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  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 09:19

On y avait cru, on l’avait espéré, pour quelques uns même cette promesse avait suffit à orienter leur vote. Mais aujourd’hui la déception est de taille. Cruelle désillusion. De quoi en dégoûter certains de la politique à tout jamais. Le constat est là pourtant, irréfutable, incontournable : c’est un premier échec pour le nouveau Président de la République, un de ceux qui font le plus mal. Voici la première douche froide de ce quinquennat balbutiant : Mickael Vendetta, blaireau leader de niveau international, ne partira pas vivre ailleurs, il a annoncé qu’il restait en France.

Il faudra bien vous y faire pourtant, c’est ainsi. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient paraît-il.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 14:00

Sorti dans la foulée de la cérémonie des Oscars, porté par le vent du succès qui n’a pas lâché Jean Dujardin depuis The Artist, le film Les Infidèles, de et avec Jean Dujardin et Gilles Lelouche a aussi fait parler de lui suite à la polémique lancée au sujet de ses affiches promotionnelles. Jugées provocantes, sexistes et de très mauvais goût, certains ont même avancé qu’elles risquaient de nuire à Dujardin dans la course à l’Oscar du meilleur acteur.
Eh bien pour une fois les américains auront été moins puritains que certains français et ne lui en ont pas tenu rigueur puisqu’on sait tous ce qu’il est advenu de la cérémonie hollywoodienne. Franchement, si l’on peut à la rigueur discuter de l’aspect « mauvais goût » de ces affiches-gags (et alors dans ce cas il faudra m’expliquer qu’on puisse censurer une œuvre pour mauvais goût, autre débat…), il suffira de voir le film pour juger de son caractère sexiste et machiste, donnant soi-disant une image dégradante de la femme. Les Infidèles est une comédie, avec ses exagérations et ses débordements, mais en aucun cas le film ne véhicule de message propre à être censuré. Bref, cette polémique aura été ridicule de bout en bout et de triste augure quant à la liberté d’expression et l’humour dans nos contrées…

Moi qui suis allé voir le film, je peux donc vous rassurer, à l’image de ce qui se fait pour la défense animale : aucune femme n’a été blessée ou maltraitée au cours de ce long métrage. Enfin si, une. Mais ça compte pas, c’était une vieille.

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Bon mais alors de quoi ça cause ?
Il s’agit non pas d’une histoire mais de plusieurs, de durées et de propos très divers, mais toutes centrées autour de l’infidélité des hommes. C’est une comédie, donc le sujet est traité surtout sur un ressort comique, bien qu’à l’occasion le ton humoristique cède sa place à d’autres, plus graves. Je pense en particulier à l’histoire mettant en scène Dujardin et Alexandra Lamy dans le rôle d’un couple de quinze ans qui s’avoue ses infidélités sur l’idée de départ d’un « on s’aime, on peut tout se dire » qui va vite dégénérer. Ou encore à l’histoire mise en scène par Michel Hazanavicius (ils sont sept réalisateurs à se succéder au cours du film) dans laquelle Jean Dujardin interprète un bureaucrate plutôt terne qui essaie tant bien que mal de s’encanailler au cours d’un congrès de sa boîte, qui m’a vu mal à l’aise et presque gêné de voir ce pauvre type s’enfoncer dans le pathétique.. Et celle où Gilles Lelouche est un orthodontiste qui tombe amoureux de sa jeune patiente est également à ranger parmi les sketches à fond plus sérieux.

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À côté de cela, il y a les scènes où on se lâche ouvertement. Des petites « pastilles » très courtes, notamment celles mettant en scène Manu Payet (absolument hilarant) et Guillaume Canet (dont la coupe de cheveux est à la mesure du contre-emploi qu’il joue). Gilles Lelouche en footeux aux urgences vaut son pesant de cacahouètes aussi. Évidemment c’est moins fin, voire parfois même carrément gras, mais ça ne m’a pas gêné une seconde. Le clou étant le sketch des « infidèles anonymes » où plusieurs personnages (que des hommes bien sûr) se retrouvent en thérapie de groupe pour avouer et combattre leur infidélité chronique. Sandrine Kiberlain y interprète une thérapeute féministe, revancharde et peau de vache qui vaut le détour.

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Quant à l’histoire principale, celle qui débute et clôt le film, qui narre les frasques de deux potes qui ne peuvent pas s’empêcher, bien qu’étant en couples, de sauter (sur) tout ce qui bouge, c’est la plus longue mais celle qui m’a le moins enthousiasmé finalement. Bon c’est sûr, Dujardin et Lelouche y jouent deux lourdaux hypocrites et cela donne quelques scènes amusantes, mais leur voyage aux States fait un peu trop dans la démesure et l’exagération, si bien que ça m’a donné l’impression d’avoir du mal à se situer clairement entre dénonciation et grand-guignol...

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En tout cas, loin d’être un chef d’œuvre (ambition dont le film ne se targue pas du reste), Les Infidèles est un film distrayant, voire vraiment marrant par moment. C’est une tarte à la crème que de dire cela d’un film à sketchs tellement c’est évident : il y a des sketchs meilleurs que d’autres, en cela le film s’avère inégal sur son ensemble. Mais la sensation prédominante pour moi a été positive. Et pour revenir rapidement sur la polémique dont je faisais état en début d’article, vu, au cours de ce film, tout ce que les mecs se prennent dans la tronche question fidélité, hypocrisie, sincérité des sentiments, vu la manière dont ils passent quasiment tous pour de grands gamins parfaitement irresponsables et menés par une seule loi, celle de leur libido, je crois qu’on peut l’affirmer : le film n’est en rien machiste. Au contraire même, c’est limite sexiste dans l’autre sens, vu que les seuls torts, vices et travers dénoncés ici sont masculins, comme si les femmes en étaient elles-mêmes exemptes…

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Je profite rapidement de cet article pour faire passer un message à caractère très personnel puisqu’il s’adresse à mon ami Éric, qui me lira peut-être.
Pour la petite histoire, mon meilleur ami et moi partageons comme les deux compères du film, depuis des lustres, le rêve d’un voyage tous les deux à New-York, et nous comptons bien parvenir à le réaliser un jour. Mais que ce soit clair et sans l’ombre du moindre doute : Éric, pour moi ça tient toujours mais en aucun cas, tu m’entends bien, en AUCUN cas, il ne faudra compter à ce que notre périple finisse comme dans le film. Non négociable.
Ceux qui ont vu Les Infidèles comprendront...

