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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 07:33

Avec Mufle, je lisais mon premier livre d’Éric Neuhoff. Je ne prenais à vrai dire pas un bien grand risque remarquez, l’objet fait à peine plus d’une centaine de pages d’un texte aéré et écrit plutôt gros. Mais l’accroche de quatrième de couv’, le titre, le clébard en couverture, tout ça m’a fait de l’œil alors j’ai tenté.

 

C’est l’histoire d’un type, la cinquantaine, bourgeois parisien, déjà deux divorces au compteur et de grands enfants, qui découvre comme ça, en consultant le portable de sa compagne Charlotte qui traîne dans la salle de bain qu’elle l’a trompé, pendant ce fameux voyage à Londres où elle se rendait soi-disant pour une vente de bijoux. Évidemment qui cherche trouve : très vite il a les preuves qu’elle le trompe depuis le premier jour puisqu’en réalité elle collectionne les amants et consomme les hommes façon mante religieuse. Faut dire que Charlotte est une femme sur laquelle tout le monde se retourne quand elle entre dans une pièce. Les femmes l’envient et les hommes la désirent… ce qui a d’ailleurs toujours été une source de fierté du narrateur. Ce très court roman décrit l’évolution des sentiments de l’homme trompé, qui va très vite passer de l’amour aveugle à la haine… il paraît que ce sont les deux faces d’une même pièce…

 

Bon, à vrai dire, pas grand-chose de neuf sous le soleil dans le thème abordé. Amour bafoué, tromperie, amour-haine. Du déjà vu, mille fois, en long, en large et en travers sur à peu près tous les formats qui existent. Pas plus mal du coup d’en faire un roman aussi court, puisque de toute manière on n’évitera pas certains poncifs (l’amour qui se mue en haine par exemple) propre à ce genre d’histoires, autant ne pas en faire des tartines non plus et ainsi éviter l’indigestion.

 

Un point à peine plus original, c’est l’inversion du traditionnel rapport homme volage / femme trompée, mais là encore ce n’est pas comme si on tombait des nues en découvrant que ça marche dans les deux sens cette affaire.

 

Non, selon moi s’il y a quelque chose à en retenir, ce n’est pas tant la situation de départ ni son évolution, ni même sa conclusion (ça a déjà tant été traité que le tour en a été fait depuis longtemps, je ne crois pas qu’on puisse encore innover vraiment sur ce sujet), c’est le traitement de la chose. En gros on est quasi constamment dans les pensées du narrateur, et c’est assez incisif. Logique du reste, puisque la peine, la douleur et la colère mêlée d’humiliation ressenties aussi durement que dans le cas cité ici, amène forcément à la méchanceté à un moment ou un autre. Mais au moins ici, pas de faux semblant, par moments le narrateur se lâche vraiment et balance quelques sentences meurtrières vis-à-vis de sa compagne, et à travers elle vis-à-vis des femmes en général, qui ne manqueront certainement pas d’éveiller un soupçon de misogynie à l’encontre de l’auteur (dont la situation, l’âge et en partie la vie privée ont quelques similitudes avec ceux de son personnage).

 

Personnellement je ne l’ai pas ressenti ainsi, mettant simplement certains des propos et des pensées les moins politiquement correctes sur le compte de la détresse sentimentale du cocu, avec plus dans l’idée de l’auteur de montrer comment on peut passer en un éclair d’un sentiment très fort à un autre totalement opposé pour la même personne sous le coup d’émotions de ce type. En fait pour moi, il s’est contenté d’écrire honnêtement ce qui peut passer par la tête de tout le monde dans des circonstances particulièrement éprouvantes.

 

Intéressant de noter au passage l’utilisation pas si fréquente du mot « mufle » qui tient lieu ici de titre. À qui exactement est-il supposé s’appliquer ? À l’homme qui laisse libre court à des pensées pas très classes au sujet de celle qu’il a tant aimée et qui l’a blessé, ou à la femme qui s’est comportée à la façon d’un coureur de jupons au féminin, sans éprouver le moindre remords vis-à-vis de son compagnon ? Du coup j’ai jeté un œil sur le Larousse dont voici la définition (je saute celle qui désigne le museau de certains mammifères) :

Mufle : adjectif et nom masculin, qui est grossier, brutal, sans éducation. Ex : se conduire comme un mufle.

 

À en croire le dictionnaire donc, cet adjectif est uniquement masculin et ne connaît pas d’équivalent féminin. Est-ce parce qu’une femme ne peut pas avoir un tel comportement, ou a-t-on pointé là un manque dans la langue française ? (un manque d’origine… sexiste ?)*

 

Outre ces interrogations d’ordre lexical, je pense que l’intérêt principal de ce roman reste cette écriture incisive, décomplexée. Pas non plus de la grande littérature hein, mais ça touche à l’humain avec une certaine sincérité qui mérite d’être relevée. Sorti de là, j’avoue qu’à l’heure où j’écris cette critique, plusieurs années après l’avoir lu (en 2012 ou 2013 je crois bien), il ne m’en reste pas grand-chose de plus en mémoire. Je ne vais donc pas être plus loquace que cela. Je me souviens d’une lecture facile et rapide, mais pas plus marquante que cela, ni dans un sens ni dans l’autre. À vous de voir donc !

* d’autres mots de la langue française dénoncent la même idée de ce caractère déplaisant et visiblement unilatéralement masculin, et ne connaissent donc pas de pendants féminins : goujat ou malotru par exemple...

