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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 07:07

Encore tout imprégné de mon trip australien dispensé par le bouquin de Bryson, je suis tombé sur cet ouvrage au titre bizarre qui m’a interpellé au premier coup d’œil : Le Koala Tueur et autres histoires du bush de Kenneth Cook.
Je ne connaissais pas l’auteur mais j’ai de suite souri en repensant à un passage de Nos voisins du dessous où Bryson remarque le nombre incroyable de lieux et de personnes qui se nomment « Cook » en Australie… en voilà encore une illustration.

Au fil des quinze nouvelles qui forment ce livre, l’auteur nous raconte avec un humour féroce et un sens de l’autodérision marqué ses expériences dans le vaste bush australien et ses rencontres plus ou moins heureuses avec sa faune, animale comme humaine.
Selon ses propres aveux, ces anecdotes sont toutes véridiques mais semblent tellement invraisemblables que Cook n’a jamais pu les intégrer dans un de ses romans, de peur de ne pas être cru. Mais si je veux croire en sa parole je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur australien aura par-ci par-là quelque peu brodé en racontant ses loufoques aventures. Et selon moi il a très bien fait ! Car le résultat est là : les personnages, aussi bien humains qu’animaux, sont dépeints avec un réalisme teinté d’humour piquant et font la force des différents récits, au-delà même des situations burlesques qui nous sont contées.

Toutes les nouvelles ne sont pas exceptionnelles, certaines m’auront beaucoup plus fait rire que d’autres. Je retiens entre autres la rencontre de Cook avec un chameau kidnappeur à l’haleine pestilentielle, sa mésaventure face à un razorback (les cochons sauvages d’Australie) furieux qui compte bien démontrer qui est le chasseur et qui est le chassé, le concours de buveurs de bières au sein d’une colonie de mineurs d’un gisement d’opales, et surtout la pépite du bouquin : le combat entre l’homme (en l’occurrence Cook) et le koala tueur du titre. Ce récit-là m’a fait littéralement éclater de rire tant il est bien raconté et hilarant. Je ne résiste pas à l’envie de retranscrire ici ce que pense Cook de ces adorables bestioles : « Je n’aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n’ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable – les mâles n’arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. Ils ont des mécanismes de défense répugnants. Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n’y a rien de bon chez eux. »
Cook donc n’aime pas les koalas. Mais je vous assure que c’est réciproque, les koalas n’aiment pas Kenneth Cook non plus !!

Requins, crocodiles énormes, chat sauvage caractériel, reptiles et serpents de toutes sortes, mais aussi aborigène au sens des affaires très développé, montreur de serpents totalement inconscient ou plongeur un peu timbré, Cook va croiser sur sa route tout ce dont on ne vous parle pas dans les agences de voyage quand on vous vante les beautés de l’Australie. Si vous avez envie de passer un bon moment, si vous avez envie d’un peu de légèreté et d’une lecture dépaysante et amusante, sans forcément tutoyer le génie Kenneth Cook saura répondre à vos attentes avec ce bouquin. Et si un jour vous vous retrouvez à visiter une forêt d’eucalyptus en Australie prenez la bonne résolution de surtout laisser les koalas qui y vivent tranquilles ! à vos risques et périls !!

246 koala tueur

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 07:51

Il y a deux pays qui me fascinent par leur immensité, leur aura et leur façon de conjuguer modernité et nature sauvage, ce sont les États-Unis et l’Australie.
Après avoir lu avec délectation American rigolos de Bill Bryson dans lequel il taille amicalement un short à ce beau et grand pays qu’est l’Amérique, je me suis donc précipité pour lire ce qu’il avait à dire sur ce continent aux antipodes de tout, l’Australie.

