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  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 07:46

Je ne suis pas une midinette et je n’ai (à ma connaissance) aucun penchant pour les beaux ténébreux. Je n’arrive pas à préférer une mini tasse de Nespresso à mon bol de café quand j’arrive au boulot le matin. Pourtant j’avoue sans gêne que George Clooney figure dans la liste de mes acteurs favoris *. Donc quand j’ai su qu’il était à l’affiche dans un film nominé aux Oscars (oui je sais, c’est loin d’être le gage de quoi que ce soit qualitativement parlant) et réalisé par Alexander Payne (là déjà c’est autre chose, j’y reviendrai), je me suis dit que ce serait une bonne idée d’y jeter un coup d’œil. Comme ça, pour voir. Et si je n’ai pas été ébloui j’ai tout de même passé un bon moment.

320 the descendants matt alex
L’histoire prend place dans l’archipel d’Hawaï. Matt King (George Clooney) bosse beaucoup, et néglige plus que de raison son couple et son rôle de père. Un accident de ski nautique plonge sa femme dans le coma, et oblige Matt à s’occuper à plein temps de Scottie, dix ans (Amara Miller) et Alexandra (Shailene Woodley), adolescente rebelle de dix-sept ans. Décisionnaire dans un processus de vente de terres familiales s’élevant à plusieurs centaines de millions de dollars, Matt va devoir prendre de lourdes décisions alors qu’il apprend coup sur coup que son épouse ne se remettra jamais, et que celle-ci avait une liaison. C’est avec ses enfants, et Sid (Nick Krause), l’ami demeuré de son aînée, que Matt va partir à la recherche de l’amant de sa femme…


320 the descendants alex matt scottie
Je partais avec un a priori positif en allant voir ce film, ne serait-ce que par rapport à ce que j’avais déjà vu de son réalisateur auparavant. Il a, dans les années 2000, signé deux films qui m’ont marqué (et plu, je précise) avec Sideways et Monsieur Schmidt**. Je savais donc qu’il était tout à fait capable de partir d’une situation et de personnages pas forcément extravagants pour raconter de chouettes histoires, et que la simplicité n’exclut pas la profondeur dans son approche des choses… et c’est très exactement ce que j’ai retrouvé comme sensation dans The Descendants. Une histoire au pitch de départ plutôt simple, et un développement tout en finesse, abordant parfois des sujets très graves sans s’interdire des touches d’humour, voire de loufoquerie. À ce titre le personnage de Sid, que j’ai trouvé parfaitement imbitable et con comme un manche au point que je n’en revenais pas d’un tel décalage et d’une telle marque de mauvais goût au milieu du reste d’un film si mesuré, se révèle tout à fait à sa place comme on le comprend dans la dernière partie du film.

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Alexander Payne va donc au fil du métrage nous emmener à sa suite sur des terrains qu’on n’attendait pas forcément et posera certaines questions auxquelles il nous invite à réfléchir sans vouloir imposer la réponse qu’il propose. Dans The Descendants il est question d’amour, de haine, de vengeance, de détresse, de pardon et d’espoirs à degrés divers. On varie avec les personnages d’un sentiment à l’autre, parfois contradictoires, et ça permet de se remettre soi-même en question. Quel sentiment l’emporterait chez nous, quelle réaction serait la notre dans de telles circonstances ? Sans intellectualiser à outrance, j’ai trouvé le fond de la réflexion proposée intéressant.

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Côté comédiens, Clooney tient le haut du pavé et joue vraiment d’une manière fluide, juste et sincère la somme de sentiments qui assaillent son personnage. De l’inquiétude et la volonté de se rattraper au début de l’histoire, à l’abattement et la dévastation d’apprendre que sa femme est en mort cérébrale, jusqu’à la colère et la haine qu’il ressent en tant que mari trompé en passant par la détresse d’un père débordé par ses enfants qu’il redécouvre dès lors qu’il s’en occupera pleinement… Vraiment, j’ai trouvé son jeu d’acteur brillant, ni trop ni pas assez dans l’expression des sentiments, pour moi c’était une confirmation de plus de son talent de comédien. Mais une autre qui se révèle aussi bonne que belle (non ce ne sont pas des synonymes) c’est la jeune Shailene Woodley, à qui je prédis une jolie carrière si toutefois elle parvient à se tenir loin des twilighteries et autres mièvreries ado-sirupeuses… Et puis c’est toujours un plaisir de retrouver au détour d’un second rôle le sous-employé Robert Forster, ici dans le rôle du beau-père acariâtre dont le caractère de chien, la haine et la dureté ne l’empêchent pas d’être aussi par ailleurs un vieil homme touchant.

320 the descendants alex matt grands-parents
Et puis pour la petite histoire, ce film a l’avantage de répondre à des questions autrement plus existentielles. En effet il vous prouvera sans l’ombre d’un doute possible que s’habiller chaque jour de l’année en chemise à fleurs hawaïenne et tongs, c’est pas le truc le plus classe au monde, même quand on s’appelle George Clooney. Ça humanise le bonhomme, c’est le moins qu’on puisse dire. Sans parler de son statut de cocu (et bonjour le baltringue que madame a choisi pour le remplacer…) qui finit un peu plus de l’éloigner de son image de bellâtre dans ce film. Et c’est tant mieux.

320 the desendants hugh matt
Pour résumer, je dirais que The Descendants est un chouette film, pas révolutionnaire loin s’en faut, mais honnête dans ce qu’il raconte, avec des acteurs de talent et une mise en scène intelligente. C’est franchement déjà pas mal non ?



* Liste au sein de laquelle George côtoie les très glamours et sexy Richard Dreyfuss, Paul Giamatti, Takeshi Kitano ou Jack Nicholson par exemple. Juste pour vous situer l’ambiance playboy de cette liste.