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:37

Voici quelques temps déjà, j’avais beaucoup aimé les deux livres de Bill Bryson que j’avais pu lire : American Rigolos et Nos Voisins du Dessous* qui narraient les aventures domestiques de l’auteur et sa découverte rocambolesque de ces deux grands pays iconiques que sont les Etats-Unis et l’Australie. Si bien que je n’ai pas hésité à me lancer dans ce gros ouvrage à l’ambition démesurée mais assumée dès son titre, quand j’ai su que c’est Bill Bryson qui assurait le rôle de conteur.

Et pour répondre à la question qu’on peut légitimement se poser à la vue du titre, OUI, Bryson nous dit tout sur tout, ou presque.

Dans ce formidable ouvrage de vulgarisation, l’auteur aborde à peu près l’ensemble du champ des connaissances actuelles, mais revient aussi sur un aspect extrêmement intéressant : l’Histoire des Sciences. Il va donc au gré de ses pérégrinations dans l’Histoire, aborder différentes disciplines scientifiques, allant de la chimie à la physique quantique, en passant par l’astronomie, la géologie, la zoologie, la paléontologie, la botanique, la biologie, l’anthropologie, j’en passe et des meilleures… Oh oui, je sais qu’énuméré comme ça, ça a tout l’air rébarbatif, mais détrompez-vous, c’est tout simplement passionnant.

Comme il faut bien se donner un fil rouge, Bryson suit comme trame principale l’écoulement du temps, tout simplement. Depuis le présumé Big-Bang jusqu’à nos jours, il va donc passer en revue la chaîne ininterrompue de l’évolution de notre univers, de notre système solaire, de notre planète et de la vie qu’elle abrite, nous compris. Ça cause atomes, mur de Planck, tectonique des plaques, origines des espèces, chaînon manquant de l’évolution du singe jusqu’à l’homme, inventeurs géniaux et fous méconnus qui ont peuplé l’histoire mondiale des découvertes scientifiques. Tout y passe sans que jamais, jamais, on ne se sente ni dépassé ni lassé par ce qu’on nous raconte dans ce bouquin.
Mine d’informations, ce livre n’est pas qu’un inventaire de connaissances théoriques, de lois mathématiques compliquées, d’explications de phénomènes physiques, loin de là, c’est beaucoup, beaucoup plus que nous propose Bill Bryson.

Car Bryson est avant tout un conteur hors-paire doublé d’un journaliste consciencieux. Ce qui rend son bouquin génialement construit. D’abord il a l’avantage de n’avoir pas de formation scientifique (il était journaliste économique pendant longtemps avant de devenir romancier), ce qui le place au même niveau que son lecteur lambda. Il se pose donc les mêmes questions que le quidam moyen, et sait utiliser en guise de réponses des mots simples avec un véritable talent pédagogique. Ce type n’enseigne pas, il raconte, et cela fait toute la différence…
Ce qui fait son originalité et sa grande force, c’est la capacité qu’il a de mêler étroitement l’Histoire aux petites histoires, l’information à l’anecdote. Cela donne un récit vivant, et un style d’écriture intelligemment perméable à l’humour et au second degré. Bill Bryson prouve avec ce livre qu’on s’instruit bien mieux en s’amusant.

C’est ainsi que j’ai appris entre mille choses, avec un grand étonnement, un léger dégoût et beaucoup d’amusement, qu’une étude très sérieuse a estimé qu’un oreiller de six ans est composé pour un dixième de son poids de peau morte, d’acariens vivants, d’acariens morts et de crottes d’acariens. On vous laisse imaginer pour ce qui concerne un matelas. Et encore, comme aime à le souligner Bryson, « au moins ce sont vos acariens », repensez-y quand vous irez dormir à l’hôtel… Voilà typiquement le genre d’anecdote amusante qui émaillent le livre, celle-ci étant insérée au sein d’un chapitre traitant entre autre de taxinomie, de la diversité des êtres vivants et du dénombrement des espèces. De la même manière vous en apprendrez autant sur la vie et la personnalité de grands esprits scientifiques tels Einstein, Newton et beaucoup d’autres, que sur leurs découvertes. C’est drôle, toujours authentique, intéressant, parfois bizarre et inquiétant, mais ça a surtout pour effet principal d’humaniser la science qu’on pourrait avoir tendance à considérer comme difficile d’accès de prime abord.

Avec un prof comme Bill Bryson, la Science devient un plaisir, ni plus ni moins. Lecture vivement conseillée !


* il est également fait mention de Une Histoire de tout, ou presque… dans un autre livre que j’ai lu précédemment : Instructions pour sauver le monde de Rosa Montero.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 09:34

Ce qui est bon quand on lit un bouquin, qu’on découvre un album ou qu’on va voir un film, c’est de se faire prendre (positivement) par surprise. Ça crée un enthousiasme aussi franc qu’inattendu et le plaisir qu’on ressent s’en trouve décuplé. Je parle bien de la découverte d’une œuvre culturelle hein.
C’est ce qui m’est arrivé avec ce petit film, Chronicle de Josh Trank (inconnu au bataillon), que je suis allé voir sans savoir à quoi m’attendre, juste poussé par un synopsis de départ qui avait éveillé ma curiosité. Et j’en suis sorti enchanté, complètement embarqué par ce que je venais de voir sur l’écran. Avec le bonheur simple lié à la satisfaction de m’être pris un chouette film en pleine face alors qu’au départ j’espérais juste que ce ne serait pas trop naze.


