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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 07:19

Les thrillers et les polars en romans, ce n’est pas mon rayon de prédilection. Jamais ouvert un livre de la collection Série Noire, et tous les grands maîtres du suspense et des enquêtes policières avec moult révélations à la clé ne font pas partie de ma culture littéraire. Si tant est que je puisse parler de culture littéraire. Hum. Bref. Pour moi, les enquêtes les plus palpitantes et les plus passionnantes se déroulent en images. Au cinéma, mais surtout à la télévision. Columbo, Les Experts, Dexter… les exemples sont légion, et ont de tout temps envahi mon espace cathodique.
Mais en bouquin, le genre ne m’attire que très peu.
Cherchant à explorer un peu ce pan immense de la littérature (souvent populaire d’ailleurs), je me suis dit que tant qu’à faire, autant découvrir le genre avec un de ses maîtres incontestés. J’ai donc choisi de m’intéresser à Harlan Coben, dont on a bien voulu me prêter deux livres. Le plus connu certainement, Ne le dis à personne (dont j’ai déjà parlé ici il y a… pfiouuu… longtemps !) et un second, à bonne réputation, Disparu à jamais donc.

L’action démarre à New-York. Will Klein vient de perdre sa mère, autant morte de son cancer que de chagrin. Car la famille Klein a vécu onze ans auparavant un drame qui aura changé l’existence de tous ses membres. Il y a onze ans, Ken, le frère aîné de Will a été accusé du viol et du meurtre de sa petite amie. Il a alors purement et simplement disparu et n’est jamais reparu depuis. Will, qui croit fermement en son innocence, pense également que son frère est mort. La logique veut que Ken n’aurait jamais pu échapper aussi longtemps aux forces de police du pays entier, sans ressource et sans aide extérieure. Will en a donc conclu comme beaucoup qu’il était certainement arrivé malheur à son frère et s’est résigné à ne jamais en apprendre plus. Mais deux événements viennent bouleverser la vie de Will. Ken aurait été aperçu sur la tombe de sa prétendue victime. Et quelques jours plus tard c’est Sheila, la fiancée de Will qui disparaît à son tour, sans laisser ni trace ni explication. Et le FBI semble penser que tout est lié…

Voilà pour l’intrigue. Le mystère est posé, et il semble épais. Le héros va  progresser pas à pas dans un monde dont il ignore tout, et découvrir, révélation après révélation, que ce qu’il pensait savoir de ses proches pourrait bien s’avérer totalement faux. Le style Corben est plutôt efficace il faut bien le dire. L’auteur ne s’embarrasse pas de temps morts, de moments d’introspection ou de quoi que ce soit qui pourrait ralentir son récit. Tout repose sur le rythme soutenu auquel les rebondissements surviennent tout au long de l’intrigue. Pourtant, il faut lui reconnaître qu’il réussit à ne pas pour autant trop survoler ses personnages principaux. Il n’entre pas dans de grandes études psychologiques et reste dans la description de caractères simples mais il le fait avec une simplicité qui rend les personnages crédibles et parfaitement identifiables et qualifiables en quelques mots. Pas de fioriture encore une fois, de l’efficacité. Mais peu de ses personnages ne me sont apparus attachants. Ceux qui sortent un tant soit peu du lot sont les plus marginaux, en l’occurrence ici Sheila la fiancée disparue aux lourds secrets et Carrex l’ami yogi-ex-néonazi-repenti (fallait oser, et pourtant ça passe plutôt bien). Mais bon, ça reste du traitement en surface, ne vous attendez pas à des personnages travaillés en profondeur. Harlan Coben préfère laisser remplir les trous par ses lecteurs, et si ça se trouve c’est aussi ce qui participe à sa réussite, puisqu’il laisse chacun trouver un peu ce qu’il veut bien dans ses personnages.

Évidemment il s’agit d’un livre qui se lit vite, le contraire serait suicidaire pour un auteur qui veut conserver l’effet de suspense haletant inhérent à ce genre d’intrigue. Et c’est là que je tique un peu. Parce que tout au long de ma lecture, je n’ai pas pu réellement entrer dans l’histoire à fond. Je voulais comprendre, je voulais savoir, mais je gardais mon œil extérieur. À aucun moment je n’ai été happé par le roman, à aucun moment je ne me suis senti impliqué. En fait, j’ai eu cette désagréable sensation tout au long du bouquin que Coben appliquait –consciencieusement et avec un certain talent- des recettes types. Un peu comme si au lieu de savourer un bon plat je me fardais toute la recette à la lettre tirée de marmiton.org.
Un parfum, très léger mais entêtant, d’artificiel. Et je n’ai pas réussi à m’en défaire de tout le livre.

Alors de deux choses l’une : soit je suis tombé sur un thriller bien ficelé dans l’ensemble mais moyen malgré tout du point de vue de l’implication du lecteur dans l’histoire, soit je ne suis pas vraiment fait pour lire des thrillers de le trempe de ce qu’écrit l’un des maîtres du genre. Ne le dis à personne m’avait déjà laissé sur un sentiment mi-figue mi-raisin, avec cette impression d’avoir lu un bon livre mais assez mineur là où la majorité voit un chef d’œuvre du genre.
J’imagine que les afficionados de polars et de thrillers apprécieront plus à sa juste valeur Disparu à jamais, pour ma part il m’aura laissé un sentiment assez neutre. Je ne me suis pas ennuyé en le lisant, pas du tout même, mais pour être franc, ça ne m’a pas donné plus envie que ça de lire d’autres livres de Harlan Coben. Ma découverte de cet auteur en restera donc là je pense.

266 disparu a jamais

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 17:57

Il a dû en avoir assez de feuilleter avec papa son grand livre sur les animaux. Le chat qui fait miaou, la vache qui fait meuh et le lion qui fait groaaarrrr, si vous voulez ça va bien un moment, mais dans la vie il y a des choses plus essentielles.

Alors il est allé au milieu de la pièce à quatre pattes, ou plutôt à trois pattes, parce que vous comprenez, un couvercle de petit pot c'est trop précieux pour être laissé comme ça sans surveillance, sait-on jamais.

Et là, tranquillement, le plus naturellement du monde il s'est levé. Dressé sur ses 2 jambes, son couvercle en mains il a avancé. Un, deux, trois, quatre pas ! Sans rien à quoi se tenir, pour la première fois sans les doigts d'adultes auxquels il s'accroche d'habitude pour engloutir ses kilomètres quotidiens de course folle. Quatre pas et trente centimètres plus loin, il s'est arrêté, a regardé son papa et a fait un immense sourire comme pour dire "c'était pas si compliqué finalement". Puis il s'est laissé choir comme si de rien n'était sur son derrière, la couche faisant office de rembourrage anti-choc. Parce que bon, on va pas en faire tout un plat, vous comprenez il y a des choses plus essentielles. Il y a des couvercles de petits pots un peu partout dans la chambre à récupérer.

Mon loulou a marché. Il était 18h34 aujourd'hui. Et j'ai découvert une nouvelle définition du mot fierté.