Bien que la présentation reste la même et qu’on les trouve au sein de la même collection aux éditions Payot, les deux livres ne sont pas du tout formatés à l’identique. American rigolos est un recueil de chroniques relativement courtes et bien senties sur les States, alors que Nos voisins du dessous est un véritable récit de voyage où Bryson raconte son périple à travers le pays en découpant ses chapitres « géographiquement » au fur et à mesure de l’avancée de son voyage. D’une lecture beaucoup plus classique donc, moins aérée et moins légère on sent parfois l’auteur moins à l’aise pour les transitions que dans ses courts billets du livre précédent.
Cela étant, on ne s’ennuie pas pour autant, le rythme est simplement plus lent et Bryson prend plus de temps à décrire l’Australie telle qu’elle lui apparaît. Sur le fond la formule reste la même : on apprend énormément de choses sur cette contrée éloignée, et on mélange allègrement faits historiques, informations de première importance et petites anecdotes amusantes et instructives.
Pour nous faire découvrir le pays, Bill Bryson aime se décrire dans toutes sortes de situations où il n’est pas forcément à son avantage, et sait faire rire à ses dépends. Il manie les traits d’humour avec finesse et talent, sans jamais toucher à la vulgarité ou à l’exagération outrancière, tel le parfait anglais d’adoption qu’il est. Son récit ne se départit que très rarement de l’humour qui le caractérise et quand il le fait c’est pour aborder des sujets graves et douloureux, comme par exemple le problème d’intégration au sein de la société australienne de la population aborigène.

L’image qu’il donne de l’Australie c’est avant tout sa démesure en toute chose. Sa taille, son climat, sa végétation, sa faune et ses habitants, absolument tout semble verser dans l’extrême. On a l’impression en le lisant que si l’Australie peut par bien des aspects ressembler à un petit paradis préservé de la folie occidentale, elle peut aussi bien basculer à tout moment dans l’enfer total pour qui n’y prendrait garde en s’y aventurant à la légère.
Bryson ne donne pas de l’Australie un visage idyllique, loin s’en faut, mais malgré la somme de dangers potentiels qu’il énumère et le nombre de mises en garde qu’il nous assène, sa description de ce pays-continent et le récit de son voyage à travers les divers territoires australiens donnent une irrésistible envie de découvrir cette terre du bout du monde, loin des prospectus de papier glacé à l’intention du touriste en mal de station balnéaire. Et au-delà même des paysages hors-normes et de la faune et la flore à nulles autres pareilles, on sent que l’intérêt principal de l’auteur aura été capté par les habitants, eux aussi exceptionnels à bien des égards. La description qu’il fait des australiens laisse transparaître une vraie tendresse de Bryson envers eux, sans pour autant que sa vision et son jugement en soient altérés ou ne manque d’objectivité.

Dans un tout autre style que American rigolos, Nos voisins du dessous est une plongée très intéressante et légèrement moins centrée sur les débordements loufoques que les aventures américaines de Bill Bryson. Quoi qu’il en soit, le bouquin reste une lecture en tout point recommandable !

245 nos voisins dessous

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 07:25

 Bill Bryson, l’auteur de ce livre, est un journaliste / écrivain américain, né dans les années 50 en Iowa. Parti à la découverte de l’Europe dans les années 70, il s’y installe, s’y marie, fonde une famille de quatre enfants, et travaille en tant que journaliste économique pour des titres aussi prestigieux que le Times ou The Independent.

C’est en 1995 que Bryson revient vivre en Amérique avec toute sa petite famille. Devenu un étranger dans son pays natal, il raconte dans ce livre avec un humour non dépourvu d’autodérision tous les petits tourments et tracas qu’il rencontre dans ce pays qui est le sien mais dont il a été coupé depuis plus de vingt années. Le livre est un recueil des chroniques qu’il a écrites et qui ont été à l’origine publiées dans un hebdomadaire anglais. De ce fait il se découpe en très courts chapitres de trois à quatre pages chacun traitant tour à tour d’un thème qui aura frappé l’esprit de l’auteur.
Il y aborde des sujets très variés et touchant principalement la vie de tous les jours du Wasp moyen qu’il est redevenu depuis son installation dans le New Hampshire. Les transports, les supermarchés, la culture, la publicité, la télévision, l’éducation, la malbouffe, la santé, l’administration, le confort moderne, Bryson passe au crible la vie quotidienne et la société américaine. Le tout entrecoupé également de chroniques plus légères et personnelles parlant de sa vie de famille ou de ses souvenirs d’enfance.

