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  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

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Quand je cause d'un film, je fais souvent des articles plutôt longs, et pas toujours en phase avec l'actualité du moment. Dans cette page d'avis vite dits je me propose de faire exactement l'opposé : quelques mots rapides pour donner un avis sur ce que je viens de voir. Certains films feront peut-être par la suite l'objet d'articles plus complets, ou pas. Cette page est donc mise à jour en même temps que l'encart "Vu récemment" qui pointe vers elle...

Deadwood The Movie : Alors là ! Qui l'eut cru ? HBO s'est enfin décidé à donner une suite (et une fin) à sa série laissée en plan après une terrible montée en puissance au cours de sa troisième saison en 2006 et qui a frustré toute sa communauté de fans (dont je suis) lors de son annulation inattendue. 13 ans après, Deadwood revient pour conclure en un long téléfilm l'histoire en cours. Alors ce n'est pas une suite directe aux événements de la saison 3, puisque l'histoire reprend en respectant le laps de temps qui s'est écoulé, soit une dizaine d'années plus tard. Mais ce qui est très appréciable et surtout remarquable c'est la présence du casting d'origine au grand complet, jusque dans les seconds rôles et "petits" personnages (à l'exception évidente de Powers Boothe, décédé en  2017). À mon sens cela témoigne de l'amour des comédiens pour cette série puisqu'ils ont tous signé des deux mains pour cette suite, alors que j'imagine que regrouper un casting aussi nombreux 13 ans après n'a pas du être aussi simple du point de vue des agendas des uns et des autres... Forcément le format imposé par un téléfilm de 2 heures n'est pas en parfaite adéquation avec les habitudes narratives et la façon de raconter une histoire qu'avait développées la série en son temps, on sent le manque de temps de manière assez nette bien que le David Milch fait tout son possible pour conserver l'ADN narrative de sa série. Le problème c'est qu'il y a tant de personnages, et qu'on est si content de les revoir, qu'on aimerait avoir plus de temps pour connaître les développements propres à chacun pendant toutes ces années "éludées", on aimerait les revoir plus longtemps à l'écran, or ce n'est matériellement pas possible... Ce qui crée d'ailleurs une certaine frustration mêlée au plaisir de le retrouver à l'écran : avoir attendu si longtemps pour les revoir si peu de temps... Si la déception de la montée en pression de la troisième saison qui n'a débouché sur rien restera indélébile, avoir une suite et une fin digne de ce nom, bien que forcément un peu déconnectée de ce qui a précédé par le hiatus temporel, reste inestimable pour tous ceux qui ont tant aimé Deadwood. Je me demande même d'ailleurs, si HBO n'aurait pas laissé une porte entrouverte à un possible redémarrage de la série pour plus tard (l'introduction d'un nouveau personnage féminin entre autres m'est assez incompréhensible en-dehors de cette perspective, il y avait déjà tant à faire avec les anciens !). N'oublions pas qu'avec l'arrêt de Game of Thrones et le succès en demi-teinte de la série de prestige Westworld qui devait reprendre le flambeau de tête de gondole chez HBO, la chaîne câblée est en recherche de nouveaux hits, et l'engouement autour de Deadwood ne s'est jamais essoufflé malgré les années (la série a été arrêtée non pas par manque de succès, mais à cause de son prix jugé trop élevé, exactement comme une autre série événement de l'époque : Rome). Bref, si ce téléfilm n'est bien entendu pas aussi puissant que put l'être la série, qu'est-ce que ça a fait du bien de revoir tous les personnages de Deadwood se remettre encore une fois sur la gueule dans la poussière de la ville de prospecteurs d'or... et du coup, forcément, on en veut encore !

American Gods saison 2 : Avec American Gods c'est un des chefs d’œuvre de Neil Gaiman qui est adapté à la télévision. Cette seconde saison est arrivée avec du retard car elle a connu pas mal de soucis en amont : show-writer remercié, une partie du casting qui est parti avec lui (dont une tête d'affiche : Gillian Anderson), retards de tournage, réécriture en cours de route... rien qui ne laissait présager de trop bonnes choses. Au final cette saison n'est pas la catastrophe qu'on pouvait craindre, en revanche elle est loin de donner totale satisfaction ! Faut dire que l'histoire, les thèmes abordés et l'ambition du show sont un peu plus complexes que le tout venant qu'on peut croiser à la télévision américaine. Mais on a aussi déjà vu plus subtil et mieux mis en image... Je vois deux principaux problèmes que la série n'a toujours pas réussi à résoudre au cours de cette seconde saison et qui répète donc les défaillances de la première : un vrai souci de rythme (je n'ai rien contre les épisodes longs ni la narration qui prend son temps, mais quand on perd le fil et qu'on a tendance à piquer du nez c'est qu'il manque quelque chose à l'écran !) et un manque crucial : les enjeux ne sont pas clairs, les personnages vont où et font quoi et pourquoi ? C'est flou (volontairement parfois, mais pas toujours on dirait) et ça c'est fatal. Pour qu'on s'intéresse à une histoire il ne suffit pas toujours d'avoir de bons personnages et de bons comédiens (et pour ça, American Gods est très bien servie, rien à redire), il faut aussi qu'on connaisse (à défaut de les comprendre) les motivations des héros, sinon on est condamné à subir des scènes sans en comprendre le sens ni la vocation narrative, et à force ça peut amener à se désintéresser de la série. Heureusement quelques personnages tirent l'ensemble vers le haut, dans cette saison c'est le cas tout particulièrement de Mad Sweeney qui est le seul qui connaît une vraie progression dans son évolution. Les autres n'ont pas beaucoup avancé... Connaissant le roman d'origine, je garde espoir pour que la troisième saison trouve enfin un rythme de croisière satisfaisant et fasse décoller le show au niveau où il devrait être, car il y a un tel potentiel à l'écran que je ne peux pas croire qu'on va en rester là.

Black Mirror saison 4 : La série anthologique est passée chez Netflix pour sa quatrième saison, et formellement on voit clairement que le budget est au rendez-vous. Pour les scénarios c'est une autre affaire. Non pas que cette saison soit mauvaise, mais je l'ai trouvée moins impactante, moins marquante que les précédentes. Peut-être parce qu'elle vise moins l'humain que la pure SF. En effet, seuls deux épisodes traitent vraiment des dérives de la technologie sur nos relations aux autres : il y a d'abord Darkangel où les parents peuvent greffer un module de contrôle parental dans le cortex de leur enfant et qui fait d'autant plus froid dans le dos que les motivations sont au départ pavées de bonnes intentions. Il y a aussi Hang the DJ, épisode dans lequel on aborde les relations amoureuses par le biais des rencontres en ligne poussées à l'extrême : un algorithme décide pour vous quel doit être votre partenaire et pour combien de temps avant de trouver enfin "le bon". Pour le reste on est plus dans la SF pure, la technologie n'est qu'un point d'entrée pour une narration plus classique. J'ai bien aimé l'USS Callister qui est une mise en abyme des jeux en ligne mais reste avant tout un bon gros délire plus qu'une profonde réflexion sur ce qui fait de nous des humains ou sur l'influence de la technologie sur l'humain. Metal Head est un survival plutôt bien foutu, mais qui s'éloigne franchement du thème, ainsi que Crocodile qui s'avère être un engrenage où on va toujours plus loin dans l'horreur pour se sauver alors qu'on ne fait que s'enfoncer, encore une fois très peu de liens avec le thème principal de la technologie qui viendrait interférer avec l'humain puisque le personnage principal ne vrille pas à cause de la technologie mais par pur égoïsme, la situation de départ le soulignant bien. Quant à l'épisode final du musée il reprend des points précis de chaque épisode, et les agence de manière à monter une nouvelle intrigue, plutôt pas mal d'ailleurs. La qualité générale reste très appréciable, mais je trouve dommage que le thème de la technologie qui influe et change l'humain soit moins présent dans cette saison. On est du coup moins dérangé, et donc moins touché par certains épisodes. J'attends de voir à quoi va ressembler la cinquième saison, elle aussi produite par Netflix...

X-Men : Dark Phoenix : Seconde adaptation de l'histoire du Dark Phoenix (en résumé la version surpuissante et maléfique de Jean Grey) dans la franchise X-Men, après un X-Men 3 : The Last Stand qui avait été une déception pour la plupart des fans. Franchement, je n'ai pas trouvé celle-ci bien meilleure. Cela tient en premier lieu en ce qui me concerne à la personnification de Jean Grey : interprétée par Sophie Turner auréolée de son rôle dans Game of Thrones, je trouve cette actrice assez insipide et très largement surcotée. Son personnage ayant été très discret dans le précédent film il devient ici central alors qu'on ne le connaît quasiment pas, et surtout alors qu'on ne s'y est absolument pas attaché auparavant, du coup ce qui lui arrive et la portion dramatique du film ne prend pas vraiment. On s'en fiche un peu, d'autant qu'on a déjà plus ou moins vu ça dans X-Men 3. L'histoire est traitée assez basiquement en fin de compte (un coup elle est gentille et fragile, un coup elle est très très méchante et toute puissante), et on se demande bien quelle est la plus-value de cette nouvelle version de l'histoire du Phoenix (qui est un must de la version comics des X-Men, une des sagas qui aura marqué profondément les lecteurs en son temps). Pourtant le casting est au rendez-vous avec une tripotée de têtes d'affiches qui à eux seuls devraient éveiller l'intérêt. Mais quand on voit ce qui est fait de Jessica Chastain, censée être la grande méchante de l'histoire et qui est totalement lisse, sans profondeur, dénuée d'intérêt et dont les motivations sont à peine survolées et nous laissent totalement froids. Dire qu'elle était d'abord envisagée comme un personnage proche de la reine des Shi'ars du comic book, on mesure l'ampleur du gâchis. Caster une actrice de premier plan pour lui faire faire ça, c'est juste incompréhensible. Sinon Cyclope est encore et toujours inconsistant ce qui est encore et toujours ultra-décevant quand on connaît le personnage de papier. S'il y a bien une chose qui ressort du film c'est la sensation d'une fin de cycle bouclée par le film de trop. Tout le monde sait depuis le rachat de la Fox par Disney que les X-Men vont être tôt ou tard rebootés alors pourquoi se prendre la tête à développer des personnages et raconter quelque chose d'intéressant avec des enjeux forts ? J'aurais beaucoup aimé que les X-Men s'offrent dans ce contexte un chant du cygne comme on a su le faire pour Wolverine dans Logan, ça aurait eu du sens et du panache, mais là on en est très loin, et c'est bien dommage. La saga X-Men version Fox s'achève sur un film tiède et sans envergure alors qu'il y avait les ingrédients pour en faire quelque chose de mémorable à défaut de définitif.