 

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 07:18

L’humour corse, troisième exemple. Sur l’île de beauté la nature est sublimée, les paysages splendides le disputent aux décors paradisiaques... Sous le soleil corse c’est bien simple : tout paraît plus beau qu’ailleurs. Et les corses savent bien mettre en avant ces panoramas somptueux qu’ils sont les seuls à avoir.

 

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23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 07:21

En littérature il y a les classiques, les références, les bouquins dont l’aura fait qu’on a l’impression de les connaître avant même de les lire. Il y a ceux qui font parler, parce que devenus des phénomènes à la mode. Et puis il y a ceux qui ont une réputation qui les précède, voire un voile de mystère qui les entoure, et qui intrigue, forcément. La conjuration des imbéciles est à mes yeux de cette dernière catégorie. J’en avais déjà plusieurs fois entendu parler, presque comme d’une légende urbaine, sans jamais avoir réussi à retenir son nom. Mais si, vous savez, ce fameux roman que son auteur a essayé en vain de faire publier, cumulant refus sur refus de la part des maisons d’édition. Tant et si bien que le gars, complètement déprimé et convaincu d’être un écrivain raté, a fini par se donner la mort. Sauf que sa mère n’a pas lâché le morceau et est repartie à l’assaut des éditeurs avec le manuscrit de son fiston suicidé. Et le roman a fini par trouver preneur, il est même devenu un succès énorme. Eh bien ce livre c’est La conjuration des imbéciles et son auteur (qui n’a donc jamais su que son œuvre connaîtrait la gloire et la reconnaissance de ses pairs : il a reçu le prix Pulitzer à titre posthume) se nomme John Kennedy Toole. C’est quand même vachement intrigant cette « petite histoire » autour de ce livre non ? Moi j’ai voulu en savoir plus, et je me suis donc attaqué à sa lecture.

 

Je dis « attaqué » parce que le bouquin est un sacré morceau. Prévoyez le temps, il ne se lit pas en un petit après-midi d’hiver, c’est quand même du pavé de compétition. Malheureusement je dois bien le dire, ce n’est pas uniquement du fait de son volume imposant que la lecture s’est avérée longue à mes yeux. Les gros pavés, en théorie ça ne me fait pas plus peur que ça, j’en ai même plus ou moins régulièrement sur ma pile de livres à lire. Là où ça se corse, c’est quand le sujet n’est pas hyper passionnant, ou quand l’écriture manque de rythme, ça demande déjà plus de courage et faut parfois s’accrocher pour en venir à bout. Eh bien c’est exactement ce qui s’est produit entre ce livre et moi…

 

Alors d’abord un résumé rapide. Le héros de cette histoire se nomme Ignatius J. Reilly, on se situe dans la Nouvelle-Orléans des années 60. Ignatius a 30 ans et vit aux crochets de sa mère (elle-même pas une flèche, et plutôt portée sur la bouteille). Diplômé après 10 ans d’université en histoire médiévale (déjà le truc hyper utile dans la vie active), fortement obèse, pas très porté sur l’hygiène et affublé de tenues très personnelles (il ne quitte jamais sa casquette de chasse verte avec protection pour les oreilles, il craint trop les rhumes de cerveau) il ne sort quasiment jamais de sa chambre, où il s’est mis en tête de rédiger ses mémoires et pensées sur de petits cahiers tout gribouillés. D’une arrogance sans limite, il a une très haute idée de lui-même et en dehors de cela méprise le monde entier. L’horreur suprême a pour lui un nom : le Travail. C’est pourtant ce qu’il est contraint d’aller chercher le jour où sa mère provoque un accident en état d’ébriété et qu’elle n’a pas les moyens seule de rembourser les dégâts. La bicoque qu’ils partagent est proche de la ruine, mais on pourrait bien malgré cela la leur enlever pour payer leurs dettes… C’est avec les plus grandes difficultés, morales comme physiques (car Ignatius est accablé d’un mal retors et pervers : son satané anneau pylorique suit les montagnes russes de ses humeurs et lui fait souffrir le martyre) qu’il va tout d’abord prendre un emploi de bureau dans une fabrique de pantalons, avant que ses mésaventures dans le monde du travail ne le propulsent vendeur ambulant de hot-dogs…

 

Voilà pour le gros de l’intrigue (aucun jeu de mots dans cette phrase). Cependant le récit est très dense et très touffu, on y croise de nombreux personnages secondaires auxquels sont rattachées des sous-intrigues plus ou moins intéressantes. Si l’ensemble peut paraître fouillis au début, les différents fils narratifs finissent par se rejoindre et tous les personnages développés auront en fin de compte un lien plus ou moins direct avec Ignatius. Parmi eux j’ai bien aimé Mancuso, le flic zélé mais poissard qui se voit refiler les pires enquêtes par son supérieur, la danseuse-entraîneuse qui tente de monter un spectacle d’effeuillage sexy avec son perroquet déplumé, ou encore Miss Trixie, une vieille employée de bureau assez iconoclaste qui attend impatiemment sa retraite alors qu’elle a passé l’âge depuis une bonne vingtaine d’années… Il y a aussi le roublard Jones, contraint d’accepter un boulot sous-payé pour ne pas être embarqué par la maréchaussée pour vagabondage, la tenancière raciste du bar qui emploie Jones et la danseuse, la mère et la tante de Ignatius qui aiment se mettre une bonne mine après leurs soirées bowling, le prétendant beau-père d’Ignatius qui nourrit une véritable phobie envers les « communisses », Myrna l’ancienne amie d’université d’Ignatius partie à New-York défendre la liberté sexuelle ce qu’il considère d’ailleurs être hautement indécent, le couple de bourgeois employeurs, les Levi, dont la femme est en permanence en train de faire des reproches à son mari,… et j’en oublie très certainement au passage.

