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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 17:10

Leonard Cohen, l’immense Leonard Cohen est mort. C’était le 10 novembre, et pour dire la vérité, je ne m’en suis pas encore remis. Ça doit sans doute paraître bizarre ou exagéré pour certains, et pourtant c’est vrai, j’accuse encore le coup. Le songwriter canadien était pour moi une telle référence, je l’ai tant écouté et il m’a tant accompagné depuis qu’il est entré dans ma vie quelque part à la fin de mon adolescence, que la nouvelle de son décès m’a été très dure à encaisser. J’ai tant de souvenirs liés à lui et à sa musique, qu’il faisait partie intégrante de ma vie. Près de trois semaines plus tard, j’ai encore du mal à réaliser, et je peine à prendre mon clavier pour écrire quelques mots à son sujet. C’est difficile d’écrire quand ça fait mal, mais petit à petit, phrase après phrase, ça aide. Cet homme au talent incroyable, cet immense artiste m’a tant imprégné de ses mélodies et de ses textes que je sais que j’en resterai marqué à jamais.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Je vais tâcher d'être bref. Ou pas. En fait non, je ne crois pas.

Leonard Cohen, toujours impeccable.

Leonard Cohen, toujours impeccable.

Mon premier souvenir conscient d'une chanson de Leonard Cohen remonte à mon adolescence. Peut-être l'avais-je entendu auparavant sans m'en rendre compte, toujours est-il que la première fois dont je me souvienne remonte à un samedi soir, autour de 23h / minuit, en regardant la télévision. Sur la TSR (la Télévision Suisse Romande) passait à cette case horaire des films toujours intéressants car exclus des prime-time de TF1 et Antenne 2. Je parle là d'un temps où l'offre télévisuelle était très limitée. Chez moi on avait trois chaînes françaises, on ne captait ni la 5 ni M6 toutes récentes, et Canal + c'était avec décodeur donc niet. Bonjour la diversité des programmes. Heureusement il y avait aussi la TSR qui faisait office de chaîne exotique par sa programmation un peu en avance par rapport aux trois chaînes hertziennes françaises (pour mémoire : TF1, A2 et FR3). Songez qu'on pouvait y voir des choses comme Dream On en VOST, série culte du début des années 90 par exemple. Certes il fallait veiller un peu tard le samedi soir, mais c'était là un bien maigre effort à faire pour moi qui à cet âge là ne m'endormais pas encore flasquement devant la télé passé 22 heures. Et donc j'ai vu sur cette chère TSR, le film Pump up the Volume mettant en scène un tout jeune et rebelle Christian Slater alias Harry la Trique qui faisait de la radio pirate. Et dans sa programmation musicale, devinez quoi ? Le 33 Tours I'm Your Man de Leonard Cohen (un de ses plus grands albums à mon avis) et le morceau qui pour moi est depuis culte de chez culte : Everybody Knows. Autant vous dire que ça m'a fait un gros, gros effet, cette voix caverneuse qu'on imagine accompagnée de volutes de fumées, de petites pépées aux choeurs et d'un verre de whisky old fashioned. Mais en ce temps là j'étais encore un peu jeune, il n'y avait pas d'internet et donc pas facile de retrouver les références du morceau une fois le générique de fin passé... Quelques temps après, je tombe par hasard tout heureux sur le CD (support encore très récent puisqu'il cohabitait à part égale avec les vinyles) de la bande originale du film ! Wouh-ouh ! Je l'achète, le mets dans le lecteur et là : déception ! Everybody Knows est bien sur l'album, mais ce n'est pas la version de Cohen mais une reprise par Concrete Blonde qui est l'opposé vocal de Leonard Cohen : voix suraigüe, tempo rapide... rien à voir ! Très déçu je passe à autre chose…

… Et c'est un an ou deux après cela que je vais voir au cinéma le film d’Oliver Stone, Natural Born Killers. Et que je succombe à la géniale bande originale du film, à la tête de laquelle il y a deux incroyables morceaux de Leonard Cohen : The Future et Waiting for the Miracle. J'achète le CD, j'écoute et je reconnais directement la voix qui m'a fait tant d'effets quelques années auparavant. Références prises sur le CD je découvre enfin le nom qui se cache derrière la voix. Leonard Cohen. Ni une ni deux, je file chez mon disquaire attitré (à l'époque j'étais étudiant à Nancy et le magasin le mieux achalandé question musique c'était La Halle aux Livres) et j'achète les deux albums The Future et I'm Your Man. Je tombe définitivement sous le charme et l'emprise de cette voix et de ces mots si finement choisis et si parfaitement dits.
 

Songwriter et Ladies' man jusqu'au bout des chaussures...

Songwriter et Ladies' man jusqu'au bout des chaussures...

C’est alors un nouveau monde qui s’ouvre à moi, car Leonard Cohen chante depuis la fin des années 60, j’ai donc quelques albums à découvrir, et mes années de BTS à Nancy seront intimement liées à cette découverte, album après album. À cette époque, les choses étaient différentes d’aujourd’hui. Un album c’était un CD, un objet avant tout, une entité à part entière, avec une personnalité, un ton, un sens. Pas de vulgaires fichiers mp3 téléchargés à la sauvette et à peine écoutés, mélangés, sans aucun autre ordre que l’ordre alphanumérique. Et un objet avec un livret, dans lequel on trouve des photos et les textes des chansons. Combien de temps ai-je passé allongé dans ma chambre d’étudiant de 9 m², sur mon lit qui avait une porte en guise de sommier, à écouter en boucle ces disques et en suivant les paroles sur le petit livret ? Combien de temps ai-je passé à regarder, fasciné, ce type en costume impeccable manger sa banane avec cette classe incommensurable ? Impossible à chiffrer mais ça a dû en faire des heures et des heures. Et si aux yeux de certains cela pourrait passer pour du temps perdu, ça n’est pas du tout ainsi que je considère tout ce temps à lire et écouter du Cohen en ne faisant strictement rien d’autre. Non, pour moi c’était un voyage, et quel voyage ! Qu’est-ce que j’ai pu voyager, cloîtré dans ma cité U, par la magie des mots de Leonard Cohen…

Aujourd’hui, quand j’écoute un album de Leonard Cohen, je voyage toujours. La plupart du temps dans le passé. Je revis des moments qui sont définitivement et intimement liés à certaines chansons. Des sentiments, des sensations, des souvenirs qui collent aux sons et aux mots et y resteront toujours associés.

 

Ce type mangeant une banane avec classe et nonchalance m'aura durablement marqué !!

Ce type mangeant une banane avec classe et nonchalance m'aura durablement marqué !!

Ce jour où j’ai entendu la première fois sa voix dans la bande son de cet obscur film, et l’effet que ça m’a fait, dont je me souviens encore comme si c’était hier alors même que je ne crois avoir pas revu ce film depuis une bonne vingtaine d’années au bas mot.

Ce jour où j’ai enfin découvert que ce type à la voix incroyable avait un nom et que ce nom était Leonard Cohen.

Ce jour où j’ai fait écouter If It Be Your Will à mon père sur la vieille chaîne hifi Revox du salon. Je ne me souviens plus de quand c’était exactement, il y a certainement près de vingt ans déjà, mais je me rappelle bien qu’il m’a dit trouver ça très beau et qu’il avait l’air touché par la chanson.

Ce jour où j’ai écouté pour la première fois Ten New Songs son album de 2001, alors que rien ne laissait espérer un nouvel album (le précédent, un live, datait de 1993), et qui est certainement l’un de ses tous meilleurs. Je m’en souviens j’étais à Aix-en-Provence, en formation, et j’écoutais le CD les soirs sur un ordinateur de l’école…

 

Leonard Cohen sous le portrait de son père, Nathan Cohen.

Leonard Cohen sous le portrait de son père, Nathan Cohen.

Ce jour où j’ai appris que Leonard Cohen reprenait une tournée en 2008, et qu’il passait à quelques kilomètres de chez moi au festival Stimmen de Lörrach. Je n’en revenais pas, le pensant perdu pour la scène (longtemps il ne s’est plus produit et d’aucuns affirmaient même qu’il avait perdu sa voix et qu’il était quasi-aphone). J’ai sur le champ acheté 5 ou 6 billets, me disant que je trouverai des gens pour m’accompagner, quitte à les traîner de force…

… Et ce jour où effectivement j’y ai emmené avec moi ma fée, ma frangine, ma maman et mon ami Rémy. Ce fut un moment inoubliable, aussi bien du point de vue de la qualité du spectacle que de l’impact émotionnel qu’il a eu sur moi. L’un de mes plus grands souvenirs. Cet instant magique sorti d’un rêve éveillé où Leonard Cohen, seul, avec sa guitare, son chapeau et élégamment vêtu de son costume gris anthracite dont il avait cependant abandonné la veste pour se contenter d’apparaître en chemise, cravate et gilet de costume trois pièces, est venu sur scène deux heures avant le concert, alors que le soleil commençait à descendre sur l’horizon, pour y faire une ultime répétition. La première chanson que je l’ai entendu chanter en direct et en acoustique, Who By Fire, qui m’a transporté ailleurs, loin, dans un lieu proche du paradis et que j’ai accompagné de bout en bout, mot après mot comme dans un songe, avant que le canadien ne salue de son chapeau la foule déjà agglutinée devant la scène, un large sourire aux lèvres, visiblement aussi heureux et ému que nous d’être là et nous donnant rendez-vous un peu plus tard…

Depuis ce jour-là, j’ai tenté de le voir et le revoir encore et encore en concert, et par chance il a enchaîné tournée sur tournée, si bien que j’ai pu aller l’applaudir sept fois entre ses tournées de 2008, 2009, 2010, 2012 et 2013, pour un bonheur à chaque fois renouvelé, d’intenses moments de pur enchantement.

