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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 07:30

« Alors ça, je ne l’avais pas vu venir ! »

C’est en substance ce que je me suis dit quasiment tout du long de ce roman policier.

Et clairement quand on lit un polar, se faire surprendre c’est déjà un gage de qualité.

Je ne parle même pas de la fin, qui m’a laissé sans voix. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, commençons par le commencement : l’intrigue.

 

Cinq fillettes ont disparu. Quand la police retrouve les cinq bras gauches de ces enfants dans cinq petites fosses creusées dans un bois, le doute n’est plus permis, le lien est fait. La mise en scène macabre ne s’arrête cependant pas là. Car un sixième bras est retrouvé. Ce qui implique qu’une sixième victime est concernée. L’équipe de policiers qui travaille en relation directe avec le professeur Goran Gavila, un éminent criminologue, fait appel à une enquêtrice spécialisée dans les enlèvements d’enfants, Mila Vasquez, pour leur prêter main forte. Mila est une solitaire, et s’intégrer à une équipe déjà bien en place ne lui sera pas facile. Mais très vite l’enquête va l’emporter sur tout le reste : il y a tant à comprendre et à découvrir que chacun doit être à son meilleur niveau. D’autant plus que chaque nouvel indice, chaque nouvelle piste, démontre aux policiers qu’ils sont encore loin de la vérité.

 

Bon, comme résumé de départ on a déjà fait mieux. Je serais presque tenté de dire que simplement comme ça, ça ressemble à un thriller classique à tendance un peu gore. Enlèvements d’enfants, morceaux de cadavres découverts, enquête qui s’avère compliquée, équipe de policiers aux talents divers. On imagine la suite : indices, rebondissements, retournement de situation, résolution de l’enquête.

Sauf que non. Enfin oui, mais non quand même.

 

Réduire Le Chuchoteur de Donato Carrisi à un polar de plus, même malin, même bien ficelé, ce serait non seulement lui manquer de respect, mais aussi faire complètement fausse route.

Parce que oui c’est un polar, oui c’est une énigme à résoudre, mais non vous n’avez jamais lu ça nulle part, non vous ne pouvez pas comparer ça à une intrigue policière lambda, et surtout, surtout, Le Chuchoteur est un putain d’ovni !

 

Je ne sais pas ce que j’ai le plus aimé dans ce roman. Les personnages sont d’abord très intéressants. Pas forcément attachant au sens premier du terme, mais presque aussi intrigants pour certains que les mystères qu’ils essaient de mettre à jour. Que ce soit Mila ou Goran, ils traînent avec eux des fêlures et des secrets que le lecteur découvre au fur et à mesure de l’histoire, qui enrichissent leurs personnalités et renforcent la sensation qu’on a tout au long de la lecture, à savoir que rien n’est tel qu’on le croit, que tout n’est qu’apparences et que la vérité se cache derrière bien des voiles plus ou moins opaques…

L’enquête quant à elle est fascinante, car on suit pas à pas les méthodes des enquêteurs, on découvre, on déduit, on se triture les méninges à essayer d’imaginer des solutions, on comprend en même temps qu’eux. Les révélations se succèdent, les rebondissements aussi, le tout avec un beau rythme qui plus est… Pourtant le lecteur a un point de vue légèrement différent de celui des policiers, puisque le récit de l’enquête est régulièrement entrecoupé par de courts intermèdes qui prennent deux formes alternativement, pour l’une celle de rapports d’un agent pénitentiaire au sujet d’un détenu, et l’autre qu’on devine être les pensées d’une jeune fille kidnappée. On a donc connaissance de choses que les enquêteurs ignorent. Et malgré tout, on se sent aussi perdu et démuni qu’eux !

Et puis au chapitre de ce que j’ai beaucoup apprécié également, c’est tout simplement le style : simple, direct, efficace. Pas de temps morts, pas de remplissage. Tout a son importance, et on s’en rend rapidement compte, aussi le lecteur reste en constante implication et sa concentration reste totale pendant tout le roman. Pourtant le bouquin est tout de même plutôt épais, ce n’est pas lu en deux heures, autant vous prévenir de suite. Bref, si on cumule : une histoire très intrigante + des personnages intéressants + une écriture fluide, je crois qu’on peut dire sans risquer de se tromper qu’on est en présence d’un vrai page turner de première classe.

 

Mais là où ce roman est bluffant, c’est quand on parvient à la fin, et qu’enfin on comprend. Moi j’ai été soufflé, même choqué, de comprendre la vérité. Parce que pour reprendre mon introduction : « je ne l’avais pas vue venir celle-là ». Mais surtout, ce qui m’a durablement marqué, presque fasciné si ça n’était pas aussi traumatisant, c’est de savoir que Donato Carrisi, en bon romancier doublé d’un juriste de formation spécialisé en criminologie et sciences du comportement, s’est appuyé sur des cas et des faits réels. Et il m’a ainsi fait découvrir une nouvelle facette du mal à l’état pur, que je ne soupçonnais même pas. Mais qui pourtant, existe bien. Dans la réalité. Pas que dans les livres.

 

Si je vous disais que le final de ce roman m’a glacé le sang, je serais encore loin du compte.

Tant et si bien d’ailleurs, que malgré l’effet bœuf* qu’a eu ce bouquin sur moi quand je l’ai lu, je n’ai pas encore cherché à lire autre chose de cet écrivain italien (Le Chuchoteur est pourtant le premier volet -qui se suffit cependant à lui-même- d’une trilogie qui se concentre sur les enquêtes du personnage de Mila Vasquez). Il m’a fait si grosse impression que je ne vois pas comment il pourrait égaler ou faire mieux avec une autre histoire…

 

Alors simplement, merci à mon ami Patrick de m’avoir mis ce livre entre les mains. Grand moment de lecture !

* et mine de rien, j’ai placé deux fois le mot bœuf dans cet article, sans pour autant qu’on y parle à aucun moment agriculture ni élevage bovin.

 

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