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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

The Reader : J'avais entendu dire de ce film que c'était une belle histoire d'amour, triste mais belle. Eh bien, si je l'ai trouvée triste je ne peux pas vraiment la qualifier de belle ! Sans déflorer le film, on a deux personnes qui vivent une histoire très forte interrompue rapidement, et qui vont vivre leurs vies entières avec des tonnes de regrets et de souvenirs douloureux. Sans jamais rien faire pour y remédier. Juste parce que les deux personnages ne parviennent pas à dépasser les non-dits, à exprimer ce qu'ils ont sur le coeur. À vrai dire ça m'a paru tellement disproportionné ce rapport de cause à conséquence que j'en ai presque eu du mal à le considérer comme vraiment crédible. Heureusement la qualité des comédiens joue en faveur de l'histoire, et il nous emportent avec eux dans leur tourbillon de solitude et de tristesse. Mais joué par d'autres ou mis en scène de manière moins classieuse, je pense que mon désaccord de fond avec le parti-pris du scénario qui veut qu'on a à faire avec deux handicapés des sentiments et de la parole m'aurait fait arrêter le film. Par incompréhension totale avec leur comportement, de l'une comme de l'autre. Mais je peux comprendre qu'un esprit plus romantique que le mien puisse y voir un très grand film tant il a, c'est indéniable, de qualités côté interprétation et narration.

Un + Une : Bien entendu, quand un nouveau Lelouch sort je procède par étapes : d'abord je prie pour qu'un ciné propose le film près de chez moi, je me débrouille pour me dégotter une séance rapidos avant que le film ne disparaisse des écrans et ensuite je n'ai plus qu'à savourer une fois dans la salle. Cette méthode a jusqu'ici toujours porté ses fruits, cette fois n'a pas dérogé à la règle ! Alors pour ce qui est du film : il y a évidemment des ingrédients qui ne laissent pas de place au doute : on regarde un Lelouch ! Et puis il y a aussi quelques différences avec ses derniers films, entre autres le fait que cette fois il ne s'agit pas d'un film choral et que cela faisait bien longtemps que le réalisateur de la nouvelle vague ne s'était pas consacré à un nombre très restreint de personnages principaux. Ici c'est le duo Dujardin / Zilberstein qui porte le film sur ses épaules, bien que j'ai été aussi très positivement surpris par Christophe Lambert en second rôle. Ce qui ne change pas c'est le thème, celui de prédilection pour Claude Lelouch : l'amour. Cette fois il est traité sur un mode un peu particulier, celui du pélerinage. Au propre comme au figuré d'ailleurs, puisque le film entraîne ses héros à travers l'Inde et vers un personnage très spécial, Amma, qui dit d'elle-même qu'elle n'a qu'une religion, l'amour justement...Au-delà du talent qui transpire des prestations des comédiens, c'est cette séquence avec Amma (qui pour le coup ressemble plus à un documentaire dans le film) qui m'a marqué alors que je ne m'y attendais pas. Il se dégage de ces images et de ces scènes précises quelque chose d'indéfinissable, une réelle spiritualité universelle, une sensation étonnante qui m'a cueilli par sa pureté et sa simplicité, et par les émotions pures qui en émanent. J'en ai été vraiment surpris moi qui suis de plus en plus réfractaire à toute forme de religiosité... Bref, ce nouveau film est un bon cru, un Lelouch un peu différents des précédents, tout en conservant une familiarité certaine pour ceux qui connaissent et aiment l'univers du réalisateur français. Je ne epux bien entendu que le conseiller : allez-y !!

Shameless US saison 5 : La période actuelle voit toutes mes séries cultes se terminer et très souvent laisser derrière elles des vides immenses, difficilement comblés par les nouveautés. Mais il subsiste ici et là des îlots de pur bonheur télévisuel, de fraîcheur et de drôlerie mêlées de moments de gravité extrême, des séries qui continuent à vous coller à votre siège, vous volant coup sur coup éclats de rire, tristesse, craintes et enthousiasme à un rythme effréné. Shameless US est un de ces îlots qui résiste, année après année, et qui est toujours là au rendez-vous. Cette série est juste énormissime. Elle bouscule à tous les niveaux, elle réveille toutes sortes de sentiments, elle aborde des thèmes d'une variété incroyable, du plus loufoque au plus dramatique. Et toujours avec le bon dosage, toujours avec le ton le plus approprié, que ce soit dans l'extravagance ou la gravité. Dire que j'adore cette série est bien en-dessous de la réalité, elle est pour moi comme une grande bouffée d'air frais pendant sa douzaine d'épisodes annuels. Tous les comédiens, TOUS sans exception, sont parfaits dans leurs rôles, depuis le géant Kevin jusqu'au bouboule Chucky, de la sexy Fiona jusqu'au cramé Mickey, du génial Lip jusqu'au paumé Ian. C'est simple, ils sont TOUS si bons, qu'ils sont TOUS mes préférés. Et puis, évidemment il y a Frank, loser parmi les losers, qui fait de l'indigence et de la beauferie un art de vivre. Frank, le connard ultime, absolument détestable et rigoureusement indispensable. Cette série est un ovni, d'autant plus qu'elle est américaine, et je suis loin, mais alors très loin de m'en lasser. Faut dire aussi que c'est de leur faute : pas une saison en-dessous de la précédente, du rire à longueur d'épisodes, des comédiens au diapason, un rythme enlevé : j'aime, j'aime, j'aime !! Dire qu'il va me falloir attendre toute une année pour la suite...

The Following saison 2 : La saison 2 souffre des mêmes qualités et des mêmes défauts que la première saison, à savoir un bon départ, de bonnes idées de base, un développement sympa et des personnages qui fonctionnent plutôt bien, mais au fur et à mesure que l'histoire avance, les incohérences s'accumulent et il y a quelques facilités dans l'enchaînement des intrigues et les différents rebondissements, chose qui à force nuit à la crédibilité de l'ensemble et donc à l'intérêt que l'on porte à la série. Dans cette saison c'est le même canevas, assez sobre et crédible au début, un emballement correct puis des extravagances dès lors qu'on bascule dans la secte Korban... C'est très dommage car côté comédiens le compte y est, James Purefoy reste pour moi un monstre de charisme, et la recrue Connie Nielsen fait un bien fou à la série également. La fin aurait pu faire une fin de série convenable (sans être extraordinaire toutefois), mais la série embraye pour une troisième et dernière saison, reste à voir si là encore le même schéma narratif sera repris ou si les scénaristes tenteront de se lancer sur une autre voie... Puisque j'ai vu les 2 premières saisons sans réel déplaisir, je tenterai la troisième histoire de connaître la conclusion, mais The Following reste une série de second plan dont on peut se passer sans regret si le temps nous manque pour la regarder !

Les Cowboys : Un père à la recherche de sa fille volatilisée après s'être convertie à l'Islam... voilà qui entre en écho direct aux attentats de novembre 2015 de Paris, coïncidence des dates de programmation des sorties cinéma. Le ton est dur, sans concession, sec, gris, déprimant. Car ce film est à l'image d'un univers loin du monde merveilleux de Disney, il est ancré dans le quotidien, dans une réalité difficile, compliquée et traumatisante. On ne peut pas dire que ce film vous file la banane, qu'il exacerbe l'optimisme, ni même qu'il apporte de réponses à certaines de nos questions. Il se contente de poser un constat, celui de l'incompréhension et de l'impuissance, malgré le courage et la bonne volonté. Ne cherchez pas dans ce film un lien direct avec le djihadisme et le terrorisme qui secoue notre pays et la planète entière ces dernières années, vous n'y verrez pas de camps d'entraînements pour candidats au martyre en Syrie. Vous y verrez en revanche la quête d'un père et de son fils, et surtout les ravages que le silence et l'impossibilité de comprendre une situation qui nous échappe peuvent avoir sur une famille finalement très ordinaire. Dans le rôle du père meurtri et borné il y a François Damiens en contre-emploi total, qui compose peut-être son rôle le plus fort de sa carrière. Et qui prouve, s'il en avait encore besoin, qu'il est un comédien incroyable à la palette de sentiments complète, et qu'il sait mettre une profondeur impressionnante dans la définition de ses personnages. Les Cowboys est un film dur, qui pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, c'est une plongée dans la noirceur de l'âme, un combat sans merci entre espoir fou et désespoir implacable. Et l'idée en sortant de la salle qu'aucune vérité universelle n'existe, qu'il n'y a que des êtres qui tentent tant bien que mal de se comprendre, de vivre ensemble et de faire leurs propres choix de vie.