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 15:00

Rangez les livres de poésie et sortez votre kit de badass version eighties.
On oublie les mocassins à pompons et on chausse ses rangers à crampons.
Si vous avez un tatouage c’est mieux, sinon vous pourrez toujours vous faire tatouer une tête de mort sur l’épaule en sortant de la salle.
Oh et puis avant que j’oublie, inutile de demander à madame de vous accompagner, The Expendables c’est un truc d’hommes. Ça va causer napalm et munitions de 12.7, pas de tupperwares ou de dîner presque parfait.

264 expendables team
Merde alors, dire que je l’attendais ce film-là, c’est encore loin du compte. Depuis que Sly avait annoncé son intention de réunir un maximum de stars des films d’action, du siècle dernier comme d’aujourd’hui, pour la série B ultime, j’en avais des frissons. D’abord je n’y croyais pas trop, parce que tout cela relevait plus du fantasme d’adolescent attardé qu’autre chose. Puis Stallone a recommencé à avoir le vent en poupe avec les succès consécutifs de Rocky Balboa puis John Rambo (dans l’ordre les numéros 6 et 4 de leurs séries respectives), ce qui lui a donné des billes pour mener son projet un peu fou à bien.

264 expendables caesar
Et il l’a fait.

Sylvester Stallone, le roi de l’actioner des années 80-90, a réuni plus de muscles et de testostérones que vous ne pouviez l’imaginer. Ouais d’accord, il n’y a pas si longtemps on a vu 300 spartiates plus musclés les uns que les autres se coltiner en jupettes. Mais ici on ne parle pas de chippendales. Sly lui, il vous parle de vieux de la vieille, des mecs burinés, des gueules à faire peur, des barbouzes, des durs de durs.

264 expendables ross gunnar yin
Jugez plutôt.
Les Expendables c’est une équipe de mercenaires ultra-pro, avec quelques années au compteur mais qui assurent encore un max. À leur tête, Barney Ross (Sylvester Stallone). Dans les rangs il y a le géant suédois Gunnar Jensen (Dolph Lundgren), le petit mais fatal Yin Yang (Jet Li), le gros bras Toll Road (Randy Couture), l’amoureux des gros calibres Hale Caesar (Terry Crews) et enfin le bras droit de Ross et virtuose du couteau Lee Christmas (Jason Statham). Et puis il y a Tool (Mickey Rourke) qui ne va plus sur le terrain mais qui endosse pêle-mêle les rôles de conseiller-confesseur-pourvoyeur de matos et de gonzesses-tatoueur de l’équipe. Rien que leurs noms, c’est déjà tout un poème.

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L’équipe de Ross est contactée par un mystérieux monsieur Chapelle (Bruce Willis) pour une mission sur une petite île-nation d’Amérique centrale. D’abord mis en concurrence avec Trench (Arnold Schwarzenegger) c’est Ross qui accepte finalement le boulot. L’île en question est sous le joug du Général Garza (David Zayas), mais Ross et Christmas ne vont pas tarder à comprendre que derrière le dictateur fantoche se cache celui qui tire les ficelles, James Monroe (Eric Roberts), un ancien de la CIA qui est devenu trafiquant de drogue. Monroe est flanqué en permanence de ses deux gardes du corps personnels (Gary Daniels et « Stone Cold » Steve Austin). Sur place, Ross et Christmas vont bénéficier de l’aide de la propre fille du général Garza, Sandra (Giselle Itié) qui mène la fronde contre son père et Monroe.
Bien décidés à venir en aide à Sandra, à libérer l’île de la dictature militaire et à régler son compte au ripoux Monroe, Ross et ses Expendables vont devoir faire du ménage sur l’île…

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Vous l’aurez constaté par vous-même, j’aurais très bien pu faire très court et très simple en disant : il y a du beau monde et ça va castagner. Parce que ça résume aussi parfaitement bien le film. Un scénario qui n’est rien d’autre qu’un mélange de clichés du genre qui s’enchaînent avec pour seul objectif d’être caution à de l’action à gogo, et un casting plein à craquer de gueules d’amour venus apporter leurs noms et leur petits bras musclés parce que c’est tout ce qu’on leur demande.

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Parce que soyons honnêtes, l’histoire est minimaliste et on sent bien que la plupart des rôles sont là parce que Sly voulait absolument placer l’un ou l’autre de ses potes dans le film. L’exemple du personnage de Mickey Rourke est emblématique : il a un look incroyable et une présence qui en dégage, mais son personnage aurait aussi bien pu être coupé du montage final que ça n’aurait rien changé à l’histoire. Mais qu’est-ce qu’il aurait été dommage de se passer de sa gueule cassée dans ce film qui finalement ne se veut rien d’autre qu’une immense palette de personnages hauts en couleurs qui font leur numéro. Oui Rourke vient cachetonner comme quasiment tous ses collègues sur ce film, mais c’est très exactement pour ça qu’on va voir The Expendables !

264 expendables ross tool
En tout cas en ce qui me concerne, dès le départ j’y allais pour ça. Pour voir ensemble tous ces mecs qui ont à un moment ou un autre été des symboles de virilité à l’ancienne, qui pour la plupart ont été des stars de zèderies sans nom, et qui auront titillé mes bas instincts d’adolescent mâle en manque d’images fortes à l’époque où mes héros se nommaient John McLane ou Ivan Drago. D’ailleurs imaginez-vous que Stallone avait encore d’autres noms sur sa liste de stars à intégrer dans son film : Jean-Claude Van Damme, Kurt Russell, Steven Seagle ou encore Wesley Snipes ont aussi été approchés mais n’ont pour l’une ou l’autre raisons pas pu collaborer à l’entreprise… Que le film soit simpliste, bourrin, à l’image des meilleurs films d’action à l’heure de leur apogée à la fin des années 80 (souvenez-vous des épiques Commando avec Schwarzy, Scorpion Rouge avec Lundgren en spetsnatz rebelle, du survolté et suicidaire Martin Riggs dans le premier Arme Fatale ou encore Hans Gruber qui se fait défoncer la gueule par un flic pieds-nus dans Piège de Cristal…) c’est non seulement assumé et revendiqué comme tel par le scénariste-réalisateur-acteur Stallone, mais c’est aussi très exactement ce que j’en attendais moi en tant que spectateur à chromosome Y qui me tapais tous les films de Van Damme au ciné quand j’avais 14 ans.

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Stallone essaie tout de même de dépasser par moments le statut de pur film d’action en saupoudrant ça et là dans son long métrage quelques répliques dignes des meilleures punch-lines du genre, la scène du trio Stallone-Willis-Schwarzenegger n’est d’ailleurs qu’un immense prétexte à voir 3 méga-stars s’envoyer des vannes et des clins d’œil à leurs carrières respectives. Stallone flirte avec l’auto-parodie et s’en sort plutôt bien, puisqu’il évite le ridicule tout en en faisant faire des caisses à ses acteurs.

