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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

Tell Me You Love Me saison 1 : Série à saison unique, datant de 2007, Tell Me You Love Me a créé une certaine polémique à l'époque, non pour les sujets abordés (le couple, l'amour, le sexe : rien de bien innovant !) mais pour quelques scènes de sexe qui en montrent plus que ce qu'on a l'habitude de voir, si bien que d'aucuns se sont demandés si elles étaient vraiment simulées ou non... Attention hein : ces scènes un peu trash ne sont pas du tout représentatives de la série et n'apparaissent en fin de compte qu'à une petite dose. C'est une série HBO qu'on regarde, pas un vulgaire boulard. Mais c'est vrai qu'elles sont bien présentes, et qu'elles sortent de l'ordinaire dans ce domaine. Pas courant par exemple de voir des testicules apparentes pendant des ébats dans une série télé qui ne se veut pas porno. Dans Tell Me You Love Me vous en verrez. Pas de quoi en faire un fromage non plus hein, mais ça peut surprendre. Pour le reste, et j'allais dire pour l'essentiel, on est dans le relationnel de couple, avec toutes sortes d'interrogations, liées au sexe mais pas que, et de loin, puisqu'il est aussi question d'amour, de jalousie, d'enfants, d'engagement, de parentalité, de désir, d'image, de confort,...  de questionnements qui somme toute sont au final des sujets qui peuvent tous non concerner. Et on se rend compte également au fur et à mesure de l'avancée de la série, que les questions qui se posent au sein d'un couple pour son bon fonctionnement, sont avant tout des questions très personnelles qu'il faut se poser à soi-même avant de chercher à en débattre à deux. Tout cela est abordé à travers 3 couples : l'un en fin de vingtaine qui se pose la question de l'engagement sur le long terme, l'un dans la trentaine qui cherche à faire un enfant sans y parvenir, l'un dans la quarantaine, pour qui la routine et les enfants ont éteint l'attirance physique et qui n'ont plus fait l'amour depuis un an. Tous ces protagonistes vont voir la même psychanalyste, une femme dans la soixantaine dont le couple connaît ses propres difficultés, ce qui donne lieu à une quatrième approche de ces questions, avec un couple d'un âge plus avancé. L'ensemble est agréable à suivre, bien que j'ai été un peu surpris par la fin : en effet j'ai eu cette bizarre sensation qu'en 10 épisodes, les personnages avaient pour certains beaucoup évolué en se posant de grandes questions sur eux-mêmes, pour finalement en revenir presque à leur point de départ... Comme si la vie était un éternel recommencement. À voir si le sujet vous intéresse (les parties de jambes en l'air ou les questions de couples, je vous laisse choisir ce qui vous parle le plus).

Sex Education saison 3 : Parmi la déferlante de séries Netflix dont nous abreuve la société de vod en streaming, j'avoue que peu d'entre elles me convainquent vraiment, surtout sur la longueur. Sex Education fait réellement à mes yeux figure de haut-du-panier de ce point de vue là. C'est une des rares à être et rester très qualitative depuis le début, et à mes yeux elle incarne ce que Netflix propose de mieux. Cette troisième saison permet d'approfondir les personnages et les relations évoluent (parfois de manière très inattendue). J'ai ressenti toutefois à quelques reprises que la série était à la limite extrême de ce qui est acceptable niveau crédibilité de certaines situations... mais jamais la série n'a basculé dans le too much irrémédiable. Cette troisième saison conserve la recette de ce qui a fait son succès, et j'avoue que je suis le premier étonné d'accrocher autant au concept : à la base la petite vie de lycéens modernes ne m'attire pas vraiment, au contraire même. Et pourtant le ton est et reste adulte sans se prendre trop au sérieux (les extravagances et l'humour donnent un coup de jeune et d'originalité à l'ensemble), ce qui me convient très bien. Pour autant je m'interroge sur l'avenir de la série, je crains un peu qu'elle ne finisse par tourner en rond à plus ou moins court terme. Et puis des lycéens ça ne reste pas éternellement au lycée... (d'autant que l'ensemble des comédiens phares sont tous dans une vingtaine pour certains déjà bien entamée) Je remarque cependant aussi, qu'avec le succès (qui ne se dément pas depuis la première saison) la série continue de beaucoup parler de sexe (et de sentiments) mais en montre de moins en moins explicitement (plus besoin d'attirer le chaland ?). Curieux de voir comment la série va continuer d'évoluer, et très convaincu par cette troisième saison : je serai évidemment de la partie pour la suite !

Le dernier voyage : Film français de SF au casting intriguant, qui débarque d'un peu nulle part et m'a laissé quelque peu interloqué. À l'image c'est assez beau, léché, réussi autant que surprenant. Le casting, comme dit précédemment, est éclectique et donne envie d'en voir plus : un Hugo Becker charismatique, des apparitions visuelles et vocales de Philippe Katerine, un Paul Hamy qui joue avec brio un personnage très trouble et profondément inquiétant, un Jean Reno un peu en retrait mais qui surplombe le tout, un Bruno Lochet inattendu... En revanche sur le fond, je suis plus réservé. Une histoire un poil abracadabrantesque, à mi-chemin entre la hard-SF et le conte pour enfants, toute une panoplie de références, souvent visuelles, qui s'entrechoquent et donnent un petit aspect fourre-tout à l'ensemble, quelques éléments qui semblent ne pas avoir grand-chose à faire dans cette histoire (les militaires / gardes / chasseurs de têtes qui semblent un mix entre des stormtroopers et des mandaloriens trop vénères). Une conclusion très symbolique qui ramène au format "fable" dont je parlais plus haut, avec la morale de l'histoire qui va bien et ce genre d'artifices qui me font sortir d'un film la plupart du temps. Bref, un ensemble de choses qui prises séparément sont toutes plutôt bien fichues, mais qui mises bout à bout font l'effet d'un patchwork hétéroclite, et qui m'ont, en ce qui me concerne, un peu déboussolé. Pour l'expérience particulière je dirais que le film vaut d'être vu, mais sur le fond je n'ai pas été convaincu.

2050 : Tout petit film qui explore l'avenir sexuel et amoureux des humains tel qu'il sera (peut-être) dans quelques décennies (en 2050 précisément, comme vous l'aurez compris au titre !). Nul doute qu'à cette échéance il existera des robots sexuels qui répondront à nos fantasmes de manière bien plus aboutie que ne le font les sex-toys actuels. Mais dès lors le risque sera d'en tomber amoureux... Alors quand je dis "tout petit film" c'est à prendre à tous les niveaux. On se croit dans un téléfilm petit budget, sans décors, sans grande inventivité, à l'éclairage crépusculaire, aux costumes sans âme, aux cadreurs et monteurs débutants. Quant à l'interprétation... je ne m'étalerai pas dessus. Bref dans ce film, en dehors du pitch, il n'y a pas grand chose à retenir. En premier lieu les dialogues, d'une platitude et d'un désintérêt navrants. Je n'ai pas vraiment compris le but du film, l'intérêt de l'histoire, mais le fait que ce fut tellement insipide que je me suis endormi devant n'a pas dû aider à la bonne compréhension de l'ensemble. Bref, vous l'aurez deviné, je ne saurai décemment vous conseiller de le regarder, mais si vraiment vous y tenez, il pourra peut-être vous servir de somnifère comme ce fut le cas pour moi. Qui sait ?

