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  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 09:31

J’ai pris pour habitude de ne plus prendre pour argent comptant ce qu’on nous montre dans les bandes annonces de films. Trop souvent on n’y voit que les meilleurs morceaux, ou surtout quand il s’agit d’une comédie les extraits les plus drôles, et puis le reste du film ne s’avère pas à la hauteur. C’est donc curieux mais avec cette retenue en tête que je suis allé voir Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (qui se contente de réaliser mais n’y joue pas). Parce que justement, la bande annonce de ce film m’avait beaucoup plu. Les risques étaient donc d’autant plus grands d’être déçu du résultat final. Eh bien j’avais tout faux, et je suis bien content que ce film m’ait fait mentir et soit venu battre en brèche mon a priori négatif sur les bandes annonces trop alléchantes.

Parce que le film est bon. Très bon même.
L’histoire met en scène un groupe d’amis, la plupart trentenaires, certains célibataires endurcis, certains mariés, d’autres entre deux histoires d’amour. Tout commence avec l’accident de la route de l’un d’entre eux, Ludo (Jean Dujardin), juste avant leurs traditionnelles vacances en groupe au bord de la mer. Bien que très atteints par ce qui arrive à Ludo, ses amis décident de partir malgré tout pour quelques jours, invités comme d’habitude dans la maison de vacances de Max (François Cluzet), l’aîné de la troupe et celui qui est aussi matériellement l’un des plus aisés. Il y a dans ce groupe hétéroclite Vincent (Benoît Magimel), un kiné père de famille qui traverse un bouleversement sentimental qui le ronge et menace de remettre en question toute sa vie, Marie (Marion Cotillard) la fille indépendante et un peu garçon manqué dont tous les mecs sont plus ou moins amoureux, Éric (Gilles Lellouche) le comédien qui n’arrive pas à percer mais collectionne les aventures, Antoine (Laurent Lafitte) le lourdingue un peu paumé depuis que sa nana l’a quitté (Anne Marivin dans le rôle de Juliette), et les femmes de Max et Vincent (Valérie Bonneton et Pascale Arbillot) parfaitement intégrées à ce groupe de potes.
Durant leurs vacances, les états d’âmes des uns et des autres vont prendre le pas sur la bonne entente générale. Les secrets, les mensonges, les non-dits, les culpabilités, les regrets, les tensions vont resurgir et remettre en question leur amitié.

276 petits mouchoirs vincent
Voilà le résumé l’indique clairement : c’est un film de potes. Le thème principal sont les relations humaines de toutes sortes au sein d’un groupe qui existe depuis longtemps, depuis l’amitié jusqu’à l’amour, en passant par le sexe et la tendresse. Un film sur des potes, fait visiblement par des potes. En tout cas l’ambiance que reflète le film transpire tellement de l’écran qu’on ne peut pas s’imaginer que dans la vie, ces hommes et ses femmes ne soient pas réellement amis. Et c’est quasiment inévitable pour un film de potes, on tient là aussi un film générationnel. Je pense sincèrement que Les Petits Mouchoirs parlera et touchera immanquablement quiconque a aujourd’hui entre 30 et 45 ans. Ou alors vous n’avez pas d’amis et vous avez vécu dans une autre dimension les gars, c’est pas possible autrement. Les références, les discussions, l’ambiance générale mi-adulte mi-ado, les dialogues, l’humour, tout ancre profondément le film dans ce creuset générationnel. Pour ma part j’ai retrouvé des tonnes de clins d’œil et de références à ma propre vie, à ma propre expérience de l’amitié, de l’existence. Et comme je fonctionne énormément à l’identification en ce qui concerne le cinéma, j’ai été happé par le film. Intégré directement au sein du groupe. C’est exactement comme si j’en avais fait partie tant tout cela m’a paru normal, spontané, naturel et proche de ce que je connais ou ai pu connaître.

276 petits mouchoirs antoine eric marie
Autant dire que si le film m’a plu, c’est justement parce qu’il m’a parlé de choses et de situations familières. J’ai retrouvé un esprit que je connaissais, un humour que j’aime et que j’essaie de pratiquer, une tendresse particulière dans les relations amicales où l’on se charrie autant qu’on s’aime. Certainement aussi fais-je encore partie de cette génération qui a du mal à se départir de l’idée belle et un peu naïve que l’amitié est l’une des valeurs supérieures dans la vie. Et Guillaume Canet parle de tout cela dans son film avec un tel talent, un tel naturel et une telle sincérité que moi j’ai été conquis dès le départ. D’ailleurs c’est bien simple, malgré les 2h30 du métrage, j’étais tout étonné à la fin du film tant le temps m’avait semblé court, je pensais qu’il restait encore au moins une bonne demi-heure alors que c’était déjà terminé…

276 petits mouchoirs max eric ludo
Si le film a une force principale, au-delà du scénario, au-delà de l’humour et du ton mi-potache mi-dramatique, c’est son casting.
Canet s’appuie sur une brochette de comédiens exceptionnels, tous portés par leurs rôles. Et là encore le phénomène de groupe agit. La qualité du film va bien au-delà de la somme des talents individuels des acteurs. Comme si chacun tirait et poussait l’autre vers le haut. Ça se complète, ça s’émule, ça se bonnifie.
Si je ne devais parler que de l’un d’eux, je serais obligé de citer François Cluzet, complètement halluciné et hallucinant dans le rôle du type qui veut tout contrôler et qui ne maîtrise rien. Que ce soit à la chasse à la fouine, en bateau envasé, ou en gestionnaire de pelouse il est à mourir de rire. Et sa relation avec le personnage de Benoît Magimel (excellent lui aussi en parfait équilibriste entre drame personnel et ridicule fleur bleue) est un des sommets du film.

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Comme je le disais plus haut, tous les comédiens sont très bons, mais il me faut rendre hommage à Marion Cotillard. Pas plus tard que dans mon billet sur Inception, je disais que je n’apprécie que très peu cette actrice, tout particulièrement parce que dans tous ses films je vois « Marion Cotillard qui joue » plutôt que le personnage qu’elle interprète. Mais dans Les Petits Mouchoirs, elle m’a stupéfait. Dans le rôle de Marie elle d’une justesse et d’une sensibilité vraiment remarquables. Deux scènes bien précises la mettant en avant me reviennent en tête, et les deux m’ont beaucoup marqué au cours du film. La première c’est une virée en mer durant laquelle chacun à tour de rôle s’accroche à une bouée géante tirée par le bateau. Évidemment quand c’est le tour de la fille du groupe d’y aller, les mecs aux commandes mettent le paquet et la brinqueballent dans tous les sens. Marie se met alors dans une colère noire, hurlant, criant, insultant ses amis, prête à en venir aux mains, elle leur en veut clairement à mort. J’avais rarement vu quelqu’un jouer la colère avec autant de persuasion ! La seconde scène est beaucoup plus intimiste. Marie est dans sa chambre le soir, Éric la rejoint, prend place à côté d’elle sur le lit, lui ôte délicatement la cigarette de sa bouche, et lui pose une main sur le ventre. À ce moment elle fond en larmes, toute la scène se déroulant sans que le moindre mot ne soit prononcé. C’est simple, c’est très fort et ça m’a vraiment touché tant on ressent toute la douleur et la détresse de Marie à travers le jeu de Marion Cotillard. Donc voilà je lui dois bien ça après avoir mis son talent en doute par ailleurs, je le dis officiellement, Marion Cotillard sait jouer la comédie et elle est même sacrément douée la bougresse.

276 petits mouchoirs marie
Bref, je cite ces quelques passages du film, mais en vérité j’aurais pu en citer encore beaucoup d’autres. La fin en particulier m’aura rappelé un certain nombre de souvenirs enfouis depuis longtemps, non sans me tirer une petite larmichette au passage.

Et puis je me permets une autre petite digression sous la forme d’un conseil : si vous avez aimé Les Petits Mouchoirs, jetez un œil sur la BD Petites Éclipses à laquelle le film m’a furieusement fait penser. C’est de Jim et Fane, c’est un roman graphique à la fois drôle et sensible et qui parle lui aussi d’un groupe d’amis de longue date qui partent en vacances ensemble. Et pour les connaisseurs ne vous fiez pas aux noms des auteurs (Jim scénarise entre autres des BDs "d'humour" comme Tous les défauts des filles, des mecs, etc..., Fane a dessiné la Joe Bar Team), car cette BD n’a strictement rien à voir avec leurs registres habituels. Fin de la digression phylactérienne.

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J’en reviens donc à ce que je voulais vous dire du film de Guillaume Canet : Les Petits Mouchoirs c’est excellent, allez le voir !!!

