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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 20:02

Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, ce sont deux noms que j’associe instantanément aux deux oeuvres qui pour moi les ont rendus irrémédiablement cultes : C’est arrivé près de chez vous pour le premier, et Bernie pour le second. Certes ils ont fait des tas d’autres choses, de qualités diverses et variées, mais ils restent des icônes indétrônables de mon paysage cinématographique pour leurs rôles dans ces deux films-ci. Et pourtant depuis les vingt dernières années durant lesquelles ils ont hanté les salles de cinéma, ces deux gugusses n’avaient jamais eu l’occasion de se rencontrer sur un projet commun.

Alors forcément, quand l’annonce du Grand Soir les mettant en scène ensemble a été faite, j’ai sauté de joie. D’autant que ce ne sont pas les deux seuls noms qui attirent l’attention sur ce film : les réalisateurs ne sont pas non plus des manchots dans le monde de la comédie et du rire poil-à-gratter français : Benoît Delépine et Gustave Kervern, associés sur plusieurs longs métrages (Aaltra, Avida, Louise-Michel et Mammuth) et personnages incontournables du Groland de Jules-Édouard Moustic.

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Déjà, rien qu’avec cette brochette d’allumés, Le Grand Soir promettait beaucoup. Ajoutez-y le pitch : deux frères aux relations conflictuelles (Benoît auto-rebaptisé Not le « plus vieux punk à chien d’Europe » et Jean-Pierre, le petit vendeur de matelas qui vénère tout ce qui est aux normes) et tous deux complètement paumés au sein d’une société qu’ils n’acceptent pas et qui ne les accepte pas, partent ensemble en quête de liberté. Leur road trip en zone commerciale de banlieue va les amener à élaborer un projet ambitieux : il leur faut faire changer les mentalités. Ils veulent bousculer la société. Et pour cela ils voient grand, ils se donnent pour mission de déclencher la révolution, l’anarchie... le Grand Soir.

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Ici, plus encore que dans leurs précédents films, Kervern et Delépine imposent leur style qui est un curieux mélange de poésie urbaine et d’âpreté du quotidien. Le décor qu’ils choisissent en dit déjà long : une immense zone commerciale bardée des enseignes les plus connues, mais qui pourtant bien souvent ressemble à un immense désert où divaguent Benoît et Jean-Pierre. La société de consommation et le monde ultra-normé des franchises sont les ennemis désignés, des ennemis tout-puissants, contre lesquels se battre signifie s’exclure et se marginaliser. Mais cela n’arrête pas Not, qui est un pur rebelle. Ce qui compte pour lui c’est 8.6 son clébard, la rectitude de sa crête et son approvisionnement en binouze et en yaourts. Jean-Pierre quant à lui est son opposé, mais le jour où sa femme le quitte, son patron le vire et qu’il se retrouve sans le moindre sou, il bascule. Les deux frangins se retrouvent et Not va prendre en main son frère, lui apprendre ce que c’est de vivre dans la rue, ce qu’est sa notion de la Liberté et le prix qu’il faut payer pour en jouir.

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Le film est bien entendu une comédie, mais il est bien plus que cela. Rire n’empêche pas de réfléchir. Comédie dramatique ce serait peut-être un peu exagéré comme terme, mais comédie sociale, voilà qui résume mieux l’esprit du long métrage. Pour autant on n’est pas dans une œuvre moralisatrice, son but n’est pas de dénoncer à longueur de pellicule. Mais les réalisateurs (qui sont également les scénaristes) nous placent face à une réalité dure, parfois cruelle, et terriblement ancrée dans une actualité de crise et un sentiment de « no future » pour reprendre une rengaine punk connue.

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Heureusement, pour contre-balancer cette grisaille et ce pessimisme ambiant, il reste une arme fabuleuse et qu’ils manient en grands maîtres : l’humour. Avant toute chose, c’est dans les personnages tous plus décalés les uns que les autres qu’on le retrouve. Not et Jean-Pierre cela va de soi, sont, à l’image de leurs interprètes, deux sacrés numéros, des tarés à la masse, des cinglés de première. Forcément on se marre avec eux. Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de garder une profonde sincérité et une humanité touchante. Mais il y a aussi tous ceux qui les entourent, à commencer par leurs parents : le père (Areski Belkacem) à qui il faut parler lentement parce qu’il a subi un AVC l’été dernier et la mère (Brigitte Fontaine) complètement cintrée et lunaire, les deux tiennent la gérance d’une Pataterie où ils passent le plus clair de leur temps à éplucher des pommes-de-terre. Il y a aussi les habituels complices du duo Delépine / Kervern qui font de petites apparitions mais qui valent leur pesant de cacahouètes : Bouli Lanners en vigile du centre commercial, qui a une scène de dialogue mémorable avec le père des deux allumés à crêtes, on aperçoit en clin d’œil Yolande Moreau et on fait la rencontre d’un devin pas comme les autres : Gérard Depardieu qui lit l’avenir avec force détails dans l’eau-de-vie.

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Mais l’humour est aussi là dans les dialogues qui viennent désamorcer les situations parfois critiques. J’ai adoré ce passage où Jean-Pierre, qui s’est fait virer de son boulot et de son couple, veut récupérer quelques économies à la banque et que le guichetier lui explique que sa femme a vidé leur compte à la Halle aux chaussures, au Grenier des cheveux ( !) et en abonnement à des séances de musculation du périnée ( !!). Avant d’ajouter en aparté et sur un ton de confidence : « de vous à moi, il ne faut jamais faire de compte-commun, l’amour doit garder une part de mystère ». C’est noir, c’est cruel, mais c’est à mourir de rire. Enfin selon moi en tout cas…

356 grand soir not dead pataterie

Il est clair que Le Grand Soir est avant toute chose une mise en avant du pouvoir comique et des personnalités hors-normes de ses deux comédiens principaux. La démonstration de leur talent n’est certes plus à faire, mais il n’en reste pas moins qu’ils bouffent l’écran chacun à leur manière et à chacune de leurs scènes. Mais ce film ne tient pas qu’à ses acteurs vedettes. Ce que j’ai vraiment apprécié dans le film du duo grolandais, c’est ce mélange subtil de réalité et de délire, de poésie et de pragmatisme, de tendresse et de dureté. Un peu comme si les réalisateurs nous offraient une fenêtre qui donne sur nos vies, sur la crise actuelle et ceux qu’elle laisse sur le carreau, mais une fenêtre sur la vitre de laquelle ils n’auraient pas pu s’empêcher de dessiner un clown enfantin à la gouache. On rit parfois de bon cœur, parfois jaune. On se moque parfois, et parfois on a pitié. Les personnages sont tout en exagération, mais ne font par cette particularité que répondre en écho à la société d’aujourd’hui.

Le Grand Soir est un grand film. Jetez-y un œil, il mérite vraiment d’être vu.


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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:26

Un mot d'explication à cet article tout spécialement dédié à mon petit loulou.

Voici quelques temps, alors qu'il barbotait dans son bain tout en jouant, j'étais tranquillement installé devant mon écran d'ordinateur, de l'autre côté de la porte de la salle de bain. Et voilà que mon petit baigneur se met à papoter tout seul. Je tends l'oreille, et je suis tout surpris de l'entendre commencer « Maître Corbeau, sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage... ». Mais il ne s'arrête pas et continue, récitant toute la fable de La Fontaine du début à la fin, quasiment sans faire d'erreur ! J'étais scotché, car moi je n'aurais pas été capable d'en aligner la moitié de tête ! Je savais que sa maîtresse leur récitait cette fable à l'école (et en première année de maternelle, j'en connais qui qualifieraient cela d'élitisme), mais j'étais bien loin de m'imaginer qu'il l'avait mémorisée mot pour mot... Allez apprendre et retenez un tel texte sans même savoir lire pour voir...

J'avoue bien volontiers que je n'étais pas peu fier d'entendre mon loulou de trois ans articuler parfaitement, alors qu'il ne doit certainement pas piper le moindre mot :

« Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

Depuis, après avoir révisé un peu mes classiques, nous récitons cette fable régulièrement lui et moi. Comme ça, juste pour le plaisir. Et je suis à chaque fois émerveillé par mon petit garçon, je n'arrive pas à me lasser de l'entendre.

Alors de temps en temps, pour rigoler tous les deux, je fais exprès de commencer en disant « Maître Renard, sur un arbre perché... » ce qui ne manque jamais de le faire réagir et d'argumenter que ça n'est pas possible, qu'un renard ne peut pas monter en haut d'un arbre. Et coïncidence, alors que je me promenais sur le site de photos de mon ami Marc, je tombe en arrêt sur une série de clichés où il a immortalisé, un renard se prélassant, confortablement installé dans les branches d'un arbre ! Bien entendu je n'ai pas pu résister à l'envie d'en tirer un petit article, et je me suis amusé à détourner la fable pour l'adapter à cette histoire.

