Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
  • Contact

Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

Recherche

Série(s) en cours

12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 07:29

En août 2018, j’ai eu la chance et le plaisir de passer une semaine en Corse*. Le peu que j’en ai vu m’a conforté dans l’idée que cette île est magnifique. Des paysages superbes, une nature incroyable. Et l’humour corse, inimitable. J’en ai ramené quelques souvenirs en photo que je ne peux pas ne pas partager…

*merci mille fois Laurent !!!

 

Partager cet article
Repost0
9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 07:31

Le nom de Douglas Coupland me disait vaguement quelque chose sans pour autant n’avoir jamais rien lu de lui. C’est ce qui m’a fait prendre le livre en mains en l’apercevant sur l’étalage des nouveautés (euh, ça remonte à 2011 tout de même !). Son titre également, Joueur_1, qui fait très ouvertement référence aux noms par défaut de jeux vidéos en ligne, m’a accroché l’œil. Non pas que je sois un gamer inconditionnel (j’ai joué en mon temps, mais de façon très raisonnable si je devais me comparer aux geeks les plus hardcore), mais j’ai quand même quelques notions et de vagues souvenirs de temps lointains où je participais à des combats acharnés en réseau*.

Et puis le résumé de l’intrigue a fini de faire pencher la balance, et m’a décidé à l’ajouter à ma PàL du moment.

 

L’histoire se déroule en temps réel** et nous propose de suivre l’évolution de quatre personnages pendant cinq heures, reclus dans un bar de l’aéroport de Toronto, réunis par le hasard des attentes entre correspondances. Quand survient un événement qui va déclencher l’apocalypse, la fin du monde tel qu’on l’a connu… le prix du baril de pétrole s’envole sur les places boursières et atteint les 900$ en un temps record, ce qui a pour conséquences immédiates des révoltes, attaques, cambriolages et débordements en tous genres. Des explosions retentissent à l’extérieur, un nuage chimique toxique s’est échappé d’une usine proche ce qui n’incite pas à sortir de l’aéroport, d’autant qu’un sniper fou fait un carton sur le toit… Dans le bar, les héros d’infortune sont coincés ensemble et font connaissance. Il y a Rick, le barman qui veut changer de vie et mise tout sur la méthode infaillible du bonheur prônée par un gourou pseudo-messie moderne. Il y a Karen, quarantenaire fraîchement divorcée qui a rendez-vous avec un homme rencontré sur le net. Il y a Luke, un pasteur qui sur un coup de tête s’est enfui avec les quelques milliers de dollars de la caisse de sa paroisse. Et il y a Rachel, une blonde sublime mais qui souffre d’un handicap mental : elle ne peut physiologiquement pas reconnaître les visages, ne comprend pas ce qu’est « l’humour » et ne peut donc pas entretenir de relation normale avec un homme. Pour prouver qu’elle peut être normale, elle est à la recherche d’un géniteur qui voudra bien faire d’elle une mère…

 

En fait j’ai été assez dérouté par ce roman, qui n’était pas du tout tel que je me l’imaginais. Déjà comme apocalypse, je n’avais jamais envisagé le prix du baril de pétrole comme élément déclencheur. Mais ça se défend comme idée, quoique cela ne soit pas des plus spectaculaires cela dit. Ensuite, la fin du monde c’est un peu vite dit, d’autant que les personnages resteront en huis-clos, pour ainsi dire assez tranquilles à l’abri dans un bar, pas le truc le plus badass du monde niveau ambiance. Ce bouquin n’est en rien un survival, si c’est ce que vous cherchez vous risquez d’être déçus. Les personnages sont quand même bien barrés, et en dehors de Karen ils sont tous assez uniques en leur genre, on ne risque pas d’en croiser souvent des comme ça à mon avis. D’où peut-être un léger problème si on cherche à s’identifier à l’un ou l’autre. Et puis là où j’ai été surpris, c’est dans la teneur même du récit : c’est la fin du monde à l’extérieur, mais les personnages sont assez passifs, ils passent leur temps à discuter, à philosopher, à parler de la vie, plutôt posément d’ailleurs, on ne panique pas trop finalement. Bref, si ce qu’ils racontent n’est pas inintéressant - et d’ailleurs j’ai cru comprendre (ce que j’ai donc pu vérifier) que l’auteur Douglas Coupland est plutôt doué pour les dialogues – c’est le contexte dans lequel ces discussions ont lieux qui leur donne un ton très étonnant. Comme quand on sent que quelque chose cloche mais qu’on n’arrive pas à mettre le doigt exactement sur ce qui ne va pas. J’ai eu cette impression à la lecture : celle de lire un exercice intéressant et formellement plutôt réussi, mais qui repose un peu sur des sables mouvants, qui se perd dans les brumes qui l’entourent… L’écriture est fluide, le style se lit bien, on accroche à ce qui se dit, et pourtant je ne sais pas dire avec certitude si le bouquin est réussi ou raté. Un indice tout de même : je l’ai lu il y a maintenant quelques temps déjà (peut-être 4 ou 5 ans ?) et si je me souviens du début et de certaines scènes, je n’ai plus aucun souvenir de comment ça se termine ! C’est peut-être qu’il ne m’a pas tant marqué que cela, c’est peut-être le signe aussi que loin d’être désagréable il n’est pas d’une lecture indispensable.

En tout cas si quelqu’un l’a lu, j’aimerais beaucoup avoir votre avis*** également à son sujet !

* sur Duke Nukem, et plus tard sur Call of Duty 4, c’est dire si ça ne date pas d’hier…

** c’est ainsi qu’on nous vend le bouquin en quatrième de couv. Temps réel de quoi exactement je ne sais pas, peut-être de lecture ? N’ayant pas lu armé de mon chronomètre je ne saurai en dire plus…

*** comme je vous invite d’ailleurs à vous exprimer sur tous les articles de ce blog, ne vous limitez surtout pas !

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 08:10

Quand j’étais môme j’adorais les mardis. Parce que le soir j’avais le droit de regarder FR3 (non, pas France 3 !), il y avait La Dernière Séance, avec un Eddy Mitchell souvent accompagné d’une jolie ouvreuse de cinéma en uniforme qui nous présentait le film du soir, et neuf fois sur dix il s’agissait d’un Western. J’arrivais même à tirer mon autorisation de veillée jusqu’au dessin animé qui faisait office d’intermède avant le second film du soir. Le mercredi il n’y avait pas école, j’avais des parents cools, et puis les programmes du soir démarraient vraiment à 20h30, pas à 21h15. Ceci explique cela. Du coup j’ai été biberonné chaque mardi soir aux Westerns à la papa, avec des cowboys et des indiens, des duels au revolver, et un John Wayne au stetson impeccable en toute circonstance (sauf bien entendu lorsqu’il arbora la toque en peau de raton laveur de Davy Crockett dans Alamo !!). Et j’adorais ça.

 

Puis le genre est tombé en désuétude. J’ai grandi. La Dernière Séance s’est arrêtée. La télévision est devenue de moins en moins vectrice de culture et de plus en plus dédiée au mercantilisme et à la vente de temps de cerveau humain disponible, chère à TF1 et tant d’autres dans son sillage.

La longue chevauchée commence...

