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  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 10:09

 

« Macron président ? Je n’y crois pas le début du commencement de la moitié d’une seconde. »

 

Édouard Philippe, 6 mois avant d’être nommé Premier Ministre par le président Macron.

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 10:05

Pas de blabla introductif, tout de suite un résumé, pour que vous compreniez de quoi ça cause.

Désert d’Arizona, USA : un avion s’écrase à proximité de la petite ville de Peason. Pas de survivant, mais d’étranges histoires commencent à circuler dans la région, on parle de revenants, de fantômes… Quant à la boîte noire, si elle n’est pas retrouvée c’est surtout parce que l’ordre a été donné un peu rapidement de stopper les recherches…

Lancashire, Angleterre : Leo Tillman vivait une vie simple et banale, jusqu’au jour où en rentrant chez lui, sa femme et ses trois enfants avaient disparu sans laisser de trace, avec un simple mot à son intention : « Ne nous cherche pas ». Brisé, Tillman refuse les conclusions de la police, pour lui ce ne peut pas être un départ volontaire. Il décide de tout faire pour les retrouver, mais il est lucide : il n’a aucune compétence en la matière. Il s’engage alors dans l’armée, devient mercenaire, apprend tout ce qui peut lui être utile pour mener son enquête. 13 années se sont écoulées depuis la disparition de sa famille mais Tillman cherche toujours, obstinément. Sa seule piste est un nom : Michael Brand.

Londres : Heather Kennedy est flic et pas très populaire auprès de ses pairs depuis qu’elle a refusé de mentir pour couvrir ses collègues dans une affaire de légitime défense un peu douteuse. Laissée de côté elle hérite des enquêtes de seconde zone, comme celle de ce vieil universitaire mort en chutant d’un escalier. Cette mort n’a rien de suspect, mais à l’insistance de la famille le dossier est réouvert. Kennedy et son jeune assistant stagiaire vont découvrir que cela ressemble plus à un meurtre qu’à un accident, mais qui en voudrait à un chercheur en paléographie ? Le vieil homme travaillait sur les Manuscrits de la Mer Morte. Pas de quoi éveiller les convoitises. À moins que ?...

Tillman et Kennedy vont bientôt voir leurs enquêtes respectives se croiser, et passer de découvertes en révélations jusqu’à un final qui les mènera bien loin de leur point de départ…

 

Bon voilà, le décor est planté, en gros t’as lu un sous - Da Vinci Code me direz-vous.

Je ne sais pas, je n’ai jamais lu le Da Vinci Code vous répondrai-je.

Et pour avoir vu l’adaptation cinématographique de sa suite-préquelle (si j’ai bien tout compris), à savoir Anges et Démons, je peux vous assurer d’une chose : je ne le lirai jamais ! Si ce que raconte le Da Vinci Code est aussi mauvais que ce que raconte Anges et Démons, je vous prie de bien avoir l’obligeance de me laisser passer mon tour…

 

Donc je ne saurais pas faire de comparaison formelle entre L’Évangile des assassins et un quelconque bouquin de Dan Brown, mais ce que je peux dire c’est que le roman d’Adam Blake m’a plutôt bien plu. Je ne vais pas en faire l’éloge comme s’il s’était agi d’un chef-d’œuvre littéraire, mais franchement dans son genre il fait le job et remplit plus que très convenablement son rôle. C’est enlevé et rythmé bien que l’auteur prenne le temps au début de son roman de bien mettre en place ses personnages et les différents événements qui mis en parallèle vont doucement dessiner une trame d’ensemble cohérente et intrigante. Il y a des rebondissements, pas mal d’action qui ne dénoterait en rien dans un film à gros budget, les personnages sont bien campés et on suit leurs enquêtes avec intérêt et curiosité. Si je devais émettre un bémol, ce serait au sujet du personnage de Tillman, un peu too much, dont l’histoire personnelle est un chouïa perchée mais qu’il faut accepter pour continuer la lecture. Le personnage en lui-même n’est pas désagréable à suivre, mais c’est son évolution personnelle, sa trajectoire depuis la disparition de sa famille qui est un peu plus dure à avaler. Kennedy quant à elle est dans la veine des flics solitaires et rejetés de tous mais foutrement bons dans leur partie. Du classique mais du solide scénaristiquement. En tout cas l’association des deux fonctionne bien, et les héros se révèlent assez complémentaires.

Autre point fort du roman : la manière dont les choses s’entremêlent et le mécanisme de l’enquête qui est vraiment bien huilé et ne laisse pas le lecteur douter de ce qu’il lit. Aussi loin que va l’auteur dans ses révélations, jamais on n’a l’impression que « non là vraiment c’est exagéré ! », ce qui dans ce domaine donne un bon indice quant à la qualité du bouquin.

 

Dernière chose, mais qui pour moi n’est pas la moindre, Adam Blake n’est autre que le pseudonyme choisi par l’auteur britannique Mike Carey, scénariste de comics (il a officié sur un nombre impressionnant de BD, depuis les X-Men jusqu’aux Fantastic Four, en passant par Hellblazer -la série dans laquelle évolue le personnage John Constantine- ou The Unwritten) mais aussi auteur de romans comme Cercle vicieux dont j’ai déjà parlé ici il y a longtemps, où Celle qui a tous les dons (dont il a aussi écrit le scénario de l’adaptation cinématographique) dont je parlerai ici également (mais dans trèèèès longtemps).

 

Et pour avoir déjà lu pas mal de ses œuvres, je peux vous assurer que le bonhomme assure une plume à la main.

 

Donc si vous n’êtes pas allergiques aux thrillers mâtinés d’Histoire et de mythes, si les gros pavés ne vous font pas plus peur que ça (parce que mine de rien ça envoie pas mal en nombre de pages) et que vous aimez être transportés à travers le monde par une intrigue bien ficelée et pleine de mystères à résoudre, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par cet Évangile des assassins de bien bonne facture.

 

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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 16:50

Ah les téléphones portables. Les opérateurs. Les forfaits, les abonnements. Le monde merveilleux du tout numérique, la dématérialisation des services, la connexion permanente au réseau. Tout ça, tout ça.

J’ai de tout temps gardé volontairement une certaine distance avec ce qui passe pour être la marque ultime de la modernité. Pas demain la veille qu’on me verra avec un Iphone par exemple. Pourtant, avec un peu de retard sur le reste du monde, je m’étais finalement converti au téléphone portable en 2007.

Seulement voilà : j’en étais resté là. En 2007. Autrement dit la préhistoire vu de 2019.

Dis papy, c'était comment le futur ?

Je vois déjà le flot de moqueries qui vont s’abattre sur moi, et je m’en cogne car je n’en retire aucune honte : jusqu’à maintenant je n’avais jamais pris d’abonnement chez aucun profiteur opérateur téléphonique. Je fonctionnais en carte prépayée* ! Ravalez vos quolibets, je n’en ai cure. Sauf que, les années passant, chez Bouygues les règles de facturation ont beaucoup varié, allant du très rentable à la limite de l’usurier, voire dernièrement de l’escroquerie pure et simple. Mon utilisation du téléphone n’a jamais changé : très peu d’appels, quasiment pas de mms, pas mal de sms et jamais d’internet. Je ne suis tout simplement pas un accro du portable, c’est à mes yeux un simple outil pratique qui doit garder ce statut et rien de plus. En revanche ma consommation de cartes prépayées, après avoir été longtemps stable, s’est tout à coup envolée ces derniers mois. N’ayant pas changé mes habitudes, j’en ai déduit que Bouygues Télécom faisait tout pour se débarrasser de ses offres prépayées, ou à défaut se gaver un maximum dessus. Étant par ailleurs très régulièrement sollicité par des sms de pub m’incitant à « faire évoluer mon offre » en passant à la formule sans engagement « B&You », j’avais fini par abdiquer, me résignant à passer outre mes principes en la matière. Ma philosophie avait toujours été de préférer payer ce que je consomme plutôt qu’un abonnement fixe pour des services que je n’utilise pas. Je consomme plus je paye plus, je consomme moins, je paye moins, ça me paraissait pas complètement déraisonnable comme idée. D’un autre siècle peut-être, mais pas déraisonnable, j’insiste. Mais voilà, l’évolution des tarifs est telle que persister en carte prépayée serait aujourd’hui l’équivalent de souscrire volontairement à la légalisation du racket**.