Ce jour où j’ai fait écouter du Leonard Cohen pour la première fois à Nathan. Les écouteurs du casque étaient posés sur le ventre rond de sa maman.

Ces jours de joie ou de tristesse, de bonnes nouvelles ou de désespoir, de plaisirs intenses ou de douleurs sourdes durant lesquels ses chansons m’auront fidèlement accompagné, apaisé ou réconforté.

...

Le tout petit Leonard sur les épaules de son père, Nathan Cohen.

Le tout petit Leonard sur les épaules de son père, Nathan Cohen.

Ce vendredi matin-là je me suis levé un peu avant 8h, j’avais passé une mauvaise nuit comme il m’arrive peu souvent d’en passer. Peuplée de rêves désagréables. Incapable de m’endormir profondément je m’étais réveillé sans cesse, sans arriver à trouver de véritable repos. C’est avec cette sensation de n’avoir quasiment pas dormi que le matin venu j’ai enfilé mes habits, sauté dans la voiture et suis parti pour chercher baguette et petits pains. C’est là que j’ai entendu la nouvelle à la radio. Leonard Cohen était parti pour son dernier voyage durant la nuit. Déjà les hommages commençaient à fleurir sur les ondes malgré l’heure matinale en ce jour férié. Les larmes sont venues sans prévenir, une profonde tristesse m’a envahi, et seul sur la route, j’ai pleuré à mon volant. Je me suis senti soudain si seul… The man who’s born with the gift of a golden voice s’en était allé dans la nuit. Il était sans doute parti rejoindre sa muse, sa Marianne, celle de la chanson, partie à peine quelques semaines plus tôt fin juillet. Il lui avait écrit une ultime lettre qu’elle reçut deux jours avant de mourir, où il lui écrivait :

Marianne, le temps où nous sommes si vieux et où nos corps s’effondrent est venu, et je pense que je vais te suivre très bientôt. Sache que je suis si près derrière toi que si tu tends la main, je pense que tu pourras atteindre la mienne. Tu sais que je t’ai toujours aimée pour ta beauté et ta sagesse, je n’ai pas besoin d’en dire plus à ce sujet car tu sais déjà tout cela. Maintenant, je veux seulement te souhaiter un très bon voyage. Adieu, ma vieille amie. Mon amour éternel, nous nous reverrons”.
 

Marianne et le chat, en Grèce au début des années 1960.

Marianne et le chat, en Grèce au début des années 1960.

Jusqu’à la fin ses mots furent beaux, justes, et si chargés de sens et d’émotions profondes.

Le poète montréalais laisse derrière lui un héritage d’une rare richesse. Une discographie exemplaire et des écrits déjà passés à la postérité tant son talent de songwriter se partageait à part égale entre la beauté et la finesse de ses mélodies, et la puissance et la profondeur de ses textes. Je me suis d’ailleurs fait cette réflexion quand Bob Dylan a reçu il y a peu le prix Nobel de littérature, me disant que sur le plan de l’écriture, Leonard Cohen eut au moins tout autant que lui mérité cette reconnaissance.

Son fils Adam Cohen est du reste là, et bien là, pour reprendre le flambeau et écrire une nouvelle page musicale signée Cohen. Avec la même voix que son père au même âge, Adam longtemps resté dans l’ombre de son illustre paternel, déborde pourtant lui aussi de talent, un talent qui lui est cependant propre, pas un fac-similé de celui de Leonard.
 

Adam et Leonard, milieu des années 1970.

Adam et Leonard, milieu des années 1970.

J’ai vu il y a peu de temps sur Arte un documentaire ancien de Tony Palmer, qui suivait Leonard Cohen lors de sa tournée européenne de 1972 ! Autant dire qu’à l’époque il ne jouissait pas encore de la reconnaissance qu’il a obtenue plus tard, et que sa tournée et ses moyens étaient tout à fait modestes. Voir Leonard Cohen âgé de 38 ans dans ce documentaire, c’est-à-dire à peine plus jeune que moi aujourd’hui m’a fasciné. Étrange quand on l’a toujours connu d’un âge plus mûr. Et pourtant c’était lui, le même, cette même douceur, cette même modestie, ce même perfectionniste qui s’excuse d’être un piètre chanteur. Ce même talent, ce même engagement dans chacune de ses chansons, qui n’interprète pas mais qui vit chaque titre à chaque fois qu’il chante. Et dans ce documentaire des années 70 venaient s’insérer d’autres images plus personnelles. On y aperçoit Marianne Ihlen d’ailleurs, belle et rayonnante aux côtés d’un Leonard plus intime. Mais surtout, on y voit des films de famille, où l’on retrouve un tout jeune Leonard Cohen d’à peine 2 ou 3 ans entouré de sa sœur et de sa mère. Éclatant de rire sous les chatouilles d’un monsieur moustachu, son père Nathan Cohen. Faisant du patin à glace avec toute la maladresse et l’innocence d’un enfant de son âge, dans un Montréal de la belle époque des années 30. Grimpant sur le dos de sa grande sœur et chahutant comme n’importe quel gamin dont la joie de vivre déborde. Avec toujours un sourire fabuleux aux lèvres. Ces images m’ont cueilli, et profondément touché quand je les ai vues, seul à 1h du matin devant ma télé. Des images d’un autre temps, d’un Leonard qui avait l’âge de mon Tom. D’un Leonard qui avait peu ou prou mon âge aujourd’hui. Des images simples et belles. Qui venaient s’entrechoquer avec celles plus récentes que j’ai gardées de lui , celles des concerts d’un vieux monsieur plein de pêche et exultant du bonheur d’être sur une scène, des images qui me rappelaient par moments furieusement mon propre grand-père le temps d’un sourire. Enfant, adulte, vieillard. Multiple mais toujours le même. Encore une fois sans prévenir, des larmes ont coulé. Des larmes de tristesse, mais pas que. De nostalgie. De bonheur aussi. Quand je dis que cet homme est de ceux qui m’auront le plus touché et marqué, je crois sincèrement ne pas exagérer, aussi étrange soit-il de dire cela d’un homme que je n’ai pas connu personnellement, dont je ne me suis d’ailleurs même jamais approché à moins de quelques mètres… et pourtant, comme il aura compté.

Leonard et sa maman, Masha Cohen, fin des années 1930.

Leonard et sa maman, Masha Cohen, fin des années 1930.

Me dire que jamais plus je n’aurais cette petite excitation, ce frisson au moment d’apprendre qu’il prépare un nouvel album, au moment de l’acheter (toujours en plusieurs exemplaires, pour en offrir) et de l’écouter pour la première fois, de le réécouter dans la foulée, et encore… jusqu’à avoir l’impression de connaître ces nouvelles chansons depuis toujours... Je ne peux pas m’empêcher de me dire que la vie sera un peu plus triste sans ces émotions-là.

Mais je reste heureux. De l’écouter tous les jours ou presque depuis des années. De l’avoir fait découvrir à beaucoup de gens de mon entourage qui comme moi ont succombé à ce talent unique. Heureux et fier aussi de ça. Ému d’avoir reçu des petits mots, des sms, ou juste une pensée de la part de gens qui me connaissent et qui en apprenant son décès ont immédiatement songé à moi. C’est touchant. Et j’y vois la preuve que ceux qui me connaissent savaient comme je l’aimais sincèrement. Il est rare qu’un artiste vous touche au point d’aider à votre propre construction personnelle. Au point de vivre un peu à travers vous. Et quand cet artiste s’en va, il n’est pas étonnant finalement, d’avoir cette affreuse sensation de perdre un morceau de soi en même temps.

Leonard Cohen, en toute circonstance un sourire inoubliable.

Leonard Cohen, en toute circonstance un sourire inoubliable.

Et comme même quand une vie s’arrête, la vie elle ne s’arrête pas, comme l’enseignent de nombreux sages et penseurs, qui n’ont pas attendu qu’une religion quelconque leur impose son dogme à ce sujet, tout est cycle. Et si j’aurai toujours ce manque en moi maintenant que Leonard Cohen est parti, c’est presque naturellement que le sourire m’est revenu depuis, en allant voir en concert ce vieux crocodile de Tony Joe White, les agités extravagants et extras tout court du groupe finlandais Steve’n’Seagulls, et le trop rare mais excellentissime Randall Bramblett.

Personne jamais ne pourra remplacer Leonard Cohen, mais la musique garde son pouvoir sur moi, et c’est réconfortant de le constater.
 

Leonard Cohen en costume, toujours.

Leonard Cohen en costume, toujours.

Alors c’est avec un sourire que j’espère aussi grand et beau que celui qu’il avait à chacun de ses concerts, que je lui dis aurevoir mais surtout merci monsieur Cohen. Vos chansons resteront et vibreront éternellement en moi, au plus profond de mon coeur et de mon être. Il m’est impossible d’exprimer en mots toute la richesse de ce que vous m’avez apporté et continuez à m’offrir à chaque écoute. Sans vous je ne serais simplement pas celui que je suis aujourd’hui.

Thank you mister Cohen.

Leonard Cohen, juillet 2008.

Leonard Cohen, juillet 2008.

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That's how the light gets in.

