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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

Grand Froid : Grand Froid est un film qui porte vraiment très bien son nom. L'histoire prend place en plein hiver, au sein d'une petite compagnie provinciale de pompes funèbres. Les affaires vont mal : depuis un bon moment déjà personne n'est mort. Alors forcément quand une famille endeuillée se présente on se jette sur l'occasion, même si l'enterrement à lieu loin et qu'il va falloir faire des kilomètres en corbillard. Évidemment, ça ne va pas du tout se passer comme prévu... Si le film porte bien son nom c'est aussi et surtout pour son humour très "à froid". Noir, limite dépressif, d'un certain cynisme aussi, autant dire que Bacri y est parfaitement à son aise. On touche aussi par moment à l'absurde, au surréalisme, presque à la façon des frères Coen mais en version purement frenchie. C'est assez déroutant il faut bien le dire, car on ne sait jamais avec certitude où se positionne le film. Faut-il rire ? Faut-il s'inquiéter ? Certaines choses arrivent et sont assez inattendues. On a envie d'en sourire mais jamais bien longtemps, car il y a toujours à l'arrière plan quelque chose qui cloche, quelque chose de perturbant, d'inquiétant. On ne sait jamais, jusqu'au bout d'ailleurs, à quoi on a à faire exactement avec ce film, mais l'ensemble donne envie de savoir, de connaître la suite, même si on en ressort comme on y est entré : étonné. Ovniesque mais pas désagréable du tout.

Liar, saison 1 : Mini-série en 6 épisodes, Liar oppose deux personnages, un homme et une femme, l'une accusant l'autre de viol alors que ce dernier qui a tout de l'homme parfait (chirurgien, veuf, père, beau, charmant, intelligent et drôle, et on ne parle même pas de la Maserati qu'il conduit) affirme qu'il s'agissait d'une relation consentie. La grande question est de savoir qui dit la vérité, et donc fatalement de découvrir qui ment et pourquoi. C'est plutôt bien mené et ça maintient son petit lot de revirements au cours des premiers épisodes. C'est d'autant plus réussi qu'on se pose réellement la question en toute bonne foi : les deux comédiens sont convaincants dans leurs rôles et semblent aussi innocents l'un que l'autre. Lorsque le fin mot de l'histoire est dévoilé on est à la moitié environ de la série, et on bascule ensuite dans une histoire de manipulation un peu moins intrigante qu'au départ. Évidemment dans le contexte de l'affaire Weinstein sortie quasiment en même temps, cette série prend une connotation particulière et entre de plain pied dans l'actualité. La fin m'a cependant parue un chouïa décevante puisque si l'on sait ce qu'il advient des deux protagonistes, pour l'un deux on ne comprend pas comment il finit ainsi, ce qui laisse le spectateur échaffauder des hypothèses pour remplir le trou, alors que rien ne justifie ce manque d'explication à ce moment précis puisque tout le reste de l'histoire a été éclaircie de A à Z. Rien d'exceptionnel dans cette série, mais son thème (accidentellement) très actuel et le jeu des comédiens valent la peine de s'y intéresser le temps des 6 épisodes.

The Sinner saison 1 : Mini-série en 8 épisodes (je doute qu'il y ait une seconde saison, ou alors sur un mode conceptuel avec d'autres personnages et une autre histoire complète en une saison), The Sinner raconte les dessous insoupçonnés d'un fait d'hiver étonnant. Cora, une jeune femme d'une petite trentaine d'années, vit une vie rangée, sans histoire. Mariée, mère d'un petit garçon, apriori heureuse en ménage. Mais peut-être pas tant que ça. Dès le départ on sent qu'elle a l'air d'étouffer un peu. Un après-midi de détente en famille sur la plage, alors qu'elle épluche une poire pour son gamin, elle se jette sur le couple qui batifole quelques mètres plus loin, et poignarde avec rage le jeune homme de sept coups de couteau. Se rendant compte de l'atrocité de son acte, Cora se rend immédiatement, avouant tout mais incapable d'expliquer son geste. C'est l'inspecteur Ambrose, vieux de la vieille qui connaît lui-même quelques troubles maritaux (en pleine séparation de son épouse, il suit une relation SM avec une femme qu'il paie pour ça), qui est chargé de l'enquête. À première vue rien de bien compliqué : l'accusée ne nie pas et la plage bondée de monde où s'est déroulé l'incident procure le lot de témoins occulaires suffisants pour boucler l'affaire. Sauf que l'inspecteur refuse de s'en tenir à la surface des choses. À ses yeux, un tel acte ne peut être commis sans raison, et c'est à trouver ce qui a poussé Cora à agir ainsi qu'il va s'employer, contre l'avis de sa hiérarchie même. Et de révélation en révélation, ce qu'il va déterrer va s'avérer bien plus complexe que prévu... Vous l'aurez compris cette série s'appuie avant tout sur un scénario plutôt pas mal ficelé qui part d'un événement en apparence simple pour aboutir à une trame bien plus compliquée que ce qu'on veut nous faire croire au départ. Et les scénaristes sont les vraies stars de cette série, puisque tout repose entièrement sur le story-telling, parfaitement maîtrisé. Les acteurs ne sont pas en reste, Bill Pullman et Jessica Biel en tête de liste, absolument parfaits dans leurs rôles, comme habités. Mention toute spéciale pour le personnage de la mère de Cora, qui est une horreur absolue, le pire cauchemar maternel concevable qui soit. Très intéressante sur le fond, maîtrisée sur la forme, courte mais intense, cette mini-série vaut vraiment le détour.

Engrenages saison 6 : Parmi les récentes séries françaises, Engrenages fait vraiment partie du haut du panier. Et avec cette sixième saison (déjà !) encore plus que d'habitude. Là où certaines séries se mettent à ronronner gentiment, à prendre leurs aises voire à fainéanter même un petit peu, Engrenages fait tout l'inverse. Plus ça avance, plus c'est bon, plus c'est fort, plus c'est addictif. C'est simple, cette saison s'avale à très hautes doses, à peine a-t-on commencé qu'on se rend compte qu'on a déjà englouti les 12 épisodes comme qui rigole. Cette saison 6 est un petit bijou d'écriture, chaque personnage est soigné, j'allais dire mijoté aux petits oignons même. Faut dire qu'on les connaît maintenant, plus la peine de faire les présentations. Et pourtant ils continuent à nous réjouir, et contre toute attente à nous surprendre aussi. Pour le pire et pour le meilleur d'ailleurs. Car autant qu'on puisse les apprécier, ils sont loin d'être parfaits ces héros-là. Et justement c'est ce qui les rend si attachants, humains. Jamais une série n'aura si bien porté son nom : l'engrenage se met en place à la première minute du premier épisode et va prendre fin à la conclusion du dernier épisode, broyant tout sur son passage, ne laissant aucun répit et surtout n'accordant aucune pitié à ses protagonistes. Tous passent à la moulinette, et on souffre avec eux. Parce que bordel, faut dire qu'ils trinquent pas mal quand même. Portant l'espoir est toujours là quelque part, parfois éclatant et enthousiasmant, parfois tapi dans l'ombre prêt à resurgir, mais toujours là. Ce qui fait que la série ne bascule jamais dans les ténèbres complètes, aussi sombre que soit l'univers qu'elle décrit. Engrenages est très clairement aujourd'hui le meilleur de la production française en ce qui concerne les séries télévisées. Je ne peux que la conseiller mille fois. C'est le must.

Carbone : Quand il s'agit de polar à la française, je crois qu'il y a un nom qui ressort et qui fait consensus, c'est Olivier Marchal. Il revient avec Carbone, mais cette fois ce n'est pas avec une histoire de flics plus ou moins ripoux ni de grands gangsters parrains de la mafia locale. Carbone met en scène des petits truands, loin d'être des pointures, mais qui vont flairer la bonne arnaque, celle qui va leur rapporter très gros et très vite. Au point de créer des tensions et faire des jaloux chez les "vrais" gros bonnets. Cette arnaque se construit autour de fonds de financement européens plus opaques qu'un soir de brouillard en plein Londres avec la marchandisation de la taxe carbone, les fameux "droits à polluer" qui deviennent plus rentables qu'une usine de confection tenue par des enfants chinois pour Nike. Rapidement les millions vont couler à flot, et les emmerdes qui vont avec aussi... Au milieu de tout ça, c'est Benoît Magimel qui tient le rôle principal, et bien que je ne sois pas un grand admirateur du bonhomme faut avouer qu'il porte le film entier sur ses épaules, et de bien belle manière. Les seconds rôles sont plutôt réussis également, on retiendra Notre Gérard Depardieu national, oups non, soviétique, dans un rôle qu'il tient parfaitement : l'ordure intégrale qu'on a juste envie de détester. Et l'apparition toute en légèreté d'une Laura Smet très en beauté. Quand on sait que le scénario a été inspiré d'une véritable arnaque à l'échelle européenne concernant les taxes carbone, on se rend compte à quel point notre société est pourrie dans l'âme. Et on a du coup presque de l'indulgence, si ce n'est de la sympathie, pour quelques petits malins sans envergure mais qui ont su profiter des failles d'un système qui est lui-même déjà corrompu en profondeur. Ce film, comme la plupart de ceux de la même veine que nous propose Olivier Marchal est plutôt sombre, sans morale et assez pessimiste, mais en fin de compte le plus triste, et le plus glaçant c'est de réaliser qu'il est surtout à l'image de notre société moderne basée sur la finance (et les magouilles qui l'accompagnent inévitablement). À voir.

