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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 08:10

Quand ce roman de Gillian Flynn a paru en France en 2012, c’était précédé d’une excellente réputation outre-atlantique. C’était le roman à lire si on aime le suspense. Dans la foulée (ou presque) était annoncée son adaptation au cinéma avec ni plus ni moins que David Fincher derrière la caméra et le couple Ben Affleck / Rosamund Pike (une de mes actrices préférées) dans les rôles principaux. Alors que le roman était déjà installé dans ma Pile-à-Lire, j’apprenais que la sortie du film en salle était imminente. Violant toutes mes règles concernant l’ordre de lecture de mes livres en attente1, je faisais donc gagner plusieurs mois au bouquin afin de pouvoir le lire avant de voir le film. Je me connais, et je sais que l’envie de lire a tendance à méchamment s’amenuiser quand je connais déjà les tenants et aboutissants. Autrement dit si je vois l’adaptation ciné en premier, le bouquin risque fort de perdre de son intérêt à mes yeux.

 

Voilà donc que le roman se voit propulsé tout en haut de ma Pile-à-Lire, gagnant au bas mot une année d’attente. Qui plus est, le film étant prévu de sortir à la rentrée, le roman devient donc l’une de mes lectures d’été, embarqué dans mon sac de plage, entre ma protection solaire indice 50 et mon Ipod (car oui, je suis vieux et branché : j’utilise le dernier gadget à la mode d’il y a 15 ans pour écouter de la musique).

 

C’est donc dans une ambiance sable fin, huile de jojoba, glace framboise-chocolat et monokini que je me mets à sa lecture4.

Et là, c’est simple, la Côte d’Azur a tout à coup disparu derrière les paysages un peu moins glamours de la campagne de l’état du Missouri. L’air est devenu oppressant, l’ambiance plus lourde de suspicion, et un voile de mystère s’est emparé de Cannes-la-Bocca.

 

Amy et Nick Dunn sont jeunes, beaux et donnent l’apparence d’un couple modèle et heureux. Mais voilà, la crise financière est passée par là, et la situation du couple s’est détériorée financièrement au point qu’ils ont dû quitter leur vie à New-York pour venir s’installer dans la ville d’origine de Nick, coin paumé au bord du Mississipi. Avec un peu de chance ce ne sera que provisoire. Et puis la situation des parents de Nick l’exige : sa mère se meurt d’un cancer et son père est atteint d’Alzheimer. Nick ouvre un bar avec sa sœur jumelle, ils ne s’en sortent pas si mal que ça finalement. Mais le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy disparaît. Nick retrouve la porte de leur maison grande ouverte, il y a des traces visibles de lutte… l’enquête débute aussitôt, et très vite Nick devient le principal suspect. Il faut dire que de plus en plus d’éléments convergent à le désigner comme coupable… Les petits secrets sont dévoilés, les révélations s’enchaînent, les apparences volent en éclat.

 

J’arrête là de vous raconter ce qu’il se passe dans ce livre, histoire de ne pas déflorer un suspense extraordinaire, totalement hors-norme, et qui tient jusqu’à la toute dernière page. Même quand on croit avoir tout compris, avoir fait le tour de l’affaire, à chaque fois un nouvel élément s’ajoute qui nous remet un petit coup derrière la tête et nous apprend la modestie que chaque lecteur devrait avoir en permanence face à un maître de la littérature de genre (une maîtresse dans le cas présent).

 

Bien sûr, vu que l’adaptation cinématographique a plutôt bien marché (et à raison : le film est vraiment très réussi lui aussi) et a connu son petit succès lors de sa sortie, il y a de fortes chances que le suspense dont je parle n’en est déjà plus un depuis longtemps pour vous. Mais si ça n’est pas le cas, si jusqu’ici vous êtes passés entre les gouttes de la renommée et du livre et du film, alors sachez que ce roman est un monument du genre, un summum d’efficacité. Rarement j’ai été à ce point baladé de bout en bout d’un livre. Et surtout il n’y a rien à jeter : tout est parfait, aux petits oignons, tout se tient du début à la fin, et jusqu’à la dernière ligne vous serez sur le cul, effaré par ce que vous lisez. Enfin moi c’est l’effet que ça m’a fait.

 

Le roman est construit sur une alternance de narration à deux voix. Chaque chapitre est raconté soit du point de vue de Nick, soit du point de vue d’Amy. Et pendant la première moitié du livre, vous ne saurez pas à quel saint vous vouer puisque tour à tour, chaque personnage sera décrit de manière très plausible sous le meilleur comme sous le pire jour. Tout ce dont vous serez sûr dès le départ et plus l’histoire avancera, c’est que ce récit est machiavélique.

 

Ce qui est très fort, c’est qu’une fois la première moitié du roman passé, quand on s’est pris un gros coup sur la cafetière par la révélation principale, le livre continue d’être parfaitement passionnant. Car une fois le « qui ? » solutionné, reste à comprendre le « comment ? » et mieux encore : le « pourquoi ? » qui vous fera certainement froid dans le dos.

 

Et ce qui est encore plus fort, c’est que même une fois que le « comment ? » et le « pourquoi ? » seront expliqués, le roman continuera encore à être passionnant et ce sera là d’ailleurs son exploit le plus remarquable : il va mener à une fin que jamais je n’aurais pu imaginer et qui m’a encore plus abasourdi que tout le reste. En refermant le bouquin après avoir tourné la dernière page, j’ai le souvenir très précis d’être resté là comme un con, à me dire « la vache, quel bouquin ! », n’en revenant toujours pas du niveau de cynisme que m’a imposé cette fin impitoyable.

 

Je pense que dans le genre roman à suspense, Les Apparences de Gillian Flynn est de loin celui qui m’aura le plus impressionné par sa maîtrise parfaite, sa construction sous forme d’engrenage absolument diabolique, et surtout par le sentiment qu’il laisse après lecture.

 

À lire absolument. J’envie ceux qui vont le découvrir sans encore rien en connaître.

1 sur ce point je suis une discipline bien définie : je lis mes bouquins par ordre d’arrivée sur ma P-à-L : je prends toujours celui qui est là depuis le plus longtemps.2

 

2 cette règle a des exceptions : quand une adaptation ciné ou télé arrive et que je tiens à avoir lu le roman avant, quand il s’agit d’un livre qui traite d’un thème particulier pour lequel j’ai mis en place une lecture à fréquence spécifique (exemple : je lis un livre par an en rapport avec Leonard Cohen, et j’en ai plusieurs d’avance chez moi), quand il s’agit d’une série en cours (exemple : chaque année pendant les congés de Noël je lis un tome de The Expanse), ou exceptionnellement quand j’attends tout particulièrement un livre pour X raison (souvent c’est lié à un auteur qui m’est cher).3

 

3 je sais que ça peut paraître psycho-rigide comme façon d’organiser mes lectures, mais ça marche plutôt pas mal ! Sans cette discipline ce serait, excusez le terme, le bordel. Et surtout certains livres finiraient par ne jamais être lus à force que d’autres leur passent devant...

 

4 je déconne pour l’huile de jojoba.

 

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 08:07

 

« Je ne connais personne qui n’aime pas le flamby. »

 

François Hollande en pleine auto-promotion second degré au cours de l’émission « Au tableau ».

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 08:04

Valeur sûre parmi les écrivains français contemporains, de Tonino Benacquista, sans en être un lecteur exhaustif, je crois n’avoir jamais rien lu d’ennuyeux ni même d’inintéressant.

Le dernier en date, Homo Erectus, m’avait même plutôt enthousiasmé.