Leonard Cohen - Anthem

There is a crack in everything, that's how the light gets in.

There is a crack in everything, that's how the light gets in.

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 16:19

Il y a peu de temps je vous parlais de ma virée à Bercy pour y écouter l'immense Leonard Cohen... et à peine étais-je sorti du concert parisien que j'attendais déjà avec impatience celui de Zurich où j'allais le voir le 24 août. Je me rends bien compte que ces concerts, et donc mes articles les relatant, sont assez rapprochés, et que vous allez trouver cela sinon exagéré peut-être barbant de m'entendre m'extasier aussi souvent et régulièrement au sujet des mêmes thèmes. Pourtant comment pourrait-il en être autrement ?

Leonard Cohen fait partie de ce club fermé d'artistes que je ne me lasserai jamais d'écouter et d'aller voir tant que j'en aurais l'occasion. Car c'est bien de cela dont il s'agit : saisir les occasions quand elles se présentent. Fort de cette résolution (tant qu'il donnera des concerts j'y irai !), je suis donc allé l'applaudir au HallenStadion de Zurich en Suisse. Le concert était peu ou prou du même type que celui de Bercy de juin, le Hallenstadion étant aussi une salle de grand gabarit. Gabarit qui du reste sied moins à un concert de Leonard Cohen qu'une salle de taille plus moyenne telle que l'Olympia par exemple. D'ailleurs le seul reproche que je puisse faire à la représentation du 24 août, c'est bien la taille et la configuration de la salle qui peuvent en être tenus pour responsables. Car oui ! Pour une fois un concert de Leonard Cohen ne récoltera pas que des louanges de ma part dans ces pages...

378 leonard cohen hallenstadion zurich scene.odt

Bon, pas de quoi en faire un drame ni une affaire d'état cependant. Si vous avez déjà pu assister à un de ses concerts, ou si vous avez déjà lu ici ce que j'ai pu en dire tantôt, vous savez déjà que le son est toujours, toujours d'une qualité irréprochable. Vous entendez le moindre souffle aussi nettement que si quelqu'un vous chuchotait à l'oreille (à condition de ne pas être sourd comme un pot vous me direz, soit), chaque instrument est magnifié, jamais vos oreilles ne sont agressées par le volume sonore, le son est à la fois rond et chaud, puissant et léger, bref les ingénieurs du son de Leonard sont les meilleurs dans leur partie (normal pour des canadiens...*). Même dans l'enceinte de la scène du festival de la Fête des Vins de Colmar, où le son de tous les concerts qui y sont donnés est quasi-systématiquement mauvais (pour l'exemple : même la douce Norah Jones m'y a fait mal aux oreilles, c'est dire si les conditions là-bas, à mon plus grand désespoir, sont pourries) ils avaient réussi à faire des miracles. Et au Hallenstadion ils auront presque réussi. Son limpide, clarté de chaque instrument et de chaque voix, volume sonore parfait malgré la taille de la salle mais malheureusement, la configuration de la salle fait que depuis quelque temps (en tout cas je n'en avais gardé aucun souvenir lors de mes précédentes venues) des « salles VIP » ont été aménagées en balcons en face de la scène et leur conception offre des très grandes surfaces planes sur lesquelles le son est renvoyé en écho... Placé là où je l'étais, c'est-à-dire au premier niveau de gradins sur la droite de la scène environ au premier tiers en profondeur de la salle, j'avais d'un côté le son direct parfait comme d'habitude et de l'autre un retour décalé d'une demi-seconde environ dû à ce fichu effet d'écho. Comme le volume sonore était justement parfaitement maîtrisé pour ne pas agresser les tympans de l'auditoire, il ne suffisait pas à couvrir l'écho qui me revenait en sourdine du fond de la salle... Et j'ai eu beau essayer de faire abstraction de ce son parasite, rien n'y a fait je n'y suis pas parvenu. Les précédents concerts de Leonard Cohen m'avaient trop habitué à la perfection que voulez-vous. Bien que son équipe d'ingénieurs du son n'y soit strictement pour rien, je ne peux pas dire ici que la qualité était optimale.

Enfin, la qualité d'écoute. Parce que pour le reste, tout le reste, c'était aussi génial que les fois précédentes. Les musiciens, les merveilleuses choristes (que d'ailleurs on peine à ne considérer « que » comme des choeurs : les voix de Sharon Robinson et des Webb Sisters sont tellement présentes et importantes dans le show qu'elles sont à mes yeux des chanteuses à part entière au même titre que Cohen !) et le maître de cérémonie Leonard Cohen himself étaient à leur top et ont fourni un spectacle de premier ordre comme ils en ont pris le pli depuis les cinq dernières années qu'ils sont en tournée ensemble. Et puis il y a toujours mon coup de cœur, l'incroyable guitariste Javier Mas, qui apporte sa touche de génie à l'ensemble...

378 leonard cohen hallenstadion zurich lc

La playlist n'avait pratiquement pas changé par rapport au concert de Paris deux mois auparavant, à ma plus grande surprise même quand l'orchestre a entonné la merveilleuse mélodie du Partisan ! Évidemment il n'y a pas eu l'ovation rituelle du public quand Cohen l'interprète dans l'Hexagone au moment où il chante « J'ai perdu femme et enfants, mais j'ai tant d'amis, j'ai la France entière. » ce qui n'a pas empêché un tonnerre d'applaudissements à la fin du morceau.

Bon tout ça pour dire que même dans des conditions pas impeccables, cela reste un véritable plaisir et un moment exceptionnel d'assister à un concert de Leonard Cohen. J'espère avoir encore souvent cette chance.

 

 

 

 

* ceci est une référence que seuls les amateurs de comics comprendront, et tant pis pour les autres !

 

 

 

 

Et comme d'hab : un grand merci à ma petite soeur pour les photos, et deux extraits vidéos trouvées sur Youtube, avec pour commencer une version sublime de The Gypsy Wife (intro made in Javier Mas) :


 

Et un Closing Time qui clôt les débats !


 

(merci aux posteurs !)


 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 19:05

Il y a un an, je me prenais un uppercut musical en allant voir pour la première fois Bruce Springsteen en concert à Bercy. Évidemment quand j'ai su qu'il repassait en tournée en France, en posant ses valises au Stade de France cette fois-ci, je n'ai pas su résister à la tentation. Il fallait que je réitère l'expérience. C'est ainsi que le 29 juin 2013 je me suis retrouvé en même temps que quelques dizaines de milliers d'autres personnes de goût dans l'enceinte du stade de Saint Denis.

Que dire que je n'ai pas déjà dit l'année dernière ? Bien entendu, l'effet de surprise n'était plus le même, à peu de choses près je savais à quoi m'attendre cette fois-ci. Le plaisir quant à lui était bien là, identique à la dernière fois, et le Boss fidèle à lui-même a fait le show pour le plus grand bonheur de ses fans. Énergie, générosité et bonne humeur, dans la plus grande tradition springsteenienne.

Avec un concert qui débute à 19h30 en fin juin l'effet est un peu bizarre puisqu'il fait encore grand jour, mais les prestations de Springsteen durent tellement longtemps qu'on a eu une bonne moitié de concert de nuit malgré tout ! D'ailleurs pour ceux qui étaient là dès l'ouverture des portes, le Boss avait réservé une petite surprise puisqu'il est venu seul sur scène interpréter en acoustique trois morceaux en guise de mise en bouche. Quand je parlais de générosité plus haut...

373 bruce springsteen e street band stade de france 2013 ph

Mais dès que le concert a commencé « pour de bon », Springsteen et la quinzaine de musiciens du E Street Band ont livré un spectacle comme ils savent faire. En communion totale avec son public (et quel public ! Je conseille vivement de voir à ce sujet l'excellentissime documentaire Springsteen & I dont je parlais il y a peu ici) le Boss n'a pas failli à sa réputation de showman. Je l'ai déjà dit il y a un an mais je me répète tant cela sort des sentiers battus : ce type a beau être une super star mondiale du rock, il garde une relation exceptionnelle de complicité avec son public. Springsteen sur scène, ce n'est pas seulement un gars qui va donner tout ce qu'il a pendant trois ou quatre heures de spectacle (et rien que ça, c'est déjà pas courant), mais c'est aussi un type qui va au contact direct avec les gens qui sont venus le voir, il serre des mains, il se couche sur les premiers rangs, se laisse enlasser par ses fans, les fait monter sur scène, danse avec eux, leur donne la possibilité de choisir certains des morceaux qu'il va interpréter... bref il a une telle proximité avec son public, et cela se fait avec une telle sympathie et une telle simplicité que chacun de ses concerts est une véritable fête. Loin du star-system, loin du comportement hautain de ceux qui ont laissé le succès leur monter à la tête. Je ne vais pas balancer la liste de celles et ceux pour qui l'amour du public a laissé place à leurs caprices de stars, mais si on compare une Madonna qui donne 45 minutes de concert à l'Olympia avant de partir comme une voleuse (et vu le prix des entrées, le qualificatif est assez bien choisi) et un Springsteen qui sue plusieurs litres et ne ménage pas sa peine pour son public pendant quatre à cinq fois plus de temps, ben comment dire... il n'y a pas photo !