 

Comme je le disais, c’est dense. Mais pas forcément toujours passionnant malheureusement. L’histoire a été écrite au début des années 60 et cela se ressent énormément, aussi bien dans le style que dans le contenu. L’Amérique décrite, et très fortement critiquée (que ce soit ouvertement ou par l’absurde), est pour le moins datée, même si certains thèmes restent aujourd’hui encore d’actualité. La société d’hyper-consommation dénoncée par Ignatius, on y est plus que jamais. Le racisme, bien que la ségrégation n’ait plus cours aux États-Unis, reste un des problèmes majeurs au pays de la liberté. Donc sur le fond, on trouvera sans peine des thèmes qui auront, malheureusement, très bien résisté au temps. Mais sur la forme, on n’y est plus vraiment, faut bien le dire. C’est un peu le même sentiment que j’avais eu également à la lecture de L’Attrape-Cœurs de J. D. Sallinger. L’écriture est un poil surannée, il y a un je-ne-sais-quoi qui m’a distancié un peu du récit et m’a donc empêché de m’y plonger vraiment, créant chez moi une certaine retenue.

 

Quant au style, là encore il est riche et varié. D’abord parce que selon les protagonistes, l’auteur va changer de ton et s’adapter aux manières de s’exprimer de ses personnages. Il faut d’ailleurs savoir que ce long roman est en majeure partie composé de dialogues, bien plus que de descriptions ou d’actions. Quand il s’agit d’Ignatius, le verbe est haut, le langage très soutenu voire exagérément riche, les phrases longues et alambiquées pour énoncer des choses au final très simples. C’est Ignatius, il est comme ça. Comme il se prend pour un génie incompris, il s’exprime comme un être de son niveau devrait le faire selon lui. Il n’en reste pas moins qu’une connerie, même énoncée avec des mots savants, ponctuée de démonstrations fumantes et tout droit sortie d’une logique embrumée, reste bien évidemment une connerie. Au mieux ça épate les imbéciles qui l’écoutent déblatérer, mais ça ne va pas beaucoup plus loin que ça.

Quand il s’agit du noir Jones en revanche, on tombe dans l’argot et surtout l’auteur tente de retranscrire par écrit le phrasé et l’accent populaire de la Nouvelle-Orléans des années 60. Mots éludés, prononciation reproduite par la phonétique, onomatopées… tout un tas d’artifices qui à la longue alourdit à mon sens la lecture. Cela dit, les phrases à la mords-moi-le-noeud d’Ignatius sont tout aussi fatigantes entendez bien… c’est vrai lors de ses dialogues interminables mais encore plus vrai lors de ces échanges épistolaires avec son amie/amour/ennemie Myrna, ou les extraits de ses pensées mises sur le papier dans ses fameux cahiers Big Chief. Et c’est en partie ce qui m’a un peu tenu éloigné du livre et a compliqué mon approche du texte : le style est lourd, et je n’ai pris aucun plaisir à sa lecture.

 

Lourd, au sens propre comme au sens figuré, c’est un adjectif qu’on peut également associer au personnage principal, le pachydermique Ignatius. En cela il faut bien le dire, l’auteur a réussi son pari et ne s’est pas dégonflé. S’il a voulu prendre le contre-pied du héros classique il y est parfaitement parvenu. Ignatius est le prototype même de l’anti-héros, mais attention le vrai, le pur. De nos jours il devient assez courant que le personnage principal d’une œuvre soit mis en avant comme un « anti-héros ». Sous-entendu que le gars en question sort des normes en vigueur, flirte avec le politiquement incorrect, détonne pour une raison ou une autre. Mais ce caractère d’anti-héros est plutôt considéré alors comme un atout, quelque chose qui le sort de la mêlée et le classe à part, mais de manière positive pour le spectateur ou le lecteur. Or Ignatius J. Reilly, lui, répond stricto sensu à l’étymologie même du terme « anti-héros », entendez par là qu’il est l’exact contraire, sur absolument tous les plans, de l’image qu’on peut se faire d’un héros principal. Il ne possède que des défauts, je serais bien en peine de lui trouver le moindre aspect positif. Et pas des « petits défauts ». Que des caractéristiques qui le rendent insupportable, irascible, imbuvable. Ce type est un cauchemar sur pattes. On pourrait passer des heures à lui mettre des baffes. Mais au-delà encore des envies de meurtre, l’envie irrépressible qu’il génère c’est je crois celle de fuir loin, très loin de lui. Et ce qui finit d’en faire une horreur c’est que tout ce qu’on peut lui reprocher, lui s’en targue comme de véritables qualités, preuves indéniables s’il en fallait encore de sa supériorité sur les autres. Bref, je crois qu’on ne peut pas aimer ce personnage (moi en tout cas j’en suis proprement incapable, et pourtant j’ai une assez grande capacité, je crois, à la tolérance et à la relativisation dans le domaine de l’imaginaire et de l’art). En ce sens, faire d’Ignatius ce qu’il est, et le personnage principal d’un roman, je dois bien dire que c’était couillu de la part de l’auteur, et complètement à contre-courant. Car il est clair qu’il ne visait pas l’identification du lecteur au héros ! D’ailleurs si on prend comme critère l’impact sur le lecteur (tous sentiments confondus) d’un personnage, alors l’objectif est atteint, mille fois atteint : on ne peut pas oublier ce gros bonhomme en casquette de chasseur, il est l’un des personnages de papier les plus marquants qu’il m’ait été donné de lire. Ah ben tiens, il semblerait bien finalement que j’ai réussi à dire quelque chose de positif (ou d’approchant) sur ce personnage…