The Punisher saison 1 : Dernier né de la collaboration télévisuelle entre Marvel et Netflix, le Punisher tranche très clairement avec ses petits copains encapés de chez Netflix. Beaucoup plus sanglant, beaucoup plus trash, beaucoup plus violent que les autres. Même que Daredevil. Si vous vous souvenez de la scène du Punisher dans la prison durant la seconde saison de Daredevil, et bien c'est à peu près ça tout du long de cette série, avec même une montée crescendo pour atteindre un degré de violence assez inouï pour de la télévision dans l'avant-dernier épisode de cette première saison. Forcément comme il frappe plus que ses collègues, il cause aussi moins. Ce qui donne un peu plus de rythme et de liant à la série, et évite le défaut récurrent des séries Marvel / Netflix jusqu'à présent selon moi.Pour ce qui est de l'interprétation on tient un bon client dans la peau de Frank Castle avec Jon Bernthal, il est torturé à souhait, capable de jouer sur plusieurs registres mais surtout de faire froid dans le dos quand il se met en mode Punisher pur et dur. Pour une fois les antagonistes du héros (si on peut réellement parler de héros) sont à la hauteur et semblent être capables d'en faire baver à Castle, contrairement à ce qu'on a pu voir dans la série consacrée à Luke Cage par exemple. Et c'est bien connu mais jamais inutile de le rappeler : un bon méchant fait une bonne histoire, ce qui est le cas ici (spéciale dédicace à Paul Schulze en gros psychopathe, lui que j'avais adoré en connard autoritaire dans 24 heures et en pharmacien à la cool dans Nurse Jackie). La séparation entre Netflix et Marvel fait de plus en plus parler d'elle aussi je me demande quel sera l'avenir de leurs séries communes, mais si il y a deuxième saison du Punisher, je l'attends déjà de pied ferme !

Ray Donovan saison 5 : Ray Donovan c'est mon petit péché mignon depuis 4 saisons, aussi quand j'ai appris que la cinquième serait la dernière, j'ai été un peu triste... Et effectivement cette cinquième saison tranche un peu avec les précédentes aussi bien sur le ton que sur le rythme. On voit dès le premier épisode un événement assez dramatique, et durant tous les épisodes suivants le récit déstructuré et anti-chronologique nous explique les tenants et aboutissants qui ont mené à ce qu'on voit dès le départ. D'un rythme plus lent, la série tire beaucoup plus vers son versant dramatique, et si l'humour reste présent par l'intermédiaire principal de Mickey, Darryl et Bunchy, il est beaucoup moins important cette saison. La lente progression du récit laisse entrevoir une véritable descente aux enfers de Ray, qui perd de plus en plus la main sur ce qui l'entoure malgré ses efforts les plus désespérés. Pour lui qui est à ce point dans le contrôle permanent, c'est une vraie remise en question et un constat d'échec flagrant. Les plans et combines d'habitude si maîtrisés par Ray s'avèrent tous contrariés par soit les autres protagonistes qui ont leurs propres intérêts, soit le destin qui semble parfois s'acharner... Comme suggéré par l'affiche de la cinquième saison, on retrouve un Ray si monolithique en temps normal qui pourtant se fissure et laisse apercevoir ses failles. Le dernier épisode ressemble d'ailleurs à une espèce de rédemption du personnage qui semble y laisser ses dernières énergies... En ce sens cette cinquième saison clôt un bon nombre d'arcs scénaristiques, chaque personnage connaît quelque chose qui peut ressembler à une conclusion (heureuse ou malheureuse) dans son intrigue personnelle, et effectivement la série pourrait en rester là sans créer de vraie frustration narrative. Mais... roulements de tambours... Ray Donovan a décroché une sixième saison qui va à l'encontre des annonces précédentes, et en ce qui me concerne c'est tant mieux, cela m'assure une saison supplémentaire pour y voir gesticuler et se débattre tous ces personnages devenus au fil du temps si intéressants et attachants ! Enjoy !

Justice League : Question films de super-héros, Disney / Marvel caracole en tête depuis un bon moment déjà. À la traine, Warner / DC a décidé de mettre les bouchées doubles pour les rattraper. Ayant tenté une approche plus dark que Marvel avec Superman Man of Steel et Batman Vs Superman, mais sans un succès aussi net que celui de Marvel et de ses Avengers (et l'ensemble du MC Universe qui gravite autour), DC a cependant remonté un peu la pente grâce à l'inattendu Wonder Woman qui déjà, empruntait pas mal de choses au "ton" Marvel. Et avec Justice League, qui est le pendant des Avengers chez DC, la Warner devait remettre les compteurs à zéro en terme de popularité de ses super-héros. Malheureusement la production du film a été un peu chaotique : Zach Snyder son réalisateur a vu sa vision du film remis en cause, puis n'a pas assuré la partie montage pour des raisons personnelles, et c'est Joss Whedon qui s'y est collé pour terminer d'emballer le film (oui le gars des deux premiers Avengers passé à la concurrence). D'où reshoot de certaines scènes, ajout de pas mal de punchlines à vocation humoristique, personnages moins sombres, ambiance plus grand-spectacle... et à l'arrivée un gros mélange de deux styles qui donne au produit fini un goût de gloubi-boulga un peu daté. Car on peut le dire je crois, le film aussi ambitieux qu'il fut, est plutôt raté et part un peu dans tous les sens. On y reconnaît du Snyder, mais aussi du Whedon. Il y a de l'iconique mais aussi de l'humour potache qui fait un peu "imposé". On sent l'envie de se démarquer mais ça fait également très décalquage grossier de la recette Marvel, l'authenticité en moins. Il y a de belles choses (au premier rang desquelles on trouve Jason Moma qui propose un Aquaman impressionnant de charisme... mais aussi très proche du statut qu'a Thor dans le MCU), et puis des choses moins réussies (les paradémons tous nazes et franchement repompés sur les chitauris de Marvel, même si historiquement dans le monde des comics ils sont arrivés avant, le résultat à l'écran c'est qu'on a droit à du déjà-vu). Le scénario se veut riche et il y a plein de choses à dire et à montrer (forcément, Marvel s'était fendu de films introductifs pour chaque perso, alors que Warner balance 3 nouveaux super-héros principaux et jamais présentés avant dans ce film) en plus de l'intrigue principale, le tout en s'imposant la contrainte supplémentaire de faire tenir tout ça en 2 heures seulement. Du coup ça paraît trop dense, les transitions trop abruptes, les raccourcis un peu trop raccourcis pour être soit compréhensibles soit logiques (soit les deux). Même les effets spéciaux ne m'ont pas convaincu (alors que je suis parvenu à éviter, ô miracle, la séance 3D, j'imagine même pas le massacre sinon...), ce qui n'est jamais bon signe dans un film à grand spectacle de ce type. Et puis au niveau de l'interprétation c'est compliqué : Ben Affleck en Batman devrait déborder de charisme et d'enthousiasme au lieu de quoi il semble visiblement se faire chier comme un rat mort à l'écran, Henry Cavill en Superman se veut shakespearien et dramaturge à mort mais fait surtout toc et surjoué, Ezra Miller dans le rôle de Flash passe pour un ado attardé mais dans le genre un peu attendu et agaçant, et Ray Fisher ne dégage rien d'autre que le charisme d'une boîte de conserve vide dans le rôle de Cyborg. Quand au méchant de l'histoire, il n'existe simplement pas en tant que tel, c'est juste un big boss de jeu vidéo lambda à mes yeux tel qu'il est présenté et interprété à l'écran. Reste Gal Gadot qui parvient à tirer son épingle du jeu parce qu'elle est jolie et assure étonnamment bien en Wonder-Woman qui se serait mise au slim-fast, et Jason Momoa parce que c'est Jason Momoa et qu'il se traîne une classe naturelle quoi qu'il fasse (et encore plus quand son corps est couvert de tatouages).

De là à dire que le film est raté du début à la fin, ce serait faux, il reste de bonnes choses, mais il y en a aussi beaucoup qui sautent aux yeux et qui irritent un peu la rétine, et pas de la meilleure manière. Clairement, pour un film qui se voulait un nouveau départ pour l'univers DC au cinéma, l'effet est raté. Maintenant ça reste un film de super-héros très classique dans son ensemble, avec visiblement de gros moyens derrière (mais plutôt mal employés), mais si je devais lui trouver un seul défaut, ce serait qu'il ne donne pas vraiment envie de connaître la suite (ce qui pour ce genre précis de film est plutôt un très gros défaut...). Beaucoup de bruit avant pour pas grand-chose à l'arrivée, ce qui aura certainement augmenté la déception d'autant.