Au Stade de France donc, le Boss a fait le show. Après déjà une dizaine de morceaux, il annonce (et en français please) que pour Paris il va faire quelque chose d'un peu spécial : interpréter en intégralité et dans l'ordre l'album culte Born in the USA, ce qu'il s'empresse de faire, et qui donnera l'occasion d'entendre entre autres Glory Days ou Dancing in the Dark, ainsi que l'hymne ultra-connu Born in the USA qui emporte cela va de soi un succès immense auprès du public. Puis après cette mini-intégrale, les musiciens embraient avec des classiques comme Born to run ou American land, des morceaux tirés de Wrecking Ball le dernier album en date, ou de The Rising, mythique album de 2002, ou encore des titres plus folks comme le génial Pay me my money down. Tout en enchaînant les titres sans relâche, Bruce joue avec les gens : il fait monter sur scène un spectateur venu spécialement pour danser avec Soozie Tyrell, la violoniste du E Street Band, puis c'est une brune qui danse avec Bruce, une jeune fille qui chante avec lui Waiting on a sunny day, une blonde qui se voit confier une guitare pour jouer quelques accords avec le Boss... à coup sûr des moments intenses que ces chanceux n'oublieront pas de sitôt !

373 bruce springsteen e street band stade de franc-copie-1

Après un tout petit peu plus de trois heures de show, ce qui est une durée presque courte pour une prestation springsteenienne, le E Street Band tire sa révérence et sort de scène sous les vivats de la foule. Bien entendu le Boss ne résistera pas à l'envie de rallonger encore un peu la soirée et viendra interpréter en solo avec sa guitare un Thunder Road qui clôturera le concert.

Bref, tout ça pour vous dire que cette soirée était un grand moment de musique. Et je me permets de conclure cet article de la même manière que celui que j'avais écrit il y a un an après avoir vu Bruce Springsteen à Bercy : vous n'avez pas vu de concert de rock avant d'avoir vu un concert du Boss. On peut en parler longtemps et dire tout ce qu'on voudra à ce sujet, ça reste avant tout une expérience à vivre.

373 bruce springsteen e street band stade de france 2013 af

 

 

Et quelques vidéos trouvées sur youtube (merci aux posteurs !) avec pour commencer la montée sur scènes de deux fans pendant Dancing in the Dark :

 

Le Boss qui fait lui-même sa première partie, avec ici Growing up :

 

 

Puis I'm Going Down :

 

 

 

Et pour finir Born in the USA :

 

 
 

(Merci à ma frangine pour ses photos !!)

 

 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 18:11

Il m'est arrivé une chose inhabituelle ce 18 juin en me rendant à Bercy pour y voir Leonard Cohen, lors de sa tournée 2013. Je me suis demandé si c'était bien raisonnable. Je me suis demandé si de le voir très régulièrement (six fois en six ans cela reste une belle moyenne) ne risquait pas de créer une forme de lassitude, de briser la magie de le voir en live. Et j'ai douté d'autant plus lorsqu'en prenant place dans la salle je constatai que la scène se trouvait un peu loin cette fois, et qu'un couple de géants nordiques venaient de s'asseoir pile devant moi... Oui j'ai eu un doute, j'avoue.

Puis les musiciens sont arrivés, toujours l'équipe somptueuse qui accompagne le maître ces derniers mois sur le Old Ideas World Tour. Roscoe Beck, Neil Larsen, Raphael Gayol, Mitch Watkins, la somptueuse Sharon Robinson, les talentueuses Webb Sisters, l'incroyable Javier Mas, j'espère ne pas en oublier...

Et c'est Leonard Cohen (79 ans en septembre) qui s'est présenté. Ovation du public. Musique. Voix. Dance me to the end of love. Magique. The Future. Intense. Bird on the wire. Écoute religieuse. Everybody knows. Communion totale. C'était parti, les titres allaient s'enchaîner et moi décoller, planer et virevolter dans un autre monde pendant les trois heures du concert.

Comment avais-je seulement pu avoir le moindre doute, je me le demande encore.

372 leonard cohen bercy aff

Oui c'est vrai, j'étais placé un peu plus loin que les fois précédentes, oui c'est vrai j'aurais préféré avoir un couple de nains de la Moria devant moi, mais bon sang ce genre de chose est relégué au niveau du détail insignifiant en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Quand Leonard Cohen chante, c'est bête à dire hein, mais le temps de ses chansons, eh bien la vie change. Le monde extérieur s'estompe, on écoute, on le regarde, on chante un peu aussi, et on est juste bien, quelque part sur un nuage.

Les titres se suivent, les tubes passent sans qu'on ne puisse toucher terre une seule seconde... Who by fire, The Darkness, Democracy, Tower of song, Heart with no companion, Waiting for the miracle, Lover lover lover, I'm your man, So long Marianne, First we take Manhattan, Famous blue raincoat, The Partisan, If it be your will... et encore là, je ne cite que celles qui sont les plus chères à mon cœur et déclenchent une vibration particulière en moi...

372 leonard cohen bercy veronique-bucchini

Monsieur Leonard Cohen va fêter ses 79 ans très bientôt, et il incarne le talent et la classe, si tant est que cela soit possible, encore un peu plus chaque fois que je le vois. Sa musique devient intemporelle, le son de sa voix reste gravée dans l'air, sa générosité et sa gentillesse enveloppent le bonhomme d'une aura à nulle autre pareille. Ce type me scotche à chaque fois. Et quand on pense avoir pris une claque définitive, la fois suivante c'est encore plus fort.

372 leonard cohen bercy portrait2

Non vraiment, je ne sais pas ce qui m'a pris de douter : un concert de Leonard Cohen est à chaque fois un moment unique d'une intensité rare, à chaque fois un cadeau inestimable qu'il ne faut négliger pour rien au monde. C'est à chaque fois un petit moment de bonheur pur, une parenthèse de magie. Évidemment aucun regret de l'avoir revu, et déjà une folle envie de le revoir.

 

Ça tombe bien, mon billet pour son concert de Zurich le 24 août est pris depuis bien longtemps...

See you soon mister Cohen.


372 leonard cohen bercy portrait

 

Et pour prolonger un peu le plaisir, quelques vidéos glânées sur Youtube (merci aux posteurs), avec pour commencer Lover, Lover, Lover :

 

 On continue avec l'excellente I'm Your Man :


 
Et pour finir petit -pardon- énorme plaisir perso avec Everybody Knows :


 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 09:01

C'est le jour de mes 38 ans que Asaf Avidan est venu donner un concert à deux pas de chez moi, au Casino de Bâle. Je ne suis pas encore mégalo au point de croire qu'il s'est arrangé pour que les dates coïncident, mais je le remercie quand même au cas où, c'était sympa de sa part !

Pour être tout à fait honnête, je ne le connaissais quasiment pas avant ce soir-là. De nom un peu, d'oreilles pas bien et de visu carrément pas. Je ne suis pas toujours parfaitement à la page, je le confesse. D'autant que Asaf Avidan est quand même si j'ai bien tout compris à son sujet, un des artistes les plus en vogue en ce moment. Entre certains titres repris pour des campagnes de pub et déjà 4 albums au compteur, le gaillard ne m'a visiblement pas attendu pour se faire connaître. Il a bien fait cela-dit, je suis parfois un peu long à la détente.

Avant cette soirée du 14 avril donc, je n'avais eu que de rares et distantes rencontres avec son œuvre musicale. J'en avais vaguement entendu parler sans chercher à en savoir plus de mon côté, on me l'avait chaudement recommandé à plusieurs reprises, et j'avais pu l'écouter quelques fois, mais à ma décharge, dans des conditions pas au top. En réalité les deux ou trois fois où j'ai pu écouter un de ses CD, c'était en voiture, ce qui pour découvrir sa musique n'est pas l'idéal je peux le confirmer. En effet, entre sa voix hyper aiguë et ses rythmes parfois un peu syncopés, le peu que j'arrivais à distinguer et qui surnageait par-dessus le bruit du moteur ressemblait plus à une succession de petits cris stridents que je n'avais pas trouvés des plus agréables. D'ailleurs pour vraiment confesser mon erreur jusqu'au bout, je n'avais pas réussi à vraiment identifier le chanteur et ses morceaux avant le concert, puisque même lorsque je l'entendais à la radio par exemple, j'étais à chaque fois persuadé jusqu'à ce qu'on me précise (à chaque fois nécessairement aussi) « mais non c'est Asaf Avidan », d'entendre une nouvelle chanteuse que je ne connaissais pas encore.

369 asaf avidan casino bale

Autant dire que je n'étais pas totalement convaincu en allant le voir. Et notre rencontre en live aurait pu très mal se passer d'ailleurs si je n'avais pas eu à ma disposition des bouchons d'oreilles ce soir-là. Faut dire que sur ce sujet, les suisses sont exemplaires : là où en France je vois rarement de mise à disposition de ces bouchons d'oreilles lors de concerts, et quand c'est le cas toujours à des prix prohibitifs, en Suisse c'est systématique : ils sont en libre-service à l'entrée de chaque concert. On ne badine pas avec la santé auditive en Suisse. On ne badine pas avec grand-chose du reste, en Suisse.

Bref, il m'a fallu à peu près 2 secondes 3 dixièmes pour dégainer et enfiler les-dits bouchons après le premier son échappé de la sono ce soir au Casino de Bâle. Sûr que sur ce coup-là ma dextérité aurait mis minable n'importe quel Usain Bolt, Bip-Bip et le Coyote ou Speedy Gonzales venu. Parce que bon sang, j'ai rarement entendu concert aussi tonitruant que celui-ci. Je ne parviens d'ailleurs pas à comprendre par quel miracle celles et ceux qui n'étaient pas équipés de bouchons ont pu survivre, et encore moins ressortir autrement que sourds au dernier degré.

