L'idée de traiter du phénomène zombie dans le contexte de la Corée médiévale était plutôt sympa, et pour le moins dépaysante. Mais la série a les défauts de ses qualités : à savoir des portions de comédie ou de drame largement surjouées (à l'asiatique), des enjeux trop basiques et trop surlignés, une évolution lente et qu'on voit arriver de loin la plupart du temps. Quelques bonnes idées, quelques originalités, mais rien qui fasse se relever la nuit non plus. Le petit twist final qui sert de cliffhanger et annonce la prochaine saison est pas mal trouvé, bien qu'un peu poussé par rapport à ce qu'on nous a montré durant la première saison. Du coup j'hésite pour la seconde saison, en serai-je ou pas ? On verra quand elle arrivera, mais je me dis qu'il y a tant de très bonnes séries à voir...

Dark saison 1 : Non les allemands ne produisent pas que des séries policières façon Derrick, Rex ou Alerte Cobra (c'est-à-dire le sommet du kitsch chacune à son époque), ils savent également faire des choses très intéressantes, comme ce Dark sorti chez Netflix. Ça parle de disparitions d'enfants, de meurtres, de voyages dans le temps et de paradoxes temporels, et c'est franchement très bien fichu. Armez vous cependant d'un minimum d'attention si vous voulez bien tout suivre : en effet outre les noms allemands pas forcément faciles à mémoriser, on a à faire à des versions différentes de personnages parfois sur 3 périodes différentes : 1953, 1986 et 2019, et il faut arriver à raccrocher les wagons entre les périodes et les différents âges des protagonistes pour bien suivre l'évolution de l'intrigue. Mais cette difficulté de concentration surmontée vous aurez droit à une histoire qui prend de l'épaisseur au fur et à mesure des révélations qui ont lieu, et qui devient réellement passionnante avec les épisodes qui passent. Autre point fort selon moi : le casting allemand fait qu'aucune tête ne nous est connue, donc on ne rattache aucun acteur à autre chose et c'est d'autant plus efficace pour parvenir à s'immerger complètement dans l'histoire. Et puis parmi eux il y a quelques gueules bien trouvées et du charisme. Si le rythme peut paraître un peu lent par moment, je crois qu'il est nécessaire cependant pour bien intégrer tout ce qui se passe et les implications de chaque événement. Le nombre de personnages, leur démultiplication dans le temps et l'intrigue en elle-même font que la série s'avère malgré ses 10 épisodes plutôt dense. Mais passionnante. À voir !!

Spider-Man : Far From Home : Les films du MCU s'enchaîne et celui-ci a le lourd fardeau d'être le premier post-Endgame à arriver sur les écrans, avec donc une partie des conséquences du dernier Avengers à gérer en plus de l'intrigue principale à développer. Bon, j'attendais une explication au "comment on gère le fait que Peter a été effacé 5 ans mais revient comme si de rien n'était dans sa classe" et nada on n'explique que dalle. Oui les 5 ans ont bien passé, on le voit avec l'évolution de certains personnages, mais ça ne pose tellement pas de problème que Peter se retrouve avec 5 ans de moins que ses amis qu'on n'en parle juste pas. Très décevant de ce point de vue donc. En ce qui concerne l'histoire en elle-même on est très proche du teen-movie à base d'amourettes et de sorties scolaires et l'humour s'en ressent, le film est clairement moins orienté adultes que la moyenne habituelle des films du MCU (les mauvaises langues diront sans doute qu'aucun de ces films n'est orienté adultes, mais je n'en aurai cure...). Heureusement la partie super-héroïque prend un peu le dessus dans la seconde partie du film, et Jake Gyllenhaal fait un excellent Mysterio à l'écran. Les effets spéciaux sont toujours très réussis, on prend un peu le personnage de Fury à contre-pied (c'était déjà un peu le cas dans Captain Marvel) et j'avoue que Tom Holland est de plus en plus convaincant dans son rôle, contrairement à mon a priori de départ je trouve qu'un Spider-Man ado apporte de la fraîcheur au personnage et colle plutôt bien avec les origines du tisseur des comics. Le lien entre May et Happy par contre, on s'en serait passer, ça n'apporte rien, même pas de l'humour, c'est juste une vague sous-intrigue un peu grand-guignolesque à mon avis, et surtout le prétexte pour montrer May à l'écran car pour le reste son personnage est totalement inutile à l'histoire. Bref, c'est un Spider-Man mineur à l'arrivée, qui comporte ses bons moments toutefois, mais surtout qui relance la machine Spider-Man et MCU avec ses deux séquences post-générique (je ne dis rien pour ne pas spoiler, mais là on a de quoi démarrer un nouveau cycle pour les aventures perso de Parker comme pour l'univers Marvel au ciné tout entier).

Shameless US saison 9 : Ah Shameless ! 9 ans déjà, et je ne m'en lasse toujours pas !! Faut dire aussi que chaque année on a droit à un festival qui jongle incessamment entre comédie pure, délires assumés, états d'âme qui font mal et drames profonds. Ajoutez une petite dose d'inquiétude et d'émotion supplémentaires avec l'annonce du départ de Fiona et Ian de la série après cette saison, et vous obtenez un bon cru de Shameless. Évidemment on peut toujours compter sur Kev et Vivi pour nous faire marrer comme des baleines, on cultive sa loose-attitude avec le sérieux mais si attachant Lip (de loin mon préféré avec Kev, mais pour des raisons très différentes !!), on nage en pleine dramédie aux côtés de la pauvre Fiona, on suit un Ian toujours sur le fil du rasoir entre les divers hauts et bas de sa maladie, et ça fait tout bizarre de voir à quel point les petits (Carl et Debbie) ont grandi et ne sont plus petits de tout !! Et puis le petit dernier prend de l'épaisseur et essaie de trouver sa place (Liam). Quant à Frank c'est un de ceux qui fait que Shameless restera toujours Shameless : du mauvais goût le plus total et toujours sans la moindre honte, il est prêt à tout, même à ce à quoi vous n'oseriez même pas penser. Et c'est pour ça que ce personnage est aussi réussi, il est réellement, et c'est très rare dans une série -qui plus est américaine- complètement no limit. Si vous n'avez jamais vu Shameless il est grand temps de vous y mettre, si vous connaissez déjà cette neuvième saison sera le petit plaisir annuel toujours aussi puissant que d'habitude. Une de mes séries cultes.

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Published by Stéph