Aujourd’hui quand un Western sort au cinéma, on sait d’avance qu’il aura au mieux un succès d’estime, mais que le public ne se ruera pas en salle, quand bien même le film serait d’une qualité exceptionnelle. C’est comme ça. Les derniers à avoir fait mentir cette règle furent deux géants : Kevin Costner et son Danse avec les Loups majestueux* et Clint Eastwood qui signa en son temps ce qui est souvent considéré comme le crépuscule du Western avec Impitoyable. Mais bon, ça remonte mine de rien à 1990 pour le premier (et ça vous fichera certainement un coup au moral si, comme moi, vous êtes de ceux qui l’ont vu à sa sortie en salle…), et à 1992 pour le second !

C’est malheureusement ce qui est arrivé à ce Hostiles qui n’aura eu ni grande presse, ni grand succès lors de sa sortie l’an dernier. Et pourtant, c’est un vrai, grand film.

 

Mis en scène par Scott Cooper (dont j’avais déjà apprécié Les Brasiers de la colère en 2014), le film démarre en 1892, quelque part dans le Nouveau-Mexique. Le capitaine Joseph Blocker (interprété par un Christian Bale -comme souvent- habité) est chargé d’escorter le prisonnier cheyenne Yellow Hawk (Wes Study, charismatique au possible), un vieux chef de guerre mourant jusqu’à ses terres natales dans le Montana. Blocker et Yellow Hawk ont longtemps été des ennemis jurés, mais le président Harrison, dans un souci d’apaisement avec le peuple indien, a décidé que le chef indien avait passé suffisamment de temps dans les geôles américaines et pourrait mourir sur ses terres, conformément aux traditions cheyennes. C’est à contre-cœur que Blocker se voit contraint de monter cette dernière mission avant de pouvoir lui-même prendre sa retraite de l’armée. Au cours de son périple, l’expédition va recueillir Rosalee Quaid (Rosamund Pike, elle aussi exceptionnelle dans un rôle difficile), une pionnière dont la famille entière a été décimée par un groupe de guerriers comanches. Le trajet jusqu’aux prairies du Montana va s’avérer long et périlleux...

Yellow Hawk et le capitaine Blocker, des ennemis de longue date.

Quand je dis de Hostiles que c’est un vrai grand film, je n’exagère pas un seul instant. Les images sont sublimes (vu les décors naturels traversés rien d’étonnant), l’histoire est simple mais très forte, le ton est à la sobriété et à l’authenticité (en ce point les Westerns modernes ont éliminé certains travers de leurs prédécesseurs des années 1950-1960 : on y est bien moins bavard et cliché qu’alors), les scènes d’action se veulent directes et rudes mais ne cherchent pas forcément à faire du grand spectacle et des démonstrations de force.

 

Mais surtout ce qui fait l’atout majeur de ce film, c’est l’interprétation des comédiens. Avec pour rôles principaux Christian Bale et Rosamund Pike, déjà, on tape dans le casting de luxe. Pas forcément les plus bankables au box-office, mais le tout haut du panier si on parle de talent pur. Ces deux acteurs sont à mes yeux depuis plusieurs années déjà parmi les meilleurs de leur génération, et ils le prouvent encore et toujours, film après film. Dans Hostiles ils éclaboussent de leur classe un film qui déborde pourtant déjà de qualités.

Douce et belle, Rosalee Quaid est aussi une femme qui sait se défendre.

Attention toutefois, je préfère vous prévenir : le film de Scott Cooper est aux antipodes de ce qui se fait actuellement dans l’entertainement cinématographique mainstream. Pas de sur-découpage, pas de montage échevelé des scènes d’action, pas de raccourcis narratifs. Les images sont léchées oui, pas tape-à-l’œil. Nuance. Il y a des scènes puissantes oui (à ce titre la scène d’ouverture vous prend d’entrée aux tripes), mais simples et directes, il n’y a ni esthétisation ni édulcoration de la violence. Le film met en scène un long voyage à travers les contrées américaines, il se permet des plans longs de paysage, des silences, des lenteurs, et c’est bien ! Les personnages endurent mille souffrances, les conditions sont difficiles, ils survivent plus qu’ils ne voyagent, aussi leurs paroles sont mesurées, ils parlent peu mais vrai, les dialogues sont parfois à voix basse, ponctués de murmures et de sous-entendus, les regards parlent souvent d’eux-mêmes, et suffisent au spectateur pour comprendre ce qui les motive et les anime. On est plus souvent dans l’exposition que dans l’explication. Et ça marche bien !

Christian Bale, comme toujours très impliqué dans son rôle.

Ce film est un joyau rare, du début à la fin.

 

Alors si vous êtes amateur de Western, n’hésitez pas une seconde, jetez-vous sur Hostiles, c’est un très grand Western.

Et si vous êtes juste amateur de cinéma, n’hésitez pas l’ombre d’un instant, jetez-vous sur Hostiles, c’est un très grand film.

* Je vous parle là de cinéma… mais il y a plus récent tout de même, à la télévision, chez HBO plus précisément, avec l’exceptionnelle série Deadwood dont j’ai parlé ici il y a looooongtemps. Et qui va enfin connaître un fin digne de ce nom (I hope so), avec un téléfilm annoncé en mai 2019, soit 13 ans après son annulation qui m’avait laissé un goût amer de frustration à l’époque !

 

Partager cet article
Repost0
2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 08:32

La Belgique, ce beau pays.

Bien que je n’y sois presque jamais allé, j’ai une grande sympathie pour ses habitants. Un élan du cœur irrépressible qui me vient naturellement quand je pense à nos voisins francophones.

Quand je pense Belgique, je pense chansons (avec le grand Jacques Brel, classique parmi les classiques, ou avec Suarez chez les petits jeunes), je pense cinéma (depuis C’est arrivé près de chez vous jusqu’à Hasta la Vista, ce pays est un véritable fournisseur de coups de cœur ciné), je pense BD (est-il seulement utile de rappeler le nombre de génies dans ce domaine qui viennent de Belgique ?), je pense humour (Benoît Poelvoorde le maître, François Damiens le digne successeur, et la nouvelle scène avec des gens comme Charline Vanhoenacker ou Alex Vizorek), je pense cuisine (Ben quoi pourquoi tu souris comme ça ? T’aimes bien les moules oui ou non ? ….* ), je pense philosophie (avec l’un des plus grands -autant qu’incompris- philosophes contemporains, Jean-Claude Van Damme). Eh bien depuis ce roman, quand je pense Belgique, je pense également littérature…

 

Son auteur, Dimitri Verhulst, livre ici un récit très grandement inspiré de sa propre existence. Dans le petit village de Reetveerdegem, Dimitri, 13 ans, vit dans la maison familiale avec son père, ses trois oncles et sa grand-mère. Chez les Verhulst on travaille peu mais on écluse beaucoup. Les quatre frères sont des poivrots de premier ordre, dont la préoccupation principale réside avant tout dans la capacité à picoler comme des trous. Au point d’organiser des compétitions de saoulards (énorme fou rire déclenché chez moi par le Tour de France éthylique mis en place dans le troquet du village, où les athlètes remplacent les difficultés d’une étape cycliste par des challenges d’absorption de différents alcools en quantité et à des rythmes divers) et de mettre un point d’honneur à bien dépenser jusqu’au dernier sou de la pension de la grand-mère en bière. Dans le clan Verhulst on est fier de ses origines et de son mode de vie. Être pauvre et bourré, c’est un choix délibéré, une identité revendiquée, un engagement au quotidien ! Dimitri nage donc dans cette ambiance un peu particulière, très brute de décoffrage, plutôt misérable mais néanmoins chaleureuse qu’entretient cette famille de prolétaires alcoolisés. Jusqu’à ce qu’une assistante sociale ne se penche un peu plus intrusivement sur les conditions de vie du jeune garçon…