Mais bon, les autres on s'en fout hein, l'essentiel c'est que moi j'étais équipé !

Cela étant dit, ce concert a été pour moi une vraie et belle surprise. D'abord parce que je n'en attendais honnêtement pas grand-chose, ensuite parce que j'y suis allé sans quasiment rien connaître de ce que j'allais entendre, et que malgré cela j'ai été très largement conquis par ce que j'ai vu et entendu. Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas truffer un de mes articles musicaux de titres de chansons et d'albums parce qu'aujourd'hui encore, je suis totalement incapable d'en citer de tête. Vous échappez donc à une liste de titres interminable. Mais ce que je peux dire c'est que c'était bien. Vachement bien. Très loin de l'image sonore déformée que j'en avais eu jusqu'alors. Très loin de ce que à quoi je m'attendais en me basant sur la tonalité de sa voix.

369 asaf avidan casino bale concert

Bien que ne connaissant presque rien du tout, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, j'ai apprécié chaque morceau que j'ai entendu, et j'ai tout spécialement été séduit par la performance scénique du bonhomme. Asaf Avidan est visiblement un type très loquace et foncièrement sympathique. Doté d'une tchatche pas commune et d'un bon sens de l'humour, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas du genre à se contenter de chanter ses chansons et basta. Il communique beaucoup avec son public et instaure un réel échange, qui semble aussi sincère que décontracté et spontané, ce qui n'est pas si courant que cela. Il introduit ses chansons, les explique ou les remet dans un contexte dans un anglais parfaitement compréhensible et même un français tout à fait honorable. On utilise souvent l'expression de spectacle-vivant pour désigner les concerts et les prestations live, mais avec Asaf Avidan on en a toute la définition !

Musicalement j'ai beaucoup aimé les changements de style, la variété instrumentale et cette spécificité qui m'avait jusqu'alors un peu tenu à distance du chanteur, je veux parler de sa voix très aiguë, m'est apparue dans le contexte complètement adéquate à l'univers sonore de l'artiste. Sa voix, au même titre que celle de Patricia Barber dont je parlais il y a peu, est un instrument à part entière et il s'en sert comme tel. Et le voir en direct chanter pendant deux heures m'a définitivement ôté le lien naturel que j'en faisais avec une voix féminine !

Cependant je confesse une dernière chose. J'ai aimé ce concert, j'ai changé positivement d'avis sur la musique d'Asaf Avidan, mais pourtant je ne me suis pas encore mis à l'écouter sur CD. Ce qui explique d'ailleurs aussi que je sois toujours aussi ignare en ce qui concerne les titres de ses chansons et de ses albums... Ce n'est pas un choix conscient de ma part, je pense que j'y viendrai certainement tôt ou tard, mais pour l'instant à mes yeux, Asaf Avidan est avant tout un artiste de live, que je n'hésiterais pas une seconde à aller revoir.

Et juste pour se replonger dans l'ambiance, voici une vidéo dénichée sur Youtube de sa chanson Reckoning Song lors son premier passage à Bâle il y a deux ans :


 
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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 09:47

 

Le 26 mars passait à Belfort une grande dame du jazz : Patricia Barber et son quartet. En tournée pour la sortie de son dernier album Smash, pour moi c'était l'occasion idéale de réaliser un de mes vieux rêves en allant la voir en live.

Je resitue rapidement Patricia Barber et mon histoire perso avec elle. Car oui, j'ai eu une histoire perso avec elle messieurs-dames. Une histoire purement artistico-musicale mais quand même, du genre qui marque. J'ai découvert Patricia Barber en 1998, par l'intermédiaire de mon ami Rémy. En ces temps reculés, nous partagions lui et moi nos découvertes et coups de cœur artistiques et n'hésitions pas à partir vaillamment à la découverte de nouveautés en tous genres. Alors que je lui faisais découvrir quelques comics parmi les plus cultes de ma collection, qu'on se refilait nos meilleurs dvd (une technologie qui en était à ses tous débuts ! Ça nous rajeunit pas tout ça), qu'on faisait quelques belles découvertes au cinéma (à quelle nostalgie en repensant à The Big Lebowski, le Sixième Sens ou encore Matrix vus ensemble …) et qu'on s'échangeait des romans qui nous avaient marqués, du côté musical on se retrouvait sur des valeurs sûres comme Eric Clapton. Pour ma part je l'ai remis à jour sur mon maître Leonard Cohen et lui m'a fait découvrir deux artistes en particulier : Tony Joe White (un autre de mes fantasmes de concert) et Patricia Barber (ça y est j'ai raccroché les wagons).

366 Patricia Barber Smash

Arpentant les lieux branchés et interlopes de Mulhouse, nous avions pris nos habitudes dans certains magasins de Hi-Fi haut-de-gamme qui nous permettaient régulièrement d'emporter nos propres disques pour les écouter sur leur matériel en démonstration. Et quand je dis haut-de-gamme je ne plaisante pas. Il y avait des installations de plusieurs dizaines de milliers d'euros à vous laisser baba. Et c'est là, avec à mes pieds des amplis et pré-amplis à ampoules de toute beauté, des enceintes plus grandes et plus larges que moi, que j'ai entendu pour la première fois s'élever la voix limpide de Patricia Barber. Je m'en souviens comme si c'était hier alors que ça date du millénaire passé. Un frisson incommensurable et un vrai uppercut musical : Too Rich For My Blood sur du matos qui vaut plusieurs fois mon salaire annuel. Une claque monumentale.

C'était décidé : si je n'aurais certainement jamais un tel équipement chez moi, j'irais au moins la voir chanter pour de vrai ! Je venais de l'entendre pour la première fois et je savais qu'elle était sur ma liste des choses à voir absolument avant de mourir. Depuis lors, j'en avais fait un fantasme et je rêvais d'aller un soir voir Patricia Barber donner un concert au fond d'un club de jazz de New-York.

Aussi, quand j'ai appris qu'elle passait à Belfort pas loin de chez moi, j'ai marqué un temps d'arrêt, le temps d'une hésitation. Et puis bien vite je décidai de remiser à plus tard la partie « au fond d'un club de jazz de New-York » pour prendre ce qu'il y avait à prendre : « voir Patricia Barber en concert », et bien m'en a pris. Ce qui ne veut pas dire que j'ai tiré un trait sur la partie remisée à plus tard, notez bien.

366 patricia barber quartet

Bon, maintenant que je vous ai bien saoulés avec mon histoire de vieux combattants qui n'intéresse que moi (et peut-être Rémy s'il lit encore ce blog), permettez-moi de vous toucher quelques mots de Patricia Barber. Moins connue que des stars comme Norah Jones, Lisa Ekdahl ou encore Diana Krall, elle n'en reste pas moins une des figures féminines majeures du jazz depuis les années 90. Pianiste géniale, elle a une voix absolument terrible. D'ailleurs c'est à mon humble avis son talent principal, tant elle ne se contente pas de chanter mais fait de son organe vocal un instrument à part entière. D'ailleurs pour illustrer mes dires, lors de son concert de Belfort il a fallu attendre pas loin d'une demi-heure pour entendre les premiers mots chantés, alors qu'elle donnait de la voix depuis le début, toute en sons, en onomatopées, en fredonnements musicaux...

Patricia Barber est une grande artiste (et pas qu'en taille), mais elle reste d'une simplicité désarmante. Elle arrive sur scène, se déchausse et s'installe pieds nus à son piano avant d'entamer son concert. Entre sourires, jokes, et moments de profonde concentration, elle est toute entière dans son art, dans sa musique, dans son univers. Un univers fait d'accords mais aussi de silences, de mots et de respirations, de notes et de vibrations. Accompagnée d'un bassiste, d'un batteur et d'un guitariste (respectivement : Larry Kohut, John Deitemeyer et John Kregor), c'est à un spectacle complet et vivant qu'elle convie ses spectateurs, presque en toute intimité, juste pour un moment de partage de quelque chose de beau.

366 patricia barber quartet2

Écouter Patricia Barber c'est une expérience à part, c'est se déconnecter de la réalité pour plonger dans un monde tout entier fait de sons et de mélodies, où s'entremêlent instruments et voix pour ne faire plus qu'un. Je sais que le jazz ne plaît pas forcément à tout le monde, mais elle vaut la peine de prendre le temps de s'y essayer au moins un peu, au moins une fois. Je ne vous garantis pas que vous aimerez, mais je vous garantis que ça ne vous laissera pas de marbre.

Petite séquence nostalgie pour moi, je vous mets ici un lien pour écouter la sublime Too Rich For My Blood... bien entendu c'est la qualité de son de youtube sur un fond d'image fixe, mais n'empêche ça me dresse les poils quand même !


 
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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:53

Ce vendredi 8 mars avait lieu à la Filature de Mulhouse, haut-lieu culturel de la Cité du Bollwerk, un concert pas comme les autres. À l’occasion des fêtes de Carnaval, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse a donné une représentation qui sort des habitudes pour plusieurs raisons. D’abord les musiciens étaient déguisés et arboraient ainsi divers costumes de Carnaval, j’y reviendrai. Mais aussi, le thème de la soirée étant l’Espace, le programme interprété par l’OSM s’est partagé en deux parties : une première partie consacrée à la suite symphonique Les Planètes de Gustav Holst, composée de sept mouvements dédiés à autant de planètes du système solaire et à leurs caractérisations mythologiques (Mars, celui qui apporte la guerre ; Vénus, celle qui apporte la paix ; Mercure, le messager ailé ; Neptune, le mystique, etc…), puis une seconde partie plus « récréative » puisque c’est dans les musiques de films qu’elle a pioché ses morceaux.