Good Girls saison 1 : L'histoire de 3 amies, madame-tout-le-monde, mères de famille, qui se retrouvent simultanément et pour des raisons diverses avec un gros besoin d'argent... et qui décident de braquer la caisse d'un supermarché pour résoudre leurs problèmes d'argent ! Le coup a l'air facile, et elles ne se débrouillent pas si mal malgré leur inexpérience, mais les choses vont cependant rapidement se compliquer car on ne peut pas penser à tout... C'est plutôt drôle et frais, il y a des rebondissements très réguliers, chaque résolution d'un problème se solde par de nouvelles complications, le trio d'actrices est plutôt hors-normes (ce ne sont pas vraiment les profils des petites bourgeoises façon Desperate Housewives) et le rythme est soutenu durant toute cette première saison. Bonne surprise que cette série, j'enchaînerai certainement avec la seconde histoire de voir où tout cela nous mène, mais pour l'instant c'est très plaisant.

Better Call Saul saison 4 : Série spin-off de Breaking Bad, il est clair que Better Call Saul n'a pas la même aura ni la même puissance d'attraction que son aînée. Mais elle a pourtant un indéniable côté attachant qui fait qu'elle reste chaque année un excellent rendez-vous, un incontournable. Parce qu'elle parvient à conserver une part de la folie de Breaking Bad, en tout cas pour ce qui concerne l'aspect comédie. Pour la part dramatique les enjeux sont évidemment différents et moins graves dans Better Call Saul, encore que l'arrivée récente de Gustavo Fring et la présence toujours charismatique de Mike assure un regain d'intérêt de ce côté de l'histoire. La narration semble rapprocher Jimmy de plus en plus près des conditions d'existence dans lesquelles on l'a connu dans Breaking Bad, aussi je me demande quelle longévité aura encore la série. Il y aura une cinquième saison c'est sûr, mais peut-être sera-t-elle la dernière. En tout cas ça reste toujours un plaisir de se replonger dans l'univers si particulier d'Albuquerque et de ses environs, sa pègre locale et ses avocats. Je suis curieux de voir ce que l'avenir réserve à Jimmy et Mike et de quelle manière va s'opérer la jonction avec la temporalité de Breaking Bad. Vivement la prochaine saison !

Spider-Man : New Generation : Basé en partie sur des personnages issus du récent et génial crossover papier Spider-Verse, cet animé des studios Marvel introduit Miles Morales, le nouveau Spider-Man, métis Afro-américain et porto-ricain. J'ai moyennement accroché à la version papier introduite voici quelques années par Brian Michael Bendis, étant certainement trop attaché à la version historique du personnage de Peter Parker. Mais là j'avoue que la version animée est vraiment très chouette et très réussie. Il y a de l'humour, il y a des références évidemment à l'univers (ou plutôt devrais-je dire au multivers) Marvel ce qui pour moi est toujours une qualité à laquelle j'attache de l'importance. Il y a des enjeux, du suspense et une galerie de personnages bien utilisés et qui fonctionnent bien dans le contexte de l'histoire. Surtout on sent la volonté de placer quelques éléments qui pourraient servir de base à une éventuelle suite ou même un développement plus large de cet univers mis en place avec le film. Ce qui m'a étonné c'est à quel point j'ai été pris dans le truc alors que justement je ne suis pas un grand client de Miles Morales comme personnage de comics. Et j'ai remarqué aussi à quel point ce film a super bien marché auprès de mes gamins qui en sont devenus instantanément fans, le fameux "Weeeessshhhh" avec touché d'épaule ayant été directement adopté comme réplique culte par eux :-)  . Très conseillé, à voir absolument !

 

Mr Mercedes saison 1 : Cette adaptation d'une nouvelle de Stephen King est plutôt réussie et efficace. Parmi ses atouts, le casting indubitablement. Que des seconds couteaux, des gueules. Et puis à la réalisation c'est plutôt malin : de bout en bout on est pris par l'intrigue et le suspense, ce duel à distance entre le vieux flic bourru (et bourrin) à la retraite et le jeune tueur en série à la gueule d'ange et au mental très dérangé est vraiment intéressant. La confrontation est autant celle des styles, des caractères, que des générations. Le nihilisme du génie en informatique contre l'obstination auto-destructrice du vieux de la vieille donne de bonnes scènes. C'est l'énième histoire du flic qui traque un tueur en série, mais c'est fait avec une certaine originalité (pour autant que le genre le permette encore), une belle rigueur et l'ensemble s'avère très efficace. Je suis plus circonspect à l'idée d'une seconde saison, celle-ci se tenant parfaitement bien seule, mais je jetterai un œil tout de même. Saison 1 validée et conseillée !

Game of Thrones saison 8 : Alors voilà, la huitième et ultime saison est arrivée. 7 saisons qu'on nous dit "Winter is coming", cette fois il est là. Ce qu'on attend avec beaucoup d'impatience et d'espoir a toujours de plus grands risques de décevoir. C'est ce qui s'est passé en partie avec cette dernière saison de GoT. Tout va trop vite, alors qu'on se traîne pendant les 5 premières saisons et même pendant les 2 premiers épisodes de cette saison. Tout à coup les choses s'accélèrent, et pas toujours pour le mieux. Les marcheurs blancs, tout le monde se fait dessus  à leur sujet depuis 7 saisons, là en 1 épisode tout est réglé. Et quasiment aucun personnage principal n'est affecté, tous s'en sortent plutôt bien. Étonnant de la part de cette série qui nous a habitué à tailler dans le vif, envers et contre toute attente des fans. Le plus gros problème n'est même pas que la menace majeure soit éliminée en un épisode selon moi, c'est la manière dont c'est traité. Le troisième épisode, où se joue donc la grande confrontation entre les morts et les vivants, est complètement raté sur plusieurs points. D'abord on nous vend cette bataiulle comme le plus gros truc jamais vu à l'écran. Sauf qu'on ne voit rien. Il fait nuit noire. Il y a un brouillard de tous les diables. Et le cadreur est clairement atteint de Parkinson. Au total on ne voit rien, on ne comprend pas grand chose à ce qui se passe, l'action est totalement illisible, et moi ça m'a carrément gonflé ce niveau de foutage de gueule. L'épisode se veut sombre et flippant, moi je l'ai trouvé obscur et frustrant. Et puis tout à coup c'est fini, en un coup un seul une gamine haute comme trois pommes règle son compte au méga boss de fin qui se la raconte pendant 7 saisons, et avec lui décime son armée entière. Bon ben voilà, Winter est venu, on l'a pas bien vu, et il est repartu. Naze. La suite, c'est évidemment la lutte pour le trône de fer : beaucoup de gens ont râlé sur cette affaire, franchement ça m'a beaucoup moins gêné que l'histoire des marcheurs blancs. Que Daenerys parte en vrille ça peut se tenir, qu'elle se fasse trouer la couenne par un Jon Snow tout énamouré pourquoi pas là aussi, mais tout cela aurait mérité d'être développé un peu plus sur la longueur, que les tenants et aboutissants ne soient pas juste survolés comme ça en quelques mots et scènes, ça aurait apporté de la profondeur et aurait été bénéfique à l'ensemble. Idem pour l'accession de Bran au trône. Alors que c'est plus qu'un outsider pour le trône, Tyrion l'impose en 5 minutes et un seul speech et ça passe crème. L'idée de Broken Bran sur le trône de fer (qui n'existe plus d'ailleurs) n'est pas si nulle que ça je trouve, mais là encore, ça arrive là comme un cheveu sur la soupe, et ça n'est pas très crédible fait de cette manière. Le seul truc que je trouve vraiment indéfendable scénaristiquement parlant c'est la sécession du Nord alors que tout les autres acceptent un Stark comme roi. Que Sansa veuille être reine j'ai bien compris depuis longtemps son niveau d'ambition, mais il y a incohérence : les autres Lords ne peuvent pas accepter de faire allégeance à un Stark, et que le Nord des Stark restant fasse en plus de ça sécession, ça n'a aucun sens, aucune logique politique. Bon bref, voilà, Game of Thrones c'est terminé. Je ne trouve pas absolument mauvaise cette conclusion, en revanche j'ai trouvé très mauvaise la saison et le développement narratif qui a mené à cette conclusion. L'impression de travail bâclé sur la fin, tellement en décalage avec ce qui s'est fait précédemment, qui est le marqueur fort de cette série et l'origine selon moi de son succès. Fin en demi-teinte donc pour moi.