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Pour ce qui est de l’approche un peu plus psychologique (si, si) des personnages, Sly s’y essaie également, mais on le sent moins à l’aise qu’il a pu l’être dans son dernier Rocky par exemple. En gros dans The Expendables on a droit à Ross qui se remet en question et pour qui sauver la fille du général c’est aussi sauver son âme de mercenaire (oui je sais c’est gros, non je sais c’est pas hyper-crédible, oui je suis d’accord ça m’a fait sourire aussi), et à Christmas qui a des soucis de couple avec sa nénette (Charisma Carpenter qui tient le rôle de la bombasse parce qu’il en faut bien une dans un film de mecs) et qui les règle en démontant la tête du péteux qui essaie de lui souffler sa brune. Voilà pour la caution psychologique du film, et on est bien d’accord Stallone aurait pu s’en passer. N’empêche que c’est peut-être très con mais ça reste bien jouissif de voir Jason Statham se fritter avec quelques basketteurs pour l’honneur de sa belle.

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Bon allez, je plaide coupable : je sais que The Expendables n’est pas ce qu’on pourrait appeler un « bon film », mais franchement, je m’en fiche comme de l’an quarante. Revoir sur grand écran Dolph Lundgren (habitué depuis belle lurette aux séries Z sorties en direct-to-video) savater un blaireau qui lui manque de respect tout en conduisant un 4x4 en pleine course-poursuite, c’est pour moi un petit morceau de bonheur brut. Brut, adjectif à comprendre dans tous ses sens. Et je ne vous parle même pas de sa façon bien à lui de se tataner avec le poids léger de l’équipe Jet Li (dont les talents d’artiste martial ont été un peu sous-exploités à mon goût) : le géant suédois tient le chinois à bout de bras, tentant de l’assommer en le fracassant au plafond !

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Si Lundgren est mon « petit » préféré (on ne peut pas dire qu’il ait une tronche de porte-bonheur mais il reste mon péché-mignon), les autres ne sont pas en reste. Terry Crews et sa sulfateuse de dingue (ah… souvenirs émus de Blain et sa pétoire qui rase une parcelle de forêt amazonienne dans Prédator !!!) ; Stallone et Steve Austin qui se mettent sur la gueule dans un combat homérique ; Éric Roberts en salaud impérial qui a toujours laissé le statut de star hollywoodienne à sa frangine Julia pour se garder tous les rôles de méchants bien pourris (et il a le physique de l’emploi le gaillard) dans des films plus nazes les uns que les autres ; Gary Daniels qui en souvenir de tous ces films d’arts martiaux à petit budget dont il était la star, donne bien du fil à retordre aux Expendables qui doivent s’y prendre à plusieurs pour en venir à bout. Un petit regrets pour David Zayas (que j’avais vu pour la première fois dans la monumentale série carcérale Oz en leader charismatique du clan hispanique, et qui depuis ces dernières années incarne un flic bourrin mais intègre dans la série Dexter), qui est sous-exploité dans son rôle et se contente de faire les gros yeux à sa fille et sa tête de méchant constipé face à Éric Roberts qui pour sa part exulte en salopard ultime.

264 expendables monroe sandra
Ajoutez à cette palette de durs à cuire une palanquée d’explosions en tous genres, des cascades à l’ancienne (entendez par là très peu d’effets spéciaux numériques), quelques bons mots par-ci par-là, une ou deux décapitations, des armes à feu qui laissent des trous béants dans les cibles, et vous obtiendrez The Expendables, un film des années 80 tourné en 2010, juste pour le plaisir coupable de quelques types comme moi qui assument de prendre leur pied devant un truc aussi con, violent, et … incontournable.



Euh… ça s’est senti que ça m’a plu ?

264 expendables aff

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 13:56

 Dans les Limbes de Jack O’Connell est un roman classé parmi les thrillers. Mais il ne faut pas bien longtemps avant que le lecteur comprenne qu’il est bien loin de se limiter à cette étiquette.
Il y a beaucoup de choses qui se bousculent et qui cohabitent dans ce roman : du fantastique, de l’onirisme, de la science, de l’intimiste, de l’aventure, du polar… et surtout une intrigue à double-fond qui vous happe et vous entraîne dans des contrées que vous ne soupçonniez pas… Quelque part entre le monde physique et le monde de l’esprit, entre réalité et rêve il y a les limbes…

 Sweeney est pharmacien. Il accepte un poste dans la renommée clinique privée du docteur Peck à Quinsigamond (la ville imaginaire dans laquelle se déroulent tous les romans de O’Connell). Cette clinique soigne exclusivement les personnes dans le coma et Sweeney parvient à y faire hospitaliser son fils Danny, plongé dans le coma depuis plusieurs mois. Sweeney n’a jamais perdu l’espoir de guérir son petit garçon et les méthodes non conventionnelles du docteur Peck sont leur dernière chance.
Avant son accident Danny était un fan inconditionnel du comics Limbo, une bande dessinée où sont relatées les aventures d’un groupe de monstres de foire à travers les contrées du pays imaginaire de Géhenna, emmené par Chick l’enfant-poulet et Bruno l’hercule de foire. Son père continue encore et toujours de lire ses comics à son petit garçon dans le coma.
Et Sweeney ne va pas tarder également à découvrir le lien inattendu qui unit la clinique dans laquelle il vient d’arriver à un gang de bikers (Buzz et ses « abominations ») qui squattent l’usine désaffectée de prothèses de la ville…

Le récit s’articule autour de deux histoires menées en parallèle : ce qui se passe à la clinique et ce qui se passe dans le comics Limbo. On passe donc de chapitre en chapitre de la réalité où se côtoient des bikers fous, des toubibs très spéciaux et un Sweeney qui est de plus en plus souvent sujet à des rages noires et des pertes de mémoire, au monde imaginaire de Limbo qui m’a furieusement fait penser à un mix entre le Freaks de Tod Browning et la série HBO Carnival (excellente série en 2 saisons qui voit s’affronter les incarnations du bien et du mal au sein d’une foire itinérante des années 30 aux USA). D’ailleurs pour mieux ancrer la partie Limbo dans le monde des comics, la fonte d’écriture change dès qu’on passe dans ce monde là (c’est alors la même fonte que j’utilise dans ce blog !).

O’Connell est un sacré raconteur d’histoires, en un rien de temps il vous fait plonger dans son récit et on a du mal à lâcher le bouquin tant on a envie de savoir ce qui va se passer. Étonnamment c’est la partie consacrée aux phénomènes de foire qui m’a le plus accroché, alors que j’aurais parié l’inverse en début de lecture. En cours de lecture, on ne peut pas s’empêcher de faire des liens entre les deux histoires, entre ce qui se passe dans le monde de Sweeney et dans celui de Limbo. L’auteur tisse sa trame en finesse, il ne surligne pas à outrance les recoupements et concordances entre les personnages du comics et ceux de la réalité mais laisse faire au lecteur ses propres comparaisons et au fur et à mesure sème ça et là des indices qui nous permettront de faire nos propres hypothèses (qui ne se vérifieront pas forcément d’ailleurs). C’est là la force de O’Connell mais peut-être aussi ce qui pourrait être reproché par certains à son livre : il y a une très grande part laissée à l’interprétation de chacun. L’onirisme, l’imaginaire sont des mondes très personnels, chacun en a sa propre approche et l’auteur n’impose pas un décryptage unique à son histoire. Un peu comme un film de David Lynch (allez, mon préféré Mulholland Drive par exemple) où d’un spectateur à l’autre on n’aura pas forcément compris les mêmes choses mais dont on ressort profondément marqué par ce qu’on a vu.