** Tiens donc, revoilà Paul Giamatti et Jack Nicholson, quelle coïncidence !

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 06:45


« J’aime toujours autant me défoncer sur un vélo »


Richard Virenque, un homme honnête.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:27

J’aime faire le grand écart.
Je veux dire par là, m’intéresser à des choses très différentes, voire opposées parfois. (Sinon, oui je travaille aussi ma souplesse articulaire –l’âge fait des ravages-, merci de vous inquiéter.)
C’est pourquoi sur mon blog dans la catégorie cinéma, je ne vois aucun inconvénient à aligner à la suite des articles sur Intouchables, Shame, Take Shelter et La Vérité si je mens ! 3. Même pas peur. Même pas honte. D’autant que ça risque de pas s’arranger prochainement…*


Donc je suis allé voir la suite tant attendue (si, moi je l’attendais) des aventures de nos vendeurs préférés (si, moi je les aime) de fringues à pas cher. J’avais adoré le premier volet en 1997, beaucoup ri sur la suite de 2000, il n’y avait donc aucune raison de bouder ce troisième, bien que tardif, opus. Et je n’ai pas adoré comme le premier. Je n’ai pas autant ri que pour le second. Mais je ne me suis pas non plus ennuyé.

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Dans La vérité si je mens ! 3  de Thomas Gilou, on retrouve donc Eddie (Richard Anconina), Serge (José Garcia), Yvan (Bruno Solo), Dov (Vincent Elbaz reprend son rôle après l’avoir laissé à Gad Elmaleh dans le second volet) et Patrick (Gilbert Melki) à peu de choses près là où on les avait laissés douze ans plus tôt. Toujours dans le business, toujours dans une ambiance de bons potes qui rigolent bien, magouillent un peu et prennent la vie avec le sourire. Bon, il y a quelques mômes en plus, Karine (Aure Atika) a quitté Dov et sort avec Yvan, Serge truande bosse pour beau-papa (Enrico Macias), les affaires ne se font plus dans le Sentier mais dans la banlieue d’Aubervilliers, mais dans l’ensemble tout ce petit monde vivote dans la bonne humeur.
Le commerce reste bon, malgré la concurrence devenue plus féroce de la part des chinois qui s’installent dans les affaires. Jusqu’au jour où la société de Eddie, Yvan et Dov fait l’objet d’un contrôle judiciaire visiblement téléguidé par quelqu’un… pour se sortir de ce mauvais pas il va peut-être falloir s’en remettre à Simon (Marc Andreoni) pour contrecarrer les chinois. Serge pour sa part n’a jamais été plus irresponsable que depuis qu’il gère les affaires de son beau-père, ce qui n’arrange pas sa relation avec Chochona (Elisa Tovati). Quant à Patrick, rien ne va plus pour lui non plus : les impôts s’intéressent de très près à lui et c’est étonnamment… réciproque ! En effet la sérieuse Mlle Salomon (Léa Drucker) ne le laisse pas de marbre, et pour un millionnaire qui ne déclare rien au fisc, tomber amoureux de son contrôleur des impôts n’est pas la meilleure des idées à avoir…
Un vent de panique souffle entre les membres de la petite bande d’amis, la zizanie et la discorde les guettent…

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Évidemment, il serait de bon ton de cracher sur le film, de le trouver raté, répétitif, poussif et comme je l’ai pas mal lu sur la toile, « trop commercial ». Mais ce ne serait pas honnête. Tout comme il ne serait pas honnête non plus de le porter aux nues et d’en faire la nouvelle comédie française inratable de ce début d’année. Non, en fait, il s’agit tout simplement d’un film moyen. D’une comédie pas franchement mauvaise, mais rien d’exceptionnel non plus.

Pas bon, parce que évidemment le scénario est cousu de fil blanc (la vérité je fais des jeux de mots !), que l’on sent à peu près tout venir et de loin. Parce que la surprise et l’originalité n’y sont plus, qu’on est beaucoup plus dans une logique de mécanique bien huilée que dans un joyeux foutoir comme au début. Parce que ce qui passait pour de la nouveauté et du grand guignol drôlatique au début ressemble parfois plus à de la caricature de caricature. Ben oui, on a aimé Serge Benamou, ou nous donne du Serge Benamou ! dans toute sa démesure, mythomane au dernier degré. Mais en même temps de quoi se plaint-on ? c’est la définition même de ce personnage si on y réfléchit un peu. Cela étant dit, c’est très certainement toutes les scènes traitant de la relation entre Serge et son beau-père que j’ai trouvées les plus outrancières, exagérées et au bout du compte ratées et pas drôles du tout.

Pas mauvais, parce que tout ça fleure bon le parfum de nostalgie des premiers films. Parce que les personnages sont les mêmes qu’au départ et qu’on les a aimés ainsi. Parce que tout cela est fait avec une bonne humeur communicative, qu’on ressent l’ambiance de potes qui règne dans le jeu des acteurs. Parce qu’on voulait du cabotinage, de l’accent pied-noir, des vannes pourries et de l’exagération dans le jeu et qu’on en a à revendre !

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Cette franchise de films a ceci de particulier qu’elle bénéficie d’un statut spécial, que de nombreuses comédies aimeraient obtenir mais qui peut aussi s’avérer à double-tranchant. Le premier volet est un film générationnel à mon sens. Comme Les Bronzés avant lui, le premier La vérité si je mens ! a marqué positivement et durablement à sa sortie, et a connu un franc succès en particuliers auprès d’un public jeune (de l’époque). Le deuxième est sorti quasi dans la foulée, bénéficiant de la vague de succès du premier. Puis plus rien pendant douze ans… et en douze ans les choses changent, les gens changent, les modes passent, et les générations d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui. Les « anciens » jeunes ont évolué et les « nouveaux » jeunes sont différents des anciens…  Mais les personnages, les histoires, les intrigues elles n’ayant pas évolué, elles n’ont plus le même impact, et on a parfois l’impression de « réchauffé » c’est vrai.
Cela dit, je refuse catégoriquement de classer cette Vérité si je mens ! 3 sur le même plan qu’un Bronzés 3 pour reprendre l’exemple précédent. Avec ce film on est très loin du ratage abyssal qui nous a été proposé par la bande du Splendid en 2005. Au moins dans le film de Thomas Gilou, on sent que le cœur y est encore, l’envie reste là, l’esprit demeure, bien que la mayonnaise prenne moins bien. On réalise juste, non sans une pointe de nostalgie, que le temps a passé et que les anciennes recettes n’ont plus la fraîcheur d’hier.