Black Mirror saison 3 : Black Mirror s'affirme de saison en saison comme un petit bijou dans le domaine des anthologies (malgré des différences de niveau, aucun épisode n'est mauvais, tous ont un intérêt et un discours intéressant) et plus particulièrement dans les thèmes que la série aborde, l'homme et son rapport aux nouvelles technologies. Étant très sensible aux thèmes du trans et posthumanisme, je trouve dans cette série du grain à moudre et surtout matière à réflexion ! On aborde aussi beaucoup les effets (souvent catastrophiques) des réseaux sociaux sur les individus et la société. On aborde les réalités virtuelles et les modifications de perception de la réalité, et c'est également saisissant. On parle évidemment d'intelligence artificielle en arrière plan, et c'est toujours fait avec beaucoup de pragmatisme, de lucidité et d'intelligence. Il est question de vie privée et de vie publique, d'image idéale de soi, de monde virtuel et de monde réel qui souvent se mêlent et se confondent, d'écologie un peu aussi au passage, et même de vie éternelle par le truchement de la réalité virtuelle et de la dématérialisation des esprits qui ne sont plus enchaînés à l'enveloppe corporelle. Bref c'est très riche en concepts, en anticipation mais aussi et c'est là que ça fait réfléchir encore plus (et que ça fait peur aussi), en approfondissement de ce qui existe déjà et évolue si vite qu'il nous est difficile de comprendre clairement toutes les implications associées... Black Mirror c'est très malin, très intelligent, très lucide, et plus d'une fois ça fait froid dans le dos. Parce que ça ne parle pas d'un futur lointain mais de demain matin, voire d'hier soir... Et puis toujours un casting impressionnant. À voir absolument.

Wayne saison 1 : Dans la veine de The End of the F***ing World, avec un peu plus de trash et de délire à base de bastons et d'effusions de sang, ce Wayne s'avère assez inattendu et surprenant. Naviguant entre le nihilisme et le romantisme (si si, c'est possible) on ne sait jamais exactement où se situe la série et vers où elle va mener, ce qui justement nourrit tout du long cette sensation d'être toujours pris de court et surpris par les événements. C'est plutôt bien vu finalement et ça permet à la série de ne pas sombrer dans la facilité et de rebondir sans cesse alors que le pitch de départ semble pourtant assez simple et limité. Ça se regarde bien, ça n'appelle pas forcément de suite, c'est drôle et un peu provoc, sans être révolutionnaire pour autant. Le format court sied à merveille à ce type de scénario.

Into the Badlands saison 2 : La saison 2 de Into the Badlands avait pour objectif de confirmer la bonne surprise qu'avait été la première saison, tout en essayant de renouveler l'intérêt en introduisant de nouvelles intrigues et en développant un peu plus la mythologie de la série. Objectif seulement en partie atteint à mon avis. L'intérêt s'avère moins grand que dans la première saison, sur le fond on a surtout une reprise de ce qui a marché dans la première saison mais sans réel renouveau, jusqu'au méchant qu'on croyait éliminé, tout le monde est de retour et se joue la seconde manche sur le mode "revanche". Bon, c'est finalement banal comme situation pour une série que de surfer sur ce qui a fait son succès au départ, le problème c'est que cela ne tient pas que de la répétition,c'est que c'est un chouïa moins prenant que la première fois. On a non seulement déjà vu ça en mieux, mais qui plus est l'effet de surprise n'est de fait plus là. Bref, en dehors de quelques passages sympas, où ça découpe un peu à tout va sur le mode "exagération et décomplexion maximales", le reste est très formaté et assez attendu, on fait plus de sur place qu'autre chose. Cette seconde saison n'est donc pas à la hauteur de la première et ne réitère pas la bonne surprise de l'année passée. À voir comment les choses vont évoluer dans la troisième et dernière saison, mais pour l'instant la pente suivie est un peu glissante.

Avengers Endgame : Alors voilà enfin la conclusion tant attendue de tout l'univers cinématique Marvel depuis le premier Iron-Man sorti il y a 11 ans. Et la suite directe du Avengers Infinity War de l'an passé. Il y a des tas de choses à en dire. D'abord le sentiment dominant après visionnage : la déception. Logique en un sens : il y avait tant d'attentes autour de ce film... En fait, en terme de spectacle, de surprises et d'émotions, Endgame se situe bien loin de Infinity War. C'est du reste là son plus grand problème : pas un mauvais film en soi, il souffre pourtant gravement de la comparaison avec son prédécesseur. Il n'y a pas le même souffle, la même dynamique, la même grandeur, la même émotion, le même enchainement trépidant de personnages et de scènes d'anthologie qu'il y a eu dans Infinity War. D'où la déception, inévitable. Pourtant ils sont tous là, et même un peu plus au total que dans le film de 2018, mais la majorité semblent être là en tant que figurants, et finalement ne servent à pas grand chose, voire rien du tout pour certains d'entre eux. Le film se resserre autour des Avengers d'origine et tous les autres sont relégués aux oubliettes. C'est un choix, et ça aurait pu fonctionner (d'ailleurs ça marche même plutôt bien sur un certain nombre de scènes et de storylines), mais ça manque d'envergure au final. La plus grosse réussite du film précédent, à savoir Thanos, est cette fois totalement mis en arrière plan ce qui est incompréhensible et laisse un véritable sentiment de gâchis par rapport au personnage si riche présenté dans Infinity War. Seule Nebula existe un peu, mais elle n'a pas le charisme ni l'envergure du Titan Fou, du coup on se fiche un peu de ce qui lui arrive. Quant à Captain Marvel, c'était bien la peine de teaser son arrivée ainsi à la fin du film précédent et de la décrire comme le personnage le plus puissant du Marvelverse si c'était pour en faire ce qu'il en a été fait dans ce film. Cependant tout n'est pas mauvais, loin de là : les arcs narratifs de Iron Man et de Captain America en particulier sont soignés, cohérents, et réussis. Le traitement de Thor est amusant au départ, mais très vite lourdingue sur la longueur. Celui de Hulk ressemble fort à ce qu'on appelle d'habitude une "fausse bonne idée" : surprenant de prime abord mais contre-productif en réalité. Les enjeux quant à eux semblent un peu trop survolés : tout paraît simple, évident même, trop facilement à la portée des héros. Certes la fin renoue avec l'idée du sacrifice et de l'inéluctabilité dramatique du destin, il fallait au moins ça pour donner un peu de poids au film, mais ça intervient seulement à la fin, alors que le film aurait mérité un peu plus de sérieux et de gravité face aux enjeux durant tout son déroulement. Du coup on sent bien les trois heures du film passer, alors que le précédent ne laissait pas une seconde d'ennui au spectateur. Ça manque cruellement de scènes fortes, d'action mémorable, de confrontations dantesques, ce dont Infinity War regorgeait de bout en bout. Alors oui, un vrai parfum de déception reste après le film, cependant du point de vue de l'histoire il n'y a non pas une mais plusieurs conclusions marquantes et importantes pour l'avenir des super-héros Marvel au cinéma. Dommage simplement que le film n'ait pas cette aura de "grandiose" comme l'avait le précédent. Il est juste "pas mal", et après Infinity War, ça ne suffit pas.

Umbrella Academy saison 1 : Une série tirée d'un comics, encore une. Des personnages à super-pouvoirs qui doivent sauver le monde, encore. Mais un ton résolument à part, une narration déstructurée qui fait merveille, des personnages a priori simples et caricaturaux mais qui réservent en fait chacun leur lot de bonnes surprises, des trouvailles et partis pris qui parviennent à donner un véritable originalité et un ton propre à une série de super-héros : voilà tout ce qu'est la première saison de cette Umbrella Academy. J'ai vraiment trouvé cela très réussi, j'ai beaucoup apprécié les effets spéciaux qui assurent pour une série télé (le personnage de Pogo à ce titre rend vraiment très bien à l'écran), j'ai aimé l'humour un peu vachard, ce léger décalage permanent qui fait qu'on navigue entre le burlesque et le dramatique, et le traitement des personnages, qu'on peut trouver simplistes au départ, fait qu'ils s'épaississent au fur et à mesure et deviennent tous intéressants. Mention spéciale au duo de tueurs déjantés Henzel et Cha-Cha, que j'ai adorés !! Une excellente surprise, vraiment.

Le Jeu : Jusqu'à présent j'avais toujours adoré les films de Fred Cavayé qui se sont toujours avérés de bons polars, des films nerveux, plein d'actions mais aussi d'ambiance oppressante. J'ai donc été très intrigué à l'idée qu'il réalise une comédie en huis-clos où sept amis dînent et jouent à exposer ouvertement à tous ce qui arrive sur leurs téléphones durant la soirée. Autant dire que pour le réalisateur c'est le grand écart avec ces films précédents. Et pourtant ça marche du tonnerre ! Trois raisons à cela : un scénario aux petits oignons, mêlant rebondissements et retournements de situations telle les meilleures pièces de théâtre de boulevard, des comédiens très impliqués et qui tiennent leur rôles à la perfection, et enfin le travail du réalisateur qui parvient à maintenir une tension durant tout le film tout en accordant à chaque personnage le temps suffisant à l'approfondissement de leurs personnalités. On nage en pleine comédie et pourtant il y a un suspense implacable et des enjeux dramatiques pour chacun qui donnent au rire un sous-texte aux multiples tons. Quant à la conclusion, elle est aussi inattendue que gonflée, et franchement contre toute attente je trouve que la pirouette qui sert de fin fonctionne plutôt bien. J'ai passé devant ce film un très bon moment, entre divertissement et drame de chaque instant, avec ce qu'il faut de pistes lancées pour que chacun y trouve matière à réflexion en fonction des personnages dont on se sent plus ou moins proches. Bref c'est malin, c'est nerveux, c'est intelligent et ça n'oublie pas au passage d'être drôle : mission validée, film réussi !

Miracle Workers saison 1 : toute petite série de 7 épisodes d'une vingtaine de minutes chacun, ce Miracle Workers est une chouette petite surprise. Ça se passe au Paradis qui est le centre de gestion de tout ce qui se passe sur Terre. Une jeune ange est promue au bureau des Prières Exaucées, mais ce qu'elle découvre n'est pas ce à quoi elle s'attendait. Quant à Dieu, il est pour le moins "particulier". "Excentrique" ne suffirait pas à le qualifier. "Grand enfant gâté" lui convient pas mal, mais n'est pas encore suffisant à le décrire. Bon, Dieu c'est Steve Buscemi, ça déjà ça devrait mieux vous aider à comprendre le personnage... Alors, c'est sans grande ambition (enfin il s'agit de sauver la Terre quand même, mais bon...) et plutôt marrant, original et un peu décapant, souvent saugrenu, plein de bonnes idées, rythmé... bref ça le fait comme petite série à déguster tranquillou entre deux saisons de séries super sérieuses et bourrées de suspense ! Ça délasse et c'est déjà bien non ?