Glow saison 1 : GLOW signifie "Gorgeous Ladys Of Wrestling", ce qui a l'avantage de bien planter le décor d'entrée de jeu ! Petite série Netflix sur une bande de zozos un peu à la ramasse qui décident, en plein milieu des années 80, de lancer leur programme de catch féminin sur une télévision locale californienne. Du producteur au réalisateur, en passant par les catcheuses : personne n'y connaît rien au catch, mais ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas se lancer !! Casting de comédiennes pour trouver les "athlètes" de la bande, entraînements, montage de la production... c'est à tout cela qu'on assiste pendant cette première saison, avec évidemment quelques personnages qu'on traite un peu plus en profondeur (les deux actrices / catcheuses principales ainsi que le réalisateur), et tous les autres personnages pour l'instant plus ébauchés dans les grandes lignes que réellement abordés (mais avec quelques pistes prometteuses pour la suite). Alors c'est évidemment traité sur le ton de la comédie, même si on se permet de titiller ici ou là d'autres thèmes un peu plu sérieux. Pour une première saison, avec une dizaine d'épisodes au format court d'une trentaines de minutes chacun, c'est surtout de la mise en place, on plante un décor, on cherche le ton juste, on s'habitue aux différents personnages. Ce n'est pas ultra-trépidant, et on ne rit pas non plus toutes les 5 secondes, mais on avance dans un univers qui s'avère à la fois loufoque pour certains aspects et plutôt intéressant car décalé et très référencé à la période des 80s. Moi j'ai beaucoup aimé, d'abord parce que ça m'a replongé dans des souvenirs d'enfants (j'étais dans les années 80 fan de catch au moment où ça a débarqué à la télé en même temps que Canal+ et toutes ses innovations qui me paraissaient so cool), ensuite parce que ça un côté nostalgique et trash à la fois (et le mélange fonctionne plutôt bien). Les comédiennes assurent (et forcément vu le contexte, c'est aussi à un concours de gueules et de charisme qu'on a droit) et personnellement ça m'a fait plaisir de revoir le docteur Romane de Nurse Jackie (qui a "un gros-gros charme" comme dirait un illustre concurrent de feue l'Île de la Tentation !!). Je serai de la partie pour la seconde saison !!

Halt & Catch Fire saison 4 : Avec cette quatrième saison se termine l'une des séries actuelles les plus réussies, intelligentes, et pourtant malheureusement méconnues. L'histoire de ces pionniers de l'informatique qu'on avait appris à connaître au balbutiement de l'émergence des ordinateurs personnels au début des années 80, prend fin au moment ou l'internet commence à prendre de l'ampleur (sans pour autant que soit envisagée toute la place qu'il prend aujourd'hui dans notre quotidien). Les quatre héros ont bien changé et évolué pendant tout ce temps, et ont sans cesse tenté de surfer sur la vague du progrès en cherchant à le devancer et deviner vers où nous menaient les nouvelles technologies, ainsi que les besoins, envies, comportements et habitudes qu'elles allaient avoir sur le grand public. Tout du long cette série aura été d'une rare intelligence, parfaitement ancrée dans le réel et l'histoire (toute contemporaine soit-elle), et aura su réveiller en moi pas mal de souvenirs tout en gardant un fil conducteur qui est celui du parallèle entre l'évolution des personnages, du monde et de la technologie informatique. J'ai trouvé cela passionnant du début à la fin, car la série a su mixer à part égale l'intérêt qu'on porte aux intrigues liées aux personnages en tant qu'humains et celui qui nous fait découvrir les méandres de la création et de l'innovation dans le monde de l'informatique (car au cours de la période durant laquelle se déroule ces 4 saisons, tout est à inventer et imaginer, aussi bien technologiquement que comportementalement). Ce mélange des genres évite que le soap l'emporte d'un côté et dilue l'aspect potentiellement lourdingue d'une série purement technique et geek de l'autre. On a de fait une série, qui par le biais de l'informatique et de sa fantastique évolution en une vingtaine d'années, propose avant tout une analyse fine et très intéressante de l'évolution de notre société occidentale de la fin du vingtième siècle. Et on comprend mieux comment la technique a fait évoluer les comportements, comment l'offre a fait bouger la demande, et surtout comment à partir d'un domaine si particulier que l'informatique, on touche quelque part à une sorte d'universalisme. Cette série n'est pas faite que pour les mordus d'ordinateurs ou de consoles de jeux, loin, très loin de là même. C'est une vraie étude sociétale, passionnante du début à la fin, une série que je recommande très vivement à qui s'intéresse un tant soit peu à l'évolution du monde moderne depuis la fin des années 70. Et puis pour en revenir plus particulièrement à cette dernière saison, je ne peux que dire qu'elle m'a paru beaucoup trop courte, qu'elle est très chargée émotionnellement et qu'elle ponctue magnifiquement les trois premières saisons. Comment ne pas frissonner avec la toute dernière réplique du dernier épisode, qui met dans la bouche de ce monstre de charisme qu'est Joe Pace / Joe McMillan les mots si lourds de sens pour cette série : "Let me start by asking a question"... Comment ne pas vibrer avec la jeune révélation Mackenzie Davis / Cameron Howe quand elle prononce cette simple phrase qui résume si bien son personnage "I have an idea" ? L'excellente Kerry Bishé / Donna Clarke est certainement celle dont l'évolution sera le plus dans l'air du temps puisqu'elle incarne à elle seule la montée en puissance et l'affirmation de la Femme dans le monde moderne (avec tous les aspects positifs et négatifs d'un féminisme militant). Et le discret mais très attachant Scott McNairy / Gordon Clarke est contre toute attente celui qui semble faire le trajet inverse de celui de sa femme : l'ingénieur et électro-mécanicien qui ne voit le monde qu'à travers ses lunettes d'informaticien geek au début de la série va cheminer doucement vers moins d'obsession envers son boulot pour plus de vie familiale et sentimentale, privilégier les relations humaines...

Très grande série, qui aurait mérité de durer plus longtemps mais qui aura au moins eu la chance de développer ses idées et de boucler la boucle avec une fin digne de ce nom, aussi réussie que l'ensemble des épisodes de chacune des saisons. À voir de toute urgence.

Thor : Ragnarok : Alors autant le dire de suite, de tous les films Marvel je crois bien que les Thor sont ceux que j'aime le moins. Déjà parce que le personnage en lui-même m'attire peu (contrairement à toute la mythologie qui lui est rattachée que j'aime plutôt). Mais c'est le cas aussi pour Captain America qui peine à me passionner sur le papier mais qui pourtant se voit toujours le mieux servi au cinéma selon moi. En fait, ce qui m'a toujours un peu gêné chez Thor, ce n'est pas le personnage en tant que tel, mais surtout son statut de dieu qui le range à part, et le rend moins compatible à mes yeux avec le reste de l'univers Marvel. Et c'est là que ce troisième film qui lui est consacré a su emporter le morceau à mon sens : l'action se situe en grande partie ailleurs, sur un monde vierge qui n'est ni Asgard ni la Terre. Une planète bizarre où Thor retrouve Hulk pour se castagner à la façon de gladiateurs pour un dictateur extraterrestre coloré et iconoclaste (le Grand Maître, bien loin de son aspect hyper-sérieux et rébarbatif des comics). D'ailleurs c'est un peu la marque de fabrique depuis le début en ce qui concerne Thor mais c'est encore plus marqué je trouve dans ce troisième film : l'humour tient vraiment une place importante. Et je dois bien dire qu'ici il fait mouche et est vraiment utilisé à bon escient. En ce qui me concerne c'est bien simple : je me suis éclaté avec ce film ! J'ai trouvé l'ensemble malin, j'ai adoré l'esprit potache, les scènes d'action sont vraiment très réussies et de A à Z j'ai apprécié ce Thor Ragnarok comme un excellent divertissement. Alors certes, le film est très loin de l'ambiance des deux story-arcs des comics dont il s'inspire (le Ragnarok qui raconte la fin des dieux dans The Mighty Thor et Planète Hulk qui retrace l'aventure du géant vert sur la planète Sakaar dans The Incredible Hulk), qui sont des récits sérieux et graves dépourvus pour le coup d'humour. Mais franchement je dois avouer que le résultat m'a malgré tout beaucoup plu, et n'étant ni fan de Hulk ni fan de Thor c'est tout de même très positif finalement. À voir !!

Fear the Walking Dead saison 3 : La série petite soeur de Walking Dead a dès le départ eu du mal à me convaincre pleinement, et a toujours souffert de la comparaison avec son aînée. Et si avec le temps certains défauts ont été gommés, d'autres persistent. En premier lieu des choix et réactions assez incohérents de la part des personnages principaux, qui font que la série souffre scénaristiquement d'un manque de crédibilité flagrant lors de certains passages. Cette troisième saison n'échappe pas à la règle : des idées sympas dans le cadre de l'univers de Walking Dead, et puis à côté de cela des choses hautement sujettes à discussion, et qui réduisent de beaucoup la plausibilité de l'ensemble et l'intérêt général. Et puis bon, encore et toujours le défaut principal de cette série (mais la série principale glisse tout doucement vers le même problème) : des personnages principaux qui manquent cruellement de force narrative, on n'y accroche pas vraiment et rien ne me donne envie de les voir s'en sortir. Seule le personnage de la fille Alicia commence doucement à avoir de la profondeur et à sortir son épingle du jeu, mais que ce soit la mère Madison ou le fils Nick, on se fiche royalement de ce qui peut bien leur arriver tant ils sont sans intérêt et monolithiques. Daniel lui aussi sort un peu du lot, mais je trouve malgré tout qu'il tourne également un peu en boucle, ce qui n'est pas bon signe. Les personnages les plus intéressants finalement sont les personnages secondaires, ceux sur lequel le suspens ne plane à aucun moment d'ailleurs, puisque systématiquement ils y passent tous, autre écueil de la série du reste (la prévisibilité). Reste l'intérêt principal de cette série à mes yeux : offrir d'autres situations et d'autres décors à l'univers potentiellement riche mais assez sous-exploité de ce point de vue là de Walking Dead.