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Alors La vérité si je mens ! 3 est loin d’être une franche réussite, mais ce genre de film me fait toujours plus marrer et m’apporte plus de plaisir (régressif très certainement) qu’un Bienvenue chez les Ch’tis dont je ne comprends toujours pas le succès phénoménal.
Remarquez j’ai peut-être tout faux, un goût de chiotte et l’indécence de l’afficher avec ça, mais ce n’est pas moi qui vous déconseillerai de voir La vérité si je mens ! 3. Simplement je vous aurais prévenu quant à ce que vous verrez.



* J’ai en projet différents articles jonglant pêle-mêle avec quelques films de baston bien bourrins, des super-héros en goguette, les œuvres de Takeshi Kitano, du film oscarisé, du Richard Dreyfus à gogo et du Nicolas Cage en détresse capillaire.

318 verite si je mens3 aff

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:26

Parmi mes rares résolutions pour 2012, je me suis fixé comme objectif de parler un peu plus souvent de musique sur ce blog.
Puis je me suis demandé par quoi je pourrais bien commencer pour m’attaquer à cette ambitieuse idée. D’abord j’ai été tenté de me lancer en vous parlant de ceux qui sont dans mon panthéon d’artistes, ceux qui font partie intégrante de mon être tant je les adule. Ou alors des concerts récents que j’ai pu voir, parce qu’il n’y a quand même rien qui surpasse le live. Mais finalement je me suis dit que ce serait assez logique de parler des albums qui tournent en boucle en ce moment sur mon pc ou dans ma voiture. C’est ainsi que je m’en vais vous dire tout le bien que je pense de Like A Man, le tout nouvel album de Adam Cohen.

Moi qui considère son père, Leonard Cohen, comme l’artiste ultime, l’icône à jamais insurpassable, un dieu vivant de la musique et de la poésie, j’ignorais jusqu’il y a peu de temps que son fils, Adam Cohen, chantait lui aussi.

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J’ai découvert, non sans une petite crainte (celle d’être déçu en comparaison de tout ce qu’a pu me faire ressentir son illustre père), son tout dernier album à l’occasion des fêtes de fin d’années. Et après une petite journée d’écoute, j’étais définitivement conquis par le bonhomme.

D’un style un peu plus moderne que son père, Adam ne peut pour autant en aucune manière renier son héritage musical ! Belles mélodies, importance du texte, utilisation des chœurs féminins, il y a même certains titres sur lesquels sa voix rappelle à s’en méprendre celle de son père 40 ans plus tôt. Cela m’a tout particulièrement frappé sur What Other Guy par exemple. What Other Guy qui est au passage très certainement le plus beau morceau de l’album, avec à ses talons la chanson Like A Man qui a donné son titre à l’album. D’ailleurs j’ai depuis cette découverte, lu l’une ou l’autre interview de Adam Cohen, et cela ne m’a pas du tout surpris d’y apprendre que ces deux titres justement avaient été qualifiés de « classiques instantanés » par le sage Leonard. Je vous assure qu’il ne s’agit pas là d’un jugement exagéré et partial dicté par la fierté paternelle, ces deux titres sont réellement deux petits bijoux. Beaux, sobres, qui accrochent l’oreille et l’esprit, bref parfaits.
Tout l’album du reste est très agréable à écouter. Au même titre que les deux chansons déjà citées, Overrated, Stranger et Beautiful sont elles aussi de celles qui vous chopent, et si on les laisse faire, vous trottent toute la journée dans la tête…

 


 


Pour autant qu’on ne peut nier la parenté entre la musique de Adam et de Leonard, le fiston s’en démarque toutefois sur certains points. Ces chansons ont un je ne sais quoi de plus optimiste qui transpire des paroles comme des airs, ses rythmiques et ses arrangements ont une base un peu plus moderne. Et si la voix ressemble dans ses intonations, Adam a un phrasé moins net que celui de Leonard (moi qui possède une oreille à la limite du handicap sévère dès que j’essaie de comprendre de l’anglais à l’oral, je saisis cependant tout ce que chante Leonard, ce qui n’est pas aussi évident avec Adam).

Je réalise que je parle de l’album de Adam Cohen en le comparant au travail de son père, ce qui n’est peut-être pas l’approche la plus judicieuse. Mais pour moi il est impossible de passer outre la filiation, je ne peux juste pas faire autrement. Et si cela peut paraître un tantinet injuste pour le fils de voir son travail ainsi ausculté à travers le prisme de celui qu’a livré son père avant lui, j’ai été rassuré et même confirmé dans mon inclinaison à la comparaison père / fils en entendant Adam Cohen en interview dans l’émission Taratata. Adam y avouait n’avoir quasiment rien écrit de « neuf » pour produire cet album. Il s’est contenté de regrouper des chansons qu’il avait abandonnées et laissées dans un coin tout au long de sa carrière. Certaines comme Out of Bed ont été écrites il y a déjà vingt ans. Et pourquoi les avait-ils abandonnées jusqu’à aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’elles étaient à son goût trop proches des chansons de son père, dans leur architecture, leurs thèmes ou leur poésie. Que jusqu’alors il avait cherché dans ses précédents albums à se démarquer de l’œuvre de Leonard Cohen, mais qu’à présent il a dépassé ce stade et s’affirme enfin comme il est réellement, y compris dans ses influences paternelles.

Et après avoir entendu cet album, je me dis que finalement, dans le talent il doit y avoir une sacrée part d’hérédité. Adam Cohen en est une preuve vivante.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 08:46

Avec Sauf ma mère, Serge Le Vaillant, producteur et animateur de radio qu’on peut entendre la nuit sur France Inter (dans son émission Sous les étoiles exactement), nous offre son premier roman. Parfois les premiers essais se révèlent être des coups de maître, et si je n’irais pas jusqu’à porter Sauf ma mère aux nues, il n’en reste pas moins un excellent bouquin, riche, drôle, très agréable à lire et au style enlevé.