Réminiscence : Thriller d'anticipation qui prend place dans un monde où le niveau des mers est monté et où l'eau a envahi un bon nombre de villes côtières, dont Miami, théâtre de l'intrigue. La technologie aussi a évolué, elle permet entre autre de revivre à volonté des souvenirs, et de ce fait le "marché de la nostalgie" est florissant. Le héros Nick tient une petite boîte privée qui permet pour quelques dollars de se replonger dans son passé. Quand une chanteuse de jazz sculpturale lui demande son aide afin de fouiller sa mémoire pour y retrouver des clés égarées, Nick va instantanément tomber sous son charme et ce faisant, mettre le doigt dans un engrenage dont il n'a pas idée et dans une intrigue bourrée de faux-semblants... Visuellement, ce film est plutôt réussi. Point de vue ambiance, c'est surtout l'interprétation qui assure qu'on soit pris par l'histoire, les personnages sont intéressants et plus nuancés qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Quant à l'intrigue en elle-même, sans crier au génie, c'est plutôt bien trouvé, et assez malin dans l'usage qui est fait de l'exploration de notre mémoire. Ce thème en particulier, est à mes yeux passionnant, et j'ai aimé ce que les scénaristes en ont fait dans le film. Il m'a manqué toutefois un je-ne-sais-quoi supplémentaire pour faire de ce long métrage de SF d'anticipation un vrai coup de cœur et une référence en la matière. Je ne saurais définir exactement quoi, mais le film m'a laissé un petit goût de potentiel pas tout à fait exploité à fond. Mais dans l'ensemble ça m'a fait passer un bon moment et je recommande aux amateurs de SF à la fois psychologique et d'anticipation.

The White Lotus saison 1 : Bienvenue à Hawaï, au White Lotus, hôtel de grand luxe, réservé à une clientèle ultra-privilégiée à qui on ne refuse jamais aucun caprice. À la fois décalé par certains aspects (les "problèmes" des riches si je résume grossièrement) et ancré dans l'actualité américaine du moment (idéologie woke et victimisation des minorités), cette série, sous ses apparences loufoques, abordent des idées et concepts bien plus sérieux qu'il n'y paraît. Et je dois bien le dire, d'une manière plus subtile que ce qu'on peut croire au premier abord, même si on n'évite jamais totalement de tomber dans les travers d'une sorte de caricaturisation (ça existe comme mot ça ?) à outrance (la réalité est toujours plus complexe que ce qu'on veut bien en dire, quel que soit le point de vue). Les personnages sont tous campés de façon géniale, évidemment celui qui ressort du lot reste le directeur de l'hôtel, Armond (Murray Bartlett, capable de passer en un clin d'oeil d'un personnage ultra-sérieux et professionnel à un type totalement déluré et limite inquiétant tant on le sent capable de déraper à tout instant). J'avoue cependant que je ne connaissais pas cet acteur, et que j'ai choisi cette série sur son thème général, parce qu'elle prend place à Hawaï et parce que j'ai vu Alexandra Daddario au casting principal... (allez-y, jetez-moi la première pierre tous ceux dont la rétine n'a pas été durablement imprimée par la scène du canapé avec Woody Harrelsonoù on la découvre  dans la première saison de True Detective...) À l'arrivée cette série aura su ménager un poil de suspens, de l'humour, de la loufoquerie, des questions d'ordre social, des préjugés, de la mesquinerie pour arriver à un final plutôt inattendu, assez réussi et cynique à souhait. De chouettes performances d'acteurs à retenir avant tout selon moi. Et je pense que je me laisserais certainement tenté par la seconde saison si celle-ci voit le jour...

Loki saison 1 : Le MCU continue de dérouler son programme, et les séries s'entremêlent aux films, avec pour le moment, un résultat plutôt concluant selon moi. Loki ne déroge pas à la règle. La série a pour elle son protagoniste principal, charismatique et apprécié des fans, le dieu de la malice himself. Et elle sert d'entrée à un concept très coutant chez Marvel (version papier), à savoir les univers alternatifs et autres réalités divergentes. J'ai toujours beaucoup apprécié ces récits qui permettent de réécrire et réinterpréter dans des situations différentes des personnages bien connus. C'est d'ailleurs encore plus centralement le sujet de l'autre série Marvel du moment, What If ? (mais j'y reviendrai en temps et en heure.) Ce qui est intéressant dans la série Loki donc, c'est que ce concept est intégré à la réalité du monde Marvel sur petit et grand écran, ce qui va à l'avenir permettre à coup sûr quelques extravagances scénaristiques inattendues (ou attendues, comme l'arrivée des X-Men et des Fantastic Four par exemple). Pour ce faire, Loki est finalement plutôt un bon choix de personnage, lui-même autorisant un grand nombre de variations autour de sa personnalité. Pour une série télévisée, les Studios Marvel mettent encore une fois les petits plats dans les grands, et assurent un spectacle et des effets spéciaux dignes du cinéma. Seulement 6 épisodes forment cette première saison, mais leur durée moyenne (autour de 45-50 minutes environ) permet de suffisamment bien développer l'intrigue et d'avancer à un rythme régulier, sans précipitation ni lenteurs. La fin laisse un peu sur sa faim car on aimerait en savoir plus sur ce qu'il adviendra de Loki, d'autant que la série va certainement devoir composer pour ce qui est de son thème central, avec l'arrivée prochaine du second long métrage consacré au Docteur Strange, et qui devrait lui aussi aborder le concept des mondes alternatifs... Très curieux encore une fois, de voir comment les différents éléments de cette grande machinerie qu'est le MCU, vont s'intriquer à l'avenir...

Into the Night saison 2 : Suite de la petite série belge sortie de nulle part il y a un an et qui impose à ses héros de fuir à tout prix le soleil. Cette fois on n'est plus dans la fuite permanente, mais dans la survie au sein du bunker de l'OTAN déniché en fin de première saison. Et la cohabitation entre protagonistes continue à s'avérer compliquée. Moins punchy que la première saison, le rythme compense par un nombre très restreint d'épisodes, qui plus est relativement courts (autour de 30 minutes), qui permet malgré tout à l'intrigue de continuer à avancer sans trop de temps morts. Et si on voit certains événements arriver, d'autres parviennent à surprendre (des morts inattendues autant que des imbroglios scénaristiques osés). En fin de compte la série se regarde en un rien de temps et laisse sur une frustration réelle quand arrive le dernier épisode. Il est clair que j'aurais vraiment aimé en savoir plus. Les cliffhangers c'est bien, en revanche quand une saison est très courte, si courte qu'on la regarde en très peu de temps, devoir attendre toute une année pour connaître la suite est un peu disproportionné, et peut peut-être même être contre-productif (attendre si longtemps pour avoir si peu d'épisodes...). J'espère cependant que la suite se montrera à la hauteur de ce qui a été proposé pour l'instant, et continuera à avancer l'intrigue sans compromis comme ça a été le cas pour l'instant. Donc, vivement la suite !