 

L’un des autres aspects que j’ai noté après coup, mais qui m’a gêné aux entournures tout du long de ma lecture sans que j’arrive consciemment à mettre un nom dessus sur le moment, est lié à l’ambiance générale de ce livre. En fait, j’ai eu l’impression qu’en permanence, quasiment tous les personnages étaient en colère, que tous les dialogues étaient écrits sur le ton de l’engueulade, de l’emportement. Et moi les gens qui crient (ou même simplement qui parlent fort), ça me fatigue très vite je dois dire. Je crois que c’est aussi une des choses qui a contribué à me tenir à distance de ce récit.

 

À en croire ce que j’ai pu en lire ça et là sur la toile, j’ai la nette impression de faire partie de la minorité qui n’a pas accroché à ce roman. C’est vrai, dans une immense majorité, les critiques sont bien plus que positives, même très souvent dithyrambiques. J’ai été impressionné de voir que de nombreux auteurs citent La conjuration des imbéciles comme une de leurs œuvres cultes, et parmi les plus importantes de la fin du XXème siècle. Le roman de John Kennedy Toole ne fait pas l’unanimité mais presque. Aussi suis-je bien obligé d’en conclure que je suis peut-être passé à côté de quelque chose, que je n’ai pas su capter ce qui a tant plu par ailleurs à tant de monde. Peut-être que j’accorde trop d’importance à la qualité humaine des personnages, et surtout à la possibilité d’identification du lecteur aux héros mis en scène, au détriment de la qualité plus intrinsèquement littéraire de l’objet. Mais je dois bien aussi avouer que j’ai eu du mal à faire le tri dans ce que je lisais et à saisir le message de l’auteur. Oui j’ai repéré les thèmes pointés du doigt, mais j’ai eu plus de mal à comprendre exactement ce que voulait nous en dire John Kennedy Toole. Était-ce simplement une pochade poussée très loin ? Beaucoup de lecteurs, si j’en crois les commentaires qui reviennent le plus régulièrement, considèrent ce roman comme très drôle, voire hilarant. Moi j’ai très peu ri en le lisant. Souri oui, en particulier pour tout ce qui concerne Miss Trixie, l’officier Mancuso ou l’obsessionnel chasseur de « communisses ». Mais clairement ce n’est pas ce que j’ai retenu de plus marquant de ce roman. Alors je m’interroge, car je me demande ce que cela révèle de moi, pourquoi je n’ai pas été pris par cette évidence qui s’est imposée à tant d’autres lecteurs, et de bien plus érudits que moi parmi eux.

 

Alors ne serait-ce que pour cela, pour ce questionnement que ce livre a déclenché en moi, mais aussi parce qu’indéniablement ce roman est une expérience de lecture assez unique en son genre, j’ai envie de vous le conseiller à tous, bien que moi je ne l’ai pas aimé. Et puis comme ça on pourra en recauser ensemble, et je comprendrai peut-être enfin ce qui m’a échappé ?...

 

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 07:17

L’humour corse, deuxième exemple. On mange bien en Corse, on y est fier des produits régionaux, bien boire et bien manger fait partie de la culture de l’île. N’empêche qu’on peut aussi en rire.

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 08:16

Il y a de cela bien longtemps… je vous ai parlé ici-même du roman En moins bien d’Arnaud Le Guilcher. Et ceux qui ont bonne mémoire s’en souviendront peut-être, j’en disais le plus grand bien.

Voici sa suite, Pas mieux, évidemment du même auteur.

 

L’histoire reprend 15 ans après le premier roman. Le narrateur, dont on ne connaîtra décidément jamais le nom, a mis un peu d’ordre dans sa vie. Du moins, il s’est sorti comme il a pu de la situation catastrophique dans laquelle il avait été plongé 15 ans auparavant. Attention hein, c’est pas la grosse déconne tous les jours : aujourd’hui quarantenaire il bosse (il a repris la blanchisserie des Kurosawa), il a arrêté la picole et il a pris un chien. En revanche son clébard, Prosper, bouledogue anglais de son état, a pris la relève côté bibine puisque la bestiole est authentiquement alcoolique. De l’aveu du héros lui-même, il est devenu le « locataire de son existence ». Autrement dit, s’il n’est plus dans la détresse où l’avait laissé l’épisode Sandpiper, sa vie lui semble bien morne. Rangée, mais morne.

