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  • : Moleskine et Moi
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 08:31

 

« Je suis jaloux : Bill Goldman a remporté deux oscars. Moi, aucun. Mais je suis sûr que Bill Goldman est jaloux du fait que j’ai couché avec Sharon Stone. »

 

Joe Eszterhas, scénariste de Basic Instinct, envié par une génération entière d’hommes.

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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 08:22

J’aime les hommes en collants.

Je parle des super-héros, hein.

Alors forcément, ce livre était fait pour moi.

 

On est en 2005. Les super-héros sont passés de mode. La plupart d’entre eux ont disparu ou se sont peopolisés (argh, quel mot dégueulasse à écrire, d’ailleurs mon correcteur orthographique se rebiffe !), et leurs corps vieillissants ne sont plus ce qu’ils étaient. Finie la toute puissance. Robin a été retrouvé mort il y a quelques temps, et voici que Reed Richards (alias Mr Fantastic) et Raven Darkholme (alias Mystique) reçoivent à leur tour des lettres de menaces leur prédisant un funeste destin. C’est l’inspecteur Dennis La Villa qui est chargé de l’enquête tandis que son frère Bruce La Villa, journaliste, investigue de son côté.

Qui peut bien en vouloir à ces anciennes gloires dépassées depuis bien longtemps ?

 

Voilà pour le pitch en version raccourcie. Le roman quant à lui dépasse allègrement les 500 pages, vous en aurez donc pour un peu plus long à lire que ce court résumé.

Alors évidemment pour commencer on ne peut pas s’empêcher de penser à la situation de départ d’un monument des comics, si ce n’est l’œuvre qui à elle seule leur a offert gravité et respectabilité, l’immense Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons. Des super-héros à la retraite (un peu moins défraîchis dans Watchmen quand même) et quelqu’un qui les dessoude un à un. Et l’aspect super-héros vieillissants, ça aussi ça a déjà été maintes fois traité, et de bien belle manière dans par exemple le Batman : Dark Knight de Frank Miller ou le Kingdom Come de Mark Waid et Alex Ross. Rien de follement original donc pour quiconque s’intéresse un tant soit peu aux comics super-héroïques.

 

Pour être honnête, ça n’est pas l’aspect « enquête policière » qui m’a le plus plu ni convaincu dans ce roman. On a vu plus haletant et mieux ficelé ailleurs. Non ce qui m’a plus intéressé c’est la plongée dans la psychologie des personnages ici concernés par l’enquête. À savoir Mr Fantastic, Mystique et Batman (puis dans un dernier chapitre, plus bref, Superman).

Ne vous attendez pas un seul instant à lire du comics en roman, on est loin du compte. Si une telle expérience vous tente, je vous orienterais plutôt vers Un jour, je serai invincible de Austin Grossman. Non avec La vie sexuelle des super-héros, l’auteur italien Marco Mancassola propose une véritable œuvre romanesque dont finalement seuls les protagonistes sont empruntés au monde des comics, mais replacés dans notre univers, dans la vie de tous les jours, avec les préoccupations de tout un chacun. D’ailleurs la caractérisation de certains personnages ne respecte pas forcément la version dessinée des héros d’origine. On est là quelque part à mi-chemin entre l’adaptation et le détournement. Bien entendu les personnages sont suffisamment reconnaissables pour qu’on les situe sans peine au premier coup d’œil, mais ils n’en restent pas moins des êtres que l’auteur s’approprie pour les modeler à sa façon et nous en offrir sa vision déformée. Les fans inconditionnels, les aficionados purs et durs des super-héros des comics y trouveront bon nombre d’incohérences, de manques à la continuité voire même de trahisons dans l’esprit des personnages. Moi ça ne m’a pas dérangé outre mesure, il faut juste savoir ce qu’on lit et ne pas confondre les différents univers et les règles qui les régissent. On peut bien entendu garder des préférences pour un univers en particulier sans être intégriste pour autant et accepter ainsi de voir ce qu’on aime et connaît par cœur détourné, modifié, retraduit différemment. Et ensuite seulement se permettre de jauger. J’ai lu pas mal de critiques très dures et qui descendent le roman en flèche pour des raisons qui me semblent être complètement à côté de la plaque. Parce que par exemple dans la partie consacrée à Reed Richards il est fait mention de Sue Storm-Richards (alias l’Invisible) et de Ben Grimm (alias la Chose) mais jamais de Johnny Storm (alias la Torche) alors qu’il est le quatrième membre des fameux Quatre Fantastiques. Que des héros de DC côtoient des personnages Marvel en a gêné certains. Que Superman se serve d’une canne pour marcher n’est pas passé non plus. Que Mystique dise ne pas croire au destin a offusqué certains fans, alors que dans les comics sa plus proche amie est une médium aveugle du nom de Destinée… Bref j’ai lu pas mal de critiques de ce type qui à mon sens n’ont pas lieu d’être. Pas dans le contexte de ce roman. Je les aurais comprises dans le contexte des comics qui sont soumis à des règles de cohérence et de continuité qui leur sont propres, mais pas dans le cas du roman de Marco Mancassola où l’on est justement libéré de ce type de contingences souvent lourdes. Reproches puérils et totalement hors-sujets à mon avis.

 

Si des reproches il y a à faire, ils seront plutôt à chercher du côté de ce qui fait fonctionner ou non un roman en tant que tel. Par exemple j’ai trouvé qu’il y a un certain déséquilibre entre les différents chapitres du roman qui ne se justifie pas réellement narrativement parlant. J’ai aimé le chapitre consacré à Mr Fantastic car je l’ai trouvé intéressant, mais il est selon moi trop long (à moins que ce soit en clin d’œil à sa capacité de s’étirer à l’infini ?), en regard surtout des chapitres consacrés aux autres personnages. L’enquête quant à elle, j’en ai déjà touché un mot, laisse un peu sur sa faim le lecteur. Ça manque de liant, ça manque de finalité, ça manque de suspense digne de ce nom.

On ne l'appelle pas Mister Fantastic pour rien non plus...