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Au début de Chronicle on fait connaissance avec Andrew (Dane DeHaan), un lycéen refermé sur lui-même, mal dans sa peau, qui n’a aucune confiance en lui, et qui essaie tant bien que mal de concilier son environnement familial en déliquescence (sa mère gravement malade est mourante et son père alcoolique passe ses nerfs sur lui) et son environnement scolaire tout aussi déprimant (timide, chétif et incompris il est le souffre douleur de ses camarades). De plus en plus asocial il décide de filmer sa vie et ne se déplace plus sans sa caméra derrière laquelle il se réfugie, celle-ci faisant office à la fois de filtre et de bouclier entre le jeune homme et la réalité dont il se coupe de plus en plus. Seul son cousin Matt (Alex Russell) le traite « normalement », et reste son dernier ancrage avec le monde scolaire. C’est justement en emmenant son cousin en soirée avec lui que Matt présente à Andrew l’ultra-populaire Steve (Michael B. Jordan*) qui a tout de la caricature du boyscout à l’américaine : sportif, intelligent, de bonne famille, il est sympa avec tout le monde, plaît aux filles et est le grand favori aux élections de représentant des élèves à venir. Mais Steve n’est pas le poseur, frimeur et imposteur que son image lisse pourrait nous laisser imaginer (tous cyniques désabusés que nous sommes), c’est réellement un gars sympa qui ne juge pas et accepte sans manières de côtoyer le pestiféré Andrew. C’est ensemble que les trois garçons vont découvrir en pleine nature, non loin de la rave-party à laquelle ils participent une étrange galerie dans le sol, d’où provient un bruit métallique non moins étrange. Grisés par l’alcool et la caméra au poing, les trois compères décident de s’aventurer dans le trou béant et tombent sur une substance indéfinissable, aux lueurs et aux sons aussi inquiétants qu’attirants. Le contact avec cette roche particulière les laisse sur le carreau, et ce n’est que quelques jours plus tard que les trois jeunes hommes se rendent compte qu’ils sont devenus capables de choses hors du commun. Tous trois doués de télékinésie, ils gardent pour eux ces nouveaux talents, tout en les développant ensemble, s’entraînant en cachette à maîtriser leurs pouvoirs. Chacun à sa façon va développer des aptitudes fabuleuses, mais ce sentiment de puissance, tout d’abord extrêmement grisant, va vite avoir des conséquences sur leurs vies et les inciter à se poser des questions sur leur responsabilité et les limites qu’ils doivent s’imposer, … ou pas !

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Voilà, j’ai fait un peu long pour le résumé, mais c’est pour exposer au mieux les bases du film. Je suis sûr que ceux, qui comme moi, sont des lecteurs de comics, auront été titillés par la dernière phrase car elle fait écho au leitmotiv d’un super-héros bien connu et qui se balance en collants au bout d’un fil : Spider-Man et son fameux « de grands pouvoirs entraînent de grandes responsabilités ». Clairement le clin d’œil à la devise phare de Peter Parker est évident. À ceci près que dans ce film, les personnages et les événements sont traités avec un maximum de réalisme (si tant est qu’on accepte comme réaliste l’idée de départ de trois garçons doués de télékinésie évidemment). Pas de costumes, pas d’envie de jouer les super-héros, pas de super-vilain à combattre, seulement trois jeunes qui se retrouvent dans une situation extraordinaire et qui vont devoir apprendre à composer avec. Du coup quand les héros parlent de responsabilité, il ne s’agit pas de se mettre à sauver des gens et devenir des super-héros, mais avant toute chose de ne pas mettre les autres en danger en utilisant leurs pouvoirs inconsidérément.

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Et c’est avant tout sur le cheminement personnel et la prise de conscience qu’est centré ce film. Chacun des trois garçons, en fonction de sa personnalité propre et de son environnement, va évoluer différemment.  Au départ, et c’est une partie très enthousiasmante du film, il y a la phase d’appropriation des changements qui s’opèrent en eux (je ne ferai pas d’assimilation avec les ados dont « le corps change » mais ceux qui voudraient absolument y chercher une interprétation psychanalytique ont du terrain à explorer dans cette direction), la découverte des pouvoirs et l’exploration du champs de possibilités qu’ils ouvrent aux trois garçons. Cette partie est franchement plaisante, drôle, potache, mais possède aussi un vrai pouvoir d’émerveillement. Ce qui est en soi déjà une belle réussite. De nos jours les effets spéciaux sont à ce point devenus monnaie courante et sont souvent tellement bien foutus que j’étais tout étonné dans ce film de voir les effets « concrets » des pouvoirs de télékinésie de ces gamins m’émerveiller autant. Vraiment, j’avais le sourire aux lèvres et l’envie de lâcher un « wouah » d’admiration et de surprise devant leurs prouesses (et leurs ratés). J’étais comme un gosse qui voit ça pour la première fois, alors que depuis des années j’ai été littéralement nourri de films à effets spéciaux. Très bon point donc.

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Puis, une fois que les nouvelles capacités sont plus ou moins maîtrisées, que les jeunes héros ont pu explorer leurs limites, vient la phase suivante : que faire de ces dons exceptionnels ? Faut-il s’imposer des limites ? Lesquelles ? Le pouvoir absolu corrompt-il absolument ?
On aborde frontalement le concept de morale, qu’on retrouve inévitablement à la base de toute histoire de super-héros, même celles qui ne répondent pas directement aux canons du genre (comme c’est le cas ici). Et comme à chaque fois quand on parle de morale, je ne peux m’empêcher de penser à la phrase de Léo Ferré « n’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres »…

Il y aurait également beaucoup à dire sur la façon dont les choses vont évoluer, comment chacun va user de son pouvoir, et sur la conséquence des choix de chacun, mais ce faisant je dévoilerais trop le contenu du film et son dénouement, que j’ai personnellement trouvé très cohérent et fort réussi. Je préfère donc laisser le plaisir à chacun de le découvrir par soi-même. Mais ce que je peux dire c’est que cela faisait longtemps que je n’avais pas vu l’idée de « super-pouvoir » développée sur un ton aussi réaliste, réfléchi, logique et au bout du compte adulte. Encore une fois, tout ce qui habituellement, dans une histoire de super-héros, vient enrober l’action et les personnages, et qui parfois contribuent à « polluer » les réflexions très philosophiques que certains soulèvent (sur la responsabilité liée au pouvoir notamment), est ici évacué. Pas de costume moulant, pas de triangle amoureux, pas de némésis au héros, pas de combat entre le bien et le mal (en tout cas pas sous la forme manichéenne super-héros Vs super-vilain), pas de superstar pour endosser le rôle principal, pas de second degré ou de punchlines en forme de clin d’œil au spectateur (et dont le sous-texte est toujours un peu teinté de « ne vous en faites pas, on ne se prend pas au sérieux, on est conscient que tout ça c’est du cinéma pour grands enfants »). Chronicle est purgé de tout cela, et ça fait un bien fou.