Je l’avoue, la conclusion du livre a été pour moins une petite déception, mêlée d’une touche de frustration de ne pas en savoir plus. Parce qu’on n’a pas de fin mot de l’histoire à proprement parler. On a un dénouement, mais il reste ouvert à l’interprétation que chacun voudra bien en faire. En particuliers la fin de la partie Limbo est à la fois forte et marquante, mais assez déroutante en même temps.
Bizarrement, avec le recul (j’ai lu ce livre en début d’année), je ressens moins cette déception qu’au moment où j’ai terminé le bouquin. Aujourd’hui quand j’y repense c’est avant tout la qualité d’écriture et le pouvoir addictif du roman que j’ai retenus. Une impression très largement positive donc. À mon avis ce Jack O’Connell que je ne connaissais pas du tout est un écrivain à suivre, on le sent évoluer dans un univers bien à part et très personnel, pas conventionnel pour un sou. Dans Dans les Limbes il aura su avec brio mêler l’action au fantastique, tout en ménageant le suspense et en faisant la part belle à la réflexion et à l’immersion du lecteur dans l’histoire.
Lecture chaudement conseillée donc !

263 dans les limbes

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 07:44

Entre deux articles sur ce que je lis, je vous propose un petit commentaire sur un film que j’ai vu dernièrement : Inception de Christopher Nolan. Depuis le temps que je ne me suis plus essayé à l’exercice de la critique ciné je ne promets rien hein, mais pour recommencer je n’ai pas choisi le plus mauvais film de l’année, loin de là ! Et il y en a des choses à dire sur ce Inception, je vais tenter de mettre bon ordre dans mes réflexions…

D’abord un petit résumé.
 Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) est un voleur d’un genre nouveau. Spécialisé dans l’espionnage industriel il est capable avec ses collaborateurs d’entrer dans le subconscient des gens pour en extraire leurs secrets les mieux cachés. Pour ce faire, il s’introduit dans les rêves de ses victimes par un appareillage qui lui permet de connecter plusieurs personnes entre elles et de leur faire vivre des « rêves partagés ».
Cobb est contacté par un homme d’affaire japonais, Saito (Ken Watanabe) pour une mission inédite. Cette fois il ne s’agit pas d’aller voler les secrets d’un concurrent (Fischer Jr, interprété par Cillian Murphy), mais de lui souffler une idée et de l’ancrer suffisamment dans son subconscient pour que la victime croit l’avoir eue elle-même, et qu’elle agisse ainsi de sa propre initiative dans le sens que désire Saito. Cette opération est une inception, et si elle fonctionne c’est tout simplement le crime parfait. Mais pour que cela réussisse il va falloir que Cobb implante cette idée parasite très profondément dans le subconscient de Fischer et se rendre dans les strates les plus enfouies de l’esprit de sa cible, ce qui augmente considérablement la complexité mais aussi la dangerosité de l’opération. D’autant plus que Cobb cache à ses coéquipiers l’existence d’un élément extérieur et qui semble vouloir systématiquement saboter ses incursions dans le monde des rêves…


262 inception mc

Je stoppe là le résumé pour ne pas entrer trop dans les détails, mais sachez que Nolan parvient à nous plonger dans le monde de ses parasiteurs de rêves en nous expliquant clairement comment tout fonctionne sans perdre le spectateur malgré les concepts complexes qu’il aborde, et sans pour autant devenir pompeusement explicatif ce qui pourrait nuire au rythme. C’est d’ailleurs une des grandes forces du réalisateur : il met en scène très naturellement un environnement complexe régi par des règles qui demandent au spectateur d’être attentif et de faire preuve d’un peu de jugeotte tout en n’oubliant pas qu’il est aux commandes d’un blockbuster hollywoodien, qui plus est un film d’action et de suspense. Et soyons clairs : Nolan joue et gagne sur les deux tableaux !

À ce sujet d’ailleurs, ce qui m’avait poussé à aller voir ce film, c’est la présentation que j’en ai entendue sur France Inter où le journaliste rapportait ce que les critiques professionnels américains disaient quasi-unanimement à propos d’ Inception. À savoir que c’est un très bon film, mais qu’ils pronostiquaient qu’il ne fonctionnerait pas auprès du public américain : il faut trop réfléchir ! Forcément, ça m’a donné un a priori positif sur le film. Et puis ça m’a fait marrer accessoirement aussi.

262 inception ldc cm

Dans les faits c’est évident, Inception se démarque du tout venant hollywoodien. Il a un scénario très travaillé et qui ne cède pas systématiquement à la facilité, mais qui se donne les moyens de ses ambitions. Le film aborde des concepts poussés, on suit des personnages qui évoluent dans un rêve imbriqué dans un rêve lui-même imbriqué dans un autre rêve, avec des règles qui veulent par exemple que le temps qui s’écoule dans la réalité se trouve décuplé dans le rêve, re-décuplé dans le rêve secondaire et ainsi de suite plus on s’enfonce dans les « strates de rêves ». C’est ainsi  que quelques heures de sommeil pour le dormeur se transforment en plusieurs jours pour le rêveur, voire en plusieurs mois ou années si on s’enfonce dans les « couches de rêve inférieures ». C’est ainsi également que l’état physique du dormeur influence l’environnement du rêveur : si le dormeur est secoué ou tombe dans son sommeil, le rêveur voit son environnement trembler ou se retrouve en état d’apesanteur !

262 inception combat

D’ailleurs je me permets juste un aparté sur des détails que je n’ai pas bien compris : à un moment dans le film des dormeurs font une chute vertigineuse, ce qui entraîne que dans leur rêve partagé ils se retrouvent en apesanteur. Mais dans ce rêve là ils dorment également et rêvent aussi… or leur chute qui se traduit par un état d’apesanteur dans le premier rêve ne se répercute pas sur le second rêve où ils évoluent parfaitement normalement. Pour tout dire (mais ça n’est pas ça l’important), au moment où ils chutent ils sont déjà dans un rêve, juste pour vous donner une idée de l’imbrication des événements les uns dans les autres… Mais bon j’ai un peu peur de ne pas me faire très bien comprendre par ceux qui n’ont pas vu le film là… Bref, tout ça pour dire que c’est un des points qui m’a posé problème, je chipote peut-être un peu où je n’ai pas bien compris, mais tel que c’était présenté il me semble qu’il y a un petit problème de cohérence.
Idem pour les façons de s’extraire d’un rêve. Je ne vais pas trop entrer dans les détails non plus mais dans la strate la plus profonde, celle des limbes où Saito se retrouve prisonnier une vie entière, le personnage de Ariane (Ellen Page) s’en extrait sur l’ordre de Cobb en se jetant dans le vide… et là j’ai du mal à comprendre pourquoi si c’était si simple, Cobb ne l’a pas fait quand il s’y est retrouvé coincé pendant des années lors de son premier passage là-bas…
Enfin, dernière chose qui me turlupine, c’est le rôle exact de Ariane. Elle est recrutée par Cobb pour devenir son architecte, autrement dit c’est elle qui va penser en détail l’environnement onirique dans lequel les dormeurs en rêve partagé vont évoluer. Mais à moins que je n’ai pas compris, je ne vois pas bien où elle intervient dans les rêves qui doivent aboutir à l’inception chez Fischer ? elle a créé l’environnement du rêve ? si oui, de toutes les strates ou seulement de la première ? les rêveurs ne sont-ils pas sensés évoluer dans le rêve de l’architecte pour évoluer dans l’environnement qu’il aura conçu à l’avance ? bref, je suis un peu perdu sur ce point je l’avoue…