Fear The Walking Dead saison 6 : La première série spin-off de The Walking Dead suit son petit bonhomme de chemin... déjà la sixième saison ! Largement meilleure qu'à ses débuts, elle n'en reste pas pour autant exempte de défauts (structurels j'ai envie de dire en ce qui concerne toutes les séries de la franchise Walking Dead), au premier rang desquels, un souci majeur selon moi : bien souvent les réactions des personnages dans certaines situations données vont à l'encontre de toute logique, voire même parfois du simple bon sens. Régulièrement, face à une urgence vitale, les personnages sont subitement inspirés à faire quelque chose qui n'a rien à voir dans la situation. Autre tarte à la crème de ces séries : d'une seconde à l'autre, un environnement à découvert peut se retrouver infesté de zombies, qui rappelons-le quand même marchent très lentement, et réussissent à surprendre les protagonistes malgré une démarche au ralenti et le grognement incessant qu'ils émettent. C'est tellement récurrent que s'en est presque drôle à ce niveau. Malgré ces (gros) défauts, il reste que la série a pour elle un certain nombre de personnages intéressants. À vrai dire, plus intéressants qu'actuellement dans la série mère ! (évidemment cette considération n'engage que moi.) C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai été un peu amer de voir le sort qui a été réservé à certains, l'un en particulier, qui détonnait dans l'univers Walking Dead, et qui avait pour lui un ton et traitement pour une fois assez original (pour ne pas spoiler, je parle de celui qui se voit "remplacé" par son père dans l'intrigue, ceux qui ont vu comprendront). Manière de rappeler peut-être que personne n'est vraiment à l'abri dans cette série, et peut disparaître à tout moment, y-compris d'une manière pas très glorieuse ? Je ne sais pas si c'est bien cela qui explique ce choix scénaristique, mais admettons. Autre satisfaction de cette saison : un nouveau méchant plutôt réussi, aussi bien visuellement que narrativement, et interprété de façon assez réjouissante j'ai trouvé. Bref, il y a autant à prendre qu'à laisser comme souvent dans la franchise aux zombies, et je ne sais pas si le spin-off survivra longtemps après l'arrêt de la série principale, mais cette sixième saison aura au moins su nous réserver quelques surprises inattendues, c'est déjà pas mal.

Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux : Avec la crise sanitaire, le calendrier des sorties Marvel a été quelque peu bouleversé et c'est donc au pas de charge que le MCU se met en marche pour rattraper le retard accumulé. 2 mois après Black Widow et 2 mois avant Les Éternels, voici Shang-Chi qui débarque au cinéma. Shang-Chi c'est le maître des arts martiaux made in Marvel, créé dans les années 1970 pour surfer sur le succès des films de kung fu de de l'époque, et calqué sur le modèle de la superstar d'alors, Bruce Lee. Pour le grand public d'aujourd'hui c'est un personnage de troisième ou de quatrième plan, longtemps délaissé voire oublié (il aura bien connu quelques utilisations ici ou là au cours des décennies qui nous sépare de sa création, mais rien de véritablement notable cependant). Il faut dire que chez Marvel, le seul personnage issu de la mode "kung fu" qui aura su survivre réellement au cours des années, c'est Iron Fist qui a connu une série dédiée sur Netflix, très faible soit dit en passant. Mais Marvel est actuellement à la recherche de personnages plus variés, qui offrent plus de visibilité à la diversité ethnique entre autre. D'où la sortie de la naphtaline d'un personnage comme Shang-Chi. Sauf que le personnage tel qu'il a été écrit dans les années 1970 a dû être retravaillé pour : 1- mieux coller aux attentes du public actuel et 2- supprimer tous les clichés et aspects trop simplistes qui ne posaient pas question lors de sa création. Le résultat est plutôt réussi, toujours selon la formule Marvel Studio, c'est-à-dire du grand spectacle, une touche d'humour, une origin story intégrée à l'intrigue générale, et des clins d’œil aux connaisseurs de l'univers Marvel papier et/ou cinématique. J'avoue que la partie purement "arts martiaux" m'a convaincu pour ce qui est de la créativité des chorégraphies de combat, on y décèle d'ailleurs des références à d'autres maîtres en la matière, Jackie Chan en particulier. Cependant, si j'ai trouvé la scène de combat d'art martial du bus très réussie, j'ai été déçue qu'il n'y en ait pas eu beaucoup plus. Un combat sur un échaffaudage géant tire son épingle du jeu aussi (et lui aussi fait référence à d'autres films de kung fu qui utilisent cet environnement pour leur chorégraphie) mais passée la première moitié du film, de kung fu il n'y en aura quasiment plus, ce qui est très dommage. Point très positif : les Mandarins (le vrai et le faux !!) sont tous deux très réussis. Le faux pour l'aspect comique et clin d’œil à Iron Man 3 et aux critiques qui lui avaient été alors réservées, le vrai pour son côté dramatique très oriental, un méchant qui n'en est pas vraiment un, qui essaie de se racheter, qui agit mal mais pour une cause noble, qui est lui-même trompé autant qu'il sait se montrer machiavélique par ailleurs (Tony Leung a et garde la grande classe) ... Et puis pour finir, le spectacle est tout à fait à la portée des plus jeunes, qui une fois de plus auront marché à fond dans la "recette Marvel" (les miens en tout cas !). Bref, un film Marvel sympa, inattendu, et presque original. On ne lui en demandait pas plus.

Sexify saison 1 : Très surprenante série. C'est un mélange de modernité et de traditionalité (je ne sais pas si cela se dit) sur un ton pas courant, avec des images d'apparence vieillotte et un montage inattendu qui rend l'ensemble à la fois trash et suranné. L'explication principale est très certainement à chercher dans les origines de cette série : la Pologne. Très nettement, on ressent la différence d'avec le monde "occidental" et en même temps on perçoit sans peine l'envie de se raccrocher aux mêmes thèmes et aux mêmes modes que "chez nous". Ici on va nous parler de sexe (le titre ne laisse pas trop de doute à ce sujet), de libération de la femme, d'orgasmes, de tabous, un peu de discours LGBT aussi, mais c'est vu par différents prismes, dont celui de la religion et des traditions par exemple. Car visiblement en Pologne il y a collision entre les générations : les jeunes très libérés et ultra-connectés et les anciens beaucoup plus prudes et traditionalistes. Et le mélange fait autant d'étincelles qu'il démontre une certaine perte de répères chez les plus jeunes, tiraillés entre l'appel de la modernité et la force des racines et de la société dans laquelle ils ont grandi. Vu d'ici (où il faut bien dire que l'influence de la eligion par exemple est bien moindre que là-bas), le décalage saute aux yeux et on ressent diffusément qu'avoir 20 ans à Varsovie aujourd'hui, ce n'est pas vraiment la même chose que d'avoir 20 ans à Londres ou Paris par exemple, même si certains codes sont repris et adaptés localement... Du coup ce décalage nous tient un peu éloigné des personnages et de ce qui leur arrive, il y a comme une distance fluctuente entre notre réalité et la leur. Mais cela reste très intéressant à regarder ! Car si par certains aspects on se croit revenu quelques dizaines d'années en arrière (les fêtes familiales de Pâques par exemple : j'ai connu ça étant gamin, mais dans la série il s'agit d'une tradition encore bien vivante et ancrée dans la société, au point d'en faire le contexte d'un épisode complet), à d'autres moments on est dans ce que la société moderne produit de plus actuel (les applis smartphone, le festival du sexe, les revendications LBGT). Cette dichotomie saute aux yeux à chaque instant, et c'est à la fois surprenant mais aussi très rafraîchissant. Je ne vais pas dire que j'ai trouvé ça génial, mais cette vision de la jeunesse des pays de l'Est de l'Europe m'a paru sympathique et suffisamment originale pour me donner envie de voir la suite si une seconde saison voit le jour. 