Le soir de Noël, alors qu’il s’apprête à fêter le réveillon en compagnie de son pote Richard, de Mme Kurosawa et de son neveu Takeshi, deux invités inattendus s’invitent à la fête : Emma est de retour ! Et elle ne revient pas seule, puisque le héros découvre qu’il est le père d’un ado de 15 ans, qui fait pas loin du double-mètre et est fringué en gothique. Le môme se prénomme comme le père : Commmoi. Ingérable mais pas la moitié d’un con : visiblement le gamin a hérité de l’amour de l’écriture de son père, le talent en plus. Emma quant à elle cache visiblement quelque chose, que notre héros va s’empresser de découvrir… De péripéties en rebondissements, toute notre clique va se retrouver sur les routes direction New-York pour des aventures « bigger than life ».

 

Je ne vais pas m’aventurer plus longtemps à résumer ce roman. Pas mieux n’est pas un livre qu’on résume, c’est un bouquin qu’on dévore, dont on se délecte de bout en bout, et moins on en sait avant, mieux c’est quand on le découvre en lisant !

 

J’avais adoré En moins bien, et j’avoue que je craignais un petit coup de « moins bien » justement pour la suite. Ne serait-ce que parce que l’effet de surprise n’était plus là. N’était plus là… pensais-je ! Car en fait, ce roman est comme un calendrier de l’avent dont chaque chapitre correspond à une nouvelle friandise. Mais pas n’importe lesquelles de friandises : totalement inattendues et parfaitement hilarantes. La surprise reste complète car on ne sait jamais où Arnaud Le Guilcher va nous emmener. Mais ce que je peux vous dire c’est qu’on passe de délires en délires² (oui, au carré), de situations burlesques en rencontres improbables. À ce titre, le duo de personnages secondaires Aron et Joseph va vous laisser sur le cul.

 

J’ai réalisé en cours de lecture que Pas mieux, loin de tomber dans le piège de la suite un peu poussive et forcément moins pertinente que le roman original, est en fait encore plus balèze que le premier opus. Genre le précédent était une mise en bouche et là on passe la seconde et on arrive au rythme de croisière… alors autant vous accrocher parce que le père Le Guilcher, il dépote sur ce coup-là.

 

C’est vraiment écrit avec une verve que moi j’adore. Impertinent, furieusement drôle, plein de la gouaille qu’on aime dans les dialogues d’un Michel Audiard par exemple, mais en même temps moderne et blindé de références culturelles auxquelles un type de ma génération ne peut pas rester insensible. C’est déjanté, c’est désenchanté, c’est absurde, c’est profond, c’est désopilant, c’est dramatique, c’est malin, c’est jubilatoire… en un mot, c’est virtuose.

 

Vous voulez savoir pourquoi Barack Obama a été obligé de démissionner de la Maison Blanche ? Vous voulez pisser dans une tête de rhinocéros en compagnie de Brad Pitt ? Manger un carpaccio de panda ou une friture de langues de tortues luth ? Vous faire analyser par un psychiatre atteint du syndrome de la Tourette ? Eh bien ça fait partie, entre bien d’autres choses, de ce que notre héros va expérimenter dans ce roman...

 

Car de l’humour, vous en aurez par paquet de douze, et de la qualité s’il-vous-plaît. Mais justement c’est là que Arnaud Le Guilcher est très, très fort : à l’humour noir, corrosif, cynique, il associe la tendresse, le spleen, la nostalgie, la mélancolie, le sentiment vrai et profond. Et ça, sur moi ça fonctionne du tonnerre. Combo gagnant.

Tant et si bien que Pas mieux entre dans cette catégorie très spéciale de romans qu’on a une envie folle de dévorer mais qu’on se force à lire lentement quand même, pour faire un peu durer le plaisir. Vous savez, ces bouquins qui ont ce curieux pouvoir : vous filer la patate à chaque page sauf à la dernière, celle qui vous fait vous sentir un peu orphelin quand vous la tournez.

 

Alors bien sûr je ne peux que vous conseiller la lecture de Pas mieux (et de En moins bien avant lui). Avec ce second roman, Arnaud Le Guilcher persiste, signe et enfonce définitivement le clou. J’adorerais écrire comme ce type-là, mais bordel je crois bien qu’il le fera toujours mieux.

 

 

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 07:29

En août 2018, j’ai eu la chance et le plaisir de passer une semaine en Corse*. Le peu que j’en ai vu m’a conforté dans l’idée que cette île est magnifique. Des paysages superbes, une nature incroyable. Et l’humour corse, inimitable. J’en ai ramené quelques souvenirs en photo que je ne peux pas ne pas partager…

*merci mille fois Laurent !!!

 

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 07:31

Le nom de Douglas Coupland me disait vaguement quelque chose sans pour autant n’avoir jamais rien lu de lui. C’est ce qui m’a fait prendre le livre en mains en l’apercevant sur l’étalage des nouveautés (euh, ça remonte à 2011 tout de même !). Son titre également, Joueur_1, qui fait très ouvertement référence aux noms par défaut de jeux vidéos en ligne, m’a accroché l’œil. Non pas que je sois un gamer inconditionnel (j’ai joué en mon temps, mais de façon très raisonnable si je devais me comparer aux geeks les plus hardcore), mais j’ai quand même quelques notions et de vagues souvenirs de temps lointains où je participais à des combats acharnés en réseau*.

Et puis le résumé de l’intrigue a fini de faire pencher la balance, et m’a décidé à l’ajouter à ma PàL du moment.