Quant aux frasques sexuelles, sans être dans un roman érotique on a droit à quelques pratiques qu’on nous décrit bien en détails. En même temps c’est quand même annoncé clairement dans le titre, on ne va donc pas faire la vierge effarouchée. D’autant que beaucoup n’auront certainement pas été seulement attirés par le « Super-Héros » du titre hein. Le choix des personnages s’avérera donc un judicieux mixe entre notoriété des héros (nul besoin de présenter Superman ou Batman aux lecteurs, ils sont devenus des icônes suffisamment populaires pour que cela ne soit plus nécessaire) et capacités physiques qui se prêtent justement bien à quelques perversités sexuelles. Vous vous doutez bien que Mr Fantastic qui peut allonger et distendre la moindre parcelle de son corps est un sacré bon client pour les fantaisies sexuelles de l’auteur. Et que dire de Mystique qui est à elle seule une incroyable machine à fantasmes : coucher avec elle c’est coucher avec virtuellement n’importe qui au monde, puisqu’elle pourra aussi bien prendre l’apparence de George Clooney, Natascha McElhone, Marilyn Monroe ou Passe-Partout… Quant à Batounet, avec tout l’encre qui a déjà coulé pour analyser en long, en large et en travers ses relations avec les différents jeunes garçons qui se sont succédé sous le costume de Robin, il était évidemment un choix de première pour illustrer les travers sexuels des encapés. Bon de là à en faire un grand adepte du fist-fucking, j’avoue que je ne m’y attendais pas, mais Marco Mancassola s’est visiblement fait plaisir à détourner l’image du Dark Knight dans son cas précis.

M’enfin bon, l’un dans l’autre (si j’ose dire), pas de quoi être outrancièrement choqué non plus. Parce que sinon je vous déconseille fortement des ouvrages comme The Boys de Garth Ennis et Darrick Robertson ou encore Sticky Pants des frenchy Tony Emeriau et Xav, vous pourriez ne pas vous en remettre du tout. (moi au contraire j’ai adoré, je recommande chaudement ces ouvrages à tous ceux qui ne fuient pas à l’énoncé des termes bites, nichons et couilles)(vous l’aurez sans doute remarqué, je travaille d’arrache-pied à mon recensement gougueule en utilisant quelques termes bien choisis)

Batman, un type obsédé par la justice, mais pas que.

Finalement à bien y repenser, La vie sexuelle des super-héros ne m’aura pas tant laissé le souvenir d’un roman trop excessivement porté sur la chose, ni d’ailleurs d’une formidable enquête au suspense insoutenable. S’il m’est resté en mémoire c’est plutôt par la description d’un monde désenchanté, la déchéance d’ancienne gloires, la mélancolie d’un temps plus heureux, plus naïf mais définitivement révolu. Il plane sur le roman une certaine tristesse qui ne dit pas son nom.

En cela il est l’illustration qu’aussi bien les héros de papier pour enfants que les lecteurs que nous fûmes et restons, personne n’échappe à la patine du temps. Que l’évolution est synonyme de changement, et que grandir c’est aussi laisser une part de soi derrière nous...

 

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 11:56

J’ai adoré.

 

Comment ça c’est un peu court comme chronique d’un film ? Pourtant, ça se résume à ça au bout du compte. Bon, ok, je vais tâcher de développer un peu alors. Mais je vous préviens : j’ai adoré.

 

Ding-Ding, grande nouvelle : je suis fan de super-héros. Pour être plus précis, je suis un fan de l’univers Marvel. Parce que j’ai grandi avec. Leur concurrent direct, DC Comics, ne m’a jamais autant attiré, ni jamais autant plu à la lecture. Ce n’est pas un choix délibéré à la base. Gamin je lisais Strange, Titans, Spidey et consorts, tous estampillés Marvel. Parce que c’est ce qui se trouvait le plus facilement chez mon marchand de journaux et sortait avec la meilleure régularité aussi. Si bien que j’ai grandi avec les héros Marvel et que j’en lis depuis environ 8-9 ans. Pardon, depuis mes 8-9ans, ce qui fait, allez arrondissons, 35 ans de lecture. Sachant que la plupart des comics Marvel ont une périodicité de parution mensuelle, et que j’ai lu à peu près toutes1 les sorties en VF à partir du moment où je suis tombé dedans, ça fait pas mal de pages à l’arrivée. Faudrait que je m’amuse à faire le calcul un jour tiens.

Tiens ? une araignée dans l'espace !

Donc les X-Men, l’Araignée, les Vengeurs, les 4 Fantastiques, Daredevil, Serval, Hulk, Captain Marvel2 et encore tant d’autres, j’ai littéralement grandi avec eux. Et ils ont grandi avec moi aussi, puisque j’ai vu les personnages et les séries évoluer, muter, se transformer, prendre de l’ampleur ou parfois disparaître, jusqu’à devenir aujourd’hui la source d’icônes de la culture de masse par l’intermédiaire du succès des adaptations cinématographiques. Maintenant tout le monde connaît Captain America et Iron Man. Même les Gardiens de la Galaxie sont des stars, alors qu’à la base ce sont d’obscurs troisièmes couteaux de l’univers Marvel papier. Parfois j’ai envie de dire « hey, j’étais là avant, moi ! » à tous ceux qui s’improvisent spécialistes en super-héros parce qu’ils ont vus tous les films Marvel dans l’ordre. Avant c’était plus intime, plus méconnu, plus méprisé aussi d’ailleurs3, mais en même temps plus confortable, plus underground, plus libre comme univers auquel s’intéresser… Dire qu’aujourd’hui avec Avengers : Infinity War, tout le monde sait qui est Thanos, en tant que fan qui a découvert tout ça dans les années 80, je n’en reviens pas.

 

Chhhhhuuuuttt moi aussi je me suis évadé d'un comic book, ne le dites à personne...

Bon je vais doucement ranger ma panoplie de vieux con bougon parce que sinon vous allez croire que je suis du genre à radoter à grands coups de « c’était mieux avant ».