363 space carnaval filature mulhouse planetes nasa-jpl

Je l’avoue bien volontiers, je ne suis pas un grand connaisseur de musique dite classique. Je n’y suis pas pour autant hermétique ni allergique. Évidemment je suis capable de reconnaître certaines compositions de Mozart, j’aime particulièrement la Neuvième Symphonie de Beethoven pour son Hymne à la Joie (John McClane est passé par là !!) et le charme envoûtant du Boléro de Maurice Ravel fonctionne à merveille sur moi, mais j’en reste à peu de choses près là quant à mes connaissances dans ce domaine. C’est dire si ça ne vole pas haut. D’ailleurs pour être parfaitement honnête, le nom de Gustav Holst m’était totalement inconnu avant cette soirée-là, et ce n’est qu’en me renseignant un minimum avant d’écrire cet article que j’ai découvert qui il était et de quoi est composée son œuvre.

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Cela dit, si je ne suis pas un grand mélomane j’ai d’autres vices, dont celui du cinéma. Et qui dit cinéma, dit musiques de films. Et là, sans être un spécialiste, je suis un tout petit peu plus aguerri. À mes yeux, John Williams est certainement l’un des plus grands dans ce domaine. Et si je confesse ne pas avoir de disque de musique classique dans ma cdthèque, des BOF (Bandes Originales de Films) j’en ai un certain nombre, et pas seulement celles qui se contentent d’aligner des tubes pops connus. Alan Silvestri, Danny Elfman, Hans Zimmer, Michael Kamen, Jerry Goldsmith, ou l’inévitable Ennio Morricone sont plutôt bien représentés dans mes rayonnages. Combien de fois n’ai-je pas écouté la musique originale du film Mad Max 3 Au-delà du Dôme du Tonnerre ? Oh bien sûr on pense immédiatement au génialissime tube We Don’t Need Another Hero de Tina Turner, mais j’adore surtout toute la partie mi-symphonique mi-moderne qu’a composée Maurice Jarre, où le compositeur mêle les élans d’un tonitruant saxophone à la majestuosité d’un orchestre symphonique*. Dans un registre proche, je suis très friand des mélanges orchestre symphonique / guitares électriques qu’on peut trouver dans certaines orchestrations de William Sheller ou lors de certains concerts particuliers de Sting par exemple.

363 space carnaval filature mulhouse john williams

Bref, la musique de film, ça me parle, et j’y suis très sensible.

C’est pourquoi j’ai été très surpris de retrouver des similitudes très nettes entre certains passages de Mars, celui qui apporte la guerre de Gustav Holst et certains passages des compositions de John Williams pour Star Wars ! Au point d’ailleurs que j’ai d’abord cru que c’était du John Williams ! Et effectivement, concordances il y a entre l’œuvre de Holst et celle de Williams qui s’est inspiré de lui à plusieurs reprises (et il n’est pas le seul). Ça a donc été une expérience inédite pour moi que d’assister à un concert symphonique, et j’avoue que ça m’a bien plu. Et si j’ai découvert à cette occasion les morceaux de Holst, j’étais comme un poisson dans l’eau dès que l’orchestre a abordé la seconde partie consacrée aux musiques de films. Avec tout d’abord un enthousiasmant Ainsi parlait Zarathustra de Strauss tout droit sorti de 2001, l’Odyssée de l’Espace. C’est déjà un morceau qui en impose sur disque, mais alors interprété par un orchestre symphonique ça envoie !! Les timballes et autres percussions donnent une puissance assez phénoménale à l’ensemble. J’y ai aussi retrouvé le grand John Williams dans une de ses partitions pour l’univers Star Wars (pas le thème principal mais une variation plus douce de la seconde trilogie : Anakin’s Theme). Ainsi qu’avec le thème principal de Rencontres du 3ème Type qui est de ceux qui m’ont le plus marqué (rappelez-vous du film de Spielberg qui égrène ses cinq notes tout du long de l’histoire et dans un final grandiose de son et de lumières). Puis il y a eu du James Horner avec le thème du film Cocoon, un peu moins connu mais très beau lui aussi. Ainsi que du David Arnold avec le thème aux accents très militaires et guerriers de Independance Day. Mais mon gros plaisir de la soirée ça a été sans conteste le superbe thème de Superman (version 1978), toujours et encore de l’immense John Williams. C’était juste énorme !

363 space carnaval filature mulhouse superman

D’ailleurs, il y avait un Superman dans l’orchestre, si je me rappelle bien il jouait du cor aux côtés d’un Charlot et d’une Bat-Girl très estivale… Et oui, souvenez-vous, je disais en début d’article que pour cette soirée les musiciens étaient costumés ! C’est ainsi qu’on a pu croiser ce soir-là sur scène, sous la baguette d’un chef d’orchestre astronaute, un Albator à la grosse caisse, un cow-boy nonchalant au tuba, des Blues Brothers qui se partageaient trombones et bassons, un pape très Ben Sixteen avec une Sœur Marie-Thérèse aux flûtes et hautbois, une Catwoman toute de cuir vêtue au violoncelle au milieu de clowns et autres princesses, une fée à l’orgue, une sorcière et un mousquetaire violonistes, des petits rats de l’opéra plutôt baraqués aux percussions, un mexicain au xylophone, deux harpistes tout droit sorties d’un conte de fées, un maître Jedi et un homme-grenouille à la clarinette, des ouvriers de chantier aux contrebasses, j’en passe et j’en oublie à coup sûr. Un déguisement m’aura cependant fait m’interroger un temps. Le costume d’une des altos me rappelait furieusement un personnage de comics : la Pro de Garth Ennis et Amanda Conner (avis aux connaisseurs…) !! Jupe très courte, décolleté plongeant et cagoule violette, sincèrement je ne vois pas à quel autre personnage cette tenue pouvait faire référence. Ce qui est quand même étonnant, je dois le dire, puisqu’en dehors d’elle-même, j’ai dû être le seul à savoir en quoi elle était déguisée !! (et que ce choix reste un peu inattendu au sein d’un orchestre symphonique)(mais elle a bien fait cela dit hein, je salue l’initiative !)(mademoiselle, sachez que je vous ai comprise !!).

363 space carnaval filature mulhouse la pro

Bref, pour une première fois, j’ai adoré cette soirée de concert classique. J’espère bien pouvoir assister à la prochaine édition consacrée à des musiques de films, et je remercie mon ami Éric d’avoir pensé à moi pour partager ce bon plan !

Et pour faire saliver dans les chaumières, je vous propose les vidéos de deux morceaux  dirigés par le Maître John Williams en personne, d'abord le thème de Rencontre du Troisème Type :


 

Ensuite le thème de Superman :


 




 

 

* À ce propos, on a peu l’habitude de voir des saxophones dans un orchestre symphonique. Cet instrument a pourtant été inventé au début des années 1840 (par Adolphe Sax) qui le destinait aux orchestres symphoniques et aux fanfares militaires. C’est finalement au XXème siècle qu’il a connu un succès immense en devenant l’instrument emblématique du Jazz, puis en se répandant largement au sein des orchestres de musiques modernes comme le Rock, le Rythm’n’Blues, la Soul, la Pop, …)


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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 20:25

Ce mardi 19 mars au soir, le Roger’s Café à Belfort était The place to be !

Et pour cause, le sympathique Café-concert de la cité du Lion accueillait sur sa scène un groupe de légende : The Commitments !!

The Commitments, c’est le groupe dont Alan Parker raconte les frasques dans son film éponyme de 1991. Une bande de jeunes irlandais désoeuvrés de Dublin qui décident de devenir les rois de la Soul au pays de U2 ! Ce film avait marqué toute une génération (dont je fais partie) en grande partie pour sa bande son qui est une suite ininterrompue de reprises de tubes de la musique Soul, allant de Aretha Franklin à Otis Redding en passant par Al Green ou Wilson Pickett.

362 the commitments rogers cafe groupe film

Mais The Stars from the Commitments c’est aussi un groupe de musiciens qui a survécu au film ! et depuis les années 90, ils ont continué à se produire en concerts en interprétant tous les morceaux qu’on peut entendre dans le film (à ce sujet je ne saurais que trop vous conseiller les deux albums qui forment la Bande Originale du Film, c’est de la bombe du début à la fin). Pour être honnête, je dois dire que jusqu’à peu je ne savais pas que ce groupe existait encore et continuait d'évoluer sur scène. Ce n’est pourtant pas faute d’aimer le film d’origine ! Je l’ai déjà vu un bon nombre de fois et ne m’en lasse toujours pas, les cd de la bande son du film tournent régulièrement dans mon lecteur, et j’avais tellement adoré le personnage du chanteur Deco Cuff que j’avais suivi la carrière (peu prolifique malheureusement) de son interprète Andrew Strong (qui a signé dans la foulée du film un album titré Strong tout à fait réjouissant). Mais que The Commitments en tant que vrai groupe avait perduré, je ne l’ai su qu'il y a peu de temps.

C’est d’ailleurs un peu déçu que j’ai appris que du groupe tel que représenté dans le film il ne subsistait plus que deux membres d’origine, à savoir le bassiste Kenneth McCluskey (Derek « meatman » Scully dans le film) et le premier batteur Dick Massey (Billy « l’animal » Mooney dans le film). Point d’Andrew Strong à la voix d’or ni de Johnny Murphy (Joey « les lèvres » Fagan) à la trompette sacrée.