 

Bon, d’abord il y a le titre : La merditude des choses, irrésistible selon mes critères à moi. Ensuite il y a la gouaille et l’ambiance retranscrite dans ce bouquin : c’est drôle, c’est souvent trash, parfois vulgaire mais il y a aussi une véritable nostalgie et bienveillance dans le regard du narrateur (le narrateur est Dimitri adulte qui raconte son enfance). La merditude des choses c’est aussi une espèce d’état des lieux sociétal assez sordide, une réflexion sur l’hérédité sociale, sur l’amour parental et le lien père-fils. Mais avant toute chose c’est une belle tranche d’humour noir comme on n’en voit pas si souvent et qui fait pourtant un bien fou. Impossible d’ailleurs pour moi de ne pas faire le rapprochement entre les Verhulst du roman et les Gallagher de cette génialissime série qu’est Shameless (version US). Mêmes situations déjantées, mêmes délires alcoolisés, mêmes revendications de marginaux fiers de l’être, même envie de se sortir de la merde ambiante mêlée à la culpabilité de trahir les siens ce faisant…

 

Ce qui est encore plus déconcertant que l’histoire en elle-même déjà bien spéciale, c’est le fait de savoir qu’on navigue à travers ces pages dans l’enfance et la jeunesse de l’auteur. Il ne s’en cache pas, il est le narrateur, et il raconte ce qu’il a vécu, et ce qu’il n’arrive pas, malgré sa volonté d’en sortir, à renier. Toute dysfonctionnelle et burlesque qu’elle soit, cela reste sa famille et il garde à l’attention de ses oncles, de son père et de sa grand-mère une grande tendresse qui transpire tout le long du roman. C’est d’ailleurs ce qui fait toute l’originalité et la force de ce livre, le permanent mélange d’humour et de nostalgie, du sucré et de l’amer, comme quand on boit un bon vieux mazout**.

 

Alors si vous ne craignez pas le rouge qui tâche, la fumée, la crasse et les vapeurs d’alcool, ouvrez ce livre et plongez dans les souvenirs drôles, tendres et méchants de Dimitri Verhulst, vous ne devriez pas le regretter.

* vous aurez bien évidemment tous reconnu le passage où Ben propose à Rémy d’aller manger des moules-frites dans le cultissime C’est arrivé près de chez vous.

** le mazout ? Quoi vous n’avez jamais mélangé un peu de coca avec de la bière ?

 

Partager cet article
Repost0
29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 10:09

 

« Macron président ? Je n’y crois pas le début du commencement de la moitié d’une seconde. »

 

Édouard Philippe, 6 mois avant d’être nommé Premier Ministre par le président Macron.

Partager cet article
Repost0
26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 10:05

Pas de blabla introductif, tout de suite un résumé, pour que vous compreniez de quoi ça cause.

Désert d’Arizona, USA : un avion s’écrase à proximité de la petite ville de Peason. Pas de survivant, mais d’étranges histoires commencent à circuler dans la région, on parle de revenants, de fantômes… Quant à la boîte noire, si elle n’est pas retrouvée c’est surtout parce que l’ordre a été donné un peu rapidement de stopper les recherches…

Lancashire, Angleterre : Leo Tillman vivait une vie simple et banale, jusqu’au jour où en rentrant chez lui, sa femme et ses trois enfants avaient disparu sans laisser de trace, avec un simple mot à son intention : « Ne nous cherche pas ». Brisé, Tillman refuse les conclusions de la police, pour lui ce ne peut pas être un départ volontaire. Il décide de tout faire pour les retrouver, mais il est lucide : il n’a aucune compétence en la matière. Il s’engage alors dans l’armée, devient mercenaire, apprend tout ce qui peut lui être utile pour mener son enquête. 13 années se sont écoulées depuis la disparition de sa famille mais Tillman cherche toujours, obstinément. Sa seule piste est un nom : Michael Brand.

Londres : Heather Kennedy est flic et pas très populaire auprès de ses pairs depuis qu’elle a refusé de mentir pour couvrir ses collègues dans une affaire de légitime défense un peu douteuse. Laissée de côté elle hérite des enquêtes de seconde zone, comme celle de ce vieil universitaire mort en chutant d’un escalier. Cette mort n’a rien de suspect, mais à l’insistance de la famille le dossier est réouvert. Kennedy et son jeune assistant stagiaire vont découvrir que cela ressemble plus à un meurtre qu’à un accident, mais qui en voudrait à un chercheur en paléographie ? Le vieil homme travaillait sur les Manuscrits de la Mer Morte. Pas de quoi éveiller les convoitises. À moins que ?...

Tillman et Kennedy vont bientôt voir leurs enquêtes respectives se croiser, et passer de découvertes en révélations jusqu’à un final qui les mènera bien loin de leur point de départ…

 

Bon voilà, le décor est planté, en gros t’as lu un sous - Da Vinci Code me direz-vous.

Je ne sais pas, je n’ai jamais lu le Da Vinci Code vous répondrai-je.

Et pour avoir vu l’adaptation cinématographique de sa suite-préquelle (si j’ai bien tout compris), à savoir Anges et Démons, je peux vous assurer d’une chose : je ne le lirai jamais ! Si ce que raconte le Da Vinci Code est aussi mauvais que ce que raconte Anges et Démons, je vous prie de bien avoir l’obligeance de me laisser passer mon tour…

 

Donc je ne saurais pas faire de comparaison formelle entre L’Évangile des assassins et un quelconque bouquin de Dan Brown, mais ce que je peux dire c’est que le roman d’Adam Blake m’a plutôt bien plu. Je ne vais pas en faire l’éloge comme s’il s’était agi d’un chef-d’œuvre littéraire, mais franchement dans son genre il fait le job et remplit plus que très convenablement son rôle. C’est enlevé et rythmé bien que l’auteur prenne le temps au début de son roman de bien mettre en place ses personnages et les différents événements qui mis en parallèle vont doucement dessiner une trame d’ensemble cohérente et intrigante. Il y a des rebondissements, pas mal d’action qui ne dénoterait en rien dans un film à gros budget, les personnages sont bien campés et on suit leurs enquêtes avec intérêt et curiosité. Si je devais émettre un bémol, ce serait au sujet du personnage de Tillman, un peu too much, dont l’histoire personnelle est un chouïa perchée mais qu’il faut accepter pour continuer la lecture. Le personnage en lui-même n’est pas désagréable à suivre, mais c’est son évolution personnelle, sa trajectoire depuis la disparition de sa famille qui est un peu plus dure à avaler. Kennedy quant à elle est dans la veine des flics solitaires et rejetés de tous mais foutrement bons dans leur partie. Du classique mais du solide scénaristiquement. En tout cas l’association des deux fonctionne bien, et les héros se révèlent assez complémentaires.

Autre point fort du roman : la manière dont les choses s’entremêlent et le mécanisme de l’enquête qui est vraiment bien huilé et ne laisse pas le lecteur douter de ce qu’il lit. Aussi loin que va l’auteur dans ses révélations, jamais on n’a l’impression que « non là vraiment c’est exagéré ! », ce qui dans ce domaine donne un bon indice quant à la qualité du bouquin.