Cette fois-ci, avec Nos gloires secrètes, l’auteur délaisse le roman pour se plonger dans l’art de la nouvelle. Le livre est composé de six récits, de longueurs variables, reliés entre eux par un fil rouge thématique. Il s’agit ici d’aborder l’envers du décor, de gratter le vernis des apparences pour y découvrir la profondeur et la richesse du monde intérieur des protagonistes de ces six histoires courtes.

 

Qu’il s’agisse des remords d’un meurtrier anonyme, des satisfactions discrètes d’un milliardaire misanthrope, des états d’âmes d’un poète vengeur, de la patience infinie d’un enfant silencieux, de la combativité et de l’insoumission de jeunesse d’un antiquaire, ou de la dernière histoire d’amour qui réveille la passion enfouie d’un vieux parfumeur, chacun des personnages que Benacquista décide de mettre au centre de ses nouvelles recèle bien des mystères et bien des secrets qu’on n’aurait pas imaginés en les voyant.

 

D’ailleurs, un des aspects qui rend ce recueil intéressant c’est que ces secrets cachés sont tantôt positifs, tantôt négatifs. Du passé inavouable à l’exploit passé sous silence, on explore ainsi, tel un archéologue des sentiments cachés, des vérités tues qui auraient pourtant tant à exprimer…

 

Bien évidemment, l’exercice des nouvelles est tel qu’il m’impose, par nature, d’énoncer cette lapalissade qu’on peut appliquer à n’importe quel recueil de ce type : les personnages et les histoires secrètes sont si différents que l’ensemble est inégal. À l’évidence, on aura tous un héros qui nous parlera plus que les autres, une histoire qui nous touchera plus que les autres. Mais il y a dans Nos gloires secrètes tout le talent de conteur de Benacquista qui permet de contrecarrer ce reproche si souvent et si facilement porté à l’encontre des recueils de nouvelles : que vous en préfériez l’une ou l’autre n’empêchera en rien que vous les appréciez toutes ! C’est tout l’art de cet auteur : il n’y a pas de déchet à répertorier parmi ce patchwork de tranches de vies. Vous y trouverez, quelle que soit l’histoire, une dose d’humour, de dérision, de surprise, de tendresse, d’ombre et de lumière, d’humanité et d’amour. Ce sont des ingrédients que Tonino Benacquista maîtrise à la perfection, et qu’il intègre à la recette de chacune de ses histoires.

 

Le livre se lit rapidement et on en ressort avec l’impression d’en avoir un peu plus appris sur la nature humaine grâce à Benacquista. Même que, peut-être bien, cet enchaînement de récits vous fera vous pencher sur votre propre condition… et vous, et moi, quelles sont nos gloires secrètes ?...

 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 07:52

Bon, dans cette dernière partie de bilan 2019 on va compliquer les choses, et de belle manière puisque je vous propose de passer aux séries. Alors, là c’est simple, avec tout ce que j’ai vu, et tout ce qui m’a plu, il m’était juste impossible de n’en garder que 5. J’ai donc scindé le thème « Séries » en deux parties : les « fins de séries » (et il y en a eu une pelletée en 2019), et les séries nouvelles ou en cours, et malgré ça j’ai dû fortement élaguer...

Séries : This is the End

La fin de série la plus attendue par moi, et qui est intervenue de manière un peu miraculeuse en 2019, c’est la conclusion qui a été apportée à Deadwood. Bon, en l’occurrence il s’agit d’un long téléfilm mais il vient apporter une fin à la série HBO qui avait été brutalement interrompue en 2006 après sa troisième saison, me laissant dans un état de frustration extrême. Alors cette fin tardive n’est pas exceptionnelle sur le fond, j’aurais tant aimé qu’on reparte sur une saison complète pour vraiment bien faire les choses, mais sur la forme ça avait quand même de la gueule puisque la quasi-totalité du casting d’origine était de retour (sauf le regretté Powers Boothe, évidemment). Justice a été rendue, partiellement et tardivement, à la série de David Milch, et c’est assez inédit pour être noté.

Un téléfilm pour enfin clore Deadwood, après une si longue attente...

Autre fin de série, qui était quant à elle attendue par une multitude de fans : la dernière saison de Game of Thrones, bien entendu, a marqué les esprits, et pas que positivement d’ailleurs. Un petit sentiment de « tout ça pour ça » que je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir, le foutage de gueule de l’épisode soi-disant le plus cher et le plus immersif de la saga, celui du combat des morts contre les vivants à Winterfell, où on ne voyait rien, ne comprenait rien et qui finit par accoucher d’une souris en lieu et place de sommet de la série, c’est ce que j’en retiens en premier lieu. Quant au pétage de plombs de la mère des dragons, et le choix de l’heureux postérieur qui s’est finalement posé sur le trône de fer, ça ne m’a pas tant énervé ou déçu que de nombreux fans hardcore. Mais je persiste à penser qu’il y avait matière à faire mieux comme conclusion.

Huitième et ultime saison de Game of Thrones, là où tout va se jouer...

On reste chez HBO avec la troisième et dernière saison de The Deuce. Qualitativement, narrativement, visuellement, c’était je crois l’une des séries les plus réussies et ambitieuses du moment. La fin est restée dans la lignée des deux premières saisons, et j’ai beaucoup apprécié que la série ose se remettre en question sur le fond en mettant l’une de ses principales héroïnes, interprétée par la magistrale Maggie Gyllenhaal, en proie aux doutes alors qu’elle avait toujours été, durant des années, sûre d’elle et d’une force inébranlable. Et puis j’aime ces fins qui se projettent loin dans l’avenir, pour nous faire voir ce que sont devenus les uns et les autres, un côté Six Feet Under qui fonctionne toujours sur moi…

Troisième et dernière saison de The Deuce, le destin des habitants de la 42ème rue se scelle.

Ah si on parle de série qui se projette loin dans l’avenir pour y planter sa conclusion, impossible de faire l’impasse sur The Affair qui a conclu les déboires sentimentaux de Noah, Helen, Alison et Cole avec sa cinquième saison. Autant je craignais qu’il s’agisse d’une saison de trop après la quatrième qui aurait largement pu servir de fin à la série, autant j’ai été surpris par l’orientation prise par l’histoire dans cette cinquième saison déroutante, et finalement convaincu par ce que j’y ai vu. Une belle fin, qui conclut une série hors-norme qui m’aura plu du début à la fin, même dans ses moments un peu moins forts, et qui aura su, ce fut sa plus grande force, nous faire aimer ses personnages, malgré leurs défauts et leurs imperfections. En jouant sur l’humain avant tout. Belle réussite que The Affair, sur un thème pourtant bateau et archi-revisité : l’amour. Pardon : les amours.

The Affair saison 5, la conclusion inattendue d'une série à part.

Et puis pour finir cette difficile sélection, comment ne pas parler aussi de la septième et ultime saison de Orange is the New Black ?! Là aussi, c’est sur l’humain avant tout que s’est construit le succès de cette série, et c’est en restant sur cette ligne principale que la dernière saison est venue mettre un point final à la série. On a pu parfois reprocher à la série d’être un peu mièvre pour une série sur le monde carcéral, même si personnellement je ne l’ai jamais considérée ainsi, mais pour le coup cette dernière saison est plutôt du genre « sans concession », je dirais même particulièrement cruelle avec un certain nombre de ses personnages qui connaissent des destins pas vraiment roses ni enviables. Et malgré tout, la série a réussi à conserver des moments d’humour qui contre-balancent avec efficacité et sans trop détoner, la gravité de ce qui arrive à bon nombre des héroïnes incarcérées. Une fin très réussie, émouvante, dure, convaincante.

Orange is the New Black se conclut avec sa septième saison, et tout n'est pas toujours bien qui finit bien...

Séries : to be continued...