Bill Bryson manie l’humour avec élégance et pertinence, et je me suis plus d’une fois retrouvé à rire de bon cœur en le lisant. Ce qui est d’autant plus agréable qu’on a le net sentiment d’apprendre tout en s’amusant à la lecture de son livre qui peut paraître léger de par sa forme, mais n’en est pas moins une mine d’informations sur l’American Way of Life moderne (les chroniques datent de 1996-97). Parmi ces billets que j’ai beaucoup aimés et qui me reviennent en mémoire (ça fait un an maintenant que j’ai lu le bouquin) je citerais volontiers celui qui traite génialement de cet animal méconnu mais hautement charismatique qui vit dans les forêts de la Nouvelle-Angleterre : l’élan. Ou encore l’hilarant mode d’emploi et notice d’installation d’ordinateur, simplement excellent. Et si vous voulez savoir tout ce dont un broyeur à ordures ménagères est capable, Bill Bryson l’a testé pour vous également.
Bref, moi qui suis fasciné par les États-Unis depuis toujours, et qui adore ce style d’écriture qui donne à réfléchir autant qu’à rire, j’ai été conquis par le livre de Bryson. Il conjugue avec brio tout ce que j’aime : la connaissance parfaite de son sujet, les informations importantes mêlées d’anecdotes amusantes et l’art de raconter avec légèreté et humour.

Pour moi American rigolos : Chroniques d’un grand pays est à lire pour apprendre et se divertir en même temps (ce qui devrait toujours être le cas dans mon idéal), et je vous le conseille vivement !

244 american rigolos

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 08:00

 Swap de Antony Moore (aux éditions Liana Levy), c’est l’histoire de Harvey, un trentenaire de la génération des geeks. Fan de super-héros et de Star Trek il tient un comic-shop à Londres et vivote tant bien que mal de sa passion. Évidemment, comme tout type qui se rêve en Superman ou en James Bond il en est l’exact opposé. Un peu gras, pas sportif pour un sou, le crâne qui commence à se dégarnir, un bouc qui tente de donner de la personnalité à un visage trop banal et une dégaine d’éternel adolescent attardé à base de basket, jean pourri et t-shirt à l’effigie d’un groupe de hard-rock ou de héros de bande-dessinée. Célibataire plus par fatalité que par choix, Harvey fantasme sur les femmes fatales mais est un piètre séducteur : la femme est un animal bizarre bien trop compliqué à comprendre et à intégrer dans sa vie. Et côté moral ce n’est pas le top non plus. Il traîne avec lui un regret qui pourrit toutes ses pensées et lui donne l’impression d’être maudit et la victime innocente d’une injustice sans nom. Depuis des années il est obsédé par l’exemplaire de Action Comics #1 qu’il possédait enfant, le fameux comics de 1929 où est apparu pour la première fois Superman,  qui est devenu un véritable objet de culte et a aujourd’hui une valeur commerciale énorme (pour info, un exemplaire en très bon état s’est négocié début 2010 à 1 Million de $, NdS). Harvey maudit ce jour fatidique où, alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années, il avait échangé son Action Comics #1 contre un vulgaire jouet en plastique. Ce jour où l’enfant débile a privé l’homme qu’il est devenu de la richesse et de la gloire… avec ce Action Comics #1 tout serait pourtant tellement plus simple, sa vie serait si belle, il serait un héros lui aussi ! Harvey ne peut se débarrasser de cette pensée envahissante, obsédante…

Arrive une réunion d’anciens élèves où il est invité et où il sait qu’il va retrouver Bleeder, qui passait pour un demeuré et était le souffre-douleur de sa classe quand ils étaient gosses. Celui-là même avec qui il avait fait cet échange qui a ruiné sa vie, son comics inestimable contre un bout de plastique débile, alors certain de faire une bonne affaire qui plus est !! Harvey est persuadé que ce crétin de Bleeder ne sait même pas qu’il a peut-être encore quelque part dans son grenier ou au fond d’un carton ce trésor de comics qui le ferait accéder au bonheur ultime, Bleeder n’en soupçonne d’ailleurs certainement même pas la valeur… Mais cette fois Harvey est décidé à tordre le coup à ce regret qui pourrit sa vie depuis trop longtemps. Il va forcer son destin, aller voir Bleeder et récupérer ce qui lui revient de droit, et la belle vie commencera enfin pour lui, celle qu’il mérite tant…  Sauf que rien ne se passe comme il le prévoyait, et qu’il va très vite être embarqué dans une affaire qui va totalement le dépasser. Action, suspense, amour, sexe, meurtre… tous les ingrédients d’une aventure de super-espion de cinéma vont bousculer la vie de ce petit libraire au physique de bouteille d’orangina…