« Maître Renard, sur un arbre perché… »

A ces mots Maître Nathan s’exclama :

« Mais non papa tu t’es encore trompé

Un renard aux arbres ne grimpe pas

Il ne vole pas, il n’a pas d’ailes ! »

Tata, entendant ces mots, reprit quant à elle :

« Bien sûr que non, voyons papa,

Nathan a raison, ça n’va pas ! »

Pourtant papa ne s’arrêta pas là, et dit :

« Es-tu sûr qu’il ne peut pas, moi je crois que si … »

Et Nathan et Tata de dire :

« N’importe quoi ce papa, il nous fait bien rire ! »

Mais grâce à l’ami Marc, un drôle de photographe

Papa illustra sa farce

Car Marc avait surpris et photographié

Un renard paresseux sur une branche affalé !

Nathan, comprit à les voir

Que c’est bien son papa qu’il devait toujours croire !!


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Encore un grand merci à Marc qui m'a autorisé à utiliser ses photos pour illustrer ces quelques mots, je vous engage d'ailleurs à cliquer sur les photos pour les voir dans un format plus grand, et n'hésitez pas non plus à aller visiter son site, vous y trouverez de très belles choses...

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 11:03

Il y a une quinzaine de jours, Fred Blondin avait quelques dates de concert dans l’Est de la France, dont une à Belfort, au Roger’s Café. D’ailleurs je l’y avais déjà vu cet automne et en avais un peu causé ici. Forcément, Belfort c’est juste à côté de chez moi, je ne pouvais pas ne pas y aller.

Difficile de commenter son concert sans me répéter par rapport à ce que j’ai déjà pu vous raconter au sujet de Fred dans mes deux billets précédents (pour ses concerts au Barouf et sur la péniche du Chansonnier). Il y a toujours cette même générosité et cette même envie de partager sa musique, qui font de Fred Blondin un type pas comme les autres. Un artiste pas comme les autres. Cette fois encore ça s’est vu et ressenti tout du long de sa prestation. Il se marre, il s’amuse et il reste accessible. Qu’il soit sur scène ou accoudé au bar pour boire un verre (ou deux, ou douze), c’est juste un mec simple et sympa. Faut le voir quand il se fait des solos à la gratte électrique sur certains titres. Fred est quelque part dans son monde, dans une bulle faite seulement de son et d’accords. Il a l’air de vraiment s’éclater avec son instrument, ce type vit sa musique et c’est aussi chouette à voir qu’à écouter.

Fidèle à son habitude, Fred a enchaîné les morceaux, je ne vais donc pas me lancer dans une longue énumération de titres… mais je ne peux pas m’empêcher de dire que c’est toujours génial d’entendre mes titres préférés, au rang desquels Perso, Mordre la Poussière, Le Mal par le Mal ou encore Des Gens que l’on aimerait Revoir. Merdum, me voilà qui énumère quand même… Bon j’arrête. Je rajoute juste un commentaire tout spécial pour son interprétation d’un autre de ses morceaux que j’adore : sa reprise de La Belle Vie de Sacha Distel qui est vraiment excellente. Voilà c’est dit, j’arrête là. (ci-dessous une petite vidéo prise lors du concert du 26 octobre 2012)


 

 

Et puis comme une bonne nouvelle peut en cacher une autre (ah, on me souffle à l’oreillette que je m’emmêle les pinceaux avec un proverbe ferroviaire), Fred nous a confirmé qu’il enregistrerait son tout nouveau double-album à la fin de ce mois (donc ça devrait pas tarder si c’est pas déjà en cours), ce qui laisse imaginer qu’on aura bientôt droit à une fournée de nouvelles chansons dans pas longtemps (ou de déjà entendues par le biais de SoundCloud.com où Fred met parfois en ligne de nouveaux titres pour les gens qui le suivent sur le net). Je n’en sais pas plus sur le contenu, mais j’espère qu’il y aura des morceaux comme Bonne Journée et La Belle Vie* dont je parlais plus haut…

Fred nous a aussi confié qu’il partait bientôt chanter au soleil, pieds dans l’eau et chemise à fleurs (sur ce dernier point j’allais dire : comme d’hab !), mais je ne suis pas certain d’avoir bien saisi tous les détails puisqu’il a été un moment aussi question de Brême. Très belle ville au demeurant, mais pas très connue pour ses plages de sable fin. Il y a bien une période de l’année, on va dire une quinzaine de jours en juillet, durant lesquels la glace polaire se retire et libère les rivages de la Mer du Nord, mais ça me paraît léger quand même comme climat tropical. Quelque chose a dû m’échapper. Ou alors c’est ma tendance à capter des bribes de conversations à droite à gauche et à les relier dans un ordre plus ou moins aléatoire. C’est pas exclu.

Comme d’habitude, ça a été également l’occasion de retrouver d’autres blondingues (en plus de ma petite sœur qui ne s’est pas faite prier pour m’accompagner), en l’occurrence Stéphane et Laetitia D. et leur indéfectible bonne humeur, Janick et sa fidèle caméra (encore un immense merci pour les dvd des deux concerts de septembre que j’ai visionné dans la foulée) et l’ami Francky que je revois toujours avec plaisir. Je profite de ces quelques mots pour leur passer un amical salut ! On se reverra à coup sûr au prochain passage de Fred dans le coin…

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PS : merci à ma soeurette pour son appareil qui prend de chouettes photos en toutes circonstances et à Stéphane D pour sa science innée du cadrage (et des chiens de traineau).



* deux chansons pour lesquelles Fred a déjà un second fan en plus de moi quoi qu’il arrive : mon petit loulou Nathan qui du haut de ses trois ans fredonne déjà les paroles avec son père. Ah, ma frangine aussi qu’elle me dit. Bon ben trois fans déjà alors !

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:05

Amis fans de baston sur pellicule, amateurs de coups de tatanes savamment dosés, de bourre-pifs en tous genres, d’arts martiaux filmés au ralenti et de coups de lattes en retournés acrobatiques, bien le bonjour. Vous êtes au bon endroit au bon moment. Car aujourd’hui je vais vous parler de The Raid, film indonésien qui sera à mon avis le nouveau jalon du film de baston pour la décennie à venir.

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Parmi mes innombrables défauts, j’ai le mauvais goût d’aimer aussi les films où l’on échange plus de mandales que de lignes de dialogue. Les drames c’est bien, le romantisme pourquoi pas, et la philosophie introspective je ne suis pas contre, mais que voulez-vous, de temps en temps une bonne explication de texte entre musculeux qui se mettent des baffes, ça me délasse. Et je ne suis pas sectaire dans le domaine. Aussi loin que mes souvenirs remontent, j’étais déjà client du duo Terence Hill / Bud Spencer et des tonitruantes gifles que distribuait ce dernier à tout va dans les années 70-80, des enseignements shaolin du petit scarabée de la série Kung Fu, des claquements d’articulations et du cri qui tue de Bruce Lee, sans oublier des séances d’entraînement sur quartiers de bœufs congelés de Rocky. Fan de la première heure du belgeophone Jean-Claude Van Damme dans la peau de Frank Dux au kumité de Hong-Kong, j’ai des souvenirs émus du Steven Seagle svelte et gominé (sa passion pour la charcuterie bio l’ayant depuis rattrapé) de Nico ou Justice Sauvage, j’ai l’image gravée dans ma mémoire du bras herculéen d’un Schwarzy au sommet de sa forme portant son tronc d’arbre comme qui rigole au début du cultissime Commando, et je ne peux m’empêcher d’écraser une larme sur la symbolique de ce grand gaillard de Dolph Lundgren en spetsnaz abandonné mais secouru par un petit bushman dans ce film méconnu qu’est Le Scorpion Rouge. Et que dire de la démonstration de combat au corps-à-corps de Martin Riggs à la fin du premier Arme Fatale ? Que du bonheur pour moi.

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Avec les années qui passent, forcément on se dit qu’on a déjà tout vu, et on est moins facilement impressionnable que quand on est adolescent. Mais de temps en temps, un type se dégage du lot et on ne peut pas s’empêcher de se dire : « ouch, celui-là il dépote ». Plus récemment (on va dire ces 15 dernières années), ça a été le cas pour des gugusses comme Jason Statham (son récent Safe prouve toute sa valeur de comédien de film d’action), Scott Adkins (dont la tronche le classe plus souvent parmi les méchants que les gentils, voire Expendables 2 par exemple) ou encore le méconnu Michael Jay White au physique et à la technique impressionnants (s’il est coupable d’interpréter Spawn dans l’adaptation du comic, il démontre toute sa classe dans des petits budgets à titres improbables comme Un seul deviendra invincible 2 ou Never Back Down 2).