Kingsman : le Cercle d'Or : Le premier Kingsman avait été pour moi un véritable coup de coeur. Sorti de nulle part, punchy, drôle, délirant et totalement inattendu, il m'avait complètement pris par surprise et son effet en avait été décuplé sur moi. Grande était ma joie d'apprendre qu'une suite était dans les tuyaux, et la bande annonce était à ce point réussie que j'étais conquis par avance je dois bien le dire. Mais au visionnage : ... eh bien de manière générale je dirais que le soufflé est retombé assez vite. On sent bien qu'on essaie tant bien que mal de retrouver l'esprit du premier, qu'on tente de suivre la même recette qui avait si bien fonctionné la première fois, que tous les ingrédients sont là pour que la mayonnaise prenne, et pourtant... Et pourtant elle ne prend jamais vraiment, ou alors que sporadiquement, par petites touches ponctuelles tout au plus. Attention, ce qu'on voit à l'écran répond plutôt bien au cahier des charges, mais il manque cette cohésion, cet esprit qui avait si bien réussi au premier opus. On sent bien qu'on essaie de faire mieux et plus dans celui-ci, mais que ça manque de spontanéité. il n'y arien de pire que de vouloir paraître cool sans y parvenir, ça saute littéralement aux yeux dans ces cas là. ici c'est un peu ça : on voudrait bien mais on y arrive jamais vraiment comme il faudrait. Le mieux est parfois l'ennemi du bien, et ce film en est l'expression parfaite. Tout sur le papier prédestine ce film à être une réussite, mais dans les faits tout semble un chouïa à côté de la plaque, assez inexplicablement en plus de cela. Forcément, l'effet de surprise de l'original n'est plus de la partie, et on ne peut pas s'empêcher de remarquer les efforts pourtant importants et méritoires qui sont faits pour retrouver cet état d'esprit là. Malheureusement, à aucun moment on ne retrouve la fraîcheur et la légèreté du premier film. Du coup l'effet du film est bien moins impactant sur le spectateur. On passe un moment sympa, mais il manque clairement un truc, et comme la comparaison avec le premier film est inévitable, ce Kingsman le Cercle d'Or sort perdant du duel... Le premier était marquant, celui-ci est juste plaisant.

Message from the King : Voilà qui est assez inédit et pour le moins inattendu : c'est en toute discrétion que Fabrice du Welz (réalisateur de genre français) s'est offert une petite série B tournée aux USA avec un casting pas hyper-prestigieux mais très solide (Chadwick Boseman qui va être bientôt très exposé aux yeux du monde dans le film dédié à Black Panther de Marvel, et Alfred -Doc Ock- Molina entre autres...). Scénario simple mais qui sied parfaitement au genre ici représenté : le film de vengeance. L'essentiel n'est pas dans l'histoire mais bel et bien dans la narration, et là du Welz connaît ses classiques visiblement (le Justicier de New-York en tête), parce que ça envoie pas mal et ça ne fait pas semblant. C'est sombre et pas très joyeux dans l'ensemble, mais ça répond bien à l'ambiance voulue et nécessaire pour que ce genre de film fonctionne vraiment. Alors on n'est pas face à un chef d'oeuvre on est bien d'accord, mais on a un film solide, qui connaît ses limites et sait pourquoi il est là, ce qui donne quelque chose d'efficace et de sérieux à l'arrivée. Personnellement je n'en demandais pas plus, j'en ai donc été très satisfait.

The Defenders saison 1 : Avec la série Defenders on a l'équivalent télévisuel de ce que les Avengers représentent pour le cinéma : tous les héros développés au cours de leurs séries individuelles se retrouvent ici pour former une équipe qui cumule les qualités et le potentiel de tous ses membres. Enfin en théorie. Dans la pratique il s'avère que c'est moins évident que cela. Déjà les séries individuelles ont été inégales : alors que Daredevil a cassé la baraque (surtout dans sa seconde saison avec l'arrivée d'Elektra et du Punisher), et que Jessica Jones a su apporter un brin de fraîcheur et d'originalité dans ce monde de super-brutes testostéronées, on a eu droit à un Luke Cage un peu plus poussif narrativement parlant et à un Iron Fist assez catastrophique dont on a peiné à retenir quoi que ce soit de positif. C'est un peu ce même schéma qui s'est imposé avec la rencontre de tous ces super-slips. Daredevil reste le plus intéressant et le plus classe, Jessica Jones et Luke Cage jouent de leur charisme mais n'apportent pas grand-chose au final, et Danny Rand fait toujours figure de boulet et de vilain petit canard quand on le compare aux autres. Ajoutons à cela que la série, malgré ses 8 petits épisodes seulement, tarde vraiment à démarrer et s'avère très lente et longuette sur sa première partie, et on ne peut qu'être en partie déçu de ce qui s'annonçait comme un concept qui pourtant avait de la gueule et promettait pas mal. On est loin d'une franche réussite, sans non plus crier à la catastrophe cependant. Ce qui est plutôt frustrant c'est de voir tout le potentiel qu'il y a dans ces personnages et dans le fait qu'ils puissent tous se retrouver au sein d'une même équipe et d'une même série, mais de constater que très peu de cela a été réellement développé. Disney ayant annoncé son intention d'ouvrir son propre réseau de distribution télévisuel, la relation entre Marvel et Netflix risque de tourner court sous peu, même si la fin de Defenders tease une suite intéressante pour Daredevil et que le Punisher va débarquer en novembre sur Netflix. Defenders connaîtra-t-elle une suite histoire de corriger les défauts de cette première saison ? rien n'est moins sûr...

Preacher saison 2 : Preacher c'est pour moi un comics absolument culte, certainement ce que Garth Ennis, le scénariste irlandais fou, et le regretté Steve Dillon aux crayons, mort il y a tout juste quelques semaines, ont fait de plus fort et délirant de toutes leurs carrières (et c'est pas peu dire). La première saison m'avait plutôt déçu, je l'avais trouvée lente, pas dans le ton et surtout trop éloignée du comics justement, d'où une grosse frustration. Mais il y avait malgré tout quelques bonnes choses à retenir et je ne pouvais donc pas en rester là. C'est non sans appréhension que j'abordais donc cette seconde saison, et là j'ai enfin vu ce que je voulais voir, l'esprit de la BD était enfin bien retranscrit à l'image. Du trash, du politiquement incorrect, de l'humour corrosif, de l'irrespect, de l'iconoclaste, de l'action... tout ce qui m'a fait aimer le bouquin était à l'écran. Avec en plus de chouettes idées absentes du comics mais qui s'intègrent vraiment bien à l'histoire et en gardent l'intention générale, histoire qu'en tant que lecteur je sois tout de même parfois surpris par certains épisodes. Je craignais un peu je dois bien le dire, l'adaptation de ce qui pour moi est le plus grand moment du comic-book de Ennis et Dillon, la partie qui concerne la grand-mère de Jesse. Pour l'instant cette dernière n'a été qu'entraperçue dans les dernier épisodes où l'on a quelques flash-backs de la jeunesse tourmentée que Jesse doit à sa grand-mère justement... la saison 2 se terminant avec le retour de Jesse dans le domaine familial. À mes yeux le véritable test, celui qui permettra de dire si la série est réussie ou non, se fera au cours de la troisième saison, quand Jesse va retrouver sa grand-mère et tout son clan de bouseux impitoyables. Cette saison deux qui a montré qu'elle savait pousser le bouchon dans l'outrancier comme il se doit avec une histoire pareille, m'a donné de très bonnes raisons d'y croire, mais le doute persistera tant que je ne l'aurais pas constaté définitivement... Et mes doutes se nourrissent entre autres de la polémique qui a fait scandale aux US à la diffusion de cette seconde saison, qui aborde au cours d'un de ses épisodes la vie intime de Jésus et de sa descendance. Des associations de religieux et de bien-pensants ont très mal pris de voir un Jésus s'envoyer en l'air avant de partir se faire crucifier (alors que les scènes de massacre bien gores du Saint des Tueurs ne les a pas gênés plus que ça) et la chaîne AMC s'est vue coller un procès sur le dos pour ça... j'espère juste qu'AMC ne va pas tenter de refroidir les ardeurs de ses show-runners de peur de s'attirer les foudres de tous ces culs-bénis hypocrites et puritains lors de la prochaine saison... Je croise vraiment les doigts !!