Albator : Albator c'est avant tout pour moi un vieux dessin animé, un souvenir qui me renvoie à ma prime jeunesse, à mon enfance... autant dire à un temps passé depuis (trop) longtemps ! J'en garde des souvenirs un peu flous, confusément heureux, même si Albator ne fut pas de ceux qui m'ont le plus marqué à l'instar d'un Goldorak ou d'un Capitaine Flam. Honnêtement, je ne saurais plus dire avec exactitude de quoi ça cause, je me souviens seulement de ce corsaire de l'espace au look si particuliers et à la classe folle de son vaisseau. J'ai donc jeté un oeil curieux à ce film d'animation moderne, sans réelle attente à son égard. Ce que je peux en dire c'est que c'est assez bien foutu, même plutôt beau, bien que je ne sois pas très fan du design "manga moderne" des anime japonais (j'ai pu voir quelques images de la nouvelle version cinéma des Chevaliers du Zodiaque et j'ai trouvé ça bien moche). En revanche cela dégage une impression de froideur assez nette, qui impose une distance instantanée entre le spectateur et ce qui se passe à l'écran (en tout cas ça a été l'effet sur moi). Le résultat c'est que ça ne m'a pas passionné plus que ça, je dirais même que j'ai trouvé cela un peu plat et convenu du point de vue du scénario, mais graphiquement j'ai été plutôt agréablement surpris. Toujours est-il qu'une seule vision me suffira.

Flesh and Bone saison 1 : Je dois l'avouer, je n'avais jamais entendu parler de cette série et c'est uniquement parce que l'affiche m'a vraiment tapé dans l'oeil que j'ai voulu en savoir plus à son propos. Huit épisodes uniquement dans cette première saison, mais huit épisodes étonnament denses, qui posent plusieurs personnages et autant de sous-intrigues qui tissent une histoire complète plutôt prenante. Pourtant l'environnement de la série qui prend place dans une compagnie de ballet n'était carrément pas ma tasse de thé... mais je dois bien concéder que la série m'a plu et intéressé. Les comédiens sont pour moi de purs inconnus, ce qui me permet de vraiment apprécier leur performance au premier degré pour la réalité de ce qu'elle est. Et force est de constater que ceux qu'on voit à l'écran cumulent les qualités : non seulement ils jouent bien, mais en ce qui concerne les comédiens qui incarnent des danseurs/euses on a là de vrais perfs sportives et artistiques ! Je ne sais pas si ce sont des comédiens qui se sont mis à la danse ou des danseurs qui ont été recrutés pour jouer la comédie, en tout cas ils sont bluffants dans les deux domaines ! Bref, pour moi Flesh and Bone est une découverte doublée d'une belle surprise, inattendue et rafraichissante. Bonne pioche !

Hard saison 3 : Ah que ça fait du bien des séries comme celle-ci !!! C'est très drôle, complètement foutraque, c'est déjanté et ça part dans tous les sens. Moi j'adore, je me marre du début à la fin, pas spécialement pour les situations ou les histoires mais surtout et avant tout pour la gallerie de personnages complètement loufoques et pour des dialogues ciselés  et absolument géniaux. Du premier au dernier, les seconds rôles sont juste parfaitement écrits et surtout parfaitement interprétés par des acteurs qui ont dû prendre un panard géant à jouer ça ! J'imagine que certaines prises ont dû être nombreuses entre les fous-rires... Le seul problème de cette série c'est qu'elle est trop courte (12 épisodes de 25 minutes par saison) et surtout que 3 ans séparent chaque nouvelle saison de la précédente. En tout cas moi je suis fan ultime de Roy Lapoutre, Corrado, Boule, Rudy, Jules, Sonia, Joujou, le beau-frère Georges, Sophie, le cousin Anton et bien entendu l'inénarrable Pierre. Une belle bande de tarés, mais tous plus drôles et attachants les uns que les autres. À voir absolument pour se marrer un bon coup.

Aquarius saison 1 : David Duchovny sort de deux séries cultes (X-Files et Californication) et va bientôt replonger dans la première à l'occasion d'une suite inattendue, mais entre temps il aura tenté d'incarner différent dans cet Aquarius plutôt intéressant. Aquarius se situe en 1965 et se replonge dans la Manson Family avant que ce dernier ne devienne le tueur en série qui a traumatisé l'Amérique. Duchovny en flic à la papa s'en sort pas mal dans un rôle presque à contre-emploi tant on a encore de lui l'image toute fraîche de Hank Moody en tête. Quoiqu'il partage avec lui une certaine propension à faire tomber dans ses bras des donzelles que ce bon vieux Hank n'aurait pas renié ! L'ambiance des 60's est vraiment bien rendue, loin cependant du ton feutré qu'adoptait Mad Men (on est en Californie ici man !), et si l'intrigue n'est pas absolument trépidante (peut-être aussi parce que justement c'est le Charles Manson d'avant sa folie meurtrière qui y est traité) elle pause ses bases de façon solide, et se permet de ne pas se presser pour justement assurer à sa narration un rythme cohérent et pas forcément soumis au diktat de la télévision actuelle. Bonne nouvelle une saison 2 verra le jour, et peut-être qu'à cette occasion l'affrontement entre le flic et le psychopathe va monter d'un cran. En tout cas j'en serai, car Aquarius sans être très marquante comme série aura su m'intéresser du début à la fin. Et puis mention spéciale à Gethin Anthony qui interprète un Charles Manson troublant et toujours sur le fil entre génie et folie...

Siberia saison 1 : Prenez un groupe de gens hétéroclites, plongez-les dans un jeu de télé-réalité façon Koh-Lanta dans un environnement autrement plus rigoureux (la Sibérie), ajoutez-y des mystères à foison et une pointe de fantastique à la manière d'un Lost low-cost et vous obtiendrez Sibéria. Le concept et l'idée de départ sont sympathiques, mais côtés péripéties et enchaînement des événements, on sent que les scénaristes ne maîtrisent as tout dans leur histoire. Ça donne un aspect plus foutraque que réellement mystérieux. De toute manière, depuis Lost je me méfie comme de la peste de ces séries qui empilent mystères sur mystères et répondent aux questions par d'autres questions. C'est bien souvent le signe d'une navigation à vue, et Sibéria n'échappe pas à ce sentiment au visionnage. La frontière est ténue entre surprendre et mettre en position d'insécurité le spectateur sans cesse et raconter n'importe quoi pour le perdre. Plusieurs fois au cours des 11 épisodes j'ai trouvé que cette frontière était franchie... Mais bon, si on peut accepter certaines incohérences et des ellipses parfois troublantes (surtout dans la gestion des relations entre les protagonistes), c'est leur accumulation qui finit par les rendre indigestes. Le comble étant que Sibéria a été annulée et ne connaîtra jamais de seconde saison, laissée en suspens en plein cliffhanger, sans aucune explication sur quoi que ce soit, ce qui augmente encore plus la sensation d'immense foutage de gueule, encore plus accentué que Lost et ses explications complètement bidons. Bref, cette série avait un potentiel certain mais à la condition d'être plus sobre dans son contenu, et bien entendu l'absence de conclusion finit d'en faire un objet télévisuel totalement inutile et vain.

Penny Dreadful saison 2 : Cette saison 2 reprend là où on l'avait laissée et prolonge la découverte des personnages de la première saison. Lentement d'innombrables liens se sont tissés entre eux alors même qu'ils n'en sont pas toujours conscients (des personnages comme Lily ou John Clare entre autres sont au centre de nombreuses relations entre personnages principaux qui ne soupçonnent pas ces doubles ou triples relations, ce qui donne un chassé-croisé incessant et par moment presque improbable entre tous les protagonistes), et l'intrigue évolue dans de nombreuses directions tout en suivant un axe principal qui voit Miss Ives être la proie de Satan par l'intermédiaire de ses envoyées les Nightcomers... Comme déjà au cours de la première saison, le rythme est lent, on pose les personnages, on creuse les personnalités. C'est très intéressant pour ce qui est de la caractérisation des héros mais s'avère parfois frustrant par manque de légèreté dans le ton et manque de rythme dans la narration. En revanche chaque épisode reste exemplaire visuellement, tout est soigné, l'univers fin XIXème siècle est juste impeccablement rendu, l'ambiance sombre voire glauque ne scille pas d'un iota, bref on reste dans la droite lignée de la première saison. Penny Dreadful, par ses personnages et l'ensemble de ses thèmes (fantastiques ou non) abordés, est à la fois ambitieuse, exigeante et très intéressante, le seul bémol réside dans un certain manque de rythme qui sur certains épisodes peut s'avérer handicapant. Ce n'est pas la série la plus passionnante du moment, mais elle a de vrais atouts, et une troisième saison ayant été annoncée en 2016, j'en serai.