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Mais pour ce qui est de grandes claques récentes (je parle au figuré pour le coup)(arf, je fais des jeux de mots parfois moi, dingue), au cours des années 2000 je n’en ai eu que deux : les deux films thaïlandais Ong Bak et L’Honneur du Dragon. Toutes les deux infligées par le même petit bonhomme d’un mètre soixante huit mais monté sur ressorts : Tony Jaa. Ses performances physiques et athlétiques sur ces deux films sont pour moi ce qui s’est fait de mieux dans le genre depuis longtemps. Pour vous en convaincre, jetez un œil sur la course poursuite à pieds de Ong Bak et surtout sur la montée des marches d’un hôtel de luxe dans L’Honneur du Dragon filmée en un seul plan-séquence où l’on voit Tony Jaa gravir étage après étage tout en se défaisant des assaillants qui déferlent sur lui : du grand art, époustouflant. Pour moi, Tony Jaa, spécialiste du muay thai, est l’artiste martial qui a marqué de façon indélébile le film de baston dans les années 2000.

Pour les années 2010, j’ai déjà trouvé celui qui a pris le relais. Il s’appelle Iko Uwais, il est indonésien, il pratique le silat (art martial indonésien) et son air juvénile et son regard d’ange sont en parfait décalage avec son extrême habileté au combat rapproché. Je l’avais vu dans son film précédent, Merantau, déjà réalisé par le gallois expatrié en Indonésie Gareth Evans. Si certaines scènes mettaient alors bien en avant son talent de combattant, ce film ne m’avait pas convaincu pleinement, ni dans sa réalisation ni dans son interprétation. À mon sens, Merantau laissait entrevoir un certain potentiel, mais l’ensemble restait encore trop inabouti, bourré de défauts de jeunesse. Mais le duo Evans / Uwais s’est reformé pour accoucher de The Raid, et cette fois la chrysalide a laissé place au papillon… la progression depuis Merantau est à tout point de vue énorme !

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La réputation de The Raid a précédé son arrivée dans les salles, aussi je m’attendais à être déçu, tant j’avais entendu de commentaires dithyrambiques à son sujet. Plus l’espérance entretenue est grande, plus la déception peut s’avérer profonde. Et si c'est malheureusement très souvent le cas… et bien ce film aura fait mentir cette règle !

Je vous résume en quelques mots le scénario prétexte au film. Une unité spéciale de policiers de Jakarta décide de prendre d'assaut un immeuble qui sert de forteresse à la pègre locale. Problème : le bâtiment est une véritable citadelle réputée imprenable, fait une quinzaine d'étages et est infesté par une horde armée de gangsters, hommes de mains et voyous en tous genres. Le plan est simple : s'introduire discrètement dans la tour, sécuriser étage après étage en mettant hors d'état de nuire ses habitants, et monter ainsi jusqu'au dernier étage pour y épingler, Tama (Ray Sahetapy) le Boss de la pègre qui y règne en maître absolu. L'escouade est menée par l'officier Jaka (Joe Taslim, un champion de judo indonésien dans son tout premier rôle au cinéma), et compte en son sein le jeune policier Rama (Iku Uwais). Mais le plan de départ va vite déraper car Tama flanqué de ses deux lieutenants Andi (Donny Alamsyah) et Mad Dog (Yayan Ruhian), prévenu par un indic, attendait ses assaillants de pied ferme. Dès lors le piège se referme sur les policiers qui vont devoir lutter pour leurs vies...

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Le film est une suite quasi-ininterrompue de combats de toutes sortes. Gunfights, combats à l'arme blanche et à mains nues : la moindre séquence du film est une ôde à l'action et à la baston. Machette, couteau, hache, flingue, tout est bon pour rétamer son adversaire. Le film déborde d'énergie, est mené tambour battant et ne laisse pas un moment de répit, ni aux personnages ni aux spectateurs. Le personnage principal Rama enchaîne d'ailleurs à ce point les combats et séquences d'action qu'on se demande à quoi il carbure et si par hasard ses os ne seraient pas recouverts d'adamantium comme un certain nabot poilu et griffu venu du Canada. Car s'il distribue les coups, il en prend pas mal aussi, et pour être honnête un centième de se qu'il se ramasse aurait dû suffire à le laisser sur le carreau ce petit bonhomme.

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Mais peu importe, tant le niveau des combattants est excellent, les chorégraphies aux petits oignons et les techniques employées impressionnantes. À ce titre, le combat homérique (et qui semble ne jamais finir !) qui oppose Rama, Andi et Mad Dog est un pur chef d'oeuvre. De l'énergie en barre, de l'adrénaline à haute dose et un rythme effréné du début à la fin de ce règlement de comptes qui ferait passer n'importe quel ultimate fighter pour un aimable plaisantin. Alors que chaque coup porté devrait mettre KO un boeuf, ces trois lascars se mettent sur la gueule sans discontinuer pendant un temps qui paraît infini. Et si Iku Uwais est impressionnant de rapidité et de précision dans ses gestes, son vis-à-vis Mad Dog interprété par le tout petit Yayan Ruhian est juste incroyable de rage, de violence et de technique pure alliée à un sadisme et une arrogance qu'on s'imagine à peine exagérées. Le genre de péquin qui ne paie pas de mine du haut de son mètre soixante et de ses cinquante kilos tout mouillé, mais qui bouffe le foie d'un Hulk Hogan pour son petit déj. Et encore, une main dans le dos.


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Pendant les une heure et quarante minutes que dure ce film, on est au paradis du coup de latte. Quelques effets bien sanguinolents par ci, quelques passages un peu gores par là. Mais toujours une énergie, une violence et une technique à couper le souffle. Les artistes martiaux et chorégraphes sont bien évidemment les premiers à féliciter pour ce spectacle incroyable. Mais il y en a un autre qui mérite les louanges, c'est le réalisateur Gareth Evans, car ce n'est pas si souvent qu'on peut admirer des combats aussi parfaitement filmés, aussi parfaitement lisibles, et avec un impact maximum sur le spectateur. Qui en redemande d'ailleurs (enfin moi oui).

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The Raid est sans l'ombre du moindre doute le nouveau mètre étalon du film de baston pour les années 2010. Va falloir s'accrocher pour faire aussi bien et impressionnant. Parce qu'avec un pareil niveau, les indonésiens de The Raid vont faire de l'ombre à pas mal de monde.


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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 19:11

 

Quel merveilleux et formidable titre que ce Cent ans de solitude, vous ne trouvez pas ? Personnellement c’est la première chose qui a éveillé mon intérêt pour ce livre de Gabriel García Márquez. Bien entendu il y a son aura de livre culte qui a joué également. Ça et le nom de son auteur, écrivain colombien lauréat du prix Nobel de littérature en 1982, évidemment. Cela faisait largement assez de (très bonnes) raisons pour que je me lance dans la lecture de ce que d’aucuns qualifient d’un des plus grands romans du XX ème siècle.

Dans ce roman imposant, Gabriel García Márquez nous conte l’histoire d’un village imaginaire, Macondo, perdu quelque part en Amérique latine. Ce village est lié inextricablement à l’une de ses familles fondatrices, les Buendia. José Arcadio Buendia et son épouse Ursula y auront une longue, très longue descendance. Tous cependant seront soumis à une malédiction initialement héritée du patriarche José Arcadio, cent ans de solitude. L’auteur colombien nous fera découvrir un temps où la magie et l’alchimie font partie de la vie, revêtant un caractère tout à fait normal pour tout un chacun. Macondo va au fur et à mesure des années grandir et prospérer, jusqu’à un essor prodigieux avec la culture de la banane, avant de connaître la décadence, les catastrophes naturelles, la désolation. Le récit est extrêmement dense et mêle avec une grande finesse histoire et fantastique. En cent ans Macondo verra passer des gitans aux objets magiques, des arabes en tapis volants, des militaires portés par la révolution communiste, une épidémie d’insomnie et d’amnésie, un déluge de plusieurs années, les industriels américains de l’agriculture de masse, un élevage miraculeux de bétail, des fourmis rouges affamées, une chasse au trésor, des inventions aussi folles qu’ingénieuses, des fantômes têtus, un curé qui lévite, une jeune fille qui mange de la terre, et bien d’autres péripéties et personnages bizarres encore…

L’histoire de Macondo et le très compliqué arbre généalogique des Buendia seront pendant tout un siècle intimement liés.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier ce roman, c’est l’adjectif dense. Dense, l’œuvre de Gabriel García Márquez l’est assurément… il s’y passe une quantité de choses assez incroyables dans ce petit village qui deviendra au fil du temps une ville prospère avant de retomber lentement mais sûrement dans l’oubli. Pourtant, et j’ai presque honte de le dire tant la réputation de ce livre a un aspect intimidant pour un petit lecteur comme moi, pourtant disais-je, aucun de ces hauts-faits, si impressionnant soit-il, ne m’a franchement passionné. Par moment, et malgré les péripéties qui s’enchaînent, il m’est même arrivé de m’ennuyer et de trouver le temps bien long. J’ai cherché les raisons de ce manque d’intérêt pour ce roman fleuve, et j’en ai identifié au moins deux, à mon sens incontournables.