Je vais commencer par une nouveauté, avec la première saison de The Boys, l’adaptation du comics ultra-trash sur le monde des super-héros de Garth Ennis et Darick Robertson. Aussi excité par l’annonce qu’inquiet du résultat, je craignais que la série n’édulcore trop le comics culte de ce taré d’Ennis. Et ça a été en partie le cas, pour tout ce qui est d’ordre sexuel surtout. N’empêche que la série reste bien gratinée quand même, et ça je ne peux m’en plaindre. L’adaptation au média télévisuel est vraiment réussie et on a gardé la violence et l’immoralité des personnages, ce qui est somme toute bien l’essentiel. Si vous avez trouvé ça hard et que ça vous a plu, je ne peux que vous conseiller la lecture du comics d’origine qui lui va encore bien plus loin. J’attends de pied ferme la saison deux, d’autant plus qu’elle a été annoncée comme encore plus trash. À conseiller à tous ceux qui veulent voir les super-héros d’un œil nouveau.

The Boys saison 1, un autre regard sur les super-héros...

Puisqu’on est dans les nouveautés restons-y, tout en changeant radicalement de genre, avec la première saison de Sex Education. Au départ je craignais un mix pour ados entre Sauvés par le Gong et American Pie (dans le thème comme dans le contexte, le rapprochement est indiscutable) mais en finalité on en est loin et le résultat est vraiment savoureux. C’est drôle sans être vulgaire, c’est malin et adulte dans le traitement tout en restant frais et à l’humour parfois potache, bref c’est un cocktail détonant qui aborde des sujets aussi bien légers que graves sans être ni moralisateur ni fataliste. C’est totalement inattendu et complètement réussi !

Le sexe une affaire d'adultes ? à voir dans Sex Education saison 1 !

Après les nouveautés, les vieilleries… Eh oui, « vieillerie » en parlant de Shameless US, parce que mine de rien elle est là depuis longtemps déjà. Je parle de la saison 9 (alors la dixième est déjà en cours), qui n’est pas n’importe quelle saison puisqu’elle marque le départ de Fiona et de Ian, deux piliers de la famille Gallagher. Avec les années, mon amour pour cette série hors-norme, qui une fois n’est pas coutume fait la part belle aux losers et aux laisser-pour-compte des States, ne s’est jamais démenti et je suis toujours aussi client de ce show qui mélange allègrement la comédie pure, les délires assumés, les états d’âmes qui font mal et les drames profonds. On nage dans le mauvais goût le plus total, et on le fait tel Frank le patriarche : sans la moindre honte. La neuvième saison ne fait pas exception à la règle : Shameless est définitivement une de mes séries cultes.

La famille Gallagher une dernière fois au grand complet dans la saison 9 de Shameless

Si on parle de mes chouchous, je ne peux pas ne pas évoquer mon Ray-Ray. La sixième saison de Ray Donovan et de toute sa famille de bras cassés revient avec un changement en profondeur, de décor (on passe sur la Côte Est) comme de statu quo (Ray n’est plus celui qu’il a été, tout a fichu le camp autour de lui depuis la fin de saison 5 cataclysmique). Terry et Bunchy prennent encore un peu plus de profondeur et le vieux Mickey, interprété par un Jon Voight qui marche sur l’eau depuis qu’il a décroché ce rôle sur mesure, reste incontournable pour sa dégaine improbable et ses réflexions hilarantes. Et la tante Sandy qu’on découvre dans cette saison envoie du bois elle aussi. Ray Donovan c’est simple, c’est mon péché mignon.

Ray Donovan peut régler tous vos problèmes. Tous, sans exception.

Et puis je terminerai par la série qui m’a séché aussi sûrement qu’un crochet au foie suivi d’un uppercut foudroyant : Chernobyl. Cette mini-série de HBO reprend le drame de l’accident nucléaire de Tchernobyl en avril 1986 et montre tout. On connaît tous cet événement sans précédent, mais en réalité on est très loin de s’imaginer le quart de ce qui s’est réellement produit à cette époque en ex-URSS. La vulgarisation des explications scientifiques de l’enchaînement de circonstances qui ont conduit à la catastrophe est vraiment parfaite : ni trop simplifiée ni trop compliquée pour qu’on parvienne à bien comprendre. Tout est expliqué et montré froidement, c’est sans concession et on n’en ressort pas indemne, car c’est à la fois affligeant et glaçant. Ce n’est pas une série qui va vous remonter le moral en période de spleen, mais c’est indéniablement la série-choc de l’année 2019. Incontournable.

Chernobyl, la mini-série choc la plus glaçante de l'année.

Eh bien voilà, j’ai joué le jeu en ne gardant que 5 propositions par thème pour ma sélection de l’année en ce qui concerne les séries, mais je peux dire que le choix n’a pas forcément été facile à faire, et j’ai ainsi dû laisser sur le côté bien des séries qui auraient mérité un petit coup de projecteur…

Et si vous avez des conseils ou coups de cœur à partager, n’hésitez pas à me le dire en commentaire !

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 08:00

Un humour décalé et corrosif. Une situation originale et un brin ironique. Des rebondissements et de l’inattendu. Voilà ce que ce roman de David Safier promettait. Voilà ce à quoi je m’attendais donc. Bon, j’ai été déçu.

 

Laissez-moi vous exposer d’abord de quoi parle ce roman, Maudit Karma de l’auteur allemand David Safier. C’est l’histoire de Kim Lange, une animatrice de télévision au sommet de sa gloire. Belle, intelligente et prête à tout pour sa carrière, elle succombe pourtant de manière inattendue et plutôt incongrue, peu après avoir remporté le prix de la meilleure animation d’une émission télévisée. Mais loin d’être la fin, ça n’est que le début de son histoire. Car à peine trépassée, la voilà présentée à Bouddha, qui lui apprend que durant son existence elle a accumulé une quantité importante de mauvais karma, et va devoir en répondre au cours de sa prochaine réincarnation. En effet, Kim reprend ses esprits dans le corps d’une fourmi, membre d’une fourmilière située justement… dans le jardin de son ancienne maison. Elle assiste ainsi à la vie d’Alex, son veuf de mari, et de Lilly, leur petite fille de cinq ans, se rendant bien compte à quel point elle les avait négligés jusqu’ici. Qu’à cela ne tienne, Kim est bien décidée à regagner du bon karma, afin de regrimper dans l’échelle des réincarnations et pouvoir ainsi se rapprocher de plus en plus de sa famille. Au cours de cette quête elle va rencontrer un acolyte improbable en la personne de Casanova. « Le » Casanova historique de Venise, grand séducteur devant l’éternel, lui-même réincarné inlassablement en fourmi depuis des siècles. Mais Kim ne compte pas se contenter de son sort, d’autant que Nina, son amie d’enfance, se rapproche de plus en plus d’Alex et risque bel et bien de prendre sa place au sein de sa famille...

 

Bon. Je sais, moi aussi j’étais un poil dubitatif devant ce pitch de départ. Mais, me suis-je dit, c’est parfois dans les moments les plus inattendus qu’on a les plus belles surprises. Pas cette fois-ci malheureusement.