Évidemment un tel thème ne pouvait me laisser de marbre ! Moi-même à moitié geek et à 200% fan de comics (je passe cependant mon tour pour la bouteille d’orangina hein ! … enfin je crois…) j’étais en terrain connu et familier dès le départ. Et quasiment d’office, dès la description de Harvey passée, mon esprit avait mis en lieu et place du personnage principal un type que je connais et croise régulièrement depuis des années aux festivals de BD auxquels je me rends parfois. Le visage, le physique, le comportement, tout collait si bien que ça avait été une évidence à la lecture (désolé pour lui, c’est un peu salaud de ma part mais c’est venu naturellement et sans méchanceté, promis !). La lecture du roman n’en a été que plus agréable pour moi, je visualisais tout parfaitement. Les péripéties s’enchaînent, l’engrenage machiavélique se précise et on se rend compte que décidément, Harvey est vraiment soumis à la fatalité, réellement maudit, et confirme page après page son statut de loser de première catégorie (forcément un peu attachant du coup… pitié quand tu nous tient…). Jusqu’au dénouement qui je l’avoue m’a un peu surpris, bien qu’il reste parfaitement logique et cohérent avec le reste.

Alors bien sûr vous n’avez pas besoin d’être fan de comics ou geek indécrottable pour apprécier l’histoire, n’empêche que c’est un petit plus qui permet certainement d’être un peu plus dans l’ambiance. L’intérêt principal du roman réside dans sa galerie de personnages, finement observés et aux caractères réjouissants (Antony Moore est psychanalyste dans le civil), et l’intrigue lorgne avec bonheur du côté du thriller à accents comiques.
Pas de quoi se relever la nuit certes, mais assez fraîche, divertissante et originale, je vous encourage à découvrir l’histoire de Harvey, le type qui a fait du long et profond soupir son arme secrète de héros de roman…

243 swap

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:48


35.
Ans.
35 ans.

35 ans 35 ans 35 ans 35 ans 35 ans 35 ans 35 ans 35 ans.

Trente-cinq ans.
Évidemment vous ça vous laisse froids.
Moi ça me glace…

Pourtant la réalité est là. Je suis né le 14 avril 1975, il y a 35 ans donc.
Je me regarde dans une glace et je ne peux pas le nier, c’est écrit en gros caractères sur mon front, mes yeux, ma gueule et mon corps tout entiers.

J’ai envie de reprendre les vers de la chanson Tout va bien de Cali : « Suis-je à la moitié, suis-je à la fin ? En tout cas, ce n’est plus le début ». En fait j’aurais bien envie de reprendre le texte intégral de cette chanson, mais bon, faudrait quand même pas tomber dans la facilité et faire écrire mes articles par d’autres (même s’ils sont bien plus talentueux).

Difficile de faire un bilan alors qu’on a l’impression d’avoir tout juste commencé…
Et puis pas vraiment l’envie non plus, trop déprimant.
Je crois qu’en fin de compte je retiendrai deux choses plus que tout le reste.
Celles et ceux qui peuplent mon existence, que j’aime et qui m’aiment.
Et celles et ceux qui ont disparu de ma vie, qui m’aimaient et que j’aime.
Mais avant toutes et tous, Nathan.

Nathan qui a un papa de 35 ans … 35 ans !
J’en reviens décidément pas.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 08:10

Ça faisait un bail que je voulais toucher un petit mot de À suivre !
Il s’agit d’une pièce de théâtre, d’une comédie plus précisément, écrite par Jérémy Manesse et interprétée au Café de la Gare de Paris par une petite troupe de comédiens (dont l’auteur) à la pêche et l’enthousiasme réjouissants.
C’est justement en lisant l’annonce de l’arrêt en mai de À suivre ! (après plus d’un an et demi de représentations tout de même !) sur le blog de Jérémy Manesse que je me suis dit que c’était le moment ou jamais d’en parler ! J’ai vu la pièce en novembre 2008, alors que je passais quelques jours à Paris pour aller voir l’immense Leonard Cohen à l’Olympia, et j’avais passé un excellent moment dans cette petite salle de théâtre à l’ambiance familiale et sympathique.