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Entendons-nous bien, j’adore les films de super-héros (et je bouffe des comics à tous les repas) et je piaffe d’impatience d’aller voir Avengers au cinéma (eh non, contre toute attente je n’y suis pas encore allé !). J’aime voir Spider-man virevolter entre les buildings de New-York, j’adore voir Magnéto soulever un sous-marin nucléaire ou écouter Robert Downey Jr cabotiner dans son costume de Tony Stark. Parce que c’est du folklore, que j’ai baigné et grandi là-dedans et que voir en chair et en os des personnages de papier que je connais et que j’aime depuis que je sais lire me fait toujours triper au-delà du raisonnable. Mais avec Chronicle, c’est une autre approche, beaucoup plus terre-à-terre, beaucoup plus sobre et cependant ultra-prenante malgré tout.

Comme je le disais, il n’y a pas de star à l’écran, les acteurs qui jouent là-dedans m’étaient parfaitement inconnus et cela contribue au réalisme, car le comédien est totalement effacé derrière son personnage. Quant à la mise en scène elle est elle aussi particulière. Une grande partie du film est montré par l’objectif de la caméra d’Andrew, presque à la façon d’un documentaire. Cela donne un grain spécial à l’image, les couleurs sont ternes, les choses, les gens, la réalité n’est jamais « améliorée », on ne cherche pas à donner un vernis « cool » à ce qu’on nous montre. Pour autant les effets spéciaux sont impeccables, justement car ils ne cherchent pas à en faire trop. Ils ne sont pas l’intérêt principal du film mais contribuent pleinement à donner encore plus de force et d’impact à l’histoire en se mettant à son service d’une très belle manière.

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C’est pour toutes ces raisons que j’ai du mal à qualifier simplement ce film de film de super-héros. Parce qu’il en intègre certes de nombreux éléments (dont l’essentiel : des personnages dotés de pouvoirs exceptionnels), mais se situe toutefois aux antipodes de ce que Hollywood nous sert comme standards du genre depuis que ces films ont le vent en poupe (on va dire pour simplifier depuis les franchises BladeX-MenSpider-Man). Alors pour un amoureux du genre comme moi, c’est très rafraîchissant et extrêmement plaisant de voir ce Chronicle qui sort des sentiers battus, qui va là où on ne l’attend pas du tout et qui fait mouche.
C’est pour moi la meilleure surprise de ce début d’année, sans conteste !



* le B. du nom étant certainement là pour marquer la distinction avec un aîné basketteur autrement plus connu…


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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:21

Mon prochain billet “musical” prévu devait être consacré au concert de Ben Howard du 2 mai à Strasbourg. C’était déjà un report de date puisqu’au départ il était programmé en février. Et puis le 30 avril j’ouvre ma boîte mail et boum, message d’annulation pour le concert prévu 2 jours plus tard. Grrrr. Annulation hein, pas report. Je regarde où je pourrais le voir quand même prochainement et je m’aperçois qu’il est programmé dans une petite salle à Zurich (à peine une heure et demie de route de chez moi) … le soir même. Sold out of course. Caramba encore raté. Après c’est tout de suite beaucoup plus loin, beaucoup plus tard et beaucoup plus cher aussi au passage. Scheize, me dis-je, c’est bel et bien cuit donc, je ne verrai pas le petit prodige anglais dans une salle à dimensions humaines, près de chez moi et à un prix raisonnable. Parce qu’à coup sûr, la prochaine fois qu’il passera dans le coin, il sera devenu une star dont le concert programmé au Zénith local coûtera bonbon. Fais ch###.

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Mais bon, comme je ne suis pas du genre rancunier je le fais quand même ce billet sur Ben Howard. Parce qu’il en vaut vraiment le coup le gaillard. J’ai découvert son album en novembre ou décembre dernier, me rappelle plus bien, à l’occasion de son passage sur la scène de Taratata. J’avais trouvé sa musique et sa prestation live géniales, j’ai donc embrayé sur l’album, Every Kingdom et je n’ai pas été déçu du voyage.

Je ne suis pas musicologue et je n’ai aucun doctorat en bon goût musical pour faire foi de ce que j’avance, mais c’est du tout bon. Je peux me planter dans les catégories mais si ça ne tenait qu’à moi je classerais la musique du bonhomme quelque part entre la pop anglaise actuelle et le folk, tendance cool. C’est pas clair ? alors prenez un Damien Rice pour ses mélodies, la poésie et la mélancolie qui habitent ses chansons (parfois même le lyrisme et les chœurs idoines), et collez-y une voix et des accords à la James Blunt. Ça vous donnera une petite idée de ce que fait Ben Howard.

Je vous vois venir, les allergiques à James Blunt vont sournoisement me rétorquer « mais c’est pour les adolescentes de seize ans maximum alors ? », ce à quoi je répondrais solennellement par un « prout » franc et massif.
J’avais prévenu je n’ai pas de diplôme en musicologie, je me sens donc quelque peu démuni côté arguments définitifs qui en jettent. Tout ce que je peux dire, c’est que j’aime vraiment beaucoup ce que ça donne, et que ce que j’ai pu en voir ici et là sur Youtube m’a confirmé qu’en live ça doit être super sympa à écouter. Allez pour la peine, je vous ai mis en lien un morceau accoustique : Ben avec sa guitare sèche, et une orchestration minimum pour l'accompagner, vous vous ferez votre propre idée. Moi c’est clair, j’aime.

 


 


Pour citer quelques titres en passant, je dirais que le premier morceau de l’album, Old Pine donne une bonne idée de l’ensemble de l’album, aux rythmes variant du « très cool » à « l’enthousiasme entêtant », aux mélodies simples et classes, aux jeux de guitares et de voix tout du long. Les deux titres qui ferment le ban (Gracious et surtout la superbe Promise) sont quant à eux des invitations à heumeumer* avec lui tout du long sur une musique à écouter au calme, du genre qu’on aimerait qu’elles ne cessent jamais tant les mélodies sont belles et possèdent un pouvoir relaxant…

Bref, vous avez bien compris, je conseille vivement l’écoute de Every Kingdom, l’album de Ben Howard. Et j’espère bien réussir à le voir un de ces jours en live, quelque chose me dit que ça doit valoir la peine.