276 petits mouchoirs aff

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 07:20

Rares sont les romans qui débutent avec la mort de leur personnage principal. Replay de Ken Grimwood est de ceux-là…

En effet, c’est en pleine discussion téléphonique avec sa femme Linda que Jeff Winston, 43 ans, directeur de l’information sur une chaîne de radio, meurt d’une crise cardiaque foudroyante. Rideau. Et c’est encore tout imprégné de cette douleur intense que Jeff rouvre les yeux. Il a 18 ans, se trouve dans sa chambre d’étudiant et ne comprend rien à ce qui se passe. Croyant d’abord à un cauchemar, ou à un coup monté pour le faire marcher, ou encore à un délire dû à son attaque, Jeff doit se rendre à l’évidence et accepter l’inconcevable : il recommence sa vie à partir de l’âge de 18 ans, il a conservé tous ses souvenirs d’homme de 43 ans, et il a tout l’avenir devant lui. Évidemment déboussolé au premier abord, Jeff va très vite prendre conscience de l’opportunité qui se présente à lui : revivre son passé avec toute l’expérience de sa première vie, et pouvoir réécrire sa vie comme si la première fois n’avait été qu’on brouillon. Faire la nique à ses regrets et peut-être ainsi atteindre une existence meilleure… Mais que ce soit pour reproduire des moments heureux de son passé redevenu présent, ou pour changer le cours des choses en prenant des directions nouvelles et inédites, Jeff va comprendre que même quand on croit maîtriser ce qui nous entoure, on n’est pas à l’abri de l’impondérable…

Bon alors là je suis vraiment très ennuyé. Parce que j’ai dévoré ce livre, et que je l’ai adoré. Et il y a des tonnes de choses à en dire, tant il est dense, intelligent, astucieux, virtuose. Mais pour en parler vraiment, en dire tout le bien que j’en pense, il faudrait que j’en dévoile beaucoup plus sur l’intrigue. Car le court résumé que je viens d’en faire est volontairement très, très succinct. Le bouquin est bien loin de s’arrêter là, l’intrigue n’en est qu’à son tout début avec ce que j’en ai dit là, et l’aventure de Jeff (ou sa mésaventure, c’est selon) va connaître des évolutions inattendues et passionnantes tout au long du roman. Malheureusement, en parler serait dévoiler une part du mystère du livre, et éroder une partie de son intérêt. Difficile dans ces conditions d’en dire tout le bien qu’il m’a inspiré.
Disons sans trop entrer dans les détails que ce bouquin est d’une construction géniale, à l’élément de fantastique (revivre sa vie en se souvenant de sa précédente existence) s’ajoute une logique inébranlable et une capacité à plonger dans l’humain déconcertante. Le personnage de Jeff est si finement développé par Ken Grimwood que tout est parfaitement crédible (si l’on accepte le concept de départ bien évidemment). Chacune de ses actions, chacune de ses réactions sont parfaitement naturelles et le résultat est là : on se projette pleinement et sans réserve dans le personnage principal, et on vit le roman à sa place. En tout cas c’est ce qui s’est produit pour moi. Je me suis totalement identifié à Jeff, et j’ai été bluffé de me rendre compte avec le recul que j’aurais agi exactement comme lui, avec la même logique, avec les mêmes sentiments, si j’avais été placé dans une situation aussi extrême que la sienne. Tout dans ce roman coule de source, et c’est la vraie grande force de ce bouquin : on y est, on le vit. On élabore avec le héros des hypothèses, des stratagèmes, on cherche avec lui des solutions, on jubile quand ça fonctionne, et quand un rebondissement intervient, quand l’enchaînement attendu des événements vient à se gripper on est perdu comme l’est Jeff, en proie au désemparement ou à la surprise ou à l’abattement ou à l’agacement. On profite avec Jeff des bons moments, on souffre avec lui des tuiles qui lui tombent dessus.

Et quand on sait tout ce qui arrive au héros, une fois qu’on a partagé avec lui toutes ces expériences aussi déboussolantes, tantôt traumatisantes tantôt enthousiasmantes, et qu’on referme le livre on se rend compte que le roman nous habite. Le concept a pris possession de nous et on y repense encore et encore, sans arriver à se libérer de cette idée lancinante et désagréable que quoi qu’on fasse, on ne maîtrise finalement pas grand chose de nos vies. Et que la vie moderne, dont la substance nous berce parfois dans l’illusion contraire, n’est qu’un leurre. On ne peut que se démener et se battre, la vie au sens universel ne connaît ni justice ni bonheur, concepts purement et uniquement humains s’il en est.

Bref, pour moi qui ai lu Replay cet été, ce roman datant de 1988 (son auteur est mort en 2003 à l’âge de 56 ans) est un de mes coups de cœur de l’année. Quelque part à mi-chemin entre des concepts tels que la réincarnation et le voyage dans le temps, Ken Grimwood trace une voie bien personnelle, originale et inventive. Certes on a déjà vu ce type de thème de départ ailleurs, et je citerais en exemple le fabuleux Jour sans fin de Harold Ramis avec un Bill Murray génialissime qui vit et revit sans cesse une même journée perdu au fond d’un patelin paumé, ou le manga Quartier Lointain de Taniguchi, ou encore le comic Plus cool tu meurs de Alex Robinson dans lesquels les héros revivent également leur jeunesse avec leurs souvenirs d’hommes mûrs. Au cinéma également, l’allemand Tom Tykwer faisait galoper après le temps Franka Potente dans Cours, Lola, Cours ! et plus proche de nous c’est Jared Leto qui se voyait confronté à ce même thème de vies multiples dans l’étrange mais fascinant film du belge Marco Van Dormael, Mr Nobody. Et l’helvète Stephan Eicher de fredonner 1000 vies ne sont pas suffisantes...
Mais avec Replay (antérieur à ces exemples), Ken Grimwood pousse le concept loin, très loin, et explore vraiment ses moindres méandres scénaristiques. Et surtout il le fait en restant captivant du début à la fin.
C’est pourquoi je disais qu’on y repense encore longtemps après la lecture. Il vous implique, il vous questionne, il vous tourneboule, bref ce bouquin passionne. Très très chaudement recommandé !!!

275 Replay

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 07:34

Parmi tous nos hommes politiques, il y en a peu qui paraissent aussi cul serré et précieux que l’ex-candidat à la présidence Édouard Balladur. Politesse de la haute, langage suranné, comportement mesuré… il a tout d’un monsieur bien propre sur lui, raisonnable et très respectable à défaut de déclencher l’enthousiasme des foules.

Aujourd’hui pourtant, une enquête de la justice pointe quelques incohérences dans les comptes du financement de sa campagne présidentielle de 1995. Sans entrer dans les détails, on soupçonne ces comptes d’avoir été alimentés par le versement de rétrocommissions liées à la vente de sous-marins au Pakistan en 1994. En 2002 d’ailleurs, c’est sur les chantiers de constructions navales de ces sous-marins qu’a eu lieu l’attentat de Karachi qui avait fait une quinzaine de morts. Bref, si cela s’avérait vrai, l’ex-Premier Ministre se retrouverait en plein scandale pour abus de biens sociaux.
Mais ce n’est pas là l’objet de mon billet. Car en fin de compte les scandales de cet acabit n’ont de scandales plus que le nom tant ils deviennent monnaie courante. Un de plus, un de moins… alors pourquoi pas Balladur après tout.
Non, là où je voulais en venir, c’est sur la ligne de défense de l’ancien candidat au plus haut poste de l’État.
L’enquête pointe des « dons en espèce sans justificatifs enregistrés comme des dons de personnes physiques ». Au total 13 229 504 Francs. Dont quand même un versement unique de 10 150 000 Francs. L’explication officielle de la team Balladur sur la provenance de ces fonds est : vente de gadgets, t-shirts et produits dérivés. Tout cet argent proviendrait donc des militants et sympathisants et aurait été recueilli lors de meetings à travers la France.

À ce niveau de foutage de gueule faut les avoir bien accrochées quand même pour oser sortir une excuse pareille. Respect Édouard.
On se rend compte quinze ans plus tard, que finalement ce n’est pas un homme politique qui se présentait à l’élection présidentielle, mais une vraie rock-star. Parce que pour atteindre des sommes pareilles sur la vente de produits dérivés, faut déjà avoir une belle horde de fans déchaînés. D’ailleurs pour leurs besoins de conseils en marketing, m’est avis que des gens comme Johnny Hallyday ou U2 ont dû faire appel aux équipes de comm de l’ancien candidat. Et s’ils ne l’ont pas fait, qu’ils doivent s’en mordre les doigts. Parce que si ces types sont arrivés à remplir à ce point les caisses en vendant des mugs « I love Édouard », des tapis de souris « Surfez avec Ed » et des t-shirts « Balladur Président », imaginez ce qu’ils auraient pu faire avec une star comme Bono.