 

Non pas que le livre soit foncièrement mauvais. Il ne m’est pas tombé des mains en cours de lecture, au contraire, j’ai même été agréablement surpris de ce point de vue : il se lit vite et facilement. C’est plutôt fluide, il n’y a pas trop de temps morts, et le style n’est pas déplaisant. Même l’humour n’est pas complètement à jeter, il y a des trucs réussis, j’avoue avoir souri l’une ou l’autre fois. Non, le problème se situe ailleurs à mon sens. C’est un sentiment diffus qui m’a accompagné pendant toute la durée de la lecture de ce roman. L’impression de cliché. C’est même plus subtil que cela : en fait j’ai eu l’impression qu’à tant vouloir sortir des sentiers battus, à tant vouloir paraître original, cela en devenait cliché. Pas tant dans les idées ou les situations couchées sur papier par l’auteur (effectivement plus d’une sort de l’ordinaire), mais dans ses intentions-mêmes. En effet, on ne s’attend évidemment pas à voir l’héroïne se réincarner en doryphore ou en cochon d’inde par exemple, cependant la finalité de tout cela est totalement attendue et tristement banale. Au point d’ailleurs que David Safier pousse d’un cran supplémentaire le bouchon dans le sens du too-much, avec un final happy-end complètement raté, qu’on voit venir de loin, et que j’ai pourtant trouvé en même temps totalement pas crédible du tout. Notez tout de même que j’avais accepté le principe des réincarnations et de Bouddha qui apparaît au début de chacune d’entre elles pour faire un petit speech, et donc que j’étais plutôt large d’esprit dans ma conception du « crédible ». C’est dire si la fin choisie par l’auteur m’a paru naze.

 

L’autre gros point noir, toujours selon moi, de ce roman, ce sont ses personnages. Je parlais de clichés plus haut, là on pourrait évoquer la caricature pour varier un peu le champ lexical de cet article. Alors oui certes, il faut se replacer dans le cadre d’un roman humoristique, léger et sans grande ambition (enfin là je préjuge peut-être des intentions de l’auteur, si ça se trouve le gars pensait livrer un ouvrage de fond et un outil de profonde réflexion, va savoir…), qui permet donc de ne pas trop approfondir les caractères des personnages. Mais quand même, de là à tout faire à la truelle, autant exercer ses talents en tant que maçon, plutôt qu’en tant qu’écrivain. Les dialogues, entre autres, m’ont vraiment semblé parfois très légers. Quant à la définition des caractères, comme je le disais plus tôt, on se croirait plus volontiers dans un article de presse féminine au rabais* que dans un roman digne de ce nom. Est-ce parce que l’auteur est un homme et que son personnage principal est une femme que c’est aussi simpliste et plus prévisible qu’une recette d’œuf au plat ? Ce serait sexiste comme explication (en temps normal un personnage et son auteur ne devraient pas être forcément du même sexe pour que le texte soit crédible), alors j’imagine que ça tient à d’autres facteurs que je n’ai pas su remarquer. Tiens, pour essayer de vous illustrer mon impression de lecture, il y a une formule que je trouve totalement appropriée : Kim, l’héroïne qui passe par différentes réincarnations tout au long du roman, est ce qu’on qualifierait du néologisme si horripilant et pourtant à la mode actuellement : une fille attachiante. Voyez ce que je veux dire ?

 

En fait, je crois que j’aurais dû commencer par ça, l’article aurait été plus vite écrit. Maudit Karma est l’histoire d’une fille attachiante qui se réincarne en fourmi. Tout est dit.

 

À moins donc, d’être vous-même une fille attachiante, je me permets de vous déconseiller la lecture de ce roman qui de toute manière a connu un immense succès populaire, et qui je pense ne souffrira pas de mes pauvres petites recommandations d’aller lire ailleurs...

*quitte à me faire traiter d’horrible machiste autant préciser ma pensée : c’est l’exemple qui m’est venu pour singulariser cette propension à se vautrer dans le cliché et le manque de subtilité des personnages...

 

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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 08:13

Après le cinéma et la littérature, place à un peu de musique et de spectacles vivants. Je vous propose donc ma sélection 2019, en me pliant à ma règle de départ : seulement 5 propositions par domaine. Alors c’est parti, montez le son et envoyez les basses !

Musique

Bien, vous avez tous préparé vos platines ? On va commencer par du lourd, par un génie doublé d’une icône de la musique : Sir Paul McCartney ! Avec son album Egypt Station, sorti en septembre 2018 mais qui aura tourné en boucle sur mon lecteur tout au long de l’année passée, l’ancien Beatles a produit rien moins qu’une pépite. Chaque morceau, je dis bien chaque morceau (et l’album compte 14 titres + 2 petits interludes) possède l’ADN d’un pur tube pop. C’est beau, c’est doux, c’est rythmé, ça glisse tout seul dans l’oreille et ça ne quitte plus l’esprit tant les mélodies sont addictives. Difficile de ne nommer qu’un ou deux titres à sortir du lot, mais bon si vous insistez je me risquerais avec I Don’t Know, Fuh You et Come On To Me, mais je me répète : il n’y a rien à jeter dans cet album, c’est une tuerie. Et la preuve que le vieux rocker embourgeoisé est encore capable du meilleur. À écouter sans retenue !!

Paul McCartney et son album Egypt Station

Bon, si McCartney a tout d’un taulier dans son domaine, il y en a un autre qui pourrait lui disputer le titre, et pour cause : on ne le surnomme pas le Boss pour rien ! Bien entendu il s’agit de Bruce Springsteen qui a sorti en juin 2019 un album superbe, Western Stars, en solo sans son fidèle E Street Band, mais quand même bien entouré question musicos. Alors là encore, c’est bien simple, l’album entier fonctionne à merveille et tous les titres ont su trouver le chemin direct entre mes esgourdes et ma mémoire à long terme : les morceaux sont parfaitement conçus pour s’introduire en vous et ne plus vous lâcher. Et quand le disque se termine, on appuie quasi machinalement sur play pour le relancer. D’ailleurs on peut se faciliter la tâche en programmant la lecture en boucle, c’est plus simple. Ôde à l’Amérique des films, l’Amérique de légende, l’Amérique rêvée et fantasmée par tous ceux qui ont un jour aimé les histoires de cowboys ou de cascadeurs, de John Wayne à Colt Seavers, en passant par les immenses plaines désertiques, l’âge d’or du cinéma hollywoodien et la liberté comme seule limite… Springsteen parle d’un monde qui n’existe pas en réalité, mais qu’on a tous au tréfonds de notre cœur malgré tout. Et quand c’est fini, il y en a encore

Bruce Springsteen et son album Western Stars

Un monstre sacré en voici un troisième, et pas des moindres : Leonard Cohen. L’immense Leonard Cohen s’est éteint un triste soir de novembre 2016, peu de temps après avoir sorti ce que je pensais être son ultime album, You Want It Darker. Il avait cependant enregistré d’autres textes, laissant à son fils Adam Cohen le soin de mettre le tout en musique. Et c’est ce que le fiston a fait, avec sérieux et abnégation, en toute discrétion jusqu’à l’annonce de sa sortie, et ça a donné Thanks For The Dance, sorti en novembre 2019. Le titre de l’album est d’ailleurs aussi celui d’une chanson que je connaissais déjà, puisqu’elle était sortie sur l’album Blue Alert d’Anjani Thomas en 2006 (ancienne choriste et un temps compagne de Leonard). Cet album posthume est à la fois doux et sombre, simple sans pour autant être léger. Adam Cohen a fourni un gros travail dans l’ombre, et il nous permet d’apprécier une fois encore, une dernière fois certainement, le timbre et le phrasé incomparables de son père, qui sont à n’en pas douter le principal intérêt de ce disque. Entendre une dernière fois cette voix magique, et se laisser bercer par elle sur de douces mélodies. Thanks For This Last Dance, A & L Cohen.