 

L’histoire se déroule en temps réel** et nous propose de suivre l’évolution de quatre personnages pendant cinq heures, reclus dans un bar de l’aéroport de Toronto, réunis par le hasard des attentes entre correspondances. Quand survient un événement qui va déclencher l’apocalypse, la fin du monde tel qu’on l’a connu… le prix du baril de pétrole s’envole sur les places boursières et atteint les 900$ en un temps record, ce qui a pour conséquences immédiates des révoltes, attaques, cambriolages et débordements en tous genres. Des explosions retentissent à l’extérieur, un nuage chimique toxique s’est échappé d’une usine proche ce qui n’incite pas à sortir de l’aéroport, d’autant qu’un sniper fou fait un carton sur le toit… Dans le bar, les héros d’infortune sont coincés ensemble et font connaissance. Il y a Rick, le barman qui veut changer de vie et mise tout sur la méthode infaillible du bonheur prônée par un gourou pseudo-messie moderne. Il y a Karen, quarantenaire fraîchement divorcée qui a rendez-vous avec un homme rencontré sur le net. Il y a Luke, un pasteur qui sur un coup de tête s’est enfui avec les quelques milliers de dollars de la caisse de sa paroisse. Et il y a Rachel, une blonde sublime mais qui souffre d’un handicap mental : elle ne peut physiologiquement pas reconnaître les visages, ne comprend pas ce qu’est « l’humour » et ne peut donc pas entretenir de relation normale avec un homme. Pour prouver qu’elle peut être normale, elle est à la recherche d’un géniteur qui voudra bien faire d’elle une mère…

 

En fait j’ai été assez dérouté par ce roman, qui n’était pas du tout tel que je me l’imaginais. Déjà comme apocalypse, je n’avais jamais envisagé le prix du baril de pétrole comme élément déclencheur. Mais ça se défend comme idée, quoique cela ne soit pas des plus spectaculaires cela dit. Ensuite, la fin du monde c’est un peu vite dit, d’autant que les personnages resteront en huis-clos, pour ainsi dire assez tranquilles à l’abri dans un bar, pas le truc le plus badass du monde niveau ambiance. Ce bouquin n’est en rien un survival, si c’est ce que vous cherchez vous risquez d’être déçus. Les personnages sont quand même bien barrés, et en dehors de Karen ils sont tous assez uniques en leur genre, on ne risque pas d’en croiser souvent des comme ça à mon avis. D’où peut-être un léger problème si on cherche à s’identifier à l’un ou l’autre. Et puis là où j’ai été surpris, c’est dans la teneur même du récit : c’est la fin du monde à l’extérieur, mais les personnages sont assez passifs, ils passent leur temps à discuter, à philosopher, à parler de la vie, plutôt posément d’ailleurs, on ne panique pas trop finalement. Bref, si ce qu’ils racontent n’est pas inintéressant - et d’ailleurs j’ai cru comprendre (ce que j’ai donc pu vérifier) que l’auteur Douglas Coupland est plutôt doué pour les dialogues – c’est le contexte dans lequel ces discussions ont lieux qui leur donne un ton très étonnant. Comme quand on sent que quelque chose cloche mais qu’on n’arrive pas à mettre le doigt exactement sur ce qui ne va pas. J’ai eu cette impression à la lecture : celle de lire un exercice intéressant et formellement plutôt réussi, mais qui repose un peu sur des sables mouvants, qui se perd dans les brumes qui l’entourent… L’écriture est fluide, le style se lit bien, on accroche à ce qui se dit, et pourtant je ne sais pas dire avec certitude si le bouquin est réussi ou raté. Un indice tout de même : je l’ai lu il y a maintenant quelques temps déjà (peut-être 4 ou 5 ans ?) et si je me souviens du début et de certaines scènes, je n’ai plus aucun souvenir de comment ça se termine ! C’est peut-être qu’il ne m’a pas tant marqué que cela, c’est peut-être le signe aussi que loin d’être désagréable il n’est pas d’une lecture indispensable.

En tout cas si quelqu’un l’a lu, j’aimerais beaucoup avoir votre avis*** également à son sujet !

* sur Duke Nukem, et plus tard sur Call of Duty 4, c’est dire si ça ne date pas d’hier…

** c’est ainsi qu’on nous vend le bouquin en quatrième de couv. Temps réel de quoi exactement je ne sais pas, peut-être de lecture ? N’ayant pas lu armé de mon chronomètre je ne saurai en dire plus…

*** comme je vous invite d’ailleurs à vous exprimer sur tous les articles de ce blog, ne vous limitez surtout pas !

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 08:10

Quand j’étais môme j’adorais les mardis. Parce que le soir j’avais le droit de regarder FR3 (non, pas France 3 !), il y avait La Dernière Séance, avec un Eddy Mitchell souvent accompagné d’une jolie ouvreuse de cinéma en uniforme qui nous présentait le film du soir, et neuf fois sur dix il s’agissait d’un Western. J’arrivais même à tirer mon autorisation de veillée jusqu’au dessin animé qui faisait office d’intermède avant le second film du soir. Le mercredi il n’y avait pas école, j’avais des parents cools, et puis les programmes du soir démarraient vraiment à 20h30, pas à 21h15. Ceci explique cela. Du coup j’ai été biberonné chaque mardi soir aux Westerns à la papa, avec des cowboys et des indiens, des duels au revolver, et un John Wayne au stetson impeccable en toute circonstance (sauf bien entendu lorsqu’il arbora la toque en peau de raton laveur de Davy Crockett dans Alamo !!). Et j’adorais ça.