Première raison, la construction du roman et ce qui y est relaté tient pour moi de la fable, du conte. Or, s’il y a bien un genre avec lequel j’ai beaucoup de mal à accrocher, c’est bien le conte à destination des adultes (encore que, je peux, histoire de mettre un coup de pied dans ce qui me sert de crédibilité, citer deux contre-exemples parfaits à ce que je viens d’énoncer comme règle : le comic-book Fables de Bill Willingham et le tout récent film L’Odyssée de Pi -dont je tâcherai de causer plus en détail ici un jour ou l’autre- de Ang Lee qui m’ont complètement séduit). Dans Cent ans de solitude, on présente certains faits pour le moins surnaturels comme normaux, usuels, banals. Bien entendu, j’ai conscience qu’il s’agit d’un effet de style voulu, puisqu’à côté de cela d’autres choses, liées cette fois au progrès technique et scientifique, telle que la fabrication de glace dans un pays suffocant de chaleur, sont quant à elles décrites et considérées comme relevant de la magie la plus folle et débridée, à peine croyable. Pour faire court, la lévitation par tapis volant ne pose de problème existentiel à personne, mais un réfrigérateur tient lieu d’hérésie. Et si je comprends bien le sens métaphorique et la pointe de poésie que l’auteur insuffle dans cette inversion de ce qui tient lieu de normalité, pour ma part je n’y adhère pas un seul instant.

Ça ne me touche pas comme ça le devrait, au contraire, ça a l’effet inverse, celui de m’irriter, voire de m’agacer quand c’est trop exagéré. Certainement est-ce dû à mon esprit trop étriqué je ne sais pas exactement, mais ça m’a posé bien des problèmes tout du long de ma lecture. Et pourtant, je ne suis pas du genre à refuser le fantastique et l’imaginaire, loin de là. Je suis le premier à croire aux pouvoirs extraordinaires des super-héros en collants, aux aventures rocambolesques des héros mythologiques, aux théories du complot dénoncées par Fox Mulder et aux invasions extraterrestres sur grand écran. Dès lors que le récit intègre une certaine dose de cohérence, de logique, d’explications même pseudo-scientifiques vaguement plausibles, j’achète. Je suis même plutôt bon client et pas trop regardant en règle générale. Je n’ai jamais fait mon chieur quand Bruce Banner se transforme en Hulk, gagne dans la métamorphose 1m50 et 300 kg, sans jamais qu’une seule fois son futal ne laisse s’échapper son titanesque membre verdâtre, fut-il slim size (je parle du futal). Dans ces moments, je me dis que décidément, les jeans Levi’s c’est de la bonne came et que leur pouvoir élastique est sans commune mesure, voilà tout. Et peut-être aussi qu’inconsciemment ça me va bien comme ça, préférant plutôt voir la paire de battoirs impressionnants du colosse de jade que son abominable paire de couilles gonflées aux radiations gamma. Je suis comme ça moi, arrangeant.

Mais avec Cent ans de solitude, désolé, je n’y suis pas arrivé, il me manquait le minimum vital de cohérence et de logique. Un exemple pour bien me faire comprendre. Parmi la multitude de personnages du roman, il y a une jeune femme nommée Remedios la Belle, qui fait partie de ceux que j’ai trouvés les plus attachants et intéressants. Cette jeune femme est un des personnages principaux de sa génération. Et un jour, alors qu’elle prenait banalement l’air dans le jardin, une bourrasque de vent l’a enlevée, élevée dans les airs, et emportée. Sans plus jamais qu’on ait la moindre nouvelle d’elle. Sans même que cela n’éveille quoi que ce soit d’autre qu’un « pas de bol » aux membres de sa famille. Personne ne la cherche, elle s’est juste envolée, et ça paraît normal à tout le monde. Merci, aurevoir. C’est de ça que je parle, c’est ce genre de truc qui m’a profondément agacé. Naïvement d’ailleurs, j’ai cru sur le moment qu’on allait en entendre à nouveau parler de ce personnage, qu’il ne pouvait pas finir aussi connement sottement, que cela appelait à une suite, aussi tirée par les cheveux qu’elle soit, mais une suite quoi. Eh bien non, c’en était terminé de Remedios la Belle, on passe à d’autres personnages. Ben j’accepte pas et ça me gâche ma lecture ce genre de choses.

Désolé, ce n’est même pas que je ne veux pas, je ne peux pas.

Des personnages du reste, l’auteur nous en présentera à foison, et j’aborde là la seconde raison de mon désamour pour ce roman. Un grand nombre de personnages, c’est somme toute normal, le roman s’étalant sur une centaine d’années, et plusieurs générations de Buendia. Comme le propos de Gabriel García Márquez, c’est le lien inextricable de la famille Buendia avec Macondo, la quasi-totalité des personnages principaux seront donc liés à et/ou issus de cette famille. Jusque là, d’accord. Mais faire s’empiler les générations successives et les descendances nombreuses n’a pas suffit à l’auteur, histoire d’épicer un peu la chose, il a décidé de ne retenir qu’un très petit nombre de prénoms pour ses personnages. Ainsi, chez les garçons on a deux prénoms principaux de génération en génération : José Arcadio et Auréliano. Tous les Buendia mâles s’appellent comme ça. Quand on sait par exemple qu’à lui seul le Colonel Auréliano aura dix-huit fils, tous identiquement prénommés Auréliano à leur tour, ça donne une petite idée du foutoir de l’imbroglio lié à la dénomination des personnages. Les filles pour leur part, auront un chouïa plus de choix. En effet, ça variera entre Ursula, Amaranta, et Remedios pour la plupart. Quelques autres (des originales à mon avis), pièces rapportées de la famille Buendia, oseront du Sophie, Pilar, Petra. Ainsi, pour différencier les personnages qui portent les mêmes prénoms, on a deux possibilités : se référer à leur génération et à leur qualificatif, car comme dans l’exemple de Remedios la Belle ou du Colonel Auréliano, l’auteur aura pris soin de joindre un adjectif au prénom, histoire d’identifier plus « clairement » les protagonistes. Mouais.

Vous trouvez que c’est compliqué ? ça n’est pourtant pas tout. Histoire d’embrouiller encore plus les choses, les Buendia ne sont pas seulement très prolifiques dans leur descendance, ils jouissent également pour la plupart d’une longévité exceptionnellement longue (pour ceux qui ne périront pas accidentellement du moins, remember Remedios-la-fille-du-vent). Si bien que les générations se succèdent et cohabitent. D’après mes calculs, la doyenne Ursula, qui traverse presque la totalité du roman, meurt (enfin !) à un âge qui doit se situer approximativement entre 110 et 140 ans. Encore un truc top-crédible comme j’aime, mais je ne vais pas revenir là-dessus. Et ce n’est qu’un exemple. D’autres comme son fils Auréliano ou sa (double*) belle-fille Pilar finiront aussi à des âges canoniques.

Donc je disais, les générations se succèdent, cohabitent. Et se mélangent, à l’occasion. Car oui, il est aussi question d’inceste dans Cent ans de solitude. Et même d’inceste un peu limite gérontophile (mais je ne juge pas hein, promis). Voilà, cette fois je pense que le portrait de la famille Buendia est assez complet. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Dallas à côté, c’est de la roupie de sansonnet question généalogie. Même Santa Barbara c’est un truc d’amateurs. Et croyez moi, je m’y connais dans le domaine.

Ce qui a sauvé ma lecture et permis de ne pas trop perdre le fil, c’est que j’ai une bonne mémoire, mais même ainsi, sans prendre un bout de papier et noter scrupuleusement les noms et liens parentaux pour chaque personnage, bien malin qui pourra dire à coup sûr qui est qui exactement.

Bon, à ce stade de mon article, je me rends compte que ce que j’ai dit du roman de Gabriel García Márquez, semble pour l’instant assez négatif. Et pourtant je m’en voudrais de ne donner que cette image restrictive du roman. Car il est bien plus qu’une succession de personnages qui ont tous les mêmes noms et de péripéties abracadabrantesques. Qualifier ce livre de mauvais serait vraiment exagéré et ne pas lui rendre justice. Malgré ses défauts (rédhibitoires à mes yeux), je ne peux pas réduire Cent ans de solitude à cela. Tout d’abord, s’il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher à son auteur, c’est de ne pas manquer d’imagination. Que le monde dans lequel il entraîne le lecteur ne m’ait pas touché est une chose, mais je ne peux pas objectivement nier sa grande richesse. Et la mise en mots également est pour le moins superbe. On n’a pas besoin d’aimer un livre pour apprécier les talents d’écrivain de son auteur. Gabriel García Márquez est indéniablement un grand auteur. Tout en le lisant, j’ai bien compris à quoi tenait le statut de roman culte de ce livre. Il y a une élégance dans le verbe, une articulation des idées et des concepts rare. Et puis la poésie et la métaphore ont élu domicile dans ce texte, cela aussi est indiscutable. Que je n’en sois pas friand n’engage que moi, mais je dois toutefois reconnaître que ce sont des qualités qui sautent aux yeux. Je n’y ai pas été sensible, et c’est malheureux, car j’ai eu l’impression très nette, déjà en pleine lecture, de passer à côté du livre et de rater consciemment le chef-d’œuvre tant vanté ici et là. Que voulez-vous, je ne suis tout simplement pas compatible avec ce livre, il faut se rendre à l’évidence.