Leonard et Adam Cohen et leur album Thanks for the Dance

Restons au Canada, et dans l’entourage plus ou moins proche de Leonard Cohen, avec Watching You Think de NEeMA, chanteuse folk de Montréal, un album qui date de 2010 déjà, mais qui aura procuré beaucoup de bien à mes oreilles durant toute l’année 2019 tant je l’ai écouté. NEeMA n’est pas la plus connue des chanteuses canadiennes dans nos contrées, et pour cause, contrairement à la majorité d’entre elles, elle n’est pas du genre gueularde… Elle fait plutôt dans la douceur, dans la guitare-voix, dans la mélodie joyeuse ou mélancolique mais sobre, dans la berceuse même à l’occasion… Son prénom veut dire « grâce » ou « bienfait » en arabe, et je crois que Leonard Cohen avait vu juste en la soutenant au début de sa jeune carrière, il lui a même offert le dessin qui sert de pochette à cet album. Une belle chanteuse aux belles chansons, que je vous incite à découvrir.

NEeMA et son album Watching You Think

Et puis je termine en revenant vers la chanson française. Enfin francophone. Et encore, pas complètement… puisque dans son dernier album Homeless Songs, Stephan Eicher chante autant en suisse-allemand qu’en français. Et d’ailleurs, contre toute attente, je me suis rendu compte que parmi l’ensemble des titres qui forment l’album, bien que je les apprécie toutes, j’ai un petit penchant plus marqué pour celles en allemand. Sorti en septembre 2019, son album m’a chopé par le cœur et ne m’a plus lâché depuis. Depuis il tourne en boucle, et si ce n’est pas sur mon lecteur c’est dans ma tête, car les chansons de cet album ont un pouvoir magique, celui de vous tourner dans l’esprit de manière entêtante sans pour autant vous énerver de le faire. C’est très beau, c’est touchant, c’est intime, c’est doux, c’est entraînant, ça émerveille, ça rend mélancolique, en un mot, cet album est juste parfait. Un moment de pur bonheur, voilà ce que le chanteur suisse nous a offert avec cet album. Quelques titres comme ça en passant : Si tu veux (que je chante), Gang Nid Eso, Niene Dehei, Toi et ce monde, et surtout, surtout, la fabuleuse Still. À écouter et à savourer sans fin.

Stephan Eicher et son album Homeless Songs

Voilà pour ce qui est des albums musicaux, j’ai rempli ma mission, et elle a été ardue étant donné le nombre de bons disques que j’ai eu le plaisir d’entendre et de découvrir en 2019.

Mais comme la musique s’insinue un peu partout dans ma vie, je me suis dit qu’il serait judicieux de faire une petite sélection des spectacles que j’ai pu voir cette année, histoire de pouvoir prolonger un peu le plaisir de vous parler de bonne zique…

Spectacles

À tout seigneur, tout honneur, je commencerai donc par Mark Knopfler qui a annoncé que sa tournée mondiale entamée en 2019 serait sa dernière. Je l’ai donc vu, très certainement pour la dernière fois, au Zénith de Strasbourg le 12 mai 2019. Concert d’adieu donc, où il a égrainé des morceaux parmi les plus emblématiques de sa carrière. Un concert avec un arrière-goût de nostalgie pour moi, sans cesse en train de passer de mes souvenirs de ses précédents concerts à l’idée que je l’applaudissais pour la dernière fois. Knopfler avait mis pour l’occasion les petits plats dans les grands, et a proposé un concert plein, entier et maîtrisé, à l’image de sa carrière. Histoire de nous offrir un dernier souvenir. Un très bon souvenir.

Mark Knopfler au Zénith de Strasbourg

Si je l’ai vu pour la dernière fois, ceux-là je les découvrais pour la première fois sur scène le 10 juillet 2019, et j’espère bien que ça ne sera pas la dernière : le Kenny Wayne Shepherd Band au Kaufleuten de Zürich. J’étais resté complètement scotché par leur album de 2017, Lay It On Down, et The Traveler sorti en 2019 était du même tonneau, quand je les ai vus annoncés pas trop loin de chez moi (Zürich est à moins d’une heure et demi de route) je n’ai pas hésité une seconde, et grand bien m’en a pris. Pour ceux qui aiment le blues-rock à forte dominante de guitare électrique, ce groupe c’est du pur bonheur en décibels. Avec leur show à l’américaine, c’est-à-dire parfaitement millimétré et ultra-pro, c’est un vrai plaisir de les voir évoluer sur scène. Il se dégage d’eux une vraie énergie communicative et les prouesses de Kenny à la guitare laissent sans voix. Un must.

Kenny Wayne Shepherd au Kaufleuten de Zürich

Un autre que je voyais pour la première fois sur scène (pour un concert complet j’entends, je l’avais déjà vu en guest-star lors du concert-anniversaire de Fred Blondin au Casino de Paris), bien que je connaisse et apprécie sa musique depuis mes années étudiantes, c’est CharlÉlie Couture, que j’ai pu donc voir le 16 mai à l’Eden de Sausheim. Un type à part, un artiste incomparable, une musique si personnelle et si envoûtante… C’était un concert un peu spécial, et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en m’y rendant, et à l’arrivée ce fut simplement génial. Un grand moment avec un grand monsieur de la musique française.

CharlÉlie Couture à l'Eden de Sausheim

De la scène française, ceux-là sont des piliers incontestables aussi à mon avis : les Innocents m’ont fait le plaisir de passer à deux pas de chez moi, au Noumatrouff de Mulhouse, le 7 décembre 2019, et bien évidemment je ne pouvais pas rater ça. Pour mille raisons, et avant tout parce que c’est de la balle, leur musique m’habite depuis que je les connais. Mélodistes de génie, paroliers complètement azimutés, le duo JP Nataf et Jean-Christophe Urbain accouche de petits chefs-d’œuvre en album et fait des étincelles sur scène. Ils allient talent et bonne humeur, et font rimer complicité et perfection comme personne d’autre ne sait le faire. Du coup, sur scène ils s’amusent et c’est le public qui en profite !

Les Innocents au Noumatrouff de Mulhouse

Et puis, je l’ai gardée sciemment pour la fin. Parce qu’il ne s’agit pas d’un concert, mais d’un spectacle vivant d’humour. Un One Woman Show pour être précis. Qui s’est tenu le 19 septembre 2019 à La Comète d’Hésingue. Et l’artiste en question, c’est l’inénarrable Constance. Elle, c’est simple, elle est gravement dérangée dans sa tête. Tarée à la masse comme dirait mon ami Patrick. Absolument no limit. Vous choquer ne lui fait pas peur, je pense même qu’au contraire, c’est de ne pas vous choquer qui l’empêcherait de dormir. Elle crée, et interprète une foule de personnages sur scène, qui ont un point commun évident : ils sont puissamment atteints. On pourrait dire « décalés », mais on serait tellement loin de la vérité. En fait, ses personnages vivent dans un monde bien à part, un monde étrange et qui fait autant peur que rire (du reste il paraît que la peur et le rire répondent à des stimuli souvent très proches), un monde unique et sans pareil : l’intérieur de son esprit ! Constance est méchamment folle, et follement drôle, donc méchamment drôle, CQFD. Si vous ne la connaissez pas, ou si vous ne l’avez encore jamais vue sur scène, il FAUT la découvrir au plus vite. Ça n’est pas optionnel. Vous me maudirez certainement en premier lieu, et puis vous finirez bien par accepter l’évidence : vous allez l’adorer, et vous me remercierez sans fin ensuite. Garanti.

Constance !!

Ça y est, pari réussi ! Je vous ai livré mes 5 plus gros coups de cœur musicaux, et mes 5 plus gros kiffs de l’année côté spectacles en live. Peut-être même aurais-je réussi à vous donner envie de découvrir l’un ou l’autre de celles ou ceux que vous ne connaîtriez pas déjà…

Et si vous aussi avez des conseils ou coups de cœur à partager, n’hésitez pas à m’en dire plus en commentaire !