My Wonder Women : Film sur la vie de William Marston qui est le créateur de Wonder-Woman, mais aussi un professeur de psychologie d'Harvard très controversé. Sa vie privée très en décalage avec les normes américaines des années 1930, à savoir un mélange de libertinage et de combat pour l'égalité entre sexes, va lui apporter bien des ennuis mais aussi être à l'origine du personnage de comics qui va lui apporter réussite et reconnaissance (avant que Wonder-Woman ne soit attaquée par les ligues de bien-pensance et réduite à une héroïne beaucoup moins forte et spéciale pendant de nombreuses années). J'ai trouvé ce film très intéressant, aussi bien sur le plan historique (cette période spécifique du 20è siècle aux USA) que culturel (ou tout du moins pop-culturel, ce qui est quand même un de mes dadas !). Cette version de la vie de Marston, de son épouse Elizabeth et de leur maîtresse Olive Byrne, est certainement en partie romancée, je ne me suis pas suffisamment renseigné à ce sujet pour en être certain, mais elle reste à mon sens très pertinente sur l'ambiance sociale de l'époque, et donne un point de vue original qui permet de comprendre d'un nouveau point de vue les origines profondes d'un personnage mondialement connu et pourtant sous bien des aspects inattendu qu'est Wonder Woman. Pour toutes ces raisons je ne peux que conseiller ce film !

Proxima : Film français sur l'exploration spatiale, avec Eva Green dans le rôle principal, celui d'une femme qui veut concilier son ambition de devenir astronaute à son rôle de maman. J'ai bien apprécié le réalisme du film où l'on voit de près le quotidien des astronautes en préparation, le mélange des cultures avec les coopérations internationales. J'ai apprécié également qu'on montre comment une femme peut trouver sa place dans cet univers initialement très masculin (même si le coup du gros macho américain était vraiment pas très fin), les difficultés supplémentaires qu'elles rencontrent (aussi bien des choses très terre-à-terre comme la gestion des règles ou des cheveux longs en apesanteur, comme d'autres plus symboliques comme le statut de femme dans un groupe d'hommes, ou celui de l'instinct maternel qui se fracasse contre la dureté et la rigueur d'un programme spatial très exigeant). C'est dans l'ensemble fait avec tact et mesure, il n'y a qu'une ou deux fois où les choses sont un peu trop caricaturales à mon avis. En revanche, la fin m'a semblé aller à contre-sens de tout ce que veut prouver le film, à savoir qu'une femme peut très bien réussir dans cette voie malgré les a priori négatifs qui peuvent peser sur elles, puisque le personnage d'Eva Green décide pour voir sa fille avant de partir de contrevenir à toutes les règles très strictes de quarantaines auxquelles sont soumis tous les astronautes. Je disais que c'est à contre-sens du but initial (à moins que j'ai mal compris ce dernier) car elle fait ce qu'un astronaute n'a strictement pas le droit de faire sous l'unique prétexte de son statut de maman : n'importe quel masculiniste de base pourrait prendre cela comme une preuve définitive que les femmes ne sont pas faites pour ce métier !! J'ai trouvé cela vraiment très dommage. En revanche tout le reste du film m'a beaucoup plu, et Eva Green dans un rôle à la fois physique et très humain était encore une fois parfaite. A voir.

Les Nouveaux Mutants : Ce film aura su se faire attendre et couler beaucoup d'encre. Faut dire que son timing aura été plutôt catastrophique : sa production et son exploitation sont tombées en plein rachat de la Fox par Disney, et comme les Nouveaux Mutants sont issus de l'univers Marvel et plus particulièrement de la branche affiliée aux X-Men, le traitement du film et de l'histoire aura vu bien des modification et des changements de politique éditoriale. L'idée de faire de ce film quelque chose qui lorgne du côté du film d'horreur est plutôt bonne selon moi, et certains personnages tels que Mirage, Magie et Félina y sont parfaitement adaptées. Revers de la médaille, les personnages masculins de Rockett et Solar sont sous-exploités, presque maltraités même, par rapport à leurs collègues féminines. Point de vue effets spéciaux on est à mi-chemin entre le film de super-héros classique et d'horreur, rien de particulier à redire. J'ai même trouvé plutôt réussie la représentation de l'ours-démon, graphiquement comme symboliquement. Si à l'arrivée ce film n'est donc pas la catastrophe tant annoncée, je crains cependant qu'il ne reste lettre morte à l'heure où l'univers cinématique Marvel va repasser quasi-intégralement (à l'exception notable de la branche arachnéenne) sous l'égide de Disney. Autre remarque au passage : le film n'est pas adapté à des enfants trop jeunes à mon avis. 

Sky Rojo saison 1 : Petite série au rythme endiablé et aux épisodes punchy, cette production espagnole a l'avantage de proposer des quasi-inconnus (je n'ai reconnu qu'un des acteurs de la série Sense 8 des Wachowski) dans les rôles principaux d'une histoire simple mais survoltée. Série Girl-Power d'ailleurs, puisque les 3 héroïnes principales sont des prostituées d'un bordel de Ténérife qui décident de reprendre leur liberté, contre l'avis de leurs proxénètes ça va de soi. Moi qui ne suis pas un grand fan de l'actuelle mode girl-power (pour son statut de mode pour commencer, et pour le message véhiculé en sous-texte la plupart du temps qui m'horripile régulièrement par son manque de réalisme et sa bêtise revendicatrice jusqu'auboutiste, mais ça n'est pas le sujet...) que je trouve exploitée avec les pieds, j'ai trouvé cette série vraiment réussie. Les personnages sont simples mais cohérents, l'intrigue assez basique mais blindée d'effets choc et suffisamment rythmée pour ne pas s'arrêter aux détails parfois un peu limite, et puis surtout il y a un faux manichéisme plus subtil qu'on peut le croire à première vue qui me plaît et me rend l'ensemble sympathique. Seul bémol que j'apporterais : c'est court et rapide mais en fin de saison 1 on a l'impression de revenir au point de départ, c'est assez dommage. Mais le cliffhanger fait son effet et je suis sûr que la seconde saison saura évoluer dans le bon sens sans forcément tirer l'histoire trop en longueur (car je la vois mal s'y prêter).

The Mosquito Coast saison 1 : The Mosquito Coast a été un film qui m'avait marqué durant mon adolescence (j'ouvre une parenthèse que je referme aussi vite pour dire que la version dvd sortie il y a quelques années et seul support dispo en zone 2 jusqu'à aujourd'hui est d'une qualité absolument dégueulasse et correspond grosso-modo à la capture en format 4/3 d'une vieille K7 VHS un peu trop exposée à la lumière et à la chaleur pendant quelques années. Et c'est HON-TEUX !). Quand j'ai vu qu'une nouvelle version sous forme de série démarrait chez AppleTV, qui plus est avec Justin Theroux dans le rôle principal, il était évident pour moi que je devais y jeter un œil. J'y ai tout d'abord appris que l’œuvre d'origine était le roman éponyme, écrit par un certain Paul Theroux, l'oncle de l'acteur star. Ce qui m'a plutôt rassuré, il s'agit ici d'une affaire de famille donc. Et de qualité. En effet, cette série semble avoir les moyens de ses ambitions, et son ambition est de voir loin à en juger par la première saison. Je dis "voir loin", car l'intrigue progresse vraiment lentement et pour tout dire, le propos principal du film des années 1980 n'est pas encore abordé quand se termine la première fournée d'épisodes. N'ayant pas lu le roman, je me demande même si il n'y a pas eu de gros ajouts au récit pour donner du volume à l'ensemble et ménager un vrai background important aux différents personnages. Car ici ce n'est pas seulement Allie Fox, cet inventeur aussi génial que parfois lunaire, qui prend toute la place de l'histoire, mais bel et bien toute sa famille (dont Melissa George qui interprète son épouse Margot, autre signe prometteur à mes yeux). Revers de la médaille : le rythme n'est pas fou-fou pour qui a déjà vu le film et s'attend donc à y revoir cette intrigue. La série prend son temps et pose son récit autant que ses protagonistes. J'ai été agréablement surpris, d'autant que ce format et cette décision de prendre son temps, permettent de voir autre chose qu'une simple adaptation bête et méchante. Je ne peux cependant pas encore me prononcer définitivement puisque pour moi, l'intérêt principal de cette série va démarrer en seconde saison (d'après ce que je connais de l'histoire du moins). Ce qui est sûr c'est que j'en serai pour en apprécier la qualité.