Seul sur Mars : Quand j'avais appris que Ridley Scott était en train d'adapter au cinéma le roman de d'Andy Weir "Seul sur Mars" que j'avais mis sur ma liste de livres à lire, je me suis dépêché de le lire avant que le film ne sorte, car je n'aime pas voir une adaptation avant d'avoir lu le bouquin. Le roman m'avait scotché par sa rigueur scientifique, son rythme et son humour. Et le film, bien que ne recélant aucune surprise pour moi (ma lecture étant encore très fraîche car datée de cet été), m'a vraiment enthousiasmé et tenu en haleine du début à la fin (ce qui est fort quand sait d'avance ce qui arrive à chaque plan). Alors biensûr le refrain habituel qui s'applique à 99,99% des adaptations est valable ici aussi, à savoir que le roman est bien mieux que le film (tant de péripéties ont été zappées, certains personnages sont juste survolés, et surtout la majorité des explications scientifiques aux problèmes rencontrés et aux solutions imaginées par l'astronaute ermite sont passées à l'as), et pourtant j'ai trouvé que le film était une vraie réussite sur le plan émotionnel, visuel et narratif. Il n'y a pas à dire, quand il veut le père Scott reste une méga pointure pour pondre un film qui vous chope, vous accroche et ne vous lâche plus avant sa toute fin. Et bordel qu'est-ce que les images sont belles ! Et bon sang, Matt Damon EST Mark Watney ! Bref, j'ai adoré le film et paradoxalement je me suis rendu compte en le voyant à quel point le roman est vraiment un très grand roman, plus encore qu'après sa lecture. Étonnant mais pourtant : l'adaptation (très réussie sans être dénuée de défauts je le redis) m'a fait encore plus aimer le roman d'origine. À lire et à voir d'urgence, 2015 a trouvé un de ses meilleurs films de l'année.

Nurse Jackie saison 7 : Encore une série qui prend fin cette année... Nurse Jackie n'aura jamais été un hit comme Weeds ou Californication par exemple mais aura eu de très grands moments malgré tout, tout au long de ses 7 saisons. Cette série qu'on n'hésitait pas à classer parmi les comédies (format court, personnages hauts en couleurs, situations parfois loufoques) a définitivement tourné au drame sur ses deux dernières saisons. Et vu le thème principal (la dépendance à la drogue) il ne pouvait raisonnablement en être autrement, bien qu'on aurait aimé une conclusion si ce n'est plus joyeuse au moins plus ouverte... Mais il y a une chose qu'on ne peut pas nier aux auteurs de la série c'est leur cohérence et leur logique dans l'évolution des situations et des personnages. En ce sens il n'auront pas choisi la facilité en rendant leur personnage principal de plus en plus antipathique au fur et à mesure des saisons. Ni en décrivant les réactions parfois dures et violentes de ses proches à la lente dérive de Jackie (mention particulière à Eddie, le pharmacien un peu badboy sur le retour, qui aura été du début à la fin à la fois simple et touchant, et toujours entier). Tout en gardant des pointes d'humour et même de bouffonnerie par moments, la série est devenue dure à regarder, tant ce qu'on y voit ne fait pas plaisir (cela dit on se plaint assez des happy-ends foireuses à longueur de temps pour ne pas apprécier quand les scénaristes ne nous prennent pas pour des imbéciles !). Mais cette rigueur narrative est tout à l'honneur de la série, et lui permet même à mon sens d'accéder à un niveau supérieur, celui où le divertissement n'empêche pas le réalisme ni la dramaturgie. Et finalement, ce sont ses 2 dermières saisons qui auront fait passer Nurse Jackie d'un statut de "petite" à celui de "grande" série.

Les revenants saison 2 : La première saison avait été une bonne surprise, les séries françaises s'aventurant peu souvent dans les eaux troubles du fantastique "réaliste". Mais malgré le succès public et critique, il aura fallu attendre 3 ans pour voir la seconde saison. Déjà, les personnages enfants ont pris 3 ans alors que dans la série 6 mois seulement se sont passés : premier problème. Mais encore ça, c'est anecdotique, et presque inévitable quelle que soit la série dès lors que des enfants font partie du casting principal. Non, le vrai, le gros problème de cette saison c'est sa narration. La première saison était lente mais pas chiante. Ici on s'emmerde du début à la fin. Des plans de personnages qui regardent dans le vague, la mine contrite, et sussurrent sur le ton le plus morne possible des dialogues absolument indigents, une intrigue truffée d'incohérences et par moment complètement incompréhensible tant les tenants et les aboutissants ne semblent intéresser personne (scénaristes, comédiens et spectateurs de concert), des personnages d'une lourdeur insondable, plus tête-à-claque les uns que les autres... bref cette seconde saison si longtemps attendue a réussi à démolir tout ce que la première saison avait réussi à construire. C'est extrêmement lent, je me suis endormi quasiment un épisode sur deux (je dis quasiment parce que c'était plus que ça en fait), mais surtout et c'est là je pense le plus impardonnable pour cette série qui avait si bien commencé : on se fiche royalement de ce qui arrive aux personnages, tous sans exception. Ça me fait mal de dire ça, mais cette saison est d'une nullité confondante, et si suite il y a (dans 4-5 ans ?) elle se fera sans moi.

Dix pour Cent saison 1 : Série française ayant eu droit à pas mal de promotion et de battage médiatique, Dix Pour Cent s'avère être une bonne surprise sans non plus casser trois pattes à un canard. C'est frais, assez marrant, parfois un peu prévisible, mais surtout malin parce que plusieurs stars françaises y participent et jouent leur propre rôle et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils font preuve de beaucoup d'autodérision pour la plupart (à ce petit jeu, Julie Gayet et JoeyStarr détiennent la palme, mais on peut aussi citer Audrey Fleurot et François Berléand qui n'hésitent pas à se mettre en scène de manière cocasse). La série joue avant tout sur la comédie mais pas que, puisqu'il y a une petite dose de dramatique (avec une relation père-fille illégitime) et même une intrigue plus diluée à base de prise de pouvoir et de jeux d'influences façon Dallas du pauvre. Cependant cela n'en fait pas pour autant une "grande série" mais plutôt quelque chose de plaisant, de drôle et finalement d'assez anecdotique. Mais ça casse le mythe de la série française à la papa, ce que Canal+ est déjà plusieurs fois parvenu à faire du reste, tout en gardant un côté franchouillard indéniable. Le mix est improbable, casse-gueule, mais pour l'instant le pari est tenu et emporté. Donc s'il y a une seconde saison, je la regarderais avec plaisir !

The Office (US) saison 9 : Les séries cultes se terminent à la pelle pour moi en ce moment, celle-ci n'est pas des moindres. Cette comédie a toujours été avant toute chose un immense délire et cette dernière saison n'échappe pas à cette classification. Pour la première fois depuis le début, le scénario joue de la situation de base à fond, à savoir la situation de documentaire auprès des employés de bureau de la société de vente de papier. C'est pourtant le principe même de la série, mais jamais il n'y avait eu d'interactivité entre l'équipe de tournage et les employés de Dunder Mifflin avant cette ultime saison, et le résultat est assez sympathique et permet de renouveler un tout petit peu le canevas du scénario. Cela donne aussi l'occasion de revenir en forme de rétrospective sur ces 9 saisons finalement très riches mises bout-à-bout ! Tous les personnages sans exception sont à leur top pour ce chant du cygne, Rainn Wilson en tête ! Cette fin de série aura été plutôt très bien gérée du point de vue scénaristique, et on a droit à une fin aboutie, très drôle et émouvante à la fois qui n'aura cessé de me faire dire à chacun des tous derniers épisodes "quel dommage que ça finisse !". The Office fait partie de ces séries humoristiques très rares qui auront tenu sur la longueur avec une qualité constante, et aussi bien sur le ton que dans l'écriture, je ne suis pas sûr qu'on en retrouve d'identique de si tôt ! À voir et à revoir (l'ensemble des 9 saisons).

