Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
  • Contact

Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

Recherche

Série(s) en cours

25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 15:07

Ah le sport !

À l’heure où tout le monde parle sans cesse de Football et des affaires de gros sous qui y sont associées, où les Jeux Olympiques sont devenus une source d’enjeux financiers énormes, et où les droits de retransmissions télévisées explosent records sur records, j’ai décidé de me pencher sur des sports un peu moins … académiques dirons-nous ! Et plus confidentiels à coup sûr.

Et j’en ai trouvé quelques-uns pas piqués des hannetons dont je vais essayer de parler de temps à autres…

 

Laissez-moi donc vous entretenir un peu de Chessboxing.

Il s’agit d’un sport hybride qui fusionne jeu d’échecs et boxe anglaise !

Si.

Si, si.

Le Chessboxing ou l'association du roque et de l'uppercut !

Au tout départ, le concept a émergé de l’esprit tordu de Enki Bilal, dans sa bande dessinée Froid Équateur (parue en 1992 aux éditions Casterman), et c’était aux dires de l’auteur franco-yougoslave, une invention plus amusante que sérieuse. On en conviendra.

Sauf qu’il y en a un quelque part aux Pays-Bas, un certain Iepe Rubingh, également artiste de son état, qui ne l’a pas pris à la rigolade. Et il a commencé à organiser des combats au début des années 2000, allant jusqu’à fonder la WCBO (World Chess Boxing Organisation) qui régit officiellement ce sport.

Aujourd’hui il existe à travers le monde plusieurs clubs (il y a environ 3 500 combattants licenciés), ainsi que des championnats d’Europe et du Monde (le dernier en date a eu lieu à Calcutta en juillet 2018).

Froid Équateur de Enki Bilal

Alors comment ça marche ?

Les règles sont celles cumulées de la boxe anglaise et des échecs. Les sportifs s’affrontent sur un ring muni également d’un plateau de jeu d’échecs. Le match se compose au maximum de 6 rounds de quatre minutes aux échecs et de 5 rounds de trois minutes de boxe, se succédant l’un l’autre en commençant par un round d’échecs. La partie d’échecs se joue sous la forme d’un blitz avec un maximum de temps (12 minutes par joueur).

 

Comment on gagne ?

- par un échec et mat,

- par K.O.,

- par dépassement de temps aux échecs,

- par décision de l’arbitre sur le ring,

- par abandon de l’adversaire (aux échecs ou en boxe).

 

Deux stratégies principales existent : privilégier l’impact physique en boxe afin de fatiguer et perturber l’adversaire suffisamment pour que ses performances aux échecs en pâtissent, ou être très fort et surtout très rapide aux échecs tout en parant au mieux les coups en boxe pour parvenir à gagner au temps ou par échec et mat.*

Des combattants qui se rendent coup pour coup !

Au début, quand j’en ai entendu parler, j’avoue : j’ai ri.

Et puis en y repensant, puis en ayant vu des extraits de matchs (on peut trouver ça sur internet évidemment), j’ai été fasciné par le mélange de ces deux arts, par la confrontation pure entre puissance cérébrale et puissance physique qui se succèdent tour à tour, par l’aspect stratégique qui prend vite toute son importance au cours d’un match. C’est totalement inédit, hautement improbable, conceptuellement iconoclaste, mais carrément bluffant en fin de compte.

 

Alors c’est sûr que ça ne fera pas le primetime de TF1 à court terme, mais si une chaîne du genre de L’Équipe 21 avait dans l’idée de varier ses retransmissions de Pétanque et de Biathlon, je suis certains que les droits télé du Chessboxing devraient pouvoir se négocier à prix d’ami. Et sûr que je jetterai un œil dessus plutôt que de me perdre dans les méandres des programmes sans intérêt de la majorité des chaînes TNT...

* Petite statistique intéressante : il semblerait que les échecs soient plus payants au chessboxing, puisque environ 60 % des matchs se gagnent aux échecs contre 40 % à la boxe seulement !

Partager cet article
Repost0
20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 09:46

Ce roman a été édité dans le cadre d’une collection basée sur le thème du Vendredi 13. Comme son auteur, Jean-Bernard Pouy, a comme qui dirait un tout petit esprit de contradiction chevillé au corps, il a donc intitulé son histoire Samedi 14, histoire de bien donner le ton de son récit. Parce que l’esprit de contradiction, ou en tout cas la ferme volonté de ne pas se laisser imposer quoi que ce soit, c’est justement l’un des traits principaux du personnage central de son roman. Dont je vais de ce pas vous toucher deux mots.