 

Puis le genre est tombé en désuétude. J’ai grandi. La Dernière Séance s’est arrêtée. La télévision est devenue de moins en moins vectrice de culture et de plus en plus dédiée au mercantilisme et à la vente de temps de cerveau humain disponible, chère à TF1 et tant d’autres dans son sillage.

La longue chevauchée commence...

Aujourd’hui quand un Western sort au cinéma, on sait d’avance qu’il aura au mieux un succès d’estime, mais que le public ne se ruera pas en salle, quand bien même le film serait d’une qualité exceptionnelle. C’est comme ça. Les derniers à avoir fait mentir cette règle furent deux géants : Kevin Costner et son Danse avec les Loups majestueux* et Clint Eastwood qui signa en son temps ce qui est souvent considéré comme le crépuscule du Western avec Impitoyable. Mais bon, ça remonte mine de rien à 1990 pour le premier (et ça vous fichera certainement un coup au moral si, comme moi, vous êtes de ceux qui l’ont vu à sa sortie en salle…), et à 1992 pour le second !

C’est malheureusement ce qui est arrivé à ce Hostiles qui n’aura eu ni grande presse, ni grand succès lors de sa sortie l’an dernier. Et pourtant, c’est un vrai, grand film.

 

Mis en scène par Scott Cooper (dont j’avais déjà apprécié Les Brasiers de la colère en 2014), le film démarre en 1892, quelque part dans le Nouveau-Mexique. Le capitaine Joseph Blocker (interprété par un Christian Bale -comme souvent- habité) est chargé d’escorter le prisonnier cheyenne Yellow Hawk (Wes Study, charismatique au possible), un vieux chef de guerre mourant jusqu’à ses terres natales dans le Montana. Blocker et Yellow Hawk ont longtemps été des ennemis jurés, mais le président Harrison, dans un souci d’apaisement avec le peuple indien, a décidé que le chef indien avait passé suffisamment de temps dans les geôles américaines et pourrait mourir sur ses terres, conformément aux traditions cheyennes. C’est à contre-cœur que Blocker se voit contraint de monter cette dernière mission avant de pouvoir lui-même prendre sa retraite de l’armée. Au cours de son périple, l’expédition va recueillir Rosalee Quaid (Rosamund Pike, elle aussi exceptionnelle dans un rôle difficile), une pionnière dont la famille entière a été décimée par un groupe de guerriers comanches. Le trajet jusqu’aux prairies du Montana va s’avérer long et périlleux...

Yellow Hawk et le capitaine Blocker, des ennemis de longue date.

Quand je dis de Hostiles que c’est un vrai grand film, je n’exagère pas un seul instant. Les images sont sublimes (vu les décors naturels traversés rien d’étonnant), l’histoire est simple mais très forte, le ton est à la sobriété et à l’authenticité (en ce point les Westerns modernes ont éliminé certains travers de leurs prédécesseurs des années 1950-1960 : on y est bien moins bavard et cliché qu’alors), les scènes d’action se veulent directes et rudes mais ne cherchent pas forcément à faire du grand spectacle et des démonstrations de force.

 

Mais surtout ce qui fait l’atout majeur de ce film, c’est l’interprétation des comédiens. Avec pour rôles principaux Christian Bale et Rosamund Pike, déjà, on tape dans le casting de luxe. Pas forcément les plus bankables au box-office, mais le tout haut du panier si on parle de talent pur. Ces deux acteurs sont à mes yeux depuis plusieurs années déjà parmi les meilleurs de leur génération, et ils le prouvent encore et toujours, film après film. Dans Hostiles ils éclaboussent de leur classe un film qui déborde pourtant déjà de qualités.

Douce et belle, Rosalee Quaid est aussi une femme qui sait se défendre.

Attention toutefois, je préfère vous prévenir : le film de Scott Cooper est aux antipodes de ce qui se fait actuellement dans l’entertainement cinématographique mainstream. Pas de sur-découpage, pas de montage échevelé des scènes d’action, pas de raccourcis narratifs. Les images sont léchées oui, pas tape-à-l’œil. Nuance. Il y a des scènes puissantes oui (à ce titre la scène d’ouverture vous prend d’entrée aux tripes), mais simples et directes, il n’y a ni esthétisation ni édulcoration de la violence. Le film met en scène un long voyage à travers les contrées américaines, il se permet des plans longs de paysage, des silences, des lenteurs, et c’est bien ! Les personnages endurent mille souffrances, les conditions sont difficiles, ils survivent plus qu’ils ne voyagent, aussi leurs paroles sont mesurées, ils parlent peu mais vrai, les dialogues sont parfois à voix basse, ponctués de murmures et de sous-entendus, les regards parlent souvent d’eux-mêmes, et suffisent au spectateur pour comprendre ce qui les motive et les anime. On est plus souvent dans l’exposition que dans l’explication. Et ça marche bien !

Christian Bale, comme toujours très impliqué dans son rôle.

Ce film est un joyau rare, du début à la fin.

 

Alors si vous êtes amateur de Western, n’hésitez pas une seconde, jetez-vous sur Hostiles, c’est un très grand Western.

Et si vous êtes juste amateur de cinéma, n’hésitez pas l’ombre d’un instant, jetez-vous sur Hostiles, c’est un très grand film.