Tenet : Qu'est-ce que c'est compliqué ! À suivre d'une part, et de se prononcer dessus d'autre part. Christopher Nolan est un type à part, largement au-dessus du lot parmi les scénaristes / réalisateurs actuels. Sans conteste. Il y a toujours dans ses films une large place au cérébral, à la réflexion, à l'intelligence. Ce qui ne l'empêche nullement de produire de superbes images, de jouer des effets spéciaux comme peu savent le faire, et de soigner autant le rythme, que le suspens ou encore les scènes d'action de ses films. On pourrait dire que le mec coche à peu près toutes les cases. Inception ou Interstellar m'avaient complètement scotché et malgré des concepts pas toujours évidents qui étaient à la base des intrigues, Nolan avait toujours su s'en sortir avec brio et signer des films d'anthologie. Ici encore, le concept de base est complexe. Il s'agit d'introduire dans l'histoire des objets, puis des personnages, à "l'entropie inversée", entendez par là "pour lesquels le temps s'écoule dans l'autre sens que pour nous". Déjà rien qu'à le dire c'est coton, mais à l'expliquer c'est encore plus velu. Quant à le comprendre et l'assimiler, on touche à l'impossible ou presque. Je ne dis pas qu'un esprit supérieur (au mien), qu'un Einstein en herbe, ou qu'un futur lauréat de la médaille Fields ne puisse pas s'en sortir avec ce qu'on voit à l'écran, tout piger et même pourquoi pas y prendre son pied, mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence : cet esprit supérieur, eh bien ça n'est pas moi ! Pourtant j'avais envie. Et puis je trouvais l'idée vraiment intéressante, pour ne pas dire carrément couillue. Dès lors qu'on s'attaque au Temps (non, la majuscule n'est pas là par hasard) dans une histoire Fantastique ou de SF, moi je suis client. Friand même de tout ce qui peut s'approcher des concepts de paradoxes temporels et dérivés, de mondes quantiques, d'univers parallèles (remember récemment les séries Dark mais aussi Tales from the Loop), dès lors que la chose est bien amenée et surtout, traitée avec cohérence et intelligence, j'adhère. Donc sur le papier, Tenet avait tout pour me plaire. Pourtant en pratique, malgré toute ma bonne volonté, j'avoue que ça ne l'a pas fait. L'idée était chouette, mais sa retranscription à l'image m'a laissé sur le côté de la route. Attention : les images sont belles, les effets soignés, on sent que c'est fait par des pros. Mais il m'a manqué l'essentiel cependant : la lisibilité. La plupart du temps je ne comprenais pas ce que je voyais. Même quand je savais ce que j'étais en train de regarder et que je comprenais ce qu'on voulait me montrer, les images à l'écran me restaient inaccessibles, confuses, obtuses, insensées, je ne les comprenais tout simplement pas. Ajoutons à cela un autre manque : la motivation du héros principal. Outre le fait qu'on ne nous le présente pas une seule seconde, je ne suis pas parvenu à piger clairement ce qu'il voulait et surtout pourquoi. Donc je voyais un type agir à l'écran, mais non seulement un certain nombre de ses actes m'étaient incompréhensibles dans l'espace et le temps, mais je n'avais pas non plus accès à ses motivations profondes et donc à ce qui aurait pu servir à me raccrocher au moins à quelque chose : le moteur de ses actions. Évidemment, ça je l'ai bien capté (au moins une chose !), je comprends que le scénariste n'en dise pas trop sur le protagoniste principal histoire de créer du suspense et surtout de préparer à ce qui sert de "révélation finale", mais il y a un minimum syndical en-deça duquel moi je décroche narrativement parlant. C'est donc avec curiosité que j'ai regardé ce film, mais surtout avec une bonne dose de frustration et d'incompréhension, et ce sont malheureusement ces deux sentiments qui l'ont emporté pour moi au final. Film trop ambitieux ou spectateur trop basique, certainement un mélange des deux, en tout cas j'avoue ne pas avoir trouvé mon compte, pour une fois, dans un film de Christopher Nolan.

Les derniers jours du monde : Un film de fin du monde français, qui démarre gentiment à Biarritz en pleine période de vacances, c'est déjà pas banal. Ajoutez-y un casting plus que classe (Amalric / Frot / Viard / Lopez / Hesme) et pour certains dans des rôles pour lesquels on ne les attendait pas forcément, une intrigue où deux lignes temporelles s'entremêlent, où l'ambiance de fin du monde n'empêche pas la passion et l'obsession amoureuse, et complétez l'ensemble par des scènes et des images très fortes pour ne pas dire marquantes pour certaines, tout en s'ancrant dans un réel d'abord presque banal (le serveur de café qui s'effondre en plein service, le personnage qui saute par le fenêtre, etc...). Vous obtenez un film qui sort clairement des sentiers battus, encore plus pour une production française, et qui exploite narrativement la fin du monde d'une manière très originale mais, et j'en ai été le premier surpris, néanmoins tout à fait pertinente. En dire plus serait en dire trop, d'autant que certains passages sortis de leur contexte pourraient vraiment sembler plus qu'iconoclastes, mais pour ceux qui n'ont pas peur de l'étrangeté, qui ne craignent pas non plus d'être un poil bousculés et surpris, et qui enfin sont ouverts à d'autres représentations de catastrophes planétaires que celle que les classiques de SF proposent d'habitude, à ceux-là je dis : essayez donc ce film, ça pourrait bien vous plaire !

The Girlfriend Experience saison 3 : Chaque saison de The Girlfriend Experience change de protagonistes, d'histoire et de mise en situation. Dans cette troisième saison, on s'aventure du côté de l'étude expérimentale autant qu'humaine sur le désir et les relations hommes / femmes. Le but étant de "cartographier" l'univers des relations humaines complexes pour en tirer de quoi nourrir un algorithme d'intelligence artificielle qui sache interagir de manière autonome et naturelle avec les humains. Que cela débouche sur la création de robots intelligents capables de feindre n'importe quelle interaction humaine, fut-ce-t-elle sexuelle, n'est pas explicitement dit, mais on se doute bien que le marché du sexe artificiel se profile à l'horizon des motivations de certains protagonistes. Les motivations de l'héroïne principale sont quant elles plus floues, du moins plus complexes qu'il n'y paraît. Il y a la perspective de la pure recherche scientifique qui est prédominante, mais pas que. Elle a son intérêt personnel qui entre en jeu avec la maladie dégénérative de son père qui tient un grand rôle et explique sa dévotion au projet. Mais également un appétit et une curiosité plus individuels et propres qu'elle a en elle. Elle est curieuse de l'humain, et son rapport libre et sans entrave à la sexualité lui permet de sortir du carcan imposé classiquement par la société occidentale. C'est donc sur plusieurs plans que l'histoire se développe et que les ramifications de l'intrigue évoluent sans jamais définitivement se fixer sur un point de vue unique. Ce mélange de thèmes est plutôt intéressant, ajoute de l'intelligence au simple attrait physique de la chose, de la réflexion à l'esthétique de base. La comédienne principale, Julia Goldani Telles, que j'ai déjà pu voir en rôle secondaire dans The Affair (elle y interprète la fille aînée des Solloway), a bien mûri et bouffe littéralement l'écran, sans jamais pourtant trop en faire, sobrement mais avec une présence assez impressionnante. Cette saison aura su encore une fois se renouveler, sans faire de l'esbroufe ni de l'image aguichante et facile pour rien. Vu le sujet de base, c'est assez notable pour être signalé.

