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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 08:46

Avec Sauf ma mère, Serge Le Vaillant, producteur et animateur de radio qu’on peut entendre la nuit sur France Inter (dans son émission Sous les étoiles exactement), nous offre son premier roman. Parfois les premiers essais se révèlent être des coups de maître, et si je n’irais pas jusqu’à porter Sauf ma mère aux nues, il n’en reste pas moins un excellent bouquin, riche, drôle, très agréable à lire et au style enlevé.

On suit les aventures de Jean-Louis, dit Jean-Louis le gorille, fils à la Guenon. La Guenon, vous l’aurez compris, c’est le mignon petit surnom de sa môman chérie. J’écris les aventures de Jean-Louis, mais le terme plus exact serait plutôt la déchéance de Jean-Louis…

Jean-Louis Boulard donc, est routier. Était routier en réalité, puisqu’à 63 ans il est un tout récent retraité. C’est d’ailleurs au moment de la retraite que la Jocelyne, sa connasse de femme, a décidé de demander le divorce. Cette emmerdeuse l’a même viré de chez lui, si bien que le Jean-Louis a dû repartir habiter chez sa mère, la-dite Guenon donc. Et si la Guenon n’est plus une jeunette, elle continue à mener son monde à la baguette, bon pied bon œil. Jeune retraité, nouveau célibataire, Jean-Louis a tout son temps pour lui et va principalement l’utiliser pour picoler avec Olivier, un paumé de son âge avec qui il va forger une solide et virile amitié alcoolisée, mais aussi pour se consacrer dans son ancienne chambre d’adolescent à son train électrique, au visionnage de vieilles cassettes vidéo de famille et à l’écriture. L’écriture oui, car Jean-Louis va en profiter pour écrire son histoire, ses souvenirs, et plus particulièrement ses relations, pour la plupart conflictuelles, avec les femmes. Sa femme Jocelyne, enfin son ex, sa mère, mais aussi sa fille Paméla, sa voisine, sa belle-sœur Mireille, Stéphanie son ancienne maîtresse, Patricia qui tenait un relais routier qu’il fréquentait du temps qu’il roulait encore, et quelques autres par-ci par-là. Alors oui, Jean-Louis c’est pas un pro du dictionnaire et du bescherelle, il écrit un peu comme il pense, et il sait bien qu’il ne passera jamais dans les journals, mais il s’en fout, il écrit quand même sur toutes ces bonnes femmes. Et il vit bordel.

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Décidément, il n’y a pas de personnages que j’apprécie plus que les losers qui sont pathétiques tout en parvenant à rester sympathiques. Et c’est clairement le cas de Jean-Louis. Il est bourré de défauts, c’est certain, c’est parfois aussi un sacré connard faut bien le dire, mais on ne peut pas ne pas se prendre d’affection pour lui malgré tout. Il a un regard simple et décalé, décomplexé et par moments hilarant sur la vie qui fait que certaines choses parfois réellement dramatiques se transforment dans sa bouche et sous sa plume en situations comiques. Et dans cette simplicité se bousculent à la fois gravité et légèreté sur un même plan d’égalité. Il peut être grossier et attendrissant dans la même phrase, et je trouve cette alchimie absolument géniale à lire. Parce que c’est divertissant, souvent très bien tourné, parce que ça a l’apparence de la légèreté tout ayant une vraie profondeur, parfois même témoigner d’une vraie tristesse mais sans aucun larmoiement ni apitoiement. D’ailleurs je me rends compte que je parle de la verve de Jean-Louis Boulard, mais c’est bien entendu celle de Serge Le Vaillant qui transpire de tout son talent d’auteur et de conteur.

Je ne le fais pas souvent, mais j'ai bien envie de vous citer un passage où Jean-Louis tente le tout pour le tout avec Jocelyne, histoire que vous captiez bien l’ambiance de la chose…

« Vraiment, elle avait été très sympathique jusqu’à ce que je déconne à nouveau. Faute de rassembler en moi suffisamment de courage ou d’inconscience pour la tuer. Faute de trouver dans mon cœur assez de veulerie pour me prosterner à ses genoux et l’implorer de ne point me quitter, je m’étais convaincu de lui mettre une pétée.
J’étais résolu à la prendre debout, devant l’évier où elle stationne bien souvent. À la cosaque, comme un vrai viril qui porte le pantalon chez soi. J’avais espoir de lui remettre ainsi les idées en place, en lui foutant autant qu’elle pourrait en prendre, sans caresse ni préliminaires inutiles. Manière de lui rappeler qui était le patron. J’avais préparé mon coup, si je puis dire. L’opération commando devait se dérouler durant le petit déjeuner car je me réveille généralement avec une demi-molle. Un phénomène bien connu et que Victor Hugo, lui-même, à ce que j’ai entendu à la radio, nommait les matins triomphants.
Nous étions dans la cuisine. Le café gouttait. Jocelyne lavait quelques couverts sales de la veille. J’avais écrasé ma deuxième clope dans le cendrier en granit de Bénodet. J’y étais allé direct comme un seul homme. J’avais relevé sa combinaison avant de coller mon bide contre ses reins. Elle n’avait eu aucune réaction, pas même de surprise. Elle continuait de frotter une poêle. J’avais cherché à me concentrer en regardant ses miches, ses jambons, mais je les voyais mal. Et puis, mon regard était tombé sur ses putains de chaussons. Je n’ai jamais pu les blairer ces saloperies de savates rouge et or qu’elle traînait depuis des années. J’avais été incapable d’avoir la trique. Quant à lui demander de l’aide, comme d’habitude, je ne pouvais pas y compter. »

C’est du même tonneau tout du long, et j’avoue que je me suis bidonné plus d’une fois comme un con, seul avec mon livre dans les mains.

J’ai vraiment adoré lire la vie de Jean-Louis, aussi bien passée que présente, avec ce ton très franchouillard, très populo et ce style bien imagé que le titre du roman à lui seul laisse imaginer. Si j’ai trouvé la fin un peu abrupte elle est à l’image de l’histoire : à la fois dure et drôle. Pour moi il s’est agi d’un véritable coup de cœur, d’une vraie belle découverte que ce roman, et cet auteur là. Un peu le même effet que m’avait fait Laurent Chalumeau sur Le Siffleur. En tout cas je conseille vivement ce livre, Sauf ma mère vous fera passer un très bon moment. Et le second roman de Serge Le Vaillant, Chez les grecs,  est d’ores-et-déjà sur ma pile de bouquins en attente de lecture. J’ai hâte.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:01


« Si François Hollande est élu, je vais vivre à Los Angeles. »

Mickael Vendetta, recruteur d’électeurs pour le PS.