 

Quittant plus tôt le bureau, me voici donc en chemin pour la boutique Bouygues Télécom de Colmar, considérant bon gré mal gré, qu’un abonnement sans engagement « B&You » à 7€99/mois ça reste un bon compromis entre mes besoins en téléphonie et ce que je suis enclin à dépenser à cet effet. Et puis surtout c’est le terme « sans engagement » qui me plaît dans l’affaire.

J’entre donc. Ce faisant je remarque bien que j’interromps la discussion certainement très intéressante qu’avaient entre eux les deux … comment doit-on les qualifier d’ailleurs ? Vendeurs ? Conseillers ? Ah oui : technico-commerciaux ? J’expose ma demande, simple, brève, synthétique : « je suis en carte prépayée chez Bouygues, j’aimerais changer pour un forfait « B&You » à 7€99/mois. » L’air triste et l’oeil morne, on me rétorque d’un air distrait qu’on ne peut rien pour moi en boutique, ça ne peut se faire que par internet. Il me semblait pourtant avoir lu dans les sms intempestifs que je recevais de Bouygues la formule « rendez-vous dans nos boutiques pour changer d’offre » ou quelque chose d’approchant. Non non, on m’affirme que c’est sur internet que ça se passe. Je m’attends à ce qu’on me propose de me connecter au site sur place, histoire de ne pas m’être déplacé pour rien mais c’est un vain espoir. La demoiselle-conseillère-vendeuse-technico-pouet-pouet reste plantée devant moi, amorphe, plus de son plus d’image. Devant tant d’enthousiasme commercial je n’insiste pas et repars en sens inverse.

Bon pour rebrousser chemin...

Je me connecte sur le site du maçon des télécoms, je parviens non sans peine à trouver le lien qui m’est réservé (« si vous êtes en carte prépayée veuillez cliquer ici » perdu sur la page en petits caractères), je m’identifie, suis les consignes et opte pour la formule voulue. Et là, en toutes lettres il est clairement mentionné que pour les clients en carte prépayée, le passage en B&You ne peut pas se faire en ligne, mais obligatoirement en boutique. Las, je sens monter en moi l’exaspération. Je me dis qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud et repars derechef à pinces vers la boutique. Pendant tout le trajet la petite phrase de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs trotte dans mon esprit comme un mantra : « L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois [...] »...

"L'homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois..."

Deuxième interruption de ce qui semble définitivement être une discussion très intéressante entre les deux… les deux… je ne sais pas, je ne sais plus, disons les deux plantons en uniforme de chez Bouygues affalés sur leur comptoir.

J’entame par un rebonjour. J’explique calmement (même, j’essaie de sourire) que le site qu’ils m’ont conseillé d’aller consulter, m’a conseillé de revenir les voir eux. La demoiselle sans entrain passe la main à son collègue qui s’avance d’un air bravache, genre « laisse cocotte, je m’en occupe, je vais lui redire tout pareil que toi mais avec un air de c’est qui le patron ici ».

« Ah non c’est impossible monsieur, on ne peut pas faire ça en boutique, les B&You c’est obligatoirement en ligne. » De manière fugace, l’envie de lui demander à quoi sert une boutique qui ne peut pas vendre un des produits d’appel de la marque me traverse l’esprit, mais je la chasse bien vite, en me disant que faire du mauvais esprit ne fera pas avancer mon problème (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…).

Quand on veut...

Je lui réponds donc que « si, ça doit être possible, en tout cas c’est explicitement indiqué comme tel sur le fameux site en ligne tant recommandé ». Sous-entendu : je n’ai pas pour habitude d’inventer des cracks juste pour faire chier mon prochain. Pas que ça à faire non plus. Et là, le monsieur bravache monte direct d’un ton « je vous dis que je ne peux pas, vous me traitez de menteur monsieur ? ». À ce moment précis, deux choix s’offrent à moi : soit lui expliquer que jamais de la vie je ne me permettrais de remettre en cause son honnêteté, mais plutôt souligner son incompétence ça oui, soit essayer de désamorcer la situation en cherchant une solution à mon problème plutôt que de s’énerver pour rien (en gros : faire son travail à sa place). (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

... on peut !

Je lui propose donc, plutôt qu’un débat pour savoir qui dit la vérité et qui ment digne d’une cour d’école maternelle, de vérifier ensemble sur le site internet de son employeur, que je sais encore lire (et sans lunettes hein ! c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup), et que non je ne viens donc pas juste pour l’empêcher de discuter en rond avec sa collègue féminine à l’œil de poisson pas frais, mais bel et bien parce que je n’ai pas d’autre choix pour souscrire à mon putain de bordel de forfait B&You de mes couilles. Pardon, je m’emporte. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

Et là, je reste coi.

Comme un koala coi, quoi.

Le blaireau-en-chef me répond : « ce n’est pas possible monsieur, on n’a pas internet sur nos ordinateurs ». Ah. Ah d’accord. Rappelez-moi ce que vous vendez déjà ici ? Bêtement je souris, croyant à une joke. Lui ne sourit pas. Les bras m’en tombent. J’ai envie de lui demander s’il est sérieux, mais je m’abstiens, j’ai peur de froisser encore une fois l’honneur de cette pauvre chose, et de devoir m’embarquer à nouveau dans une discussion sans fin à base de « vous me traitez de menteur monsieur ? » N’empêche, le con m’a pris au dépourvu. Je me fends donc d’un « vous n’avez pas internet chez Bouygues ? Ah ben c’est pratique ça. » Avec encore une fois cette question lancinante qui ne demande qu’à être exprimée à haute voix « mais elle sert à quoi votre boutique en fait ? », que je réprime, vaille que vaille. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

Courage, fuyons.

Apparemment c’est encore trop subversif de ma part, puisque le type-qui-ne-sert-à-rien-en-chef me renvoie du tac au tac, d’un air assez fier de sa répartie : « ah mais je vous rappelle que c’est vous qui avez besoin d’internet monsieur, pas moi ! ». Et ma main dans ta gueule, m’est avis que t’en aurais besoin pour te rappeler que tu es censé essayer de résoudre mon problème plutôt que de jouer les cakous avec la clientèle ! Il n’y a visiblement pas de module « je connais les produits que je vends » dans la formation des inutiles-de-boutiques chez Bouygues Télécom, il semble assez évident qu’il n’y a pas non plus de rappels sur « les bases du commerce » ni sur « le respect et la politesse comme base de tout échange fructueux entre êtres humains ». En fait, il ne doit juste pas y avoir de formation si ça se trouve.

Laissez-moi vous remettre le titre de l'employé du mois.