Nan mais sérieusement, Édouard, sans entrer dans la moindre considération d’ordre politique, tu nous prends vraiment pour des buses là.

274 vendeur t shirt
(L'image provient du site abrutishirt.com)

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 13:45

273 Nathan 1 an
Il y a un an tout juste, un cri a retenti.
Il était 20h15, Nathan est né.
Comme une évidence, la vie a pris un nouveau sens.
Depuis il est mon essence, mon essentiel, mon élan, ma fierté.
Il est mon petit garçon.


273 Nathan
(Merci à ma petite soeur pour ses photos toujours réussies !!)

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 08:43

Non je n’ai pas décidé d’insulter les rares courageux qui lisent ce blog.
Non, il ne s’agit pas non plus d’une proposition indécente de ma part.
Non, je ne parlerai pas ici du Grand Larousse en 18 tomes qui traite des insultes en langues étrangères.
Et enfin, non, cet article n’a pas pour thème la carrière de Rocco Siffredi.

 Fuck, c’est le titre un tantinet (j’aime bien ce mot, pas vous ?) (je parle du mot « tantinet » hein) provocateur du premier roman écrit par Laurent Chalumeau. Qui ? Laurent Chalumeau, ex-comparse du trublion Antoine de Caunes dont il écrivait les sketches du temps lointain et béni de ses pignolades dans l’émission Nulle Part Ailleurs sur Canal +.
Laurent Chalumeau dont j’avais lu l’an dernier le roman Un mec sympa que j’avais littéralement adoré. Laurent Chalumeau dont je m’étais mis en tête de trouver le premier roman, le-dit Fuck donc, paru en 1991 et aux tirages totalement épuisés depuis belle lurette. J’avais donc en vain traîné mes guêtres chez tous les vendeurs de livres de ma région (et il y en a une tripotée croyez-moi) qui tous me répondaient : introuvable. Internet ? chou blanc.

Bien évidemment, je l’ai finalement trouvé là où je ne l’avais jamais cherché, dans la librairie spécialisée où je dépense pourtant chaque semaine l’équivalent du PIB des Tuvalu en BD et autres comics de toutes sortes. Eh oui, ils ont une section « romans d’occasion » chez Tribulles (à Mulhouse, autant leur faire un peu de pub tiens !). C’est donc là que Fuck de Laurent Chalumeau m’attendait, il était même là depuis le début je pense, sous mon nez, il ne m’a pas fallu trente secondes pour le trouver une fois que j’eus l’idée de jeter un œil dans ces étagères-là, celles que je snobe trop souvent au profit des étalages de BD. Que de temps perdu à le chercher partout ailleurs, à tenter en vain de le commander, à glaner des infos sur une éventuelle et providentielle réédition. À partir de ce jour je fais le serment à l’avenir de toujours commencer par chercher mon bonheur chez Tribulles. Fut-ce pour une portière de Rover 25 d’occase ou le dvd pirate du Punisher de 1989 avec Dolph Lundgren en rôle-titre (comment ? une fixette sur Lundgren vous dites ? meuh non pourquoi ?), sait-on jamais.

Et puis attention hein, le bouquin est une occase mais à peine vieilli par le temps. D’accord la tranche des pages est toute jaune, mais je soupçonne que ce soit d’origine tant c’est presque uniforme. Même pas cornées les pages, même pas pliée la couverture, même pas décollé le prix de l’époque : 30,40 Francs le livre de poche. Pour les plus jeunes, avant l’Euro, il y eut les Francs, qui servaient à acheter notre pain quotidien et donner des sous aux quêtes du dimanche à l’église. Ah non merde mauvais exemple, ça c’était les centimes. Bon bref, j’ai l’impression que je m’égare là. Ça fait bien cinq minutes que je vous tiens la jambe sans avoir encore parlé du roman en lui-même.

Euh… en même temps je n’ai pas des tonnes de choses à en dire, à mon plus grand désarroi, croyez-le bien. Vanté comme une œuvre culte, comme une « pure jubilation littéraire » selon Télérama, taxé de « plus hard que ça, tu meurs » par Le Journal du DimancheFuck ne s’est malheureusement pas révélé à la hauteur de l’attente qu’il avait suscitée chez moi. Avec Fuck, Laurent Chalumeau fait un portrait au vitriol de l’Amérique, à l’exact opposé de l’image qu’en charrient les publicités Levi’s et les séries télé à la Beverly Hills. Dans le livre de Chalumeau, l’Amérique est tout sauf sage, propre et bien élevée. Il l’aborde sous trois de ses aspects les plus charismatiques : le sexe, Dieu et le racisme. Ces trois ingrédients essentiels qui bien malaxés entre eux dans la grande marmite du melting pot américain, ont fait de cette nation ce qu’elle est, et lui ont donné cette aura si particulière qui attire et repousse à la fois tous ceux qui n’y sont pas nés. Le cheval de bataille de l’auteur, le dada de Chalumeau c’est la musique, et tout dans ce bouquin converge vers une idée forte : l’Amérique est à l’image du Rock & Roll, et vice-versa. Tous les personnages du livre ont un rapport ténu avec la musique, que ce soit parce qu’ils en font ou tout simplement en écoutent. Pour tous, c’est une composante importante (même si pas forcément consciente d’ailleurs) de leur identité. Chalumeau développe sa thèse : le sacré, le cul et la haine raciale sont la base de l’identité musicale américaine, et définissent mieux que tout le reste l’Amérique elle-même. Pour mieux l’illustrer, l’auteur nous passe en revue plusieurs personnages dont on partagera des tranches de vie : il y a Vance le hard-rocker qui se pose des questions existentielles. Il y a Tud, un jeune paumé de province au look improbable, qui n’est ni beau ni intelligent, et dont la marginalité timide en fait le souffre-douleur de ses camarades. Il y a Blanchette, une gamine qui a quitté sa campagne pour la ville et qui pour survivre se prostitue, mais qui a décidé pour un soir d’oublier tout ça et d’aller au concert de la Wÿlde Bünche, le groupe de hard de Vance. Il y a Jenny, une étudiante qui fête ses dix-sept ans et qui au grand dam de son père est une gamine modèle, studieuse, sérieuse et apparemment loin des débordements habituels de son âge : l’alcool, la drogue et les mecs ne l’attirent pas ! Il y a un évadé de prison qui au volant de sa tire écoute la radio en fuyant vers la liberté. Et puis il y a Kool Bobby Jay un rappeur bègue qui doit faire une reprise de Knock, knock, knockin’ on heaven’s door.
Entre ces différentes petites histoires, Laurent Chamuleau fait aussi intervenir l’Amérique elle-même qui donne son avis sur ce qui se passe chez elle, et on a également droit à quelques chapitres de pure histoire de la musique américaine (depuis le Gospel jusqu’au rap, en passant par la country, le blues, le jazz et bien sûr le Rock & Roll) que l’érudition de l’auteur dans le domaine rend extrêmement intéressants et instructifs.

Bref, vous l’aurez peut-être compris, c’est un livre plutôt ambitieux que ce Fuck au titre un peu racoleur qui ne le laissait pourtant pas présager. Peut-être un peu trop conceptuel à mon goût. Mais ce sentiment là vient très certainement du fait que je m’attendais à quelque chose du genre de Un mec sympa dont la lecture m’avait tant réjoui. En fait avec Fuck on n’est pas en présence de ce que je qualifie de roman. C’est autre chose, ça se compose d’historiettes au ton plus ou moins grave, plus ou moins loufoque que je rapprocherais plus à de courtes fables modernes (l’auteur lui-même fait ouvertement référence au genre en nommant une de ses héroïnes Blanchette Seguin !), mêlées d’extraits d’essai sur la musique, d’histoire de l’Amérique et de réflexion philosophiques sur les relations humaines et la religion. Longtemps après que j’ai commencé la lecture de ce livre, je me demandais encore où exactement l’auteur voulait en venir. Car jusqu’à la moitié du bouquin je pensais avoir à faire à un « vrai » roman où toutes les sous-intrigues allaient se rejoindre en une seule et grande histoire, où les personnages allaient finir par s’entrecroiser et voir leurs destins liés. Mais non, pas du tout, et ça n’a jamais été l’intention de l’auteur c’est évident. Son but était d’écrire un livre sur l’Amérique et il l’a fait en parlant de ce qu’il connaît parfaitement : la musique. Peut-être que si j’avais entamé ce livre en sachant cela, l’aurais-je mieux apprécié. Parce que la qualité d’écriture reste là. La verve de Laurent Chalumeau est déjà bien présente, les mots tapent juste, c’est direct et très travaillé en même temps. Allez, si je devais chipoter j’émettrais quelques réserves sur les passages de dialogues où l’auteur incorpore des accents très prononcés en déformant tous les mots pour bien faire ressortir les prononciations particulières et les expressions de langage courant. Parce que c’est une chose qui passerait parfaitement à l’oral mais plus difficilement à l’écrit. Ce qui s’entendrait sans problème vous arrache parfois les yeux tant on n’est pas habitué à déchiffrer des mots tronqués ou à l’orthographe revue et corrigée façon sms. Mais ceci mis à part, c’est très bien écrit, aucun doute là-dessus.