 

Ce personnage donc, c’est Maurice Lenoir, un cinquantenaire paisible qui vit retiré dans une petite maison de la Creuse. Retraité avant l’âge, il vivote du RSA et des légumes qu’il fait pousser dans son jardin. Ses plaisirs sont simples : la nature, le calme, la lecture de l’œuvre de Raymond Queneau et de temps en temps l’apéro chez les petits vieux qui lui tiennent lieu de voisins. Sauf que Maurice ne s’appelle pas vraiment Maurice. Son vrai nom c’est Maxime Gerland, et dans sa jeunesse il a été un activiste de l’ultra-gauche, anarchiste convaincu, chef de file du collectif « Van Gogh », un groupe d’activistes qui avaient pour habitude de couper une oreille des puissants et autres dirigeants qu’ils capturaient avant de les relâcher. À l’époque, il était rien moins que fiché comme terroriste et recherché par toutes les polices de France et de Navarre. Mais il a tourné la page et s’est fondu dans le décor, la flicaille ne lui a jamais mis la main dessus et depuis il coule des jours tranquilles, retiré à la campagne, à peine dérangé par un lumbago chronique enquiquinant. Le seul hic, c’est que ses voisins, les Kowa avec qui il va partager un verre de guignolet régulièrement, sont les parents d’un certain Stanislas Favard, politicien ambitieux et droitier qui vient d’être nommé … ministre de l’intérieur*. Évidemment si Maurice avait su il n’aurait pas été pris au dépourvu, mais ce sinistre politicard avait pris le nom de jeune fille de sa mère pour faire plus français. À la nomination de Favard, voilà-t-y pas qu’un bataillon de CRS débarque dans le quartier pour assurer la protection rapprochée des voisins. Faut dire que le ministre n’est pas le plus apprécié, on cherche donc à protéger ses proches. Et ces cons de flics viennent lui chercher des poux dans la tête pour quelques plants de cannabis que Maurice cultive sur son lopin de terre. Parce que bon, les légumes c’est bien et c’est nourrissant, mais quand même quand on a été un anar gauchiste on garde quelques vieilles habitudes pour se détendre de façon naturelle et bio…

Sauf que là trop c’est trop, Maurice redevient Maxime, et malgré l’âge et le manque d’exercice, décide qu’il ne va pas se laisser emmerder plus longtemps, Et puis si dans la foulée il peut s’occuper du cas du ministre, c’est joindre l’utile à l’agréable. C’est donc parti pour une cavale à travers la France mais aussi l’Italie, ponctuée de rebondissements et de nostalgie pendant que les Renseignements Généraux, qui se sont enfin rendus compte de la véritable identité du voisin des Kowa, se lancent à sa recherche. Le patron de la DCRI qui connaît l’oiseau prévient sa hiérarchie que compte tenu de son âge « il ne va pas se relancer dans des actions violentes ou subversives mais va simplement tenter de nous emmerder un maximum ». Et il est loin d’imaginer à quel point Maxime a conservé son pouvoir de nuisance !!

 

Bon, déjà là, normalement, tous ceux qui aiment les histoires de vieux bandits sur le retour sont conquis. Les gauchistes et pro-anar et revendicatifs dans l’âme aussi. Les amoureux de polars bien écrits, itou. Quand en plus de cela je vous aurai dit que c’est écrit avec une truculence et un amour des mots, de l’argot et des expressions imagées qui font mouche, ça va attirer encore toute une tranche de lecteurs. Amoureux d’humour noir et de cynisme bien à la française, bienvenue, c’est ici que ça se passe ! Allez hop, des lecteurs en plus. Bon ça commence à faire du monde, et c’est tant mieux, parce que je vous le dis comme je le pense : Samedi 14 c’est vachement bien, c’est drôle, c’est impertinent, c’est racé, c’est rythmé, c’est original, c’est inattendu, c’est généreux, c’est malin.

 

Bref : lisez-le !!

 

* toute ressemblance avec un certain Nicolas S, est à mon humble avis absolument et parfaitement voulue.

 

Partager cet article
Repost0
15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 15:25
Partager cet article
Repost0
26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 10:00

Avec La nuit des temps, je fais ma troisième incursion dans l’univers de René Barjavel. Mon premier essai avec L’Enchanteur avait été un flop, ma deuxième tentative avec Le voyageur imprudent s’était révélée plus positive sans pour autant éveiller un enthousiasme débridé de ma part (c’était en 2010 déjà...). C’est donc avec l’un de ses incontournables les plus plébiscités que j’ai enchaîné. Ah je sens que le suspense monte et devient intolérable. La horde en furie des lecteurs de mon blog (mais si mais si) qui a été tenue en haleine pendant ces huit dernières années sans avoir de réponse à cette question cruciale restée en suspens, n’en peut plus d’attendre.

Eh bien mes amis, mes lecteurs, ma horde en furie, aujourd’hui vous allez être délivrés de cette cruelle incertitude. Ça valait le coup d’attendre non ?

 

Mais d’abord… voyons voir de quoi ça cause.