The Visit : Retour sur le devant de la scène (mais par la petite porte tout de même) de celui qui a été un véritable phénomène à ses débuts : M. Night Shyamalan. Déjà la série Wayward Pines avait un peu redoré son blason terni par quelques blockbusters insipides, là c'est un film digne d'une toute petite production (il a coûté dans les 5 Millions je crois) qui sert au réalisateur de marche-pied vers un retour tout en discrétion dans le genre de film qui l'a fait connaître. Tourné façon found footage, le film a un format particulier dont Shyamalan sait se servir mais qui a aussi ses propres limites (et elles sont atteintes ici). Ce qui donne un résultat qui tantôt paraît malin tantôt agace un peu. C'est aussi, cela semble évident, une façon pour le réalisateur controversé de s'amuser avec un genre très usité ces dernières années, en en détournant certaines règles et en poussant la logique du système à son extrême. Mais on ne peut pas nier au film d'avoir de bons moments, très malins, très maîtrisés, et très efficaces. Shyamalan se permet même un petit twist durant le film que je n'avais pas vu venir et que j'ai donc trouvé plutôt réussi (certainement aussi est-ce un clin d'oeil à e qui a fait sa particularité à ses débuts). Petit bémol cependant, le film joue sur deux plans simultanément : l'humour et la peur. Deux concepts qui ont tendance en théorie à plutôt s'annuler que se cumuler vis-à-vis du spectateur. Pourtant Shyamalan tire son épingle du jeu et réussit sur les deux tableaux mais par petites touches, sans éviter cependant certains passages un peu flous où on hésite entre les deux effets... Les comédiens sont de parfaits inconnus, ce qui rend le film plus authentique et colle bien au genre. Dans l'ensemble ça reste un film assez anecdotique, mais ça fait plaisir de voir que Shyamalan sait encore réciter un peu ses gammes sans se prendre systématiquement les pieds dans le tapis comme ça lui est trop souvent arrivé ces dernières années.

Californication saison 7 : cette ultime saison se devait de relever le niveau de la saison précédente bien faiblarde, et surtout avait la responsabilité de finir cette série tout de même géniale sur une bonne note. La mission est plutôt remplie, bien que l'on ne retrouve pas tout ce qui a fait le génie de la série à ses débuts. On sent quand même que malgré ce dernier tour d'honneur les scénaristes arrivent au bout de leurs idées, sans d'ailleurs réussir à éviter certaines redites (7 saisons que Hank et Karen se séduisent et se quittent quand même !). Mais cette dernière saison sauve les meubles, apporte quelques personnages amusants (bien que caricaturaux à l'extrême) et confirme la voix de la rédemption pour Hank. Ce qui du reste n'est pas sans poser quelques problèmes pour les deux aspects principaux de la série : l'humour et le sexe. Hank qui cherche à se racheter et se remettre dans le droit chemin, c'est un Hank qui ne peut plus choper à tour de bras (bien que dans cette saison il est surligné plus que de raison qu'à l'évidence il pourrait choper tout ce qui bouge sans même faire le moindre effort pour ça), et donc un Hank qui génère moins de situation scabreuses et compliquées source d'humour à la Californication. Alors comme dans la précédente saison déjà, ce rôle qui était jusqu'alors dévolu quasi-exclusivement au héros glisse sur le couple Runkle et ceux qui gravitent autour (dont l'impayable Stuart au calcif débordant de vitalité). Bref, c'est un Hank un peu en demi-teinte qui clôt la série, mais pour autant le personnage n'entre pas en contradiction avec celui qu'il fut il y a déjà 7 ans, je dirais plutôt qu'il évolue enfin, de manière assez logique et en accord avec la profondeur de ses sentiments envers Karen. Finalement, cette lenteur dans son évolution nous aura donné d'excellentes saisons de rigolade et de parties de jambes en l'air, et cette dernière saison ne fait que nous rappeler que Californication ce n'est justement peut-être pas que ça. Que Hank Moody ne se résume pas qu'à ça. Mais cela met un terme aux aventures de notre affreux jojo que les femmes aimaient tant détester. Ouais, cette série me manquera !

Sicario : Nouveau film de Denis Villeneuve avec un casting solide et plutôt classe, Sicario démontre une fois de plus le talent et la maîtrise du réalisateur québécois pour poser des personnages et installer une ambiance lourde qui flirte toujours avec le border-line. Chez Villeneuve le bien et le mal ne sont jamais clairement délimités et c'est même plutôt leur chevauchement qui rend ses films très intéressants parce qu'ils nous interrogent sur des valeurs qu'on pense simples mais qui ne s'avèrent finalement pas si aisées à définir vraiment. Son précédent film, Prisoners était déjà de cette trempe et ne pouvait pas laisser indifférent sur ces questions, avec Sicario on a le même type de flou qui englobe les personnages, leurs motivations, leurs buts et leurs façons d'y parvenir. Et puis visuellement c'est carrément somptueux, on passe par plusieurs palettes différentes mais toujours la lumière est parfaite et sert aussi bien le récit qu'elle met en valeur l'action filmée. Emily Blunt est plutôt convaincante dans un rôle assez en retenue, à la fois fragile et dure son uniforme de flic n'a pas l'air trop grand pour elle ce qui ajoute à la crédibilité du film. Et puis si j'ai toujours aimé la gueule de Josh Brolin, c'est surtout Benitio Del Torro qui envoie du lourd dans ce film. Sobre, sombre et implacable tout en gardant une part d'humain, une très belle composition de l'acteur ! Allez pour ne pas faire que des éloges je dirais juste que le rythme aurait pu être un poil plus resserré vers le milieu du film, mais c'est vraiment pour pinailler. Très bon film !

Fear The Walking Dead saison 1 : Uniquement 6 épisodes pour ce spin-off qui débute sur le même format que sa série mère. À la différence de Walking Dead qui débute alors que l'apocalypse et le déferlement des zombies a déjà eu lieu, FTWD montre les tous débuts de l'invasion de zombies, quand ils sont encore peu nombreux et que la menace n'est pas encore clairement identifiée comme telle. Ce qui d'ailleurs donne une impression de lenteur dans les premiers épisodes, accentuée peut-être aussi par le fait que nous spectateurs en savont beaucoup plus que les personnages sur ce qu'il en est réellement. Autre divergence notable d'avec la série principale, dans FTWD les personnages n'offrent pas vraiment d'accroche positive. Tous ont en eux quelque chose qui fait qu'on n'a pas envie de s'identifier à eux : depuis Travis qui exaspère un peu par trop de sollicitude un peu niaise (et à qui il manque un peu de corones jusqu'au dernier épisode) à Madison un peu trop "maîtresse d'école" avec tout le monde, en passant par leurs 3 enfants, de grands adolescents qui méritent surtout des baffes bien plus que notre sympathie. Et c'est valable comme ça pour tous les personnages en fait. Fait exprès ou non, je ne sais pas. Toujours est-il qu'on est moins en empathie avec les héros et ce qui leur arrive et je ne crois pas si ce soit une bonne chose pour une série de ce type. Je regarderai bien entendu toutefois la suite pour voir comment ça va raccrocher les wagons avec la série mère et parce que l'univers développé par Robert Kirkman m'intéresse beaucoup, mais pour l'instant je ne suis pas encore complètement convaincu par ce spin-off. Ah sinon je voulais juste signaler que le proviseur de l'université c'est Danny Boon avec du cirage sur la tronche, bluffant !!

Ray Donovan saison 3 : Ah Ray Donovan, une des séries récentes qui éveille chez moi un intérêt de plus en plus grand au fur et à mesure des saisons ! Ray a toujours autant de mal à régler ses affaires de famille alors qu'il a fait son métier de régler les problèmes, quels qu'ils soient, des personnes riches qui l'emploient. Ses frères lui donnent du fil à retordre d'ailleurs, et si Bunchy avait été au centre de l'intrigue de la saison dernière, cette fois c'est bien Terry qui tire la couverture à lui. Eddie Marsan a hérité là d'un personnage vraiment excellent, très intéressant et bien plus complexe qu'il n'y paraît aux premiers abords. Jon Voight quant à lui garde la grande classe dans son rôle de papy magouilleur à l'ancienne et reste un des points forts de la série. À noter aussi une ou deux scènes inattendues (et réussies) où Liev Schreiber sort de son interprétation monolithique quand Ray se laisse aller à la colère et même aux pleurs. Vraiment cette série m'enthousiasme de plus en plus et j'attends avec impatience la suite !!

Everest : La bande annonce de ce film tiré d'une histoire vraie m'avait fortement impressionné, si bien que j'étais convaincu de voir un grand film d'aventure, blindé d'images fortes et de vues à couper le souffle. Mais sur ce point je suis un peu resté sur ma faim, les images les plus belles et les plus marquantes sont déjà dans la bande annonce. Le film quant à lui est plus un film axé autour de ses personnages, de leurs caractérisations et de leurs motivations. Alors certes il y a quelques passages spectaculaires et grandioses (magnifiques plans de ces ponts de cordes qui se balancent au-dessus d'un vide immense) mais ce n'est pas l'essentiel du film, j'irais même jusqu'à dire que ce n'est pas réellement son propos. Le film aborde plus cette histoire d'un point de vue documentaire que sensationnel. Ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi du reste, mais ce qui est un peu en contradiction avec ce que laisse supposer la bande annonce, d'où une certaine déception de ma part. J'espérais en prendre plein la vue et ça n'a été que très peu le cas. Ne connaissant rien de l'histoire à l'origine du film j'ai donc découvert le destin de ces hommes en même temps que le film se déroulait, et là pour le coup j'avoue que j'ai été surpris des destins des uns et des autres. N'empêche que ce que j'espérais comme un grand moment visuel ne l'a pas vraiment été, je ne peux donc pas m'empêcher d'avoir quelques réserves au sujet de ce film pourtant très bien ficelé au demeurant.