Black Mirror saison 2 : Les anglais de Black Mirror continuent de décliner leur thème, quelque part entre anticipation scientifique, SF à la Philip K. Dick et étude sociologique. Et c'est vraiment pas mal du tout, bien que selon les penchants de chacun on a forcément, comme pur toute anthologie, des épisodes et des histoires qui nous parleront plus que d'autres. En l'occurrence pour cette seconde fournée de trois épisodes, celui que j'ai préféré est le premier, qui traite du deuil et du souvenir, mais aussi de ce qui fait une personne à part entière au-delà des informations qu'on peut enregistrer à son sujet. J'aime beaucoup l'intelligence du traitement de ces histoires, j'aime aussi retrouver au sein du casting des comédiens pas toujours des plus renommés mais qu'on retrouve par la suite à percer dans d'autres séries ou films. Même si certaines histoires poussent le curseur assez loin (la Chasse par exemple) il est indéniable que leur concept de départ prend ses racines dans l'actualité du progrès technologique, et on frissonne parfois de voir dans quelle direction (j'allais dire dans quelle dérive) le progrès pourrait nous mener si on se laisse porter sans réflexion sur le sujet. Je suis impatient de voir la saison suivante, c'est le genre de série qui donne à réfléchir sur la science et le progrès mais aussi sur la condition humaine, je trouve cela salutaire. Et en  plus de tout cela on en ressort avec l'impression d'avoir vu quelque chose d'intelligent, ce qui n'est pas pour me déplaire non plus !!

The Walking Dead saison 9 : Après une saison 8 absolument catastrophique du point de vue scénaristique, la saison 9 tente de redorer le blason de TWD en multipliant les surprises : disparitions de personnages principaux, sauts dans le temps, nouvelle menace majeure... Il faut avouer que si la disparition de deux des personnages historiques principaux fait un peu pitié (pour l'un on sait déjà qu'on le reverra, pour l'autre on ne sait juste pas pourquoi elle n'est plus là), la suite est bien meilleure et la série reprend du poil de la bête dans sa seconde moitié de saison. L'arrivée des Chuchoteurs est plutôt salvatrice à cet égard, et le 15ème épisode à la conclusion digne d'une fin de saison est très certainement le meilleur, même s'il aura moins d'impact question surprise pour les lecteurs du comics que pour les autres. On sent que narrativement on essaie de remettre la machine en route, reposer des jalons, renouveler aussi le casting tout en éliminant les personnages pauvres / inutiles / redondants / ennuyeux (barrez les termes inappropriés, ou validez les tous !), créer de nouvelles dynamiques, régénérer l'intérêt par de nouvelles intrigues un peu plus resserrées et moins diluées sur la longueur. On sent donc poindre du bout du nez les bonnes intentions. Reste à les voir concrètement à l'écran, et les derniers épisodes de cette saison laissent à penser qu'on est sur la bonne voie de ce point de vue là. C'est donc moins dépité et avec un peu plus d'espoir en l'avenir de la série que j'attendrai de voir si l'essai se transforme à la prochaine saison !

Project Blue Book saison 1 : Nouvelle série de la chaîne américaine History, Project Blue Book s'inspire de faits réels qui ont eu lieu dans les années 1940-1950 aux USA. À cette époque les premiers témoignages d'observation d'ovnis et de rencontres du troisième type de toutes sortes commencent à se multiplier sur le territoire américain. L'US Air Force crée alors le Project Blue Book, confié au capitaine Quinn de l'armée de l'air, ancien pilote pendant la seconde guerre mondiale, et un scientifique, le professeur Hynek présenté comme un génie touche-à-tout. Cette mission a pour objectif d'enquêter et d'expliquer tous ces phénomènes dits "inexplicables". Tout cela baigne dans un contexte de guerre froide exacerbé, de crainte de l'ennemi russe qu'on voit partout et de phobie de l'arme atomique depuis que les USA et l'URSS jouent à qui a le plus gros missile à tête nucléaire... À la manière d'un duo Mulder-Scully des années 1950, les enquêteurs oscillent tour à tour entre scepticisme et croyance en des êtres venus d'ailleurs. On nage également en pleine théorie du complot, guerre larvée des services de renseignements, avancées scientifiques et secrets d'État, ce qui ne facilite pas la tâche des deux enquêteurs, et ce qui du reste entretient savamment un certain flou quant à l'intrigue principale. Au fur et à mesure des épisodes, la série prend de plus en plus d'ampleur, une toile complexe se tisse autour des personnages principaux et le suspens grandit d'autant qu'on s'attache de plus en plus à eux. Même si on a encore un peu de mal à avoir une vue d'ensemble parfaitement claire à la fin de la première saison, on a très envie d'en savoir plus, de voir se dérouler les différentes intrigues et d'avoir le fin mot de l'histoire. C'est d'autant plus troublant d'ailleurs que les faits exposés sont inspirés de faits ayant justement réellement eu lieu, on se dit qu'on va finir par savoir et que le vrai sera démêlé du faux à un moment ou un autre. La petite frustration que j'ai ressenti cependant tient justement du concept de la série : on ne sait jamais à quel moment ce qu'on voit est historiquement avéré ou fait partie de la fiction et de l'imagination des scénaristes. J'avoue aussi avoir eu la flemme de chercher par moi-même les sources historiques pour en apprendre plus, mais je suis sûr que je devrais pouvoir trouver des réponses à ma curiosité sur le net en cherchant un peu sérieusement. En tout cas la première saison a bien pris son envol, maintenant on veut voir la suite !!

Black Mirror Special : White Christmas : Cet épisode spécial Noël de Black Mirror est un véritable petit bijou, digne des meilleurs épisodes d'une série comme la Quatrième Dimension par exemple. Composé d'histoires gigognes en trompe-l'oeil, on ne lâche pas un instant ce récit très malin et très bien mené de bout en bout. Le casting est très réussi, les concepts proposés très intéressants (en particulier celui du "mouchard" qui permet de créer une intelligence artificielle à partir de la personnalité et des souvenirs de quelqu'un donne le vertige quand on réfléchit un tout petit peu à ce que pourraient en être les conséquences !) et la narration sait jouer sur un savant mélange de surprises et d'émotions. Très très bon épisode hors-série donc, que je recommande vivement, que vous soyez déjà adepte de la série anthologique Black Mirror ou non : ça se déguste avec bonheur dans tous les cas !

Counterpart saison 2 : Counterpart avait été une des très bonnes surprises de 2018 du point de vue des séries. Son concept de monde alternatif qui se serait scindé puis doucement démarqué du notre à partir de 1988 est passionnant, et développé avec une grande intelligence de narration. Dans cette seconde saison on explore les origines de ce dédoublement de la réalité et c'est vraiment très bien foutu, n'importe quel amateur de SF et de Fantastique va y trouver son compte. Les personnages continuent à être développés plus en détail, et c'est là aussi très malin puisqu'on découvre comment un personnage unique peut évoluer parfois très différemment selon l'environnement où il évolue, le tout dans une cohérence parfaitement maîtrisée. On rajoute par-dessus la couche plus colorée "espionnage" qui amène chaque monde à se méfier de l'autre et à prendre des mesures de protection (voire plus...) et on obtient une vraie bonne série pleine d'idées sympas et bourrée de qualités évidentes. Qui plus est avec un casting aux petits oignons qui tient vraiment bien la route. Son seul défaut ? Celui de ne pas faire suffisamment d'audience pour la chaîne Starz qui la produit. Du coup le couperet est tombé, la saison 2 sera la dernière sur Starz. Les producteurs essaient de trouver repreneur ailleurs (Netflix ou Hulu seraient bien avisés de la reprendre, comme ça a pu être le cas pour la série The Expanse par exemple) mais à l'heure actuelle ça semble mal parti. C'est très dommage vu la très bonne qualité de cette série, mais on peut se consoler en se disant que la fin de la saison 2 pourrait faire office de conclusion à la série sans que cela lui soit dommageable. En effet, elle se termine sur une fin ouverte mais la quasi-totalité des intrigues majeures ont été bouclées et on pourrait en rester là du point de vue du spectateur (bien qu'en ce qui me concerne j'ai très envie d'en savoir encore un peu plus...). Je ne peux qu'espérer voir aboutir une troisième saison sur une nouvelle chaîne, mais en l'état je conseille tout de même fortement cette série qui mériterait vraiment d'être plus connue.