Antarctique. Des chercheurs français font une découverte incroyable. À près de 1000 mètres sous la glace qui recouvre le continent, un signal est détecté par les appareils sondeurs. Pourtant à cette profondeur, quoi que ce soit, cela date d’environ 900 000 ans… Dès lors pour percer le mystère (et la couche conséquente de glace qui les sépare du signal), une mission internationale inédite est mise en place, qui voit toutes les nations coopérer. Arrivé à la source du signal, on découvre l’incroyable, l’impensable : des vestiges d’une civilisation ancienne et très avancée scientifiquement. Et parmi ces vestiges, deux corps, un homme et une femme, sont placés en animation suspendue, prêts à être sortis de leur léthargie. Les scientifiques décident alors de réveiller la femme…

 

… et je vais m’arrêter là pour le résumé, histoire de ne pas tout dévoiler à qui voudrait le découvrir de lui-même en se lançant dans la lecture de ce roman.

 

Alors évidemment, là on tape en plein thème SF, exactement du genre de ceux que j’affectionne (comme c’était déjà le cas pour Le voyageur imprudent). Mais l’auteur déborde très largement de ce qu’on pourrait considérer être les frontières du genre. En effet, les trois angles principaux sous lesquels le récit est abordé sont très différents et complémentaires. Tout d’abord il y a le présent, la collaboration entre scientifiques du monde entier, l’exploration, les questionnements qui sont soulevés, les problèmes techniques et leurs résolutions, la découverte et ses répercussions. Là on est en plein récit SF, et j’aime beaucoup. Mais il y a aussi le passé, puisque par flashbacks interposés, Barjavel nous raconte comment cette civilisation si ancienne et avancée en est arrivée à disparaître. Cette partie lorgne un peu vers le conte, la légende, le mythe. Et puis il y a la partie intimiste, celle qui met en avant les sentiments des protagonistes et en particulier de deux d’entre eux, les principaux : le Docteur Simon, l’un des dirigeants français de l’expédition polaire, et Elea, la femme en animation suspendue qui va être réveillée par les scientifiques qui l’ont trouvée sous la glace. Et là pour le coup on est en plein roman à l’eau de rose, grand-amour et passion dévorante en sont les principaux ingrédients. J’avoue que cette partie m’a un peu plus posé de problèmes que les deux autres…

 

J’ai ressenti des sentiments contradictoires et ambivalents à la lecture de ce roman. Autant j’ai été dès le départ intrigué par l’histoire, j’ai voulu tout du long de ma lecture en savoir plus, autant certains aspects du récit m’ont fait tiquer, voire m’ont déstabilisé. Tout d’abord, ce livre a été écrit en 1968, et il est terriblement ancré dans cette période. Même sans connaître sa date de parution, on pourrait deviner aisément de quand il date. La confrontation entre bloc de l’Est et Occident, ce parfum de guerre froide omniprésent, l’arme solaire développée par le Gondawa et l’Enisoraï qui rappelle furieusement la peur de l’arme nucléaire née dans les années 50, les manifestations d’étudiants pour la paix qui ne sont pas sans lien avec les revendications pacifistes contre la guerre du Vietnam et le mouvement de Mai 68 en France… Barjavel a clairement introduit dans son roman beaucoup d’éléments d’actualité de la fin des années 60. Forcément quand on le lit aujourd’hui, on ne peut s’empêcher d’y voir ces références un peu datées. Et le décalage avec la situation géopolitique d’aujourd’hui. Si rapprochement on devait faire, ce serait ironiquement plutôt entre notre actualité et les faits relatés dans le lointain passé imaginaire d’il y a 900 000 ans…

En soi cet ancrage dans les années 60 n’est pas bien grave, cela dit il entame tout de même l’idée de modernisme du roman. Ce qui est toujours un peu dommage quand il s’agit de SF qui ne se veut pas ouvertement uchronique…

 

La partie du récit consacrée à ce qui se passe il y a 900 000 ans est à la fois intéressante et frustrante. Intéressante car l’idée est bonne et l’envie d’en savoir plus immense, mais frustrante car elle aurait mérité bien plus de développement, de détails, de complexité. Le roman est d’une taille moyenne, ce qui fait que Barjavel ne rentre pas trop dans de tels détails. Ce sont pourtant justement ce type de détails qui sont d’une importance cruciale pour dépasser le stade du conte et rendre le récit réel, crédible, vrai. Durant toute la partie dédiée aux gondas et aux enisors, je n’ai pas pu me détacher de cette impression que l’auteur nous racontait une légende plutôt que des faits historiques. Et ça m’a retenu, et clairement freiné dans l’envie pourtant réelle que j’avais de pleinement entrer dans le récit.