The Handmaid's Tale saison 1 : Adaptation en série du livre (qui a connu une version cinéma aussi) La Servante Écarlate, cette version de l'histoire voit Elisabeth Moss (que j'ai découverte dans la géniale série Mad Men où elle crevait déjà l'écran) se débattre avec une condition féminine pas folichonne du tout dans un avenir indéterminé mais plus ou moins proche de nous... L'infertilité touche une grande partie de la population, et les États-Unis ont basculé dans une dictature sordide mêlant religion, écologie,esclavagisme et contrôle des naissances comme de n'importe quelle ressource... Ce contrôle implique que les femmes fertiles se soumettent à un programme de "reproduction" en acquérant dans la société un statut à part, celui de "handmaid". Elle se retrouve ainsi assignée à résidence chez un couple issu de l'élite au pouvoir, son rôle étant de donner un enfant à ce couple. Tous les mois en période d'ovulation, elle doit donc participer à la "cérémonie" où l'homme doit s'accoupler en présence de sa femme à sa servante. Devenues des "ovaires sur pattes", les handmaids n'ont aucune autre liberté que d'écarter les jambes à intervalles réguliers et voit leur rang relégué à celui de mères-porteuses contre leur gré. Brimées et réduites à l'état d'esclaves, elles deviennent cependant l'objet de toutes les attentions quand par miracles elles tombent enceintes. Sous couvert de religion et de bienséance, la nouvelle société américaine n'est plus rien d'autre qu'un système autoritaire tenu par la force et où tout le monde espionne tout le monde dans la plus grande hypocrisie. Le sexe n'a officiellement plus d'autre sens que dans la reproduction (les relents religieux sont plus qu'évidents sur ce point) et la solution adoptée par les USA est présentée comme la dernière chance de survie de l'humanité... Réflexion sur le concept de liberté quand la survie de la société est en jeu, sur le concept de morale, de pouvoir, sur celui de parentalité aussi, d'amour et d'extinction possible, cette série traite d'un grand nombre de sujets passionnants et pousse à se poser des questions compliquées. La prestation de Elisabeth Moss est vraiment impeccable, l'ensemble des comédiens d'ailleurs semblent habités par leurs rôles. Un parfum d'insécurité plane dans chaque scène, personne ne sait à qui se fier ni comment réagir à des situations horribles et inconcevables pour des personnes ayant grandi au sein d'une société dite de libertés et de choix personnels. Le futur tel qu'il est décrit dans cette histoire, sur le plan écologique comme politique fait froid dans le dos, et c'est avec une grande impatience que j'attendrai la seconde saison (qui sera totalement inédite pour le coup, puisque la première saison s'achève là où se terminait le roman original). Grosse surprise en tout cas pour moi qui ne connaissais rien de ce récit, et excelllente nouvelle série !! Je recommande chaudement.

Ôtez-moi d'un doute : Précédé d'une très bonne critique, moi qui apprécie particulièrement François Damiens n'ai pas hésité longtemps avant d'aller voir ce film. Comme toujours quand un acteur comique est bon, il est encore meilleur dans un rôle sensible et dramatique. Non pas que ce film soit un drame pur, on y rit même assez souvent, mais ce n'est pas la plupart du temps du fait de François Damiens. Car son rôle est plus dans la retenue, presque dans la souffrance intérieure puisque non content d'interpréter un père veuf qui a quelques soucis de communication avec sa grande fille enceinte, voilà qu'en plus de cela son personnage apprend que son père n'est pas son père biologique. Ce qui soulève beaucoup de questions et remue pas mal de sentiments, qu'on le veuille ou non, qu'on s'en défende ou non. Quand par-dessus cela se greffe une rencontre avec une femme au caractère fort qui elle aussi vient bousculer son petit quotidien d'homme calme et posé, les choses peuvent vite devenir très déstabilisantes. J'ai beaucoup aimé ce film car il aborde un thème qui m'est personnellement très cher, celui de la paternité. Il fait s'interroger sur tout un tas de choses, de concepts qui au premier abord peuvent apparaître évidents mais qui sous certains angles ne le sont plus tant que ça. Ça interroge sur ce que c'est d'être un fils, mais aussi un père, et même plus, un grand-père. Tout en étant aussi un homme. Et malgré ces thèmes qui peuvent paraître lourds, il y a dans le film aussi de la légèreté, de l'humour et de l'amour. Bref, un mélange de sentiments assez divers porté par une brochette d'acteurs très convaincants et visiblement convaincus par l'histoire qu'ils racontent. C'est la qualité principale du film : une interprétation au top pour aborder de nombreux sujets pas toujours simples à aborder. On ressort du film en ayant passé un bon moment, et avec quelques pistes de réflexions aussi qu'on pourra approfondir plus personnellement (ou non) si le coeur nous en dit. Très chouette film !

Vacances à la Grecque : Je me suis fait une petite cure de Richard Dreyfuss ces derniers temps, et j'ai en particulier tenté de rattraper mon retard avec des films pas forcément récents (du tout même !) mais que je n'avais encore jamais vus. Sur ma liste donc, ce Vacances à la Grecque, pour lequel je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Je ne crois pas que le film soit très vieux (de mémoire il date de 2008) et pourtant il m'a paru terriblement daté, presque emprisonné dans le genre des comédies légères des années 80-90, ce qui crée au visionnage un certain décalage avec ce qui peut exister aujourd'hui. À l'ancienne ne veut pas forcément dire mauvais (cf. Adieu, je reste), mais là j'avoue que je n'ai pas trop accroché, pour tout dire j'ai même été un poil déçu par des situations trop attendues, trop clichés et surtout par trop de facilités. En gros ça essaie de tourner autour de la vague des feel-good movies sans vraiment jamais parvenir à en trouver le ton juste. Richard Dreyfuss pourtant en tête d'affiche ne tient qu'un rôle secondaire et son temps de présence à l'écran n'est pas aussi conséquent que ce à quoi je m'attendais. D'ailleurs l'ensemble fait un peu bâclé à mon goût... C'est gentillet attention, je n'en fais pas une purge sans nom non plus, mais la déception est là et bien là, accentuant peut-être d'autant les défauts du film à mes yeux. Ça se regarde, mais ça pourrait être tellement mieux sans trop d'efforts que je ne peux m'empêcher de trouver ça dommage. Et puis une dernière chose qui m'a profondément gêné : le doublage ! Moi qui adore le doublage français de Richard Dreyfuss (j'en parlais encore il y a peu) j'ai été douché par une voix nouvelle que je ne lui connaissais pas, que je n'arrivais du coup pas à lui associer et qui m'empêchait de me concentrer sur son jeu d'acteur. Je ne sais pas si je suis tombé sur un doublage québécois (pas cherché dans le détail mais il ne me semble pas) ou si tout simplement c'est une autre voix que sa doublure habituelle exceptionnellement sur ce film, en tout cas ça m'a ennuyé et en a rajouté une couche dans mon manque d'intérêt pour le film...

Kingdom saison 3 : Kingdom s'achève comme prévu avec cette troisième saison et bon sang quelle fin !! Franchement je ne m'attendais pas à ce que j'ai vu tout au long de cette dernière saison, et surtout pas à cette conclusion qui m'aura plus qu'étonné, mais surtout secoué ! Il y a un impact émotionnel pour finir qui m'a cueilli alors que je ne m'y attendais pas du tout. D'ailleurs jusqu'à l'avant-dernier épisode je me demandais comment les showrunners allaient conclure, tant j'avais l'impression qu'il restait encore beaucoup à dire sur chacun des protagonistes. Et pourtant en un rien de temps les événements prennent une tournure inattendue qui vient clore l'intrigue sans frustrer le spectateur. Bien entendu il y avait matière à encore continuer, de nombreux personnages très riches narrativement parlant pouvaient encore voir leurs histoires développées plus avant, mais somme toute si une fin il devait y avoir, celle-ci fait vraiment parfaitement l'affaire. Comme j'ai déjà pu le dire on juge souvent avant tout une série sur sa conclusion, car c'est ce qui laisse la dernière impression, même après des saisons entières d'épisodes plus ou moins bons. Et sur ce plan Kingdom aura parfaitement réussi son coup : proposer une fin marquante. L'ensemble de la série était déjà de très bonne facture (qui eut parié dessus au départ vu le thème ?), son dernier tour de scène n'aura fait que confirmer tout le bien que j'en pensais déjà, et y a même ajouté une petite touche inattendue qui renforce encore le plaisir d'avoir suivi cette série. Ce que j'en retiendrais avant tout maintenant que l'aventure se termine c'est une brochette de comédiens vraiment excellents qui auront su allier profondeur de jeu (car les situations sont souvent d'ordre dramatique) et performances physiques pures (car on ne fait pas semblant dans Kingdom : on transpire et on souffre pour de bon !), ce qui vous l'avouerez n'est pas si courant que ça. Quand on dit action, et à plus forte raison baston, on imagine tout de suite un ensemble un peu bas de plafond, un truc réservé aux mecs testosteronés qui n'ont pas forcément envie de réfléchir devant leur écran. Et Kingdom, si elle offre ses scènes de fights barbares, d'entraînement de tarés et de combats sanglants, est très loin de se contenter de ça. Et je l'affirme ici sans crainte : cette série plaira aussi aux femmes (qui non seulement auront leur dose situations dramatiques mais pourront en plus trouver des personnages féminins forts auxquels s'identifier, et parce que ça ne fait jamais de mal, auront en prime l'occasion d'admirer quelques beaux physiques masculins !!). Seul bémol (qui s'adresse aux hommes comme aux femmes), faudra pas s'offusquer de l'usage quasi permanent de gros mots, le langage étant très... "familier" dirons-nous. Alors allez-y, Kingdom c'est du tout bon, du début jusqu'à sa fucking fin !