J’avise la crevette en face de moi, les bras flottants dans son gilet sans manche qui ne laissent aucun doute sur le fait qu’il est tout sauf équipé pour jouer l’impertinence, et l’espace d’un instant j’ai très envie d’user de mon quasi-quintal et de mes heures passées à faire de l’exercice pour voir combien de temps je peux le tenir les jambes décollées du sol à le secouer par le colbac. La perspective est tentante, je suis persuadé que ça me déstresserait bien, et puis soyons honnête : je l’aurais bien mérité après tant d’efforts pour rester calme et posé en face de ce roquet un peu trop sûr de lui ! Mais c’est finalement le petit ange à aube blanche et auréole sur mon épaule droite qui l’emporte, me soufflant à l’oreille l’argument hautement recevable que ça n’apportera de toute façon aucune solution à mon problème de portable. Gandhi Style. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois…)

Bud Spencer or Gandhi Style ?

À ce moment, hormis les solutions impliquant de la violence physique à base de grandes baffes façon Bud Spencer, j’ai du mal à trouver une solution rationnelle à mon problème. Notez-bien que jusqu’ici, je rappelle que je suis le seul dans cette histoire à essayer de trouver, non sans bonne volonté, une solution au problème, alors qu’il me semble que le type planté devant moi est payé pour, si ce n’est trouver, au moins chercher cette solution***.

C’est alors que le gus, pas le moins gêné du monde enchaîne en essayant de me vendre autre chose. « On ne peut pas faire d’abonnement B&You en boutique, mais on peut vous proposer ça » me dit-il en me montrant sur l’écran de son ordinateur sans internet deux offres absolument irrésistibles qui incluent abonnement avec engagement sur 24 mois, achat d’un nouveau téléphone et mensualités indécentes. Ben tiens. Ça c’est possible, et tout de suite, zéro attente, direct en boutique. Bien, au moins j’aurais élucidé le mystère de l’utilité d’une boutique Bouygues. Vous faire cracher au bassinet. En disant s’il-vous-plaît et merci avec ça.

Et avec le sourire !

Je répète, une fois de plus, une fois de trop, que ce n’est pas, mais alors pas du tout ce que je veux. Je suis déjà client chez Bouygues et je veux juste un forfait B&You à 7€99/mois. Bien qu’abasourdi par tant d’incompétence mêlée de mauvaises manières, alors que je suis encore vainement en train de chercher une porte de sortie à ce cercle vicieux diabolique dans lequel je me suis vu entraîné bien malgré moi, une question me taraude l’esprit, et puisque de toute façon je pressens bien qu’aucun de ces deux nazebroques ne va m’être d’aucune utilité, je la leur pose quand même : « je ne suis quand même pas le premier dans ce cas non ? Je suis le dernier dinosaure à utiliser une carte prépayée et qui demande à changer pour un forfait B&You ? ». La vendeuse à l’œil de merlan frit tente de camoufler un sourire. Tu peux te marrer la vilaine, inutile de te cacher, c’est offert par la maison. Réponse du guignol-qui-a-réponse-à-tout-sauf-à-ce-qu’on-lui-demande : « Non, ça n’est jamais arrivé ». Ok, là j’ai ma dose. C’est pas comme si j’avais encore des doutes, mais c’est la preuve ultime qu’ils n’en ont rien à carrer, et que je n’ai donc strictement plus rien à faire ici si ce n’est perdre plus de temps que je n’en ai déjà perdu avec ces incapables. (L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois… mais la vérité m’oblige à te le dire : ton Antoine**** commence à me les briser menu !)

Answer is in the question...

Sur ce, retour de la demoiselle-toute-molle dans la conversation, qui se rappelant qu’elle m’avait déjà au préalable conseillé d’aller sur le site Bouygues, change son fusil d’épaule et me propose cette fois de téléphoner au Service Clientèle, qui pourra peut-être (notez le conditionnel qu’elle a employé, manquerait plus qu’on me donne des informations sûres chez Bouygues) m’aider. Oui, oui je vais faire ça. Et puis d’abord racheter une carte prépayée pour les appeler et les entendre me dire « désolé mais il faut aller en boutique pour cela monsieur ». Oui, oui. Bien sûr. Encore merci hein. Changez rien surtout, vous êtes au top.

Mes amis s'associent à moi pour vous dire bravo.

Et c’est comme ça que je suis paché ses Shosh.

Und aufwiedersehn !

* première vague d’évanouissements dans l’audience !

** ah, on me souffle à l’oreillette que dans maints domaines le racket est légal…

*** et là je concède qu’il ne doit certainement pas être payé grassement (en même temps vu le travail fourni ça ne serait pas très méritocratique hein) le garçon de chez Bouygues. Mais son salaire ne justifie en rien son comportement.

**** remplacez le Antoine du film par le prénom du débile-en-chef susnommé

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 13:21

Franchement j’hésite à vous en dire plus. Plus que le titre, Room.

Parce que je l’ai lu sans rien en savoir d’autre, et que c’est très certainement grâce à cela que ce bouquin m’a à ce point dérouté, ennuyé, puis chopé pour finalement me laisser avec la trace d’une bonne vieille claque comme ça faisait longtemps que je ne m’en étais pas prise.

Alors forcément moi, là maintenant, à l’heure d’écrire une chronique à son sujet, j’hésite.

Parce que j’ai peur qu’en en disant plus que son titre, j’en dise déjà trop. Que j’amoindrirai l’impact. En même temps si je n’en dis rien, j’ai peu de chance de vous inciter à le lire, alors que pourtant je ne peux que conseiller à tout le monde sa lecture !

 

Dilemme, dilemme.

 

Après évidemment, vu qu’il a eu un sacré buzz à sa sortie (ça date quand même de 2011 – 2012 cette histoire-là), qu’il a déjà été adapté en film (que je n’ai pas vu), et que donc vous en avez peut-être déjà entendu parler par ailleurs, il y a des chances que vous en sachiez déjà largement plus que moi au moment de ma lecture.

N’empêche, je vais essayer d’être le moins bavard possible quant au résumé, et d’en révéler le strict minimum.

 

Room c’est l’histoire de Jack. Jack vient d’avoir 5 ans. Jack est un petit garçon heureux, qui déborde de vitalité, et le centre de son univers, c’est Maman. Ils vivent de manière fusionnelle, ne se quittent jamais. Dans leur chambre ils font tout ensemble. La seule ombre à ce tableau idyllique c’est le Grand Méchant Nick, heureusement Maman cache toujours Jack dans Petit Dressing lors de ses venues. Mais Jack a 5 ans aujourd’hui : c’est un grand à présent !

 

Et je vais m’arrêter là pour ce qui est du résumé. Si vous tenez à en savoir plus vous avez deux solutions : la plus facile, vous tapez Room dans n’importe quel moteur de recherche et vous saurez tout ce qu’il y a à en savoir, et même bien plus. Ou bien vous optez pour la seconde solution, la moins simple : vous lisez ce roman assez exceptionnel de Emma Donoghue et vous découvrez par vous-même ce qu’il y a à découvrir.

Il va de soi que je vous conseille la seconde solution.