 

Or ce n’est pas le cas. Au contraire je ne boude pas mon plaisir de voir mes héros de papier, ceux qui ont bercé mon enfance, mon adolescence, et ont accompagné toute ma carrière de lecteur de comics, prendre vie sous mes yeux, « pour de vrai » dans des films qui ne sont même pas des dessins animés !! Quand j’ai vu la première fois Logan sortir ses griffes et se bastonner dans un ring (rappelez-vous le premier film X-Men), j’en ai eu des frissons4. Et ce n’est pas une façon de parler, mais bel et bien une réaction physique primaire qui a parcouru tout mon corps. Quand j’ai découvert Spiderman s’élancer au bout de sa toile dans le premier film de Sam Raimi, j’étais comme un môme : émerveillé, excité comme une puce, un grand sourire scotché sur le visage. Et avec Avengers : Infinity War, j’ai eu la même sensation, du genre qui va chercher dans les profondeurs, une réaction presque enfantine, en voyant l’impressionnant Thanos à l’écran. Pas quand il apparaît, pas quand il se bastonne avec tout ce qui porte un costume de super-héros dans l’univers cinématique Marvel, mais à la toute fin du film, un des derniers plans, où il sort de sa cabane, s’assied à terre, contemple le paysage et sourit. Pas d’un sourire de conquérant, ni d’un sourire sardonique de méchant fier de sa vilenie, non, mais d’un sourire de soulagement, de contentement et de contemplation. Un sourire sincère de celui qui a accompli une tâche difficile pour la bonne cause. J’ai vu cette scène toute simple à l’écran, et j’ai revu toutes ces cases de BD où Thanos combat tous les super-héros de la Terre, passe pour un fou furieux, un amoureux de la mort et de la destruction5, et qu’il soit vainqueur ou vaincu, reste toujours profondément seul et incompris. J’ai vu tout ça défiler dans cette scène, j’ai vu l’âme du personnage de papier6 qui a hanté tant de mes comics, mise à nu à l’écran. Et ça m’a fait un effet bœuf.

Des vignettes de BD me reviennent en tête...

C’est pour ça que j’ai adoré ce film. Pas seulement aimé, comme la plupart des autres films de super-héros que je vois régulièrement. Vraiment adoré.

Pour ça et pour plein d’autres choses : des images à couper le souffle, des combats homériques, des scènes d’une majesté incroyable, une profusion de personnages, des émotions qui balaient tout le spectre depuis le plaisir pur jusqu’au désespoir le plus noir, des petites doses d’humour, des idées sympas et novatrices, un rythme haletant, des enjeux puissants. Mais l'immense réussite du film tient avant tout dans le personnage de Thanos qui enterre, et de loin, tous les autres super-vilains qu'on a déjà pu voir un jour à l'écran (et ridiculise encore un peu plus si c'est possible, le Steppenwolf tout minable de la récente JLA).

Et puis également parce que j’ai partagé ça avec mon fils Nathan au cinéma. J’ai des souvenirs très clairs et très forts de films qui m’ont marqué à vie et que j’ai vus au ciné au même âge que lui (E.T. ou les premiers Indiana Jones par exemple !!!), et je me dis que peut-être celui-ci laissera chez lui une trace semblable, durable. Et me dire que ce sera un peu associé à moi en même temps, ça me fait plaisir.

La bataille du Wakanda vue par le Faucon

Alors voilà, j’avoue que c’est un peu léger comme critique de film, parce qu’en fin de compte j’ai très peu parlé du film et beaucoup de moi.

Mais ce n’est pas grave, j’avais surtout envie de causer de ce que ça a éveillé en moi plutôt que de commenter l’histoire, le scénario, les acteurs, les réalisateurs, les effets spéciaux, la musique et que sais-je encore… pour tout ça, vous qui irez le voir vous ferez votre propre opinion, vous êtes grands maintenant ! ;-)

1 « à peu près » j’ai dit hein, je suis cependant encore très loin de prétendre à l’exhaustivité.

2 vous aurez remarqué que j’utilise volontairement les noms de l’époque, aujourd’hui, vu l’ampleur mondiale du phénomène, les noms anglais sont la norme et on parlera donc uniquement de Spiderman, des Avengers, de Wolverine voire même des Fantastic Four

3 non seulement la BD avait déjà plutôt mauvaise image (huhuhu jeux de mots) par rapport à la littérature, mais les comics étaient dévalorisés par rapport à la BD franco-belge (les mangas ont connu le même sort lors de leur émergence par chez nous). Remarquez, je commence à constater actuellement que ce sont les films de super-héros qui acquièrent une réputation de films sans intérêt et sans profondeur, et qu’ils sont de plus en plus souvent brocardés comme du sous-cinéma par les gardiens auto-proclamés du « vrai cinéma ». L’histoire change de médium, mais a tendance à bégayer…

4 la seule autre fois où j’ai ressenti ça au cinéma, ça a été la première fois que j’ai vu Jurassic Park sur grand écran. Vous savez, la scène où le professeur Grant voit pour la première fois un brachiosaure et qu’il en est si éberlué qu’il doit s’asseoir par terre, l’émotion lui faisant perdre l’usage de ses jambes : j’étais pareil que lui, sauf que j’étais déjà assis moi. Croyez-le ou pas, mais j’ai eu les larmes qui me sont montées à ce moment-là du film, je n’en revenais pas de ce que je voyais : des dinosaures, des vrais dinosaures devant moi sur l’écran, comme j’en avais rêvés toute mon enfance (car je lisais beaucoup de comics, mais j’avais aussi une collection non-négligeable de livres sur la préhistoire, que je connaissais tous par cœur pour les avoir lus et relus un nombre incalculable de fois). Le choc que m’a procuré ce film a été si brutal, que j’ai été obligé de le revoir quasiment dans la foulée, pour être sûr de n’avoir pas rêvé. Et je porte toujours cette scène culte dans mon cœur de cinéphile / grand enfant / gamin fan de dinosaure. C’est pareil pour l’apparition de Wolverine à l’écran.

5 il est d’ailleurs réellement « amoureux de la mort ».

6 car oui je vous assure que les personnages de papier ont une âme !

L'affiche du film : il y a du people !

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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 08:21

Qui a à ce jour échappé à la mode des zombies ? On les voit partout, du cinéma à la télévision, du roman à la bande dessinée. Qui n’a jamais entendu parler de la série The Walking Dead (que ce soit l’œuvre originale en BD ou son adaptation télévisuelle) ?