Bien, alors après mon petit aparté, qui n’a de petit que le qualificatif que je lui donne, j’ai peur que tous ceux qui n’ont pas vu le film et qui viennent de lire ceci se disent « oulah ça m’a l’air bien prise de tête ce truc ». Qu’ils se rassurent, si ce qu’ils viennent de lire leur paraît obscur et confus c’est tout simplement parce que je n’ai pas le talent de Nolan pour exposer tout cela plus clairement. Si vous allez voir le film, je vous assure que vous ne serez pas perdu, le réalisateur est un guide de première classe ! (bon évidemment, il vous faudra éviter de piquer un roupillon au passage, ça pourrait effectivement rendre le reste du film opaque, mais sinon ça devrait rouler)

262 inception paris

De manière générale, si Inception réserve de très bonnes scènes d’action (le combat en apesanteur par exemple) et des effets spéciaux à couper le souffle qui s’insèrent parfaitement dans l’histoire (ils ne sont pas là juste pour la frime quoi), le film joue également à un autre niveau de lecture, et propose au spectateur qui le voudra bien (car on peut parfaitement s’en tenir à une vision « premier degré ») une réflexion sur ce qu’est la réalité, sur la dualité entre conscient et subconscient et sur la complexité de l’esprit humain. Pour ma part, pendant une bonne partie du film j’étais persuadé qu’en fin de compte toute l’histoire était en train de se dérouler dans un immense rêve de Cobb, que sa femme (Marion Cotillard) n’était pas réellement morte mais juste revenue dans le monde réel, et que Cobb rêvait qu’il avait rêvé tout cela… J’avais un peu peur à la moitié du film d’avoir compris le dénouement et je m’attendais presque jusqu’à la fin à ce retournement de situation (même si ça aurait trop ressemblé à une happy end pour le coup), qui aurait très bien pu se tenir scénaristiquement parlant. Et à vrai dire, la toute fin du film n’est peut-être pas aussi certaine qu’on le croit, rien ne permet de dire avec certitude (enfin je crois) que Cobb ne continue pas encore et toujours de rêver…

262 inception limbes

Bref vous l’aurez compris, ce film fait marcher les neurones, et amène à se poser des questions. Ce qui est un très bon point selon moi.
Pour autant, je n’arrive pas vraiment à lui accorder le qualificatif de « culte » que j’entends et lis à son propos assez régulièrement. C’est vrai qu’il est original et marquant. Mais il lui aura manqué un petit quelque chose malgré tout pour me marquer encore plus et passer dans mon panthéon de films cultes. Je n’ai pas encore exactement réussi à cerner quoi, mais je pense que les personnages et leurs interprètes y sont en partie pour quelque chose. Manque de bol pour moi, deux des personnages principaux me posent problème : Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard. Quels que soient les films où ils apparaissent, j’ai une certaine retenue à leur égard (c’est complètement idiot je sais bien mais c’est ainsi). DiCaprio, qui pourtant a prouvé depuis longtemps son talent d’acteur et sa capacité à jouer des rôles adultes (dans Les Infiltrés de Scorsese par exemple), me reste de façon indélébile en tête avec une énorme étiquette d’éternel grand ado. Je ne peux m’empêcher dès que je le vois de le revoir dans son rôle de Titanic, et encore plus tôt dans la série Growing Pains (Quoi de neuf docteur ? en VF). Impossible de m’en détacher. Pour Marion Cotillard c’est encore autre chose, c’est plus la personne qui m’insupporte et je n’arrive presque jamais à la voir comme un personnage mais toujours comme Marion Cotillard (à l’exception notable d’ Un long dimanche de Fiançailles de Jeunet, où son personnage avait réussi à prendre le pas sur l’actrice à mes yeux).
Au chapitre des bonnes surprises j’ai cependant beaucoup aimé Cillian Murphy (loin de son personnage diabolique d’Épouvantail dans The Dark Knight du même Nolan) et Tom Hardy dans le rôle de Eames le baroudeur brut de décoffrage. Quant à Ellen Page, là encore j’ai eu du mal à la voir comme une adulte. Même comme étudiante pour moi ça ne le fait pas. Son physique lui donne l’air d’être une gamine de 14 ans, ce qui pour son rôle d’architecte de la bande m’a un peu gêné…

262 inception ep

C’est amusant, je me rends compte en essayant de terminer mon article de deux choses : d’une je suis bien bavard pour ma « reprise » d’article ciné. Ça ne va pas vous donner l’envie que j’en fasse d’autres. De deux Inception est un film que j’ai vraiment beaucoup aimé et que je ne saurais que recommander à tout le monde, et pourtant la majeure partie de mon article est critique vis-à-vis de lui ! Alors je ne voudrais surtout pas donner une mauvaise -et fausse- image du film : Inception est un excellent film, intelligent et divertissant à la fois ce qui n’est pas si courant que cela, très bien écrit et génialement réalisé (Christopher Nolan est devenu l’une des valeurs sûres du cinéma américain actuel). Il faut absolument le voir, comme ça vous pourrez comme moi en reparler longuement et vous poser plein de questions à son sujet. Car finalement n’est-ce pas cela l’intérêt principal d’un film : vous marquer suffisamment pour y repenser une fois la porte du cinéma refermée… ?

262 inception aff

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 23:19

Il m’arrive de vouloir tester des genres qui ne me sont pas familiers, voire qui ne m’attirent pas du tout. Comme ça, juste pour voir. On n’est pas à l’abri d’une bonne surprise dit-on…

Donc quand j’ai vu ce tout petit livre de poche, intitulé C’est fou, une fille… et signé Marie Billetdoux je me suis dit, « tiens, pourquoi pas essayer un livre de filles ? ». Parce que pour moi ça ne faisait aucun doute, j’avais à faire à un ouvrage ciblé pour femmes. Alors je l’ai pris en main, parcouru la quatrième de couverture et mon intuition s’est vue confirmée par ce que j’y ai lu.

L’auteur avait déjà remporté plusieurs prix littéraires sous le pseudonyme de Raphaelle Billetdoux avec Mes nuits sont plus belles que vos jours et Prends garde à la douceur des choses, deux bouquins dont j’avais déjà entendu parler. Une chose est indéniable, elle est sacrément douée pour les titres ! Test ultime : je feuillette le livre et m’arrête au hasard sur une page où le narrateur parle des femmes qu’il a connues et fait des liens entre leurs prénoms et ce qu’il a vécu avec elles. Et là je suis cueilli. Je retrouve mot pour mot des réflexions que je me suis moi-même faites, des jeux de mots dont je pensais être l’unique propriétaire. Légèrement déçu (vexé ?) de ne pas détenir l’exclusivité de ces quelques phrases que je viens de lire de la plume de quelqu’un d’autre, je me dis que je dois en savoir plus. C’est décidé, je vais lire mon premier livre de filles !