 

Cependant attention ! Si vous ne voulez rien savoir du tout cessez de lire ici, sinon voici tout de même une ou deux choses que je peux vous dire sur ce que ce roman a produit comme effet sur moi…

 

La première chose à savoir, c’est que le narrateur de l’histoire c’est Jack. Et Jack a tout juste 5 ans. Il parle donc comme un enfant de 5 ans. Son monde est riche et il côtoie beaucoup de monde dans son univers : il y a Madame Lucarne, Monsieur Tapis, Madame Table, Monsieur Évier, Petit Dressing, Monsieur Lit et bien d’autres ! Et sa vie, comme celle de chaque enfant, est rythmée par d’innombrables rituels…

… et pour tout dire ne sachant pas ce que j’allais lire, l’entame du bouquin m’a vraiment été difficile. Entre le langage d’un enfant de 5 ans et l’aspect ultra-répétitif du moindre petit détail de son existence (qui pour lui ne sont pas des détails mais bel et bien des événements de première importance, comme tout ce que fait un enfant de cet âge-là), j’ai souffert à la lecture. Je me suis ennuyé, et j’ai même commencé à douter sérieusement de l’intérêt de cette histoire qui n’en finissait pas et semblait ne mener nulle part… Je crois l’avoir déjà dit ici l’une ou l’autre fois, j’ai cette fâcheuse tendance à ne pas abandonner un livre dont j’ai entamé la lecture, fut-il chiant à mourir. Et j’en conviens, c’est plutôt débile comme attitude, car j’aurais souvent gagné du temps en m’autorisant à laisser tomber une lecture ennuyeuse, lourde et/ou soporifique plutôt que de m’imposer d’en venir à bout coûte que coûte. Mais je me dis que si je veux me permettre d’émettre un avis dessus, le moins que je puisse faire c’est de le lire intégralement. Quitte à ce que le calvaire de ma lecture n’accroisse d’autant la perception négative que j’en aurai et n’aggrave ce que j’aurai à en dire plus tard. « C’est le jeu ma pauv’ Lucette. »

Mais cette fois-ci, avec Room, cette attitude bornée a sauvé ma lecture. Je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais il doit y avoir au bas mot 80 à 100 pages, celles du début qui m’ont vraiment été pénibles à lire. Pas loin du premier quart du bouquin en fait. Et puis tout à coup le déclic se fait ! Quasiment d’une page à l’autre, tout s’éclaire, tout prend sens, et l’ennui m’a quitté instantanément au détour d’une page, au début d’une nouvelle phrase, d’un nouveau paragraphe. Et c’est la première claque, quand on comprend ce qu’on a lu jusqu’alors. Et on comprend que cet ennui à la lecture était un mal pour un bien, mieux : un passage obligé et indispensable pour que la suite revête autant de force ! Et la deuxième claque vient dans la foulée, quand en même temps que Jack, et même avec un brin d’avance sur lui, puisqu’on n’a plus 5 ans, on comprend ce qui va se passer par la suite. Alors le suspens prend ses droits. Le roman vous chope par les roustons et ne vous lâche plus une seule seconde, plus une seule ligne. Pourtant c’est toujours Jack qui raconte, toujours avec ses mots à lui, avec sa naïveté à lui, dans son monde à lui. Et tout ce qui était lourdingue au départ devient passionnant. Et c’est même justement parce que le point de vue narratif est celui d’un enfant de 5 ans, que le récit prend une envergure toute particulière et encore bien plus vaste et profonde que si le point de vue était celui d’un adulte.

 

Ce roman, passée sa première partie volontairement longuette, vous chope aux tripes et vous lessive émotionnellement.

Gros coup de coeur.

 

Alors n’oubliez pas : Room. C’est tout ce que vous avez besoin de vraiment savoir sur ce livre.

 

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 16:24

J’ai retrouvé dans mes archives cette photo que j’avais prise il y a quelque temps déjà d’une affiche publicitaire qui m’avait attiré l’œil.

Et tu vas me faire le plaisir de vider ton assiette !!

Et pour cause. En tant que bon alsacien (et aussi en tant que gourmand) je suis plutôt client de ce genre de plat bien de chez nous, qui sous couvert de manger des légumes pas courants t’autorise surtout à t’enfiler une cargaison de charcuterie qui devrait faire tourner de l’œil le premier vegan venu. D’ailleurs il paraît qu’on a aussi vu défaillir un certain nombre de nutritionnistes après qu’ils eurent été exposés à cette affiche, mais là n’est pas le propos.

 

Mais là, chers amis publicitaires, de deux choses l’une : soit vous êtes de grands naïfs plein de bons sentiments culinaires, soit vous n’avez jamais servi à un enfant de 4 ans * à table une assiette de navets salés.

 

Mais à part ça j’opine du chef : les navets salés c’est très bon, mangez-en ! **

* Tom est cependant hors-concours, il fausserait trop les résultats statistiques !

** et n’oubliez pas la saucisse et le lard qui vont avec surtout.

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 09:33

Premier roman d’une toute jeune auteure, Margaux Guyon avait 21 ans à la parution de son œuvre, ce Latex etc. traîne dans son sillage un parfum d’interdit, et a été clairement présenté à sa sortie comme le nouveau roman provocateur et sulfureux du moment.

Moi forcément, vous me connaissez, ça m’a de suite intrigué et j’ai voulu évidemment vérifier par moi-même si le bouillon était aussi savoureux que le fumet le laissait présager… Oui, aujourd’hui je fais dans la métaphore culinaire. Certainement parce que je viens de m’envoyer un pot-au-feu qui claque sa mère et que je ne vais pas tarder à aborder la phase de digestion. Bref, passons.

 

Bon, alors autant le dire de suite : l’enrobage est beau, mais la farce est un peu fade à l’arrivée, et je stoppe là avec mes analogies façon menu du jour. C’est toujours le problème quand on nous survend un truc, on s’expose fatalement à ce qu’un certain nombre de promesses ne soient pas tenues. Et c’est le cas ici. C’est dommage d’ailleurs, parce que c’est ce qu’on retient le plus, alors que l’ensemble possède aussi certaines qualités. S’il avait été présenté d’une façon un chouïa plus modeste, c’eut été à coup sûr un plus (pour le lecteur, pas pour les chiffres de vente on est bien d’accord).

 

Rentrons donc dans le vif du sujet et disséquons*.

Dans Latex etc. on suit les aventures d’une jeune fille, lycéenne de 17 ans, qui se prénomme Margaux et vit dans une petite ville de province, C*****, à côté d’Avignon. Intelligente et cultivée, elle s’ennuie à mourir, et pour tuer le temps elle lit de grands auteurs, fait la fête avec quelques amis, fume un chichon par-ci par-là, et baise. De fil en aiguille, elle va se mettre à se prostituer auprès de messieurs fortunés d’Avignon, gagner rapidement des sommes indécentes et tout claquer dans des marques de luxe. Jusqu’à ce qu’un événement vienne bousculer ses petites habitudes et lui faire relativiser sa condition un peu particulière…

 

Je n’en dis pas plus pour ne pas déflorer le (maigre) suspens, et je vais tâcher de ne pas dévoiler trop de l’histoire dans ma critique.

 

Commençons par le positif. C’est plutôt bien écrit. C’est pas du Balzac** mais c’est fluide, dans l’air du temps sans en faire trop, des phrases courtes et bien construites, bref le style sans être décoiffant est agréable à lire. Pour un premier roman et surtout pour une auteure d’à peine 21 ans, je trouve que c’est déjà suffisamment rare pour être mis en avant. On n’est pas dans un truc auto-édité qui claudique sur trois pattes, ni dans une bouillie façon fanfic du pauvre. Le texte a de la tenue et ça se remarque.