On suit les aventures de Jean-Louis, dit Jean-Louis le gorille, fils à la Guenon. La Guenon, vous l’aurez compris, c’est le mignon petit surnom de sa môman chérie. J’écris les aventures de Jean-Louis, mais le terme plus exact serait plutôt la déchéance de Jean-Louis…

Jean-Louis Boulard donc, est routier. Était routier en réalité, puisqu’à 63 ans il est un tout récent retraité. C’est d’ailleurs au moment de la retraite que la Jocelyne, sa connasse de femme, a décidé de demander le divorce. Cette emmerdeuse l’a même viré de chez lui, si bien que le Jean-Louis a dû repartir habiter chez sa mère, la-dite Guenon donc. Et si la Guenon n’est plus une jeunette, elle continue à mener son monde à la baguette, bon pied bon œil. Jeune retraité, nouveau célibataire, Jean-Louis a tout son temps pour lui et va principalement l’utiliser pour picoler avec Olivier, un paumé de son âge avec qui il va forger une solide et virile amitié alcoolisée, mais aussi pour se consacrer dans son ancienne chambre d’adolescent à son train électrique, au visionnage de vieilles cassettes vidéo de famille et à l’écriture. L’écriture oui, car Jean-Louis va en profiter pour écrire son histoire, ses souvenirs, et plus particulièrement ses relations, pour la plupart conflictuelles, avec les femmes. Sa femme Jocelyne, enfin son ex, sa mère, mais aussi sa fille Paméla, sa voisine, sa belle-sœur Mireille, Stéphanie son ancienne maîtresse, Patricia qui tenait un relais routier qu’il fréquentait du temps qu’il roulait encore, et quelques autres par-ci par-là. Alors oui, Jean-Louis c’est pas un pro du dictionnaire et du bescherelle, il écrit un peu comme il pense, et il sait bien qu’il ne passera jamais dans les journals, mais il s’en fout, il écrit quand même sur toutes ces bonnes femmes. Et il vit bordel.

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Décidément, il n’y a pas de personnages que j’apprécie plus que les losers qui sont pathétiques tout en parvenant à rester sympathiques. Et c’est clairement le cas de Jean-Louis. Il est bourré de défauts, c’est certain, c’est parfois aussi un sacré connard faut bien le dire, mais on ne peut pas ne pas se prendre d’affection pour lui malgré tout. Il a un regard simple et décalé, décomplexé et par moments hilarant sur la vie qui fait que certaines choses parfois réellement dramatiques se transforment dans sa bouche et sous sa plume en situations comiques. Et dans cette simplicité se bousculent à la fois gravité et légèreté sur un même plan d’égalité. Il peut être grossier et attendrissant dans la même phrase, et je trouve cette alchimie absolument géniale à lire. Parce que c’est divertissant, souvent très bien tourné, parce que ça a l’apparence de la légèreté tout ayant une vraie profondeur, parfois même témoigner d’une vraie tristesse mais sans aucun larmoiement ni apitoiement. D’ailleurs je me rends compte que je parle de la verve de Jean-Louis Boulard, mais c’est bien entendu celle de Serge Le Vaillant qui transpire de tout son talent d’auteur et de conteur.

Je ne le fais pas souvent, mais j'ai bien envie de vous citer un passage où Jean-Louis tente le tout pour le tout avec Jocelyne, histoire que vous captiez bien l’ambiance de la chose…

« Vraiment, elle avait été très sympathique jusqu’à ce que je déconne à nouveau. Faute de rassembler en moi suffisamment de courage ou d’inconscience pour la tuer. Faute de trouver dans mon cœur assez de veulerie pour me prosterner à ses genoux et l’implorer de ne point me quitter, je m’étais convaincu de lui mettre une pétée.
J’étais résolu à la prendre debout, devant l’évier où elle stationne bien souvent. À la cosaque, comme un vrai viril qui porte le pantalon chez soi. J’avais espoir de lui remettre ainsi les idées en place, en lui foutant autant qu’elle pourrait en prendre, sans caresse ni préliminaires inutiles. Manière de lui rappeler qui était le patron. J’avais préparé mon coup, si je puis dire. L’opération commando devait se dérouler durant le petit déjeuner car je me réveille généralement avec une demi-molle. Un phénomène bien connu et que Victor Hugo, lui-même, à ce que j’ai entendu à la radio, nommait les matins triomphants.
Nous étions dans la cuisine. Le café gouttait. Jocelyne lavait quelques couverts sales de la veille. J’avais écrasé ma deuxième clope dans le cendrier en granit de Bénodet. J’y étais allé direct comme un seul homme. J’avais relevé sa combinaison avant de coller mon bide contre ses reins. Elle n’avait eu aucune réaction, pas même de surprise. Elle continuait de frotter une poêle. J’avais cherché à me concentrer en regardant ses miches, ses jambons, mais je les voyais mal. Et puis, mon regard était tombé sur ses putains de chaussons. Je n’ai jamais pu les blairer ces saloperies de savates rouge et or qu’elle traînait depuis des années. J’avais été incapable d’avoir la trique. Quant à lui demander de l’aide, comme d’habitude, je ne pouvais pas y compter. »

C’est du même tonneau tout du long, et j’avoue que je me suis bidonné plus d’une fois comme un con, seul avec mon livre dans les mains.

J’ai vraiment adoré lire la vie de Jean-Louis, aussi bien passée que présente, avec ce ton très franchouillard, très populo et ce style bien imagé que le titre du roman à lui seul laisse imaginer. Si j’ai trouvé la fin un peu abrupte elle est à l’image de l’histoire : à la fois dure et drôle. Pour moi il s’est agi d’un véritable coup de cœur, d’une vraie belle découverte que ce roman, et cet auteur là. Un peu le même effet que m’avait fait Laurent Chalumeau sur Le Siffleur. En tout cas je conseille vivement ce livre, Sauf ma mère vous fera passer un très bon moment. Et le second roman de Serge Le Vaillant, Chez les grecs,  est d’ores-et-déjà sur ma pile de bouquins en attente de lecture. J’ai hâte.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:01


« Si François Hollande est élu, je vais vivre à Los Angeles. »

Mickael Vendetta, recruteur d’électeurs pour le PS.