 À suivre ! c’est l’histoire de Margotte, une jeune femme fan de séries télévisées américaines, dont la passion dévorante envahit le quotidien au grand désespoir de son compagnon Damien. La vie de Margotte prend une tournure inattendue le jour où une pompière un peu bizarre, flanquée d’un agent secret frappadingue, font irruption dans son petit appartement. L’héroïne de salon voit sa vie basculer dans un environnement tout droit sorti des meilleures séries télé dont elle se gave. De spectatrice elle devient personnage principal d’une aventure rocambolesque. Sa vie serait-elle devenue une série télé ? la fiction serait-elle devenue réalité ? Margotte serait-t-elle tombé dans un épisode de la Quatrième Dimension ?…

Vous l’aurez compris en lisant le résumé, on est dans une pièce de théâtre résolument moderne, aux références très actuelles et directement connectée à un autre média, la télévision, et plus particulièrement les séries télévisées américaines. Alors évidemment ça vous plaira certainement beaucoup plus si comme moi (et Margotte) vous ingurgitez série sur série. Vous retrouverez tous les codes et rebondissements scénaristiques de vos séries préférées dans cette pièce, le tout agrémenté d’un humour bien senti et de situations loufoques. Déco, bande son (car il y a même une bande son originale façon Prison Break !), accessoires, personnages : toute la pièce est parsemée de clins d’œil aux séries télé, le geek qui sommeille en vous se régalera à les repérer.

Pour ma part si je suis allé voir ce spectacle c’est avant tout pour son auteur, avec lequel je partage la passion des séries télé mais aussi et surtout celle des comics. C’est d’ailleurs par ce biais là que j’ai découvert Jérémy Manesse qui est également traducteur pour le compte de Panini France (les nouvelles traductions de Preacher, Transmetropolitan, mais aussi Y le dernier homme, 100 Bullets et des tonnes d’autres choses, c’est lui). Et cherry on the cake, l’affiche de la pièce est dessinée par un dessinateur américain que j’adore, Darick Robertson (à lire absolument dans Transmetropolitan et The Boys).

 À suivre ! c’est drôle, bien écrit, énergique, pêchu, divertissant, frais, original, bref : À suivre ? à voir !
(La pièce se joue au Café de la Gare, tous les samedis et dimanches, jusqu’au 9 mai.)

241 a suivre

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 16:33

Unité de temps : pas de date précise, dans un avenir pas trop lointain, quelques années après un cataclysme mondial, peut-être de type nucléaire mais sans qu’on en sache plus à ce sujet.
Unité de lieu : nord des États-Unis, côte Pacifique, un monde dévasté d’où quasiment toute vie a disparu. Un monde gris, recouvert de cendres et de poussière, un monde où le soleil a disparu derrière les nuages, un monde où le froid, la pluie et l’obscurité sont le quotidien des rares survivants.

Un homme et son fils marchent vers le sud avec l’espoir fragile de trouver un endroit plus propice à la survie dans un monde devenu totalement froid et stérile. Ils suivent le ruban d’asphalte de la route, avec pour seuls bagages ce qu’ils ont trouvé en chemin et entassé dans leur chariot de supermarché et dans leurs sacs à dos. Ils évitent soigneusement les villes qu’ils trouvent sur leur itinéraire : l’état du monde est tel qu’il vaut mieux fuir les éventuels survivants qu’on pourrait croiser… sous peine de risquer de se faire voler, dépouiller, tuer voire même… manger…

L’enfant n’a jamais connu le monde autrement que tel qu’il est, et son père fait de son mieux pour le protéger et l’élever tout en lui inculquant les valeurs d’une humanité disparue et d’un monde révolu. À la poursuite d’un rêve, d’un paradis perdu, le père et son petit garçon avancent lentement, péniblement, vers le sud et l’océan. Il y fera peut-être plus chaud. Ils y trouveront peut-être de quoi subsister. Il y aura peut-être des gens « gentils » dont on n’aura pas à se méfier. Car la survie a ceci de cruel qu’ils souffrent de solitude mais que la prudence et la méfiance leur interdisent tout contact avec d’autres êtres humains. Se cacher pour ne pas être tué…