Un homme et une femme qui ne se connaissaient pas se rencontrent. Et quasiment dans la foulée ils se retrouvent nus, à faire l’amour avec passion. C’est la première fois et c’est pour toujours, comme une évidence. Marie Billetdoux nous fait entrer dans les pensées de l’homme et de la femme, et c’est assez bluffant parce que là encore, j’ai eu par moments l’impression que l’écrivain étaient venue chercher des mots, des sentiments, des sensations indescriptibles directement dans ma tête. À la limite du plagiat sensoriel.

C’est de relation charnelle dont il s’agit ici, mais il n’y a rien de pornographique. L’auteur ne parle pas de sexe, n’entre pas dans des descriptions physiques et mécaniques des corps. Elle parle de la connexion entre l’acte et la pensée. J’ai sincèrement été impressionné par cette capacité à entrer dans la tête des deux amants, à décortiquer leurs pensées profondes et à décrypter des sensations sur lesquelles on a si souvent du mal à mettre des mots.

Marie Billetdoux ne parle pas que de sexe, et pas vraiment d’amour non plus, elle touche le point de jonction entre les deux, cette chose dévastatrice, aussi puissante que fragile : la passion entre deux êtres. La passion nue, sèche, sans fard. Et ça, elle le fait très bien.

Mais.

Oui, j’en suis moi-même désolé, il y a un mais. Un gros. Voire plusieurs même.

Après la passion, après l’union des corps et des esprits sans entraves autres que celles du désir et de la plénitude, vient la « vraie » découverte de l’autre. De sa personnalité, de son esprit, de son comportement social. Et là tout fout le camp. J’ai eu l’impression d’assister au lynchage pur et simple de l’Homme. L’Homme avec un H, parce que je parle de l’Homme au sens générique, pas spécifiquement du type de l’histoire. De la rencontre et la passion d’un homme et d’une femme on glisse à l’histoire des Hommes et des Femmes. Là où les deux protagonistes étaient égaux dans la passion, on les retrouve l’une dans le rôle de la femme blessée, pure et innocente, et l’autre dans celui du persécuteur, de l’infâme, du manipulateur, du salaud. Ça m’a profondément dérangé, parce qu’après une ôde à la passion, j’ai eu l’impression de tomber sur un plaidoyer sexiste. Alors que dans la passion, l’auteur nous livrait le meilleur des deux êtres, après la passion il est clair que seule la femme est capable du meilleur, le pire reste l’apanage de l’homme. Ça c’est pour le premier gros mais.

Le second mais, c’est dans l’écriture et le style même qu’il réside. Si Marie Billetdoux a su faire passer des sentiments et des pensées intimes avec une fluidité et une crédibilité confondantes, il n’en va pas de même du reste. Les descriptions, les digressions, les envolées poétiques… par moment l’auteur part dans des phrases dont on a du mal à raccrocher les morceaux. Des phrases immensément longues, une ponctuation chargée, et surtout un ordre anarchique des mots qui sont placés de façon certes élégante, mais qui leur ôte toute leur force, parfois même qui leur nuit en floutant leur sens, en les rendant nébuleux, vaporeux, indistincts. Quand une seule phrase forme un paragraphe et se répand sur quasiment toute une page, fusse-t-elle d’un livre de poche, l’effet le plus probable c’est au mieux d’ennuyer, au pire de perdre le lecteur dans les méandres d’une langue trop métaphorique. Enfin quand je dis « le lecteur », je parle de moi hein. Je ne veux pas affirmer ici que ça aura le même effet sur tout le monde.

Toujours est-il que j’ai trouvé ça d’une lourdeur assez paradoxale en comparaison à l’évidence de certains passages très réussis. On passe de la simplicité de sentiments qu’on se prend en pleine poire à des tournures alambiquées qui vous filent mal à la tête rien que pour arriver à comprendre quel adjectif s’accorde avec quel mot, quel verbe s’associe à quel nom…

Et j’avoue que ça a complètement parasité ma lecture.

Bref, pour conclure donc, je dirais que certains passages (surtout au début du bouquin) m’ont laissé vraiment admiratif, mais que l’ensemble ne m’a pas plu.

J’ai cherché un peu sur internet et la plupart des critiques, des professionnels comme du public, sont très positives voire dithyrambiques. Je me rassure donc comme je peux en me disant que l’explication tient dans le fait que je ne suis pas dans le public-cible de Marie Billetdoux. Ou alors c’est juste beaucoup trop sophistiqué pour moi.


261 c est fou une fille

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 15:43

 

Il est tôt, le soleil se lève sur le cours Mirabeau.

Quelques oiseaux chantent, ils sont encore les maîtres du son avant que les voitures ne se mettent à défiler.

Dans sa tasse le café fume, à côté du croissant qui attend son heure…

Les gens passent. Des hommes, des femmes. Des femmes, des hommes…

Les pages défilent, le roman avance vite. Quelques pauses dans la lecture, pour regarder autour de soi, observer, s’abreuver du monde.

Au loin une démarche, une silhouette qui réveille un souvenir heureux. Celui d’un parfum doux et apaisant, satiné, légèrement fruité, et qui s’évanouit dans l’air comme les traces éthérées d’un beau rêve. Celui qui nous échappe malgré tous nos efforts, comme l’eau qui se dérobe lentement entre les doigts serrés, dynamisante et tellement…

Un souvenir qui en appelle d’autres, lointains ou récents, flous ou diaboliquement précis, mais qui tous font frémir les lèvres et donnent naissance à un sourire.

Un grand-père qui apprend à son petit-fils à jouer aux échecs.

Une mère qui se lève à l’aube pour préparer un repas aux saveurs délicieuses.

Les avant-bras larges d’un père qui, silencieux, passe ses mains sur son visage.

Un petit garçon qui apprend avec application à sa grand-mère ce qu’est un tatou.

Une émotion si forte que deux corps et deux esprits s’électrisent l’un l’autre.

Une femme qui pleure de bonheur, et dont le sourire mêlé de larmes inonde de lumière son visage.

Une passion si forte qu’elle rend invincible.

Un chien qui tremble sous l’émotion intense de revoir son maître.

Un cri déchirant de douleur qui précède le premier souffle d’un nouveau-né.

Un bébé qui s’endort dans les bras de son père.

Un livre qui se referme en laissant l’esprit de son lecteur marqué à vie.

Une chanson dont les paroles retranscrivent et transcendent les pensées et les sentiments.

Un enfant qui sourit et qui irradie d’un bonheur pur et magnifique.
...

Le ciel est bleu, l’air doux, la brise agréable.

L’esprit vagabonde de réalité en pensées furtives. Les yeux papillonnent, la mémoire vacille entre précision et trous béants, brinqueballée à la manière d’une feuille morte prise dans un vent tourbillonnant.

Le temps passe, le soleil poursuit sa courbe en pointillés entre les nuages hauts éparpillés et d’une blancheur éblouissante. Le calme est roi, son intensité fait loi. Le bruit et le mouvement ont beau faire de leur mieux pour lui résister, c’est par pur principe car ils finiront par se soumettre, comme ils se soumettent toujours. La respiration est lente, les gestes sereins, les sens au repos.