* j’ai longtemps hésité pour le titre de ce billet avec : Le Changement c’est Maintenant ou encore D’une Pierre deux Coups.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 08:27

En ce début d’année 2012, est arrivé sur nos écrans Take Shelter de Jeff Nichols, un film indépendant américain qui a fait parler de lui lors de ses passages à Cannes et à Deauville (dont il a raflé le Grand Prix). Si les Nostradamus de tout poil aiment à prédire l’apocalypse pour cette année, et si les cataclysmes en tout genre font souvent recette au cinéma, Take Shelter aborde le sujet sans l’aborder. Car dans ce film il n’est pas tant question de la fin du monde en tant que telle, mais bien de la fin d’un monde, celui de Curtis LaForche.

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Curtis LaForche (Michael Shannon) est un honnête homme tout droit issu de la campagne américaine typique. Trentenaire, marié, père d’une enfant sourde, ouvrier dur à la tâche, il vit dans un petit pavillon modeste mais agréable, roule en pick-up un peu défraîchi et va à la messe en famille le dimanche. On peut le dire, Curtis est un type bien, simple et travailleur, responsable et plein de bonne volonté. Bien sûr il ne roule pas sur l’or mais il ne rechigne pas à la tâche pour parvenir à payer l’opération qui permettra peut-être à sa petite fille Hannah d’entendre. Mais sa vie va basculer. Curtis commence à faire des rêves traumatisants, des cauchemars horribles dans lesquels une énorme tempête s’abat sur sa ville, où les gens deviennent fous et s’en prennent à lui et à sa fille qu’il ne parvient pas à protéger. Et puis petit à petit, tout doucement, les mauvais présages commencent à lui venir aussi en pleine journée. Visions, hallucinations, coups de tonnerre en plein soleil, vols erratiques de nuées d’étourneaux, … Curtis perd peu à peu le contrôle. Pourtant il est quelqu’un de raisonnable, il va voir un médecin, puis consulte une psychologue car il soupçonne dans ses rêves éveillés des signes de maladie mentale. Il faut dire qu’il est en terrain connu, sa propre mère ayant été diagnostiquée schizophrène paranoïde alors qu’il n’avait que dix ans. Mais tout raisonnable qu’il est, les choses qu’il ressent sont d’une telle force qu’il ne peut s’empêcher de s’atteler à la rénovation et l’agrandissement du vieil abri anti-tempête qu’il a au fond de son jardin. Sa femme Samantha (Jessica Chastain) et son ami Dewart (Shea Whigham) sont de plus en plus inquiets pour sa santé, mais Curtis n’en démord pas malgré tout ce que cela va entraîner pour lui : il doit absolument préparer un refuge pour sa famille avant que cette fameuse tempête cataclysmique n’arrive.


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Le thème de Take Shelter et son ambiance sont rudes. On assiste à une lente descente d’un homme dans l’enfer de sa paranoïa. Le réalisateur Jeff Nichols réussit le tour de force de nous plonger dans la psyché de son personnage, en particulier lors des passages relatant les cauchemars de Curtis. Ces scènes sont franchement oppressantes à regarder, et on se retrouve à leur terme dans le même état que le héros, suffocant de peur, à la recherche désespérée de son souffle et d’un retour à la normale. Tous les passages où Curtis voit ses craintes se réaliser sont glaçants d’effroi, et parfaitement maîtrisés par le metteur en scène. D’ailleurs l’auteur parvient à ce point à traduire en image la paranoïa grandissante de Curtis qu’on en vient nous-mêmes parfois à douter. On en vient parfois nous-mêmes à nous demander si par hasard ce n’était pas Curtis qui a raison, s’il n’était pas doué d’un don de prédiction, si quelque chose d’horrible ne va pas finir par s’abattre sur tout le monde. Et on sent si bien à la fois l’isolement du héros et sa peur qu’on se prend presque à espérer que c’est lui qui a raison. D’autant que son obsession à protéger sa famille n’a comme conséquence que d’éloigner ceux qu’il aime de lui. Et pour cause, Curtis se transforme, et devient par moment aussi inquiétant qu’inquiet.

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Si une grande part de la réussite de cette plongée dans la folie tient du talent du réalisateur, il faut également signaler les excellentes prestations des comédiens, Michael Shannon en tête. Je l’avais découvert il y a quelques années dans un film où il tenait déjà le rôle d’un personnage rongé par la folie et la paranoïa (faut dire qu’il a la tête de l’emploi aussi le garçon), Bug de William Friedkin. Mais là où Bug avait échoué selon moi, Take Shelter réussit : on est bel et bien dans la tête du héros et on ressent sa souffrance. Shannon ne surjoue pas, il est en équilibre parfait dans son rôle et est tellement crédible qu’il rend son personnage pourtant aride et introverti extrêmement touchant. Jessica Chastain (que j’ai découverte sur ce film, n’ayant pas encore vu le Tree of Life de Terrence Malick où elle tient un des rôles principaux) quant à elle hérite d’un rôle difficile également, qu’elle interprète avec beaucoup de justesse. La lente dérive de Curtis éveille en Samantha des sentiments très divers mais toujours profonds que l’actrice joue avec talent : la compassion, l’amour, l’inquiétude, la peur, le désespoir, la colère, la résignation... On sent chez cette comédienne une mine de talent brut. Et puis elle est jolie avec ça, avouez que ça ne gâche rien.

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Je ne vais pas dévoiler la fin du film mais je ne peux pas non plus ne rien en dire. Il s’agit d’une fin assez ouverte, qui laissera une place à l’interprétation de chacun, ce que d’aucun trouveront peut-être dommage. Moi-même en ai été au départ un peu déçu, mais finalement après y avoir repensé, je la trouve adéquate et mesurée. Le film aura délivré assez d’éléments et d’indices tout au long de ses deux heures pour vous permettre d’avoir votre propre interprétation au final. Dommage que je ne puisse pas vous livrer la mienne ici, ce serait spoiler une partie du film et puis il vaut toujours mieux se faire sa propre opinion seul, n’est-ce pas ?
En tout cas je recommande Take Shelter, formellement très réussi, avec des acteurs criants de vérité, et une mise en scène aboutie et maîtrisée. Si le thème ne vous fait pas peur n’hésitez pas, vous aurez toujours bien le temps de voir une comédie une autre fois (car Serge Benamou et ses potes arrivent à grands pas…).

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 08:01

Et voilà donc le troisième et dernier article que j’avais envie de consacrer à la série Californication. J’ai déjà abordé les deux personnages principaux et ce qu’ils m’inspirent, et j’aurais pu donc ici enchaîner en exposant tout le bien que je pense de cette comédie hilarante, rentre-dedans, gentiment politiquement incorrecte (tiens, ne s’agirait-il pas d’un oxymore par hasard ?), un brin sexiste et totalement sexy. J’aurais aussi pu m’épancher sur le formidable sidekick qu’est Charlie Runkle, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Tout comme sur une pléiade de seconds rôles pas piqués des hannetons (à la tête desquels une Kathleen Turner sur le retour complètement surréaliste).

313 charlie marcy
Mais j’ai eu envie finalement de vous causer de tout autre chose.