Alors ce ne sera certainement pas moi qui vous déconseillerai la lecture de Cent ans de solitude. Je vous ai dit honnêtement ce que j’ai ressenti à sa lecture, mais je crois que c’est à chacun de se faire sa propre opinion à son sujet. Que ceux qui en auront la curiosité le lisent, et je pense pouvoir affirmer que vous saurez assez rapidement si vous êtes ou non, sensibles au texte. Ou si vous faites partie de ceux qui, visiblement comme moi, n’ont pas un « palais » littéraire assez développé pour savourer pleinement les milles facettes et subtilités de ce roman.


* Comment peut-on être la double-belle-fille de quelqu’un ? Ben en se tapant successivement ses deux fils pardi.


352 cent ans solitude

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 00:17

En dehors de quelques zozos dans mon genre, c'est-à-dire un peu bizarres sur les bords, je crains que peu d'entre vous connaissent Ange. C'est triste pour vous, c'est triste pour eux, mais ma foi c'est comme ça. Quand on ne passe pas à la radio et à la télé, on a beau être sur la scène française du rock depuis plusieurs décennies, il n'y a qu'une petite partie du grand public qui a connaissance de votre existence.

Alors laissez-moi faire les présentations et vous parler un peu de ce formidable groupe français.

351 ange sausheim groupe denis mousty

Mes lecteurs de blog, Ange. Ange, mes lecteurs de blog. Bon, ça c'est fait.

Le groupe Ange est originaire du Territoire de Belfort. Et il est né en 1970. Autrement dit, le groupe est plus vieux que moi. Bien qu'il s'inscrive dans la grande famille du rock, on ne peut pas dire que son style de musique soit aussi aisément définissable. Au cours des années 70, en peu de temps ils sont devenus une référence, l'emblème d'un genre nouveau, et si on peut se situer par rapport à eux, eux-mêmes restent incomparables. Rock progressif, pop-folk, délires musicaux et chansons à textes : c'est en substance le mélange de genres dont ils ont nourri leur style. Ils ont un temps été classés aux côtés de groupes tels que Magma par exemple, si cela peut éclairer votre lanterne, bien que moi j'ai du mal à les ranger dans quelle que case que ce soit. Si l'on devait citer un album référence parmi leur vingtaine d'albums studios (hors live, compilations et spéciaux) sortis en plus de quarante ans d'existence, je pense que Émile Jacotey, bien que déjà ancien (il date de 1975, très bonne année soit dit en passant), serait un bon choix, ayant eu les faveurs des critiques et un certain succès public à l'époque de sa sortie. Et si le groupe compte un répertoire impressionnant, des titres comme Ôde à Émile, Vu d'un Chien ou Les Fils de Mandrin seraient assez représentatifs de leur style décalé. Leur reprise de Ces Gens-Là de Jacques Brel reste elle aussi un monument du genre.

351 ange sausheim emile jacotey

Comme de nombreux groupes musicaux, surtout avec une telle longévité, la composition de Ange a souvent changé. Au départ il y avait l'axe principal, les frères Décamps, avec Francis aux claviers et Christian au chant, ce qui n'empêche pas ce dernier de gratter la guitare ou pianoter de temps en temps. Dès le départ, Christian Décamps, en tant que voix du groupe et co-compositeur (la grande majorité des titres historiques ont été composés par Francis, certains par Brézovar, Jelsch a participé également), incarne l'âme du groupe, le moteur de Ange, et prend naturellement le rôle de leader. La composition du groupe fluctuant d'années en années, entre départs et retours des membres des origines que sont en plus des deux frères le fabuleux guitariste Jean-Michel Brézovar, le talentueux bassiste Daniel Haas et l'énergique batteur Gérard Jelsch, d'autres artistes se joindront pour quelques mois ou quelques années au groupe, le noyau dur restant les deux frangins Décamps.

351 ange sausheim groupe 1975 aragondange

Ma rencontre avec les rockeurs francs-comtois se fera en toute fin des années 1980, en 1989-90 très exactement. En 1989, le maire de la ville de Belfort leur passe une commande un peu spéciale : la cité au Lion veut une oeuvre musicale destinée à fêter dignement le bicentenaire de la Révolution Française. Christian Décamps et ses compères ne se feront pas prier, et accoucheront d'un opéra-rock déjanté, Sève qui peut, dont le conteur de l'histoire est un chêne, Quercus Robur, pédonculé du Val du Rosemont, qui voit monter sous ses branches la fièvre des hommes qui débouchera sur la Révolution Française. Moi, du haut de mes quatorze ans, je découvre cet album bizarre dans lequel un arbre me parle des hommes d'il y a deux cents ans mais qui ne sont pas si différents de ceux d'aujourd'hui... je tombe dessus totalement par hasard. Faut dire qu'à cette époque, mon ami Nico et moi sommes inséparables, et son frangin de plusieurs années notre aîné écoute des trucs d'un autre monde dans la chambre d'à côté. On avait beau s'éclater avec les premiers films de Jean-Claude Van Damme, écouter en boucle la BO de Top Gun et de Dirty Dancing (je n'ai pour seule défense que mon jeune âge à opposer à vos moqueries. Et puis qui n'a jamais été fan de Dirty Dancing n'a jamais été jeune, d'abord)(prout !), et se faire des plans ultra-précis pour se partager les gonzesses que chacun draguerait à la sortie de l'église (si, si), le frangin avait un atout de taille : des enceintes deux ou trois fois plus puissantes que celles de mon ami. Impossible donc de ne pas entendre ce qu'il écoutait. C'est ainsi qu'en bon fan de Ange, il m'a passé sans le savoir le virus. Je me suis discrètement renseigné pour savoir de quoi il s'agissait sans me faire envoyer balader (pour lui nous devions voguer entre le statut de parasites inconsistants et celui de moustiques vaguement désagréables). Armé des noms du groupe et de l'album, j'ai dégoté le disque en magasin. Dès lors mon sort était scellé : Ange m'accompagnerait désormais à jamais.

351 ange sausheim seve qui peut

C'est au début des années 1990 que le groupe dans sa formation d'origine se reforme, signant un bel album, Les Larmes du Dalaï-Lama, avec dans la foulée une tournée d'adieu. Tournée d'adieu du groupe d'origine, s'entend. 1995 : lors de cette tournée, Ange s'arrête à Mulhouse. Ce sera le premier concert de ma vie. Et ce sera un moment inoubliable.

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Les vieux de la vieille s'arrêtent quasiment tous et prennent leur retraite de la scène musicale, ou voguent vers d'autres aventures en solitaires, tel Francis. Seul persiste Christian Décamps. Et comme il aime à le dire, un Ange est éternel... Si bien que le groupe renaît de ses cendres peu de temps après. Pour recruter de nouveaux musiciens, Christian n'a pas à chercher très loin. À ce moment et depuis quelques temps déjà, il est à la base d'un second groupe, je me risquerais presque à le qualifier de groupe spin-off, en analogie avec ce qui existe au cinéma, en BD ou à la télévision. Ce groupe c'est Christian Décamps & Fils, au sein duquel on retrouve Christian et une bande de petits jeunes de la nouvelle génération, au sein desquels le fiston du leader, Tristan Décamps. Comme les Nouveaux Mutants qui sont formés et promis à devenir les prochains X-Men chez Marvel (en tant que fan de comics et de Ange, je me permets ce parallèle qui ne parlera pas à grand monde j'en suis bien conscient), les membres de Christian Décamps & Fils ont été formés par le maître et héritent tout naturellement de la place de leurs aînés quand ceux-ci décident de raccrocher leurs instruments.

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Le nouvel Ange est né. Tristan remplace Francis aux claviers, Hassan Hajdi succède à Brézovar à la gratte électrique et Thierry Sidhoum prend la relève de Daniel Haas. La batterie passe aux mains d'Hervé Rouyer qui était déjà à ce poste au sein de Christian Décamps & Fils. L'actuel batteur, Benoît Cazzulini, à la personnalité un peu moins marquée que certains de ses prédécesseurs, tient tout de même les baguettes de Ange depuis presque 10 ans, et de bien belle manière.