Pour ma part je n’ai jamais été un grand fan des zombies, pour tout dire les classiques du genre, à savoir les zomblards de feu papy Romero, m’ont toujours profondément ennuyé. En revanche, quand à partir de la fin des années 90 le mythe est un peu revenu au goût du jour, et surtout à partir du moment où il s’est vu revisité par des auteurs qui n’étaient alors qu’à leurs débuts mais qui allaient rapidement devenir des stars dans leurs domaines respectifs (je pense notamment à Robert Kirkman dans les comics avec sa série The Walking Dead et à Zack Snyder avec son premier film L’Armée des morts – remake du Zombie de Romero d’ailleurs), j’ai commencé à être plus réceptif. Et grand bien m’en a pris !

 

J’ai donc été emporté par la vague, que dis-je la déferlante The Walking Dead en Bande Dessinée, dont chacun des tomes a été pendant des années de parution l’occasion de maintes et maintes claques en pleine tronche tant c’est de la bonne came. Un peu moins ces 2-3 dernières années (ou alors est-ce moi qui commence à changer de perception va savoir), on va dire pour ceux qui connaissent, que l’après-Negan marque pour moi une certaine perte de vitesse dans l’intrigue du comic-book. J’ai bien entendu également suivi l’adaptation en série télé par la chaîne AMC, et là je serai un peu plus critique que pour le comics. La série The Walking Dead est capable du meilleur comme du pire, et si certains épisodes ont su se révéler tout bonnement excellents, il y a eu aussi de sacrées purges, et ce qui prouve de manière flagrante l’inconstance de ce show TV, jamais une de ses saisons n’aura été très bonne du début à la fin, il y a toujours eu du déchet en cours de route. Et là je ne parle même pas de la saison en cours de diffusion (la saison 8) qui elle réussit l’exploit inverse : pour l’instant elle est très mauvaise et n’a pas encore proposé un seul épisode qui sorte du lot pour éventuellement la sauver de la nullité totale…

 

Tout cela pour en arriver au roman The Walking Dead : L’ascension du Gouverneur !!

Oui je sais, l’intro aura été longue…

On peut légitimement avoir un a priori sur la chose, qui consisterait à dire que le roman en plus de tout le reste, c’est juste histoire de surfer sur la vague de la mode en cours, de rallonger la sauce à pas cher, et surtout de faire du pognon là où c’est facile d’en faire. A priori que je partageais avant la lecture, gardant une certaine méfiance vis-à-vis de ce produit dérivé. Et en fait je crois que j’ai bien fait d’avoir cet a priori, parce que du coup j’ai été très agréablement surpris par la qualité du bouquin.

Pour mettre en prose ce qu’il a l’habitude de distiller sous forme de scénario de BD, Robert Kirkman s’est associé à Jay Bonansinga, un écrivain qui a déjà à son actif plusieurs romans de genre. Là encore, j’avais quelques doutes avant lecture : un bouquin écrit à quatre mains risque de manquer de personnalité, ou de ne pas retrouver le ton si propre à The Walking Dead. Alors que dans les faits il n’en est rien. On est bel et bien dans la continuité de l’univers Walking Dead, même ambiance, même style dans la manière de gérer le suspense et de mettre en place cet inconfort permanent qui fonctionne si bien dans les comics.

 

Comme son nom l’indique, The Walking Dead : l’ascension du Gouverneur propose de nous raconter la genèse de ce personnage si emblématique du comic-book (et un peu moins emblématique il faut bien le dire dans la série télé). Pour cela, on est plongé au début de l’infestation zombiesque, le monde commence à chavirer, le danger se répand un peu partout. Bref, la survie débute. Et c’est personnellement ce que moi je préfère dans ce type de récit, finalement peu importe la menace en cours, peu importe la nature du danger, ce qui me plaît c’est de voir les personnages s’adapter et se mettre en mode survie. De Mad Max à The Revenant en passant par Le Fléau de Stephen King, l’essentiel pour moi réside dans la façon qu’ont les survivants de s’en sortir. Dans ce roman on retrouve donc Philip Blake avant qu’il ne prenne le surnom de Gouverneur, qui est à la tête d’un petit groupe composé de son frère Brian, sa petite fille Penny et de deux de ses amis, Bobby et Nick. Bien décidé à survivre dans ce nouveau monde dont ils ne maîtrisent et ne comprennent pas encore toutes les règles, ils vont se lancer dans un road trip qui les mènera jusqu’à la petite communauté de Woodbury. Tout l’intérêt du livre est non pas tant dans la cavale et les différentes (més)aventures du groupe de fuyards, mais bien plus dans l’évolution des personnages et le chemin psychologique qui va transformer un homme normal en celui qu’on découvrira ensuite dans The Walking Dead sous les traits d’un parfait tyran qui s’impose par la force, le Gouverneur.

 

Fluide et facile à lire, le livre est bien écrit. Il peut même tout à fait être lu sans qu’on n’y connaisse rien à The Walking Dead. Évidemment, avoir le background de l’histoire, connaître l’avenir de celui dont on suit la destinée dans ce roman est un plus, car justement on a certaines certitudes liées au savoir qu’on a (ou qu’on croit avoir) quant au futur des personnages, et que ces certitudes sont peu à peu démontées, de façon assez maligne, par les auteurs. Bref, bien qu’on connaisse la destination finale, on est tout de même surpris par l’itinéraire pris pour y arriver ! C’est certainement le vrai tour de force auquel sont parvenus les auteurs : surprendre les lecteurs qui connaissent déjà Philip Blake. Il y a de ce point de vue une surprise en fin de récit, à laquelle je ne m’attendais pas et qui colle pourtant parfaitement bien avec ce que sera ensuite le Gouverneur. Cette dimension de l’histoire passe forcément inaperçue pour ceux qui découvrent le roman sans avoir lu la BD ou vu la série auparavant, mais rien qui puisse pour autant entacher la lecture ou être source d’une éventuelle incompréhension.

 

Que vous soyez donc addict à The Walking Dead ou totalement béotien en la matière, à moins d’avoir une aversion pour les histoires de zombies ou les survivals typés « fin du monde », la lecture de ce roman pourra s’avérer très divertissante, voire éclairante pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur le Gouverneur de The Walking Dead.

 

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 08:25

Il y a des chiffres comme ça qui impressionnent. Ou même qui font peur !