Autre source de satisfaction : la distanciation par rapport aux faits relatés. Il s’agit tout de même de choses pas super glamour, du genre même plutôt glauque à la base. On parle de prostitution, pas de pâte feuilletée ou de sauce béchamel. Ah merdum, pardon j’avais dit que j’arrêtais avec ça. Ce que je veux dire, c’est que ce qui est décrit dans le roman ne tient pas toujours de la plus grande légèreté, et comporte des implications assez graves pour les protagonistes. Et pourtant l’auteure parvient à ne pas verser dans le sensationnalisme, et se garde d’y coller un surplus d’émotions qu’il aurait pourtant été facile d’ajouter à peu de frais. Le ton reste froid (presque glacial par moment), analytique, posé, réfléchi. C’est une grande qualité à mes yeux que de ne pas chercher à jouer uniquement sur l’émotion dans ce genre de situations, et une qualité plus grande encore de ne pas y adjoindre des relents moralistes, accusateurs ou même simplement de se poser en juge. À mettre à son actif donc, preuve s’il en fallait qu’on peut avoir 21 ans et faire preuve de maturité intellectuelle.

 

Quoique, à propos de maturité intellectuelle, j’ai peut-être un contre-argumentaire qui tendrait à prouver le contraire. Et là du coup on passe dans la partie négative de ma critique. Si le texte sort indiscutablement du cadre habituel de ce qu’on peut s’attendre à lire sous la plume d’une auteure de 21 ans (oui, oui, j’assume pleinement mon préjugé sur les jeunes d’aujourd’hui, et je m’enfonce un peu plus encore en disant ceci, dans un rôle de vieux con que je ne me voyais pourtant pas endosser si tôt…), que ce soit sur la forme comme sur le fond, il reste cependant quelques traces assez évidentes de la jeunesse de Margaux Guyon. Et des traces qui à mes yeux font tâches.

 

Il y a tout d’abord le personnage principal de Margaux. L’héroïne porte le même prénom que l’auteure, et bien que le bouquin arbore le mot « roman » sur sa couverture, la promotion autour du livre laisse entendre qu’il s’agit d’une autofiction plus ou moins proche de la réalité et Margaux Guyon elle-même s’est fait un malin plaisir à sous-entendre que son récit est très largement inspiré par sa propre expérience et sa vie privée lors de différentes interviews qu’elle a données.

Dès lors la fameuse petite ville de C*****, faussement anonymisée de la sorte alors qu’il est fait « subtilement » allusion à la ville du melon, comment dire, ça fait un peu cachotterie de gamine non ? Elle ne veut pas dire le nom (au cas où on pourrait la reconnaître ?) mais fait tout pour qu’on sache quand même, ça fait un peu nunuche je trouve.

Mais bon, on va mettre ça sous le coup d’une quelconque coquetterie d’écrivain, soit, passons. Là où j’ai beaucoup plus de mal, c’est sur la personnalité de Margaux. Et quand je dis « Margaux », j’ai très envie de faire d’une pierre deux coups, et d’englober sous le même prénom unique l’auteure et son personnage, tant ce que j’ai pu percevoir de l’écrivain en interview la fait coller trait pour trait à son personnage de roman. Mais ne soyons pas mauvaise langue, je vais donc me contenter de développer mon argumentation par rapport au personnage du roman. Durant tout le récit on a une gamine (parce qu’à 17 ans je pense qu’il n’est pas injurieux de la qualifier de gamine, toute avancée intellectuellement qu’elle soit / se considère***) qui se décrit comme différente des autres. Et si elle ne le dit pas aussi abruptement dans le texte, c’est pourtant très clairement insinué à longueur de pages : Margaux est supérieure aux autres. À ses amis de son âge, aux membres de sa famille (tous affublés de tares, il est intéressant de remarquer que les descriptions se font bien plus sous un angle quasi-systématiquement négatif que positif), aux habitants de sa ville (c’est bien connu : les provinciaux sont petits, gris, ternes et terriblement ennuyeux. Il y en a même, eh ben c’est des beaufs dis-donc !!).

Quelques exemples pour illustrer ce que je dis ? Sans aucun problème, le texte en dispense à profusion...

Margaux sèche régulièrement les cours. Mais attention, elle le fait pour lire chez elle ! Et c’est pas pour se farder du Marc Levy ou du Musso de pacotille (à croire qu’une des pires crainte de Margaux Guyon soit qu’on la confonde avec une adolescente qui tiendrait un blog sur la bit-lit !!), elle, elle lit des œuvres publiées dans la Pléiade. À C***** les gens pensent petit et ne voient pas bien loin, alors qu’elle, elle a de l’ambition. Autour d’elle les gens s’habillent comme des sacs, sans aucun goût, et pire que tout, pour pas cher. Elle, elle s’habille en Diesel, en Darel, en Prada, met des Repetto. Ce roman est un véritable catalogue de marques hypes et classes, où le moindre t-shirt coûte bien évidemment un bras. Clair que vous ne verrez pas mentionné un nom du type Kiabi ou H&M… ça aurait à la limite pu, mais sous forme d’insulte alors. Et c’est un peu la même chose pour tout : quel que soit le domaine, Margaux ne connaît et ne reconnaît que le must, l’élite. Du moins ce qu’elle considère comme tel. Sûr qu’on peut toujours trouver plus snob en cherchant bien, n’empêche elle a déjà un sacré bon niveau en la matière la petite. Pour pousser encore plus avant la logique, Margaux n’est pas une « simple » prostituée, mais une call girl de luxe, aux tarifs exorbitants et à la clientèle triée sur le volet de la grande bourgeoisie d’Avignon. Et quand elle prend des vacances c’est à Courchevel bien entendu. Dès lors deux réactions me viennent instantanément. Enfin non trois, parce qu’en tout premier lieu, c’est l’envie de la secouer un peu qui me vient, mais bon c’est pas bien je sais. Ce que je me dis en lisant ça, c’est que Margaux a clairement besoin de s’exprimer et de se positionner en tant que personne. Mais qu’elle ne parvient à le faire qu’à travers l’image qu’elle se figure que des objets vont pouvoir donner d’elle. Et comme elle se voit supérieure, au minimum intellectuellement, et accessoirement financièrement aussi puisqu’elle est issue d’une famille aisée et que par-dessus cela elle va se mettre à palper grave en se prostituant, il faut que les objets qui l’entourent, et dans son esprit la définissent, soient des objets élitistes, de luxe. Idem pour ses goûts. Bref, le paraître avant l’être, ça crève les yeux tout du long du roman (et des interviews de l’auteure). Ça n’empêche pas l’intelligence et la culture on est bien d’accord, mais ça les minimise quand même méchamment… À mon sens du moins.

L’autre réflexion que je me fais à la lecture de ce fatras de références si précisément choisies pour l’image qu’elles renvoient, c’est son artificialité d’une part, mais aussi et surtout l’effet pervers qu’elles induisent. À force d’en user, parfois avec une condescendance affichée envers le « commun des mortels » qu’elle côtoie, pour se situer par rapport aux autres, pour se placer de fait au-dessus de la mêlée, pour prouver qu’elle vaut mieux et bien plus que son entourage, elle en arrive à l’effet inverse. C’est à ce point appuyé que c’en devient grossier. Presque vulgaire. Et que finalement, au lieu de faire figure de preuves de sa supériorité intellectuelle, ça ne fait que démontrer que la gamine a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire dans sa tête avant de devenir ce qu’elle croit déjà être. Confondre l’intelligence et la culture avec la condescendance et le mépris des petites gens, ça en dit long sur le stade de maturité réel de Margaux…

 

Bon pour le dire en un mot comme en cent, plus d’une fois j’ai eu envie de lui en coller une, histoire de lui remettre un peu les pieds sur terre à la fillette. Façon Poelvoorde dans Podium : « toi avec le poulpe sur la tête, mets-toi à genoux. Et dirige-toi vers la porte, ça t’apprendra l’humilité ». Désolé hein Margaux, on a la culture qu’on peut… et personnellement j’ai la modestie de reconnaître que la mienne ne cherche pas à se revendiquer de la Pléiade (bien que je n’aie rien contre).