Adieu, je reste : J'adore Richard Dreyfuss, chose que j'ai déjà souvent dite ici. Mais ce que je ne crois encore jamais avoir dit c'est combien j'adore aussi le doublage en français qui est assuré au cours des années par Bernard Murat puis Michel Papineschi tant leurs voix sont pour moi aujourd'hui indissociables de mon acteur fétiche. D'ailleurs je ne sais pas dire laquelle de ces 2 voies françaises je lui préfère, elles sont toutes deux si excellentes !! C'est pourquoi je ne boude jamais la VF des films de Richard Dreyfuss ! Adieu, je reste était sur ma liste depuis longtemps, c'était l'un des derniers grands films de Dreyfuss que je n'avais encore jamais vu. Et puis il y a des jours comme ça où on se dit après des années d'attente : "c'est maintenant !"... Je l'ai donc enfin vu et j'ai évidemment aimé. C'est daté, à n'en pas douter. Mais ça a le charme de ces petits films qui ont pour eux la sincérité du propos et la fraîcheur de l'interprétation et surtout aucune prétention à être un film à succès. On y retrouve une certaine naïveté propre aux comédies des années 70, une pureté des sentiments et une bienveillance du fond aussi bien que de la forme. C'est simple, mais c'est bien fait. C'est modeste sans s'excuser d'exister. Mais surtout c'est encore une fois la démonstration d'un talent de comédien vraiment hors-norme, celui de Richard Dreyfus, qui sait aussi bien être grave et sérieux que drôle et délirant, sans oublier de jouer de sa meilleure carte : la sensibilité. Car s'il sait être iconoclaste il a surtout un don pour passer instantanément de l'humour à l'émotion, et ça le rend incroyablement touchant. Ce qui est un don rare, et qui, mis à bon escient dans des rôles écrits avec finesse, est d' une force imcomparable pour un acteur. Il l'a, et il a aussi eu cette intelligence de toujours (ou presque) su choisir des rôles qui nécessitent ce genre de talent, quitte à ce que ce soit dans des films pas forcément taillés pour être premiers au box office. Ce n'est pas un hasard s'il a été l'acteur fétiche de Spielberg, immense raconteur d'histoire et jongleur d'émotions s'il en est. Dans ce film il est solaire, drôle, touchant, positif et vrai. Alors forcément je l'ai aimé. Forcément j'ai aimé Adieu, je reste.

Brèves de comptoir : Les brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio sont devenues au cours des années une institution de la littérature contemporaine française. L'idée d'en faire un film n'était pas si évidente que ça selon moi, et pour dire la vérité ce n'est pas réellement un film qu'on a ici, c'est une suite de bonnes phrases, de réflexions tour à tour affligeantes ou hilarantes, sans réel lien entre elles si ce n'est un thème général qui varie doucement réplique après réplique pour passer de l'un à l'autre. Les comédiens n'ont pas grand chose à faire puisque tout est avant tout dans le texte, mais il faut reconnaître tout de même qu'il ne suffit d'avoir une bonne blague à raconter pour faire un tabac, il faut aussi un certain talent de narrateur pour cela. Et les comédiens retenus ici s'en sont donné à coeur joie pour trouver le ton le plus juste, celui qui donnera toute sa saveur à la salve qu'ils envoient à tour de rôle accoudés au bar. D'ailleurs certains passages sont vraiment de pures perles de dialogues, tant c'est drôle ou inattendu. Forcément sur son ensemble le film ne peut être qu'inégal, tout n'est pas à se tordre, tout n'est pas du même tonneau si je peux faire ce jeu de mots. Mais l'ensemble est quand même de bonne qualité, les brèves retenues ayant quand même été filtrées et triées pour n'en garder a priori que les meilleures. Bref si d'un point de vue cinématographique ce film n'a strictement aucun intérêt, c'est un vrai moment de bonheur que de se gaver de toutes ces brèves compilées comme dans un best-of géant. Et c'est intéressant de les entendre "en situation", ça change de leur forme plus littéraire que Gourio leur donne d'habitude.

7 jours pas plus : J'aime Benoît Poelvoorde depuis très longtemps. Et ça n'est pas près de changer. Ce type sait tout jouer, faire rire et faire pleurer, être sérieux et ne surtout pas se prendre au sérieux. Ouais je l'aime. Alors évidemment quand je me suis dit que j'irais bien me faire un petit film savoir lequel et que je l'ai vu à l'affiche dans ce 7 jours pas plus, j'ai dit banco. Et je n'ai pas été déçu. Il n'y a pas meilleur que Poelvoorde pour interpréter les types lambdas bourrés de travers et d'habitudes un peu spéciales. Il n'y a pas meilleur que lui pour nous faire aimer voir des types détestables, petits, lâches, gris, soporifiques, voire parfois même ouvertement bêtes et méchants. C'est là qu'il excelle. Et cette fois encore il a réussi son coup en composant un personnage de vieux garçon maniaque et chiant, refermé sur lui-même et asocial. Qui va voir lui tomber dessus un petit migrant indien dont il n'arrive pas à se défaire, bien que l'envie soit là. L'ensemble est plutôt prévisible : spoilerai-je quoi que ce soit en révélant qu'à la fin ils finiront très amis ? Bien sûr que non car l'intérêt n'est pas dans un quelconque suspense consistant à se demander comment ça va finir, l'intérêt est plutôt dans la manière dont les événements vont s'enchaîner pour en arriver à cette fin inévitable. L'intérêt est dans l'humour et l'humanité que dégagent les personnages du film. Et si le film repose en filigrane sur un message du type "rien n'arrive jamais par hasard, tout a un sens" le scénariste et réalisateur a l'intelligence de ne pas en faire trop là-dessus et de ne pas noyer son film sous un prêchi-prêcha qui lui nuirait à force. Le message est délivré et donné sans détour, mais sans en faire tout un flanc et laissant le spectateur y adhérer ou juste s'en foutre, ayant suffisamment d'autres choses dans ce film à se mettre sous la dent s'il décide que le discours sur le destin ne l'intéresse pas. Chouette comédie qui ne se contente pas de faire rire justement (et c'est là sa force, ce mélange constant d'humour et de gravité), et un vrai plaisir de retrouver Benoît Poelvoorde dans ses oeuvres (car mine de rien il s'était fait discret ces derniers temps), je ne peux que le conseiller ce petit film !

Stretch : Le genre de film qui met en scène un anti-héros bien loser comme il faut à qui il arrive crasse sur crasse mais qui continue vaille que vaille, je suis assez client. Quand c'est réussi attention ! Pour cela il faut que l'écriture soit légère, que le ton soit mordant, que le délire sache quand frapper à la porte du métrage et surtout que le casting soit à la hauteur, car c'est l'interprétation qui va faire la différence et décider si on y croit ou non bien plus que le réalisme des situations ou le type de narration. Autant dire que ça peut vite devenir casse-gueule. Et avec Stretch on est en plein dedans : toujours au bord de la loufoquerie sans jamais s'y vautrer ouvertement, on s'amuse bien et on accepte sans rechigner de jouer le jeu et de suivre le personnage principal au cours d'une journée qui va s'avérer trépidante pour lui. D'ailleurs l'ayant vu sans connaître le nom du réalisateur j'ai été surpris mais pas étonné de voir le nom de Joe Carnahan s'afficher à la fin. Ce réalisateur sait y faire aussi bien dans l'action (avec l'Agence tout risque par exemple) que dans l'émotionnel (Le Territoire des Loups pour ne citer que lui). Cette fois il penche très nettement du côté de l'humour et du cynisme, mais se réserve encore quelques scènes où ça bouge bien. J'ai bien aimé suivre les pérégrinations de ce m'enfoutiste attachant qui sait pourtant quand ne pas lâcher le morceau. Film de série B qui s'assume et qui ne revendique rien d'autre que de faire passer un bon moment au spectateur, il réussit à donner corps à son ambition et à se faire visiblement plaisir au passage. Très frais, à ne surtout pas bouder !