Shameless US saison 11 : "Voilà, c'est fini" (sur un air connu). La onzième aura été la dernière saison de cette série totalement iconoclaste, absolument inclassable et farouchement jouissive qu'a su être et rester pendant toute son existence Shameless US. Fait suffisamment rare pour le souligner, la quasi-totalité du casting principal de départ aura fait l'ensemble des saisons. Seule Fiona manque à l'appel dans cette dernière saison (et pour être parfaitement honnête, elle manque au show, celle à qui on a fourgué le fardeau de la remplacer, à savoir sa petite sœur Debbie devenue grande, n'avait clairement pas les épaules pour ça, sans vouloir la dénigrer pour autant). Tous les autres sont là. Le tout dernier épisode, à la fois drôle et triste, étrangement émouvant, intègre quelques extraits de la première saison et c'est là qu'on mesure à quel point le temps passe. Revoir les comédiens avec une douzaine d'années de moins, ça fait un choc. Et c'est là aussi qu'on réalise que les personnages de Shameless c'était un peu comme notre famille : on les côtoie depuis si longtemps et avec une telle proximité artificielle qu'on ne les a pas vus grandir pour les uns, vieillir pour les autres. C'est pourtant d'une flagrance totale pour ce qui concerne les enfants devenus adultes, mais ça l'est aussi pour les adultes qui eux ont bien vieilli. Franck et Kev en tête, ont pris de sacrés coups de vieux quand on compare la première à la dernière saison... Ça m'a fait bizarre de me dire que cette fois c'était bien terminé, et que jamais plus je ne verrai ce que deviennent ces personnages que j'ai tant aimés, qui m'ont tant fait rire depuis toutes ces années. Ce doux-dingue de Kevin Ball, cette fausse-rebelle de Debbie, ce garnement devenu flic de Carl, ce faux-dur et vrai romantique de Ian. Et mon préféré de loin et depuis toujours, celui qui a eu le plus d'armes pour s'en sortir par son sens de la débrouille et son QI de génie mais qui aura cumulé toutes les malchances et ironies du sort, l'insaisissable et éternel balloté par la vie Lip. Cette série fait partie de mon panthéon personnel des meilleures séries de tous les temps. Par sa qualité, sa drôlerie, sa capacité à dépasser les limites sans arrêt tout en restant parfaitement cohérente, ses interprètes juste parfaits, son désir de mélanger drame urbain et comédie loufoque, et surtout, surtout, par son humanité sans faille. Du début à la fin. Alors oui, cette dernière saison m'aura un peu moins fait rire que les autres, certainement parce que je savais que c'était la dernière et que j'appréhendais un peu, certainement parce qu'ils savaient que c'était la dernière et que les auteurs comme les acteurs avaient plus la tête à la nostalgie et aux adieux qu'à la grosse déconne. Cette saison n'est pas la plus drôle de la série, c'est vrai, mais elle signe une fin marquante. Les Gallagher vont gravement me manquer.

Pig : Nicolas Cage a ceci d'irrésistible qu'il possède une capacité inouïe à cabotiner dans tout un tas de films complètement barrés, complètement cintrés, et souvent construits expressément autour de sa personnalité hors-normes. De ce type de projets sortent souvent des œuvres étonnantes, parfois proches du navet transgénique de compétition, parfois de qualité ovniesque. Mais toujours des films déroutants. Des concepts déglingués. Ici, Nicolas Cage incarne Rob, un vieil ermite qui vit reclus dans son abri en pleine forêt avec pour seul compagnon son cochon. Mais pas n'importe quel cochon : un cochon truffier au talent prospectif extraordinaire, qui lui permet de vivre des truffes qu'il revend à un jeune cake, mi-magouilleur mi-grossiste en fruits et légumes. Jusqu'à ce qu'une nuit des inconnus s'introduisent chez lui et enlèvent son cochon. Rob n'aura dès lors de cesse de récupérer son bestiau. Plongez tout ça dans un contexte de grands chefs étoilés (car Rob n'est pas qu'un ermite vagabond...) et vous obtenez ce Pig très particulier et complètement baroque. Évidemment, mettez n'importe qui d'autre que Nicolas Cage avec un look à la ZZ Top et en fringues de clodos dans le rôle et ça ne fera pas le même effet, car Cage a ce super-pouvoir de rehausser n'importe quel concept foutraque en collant simplement son image de demi-dieu du nanar dessus. Et donc au final, on a un objet filmique détonnant, inattendu, un peu excentrique mais pas déplaisant du tout, que vous n'aurez jamais vu ailleurs et qui se laisse regarder sans déplaisir de bout en bout. Du pur Nicolas Cage quoi.

Sibyl : Pffff... Voilà typiquement le genre de film qui donne raison à ceux qui font des généralités (que je ne cautionne pourtant pas du tout) sur les films français. C'en est presque le portrait-robot du film intellectuello-chianto-arnaquo-faussement-profond que les détracteurs du cinéma français dénoncent à longueur de temps. Parce que là on a tout ça : une histoire entremêlée faussement compliquée, artificiellement alambiquée par une narration temporelle confuse, des personnages qui se veulent tellement trop complexes mais qui ne sont que des caricatures à l'arrivée, une histoire qui se veut intimiste mais se révèle surtout impudique et navrante de banalité et de prévisibilité dans les rapports humains... Il reste un casting talentueux qui sauve un peu les meubles mais qui ne peut pas faire de miracles malgré tout, quand on demande aux comédiens de jouer des trucs navrants, ben on a des comédiens qui jouent des choses nazes mais avec beaucoup de talent. Manière involontaire de souligner le paradoxe. Et puis il y a ces deux scènes ovnis qui semblent provenir d'un autre film tellement elles sont décalées et parfaitement réussies : les deux scènes à caractère sexuel. Je vous vois venir, je vous entends déjà ricaner, "comme par hasard..." que vous vous dites n'est-ce pas ? Et pourtant je persiste et signe : la scène de sexe par terre entre Virginie Efira et Niels Schneider est superbe de simplicité et d'esthétique. Dans un tout autre style, la scène plus "habillée" mais tout aussi torride entre Adèle Exarchopoulos et Gaspard Ulliel sur le bateau est d'une sensualité et d'une véracité assez inattendue. Sorti de là, tout le reste du film m'a gentiment ennuyé. J'attendais qu'il se passe un truc, si possible un truc auquel je ne m'attendais pas, et en fin de compte, non. En fait j'ai trouvé cette histoire creuse et sans grand intérêt, si ce n'est donc ces deux scènes sus-citées. Et non ça n'a rien à voir avec le fait que c'est Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos qui donnent d'elles-mêmes. Ou bien seulement un peu, ou alors j'ai oublié... Bref, faites-en ce que vous voulez en fin de compte de ce film, tout n'est pas à jeter.