 La Route c’est un court roman de Cormac McCarthy qui se lit assez vite, mais pas pour autant facilement. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été à ce point touché par un bouquin. Le récit est froid et dur. Pour illustrer mon propos sachez par exemple que jamais dans le livre les deux personnages principaux ne sont désignés autrement que par « l’homme » et « l’enfant » ou « le petit ». On ne connaît ni leur nom ni leurs prénoms, ce qui accentue encore la dureté du récit. Car ce qui m’a bouleversé dans le roman de McCarthy c’est ce désespoir total et définitif dont est faite la vie des survivants. L’homme et l’enfant vont au sud et le père sait bien que c’est sans espoir. Qu’ils n’ont quasiment aucune chance d’y parvenir, et que si par miracle ils y arrivaient quand même, ils y trouveraient la même désolation que partout ailleurs. Mais il se refuse à sacrifier l’espoir qui anime son petit garçon, il maintient l’illusion pour son enfant. Et aussi pour ne pas succomber à la tentation d’en finir en mettant lui-même fin à leurs jours.
 La Route c’est réellement l’esprit de l’homme confronté à la survie dans son incarnation la plus totale. Jusqu’où peut-on tenir ? Jusqu’à quelle extrémité peut-on aller pour survivre ? Et que deviennent nos valeurs dans un contexte aussi désespéré ? La morale, la conscience, le bien, le mal…  tous ces concepts sont autant malmenés que les corps…
À quel moment bascule-t-on, la survie peut-elle nous faire abandonner notre humanité et nous transformer en animaux ?

Au-delà d’un périple où le père et son enfant sont en perpétuelle lutte pour ne pas mourir de faim, de froid et de fatigue, le danger est tout aussi grand pour eux de perdre leur identité, leur sensibilité, leur âme au sens spirituel et non-religieux du terme…

À plusieurs reprises au cours de ma lecture j’ai dû m’arrêter. Pour souffler. Pour me ressaisir tellement le récit m’a profondément touché et ému. Tant l’auteur m’a fait vaciller sur mes certitudes et mis face à l’horreur la plus absolue en me faisant me demander « et moi que ferais-je… et surtout aurais-je la force de le faire ? ».
Le cas est suffisamment rare pour que je le dise sans honte, ce bouquin m’a fait monter les larmes aux yeux plus d’une fois.
 La Route est assurément très dur à lire sur le plan émotionnel, mais il fait partie à mon sens de ces livres indispensables, cultes, un de ceux qui vous construisent.

Évidemment les âmes sensibles vont être mises à mal. Les autres aussi.
Peu importe, lisez La Route.

240 la route

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 10:13


Aujourd'hui un court texte :

«  bbilukjvhjvè_idddthtrgwe<erdfw v rs--sztrccytu_çiokjfg iop tg,lg gf cvvvvvvvvvvvv cfx ngfccyk , cvd , x c(vtyb tynh ffdR 766666Q 4?VVVVEDS QDDDDDDDDDDDDD W WWWQW ? JBN 66TY UVV3ZER ET8 876 BHJFBNGFH SERCV < FT .? /?KKKKKKK C %%%§§§§§§§§§§§§§§§§GGGGGK U HI FU?9¨ WSD RC T?? bbhhhhh

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Nathan, 5 mois ½


À propos de l'auteur :

À seulement deux dents et quelques cheveux, Nathan a tenu à vous faire partager sa déjà longue expérience de bébé.

Initié très tôt à l'informatique, il est tombé en adoration du clavier d'ordinateur de son papa. D'ailleurs il l'emmènerait volontiers avec lui au lit histoire de se faire les dents dessus (le clavier, pas le papa) si ça ne tenait qu'à lui et s'il n'y avait ce fichu câble qui le raccorde au reste de l'ordi ...