The Romanoffs saison 1 : Matthew Weiner a signé l'une des séries les plus classes et novatrices de ces dernières années : l'incroyable Mad Men, son nouveau projet était bien sûr attendu avec impatience et curiosité. Le voilà avec une anthologie en 8 épisodes de 90 minutes, avec pour thème les descendants divers et variés des Romanov, la famille royale russe. Ce thème très large lui permet de situer chaque épisode dans un autre endroit du monde (de Paris à Hong-Kong, en passant par le Mexique, l'Autriche, la Russie, les États-Unis...) et d'aborder toutes sortes de sujets différents, avec cependant souvent comme points communs les thématiques du rapport filial et des relations de couple. Mais vraiment on passe d'un registre à l'autre sans lien apparent, seul le nom des Romanov vient faire un lien clair entre les épisodes. D'ailleurs chacun d'entre eux est une histoire à part entière et se suffisant à elle-même, bien qu'on voit parfois un personnage d'un épisode apparaître ou être mentionné dans un autre. Mais rien qui n'entrave à la compréhension ni qui oblige à tout voir pour comprendre, bien au contraire très souvent les liens restent très ténus. Alors impression générale : c'est décevant en cela que c'est très en-dessous du standard de qualité proposé dans Mad Men. On a aussi un peu l'impression que les histoires se diluent un peu en longueur, auraient pu être resserrées pour tenir en des formats plus courts que 90 minutes, pour autant je ne peux pas dire que je me sois ennuyé au visionnage. D'abord en raison d'un casting absolument pléthorique et royal ! Weiner sait s'entourer de comédiens exceptionnels et visiblement dévoués à son oeuvre : excellent point ! Ensuite parce que même si on ne comprend pas la finalité de tout cela, Weiner sait mener sa barque et raconter une histoire, avec son style mêlant lenteur et laissant la part belle aux comédiens. On n'évite cependant pas quelques clichés et grosses ficelles par moment, ce qui est dommage vu l'ambition affichée de proposer une oeuvre de grande qualité qui transpire de l'ensemble. Et ce qui est frappant, c'est qu'à la fin de chaque épisode ou presque, alors qu'on a une conclusion qui se tient et vaut ce qu'elle vaut, je n'ai pu m'empêcher de rester dubitatif sur le message que Weiner a voulu faire passer. Je me suis souvent entendu dire : "oui mais et alors ?" à la fin, en restant un peu sur ma faim, en ayant l'impression que ces longs développements se concluaient trop abruptement. Et ça c'est à la fois intéressant car ça prouve qu'on était impliqué dans ce qu'on nous montre à l'écran, mais c'est aussi problématique car ça tend à prouver qu'il manque un "je ne sais quoi" pour nous satisfaire de ce qu'on a vu. Je suis plutôt réceptif aux fins ouvertes, aux réflexions en suspend qui demandent au spectateur de continuer seul à cheminer dans ses pensées et sur les pistes entrouvertes, mais là il y a comme un malaise malgré tout. Une impression de WTF qui nous colle aux baskets et laisse un parfum d'inachevé (ou d'incompréhension). J'ai trouvé l'ensemble assez hypnotique (ce qui est à mes yeux très positif), j'ai adoré le casting absolument énorme de cette série (encore une chose très positive) mais j'ai été tout de même déçu par certaines histoires, et un peu déboussolé par chacune des fins proposées (ce qui est plus négatif que positif). Impossible de dire que c'est mauvais. Impossible de dire que c'est du niveau de Mad Men. C'est définitivement une oeuvre à part, que je pense humblement n'avoir pas totalement comprise dans son ambition générale, je ne sais pas vraiment quelle idée en retenir, je n'ai pas perçu de message clair. The Romanoffs est clairement un ovni dans son genre.

Ah j'ai failli oublier alors que c'est d'une grande importance à mes yeux : la bande son est géniale ! Très clairement calibrée pour les gens de ma génération, ceux qui sont actuellement quadra/quinca ne pourront qu'adorer !

En Liberté ! : Alors voilà bien un film qui sort des sentiers battus de la comédie classique à la française ! D'ailleurs au début on se dit que ce qu'on nous raconte là ne prête pas vraiment à rire, on part même plutôt d'une situation dramatique et pas très joyeuse. Et puis petit à petit, entre intermèdes foutraques et délirants (les diverses versions de la scène des flics qui attaquent une planque de trafiquants) et dialogues un peu décalés, le film marque sa différence, et on voit qu'il penche de plus en plus vers le burlesque et la comédie pure. Non sans se préserver une petite part de poésie et de sensibilité au passage d'ailleurs. Gros point fort du film : le ton très original et les comédiens qui se font plaisir, Pio Marmaï en tête grâce à son personnage hyper-borderline qui parvient à inspirer une sympathie réelle tout en cumulant un certains nombres de comportements complètement hors-normes. Ce film fait autant rire par les situations et les dialogues que par la surprise qu'il crée en nous. Chouette comédie, chouettes comédiens (pas un casting de stars, mais vraiment de bons acteurs), chouette film !

Captain Marvel : Voici donc venu le nouveau film Marvel, celui qui a la double charge de présenter une toute nouvelle héroïne (réputée comme la plus puissante de l'univers Marvel, dans sa version Cinematic Universe en tout cas) et de préparer les foules à l'arrivée du tant attendu Avengers 4 : Endgame qui devrait clore le cycle des 11 premières années des films du Studio Marvel au cinéma. Donc on a droit à une Origin Story puisque non seulement le personnage n'était jamais apparu auparavant mais qu'en plus de cela il est plutôt méconnu du grand public. On sort du schéma classique du personnage qui du jour au lendemain se voit attribuer des pouvoirs incroyables et dont on suit l'évolution. Ici on commence avec une héroïne déjà en pleine possession de ses moyens, mais pas de ses souvenirs, on va donc la suivre en train de retrouver lentement la mémoire et raccrocher les morceaux du puzzle de son passé les uns aux autres jusqu'à comprendre qui elle est, d'où elle vient et comment elle en arrivée là. On bouscule un peu l'ordre de narration quoi, ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, mais qui s'avère un peu flou et labyrinthique au début. Et pas non plus d'un suspense absolument passionnant, faut bien l'avouer. Souvent les versions cinémas des personnages Marvel sont des réécritures plus ou moins poussées des versions papier. Là on a poussé un cran plus loin, et le personnage à l'écran n'a que très peu à voir avec la version papier d'origine (à la base et pendant de nombreuses années, Captain Marvel était un homme !). Il faut dire aussi que la version papier elle-même a beaucoup changé avec le temps, et connu des versions très différentes de son histoire depuis sa création dans les années 1970. Du coup ce qu'on voit à l'écran ne renvoie pas directement à l'une ou l'autre histoire déjà vue en comic book, mais tente de se forger sa propre identité. J'avoue que je n'ai pas été plus convaincu que ça par cette nouvelle origin story, je n'ai pas trouvé cela bien passionnant. ce qui est réussi en revanche c'est le décalage temporel puisque tout le film se situe dans les années 1990 et permet donc de voir le Marvel Cinematic Universe avant la toute puissance du SHIELD, avant l'émergence des personnages à super pouvoirs, avant la création des Avengers. Nick Fury est jeune, Phil Coulson est un bleu, les ordinateurs fonctionnent sous Windows 95 et le vidéoclub regorge de super films d'action avec Schwarzy et Michael Dudikoff !! L'ambiance rétro (enfin c'est pas la préhistoire non plus, juste l'année de mes 20 ans quoi) est vraiment bien retranscrite à l'écran, clins d’œil à l'appui pour tous ceux qui ont connu cette période en vrai (donc ceux qui sont nés après 1995 risquent de ne pas tout comprendre). Pour le reste, je dois dire que je suis un peu déçu : on ne sait pas encore l'étendue des pouvoirs de Captain Marvel, on a du mal à vraiment apprécier sa puissance, ni savoir de quel poids elle va pouvoir peser dans le prochain Avengers à venir (en gros est-ce que sa venue va vraiment changer la donne face à Thanos : en l'état j'ai envie de dire que ça va être loin de suffire et tant mieux, ça veut peut-être dire qu'on aura quelques surprises narratives dans Avengers Endgame, je l'espère très fort en tout cas !!). Mais côté divertissement, ce Captain Marvel fait le job, rien à redire là-dessus.

I'm Sorry saison 1 : Vous avez envie d'essayer un truc nouveau, frais, différent, un peu bizarre ? Essayez I'm Sorry ! C'est l'histoire d'une maman qui est aussi scénariste de comédies, dotée d'un humour pour le moins décapant et assez inhabituel, pas vraiment tout public quoi. Du genre à devoir souvent s'excuser (d'être mal comprise), d'où le titre. Alors ça donne une brochette de personnages assez truculents, de situations au premier abord plutôt banales mais qui prennent une tonalité forcément décalée une fois passées par le prisme de cette maman pas banale du tout. On rit pas mal, et on est souvent pris par surprise parce qu'on en s'attend pas au jusqu'au-boutisme de certaines situations et à l'humour cinglant qui va avec. C'est donc en soi une bonne surprise car pas vraiment dans le carcan du "politiquement correct" dont on a l'habitude dans les comédies américaines. Seul bémol, mais très gros bémol : dans la version que j'ai récupérée (débrouillez-vous vous êtes grands) les "fuck" qui émaillent certains dialogues sont systématiquement "bipés" en VO !! Le personnage peut parler de bites, de sodomie ou d'autres trucs très crus sans aucune retenue, mais le mot "fuck" (et ses dérivés) est systématiquement censuré. C'est incompréhensible, complètement inapproprié au ton général de la série, et en parfaite contradiction avec l'esprit de la série, son humour trash et son envie de bousculer un peu les choses établies. Pour le coup, on retombe en plein dans cette fichue hypocrisie à base de puritanisme et de bonne conscience américaine. Quel dommage. Mais pour tout le reste, et surtout si vous parvenez à trouver une version non-censurée, c'est très recommandable comme petite série !!

Engrenages saison 7 : Bon j'ai l'impression de vraiment me répéterd'une saison à l'autre mais pour moi c'est tellement évident que je ne me lasse pas de le redire avec force : Engrenages c'est ce que la télé hexagonale est capable à son tout meilleur niveau. C'est à mes yeux le top du top du haut du panier de la production de série télévisée française. On est déjà à la saison 7 et pourtant la série fonctionne toujours aussi bien. On n'a ni lassitude ni sentiment de déjà-vu, on n'a qu'une hâte à la fin de chaque épisode : connaître la suite ! Le secret de cette série est je pense le ton résolument réaliste dans les intrigues, une écriture sans fioritures ni grosses ficelles, et surtout un panel de personnages vraiment forts, très bien écrits et en constante évolution malgré tout, capables pour chacun du pire comme du meilleur, de faire de grosses erreurs comme de véritables coups de force. Bref, des personnages terriblement humains en fin de compte. Pourtant le casting évolue toujours d'une année à l'autre, mais sans jamais perdre de sa vigueur (en tout cas jusqu'à présent, ce qui prouve encore une fois la force de cette série qui sait si bien renouveler ses personnages sans perdre de l'intérêt ni d'impact. Je serai bien entendu de la partie pour une saison 8, avec une petite inquiétude toutefois sur l'avenir dans la série d'un des personnages phares en la personne du juge Robant... Seul bémol concernant cette série : le rythme de production est bien plus lent que ses équivalents d'outre-atlantique, il faut souvent attendre bien plus qu'une année entre deux saisons. Mais si c'est le prix de la qualité, ça vaut la peine d'attendre un peu plus ! 