 

Et ce n’est pas la partie sentimentale qui m’en aura convaincu, bien au contraire. C’est certainement à mes yeux la partie la plus faible du roman. L’histoire d’amour impossible entre Elea et Païkan qui se veut un peu artificielle dans son déroulement et son dénouement, penche très ostensiblement vers les histoires d’amours maudits à la Roméo et Juliette ou Tristan et Yseult. Autant le dire de suite, ça n’est pas ma tasse de thé. C’est simple, moi si vous voulez me prendre par les sentiments, vous me parlez de Marv qui se retrouve accusé du meurtre de Goldie dans Sin City – The Hard Goodbye, et là je pourrais bien lâcher une petite larme pour cette brute de Marv qui se sacrifie pour trouver le véritable coupable. Mais Roméo et Juliette, comment dire… un peu trop premier degré, un peu trop gentillet et naïf, enfin bref non quoi. Du coup l’effet Elea & Païkan c’est un peu la même chose pour moi, ça tient plutôt du repoussoir. Quant à l’amour contrarié de Simon et Elea on est un peu dans le même genre de limonade, à ceci prêt que là on se situe plus dans l’hypocrisie que dans la naïveté. Elea est la femme parfaite, des pieds à la tête elle est la quintessence de la féminité. En gros c’est Natascha McElhone. Ou Monica Bellucci si vous kiffez l’accent italien. Et le père Simon il en tombe follement amoureux au premier regard, alors même qu’elle est encore toute pétrifiée dans son sarcophage d’hélium solide. Mais amoureux à un point que vous n’imaginez pas. Sauf que tu ne tombes pas amoureux d’une poupée de cire momifiée aux mensurations parfaites. Non, désolé. Tu peux la trouver belle à crever, oui, mais dans ce cas-là, avec un tout petit peu de bonne foi, tu vas dire que tu la désires plus que tout, que tu vendrais un rein et te crèverais un œil pour l’avoir dans ton lit et lui faire des trucs interdits aux moins de 18 ans, mais t’es gentil tu nous serines pas avec l’amour. L’amour je veux bien, mais plus tard quand tu la connaîtras un peu, au moins après avoir échangé quelques mots quoi (eh ben oui, imagine la nana over-sexy mais qui sort niaiserie sur niaiserie en parlant avec une voix de canard*, t’auras l’air bien con avec ton amour fou du coup). Là tout de suite sur le moment, c’est les hormones qui parlent, pas le coeur. Soyons honnêtes. Nan mais sans déconner…

Entendons-nous bien : je ne jette pas la pierre à Simon, du tout. Mais qu’il ne nous prenne pas pour des jambons, c’est tout.

 

Donc voilà, grosso-modo, ce que j’ai envie de vous dire sur La nuit des temps de Barjavel.

J’ai peut-être pris un peu de temps pour vous expliquer ce qui m’a gêné dans cette histoire mais ne vous méprenez pas, j’ai plutôt trouvé l’histoire intéressante dans son ensemble. Mais encore une fois, Aïe caramba, je n’ai pas été complètement convaincu par le talent de Barjavel. Et si je me remémore mes deux précédentes tentatives, je me demande si peut-être, par hasard, je ne serais pas un poil trop vieux ? Pas pour le lire, mais pour le découvrir. Et que du coup la magie opère moins, que je vois autant les aspects positifs que ceux négatifs dans son écriture. Si vous avez un avis là-dessus, n’hésitez pas à l’exprimer !!

* et là je paie des frites à celui ou celle qui me dira d’où sort cette référence nasillarde, en plus d’obtenir toute mon estime éternelle. Bon ma frangine a le droit de répondre si personne ne se manifeste sous 3 jours, parce que elle, je suis sûr qu’elle sait**.

 

** normal, c’est ma frangine.

 

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 10:33

 

« L’expérience est un peigne que vous donne la vie quand vous êtes devenu chauve. »

 

Bernard Blier, expérimenté très tôt dans la vie.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2018 4 13 /12 /décembre /2018 14:15

Je suis tombé sur ce roman de façon particulière. J’ai tout d’abord entendu parler du film Winter’s Bone qui a eu une presse assez élogieuse à sa sortie, et signait les débuts de la gloire de celle qui est aujourd’hui l’une des actrices hollywoodiennes les mieux payées, Jennifer Lawrence. Ce film de 2010 est l’adaptation du roman du même nom de Daniel Woodrell. Ce dernier, bien que s’étant fait connaître depuis le début des années 2000 pour quelques romans à succès m’était jusqu’alors resté inconnu…

Connaissant ma très forte tendance à ne plus lire un roman dont j’ai déjà vu l’adaptation cinématographique, et étant plutôt attiré par le point de départ de l’histoire, je me suis donc mis à la lecture du roman, m’interdisant la vision préalable du film.