Nathan démontre dans ce texte un talent précoce mais certain pour l'écriture. Possédant déjà un style très original, une maîtrise de la syntaxe sans pareille, le jeune auteur sait également ménager ses effets, travailler ses transitions minuscules / majuscules, et montre qu'il est déjà très à l'aise dans l'art difficile de la ponctuation.

Que dire devant une oeuvre aussi aboutie quand on sait que le jeune prodige l'a écrite d'un trait, sans plan, sans rature, sans retour arrière pour correction. Cerise sur le gâteau il surpasse déjà son papa dans l'exercice délicat de l'écriture sur au moins deux plans : la concision dans son propos et la capacité surhumaine à taper de ses dix doigts avec un naturel déroutant (son père essayant avec difficulté d'atteindre la frappe à six doigts...).

De la graine d'écrivain ce Nathan, je vous le dis !

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:57
Amateurs de la bibliothèque rose passez votre chemin ! (ou alors en rose avec des menottes et un fouet)
 Lapin est l’œuvre d’un agité du bulbe nommé Patrick Day. « C’est qui Patrick ? » me demanderait Karine (cherchez pas, c’est de la pure private joke, NdS), et j’imagine que vous aussi vous vous demandez qui peut bien être ce Patrick Day…
C’est un type qui traînait ses guêtres au onzième étage du bâtiment ou je bosse, un type qui a développé l’art du camouflage à un niveau qui force l’admiration, jugez plutôt : il est à ce point en mode furtif qu’il arrivait à se la couler douce alors qu’il avait son bureau à pas plus de 20 mètres de celui du directeur… Patrick Day c’est un peu comme un Dahu en moins bancal et en beaucoup plus râleur : tout le monde le connaît mais personne ne le voit jamais…

Bon, plus sérieusement, vous l’aurez certainement deviné, Patrick Day c’est un collègue de travail avec lequel je m’entends d’autant mieux qu’on évite soigneusement de parler boulot lui et moi ! Et ce type-là est un touche-à-tout qui a une existence over-bookée dès qu’il quitte le bureau (c’est-à-dire à 16h00 tapantes). Donc, entre les formations qu’il donne, les pièces de théâtre qu’il écrit-monte-dirige-interprète, les jeux vidéos dont il se gave, les tableaux plus grands que lui qu’il peint, et le temps qu’il passe à se repaître des diverses nourritures audio-visuelles que lui prodigue son home-cinéma, le gars Patrick a trouvé le temps de nous pondre un roman. Le roman de Lapin, aux éditions du Manuscrit.

 Lapin c’est le surnom de Félicien Poulard, un publicitaire quarantenaire revenu de tout et qui se débat seul contre tous pour ne pas sombrer dans la banalité et l’inconsistance de monsieur tout-le-monde. Pourquoi ce surnom « Lapin » ? Je vous laisse faire preuve d’un peu d’imagination à ce sujet pour trouver seul, mais comme je ne suis pas chien je dirai simplement que ça n’a aucun rapport avec un quelconque goût immodéré pour les carottes…

Lapin est un homme d’action et s’est fixé un challenge : butiner sa 2000ème fleur avant la fin du millénaire. Pour ceux que la poésie à grand renfort de métaphores romantiques laisse sur le bord de la route, je traduis : Lapin s’est promis de coucher avec 2000 femmes avant la fin de l’an 2000. Est-ce pour l’amour des chiffres ou juste un pari idiot avec lui-même je ne me prononcerai pas, toujours est-il que quelques jours avant la date fatidique, alors que le but est presque atteint puisqu’il ne lui reste plus qu’une conquête à honorer pour atteindre son objectif, c’est le drame : la panne sexuelle, le blocage, la défaillance technique ! Littéralement : la débandade !! Lui, le routard du pieu, le Rocco anonyme, l’éleveur de bêtes-à-deux-dos, lui Lapin n’arrive plus à rien avec le beau sexe.
Est-ce un problème physique ? est-ce un blocage psychologique ? est-ce une crise d’identité ? Lapin n’est pas du genre à se contenter d’une demi-molle tous les 15 jours, il s’active donc pour trouver une solution à son problème, et ne néglige aucune possibilité : passant tout à tour entre les mains de son pote psy, de son toubib, d’un gourou pour gogos ou encore d’un acuponcteur peu pointilleux, Lapin fera tout pour se sortir de son « bug de l’an 2000 » à lui…

Voilà donc pour le pitch du bouquin. Vous l’aurez compris, c’est pas du Proust, on va droit au but et on appelle une chatte une chatte. C’est d’ailleurs une des principales caractéristiques du livre : ça se lit bien et il n’y a pas de longueur, le langage utilisé est fleuri mais pas vulgaire et l’auteur se fait plaisir en parsemant l’histoire et les dialogues d’expressions imagées savoureuses qui rendent la lecture d’autant plus drôle.