Russian Doll saison 1 : Mini-série un peu hybride sur plusieurs points. En fait elle propose un mélange d'éléments connus et déjà vus, mais qui fonctionnent bien ensemble et débouchent sur un résultat plutôt sympa. Le personnage principal interprété par Natasha Lyonne rappelle furieusement le personnage qu'elle interprète déjà dans Orange is the New Black, au point qu'on se demande si tout simplement ce ne serait pas juste une version très proche de ce qu'elle est au naturel ! Quant au thème on retrouve le principe de l'universellement génial Un Jour sans Fin puisque l'héroïne revit sans cesse la même journée, et à chaque fois qu'elle meurt elle se retrouve à sa soirée d'anniversaire à devoir revivre les mêmes événements en boucle (quoiqu'au fur et à mesure on va se rendre compte que les choses changent de ce côté là). On a donc un subtil mélange de fantastique et d'humour qui permet de dédramatiser ce qui arrive à l'héroïne. On pourrait croire après les premiers épisodes que le phénomène de répétition inhérent au principe narratif choisi va vite faire tourner en rond la série, mais en fait c'est justement à ce moment là que les scénaristes introduisent une idée nouvelle qui fait évoluer l'histoire et relance l'intérêt de la chose. J'ai plutôt bien aimé, bien que je ne crie pas au génie pour autant. Au final cette mini-série se regarde facilement, rapidement et sans lassitude. C'est frais dans le ton, malin scénaristiquement, assez amusant grâce à l'interprétation des comédiens, bref c'est une agréable surprise. À voir.

Vikings saison 5 : Ah la série Vikings ! Que c'est difficile de faire face au départ de son héros principal, du type au regard bleu-acier et à l'aura magnétique irrésistible. Que c'est dur de faire sans Ragnar Lothbrock. Ça va se confirmer aussi bien pour les personnages de la série confrontés à bien des ennuis, que pour les scénaristes qui visiblement peinent à trouver un axe suffisamment puissant pour remplacer le vide énorme que le héros laisse derrière lui. Alors à la place on multiplie les personnages et les lieux de narration, et on saute de l'un à l'autre sans cesse et sans véritable lien fort, quitte à perdre et à lasser le spectateur lors de certains épisodes. On multiplie également les intrigues et sous-intrigues dont certaines paraissent totalement inutiles voire même fortement contre-productives (qu'apporte la virée en Sicile et en Afrique du Nord de Bjorn dans les premiers épisodes de la saison si ce n'est de l'ennui et la preuve qu'on essaie de rallonger la sauce à peu de frais ??). Les délires mystiques de Floki sont du même acabit : en faire carrément la source d'un des axes narratifs principaux, qui finit qui plus est sur une vraie déception et avec ironie si violente qu'on en a mal pour lui tout en se disant : "tout ça pour ça", c'est l'exemple même des écueils dans lesquels la série tombe par moment. Et puis on monte des intrigues autour de personnages qui tout à coup... meurent. On meurt à tour de bras faut dire dans cette saison. C'est l'avantage d'avoir trop de personnages sous la main. Et puis on baise pas mal aussi, et surtout on change de partenaire. Bjorn est à ce titre le nouveau Roméo viking, vu comment il chope tout ce qui bouge. Et attention hein, pas à la viking : il ne viole pas, c'est elles qui se battent pour lui. En fait il ne le dit pas, mais c'est un gros romantique le Bjorn :-) . Cette saison 5 est selon moi trop longue et on se perd dans beaucoup trop de choses inutiles qui auraient dû passer à l'as pour gagner et en rythme et en pertinence. Il y a cependant aussi d'excellents passages, et quelques batailles qui font plaisir à voir. Dès lors que l'action se resserre et que les personnages ne se diluent pas dans moult sous-intrigues soporifiques, on retrouve avec plaisir tout ce qui fait l'intérêt de cette série. Je suis curieux, maintenant que le ménage a été partiellement fait au sein des personnages, de voir comment va finir cette série. Car la prochaine saison sera également sa conclusion. Je crains seulement que l'on reparte pour une fournée de 20 épisodes ce qui pourrait être à nouveau l'occasion de faire de certains d'entre eux des épisodes de remplissage et qui cassent la dynamique de la série. Ce serait bien de finir comme ça a commencé : en allant à l'essentiel ! Je serai bien entendu de la partie pour la sixième et dernière saison.

Creed 2 : Bon j'ai été ado fin des années 80, alors forcément je suis un inconditionnel de Rocky Balboa. La franchise Creed m'avait un peu laissé perplexe à son annonce il y a quelques années, mais le premier film m'avait largement convaincu de son bien-fondé. Ce second opus avait tout pour me plaire puisque c'était l'occasion de rejouer la fameuse opposition entre Rocky et Ivan Drago qui avait eu lieu 30 ans plus tôt dans Rocky IV. Ici c'est Viktor Drago, le fils qui arrive, entraîné par son père, pour défier Adonis Creed, le fils de Apollo Creed et entraîné par Rocky. Dramatiquement comme physiquement il y avait tout pour faire un truc palpitant. Dramatiquement parce que Drago senior avait tué Creed senior lors d'un match de boxe, et physiquement parce que Viktor Drago est joué par Florian Monteanu qui est une montagne de muscle et un gabarit hors-norme. Au final le film est pas mal, mais l'attente liée à cette confrontation Creed-Drago était telle, que je ne peux m'empêcher de ressentir une petite pointe de déception. Je m'attendais à mieux en gros. Il manque un truc, j'ai du mal à mettre des mots précis dessus. Bien sûr on ne peut pas exiger d'être retourné comme une crêpe à chaque fois par ce qu'on voit à l'écran, surtout pas dans le cadre d'une franchise ultra-codée où on a déjà tout vu il faut bien le dire, mais de là à ce que tout soit attendu et un peu téléphoné à la réplique près, j'attendais un peu plus de finesse. Donc niveau scénario j'aurais pu l'écrire sans me forcer, il n'y a vraiment rien, pas la moindre trace de quoi que ce soit de révolutionnaire. Alors au moins qu'au niveau physique ça déménage, ça par contre je pense qu'on était en droit de l'attendre. Vu la qualité de l'opposant, il y avait moyen de faire quelque chose de puissant de ce côté là, mais là encore, on reste dans du moyen. Dans les Rocky, il y a toujours une mise en situation avec une remise en question personnelle du personnage, et ensuite on règle ça sur le ring et on passe aux choses sérieuses avec deux types de scènes incontournables et ultra-codées : l'entraînement puis le combat. C'est toujours là qu'on nous balance la sauce de testostérone et qu'on ressort totalement galvanisé en tant que spectateur (à grand renfort d'images iconiques et de musiques guerrières). Et cette fois j'ai trouvé que ça a manqué de panache. L'entraînement : normalement on doit souffrir avec le personnage au début et ressentir une forme d'euphorie quand enfin il parvient à se dépasser et passer au cran supérieur. Pas dans Creed 2 malheureusement, l'entraînement ne parvient pas à éveiller ce type de sentiment, je ne saurais dire pourquoi. Le combat : ça doit monter crescendo, on doit sentir la peur pour l'un, puis sa révolte et sa montée en puissance, le doute qui monte chez l'autre et enfin son désarroi et sa panique totale à la fin. Plus percutantes que l'entraînement, les scènes de combat ne sont pas mauvaises, bien que je reste persuadé qu'on n'a pas tiré le maximum de ce qu'il y avait à tirer du physique impressionnant du russe. Mais là où j'ai moins été convaincu c'est par Michael B. Jordan lui-même, qui n'avait pas la niaque et ne dégageait pas autant d'aura que dans le premier film où il m'avait totalement bluffé (et pourtant il est bien plus dessiné musculairement parlant dans ce second film). Ce qu'arrivait à faire invariablement, film après film, Stallone dans tous les Rocky. Il n'en reste pas moins que le film se regarde facilement et qu'il reste dans le haut du panier de ce genre très précis, il souffre de la comparaison avec d'autres opus de la franchise. Et puis le plaisir de revoir Dolph Lundgren dans le rôle qui l'a rendu célèbre, avec une conclusion du film qui a été bien amenée et positive pour son personnage, est presque déjà à elle seule une bonne raison de voir le film. Et pour les plus fétichistes d'entre vous il y a même le retour totalement inattendu de la sculpturale (et totalement nanardesque) Brigitte Nielsen !! Ça ne se rate pas, si ?