* j’ai longtemps hésité pour le titre de ce billet avec : Le Changement c’est Maintenant ou encore D’une Pierre deux Coups.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 08:27

En ce début d’année 2012, est arrivé sur nos écrans Take Shelter de Jeff Nichols, un film indépendant américain qui a fait parler de lui lors de ses passages à Cannes et à Deauville (dont il a raflé le Grand Prix). Si les Nostradamus de tout poil aiment à prédire l’apocalypse pour cette année, et si les cataclysmes en tout genre font souvent recette au cinéma, Take Shelter aborde le sujet sans l’aborder. Car dans ce film il n’est pas tant question de la fin du monde en tant que telle, mais bien de la fin d’un monde, celui de Curtis LaForche.

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Curtis LaForche (Michael Shannon) est un honnête homme tout droit issu de la campagne américaine typique. Trentenaire, marié, père d’une enfant sourde, ouvrier dur à la tâche, il vit dans un petit pavillon modeste mais agréable, roule en pick-up un peu défraîchi et va à la messe en famille le dimanche. On peut le dire, Curtis est un type bien, simple et travailleur, responsable et plein de bonne volonté. Bien sûr il ne roule pas sur l’or mais il ne rechigne pas à la tâche pour parvenir à payer l’opération qui permettra peut-être à sa petite fille Hannah d’entendre. Mais sa vie va basculer. Curtis commence à faire des rêves traumatisants, des cauchemars horribles dans lesquels une énorme tempête s’abat sur sa ville, où les gens deviennent fous et s’en prennent à lui et à sa fille qu’il ne parvient pas à protéger. Et puis petit à petit, tout doucement, les mauvais présages commencent à lui venir aussi en pleine journée. Visions, hallucinations, coups de tonnerre en plein soleil, vols erratiques de nuées d’étourneaux, … Curtis perd peu à peu le contrôle. Pourtant il est quelqu’un de raisonnable, il va voir un médecin, puis consulte une psychologue car il soupçonne dans ses rêves éveillés des signes de maladie mentale. Il faut dire qu’il est en terrain connu, sa propre mère ayant été diagnostiquée schizophrène paranoïde alors qu’il n’avait que dix ans. Mais tout raisonnable qu’il est, les choses qu’il ressent sont d’une telle force qu’il ne peut s’empêcher de s’atteler à la rénovation et l’agrandissement du vieil abri anti-tempête qu’il a au fond de son jardin. Sa femme Samantha (Jessica Chastain) et son ami Dewart (Shea Whigham) sont de plus en plus inquiets pour sa santé, mais Curtis n’en démord pas malgré tout ce que cela va entraîner pour lui : il doit absolument préparer un refuge pour sa famille avant que cette fameuse tempête cataclysmique n’arrive.


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Le thème de Take Shelter et son ambiance sont rudes. On assiste à une lente descente d’un homme dans l’enfer de sa paranoïa. Le réalisateur Jeff Nichols réussit le tour de force de nous plonger dans la psyché de son personnage, en particulier lors des passages relatant les cauchemars de Curtis. Ces scènes sont franchement oppressantes à regarder, et on se retrouve à leur terme dans le même état que le héros, suffocant de peur, à la recherche désespérée de son souffle et d’un retour à la normale. Tous les passages où Curtis voit ses craintes se réaliser sont glaçants d’effroi, et parfaitement maîtrisés par le metteur en scène. D’ailleurs l’auteur parvient à ce point à traduire en image la paranoïa grandissante de Curtis qu’on en vient nous-mêmes parfois à douter. On en vient parfois nous-mêmes à nous demander si par hasard ce n’était pas Curtis qui a raison, s’il n’était pas doué d’un don de prédiction, si quelque chose d’horrible ne va pas finir par s’abattre sur tout le monde. Et on sent si bien à la fois l’isolement du héros et sa peur qu’on se prend presque à espérer que c’est lui qui a raison. D’autant que son obsession à protéger sa famille n’a comme conséquence que d’éloigner ceux qu’il aime de lui. Et pour cause, Curtis se transforme, et devient par moment aussi inquiétant qu’inquiet.

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Si une grande part de la réussite de cette plongée dans la folie tient du talent du réalisateur, il faut également signaler les excellentes prestations des comédiens, Michael Shannon en tête. Je l’avais découvert il y a quelques années dans un film où il tenait déjà le rôle d’un personnage rongé par la folie et la paranoïa (faut dire qu’il a la tête de l’emploi aussi le garçon), Bug de William Friedkin. Mais là où Bug avait échoué selon moi, Take Shelter réussit : on est bel et bien dans la tête du héros et on ressent sa souffrance. Shannon ne surjoue pas, il est en équilibre parfait dans son rôle et est tellement crédible qu’il rend son personnage pourtant aride et introverti extrêmement touchant. Jessica Chastain (que j’ai découverte sur ce film, n’ayant pas encore vu le Tree of Life de Terrence Malick où elle tient un des rôles principaux) quant à elle hérite d’un rôle difficile également, qu’elle interprète avec beaucoup de justesse. La lente dérive de Curtis éveille en Samantha des sentiments très divers mais toujours profonds que l’actrice joue avec talent : la compassion, l’amour, l’inquiétude, la peur, le désespoir, la colère, la résignation... On sent chez cette comédienne une mine de talent brut. Et puis elle est jolie avec ça, avouez que ça ne gâche rien.

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Je ne vais pas dévoiler la fin du film mais je ne peux pas non plus ne rien en dire. Il s’agit d’une fin assez ouverte, qui laissera une place à l’interprétation de chacun, ce que d’aucun trouveront peut-être dommage. Moi-même en ai été au départ un peu déçu, mais finalement après y avoir repensé, je la trouve adéquate et mesurée. Le film aura délivré assez d’éléments et d’indices tout au long de ses deux heures pour vous permettre d’avoir votre propre interprétation au final. Dommage que je ne puisse pas vous livrer la mienne ici, ce serait spoiler une partie du film et puis il vaut toujours mieux se faire sa propre opinion seul, n’est-ce pas ?
En tout cas je recommande Take Shelter, formellement très réussi, avec des acteurs criants de vérité, et une mise en scène aboutie et maîtrisée. Si le thème ne vous fait pas peur n’hésitez pas, vous aurez toujours bien le temps de voir une comédie une autre fois (car Serge Benamou et ses potes arrivent à grands pas…).