Pour moi par exemple, c’est le cas du chiffre 100.

 

L’autre jour je me lave les mains, dans la salle de bain chez ma mère. Au sol sous le radiateur, j’avise du coin de l’œil le pèse-personne.

Typiquement le genre d’instrument que je n’ai pas chez moi. Je me dis « tiens, si je me pesais pour voir ? ». Et là boum ! 100,4 kg qui s’affichent sur l’écran numérique. Ça m’a fait comme un petit choc.

 

Bon, je ne vais pas dire que je n’avais pas remarqué que je m’élargissais un tantinet ces derniers temps. D’ailleurs il y a quelques mois j’avais déjà été assez attristé de constater que la barre des 90 kilos était assez largement dépassée. Mais de là à tutoyer le quintal, j’aurais pas cru.

 

Va peut-être falloir que j’essaie de faire quelque chose pour stopper l’inflation. Voire même songer sérieusement à dégraisser le mammouth pour reprendre une formule allègrienne.

 

Pffff….

Oh my God...

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 08:14

Ce livre m’a pris par surprise et complètement retourné.

 

N’ayant rien lu à son sujet, le titre et la quatrième de couverture m’ont fait croire qu’il s’agissait d’un roman sur la difficulté d’être parent et sur les relations père-fils. Étant depuis toujours (et encore plus depuis que je suis père) sensible à ce sujet, je l’ai donc pris sans chercher à en savoir plus avant de le lire. Et en effet, c’est en partie le thème du livre. Mais ce Tu Verras de Nicolas Fargues c’est plus, bien, bien plus que cela.

 

Le narrateur est le père de Clément, pré-ado de 12ans avec lequel les relations commencent doucement à se compliquer maintenant qu’il est au collège et qu’il a des fréquentations que son père réprouve. Le père est un quadra sans grande envergure, fonctionnaire, divorcé, il élève tant bien que mal son fils dont il a la garde. Bourré de principes et de certitudes, il essaie d’inculquer à son fils une certaine culture, une certaine éducation, pas toujours facile quand on se heurte aux goûts et aux envies d’un gamin de son temps. Alors souvent il y a conflit. Et il n’est pas rare que le père ponctue ses leçons de morales ou ses conseils par un « Tu verras, quand tu seras grand tu comprendras, tu verras. » comme argument ultime. Sauf que Clément, à 12 ans, meurt dans un accident de métro. Et que son père se retrouve alors seul, infiniment seul, à repenser au passé, à essayer de comprendre ce qui est arrivé.

 

Ce livre est d’une tristesse insondable, infinie. Il est touchant, bouleversant, dérangeant, inconfortable mais pourtant très beau et, qualité immense au vu du sujet abordé, jamais larmoyant. Pas de pathos, pas de mièvrerie. Bien au contraire. La plume de Nicolas Fargues est d’une sincérité incroyable, le regard qu’il porte sur son personnage est sans la moindre concession, d’une franchise qui peut même gêner, voire faire peur. Le deuil que traverse ce père vous prend aux tripes mais aussi au cerveau, il vous emmène avec lui dans ses interrogations, ses doutes, ses remises en causes et ne vous lâche pas une seule seconde. Avec le deuil vient le temps du grand ménage. Son ex-femme, son actuelle compagne, son propre père : tous y passent. Il n’y a plus de filtre, plus de retenue. Surtout plus d’envie de faire le moindre effort quand l’essentiel s’est envolé. Avec le deuil vient le moment où le père repense à tout ce temps passé avec son fils, les bons comme les mauvais moments. Cela valait-il la peine d’entrer en conflit avec lui pour ses tenues vestimentaires qu’il trouvait ridicules ? De se moquer de lui parce qu’il se mettait à écouter ces rappeurs débiles qui chantent des niaiseries tout en se pavanant en marcel moulant ? Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu profiter de ce temps pour juste être heureux avec son fils et mieux apprendre à connaître cet être en devenir ?

 

Par moment, certaines réflexions que se fait le père sont vraiment violentes à lire et à entendre. Pourtant elles retranscrivent une réalité qu’on ne peut nier. C’est ce qui fait toute leur violence du reste. On ne peut s’empêcher, en tant que parent, de se retrouver dans les mots de Nicolas Fargues, c’est proprement inévitable. L’auteur vise si juste, ses mots tapent tellement là où c’est vrai et donc là où ça fait mal, qu’on n’y échappe pas. C’est toute la force de ce roman, il ne peut pas vous laisser indifférent, c’est juste impossible. Même sans être parent, je pense que le livre parvient à toucher en profondeur ce qu’on a de plus humain (et qui n’est pas forcément agréable ou beau à voir).

 

Et ce futur du titre qui vient se fracasser sur le passé qui s’impose au père à chaque fois qu’il pense à son fils, c’est à la fois d’une sensibilité extrême et d’une puissance terrassante. Non Clément ne verra pas tout ce que son père lui promettait qu’il comprendrait plus tard.

 

Pris au dépourvu par le thème, pris à la gorge par l’histoire et les sentiments de ce père à la dérive, bluffé par la plume d’une concision et d’une classe folle de l’auteur, j’ai été encore plus surpris d’apprendre que ce roman n’est en rien auto-biographique. L’auteur a su se mettre dans la peau d’un type qui vit une telle tragédie d’une manière que je n’aurais pas cru possible. Car écrire sur ce thème-là est déjà bien casse-gueule si on y a été réellement confronté, mais alors parvenir à se substituer au personnage et imaginer tout ce qu’on peut ressentir avec ce degré d’authenticité… c’est pour le moins la marque d’un talent plus que remarquable.

 

Si une chose peut éventuellement être reprochée à ce roman, ce serait sa fin. Nicolas Fargues ouvre une porte inattendue (et de façon un peu abrupte) vers une conclusion qui reste ouverte pour le personnage du père. Personnellement cette fin ne m’a pas dérangé, l’intérêt principal de ce livre ne résidant pas là à mon sens.

 

Une chose est certaine, j’ai été complètement surpris et conquis par cet auteur dont je n’avais jamais rien lu auparavant, et ce roman, court mais d’une densité et d’une force rares, m’a convaincu de son talent et donné l’envie d’aller voir parmi ses précédentes œuvres si je peux y trouver mon bonheur.