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 07:51

Comme j’ai déjà pu le dire ici ou là, j’aime bien de temps à autre me coltiner un « classique ». Je me dis que pour ma culture personnelle ça ne peut pas faire de mal, et ça me permet de soigner au passage mon complexe de petit lecteur de comics face à la « vraie culture ».

J’ai donc choisi pour ce faire Demande à la poussière de John Fante, œuvre phare d’un auteur souvent cité comme une référence incontournable par bon nombre d’auteurs contemporains (à commencer par Charles Bukowski himself qui a signé la préface de l’édition que j’ai lue). Comme j’avais déjà lu un roman de Fante (Mon chien Stupide) je n’étais donc pas totalement en territoire littéraire inconnu…

 

Avec Demande à la poussière, on replonge dans les années 1930 (le livre a été édité pour la première fois en 1939), et on suit les pérégrinations du personnage fétiche de John Fante, Arturo Bandini, dont il est de notoriété publique qu’il est l’alter ego de papier de l’auteur. Ce qui fait de ce roman un livre semi-autobiographique, et il est indéniable que l’on ressent la proximité de voix entre l’auteur et son héros. Le jeune Arturo est un passionné de littérature, il a ça dans le sang et s’il n’a qu’une seule certitude c’est celle-ci : il va devenir écrivain et faire fortune grâce à son talent littéraire. Il décide donc de quitter sa campagne paumée pour vivre le rêve américain à Los Angeles. Déjà les sirènes d’Hollywood commencent à se faire entendre et la ville où il fait beau toute l’année devient l’eldorado de tous ceux qui cherchent le succès, ou tout simplement la belle vie. Arturo, dont une nouvelle vient d’être publiée dans un magazine, sait qu’il n’a plus qu’à se frotter à la « vraie vie » pour réveiller cet auteur de talent qui sommeille en lui, ce n’est rien d’autre que son destin. Mais en attendant la gloire et les dollars qui coulent à flot, Arturo va d’abord être confronté à la misère, à la faim, à une certaine forme d’errance et surtout à une réalité qui n’est pas conforme à ce qu’il avait prévu. Passionné d’écriture mais également grand admirateur de belles femmes, c’est ainsi qu’il fera la rencontre de Camilla Lopez, une jeune, ravissante et fougueuse serveuse d’origine mexicaine. Leur relation est particulière et forte, pourtant Bandini hésite et tergiverse…

 

Bon alors, j’ai pas mal de choses à dire sur ce livre. D’abord le style : vous cherchez à être pris par une ambiance années 30 ? À être au plus près des personnages, aussi bien dans leurs pensées que dans la description du monde qui les entoure ? À vivre à travers le héros ses ambitions, mais aussi sa naïveté, sa maladresse, sa sincérité, ses désirs profonds, sa passion et ses contradictions ? Eh bien c’est exactement tout ce que vous trouverez en lisant ce roman. Il y a un léger décalage dû à la temporalité de l’histoire, mais on entre vite dans l’ambiance, dans l’époque, et finalement dans la peau du personnage tant on est en contact direct et intime avec ses pensées et son ressenti. C’est justement ce décalage persistant avec le héros qui m’avait gêné, et la proximité avec lui qui m’avait manquée à la lecture d’un livre plutôt proche dans son thème et son style, L’Attrape-Cœurs de J.D. Sallinger.

 

Ensuite le personnage. Bandini est pétri de contradictions, et c’est ce qui le rend profondément humain. Il nous paraît tour à tour gentil, imbuvable, doux, prétentieux, naïf, ambitieux, plein d’assurance, fragile, maladroit, cruel… C’est dans sa relation à Camilla surtout qu’on comprend à quel point le jeune homme, en pleine construction de soi qu’il est, a du mal à faire coïncider celui qu’il voudrait être et celui qu’il est. Complexé par son origine italienne qui fait de lui un « sous-citoyen » américain, il veut s’extraire de cette condition en brillant dans le monde intellectuel. Il rêve d’ascension sociale, de devenir un « bon américain » modèle. Mais Camilla se situe encore plus bas que lui dans l’échelle sociale, elle est mexicaine ! Et pauvre… qui plus est une pauvre qui n’a même pas l’ambition de s’en sortir en devenant riche et célèbre comme lui rêve de l’être. Comment concilier le fait de vouloir devenir un grand écrivain et aimer une femme qui sait à peine lire ? Pourtant on ne commande pas à ses sentiments, et l’attirance, vaille que vaille, est bien là…

 

Pour finir, ce qui m’a beaucoup intéressé également, et qui semble être un thème récurrent pour ne pas dire obsessionnel chez Fante, c’est ce rapport à l’écriture, viscéral. L’amour des mots, cette capacité hors norme d’observer puis de décrire en quelques mots parfaitement choisis ce qu’il voit, cette façon d’écrire simple et directe mais pas du tout donnée à n’importe qui… Ce rapport aux mots, ce rapport au statut d’écrivain mais aussi au succès et à l’aura intellectuelle qu’apporte ce métier, tout cela est vraiment subtilement abordé, on sent l’écrivain (l’auteur comme son personnage) complètement habité par sa passion. Oui Bandini veut réussir, mais il ne veut pas réussir n’importe comment, ce sera par son talent d’écrivain ou rien d’autre. Il n’y a pas que la réussite qui compte pour lui, le chemin emprunté pour réussir, voilà qui est bien plus important…

 

Vous l’aurez compris, ma seconde incursion dans l’univers de John Fante s’est vue couronnée de succès, et si ce que je vous en ai brièvement dit vous a intéressé, alors n’hésitez pas et plongez-vous dans Demande à la poussière* !

* et quel titre de grande classe aussi !!!

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 07:54

 

La période se prête à l’exercice, aussi vais-je me lancer dans un modeste bilan de l’année 2019 passée. L’occasion de faire un petit point sur ce qui mérite d’être retenu selon moi.

 

Je vais faire ça par domaine, histoire de ne pas partir dans tous les sens n’importe comment. En revanche j’ai dû me contraindre à ne garder que 5 sélections par thème, sinon je partais une fois de plus pour des articles à rallonge dont j’ai le secret et qui m’assureraient de décourager même mes plus opiniâtres lecteurs avant la fin. Déjà comme ça, ça va être long… Parce que mine de rien, pour les séries ou les albums musicaux, me limiter à seulement 5 items a été une véritable gageure, et ne s’est pas fait sans douleur. Il a fallu que je taille dans le vif, et que j’élimine des œuvres ou des artistes pourtant essentiels à mes yeux…

 

Bon allez, commençons doucement par les films que j’ai pu voir en 2019. Je dis « commencer doucement » car cette année je suis très peu allé au cinéma (par rapport à mes habitudes passées) et que finalement je n’ai pas vu tant de choses à ce point indispensables que cela. Donc la sélection a été moins compliquée à faire…

Movies

Tout d’abord l’un des films les plus intrigants et inattendus qui avaient été annoncés pour 2019 : Le Joker. Intrigant parce qu’a priori déconnecté du reste de l’univers cinématographique du DCverse, inattendu parce que mettant dans le rôle titre un acteur-phénomène : Joaquin Phoenix. Le résultat est bluffant, scotchant, ébouriffant.

Joker, le couronnement du roi Arthur !

Ensuite l’autre film, peut-être le plus attendu de tous par moi cette année, Avengers : Endgame qui apporte une conclusion à l’ensemble des films Marvel depuis le premier opus d’Iron Man et qui forment une continuité et un univers partagé comme jamais cela n’avait existé sur grand écran auparavant. Un film qui m’a dérouté au premier abord, que j’ai trouvé plein de bonnes idées comme de défauts, mais qui gagne en qualité à mes yeux à chaque fois que je le revois (et avec la passion de mes gamins pour les super-héros, je le revois régulièrement !!).