 

Avant d’en dire plus, voici de quoi il s’agit. Un hiver de glace se passe dans la région des Ozarks. « Où ça ? » vous entends-je déjà demander ? C’est un coin paumé, une région montagneuse et oubliée, coincée à cheval entre l’Arkansas, le Missouri, l’Oklahoma et le Kansas. Bref, le trou du cul des USA. Ree Dolly, 16 ans, y survit tant bien que mal, avec à sa charge ses deux petits frères. Sa mère a tourné dingo et son père, Jessup, repris de justice en liberté conditionnelle, a disparu depuis quelques semaines. L’hiver est là, et un matin le shériff du comté débarque dans la bicoque des Dolly pour annoncer que Jessup avait hypothéqué la maison familiale pour payer sa caution. Et que si le bonhomme ne se présente pas à son procès tout proche, Ree et sa famille seront expulsés. La jeune fille décide alors de partir battre la campagne profonde à la recherche de son paternel, ce qui va s’avérer aussi compliqué que dangereux…

 

Outre le climat plus que rude du coin et les paysages de campagne américaine reculée, c’est surtout une plongée dans une Amérique profonde et rurale comme on a peu souvent l’occasion d’en voir (on peut en avoir un autre aperçu dans la série télé Outsiders que je recommande). Ici, le soleil de Californie et les gratte-ciels de New-York, c’est de la carte postale. Ici les hommes sont aussi rudes et âpres que le froid mordant de l’hiver. La pauvreté règne, le royaume de la démerde et de l’ignorance crasse c’est l’environnement dans lequel se débat du mieux qu’elle peut la jeune Ree. Et c’est peu de dire qu’elle ne peut pas compter sur grand monde dans sa quête. L’endroit est plutôt propice à la méfiance envers tous ceux qui l’approchent. Et justement, c’est parce qu’elle évolue dans un environnement aussi sombre, hostile et désespérant, que toute la force et la volonté qu’elle porte en elle la rendent par contraste extrêmement positive, lumineuse, solaire.

 

Avec elle, le lecteur croise une panoplie de personnages plus inquiétants et glauques les uns que les autres. On ne s’identifie pas forcément à la jeune Ree (en tout cas ce ne fut pas mon cas) mais on ne peut s’empêcher de s’inquiéter, d’avoir peur pour la jeune fille. Une jeune femme qui du haut de ses 16 petites années, donne une véritable leçon de courage, d’obstination et de volonté. Pourtant rien ne lui sera épargné, et je préfère vous prévenir, l’histoire se veut sombre et elle l’est jusque dans ses détails les plus sordides. C’est d’ailleurs, bien au-delà des températures extrêmes de l’hiver, ce qui est réellement glaçant dans ce roman : l’histoire est à la fois très glauque mais aussi d’un réalisme pétrifiant. Du genre à vous faire regarder cette si grande Amérique d’un tout autre œil à l’avenir…

 

Je ne vais pas m’étendre plus avant sur ce bouquin, de peur d’en dire trop et d’en gâcher le contenu à ceux qui voudraient s’aventurer dans sa lecture, mais je ne peux que le recommander à ceux qui n’ont pas peur de se confronter à la réalité d’une autre Amérique que celle qu’on nous donne à voir habituellement...

 

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 13:34

La fatigue, plus le temps de rien faire : on connaît tous ça. Dès lors qu’on a des enfants, c’est même une règle imposée, le quotidien inévitable. Inclus dans le contrat de parent.

Et évidemment, on s’en est tous plaint un jour ou l’autre, moi le premier.

 

Alors quand je suis tombé sur ce texte, magnifique, de Robert Lamoureux, habituellement plutôt connu* pour ses sketches loufoques et ses blagues de comptoir, je me suis dit que c’était une bonne idée de le partager ici. J’en dis pas plus, le texte se suffit à lui-même.

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine,
Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte.
J'ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,
Je m’endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas.
Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n’est qu’une vantardise.
On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit !
Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ? 

Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons…
Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon…
Lorsque l’on n’a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre…
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond.
Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond. 

Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable,
Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s’en user le cœur…
Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur. 

Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu’on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu. 

La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste,
C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes.
C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit,
Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit.
C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie,
C’est la preuve aussi qu’on marche avec la vie. 

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense. 

Et vous me conseillez d’aller me reposer !
Mais si j’acceptais là, ce que vous me proposez,
Si je m’abandonnais à votre douce intrigue…
Mais je mourrais, Monsieur, tristement, de fatigue.

 

* encore que, je vous l’accorde, pour tous ceux qui sont nés grosso-modo après la télévision couleur ce n’est pas l’humoriste le plus connu non plus ! N’empêche, je suis sûr que tout le monde, petits et grands, jeunes et moins jeunes connaissent au moins une de ses œuvres. Vous ne me croyez pas ? Et si je vous dis La Septième Compagnie ? Eh bien oui, c’était lui ! (il en a été le réalisateur et co-scénariste)

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 11:08

Ce qui m’a tout de suite attiré dans ce livre, c’est le thème qu’il aborde : les enfants de Cléopâtre. Si la Reine d’Égypte est restée dans l’histoire et la mémoire collective, mémoire régulièrement alimentée par des films, livres, BD ou séries la mettant en scène, il n’en est pas de même de sa descendance. Elle a pourtant eu quatre enfants. L’aîné, Ptolémée-César dit Césarion, est le fruit de son union avec Jules César du temps de sa splendeur. Après la mort de l’empereur romain, celui qui a été l’un des plus fidèles généraux de César, Marc Antoine, va prendre sa suite en régnant sur l’Orient, qui lui est dévolu dans le cadre du Triumvirat. Cléopâtre et l’Imperator d’Orient entament alors une longue liaison dont naîtront trois enfants : les jumeaux Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné d’abord, puis Ptolémée Philadelphe.