Pour la petite histoire, je dois avouer que ce livre par ailleurs pas désagréable à lire, m’aura procuré tout de même un plaisir immense. La plupart du temps quand je lis c’est pendant la pause déjeuner au boulot. Ayant lu Fuck alors que les beaux jours revenaient avec la fin du printemps, j’étais donc très souvent sur un des bancs de l’espace vert au pied de l’immeuble où je bosse pour ma lecture quotidienne. Très exactement le genre d’endroit où tous les collègues qui passent et qui vous voient lire ne peuvent s’empêcher de s’arrêter et de vous interrompre pour vous demander ce que vous lisez alors qu’ils n’en ont, pour l’immense majorité d’entre eux, foncièrement rien à battre. Et c’était donc avec le sourire que je répondais en silence en leur montrant le titre du bouquin.
On a les satisfactions qu’on peut hein.

272 fuck

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 14:41

Voilà déjà bien un moment que j’avais envie d’écrire un article sur la Culture. Ouais, rien que ça. Bah tant qu’à faire dans l’ambitieux, autant viser le sommet hein. Et puis autant profiter de ces rares moments où la fée inspiration se pose sur mon épaule, me chatouille la nuque et me glisse des mots doux à l’oreille.

Alors oui, causons Culture.
Vous l’aurez peut-être remarqué (ou pas), mes articles sont classés par catégories, et quand il a fallu les nommer j’en ai crânement affublé quatre de ce mot là. J’y ai cependant accolé le préfixe « Pop ». Histoire de faire un chouïa moins prétentieux, et puis aussi parce qu’il faut savoir rester objectif. En effet, la Culture dont je parle ici tant bien que très mal, c’est avant toute chose… ma culture ! Tiens du coup, vous l’aurez peut-être remarqué (ou pas), le C majuscule se fait la malle et embarque avec lui une partie de la suffisance qu’il conférait au mot jusqu’ici. Et c’est pas plus mal comme ça.

C’est un fait avéré : on a la culture qu’on peut.
La mienne est faite des films que j’ai pu voir au cinéma (donc pour leur immense majorité, des films qui ont moins de trente ans, quoique l’apport du dvd m’a été bien utile pour voir autre chose que ce que veut bien programmer mon multiplexe le plus proche, me permettant ainsi de pousser la curiosité parfois dans l’inédit en salle et les films plus anciens), de ce que j’ai l’occasion de lire (et quand on sait que j’ai appris à lire avec des BD on comprend beaucoup de choses sur moi), de ce que j’entends ça et là (la radio a depuis longtemps cessé d’être mon pourvoyeur de sons nouveaux, j’ai quelques amis bien plus inspirés dans ce domaine) et des images que me délivre mon téléviseur (car je fais partie de cette première génération qui a vraiment grandi avec la télévision au quotidien).
Bref, ma culture à moi, je la qualifierais avant toute chose de contemporaine. D’où l’utilisation dans ce blog du terme « Pop-Culture » que je trouve bien plus à propos.
Connaître Jules-de-chez-Schmidt-en-face, savoir qui est Elton Morrow, reconnaître au premier rif un morceau du guitar hero Mark Knopfler, apprendre qu’en anglais « Jacques a dit » se traduit par « Simon says » grâce à John McTiernan, savoir ce que veut dire le « P.I. » de Magnum P.I. ou connaître le prénom de MacGyver, avoir été un p’tit clou tous les samedis soirs sur Canal+, se bidonner quand mon pote Nico prend un accent chinois en disant « vainqueur : le palmier », … tout ça m’est parfaitement naturel, ultra référencé et ce n’est peut-être pas donné à tout le monde, mais ça n’est pas exactement ce que j’appellerais « avoir de la Culture ».

271 moins t en as magnumpi
La Culture, au sens noble du terme, celle de Malraux ou de l’Académie Française, c’est autre chose. C’est forcément plus ancré dans l’histoire. C’est plus profond, ça va chercher plus loin dans les racines de nos sociétés, dans l’histoire de l’art. Et si je devais y associer un seul mot, ce serait un adjectif : classique. À mes yeux, on ne peut se targuer d’être réellement cultivé, qu’à partir du moment où l’on connaît ses « classiques ». Quel que soit l’art dont on parle du reste, même les arts relativement nouveaux tels que le cinéma ou la bande-dessinée. Or c’est précisément ce qui me manque cruellement, et plus le temps passe plus je m’en aperçois au détour d’une conversation ou à la lecture d’un livre dont certaines références m’échappent. Car si je peux vous certifier sans avoir recours à une recherche internet que le premier film consacré au Punisher date de 1989 avec Dolph Lundgren dans le rôle titre (décidément celui-là je l’aurais placé dans combien d’articles déjà ? faudrait que je songe à changer d’exemple de temps en temps moi…) et Mark Goldblatt au poste de réalisateur (qui n’a plus rien réalisé depuis je crois bien –là pour en être sûr faudrait quand même faire une petite recherche sur IMDb j’avoue-), je serais bien incapable de vous parler d’Autant en emporte le Vent par exemple. Ou de Lawrence d’Arabie. Ou de la trilogie du Parrain.

271 moins t en as punisher lundgren
Pour illustrer tout ça, je me suis amusé à faire des listes rapides dans divers domaines de quelques classiques qui me viennent en tête et dont je ne sais quasiment rien.
Pour continuer dans le cinéma, une de mes collègues a été récemment effarée (pour pas dire effondrée) que je puisse n’avoir jamais vu des films pourtant pas si vieux mais déjà cultes comme Birdy, Edward aux Mains d’Argent, Apocalypse Now ou Platoon. Côté français, en dehors de Lelouch pour moi la Nouvelle Vague reste un mystère : je sais que Jean-Luc Godard vit en Suisse et j’ai vu François Truffaut dans un film de Spielberg, mes connaissances sur leurs oeuvres s’arrêtent là ! Je n’ai dû voir qu’un ou deux Hitchcock dans ma vie, Chantons sous la pluie m’est inconnu et je pense avoir vu au maximum dix minutes du Docteur Jivago. Bref, je suis une buse dès lors qu’on parle de grands classiques du cinéma. Sauf si on a le droit d’y inclure des Louis de Funès, mais je ne suis pas sûr que Les Gendarmes de Saint-Tropez ou Les Aventures de Rabbi Jacob soient vraiment aussi bien considérés que les titres cités plus haut (à tort selon moi, mais là n’est pas la question).

271 moins t en as rabbi jacob
Si on parle littérature c’est encore pire. Allez je vous fais un lot : Balzac, Flaubert, Proust, Zola, Tolstoï, Stendhal,… jamais rien lu. Victor Hugo, Maupassant, Molière : à peine ce qu’on m’a obligé d’en lire durant ma scolarité. Je n’ai guère qu’un ou deux Jules Verne, du Baudelaire et du Voltaire à avancer pour ma défense. Maigre… Restons en France mais plus proches de nous : Valery, Gide, Camus… nada. Il m’a fallu arriver à 34 ans pour lire mon premier Barjavel. À ma grande honte je n’ai jamais ouvert un San Antonio, alors que question verbe je suis presque certain que ça me plairait (bon si vous voulez vraiment tout savoir, j’en ai lu un… en version BD !!). Et puis les anglo-saxons ne sont pas beaucoup mieux lotis : si j’ai lu beaucoup de AE Van Vogt ou Philip K. Dick, pour autant Twain, Dickens, Shakespeare, Poe : que couic. Agatha Christie : inconnue au bataillon. Et Spooky hurlerait certainement s’il n’était pas foncièrement gentil : JRJr (John Romita Junior) je le lis depuis des années (et j’aime beaucoup soit dit en passant), JR Ewing est un pote à moi, mais JRR Tolkien désolé je n’ai pas ça en magasin.