 

 

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 08:28

On a tous un jour ou l’autre le bourdon. Je ne vous parle pas d’être juste de mauvais poil, mais bel et bien de broyer du noir. D’être démotivé, de se sentir impuissant, de se dire que « de toute façon c’est foutu ». On a tous connu ça. On connaît tous ça. Ça va, ça vient, ça se fait oublier puis ça réapparaît à la surface. On ne sait même pas exactement pourquoi, c’est juste comme ça. Moi ça me l’a fait lors des attentats de Charlie Hebdo par exemple. Ou quand j’ai appris que Leonard Cohen nous avait quitté. Parfois aussi ça peut juste s’avérer être une conjonction de micro-événements qui mis bout à bout réveillent ce sentiment de blues profond contre lequel on se sent désarmé.

 

Mais j’ai une arme fatale contre ça. Un truc contre lequel le pessimisme et l’abattement ne résistent pas une minute. Les enfants. Mes enfants, Tom et Nathan.

Petit patchwork hétéroclite de situations du quotidien, trois fois rien en réalité, mais qui me redonnent invariablement la banane…

 

Quand après le repas du soir, la brosse-à-dents dans la bouche, ils chantonnent Blues, booze and rock’n’roll de Manu Lanvin

 

Quand le soir après les devoirs on se cale tous les trois sur le canapé pour regarder un ou deux épisodes d’Ulysse 31 ou Capitaine Flam

Ulysse, Nono, Télémaque et Thémis

Quand ils se font un parcours du combattant chronométré style Koh-Lanta dans le jardin, à grand renfort d’escalade de balançoire et de toboggan…

 

Quand chaque dimanche après-midi on regarde un film en famille, tous ensemble agglutinés devant la télé...

 

Quand on lit ensemble un passage du Tournoi des Champions, le comics que j’ai lu des dizaines de fois enfant et qui passionne tout autant les miens 35 ans plus tard...

Le Tournoi des Champions, édition 2018

Quand Tom demande s'il peut tremper sa banane dans sa crème au chocolat en précisant que « ça doit être super bon ! » ...

 

Quand Nathan me demande dans la voiture après avoir écouté Highway to Hell d’AC/DC : « on peut le remettre s’il-te-plaît ? »…

 

Quand Tom, du haut de ses 4 ans prend un comics et raconte l’histoire à voix haute, en inventant les dialogues et les histoires en fonction des dessins qu’il voit en tournant les pages…

 

Quand Nathan me parle de mosasaure, de parasaurolophus, de dilophosaure, d’argentinosaure, de dunkleosteus, de quetzalcoatlus ou de liopleurodon…

C'est ça un liopleurodon !

Quand Tom me parle de Peter Quill, Dark Wolverine, Bucky, Blitzkrieg, Nova, Faucon Pèlerin, Iron Patriot, Sasquatch, Docteur Druid, Carnage, Sabra, Quicksilver, Mockingbird… et me pose plein de questions à leur sujet...

 

Quand Nathan se lève le week-end, et en attendant que le reste de la maisonnée se réveille, s’installe devant l’ordinateur et regarde une ou deux émissions de C’est pas sorcier sur youtube, passant de sujets en sujets, aussi divers que variés, tels que le traitement des eaux usées, les casques bleus de l’ONU, la formation de la grêle pendant les orages, les serpents, le rugby, les inondations à Venise, les méduses, le billard,…

 

Quand mes deux loulous débattent des forces et pouvoirs comparés de Kylo-Ren, K-2SO, des jawas ou des gardes rouges, ou encore des différents vaisseaux spatiaux de Starwars

 

Quand mes deux petits mélomanes me supplient après le repas de mettre un ou deux clips de Nathaniel Rateliff and the Night Sweats, si possible Hey Mama avec ses voitures qui défilent à l’écran, ou encore comme dirait Tommy « Au galop » (traduisez par Need never get old !), « mais si tu sais quand ils se déguisent en papys à la fin ! »…

Nathaniel Rateliff and the Night Sweats "déguisés en papys" ;-)

Quand Nathan est tellement concentré et absorbé par la BD qu’il est en train de lire qu’il ne la lâche pas et continue à lire tout en s’habillant ou en marchant…

 

Quand Tom se fait des doigts-framboises en empalant sur chaque doigt la plus grosse framboise possible, ce qui le rend hilare mais n’entame en rien l’appétit avec lequel il engloutira les fruits dans la foulée…

 

Quand Nathan revient tout fier avec sa seconde étoile à la fin de sa première saison de ski alors qu’il était inscrit chez les flocons, et que Tom qui a pour sa part ramené la médaille « Garoloup » demande à ce qu’on l’accroche sur son pyjama…

 

Quand avec mes deux fans de super-héros on passe en revue les vrais noms des personnages, à coup de « qui est Peter Parker ? », comment s’appelle Iron-Man ? » ou « qui est Natasha Romanoff ? » avant de passer à des plus difficiles comme « qui est Pietro Maximoff ? », « comment s’appelle Dents-de-Sabre ? » ou encore « qui est Walter Langkowski ? »…

Monsieur Walter Langkowski !

… dans ces moments et dans bien d’autres encore, le positif l’emporte haut la main sur tout le reste, l’avenir qui paraissait sombre s’éclaircit à tous les coups, et le bonheur se conjugue simplement, au présent.

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 08:16

Non ceci n’est pas un article auto-biographique. :-)

 

Pour un premier roman, Steve Hely a fait fort, puisqu’il s’attaque ni plus ni moins à l’industrie de la littérature au shotgun, la démonte de A à Z, la décortique avec une froideur et un cynisme sans concession pour finalement s’en moquer ouvertement. Et là où il a fait encore plus fort, c’est que non seulement c’est plutôt bien vu dans l’ensemble et que ça tape pas mal juste, mais en plus à ce que j’ai cru comprendre ça s’est assez bien vendu son roman.