 

C’est le destin de ces quatre enfants et tout particulièrement celui de Séléné qui sera la seule de la fratrie à survivre à l’affrontement qui va opposer son père Marc Antoine à Octave pour le pouvoir complet sur Rome et ses provinces, que nous conte Françoise Chandernagor dans Les enfants d’Alexandrie.

 

Ce qu’il faut savoir avant toute chose, c’est qu’il s’agit ici du premier tome d’une trilogie dont le personnage central est Séléné. Dans cette première partie donc, l’auteure évoque l’enfance de cette fratrie au sein des palais royaux d’Alexandrie, entourés des esclaves, eunuques, nourrices et pédagogues dévolus à leur éducation. Ces enfants sont des enfants rois, et en pleine Antiquité cela veut dire que malgré leur âge ils sont déjà souverains de différentes contrées, promis à des mariages arrangés avec d’autres familles royales de l’époque et soumis à de nombreuses contraintes et protocoles à suivre du fait de leur rang. Françoise Chandernagor dresse le portrait de ces enfants qui n’en sont pas vraiment, et nous plonge dans une époque, avec ses croyances et ses coutumes, qui n’a que très peu de choses en commun avec la nôtre. Ce premier tome se termine alors que Séléné n’a que dix ans, se concluant en même temps que sa vie égyptienne. Octave ayant triomphé contre les troupes de Marc Antoine, alors que ce dernier ainsi que Cléopâtre se sont donné la mort, Séléné va être ramenée, telle un trophée de guerre, par Octave à Rome où elle terminera son enfance (dans le second tome donc).

 

Françoise Chandernagor nous fait suivre aussi bien le quotidien des enfants que la vie de leurs illustres parents, si bien que dans ce premier tome de la trilogie, il n’y a pas réellement de personnage central, Séléné n’étant pas plus mise en avant du récit que les autres enfants ou leurs parents.

Ce qui est très intéressant c’est le mélange entre l’érudition du livre d’histoire et le romanesque de la vie des Ptolémée. Ce livre, qui est un roman, oscille sans cesse entre les deux. Son auteure le confesse d’ailleurs en postface, si son œuvre est extrêmement documentée et qu’elle a mis beaucoup de soin à respecter la réalité historique (du moins ce que l’on en connaît), il reste de très larges « zones blanches » qu’il lui a fallu combler, et c’est là qu’interviennent ses talents de romancière. Elle explique et défend ses choix et les libertés qu’elle a été obligée de prendre pour palier le manque de connaissances historiques dans certains domaines et pour quelques situations. Le roman et l’histoire se côtoient donc, mais de très belle et passionnante manière, pour offrir une version des faits à la fois plausible et réaliste mais aussi humaine et accessible.

 

Moins grand spectacle mais certainement bien plus proche de la réalité historique que ce qu’on a pu voir par exemple dans la sublime série Rome de HBO il y a quelques années (honteusement stoppée à sa seconde saison alors qu’elle promettait tant de belles choses encore à venir…), c’est pourtant bien avec en tête les visages des comédiens de la série que j’ai lu toute la partie concernant la relation entre Cléopâtre et Marc Antoine (Lyndsey Marshall et le génial James Purefoy respectivement dans ces rôles).

 

Sans avoir été complètement emballé par le texte de Chandernagor, ce fut pour moi une très agréable lecture, intéressante et instructive pour qui s’intéresse à cette période de l’Antiquité. Qui appelle à n’en pas douter à se plonger dans le second tome de la trilogie de La Reine oubliée.

 

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 19:17

Le grand, le cultissime, la légende Stan « The Man » Lee nous a quitté hier. Ok, il allait tranquillement sur ses 96 ans, on peut dire qu’il a eu une vie plus que bien remplie, qu’il a connu le succès et la renommée et en a profité longtemps. C’est vrai, n’empêche que savoir qu’il n’est plus de ce monde, rend le monde un peu moins beau.

Toutes les bonnes histoires ont une fin il paraît. Bullshit. En vrai on a tous envie que les belles histoires ne s’arrêtent pas, comme celles que nous racontait papy Stan.

Et d'un simple claquement de doigts...

Autant adulé que parfois controversé, Stan Lee a eu son lot de réussites mais a également été au cœur de quelques polémiques. Le bonhomme avait ses fans mais aussi ses détracteurs. On lui a reproché de trop tirer la couverture à lui, en particuliers pour ce qui était de récolter les lauriers de créateur de l’univers super-héroïque Marvel. Ce qui a été vrai un temps il faut bien le dire. Mais là-dessus, Stan Lee s’est bien amendé en soulignant systématiquement ces 20 dernières années qu’il n’était « que » co-créateur, et en louant sans cesse le talent des dessinateurs avec lesquels il a co-créé tous ces personnages de papier devenus de vraies icônes mondiales, de Spiderman à Daredevil en passant par les Fantastic Four, les X-Men et évidemment, les Avengers. Il est évident que le succès de Marvel, et donc de son porte-drapeau Stan Lee, n’aurait certainement pas été le même sans l’apport considérable de ces maîtres du dessin et génies de créativité que furent entre autres Jack « The King » Kirby, Steve Ditko, Gene Colan ou John Romita Sr. Des noms que les fans de comics vénèrent bien entendu, et à juste titre. Mais le nom que le grand public aura retenu, c’est bien celui de Stan Lee.