Sense 8 saison 2 : Suite de la série hors-norme des soeurs Wachowski (car ce sont bien 2 femmes dorénavant) qui sort complètement des canons du genre sur à peu près tous les plans. Sur le fond comme sur la forme,rares sont les séries qui vont aussi loin dans leur discours et leur ambition. On a devant les yeux une oeuvre vraiment complète, aussi bien narrativement que visuellement, on voit que les moyens sont là et que le scénario ne s'embarrasse pas de limitations budgétaires et c'est franchement appréciable car on sent que la série est fidèle à ce que les Wachowski avaient envie de raconter. On sent qu'il n'y a pas eu de compromis, de censure d'aucune sorte, on sent que les auteurs se sont fait plaisir et ont été libres de leurs décisions. Après on aime ou on n'aime pas, on adhère ou pas à ce qu'on voit à l'écran, mais on ne peut pas reprocher à cette série son honnêteté et son jusqu'auboutisme dans ses idées. Moi j'ai vraiment accroché et j'ai aimé le concept de base (n'oublions pas de préciser que JM Straczynski est co-scénariste, gage supplémentaire de qualité !), j'ai aimé la démesure et l'originalité de ce projet, la richesse des protagonistes, des lieux et des genres abordés (du fantastique, de l'action, mais aussi de la comédie, de la baston, du sexe, de la philosophie, des sentiments, du drame, vraiment tout y passe !). J'ai adoré la bande son, la mise en scène inventive, les sauts narratifs, les raccords à sens multiples. La seule chose qui m'ait déçu c'est l'abandon de la série par Netflix (d'ailleurs l'anecdote véridique du site pornographique qui s'est proposé de reprendre la production et le financement pour une troisième saison est assez savoureuse et dit beaucoup de choses quand on y repense !). C'est bien de laisser carte blanche aux Wachowski pour faire ce qui leur plaît mais si c'est pour sabrer une série en pleine intrigue sans les laisser y apporter au moins une saison de conclusion pour finir les choses à peu près correctement (il est question à ce jour d'un long téléfilm pour terminer l'histoire laissée en suspens en fin de seconde saison, ce qui est mieux que rien mais très loin d'être suffisant pour fermer de façon satisfaisante tous les arcs ouverts à mon avis), où est l'intérêt ? En tout cas ceux qui ont aimé la première saison continueront à apprécier cette suite, et malgré l'arrêt prématuré de la série, je ne peux pas m'empêcher de la conseiller à tous, que ce soit pour son fond ou sa forme elle est tellement atypique qu'elle mérite le coup d'oeil. Sachant cependant qu'elle ne pourra pas, à l'évidence, plaire à tout le monde.

Game of Thrones saison 7 : C'est l'avant-dernière saison et on ressent très nettement l'approche imminente de la conclusion de la série. Là où dans les premières saisons les déplacements étaient interminables (remember le nombre de saisons qu'il a fallu à la Mother of Dragons pour arriver à Westeros ou à l'armée des morts pour arriver au mur !!) ils deviennent quasi-instantanés durant cette saison ! (le bâtard Baratheon ne court pas il se téléporte, et les dragons volent à mach 2 environ...) Décidément si on peut reprocher quelque chose à cette série c'est bien la gestion du temps et des distances dans la narration, on passe d'un extrême à l'autre et il faut faire un effort de magnanimité pour accepter que ce genre de chose ne vienne pas entamer la crédibilité de l'histoire. Mais au moins au niveau rythme de l'histoire, on avance ! À très grands pas même. Après, on n'est pas non plus sur le cul quant aux différents rebondissements (qqun doutait que Jon Snow se tape Daenerys franchement ?)(et qui s'est étonné d'apprendre dans la foulée quels sont leurs véritables liens de parenté ?). Mais puisque c'était quasiment inévitable, au moins on n'y a pas passé des plombes et c'est fait. Je m'attendais à plus de morts et de personnages importants qui passent l'arme à gauche, et j'ai presque été déçu de ce point de vue là. Alors que l'occasion était là quand par exemple l'expédition menée par Jon Snow se retrouve prise au piège par l'armée des morts on n'a eu droit qu'à des morts de personnages de troisième zone (allez sérieusement, qui peut me dire comment se nomment ceux qui y sont restés là-bas ?). Ok, ok, ça a couté la vie d'un dragon mais c'est un peu court quand même. M'est avis que le père G.R.R. Martin aurait été moins timide dans la liste des étripés s'il avait eu à l'écrire ce passage... Bref, cette septième saison a eu des effets paradoxaux sur moi : je suis très heureux qu'enfin ça avance et que le grand spectacle soit de mise, mais je suis un peu déçu par le manque de vraie surprise, les invraisemblances marquées et la bienveillance des scénaristes avec les membres du casting principal. Cependant cela ne va pas m'empêcher d'attendre avec impatience la dernière saison pour avoir enfin la conclusion de cette saga si riche et si ambitieuse (surtout à ses débuts). En espérant que les destins tragiques et les morts difficiles reviennent au programme (c'est quand même une des caractéristiques qui a fait de cette série un phénomène dès le départ) et que les scénaristes n'aillent pas forcément dans le sens des attentes des fans les plus gnangnans en n'hésitant pas à sacrifier même les personnages les plus appréciés. On juge souvent une série à sa fin. J'espère que celle-ci sera à la hauteur des attentes et du début de la série.

Valerian et la Cité des Mille Planètes : Annoncé comme le plus gros film européen de tous les temps (sur le plan budgétaire en tout cas), basé sur une bande dessinée de SF française, tourné presque entièrement en France (mais avec un casting en majorité anglo-saxon), et vendu comme le dernier coup de poker du très controversé Luc Besson (autant adoré pour ses premiers films qu'honni pour ses derniers), Valerian m'a beaucoup intrigué depuis le jour de son annonce. Je ne savais pas trop quoi en penser : excitant ou inquiétant ? Un peu des deux mon colonel... Et au visionnage cette sensation d'indécision et d'entre deux a perduré. Il y a une foule de bons points : un visuel à tomber, des effets spéciaux de qualité, un rythme soutenu, de l'audace dans certains choix, une inventivité et une originalité rafraîchissantes (malgré tout ce qu'on peut entendre sur la ressemblance avec Star Wars, Star Trek ou encore le Cinquième élément - qui se justifie puisque la BD Valerian a été à l'origine de pas mal de concepts et d'éléments visuels de ces films justement - j'ai trouvé que Valerian a su se démarquer et trouver sa propre identité, ce qui n'a pas dû être une tâche facile). Mais il y a aussi de gros points noirs : en premier lieu Dane DeHaan dans le rôle de Valerian qui traîne toujours sa tronche d'adolescent dépressif qui lui avait tant réussi dans Chronicles mais qui ne sied pas du tout au type de personnage qu'il est censé incarner ici. Au point qu'on trouve que Clara Delevingne en Laureline finalement, ça passe (!), c'est dire. Autre gros souci : si je m'abstiendrai d'attaquer le scénario basique qui somme toute entre dans les canons de ce qui se fait actuellement sur des gros budgets de ce type qui rechignent un peu à prendre trop de risques narratifs (coucou les Avatars, Marvel et autres Transformers), si je serai indulgent de côté-ci donc, je ne peux pas pour autant passer sur les dialogues qui sont dignes de, de..., je sais pas du collégien en stage d'immersion mais qui tient à faire un rapport de stage impeccable et donc qui ne saura écrire que des platitudes ponctuées de quelques évidences, dans un langage et un flot (au sens musical du terme) qui tient plus de la dictée que de la spontanéité. Que l'histoire soit cousue de fil blanc et ultra-prévisible, bon j'allais dire que ce ne sera ni la première ni la dernière fois, et qu'à la limite ça n'empêche pas de produire un truc qui tient la route, mais que les dialogues eux-mêmes soient à ce point gnangnan, bas de plafond, plats et écrits avec les pieds, ça je ne peux pas, c'est typiquement le genre de truc qui me sort complètement d'un film (ou d'un roman d'ailleurs). On peut faire du classique ou du déjà vu, mais il faut un minimum y croire quand on le voit et qu'on l'entend, sinon ça devient vite indigeste. C'est je crois l'un des plus gros problèmes du film. Ensuite, conséquence ou pas de ce qui précède, je dois dire que je n'ai pas vraiment été pris par les enjeux narratifs du film. En gros je suivais ce qui se passait à l'écran, mais je n'étais pas une seconde en empathie avec les personnages, aucun d'entre eux. Du coup qu'ils aillent à droite ou à gauche, qu'ils soient en danger ou qu'il leur arrive un truc bien, ça ne provoquait rien chez moi. Heureusement comme je le disais plus haut, le rythme était soutenu, ce qui m'a empêché de trop m'ennuyer, mais aller jusqu'à dire que j'y ai trouvé de l'intérêt, non désolé...

Bref, semi-ratage, semi-déception. Et donc forcément semi-réussite aussi. Pas désagréable sur le fond, très améliorable sur beaucoup de plans, formellement beau à voir et inventif visuellement. Dernier bon point cependant : ça m'a donné envie de tenter la lecture de la BD, que je connaissais sans jamais pourtant n'en avoir lu aucun album. C'est déjà ça !!