Le Tout Nouveau Testament : Quand on voit la bande annonce du film de Jaco Van Dormael on s'attend à voir une grosse déconnade à l'humour belge savoureux, mais au visionnage le film tire plus sur un mélange de comédie mâtinée de gentils délires et de fable excentrique un peu à la façon de Jeunet ou Gondry. Avec des touches de gravité, une pincée de philosophie et de remise en question voire de critique de la condition humaine, l'ensemble donne un objet filmique assez unique en son genre. Comme ce n'est pas une grosse blague on ne peut pas dire qu'on rit à gorge déployée tout du long, d'ailleurs la part de marrade est quasiment exclusivement réservée à Benoît Poelvoorde qui interprète un Dieu acariâtre, imbuvable et détestable. Ça a toujours été ce qu'il sait faire le mieux : le sale con, pas de raison que cela change parce que le personnage se nomme Dieu hein, et d'ailleurs de ce point de vue c'est une très bonne idée. Mais le Ben est loin de tirer toute la couverture à lui, car bien que "star" du film il n'en est pas du tout le personnage principal. C'est une des forces du film du reste : ses personnages et leurs interprètes. On a droit à tout un aéropage de comédiens (dont pas mal de belges) qui visiblement s'amusent et donnent le meilleur d'eux-mêmes, ce qui apporte hétérogénéité et qualité au film. Le scénario en lui-même, les différentes péripéties et l'intrigue de manière générale passent finalement au second plan, le mieux reste d'apprécier ce film comme un enchaînement de petites saynettes plaisantes. J'avoue avoir été surpris par le film car je m'attendais à tout autre chose, mais son visionnage aura été malgré cela très agréable !

American Crime saison 1 : Débutant comme une enquête sur l'agression  et le meurtre d'un couple, la série dévie bien vite vers autre chose de plus viscéral, et axé sur un fond de critique sociale qui appuie fortement sur toutes les tensions qui existent dans la société américaine contemporaine. Racisme, intolérance, religion, violence, drogue : l'Amérique est dépeinte sous un jour pas très flatteur qu'on n'a pas l'haitude de lui voir. Les personnages sont à l'avenant car pas un seul d'entre eux ne suscite la sympathie, ni ne donne l'envie de s'identifier. Aucun n'est foncièrement mauvais, mais tous ont un côté réellement haïssable. Du coup, le spectateur se tient à distance de ceux qu'il voit, et par conséquent de la sére elle-même. Son thème, son ton et son approche de la civilisation américaine sont franchement intéressants sur un plan analytique et intellectuel, mais sur le plan émotionnel la série manque son coup car elle garde toujours le spectateur détaché de ses protagonistes. Pourtant si on y réfléchit bien, c'est certainement aussi par ce traitement un peu brut de personnages très communs que la série parvient à capter cet aura de réalisme cinglant. Le problème est que la réalité décrite a plutôt tendance à faire fuir... Bref, une série intéressante mais froide, au scénario assez linéaire, pas passionnant bien que maîtrisé, avec des personnages qu'on n'arrive pas à aimer (même quand par moment on en aurait envie) mais interprétés avec énormément de conviction par un groupe de comédiens très talentueux. Et un ensemble qui dépeint un portrait très pessimiste de notre société occidentale.

Mr Robot saison 1 : Après Halt & Catch Fire on reste dans le domaine de l'informatique mais cette fois-ci c'est du contemporain et on glisse dans l'underweb, le monde des hackers et de l'espionnage numérique. Le début de la série est un peu difficile à cerner, le personnage central, Elliot, surdoué mais socialement handicapé rappelle un peu Dexter le côté sanguinaire en moins. Il y a un fond de complot mondial entremêlé avec d'autres intrigues secondaires tournant autour des relations humaines compliquées (Elliot et les filles, Elliot et son père, Elliot et Mr Robot). Et puis toujours, la voix off qui suit les pensées d'Elliot, et qui souligne tant et plus le décalage du jeune homme qui est à la fois complètement immergé dans le monde moderne par son talent informatique mais complètement en dehors des conventions sociales à la manière d'une autiste Asperger. Et puis la série avance et on touche un autre thème : les idéaux des groupes de hackers type Anonymous, l'envie de changer le monde de fond en comble et de le rendre "meilleur", ce qui introduit encore une autre profondeur à la série, sur le ton de la critique sociale. Bref, c'est une série qui touche à de nombreux genres différents, qui est beaucoup plus dense que ce à quoi on pourrait s'attendre, et surtout qui se révèle plutôt réussie sur à peu près tous les plans, et en premier lieu en ce qui concerne l'interprétation avec des comédiens vraiment investis et convainquants (tout particulièrement Rami Malek qui est bluffant). La série connaît un savoureux twist qu'on ne voit venir que très peu de temps avant, et se termine sur une porte ouverte qui donne très envie de suivre une éventuelle saison 2 !!

Halt & Catch Fire saison 2 : La première saison de H&CF avait été une des meilleures surprises parmi les nouveautés de l'année dernière, cette seconde saison confirme et enfonce le clou ! Le thème qui aurait tendance à en faire une série de niche à public pointu et spécialisé (il y est question des pionniers de l'informatique grand public au début des années 80) est en fait transcendé par un scénario astucieux qui met les personnages au centre de tout. C'est de relations humaines, d'ambitions et de passions que l'on parle dans H&CF, avant l'innovation technologique et l'informatique qui y tiennent cependant un grand rôle tout de même. C'est ce qui fait le charme supplémentaire de cette série : voir depuis notre fenêtre de 2015 ce qui fait figure d'innovations incroyables à l'époque (un portable de moins de 7 kg, un disque dur de plus de 10 Mo, etc... !!!), et les idées qui germent doucement dans l'esprit des programmeurs (les jeux en réseau multi-joueurs, la messagerie instantanée, les forums de discussion qui préfigurent des réseaux sociaux d'aujourd'hui,... ) est un des aspects qui me plaît le plus dans cette série. Se souvenir que dans ce passé pas si éloigné que cela (dont j'ai fait partie à mon échelle en tant que môme qui a appris à se servir d'un MO5 au collège et jouait jusqu'à pas d'heure sur son Amstrad CPC 6128) ce qui nous semble aujourd'hui préhistorique était d'une modernité folle et révolutionnaire, c'est à la fois se prendre un petit coup de vieux et en même temps ça permet de prendre du recul sur la folie technologique actuelle, qui paraîtra certainement tout aussi dépassée aux jeunes de la prochaine génération que ce que la série nous montre des années 80. Le quatuor de personnages principaux prend un peu plus d'étoffe encore que dans la première saison, les choses évoluent beaucoup dans leurs vies, et ce retour vers le futur informatique est vraiment une série extrêmement plaisante à suivre. J'espère vraiment qu'une troisième saison verra le jour !

Wayward Pines saison 1 : Ma relation avec le réalisateur M. Night Shyamalan aura connu des (très) hauts et des (très) bas avec les années. C'est simple, ses 4 premiers films sont pour moi cultes (Le Sixième Sens, Incassable, Signes, Le Village). Avec La Jeune fille de l'Eau, bien que le film ait de nombreuses qualités, j'ai un peu moins accroché de par son statut de conte moderne, genre auquel je suis généralement assez hermétique. Et puis est arrivé Phénomènes, qui passées ses 10 premières minutes a été rien de moins qu'une catastrophe. Puis des films à grand spectacle qui ne m'avaient juste pas attiré du tout, et vu leurs résultats au box-office je n'ai pas dû être le seul dans ce cas (Le Dernier Maître de l'Air, After Earth). Il revient avec une série mêlant suspense, touches de fantastique, mystères, et casting assez classieux. Le résultat n'est pas une claque comme l'ont pu l'être ses premiers films, mais tout de même c'est plutôt bon. On a un mélange du Prisonnier et de Twin Peaks pour l'ambiance avec une pointe de Lost pour le côté fantastique. Tout n'est pas parfaitement verrouillé dans le scénario, on peut y déceler l'une ou l'autre petites failles et un certain nombre de questions qui restent en suspens et qui mériteraient certainement d'être approfondies dans une suite, mais dans l'ensemble on a une série originale, intrigante et qui trouve son rythme à partir des 4 et 5èmes épisodes environ (lors du twist qui révèle la vérité sur la ville). Une saison 2 est à l'étude, pour ma part sans y être formellement opposé je trouve que cette saison unique se tient bien et l'issue telle qu'elle est me satisfait plutôt. Cette série n'est pas un hit incontournable mais est de qualité aussi bien du point de vue scénario, mise en scène qu'interprétation. C'est déjà pas si mal non ?