L'Amour est une Fête : Voilà un film qui m'intriguais. À première vue, ça donnait l'impression d'une espèce de The Deuce à la française. Et effectivement, visuellement on se rapproche du truc. Thématiquement aussi puisque l'histoire prend place dans le monde du porno et du sexe. Mais malheureusement ça manque cruellement de fond. Après avoir vu le film je n'ai pas su dire ce que les scénaristes ont voulu nous raconter, ce qui est quand même problématique en soi. Alors que pas mal de scène fonctionnent plutôt bien du reste, et sont même agréables à regarder. Mais où est le liant ? le fil rouge ? On pouvait espérer qu'au moins l'ambiance générale rattrape le truc et fasse du film un objet à part, se suffisant à lui-même, malheureusement on n'y est pas vraiment. Reste donc au final un sentiment de déception, l'envie de dire au mec qui a écrit l'histoire "mais c'est tout ? y a rien d'autre ?". Ça n'en fait pas un mauvais film (l'interprétation et la reconstitution suffisent à prouver le contraire), mais un film décevant. Il y avait le potentiel pour faire tellement mieux. Quand à la forme, si on peut louer avec raison les costumes, les looks, les décors et tout ce qui ancre le film dans le temps, j'ai envie de demander au réalisateur à quoi servent tous ces plans serrés à moitié flous, pourquoi fuir sans cesse un cadre qui permette à l’œil de voir correctement ce qu'on veut nous montrer (des scènes où les personnages sont à moitié cachés, mal cadrés, avec qui plus est une caméra qui bouge ostensiblement façon tremblotte du mouton : why ?). Je veux bien qu'on cherche à donner un style visuel, mais de là à rendre la vision de certains passages désagréable alors que cela n'apporte rien symboliquement à l'histoire, je ne vois pas l'intérêt. Ça donne un aspect amateur à quelque chose qui a été très certainement longuement pensé et réfléchi : bref ça ne rend pas service au film je trouve. Reste des bonnes choses attention, tout n'est pas à jeter ! Les comédiens sont tous très bons, et l'un deux survole la mêlée avec une grâce qui en fait un intouchable : Michel Fau, impeccable. Comme je le disais pas mal de scènes fonctionnent bien en vase clos, à défaut de faire prendre la mayonnaise mises bout-à-bout. Mais on ne peut s'empêcher de se dire qu'il y avait moyen de faire quelque chose d'encore bien meilleur (avec une intrigue principale correcte pour commencer).

The Last Laugh : Une nouveauté avec Richard Dreyfuss, je ne peux décemment pas ne pas la regarder. C'est comme ça, je vénère cet acteur depuis la toute première fois que j'ai vu Les Dents de la Mer, à un âge où je n'aurais certainement pas dû d'ailleurs, et ça n'a jamais changé. Que les films dans lesquels il joue soient réussis ou non une chose reste immuable : il est toujours très bon acteur. Et sa patte, sa petite touche personnelle, c'est de jouer la carte de l'humour avec une certaine extravagance, quitte parfois à en faire des caisses, et de parvenir d'un moment à l'autre à basculer tout à coup dans le registre de l'émotion avec une rare finesse de jeu. Et là boum ça ne rate jamais : le contraste est tel qu'on ne peut que l'aimer. Ben ici encore, c'est ce qu'il fait, et c'est ce qui marche. Je dirais même que c'est ce qui sauve le film et en fait tout l'intérêt. À côté de lui Chevy Chase a bien du mal à exister, tout personnage principal du film qu'il est. Ce film m'a cependant marqué de par son thème principal : la vieillesse, et celui que l'on devient avec l'âge. C'est frappant de voir Richard Dreyfuss si marqué physiquement (il fait plus vieux que son âge véritable je trouve, c'est dire !) alors que j'ai tant de souvenirs de lui plus jeune. Bien entendu c'est le principe du film mais tout de même je n'ai pas pu m'empêcher de trouver cela un peu triste. C'est dur de voir ses idoles vieillir. Tout simplement parce qu'ils sont des curseurs de notre propre vie, et qu'ils ne font que nous montrer à quel point nous-mêmes vieillissons. Alors bien entendu, The Last Laugh est une petite comédie qui n'a pas grande ambition, je la qualifierais même de gentillette et sans la présence de mon comédien culte je n'y aurais certainement même pas prêté la plus petite attention. N'empêche que ça fait toujours du bien de voir Richard Dreyfuss faire son numéro alors je ne regrette pas du tout de l'avoir regardé. D'ailleurs ça m'a même furieusement donné envie de me faire une rétrospective de ses films un de ses jours ! Et puis la présence inattendue de la jolie Andie MacDowell qui elle non plus n'hésite pas à montrer ses rides en gros plan est un autre petit plus pour le film.

Sex Education saison 1 : Arrivée comme ça en début d'année sans prévenir, cette petite série de 8 épisodes est devenue instantanément pour moi le premier coup de cœur de 2019 ! Otis est un lycéen qui ne paie pas de mine et qui rase les murs pour ne pas se faire remarquer. À part son ami Éric, gay notoire et exubérant, il n'a pas de lien sociaux ou amicaux avec les autres. Il y a bien Maeve, une autre asociale qui se revendique comme telle, qui l'attire plus que de raison, mais elle est bien trop jolie pour lui de toute façon... La mère d'Otis est une psychologue spécialisée dans les affaires sexuelles, et le jeune homme baigne dans le domaine depuis pour ainsi dire toujours. Et ses talents de thérapeute sont visiblement héréditaires puisqu'Otis se découvre accidentellement un don pour conseiller les autres sur les problèmes sexuels. Bien décidée à en tirer profit, Maeve va lui proposer de monter une petite auto-entreprise de thérapies sexuelles : elle fournit les clients, il officie en tant que conseiller. Pas fou de l'idée, Otis accepte pourtant, l'occasion de côtoyer Maeve étant trop tentante. Voilà pour le résumé de départ. Dit comme ça, on pourrait s'attendre à un mélange de série pour les teen-agers façon Sauvés par le Gong moderne mélangé à quelques séquences un peu hot à la manière d'American Pie, et du coup on serait tenté de passer notre chemin. Mais en fait si le rapprochement avec les œuvres précitées est indéniables par rapport au contexte et aux thèmes abordés, il n'est en rien apparent dans le résultat ! C'est drôle et pas vulgaire contrairement à American Pie, c'est malin et adulte dans le traitement contrairement à Sauvés par le Gong. Et pourtant ça conserve une dose de fraîcheur et d'humour potache, un casting majoritairement jeune (et plein de nouvelles têtes donc), et le ton se veut lui aussi jeune (dans le bon sens du terme, c'est-à-dire pas débilitant !). Bref le cocktail qui paraissait a priori très indigeste s'avère parfaitement réussi et du coup totalement inattendu ! On rit pas mal, on aborde des sujets pas toujours évidents, aussi bien graveleux que sérieux, ça n'est pas moralisateur ni fataliste, ça ne fait pas dans la grosse blague qui tâche non plus, c'est drôle et intelligent, fin et subtil, profond et sensible : la scène de Éric que son père conduit à la fête du lycée est à elle seule un mix de toutes ces qualités qui devrait convaincre même les plus sceptiques. Vivement la prochaine saison ! Regardez cette série les gens !!

Ray Donovan saison 6 : Ray Donovan, c'est mon péché mignon. Cette série m'électrise. Ses personnages sont évidemment son point fort, et cette fois encore dans cette sixième saison c'est eux qui font tout l'impact de la série. Non pas que le scénario soit en reste, mais il passe à mes yeux au second plan par rapport à la richesse des personnages. Ils ne sont pas balancés dans une histoire, ce sont eux qui font l'histoire autour d'eux, c'est très particuliers et pas si courant que ça dans le monde des séries ! Alors que la saison dernière aurait pu fournir un fin honnête et que la plupart des personnages avaient connu en quelque sorte un aboutissement honorable à leurs évolutions narratives respectives, une sixième saison s'avérait dangereuse acr potentiellement inutile et donc forcement casse-gueule. Mais non, les héros comme l'intrigue, rebondissent encore une fois avec brio et intelligence. On retrouve ce mélange d'action et de sensibilité, d'intrigues personnelles et plus générales, de personnages à la fois forts et fragiles, d'humour et de drame, de suspense et d'émotions, ces mélanges qui font tout le sel et toute la personnalité de cette série qui paraît classique sur le papier mais qui n'a rien de commun avec ce que vous avez déjà pu voir ailleurs. Cette saison ce sont Terry (Eddie Marsan impressionnant) et Bunchy (Dash Mihok étonnant) qui ont droit à un traitement qui les sort un peu de ce qu'on a vu d'eux jusqu'alors, et c'est plutôt bien fait. Et toujours, je me sens obligé à chaque saison de le citer car il est incontournable, le formidable Jon Voight dans le rôle de Mickey, qui est une source inépuisable de moments à la fois drôles et dramatiques, à la dégaine improbable et aux réflexions hilarantes. Petit bonus cette saison : la tante Sandy (Sandy Martin, absolument démente) qui a un look et une répartie qui vont vous laisser sur le cul. J'espère qu'elle sera de la partie la saison prochaine !!!

HP saison 1 : Après Hippocrate, le monde des productions françaises innove encore dans le domaine de la série hospitalière avec ce HP très différent de ce qu'on a l'habitude voir dans le domaine. Car ici pas d'opération à cœur ouvert, pas d'amputation en catastrophe, pas de maladies orpheline aux symptômes exotiques. Non, HP se situe comme son nom l'indique en hôpital psychiatrique. Ce qui est l'occasion d'aborder des cas bien particuliers et finalement peu souvent traités à la télévision : la folie sous toutes ses formes (et elle en a un nombre illimité on dirait bien). D'ailleurs cela permet en sous-texte de s'interroger sur ce qu'on entend par ce mot, "folie". Qui est fou, qui ne l'est pas ? Il n'y a qu'à voir certains soignants de cette série pour se poser sincèrement la question : le sont-ils moins ou autant que leurs patients ? Le deviennent-ils par la force des choses en les côtoyant ? Quelle part à l'humanité reste-t-il dans la folie ? Le patient Kevin qui répète tout ce qu'on dit s'approche-t-il plus de l'être humain ou de magnétophone enrayé ? Le King est-il fou à lier ou est-ce simplement la noblesse de sa personnalité qui se matérialise sous la forme de la couronne qu'il arbore fièrement ? Quels sentiments inspirent les malades mentaux et faut-il en avoir peur ? Tout cela est habilement traité au cours de ces quelques épisodes au format réduit, et évidemment le contexte s'y prêtant assez bien, l'humour est très présent (mais pas omniprésent) et permet de dédramatiser certaines situations. Cette série a un côté un peu amateur, elle semble parfois faite avec trois bouts de ficelles et quelques blouses blanches (une des choses à très clairement améliorer techniquement selon moi c'est la prise de son, certains dialogues étant à la limite du compréhensible), mais elle a une vraie fraîcheur en elle, une originalité certaine, une sincérité flagrante, et il se dégage au fil des épisodes un ton bien particulier, ce qui est très bon signe pour une éventuelle suite. En tout cas ça se regarder facilement et plutôt vite (peu d'épisodes, et de courte durée), et moi je conseille ne serait-ce que pour le dépaysement qu'elle propose. Ce n'est pas une série passe partout qui se coule dans la masse, c'est le moins qu'on puisse dire !