Stan Lee : une patte reconnaissable entre toutes !

Stan Lee n’était pas que, ou en tout cas n’était plus depuis bien longtemps, ce profiteur tant décrié par certains. Stan Lee, de son vrai nom Stanley Martin Lieber, c’était avant tout un bosseur invétéré. Entré dans le monde de l’édition par la toute petite porte à l’âge de 16 ans, en tant qu’assistant dans la maison d’édition d’un cousin par alliance (en gros il était homme à tout faire : préparer le café, acheter les sandwich, faire le coursier, vider les poubelles), il n’a pour ainsi dire jamais fait de pause depuis. Il devient rédacteur en chef de Timely (l’ancêtre de Marvel Comics) à 20 ans alors que la période est aux vaches maigres dans l’édition de pulps et de comic books. Quand à la fin des années 1950, les super-héros connaissent un début de retour en grâce (depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le genre était tombé presque à l’abandon) au travers de quelques publications DC Comics (avec la Justice League notamment), Stan Lee sent le vent tourner et décide de s’engouffrer dans le filon. Avec Jack Kirby il sort Fantastic Four #1 en 1961, et ce sera le début de la grande aventure Marvel. La grande idée de Lee c’est que les super-héros doivent être plus « proches » des lecteurs. Ils doivent avoir leurs failles, leurs défauts, ils doivent apparaître comme humains alors même que ce sont des « surhumains ». Ainsi Tony Stark, l’alter ego d’Iron-Man a un sérieux problème d’alcoolisme. Ben Grimm alias la Chose souffre de son physique de « monstre ». Peter Parker alias Spiderman* est un étudiant orphelin, pauvre, binoclard et souffre douleur de son lycée. Matt Murdock (Daredevil) est lui aussi orphelin et aveugle. Donald Blake, dans le corps duquel s’est réincarné Thor, boîte et marche à l’aide d’une canne, etc... Et cette formule révolutionnaire pour l’époque marche du tonnerre puisque très rapidement Marvel surpasse DC et devient l’éditeur le plus lu en matière de comics de super-héros.

Quand Stan Lee a mené Marvel au sommet...

Stan Lee c’est aussi celui qui a instauré la « méthode Marvel » de création : tous les dessinateurs travaillent ensemble au sein d’un studio, Stan Lee écrit la majorité des scénarios mais de manière assez sommaire, puis donne carte blanche aux dessinateurs pour développer les détails de l’histoire et découper les planches à leur guise, avant de reprendre les planches terminées et d’y accoler les dialogues qu’il écrit intégralement. C’est pourquoi de nombreux détails qui font toute la richesse de certains héros incombent souvent plus aux dessinateurs qu’à Stan Lee lui-même. C’est d’ailleurs de là que naîtront plus tard les polémiques sur la paternité de certains personnages et la renommée qu’en a tirée Stan, bien supérieure à celle de ses compères dessinateurs, et le sentiment d’une sorte d’injustice du point de vue de la reconnaissance des mérites de chacun. De là à dire qu’il était dépourvu de talent et profitait de celui des autres, honnêtement je trouve que c’est tomber dans l’exagération opposée. Il n’a évidemment pas créé seul tous ces héros, mais il est le dénominateur commun à toutes les créations Marvel des années 1960, et il aura à chaque fois laissé sa patte sur chacune d’entre elles. Et le moins qu’on puisse faire, c’est de reconnaître sa propension à s’entourer de dessinateurs très talentueux et qui plus est de tirer le meilleur de chacun d’eux !

En compagnie de John Romita Sr

Stan Lee c’était aussi, et je suis même tenté de dire avant tout, un communiquant de génie. Bien plus encore qu’un scénariste de talent ou qu’un formidable raconteur d’histoires. Pour être honnête, je vous mets au défi de lire ses premiers épisodes des X-Men, de Spiderman, de Thor ou des Fantastic Four et de ne pas trouver cela trop verbeux. Mais c’était le style qui marchait alors. Un style daté aujourd’hui. Stan Lee a tenu les rênes de Marvel pendant longtemps, et a écrit de très nombreuses séries de front pendant des années avant de petit à petit passer le flambeau (à son second Roy Thomas pour les Avengers par exemple), faute de temps. Parce que ce qui intéressait encore plus Stan que l’écriture, c’était la promotion de l’univers Marvel (et les mauvaises langues de rajouter « et de sa propre personne »). Stan Lee c’était un homme d’image, qui aimait se mettre en scène personnellement et promouvoir de toutes les façons possibles les super-héros de sa firme. Quand il quitte dans les années 1970 son poste de Rédacteur en Chef de Marvel, c’est pour en devenir l’image publique et l’ambassadeur numéro un dans les médias. Car avec 25 ans d’avance sur le succès des films de super-héros, Stan Lee pressent que c’est au cinéma et à la télévision que se trouve l’avenir de ses personnages.