Vengeurs, rassemblement !

À propos de super-héros, le film que j’ai le plus apprécié cette année (je ne considère pas Joker comme un film de super-héros, je le précise) c’est le film d’animation Spider-Man : New Generation. En partie inspiré du story-arc « Spiderverse » des comics récents du tisseur, ce dessin-animé a tout pour lui : scénario malin, humour qui fait mouche, originalité, rythme parfait, bande son moderne et parfaitement adaptée… Bref, un animé qui a une vraie identité propre et qui sort très largement du lot.

Weeeeesh les gars...

D’ailleurs en parlant de dessin-animé à forte personnalité, l’autre gros morceau de l’année c’est Toy Story 4 : un must absolu pour les amateurs de films d’animations qui peuvent plaire autant aux petits qu’aux grands enfants (qu’on reste tous un peu dans l’âme, n’est-ce pas ?). C’est d’une classe folle, d’une intelligence et d’un recul sur soi rares, c’est drôle et triste à la fois, c’est beau, c’est la maîtrise à l’état pur.

Un dernier tour de piste pour Woody et ses amis ?

Et puis je n’ai pas pu bouder mon plaisir de voir la fin de la trilogie entamée en 2000 par M. Night Shyamalan avec Incassable : Glass qui vient clore son histoire de super-héros du monde réel, après que Split soit venu avec brio remettre une pièce dans la machine du réalisateur en 2016. Loin d’être un film parfait, Shyamalan parvient toutefois à en faire quelque chose d’abouti, de boucler la boucle sans se foirer dans la dernière ligne droite. Il n’a plus le feu sacré qu’il a eu dans Incassable, mais ça reste très largement au-dessus du tout-venant hollywoodien actuel.

David Dunn, Elijah Price et Kevin Crumb, ou quand les super-pouvoirs définissent leur propriétaire...

Lectures

Et sans transition aucune, après le cinéma je vous propose de parler un peu littérature. Cette année j’ai épinglé une vingtaine de bouquins à mon tableau, ce qui est un chiffre un peu en-deçà de ma moyenne habituelle. Pour une raison principale : il y a eu quelques « poids lourds » dans le tas ! Et pas des moindres, d’ailleurs commençons par l’un d’entre eux…

Le « Gros morceau » de l’année : Jérusalem d’Alan Moore est un pavé qui demande à la fois de la persévérance mais aussi de l’investissement de la part du lecteur. Pas ce que j’appellerais une lecture facile. En revanche, il s’agit bel et bien d’une lecture passionnante ! Impossible de faire un résumé ici, qui plus est en un simple petit paragraphe, tant l’œuvre est monumentale, tentaculaire et labyrinthique. Dans ce roman de 1280 pages, Alan Moore fait de sa ville natale, Northampton, le personnage principal d’une fresque impressionnante qui nous entraînera de l’an 810 jusqu’à la fin des temps, en aller-retours incessants entre passé, présent et futur… Chaque chapitre est une pièce d’un gigantesque puzzle que compose lentement et sous nos yeux le fabuleux raconteur d’histoires qu’est Moore. Voyage immobile, ce livre-somme est une expérience unique de lecture. Vous passerez par tous les genres, tous les temps, toutes les émotions. Alan Moore n’est pas facile à suivre dans ses délires, et il n’est pas du style à vous faciliter la tâche outre-mesure : lire du Alan Moore ça se mérite, mais quand on s’accroche et qu’on relève le défi, quelle récompense, quelle volupté, quel plaisir !!

J’y consacrerai un article plus détaillé et aussi complet que possible (et croyez-moi il y en a à dire sur ce bouquin!!), mais il n’est pas prévu pour tout de suite...

Alan Moore, l'auteur de Jérusalem

Chez Pierre Raufast aussi on va se retrouver en face d’une histoire où les destins s’entremêlent et où chaque détail compte, bien que l’écrivain joue de manière bien plus ramassée et brève avec ses personnages, très loin de l’œuvre protéiforme de Moore. Dans La Baleine Thébaïde, on retrouve avec plaisir l’univers de Pierre Raufast qui s’amuse lui aussi à créer une œuvre dans laquelle tous ses romans sont interconnectés sans que la lecture des précédents ne soit indispensable à la bonne compréhension de chaque nouveau livre, la superposition des titres amenant cependant une dimension de plaisir supplémentaire au lecteur qui se rend régulièrement compte des clins d’œil de l’auteur dont sont truffés, quasi subliminalement, ses romans. Blindé d’humour, mais aussi de sensibilité, Raufast sait mélanger pour le plus grand plaisir du lecteur comédie et gravité, sciences et fantaisie, le tout à travers une imagination débordante de créativité. Difficile de résumer le roman sans entrer dans les détails, sachez qu’il y sera entre autres question de la tristement solitaire baleine 52 (faites une recherche sur le net à son sujet : cette énigmatique baleine a bel et bien existé) autour de laquelle l’auteur va broder une intrigue aux multiples implications qui mènera le lecteur à travers le monde entier…

L’article où j’y reviens plus en détails est d’ores-et-déjà bouclé, en revanche il risque de vous falloir attendre un poil avant sa publication (tant d’autres livres à chroniquer auparavant…).

Pierre Raufast, l'auteur de La Baleine Thébaïde

Si Pierre Raufast nous fait voir du pays, Olivier Bonnard quant à lui nous propose de voyager dans le temps avec son roman Collector. Il y est question de collectionneurs de jouets à la recherche du Graal, une série de jouets légendaires, trois robots des années 1980, qui, lorsqu’on les assemble, auraient le curieux pouvoir de vous faire voyager dans le temps… C’est l’occasion de se replonger en même temps que le héros du roman dans le monde des dessins animés et jouets de notre enfance, de raviver des souvenirs qu’on a tous plus ou moins enfouis en nous, le temps d’une séquence nostalgie qui forcément nous parle d’autant mieux qu’on est de la génération de ceux qui sont nés dans les années 1970 et ont grandi avec la télévision allumée en permanence sur les émissions jeunesse animées par Dorothée, les aventures de Capitaine Flam ou d’Ulysse 31… Autant dire que moi je me suis retrouvé dans absolument tout ce que racontait Olivier Bonnard au cours de son roman !!! C’est un retour en enfance mais avec l’esprit d’un adulte qui a sanctuarisé ces années comme étant peut-être les plus belles car les plus insouciantes de sa vie. Insouciantes vraiment ? Pas si sûr que ça… À lire pour tous les nostalgiques de l’enfance et du temps heureux mais passé…

Bien entendu j’en ferai un article plus complet dans quelque temps (mois ? années ? allez savoir !).

Olivier Bonnard, l'auteur de Collector

Un retour dans les années 1980, en 1987 plus exactement, c’est également ce que propose Jason Rekulak dans son roman La Forteresse Impossible. Le jeune Billy vit dans une petite ville paumée du New Jersey, et avec ses potes il a deux passions : les jeux vidéos sur ordinateurs ou dans les salles d’arcades, et ce continent jusqu’ici inconnu pour eux : le corps des filles… C’est pourquoi une nouvelle va faire l’effet d’une bombe pour eux : Vanna White, l’animatrice ultra sexy de La Roue de la Fortune vient de poser nue pour le magazine Playboy. C’est dès lors une évidence pour eux : il leur faut se procurer un exemplaire du magazine pour adultes ! Plus facile à dire qu’à faire en ce temps où internet n’existe pas encore et où dans l’Amérique puritaine de Reagan, vendre un ouvrage érotique à des gamins est totalement inconcevable. Qu’à cela ne tienne, les compères ont un plan… Ici encore, la carte est à la nostalgie pour tous ceux qui, comme moi, ont vécu cette période au même âge que les héros de l’histoire. C’est à la fois référencé (on y parle beaucoup de jeux vidéos et de codes informatiques balbutiants, et je me revoyais sur mon Amstrad CPC 6128 en lisant l’histoire de Billy), drôle, tendre, rythmé, et on ne peut que se sentir en empathie avec le héros un brin poissard et incompris (comme tous les adolescents n’est-ce pas?).