271 moins t en as JREwing
Ce qui me permet une habile transition vers la BD et la télévision, car même là j’ai de grosses lacunes : Spooky, toujours lui, manquera certainement de défaillir quand j’aurais avoué que je n’ai jamais lu un Thorgal ou un XIII de ma vie. Je l’achèverais si je lui disais qu’il en est de même pour Le Grand Pouvoir du Chninkel, ce que je me garderai donc bien de faire. Je n’ai jamais ouvert un Corto Maltese, je ne connais rien à Tardi, je n’ai jamais lu un seul album de Spirou, Garfield, Achille Talon, … et je n’ai que de rares connaissances sur l’œuvre de Moebius. Ouch !
Et sur mon écran cathodique je sais que je suis impardonnable de n’avoir pas vu David Vincent dans Les Envahisseurs, ni le Numéro 6 dans Le Prisonnier (à ce sujet j’en ai vu la version très récente avec le pourtant très bon Jim Caviezel : vraiment pas terrible). Pour Friends j’ai une bonne excuse : j’ai trouvé nazes les 2-3 épisodes que j’ai pu voir. Et si Spooky me lit encore à ce stade il n’échappera plus à la syncope quand il saura que j’ai vu au grand maximum une vingtaine d’épisodes de X-Files. Dur.

271 moins t en as duchovny
Il n’y a finalement qu’en musique où je tire un tout petit peu mon épingle du jeu. Ok je ne sais pas reconnaître un Puccini d’un Vivaldi et je m’y perds dans la famille Strauss. Mais j’écoute et j’apprécie la musique classique. Côté chanson française je reconnais quelques faiblesses en Aznavour, en Ferrat, Moustaki, Piaf, Bécaud mais c’est plus parce que j’accroche moins qu’aux gigantissimes Brel, Brassens, Nougaro, Gainsbourg ou Reggiani. Et puis si Fred Astaire ou Paul Anka ne sont pas vraiment dans mon répertoire je ne suis quand même pas trop ignare en musique anglo-saxonne.

Pour tout ce qui est peinture, sculpture, architecture, théâtre, art lyrique là c’est bien simple : je suis aux abonnés absents.

Pas reluisant hein ?

Alors forcément j’en viens à me poser la question. Y a-t-il une hiérarchie dans la Culture ? Le jazz vaut-il mieux que le rock ? le rock que la pop ? la pop que la variété ? Vaut-il mieux avoir vu et revu le Casque d’Or de Simone Signoret ou le casque noir de Dark Vador ? Est-ce mieux de citer Proust ou Bernard Werber dans le texte ? Est-il honteux d’avoir été bien plus transporté par les aventures de Peter Parker, Al Simmons ou le Rorschach des Watchmen plutôt que par celles de D’Artagnan, Fanfan la Tulipe ou Jean Valjean ? Les spécialistes-autodidactes des comics qui hantent des forums comme Superpouvoir.com sont-ils moins respectables que l’élite qui s’exprime sur les sites de Télérama ou du Monde ?
En gros « ma culture », et la Pop-Culture de façon plus vaste, suffisent-elles à faire de moi quelqu’un de cultivé ? voire… de fréquentable ?!?

271 moins t en as rorschach
J’ai comme une idée de la réponse, qui ne serait pas forcément flatteuse ou élogieuse à mon endroit…
Mais j’ai beau faire. Dans la pile d’au bas mot une petite vingtaine de bouquins que j’ai en attente de lecture et qui ne cesse de s’agrandir, j’ai du Martin Winckler, du Pierre Pelot, du Kenneth Cook, du Warren Ellis, du Neil Gaiman, du John Irving, du Gabriel Garcia Marquez et bien d’autres encore, mais pas un seul Flaubert, pas un seul Balzac. J’essaie de rattraper mon ignorance cinématographique avec des films anciens mais les dernières choses que je me sois achetées c’est un obscur film de Kitano et le Apocalypto de Mel Gibson en version Blu-ray. Chassez le naturel…

271 moins t en as kitano
Et vous ? qu’est-ce que la Culture pour vous ? Source de plaisirs ou de complexes ? Vous êtes plutôt « formule classique » ou « formule contemporaine » ? (et j’en entends un ou deux répondre « formule offensive, je prends la formule offensive ! »)



P.S. : mes remerciements et excuses à Spooky pour avoir fait de lui mon complice involontaire pour cet article…

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 07:54

Les 2-3 internautes errants qui parviennent à suivre régulièrement mon blablatage ici-même s’en souviennent peut-être, voici quelques temps j’avais connu ma première immersion dans l’œuvre de René Barjavel, avec L’Enchanteur. J’avais été peu séduit mais comme il faut remonter en selle dès qu’on tombe de cheval on m’avait convaincu de retenter ma chance avec un autre de ses romans. Le Voyageur Imprudent a donc été celui-là (après les conseils de Delphine pour L’Enchanteur, c’est celui de Marie que j’ai suivi ici).

 Le Voyageur Imprudent est le deuxième roman de Barjavel, paru en 1944. Il reprend l’idée du voyage dans le temps, développée bien avant lui par Wells dans sa Machine à explorer le temps.
L’histoire débute vers la fin de la seconde guerre mondiale, Pierre Saint-Menoux est caporal et rencontre par un hiver glacial le physicien et chimiste Noël Essaillon qui lui dévoile comment il a pu, grâce aux propres travaux de Saint-Menoux (qui est lui-même mathématicien dans le civil), développer ses recherches et fabriquer une substance (qu’il a modestement nommée la noëlite) qui permet de voyager dans le temps, aussi bien dans l’avenir que dans le passé. Convaincu après avoir lui-même testé son invention, Saint-Menoux accepte de s’associer à Essaillon pour poursuivre ensemble leurs recherches et découvrir ce qui attend l’humanité dans le futur. Leurs motivations sont nobles, les deux scientifiques veulent comprendre et de ce fait éviter les grandes catastrophes à venir telles que des guerres ou des épidémies, espérant ainsi assurer un avenir meilleur à l’homme. Travaillant d’arrache-pied avec Essaillon en tentant expérience après expérience, Saint-Menoux va tomber sous le charme doux de la fille de son confrère, la jeune Annette. Et alors que Saint-Menoux s’aventure de plus en plus loin dans le futur, il est le témoin de la lente évolution de la race humaine vers une forme de vie en société totalement inattendue et peu réjouissante…

Barjavel explore le temps et pousse le concept dans ses retranchements. Bien que depuis lui bon nombre d’auteurs et d’œuvres se sont intéressés aux voyages temporels, Barjavel rend hommage au genre et se montre rigoureux dans la manipulation de ce type d’histoire bien particulier qu’est le voyage dans le temps. Il en explore les moindres possibilités, dans le futur (où il laisse parler son imagination) comme dans le passé (qu’il sait faire revivre dans le respect du détail), mais toujours en conservant une certaine logique, une cohérence tout du long de son récit. Bien évidemment il ira chatouiller aussi la notion de paradoxe temporel, et il le fait avec malice et intelligence, donnant ainsi une vraie crédibilité à son histoire et c’est à mon sens la meilleure partie du roman. Le tout saupoudré d’une sensibilité et d’une émotion toutes en retenue, un ton sobre, classique, bien ancré dans son époque pour le coup.

C’est peut-être ce ton un peu daté, pas vraiment précieux mais pas loin, qui aura mis une distance entre le personnage et moi. Il n’y a pas eu d’identification, j’ai eu du mal à me sentir vraiment impliqué dans l’enchaînement des événements, j’ai lu cela avec un certain détachement. Pas du désintérêt parce que l’envie de savoir ce qui allait se passer était bien là, mais je n’étais pas autant à fond dans le roman qu’on peut l’être lorsqu’on se sent à la place du personnage principal.

Bref, pour ma deuxième incursion dans l’univers littéraire de Barjavel, j’ai été très intéressé par le thème abordé, par le traitement du paradoxe temporel, j’ai beaucoup aimé la note de fin en forme de Post-Scriptum, mais je suis encore une fois resté un peu en retrait de ce que je lisais. J’attendais la « révélation » tant promise vis-à-vis de l’auteur,  et j’ai beaucoup plus accroché à ce roman qu’à L’Enchanteur, mais je suis encore resté un peu sur ma faim. La passion a manqué à l’appel.
Le prochain Barjavel sera-t-il le bon ? Pour le moment je n’en ai pas d’autre au programme… des suggestions peut-être ?

270 voyageur imprudent

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 10:31

Dans la liste interminable de mes défauts, il y a au chapitre cinéma, page 43, paragraphe 4, 1ère ligne : adore les films de Claude Lelouch.

Voilà.
La vache ça soulage de faire son coming out.