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 08:01

Et voilà donc le troisième et dernier article que j’avais envie de consacrer à la série Californication. J’ai déjà abordé les deux personnages principaux et ce qu’ils m’inspirent, et j’aurais pu donc ici enchaîner en exposant tout le bien que je pense de cette comédie hilarante, rentre-dedans, gentiment politiquement incorrecte (tiens, ne s’agirait-il pas d’un oxymore par hasard ?), un brin sexiste et totalement sexy. J’aurais aussi pu m’épancher sur le formidable sidekick qu’est Charlie Runkle, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Tout comme sur une pléiade de seconds rôles pas piqués des hannetons (à la tête desquels une Kathleen Turner sur le retour complètement surréaliste).

313 charlie marcy
Mais j’ai eu envie finalement de vous causer de tout autre chose.

Dans la série, David Duchovny alias Hank Moody est devenu un écrivain célèbre et adulé de la littérature underground grâce à son best-seller God Hates Us All. On en entend souvent parler tout du long des saisons, on en voit d’ailleurs même quelques exemplaires au détour d’une scène de-ci de-là. Et c’est de là qu’est venue l’idée aux producteurs du show télévisé de produire un objet dérivé qui sort de l’ordinaire.
La plupart du temps on exploitera une licence à succès sous diverses formes, dans le cas d’une série télé cela passe souvent par des t-shirts à l’effigie de héros, et toutes sortes de supports et de goodies au nom de la série. Des albums tirés de la bande son, des livres making-off, pourquoi pas même des figurines quand les héros s’y prêtent. Tout cela est devenu somme toute assez courant, moi-même j’arbore parfois quelques t-shirts faisant référence à ces univers fictionnels que j’affectionne particulièrement (et qui finissent d’achever mon statut de geek indécrottable).

313 hank dedicace
Mais là j’ai trouvé l’idée excellente et vraiment originale. Les producteurs n’ont sorti ni plus ni moins que le roman phénomène de Hank Moody. Vous pourrez donc trouver (aux Éditions Florent Massot pour la version française) le petit bouquin autobiographique signé Hank Moody, God Hates Us All dans toute bonne librairie aux rayons romans. Le texte, écrit en réalité par Jonathan Grotenstein (jeune écrivain américain missionné pour la peine que je ne connaissais absolument pas, du reste c’est son seul ouvrage traduit en français semble-t-il) est censé être l’autobiographie des jeunes années de Hank Moody himself, celle qui le propulsera comme étoile filante de la littérature trash américaine.
À ma connaissance, jamais une série télévisée n’avait accouché comme produit dérivé d’un roman (j’exclus de fait les novellisations on est bien d’accord). Il y a bien eu il y a quelques années le journal de l’agent très spécial Cooper (Dale Cooper : ma vie, mes enregistrements), tiré de la série OVNI de David Lynch Twin Peaks (et coïncidence : David Duchovny y jouait son premier rôle marquant quelques années avant d’interpréter le coincé Fox Mulder de X-Files), ainsi que le fameux Journal intime de Laura Palmer.  Mais je ne crois pas qu’il s’agissait à proprement parler de romans. Toujours est-il que j’ai trouvé l’idée intéressante.

313 hank god hates us all
Bon, à la lecture j’ai quelque peu déchanté, mais en même temps il fallait un peu s’en douter. La qualité de ce petit roman n’atteint évidemment pas l’excellence de la série, ni dans l’humour corrosif ni dans l’inventivité globale. D’où une pointe de déception que je ne peux pas cacher mais qui masque peut-être trop la qualité réelle du bouquin. Car en soi, il ne s’agit pas d’un mauvais livre. Il est même plutôt bien écrit, frais, intéressant, de bonne facture. Ça ne donne pas l’impression d’être un truc torché à la va-vite (bien que l’ouvrage soit court) pour profiter d’un titre porteur. Ça n’est pas non plus, et là c’est assez étonnant et la marque d’un concept cohérent dans sa logique, un objet ultra-référencé à la série puisqu’il est censé lui être largement antérieur. On n’y retrouve par exemple aucun personnage de la série, hormis Hank Moody lui-même bien évidemment. Autrement dit vous pourrez lire (et apprécier) ce roman sans rien connaître de la série télévisée, ce que je trouve plutôt malin puisque ça augmente le spectre des lecteurs potentiels.

313 hank ecrivain
En gros, on suit les aventures du jeune Hank Moody, qui délaisse ses études pour gagner de l’argent facile en devenant dealer d’herbe. Un peu accro aux clichés il a pour ambition de se démarquer de sa famille trop banale à ses yeux, emménager au sein du fameux –quoiqu’un tantinet cheap- Chelsea Hotel, vivre dans la luxure et charmer la top model qu’il y a rencontrée. Bien évidemment rien ne se déroulera comme prévu pour Hank, et ses mésaventures l’amèneront à revoir d’un œil neuf l’idée qu’il se fait de la vie. Tout cela est raconté à la première personne, par un Hank Moody déjà rompu à l’art de la répartie sarcastique (bien qu’il atteindra le niveau expert dans la série), de l’humour à froid, et du réalisme forcé. On sent bien qu’en ce personnage sommeille un potentiel mais qu’il lui faudra encore attendre quelques années avant de l’exploiter parfaitement. Alors je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçu comme je le disais plus tôt, parce que j’en attendais un peu plus de la part du personnage de Hank, tout simplement parce que j’avais en tête celui qu’il est devenu au fil des années (et qu’on voit dans la série) alors que dans le roman on a à faire à la version encore jeune et un peu verte du bonhomme (et donc forcément et très logiquement en deçà du héros adulte). C’est certainement l’effet pervers du concept : raconter la jeunesse d’un héros c’est aussi s’exposer à le présenter moins abouti que la version que l’on connaît le mieux et qu’on a aimée en premier lieu.

Alors évidemment, présenter  ce livre comme un best-seller (ce qu’il est censé être) manque un peu de crédibilité, le résultat n’étant pas aussi percutant qu’on aurait voulu. Mais cela reste un petit roman sympa, bien troussé et agréable à lire (et ses quelques 190 pages en petit format se lisent très rapidement), et surtout une idée sympathique pour élargir et approfondir l’univers d’un héros de télévision.