Mais !…

… il aura suffit du premier morceau en live hier soir au Roger’s Café pour complètement me rassurer. The Commitments dans leur composition actuelle, c’est de la pure bombe, et sincèrement ils n’ont pas grand chose à envier à leurs prédécesseurs sur grand écran.

362 the commitments rogers cafe groupe1

Pourtant je doutais vraiment qu’on puisse remplacer Andrew Strong au chant sans que la puissance des morceaux n’en pâtisse, et son absence était pour moi un grand regret… avant de voir les Commitments sur scène avec leur formidable chanteur Myles Hyland. Ce petit bonhomme (qui par moment et sous certains angles avait des faux-airs de Jean-Luc Mélenchon sous acide)(mais certainement que la vodka qui était dans mon verre et les vapeurs de bière ambiantes n’ont pas dû être totalement étrangères à ce rapprochement facial douteux) n’est pas surnommé « Soul Man » pour rien par ses collègues. Parce qu’il n’a peut-être pas le coffre d’un Andrew Strong, mais croyez-moi il envoie du bois quand même, et côté énergie et enthousiasme il se pose là ! Quel punch, quelle envie, quel plaisir il prend sur scène le bestiau ! Et c’est loin d’être le seul à assurer un max… mine de rien, d’entrée de jeu les Commitments ont déjà réalisé un exploit : celui de tenir à 9, instruments compris, sur la minuscule scène du Roger’s Café. Allez je les cite : Myles Hyland au chant donc, Ken McCluskey à la guitare (contrairement au film où il était bassiste), Dick Massey à la batterie, Abe Hampton aux claviers, Andreas Nolan à la basse, Sandra Jane Hyland et Antoinette Dunleavy aux chœurs et au chant, ainsi qu’un saxophoniste et un trompettiste dont j’ai malheureusement oublié les noms.

Mais la promiscuité n’était visiblement pas un problème pour les rois de la soul, bien au contraire même, puisque durant tout le concert Myles Hyland se rapprochait au plus près des spectateurs en chantant quasiment dans la foule des premiers rangs, les surplombant à peine des quelques centimètres de hauteur de la scène. Ils ont enchaîné les titres sans temps mort, succès après succès, tube après tube, devant un public conquis d’avance et massé dans tout le bar. Du gros son il y en a eu, et du bon ! Bon je ne vais pas faire la liste complète des titres, mais quand même je ne peux pas ne pas en donner au moins quelques uns, les plus emblématiques et entraînants selon moi : Mr Pitiful, Mustang Sally, In The Midnight Hour, Chain of Fools, Destination Anywhere, la génialissime Treat Her Right, Hard to Handle, Land of a Thousand Dances, Fa-Fa-Fa-Fa-Fa, The Dark End of the Street et la monumentale Try a Little Tenderness pour ne citer que ceux-là.

362 the commitments rogers cafe affiche

Vraiment au poil le programme qu'ils nous avaient concocté. D'ailleurs je pense qu'ils ont été récompensé par l'ambiance au sein du public, je crois bien que personne n'est sorti du Roger's Café ce soir là sans avoir la banane (car oui, dans ma génération ça se dit encore, avoir la banane !). Et à ce sujet (pas la banane, la sortie) c'est certainement une des premières fois que je sors d'un concert où les mecs du groupe qui viennent de jouer à fond pendant deux heures attendent à la sortie, serrent la pince des gens qui s'en vont et les remercient d'être venus !! Merde les gars, c'est à nous de vous dire merci pour ce moment de pure musique et de communion soul ! Ces mecs là jouent à travers le monde entier et restent quand même des types extras, gentils et totalement accessibles.

Alors hier j'étais à Belfort. Un mardi soir. Au Roger's Café. Et pourtant j'ai cru pendant deux petites heures être un vendredi soir dans un pub de Dublin, dans une scène du film d'Alan Parker. Ai-je besoin d'ajouter que c'était une soirée géniale ?



Et pour vous faire une idée, voici un lien vers un clip promo des Stars from the Commitments :

 


 

Edit du 21/03/13 : le patron du Roger's Café a posté sur Youtube un extrait de la soirée d'hier, et pas n'importe lequel, Try a Little Tenderness, dont je me permets d'ajouter le lien ici :


 
Edit du 27/03/13 : ma frangine, toujours à l'affût n'a pas laisser échapper une seconde vidéo de la soirée du 19 dont voici le lien, c'est Treat Her Right et c'est du tout bon :



 
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 07:19

Attention, énorme coup de cœur !

 

Ma première rencontre musicale (croyais-je) avec Berry remonte à quelques temps déjà. J’écoutais France Inter, je ne sais plus trop quelle émission, quand y passe une magnifique reprise par une très jolie voix féminine de la non moins merveilleuse chanson de Bourvil La Tendresse. De suite, je suis conquis, et je note quand l’animateur précise qu’il s’agit de la chanteuse Berry. De retour chez moi, je cherche un peu, sur le net et je trouve ce que je veux : La Tendresse apparaît sur la version collector du premier album de Berry, nommé Mademoiselle. Pas évident à trouver d’ailleurs cette version, mais j’y parviens tout de même et j’écoute donc l’album : tiens il y a un ou deux airs que je reconnais ! La chanson Mademoiselle justement, mais aussi Le Bonheur ont eu toutes deux leur petit succès. Mais après une ou deux écoutes un peu distraites, je finis par revenir encore et encore sur La Tendresse, chanson que j’aime tout particulièrement et que du coup j’ai collé sur tout un tas de best-of de ma conception. Puis un disque en remplaçant un autre, l’album de Berry cède sa place dans mon lecteur à d’autres…

359 berry album mademoiselle

En fin d’année dernière, je vois que Berry vient de sortir son second album : Les Passagers. Et dans la foulée j’apprends qu’elle passe à Colmar en février pour la promotion de cet album. L’occasion faisant le larron je prends à la fois l’album et des places pour le concert. Pour découvrir l’album je fais ce que je fais souvent, je le laisse tourner sur mon ordi au boulot en musique de fond. Dès la première écoute, deux titres m’accrochent d’emblée l’oreille : Brune et Claquer dans les Doigts. Et en un rien de temps et sans crier gare, je réalise que toutes les chansons de l’album se sont imprégnées en moi, les airs, les mélodies et les paroles me trottent dans la tête. Agréablement surpris, je reprends le premier album que j’avais un peu délaissé et je l’alterne régulièrement avec le second pour me rendre compte qu’en fait, chez Berry il n’y a rien à jeter ! Une voix douce et agréable, sensuelle aussi, des accords mélodieux et des textes très beaux… D’ailleurs dans le second album, je me suis surpris à découvrir de très belles références à d’autres univers musicaux : Brune bien entendu qui est Gainsbourienne en diable, je dirais même presque Mélodie Nelsonienne en vérité ! Mais aussi Voir du Pays dont les accents de bossa-nova et les textes me font penser à mon si cher Bernard Lavilliers. Quant à Ce matin, j’y entends un peu de Barbara, des réminiscences de Françoise Hardy, un soupçon de William Sheller dans certaines orchestrations tout du long de l’album… et pour en revenir à l’album Mademoiselle, je redécouvre que les deux morceaux Les Heures Bleues et Chéri sont en fait des mises en musique de poèmes de Verlaine !

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Bref, tout ça pour dire à quel point tout cela foisonne de belles choses, qu’il y a dans l’univers musical de Berry un subtil mélange d’originalité et de classicisme, que c’est riche, férocement mélodieux, et complètement immersif. Il plane au-dessus de ces deux albums un vrai parfum de nostalgie. Mais pas celle qui vous plombe et vous rend morne, non, celle qui vous fait passer de la tristesse au sourire le temps d’une pensée. Il y a des mots difficiles parfois, mais toujours une certaine légèreté dans la voix qui les prononce, et ce contraste est saisissant, et avec moi en tout cas ça marche parfaitement. Berry chuchote quelques mots, accompagnée d’une guitare ou d’un piano, et d’un coup d’un seul elle me chope et m’entraîne exactement où elle veut. Comme ça, avec la plus grande douceur, mais avec une force irrésistible. Alors oui, quand je disais « coup de cœur » en début d’article, je ne crois pas exagérer…


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Mais avec tout ça je n’ai pas encore abordé le concert de Colmar !