Ben non, je n’ai aucune circonstance atténuante, pas la moindre excuse, je ne peux même pas dire que je ne savais pas qu’il n’est plus de bon ton d’aimer Lelouch (il fut un temps où c’était tendance, et puis le temps passe et la mode trépasse).
Je suis très loin d’avoir vu tous ses films (il doit avoir dépassé la trentaine d’opus au compteur, dont un bon nombre plus vieux que moi…) et je suis bien déterminé à tout doucement réduire mon inculture lelouchienne, mais tout ce que j’ai vu de lui m’a plu. À des degrés divers il faut bien le dire, mais quand même, le bonhomme me cueille à chaque fois. J’ai beau avoir conscience de ses trucs, de ses tics, de ses tocs, je me fais toujours avoir par son talent de conteur. Bien évidemment il y a ses grands succès comme L’Aventure c’est l’Aventure ou Itinéraire d’un Enfant Gâté qui sont pour moi des incontournables. Mais il y en a de moins connus que j’aime tout particulièrement. Je citerai pour exemple Hasards ou Coïncidences, ou encore le plus récent Roman de Gare. Et puis pour que les derniers allergiques d’entre vous finissent de s’étrangler je vais vous donner le titre de mon petit préféré, celui que j’ai vu et revu, et qui à chaque fois me file la banane : Hommes-Femmes, Mode d’Emploi. Oui, oui, le film avec Bernard Tapie, exactement. Ça va, vous surmontez le choc ?

Évidemment quand le nouveau film de Lelouch sort et qu’en plus la salle de ciné à côté du bureau le programme entre midi et deux, je ne pouvais passer outre l’invitation tacite.
C’est ainsi que j’ai vu le jour de sa sortie (je guettais moi ?) Ces Amours-Là.
Et je m’en vais vous en toucher deux mots. Ou pas, si vous avez déjà fermé votre navigateur.

269 ces amours la dana couson
Alors comme d’habitude, les films de Lelouch, c’est pas une sinécure à résumer. Le mot « pitch » n’existe pas dans le vocabulaire du réalisateur (et ce n’est pas moi qui lui lancerai la pierre, Pierre). Je vais tenter quand même. Je préviens de suite, il y aura des omissions, des manques et des oublis pas toujours volontaires, n’y cherchez aucune exhaustivité.
Dans Ces Amours-Là on suit le destin de deux personnages principaux. Une femme et un homme. On survole la vie de leurs parents, pour mieux comprendre où ils en sont et comment ils en sont arrivés là quand on commence à les suivre, c’est-à-dire en pleine occupation allemande de Paris pendant la seconde guerre mondiale. La femme c’est Ilva (Audrey Dana), une jeune et belle ouvreuse de cinéma pour qui l’amour est une seconde nature. Elle tombe facilement amoureuse Ilva, elle tombe souvent amoureuse Ilva, mais c’est toujours avec une force et une sincérité profondes. Le film retrace ces amours-là, qui émailleront sa vie et feront de son existence une succession de belles histoires qui chacune efface les mauvais souvenirs de la précédente qui finit mal. L’homme c’est Simon (Laurent Couson), un juif parisien qui sera dénoncé par ses voisins parce qu’il joue trop fort du piano. Ce même piano qui le sauvera de la chambre à gaz dans les camps de la mort car il deviendra le pianiste du mess des officiers allemands. Ce piano qu’il abandonnera à la libération pour devenir avocat, son autre passion.

J’arrête là le résumé du film. Sachez simplement que si la majeure partie du film se déroule pendant la guerre il couvre en réalité une période bien plus large, allant de la fin des années 1800 jusqu’à aujourd’hui.

269 ces amours la dana ido lemaire
C’est difficile d’énumérer les qualités de ce film, un film de Lelouch se ressent avant toute chose. Le réalisateur a sa façon bien à lui de raconter les histoires, il y intègre des tas d’anecdotes, on a parfois l’impression qu’il part dans tous les sens et oublie ce qu’il avait développé au départ mais c’est pour mieux y revenir par un chemin détourné. Il traite depuis toujours et pour toujours des relations humaines, de l’amour et pourtant on se fait toujours avoir. On connaît ses marottes, on a l’habitude de ses circonvolutions, et malgré tout il parvient encore et toujours à nous surprendre, à nous mener là où on ne s’y attendait pas. Et c’est en partie ce que j’aime chez Lelouch : me laisser porter par un narrateur hors-pair, qui me mène par le bout du nez et joue avec mes sentiments de spectateur. D’autant qu’il n’a pas que ses ficelles de scénariste à son arc… Lelouch sait faire un casting. Il sait quel comédien mettre dans un rôle. Je ne sais pas du tout comment il s’y prend sur un tournage, s’il coache beaucoup ses acteurs, s’il les dirige exactement comme il le veut ou s’il les laisse faire, toujours est-il que chez Lelouch il n’y a jamais de fausse note du point de vue de l’interprétation. Jamais dans un de ses films je n’ai vu de comédien qui ne soit pas crédible dans un rôle. Ils y croient tous et de ce fait, on y croit aussi. Et son dernier film n’échappe pas à la règle.

  269 ces amours la dana labarthe
Les deux rôles principaux pour commencer. Audrey Dana, que j’avais découverte dans le précédent film de Lelouch, Roman de Gare (et qu’on voit aussi en épouse de Jean Dujardin dans Le Bruit des Glaçons), est bluffante. Cette actrice est d’un naturel déconcertant. Elle sourit, elle pleure, elle vit ce qu’elle joue. Elle regarde l’acteur en face d’elle et on est vraiment persuadé qu’il s’agit de l’amour de sa vie. Moi j’ai été éberlué par sa facilité à jouer tous les sentiments. Et pourtant elle n’a pas un rôle facile, parfois même elle n’a pas un rôle sympathique, les actes de son personnage peuvent prêter à discussion dès lors qu’on ne se place pas uniquement du point de vue d’une « amoureuse de l’amour », mais elle est d’un tel naturel, d’une telle douceur, que tout passe. Bref, elle est juste parfaite dans le rôle d’Ilva.

269 ces amours la dana
Le premier rôle masculin du film, est tenu par Laurent Couson. Qui ça ? eh bien si vous vous posez cette question c’est parce qu’il s’agit aussi de son premier rôle tout court. Laurent Couson est compositeur, c’est lui qui a co-écrit avec Francis Lai la musique du film. Et tout naturellement, Claude Lelouch a su que son personnage ne pouvait être interprété par personne d’autre que celui qui lui écrit ses morceaux de piano. Il a donc embrigadé Laurent Couson et en a fait son premier rôle masculin. Et quel pif il a eu encore une fois Lelouch. Laurent Couson dans le rôle de Simon est simplement incroyable. Ce type a une gueule, un charisme, une voix, un jeu déconcertants. Il est juste génial. C’est pour moi la révélation du film. D’ailleurs non, de l’année, y a pas de raison de bouder son plaisir. Il y a bien longtemps que je n’avais pas ressenti ça en voyant un type jouer la comédie. Et puis à ce talent inattendu d’acteur, il ajoute son talent de musicien. Toutes les parties musicales du film (oui désolé pour ceux qui n’aiment pas ça chez Lelouch, la musique a encore une fois une place prépondérante dans son film) sont jouées par lui en prise directe. Piano, trompette, chant, Laurent Couson est en live complet et ça rend du tonnerre. Je ne vous parle même pas du duo final entre Simon et Ilva, qui a l’air mi-écrit mi-improvisé et qui m’a laissé sur mon très honorable postérieur. Et je précise au passage : je hais pourtant les comédies musicales (parce que c’est pour les adolescentes boutonneuses, parce que c’est tout naze et que ça s’en rend même pas compte, parce que c’est pas sérieux et qu’on n’y croit pas une seconde, parce que ça puducu et que c’est toupourri, et parce que j’aime pas je vous dis !!).

269 ces amours la couson
Comme je le disais plus haut (je m’excuse m’sieurs-dames, je sais qu’encore une fois je tartine des pages et des pages sur Lelouch alors que vous n’avez qu’une envie c’est que je vous laisse vous rendormir peinards), les films de Lelouch c’est avant tout un superbe casting, et ici encore c’est le cas. Vous verrez dans les rôles secondaires un excellent Dominique Pinon (comme à son habitude du reste), une inattendue mais parfaitement à sa place Liane Foly (qui, incroyable mais vrai malgré toutes ses retouches plastiques fait très authentique !), un Zinedine Soualem à béret dans un rôle de résistant, un très crédible et très charmeur officier allemand sous les traits de Samuel Labarthe (la scène de la Marseillaise est un très grand moment), deux beaux militaires américains interprétés par Jean-Jacques Ido et Gilles Lemaire tous deux impeccables, et Lelouch va même jusqu’à intégrer son propre personnage, Coco, d’abord en enfant de sept puis en adolescent apprenti réalisateur qui commence à expérimenter son fameux mouvement circulaire de caméra autour des personnages et faisant jouer ces rôles par deux de ses enfants Shaya et Sachka. Je mettrais un tout petit bémol sur la prestation du chanteur Raphaël, moins intense que les autres dans l’interprétation, l’air un peu timide, la voix trop douce, la moustache fluette, bref un je-ne-sais-quoi qui lui donne l’allure d’un gamin fragile sous l’occupation, il est beaucoup plus convaincant dans les scènes contemporaines.