Dans la série, David Duchovny alias Hank Moody est devenu un écrivain célèbre et adulé de la littérature underground grâce à son best-seller God Hates Us All. On en entend souvent parler tout du long des saisons, on en voit d’ailleurs même quelques exemplaires au détour d’une scène de-ci de-là. Et c’est de là qu’est venue l’idée aux producteurs du show télévisé de produire un objet dérivé qui sort de l’ordinaire.
La plupart du temps on exploitera une licence à succès sous diverses formes, dans le cas d’une série télé cela passe souvent par des t-shirts à l’effigie de héros, et toutes sortes de supports et de goodies au nom de la série. Des albums tirés de la bande son, des livres making-off, pourquoi pas même des figurines quand les héros s’y prêtent. Tout cela est devenu somme toute assez courant, moi-même j’arbore parfois quelques t-shirts faisant référence à ces univers fictionnels que j’affectionne particulièrement (et qui finissent d’achever mon statut de geek indécrottable).

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Mais là j’ai trouvé l’idée excellente et vraiment originale. Les producteurs n’ont sorti ni plus ni moins que le roman phénomène de Hank Moody. Vous pourrez donc trouver (aux Éditions Florent Massot pour la version française) le petit bouquin autobiographique signé Hank Moody, God Hates Us All dans toute bonne librairie aux rayons romans. Le texte, écrit en réalité par Jonathan Grotenstein (jeune écrivain américain missionné pour la peine que je ne connaissais absolument pas, du reste c’est son seul ouvrage traduit en français semble-t-il) est censé être l’autobiographie des jeunes années de Hank Moody himself, celle qui le propulsera comme étoile filante de la littérature trash américaine.
À ma connaissance, jamais une série télévisée n’avait accouché comme produit dérivé d’un roman (j’exclus de fait les novellisations on est bien d’accord). Il y a bien eu il y a quelques années le journal de l’agent très spécial Cooper (Dale Cooper : ma vie, mes enregistrements), tiré de la série OVNI de David Lynch Twin Peaks (et coïncidence : David Duchovny y jouait son premier rôle marquant quelques années avant d’interpréter le coincé Fox Mulder de X-Files), ainsi que le fameux Journal intime de Laura Palmer.  Mais je ne crois pas qu’il s’agissait à proprement parler de romans. Toujours est-il que j’ai trouvé l’idée intéressante.

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Bon, à la lecture j’ai quelque peu déchanté, mais en même temps il fallait un peu s’en douter. La qualité de ce petit roman n’atteint évidemment pas l’excellence de la série, ni dans l’humour corrosif ni dans l’inventivité globale. D’où une pointe de déception que je ne peux pas cacher mais qui masque peut-être trop la qualité réelle du bouquin. Car en soi, il ne s’agit pas d’un mauvais livre. Il est même plutôt bien écrit, frais, intéressant, de bonne facture. Ça ne donne pas l’impression d’être un truc torché à la va-vite (bien que l’ouvrage soit court) pour profiter d’un titre porteur. Ça n’est pas non plus, et là c’est assez étonnant et la marque d’un concept cohérent dans sa logique, un objet ultra-référencé à la série puisqu’il est censé lui être largement antérieur. On n’y retrouve par exemple aucun personnage de la série, hormis Hank Moody lui-même bien évidemment. Autrement dit vous pourrez lire (et apprécier) ce roman sans rien connaître de la série télévisée, ce que je trouve plutôt malin puisque ça augmente le spectre des lecteurs potentiels.

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En gros, on suit les aventures du jeune Hank Moody, qui délaisse ses études pour gagner de l’argent facile en devenant dealer d’herbe. Un peu accro aux clichés il a pour ambition de se démarquer de sa famille trop banale à ses yeux, emménager au sein du fameux –quoiqu’un tantinet cheap- Chelsea Hotel, vivre dans la luxure et charmer la top model qu’il y a rencontrée. Bien évidemment rien ne se déroulera comme prévu pour Hank, et ses mésaventures l’amèneront à revoir d’un œil neuf l’idée qu’il se fait de la vie. Tout cela est raconté à la première personne, par un Hank Moody déjà rompu à l’art de la répartie sarcastique (bien qu’il atteindra le niveau expert dans la série), de l’humour à froid, et du réalisme forcé. On sent bien qu’en ce personnage sommeille un potentiel mais qu’il lui faudra encore attendre quelques années avant de l’exploiter parfaitement. Alors je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçu comme je le disais plus tôt, parce que j’en attendais un peu plus de la part du personnage de Hank, tout simplement parce que j’avais en tête celui qu’il est devenu au fil des années (et qu’on voit dans la série) alors que dans le roman on a à faire à la version encore jeune et un peu verte du bonhomme (et donc forcément et très logiquement en deçà du héros adulte). C’est certainement l’effet pervers du concept : raconter la jeunesse d’un héros c’est aussi s’exposer à le présenter moins abouti que la version que l’on connaît le mieux et qu’on a aimée en premier lieu.

Alors évidemment, présenter  ce livre comme un best-seller (ce qu’il est censé être) manque un peu de crédibilité, le résultat n’étant pas aussi percutant qu’on aurait voulu. Mais cela reste un petit roman sympa, bien troussé et agréable à lire (et ses quelques 190 pages en petit format se lisent très rapidement), et surtout une idée sympathique pour élargir et approfondir l’univers d’un héros de télévision.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 08:44

Ce deuxième article consacré à la série Californication, je voudrais l’axer autour de LA figure féminine du show.
Tout du long des épisodes, des gonzesses on en compte treize à la douzaine. Voire un peu plus. Faut dire que le gars Hank, qui entraîne dans son sillage de maître-séducteur son pote apprenti-dragueur Charlie Runkle (qui ne boxe pas dans la même catégorie faut dire), les nanas il les enchaîne à tour de bras. Et pas un cageot dans le tas, que du premier choix.

Il y en a pour tous les goûts : blondes, brunes, rousses, jeunes, moins jeunes, timides, dévergondées tendance SM, étudiante-strip-teaseuse … en veux-tu en voilà.

Et pourtant, au milieu de ce flot de canons jamais farouches à dévoiler leurs charmes, il y a une femme qui surnage, qui survole même le reste de la horde féminine accrochée aux baskets de Hank. C’est Karen, l’ex-femme de Hank et mère de leur fille Becca. Avec elle les rôles sont inversés : c’est Hank qui est à ses pieds. Et pour cause : elle est la femme idéale. Rien de moins.