 

C’est, je crois, à la fois ce qui signe le caractère et marque un positionnement fort du roman, mais qui éloigne aussi viscéralement du personnage sur un plan purement humain. Cette condescendance qui ne dit pas son nom. Ce complexe de supériorité qui s’ignore. On ne peut pas réellement se prendre de sympathie pour cette fille. Des aspects de sa personnalité sont intéressants et hors-normes, mais elle n’est jamais, à aucun moment, attachante. Son cynisme n’est pas drôle, il n’est que méchant, parfois même injustement, et c’est là sa limite. On ne sent pas de second degré derrière ses sentences, on a du mal à percevoir une quelconque douceur, une trace d’humanité, comme s’il s’était agit d’une faiblesse que Margaux eut voulu à tout prix gommer et effacer de son être. Et du coup l’effet recherché par l’auteure s’annule, pire s’inverse. Ses lectures, ses goûts, sa sensibilité artistique et esthétique devraient faire d’elle un personnage profond et riche, alors qu’en fait ce que j’ai ressenti c’est un grand vide, une insensibilité, et une superficialité criante.

 

Pour en revenir au sujet principal du livre, je dois dire que je l’ai trouvé à la fois intriguant et très révélateur quant à la personnalité profonde de Margaux, à savoir une gamine un peu gâtée et au-dessus du lot qui s’adonne à la prostitution par amusement et intérêt mais aussi je pense pour la sensation de transgression que ça lui apporte, et la réponse à cet impératif qui semble s’imposer à elle : se sentir différente (et meilleure au passage) des autres. Cela m’a immédiatement fait penser à un autre roman autobiographique qui aborde les mêmes thèmes, Escorte de Mélodie Nelson dont j’ai déjà parlé ici il y a longtemps. S’il y a de vraies différences (Escorte est beaucoup moins bien écrit et n’a pas de vraie qualité littéraire, et son personnage principal est bien plus sujette à la précarité avant de basculer dans la prostitution de luxe), il y a surtout beaucoup de points de convergence. Il est très intéressant de faire le parallèle entre les deux héroïnes de ces histoires. Elles sont toutes deux de férues lectrices et d’un niveau intellectuel certain. Elles envisagent le sexe de façon non seulement décomplexée mais surtout désacralisée, ce qui leur permet de se confronter à certaines réalités de la prostitution avec beaucoup de détachement. Et surtout elles sont très matérialistes toutes les deux, ne jurant que par les marques haut de gamme et ayant un concept particulier de l’élitisme comme leitmotiv. C’est tellement analogue d’un roman à l’autre que c’en est frappant. De là à en tirer certaines conclusions je ne sais pas si c’est suffisant, mais en tout cas c’est très largement remarquable. Enfin ce qui les lie également, c’est cette capacité à mixer gravité et légèreté sur un sujet qui d’habitude est traité uniquement sur un mode exclusivement grave et très sérieux.

 

Les mots que j’emploie dans cette critique peuvent paraître durs et cruels envers Margaux personnage/auteure, mais reflètent pourtant bien la réaction que la lecture de ce roman a entraînée chez moi. L’aspect positif c’est que pour susciter des réactions fortes, l’œuvre se situe forcément bien au-dessus du tout-venant littéraire, et c’est là une qualité que je lui concède volontiers.

Je tiens tout de même à pondérer et relativiser ma critique qui peut certainement sembler pencher davantage vers le négatif : malgré tout ce que je peux reprocher à ce roman, j’ai pourtant très envie de voir ce que Margaux Guyon, toute jeune et en devenir sur le plan de l’écriture, pourra produire comme textes ensuite. Je suis très curieux de lire autre chose d’elle, de voir si elle aura su atteindre cette fameuse maturité qui semble tant lui importer (et finalement lui échapper malgré tous ses efforts pour nous convaincre du contraire) dans ce premier roman. Une auteure qui donne envie de la suivre, n’est-ce pas là l’essentiel ?

 

* pas évident à placer celui-là. Je ne suis pas mécontent de moi sur ce coup.

** dit le mec qui n’en a jamais lu.

*** je vous laisse cocher le verbe qui conviendra le mieux selon vous.

***** ces étoiles ne sont pas de moi mais proviennent du texte original du roman.

 

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 15:07

Ah le sport !

À l’heure où tout le monde parle sans cesse de Football et des affaires de gros sous qui y sont associées, où les Jeux Olympiques sont devenus une source d’enjeux financiers énormes, et où les droits de retransmissions télévisées explosent records sur records, j’ai décidé de me pencher sur des sports un peu moins … académiques dirons-nous ! Et plus confidentiels à coup sûr.

Et j’en ai trouvé quelques-uns pas piqués des hannetons dont je vais essayer de parler de temps à autres…

 

Laissez-moi donc vous entretenir un peu de Chessboxing.

Il s’agit d’un sport hybride qui fusionne jeu d’échecs et boxe anglaise !

Si.

Si, si.

Le Chessboxing ou l'association du roque et de l'uppercut !

Au tout départ, le concept a émergé de l’esprit tordu de Enki Bilal, dans sa bande dessinée Froid Équateur (parue en 1992 aux éditions Casterman), et c’était aux dires de l’auteur franco-yougoslave, une invention plus amusante que sérieuse. On en conviendra.

Sauf qu’il y en a un quelque part aux Pays-Bas, un certain Iepe Rubingh, également artiste de son état, qui ne l’a pas pris à la rigolade. Et il a commencé à organiser des combats au début des années 2000, allant jusqu’à fonder la WCBO (World Chess Boxing Organisation) qui régit officiellement ce sport.

Aujourd’hui il existe à travers le monde plusieurs clubs (il y a environ 3 500 combattants licenciés), ainsi que des championnats d’Europe et du Monde (le dernier en date a eu lieu à Calcutta en juillet 2018).

Froid Équateur de Enki Bilal

Alors comment ça marche ?

Les règles sont celles cumulées de la boxe anglaise et des échecs. Les sportifs s’affrontent sur un ring muni également d’un plateau de jeu d’échecs. Le match se compose au maximum de 6 rounds de quatre minutes aux échecs et de 5 rounds de trois minutes de boxe, se succédant l’un l’autre en commençant par un round d’échecs. La partie d’échecs se joue sous la forme d’un blitz avec un maximum de temps (12 minutes par joueur).

 

Comment on gagne ?

- par un échec et mat,

- par K.O.,

- par dépassement de temps aux échecs,

- par décision de l’arbitre sur le ring,

- par abandon de l’adversaire (aux échecs ou en boxe).

 

Deux stratégies principales existent : privilégier l’impact physique en boxe afin de fatiguer et perturber l’adversaire suffisamment pour que ses performances aux échecs en pâtissent, ou être très fort et surtout très rapide aux échecs tout en parant au mieux les coups en boxe pour parvenir à gagner au temps ou par échec et mat.*

Des combattants qui se rendent coup pour coup !

Au début, quand j’en ai entendu parler, j’avoue : j’ai ri.