 

Dernière chose, mais qui pour moi n’est pas la moindre, Adam Blake n’est autre que le pseudonyme choisi par l’auteur britannique Mike Carey, scénariste de comics (il a officié sur un nombre impressionnant de BD, depuis les X-Men jusqu’aux Fantastic Four, en passant par Hellblazer -la série dans laquelle évolue le personnage John Constantine- ou The Unwritten) mais aussi auteur de romans comme Cercle vicieux dont j’ai déjà parlé ici il y a longtemps, où Celle qui a tous les dons (dont il a aussi écrit le scénario de l’adaptation cinématographique) dont je parlerai ici également (mais dans trèèèès longtemps).

 

Et pour avoir déjà lu pas mal de ses œuvres, je peux vous assurer que le bonhomme assure une plume à la main.

 

Donc si vous n’êtes pas allergiques aux thrillers mâtinés d’Histoire et de mythes, si les gros pavés ne vous font pas plus peur que ça (parce que mine de rien ça envoie pas mal en nombre de pages) et que vous aimez être transportés à travers le monde par une intrigue bien ficelée et pleine de mystères à résoudre, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par cet Évangile des assassins de bien bonne facture.

 

Partager cet article
Repost0
22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 16:50

Ah les téléphones portables. Les opérateurs. Les forfaits, les abonnements. Le monde merveilleux du tout numérique, la dématérialisation des services, la connexion permanente au réseau. Tout ça, tout ça.

J’ai de tout temps gardé volontairement une certaine distance avec ce qui passe pour être la marque ultime de la modernité. Pas demain la veille qu’on me verra avec un Iphone par exemple. Pourtant, avec un peu de retard sur le reste du monde, je m’étais finalement converti au téléphone portable en 2007.

Seulement voilà : j’en étais resté là. En 2007. Autrement dit la préhistoire vu de 2019.

Dis papy, c'était comment le futur ?

Je vois déjà le flot de moqueries qui vont s’abattre sur moi, et je m’en cogne car je n’en retire aucune honte : jusqu’à maintenant je n’avais jamais pris d’abonnement chez aucun profiteur opérateur téléphonique. Je fonctionnais en carte prépayée* ! Ravalez vos quolibets, je n’en ai cure. Sauf que, les années passant, chez Bouygues les règles de facturation ont beaucoup varié, allant du très rentable à la limite de l’usurier, voire dernièrement de l’escroquerie pure et simple. Mon utilisation du téléphone n’a jamais changé : très peu d’appels, quasiment pas de mms, pas mal de sms et jamais d’internet. Je ne suis tout simplement pas un accro du portable, c’est à mes yeux un simple outil pratique qui doit garder ce statut et rien de plus. En revanche ma consommation de cartes prépayées, après avoir été longtemps stable, s’est tout à coup envolée ces derniers mois. N’ayant pas changé mes habitudes, j’en ai déduit que Bouygues Télécom faisait tout pour se débarrasser de ses offres prépayées, ou à défaut se gaver un maximum dessus. Étant par ailleurs très régulièrement sollicité par des sms de pub m’incitant à « faire évoluer mon offre » en passant à la formule sans engagement « B&You », j’avais fini par abdiquer, me résignant à passer outre mes principes en la matière. Ma philosophie avait toujours été de préférer payer ce que je consomme plutôt qu’un abonnement fixe pour des services que je n’utilise pas. Je consomme plus je paye plus, je consomme moins, je paye moins, ça me paraissait pas complètement déraisonnable comme idée. D’un autre siècle peut-être, mais pas déraisonnable, j’insiste. Mais voilà, l’évolution des tarifs est telle que persister en carte prépayée serait aujourd’hui l’équivalent de souscrire volontairement à la légalisation du racket**.

 

Quittant plus tôt le bureau, me voici donc en chemin pour la boutique Bouygues Télécom de Colmar, considérant bon gré mal gré, qu’un abonnement sans engagement « B&You » à 7€99/mois ça reste un bon compromis entre mes besoins en téléphonie et ce que je suis enclin à dépenser à cet effet. Et puis surtout c’est le terme « sans engagement » qui me plaît dans l’affaire.

J’entre donc. Ce faisant je remarque bien que j’interromps la discussion certainement très intéressante qu’avaient entre eux les deux … comment doit-on les qualifier d’ailleurs ? Vendeurs ? Conseillers ? Ah oui : technico-commerciaux ? J’expose ma demande, simple, brève, synthétique : « je suis en carte prépayée chez Bouygues, j’aimerais changer pour un forfait « B&You » à 7€99/mois. » L’air triste et l’oeil morne, on me rétorque d’un air distrait qu’on ne peut rien pour moi en boutique, ça ne peut se faire que par internet. Il me semblait pourtant avoir lu dans les sms intempestifs que je recevais de Bouygues la formule « rendez-vous dans nos boutiques pour changer d’offre » ou quelque chose d’approchant. Non non, on m’affirme que c’est sur internet que ça se passe. Je m’attends à ce qu’on me propose de me connecter au site sur place, histoire de ne pas m’être déplacé pour rien mais c’est un vain espoir. La demoiselle-conseillère-vendeuse-technico-pouet-pouet reste plantée devant moi, amorphe, plus de son plus d’image. Devant tant d’enthousiasme commercial je n’insiste pas et repars en sens inverse.

Bon pour rebrousser chemin...

Je me connecte sur le site du maçon des télécoms, je parviens non sans peine à trouver le lien qui m’est réservé (« si vous êtes en carte prépayée veuillez cliquer ici » perdu sur la page en petits caractères), je m’identifie, suis les consignes et opte pour la formule voulue. Et là, en toutes lettres il est clairement mentionné que pour les clients en carte prépayée, le passage en B&You ne peut pas se faire en ligne, mais obligatoirement en boutique. Las, je sens monter en moi l’exaspération. Je me dis qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud et repars derechef à pinces vers la boutique. Pendant tout le trajet la petite phrase de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs trotte dans mon esprit comme un mantra : « L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois [...] »...

"L'homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois..."

Deuxième interruption de ce qui semble définitivement être une discussion très intéressante entre les deux… les deux… je ne sais pas, je ne sais plus, disons les deux plantons en uniforme de chez Bouygues affalés sur leur comptoir.

J’entame par un rebonjour. J’explique calmement (même, j’essaie de sourire) que le site qu’ils m’ont conseillé d’aller consulter, m’a conseillé de revenir les voir eux. La demoiselle sans entrain passe la main à son collègue qui s’avance d’un air bravache, genre « laisse cocotte, je m’en occupe, je vais lui redire tout pareil que toi mais avec un air de c’est qui le patron ici ».

« Ah non c’est impossible monsieur, on ne peut pas faire ça en boutique, les B&You c’est obligatoirement en ligne. » De manière fugace, l’envie de lui demander à quoi sert une boutique qui ne peut pas vendre un des produits d’appel de la marque me traverse l’esprit, mais je la chasse bien vite, en me disant que faire du mauvais esprit ne fera pas avancer mon problème (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…).

Quand on veut...

Je lui réponds donc que « si, ça doit être possible, en tout cas c’est explicitement indiqué comme tel sur le fameux site en ligne tant recommandé ». Sous-entendu : je n’ai pas pour habitude d’inventer des cracks juste pour faire chier mon prochain. Pas que ça à faire non plus. Et là, le monsieur bravache monte direct d’un ton « je vous dis que je ne peux pas, vous me traitez de menteur monsieur ? ». À ce moment précis, deux choix s’offrent à moi : soit lui expliquer que jamais de la vie je ne me permettrais de remettre en cause son honnêteté, mais plutôt souligner son incompétence ça oui, soit essayer de désamorcer la situation en cherchant une solution à mon problème plutôt que de s’énerver pour rien (en gros : faire son travail à sa place). (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

... on peut !