* Je vous parle là de cinéma… mais il y a plus récent tout de même, à la télévision, chez HBO plus précisément, avec l’exceptionnelle série Deadwood dont j’ai parlé ici il y a looooongtemps. Et qui va enfin connaître un fin digne de ce nom (I hope so), avec un téléfilm annoncé en mai 2019, soit 13 ans après son annulation qui m’avait laissé un goût amer de frustration à l’époque !

 

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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 08:32

La Belgique, ce beau pays.

Bien que je n’y sois presque jamais allé, j’ai une grande sympathie pour ses habitants. Un élan du cœur irrépressible qui me vient naturellement quand je pense à nos voisins francophones.

Quand je pense Belgique, je pense chansons (avec le grand Jacques Brel, classique parmi les classiques, ou avec Suarez chez les petits jeunes), je pense cinéma (depuis C’est arrivé près de chez vous jusqu’à Hasta la Vista, ce pays est un véritable fournisseur de coups de cœur ciné), je pense BD (est-il seulement utile de rappeler le nombre de génies dans ce domaine qui viennent de Belgique ?), je pense humour (Benoît Poelvoorde le maître, François Damiens le digne successeur, et la nouvelle scène avec des gens comme Charline Vanhoenacker ou Alex Vizorek), je pense cuisine (Ben quoi pourquoi tu souris comme ça ? T’aimes bien les moules oui ou non ? ….* ), je pense philosophie (avec l’un des plus grands -autant qu’incompris- philosophes contemporains, Jean-Claude Van Damme). Eh bien depuis ce roman, quand je pense Belgique, je pense également littérature…

 

Son auteur, Dimitri Verhulst, livre ici un récit très grandement inspiré de sa propre existence. Dans le petit village de Reetveerdegem, Dimitri, 13 ans, vit dans la maison familiale avec son père, ses trois oncles et sa grand-mère. Chez les Verhulst on travaille peu mais on écluse beaucoup. Les quatre frères sont des poivrots de premier ordre, dont la préoccupation principale réside avant tout dans la capacité à picoler comme des trous. Au point d’organiser des compétitions de saoulards (énorme fou rire déclenché chez moi par le Tour de France éthylique mis en place dans le troquet du village, où les athlètes remplacent les difficultés d’une étape cycliste par des challenges d’absorption de différents alcools en quantité et à des rythmes divers) et de mettre un point d’honneur à bien dépenser jusqu’au dernier sou de la pension de la grand-mère en bière. Dans le clan Verhulst on est fier de ses origines et de son mode de vie. Être pauvre et bourré, c’est un choix délibéré, une identité revendiquée, un engagement au quotidien ! Dimitri nage donc dans cette ambiance un peu particulière, très brute de décoffrage, plutôt misérable mais néanmoins chaleureuse qu’entretient cette famille de prolétaires alcoolisés. Jusqu’à ce qu’une assistante sociale ne se penche un peu plus intrusivement sur les conditions de vie du jeune garçon…

 

Bon, d’abord il y a le titre : La merditude des choses, irrésistible selon mes critères à moi. Ensuite il y a la gouaille et l’ambiance retranscrite dans ce bouquin : c’est drôle, c’est souvent trash, parfois vulgaire mais il y a aussi une véritable nostalgie et bienveillance dans le regard du narrateur (le narrateur est Dimitri adulte qui raconte son enfance). La merditude des choses c’est aussi une espèce d’état des lieux sociétal assez sordide, une réflexion sur l’hérédité sociale, sur l’amour parental et le lien père-fils. Mais avant toute chose c’est une belle tranche d’humour noir comme on n’en voit pas si souvent et qui fait pourtant un bien fou. Impossible d’ailleurs pour moi de ne pas faire le rapprochement entre les Verhulst du roman et les Gallagher de cette génialissime série qu’est Shameless (version US). Mêmes situations déjantées, mêmes délires alcoolisés, mêmes revendications de marginaux fiers de l’être, même envie de se sortir de la merde ambiante mêlée à la culpabilité de trahir les siens ce faisant…

 

Ce qui est encore plus déconcertant que l’histoire en elle-même déjà bien spéciale, c’est le fait de savoir qu’on navigue à travers ces pages dans l’enfance et la jeunesse de l’auteur. Il ne s’en cache pas, il est le narrateur, et il raconte ce qu’il a vécu, et ce qu’il n’arrive pas, malgré sa volonté d’en sortir, à renier. Toute dysfonctionnelle et burlesque qu’elle soit, cela reste sa famille et il garde à l’attention de ses oncles, de son père et de sa grand-mère une grande tendresse qui transpire tout le long du roman. C’est d’ailleurs ce qui fait toute l’originalité et la force de ce livre, le permanent mélange d’humour et de nostalgie, du sucré et de l’amer, comme quand on boit un bon vieux mazout**.

 

Alors si vous ne craignez pas le rouge qui tâche, la fumée, la crasse et les vapeurs d’alcool, ouvrez ce livre et plongez dans les souvenirs drôles, tendres et méchants de Dimitri Verhulst, vous ne devriez pas le regretter.

* vous aurez bien évidemment tous reconnu le passage où Ben propose à Rémy d’aller manger des moules-frites dans le cultissime C’est arrivé près de chez vous.

** le mazout ? Quoi vous n’avez jamais mélangé un peu de coca avec de la bière ?

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 10:09

 

« Macron président ? Je n’y crois pas le début du commencement de la moitié d’une seconde. »

 

Édouard Philippe, 6 mois avant d’être nommé Premier Ministre par le président Macron.

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