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Karen, c’est l’actrice Natascha McElhone. Comédienne pas très connue dans nos contrées, j’avais déjà eu un gros flash sur elle la première fois que je l’avais remarquée. Elle jouait la femme décédée de George Clooney dans Solaris (le remake de 2002), celle qui hantait ses pensées et à l’image de laquelle il ne pouvait échapper. Je me rappelle qu’à l’époque le film n’avait pas eu très bonne presse, ni auprès de la critique ni auprès des spectateurs, mais moi il m’avait complètement subjugué. On lui reproche en particulier un rythme extrêmement lent et un manque total d’action. Et c’est précisément parce que le film est avant tout un film d’ambiance et de ressenti qu’il m’a plu. J’avais été littéralement hypnotisé par ses images somptueuses et ses scènes d’une beauté froide, presque figée. Il n’a pas marché avec beaucoup de monde c’est sûr, mais moi j’y ai été très réceptif. Et Natascha McElhone n’y a pas été pour rien : elle y avait (à mes yeux) l’image d’une femme fatale à laquelle on aurait ôté la violence qu’un tel statut peu sous-entendre. Fatale mais d’une douceur extrême. Une combinaison inédite et imparable. J’avais déjà pu la voir plus tôt dans Ronin et Truman Show, mais sans qu’elle sorte du lot, et c’est vraiment dans Solaris que pour moi elle était devenue une icône de féminité. Je n’ai d’ailleurs pas pu résister à l’envie de revoir le film avant d’écrire cet article...

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Et donc c’est sous les traits de Karen Van Der Beek, architecte d’intérieur, que la belle Natascha illumine la série Californication. Et je dois avouer que les mecs qui ont fait le casting chez Showtime ont eu le nez fin, parce qu’elle a le profil rêvé pour incarner LA femme, celle que Hank, celui qui peut avoir toutes les autres, élève au rang de déesse. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans la série. On a affaire à un séducteur né qui a trouvé celle qu’il croyait chimérique. Celle qui dépasse ses attentes, celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, celle qui l’élève de type irresponsable et qui cède à toutes les tentations en Homme. L’Homme avec un H, celui qu’on voudrait être, qui fait peur et envie à la fois, que le Hank qui enchaîne les conneries cherche à éviter de devenir tout en sachant que c’est ce vers quoi il doit tendre pour passer au statut d’adulte.

Cela dit, en se mettant deux secondes dans la peau de Hank Moody, on ne peut que comprendre qu’il succombe à ce point aux charmes de la belle Karen. Observons objectivement. Elle est magnifique. Elle a de l’esprit. Elle a un solide sens de l’humour et de l’autodérision. Elle a des qualités humaines certaines. Elle est über-sexy. Elle est compréhensive à l’extrême (et avec Hank c’est un minimum indispensable). Elle possède un charme fou. Elle est une mère, une femme et une amante passionnée. Et je stoppe là cette liste non-exhaustive sinon on risquerait de m’accuser d’être tombé amoureux d’un personnage de fiction.

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Bref, tout cela pour dire qu’en la personne de Karen, on tient un personnage fascinant. Car il est l’archétype de la perfection faite femme. En tout cas la perfection vue d’un point de vue masculin actuel. Bon d’accord, peut-être que tous ne seront pas d’accord avec cette affirmation, en tout cas c’est l’avis de Hank et le mien, je pars donc de cette vision là de l’héroïne. Elle attire et fait très peur à la fois. Elle fait peur… ou plutôt devrais-je dire, elle impressionne énormément. En fait Karen telle qu’on la voit dans cette série, est la femme qui incarne à la fois une espèce d’absolu (irrésistiblement attirante donc) mais aussi la flamme à laquelle le mâle bêta (on va l’appeler comme ça) risque à tout moment de se brûler les ailes. Celle qui lui donne l’impression d’être un petit garçon à côté d’elle. Celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, bien qu’il en crève d’envie. Celle capable de lui ôter tous ses moyens et toute sa confiance en soi d’un revers de la main, ou de faire de lui un demi-dieu d’un simple sourire.

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À ce titre d’ailleurs je me demande bien comment le personnage de Karen est perçu par les spectatrices. Tout comme Hank d’ailleurs, même si dans son cas à lui j’ai une idée un peu plus précise de la réponse. Est-elle un personnage de fiction réaliste ? une idéalisation purement sortie d’un esprit masculin ? un exemple à suivre ? une source d’identification ou de jalousie ? une pétasse à rouer de coups ?


En tout cas, boys and girls, n’hésitez pas à me donner votre vision du couple Karen / Hank, ça m’intéresse !!

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 08:38

Allez on va se la péter un peu. Oui amis lecteurs ici débute non pas un article, mais le premier d’une série de trois consacrés à la série télévisée Californication, que j’ai donc décidé d’appeler pompeusement triptyque Californication. En toute humilité.

Pourquoi trois articles ? d’abord parce que j’ai des choses à dire sur cette série que j’aime beaucoup, et que je voudrais éviter de tartiner des lignes et des lignes dans un seul article. Ça sera moins pénible pour vous de le lire découpé en trois parties qu’une seule ! À l’arrivée ça fait autant de blabla mais vous le sentirez moins passer, promis.

Ensuite parce que je voudrais aborder la série sous plusieurs angles d’attaque différents, qui se prêtent donc bien à un découpage en trois parties.
Et puis comme je le disais en début d’article, ça me permet de me la péter un peu.

Je ne vais donc pas aborder la série par saison. J’en ai vu les trois premières pour l’instant, et si j’ai trouvé la troisième un peu en-dessous des deux premières côté rebondissements et péripéties, elle possède une fin cataclysmique qui m’a marqué et qui m’a inspiré le titre de ce premier article, Moody le maudit.

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Bon, replaçons d’abord dans le contexte : Californication est une série de la chaîne Showtime (ce sont eux qui produisent également les excellents Dexter et Weeds par exemple) qui raconte les aventures de Hank Moody (David Duchovny), un écrivain trash à succès dont le charme très m’enfoutiste est dévastateur auprès des femmes.

311 hank lit
Hank picole sec, fume, ne crache pas sur quelques substances interdites et euphorisantes de temps à autres et ne peut s’empêcher de tringler tout ce qui passe à sa portée. Cause ou conséquence… toujours est-il qu’il est séparé de Karen (Natascha McElhone) avec qui il a une fille de treize ans Becca (Madeleine Martin). Karen a refait sa vie avec un autre homme et Hank broie du noir car sous ses dehors de type qui n’en à rien à cirer de rien, qui pisse sur les conventions et le politiquement correct, son seul et unique problème c’est qu’il a beau être le type le plus cool de l’univers, il n’en est pas moins amoureux d’une femme qui ne veut pas de lui. Bon d’accord ça ne l’empêche pas de batifoler à droite à gauche (et on peut même raisonnablement dire qu’il ne se prive pas le saligaud), de jouer les jolis-cœurs et de ramasser à la pelle les nanas qui lui tombent toutes cuites dans le pieu et de faire comme si sa vie était une perpétuelle fête. Son meilleur ami et agent littéraire Charlie Runkle (Evan Handler) l’aide bien dans cette tâche d’ailleurs, toujours partant pour un truc déviant ou un peu pervers, surtout si c’est à base d’alcool et de jolies pépées.