313 god hates us all couv

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 08:44

Ce deuxième article consacré à la série Californication, je voudrais l’axer autour de LA figure féminine du show.
Tout du long des épisodes, des gonzesses on en compte treize à la douzaine. Voire un peu plus. Faut dire que le gars Hank, qui entraîne dans son sillage de maître-séducteur son pote apprenti-dragueur Charlie Runkle (qui ne boxe pas dans la même catégorie faut dire), les nanas il les enchaîne à tour de bras. Et pas un cageot dans le tas, que du premier choix.

Il y en a pour tous les goûts : blondes, brunes, rousses, jeunes, moins jeunes, timides, dévergondées tendance SM, étudiante-strip-teaseuse … en veux-tu en voilà.

Et pourtant, au milieu de ce flot de canons jamais farouches à dévoiler leurs charmes, il y a une femme qui surnage, qui survole même le reste de la horde féminine accrochée aux baskets de Hank. C’est Karen, l’ex-femme de Hank et mère de leur fille Becca. Avec elle les rôles sont inversés : c’est Hank qui est à ses pieds. Et pour cause : elle est la femme idéale. Rien de moins.

312 hank karen1
Karen, c’est l’actrice Natascha McElhone. Comédienne pas très connue dans nos contrées, j’avais déjà eu un gros flash sur elle la première fois que je l’avais remarquée. Elle jouait la femme décédée de George Clooney dans Solaris (le remake de 2002), celle qui hantait ses pensées et à l’image de laquelle il ne pouvait échapper. Je me rappelle qu’à l’époque le film n’avait pas eu très bonne presse, ni auprès de la critique ni auprès des spectateurs, mais moi il m’avait complètement subjugué. On lui reproche en particulier un rythme extrêmement lent et un manque total d’action. Et c’est précisément parce que le film est avant tout un film d’ambiance et de ressenti qu’il m’a plu. J’avais été littéralement hypnotisé par ses images somptueuses et ses scènes d’une beauté froide, presque figée. Il n’a pas marché avec beaucoup de monde c’est sûr, mais moi j’y ai été très réceptif. Et Natascha McElhone n’y a pas été pour rien : elle y avait (à mes yeux) l’image d’une femme fatale à laquelle on aurait ôté la violence qu’un tel statut peu sous-entendre. Fatale mais d’une douceur extrême. Une combinaison inédite et imparable. J’avais déjà pu la voir plus tôt dans Ronin et Truman Show, mais sans qu’elle sorte du lot, et c’est vraiment dans Solaris que pour moi elle était devenue une icône de féminité. Je n’ai d’ailleurs pas pu résister à l’envie de revoir le film avant d’écrire cet article...

312 Natascha McElhone
Et donc c’est sous les traits de Karen Van Der Beek, architecte d’intérieur, que la belle Natascha illumine la série Californication. Et je dois avouer que les mecs qui ont fait le casting chez Showtime ont eu le nez fin, parce qu’elle a le profil rêvé pour incarner LA femme, celle que Hank, celui qui peut avoir toutes les autres, élève au rang de déesse. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans la série. On a affaire à un séducteur né qui a trouvé celle qu’il croyait chimérique. Celle qui dépasse ses attentes, celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, celle qui l’élève de type irresponsable et qui cède à toutes les tentations en Homme. L’Homme avec un H, celui qu’on voudrait être, qui fait peur et envie à la fois, que le Hank qui enchaîne les conneries cherche à éviter de devenir tout en sachant que c’est ce vers quoi il doit tendre pour passer au statut d’adulte.

Cela dit, en se mettant deux secondes dans la peau de Hank Moody, on ne peut que comprendre qu’il succombe à ce point aux charmes de la belle Karen. Observons objectivement. Elle est magnifique. Elle a de l’esprit. Elle a un solide sens de l’humour et de l’autodérision. Elle a des qualités humaines certaines. Elle est über-sexy. Elle est compréhensive à l’extrême (et avec Hank c’est un minimum indispensable). Elle possède un charme fou. Elle est une mère, une femme et une amante passionnée. Et je stoppe là cette liste non-exhaustive sinon on risquerait de m’accuser d’être tombé amoureux d’un personnage de fiction.

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Bref, tout cela pour dire qu’en la personne de Karen, on tient un personnage fascinant. Car il est l’archétype de la perfection faite femme. En tout cas la perfection vue d’un point de vue masculin actuel. Bon d’accord, peut-être que tous ne seront pas d’accord avec cette affirmation, en tout cas c’est l’avis de Hank et le mien, je pars donc de cette vision là de l’héroïne. Elle attire et fait très peur à la fois. Elle fait peur… ou plutôt devrais-je dire, elle impressionne énormément. En fait Karen telle qu’on la voit dans cette série, est la femme qui incarne à la fois une espèce d’absolu (irrésistiblement attirante donc) mais aussi la flamme à laquelle le mâle bêta (on va l’appeler comme ça) risque à tout moment de se brûler les ailes. Celle qui lui donne l’impression d’être un petit garçon à côté d’elle. Celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, bien qu’il en crève d’envie. Celle capable de lui ôter tous ses moyens et toute sa confiance en soi d’un revers de la main, ou de faire de lui un demi-dieu d’un simple sourire.

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À ce titre d’ailleurs je me demande bien comment le personnage de Karen est perçu par les spectatrices. Tout comme Hank d’ailleurs, même si dans son cas à lui j’ai une idée un peu plus précise de la réponse. Est-elle un personnage de fiction réaliste ? une idéalisation purement sortie d’un esprit masculin ? un exemple à suivre ? une source d’identification ou de jalousie ? une pétasse à rouer de coups ?


En tout cas, boys and girls, n’hésitez pas à me donner votre vision du couple Karen / Hank, ça m’intéresse !!

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 08:38

Allez on va se la péter un peu. Oui amis lecteurs ici débute non pas un article, mais le premier d’une série de trois consacrés à la série télévisée Californication, que j’ai donc décidé d’appeler pompeusement triptyque Californication. En toute humilité.

Pourquoi trois articles ? d’abord parce que j’ai des choses à dire sur cette série que j’aime beaucoup, et que je voudrais éviter de tartiner des lignes et des lignes dans un seul article. Ça sera moins pénible pour vous de le lire découpé en trois parties qu’une seule ! À l’arrivée ça fait autant de blabla mais vous le sentirez moins passer, promis.