Et puis en y repensant, puis en ayant vu des extraits de matchs (on peut trouver ça sur internet évidemment), j’ai été fasciné par le mélange de ces deux arts, par la confrontation pure entre puissance cérébrale et puissance physique qui se succèdent tour à tour, par l’aspect stratégique qui prend vite toute son importance au cours d’un match. C’est totalement inédit, hautement improbable, conceptuellement iconoclaste, mais carrément bluffant en fin de compte.

 

Alors c’est sûr que ça ne fera pas le primetime de TF1 à court terme, mais si une chaîne du genre de L’Équipe 21 avait dans l’idée de varier ses retransmissions de Pétanque et de Biathlon, je suis certains que les droits télé du Chessboxing devraient pouvoir se négocier à prix d’ami. Et sûr que je jetterai un œil dessus plutôt que de me perdre dans les méandres des programmes sans intérêt de la majorité des chaînes TNT...

* Petite statistique intéressante : il semblerait que les échecs soient plus payants au chessboxing, puisque environ 60 % des matchs se gagnent aux échecs contre 40 % à la boxe seulement !

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 09:46

Ce roman a été édité dans le cadre d’une collection basée sur le thème du Vendredi 13. Comme son auteur, Jean-Bernard Pouy, a comme qui dirait un tout petit esprit de contradiction chevillé au corps, il a donc intitulé son histoire Samedi 14, histoire de bien donner le ton de son récit. Parce que l’esprit de contradiction, ou en tout cas la ferme volonté de ne pas se laisser imposer quoi que ce soit, c’est justement l’un des traits principaux du personnage central de son roman. Dont je vais de ce pas vous toucher deux mots.

 

Ce personnage donc, c’est Maurice Lenoir, un cinquantenaire paisible qui vit retiré dans une petite maison de la Creuse. Retraité avant l’âge, il vivote du RSA et des légumes qu’il fait pousser dans son jardin. Ses plaisirs sont simples : la nature, le calme, la lecture de l’œuvre de Raymond Queneau et de temps en temps l’apéro chez les petits vieux qui lui tiennent lieu de voisins. Sauf que Maurice ne s’appelle pas vraiment Maurice. Son vrai nom c’est Maxime Gerland, et dans sa jeunesse il a été un activiste de l’ultra-gauche, anarchiste convaincu, chef de file du collectif « Van Gogh », un groupe d’activistes qui avaient pour habitude de couper une oreille des puissants et autres dirigeants qu’ils capturaient avant de les relâcher. À l’époque, il était rien moins que fiché comme terroriste et recherché par toutes les polices de France et de Navarre. Mais il a tourné la page et s’est fondu dans le décor, la flicaille ne lui a jamais mis la main dessus et depuis il coule des jours tranquilles, retiré à la campagne, à peine dérangé par un lumbago chronique enquiquinant. Le seul hic, c’est que ses voisins, les Kowa avec qui il va partager un verre de guignolet régulièrement, sont les parents d’un certain Stanislas Favard, politicien ambitieux et droitier qui vient d’être nommé … ministre de l’intérieur*. Évidemment si Maurice avait su il n’aurait pas été pris au dépourvu, mais ce sinistre politicard avait pris le nom de jeune fille de sa mère pour faire plus français. À la nomination de Favard, voilà-t-y pas qu’un bataillon de CRS débarque dans le quartier pour assurer la protection rapprochée des voisins. Faut dire que le ministre n’est pas le plus apprécié, on cherche donc à protéger ses proches. Et ces cons de flics viennent lui chercher des poux dans la tête pour quelques plants de cannabis que Maurice cultive sur son lopin de terre. Parce que bon, les légumes c’est bien et c’est nourrissant, mais quand même quand on a été un anar gauchiste on garde quelques vieilles habitudes pour se détendre de façon naturelle et bio…

Sauf que là trop c’est trop, Maurice redevient Maxime, et malgré l’âge et le manque d’exercice, décide qu’il ne va pas se laisser emmerder plus longtemps, Et puis si dans la foulée il peut s’occuper du cas du ministre, c’est joindre l’utile à l’agréable. C’est donc parti pour une cavale à travers la France mais aussi l’Italie, ponctuée de rebondissements et de nostalgie pendant que les Renseignements Généraux, qui se sont enfin rendus compte de la véritable identité du voisin des Kowa, se lancent à sa recherche. Le patron de la DCRI qui connaît l’oiseau prévient sa hiérarchie que compte tenu de son âge « il ne va pas se relancer dans des actions violentes ou subversives mais va simplement tenter de nous emmerder un maximum ». Et il est loin d’imaginer à quel point Maxime a conservé son pouvoir de nuisance !!

 

Bon, déjà là, normalement, tous ceux qui aiment les histoires de vieux bandits sur le retour sont conquis. Les gauchistes et pro-anar et revendicatifs dans l’âme aussi. Les amoureux de polars bien écrits, itou. Quand en plus de cela je vous aurai dit que c’est écrit avec une truculence et un amour des mots, de l’argot et des expressions imagées qui font mouche, ça va attirer encore toute une tranche de lecteurs. Amoureux d’humour noir et de cynisme bien à la française, bienvenue, c’est ici que ça se passe ! Allez hop, des lecteurs en plus. Bon ça commence à faire du monde, et c’est tant mieux, parce que je vous le dis comme je le pense : Samedi 14 c’est vachement bien, c’est drôle, c’est impertinent, c’est racé, c’est rythmé, c’est original, c’est inattendu, c’est généreux, c’est malin.

 

Bref : lisez-le !!

 

* toute ressemblance avec un certain Nicolas S, est à mon humble avis absolument et parfaitement voulue.

 

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 15:25
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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 10:00

Avec La nuit des temps, je fais ma troisième incursion dans l’univers de René Barjavel. Mon premier essai avec L’Enchanteur avait été un flop, ma deuxième tentative avec Le voyageur imprudent s’était révélée plus positive sans pour autant éveiller un enthousiasme débridé de ma part (c’était en 2010 déjà...). C’est donc avec l’un de ses incontournables les plus plébiscités que j’ai enchaîné. Ah je sens que le suspense monte et devient intolérable. La horde en furie des lecteurs de mon blog (mais si mais si) qui a été tenue en haleine pendant ces huit dernières années sans avoir de réponse à cette question cruciale restée en suspens, n’en peut plus d’attendre.

Eh bien mes amis, mes lecteurs, ma horde en furie, aujourd’hui vous allez être délivrés de cette cruelle incertitude. Ça valait le coup d’attendre non ?

 

Mais d’abord… voyons voir de quoi ça cause.

Antarctique. Des chercheurs français font une découverte incroyable. À près de 1000 mètres sous la glace qui recouvre le continent, un signal est détecté par les appareils sondeurs. Pourtant à cette profondeur, quoi que ce soit, cela date d’environ 900 000 ans… Dès lors pour percer le mystère (et la couche conséquente de glace qui les sépare du signal), une mission internationale inédite est mise en place, qui voit toutes les nations coopérer. Arrivé à la source du signal, on découvre l’incroyable, l’impensable : des vestiges d’une civilisation ancienne et très avancée scientifiquement. Et parmi ces vestiges, deux corps, un homme et une femme, sont placés en animation suspendue, prêts à être sortis de leur léthargie. Les scientifiques décident alors de réveiller la femme…

 

… et je vais m’arrêter là pour le résumé, histoire de ne pas tout dévoiler à qui voudrait le découvrir de lui-même en se lançant dans la lecture de ce roman.