D’abord quelques mots sur la première partie, assurée par une jeune femme du nom d’Anastasia. Toute seule avec ses deux guitares, Anastasia fait le show avec sa voix unique et sa musique perchée quelque part entre le jazz bluesy, le rock funky et le groove ensoleillé. C’est difficile à décrire mais ça marche bien ! quant aux textes, ils sont à la fois amusants, modernes, poétiques et colorés. À l’image de la chanteuse en fait ! on devine par moments des liens de parenté avec Camille ou Anaïs dans le genre de chansons qu’Anastasia propose, mais dans son style propre qu’on ne peut pas confondre avec un autre déjà existant, ce qui n’est pas si courant pour une jeune chanteuse. Elle possède de plus un brin de voix assez extraordinaire, lui permettant de jouer aussi bien dans les graves qu’avec les aigus (arf, je me prends pour un coach de The Voice maintenant !!). Bref, c’est frais, c’est bon, et ça fonctionne bien sur scène. Et pour ceux que cela intéresse, son premier album, Beau Parleur, sort à la vente en mars…

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Quant au concert de Berry, j’ai tout d’abord été étonné. À vrai dire, après avoir beaucoup écouté ses disques ces derniers temps, je m’attendais inconsciemment à un concert un peu plus intimiste, plus minimaliste. Alors que pas du tout : Berry est arrivée sur scène avec cinq musiciens : deux guitaristes (tous deux excellents), un bassiste, un batteur et un clavier. Du coup l’orchestration était plus « fournie » que je ne pensais, et certains titres ont pris une ampleur différente de leur version studio. C’était par exemple le cas de Brune, morceau que j’apprécie déjà tout particulièrement mais qui sur scène était encore un peu plus boosté par l’orchestration et surtout par la partie guitare électrique, très réussie. Berry et ses musiciens ont interprété beaucoup de chansons, alors que paradoxalement j’ai trouvé le concert court, c’est certainement dû aux titres eux-mêmes qui ne sont pas forcément de très longue durée. Berry a évidemment repris les morceaux les plus attendus car les plus connus que sont Mademoiselle, Le Bonheur, Chéri et Demain (ces deux derniers titres étant vraiment excellents en live). Et du nouvel album je crois bien qu’elle a tout interprété. Appréciant chaque morceau je ne vais pas en faire le listing complet, mais je me dois quand même de citer les enthousiasmants Claquer dans les Doigts, Si C’est la Vie et Voir du Pays, la très belle Les Mouchoirs Blancs et la magnifique Ce Matin. Je n’ai malheureusement pour moi pas eu droit à la reprise de La Tendresse que j’aime tant, mais il y a une chanson parmi toutes qui m’a vraiment marqué, et qui est de loin l’une des plus touchantes que j’ai entendue ces dernières années : Plus Loin. Vrai moment d’émotion, émotion qui s’est aussi emparée de Berry qui a discrètement séché ses larmes à la fin du morceau avant d’enchaîner sur une autre chanson. Plus Loin est vraiment une chanson hors du commun, de celles qui vous prennent aux tripes par sa simplicité, sa force, sa douceur et ses mots (d’ailleurs sur l’album Mademoiselle, l’enchaînement des titres Plus Loin et Demain donne une profondeur et un contexte particuliers au second titre).

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Mais ne vous y trompez pas, Berry n’est pas une nouvelle Mylène Farmer, larme à l’œil et tenues affriolantes. Elle est même plutôt son opposé (et c’est tant mieux !). C’est avec un merveilleux sourire aux lèvres qu’elle chante sur scène, qu’elle s’adresse au public ou qu’elle éclate de rire avec ses musiciens. Elle est heureuse de chanter et cela se voit, d’ailleurs elle fait tout pour partager son bonheur avec ceux qui l’écoutent. Et pour cela elle n’a pas besoin d’artifices, de chorégraphies bizarres ni de soutif apparent non plus, elle est juste belle et dégage un charme naturel qui, croyez-moi, suffit amplement.

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Le seul bémol que j’aurai sur la prestation de Berry et de ses musiciens, tient en deux mots : trop court !! En effet, une petite heure et quart après le début de concert, elle nous laissait déjà repartir dans le froid et la nuit de Colmar… j’aurais aimé plus, mais ça c’est mon côté d’incorrigible gourmand qui reprend le dessus. Que voulez-vous, quand j’aime j’essaie toujours d’en profiter au maximum.

Alors pour vous en faire profiter un peu aussi, je vous propose quelques liens vers des chansons de Berry trouvées sur le net (rien qui soit tiré du concert à Colmar cependant). Berry c’est un vrai grand et beau talent de la scène musicale française, découvrez-la, écoutez-la et aimez-la.


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Pour celles et ceux qui veulent découvrir ce que ça donne en live, voici une sélection de vidéo glanées sur youtube (merci aux posteurs !!) avec pour commencer un des titres phares du nouvel album : Si C'est La Vie


 



On continue avec la gaingsbourienne Brune :


 



 

Une version live de Plus Loin, de l'émotion pure :


 



 

Et on finit (parce qu'il faut bien finir, je pourrais continuer longtemps comme ça) avec une autre version live, de la très belle chanson Demain :


 
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 20:17

Il y a quelques semaines j’ai découvert, en première partie du concert du groupe Ange à Sausheim, un certain Alex Bianchi, qui en quelques notes m’a instantanément et énormément plu. Et voilà que j’apprenais son passage au Roger’s Café ce vendredi 8 février… ni une ni deux, je me suis dit que c’était là une excellente occasion d’approfondir un peu le sujet.

 

Faut bien le dire, il n’y avait pas foule ce soir là au Roger’s Café. Le froid et la neige qui s’abattaient sur Belfort ont dû y être pour quelque chose à mon avis. Toujours est-il que le bar avait bien du mal à se remplir ce vendredi soir. À moins que les gens ne soient restés chez eux pour regarder les victoires de la musique à la télé ? Ça m’étonnerait un tantinet cela dit. Je crains d’ailleurs qu’il y ait eu même plus de monde à mater des gogols en maillots de bain faire de grands ploufs sur la chaîne concurrente. On a la télé qu’on mérite paraît-il… Bref, c’est donc devant un public restreint (mais convaincu !) que Alex Bianchi a entamé son concert un peu plus tard que prévu. Heureusement au fil des minutes qui passaient, les belfortains semblants sortir de chez eux comme les plus lève-tard des animaux nocturnes, la salle s’est peu à peu remplie malgré tout.

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Sur scène il y avait donc deux types un peu bizarres, voire même carrément barrés, bourrés d’énergie et surtout de bonne humeur. Alex Bianchi à la guitare et au chant, et Marc-Antoine Schmitt, dit Monsieur Marco, à la contrebasse, à la basse et au chant aussi un peu. Ils ont été rejoints en cours de route par un batteur dont j’ai malheureusement oublié le nom (mes plus plates excuses à lui) et qui les accompagnait pour la première fois sur scène si j’ai bien tout compris.

Et malgré le fait qu’au début du concert il n’y avait pas affluence dans le bar, ces gaillards là ont su donner ce qu’ils étaient venus partager ce soir là : un très chouette moment de musique ! D’ailleurs, il suffit de les voir jouer pour se rendre compte qu’ils prennent leur pied sur une scène : Alex a un sourire qui lui colle au visage quasiment en permanence, quant à Marco il a l’air totalement habité derrière sa contrebasse (dit comme ça, ça n’a pas l’air d’être un instrument hyper-marrant et pourtant utilisé à la manière de Marco ça devient un truc juste énorme). Pour ce qui est de leurs titres, cela va du festif et joyeux comme Cool (un de mes préférés) au plus mélancolique comme Manon, en passant par le revendicatif (sans être prise de tête non plus) comme Indignons-nous. Mais toujours avec une petite pointe de blues, un soupçon de soul, et une voix chaude de rockeur. Alsacien aux racines italiennes, Alex chante parfois en italien (Per Tanto Tempo, très entraînant) mais la majorité de ses chansons sont en français. Cela dit, je l’ignorais mais ma sœur me l’a appris (elle est forte ma sœur), Marco et Alex font également partie du groupe Les Bredelers, et à ce titre sont aussi tout à fait capable d’en pousser une petite en alsacien. Mais bon, en terre franc-comtoise, ils s’en sont visiblement abstenus ! et je pense que le public local leur en saura gré pour ça.

Parmi leurs chansons, je citerais également mais sans être exhaustif La Nonchalance, Silence ! on pense… (qui est aussi le titre de leur album), Petit Soiffard, Chut !, l’excellent Si Dieu était une Femme, et puis petit plaisir personnel, leur reprise de Est-ce ainsi que les Hommes Vivent ? de Léo Ferré (reprise aussi en son temps par Bernard Lavilliers). Rien que de très bons morceaux, aux rythmes enthousiasmants et toujours servis par la voix rocailleuse à souhait de Alex Bianchi.

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Je suis souvent éberlué par la somme de talent qu’on peut voir ainsi dans un petit concert qui ne paie pas de mine, au fond d’un café concert, alors que les ondes sont si souvent squattées par d’autres qui en ont bien moins sous la pédale. Concrètement j’ai du mal à m’expliquer comment un duo comme celui-ci n’est pas plus connu. Comment une telle voix n’a pas été repérée et ne passe pas régulièrement à la radio. Ça me dépasse. Alors oui, bien sûr, Alex n’a pas le physique d’un M Pokora (pour faire une comparaison entre strasbourgeois en plus), mais bordel, lui il a du talent à revendre. Il compose, parfois il écrit, il joue et il chante. Et il le fait infiniment mieux que tant de ces blaireaux dont le seul talent artistique qu’ils sont capables d’exposer est celui de leur tatoueur ou de leur coiffeur.

Parfois ce genre de chose me laisse non seulement pantois, mais aussi déprimé.

Alors j’écoute chanter Alex Bianchi, et la pêche revient. Ce type n’a pas qu’un talent musical : il possède aussi celui de partager sa bonne humeur. Ses chansons vous filent la banane, et pour ça moi je dis : Oh Merci Alex Bianchi ! Oh Merci Monsieur Marco !

Je vous invite chaudement à visiter son site, à écouter ses chansons (découvrez-le sur youtube par exemple, mais surtout essayez son album !), à aller le voir en concert. Enfin, je ne vous oblige pas hein, mais si vous aimez la bonne musique…

Je vous propose en direct de youtube, une version live de Cool super sympa :


 

Un reportage datant de quelques années déjà :


 

Et un petit bonus, Alex à la fraîche qui interprète la magnifique chanson Betty de Bernard Lavilliers :


 


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