Ensuite parce que je voudrais aborder la série sous plusieurs angles d’attaque différents, qui se prêtent donc bien à un découpage en trois parties.
Et puis comme je le disais en début d’article, ça me permet de me la péter un peu.

Je ne vais donc pas aborder la série par saison. J’en ai vu les trois premières pour l’instant, et si j’ai trouvé la troisième un peu en-dessous des deux premières côté rebondissements et péripéties, elle possède une fin cataclysmique qui m’a marqué et qui m’a inspiré le titre de ce premier article, Moody le maudit.

311 hank porsche
Bon, replaçons d’abord dans le contexte : Californication est une série de la chaîne Showtime (ce sont eux qui produisent également les excellents Dexter et Weeds par exemple) qui raconte les aventures de Hank Moody (David Duchovny), un écrivain trash à succès dont le charme très m’enfoutiste est dévastateur auprès des femmes.

311 hank lit
Hank picole sec, fume, ne crache pas sur quelques substances interdites et euphorisantes de temps à autres et ne peut s’empêcher de tringler tout ce qui passe à sa portée. Cause ou conséquence… toujours est-il qu’il est séparé de Karen (Natascha McElhone) avec qui il a une fille de treize ans Becca (Madeleine Martin). Karen a refait sa vie avec un autre homme et Hank broie du noir car sous ses dehors de type qui n’en à rien à cirer de rien, qui pisse sur les conventions et le politiquement correct, son seul et unique problème c’est qu’il a beau être le type le plus cool de l’univers, il n’en est pas moins amoureux d’une femme qui ne veut pas de lui. Bon d’accord ça ne l’empêche pas de batifoler à droite à gauche (et on peut même raisonnablement dire qu’il ne se prive pas le saligaud), de jouer les jolis-cœurs et de ramasser à la pelle les nanas qui lui tombent toutes cuites dans le pieu et de faire comme si sa vie était une perpétuelle fête. Son meilleur ami et agent littéraire Charlie Runkle (Evan Handler) l’aide bien dans cette tâche d’ailleurs, toujours partant pour un truc déviant ou un peu pervers, surtout si c’est à base d’alcool et de jolies pépées.

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C’est là toute la dualité du personnage de Hank Moody, ce qui en fait un personnage touchant et très attachant malgré sa foultitude de défauts dont le dixième devrait pourtant suffire à faire fuir n’importe qu’elle personne vaguement sensée et raisonnable. Hank est invivable, dragueur, insouciant, irresponsable, en un mot : Hank est auto-destructeur (merde, ça fait deux mots). Mais sous sa carapace de mec à la cool, de type que rien ne touche, sous sa répartie implacable et sa fâcheuse tendance à dire à tout va les vérités les plus dérangeantes possibles, il y a un autre Hank. Meurtri, sensible, capable de sentiments très profonds, irrémédiablement amoureux de sa Karen qu’il considère (à raison si je peux me permettre) comme la femme parfaite et idéale. Car Hank joue également de malchance, même s’il n’en laisse rien paraître. Ses qualités sont ses défauts : il est irrésistible mais lui a beaucoup de mal à résister à la tentation… les femmes le haïssent d’abord, ne peuvent s’empêcher de l’aimer ensuite (ce qu’elles trouvent à la fois charmant et irritant), … pour la plupart du temps finir par le haïr à nouveau. Capable du meilleur comme du pire, c’est un peu comme si de manière inconsciente (mais est-ce vraiment totalement inconscient ?) Hank ne pouvait s’empêcher de se saborder lui-même.

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Je ne veux pas spoiler le déroulement de la série, je vais donc éviter de parler de certains événements qui émaillent les trois saisons que j’ai pu voir jusqu’ici, mais ce qu’on peut dire c’est qu’à plusieurs reprises Hank en bave, puis touche du doigt le bonheur tant convoité avant de retomber (la plupart du temps de son propre fait) de plus belle et de remonter la pente lentement, et ainsi de suite… à cet égard la fin de la troisième saison est réellement triste et déchirante si on se place du point de vue de Hank. Lui qui manie l’ironie comme un maître dans ses saillies verbales et ses écrits à succès, le moins qu’on puisse dire c’est que l’ironie du sort il connaît aussi… et qu’il n’y échappe pas malgré tout son talent et ses tactiques d’évitement.

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Hank Moody c’est le type même de l’anti-héros auquel on a directement et irrésistiblement envie de s’identifier. Pensez-donc : il est beau, il possède un vrai génie littéraire, il ne bosse quasiment jamais et vit sur ses droits d’auteur, il est impertinent, drôle, il roule en Porsche 911 Carrera vieux modèle un peu destroy (dont il se préserve avec soin de réparer le phare cassé), toutes les femmes flashent sur lui et il fait pour ainsi dire tout ce qui lui passe par la tête et surtout jamais rien qui lui soit imposé. Le rêve pour tout spectateur mâle lambda non ? Mais je pense sincèrement que ce n’est pas pour toutes ces raisons là qu’il est vraiment touchant et qu’on ne peut s’empêcher de se voir un peu en lui. Car sous son apparence mister cool-attitude, il laisse par moments s’échapper bien malgré lui toute la fragilité dont il est en réalité fait (voir l’épisode traitant de sa relation à son père, entre autres, pour s’en convaincre). C’est un type qui parle de cul comme de météo au petit-déj, surtout pour cacher que c’est face à l’amour qu’il est sans défense. Les femmes sont pour lui des proies, mais il dépose les armes sans même combattre face à La Femme. Et il a beau travailler son image de mec qu’on aimerait tous être, lui tout ce qu’il voudrait c’est être le mec qu’Elle aimerait voir en lui. En fait durant tout la série, ses deux identités contraires ne cessent de s’opposer : l’icône du mâle et la fragilité du petit garçon. Si ça c’est pas en fait la marque d’un grand romantique…


311 hank karen
Mais chut ! Hank a une réputation de queutard à préserver, allez pas lui casser la baraque…

(en tout cas, moi qui suis un mec, je l’aime vraiment ce type, dans le genre loser magnifique qui essaie de sauver les meubles j’ai rarement vu mieux)


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