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Évidemment les détracteurs de Lelouch retrouveront avec déplaisir tout ce qui fait sa patte. L’ambiance film choral avec sa multitude de personnages, d’époques, de lieux, toutes ces petites histoires secondaires qui viennent se coller à l’intrigue principale, la musique omniprésente (ici elle est même l’un des pivots essentiels du film). Ils y retrouveront son rythme qui prend le temps de s’attarder sur un personnage, sur un silence, sur une pensée, sur une image. Ils y retrouveront aussi le sous-texte de tant de ses films, le leitmotiv de Lelouch qui veut que l’amour soit placé au-dessus de tout, y-compris de la loi ou de la morale bien-pensante, qu’il pardonne tout et justifie même le pire. Ils y retrouveront ce qu’on lui reproche depuis toujours, cet étalage de bons sentiments, ce positivisme forcené qui le pousse à voir les pires moments d’une vie comme des passages obligés mais qui mèneront toujours vers quelque chose d’encore meilleur. Moi-même j’ai beaucoup de mal avec cette philosophie de la vie qui veut toujours voir le bon côté des choses, qui énonce comme théorème fondateur que chaque malheur est une des briques sur lesquelles se construit un nouveau bonheur (le fameux un mal pour un bien qui me révolte tant), et j’ai du mal à supporter les excès d’optimisme béat (autant que les broyeurs de noir incessants du reste). Mais quand c’est Lelouch qui illustre cet optimisme-là (justement pas si béat que ça chez lui), avec son talent, sa simplicité, sa sincérité, bah que voulez-vous, même mon réalisme grincheux huilé à l’objectivité méticuleuse dépose les armes. Je ne suis pas toujours d’accord avec sa philosophie, mais quand il met en image sa vision de la vie, avec ses cycles où bonheurs et malheurs se succèdent mais finissent toujours par nous faire avouer que « finalement ça en valait la peine », je lui laisse de bon coeur le dernier mot…

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Avec Ces Amours-Là, Lelouch fête ses cinquante ans de cinéma. Il y déclare son amour de la vie et du cinéma. C’est en quelque sorte un film-somme de tous ses précédents films, et tout comme il intègre un peu de son histoire personnelle dans le métrage (Coco le petit garçon que sa mère cache tous les jours dans un cinéma de quartier pour échapper à la Gestapo c’est vraiment lui pendant l’occupation allemande), il se permet même de boucler son film par une séquence faite de dizaines d’images tirées de ses précédents films, montrant tous les comédiens qu’il a tant aimé et mis en scène, comme un ultime hommage, comme une ultime déclaration.

Lelouch boucle la boucle. Et moi j’aime vraiment ça. Ça doit être mon côté midinette qui s’exprime…

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 07:50

Quand on m’a prêté ce livre de Joseph Connolly, on me l’a décrit comme une excellente comédie, à l’humour british qui fait mouche. Et on m’a précisé également que Vacances anglaises avait été adapté au cinéma par Michel Blanc sous le titre Embrassez qui vous voudrez (d’ailleurs les éditions récentes du livre ont adopté ce titre également si jamais vous le cherchez). Sur le moment, c’est ce qui m’a retenu de le lire.
Non pas que le film était mauvais, bien au contraire j’en avais gardé d’excellents souvenirs. Mais autant j’apprécie d’aller voir un film adapté d’un livre que j’ai lu, autant lire le bouquin original après en avoir vu l’adaptation cinématographique ne m’intéresse plus vraiment. On a déjà toute l’intrigue simplifiée en tête, le dénouement (pour peu que livre et film soient fidèlement transposés), les surprises… bref l’intérêt du livre est éventé à mes yeux.
J’ai donc poliment accepté le livre et il a attendu plusieurs mois sur ma pile de livres à lire avant que je ne l’ouvre.

Dès le début de ma lecture j’ai retrouvé tous les personnages dont je me souvenais du film. Et les scènes du début m’étant bien restés en mémoire j’étais en terrain connu. Lecture sympathique mais sans surprise puisque mes souvenirs du film venaient parasiter la découverte de sa version papier. Heureusement le style est agréable et l’humour omniprésent, ce qui m’a convaincu de continuer, malgré un léger ennui à lire quelque chose que je connaissais déjà. Et bizarrement plus ma lecture avançait, plus je me suis rendu compte que mes souvenirs du film laissaient la place à ce que je lisais. J’avais définitivement les images des différents acteurs en tête dès lors que leurs personnages intervenaient dans le récit, mais ça se limitait quasiment à cela. Il ne me restait plus que des bribes du film qui ressurgissaient ça et là, au détour des chapitres. La lecture est devenue soudainement passionnante, et en fin de compte dès le deuxième tiers du livre, on peut dire que j’ai redécouvert l’histoire. Et quel bonheur ! Je n’avais pas encore eu de coup de cœur littéraire en 2010 (ok c’est vrai aussi, je lis à un rythme moins soutenu que l’année passée), eh bien j’en tenais enfin un. Vous savez, ce genre de bouquin qu’on prend un vrai plaisir à lire. Ceux qui vous mettent dans ce paradoxe étonnant : on a envie de les dévorer, on a du mal à s’arrêter, et en même temps on voudrait ralentir la lecture pour pouvoir en profiter encore un peu plus longtemps au fur et à mesure qu’on voit la fin du roman approcher… et dire qu’il dormait au pied de mon lit depuis des mois !

Bon avec tout ça je n’ai pas encore parlé de l’histoire. En résumé c’est une grosse comédie de mœurs que nous propose Connolly. On a un couple de riches londoniens, Elizabeth et Howard, dont la femme se fait offrir par son mari des vacances dans un hôtel chic de la côte anglaise. Elle s’y rend accompagnée de son amie Melody, jeune mère célibataire un peu frivole flanquée de son bébé brailleur.  La voisine et amie d’Elizabeth, Dotty, jalouse au dernier degré a décidé de partir au même moment et au même endroit. Son mari Brian se voit contraint de la suivre, bien que sa situation financière ne le leur permette plus du tout, le pauvre diable étant en pleine faillite, aussi bien professionnelle que personnelle. Leur fils Colin, 15 ans, est également du voyage. À l’hôtel il y a aussi la superbe Lulu et son mari jaloux compulsif John, qui ne supporte pas le regard des hommes sur sa femme. Et il y a Miles, un dragueur-salaud-arriviste qui se paie une semaine au soleil sans sa femme et ses enfants comme chaque année, bien décidé à coucher avec toutes celles qu’il arrivera à séduire. Enfin il y a Katie, la fille de 17 ans de Howard et Elizabeth, qui part de son côté pour une semaine à Chicago avec une amie Ellie… du moins c’est ce qu’elle dit à ses parents, alors qu’en fait elle part pour une semaine de débauche avec Norman, un des employés de Howard.
Toute cette multitude de personnages et quelques autres encore se croisent et s’entrecroisent pendant cette semaine qui sera riche en rebondissements.

Difficile de résumer avec précision ce livre tant il s’y passe de choses et tant les personnages sont nombreux. Les personnages justement, sont le vrai point fort de Joseph Connolly. Il sait les croquer et les rendre vivants et crédibles tout en leur ajoutant quasiment à tous une touche d’humour et d’absurde. On s’amuse vraiment avec chacun d’entre eux, aucun ne laisse le lecteur indifférent. J’ai tout particulièrement aimé le flegme de Howard, la peste-attitude de Katie, la salaud intégral Miles et pour moi le pompon revient sans la moindre hésitation à Brian, le pauvre type par excellence, qui n’a plus un sou et qui pour s’occuper collectionne les bouches d’égouts et bricole à la façon MacGyver. Le passage de sa lettre d’adieu m’a tout simplement fait mourir de rire tant c’est pathétique et drôle à la fois. Un grand moment d’humour anglais. Un must.