Pour être honnête, je suis bien obligé d’admettre que je n’arrive tout bonnement pas à aborder ce livre de façon objective et neutre, même après deux lectures. J’ai aimé ce bouquin d’abord parce qu’il a un côté « déviant », mais surtout parce que dans mon esprit le personnage principal avait la tête de Patrick et que ce ne sont pas les pérégrinations de Lapin-le-personnage que je lisais mais bien celles de Lapin-Patrick-mon-collègue-de-bureau. D’ailleurs sur pas mal de points l’auteur est proche de son personnage : même façon de causer, même façon d’être, même comportement asocial, le prototype même du mec qu’on classe du côté des connards superficiels et arrogants tant qu’on n’a pas appris un minimum à le connaître. Le genre de personne qui se fait un point d’honneur à se faire passer pour quelqu’un de détestable rien que pour voir qui a les couilles et l’intelligence d’aller voir au-delà des apparences. (Au passage, puisque j’apprécie le sieur Day, je réalise que ce que je viens d’écrire là fait de moi au choix : un type couillu et intelligent ou un connard comme Patrick ! ben merde alors…)

Bref, Lapin m’a fait marrer mais je suis conscient que ce ne sera peut-être pas le cas de tout le monde. Je ne sais pas si ça fait le même effet quand on ne connaît pas l’auteur… en tout cas moi j’adhère et je soutiens Lapin dans sa quête ! (non, n’insistez pas, je ne vous ferai pas le coup du bégaiement sur le dernier mot.)


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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 07:45
Second livre prêté par Delphine-qui-n’a-toujours-pas-vu-Deadwood, L’Enchanteur de Barjavel m’aura laissé beaucoup plus sur ma faim que le précédent. Petite explication préalable au choix du livre : Barjavel étant un écrivain que Delphine apprécie particulièrement, et n’ayant pour ma part jamais rien lu de cet auteur, je lui demandai donc de m’indiquer celui qu’elle voudrait pour me faire découvrir son œuvre. Et elle a choisi pour moi L’Enchanteur.

L’Enchanteur, ce n’est ni plus ni moins que la légende du roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde à la sauce Barjavel. Et c’est bien là tout le problème… évidemment elle ne pouvait pas le savoir, mais tout ce qui touche les légendes celtiques, le petit peuple de la forêt, les druides, les fées et les chevaliers qui luttent contre des magiciens ce n’est pas, mais alors pas du tout mon truc. L’Heroic Fantasy de manière générale d’ailleurs ne m’a jamais trop accroché (bon d’accord, je ne dis pas : la trilogie du Seigneur des Anneaux au cinéma ou Schwarzy en Conan le barbare j’ai aimé, mais vous ne me verrez pas me farder l’intégrale de JRR Tolkien pour autant !). Et là, manque de bol, l’Enchanteur ça n’est que ça du début à la fin. Et même sans prendre en considération le contexte arthurien, ce que nous conte Barjavel n’est pas très palpitant, pour tout dire je me suis plutôt ennuyé à la lecture.

Le point positif, c’est le découpage du récit en courts chapitres, ce qui fluidifie le tout. Dès lors on peut s’arrêter assez souvent sans perdre le fil de l’histoire pour autant. Mais bon, ça n’ajoute pas à l’intérêt du récit pour autant.

Donc voilà, je dois bien le dire, je n’ai pas aimé ce bouquin, et du coup ça a un peu calmé mon enthousiasme à découvrir d’autres œuvres de cet auteur pourtant reconnu comme un des incontournables de la littérature française contemporaine.

Désolé Delphine, j’aurais dû te dire que j’étais un peu hermétique au thème du livre…

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