La sensation de bien-être se profile … elle approche, caressante, séduisante, apaisante … elle est si proche qu’à peine un souffle la sépare du réel … mais comme l’hirondelle qui virevolte et ne se pose jamais elle reste insaisissable … les larmes séchées par le temps lui interdisent d’approcher plus … le souvenir d’un sourire inaccessible se dresse. Le mur invisible reste à jamais infranchissable.

C’est un beau jour.

Presque. Parfait.

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 16:32

 

Dans Mon chien Stupide, John Fante, auteur américain d’origine italienne (1909-1983), nous invite à suivre Henry Bandini, un quinquagénaire vivant sur la côte ouest des Etats-Unis avec sa femme et leurs quatre enfants. Bandini est un avatar littéraire de Fante, ce qui permet à l’auteur de larges passages à inspiration autobiographique, notamment quand il fait de son personnage principal un écrivain qui pour survivre de sa plume se commet dans des commandes de scénarios plus indigents les uns que les autres pour la sacro-sainte Hollywood. Bandini désespère de devoir sans cesse choisir entre l’opulence des studios de cinéma qui le paient bien pour un travail de piètre qualité, sans envergure et sans ambition, et le vrai métier d’écrivain, qui flatterait son ego et sa dignité mais le plongerait aussi dans des ennuis financiers que son train de vie ne lui permet pas d’assumer. Vivre confortablement en se dévalorisant, ou devenir pauvre et artiste maudit…
Bandini, 50 ans passés, a depuis longtemps choisi. Il ne veut pas être pauvre, et il a une famille aux besoins de laquelle il doit subvenir. Mais parfois sa conscience le rattrape, et face à des enfants qu’il considère comme bien ingrats au vu de tout ce qu’il a sacrifié pour eux, Henry Bandini s’est forgé un caractère de bougon, de grande gueule, de père façon vieille école. Détaché de tout, seul contre tous, Bandini a cependant un faible pour les chiens. Attention, pas n’importe lesquels : ceux qui ont du caractère, ceux qui ont de la classe, ceux qui en imposent. Au point de faire passer son chien avant tout le reste, à vivre par procuration à travers lui. D’ailleurs depuis la mort de son dernier animal, il a promis à sa femme de ne plus prendre de chien…

Mais un beau jour, c’est un chien immense, dont on a du mal à déterminer précisément la race, qui vient d’on ne sait où, s’invite sur la pelouse familiale et élit domicile chez les Bandini. Aussi imposant que placide, le chien en question séduit Henry et c’est son plus jeune fils qui le baptise Stupide, en rapport à son caractère quelque peu particulier et imprévisible…

L’arrivée de Stupide dans la famille ne sera pas sans créer quelques remous et mettre du sel dans une existence que le héros avait de plus en plus de mal à supporter.

Voilà un petit bouquin sympathique, vite lu (150 pages environ en format poche), écrit sur un ton sarcastique et totalement empreint d’une ambiance « USA des années 70 » (pur ressenti : je n’ai aucune idée de quand Fante a écrit cette histoire). À travers son personnage d’écrivain raté, John Fante aborde les sujets de la famille et du couple après des années de mariage, du métier d’écrivain, du quotidien qui achève nos ambitions, de l’incompréhension entre les générations, du statut de parents vieillissants qui voient leurs enfants quitter le foyer. Et il nous offre également une vision de l’Amérique à l’ancienne, avec ses relents de racisme, ses communautés, ses valeurs, ses épreuves de force… Le tout est servi avec un humour grinçant et soutenu par un chien qui porte parfaitement son nom. Par bien des aspects il fait ce que son maître rêve de faire depuis toujours : ce que bon lui semble en se fichant des reproches comme de l’an quarante.

Sans en retirer une quelconque morale, sans imposer une vision de ce qui est normal ou non, cette courte histoire ressemble plutôt à une sorte d’immense constat, le constat de la vie d’un homme qui n’est ni particulièrement sympa ni particulièrement mauvais non plus. Pathétique parfois. Touchant par moment. Souvent drôle.

C’est très loin d’être une lecture indispensable, mais Mon chien Stupide m’aura fait passer un bon moment malgré tout.

 

259 mon chien stupide

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 15:50

Si ça c’est pas malin comme titre de bouquin !!
C’est justement pour ça que je l’ai lu. Non pas parce que je ne me considère pas comme stupide (au contraire même, à bien des égards je me sens parfaitement capable de l’être), mais parce que j’ai trouvé cette idée de titre excellente de malice. Forcément moi ça pique ma curiosité, et je me dis que là derrière peut se cacher tout et n’importe quoi, mais que ce sera forcément quelque chose d’intelligent.

Dans Ne lisez pas ce livre si vous êtes stupide, l’auteur anglais d’origine hongroise Tibor Fischer a réuni sept nouvelles de tailles variables (d’une dizaine à une centaine de pages).
Avec On a mangé le chef, on suit un patron d’entreprise informatique au bord de la faillite, qui, au bout du rouleau, décide de partir sur la Côte d’Azur voir s’il lui est encore possible de prendre du bon temps (entendez par là se baigner et dormir). Dans Portrait de l’artiste en tueur enragé, un artiste se façonne une vie de tueur en série, convaincu que c’est la seule façon de faire reconnaître son talent au grand jour. Dans La liasse de l’espoir c’est un type ordinaire qui se met en tête de devenir le « Kid de Manchester » et troque son boulot au bureau d’urbanisme de sa ville contre des santiags et deux colts. Et après … on vous traite de poivrot est peut-être la plus difficile à résumer et certainement ma préférée. On y croise Guy, un gars au regard sarcastique mais lucide sur ce qui l’entoure, et on le suit lors de ses tribulations dans la ville de Brixton, repère ultime de tarés ordinaires. L’enfer c’est froid retrace la découverte d’un charnier par un reporter à Timisoara pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Dans Le rat de bibliothèque on rencontre un personnage assez original, qui s’est mis en tête de lire tous les livres qui existent et ont existé, et qui pour ce faire vit dans les bibliothèques et lit les ouvrages deux par deux, un dans la main droite l’autre dans la main gauche… Enfin dans J’aime me faire assassiner le personnage principal est une comédienne nymphomane et obsédée par les pinces à épiler…

Mon sentiment sur ce recueil de nouvelles est très contrasté. J’ai adoré le style. C’est blindé d’humour très noir, très cynique, très froid mais très bien vu. Tibor Fischer a un véritable talent pour décrire un personnage, retranscrire un caractère, sonder une psyché, tracer un portrait saisissant de réalisme. Je dirais même que ses nouvelles sont autant d’études comportementales. Tous ses personnages sont désabusés, sur la corde raide, tangents. Une espèce de désespoir insondable se dégage d’eux, on sent qu’ils vont droit dans le mur et qu’ils ne feront rien pour s’écarter de leur trajectoire suicidaire. En cela, les personnages sont profondément humains, bien que souvent extrêmes.
Mais la contrepartie à tout ça c’est  qu’il ne se passe pas grand-chose dans ces histoires. Pas d’intrigue, pas d’enjeu, l’auteur enchaîne des situations, des réflexions, des dialogues, mais ça ne mène nulle part. C’est bourré de bonnes idées et très bien écrit, l’humour tape juste… mais ça s’arrête là et c’est très dommage, car j’en suis sorti avec un sentiment d’inabouti. Et du coup sur moi la conséquence est radicale : je n’en retiens presque rien. Pour écrire cet article il a fallu que je reprenne le bouquin et que je survole toutes les nouvelles une à une pour me souvenir de quoi elles parlent. Ça ne fait pourtant que quelques mois que je l’ai lu ce livre…