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C’est là toute la dualité du personnage de Hank Moody, ce qui en fait un personnage touchant et très attachant malgré sa foultitude de défauts dont le dixième devrait pourtant suffire à faire fuir n’importe qu’elle personne vaguement sensée et raisonnable. Hank est invivable, dragueur, insouciant, irresponsable, en un mot : Hank est auto-destructeur (merde, ça fait deux mots). Mais sous sa carapace de mec à la cool, de type que rien ne touche, sous sa répartie implacable et sa fâcheuse tendance à dire à tout va les vérités les plus dérangeantes possibles, il y a un autre Hank. Meurtri, sensible, capable de sentiments très profonds, irrémédiablement amoureux de sa Karen qu’il considère (à raison si je peux me permettre) comme la femme parfaite et idéale. Car Hank joue également de malchance, même s’il n’en laisse rien paraître. Ses qualités sont ses défauts : il est irrésistible mais lui a beaucoup de mal à résister à la tentation… les femmes le haïssent d’abord, ne peuvent s’empêcher de l’aimer ensuite (ce qu’elles trouvent à la fois charmant et irritant), … pour la plupart du temps finir par le haïr à nouveau. Capable du meilleur comme du pire, c’est un peu comme si de manière inconsciente (mais est-ce vraiment totalement inconscient ?) Hank ne pouvait s’empêcher de se saborder lui-même.

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Je ne veux pas spoiler le déroulement de la série, je vais donc éviter de parler de certains événements qui émaillent les trois saisons que j’ai pu voir jusqu’ici, mais ce qu’on peut dire c’est qu’à plusieurs reprises Hank en bave, puis touche du doigt le bonheur tant convoité avant de retomber (la plupart du temps de son propre fait) de plus belle et de remonter la pente lentement, et ainsi de suite… à cet égard la fin de la troisième saison est réellement triste et déchirante si on se place du point de vue de Hank. Lui qui manie l’ironie comme un maître dans ses saillies verbales et ses écrits à succès, le moins qu’on puisse dire c’est que l’ironie du sort il connaît aussi… et qu’il n’y échappe pas malgré tout son talent et ses tactiques d’évitement.

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Hank Moody c’est le type même de l’anti-héros auquel on a directement et irrésistiblement envie de s’identifier. Pensez-donc : il est beau, il possède un vrai génie littéraire, il ne bosse quasiment jamais et vit sur ses droits d’auteur, il est impertinent, drôle, il roule en Porsche 911 Carrera vieux modèle un peu destroy (dont il se préserve avec soin de réparer le phare cassé), toutes les femmes flashent sur lui et il fait pour ainsi dire tout ce qui lui passe par la tête et surtout jamais rien qui lui soit imposé. Le rêve pour tout spectateur mâle lambda non ? Mais je pense sincèrement que ce n’est pas pour toutes ces raisons là qu’il est vraiment touchant et qu’on ne peut s’empêcher de se voir un peu en lui. Car sous son apparence mister cool-attitude, il laisse par moments s’échapper bien malgré lui toute la fragilité dont il est en réalité fait (voir l’épisode traitant de sa relation à son père, entre autres, pour s’en convaincre). C’est un type qui parle de cul comme de météo au petit-déj, surtout pour cacher que c’est face à l’amour qu’il est sans défense. Les femmes sont pour lui des proies, mais il dépose les armes sans même combattre face à La Femme. Et il a beau travailler son image de mec qu’on aimerait tous être, lui tout ce qu’il voudrait c’est être le mec qu’Elle aimerait voir en lui. En fait durant tout la série, ses deux identités contraires ne cessent de s’opposer : l’icône du mâle et la fragilité du petit garçon. Si ça c’est pas en fait la marque d’un grand romantique…


311 hank karen
Mais chut ! Hank a une réputation de queutard à préserver, allez pas lui casser la baraque…

(en tout cas, moi qui suis un mec, je l’aime vraiment ce type, dans le genre loser magnifique qui essaie de sauver les meubles j’ai rarement vu mieux)


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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:37

S’il est un acteur dont on peut dire qu’il aura trusté les salles de cinéma et les sorties dvd cette année, je crois bien que c’est Michael Fassbender.
Pour ma part en 2011 je l’ai vu cavaler en jupette romaine dans Centurion de Neil Marshall, assister en stetson au naufrage artistique de Jonah Hex, soulever des sous-marins nucléaires en tant que maître du magnétisme dans X-Men : Le Commencement* de Matthew Vaughn, se prendre la tête avec Sigmund Freud dans A Dangerous Method de David Cronenberg, et donc également tenter de satisfaire sa libido insatiable dans Shame de Steve McQueen (rôle pour lequel il a décroché le prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise).

D’ailleurs vous n’avez pas fini d’entendre parler du bonhomme, puisque rien qu’en 2012 il sera à l’affiche du prochain Steven Soderbergh (Haywire), du futur Jim Jarmusch (une histoire de vampires…), du nouveau Joel Schumacher (Blood Creek), du dernier projet de Darren Aronofsky en date (Noah) et surtout de la préquelle à Alien mise en boîte par Ridley Scott himself, Prometheus**.
Excusez du peu. Et encore je passe sous silence les projets plus confidentiels et pas liés à de grands noms du septième art comme ceux qui précèdent. Bref, Michael Fassbender a le vent en poupe, et à mon humble avis il le mérite.

310 shame brandon metro
J’en reviens donc à Shame. Vous en aurez peut-être entendu parler ou vous aurez peut-être remarqué son affiche toute en suggestion. Il fait partie de ces « petits » films totalement inattendus et à l’habit discret mais qui par leurs qualités auront su se créer un buzz positif chez les amateurs de cinéma. Fassbender y incarne Brandon, new-yorkais dans la trentaine, cadre dynamique qui travaille beaucoup, vit dans un appartement très classe où tout est clean et très sobre, et qui est atteint d’une réelle addiction au sexe. Solitaire dans l’âme, son obsession l’accompagne partout et à chaque instant. Quand sa sœur Sissy (Carey Mulligan) débarque sans prévenir et s’installe pour quelques temps chez lui, Brandon va devoir composer avec l’intruse à laquelle il va essayer tant bien que mal de dissimuler sa part d’ombre.

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Pas évident comme thème, et plutôt casse-gueule. Ici pas de place pour l’humour ou la dérision, on n’est clairement pas dans une comédie. On y traite de sexe oui, mais aucune blague potache à l’horizon, afficionados des American Pie et consorts ce film n’est pas fait pour vous. L’addiction au sexe de Brandon est montrée crûment certes mais d’une manière extrêmement froide. Le film qu’on aurait pu penser sulfureux de par sa thématique, s’avère en réalité plus dérangeant et glaçant qu’excitant. On y voit du sexe, on y montre des déviances, des obsessions, des fantasmes mais aucune sensualité, aucune douceur, pas d’amour. Brandon baise, il ne fait pas l’amour. Il semble totalement dénué de sentiments, même dans la scène où on le voit pleurer pendant que sa sœur chante New-York, New-York, il semble d’une froideur extrême. En fait, on devine en Brandon quelque chose bouillir, et tout se passe comme si lui qui garde le contrôle en permanence devait par moment s’autoriser des soupapes d’évacuation sous la forme d’actes sexuels. Masturbation, prostituées, sexe sans lendemain, sites pornographiques, tout est bon pour assouvir les besoins immédiats qui prennent de plus en plus de place et de temps dans sa vie. Car hormis son addiction, Brandon ne montre aucune faille, semble solide comme un roc, insensible, invariable, intouchable. En un mot, inhumain.