Mission Impossible 5 : Rogue Nation : Bon autant le dire d'entrée de jeu, ma relation à la franchise MI n'a jusqu'ici pas été très positive. Le premier volet m'avait fortement déçu par sa fin abracadabrantesque qui venait ruiner toutes les bonnes choses du début (Brian de Palma quand même !), le second m'a fait l'effet de prendre ouvertement les spectateurs pour des débiles (John Woo et la crédibilité ça fait deux). Au point que cela m'a vacciné d'aller voir les troisièmes et quatrièmes films, malgré certaines critiques plutôt élogieuses. Mais face à une quasi-unanimité dans le plébiscite de ce cinquième film je me suis décidé à redonner une chance aux aventures d'Ethan Hunt. Et je ne le regrette pas. Certes on reste dans un esprit "too much" qui est la marque de fabrique de la franchise, mais là je dois bien avouer que c'est carrément bien fait, aussi bien scénaristiquement que visuellement. On en prend plein les yeux, on conserve une certaine cohérence et on évite à chaque scène spectaculaire le petit dérapage qui ferait basculer le film dans le "trop exagéré" qui avait plombé à mes yeux les deux premiers films. Si je devais garder une scène de ce film, ce serait incontestablement la scène énormissime de poursuite en moto qui est à couper le souffle. Depuis Matrix je ne me souviens pas d'avoir été aussi scotché par une poursuite à moto ! Avec MI5 on a ce que Hollywood sait faire de mieux, du grand spectacle qui parvient à être très impressionnant tout en gardant un aspect réaliste. Je suis loin d'être un inconditionnel de Tom Cruise mais ces derniers temps je dois admettre que le bonhomme gère de main de maître ses projets et sa carrière, à la différence d'un Bruce Willis (par exemple) il aura su conserver sa place de star de film d'action de qualité, MI5 en est une preuve éclatante !

Antigang : Annoncé comme un "Arme Fatale" à la française et doté d'un casting assez prometteur, je me suis laissé tenté par cet Antigang. Bon, c'est plutôt pas mal quoiqu'un peu trop démonstratif par moments. On sent que justement les auteurs ont voulu "faire à la façon de" avec pour modèles quelques buddy-movies alliant humour et action débridée. Du coup parfois ça sonne un peu trop forcé, pour les punchlines en particulier. Mais dans l'ensemble ça reste de très bonne facture, et on a à l'écran ce qui nous était promis. Jean Reno avec son look mi-hipster mi-clochard détonne car on n'a pas l'habitude de le voir ainsi, mais son jeu de gros dur au coeur tendre reste celui qu'on lui connaît. Celui qui sort indiscutablement du lot c'est Alban Lenoir dont la carrière semble enfin décoller depuis cette année. Que ce soit dans son jeu (qui lui permet d'être aussi crédible dans l'humour que dans le drame ou l'action) ou dans ses choix de carrière (plutôt éclectiques et touchant tous les genres) ce type-là me fait énormément penser à Clovis Cornillac à ses débuts. Et j'ai le sentiment qu'Alban Lenoir a tout le talent et le potentiel pour faire une aussi belle carrière que Cornillac, c'est tout ce que je lui souhaite d'ailleurs. En attendant cet Antigang est un bon moment de détente, pas le film de l'année mais une très bonne surprise tout de même.

True Detective saison 2 : Très attendue après le carton surprise de la première saison, la suite part avec un handicap terrible, la comparaison inévitable avec son aînée. Et au jeu de la comparaison on est tenté de dire que c'est moins bien, moins percutant, moins immersif et pour tout dire moins intéressant. Il y a plus de personnages principaux dont certains m'ont semblé superflus (qu'apporte réellement Woodrugh à l'histoire quand on y repense ?), l'intrigue liée à l'enquête paraît trop confuse, les histoires personnelles des personnages font parfois dans le cliché du polar noir un peu trop appuyé, certains décors m'ont paru trop artificiels (l'environnement de Frank en particulier). Mais attention, il y a aussi un certain nombre de points positifs voire très réussis à noter : l'identité visuelle de la série est parfaite (ambiance, tons délavés et mornes, plans d'autoroutes, etc... tout cela apporte une cohérence et une identité très travaillée aux lieux), la thématique de la paternité traverse la série de bout en bout et chaque personnage se débat à sa façon avec, il y a de véritables scènes d'anthologie qui ponctuent certains épisodes (par exemple la fusillade en pleine rue ou encore l'orgie dans le chalet), le personnage féminin de Bezzerides est vraiment atypique et très intéressant (car elle est pour ainsi dire la seule à quitter son état de départ pour évoluer vers autre chose, contrairement à tous les personnages masculins marqués par un déterminisme inéluctable),... Bref, cette saison recèle de très belles choses mais il faut accepter pour en profiter de ne pas se focaliser sur la comparaison avec la saison précédente qui il faut bien le dire, avait plus d'atouts, de richesses et de maîtrise en elle.

Black Mirror saison 1 : Série anthologique de 3 épisodes seulement, Black Mirror tourne autour du thème des écrans et des médias qui sont partout et de leur impact potentiel sur nos vies. Les deux épisodes d'anticipation d'un futur pas si éloigné que ça font froid dans le dos pour une raison évidente : ils sont très crédibles, en particulier le dernier où la majorité des gens sont équipés de puces qui enregistrent et mémorisent toute leur vie. Série britannique oblige, le ton est mordant, parfois cruel, toujours sur le fil entre drame et ironie, et les comédiens sont tous de parfaits inconnus ce qui a pour avantage de donner la part belle à l'histoire. Et cela tombe extrêmement bien puisque la force de cette série, ce sont les scénarios indépendants de chaque épisode. On se retrouve finalement avec trois moyens-métrages vraiment réussis, qui répondent parfaitement au critère d'une anthologie - des thématiques proches, des situations de départ et des réflexions différentes - pour un résultat identique : nous faire réfléchir à ce qui n'est pas si éloigné de ce que l'on connaît dans la réalité, ou en tout cas à ce qui pourrait ressembler à ce vers quoi on  s'acheminerait si l'on poursuivait dans certaines directions... Black Mirror c'est un regard vers l'avenir, mais aussi un reflet de ce que devient l'homme moderne et interconnecté...

Dallas 2012 saison 3 : Cet été je me suis autorisé un petit plaisir coupable avec la 3ème (et a priori dernière, snif...) saison du revival de Dallas. Après avoir écrasé ma petite larme à la mort de Larry Hagman alias JR Ewing la saison passée, je n'attendais pas grand chose de cette nouvelle saison, l'intérêt principal de ce show ayant passé l'arme à gauche. Et puis finalement, Dallas on y revient plus par nostalgie que par goût véritable, mais sans déplaisir. Ça m'a fait le même effet que l'autre jour quand j'ai eu l'occasion de boire du Canada Dry, chose que je n'avais pas faite depuis une bonne vingtaine d'années au bas mot. Pas parce que c'est incroyablement bon, non, juste pour se souvenir de plaisirs anciens qu'on avait oubliés depuis longtemps (et qui pour être parfaitement honnête, ne nous manquaient absolument pas). Alors voilà, la nouvelle mouture de Dallas répond au cahier des charges des grands soaps à l'américaine (dont la première version de Dallas était le porte étendard le plus symbolique du genre). Autrement dit on passe de complots en trahisons, d'histoires d'amour en ruptures ou en tromperies, de guerres des clans en fêtes de familles... avec parfois des rebondissements des plus abracadabrantesques mais on s'en fout, ça fait partie des règles du jeu. Tout le monde est tiré à 4 épingles et semble sortir tout droit d'un défilé de top modèles mais ce n'est pas grave, manquerait plus qu'ils soient moches dis donc. Finalement, j'étais presque triste d'apprendre que cette saison serait la dernière... avant le prochain reboot ?