The Affair saison 4 : Ah The Affair... depuis la première saison cette série fait partie de mes chouchous. J'adore ses personnages (quoique parfois certains me tapent sur les nerfs)(bon allez je balance : Helen me gonfle depuis toujours, mais je crois que cela m'est physiquement inspiré par son interprète Maura Tierney !!), j'adore le principe de narration à double point de vue qui donne toujours des éclairages différents et une approche ouatée de la vérité, j'adore l'ambiance et les thèmes abordés, déjà mille fois traités ailleurs et qui peuvent paraître bateau sur le papier mais qui sont si universels et intelligemment développés que j'en suis vraiment fasciné. J'adore la bande son, j'adore la profondeur des personnages, j'adore Dominic West qui a ce je-ne-sais-quoi de magnétique et d'irrésistible dans son jeu, j'adore Ruth Wilson et son interprétation toute en naturel et en simplicité, j'adore Joshua Jackson (et pourtant c'était pas gagné au départ) et sa manière de paraître bourrin tout en étant d'une surprenante complexité intérieure. Cette quatrième saison est vraiment très réussie et redonne son aspect fascinant à la série qu'elle avait un peu perdu au cours de la seconde saison et assez nettement sur la troisième en s'égarant un peu sur d'autres voies que celles pour lesquelles elle a été créée à l'origine. Une sorte de retour aux sources tout en respectant l'évolution des personnages depuis le tout début. La saison 4 est parfaite de bout en bout, mais si je devais n'en retenir qu'une scène, ce serait celle de la seconde partie, très courte, du neuvième épisode. Partie consacrée à Noah qui n'a qu'une scène, dont la fin est toute simple et faite de très peu de mots, mais absolument bouleversante. Il semblerait qu'une cinquième et dernière saison verra le jour en 2019, et je l'attends de pied ferme. The Affair est l'un des meilleurs drama de ces dernières années, et je vous conseille vivement cette série si vous ne l'avez pas encore testée...

Celle qui a tous les dons : Au cours de l'année passée j'ai lu le roman de Mike Carey que j'avais trouvé vraiment époustouflant. J'étais donc impatient de voir la version cinéma. Bon, comme souvent quand on a vraiment été passionné par un bouquin, l'adaptation laisse un arrière-goût de "pas assez", et ici encore une fois cela se vérifie. Non pas que le film soit mauvais, très loin de là, mais du point de vue des émotions suscitées le livre lui est tellement supérieur que forcément la comparaison lui est défavorable. À noter cependant, la distribution est vraiment réussie et j'ai tout de suite été convaincu par les différents acteurs. J'aurais peut-être dû laisser passer plus de temps entre la lecture et le film, car j'avais encore bien en mémoire le roman, ce qui m'a forcément placé dans une position où j'attendais des choses précises et où je notais au fur et à mesure les différences notoires plutôt que de me laisser porter par le film. Mais je le répète, le film est plutôt réussi dans son genre, même si il survole trop rapidement à mon goût certains aspects qui donneraient encore un peu plus de profondeur à l'histoire, d'explications et de cohérence générale à l'ensemble. Mon conseil sera donc de voir le film mais aussi et surtout de lire le bouquin (que j'essaierai de chroniquer un jour sur ce blog) (un jour qui s'annonce plutôt lointain si j'en crois la liste interminable de livres qu'il me reste à chroniquer ici avant celui-ci...)

Bienvenue à Marwen : Voici un film qui a tout pour plaire. Inspirée de faits réels, l'histoire est tout à fait hors du commun, à la fois touchante, dérangeante parfois, et narrativement pleine de belles idées. Ses atouts principaux se nomment Robert Zemeckis à la réalisation (si je vous dis Retour vers le Futur, Forrest Gump ou Seul au Monde, ça devrait suffire à poser le bonhomme je pense) et Steve Carell dans le rôle principal (les meilleurs clowns font toujours les meilleurs acteurs dramatiques). Et puis les effets spéciaux sont vraiment chouettes, quelque part entre la naïveté du dessin animé, l'émotion sincère et l'impact de quelques scènes fortes ils permettent de montrer l'indicible, de figurer l'innommable, d'exprimer des sentiments trop forts et trop difficiles à dire autrement. Ils ont un côté enfantin parfaitement voulu et maîtrisé qui permet de garder une certaine distance avec le drame pur, tout en ne laissant aucun doute sur sa profondeur réelle. C'est vraiment bluffant et très intéressant de constater à quel point ce procédé narratif fonctionne bien émotionnellement, et permet de dire des choses très fortes symboliquement tout en les atténuant visuellement. Belle trouvaille. Quant à l'histoire on est pris dans le trop plein d'émotion qui englobe cette histoire tragique, sans pour autant s'identifier complètement aux personnages. À plusieurs moments même j'ai ressenti de la gêne vis-à-vis du personnage central, un malaise inévitable dû à sa différence mentale à la fois touchante et compréhensible, mais trop hors-norme pour l'accepter sans retenue. En fin de compte je suis sorti du film content d'avoir vu ce que j'ai vu à l'écran, et conscient de la qualité de ce film, mais pas au point de me dire "inconditionnel" de cette histoire. C'est effectivement une très belle histoire, parfaitement bien racontée, mais dont on reste malgré tout à une certaine distance. Pour se protéger soi-même certainement. À voir cependant sans hésiter, pour son originalité et sa sensibilité profonde.

Escape at Dannemora : Voilà une série limitée qui prend pour base des faits réels survenus au fin fond des États-Unis il n'y a pas très longtemps (en 2015 pour être précis). J'ai toujours apprécié les histoires de prison quand elles sont bien racontées (c'est à dire quand elles le sont depuis un point de vue avant tout humain plutôt que spectaculaire, autrement dit pour moi un seul épisode de Oz vaut bien plus que cinq saisons de Prison Break...) et croyez-moi, ici c'est carrément le cas ! Outre un casting aux petits oignons (difficile de dire qui m'a le plus impressionné, bien que la transformation physique de Patricia Arquette pour son rôle vaut à elle seule son pesant de cacahuètes), c'est aussi une mise en scène très intelligente qui mène le spectateur exactement où elle le veut qui caractérise cette série. La mise en scène est de Ben Stiller, c'est à noter tant il excelle dans un style où on ne l'attend pas du tout ! On est au plus près des personnages, on nage un peu dans le sordide du quotidien carcéral, dans l'infiniment moyen de la campagne profonde américaine, on est embarqué dans les espoirs et désespoirs de ces gens de rien, ces laissés-pour-compte d'un des pays les plus riches du monde, dans la pauvreté intellectuelle, dans un monde sans horizon où parfois l'idée d'un projet fou a priori irréalisable allume l'étincelle qui va tout changer dans un monde pourtant si figé. J'insiste volontairement sur la qualité et l'intelligence de la narration, qui m'est apparue dans toute sa netteté lors de l'avant-dernier épisode, qui d'une façon inattendue et un peu déroutante au début, bouleverse volontairement et à dessein la vision et le jugement des personnages et des faits qu'on peut avoir durant les épisodes précédents. Très chouette série qui déborde de talent de toutes parts, je recommande très très chaudement !!

Aquaman : Bon ceux qui me connaissent le savent, je suis Marvel bien plus que DC, il n'y a pas photo là-dessus, que ce soit en comics ou au cinéma. Pour autant je ne suis pas du genre obtus et fermé par principe à la Distinguée Concurrence comme la nommait Stan Lee. C'est donc avec bienveillance que je suis allé voir Aquaman au cinéma avec le fiston (mes mômes sont condamnés à être bercés dans tout ce qui a forgé mes propres passions à leur âge, et pour l'instant je suis heureux : ils accrochent carrément à tous les univers que je leur fait découvrir !!), mais je l'avoue de bon gré, je ne m'attendais à rien de particulier. Ce qui était une bonne chose puisque j'ai donc été plutôt positivement surpris par ce que j'ai vu. Là où le dernier Superman avait été poussif, là où le récent JLA était formellement raté, voici que le quasi inconnu (du grand public j'entends) Aquaman réussit à emporter le morceau. Même si la profusion d'effets spéciaux est devenue la règle en matière de films de super héros (et à grand spectacle de façon générale), ceux de Aquaman font bonne mesure, parfois un peu grandiloquents ils sont tout de même à classer dans le haut du panier et donnent une facture visuelle réussie au film. On peut être "allergique" au tout numérique, on ne pourra pour autant pas nier que ces effets-là ont un certain cachet. Bon, très clairement, si il y a une chose à retenir avant tout du film, c'est la prestation de Jason Momoa, qui bien moins caricaturalement que dans JLA, s'en sort vraiment bien pour incarner son personnage. Il est Aquaman, c'est indéniable, il était fait pour le rôle. À moins que ce ne fut ce personnage qui était fait pour lui, à vous de voir. Alors l'histoire ne casse pas trois pattes à un canard c'est vrai, je ne me battrai pas en duel pour défendre une originalité qui n'existe pas. Mais ça reste un film réussi parce qu'il touche son but principal, celui de divertir positivement le public avec un personnage qui à la base n'est pas connu du grand public. On ne s'y ennuie pas (évidemment si on vient pour y voir un mélodrame romantique ou un film d'introspection philosophique on en sortira déçu), on se laisse embarquer par le rythme effréné de ce qui se passe à l'écran (il y a peut-être même un peu trop de choses qui s'y passent en fait, si vraiment on voulait chipoter), il y a quelques scènes d'action percutantes, et à la fin c'est Aquaman qui gagne (vous en doutiez ?). Visuellement c'est plutôt une bonne pioche, pour le reste on est dans une origin story assez classique mais qui tient ses promesses.

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Published by Stéph