J’en reparlerai plus en détail dans ce blog, pour ceux qui sauront être trèèèèès patients...

Jason Rekulak, l'auteur La Forteresse Impossible

Les balbutiements de l’informatique accessible à tous, je les ai vécus étant gamin, les miens quant à eux vivent baignés dans un univers digital et numérique envahissant, depuis leur naissance. C’est ce dont nous parle le scientifique Michel Desmurget dans son livre choc, La Fabrique du Crétin Digital, qui dénonce tous les méfaits des écrans sur nos têtes blondes, ici et maintenant. Et le moins qu’on puisse dire c’est que pour le coup, ça ne prête pas du tout à rire. C’est même plutôt affligeant, voire dramatique dès lors qu’on se plonge dans la liste quasi infinie des influences négatives des dérives du tout numérique sur la santé de nos enfants. Plus qu’un constat très inquiétant, études ultra documentées à l’appui, ce livre est un cri d’alerte à tous les parents et à tous les dirigeants qui sont censés faire au mieux pour les nouvelles et futures générations. Une lecture qui bouscule, qui déprime mais qui s’avère indispensable si on a un tant soit peu le sens des responsabilités et qu’on refuse de faire de nos enfants des crétins digitaux, au sens strict du terme. Un bouquin qui met des mots clairs et précis sur les craintes que ces dérives m’ont toujours instinctivement inspirées, les légitimant complètement au passage. À lire pour soi et pour nos enfants, avant de pouvoir faire valoir notre droit à choisir de céder ou non à la modernisation via le « tout écran » à marche forcée. Juste pour ne plus pouvoir dire « on ne savait pas ».

J’en ai parlé ici il y a peu de temps.

Michel Desmurget, l'auteur de La Fabrique du Crétin Digital

Voilà ma sélection de l’année pour ce qui est du grand écran et de la littérature, la suite au prochain épisode… Et si vous avez des conseils ou coups de cœur à partager, n’hésitez pas à m’en parler en commentaire !

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 08:40

Ce roman est le second de la franchise The Walking Dead, par ailleurs bien connue des fans de comics et de séries télévisées. Faisant suite à L’ascension du Gouverneur, dont j’avais dit le bien que j’en pensais ici, au départ de La route de Woodbury on commence par faire la connaissance d’un nouveau groupe de survivants. Exercice délicat pour le duo d’auteurs (Robert Kirkman qui est le créateur du comics d’origine et Jay Bonansinga, auteur de roman qui lui est associé sur cette version de l’univers de The Walking Dead), en effet il leur faut nous faire découvrir de tous nouveaux personnages jusqu’alors jamais vu dans les matériaux d’origine. Il y a donc une première partie de ce roman qui est consacrée à cela et c’est normal : il faut poser les personnages, les définir un minimum, nous faire entrer en empathie avec eux si on veut pouvoir s’inquiéter de ce qui va leur arriver. On découvre donc Lilly Caul, une jeune femme un peu introvertie et peu sûre d’elle. Elle suit comme son ombre le colosse afro-américain Josh, un peu parce qu’elle se sent en sécurité avec lui, un peu parce qu’elle a des sentiments pour lui, elle ne sait plus trop, mais quelque chose de fort les lie ces deux-là. Il y a aussi Bob, un ancien infirmier vétéran d’Afghanistan, alcoolique notoire, paumé mais avec un bon fond, pour lequel Lily a une grande tendresse. Et puis Megan, l’amie nymphomane de Lily, et son boyfriend du moment Scott. Ces cinq-là vont être confrontés à la survie en territoire zombie, et comme on peut s’y attendre, les choses ne vont pas se passer au mieux. Ils vont donc partir sur les routes à la recherche d’un refuge.

Ce lieu providentiel va se présenter à eux quand ils tombent sur la communauté de survivants de la petite ville de Woodbury. Une ville et une communauté dirigées par un homme, Philip Blake, que tout le monde appelle, entre crainte et admiration, le Gouverneur. Il va falloir que le petit groupe de Lily et Josh parvienne à s’intégrer à Woodbury qui a tout du havre de paix tant recherché. Tout ? Pas si sûr, car le Gouverneur semble cacher des choses et a des idées bien à lui quant à la manière de gérer la communauté de survivants…

 

Voilà grosso-modo ce dont parle ce roman. On a donc d’une part des nouveaux personnages, et puis quelques vieilles connaissances avec le Gouverneur et Martinez (son bras droit, en charge de la sécurité du camp en quelque sorte), des personnages phares de l’univers de The Walking Dead. Le mix se fait plutôt bien il faut dire, une fois familiarisé avec les nouveaux, le retour en territoire connu avec les habitants de Woodbury se fait tout naturellement. C’est un peu comme de voir les « scènes coupées » en bonus d’un dvd, on découvre l’arrière du décor qu’on croit connaître quand on est lecteur des comics ou fan de la série. C’est plutôt pas mal, car on se sent en terrain connu et pourtant on se fait parfois gentiment balader quand même par les auteurs (voir à ce sujet la fin du tome précédent).

 

Le style n’a rien de révolutionnaire, le roman se lit vite et agréablement, sans grosses figures de style ni originalité, mais comme on colle à l’ambiance Walking Dead, on n’en demande pas plus.

 

Après, ce genre bien spécial de survival dans un monde infesté de zombies a les défauts de ses qualités : très codifié, dès lors qu’on en a un peu l’habitude, on voit venir certaines choses de loin. Souvent on parie sur qui va mourir et qui va survivre, et souvent on voit juste. Histoire que les ficelles du drame se nouent comme il faut pour le meilleur résultat. On sent bien que Lily est le personnage le plus développé, et donc aussi celui que les auteurs ne vont pas sacrifier, car ils prévoient de la faire évoluer. Et pour qu’elle évolue, il faudra élaguer parmi ses proches… je dis ça, je ne dis rien, mais c’est quand même assez limpide dès le départ. Mais comme je le disais, c’est presque le genre qui veut ça. On ne peut pas vraiment reprocher cela aux auteurs. Limite on est complice du truc.

 

En tout cas le roman réussit son pari d’introduire de nouveaux personnages qui donnent envie de les suivre, de plus en plus au fur et à mesure de la lecture d’ailleurs, et propose qui plus est un nouveau personnage féminin principal, ce qui n’est pas si souvent le cas. On se doute bien que ce roman n’est qu’une transition vers quelque chose qui se prépare et qui ne va pas être de tout repos pour les protagonistes, mais en soi il se tient déjà bien et permet de passer un agréable moment de lecture.

 

Après un premier opus réussi et même surprenant à plus d’un égard, ce second volet confirme que la qualité est là et que la série de romans tirés de The Walking Dead n’est pas forcément le parent pauvre de l’univers post-apocalyptique zombie de Kirkman.

 

Évidemment si les zombies vous gonflent et que vous n’aimez pas The Walking Dead à la base, inutile de vous attarder sur ce roman, il ne changera rien à votre jugement. Pour les autres, c’est un chouette complément à l’univers développé en comics et à la télévision.

 

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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 15:17

Non, il n’est pas encore trop tard, je me joins donc à Walter Sobchak pour vous faire part de tous mes vœux pour 2020.

 

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