* ben quoi, vous n’heumeumez jamais sur des musiques cool dont les paroles vous échappent ? moi tout le temps. Parce que malheureusement les paroles des chansons étrangères m’échappent quand même plus que régulièrement. Celles des chansons françaises aussi d’ailleurs de plus en plus souvent. Ce qui n’est pas sans m’inquiéter.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 07:56

Voilà très longtemps que j’avais envie de lire du Pierre Pelot. D’abord parce que le bonhomme a une bibliographie longue comme le bras et qu’il me donnait l’image d’un touche-à-tout intéressant. Et puis bon, c’est un auteur vosgien donc quasiment un voisin quoi. C’est vrai, à force de lorgner sur les stars américaines et les auteurs à succès internationaux, on en oublie parfois que localement les gens aussi ont des trucs à dire.
Donc, quand je suis tombé au gré de mes pérégrinations dans une librairie sur ce roman au titre complètement farfelu (qui m’a piqué d’emblée en plein dans un de mes organes sensibles : la curiosité), à la couverture affublée d’une jeune fille gironde en équilibre plus qu'instable entre féminité et vulgarité et que j’ai vu de qui était signée l’œuvre je me suis dit banco ! L’occasion de découvrir cet auteur venait de s’offrir à moi, inattendue et intrigante, donc irrésistible.


Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce titre somme toute déconcertant ? Laissez-moi éclaircir vos lanternes…

L’action se situe en plein cœur des Vosges, dans un petit village au fond d’une vallée. Les Gravier y étaient l’élite des notables locaux, du temps de la gloire de la filature qu’ils possédaient. Mais l’industrie textile a disparu des Vosges, et depuis lors, les anciens patrons se retrouvent à la tête d’un site industriel en ruines, et d’une immense propriété au sein d’un parc avec petit étang et chapelle privée… D’ailleurs le patriarche n’a pas survécu à son usine, et ne subsiste de la famille qu’un trio qui rivalise de bizarreries : Maman Jojo, le fils aîné Babar, qu’on hésite à classer entre génie méconnu et autiste obèse à tendance schizophrène-paranoïaque (le garçon bricole dans son coin un engin qu’il a baptisé Madame Wells, et qui n’est rien moins qu’une machine à voyager dans le temps), et Marie, dit Marie-McDo, jolie fille au caractère de chien et aux mœurs légères. Cette dernière n’hésite pas à monnayer ses charmes pour trois fois rien ou contre quelques sandwichs de fast-food ce qui lui vaut son surnom et la haine sourde de son frère. Mais à sa réputation de fille facile s’ajoute depuis peu une nouvelle rumeur : Marie ferait des miracles. Elle aurait même ressuscité un chat mort… Il n’en faut pas plus pour qu’une bande d’illuminés ésotériques menés par un leader charismatique nommé Manuel Emmanuel en fassent la réincarnation divine de Marie-Madeleine, la sainte prostituée biblique, ce qui commence à faire parler et à attirer de plus en plus de monde dans le petit village vosgien.
À tous ces étrangers vient s’ajouter un homme, Abel, attiré lui aussi par la légende naissante autour de Marie-McDo mais qui ne goûte en rien les concepts religieux d’un Manuel Emmanuel bien parti pour fonder une nouvelle secte à la gloire de la jeune fille. Abel est bien décidé à s’introduire discrètement chez les Gravier, le plus grand mystère entourant ses intentions…

Bon ben c’est plutôt intéressant tout ça non ? D’autant que dans le même récit, Pierre Pelot réussit à entremêler une secte naissante, une prostituée faiseuse de miracles, des extra-terrestres belliqueux, un génie frappadingue, une machine à voyager dans le temps sans oublier l’Ange étrange du titre… ce qui vous l’avouerez pourrait faire beaucoup voire trop si l’auteur n’avait pas la bouteille suffisante pour ficeler son affaire. Et force est d’avouer que Pierre Pelot maîtrise son art de raconteur d’histoire. C’est plutôt bien écrit dans l’ensemble, quelques longueurs s’immiscent toutefois dans les descriptions et les sentiments des personnages. Pourtant chez moi, la mayonnaise n’a pas pris, j’en ai été le premier désolé du reste. Je suis plutôt preneur de tout ce genre de concepts un peu casse-gueule, qui plus est lorsqu’ils sont combinés au sein d’un joyeux foutoir, mais voilà, dans le cas présent il m’a manqué quelque chose, difficile de définir quoi exactement. Le bouquin est pourtant loin d’être mauvais, mais c’est plutôt une somme de petites choses qui ont petit à petit douché mon enthousiasme. L’auteur fait en sorte que toute son histoire se tienne, mais j’ai trouvé la ficelle principale du livre un peu grosse à avaler. Tellement que, la voyant venir de loin, je me disais à moi-même que ce n’était pas possible que ce soit cela, qu’il devait y avoir un piège quelque part. Évidemment je vais soigneusement éviter de dévoiler le nœud de l’intrigue au cas où vous voudriez vous lancer dans la lecture de ce roman, mais sa résolution ne m’a pas convaincu. J’avais comme un goût de « tout ça pour ça ? » à la fin du bouquin. Un peu de déception et de frustration donc. Pourtant la narration et la mise en place sont bonnes, j’ai beaucoup aimé le coup d’accélérateur de la dernière partie et j’ai ainsi découvert que Pelot s’en sort très bien pour décrire des scènes d’action et faire monter la tension chez son lecteur. J’ai trouvé les flashbacks dont le récit est parsemé plutôt bien amenés et très intéressants, bien que par moments j’avais l’impression que l’action présente était du coup trop mise au ralenti et reléguée en second plan. Certains personnages sont réellement très réussis, mes préférés étant sans conteste le leader religieux auto-proclamé Manuel Emmanuel, et le frangin cintré qui bricole sa Madame Wells dans la chapelle.