Les Fant4stiques : Précédé d'un buzz hyper-négatif et par rien moins que les excuses du réalisateur pour le produit fini qui selon ce dernier ne tient quasiment plus de lui puisque la Fox l'a entièrement redécoupé et remonté, le film s'est pris à son arrivée sur les écrans une belle volée de bois vert de la part des critiques. Quant au public, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne se rue pas dans les salles pour le voir. Bien entendu, moi j'y suis allé, histoire de pouvoir en parler en connaissance de cause. Bon, on est loin de la catastrophe intersidérale annoncée. On est très loin aussi du bon film. En fait ça sent effectivement le charcutage éhonté au niveau du montage, à partir dirons-nous de la seconde partie, celle où les personnages acquièrent leurs pouvoirs. Le début m'a l'air encore assez préservé, on y sent en tout cas la patte de Josh Trank (dont j'avais absolument adoré le précédent film : Chronicle). Mais ensuite ça part en live, aussi bien question cohérence de l'histoire que des personnages. Visuellement c'est mi-figue mi-raisin. Pour un Johnny Storm intéressant en Torche humaine et un très chouette rendu des pouvoirs élastiques de Reed Richards, on a une Chose au physique assez impressionnant mais au visage raté, et un Fatalis au design complètement moche dès lors qu'il n'est plus simplement Victor. Plus largement (mais librement) inspiré des Ultimate FF que des Fantastic Four de Stan Lee et Jack Kirby, le film tourne donc le dos aux puristes de Marvel, ce qui ampute dès le départ le film d'un certain nombre de fans potentiels. Et malgré ses (seulement) 1h37, le film trouve le temps de nous ennuyer. Donc au final, on a un film complètement raté sur le plan du reboot, qui passée sa première moitié semble en roue libre, et qui visuellement conserve de gros soucis de design pour certains personnages. Mais je persiste à dire que le film n'est pas la daube du siècle pour autant, je pourrais citer pléthore de daubasses encore bien pires. C'est juste un mauvais film de super-héros.

Ascension saison 1 : Le tout début étonne voire rebute : on s'attend à de la SF et on se retrouve avec une histoire de crime passionnel mâtiné de soap opéra dans l'espace. Et puis la révélation de la fin du premier tiers change tout et donne un nouvel angle de vue sur la situation qui devient tout à coup très intéressante. Le problème est le suivant : il n'y aura pas de suite à cette première et donc unique saison, ce qui est très dommage et surtout nous laisse complètement en plan côté intrigue. La série augmente en intérêt avec les épisodes qui passent, le mystère s'éclaircit par moment pour s'épaissir à nouveau par ailleurs, mais tout cela perd cruellement de l'intérêt quand on sait que cela s'arrête en plein suspens et qu'on ne saura jamais ce qu'il adviendra de cette mission Ascension au final. Le concept de départ est vraiment bien trouvé et original, je ne m'y attendais pas du tout et c'est toujours bon signe d'être pris au dépouvu positivement comme ça, mais quand une histoire est abandonnée en cours de route cela déçoit énormément surtout avec un tel potentiel. Dans ces cas j'ai vraiment l'impression de m'être fait berner et ça me fâche ! et surtout j'ai l'impression d'un énorme gâchis d'idées pour rien à l'arrivée. La seule chose positive que j'en retiendrai donc, c'est d'avoir eu le plaisir rétinien de revoir en action Tricia Helfer (la bombe rouge et blonde de Battlestar Galactica version années 2000).

La Rage au Ventre : Bon je ne vais pas m'en cacher plus longtemps, les films de baston en général et de boxe en particulier, je suis assez client. Quand en plus il y a un casting haut de gamme comme c'est le cas ici, j'en deviens carrément friand. C'est donc avec curiosité et intérêt que je suis allé voir ce film. Et j'en suis ressorti avec un avis contrasté. D'une part ce qu'on nous sert là c'est une espèce de condensé de tous les clichés qu'on peut imaginer au sujet d'un film de boxe. Rien ne manque. Le boxeur hyper talentueux mais vieillissant, la gloire suivie de la déchéance, le coach-mentor à l'ancienne qui enseigne l'art de vivre autant que l'art de boxer, la reconstruction, l'apprentissage d'un nouveau style de boxe, l'entraînement, le parallèle entre boxe et vie privée mais aussi entre boxe et société moderne, la revanche, le surpassement de soi, l'adversaire très fort et très méprisable, les coups bas, etc, etc, je pourrais rallonger la liste indéfiniment. Rien n'est déconnant, mais tout est vu et revu un bon millier de fois, et parfois en mieux (désolé mais pour moi le mètre étalon en la matière est et reste la saga des Rocky de Stallone). En revanche c'est bien fait, les acteurs sont convaincants et en premier lieu Jake Gyllenhaal qui a une présence physique assez impressionnante (surtout pour un comédien dont ce n'est pas le fond de commerce : à cet égard il est plutôt à ranger du côté des acteurs caméléons comme Christian Bale que des acteurs à physique comme Sly ou Jason Statham), et c'est d'ailleurs presque un regret pour moi : le film ne joue pas assez là-dessus et j'aurais aimé voir, comme dans les inénarrables Rocky 3 et 4, des séances d'entraînements sportifs extrêmes et mieux mis en avant, histoire d'enfoncer le clou sur la transformation physique énorme du comédien. Bref pour résumer : très cliché mais très propre, absolument prévisible de bout en bout mais le cahier des charges est rempli avec rigueur. Avec une pointe d'originalité qui le sorte du tout venant du genre, ce film aurait pu être une pépite, là c'est juste un bon film de boxe en plus de tous les autres.

Les Minions : Personnages secondaires des deux films Moi Moche et Méchant, les minions ont en toute logique eu droit à leur film à eux. Je dis en toute logique car ce sont de génialissimes vecteurs de rire et de délire, bien plus que Gru par exemple. Le film des minions est donc dans la lignée : gentiment drôle, d'un humour qui revient aux sources du comique puisque les minions ne parlent pas ou très peu et en tout cas pas dans un langage très évolué. C'est donc la situation, le mime, le visuel qui prime avant tout. Et ça, les créateurs et animateurs des minions savent le faire à la perfection. Ces petites cacahuètes jaunes sont brinqueballées dans tous les sens et dans toutes les situations, et à chaque fois ça fait mouche. Même si on n'éclate pas forcément de rire on se trimballe la banane (banana !!) tout le long du film, c'est sympa, c'est rigolo, ça fait du bien aux zygomatiques, bref : c'est mignon :o)

Husbands : En voilà un que j'avais envie de voir depuis longtemps, pour deux raisons toutes bêtes : le casting et surtout cette photo présente en jaquette du dvd que j'ai instantanément adorée au premier coup d'oeil, ces quatre gugusses, quadras en shorts de bain qui posent en train de bander leurs biceps, visiblement dans une ambiance de vieux potes qui ont un peu picolé autour de la piscine. Et Cassavetes de qualifier son film de comédie sur la vie, la mort, et la liberté. Quel programme ! Allez, je dois bien avouer que j'ai été un peu déçu au visionnage, j'attendais certainement depuis trop longtemps de le voir, j'y avais projeté peut-être trop d'attentes persos. Ils ne sont plus que trois les compères de la photo, justement car leur pote est mort, et ce décès va littéralement les faire partir en vrille, remettre toute leurs vies en question, au point que chacun d'entre eux va se retrouver face à ce dilemme : continuer comme ça ou donner libre court à leur vraies envies, leurs désirs refoulés. En gros c'est une bonne vieille crise de la quarantaine mais portée par un trio d'acteurs qui ont une classe folle : un Ben Gazzara flamboyant, un Peter Falk plein de vie et un John Cassavetes déroutant. Rien que pour le jeu d'acteurs, ça vaut le détour. Et puis, du Cassavetes merde, ça donne un sacré cachet culturel à ce blog nom de dieu. Il n'y a pas que les super-héros dans la vie hein ;o)

Vincent n'a pas d'écailles : si je voulais être mauvaise langue, je dirais que c'est ce qui arrive quand le film français indépendant rencontre le film de super-héros ! Mais je ne suis pas mauvaise langue, tout le monde le sait, donc je vais juste dire qu'on a là un objet cinématographique déroutant et qui sort de ce qu'on a l'habitude de voir. L'histoire met en scène Vincent, un type très ordinaire sauf qu'il a une particularité inédite : le contact avec l'eau le rend "super". Il fait tout en "mieux" quand il est mouillé comme il l'explique lui-même à sa nana, incrédule. Et pour ça je dois dire que j'ai été bluffé et amusé par les effets spéciaux qui mettent en images ses capacités aquatiques, c'était inattendu ! En revanche l'histoire, elle, n'est pas exempte de défauts, de raccourcis, de naïveté et puis un peu aussi d'incohérences. C'est dommage, parce que le caractère austère (voulu j'imagine) de l'histoire et du personnage principal font déjà du film une oeuvre qu'on aborde difficilement, les problèmes de scénario ne font que l'alourdir un peu plus. Je dis que c'est dommage car j'ai tout de même aimé regarder ce film qui sort des sentiers battus. Son thème et son traitement sont une vraie marque d'originalité que j'ai appréciée. L'essai n'est donc pas transformé, mais je reste partant pour voir la prochaine tentative, j'ai détecté assez de potentiel et d'aspects positifs dans ce film-ci pour espérer de l'amélioration sur un éventuel prochain film de la même veine.