Je lui propose donc, plutôt qu’un débat pour savoir qui dit la vérité et qui ment digne d’une cour d’école maternelle, de vérifier ensemble sur le site internet de son employeur, que je sais encore lire (et sans lunettes hein ! c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup), et que non je ne viens donc pas juste pour l’empêcher de discuter en rond avec sa collègue féminine à l’œil de poisson pas frais, mais bel et bien parce que je n’ai pas d’autre choix pour souscrire à mon putain de bordel de forfait B&You de mes couilles. Pardon, je m’emporte. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

Et là, je reste coi.

Comme un koala coi, quoi.

Le blaireau-en-chef me répond : « ce n’est pas possible monsieur, on n’a pas internet sur nos ordinateurs ». Ah. Ah d’accord. Rappelez-moi ce que vous vendez déjà ici ? Bêtement je souris, croyant à une joke. Lui ne sourit pas. Les bras m’en tombent. J’ai envie de lui demander s’il est sérieux, mais je m’abstiens, j’ai peur de froisser encore une fois l’honneur de cette pauvre chose, et de devoir m’embarquer à nouveau dans une discussion sans fin à base de « vous me traitez de menteur monsieur ? » N’empêche, le con m’a pris au dépourvu. Je me fends donc d’un « vous n’avez pas internet chez Bouygues ? Ah ben c’est pratique ça. » Avec encore une fois cette question lancinante qui ne demande qu’à être exprimée à haute voix « mais elle sert à quoi votre boutique en fait ? », que je réprime, vaille que vaille. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

Courage, fuyons.

Apparemment c’est encore trop subversif de ma part, puisque le type-qui-ne-sert-à-rien-en-chef me renvoie du tac au tac, d’un air assez fier de sa répartie : « ah mais je vous rappelle que c’est vous qui avez besoin d’internet monsieur, pas moi ! ». Et ma main dans ta gueule, m’est avis que t’en aurais besoin pour te rappeler que tu es censé essayer de résoudre mon problème plutôt que de jouer les cakous avec la clientèle ! Il n’y a visiblement pas de module « je connais les produits que je vends » dans la formation des inutiles-de-boutiques chez Bouygues Télécom, il semble assez évident qu’il n’y a pas non plus de rappels sur « les bases du commerce » ni sur « le respect et la politesse comme base de tout échange fructueux entre êtres humains ». En fait, il ne doit juste pas y avoir de formation si ça se trouve.

Laissez-moi vous remettre le titre de l'employé du mois.

J’avise la crevette en face de moi, les bras flottants dans son gilet sans manche qui ne laissent aucun doute sur le fait qu’il est tout sauf équipé pour jouer l’impertinence, et l’espace d’un instant j’ai très envie d’user de mon quasi-quintal et de mes heures passées à faire de l’exercice pour voir combien de temps je peux le tenir les jambes décollées du sol à le secouer par le colbac. La perspective est tentante, je suis persuadé que ça me déstresserait bien, et puis soyons honnête : je l’aurais bien mérité après tant d’efforts pour rester calme et posé en face de ce roquet un peu trop sûr de lui ! Mais c’est finalement le petit ange à aube blanche et auréole sur mon épaule droite qui l’emporte, me soufflant à l’oreille l’argument hautement recevable que ça n’apportera de toute façon aucune solution à mon problème de portable. Gandhi Style. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

Bud Spencer or Gandhi Style ?

À ce moment, hormis les solutions impliquant de la violence physique à base de grandes baffes façon Bud Spencer, j’ai du mal à trouver une solution rationnelle à mon problème. Notez-bien que jusqu’ici, je rappelle que je suis le seul dans cette histoire à essayer de trouver, non sans bonne volonté, une solution au problème, alors qu’il me semble que le type planté devant moi est payé pour, si ce n’est trouver, au moins chercher cette solution***.

C’est alors que le gus, pas le moins gêné du monde enchaîne en essayant de me vendre autre chose. « On ne peut pas faire d’abonnement B&You en boutique, mais on peut vous proposer ça » me dit-il en me montrant sur l’écran de son ordinateur sans internet deux offres absolument irrésistibles qui incluent abonnement avec engagement sur 24 mois, achat d’un nouveau téléphone et mensualités indécentes. Ben tiens. Ça c’est possible, et tout de suite, zéro attente, direct en boutique. Bien, au moins j’aurais élucidé le mystère de l’utilité d’une boutique Bouygues. Vous faire cracher au bassinet. En disant s’il-vous-plaît et merci avec ça.

Et avec le sourire !

Je répète, une fois de plus, une fois de trop, que ce n’est pas, mais alors pas du tout ce que je veux. Je suis déjà client chez Bouygues et je veux juste un forfait B&You à 7€99/mois. Bien qu’abasourdi par tant d’incompétence mêlée de mauvaises manières, alors que je suis encore vainement en train de chercher une porte de sortie à ce cercle vicieux diabolique dans lequel je me suis vu entraîné bien malgré moi, une question me taraude l’esprit, et puisque de toute façon je pressens bien qu’aucun de ces deux nazebroques ne va m’être d’aucune utilité, je la leur pose quand même : « je ne suis quand même pas le premier dans ce cas non ? Je suis le dernier dinosaure à utiliser une carte prépayée et qui demande à changer pour un forfait B&You ? ». La vendeuse à l’œil de merlan frit tente de camoufler un sourire. Tu peux te marrer la vilaine, inutile de te cacher, c’est offert par la maison. Réponse du guignol-qui-a-réponse-à-tout-sauf-à-ce-qu’on-lui-demande : « Non, ça n’est jamais arrivé ». Ok, là j’ai ma dose. C’est pas comme si j’avais encore des doutes, mais c’est la preuve ultime qu’ils n’en ont rien à carrer, et que je n’ai donc strictement plus rien à faire ici si ce n’est perdre plus de temps que je n’en ai déjà perdu avec ces incapables. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois… mais la vérité m’oblige à te le dire : ton Antoine**** commence à me les briser menu !)

Answer is in the question...

Sur ce, retour de la demoiselle-toute-molle dans la conversation, qui se rappelant qu’elle m’avait déjà au préalable conseillé d’aller sur le site Bouygues, change son fusil d’épaule et me propose cette fois de téléphoner au Service Clientèle, qui pourra peut-être (notez le conditionnel qu’elle a employé, manquerait plus qu’on me donne des informations sûres chez Bouygues) m’aider. Oui, oui je vais faire ça. Et puis d’abord racheter une carte prépayée pour les appeler et les entendre me dire « désolé mais il faut aller en boutique pour cela monsieur ». Oui, oui. Bien sûr. Encore merci hein. Changez rien surtout, vous êtes au top.

Mes amis s'associent à moi pour vous dire bravo.

Et c’est comme ça que je suis paché ses Shosh.

Und aufwiedersehn !

* première vague d’évanouissements dans l’audience !

** ah, on me souffle à l’oreillette que dans maints domaines le racket est légal…

*** et là je concède qu’il ne doit certainement pas être payé grassement (en même temps vu le travail fourni ça ne serait pas très méritocratique hein) le garçon de chez Bouygues. Mais son salaire ne justifie en rien son comportement.

**** remplacez le Antoine du film par le prénom du débile-en-chef susnommé

Partager cet article
Repost0
12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 13:21

Franchement j’hésite à vous en dire plus. Plus que le titre, Room.