Stan The Man, prêt à tout pour promouvoir les comics Marvel !!

Il aura du reste vu juste, puisque c’est aussi grâce aux films, à partir du succès du premier X-Men (en 2000), que la firme Marvel va lentement se redresser après des années 1990 catastrophiques (qui l’ont même menée jusqu’à la banqueroute et le rachat par une marque de jouets, Toy Biz) et qu’il va revenir sur le devant de la scène par un biais inattendu : celui de ses caméos au cinéma, au départ une private joke devenue une véritable institution puisqu’il apparaîtra dans chaque film tiré de l’univers Marvel à partir de 2000. Producteur exécutif de toutes les adaptations cinématographiques, invité de prestige sur tous les tapis rouges d’avant-première des films, Stan Lee va redevenir ce qu’il n’a finalement jamais cessé d’être : le symbole de Marvel, et une véritable icône de la Pop Culture.

Au milieu des héros...

Pour ma part, ce que je retiens de lui avec émotion, c’est d’abord et avant toute chose la fameuse mention « Stan Lee présente : » au début de chaque aventure que je lisais gamin dans mes Strange, Titans, Spidey et consorts… Cela faisait pourtant des années qu’il n’écrivait plus les histoires que j’y lisais, mais c’était pourtant son nom qui apparaissait partout, tel le gardien omniscient du temple Marvel…

 

Ce que je retiens aussi, bien que ce soit parfaitement anecdotique, ce sont toutes ses petites expressions maison qu’il collait dans ses comics. Depuis son fameux « Excelsior ! » à son « ‘Nuff Said ! », en passant par toutes ses touches humoristiques et les adjectifs extravagants dont il affublait ses collaborateurs qu’il présentait en première page de ses histoires.

Stan Lee : le sens de la formule

Mais c’est aussi sa bonhomie, son sourire malicieux, son extraordinaire capacité à raconter ses souvenirs de la grande époque de Marvel, ses petites anecdotes qui émaillaient toutes ses interviews et tous les documentaires dans lesquels il est apparu, sa stature de légende des comics, ses caméos rigolos dans les films… Stan Lee c’est tout ça et bien plus encore. De par sa longévité et son dynamisme sans faille, alors même qu’il n’avait plus rien produit de marquant dans le domaine depuis des décennies, il était et est resté jusqu’au bout, la figure tutélaire des comics de super-héros.

 

C’était devenu une habitude autant qu’un petit plaisir personnel pour moi de suivre régulièrement son compte twitter où il apparaissait parfois en vidéo pour y raconter de vieux souvenirs, et où étaient postés de temps en temps de vieux documents d’époques, des photos marrantes, des extraits de pubs incroyablement kitsch des années 70… encore un petit plaisir qui disparaît…

Sur tous les fronts !

Avec Stan Lee c’est une icône de la Pop Culture qui s’éteint, et un peu le grand-père qu’on aimait bien écouter raconter ses vieilles histoires qui s’en va. Thank you mister Stan Lee, pour avoir été à l’origine d’un univers qui m’aura offert tant de bons moments de lecture. Vous allez beaucoup manquer.

Bye Stan...

* Spiderman qui a d’ailleurs perdu ses deux papas cette année, puisque Steve Ditko, le tout premier dessinateur du tisseur et celui qui a créé son costume qui ne s’est jamais démodé depuis, est décédé lui aussi, le 29 juin 2018 à 90 ans.

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 09:12

Une légende de la musique américaine pur jus a tiré sa révérence. Le roi du swamp rock, un des plus talentueux slow-hands au monde, le poète made in Louisiane, le bluesman à la voix grave... ce vieux crocodile de Tony Joe White est mort ce mercredi 24 octobre. Il avait 75 ans.

 

 

Le premier de ses albums que j’ai écouté en boucle fut Closer to the Truth (sorti en 1991) qui gardera toujours cette saveur particulière à mes oreilles, celle de la découverte d’un artiste rare. Depuis je suivais ses disques qu’il sortait avec une belle régularité. J’ai même eu la chance de le voir (enfin!) en concert en novembre 2016 au New Morning, j’y avais emmené avec moi Marie, ma petite sœur et mon ami Nono pour leur faire découvrir le guitariste du bayou.

 

Tony Joe White était un monument de mon univers musical, au même titre qu’un J.J. Cale ou qu’un Eric Clapton. Il me manque déjà.

 

Thanks Dude.

 

Partager cet article
Repost0