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C’est du reste tout le contraire de sa sœur du point de vue émotionnel. Sissy est hyper-émotive, cœur d’artichaut, fleur-bleue, extravertie, expressive et en recherche permanente d’amour. Mais les deux sont des paumés de première, des laissés pour compte des sentiments, elle avec un trop plein de sensibilité et lui d’une aridité suffocante. Brandon et Sissy formant finalement les deux faces d’une seule et même pièce : la solitude.

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Leur confrontation est à ce titre dévastatrice. Ils ne se comprennent pas, ils se détestent car ils voient en l’autre exactement ce qui leur manque en eux-mêmes. Brandon en particulier, qui ne veut laisser place à aucune faiblesse mais qui voit bien que sa frêle petite sœur, toute insignifiante à ses yeux qu’elle est, lui renvoie à la figure à quel point il est lui-même fragile, sa présence intempestive chez lui la transformant en ce grain de sable qui enraye la machine si bien huilée de sa vie, qu’il s’évertue pourtant à maintenir à flots. Sissy est la preuve vivante et irréfutable que Brandon est en fuite perpétuelle. Comme s’il se réfugiait dans le sexe pour ressentir des choses si fortes et furtives, qu’elles l’empêcheront et lui éviteront de ressentir d’autres choses par ailleurs. Le sexe est la barrière qui le protège, le cache, mais aussi qui l’isole du monde extérieur, des autres. Le sexe ne se traduit pas dans les yeux de Brandon par la brillance du plaisir, mais bien par le voile de la douleur.

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(Attention mini-spoiler)
Une des scènes les plus emblématiques, les plus touchantes mais aussi certainement les plus déprimantes étant celle où après un début de flirt avec sa (magnifique) collègue de travail Marianne (Nicole Beharie) qui s’annonce prometteur (sur le plan sentimental j’entends, très bons dialogues dans la scène du restaurant au passage), ils commencent à faire l’amour sans que Brandon ne parvienne à aller plus loin. Lui le bandard fou accro au sexe débande dès lors qu’un soupçon de sentiment s’immisce dans la relation…
… et pour fuir cet échec cuisant que fait-il ? il commande dans la foulée une escort-girl qu’il prendra sauvagement à l’endroit même où sa virilité s’est fait la malle face à un mot d’amour. Frustration, désespoir et fuite éperdue en avant sont là admirablement mis en images en quelque plans et en très peu de mots.
(Fin du mini-spoiler)

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Vous l’aurez certainement deviné, Shame n’est pas un film léger, et encore moins un film divertissant. Le film est dur, parfois difficile à regarder (quand Sissy surprend Brandon en pleine partie de cinq contre un dans la salle de bain, la réaction de ce dernier est telle qu’on craint un moment le pire), mais très intéressant, intelligent et hypnotisant. Fassbender, qui a mon sens n’a pas volé son prix d’interprétation à Venise, m’a plus d’une fois fait penser au personnage de Patrick Bateman dans American Psycho, incarné au cinéma par Christian Bale. Le même détachement inquiétant à toute forme de sentiment (en dehors de la colère). Le même regard froid de psychopathe (bien que Brandon n’ait rien d’un tueur pour sa part). La même incapacité à se soustraire à leurs obsessions.

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 Shame est un film d’ambiance, sombre, glauque même par moments, exigeant mais viscéralement attirant. Les comédiens y sont très certainement pour beaucoup. Un film qu’on ne peut pas vraiment « aimer » au sens premier du terme je pense, mais dont l’aura dégage quelque chose d’interpellant. Et en poussant la réflexion un peu plus en profondeur, c’est un film qui nous parle aussi un peu de nous-mêmes et de ce que nos existences peuvent avoir de part d’ombre. Un film à ne pas mettre devant tous les yeux et encore moins dans n’importe quelles conditions, mais un film à voir cependant.


* Je n’ai pas parlé de ce film sur le blog, comme certains autres du reste, car je l’ai vu à une période de l’année où j’avais bien du mal à aligner trois mots suffisamment intéressants pour essayer d’en tirer un article digne de ce nom. Je le considère cependant comme l’un de mes préférés sur l’année, et sans hésiter comme le meilleur film de super-héros de 2011.

** Cherchez l’intrus. C’est pas compliqué : homonyme d’un gardien de but et d’un pilote de F1, tous deux teutons. Ils partagent tous les trois un amour infini pour la finesse et le bon goût.

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 14:36

Il y a des montagnes qui accouchent de souris. Il y a des livres qui promettent beaucoup et qui tiennent peu. Il y a ceux qui s’annoncent pour ce qu’ils ne sont finalement pas. Et puis il y a ceux qui passent inaperçus mais qui recèlent pourtant de véritables trésors. Qui se cachent dans l’anonymat mais qui se révèlent être de très belles surprises.
Ce livre, Instructions pour sauver le Monde de Rosa Montero, est de ces derniers. Un roman espagnol d’un auteur que je ne connaissais pas du tout, qui ne paye pas de mine, qui n’a pas fait beaucoup parler de lui mais qui est un vrai petit bijou de lecture.


Rosa Montero nous invite dans la vie morne et d’une profonde tristesse de quatre personnages hétéroclites. Il y a Matias, un chauffeur de taxi qui a perdu sa femme morte d’un cancer et dont la vie s’est arrêtée, mise en suspens, en même temps qu’il est devenu veuf. Matias est un homme bon, pourtant il est obsédé par l’idée de venger son épouse. Il y a Cerveau, une vieille femme, ancienne scientifique déchue qui se réfugie toutes les nuits dans l’alcool. Elle passe inaperçue mais a pourtant tant à dire, tant à enseigner à qui voudra bien l’écouter. Il y a Daniel, médecin urgentiste qui ne croit plus en rien. Ni en son couple, ni en son métier, ni en son avenir. Pour redonner un tout petit peu d’intérêt à sa vie, il se réfugie dans le virtuel de Second Life. Il y a Fatma, magnifique prostituée africaine qui a traversé l’horreur et qui ne se sépare pas de son lézard totem, celui qui prend soin d’elle.
Il y a quatre survivants dans cette tentaculaire ville de Madrid qu’on n’imaginait pas prendre un tel visage la nuit tombée. Et puis il y a en fond narratif les exploits macabres de l’assassin du bonheur, surnom donné par la presse au tueur en série qui sévit dans la ville, laissant à ses victimes qu’il tue sans violence un sourire figé sur le visage.
Ces quatre personnages cassés, éclopés de la vie, vont voir leurs destins s’entrecroiser d’une façon inattendue, pris dans la grande toile que tisse la vie.