Parce que je l’ai lu sans rien en savoir d’autre, et que c’est très certainement grâce à cela que ce bouquin m’a à ce point dérouté, ennuyé, puis chopé pour finalement me laisser avec la trace d’une bonne vieille claque comme ça faisait longtemps que je ne m’en étais pas prise.

Alors forcément moi, là maintenant, à l’heure d’écrire une chronique à son sujet, j’hésite.

Parce que j’ai peur qu’en en disant plus que son titre, j’en dise déjà trop. Que j’amoindrirai l’impact. En même temps si je n’en dis rien, j’ai peu de chance de vous inciter à le lire, alors que pourtant je ne peux que conseiller à tout le monde sa lecture !

 

Dilemme, dilemme.

 

Après évidemment, vu qu’il a eu un sacré buzz à sa sortie (ça date quand même de 2011 – 2012 cette histoire-là), qu’il a déjà été adapté en film (que je n’ai pas vu), et que donc vous en avez peut-être déjà entendu parler par ailleurs, il y a des chances que vous en sachiez déjà largement plus que moi au moment de ma lecture.

N’empêche, je vais essayer d’être le moins bavard possible quant au résumé, et d’en révéler le strict minimum.

 

Room c’est l’histoire de Jack. Jack vient d’avoir 5 ans. Jack est un petit garçon heureux, qui déborde de vitalité, et le centre de son univers, c’est Maman. Ils vivent de manière fusionnelle, ne se quittent jamais. Dans leur chambre ils font tout ensemble. La seule ombre à ce tableau idyllique c’est le Grand Méchant Nick, heureusement Maman cache toujours Jack dans Petit Dressing lors de ses venues. Mais Jack a 5 ans aujourd’hui : c’est un grand à présent !

 

Et je vais m’arrêter là pour ce qui est du résumé. Si vous tenez à en savoir plus vous avez deux solutions : la plus facile, vous tapez Room dans n’importe quel moteur de recherche et vous saurez tout ce qu’il y a à en savoir, et même bien plus. Ou bien vous optez pour la seconde solution, la moins simple : vous lisez ce roman assez exceptionnel de Emma Donoghue et vous découvrez par vous-même ce qu’il y a à découvrir.

Il va de soi que je vous conseille la seconde solution.

 

Cependant attention ! Si vous ne voulez rien savoir du tout cessez de lire ici, sinon voici tout de même une ou deux choses que je peux vous dire sur ce que ce roman a produit comme effet sur moi…

 

La première chose à savoir, c’est que le narrateur de l’histoire c’est Jack. Et Jack a tout juste 5 ans. Il parle donc comme un enfant de 5 ans. Son monde est riche et il côtoie beaucoup de monde dans son univers : il y a Madame Lucarne, Monsieur Tapis, Madame Table, Monsieur Évier, Petit Dressing, Monsieur Lit et bien d’autres ! Et sa vie, comme celle de chaque enfant, est rythmée par d’innombrables rituels…

… et pour tout dire ne sachant pas ce que j’allais lire, l’entame du bouquin m’a vraiment été difficile. Entre le langage d’un enfant de 5 ans et l’aspect ultra-répétitif du moindre petit détail de son existence (qui pour lui ne sont pas des détails mais bel et bien des événements de première importance, comme tout ce que fait un enfant de cet âge-là), j’ai souffert à la lecture. Je me suis ennuyé, et j’ai même commencé à douter sérieusement de l’intérêt de cette histoire qui n’en finissait pas et semblait ne mener nulle part… Je crois l’avoir déjà dit ici l’une ou l’autre fois, j’ai cette fâcheuse tendance à ne pas abandonner un livre dont j’ai entamé la lecture, fut-il chiant à mourir. Et j’en conviens, c’est plutôt débile comme attitude, car j’aurais souvent gagné du temps en m’autorisant à laisser tomber une lecture ennuyeuse, lourde et/ou soporifique plutôt que de m’imposer d’en venir à bout coûte que coûte. Mais je me dis que si je veux me permettre d’émettre un avis dessus, le moins que je puisse faire c’est de le lire intégralement. Quitte à ce que le calvaire de ma lecture n’accroisse d’autant la perception négative que j’en aurai et n’aggrave ce que j’aurai à en dire plus tard. « C’est le jeu ma pauv’ Lucette. »

Mais cette fois-ci, avec Room, cette attitude bornée a sauvé ma lecture. Je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais il doit y avoir au bas mot 80 à 100 pages, celles du début qui m’ont vraiment été pénibles à lire. Pas loin du premier quart du bouquin en fait. Et puis tout à coup le déclic se fait ! Quasiment d’une page à l’autre, tout s’éclaire, tout prend sens, et l’ennui m’a quitté instantanément au détour d’une page, au début d’une nouvelle phrase, d’un nouveau paragraphe. Et c’est la première claque, quand on comprend ce qu’on a lu jusqu’alors. Et on comprend que cet ennui à la lecture était un mal pour un bien, mieux : un passage obligé et indispensable pour que la suite revête autant de force ! Et la deuxième claque vient dans la foulée, quand en même temps que Jack, et même avec un brin d’avance sur lui, puisqu’on n’a plus 5 ans, on comprend ce qui va se passer par la suite. Alors le suspens prend ses droits. Le roman vous chope par les roustons et ne vous lâche plus une seule seconde, plus une seule ligne. Pourtant c’est toujours Jack qui raconte, toujours avec ses mots à lui, avec sa naïveté à lui, dans son monde à lui. Et tout ce qui était lourdingue au départ devient passionnant. Et c’est même justement parce que le point de vue narratif est celui d’un enfant de 5 ans, que le récit prend une envergure toute particulière et encore bien plus vaste et profonde que si le point de vue était celui d’un adulte.

 

Ce roman, passée sa première partie volontairement longuette, vous chope aux tripes et vous lessive émotionnellement.

Gros coup de coeur.

 

Alors n’oubliez pas : Room. C’est tout ce que vous avez besoin de vraiment savoir sur ce livre.

 

Partager cet article
Repost0
8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 16:24

J’ai retrouvé dans mes archives cette photo que j’avais prise il y a quelque temps déjà d’une affiche publicitaire qui m’avait attiré l’œil.

Et tu vas me faire le plaisir de vider ton assiette !!

Et pour cause. En tant que bon alsacien (et aussi en tant que gourmand) je suis plutôt client de ce genre de plat bien de chez nous, qui sous couvert de manger des légumes pas courants t’autorise surtout à t’enfiler une cargaison de charcuterie qui devrait faire tourner de l’œil le premier vegan venu. D’ailleurs il paraît qu’on a aussi vu défaillir un certain nombre de nutritionnistes après qu’ils eurent été exposés à cette affiche, mais là n’est pas le propos.

 

Mais là, chers amis publicitaires, de deux choses l’une : soit vous êtes de grands naïfs plein de bons sentiments culinaires, soit vous n’avez jamais servi à un enfant de 4 ans * à table une assiette de navets salés.

 

Mais à part ça j’opine du chef : les navets salés c’est très bon, mangez-en ! **

* Tom est cependant hors-concours, il fausserait trop les résultats statistiques !

** et n’oubliez pas la saucisse et le lard qui vont avec surtout.

Partager cet article
Repost0
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 09:33

Premier roman d’une toute jeune auteure, Margaux Guyon avait 21 ans à la parution de son œuvre, ce Latex etc. traîne dans son sillage un parfum d’interdit, et a été clairement présenté à sa sortie comme le nouveau roman provocateur et sulfureux du moment.