Mais ces bons côtés n’auront pas suffit à me convaincre, l’histoire ne m’a pas embarqué comme j’aime que ça soit le cas, je suis constamment resté détaché du récit. La faute en particulier à Abel, l’un des principaux personnages et qui représente la clé de l’énigme, avec lequel je n’ai pas accroché un seul instant. Manque d’intérêt, manque de crédibilité et totale absence d’empathie pour le personnage. La faute aussi à une fin qui m’a laissé franchement sur ma faim. L’épilogue quant à lui est à mon sens complètement raté, à côté de la plaque, simpliste, invraisemblable et incohérent.
Bref si je devais résumer mon sentiment en quelques mots, je dirais que les idées de départ étaient franchement bonnes et originales, mais qu’elles ont débouché sur une déception à la hauteur des attentes qu’elles avaient éveillées chez moi. Le récit, plutôt bon au demeurant, aura pourtant manqué du souffle nécessaire pour me passionner sur la longueur. Pour mon entrée en matière au sein de l’œuvre de Pierre Pelot la lecture de L’Ange étrange et Marie-McDo s’est avérée décevante et c’est bien dommage.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 07:46

Je ne suis pas une midinette et je n’ai (à ma connaissance) aucun penchant pour les beaux ténébreux. Je n’arrive pas à préférer une mini tasse de Nespresso à mon bol de café quand j’arrive au boulot le matin. Pourtant j’avoue sans gêne que George Clooney figure dans la liste de mes acteurs favoris *. Donc quand j’ai su qu’il était à l’affiche dans un film nominé aux Oscars (oui je sais, c’est loin d’être le gage de quoi que ce soit qualitativement parlant) et réalisé par Alexander Payne (là déjà c’est autre chose, j’y reviendrai), je me suis dit que ce serait une bonne idée d’y jeter un coup d’œil. Comme ça, pour voir. Et si je n’ai pas été ébloui j’ai tout de même passé un bon moment.

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L’histoire prend place dans l’archipel d’Hawaï. Matt King (George Clooney) bosse beaucoup, et néglige plus que de raison son couple et son rôle de père. Un accident de ski nautique plonge sa femme dans le coma, et oblige Matt à s’occuper à plein temps de Scottie, dix ans (Amara Miller) et Alexandra (Shailene Woodley), adolescente rebelle de dix-sept ans. Décisionnaire dans un processus de vente de terres familiales s’élevant à plusieurs centaines de millions de dollars, Matt va devoir prendre de lourdes décisions alors qu’il apprend coup sur coup que son épouse ne se remettra jamais, et que celle-ci avait une liaison. C’est avec ses enfants, et Sid (Nick Krause), l’ami demeuré de son aînée, que Matt va partir à la recherche de l’amant de sa femme…


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Je partais avec un a priori positif en allant voir ce film, ne serait-ce que par rapport à ce que j’avais déjà vu de son réalisateur auparavant. Il a, dans les années 2000, signé deux films qui m’ont marqué (et plu, je précise) avec Sideways et Monsieur Schmidt**. Je savais donc qu’il était tout à fait capable de partir d’une situation et de personnages pas forcément extravagants pour raconter de chouettes histoires, et que la simplicité n’exclut pas la profondeur dans son approche des choses… et c’est très exactement ce que j’ai retrouvé comme sensation dans The Descendants. Une histoire au pitch de départ plutôt simple, et un développement tout en finesse, abordant parfois des sujets très graves sans s’interdire des touches d’humour, voire de loufoquerie. À ce titre le personnage de Sid, que j’ai trouvé parfaitement imbitable et con comme un manche au point que je n’en revenais pas d’un tel décalage et d’une telle marque de mauvais goût au milieu du reste d’un film si mesuré, se révèle tout à fait à sa place comme on le comprend dans la dernière partie du film.

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Alexander Payne va donc au fil du métrage nous emmener à sa suite sur des terrains qu’on n’attendait pas forcément et posera certaines questions auxquelles il nous invite à réfléchir sans vouloir imposer la réponse qu’il propose. Dans The Descendants il est question d’amour, de haine, de vengeance, de détresse, de pardon et d’espoirs à degrés divers. On varie avec les personnages d’un sentiment à l’autre, parfois contradictoires, et ça permet de se remettre soi-même en question. Quel sentiment l’emporterait chez nous, quelle réaction serait la notre dans de telles circonstances ? Sans intellectualiser à outrance, j’ai trouvé le fond de la réflexion proposée intéressant.

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Côté comédiens, Clooney tient le haut du pavé et joue vraiment d’une manière fluide, juste et sincère la somme de sentiments qui assaillent son personnage. De l’inquiétude et la volonté de se rattraper au début de l’histoire, à l’abattement et la dévastation d’apprendre que sa femme est en mort cérébrale, jusqu’à la colère et la haine qu’il ressent en tant que mari trompé en passant par la détresse d’un père débordé par ses enfants qu’il redécouvre dès lors qu’il s’en occupera pleinement… Vraiment, j’ai trouvé son jeu d’acteur brillant, ni trop ni pas assez dans l’expression des sentiments, pour moi c’était une confirmation de plus de son talent de comédien. Mais une autre qui se révèle aussi bonne que belle (non ce ne sont pas des synonymes) c’est la jeune Shailene Woodley, à qui je prédis une jolie carrière si toutefois elle parvient à se tenir loin des twilighteries et autres mièvreries ado-sirupeuses… Et puis c’est toujours un plaisir de retrouver au détour d’un second rôle le sous-employé Robert Forster, ici dans le rôle du beau-père acariâtre dont le caractère de chien, la haine et la dureté ne l’empêchent pas d’être aussi par ailleurs un vieil homme touchant.

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Et puis pour la petite histoire, ce film a l’avantage de répondre à des questions autrement plus existentielles. En effet il vous prouvera sans l’ombre d’un doute possible que s’habiller chaque jour de l’année en chemise à fleurs hawaïenne et tongs, c’est pas le truc le plus classe au monde, même quand on s’appelle George Clooney. Ça humanise le bonhomme, c’est le moins qu’on puisse dire. Sans parler de son statut de cocu (et bonjour le baltringue que madame a choisi pour le remplacer…) qui finit un peu plus de l’éloigner de son image de bellâtre dans ce film. Et c’est tant mieux.