Ce roman est une énigme. Il traite de choses très dures, de situations horribles, de souffrances profondes, de frustrations intenses, d’échecs et de désespoir. Certains passages sont vraiment difficiles à lire tant ils nous décrivent des images violentes et des moments de pure tristesse. Et pourtant… Pourtant il ressort de ce livre un vrai optimisme ; d’une base de roman noir Rosa Montero nous livre un récit lumineux. Totalement dénué de morale  et sans étalage aucun de bons sentiments, ce livre reste malgré tout une ode à la vie. La vraie vie, celle qui est parfois si cruelle et impitoyable. Si douloureusement belle.

Le roman est construit à la manière d’un puzzle. Ce qui commence comme une histoire chorale prend lentement forme pour devenir le récit de rencontres improbables et pourtant parfaitement naturelles, rencontres qui vont cependant changer le monde de chacun des protagonistes. Le cheminement de chacun des personnages sera difficile, mais conté avec un étonnant équilibre entre humour, dérision, violence et sensibilité. C’est là tout le talent d’écrivain de Rosa Montero. Elle nous prend dans la toile de son récit et le lecteur se laisse emporter dans cette spirale sans opposer la moindre résistance tant c’est bien écrit. Ça bouscule parfois mais c’est agréable. À ce titre les passages où Cerveau fait part de ses anecdotes scientifiques avec une pédagogie à faire pâlir d’envie pas mal de vulgarisateurs scientifiques, sont autant d’occasions de relativiser la vie et se permettre de la considérer sous un éclairage différent de ce dont on a l’habitude. Se décaler un peu pour voir différemment le monde, changer l’angle pour découvrir une face restée jusqu’alors dans l’ombre alors qu’elle est là depuis toujours. Coïncidence amusante : l’auteur adresse en fin de roman ses remerciements à Bill Bryson pour son ouvrage Une Histoire de tout, ou presque qui lui a inspiré les anecdotes scientifiques de Cerveau. Amusante car justement ce gros bouquin de Bryson attendait depuis quelques mois déjà sur ma Tour de Pise de livres d’être lu. J’en reparlerai donc ici prochainement …

 Instructions pour sauver le Monde aura été une vraie belle surprise et mon premier coup de cœur littéraire de 2011*. Un petit roman qui mérite d’être découvert et que je recommande.



* Oui il y en aura d’autres, et oui je suis un tantinet en retard** pour la rédaction de mes articles.

** En fait c’est assez simple : sauf cas exceptionnel, je mets environ un an entre le moment où j’acquiers un livre et le moment où je le lis, et il s’écoule à peu de choses près un an*** entre la lecture et la mise en ligne de l’article qui lui est consacré. Ce qui a pour principale conséquence que mon blog n’est jamais, jamais, jamais en phase avec l’actualité littéraire. Rien de bien grave en somme.


*** Délai que je vais tâcher de réduire un peu tout de même, ça fait pas sérieux …

309 instructions pour sauver monde couv

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 11:22

Plus de 15 millions de spectateurs après sa sortie en salle, je me suis dit qu’il faudrait que moi aussi je me penche sur le film phénomène du moment : Intouchables. Cela dit j’ai hésité un peu, le nombre d’entrées n’ayant jamais été garant de la qualité d’un film. Pour preuve, je garde un souvenir mitigé du précédent gros carton au cinéma que fut le Bienvenue chez les Ch’tis de Danny Boon. Je l’avais trouvé moyennement drôle malgré tout le talent de Kad Merad (et je dois dire aussi que la participation de Michel Galabru m’avait vraiment fait marrer) et j’avais trouvé sa dernière demi-heure complètement ridicule.
Mais bon, Intouchables avait quand même l’air fait d’un tout autre bois, le pitch et les comédiens en outre m’attiraient beaucoup.


308 Intouchables seance habillage
Et puis voilà, j’en suis sorti en me disant que finalement je n’avais pas que des goûts si bizarres que ça. Parce que pour citer François Cluzet dans le film, j’ai kiffé grave.
Du début à la fin, ce film sonne juste. Il est la plupart du temps très drôle, mais il touche également à des sujets sérieux et graves, voire tristes (du handicap évidemment, mais aussi de la précarité et de la pauvreté en France, du racisme ordinaire ou encore des inégalités sociales) tout en se gardant bien de se vautrer dans le piège du misérabilisme et du pathos.
Une fois n’est pas coutume, je vous fais grâce du résumé du film de Éric Toledano et Olivier Nakache, on en a tant parlé ailleurs que tout le monde sait de quoi ça cause je pense.

308 Intouchables surprise
Ce que j’ai vraiment adoré dans ce film, c’est la rencontre improbable de deux personnages que tout sépare : physique, morale, origines, génération, condition sociale, culture… mais qui ont en commun deux choses essentielles : un solide sens de l’humour et un esprit ouvert. Ce qui est d’ailleurs assez étonnant de la part de deux types qui, pour des raisons très différentes, auraient toutes les raisons d’être aigris et d’en vouloir à la Terre entière plutôt que de  prendre la vie avec le sourire comme ils s’efforcent de le faire.

308 Intouchables massages petard
Ce qu’on retient avant tout du film, c’est évidemment la prestation géniale de Omar Sy (Driss) et de François Cluzet (Philippe), tous les deux habités par leurs rôles, et d’un naturel effarant à l’écran.
On a d’un côté l’enthousiasme délirant et la bonne humeur communicative de Omar Sy et de l’autre la sensibilité et la finesse de jeu de Cluzet qui films après films s’affirme vraiment comme un des acteurs les plus complets et talentueux du moment.

308 Intouchables 12kmh
Le duo fonctionne à merveille et ils nous embarquent avec eux dans leur histoire et dans leurs délires. Les seconds rôles sont presque anecdotiques tant les deux acteurs principaux bouffent l’écran, mais on retiendra en particulier Anne Le Ny (Yvonne) en bourgeoise gentiment coincée et Audrey Fleurot (Magali) en bombe incendiaire à la classe ultime et à l’humour piquant. On se marre beaucoup dans ce film, c’est rien de le dire, et on en ressort avec une banane énorme.
Je n’irais pas jusqu’à crier au génie absolu comme j’ai pu l’entendre ici ou là, mais vraiment, Intouchables est un excellent film et une comédie très réussie. Le cinéma français aura été gâté ces derniers temps.