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Et le pari de relancer Ange de fond en comble est un pari réussi : les albums se succèdent, et clairement un nouveau souffle s'empare du groupe. On reste dans le style musical de Ange, qui, s'il évolue avec le temps, conserve son identité propre. Les jeunes apportent du neuf mais s'inscrivent dans l'histoire du groupe : les nouveaux morceaux sont excellents, et ils savent jouer les succès de leurs prédécesseurs en se les appropriant avec respect. Deux albums références (à mes yeux hein, je ne suis pas détenteur du bon goût universel, ça se saurait) sortent de cette nouvelle mouture de Ange : La Voiture à Eau en 1999 et ? (c'est bien le titre de l'album : un point d'interrogation) en 2006, qui sont en tous points de vue exemplaires. Bon an mal an, le groupe avance vers ses 40 années d'existence, qu'il fêtera dignement en 2010. Reliés à l'association Un pied dans la marge, qui édite tout particulièrement le trimestriel Plouc Magazine (histoire de souligner un peu plus ce qui a toujours été une des caractéristiques principales et marque de fabrique de Ange : leur ancrage provincial en opposition au parisianisme de la musique en vogue et qu'on entend dans les médias), Ange fait mieux que survivre. Le groupe a une solide base de fans (aussi appelés les Imbibés pour les intimes) et parvient à sortir des albums studios très régulièrement, assortis de disques live et de disques bonus réservés aux membres de l'association.

351 ange sausheim thierry vgable

Les rôles au sein de la formation évoluent eux aussi : de leader et chef d'orchestre, Christian se fait moins omniprésent : les albums se succèdent et chacun s'essaie par exemple au chant. Tristan assez régulièrement, puis même Hassan et Thierry prennent de l'assurance et se lancent. À noter d'ailleurs, le passage dans le groupe de Caroline Crozat qui sera le pendant vocal féminin de Christian pendant plusieurs années. Aujourd'hui, le groupe accuse ses 42 ans d'existence, et n'aura jamais connu de période aussi longue avec la même formation de base (Christian, Tristan, Hassan et Thierry) qui est à la barre depuis 17 ans déjà.

351 ange sausheim benoit vgable

Ce sont ces gaillards là qui ont signé cette année l'album Moyen-Âge, encore un très bon opus, aux résonances très rock (merci les riffs de guitares de Hassan Hajdi) et à l'énergie toujours palpable. Ne les ayant pas vus sur scène depuis 2006, en dehors d'un spectacle en one-man-show de Christian Décamps en 2008, je n'ai pas pu résister une seconde à aller les voir lors de leur étape à Sausheim pour leur tournée Moyen-Âgeuse. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus. Le temps file mes bons amis, le temps file... Pour la petite histoire, la dernière fois que j'ai applaudi le talent de guitariste de Hassan (alias le norvégien du groupe, dixit Christian), ce dernier avait un crâne rasé, Bruce Willis-style. Quelle ne fut pas ma surprise en le voyant à Sausheim, arborant une tignasse qui rendrait Yannick Noah en personne vert de jalousie ! Notez bien que lui non plus ne m'a pas reconnu. J'ai pris 5 ans dans les dents et je porte la barbe à présent. Et puis il ne me connaît pas, c'est vrai, omettais-je ce détail ?

351 ange sausheim hassan vgable

Le concert a tenu toutes ses promesses. Christian toujours prêt à faire le spectacle, chanteur, trublion, musicien, poète, comédien, conteur... et les autres en pleine forme, se donnant sans retenue dans tous les registres. Un enthousiasme de chaque instant et une énergie communicative. Ange a cette particularité qui n'appartient qu'à eux : ils font de la musique un art complet, transcendant. Être un membre de Ange, ce n'est pas seulement être un excellent musicien ou un show-man hors du commun, c'est être un artiste complet, entier et d'une sincérité absolue. Ces types-là ne vivent pas de leur musique, ils vivent leur musique. Sans jamais tricher une seule seconde. Et c'est ce qui fait toute leur singularité.

La représentation de ce soir de novembre à Sausheim a été un parfait mélange entre titres nouveaux issus du dernier album (dont les excellents Tueuse à Gages, Un Goût de Pain Perdu ou encore Les Mots simples, j'ai malheureusement attendu en vain Le Cri du Samouraï qui n'a pas retenti cette nuit-là) et titres plus anciens des succès passés du groupe (Aujourd'hui c'est la Fête chez l'Apprenti Sorcier, Le Ballon de Billy, Harmonie, Au-delà du Délire, ...).

351 ange sausheim moyen age album

J'ai retrouvé cette magie, cette communion, cette poésie et cette énergie pure qui se dégagent toujours de la musique de Ange. Elle ne m'a jamais quitté, mais en live, cet univers si spécial prend une envergure encore supérieure. Si j'étais un d'jeun dans la vaïbe, je dirais que j'ai kiffé ma race. Mais j'ai bientôt 38 ans et, comme dirait un philosophe bien connu des services de police de Los Angeles, j'ai passé l'âge de ces conneries. Alors je me suis contenté de prendre mon pied et d'adorer chaque seconde de cette soirée avec Ange.

Bon sang les gars, vous m'avez manqué, je ne m'étais pas rendu compte à quel point. See you soon.

351 ange sausheim christian vgable

PS : emporté par mon élan et le plaisir de vous parler de Ange, j'ai failli omettre de vous toucher un mot sur la première partie de leur concert ! C'est un duo, Alex Bianchi et Monsieur Marco qui s'en sont chargés, et ce fut une très chouette découverte ! Des morceaux entraînants et festifs, une énergie et un enthousiasme à revendre, et la voix chaude et rocailleuse à souhait de Alex Bianchi m'ont plus que largement convaincu. Je leur souhaite une aussi longue et féconde carrière que celle de Ange !

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Les photos sont respectivement
de Denis Mousty (groupe 2012), Aragondange (groupe 1975), et de Vincent Gable (tous les portraits)

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 18:38


Je m'associe à John Constantine, ainsi qu'au talent du dessinateur Tim Bradstreet pour vous souhaiter à toutes et à tous de très bonnes fêtes de fin d'année...

 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:08

 

À chacun son échelle de valeurs, mais pour moi Sting fait partie des géants du pop rock comme j'aime. Aux côtés de ses collègues Clapton, Knopfler ou Springsteen par exemple. Un des derniers sur ma « liste des géants à voir »... Alors évidemment quand j'ai vu qu'il était annoncé en tournée mondiale (nommée « Back in bass » -Sting a démarré en tant que bassiste) et qu'un de ses arrêts était prévu à Strasbourg, je n'ai pas hésité une seconde, vous pensez bien.

À mes yeux, le concert privé qu'il a donné voici quelque années déjà (c'était en 2001, le soir du funeste 11 septembre) dans sa villa de Toscane et qu'on peut voir sur le dvd All This Time est un incontournable de ce qui se fait de mieux dans le genre. Ce concert est juste génial : pureté du son incomparable, suite ininterrompue de tubes tous plus géniaux les uns que les autres, orchestre pléthorique et ultra-pro, et maîtrise aussi naturelle que totale de la part d'un Sting impressionnant, incarnant rien moins que la classe ultime. Bref une référence en la matière. Pour avoir vu et revu ce concert un très grand nombre de fois, un de mes fantasmes musicaux était de vivre une expérience de ce genre.

349 Sting strasbourg stephanie meyer scene2

Je me doutais bien que le Zénith de Strasbourg ne proposerait pas une ambiance et une aura semblables à celle de la villa italienne de Sting, mais bon l'essentiel restait le son avant tout, la musique, et l'artiste principal. C'est donc confiant que je m'y suis rendu. Mon siège était placé en plein axe de la scène, à une certaine distance cependant, pour ne pas dire à une distance certaine. Au dernier rang pour tout dire. Mais qu'importe me suis-je dis, j'ai une bonne vue (c'est certainement ce qui fonctionne le mieux chez moi)(au moins physiologiquement hein)(et après réflexion, peut-être bien à tous points de vue), et au moins cela m'assurait-il de me trouver assez loin des enceintes géantes qui balancent leurs décibels souvent au-delà de toute raison. Car si mes yeux me donnent satisfaction, mes oreilles s'avèrent beaucoup moins performantes. À vrai dire, si j'étais un super-héros, mes oreilles seraient clairement mon point faible sur lequel s'acharneraient les super-vilains. Ma kryptonite intégrée sous forme de feuilles de choux en quelque sorte.

Bref, tout ça pour dire que j'étais loin de la scène mais que je m'en fichais pas mal, y trouvant même à certains égards mon compte.

Mais contre toute attente, mon positionnement dans la salle ne fut finalement pas aussi optimal que je l'aurais cru. Première chose : quand je dis que j'étais loin, je n'exagère pas. Et quand je pensais que ma vue pallierait la distance, j'étais un poil trop optimiste. Pour illustrer mon propos, je me contenterais de vous faire part, tout du long du concert, de mon enthousiasme au sujet de la violoniste qui accompagnait Sting, me faisant même la réflexion à son sujet, au moment où elle a effectué un chouette solo en arpentant toute la scène, sautant et virevoltant tout en s'escrimant sur son instrument : « elle assure cette nana, et elle se fait plaisir en plus ». Ce n'est qu'après le concert, en retrouvant ma frangine qui était là aussi mais à quelques mètres tout au plus de la scène au milieu de la fosse, que j'appris avec stupéfaction qu'il s'agissait d'UN violoniste en fait. Je rappelle que la vue est donc un de mes points forts. Ceci afin de permettre de vous faire une idée de mon état général...