Fatman : Mel Gibson en vieux Père Noël un peu déglingué qui aime bien s'en jeter une et faire un carton au semi-automatique sur de vieilles canettes de bière dans son jardin, ça a l'air bizarre mais je me suis dit "tiens pourquoi pas ?". Avec une petite crainte quand même : les histoires de Père Noël j'ai un peu passé l'âge. Et puis j'ai vu que Walton Goggins est de la partie, dans un rôle de tueur psychopathe comme il sait si bien les incarner, je me suis dit "ah, de plus en plus intrigant". Évidemment j'ai pas pu m'empêcher, j'ai regardé. Et c'est plutôt pas mal. Pour la manière très décalée dont est représenté le Père Noël et l'institution dont il est l'image. Pour le côté branque, un peu crado, un peu déglingos des personnages. Pour l'histoire finalement marrante d'un môme de la haute bourgeoisie habitué à mener son petit monde à la baguette et à parvenir à ses fins par les pires saletés, qui décide de se venger du Père Noël pour le cadeau-punition qu'il a eu et de le faire buter par son homme de main chelou et hyper violent. Homme de main qui lui-même à des comptes à régler avec le vieux barbu, ça tombe bien. Alors achtung : c'est pas du Ronsart, ça casse pas trois pattes à un canard, et ce n'est pas non plus un chef d’œuvre de subversion, faut pas pousser. Mais c'est sympa à regarder, et de toute façon dès lors qu'il y a Mad Mel dans l'affaire, à mes yeux ça prend toujours d'office un peu de galons. Si comme moi vous aimez Gibson quoi qu'il fasse, vous lui pardonnerez sans problème cette pochade qui se révèle ma foi pas désagréable à regarder sans se prendre la tête. En espérant qu'après ce genre de petites récréations, Mel Gibson nous reviendra bientôt dans un grand rôle, un truc détonnant vraiment à sa mesure. En attendant donc, il y a Fatman.

Coyote saison 1 : Ça faisait un bail que je n'avais plus vu Michael Chiklis dans un rôle principal. Difficile de toute façon de le voir autrement qu'en Vic Mackey dans The Shield, personnage et série qui m'ont profondément marqué. C'est pour lui donc que je me suis décidé à regarder les 6 épisodes de cette première saison d'une série dont je n'avais strictement rien entendu dire avant de m'y lancer. Il interprète un garde-frontière qui prend sa retraite, après une carrière exemplaire. Il a passé sa vie a traquer les clandestins venus du Mexique illégalement sur le territoire américain. Bourru, bourrin, bas du front même j'ai envie de dire, mais droit comme un I. Un mec de conviction, d'honneur et de parole, dur mais juste. Il va se voir embarquer dans une histoire inextricable de passeurs de drogues, de clandestins et de trafiquants qui vont l'amener à voir les choses sous un autre angle, à remettre en question certaines de ses certitudes. Premier constat : Chiklis a vieilli et grossi. L'aura majestueuse et inquiétante qu'il dégageait il y a 15-20 ans dans The Shield, a laissé place à une caricature de vieux redneck, buveur de Bud et électeur de Trump. Son bide impressionne plus que ses muscles à présent. Et finalement ça colle bien avec le personnage de cette série : un mec qui a quelques beaux restes, surtout en mémoire plus que dans le physique, et qui décline doucement, qui passe la main, qui se voit mis sur la touche, remplacé car trop usé. La série quant à elle est plutôt intéressante, et maligne dans le sens où elle ne donne pas ce à quoi on s'attend de prime abord : son héros est fatigué et là où je m'attendais à le voir en type dur et coriace que rien n'arrête, on se retrouve avec un gars qui atteint ses limites, qui se veut dur et intraitable mais qui doit plier, qui doit céder contre plus fort que lui. Ce qui rend la série à la fois inattendue et du coup intrigante quant à sa suite. Petit bémol : 6 épisodes seulement dans cette saison, et par conséquent on se retrouve très vite en fin de saison alors qu'on aurait aimé en voir plus, aller plus loin, plus vite. Je ne peux pas encore dire ici que je suis convaincu à 100% par cette série, car justement il me faudrait en voir un peu plus pour me prononcer, mais les débuts sont prometteurs.

Kaamelott premier volet : Après 10 ans d'attente, qui se virent prolongées d'une année supplémentaire pour raison de covid-casse-couilles, voici enfin le grand retour du roi Arthur et de l'ensemble des pieds nickelés des terres de Logres. Sous forme de long métrage cette fois-ci. Et même du premier volet d'une trilogie au cinéma, puisque le succès annoncé du premier film ne devrait pas laisser longtemps perdurer le suspense quant à la suite envisagée si la demande du public suivait suffisamment. Quoi dire du film : d'abord ça fait bizarre de les revoir tous, il y en a une certain nombre qui ont pris un bon coup de vieux au passage. Mais qu'on se rassure : aucune conséquence sur leur niveau de connerie qui reste, elle, toujours au top malgré les rides et les cheveux blancs supplémentaires. Le casting historique est donc là et bien là (un vrai, immense plaisir non-dissimulé pour ma part, bien que son temps de présence à l'écran aurait mérité une petite rallonge, de retrouver le grand, l'incomparable, l'inégalable Léodagan !!), et s'y ajoute un certain nombre de petits nouveaux, quelques uns bien gratinés aussi (le gendre de Karadoc m'a l'air d'un beau vainqueur par exemple). Je passe sur le kiff complet de voir Sting en chef des Saxons. Quant à Astier il a plutôt bien joué son coup. Du scénario malin à la réalisation aux petits oignons, en passant évidemment par son interprétation d'un personnage qu'il tient si bien qu'il lui est devenu quasi-indissociable, il a assuré sur tous les plans. J'avais un peu peur du passage d'un format très court à base de mini-sketchs à un format long qui se doit de tenir sur la longueur, mais le pari est tenu et gagné, ça fonctionne bien sur grand écran aussi. Bref, on attend déjà la suite de pied ferme. Je n'ai qu'un mot à ajouter : Troupaskaïa !!!!

The Walking Dead saison 10 partie 2 : le covid n'en finit pas de faire des siennes et d'interférer avec tout, y compris les calendriers de tournage et de diffusion des séries télévisées ! C'est donc sur le tard que j'ai vu la seconde partie, décalée en terme de diffusion, et composée de 6 épisodes, de la 10ème saison de The Walking Dead. Ces épisodes prennent le parti de se concentrer à chaque fois sur un ou deux personnages en particulier, ne faisant en ce sens quasiment pas progresser du tout l'intrigue principale, mais apportant des éclairages plus spécifiques sur l'un ou l'autre des survivants. À ce jeu-là, tout le monde ne gagne pas ! Il y a à peu près un épisode sur deux de vraiment très intéressant, l'autre moitié ressemblant plus à remplissage et du drama limite soporifique. Je n'ai jamais été un grand fan de Darryl qui avec le temps et la défection progressive des autres acteurs principaux est devenu la figure de proue des survivants restants. L'épisode qui lui est consacré m'a confirmé dans mon sentiment : je me fiche totalement de ce qui lui arrive, aucune empathie envers ce personnage trop caricatural et faussement brut de décoffrage à mon goût. Idem pour les atermoiements de Carol qui m'insupportent de plus en plus. D'autres m'ont beaucoup plus intéressé : l'épisode très bizarre consacré à Princesse par exemple a su éveiller ma curiosité. Le final dévolu à Negan m'a également beaucoup plu. Bref, il y a du bon et du moins bon dans cette fournée tardive de TWD, et on sent grandement que la fin approche. Cela fait plusieurs saisons que la série tourne quasiment à vide et que l'énergie et l'enthousiasme du début n'y sont plus. Espérons que la dernière saison rendra honneur à cette série qui aura finalement trop duré.