308 Intouchables aff

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 10:37

Amateurs de nostalgie, bonjour. C’est ici que ça se passe, vous ne pouviez pas mieux tomber.
Comme le fait remarquer un des auteurs en début d’ouvrage, il y a deux écoles : ceux qui prononcent Strange à la française et ceux le prononcent à l’anglaise (Stren-dge) (oui je suis naze en phonétique) (m’en fous). Moi je ne m’étais jamais posé la question avant ce bouquin, persuadé que ma prononciation était la seule (et donc la bonne). Je suis définitivement de ceux qui prononcent à la française, tout simplement et très certainement parce que j’ai découvert ce titre à un âge où je n’avais encore jamais fait d’anglais à l’école. Ça donne peut-être un petit côté désuet au titre (et à moi) mais je ne me vois pas prononcer ça autrement.


Avec Nos Années Strange donc, Sébastien Carletti et Jean-Marc Lainé nous offrent une rétrospective de 1970 à 1996 centrée autour du célèbre magazine Strange mais débordant plus largement sur tout ce qui concerne la présence des Super-Héros américains dans nos vies de jeunes lecteurs d’alors. Le livre des deux compères ne traite donc pas uniquement du magazine Strange, le plus emblématique de tous, mais passe en revue l’ensemble des parutions qui lui ont été contemporaines et où ont été éditées les aventures des super slips made in America. C’est ainsi que les auteurs nous replongent dans un océan de magazines divers et variés, depuis les productions Arédit et Artima ou Sagédition, jusqu’aux dérivés de Strange qu’ont été Titans, Nova, Spidey, Spécial Strange, les RCM (Récits Complets Marvel), Top BD, VI (Versions Intégrales) et j’en passe parus chez Lug (l’éditeur lyonnais historique de Strange) puis chez Semic (après le rachat de Lug par le groupe suédois du même nom).

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Et comme les super-héros n’ont pas attendu les franchises cinéma des années 2000 pour s’extirper de leurs pages, Lainé et Carletti nous causent avec enthousiasme, je dirais même avec gourmandise, de tous ces autres supports qui les ont accueillis eux et leurs proches cousins qui surfent sur les mêmes thèmes. J’ai adoré voir cités par exemple Steve Austin (Lee Majors en homme bio-ionique et non pas Stone Cold le catcheur) ou encore  le palmé Homme de l’Atlantide (Patrick Duffy en slip de bain quelques années avant sa période Bobby Ewing) qui ont bercé mon imaginaire de petit garçon au même titre que Peter Parker et Ben Grimm. Les auteurs rendent bien évidemment hommage au Superman de Richard Donner qui imposa en 1978 l’inconnu Christopher Reeve comme icône absolue des types en collants, le premier super-héros à s’imposer au cinéma. Batman avec ses différentes incarnations sur grand et petit écran n’est pas en reste, et c’est avec plaisir qu’on découvre ou redécouvre des films un peu plus obscurs et/ou oubliés tels que Condorman, le Spider-Man de 1977 (mais aussi le dessin animé beaucoup plus ancien qui passait dans Croque-vacances de Claude Pierrard … ah bordel comment j’adorais ça !), le tristement mésestimé Dick Tracy de Warren Beatty, le Fantastic Four de 1994 produit par le pape des zèderies Roger Corman, ou encore mon très cher Dolph Lundgren dans ce qui fut certainement son meilleur rôle et dont je vous rebats les oreilles ici : le Punisher de 1989. J’en passe et des meilleurs.

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Et puis on fait également un détour par les jeux vidéos, grâce auxquels on retrouvait nos héros tous pixellisés sur à peu près tous les supports qui ont existé depuis les Atari en passant par les Amstrad CPC 6128 et consorts, les consoles de jeux type Super Nes de Nintendo ou les Mega Drive de Sega et toute l’évolution technologique qui a suivi…
D’ailleurs côté jeux, les jeux vidéos sont loin d’être les seuls mentionnés dans le bouquin, puisqu’on a un gros morceau consacré aux jouets de toutes sortes qui ont ensoleillé nos journées d’enfants. Ah ! que n’ai-je passé d’heures et de jours à m’éclater en vase clos moi et mes figurines Guerres Secrètes de Mattel. Combien de fois Fatalis a-t-il fini vaincu par Captain America au fond de l’évier comme dans la pub à la télé ? Combien de forteresses ai-je érigé à mes jouets favoris, à base de cartons, boîtes à chaussures et rouleaux de PQ ? Bien plus encore que mes playmobils, mes robots Transformers et Goldorak ou mes figurines Star Wars, c’était bien mes jouets Guerres Secrètes qui m’auront fait le plus rêver…


307 nos annees strange guerres secretes
Vous avez vu comme j’ai dérivé l’espace de quelques paragraphes ? Au départ j’ai commencé par vous dire ce qu’on trouve dans Nos Années Strange et quelques lignes plus tard je ne peux pas m’empêcher de vous parler de mes jouets de gamin. Et bien c’est ça le super-pouvoir de ce livre. Si vous avez connu cet univers dans vos jeunes années, ce bouquin ne sera pas qu’une mine d’informations et une rétrospective historique et culturelle ultra-documentée : Lainé et Carletti parleront directement à votre âme d’enfant, et ça non seulement c’est imparable mais c’est aussi foutrement bon.

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L’espace d’un instant je me suis replongé dans cette époque. Je me suis revu découvrir le monde unique des super-héros alors que je devais avoir 7 ou 8 ans. Bloqué au lit par je ne sais plus quelle maladie infantile, on me donna un vieil exemplaire à moitié disloqué de Titans 28, avec Captain Marvel en couverture. Ça a été ma première rencontre avec Captain Marvel donc, mais aussi Iron Fist qui combattait Serval (le nom francisé de Wolverine en ce temps là) Colossus et Diablo des X-Men. Ça a été mon coup de foudre pour un héros très old-school, 35ème couteau de l’écurie Marvel, apparaissant dans une poignée de parutions mais justement présent dans l’épisode des Envahisseurs (The Invaders) de Titans 28 : Le Diamant Bleu qui reste aujourd’hui encore l’un des personnages qui m’aura le plus marqué (c’est à se demander comment et pourquoi vu le personnage et l’usage restreint qu’on fait de lui dans la série, mais ça fait partie de la magie de l’enfance et ça ne répond évidemment à aucune logique).

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Et vous avez vu encore une fois ? J’ai dérivé sans m’en rendre compte !

 Nos Années Strange c’est ça : une palanquée de souvenirs d’enfance dans la tronche à chaque page qu’on tourne. Et de tellement bons souvenirs qu’on en est presque à regretter de clore définitivement le bouquin après sa dernière page, en se disant qu’on n’aurait pas été malheureux que le livre de Carletti et Lainé fasse une centaine de pages supplémentaires, histoire de retarder un tout petit peu l’heure de refermer la fenêtre qu’ils ont ouverte sur notre enfance.

Bref, vous l’avez compris, j’ai adoré. Et je recommande plus que vivement. C’est un must, il FAUT le lire et s’offrir une petite plongée revigorante dans notre passé, du temps où on était encore jeunes, beaux et insouciants (si, si).

307 nos annees strange couv

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