 

Dans Comment je suis devenu un écrivain célèbre, le personnage principal se nomme Pete Tarslaw et n’est pas très loin de ce qu’on pourrait qualifier d’un raté. Tout du moins est-ce en creux ce que lui-même semble penser. Le garçon vivote en rédigeant pour le compte d’étudiants fortunés des lettres de motivation pour entrer dans de grandes et prestigieuses écoles. Pas reluisant, mais un boulot alimentaire comme un autre. Côté vie perso le tableau n’est pas plus enthousiasmant : après une rupture qui lui reste encore en travers de la gorge, Pete vit en colocation avec un type assez bizarre, plus proche du geek socialement inadapté que de l’humain. Mais tout se détraque quand Pete reçoit l’invitation au mariage de Polly, son ex. Pete se rebelle. Il ira, mais en tant que personnage riche et adulé, l’idéal serait que Polly se prosterne à ses pieds en le suppliant de bien vouloir la reprendre. Pour arriver à ses fins Pete a un plan. Il va devenir un écrivain célèbre. Il les a vus à la télévision tous ces gratte-papiers qui vendent par millions d’exemplaires leurs romans : pas besoin de talent pour faire aussi bien que ces imposteurs de la littérature, il suffit d’offrir aux gens ce qu’ils veulent lire ! Pete va donc décortiquer les listes de best-sellers pour comprendre ce qui plaît, ce qui marche, tel le premier enquêteur marketing ou publicitaire véreux venu. Le roman de Pete, Cendres dans la tornade répondra parfaitement à la recette qu’il va lui-même concocter en se basant sur ce que les autres font… tant et si bien que … et si ça marchait en fin de compte ?

 

Évidemment on nage en pleine parodie dans ce roman, son auteur caricature un brin (ou alors outrancièrement ? À vous de vous faire une idée !) le monde littéraire et la culture de masse. C’est plutôt drôle (les critiques allant parfois jusqu’à en dire que c’est hilarant, je n’irai pas aussi loin), c’est enlevé, c’est gonflé, c’est original. Mais ce qui m’a plus particulièrement plu c’est la causticité du ton, le cynisme et l’amoralité du personnage. À ce sujet, j’ai trouvé osé et courageux de la part de l’auteur de prendre comme héros un type pas vraiment attirant, qu’on n’arrive pas vraiment à apprécier et pour lequel la morale importe peu. En un mot comme en cent, on n’a pas envie de l’aimer ce type, même si on a parfois le même avis que lui sur ce qui nous entoure et la même envie que lui de tout envoyer balader et de profiter du système comme d’autres peuvent le faire.

 

Ce que j’ai aimé c’est que le manichéisme n’est pas de mise : absolument tout le monde dans l’univers littéraire s’en prend pour son grade : écrivains, lecteurs, éditeurs. Il y a même une petite saillie sur les critiques qui remet les pendules à leur place (comme dirait Johnny) : « le plus abject ordre de pourceaux qui ait jamais foulé la face de la terre ». Non pas que je me prenne pour ce que je ne suis pas, mais je me le tiens pour dit malgré tout !

 

À l’heure du formatage culturel, de la pensée prémâchée, du tout commercial et des publicitaires rois du pétrole, le roman de Steve Hely se pose là et dénonce un peu tout cela en vrac. Au vitriol. Et c’est plutôt salutaire d’ailleurs, signe de bonne santé mentale. Dommage cependant que la fin vienne un peu contredire l’ensemble, car, à moins que j’ai mal saisi la volonté de l’auteur, il semblerait que la morale finisse tout de même par triompher dans la conclusion du récit.

 

Cela dit, Comment je suis devenu un écrivain célèbre, s’il n’est pas le roman-phénomène vanté en quatrième de couverture, reste un très sympathique divertissement qui sort des sentiers battus, qui bouscule le lecteur dans sa zone de confort et le prend même directement à partie. Évidemment si vous êtes allergique au cynisme, je ne peux que vous déconseiller de lire ce bouquin, mais si vous ne craignez pas de voir ce que vous aimez potentiellement écorché au passage, ce roman s’avérera être une très intéressante lecture.

 

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 14:05

 

« Un bout de téton n’a jamais fait de mal à personne. »

 

James Coburn, un acteur de légende et un type bien.

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 08:29

Très gros succès littéraire de l’année 2011 en France, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est aussi le premier roman de son auteur, le suédois Jonas Jonasson.

 

Avec ce roman, on peut dire qu’on est face à un OLNI, un Objet Littéraire Non Identifié, tant ce livre suscite de surprises et de réactions en tous genres (à en croire les nombreux avis que j’ai pu lire, la plupart du temps les lecteurs succombent à son charme ou le rejettent purement et simplement).

Moi qui ne m’attendais pas à grand-chose mais qui avais cependant été très intrigué à la fois par le titre accrocheur et par la couverture pour le moins extravagante, j’avoue faire partie de ceux qui ont été surpris, et même très agréablement surpris. Alors soyons honnête : je crois vraiment qu’il faut être dans un état d’esprit particulier pour bien apprécier ce bouquin. L’esprit ouvert. Ouvert à la facétie, au loufoque, à l’incroyable, au second degré, au cynisme un peu aussi… Ceci dit, il ne suffit pas d’être ouvert, encore faut-il que ce qu’on nous donne à lire soit bien raconté. Et là pour le coup, j’ai trouvé que Jonas Jonasson a su plus que parfaitement mener sa barque. Pour un premier roman, chapeau bas ! Parce que manier l’improbable c’est ultra-casse-gueule : mal ficelé il n’y a pas mieux pour vous sortir d’un récit et vous flinguer une histoire. Pourtant si on fait la somme des aventures burlesques du héros centenaire de ce roman, on doit bien avouer que c’est complètement saugrenu et totalement abracadabrantesque, et pourtant on accroche bien et on suit même l’histoire avec une certaine gourmandise non feinte. Preuve que du côté de celui qui tient la plume, il y a un talent indéniable.