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Pour résumer, je dirais que The Descendants est un chouette film, pas révolutionnaire loin s’en faut, mais honnête dans ce qu’il raconte, avec des acteurs de talent et une mise en scène intelligente. C’est franchement déjà pas mal non ?



* Liste au sein de laquelle George côtoie les très glamours et sexy Richard Dreyfuss, Paul Giamatti, Takeshi Kitano ou Jack Nicholson par exemple. Juste pour vous situer l’ambiance playboy de cette liste.

** Tiens donc, revoilà Paul Giamatti et Jack Nicholson, quelle coïncidence !

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 06:45


« J’aime toujours autant me défoncer sur un vélo »


Richard Virenque, un homme honnête.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:27

J’aime faire le grand écart.
Je veux dire par là, m’intéresser à des choses très différentes, voire opposées parfois. (Sinon, oui je travaille aussi ma souplesse articulaire –l’âge fait des ravages-, merci de vous inquiéter.)
C’est pourquoi sur mon blog dans la catégorie cinéma, je ne vois aucun inconvénient à aligner à la suite des articles sur Intouchables, Shame, Take Shelter et La Vérité si je mens ! 3. Même pas peur. Même pas honte. D’autant que ça risque de pas s’arranger prochainement…*


Donc je suis allé voir la suite tant attendue (si, moi je l’attendais) des aventures de nos vendeurs préférés (si, moi je les aime) de fringues à pas cher. J’avais adoré le premier volet en 1997, beaucoup ri sur la suite de 2000, il n’y avait donc aucune raison de bouder ce troisième, bien que tardif, opus. Et je n’ai pas adoré comme le premier. Je n’ai pas autant ri que pour le second. Mais je ne me suis pas non plus ennuyé.

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Dans La vérité si je mens ! 3  de Thomas Gilou, on retrouve donc Eddie (Richard Anconina), Serge (José Garcia), Yvan (Bruno Solo), Dov (Vincent Elbaz reprend son rôle après l’avoir laissé à Gad Elmaleh dans le second volet) et Patrick (Gilbert Melki) à peu de choses près là où on les avait laissés douze ans plus tôt. Toujours dans le business, toujours dans une ambiance de bons potes qui rigolent bien, magouillent un peu et prennent la vie avec le sourire. Bon, il y a quelques mômes en plus, Karine (Aure Atika) a quitté Dov et sort avec Yvan, Serge truande bosse pour beau-papa (Enrico Macias), les affaires ne se font plus dans le Sentier mais dans la banlieue d’Aubervilliers, mais dans l’ensemble tout ce petit monde vivote dans la bonne humeur.
Le commerce reste bon, malgré la concurrence devenue plus féroce de la part des chinois qui s’installent dans les affaires. Jusqu’au jour où la société de Eddie, Yvan et Dov fait l’objet d’un contrôle judiciaire visiblement téléguidé par quelqu’un… pour se sortir de ce mauvais pas il va peut-être falloir s’en remettre à Simon (Marc Andreoni) pour contrecarrer les chinois. Serge pour sa part n’a jamais été plus irresponsable que depuis qu’il gère les affaires de son beau-père, ce qui n’arrange pas sa relation avec Chochona (Elisa Tovati). Quant à Patrick, rien ne va plus pour lui non plus : les impôts s’intéressent de très près à lui et c’est étonnamment… réciproque ! En effet la sérieuse Mlle Salomon (Léa Drucker) ne le laisse pas de marbre, et pour un millionnaire qui ne déclare rien au fisc, tomber amoureux de son contrôleur des impôts n’est pas la meilleure des idées à avoir…
Un vent de panique souffle entre les membres de la petite bande d’amis, la zizanie et la discorde les guettent…

318 verite si je mens3 dov yvan chinois
Évidemment, il serait de bon ton de cracher sur le film, de le trouver raté, répétitif, poussif et comme je l’ai pas mal lu sur la toile, « trop commercial ». Mais ce ne serait pas honnête. Tout comme il ne serait pas honnête non plus de le porter aux nues et d’en faire la nouvelle comédie française inratable de ce début d’année. Non, en fait, il s’agit tout simplement d’un film moyen. D’une comédie pas franchement mauvaise, mais rien d’exceptionnel non plus.

Pas bon, parce que évidemment le scénario est cousu de fil blanc (la vérité je fais des jeux de mots !), que l’on sent à peu près tout venir et de loin. Parce que la surprise et l’originalité n’y sont plus, qu’on est beaucoup plus dans une logique de mécanique bien huilée que dans un joyeux foutoir comme au début. Parce que ce qui passait pour de la nouveauté et du grand guignol drôlatique au début ressemble parfois plus à de la caricature de caricature. Ben oui, on a aimé Serge Benamou, ou nous donne du Serge Benamou ! dans toute sa démesure, mythomane au dernier degré. Mais en même temps de quoi se plaint-on ? c’est la définition même de ce personnage si on y réfléchit un peu. Cela étant dit, c’est très certainement toutes les scènes traitant de la relation entre Serge et son beau-père que j’ai trouvées les plus outrancières, exagérées et au bout du compte ratées et pas drôles du tout.

Pas mauvais, parce que tout ça fleure bon le parfum de nostalgie des premiers films. Parce que les personnages sont les mêmes qu’au départ et qu’on les a aimés ainsi. Parce que tout cela est fait avec une bonne humeur communicative, qu’on ressent l’ambiance de potes qui règne dans le jeu des acteurs. Parce qu’on voulait du cabotinage, de l’accent pied-noir, des vannes pourries et de l’exagération dans le jeu et qu’on en a à revendre !