349 Sting strasbourg stephanie meyer scene1

Au moins mes oreilles auraient-elles dû être préservées des affres d'un volume sonore trop agressif. Seconde erreur. Dès le début du concert, j'ai pu constater qu'on avait droit à du « gros son » comme pourraient le qualifier les amateurs de hard-rock. Autrement dit, c'était fort, très fort, extrêmement fort. Si fort que bien des fois on flirtait avec la saturation pure et simple dans les aigus par exemple. Beaucoup trop violent pour ce qui me tient lieu d'écoutilles. Je n'ai pas longtemps cherché à résister, j'ai sorti mes bouchons d'oreilles prestement, tentant malgré tout à l'un ou l'autre moment plus calme du concert de les retirer pour voir (enfin pour écouter plus exactement mais vous m'aviez compris) ; peine perdue cependant. Là encore, c'est après le concert que ma frangine (la même que tout à l'heure) m'a appris que de là où elle se situait le son était parfait, d'une qualité qu'elle avait même rarement entendue dans ce type de grande salle. On pourrait soupçonner une défaillance de ses propres oreilles (l'entendre siffloter par exemple suffirait à être un argument à charge en ce sens) mais d'autres personnes qui l'accompagnaient (mon oncle et deux cousins, au-delà de tout soupçon a priori) m'ont confirmé que le son avait été d'une excellence qui les avaient aussi étonnés. Autrement dit, sans avoir de maîtrise universitaire dans le domaine de l'acoustique, je peux ici affirmer qu'un même son, dans une même salle, peut s'avérer parfait à un endroit et proprement dégueulasse à un autre.

En conclusion et vous l'aurez compris, j'étais mal placé.

349 Sting Strasbourg-photo-vincent-voegtlin-alsace

Et pourtant, j'ai trouvé que c'était un chouette concert malgré tout cela. C'est dire la qualité de la prestation de Sting. Je ne sais pas si vous avez déjà expérimenté les bouchons d'oreilles pendant un concert, l'effet est particulier. Certains sons sont mis en sourdine (en particulier ceux qui d'habitude me font très mal aux oreilles, à savoir les cris et applaudissements de tout une salle en fin de morceaux et de concert) alors que d'autres sont atténués mais de façon à n'en garder que « le meilleur ». On entend distinctement chaque instrument, chaque note, sans jamais qu'ils soient agressifs. Les effets de saturation sont éliminés, et on a la très curieuse impression d'être totalement seul et isolé au sein de la foule : on entend la musique et on s'entend soi-même en résonance, mais quasiment pas les autres autour de soi. Ce qui n'est pas du tout désagréable d'ailleurs. C'est donc ainsi que j'ai assisté au spectacle de Sting. Que j'ai pu apprécié chaque morceau proposé, chaque orchestration. Bien entendu, quand on s'appelle Sting on a une discographie impressionnante à disposition, avec un choix royal de titres à proposer et l'assurance de faire un tabac quasiment à coup sûr. Il ne s'en est pas privé, vous vous en doutez bien. Il a enchaîné les morceaux, depuis les mégas succès jusqu'aux titres un peu moins connus de temps à autre, certains comme le classique Roxanne, intégralement réorchestrés dans des versions originales. Il y a eu des chansons assez anciennes, celles qu'il interprétait déjà du temps de Police, mais aussi ses succès personnels (si je vous dis Englishman in New-York ou Fragile ça vous cause ?). Les fans en ont eu pour leur argent et bien que de durée moyenne le concert a été une chouette plongée dans l'univers du musicien anglais. S'adressant au public dans un français nickel, se permettant même de faire de l'humour anglais dans la langue de Molière, il n'a pas dérogé à sa règle de la perfection artistique, prouvant une fois de plus tout son talent et sa classe.

Alors je n'ai certainement pas vu ce concert dans les meilleures conditions possibles, mais je n'ai pas regretté une seule seconde d'avoir fait le déplacement. Sting est et reste un des très grands du pop-rock de ces 30 dernières années, et si l'occasion se présentait à moi de le revoir, je sauterais à nouveau sur l'occasion à coup sûr.

Allez, juste pour le plaisir, je vous propose une vidéo de la soirée à Strasbourg pêchée sur youtube, de ce qui pourrait peut-être bien être mon titre favori parmi tous ses tubes : Every Breath You Take.


 



 

(Copyright des photos : Stéphanie Meyer pour le Zénith et Vincent Voegtlin pour L'Alsace)

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 18:15

 

J’avais raté la première édition l’année passée avec la ferme intention de me rattraper cette année-ci. De quoi je parle ? Du concert privé de Fred Blondin sur la péniche Le Chansonnier ! C’était vendredi 26 octobre, et c’était vraiment, vraiment un excellent moment.

Fred Blondin, ce n’est pas comme si je ne l’avais jamais vu en concert, mais ce soir là était spécial. Habitué à le voir en solo avec ses guitares, j’avais pu le voir accompagné d’un percussionniste il y a un mois pas loin de chez moi, mais jamais entouré d’un groupe de musiciens au complet. Sauf que ça se mérite hein. Faut dire qu’on a bravé le froid, combattu les intempéries, résisté façon marins d’eau douce au tangage au quai ouest et attendu telle une colonie de manchots empereurs sur la banquise pour monter à bord du Chansonnier. L’attente fut longue, certains ont attendu en s’amusant, d’autres sans rien dire, d’autres encore ont lancé des « Fred tu m’aimesouvres à quelle heure ? ». Je ne sais pas si à un moment ou à un autre quelqu’un a murmuré « j’veux qu’il pleuve », en tout cas il a été exaucé… mais peu importe, ce qui n’tue pas nous rend plus fort paraît-il. Alors quand la porte de la péniche s’est ouverte, on n’a pas demandé notre reste avant de nous engouffrer à bord, c’était maintenant ou jamais !

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Un concert de Fred, y’a pas de mots, ça ne se raconte pas, ça se vit (bon ok, je vais essayer quand même, rien que pour peut-être vous donner l’envie de venir à votre tour). D’autant plus quand il s’agit d’un concert privé. L’ambiance est particulière. D’abord on se retrouve « entre connaisseurs », un peu comme si on faisait partie d’un club ultra select de buveurs de pinard ou d’amateurs de bon chocolat. Sauf exception, tout le monde connaît bien Fred et ses chansons, ce qui dès le départ place l’ambiance générale un cran au-dessus de la normale. Et puis à force de se croiser en venant le voir de concert en concert, on finit par se retrouver aussi entre amis parce que des affinités se sont créées. On rencontre ou on retrouve des gens sympas avec qui on bavarde agréablement et avec qui on se marre bien. Les goûts communs (en l’occurrence la musique de Fred Blondin) ça rapproche. Même moi qui ne suis pas d’un naturel très causant je me sens toujours bien et à l’aise avec les blondingues. À ma place, au milieu d’autres doux-dingues, entourés de gens que l’on aimerait revoir en quelque sorte. Ça aussi, ça apporte un vrai plus par rapport à un « simple » concert.

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Mais ce concert-là était encore plus spécial que les précédents. Le concept déjà à la base est franchement original. Pendant qu’en ville le week-end débutait dans le froid et la pluie, nous entamions une soirée au bord d’une péniche, avec ballade sur la Seine pendant qu’on nous servait un bon repas, suivie d’un concert à bord. Faut avouer que ce n’est pas courant. Le tout dans la bonne humeur, avec des serveurs super sympas et attentionnés, un tour dans Paris au bord des larmes, un coucou à la Tour Eiffel illuminée de milles feux, de la bonne musique… je ne sais pas ce qu’il faut dire de plus pour vous convaincre (et non pas vaincre) de la qualité de la soirée ! Et je souligne aussi en passant le prix carrément raisonnable, parce que ça mérite d’être dit également.