Atomic Blonde : La bande annonce promettait de l'action et de la rudesse mêlées à la beauté assassine et la classe de Charlize Theron, et le résultat est très exactement fidèle à ce qu'on nous annonçait. Ce film est une sorte de James Bond au féminin, l'ultra-violence d'un The Raid, le réalisme d'un Jason Bourne et l'esthétique d'un film de Nicolas Winding Refn en plus. Et le mix est vraiment bon ! Rajoutez par-dessus cela une intrigue à base de faux-semblants et de super espions qui se la racontent un peu, des comédiens de haut standing qui se font plaisir (outre la sublime Charlize on croise entre autres James McAvoy, John Goodman, Toby Jones, Eddie Marsan ou encore Sofia Boutella), de l'action à gogo, un peu de nudité pas désagréable, une scène lesbienne pas désagréable non plus, de la baston qui fait mal et un mur de Berlin qui commence à se fissurer de partout et on obtient un très chouette film de série B qui tient la dragée haute à pas mal de blockbusters du moment ! Après si vous n'aimez ni les blondes ni la baston, passez votre chemin, mais sinon ce film est un pur fantasme de geek ! Mention très spéciale à Charlize Theron qui ne se contente absolument pas de balader son corps de rêve et son sex appeal (ça a suffit à bien d'autres pour mener des carrière entières pourtant) tout le long du film : la miss est physique, elle n'a pas peur de mettre à mal sa beauté et son glamour et le démontre dans des scènes de bagarres dignes des meilleurs films d'action. Un Statham ou un Tony Jaa n'auraient certainement pas renié certaines d'entre elles !! À voir absolument pour ce côté décalé et qui flirte souvent avec l'extême sans jamais dépasser la limite du réaliste, pour admirer aussi bien les courbes que les coups de poing de la belle Charlize, et pour passer un très bon moment de cinéma de genre !

American Gods saison 1 : Dire que je l'attendais avec impatience est un euphémisme. L'adaptation en série du génial roman de Neil Gaiman par une chaîne qui ne lésine pas sur les images un peu choc quand il y en a besoin (et il y en a besoin !), avec cerise sur le gâteau Ian McShane, l'éternel Swearingen de Deadwood, dans le rôle de Voyageur, des trailers qui laissaient deviner quelque chose de tout à fait à la hauteur du bouquin, oui décidément de ces derniers mois c'est une des séries que j'attendais le plus ! Et je n'ai pas été déçu ! C'est beau, c'est intriguant, c'est bien construit, c'est bien interprété. Il y a des moyens et ça se voit, la photographie est juste sompteuse, les effets qui collent bien aux différents délires du livre. Le rythme n'est pas des plus soutenus, mais l'approche des nombreux personnages et le plantage de décor et d'ambiance le nécessitaient. Cela dit on ne s'ennuie pas pour autant, et il y a suffisamment de choses à montrer et de concepts à digérer pour ne pas se précipiter dans la narration. Mais vraiment ce qui m'a le plus conquis dans cette adaptation c'est la qualité et l'homogénéité visuelle qui fait de cet univers à la fois contemporain et imaginaire un monde crédible, cohérent et convaincant. Et que dire du casting ? Entre les quasi-inconnus (Ricky Whitlle dans le rôle d'Ombre par exemple), les guests de grande classe (Peter Stormare, Emily Browning, Gillian Anderson, Crispin Glover ou encore Kristin Chenoweth) et les newbies bourrés de talent qui montent en ce moment (Pablo Schreiber de Orange is the New Black ou Jonathan Tucker de Kingdom), l'ensemble mené par l'excellent Ian McShane précité, c'est du quatre étoiles !! L'intrigue quant à elle est plutôt bien retranscrite dans sa globalité depuis le roman, tout en sachant prendre une certaine distance et des libertés parfaitement réfléchies et adaptées au support télévisuel. J'attends déjà avec une extrême impatience la saison 2 que j'espère aussi forte et délirante que la première.

Shameless US saison 7 : Depuis sept ans déjà, Shameless US est devenu pour moi un rendez-vous absolument incontournable ! J'ai beau les connaître par coeur, j'ai beau croire qu'on a déjà tout vu d'eux et qu'ils ne peuvent plus me surprendre, à chaque fois je replonge, à chaque fois j'en reprends une dose et chaque fois j'adore et ne peux plus m'en passer pendant les trop courts épisodes annuels (à la manière de ce vieil accro à tout ce qui fait planer de Frank), à chaque fois je suis triste de me dire que c'est déjà fini, à chaque fois je me dis que ça va être long d'attendre la nouvelle fournée d'épisodes. Cette série est un bijou dans le tout venant des séries américaines et je suis toujours aussi positivement surpris que les spectateurs ricains plébiscitent depuis si longtemps une série qui brocarde avec autant d'impertinence et de drôlerie la sacro-sainte American Way of Life. Que cette bande de losers, de bons à rien, de camés et de soûlards soient les héros d'une série à succès (bon relativisons : on n'est pas à un niveau d'audience digne de Game Of Thrones ou The Walking Dead mais sept saisons série en cours, c'est pas dégueulasse quand même), et que le message anti-système et gentiment révolutionnaire que véhiculent la plupart des personnages continue de trouver sa place dans l'univers pourtant très cadré des séries US, moi ça me réconcilie avec une certaine image pas toujours très flatteuse des Etats-Unis de ce côté de l'Atlantique. J'adore Shameless et plus le temps passe plus je me rends compte que mon amour pour cette série grandit. Je ne peux faire autrement que la recommander chaudement aux quelques uns perdus ici qui ne se seraient encore jamais frottés à la famille Gallagher. C'est pas du bon, c'est du très bon !!

Baby Driver : Nouveau film d'Edgar Wright, Baby Driver promettait dans sa bande annonce un casting quatre étoiles, des scènes d'actions et surtout de poursuite en voiture de fous, un look et une ambiance cool et fun entre le rétro et l'ultra-moderne, et surtout un bon moment d'amusement comme Edgar Wright en a le secret. Eh bien sachez que l'ensemble de ces promesses, sans aucune exception, est tenue. Et de bien belle manière qui plus est. On s'amuse, on est impressionné par ce qu'on voit à l'écran dès lors que ça se passe sur quatre roues, on adore voir les trognes incomparables de types comme Kevin Spacey, Jamie Foxx et surtout le génialissime Jon Hamm (dont le rôle est à mille lieues de son rôle phare dans Mad Men), on découvre avec plaisir et étonnement ce jeune acteur qui tient le rôle principal (Ansel Elgort de son petit nom), on reconnaît les codes habituels de ce genre de films traités cependant avec suffisamment de talent pour ne pas gâcher les différents rebondissements, bref on s'éclate (comme le casting on dirait bien) devant ce film sans grande prétention mais avec de vraies pépites de plaisir cachées dedans ;) Film d'été par excellence, bande son omniprésente qui rythme même les courses-poursuites à la perfection, on a là un film à aller voir juste par plaisir et pour rien d'autre. Et il vous le rendra bien.

Mad Dogs : Voilà bien longtemps que je voulais voir ce film (il date de 1996 quand même !) car outre le titre intriguant il a un casting de luxe (Gabriel Byrne, Diane Lane, Jeff Goldblum, Kyle MacLachlan, Ellen Barkin, un peu la classe à l'époque de sa sortie), mais surtout parce que l'un des personnages principaux n'est autre que mon acteur fétiche, Richard Dreyfuss. Mélange de comédie limite burlesque et de film de gangsters, on a ici un film assez iconoclaste et avec lequel on ne sait jamais vers où on va être embarqué. Les personnages sont ultra-caricaturaux, l'intrigue de départ ultra-basique, les décors et les costumes ultra-datés, mais ce qui prévaut avant tout dans ce film c'est l'interprétation assez jubilatoire des comédiens qui très clairement s'amusent et cabotinent un max. En ayant conscience de le faire, je le précise, c'est ce qui donne tout l'intérêt à la chose, sinon ça pourrait vite devenir indigeste. Alors bien entendu ça n'a rien d'une superproduction malgré les noms en haut de l'affiche, il n'y a aucune scène à grand spectacle et l'image et la mise en scène sont plutôt banales, le rythme n'a rien d'effréné par rapport à ce qu'on a l'habitude de voir aujourd'hui et les dialogues sont un peu à l'ancienne. En bref, tout ce qui pourrait faire d'un film un succès de nos jours est absent de Mad Dogs ! Mais ce n'est pas grave, je dirais même que c'est exactement ça qui m'a plu dans ce film ! Et puis un film qui a pour héros Richard Dreyfuss, de toute façon, ne peut pas être mauvais, c'est une des lois intangibles de l'univers. 

The Expanse saison 2 : Seconde saison pour la série de SF / Anticipation la plus ambitieuse et aboutie depuis longtemps, je l'attendais avec impatience ! Je reste étonné que cette série survive tout en maintenant un rythme posé qui ne se voit pas sacrifié à cette époque du zapping et du montage épileptique généralisés. Je reste étonné par l'intelligence du propos, la résistance à la simplification et la classe générale dans le ton et l'image, qui ne sont pas actuellement les canons les plus habituels de ce qui se veut populaire. Et en plus on a l'impression que ce qu'on nous montre à l'écran a coûté son pesant de cacahouètes et n'a pas été bricolé sur un coin de table avec trois bouts de ficelles. Bref, qu'on nous prend pas pour des jambons. L'intrigue avance dans cette seconde saison et on commence à rattraper lentement mais sûrement l'équivalent en tome parus en romans. Cela dit la série respecte un rythme qui lui est propre (mais reste très proche des événements tels que relatés dans les bouquins), et c'est la marque de showrunners qui savent ce qu'ils font et surtout où ils vont. L'espoir que j'ai c'est que cette exigence de qualité ne se heurtera pas aux dures lois du marché et de l'audience, et que The Expanse sera autorisée à aller non seulement à son terme mais surtout selon ses conditions propres... 

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Published by Stéph