 

Mais avant d’en dire plus, je vais tenter de résumer de quoi il s’agit. Le vieux du titre, c’est Allan Karlsson. Dans sa maison de retraite où il s’ennuie ferme, il s’apprête à fêter son centième anniversaire. Et si les genoux coincent pas mal à cet âge-là, l’esprit, lui, reste vif. D’ailleurs Allan l’a décidé, il est hors de question de rester une seconde de plus parmi ses colocataires séniles. La seule solution qui s’offre à lui c’est la fugue ! Chaussé de ses plus belles charentaises il saute par la fenêtre de sa chambre. Par chance elle est au rez-de-chaussée. Direction la gare, aussi vite que ses jambes le lui permettent, avant qu’on ne s’aperçoive de sa disparition… Sur place, par un concours de circonstances (le premier d’une longue série), Allan se retrouve avec une valise qui n’est pas la sienne, remplie de billets de banque. Billets qui appartiennent aux Never Again, un gang local dont les membres ne sont pas du tout enclins à tirer un trait sur leur butin. Pendant ce temps, à la maison de retraite on finit par s’apercevoir de l’absence du centenaire, et la police est chargée de l’affaire, on n’exclut pas un possible kidnapping ! Commence alors une course-poursuite à travers tout le pays (en charentaises donc) où l’on suivra tour-à-tour Allan, les gangsters qui veulent récupérer leurs biftons et la police suédoise. Et c’est ainsi au gré des rencontres d’Allan qu’on en apprendra plus sur son passé, lui l’enfant du XXème siècle qui aura eu une vie trépidante et connu tous les grands événements historiques d’un siècle riche et mouvementé…

 

Vous vous en doutez rien qu’à en lire le résumé, il y a beaucoup à dire sur cette histoire invraisemblable. D’abord, bravo à l’auteur d’avoir choisi pour héros un centenaire ! C’est non seulement original, mais aussi sacrément gonflé, car dès le départ il se met un handicap du point de vue de la narration : rares seront les potentiels lecteurs qui pourront s’identifier ou même se sentir proche d’un tel personnage ! Et pourtant ça marche. Il faut dire que le papy Allan on le voit à quasiment tous les âges, au travers des différents flashbacks auxquels recourt Jonas Jonasson. On n’a donc pas à faire « qu’à » un centenaire au cours du récit. C’est même plutôt malin, car cet artifice permet à l’auteur de sauter de période en période, et de relier ainsi son héros à tout un tas d’événements majeurs du XXème siècle. Et quel siècle : du point de vue géopolitique, sociétal ou scientifique, il aura connu de bien nombreux bouleversements. Auxquels Allan aura souvent pris part, quand ce n’est pas carrément lui qui en fut à l’origine…

 

C’est donc ainsi qu’au gré de l’imagination (pour le moins débordante) de l’auteur, Allan va croiser les plus grands de l’histoire récente. Staline, Truman, Mao, Churchill, Nixon, Kim Jong-Il, Franco, de Gaulle, Einstein (enfin le frère un peu spécial du célèbre physicien tireur de langue)… j’en passe et en oublie.

Et à chaque fois Allan va les côtoyer de près. La plupart du temps il les tutoie même, c’est dire. Pourtant qui a déjà entendu parler de ce petit suédois anonyme ? Personne, et au fur et à mesure de ses pérégrinations dans l’Histoire (celle avec un H majuscule) on comprend cependant quel a été son rôle. C’est d’ailleurs un point intéressant du récit, car si Allan a connu tous ces grands noms de l’Histoire, outre les circonstances improbables qui ont rendu possible cet exploit, il le doit à certaines particularités de sa personnalité hors-normes. D’origine modeste, sans éducation mais loin d’être idiot pour autant, Allan est athée mais aussi apolitique. La religion et la politique ne l’intéressent tout simplement pas. Relation de cause à effet ou non, de manière générale, le pouvoir ne l’attire pas du tout non plus. D’ailleurs après un séjour en hôpital psychiatrique, il deviendra insensible à un autre sujet : le sexe. Et c’est justement cette combinaison : pas de politique, pas de religion et pas d’attirance pour le pouvoir ni le sexe, qui va lui permettre d’approcher tous ces monuments de l’histoire et surtout de se sortir de bien des rencontres qui tournent mal. Enfin pour tout dire, j’ai omis de citer une autre de ses particularités qui l’aide à sociabiliser avec tout le monde : il aime bien manger et s’en jeter une petite derrière la cravate. Et il est bien connu qu’on fraternise plus facilement autour d’une bonne boutanche…

 

Le personnage d’Allan, que ce soit dans sa personnalité ou par sa capacité à traverser l’Histoire n’a pas été sans me rappeler un autre héros incontournable, Forrest Gump. Comme lui c’est un « vrai gentil », un mec qui ne pense jamais à mal, qui n’a pas forcément un avis sur tout et qui ne juge pas, qui agit simplement en fonction des événements, sans forcément beaucoup réfléchir à tout ce qui se passe et sans intellectualiser à outrance. En fait avec Allan comme avec Forrest, la vie est finalement très simple. Allan n’est pas aussi simplet que l’est Forrest, mais c’est bien là tout ce qui les différencie sur le fond.

 

Alors comme je le disais en début d’article, il faut avoir une certaine propension à accepter l’improbable pour ne pas bloquer sur la série de péripéties qui vont rythmer la vie incroyable du héros. Mais dès lors qu’on accepte cela, dès lors qu’on sait faire preuve d’un minimum de lâcher-prise le récit nous emporte loin, vite et fort ! L’humour est ici omniprésent, et on ne peut pas s’empêcher de se marrer régulièrement face aux différents personnages hauts en couleurs qu’on croise (et il y en a un sacré paquet, je n’en citerais qu’une pour que vous compreniez bien que l’auteur suédois n’a aucune limite : Sonja l’éléphante qui vit dans la grange d’une ferme suédoise…), aux rebondissements incessants comme aux aller-retours entre le passé et le présent, et au cynisme de certaines situations (à replacer dans leur contexte historique)… La fessée au jeune Kim Jong Un, gamin intenable et capricieux, m’a à ce titre beaucoup fait rire !

 

Bref, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est à lire avec une certaine légèreté, et si vous savez vous laisser emporter malgré l’énormité de certaines situations vous serez très largement récompensé par un vrai bon moment de divertissement littéraire. Ah une dernière chose : le bouquin a eu un tel succès qu’il a déjà connu une adaptation cinématographique. Je n’ai pas vu le film, mais le simple fait de me remémorer le roman me donne envie de tenter d’y jeter un œil pour voir si je serai autant amusé à l’écran qu’à travers le papier...

 

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