Parmi les excellents moments passés à bord du Chansonnier, je retiendrai plusieurs choses. La partie musicale bien évidemment, mais ça j’y reviendrai tout à l’heure. Allez pêle-mêle je vous livre comme ça à la volée : la bonne tranche de rigolade qu’on doit à Stéphane D. pour l’évocation de ses extravagantes aventures amoureuses hallydaysques (et croyez-moi s’il avait mis ça dans un roman personne ne l’aurait cru, on lui aurait même certainement rétorqué c’est pas ça la vie), la loterie qui permettait de gagner tout un tas de lots à caractère fortement alcoolisé (mais surtout sans tampon)(désolé, ceux qui n’y étaient pas ne peuvent pas comprendre), le fou-rire final de Laetitia pour lequel on a hésité un temps à appeler les secours tant on pensait qu’elle ne parviendrait pas à s’arrêter… Et puis je me permets de féliciter ma frangine ainsi que Corinne pour avoir réussi à garder leur équilibre (et leur repas !!) tout du long malgré le roulis du bateau ! Ça n’a l’air de rien dit comme ça, juste des trucs de filles tout au plus, mais pour elles ça tenait visiblement de l’exploit ! ;o)

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Alors côté spectacle, un batteur, un percu, un bassiste, un saxo, un clavier et deux guitaristes en plus de Fred (plus une seconde bassiste invitée sur un titre), voilà la composition de chouettes musicos qui ont mis l’ambiance à bord de la péniche. Je m’excuse auprès de ceux dont je n’ai pas retenu le nom, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. Heureusement j'ai eu ma petite soeur pour me rencarder (je crois que Fred lui a filé un petit coup de main aussi)... En tout cas j’ai retenu leurs notes, leurs envolées, leurs solos, leur générosité. J’ai retenu la présence discrète et impeccable des percussions de Klifa Rachedi, j’ai retenu la limpidité de Norbert Krief et la virtuosité de Jean-Michel Kajdan à la guitare, j’ai retenu l’enthousiasme et la bonne humeur de Yves « Dario » Prével aux claviers, j’ai retenu le sourire radieux d’Antonella Mazza lors de son passage à la basse, j'ai retenu l'accord parfait entre la basse élégante de Patrick Conchoux et la batterie précise de Arthur Billiès, j’ai retenu le souffle aérien qui faisait vibrer le saxo de Thierry Farrugia… Quant à Fred, il avait l'air comme un poisson dans l'eau. Enfin sur l'eau en réalité. Bref, j'me comprends. Il a marqué le coup d'ailleurs, en sortant la veste de costard blanche pour toute la première partie du concert. Mais comme un concert de Fred Blondin digne de ce nom ne se passe pas sans une chemise colorée aux motifs improbables, il n'a pas failli à sa tradition vestimentaire dès la seconde partie du spectacle :o).

Remarquez, je me permets ce petit clin d'oeil mais il aurait pu être en caleçon à fleurs et redingote que ça n'aurait rien changé à son talent. J'en soupçonne même qui ne seraient pas contre ce genre de fantaisies esthétiques. Il y a des gens bizarres même (surtout ?!) parmi les blondingues les plus respectables. Non, non, pas de nom. ;o)

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Comme d'habitude, Fred a enchaîné les titres avec générosité, et il avait l'air d'y prendre autant de plaisir que son auditoire. Évidemment le temps a passé trop vite, évidemment on a tous entonné en coeur comme une prière Elle allume les bougies et Le Café du Monde, évidemment la fin du concert est arrivée trop tôt (quoi ? seulement trois heures et quelques de concert ? Nous on était chaud, il aurait pu repartir pour 24 heures qu’on aurait tous signer je crois. Perso, j’aurais été partant pour soigner le mal par le mal et rester quelques minutes de plus…), évidemment on s'est tous dit « oh mon dieu il n'a pas joué L'amour Libre ou Bons Baisers de Medellin » (cela dit tant que j'ai droit à Mordre la Poussière je suis heureux) mais que voulez vous, toutes les bonnes choses ont une fin...

J'en suis revenu ravi, la tête pleine de bonne musique, content d'avoir pu assister à ce concert d'un genre particulier, et heureux également d'avoir pu revoir des gens sympas. Pas facile de retourner au boulot après ça... il y en a qui se plaignent de tout, tout le temps, qui dès que l’hiver arrive répètent sans cesse j’voudrais voir les îles… moi j’voudrais juste revoir Fred à son prochain concert, parce qu'à chaque fois c’est comme un nouveau départ, un coup de boost au cœur et au moral. La belle vie quoi.

Ouais, en tout cas y’a pas à dire, ce fut une bonne journée.

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PS : Un énorme merci à Francis Biblot pour m'avoir permis d'utiliser ces clichés rien moins que magnifiques (vous pouvez voir ses photos sur sa page facebook), et merci à ma frangine pour l'organisation de cette sortie à Panam...

PPS : Quelques lecteurs l'auront peut-être remarqué, je me suis amusé à truffer l'article de titres de chansons de Fred. Ok, certains ont été insérés au chausse-pied, d'autres à peine plus discrètement... les connaisseurs seront-ils capables de tous les détecter et de me dire combien il y en a ?

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 18:22

Avec Sur la Route, le réalisateur brésilien Walter Salles signe l’adaptation d’un roman américain culte, On The Road de Jack Kerouac, publié en 1956.

Le roman de Kerouac est un road-movie autobiographique qui voit des jeunes gens traverser les États-Unis au gré du vent, épris de liberté, de littérature et de jazz, au tout début des années 50. Le personnage principal, Sal Paradise, qui est l’alter-ego de Kerouac, vient de perdre son père immigré canadien, vit à New-York et rêve de devenir écrivain. Il rencontre alors Dean Moriarty (qui représente son ami Neal Cassady), un ex-taulard au charme ravageur et au comportement imprévisible, mariée à la très jeune et très jolie Marylou (alter-ego de LouAnne Henderson, première femme de Cassady). Entre Sal et Dean l’amitié est fusionnelle et leur quête d’absolu et de liberté les décide à partir sur les routes d’Amérique, à la découverte du monde dans un esprit de fête et de détachement de la société. On croise au fil de leurs voyages d’autres personnages tels que Carlo Marx (représentant un autre de leurs amis de l’époque, le poète et écrivain : Allen Ginsberg) ou l’étrange Old Bull Lee (inspiré de William S. Burroughs). Et si parfois les chemins de Sal et Dean divergeront, les deux hommes resteront à jamais liés.

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Je préfère prévenir avant toute chose, je n’ai pas lu le roman de Kerouac. Je sais qu’il est considéré comme culte par beaucoup de gens, et qu’il a marqué toute une génération d’après-guerre aussi bien aux USA que dans nos contrées. Aussi je ne peux en aucun cas juger le film pour son statut d’adaptation n’ayant aucun point de comparaison avec l’oeuvre d’origine. J’ai donc vu ce film pour lui-même, en néophyte complet de l’univers de Kerouac. Je l’ai vu à sa sortie en salles, c’est-à-dire il y a maintenant environ quatre ou cinq mois, et en rassemblant mes idées pour écrire cet article je me suis rendu compte que je n’en avais gardé que peu de souvenirs. Ce qui n’est pas forcément très bon signe, vous en conviendrez. Pour être honnête, l’histoire de ces jeunes écrivains en herbe qui vivent au jour le jour et jouissent jusqu’à l’excès de la vie ne m’a pas marqué. J’ai cherché les raisons objectives à cet état de fait, car le film est pourtant loin d’être mauvais. Je pense que ce sont les personnages qui ne m’ont pas touché. Alors que paradoxalement j’ai trouvé les interprètes plutôt très bons dans leurs rôles. Sam Riley dans le rôle de Sal est un personnage principal solide, au caractère dépeint tout en finesse. Garrett Hedlund qui interprète Dean dégage un charisme impressionnant et sa prestation est à la (dé)mesure du personnage. Kristen Stewart incarne une Marylou pleine de charme, de douceur et de fausse-fragilité de façon très convaincante. D’ailleurs moi qui fuis les films comme Twilight qui ont fait la renommée de cette actrice, je n’avais même fait le rapprochement avec les films de vampires romantiques pour adolescentes. Et les seconds rôles m’ont plu aussi, que ce soit Tom Sturridge en Carlo Marx, Viggo Mortensen en Old Bull Lee, Elisabeth Moss (la formidable Peggy Olson de Mad Men) en Galatea Dunkel, Kirsten Dunst en Camille la seconde femme de Dean, ou encore Steve Buscemi en vendeur itinérant lubrique...

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Mais voilà, à aucun moment je n’ai été entraîné par les personnages à leur suite. J’ai toujours bien gardé ma place de spectateur, détaché de ce qui se passe à l’écran. Je n’ai pas ressenti l’excitation et le grisement des personnages pendant leurs virées délirantes et leurs débordements en tous genres, je n’ai pas eu de peine (ni d’étonnement d’ailleurs) quand les choses tournent parfois mal pour certains. Une sensation à rapprocher un peu de celle que j’ai eue en lisant L’Attrape-Coeur de J.D.Salinger. Réaliser qu’on est en présence d’une oeuvre importante, avoir conscience de ses qualités objectives, mais pourtant ne pas accrocher à l’ensemble tout en le regrettant presque. C’est très certainement ce qui explique qu’il ne me reste en tête que peu de passages du film à peine quelques mois après l’avoir vu. Pourtant les images étaient travaillées et belles, la réalisation sobre et efficace et les décors parfaits tant ils reproduisent l’ambiance de l’Amérique des années 1950.

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Alors déconseiller Sur la Route en le qualifiant de mauvais film serait injuste, car ce n’est objectivement pas du tout un mauvais film. Le conseiller alors que moi-même il ne m’en reste pas grand-chose et que je n’ai pas spécialement l’envie de le revoir me paraît difficile aussi. Bon je m’en sortirai donc par ce qui pourrait passer pour une piètre pirouette (mais qui n’en est pas une, mais non, mais non) : voyez-le et faites-vous votre propre idée dessus !

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