Black Widow : Et voilà, après plus d'un an de retard, le retour d'un super-héros Marvel au cinéma ! Ou plutôt d'une super-héroïne, puisqu'on a le plaisir de retrouver la rousse Black Widow (sa version blonde lavasse du dernier Avengers était vraiment trop insipide !). Et pas qu'elle : ce film est très clairement sous le signe du Girl Power !! On a donc pas une seule Black Widow mais toute une armée de veuves noires qui se chargent de remplir le cahier des charges aussi bien côté action que côté charme. Les deux seuls hommes à tenir un rôle de premier plan sont le grand méchant tortionnaire, éleveur de veuves, faiseur d'orphelines et d'esclaves à sa solde, la quintessence même de l'ordure sans même le moindre début de reflet de lumière pour le sauver. Le type que tout le monde veut voir mourir, et si possible dans d'atroces souffrances. Pas vraiment nuancé comme zig quoi. L'autre homme c'est le Red Guardian, ou plutôt ce qu'il en reste. Lui est clairement là pour amuser la galerie, et plutôt en tant qu'objet de moquerie qu'en tant que réel talent comique. Mais après tout, en comparaison de tous les autres films Marvel aux super-héros testostéronés, ça fait du bien aussi de ne pas toujours reproduire les mêmes types de personnages. Ce qui m'a cependant un peu manqué dans ce film, ce sont les vraies bonnes chorégraphies de combats auxquelles nous avait habitués Black Widow lors de ses précédentes prestations dans les Avengers par exemple. Pas que ce secteur du film soit totalement raté, mais j'en attendais clairement plus et mieux. Le film pèche un peu de ce point de vue j'ai trouvé. Sinon en action pure et grand spectacle on a ce qu'il faut, à la manière Marvel, c'est-à-dire très propre visuellement, toujours spectaculaire, très axé effets spéciaux digitaux, bref de la belle ouvrage, presque du classique maintenant tant ils nous y ont habitués. L'histoire développée dans ce film permet de mieux apprendre à connaître qui est Natasha Romanova alors qu'elle est des tous premiers personnages du MCU mais qu'on n'en savait finalement que très peu sur elle. L'intérêt d'ailleurs est que cette histoire est majoritairement détachée de celle du personnage papier telle que les lecteurs de Marvel le connaissent, ce qui a l'avantage de donner un parfum d'inédit au film pour tout le monde, vieux briscards comme néophytes en matière de super-héros. Évidemment cela risque de mécontenter les puristes, mais sincèrement, le traitement de Natasha tel qu'il est fait dans ce film m'a semblé très cohérent, intelligent et pertinent, je n'ai donc rien à en redire. Film Marvel mineur, qui permet cependant de se remettre dans le bain avant l'arrivée de nouvelles franchises, mais qui pour l'instant ne permet pas de relancer la machine vers quelque chose "de neuf", vers un nouvel arc narratif original. On n'a donc pas encore d'avant-goût des nouveautés qui nous attendent mais un petit rappel de ce qui a fait le succès des films du MCU jusqu'ici.

Comment je suis devenu super-héros : Comment, oui comment résister à l'envie de voir ce film quand on en connaît les ingrédients principaux : film français de super-héros, mélange de genres entre polar et film fantastique, Pio Marmaï en rôle principal, Benoît Poelvoorde en vieux justicier masqué parkinsonien à la ramasse ? Moi il ne m'en fallait pas autant pour aiguiser ma curiosité à son égard. Et j'ai été plutôt content de ce que j'ai vu. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est le ton général, l'ambiance du film. On ne cherche pas à faire concurrence à Marvel ou DC, mais on reste dans une démarche sérieuse malgré tout, on ne donne ni dans la surenchère ni dans la parodie, le genre super-héros est respecté. Tout en lui donnant un angle d'approche inédit. Difficile d'ailleurs à qualifier autrement que de film de super-héros "à la française" même si cela peut paraître insuffisamment précis dit comme ça. Dans le traitement, ça m'a un peu fait penser à l'humanisation des personnages à super-pouvoirs que j'ai déjà pu rencontrer dans certains comics (au hasard, ceux écrits par Alan Moore ou Garth Ennis par exemple), ou encore sur d'autres supports comme le roman La vie sexuelle des super-héros de Marco Mancassola (bien que le sujet de fond y soit différent bien entendu). Gros point fort donc, l'interprétation et l'écriture. Quoique pour une fois le point faible du film réside plutôt dans le personnage du méchant, un peu too much, un peu trop caricatural pour le coup, alors que c'est pourtant le méchant qui donne l'impression de qualité de ce type de film à l'accoutumée. Ici il manque cruellement de profondeur, et ses excès et dérives ne suffisent pas à en faire un personnage suffisamment intéressant. Mais l'essentiel n'est pas là mais bien partout ailleurs, car tout le reste est plutôt réussi, ou tout du moins a su être à mon goût ! Je recommande donc, et évidemment : longue vie à Monte Carlo !

American Gods saison 3 : Avec American Gods je suis un peu embêté. Parce que j'aimerais en dire beaucoup de bien, l'encenser et le conseiller à tout le monde, mais je ne peux pas. Pourtant sur le papier tout y est pour que cette série cartonne : thème original et plein de promesses tiré du roman original de Neil Gaiman, casting en béton, image et effets ultra classes et léchés, narration chorale avec intrigues enchevêtrées exactement comme j'aime, critique de la société moderne et discours intelligent qui ne prend pas le spectateur pour un demeuré... Vraiment rien à redire sur tout ça. Et malgré cela, la mayonnaise ne prend pas comme elle devrait. L'intérêt varie d'un épisode à l'autre, parfois même d'une scène à l'autre. Le rythme s'en trouve impacté. L'opacité de certaines situations l'emporte sur la fluidité de la narration.  Si bien qu'à l'arrivée, on a conscience d'avoir regardé quelque chose d'agréable et de beau, mais on n'en ressort pas passionné, pas subjugué comme on le devrait. C'est malheureusement un sentiment visiblement partagé par le plus grand nombre, car malgré la qualité générale de haute tenue de la série, elle n'a pas été reconduite après sa troisième saison. Et très clairement cette option n'avait pas été envisagée par les scénaristes qui nous laissent en pleine intrigue, pour ne pas dire en plein cliffhanger de fin de saison, avec la perspective de n'en jamais voir la suite. Alors personnellement, ayant lu le roman je la connais cette fin tant attendue, mais je trouve rageant toutefois de ne pas avoir droit à une conclusion digne de ce nom pour une série quand même hors norme, aussi travaillée et ambitieuse  que celle-ci. Une dernière saison aurait largement suffit à terminer proprement et correctement toutes les intrigues en cours, c'est vraiment dommage de s'arrêter si près du but. La faute certainement aux nombreux couacs qui ont émaillé la production de cette série (conflits internes et départs de show-runners, scénaristes et comédiens en cours de route). L'essentiel n'aura donc pas su être sauvé, et en tant que spectateur on ne peut qu'amèrement le regretter...

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