Moi forcément, vous me connaissez, ça m’a de suite intrigué et j’ai voulu évidemment vérifier par moi-même si le bouillon était aussi savoureux que le fumet le laissait présager… Oui, aujourd’hui je fais dans la métaphore culinaire. Certainement parce que je viens de m’envoyer un pot-au-feu qui claque sa mère et que je ne vais pas tarder à aborder la phase de digestion. Bref, passons.

 

Bon, alors autant le dire de suite : l’enrobage est beau, mais la farce est un peu fade à l’arrivée, et je stoppe là avec mes analogies façon menu du jour. C’est toujours le problème quand on nous survend un truc, on s’expose fatalement à ce qu’un certain nombre de promesses ne soient pas tenues. Et c’est le cas ici. C’est dommage d’ailleurs, parce que c’est ce qu’on retient le plus, alors que l’ensemble possède aussi certaines qualités. S’il avait été présenté d’une façon un chouïa plus modeste, c’eut été à coup sûr un plus (pour le lecteur, pas pour les chiffres de vente on est bien d’accord).

 

Rentrons donc dans le vif du sujet et disséquons*.

Dans Latex etc. on suit les aventures d’une jeune fille, lycéenne de 17 ans, qui se prénomme Margaux et vit dans une petite ville de province, C*****, à côté d’Avignon. Intelligente et cultivée, elle s’ennuie à mourir, et pour tuer le temps elle lit de grands auteurs, fait la fête avec quelques amis, fume un chichon par-ci par-là, et baise. De fil en aiguille, elle va se mettre à se prostituer auprès de messieurs fortunés d’Avignon, gagner rapidement des sommes indécentes et tout claquer dans des marques de luxe. Jusqu’à ce qu’un événement vienne bousculer ses petites habitudes et lui faire relativiser sa condition un peu particulière…

 

Je n’en dis pas plus pour ne pas déflorer le (maigre) suspens, et je vais tâcher de ne pas dévoiler trop de l’histoire dans ma critique.

 

Commençons par le positif. C’est plutôt bien écrit. C’est pas du Balzac** mais c’est fluide, dans l’air du temps sans en faire trop, des phrases courtes et bien construites, bref le style sans être décoiffant est agréable à lire. Pour un premier roman et surtout pour une auteure d’à peine 21 ans, je trouve que c’est déjà suffisamment rare pour être mis en avant. On n’est pas dans un truc auto-édité qui claudique sur trois pattes, ni dans une bouillie façon fanfic du pauvre. Le texte a de la tenue et ça se remarque.

Autre source de satisfaction : la distanciation par rapport aux faits relatés. Il s’agit tout de même de choses pas super glamour, du genre même plutôt glauque à la base. On parle de prostitution, pas de pâte feuilletée ou de sauce béchamel. Ah merdum, pardon j’avais dit que j’arrêtais avec ça. Ce que je veux dire, c’est que ce qui est décrit dans le roman ne tient pas toujours de la plus grande légèreté, et comporte des implications assez graves pour les protagonistes. Et pourtant l’auteure parvient à ne pas verser dans le sensationnalisme, et se garde d’y coller un surplus d’émotions qu’il aurait pourtant été facile d’ajouter à peu de frais. Le ton reste froid (presque glacial par moment), analytique, posé, réfléchi. C’est une grande qualité à mes yeux que de ne pas chercher à jouer uniquement sur l’émotion dans ce genre de situations, et une qualité plus grande encore de ne pas y adjoindre des relents moralistes, accusateurs ou même simplement de se poser en juge. À mettre à son actif donc, preuve s’il en fallait qu’on peut avoir 21 ans et faire preuve de maturité intellectuelle.

 

Quoique, à propos de maturité intellectuelle, j’ai peut-être un contre-argumentaire qui tendrait à prouver le contraire. Et là du coup on passe dans la partie négative de ma critique. Si le texte sort indiscutablement du cadre habituel de ce qu’on peut s’attendre à lire sous la plume d’une auteure de 21 ans (oui, oui, j’assume pleinement mon préjugé sur les jeunes d’aujourd’hui, et je m’enfonce un peu plus encore en disant ceci, dans un rôle de vieux con que je ne me voyais pourtant pas endosser si tôt…), que ce soit sur la forme comme sur le fond, il reste cependant quelques traces assez évidentes de la jeunesse de Margaux Guyon. Et des traces qui à mes yeux font tâches.

 

Il y a tout d’abord le personnage principal de Margaux. L’héroïne porte le même prénom que l’auteure, et bien que le bouquin arbore le mot « roman » sur sa couverture, la promotion autour du livre laisse entendre qu’il s’agit d’une autofiction plus ou moins proche de la réalité et Margaux Guyon elle-même s’est fait un malin plaisir à sous-entendre que son récit est très largement inspiré par sa propre expérience et sa vie privée lors de différentes interviews qu’elle a données.

Dès lors la fameuse petite ville de C*****, faussement anonymisée de la sorte alors qu’il est fait « subtilement » allusion à la ville du melon, comment dire, ça fait un peu cachotterie de gamine non ? Elle ne veut pas dire le nom (au cas où on pourrait la reconnaître ?) mais fait tout pour qu’on sache quand même, ça fait un peu nunuche je trouve.

Mais bon, on va mettre ça sous le coup d’une quelconque coquetterie d’écrivain, soit, passons. Là où j’ai beaucoup plus de mal, c’est sur la personnalité de Margaux. Et quand je dis « Margaux », j’ai très envie de faire d’une pierre deux coups, et d’englober sous le même prénom unique l’auteure et son personnage, tant ce que j’ai pu percevoir de l’écrivain en interview la fait coller trait pour trait à son personnage de roman. Mais ne soyons pas mauvaise langue, je vais donc me contenter de développer mon argumentation par rapport au personnage du roman. Durant tout le récit on a une gamine (parce qu’à 17 ans je pense qu’il n’est pas injurieux de la qualifier de gamine, toute avancée intellectuellement qu’elle soit / se considère***) qui se décrit comme différente des autres. Et si elle ne le dit pas aussi abruptement dans le texte, c’est pourtant très clairement insinué à longueur de pages : Margaux est supérieure aux autres. À ses amis de son âge, aux membres de sa famille (tous affublés de tares, il est intéressant de remarquer que les descriptions se font bien plus sous un angle quasi-systématiquement négatif que positif), aux habitants de sa ville (c’est bien connu : les provinciaux sont petits, gris, ternes et terriblement ennuyeux. Il y en a même, eh ben c’est des beaufs dis-donc !!).

Quelques exemples pour illustrer ce que je dis ? Sans aucun problème, le texte en dispense à profusion...