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Cette franchise de films a ceci de particulier qu’elle bénéficie d’un statut spécial, que de nombreuses comédies aimeraient obtenir mais qui peut aussi s’avérer à double-tranchant. Le premier volet est un film générationnel à mon sens. Comme Les Bronzés avant lui, le premier La vérité si je mens ! a marqué positivement et durablement à sa sortie, et a connu un franc succès en particuliers auprès d’un public jeune (de l’époque). Le deuxième est sorti quasi dans la foulée, bénéficiant de la vague de succès du premier. Puis plus rien pendant douze ans… et en douze ans les choses changent, les gens changent, les modes passent, et les générations d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui. Les « anciens » jeunes ont évolué et les « nouveaux » jeunes sont différents des anciens…  Mais les personnages, les histoires, les intrigues elles n’ayant pas évolué, elles n’ont plus le même impact, et on a parfois l’impression de « réchauffé » c’est vrai.
Cela dit, je refuse catégoriquement de classer cette Vérité si je mens ! 3 sur le même plan qu’un Bronzés 3 pour reprendre l’exemple précédent. Avec ce film on est très loin du ratage abyssal qui nous a été proposé par la bande du Splendid en 2005. Au moins dans le film de Thomas Gilou, on sent que le cœur y est encore, l’envie reste là, l’esprit demeure, bien que la mayonnaise prenne moins bien. On réalise juste, non sans une pointe de nostalgie, que le temps a passé et que les anciennes recettes n’ont plus la fraîcheur d’hier.

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Alors La vérité si je mens ! 3 est loin d’être une franche réussite, mais ce genre de film me fait toujours plus marrer et m’apporte plus de plaisir (régressif très certainement) qu’un Bienvenue chez les Ch’tis dont je ne comprends toujours pas le succès phénoménal.
Remarquez j’ai peut-être tout faux, un goût de chiotte et l’indécence de l’afficher avec ça, mais ce n’est pas moi qui vous déconseillerai de voir La vérité si je mens ! 3. Simplement je vous aurais prévenu quant à ce que vous verrez.



* J’ai en projet différents articles jonglant pêle-mêle avec quelques films de baston bien bourrins, des super-héros en goguette, les œuvres de Takeshi Kitano, du film oscarisé, du Richard Dreyfus à gogo et du Nicolas Cage en détresse capillaire.

318 verite si je mens3 aff

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:26

Parmi mes rares résolutions pour 2012, je me suis fixé comme objectif de parler un peu plus souvent de musique sur ce blog.
Puis je me suis demandé par quoi je pourrais bien commencer pour m’attaquer à cette ambitieuse idée. D’abord j’ai été tenté de me lancer en vous parlant de ceux qui sont dans mon panthéon d’artistes, ceux qui font partie intégrante de mon être tant je les adule. Ou alors des concerts récents que j’ai pu voir, parce qu’il n’y a quand même rien qui surpasse le live. Mais finalement je me suis dit que ce serait assez logique de parler des albums qui tournent en boucle en ce moment sur mon pc ou dans ma voiture. C’est ainsi que je m’en vais vous dire tout le bien que je pense de Like A Man, le tout nouvel album de Adam Cohen.

Moi qui considère son père, Leonard Cohen, comme l’artiste ultime, l’icône à jamais insurpassable, un dieu vivant de la musique et de la poésie, j’ignorais jusqu’il y a peu de temps que son fils, Adam Cohen, chantait lui aussi.

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J’ai découvert, non sans une petite crainte (celle d’être déçu en comparaison de tout ce qu’a pu me faire ressentir son illustre père), son tout dernier album à l’occasion des fêtes de fin d’années. Et après une petite journée d’écoute, j’étais définitivement conquis par le bonhomme.

D’un style un peu plus moderne que son père, Adam ne peut pour autant en aucune manière renier son héritage musical ! Belles mélodies, importance du texte, utilisation des chœurs féminins, il y a même certains titres sur lesquels sa voix rappelle à s’en méprendre celle de son père 40 ans plus tôt. Cela m’a tout particulièrement frappé sur What Other Guy par exemple. What Other Guy qui est au passage très certainement le plus beau morceau de l’album, avec à ses talons la chanson Like A Man qui a donné son titre à l’album. D’ailleurs j’ai depuis cette découverte, lu l’une ou l’autre interview de Adam Cohen, et cela ne m’a pas du tout surpris d’y apprendre que ces deux titres justement avaient été qualifiés de « classiques instantanés » par le sage Leonard. Je vous assure qu’il ne s’agit pas là d’un jugement exagéré et partial dicté par la fierté paternelle, ces deux titres sont réellement deux petits bijoux. Beaux, sobres, qui accrochent l’oreille et l’esprit, bref parfaits.
Tout l’album du reste est très agréable à écouter. Au même titre que les deux chansons déjà citées, Overrated, Stranger et Beautiful sont elles aussi de celles qui vous chopent, et si on les laisse faire, vous trottent toute la journée dans la tête…

 


 


Pour autant qu’on ne peut nier la parenté entre la musique de Adam et de Leonard, le fiston s’en démarque toutefois sur certains points. Ces chansons ont un je ne sais quoi de plus optimiste qui transpire des paroles comme des airs, ses rythmiques et ses arrangements ont une base un peu plus moderne. Et si la voix ressemble dans ses intonations, Adam a un phrasé moins net que celui de Leonard (moi qui possède une oreille à la limite du handicap sévère dès que j’essaie de comprendre de l’anglais à l’oral, je saisis cependant tout ce que chante Leonard, ce qui n’est pas aussi évident avec Adam).

Je réalise que je parle de l’album de Adam Cohen en le comparant au travail de son père, ce qui n’est peut-être pas l’approche la plus judicieuse. Mais pour moi il est impossible de passer outre la filiation, je ne peux juste pas faire autrement. Et si cela peut paraître un tantinet injuste pour le fils de voir son travail ainsi ausculté à travers le prisme de celui qu’a livré son père avant lui, j’ai été rassuré et même confirmé dans mon inclinaison à la comparaison père / fils en entendant Adam Cohen en interview dans l’émission Taratata. Adam y avouait n’avoir quasiment rien écrit de « neuf » pour produire cet album. Il s’est contenté de regrouper des chansons qu’il avait abandonnées et laissées dans un coin tout au long de sa carrière. Certaines comme Out of Bed ont été écrites il y a déjà vingt ans. Et pourquoi les avait-ils abandonnées jusqu’à aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’elles étaient à son goût trop proches des chansons de son père, dans leur architecture, leurs thèmes ou leur poésie. Que jusqu’alors il avait cherché dans ses précédents albums à se démarquer de l’œuvre de Leonard Cohen, mais qu’à présent il a dépassé ce stade et s’affirme enfin comme il est réellement, y compris dans ses influences paternelles.

Et après avoir entendu cet album, je me dis que finalement, dans le talent il doit y avoir une sacrée part d’hérédité. Adam Cohen en est une preuve vivante.

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