Bref, j’ai tellement adoré ce livre que dans la foulée je me suis immédiatement mis à la recherche du dvd de l’adaptation par Michel Blanc que j’ai également revue avec un grand plaisir. La boucle était bouclée.

268 vacances anglaises

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:17

Nouveau film de Bertrand Blier, Le Bruit des Glaçons a fait parler de lui sur bien des points.
D’abord parce que c’est son retour derrière la caméra après cinq années d’absence des salles de cinéma. Blier, parfois légèrement surestimé à mon avis, c’est tout de même le type qui a réalisé Les Valseuses, Tenue de Soirée ou encore Trop Belle Pour Toi. Un réalisateur à l’habit anticonformiste marqué. Un type qui a côtoyé les plus grands du cinéma français, des grands anciens comme Georges Lautner, des icônes comme Patrick Dewaere ou Jean-Pierre Marielle, des stars comme Gérard Depardieu, et je ne parle même pas de l’héritage paternel du génialissime Bernard Blier. Bref, dans le paysage cinématographique français, Bertrand Blier est quelqu’un qui compte.
Ensuite parce que pour son nouveau long métrage, Blier réunit deux poids lourds de l’humour, aux styles pourtant très différents, Jean Dujardin abonné aux rôles de beaux gosses un peu cons et frimeurs (OSS 117, Un Gars Une Fille, Brice de Nice) et Albert Dupontel à l’humour grinçant du sale gosse qu’on laisse tout faire parce qu’il est brillant (Bernie, Enfermés Dehors, Le Créateur). La confrontation promettait d’être intéressante.
Enfin parce que le thème lui-même du film de Blier a fait controverse. Je vous en fais un rapide résumé.

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 Charles (Jean Dujardin) est un écrivain à succès. Cet ancien prix Goncourt n’écrit plus une ligne depuis des années. Sa femme Carole (Audrey Dana) l’a quitté, elle est partie avec son fils. Il vit dans sa propriété de campagne, avec sa dévouée servante Louisa (Anne Alvaro) et la langoureuse Evguenia (Christa Theret), belle plante qu’il entretient pour noyer son chagrin. Mais sa plus fidèle compagne est sa bouteille de vin blanc dont il ne se départit jamais, la traînant avec lui du matin au soir dans un seau rempli de glaçons… Mais un jour, un homme à la dégaine bizarre vient sonner à la porte de Charles. Il se présente : il est son Cancer (Albert Dupontel), et désire faire connaissance avec lui. Ce visiteur étrange, engoncé quelque part entre fausse politesse et cruauté glaçante, est bien résolu à s’incruster dans sa vie.

Voici donc pour le postulat de départ, plutôt original et inédit, on en conviendra. Casse-gueule aussi, parce que faire un film d’un sujet aussi ardu n’est pas chose aisée. Blier parle de mort, et l’aborde par un biais difficile : le cancer. Cette fichue maladie qui fait peur, qui fait horreur, et dont on préfère ne pas parler de crainte de l’attirer… et bien Blier lui a choisi de la mettre en scène, de la rendre burlesque et de s’en moquer. Si l’humour est noir, c’est bien plus encore dans la mise en situation que dans les dialogues.
Forcément, en adoptant cette posture, Blier perdra l’adhésion d’un certain nombre de ses spectateurs, et je peux tout à fait le comprendre, tout le monde n’a pas envie de voir un tel spectacle. D’autres ne sont pas armés pour cela. Et je ne parle pas de ceux pour qui le cancer a été une réalité froide, et qui ne peuvent tout simplement pas accepter l’idée de le voir traité d’une façon burlesque.

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Sans compter également, sur la forme de son histoire. Des personnages caricaturaux et extrêmes, des situations improbables, une logique malmenée de bout en bout : Blier ne nous livre pas un film en fait, mais une fable, un conte moderne qui aura gardé la noirceur d’un conte de Perrault mais en aura perdu l’aspect merveilleux. Le film navigue en eaux troubles, le message est parfois opaque car on ne comprend pas toujours où le cinéaste veut nous mener. D’autant que non content de mettre en scène Albert Dupontel et Myriam Boyer en personnifications perverses de tumeurs malignes, Blier  colle par-dessus tout cela une histoire d’amour un peu glauque et pas vraiment glamour, en la personne de Louisa la servante secrètement éprise de l’écrivain ivrogne. De là à placer l’amour comme seul recours à la maladie il n’y a qu’un pas symbolique que Blier semble vouloir franchir. Irait-il jusqu’à dire qu’il n’y a qu’une femme pour sauver un homme ? C’est peut-être un poil exagéré de prêter cette intention à un réalisateur en d’autres temps attaqué pour machisme voire misogynie (avec les deux héros des Valseuses en témoins de l’accusation). Mais l’idée semble flotter dans l’air…

En fait je suis bien ennuyé au moment de donner mon avis sur Le Bruit des Glaçons. Par bien des aspects le film est inclassable, même en termes basiques de « bon » ou « mauvais ». C’est très théâtral, et son côté fable coupe le film d’un réalisme auquel on essaie pourtant de se raccrocher pour ne pas trop perdre nos repères de spectateurs. En même temps, si Blier avait mis la pédale douce là-dessus, il sciait de fait la branche sur laquelle reposait son script. On ne peut pas reprocher à un film de manquer de réalisme si on accepte au départ qu’un homme puisse discuter le bout de gras avec un mec qui incarne son cancer. Bref c’est déroutant, mais c’est le postulat de départ qui le veut. Les dialogues aussi abritent un étrange paradoxe. Les échanges entre Dupontel et Dujardin sont savoureux, ça s’invective, ça se dispute, ça essaie de jouer au plus malin, en somme c’est plutôt bien écrit. Bien écrit mais pourtant ça sonne parfois faux. Comme quand on lit un bouquin trop bien écrit à voix haute. Bien écrit mais « trop » écrit, c’est peut-être ce qu’on pourrait reprocher aux textes. Les mots sont beaux, les phrases bien trouvées, c’est juste que l’on se voit mal parler ainsi dans la réalité…

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J’ai un peu lu les critiques du film ça et là sur internet. Évidemment on y trouve de tout, mais la plupart du temps les critiques professionnelles sont assez positives en ce qui concerne le retour de Blier derrière la caméra. Et il y a aussi de très nombreux témoignages de spectateurs qui ont détesté le film, jugé trop dérangeant, trop décalé. J’avoue que ça me semble assez logique finalement, que les détracteurs s’expriment plus que les autres. Parce qu’il est facile d’expliquer tout ce qu’on n’a pas aimé dans ce film et pourquoi, bien moins d’arriver à saisir tout ce qui plaît malgré tout. Pour moi Le Bruit des Glaçons n’est pas un mauvais film, et pourtant je ne sais pas vraiment comment le défendre, je ne sais même pas si j’aurais vraiment envie de le revoir. Le film de Blier est perturbant, aucun doute là-dessus.

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S’il est un point qui ne souffre pas de discussion à mon sens, c’est la qualité de l’interprétation. Qu’on n’aime peut-être pas les personnages est possible, mais les comédiens les interprètent à la perfection. Dujardin à ce titre m’a plutôt étonné, car c’est lui qui a le rôle le plus difficile je pense.  Dupontel en cancer mauvais et teigneux, j’allais dire que ça coule presque de source (et ça n’est en rien méchant, bien au contraire j’adore ce type). Celui qui avait plus à perdre dans l’affaire c’était Dujardin. À force de jouer au con dans ses films, ça devient coton de jouer un rôle plus sérieux, surtout dans un film qui lui à un traitement burlesque. Pourtant Dujardin tire son épingle du jeu, il parvient à rester crédible dans le rôle malgré certaines scènes limites. Il n’aurait pas fallu grand-chose pour qu’il tombe dans le ridicule à l’une ou l’autre reprise, sa performance d’équilibriste mérite donc d’être soulignée. Quant à Anne Alvaro, là on est dans un autre registre. C’est simple je ne l’imagine même pas autrement dans la vie que comme elle apparaît à l’écran (ce qui si cela s’avérait vrai serait un sort bien peu enviable) tant elle est dans le rôle.

Alors quoi faire ? Vous conseiller d’aller voir le film ou non ? Franchement je n’en ai aucune idée encore maintenant que j’écris ces mots. J’ai d’ailleurs failli laissé tomber l’idée de chroniquer ce film tant je suis dans l’incapacité de me prononcer là-dessus.
Disons que si le thème ne vous rebute pas, si vous n’avez pas peur d’entrer dans une fable aux accents incommodes (rien à voir avec un Burton par exemple), si vous avez un faible pour Dupontel comme moi, si vous êtes curieux de nature, essayez ce film. Mais je décline toute responsabilité si vous deviez le détester !!

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