Final Girl : Alors dans ce film on se situe quelque part entre le film de chasse à l'homme et le rape & revenge. Sauf que le réalisateur (et le scénariste ?) a voulu filmer ça à la façon art & essai, avec un décor minimaliste et des éclairages très particuliers, ce qui donne au tout une ambiance baroque et l'impression que le film se cherche sans arrêt une identité propre. En gros un groupe de jeunes gens (très inspirés d'Orange Mécanique dans la caractérisation et la motivation des personnages) s'amuse à chasser et tuer en forêt des petites nanas que le Don Juan du groupe embobine. Sauf que pour le coup, ce sont eux qui sont pris en chasse par une jeune femme entraînée (on ne sait pas pourquoi ni par qui réellement) à tuer et survivre dans les conditions les plus dures. Et là on est à la limite d'un autre genre, le slasher movie. Franchement ça aurait pu être pas mal, mais ça ne l'est pas. Trop référencé d'une part, trop fouilli d'autre part, et surtout un peu trop n'importequoiesque à l'arrivée. Le seul intérêt là-dedans c'est de voir la petite Abigail Breslin (la mimi gamine boulotte de Little Miss Sunshine !!) dans un rôle de psychopathe à la Hit-Girl, le second degré en moins. Et on va dire poliment que ça n'est pas très convaincant tout ça. Bref, à éviter.

The Fall saison 2 : On reprend là où on en était resté à la fin abrupte de la première saison, et si on pense à un moment donné que le rythme va s'accélérer, en vérité il n'en est rien puisque le jeu du chat et de la souris entre le tueur et la flic va continuer sur le même tempo, c'est-à-dire plutôt lent et mesuré. La qualité cependant reste au rendez-vous, l'opposition des caractères des deux principaux protagonistes continue d'être très bien traitée. Il y a quelques passages un peu gros, mais dans l'ensemble ça se tient quand même très bien. Mon regret est que la série ne finisse pas sur cette bonne note et se prolonge sur une troisième saison qui devrait cette fois clore la série. Un peu peur que cette troisième saison soit de trop, mais pour l'instant les deux premières ayant été de bonne qualité, on va espérer que les scénaristes sachent garder le cap et proposer quelque chose de cohérent et valable pour la suite.

Ant-Man : Voilà un personnage qui n'est pas des plus connus de l'écurie Marvel qui arrive sur grand écran. Pourtant il s'agit historiquement de l'un des plus anciens puisqu'il fait partie des membres d'origine des Avengers. N'empêche, tout comme Les Gardiens de la Galaxie avant lui, rien ne laissait supposer qu'on le verrait aussi rapidement dans un film solo. Et tout comme les GdlG, il a visiblement bénéficié d'un traitement un peu plus "libre" que ces illustres collègues vengeurs. Moins sérieux, plus potache, le scénario fait la part belle à l'humour, et force m'est de constater que ça marche plutôt bien. Ce qui n'empêche pas que les scènes d'action soient particulièrement réussies, grâce à des effets spéciaux vraiment bons et originaux qui ont su tirer le meilleur parti des capacités surhumaines de Ant-Man. Le jeu incessant des différences d'échelles et de changements de taille rend extrêmement bien à l'écran et donne l'occasion de se faire plaisir sur des scènes vraiment bien pensées et réalisées. Bien entendu le méchant de l'histoire est un peu light, tout comme l'intrigue semi-amoureuse qu'on sent à des kilomètres à l'avance. Alors certes Ant-Man s'avère prévisible dans son ensemble, mais c'est surtout son humour et ses effets qui parviennent à surprendre malgré tout, ce qui au final est très positif, et rend le film bien sympathique !

The Fall saison 1 : très courte saison en 5 épisodes dont la fin de saison n'en est pas une (puisqu'elle ne boucle absolument rien, et ressemble plus à un cliffhanger de fin d'épisode que de fin de saison). Personnages très bien construits, scénario classique mais élaboré avec soin (et une certaine lenteur dans le propos), la série laisse monter doucement la tension sans jamais rien relâcher, ce qui tranche fortement avec l'ambiance glauque générale et le rythme très lent de l'ensemble. Pour l'instant le seul bémol que j'ai sur cette série, c'est l'intrigue secondaire qui semble greffée un peu artificiellement sur la première et dont on ne comprend pas véritablement l'intérêt si ce n'est de rallonger un peu la sauce par une enquête mineure sur le meurtre d'un flic. On se doute bien que cela pourrait amener son lot de révélation inattendue au final mais pour l'instant la connection avec l'enquête principale est ténue voire quasi-inexistante (si ce n'est un peursonnage en commun mais presque inexistant pour l'instant : le mari de la première victime). Du coup si cela s'avérait exact comme supposition, cela me semblerait un peu trop décalé et extérieur à la confrontation de personnalités jusqu'à présent très réussie entre la commissaire Stella Gibson et le tueur Paul Spector. J'attends de voir comment tout cela va se décanter en saison 2, en espérant ne pas être déçu après cette première saison de très bonne qualité !

Sense 8 saison 1 : Les Wachowski c'est un peu comme le grand huit, on ne sait jamais à quoi s'attendre : ça peut monter très haut (Matrix, Cloud Atlas) comme ça peut descendre très bas (Jupiter Ascending). Leur série est à leur image : changeante, protéiforme, capable du meilleur comme du pire. On retrouve dans Sense 8 tout ce qui fait qu'on peut aimer ou détester les Wachowski. Les exubérances, les idées de génie, les atermoiements sans fin, leurs obsessions sexuelles et identitaires, un rapport à l'image lumineux, un soin particulier apporté à l'environnement sonore, une narration adulte qui navigue entre complexité et ellipses, entre clichés éculés et passages inattendus sans pour autant perdre le spectateur... Le recours à des comédiens avec beaucoup de charisme mais encore peu de notoriété joue en faveur de la série, tout comme l'apport substantiel, remarquable et remarqué de JM Straczinski au scénario et de Tom Tyckwer à l'image et à la bande son. Le rythme est assez lent, surtout au départ, mai sc'est assez compréhensible par le thème même de la série : 8 personnages, 8 lieux et 8 situations à développer en parallèle en plus d'un fil rouge les reliants tous entre eux, ça fait beaucoup d'arcs narratifs à gérer en même temps, d'où un démarrage long et un peu poussif il faut bien le dire. Mais ça s'améliore avec les épisodes qui passent, au fur et à mesure qu'on s'attache aux personnages qui se dévoilent de plus en plus, et les liens qui se tissent entre eux deviennent vraiment très intéressants passés la première moitié de la série. Et les Wachos arrivent à créer des scènes en équilibre précaire, entre virtuosité et grandiloquence comme celle assez incroyable du concert classique associé aux naissances des différents protagonistes : fou mais génial. Évidemment cette première saison appelle fortement une suite, j'espère qu'elle saura garder les qualités (indéniables) et évacuer les défauts (indéniables eux-aussi), en tout cas j'en serai pour voir où tout cela va mener...

Orange is the new Black saison 3 : le retour des taulardes de Netflix se fait dans une forme et un ton un tout petit peu différents que lors des deux premières saisons. L'histoire est beaucoup moins centrée sur un ou deux personnages mais fait la part belle à chacune le temps d'un ou deux épisodes. Du coup la dynamique change, certains épisodes sont plus forts que d'autres (mes préférés sont clairement ceux consacrés à Joe Caputo et Big Boo) et surtout la trame de fond se voit modifiée : il n'y a plus d'intrigue majeure qui sert de fil rouge dans la saison mais de plusieurs sous-intrigues à la place. Leurs importances étant moindre on a moins l'impression d'une montée en muissance du climax comme lors de la confrontation Red/Vee de la saison précédente par exemple. L'avantage c'est qu'on peut ainsi découvrir et approfondir de nombreux personnages jusqu'alors secondaires voire très secondaires, et souvent ce sont de bonnes surprises. L'inconvénient c'est qu'au bout de la saison on a l'impression que peu de choses ont évolué et que les cliffhangers du dernier épisode arrivent un peu comme ça, juste histoire de dire "ne ratez pas la prochaine saison !" mais un peu sortis du chapeau. En tout cas de par les thèmes abordés (religion - capitalisme - famille principalement), cette série est et reste très intéressante grâce au sympathique mix à la sauce Jenji Kohan : humour + fait de société dérangeant qui fonctionnait déjà à plein tube dans Weeds. Vivement la saison 4 !

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Published by Stéph