 

Alors évidemment, là on tape en plein thème SF, exactement du genre de ceux que j’affectionne (comme c’était déjà le cas pour Le voyageur imprudent). Mais l’auteur déborde très largement de ce qu’on pourrait considérer être les frontières du genre. En effet, les trois angles principaux sous lesquels le récit est abordé sont très différents et complémentaires. Tout d’abord il y a le présent, la collaboration entre scientifiques du monde entier, l’exploration, les questionnements qui sont soulevés, les problèmes techniques et leurs résolutions, la découverte et ses répercussions. Là on est en plein récit SF, et j’aime beaucoup. Mais il y a aussi le passé, puisque par flashbacks interposés, Barjavel nous raconte comment cette civilisation si ancienne et avancée en est arrivée à disparaître. Cette partie lorgne un peu vers le conte, la légende, le mythe. Et puis il y a la partie intimiste, celle qui met en avant les sentiments des protagonistes et en particulier de deux d’entre eux, les principaux : le Docteur Simon, l’un des dirigeants français de l’expédition polaire, et Elea, la femme en animation suspendue qui va être réveillée par les scientifiques qui l’ont trouvée sous la glace. Et là pour le coup on est en plein roman à l’eau de rose, grand-amour et passion dévorante en sont les principaux ingrédients. J’avoue que cette partie m’a un peu plus posé de problèmes que les deux autres…

 

J’ai ressenti des sentiments contradictoires et ambivalents à la lecture de ce roman. Autant j’ai été dès le départ intrigué par l’histoire, j’ai voulu tout du long de ma lecture en savoir plus, autant certains aspects du récit m’ont fait tiquer, voire m’ont déstabilisé. Tout d’abord, ce livre a été écrit en 1968, et il est terriblement ancré dans cette période. Même sans connaître sa date de parution, on pourrait deviner aisément de quand il date. La confrontation entre bloc de l’Est et Occident, ce parfum de guerre froide omniprésent, l’arme solaire développée par le Gondawa et l’Enisoraï qui rappelle furieusement la peur de l’arme nucléaire née dans les années 50, les manifestations d’étudiants pour la paix qui ne sont pas sans lien avec les revendications pacifistes contre la guerre du Vietnam et le mouvement de Mai 68 en France… Barjavel a clairement introduit dans son roman beaucoup d’éléments d’actualité de la fin des années 60. Forcément quand on le lit aujourd’hui, on ne peut s’empêcher d’y voir ces références un peu datées. Et le décalage avec la situation géopolitique d’aujourd’hui. Si rapprochement on devait faire, ce serait ironiquement plutôt entre notre actualité et les faits relatés dans le lointain passé imaginaire d’il y a 900 000 ans…

En soi cet ancrage dans les années 60 n’est pas bien grave, cela dit il entame tout de même l’idée de modernisme du roman. Ce qui est toujours un peu dommage quand il s’agit de SF qui ne se veut pas ouvertement uchronique…

 

La partie du récit consacrée à ce qui se passe il y a 900 000 ans est à la fois intéressante et frustrante. Intéressante car l’idée est bonne et l’envie d’en savoir plus immense, mais frustrante car elle aurait mérité bien plus de développement, de détails, de complexité. Le roman est d’une taille moyenne, ce qui fait que Barjavel ne rentre pas trop dans de tels détails. Ce sont pourtant justement ce type de détails qui sont d’une importance cruciale pour dépasser le stade du conte et rendre le récit réel, crédible, vrai. Durant toute la partie dédiée aux gondas et aux enisors, je n’ai pas pu me détacher de cette impression que l’auteur nous racontait une légende plutôt que des faits historiques. Et ça m’a retenu, et clairement freiné dans l’envie pourtant réelle que j’avais de pleinement entrer dans le récit.

 

Et ce n’est pas la partie sentimentale qui m’en aura convaincu, bien au contraire. C’est certainement à mes yeux la partie la plus faible du roman. L’histoire d’amour impossible entre Elea et Païkan qui se veut un peu artificielle dans son déroulement et son dénouement, penche très ostensiblement vers les histoires d’amours maudits à la Roméo et Juliette ou Tristan et Yseult. Autant le dire de suite, ça n’est pas ma tasse de thé. C’est simple, moi si vous voulez me prendre par les sentiments, vous me parlez de Marv qui se retrouve accusé du meurtre de Goldie dans Sin City – The Hard Goodbye, et là je pourrais bien lâcher une petite larme pour cette brute de Marv qui se sacrifie pour trouver le véritable coupable. Mais Roméo et Juliette, comment dire… un peu trop premier degré, un peu trop gentillet et naïf, enfin bref non quoi. Du coup l’effet Elea & Païkan c’est un peu la même chose pour moi, ça tient plutôt du repoussoir. Quant à l’amour contrarié de Simon et Elea on est un peu dans le même genre de limonade, à ceci prêt que là on se situe plus dans l’hypocrisie que dans la naïveté. Elea est la femme parfaite, des pieds à la tête elle est la quintessence de la féminité. En gros c’est Natascha McElhone. Ou Monica Bellucci si vous kiffez l’accent italien. Et le père Simon il en tombe follement amoureux au premier regard, alors même qu’elle est encore toute pétrifiée dans son sarcophage d’hélium solide. Mais amoureux à un point que vous n’imaginez pas. Sauf que tu ne tombes pas amoureux d’une poupée de cire momifiée aux mensurations parfaites. Non, désolé. Tu peux la trouver belle à crever, oui, mais dans ce cas-là, avec un tout petit peu de bonne foi, tu vas dire que tu la désires plus que tout, que tu vendrais un rein et te crèverais un œil pour l’avoir dans ton lit et lui faire des trucs interdits aux moins de 18 ans, mais t’es gentil tu nous serines pas avec l’amour. L’amour je veux bien, mais plus tard quand tu la connaîtras un peu, au moins après avoir échangé quelques mots quoi (eh ben oui, imagine la nana over-sexy mais qui sort niaiserie sur niaiserie en parlant avec une voix de canard*, t’auras l’air bien con avec ton amour fou du coup). Là tout de suite sur le moment, c’est les hormones qui parlent, pas le coeur. Soyons honnêtes. Nan mais sans déconner…

Entendons-nous bien : je ne jette pas la pierre à Simon, du tout. Mais qu’il ne nous prenne pas pour des jambons, c’est tout.

 

Donc voilà, grosso-modo, ce que j’ai envie de vous dire sur La nuit des temps de Barjavel.

J’ai peut-être pris un peu de temps pour vous expliquer ce qui m’a gêné dans cette histoire mais ne vous méprenez pas, j’ai plutôt trouvé l’histoire intéressante dans son ensemble. Mais encore une fois, Aïe caramba, je n’ai pas été complètement convaincu par le talent de Barjavel. Et si je me remémore mes deux précédentes tentatives, je me demande si peut-être, par hasard, je ne serais pas un poil trop vieux ? Pas pour le lire, mais pour le découvrir. Et que du coup la magie opère moins, que je vois autant les aspects positifs que ceux négatifs dans son écriture. Si vous avez un avis là-dessus, n’hésitez pas à l’exprimer !!

* et là je paie des frites à celui ou celle qui me dira d’où sort cette référence nasillarde, en plus d’obtenir toute mon estime éternelle. Bon ma frangine a le droit de répondre si personne ne se manifeste sous 3 jours, parce que elle, je suis sûr qu’elle sait**.

 

** normal, c’est ma frangine.

 

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