Bref, j’ai du mal à en conseiller la lecture, bien que je sois conscient qu’il ne s’agit pas d’un mauvais livre du tout. C’est un très bel exercice de style, mais plutôt décevant sur le fond. Ou alors tout simplement, si je m’en réfère au titre, n’aurais-je pas dû lire ce livre finalement…

258 ne lisez pas ce livre si

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 13:24

(Avant toute chose je vous préviens, j’ai collé des parenthèses un peu partout dans cet article.)
(La preuve.)
(Et ça n’a rien à voir avec le livre.)
(Enfin je crois.)
(Ou alors c’est freudien.)
(Bref.)

Mon choix de livres se fait selon différents critères. Je cible des auteurs que j’ai déjà lus et appréciés. Mais aussi, souvent je flâne dans les rayons d’une librairie et je laisse vagabonder mes yeux jusqu’à ce qu’un titre et/ou une couverture m’interpellent (je sais, c’est particulier comme technique, ça fait pas sérieux hein ?), puis je feuillette, et la quatrième de couv’ finit de me convaincre (ou pas) . Évidemment il y a aussi les livres qu’on m’offre, qu’on me prête ou qu’on me conseille. Et puis parfois j’entends parler d’un bouquin et ce que j’en entends éveille ma curiosité, à la radio, dans un magazine, ou même à la télé. C’est donc dans une émission littéraire d’une chaîne publique que j’ai entendu parler de Spécimens à disposition des jeunes filles faciles qui avait l’air de cumuler à lui seul plusieurs bons points : un titre original et engageant (à mon sens), des commentaires assez élogieux à son propos (dans la dite émission télé), et son auteur Virginie de Clausade qui était invitée sur le plateau avait fait preuve d’une belle répartie et d’un esprit assez grinçant et vif au cours du débat sur je ne sais plus quel sujet du moment. En plus de ça elle est jolie comme un cœur ce qui remplit mon critère « couverture qui m’interpelle » précité. Hum. Ça, c’est fait.

Avant cette émission je ne connaissais pas Virginie de Clausade. J’ai appris bien après avoir lu son livre (je le précise pour qu’on ne me reproche pas de l’avoir lu avec des idées préconçues) qu’elle co-animait avec Arthur pendant un temps l’émission Les Enfants de la Télé. Le zouave en question me filant des boutons dès lors qu’un son s’échappe de sa bouche (c’est-à-dire en permanence quand il présente un truc à la télé ou à la radio), et ayant trouvé, je ne sais pas exactement quoi choisir comme terme entre grotesque et affligeante - mettons les deux – sa reconversion en humoriste de one-man-show, le statut de sa potiche de service aurait dû éveiller mes soupçons. Maligne comme un singe bonobo, la belle blonde tatouée s’est bien gardée de coller un stick-promo « conseillé par Arthur » sur son livre, et je me suis donc fait avoir comme un bleu. On ne peut pas gagner à chaque fois.

J’aurais pourtant tellement aimé que la jolie Virginie batte en brèche mes a priori à la con et me démontre avec brio que juger sur étiquette, même a posteriori, devrait me faire honte.
Manque de bol, elle a échoué dans cette mission.

Vous l’aurez deviné, je n’ai pas vraiment été convaincu par la chose.
Alors de quoi s’agit-il ? L’éditeur présente le livre comme étant une typologie romanesque des garçons qu’une jeune fille croise dans sa vie avant de trouver le Bon. Il se découpe donc en quinze chapitres, consacré chacun à un stéréotype de ces garçons : le Populaire, le Refoulé, l’Amicamant, le Trop Parfait, le Fruit Défendu, le Pygmalion, le Spécimen Rare, l’Inquittable, le Sparadrap, la Plante Verte, l’Animal à Abattre, le Décevant, l’Artiste Politisé, etc…
Pour chacun d’entre eux, Virginie de Clausade raconte comment on le rencontre, comment on le séduit, comment la relation évolue, et comment elle finit. Une des phrases d’accroche du livre est « Si les détails varient, les catégories persistent ». Je ne voudrais pas me montrer gratuitement méchant, mais non seulement je trouve la formule bien creuse quand on s’y attarde un peu, mais surtout les « détails » dont il est question… ben j’aurais bien aimé moi, qu’ils varient vraiment ! Parce que l’impression qui prédominait ma lecture, et ceci à partir du quatre ou cinquième chapitre, c’était l’impression de relire un peu toujours la même chose à intervalles réguliers. Même les vannes et l’étalage d’humour et d’esprit caustique sont malheureusement soumis aux répétitions un peu trop voyantes (et quelque chose me dit que l’auteur ne cherchait pourtant pas à jouer dans le registre de l’humour de répétition…). Ça n’a peut-être pas été écrit pour être lu d’une traite, je ne sais pas, en tout cas c’est déjà plutôt light comme lecture, alors si en plus ça se répète…
Je ne dis pas que je n’ai pas souri à un moment ou un autre, mais dans l’ensemble je me suis… ennuyé. Ce qui, vous en conviendrez, sied mal à un petit bouquin qui se veut percutant et impertinent (il était vendu comme tel en tout cas).

Sinon, en quelques mots je peux vous résumer les catégories dont parle la jolie décolorée à la moue boudeuse (euh… la nana qui a écrit ce livre). Les femmes sont soit des filles intéressantes (entendez par là : sexualité libérée –les filles faciles du titre-, chasseuse d’homme, caractère « moi je » bien trempé, top look branché et sexy), soit chiantes (toutes les autres, surtout celles qui ont un mec, croient en l’amour, ont des amis et du coup sont ennuyeuses à mourir). Mesdemoiselles, choisissez votre camp.
Pour les mecs c’est encore plus simple : ce sont tous des connards. Lâches, bêtes, puérils, salauds, égocentriques. Pas un pour rattraper l’autre.

Voilà, j’ai résumé le livre. Alors on va peut-être me rétorquer que je n’ai pas compris, que c’est à prendre au second degré (merci je m’en doutais un peu, mais même là je trouve ça fade et creux), que c’est de l’humour grinçant (à l’extrême j’accepte si on ajoute le mot « tentative » avant), ou même que je n’aime pas parce que je l’aurais pris à mon compte (ben oui je suis un mec, donc forcément bête et égocentrique, suivez un peu au fond là !).
Mais la vérité est ailleurs (© & ™ Fox M.). La vérité c’est que ce livre est un beau produit, bien emballé et très bien vendu, ce qui ne l’empêche pas d’être plat et très convenu.

Enfin ce que j’en dis moi… ça reste l’avis d’un mâle bêta.

257 specimen disposition jeunes filles faciles

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