Margaux sèche régulièrement les cours. Mais attention, elle le fait pour lire chez elle ! Et c’est pas pour se farder du Marc Levy ou du Musso de pacotille (à croire qu’une des pires crainte de Margaux Guyon soit qu’on la confonde avec une adolescente qui tiendrait un blog sur la bit-lit !!), elle, elle lit des œuvres publiées dans la Pléiade. À C***** les gens pensent petit et ne voient pas bien loin, alors qu’elle, elle a de l’ambition. Autour d’elle les gens s’habillent comme des sacs, sans aucun goût, et pire que tout, pour pas cher. Elle, elle s’habille en Diesel, en Darel, en Prada, met des Repetto. Ce roman est un véritable catalogue de marques hypes et classes, où le moindre t-shirt coûte bien évidemment un bras. Clair que vous ne verrez pas mentionné un nom du type Kiabi ou H&M… ça aurait à la limite pu, mais sous forme d’insulte alors. Et c’est un peu la même chose pour tout : quel que soit le domaine, Margaux ne connaît et ne reconnaît que le must, l’élite. Du moins ce qu’elle considère comme tel. Sûr qu’on peut toujours trouver plus snob en cherchant bien, n’empêche elle a déjà un sacré bon niveau en la matière la petite. Pour pousser encore plus avant la logique, Margaux n’est pas une « simple » prostituée, mais une call girl de luxe, aux tarifs exorbitants et à la clientèle triée sur le volet de la grande bourgeoisie d’Avignon. Et quand elle prend des vacances c’est à Courchevel bien entendu. Dès lors deux réactions me viennent instantanément. Enfin non trois, parce qu’en tout premier lieu, c’est l’envie de la secouer un peu qui me vient, mais bon c’est pas bien je sais. Ce que je me dis en lisant ça, c’est que Margaux a clairement besoin de s’exprimer et de se positionner en tant que personne. Mais qu’elle ne parvient à le faire qu’à travers l’image qu’elle se figure que des objets vont pouvoir donner d’elle. Et comme elle se voit supérieure, au minimum intellectuellement, et accessoirement financièrement aussi puisqu’elle est issue d’une famille aisée et que par-dessus cela elle va se mettre à palper grave en se prostituant, il faut que les objets qui l’entourent, et dans son esprit la définissent, soient des objets élitistes, de luxe. Idem pour ses goûts. Bref, le paraître avant l’être, ça crève les yeux tout du long du roman (et des interviews de l’auteure). Ça n’empêche pas l’intelligence et la culture on est bien d’accord, mais ça les minimise quand même méchamment… À mon sens du moins.

L’autre réflexion que je me fais à la lecture de ce fatras de références si précisément choisies pour l’image qu’elles renvoient, c’est son artificialité d’une part, mais aussi et surtout l’effet pervers qu’elles induisent. À force d’en user, parfois avec une condescendance affichée envers le « commun des mortels » qu’elle côtoie, pour se situer par rapport aux autres, pour se placer de fait au-dessus de la mêlée, pour prouver qu’elle vaut mieux et bien plus que son entourage, elle en arrive à l’effet inverse. C’est à ce point appuyé que c’en devient grossier. Presque vulgaire. Et que finalement, au lieu de faire figure de preuves de sa supériorité intellectuelle, ça ne fait que démontrer que la gamine a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire dans sa tête avant de devenir ce qu’elle croit déjà être. Confondre l’intelligence et la culture avec la condescendance et le mépris des petites gens, ça en dit long sur le stade de maturité réel de Margaux…

 

Bon pour le dire en un mot comme en cent, plus d’une fois j’ai eu envie de lui en coller une, histoire de lui remettre un peu les pieds sur terre à la fillette. Façon Poelvoorde dans Podium : « toi avec le poulpe sur la tête, mets-toi à genoux. Et dirige-toi vers la porte, ça t’apprendra l’humilité ». Désolé hein Margaux, on a la culture qu’on peut… et personnellement j’ai la modestie de reconnaître que la mienne ne cherche pas à se revendiquer de la Pléiade (bien que je n’aie rien contre).

 

C’est, je crois, à la fois ce qui signe le caractère et marque un positionnement fort du roman, mais qui éloigne aussi viscéralement du personnage sur un plan purement humain. Cette condescendance qui ne dit pas son nom. Ce complexe de supériorité qui s’ignore. On ne peut pas réellement se prendre de sympathie pour cette fille. Des aspects de sa personnalité sont intéressants et hors-normes, mais elle n’est jamais, à aucun moment, attachante. Son cynisme n’est pas drôle, il n’est que méchant, parfois même injustement, et c’est là sa limite. On ne sent pas de second degré derrière ses sentences, on a du mal à percevoir une quelconque douceur, une trace d’humanité, comme s’il s’était agit d’une faiblesse que Margaux eut voulu à tout prix gommer et effacer de son être. Et du coup l’effet recherché par l’auteure s’annule, pire s’inverse. Ses lectures, ses goûts, sa sensibilité artistique et esthétique devraient faire d’elle un personnage profond et riche, alors qu’en fait ce que j’ai ressenti c’est un grand vide, une insensibilité, et une superficialité criante.

 

Pour en revenir au sujet principal du livre, je dois dire que je l’ai trouvé à la fois intriguant et très révélateur quant à la personnalité profonde de Margaux, à savoir une gamine un peu gâtée et au-dessus du lot qui s’adonne à la prostitution par amusement et intérêt mais aussi je pense pour la sensation de transgression que ça lui apporte, et la réponse à cet impératif qui semble s’imposer à elle : se sentir différente (et meilleure au passage) des autres. Cela m’a immédiatement fait penser à un autre roman autobiographique qui aborde les mêmes thèmes, Escorte de Mélodie Nelson dont j’ai déjà parlé ici il y a longtemps. S’il y a de vraies différences (Escorte est beaucoup moins bien écrit et n’a pas de vraie qualité littéraire, et son personnage principal est bien plus sujette à la précarité avant de basculer dans la prostitution de luxe), il y a surtout beaucoup de points de convergence. Il est très intéressant de faire le parallèle entre les deux héroïnes de ces histoires. Elles sont toutes deux de férues lectrices et d’un niveau intellectuel certain. Elles envisagent le sexe de façon non seulement décomplexée mais surtout désacralisée, ce qui leur permet de se confronter à certaines réalités de la prostitution avec beaucoup de détachement. Et surtout elles sont très matérialistes toutes les deux, ne jurant que par les marques haut de gamme et ayant un concept particulier de l’élitisme comme leitmotiv. C’est tellement analogue d’un roman à l’autre que c’en est frappant. De là à en tirer certaines conclusions je ne sais pas si c’est suffisant, mais en tout cas c’est très largement remarquable. Enfin ce qui les lie également, c’est cette capacité à mixer gravité et légèreté sur un sujet qui d’habitude est traité uniquement sur un mode exclusivement grave et très sérieux.

 

Les mots que j’emploie dans cette critique peuvent paraître durs et cruels envers Margaux personnage/auteure, mais reflètent pourtant bien la réaction que la lecture de ce roman a entraînée chez moi. L’aspect positif c’est que pour susciter des réactions fortes, l’œuvre se situe forcément bien au-dessus du tout-venant littéraire, et c’est là une qualité que je lui concède volontiers.

Je tiens tout de même à pondérer et relativiser ma critique qui peut certainement sembler pencher davantage vers le négatif : malgré tout ce que je peux reprocher à ce roman, j’ai pourtant très envie de voir ce que Margaux Guyon, toute jeune et en devenir sur le plan de l’écriture, pourra produire comme textes ensuite. Je suis très curieux de lire autre chose d’elle, de voir si elle aura su atteindre cette fameuse maturité qui semble tant lui importer (et finalement lui échapper malgré tous ses efforts pour nous convaincre du contraire) dans ce premier roman. Une auteure qui donne envie de la suivre, n’est-ce pas là l’essentiel ?

 

* pas évident à placer celui-là. Je ne suis pas mécontent de moi sur ce coup.

** dit le mec qui n’en a jamais lu.

*** je vous laisse cocher le verbe qui conviendra le mieux selon vous.

***** ces étoiles ne sont pas de moi mais proviennent du texte original du roman.

 

Partager cet article
Repost0