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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

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Pop Culture : Génération TV

Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /2005 12:57

Ça y est : la StarAc 5, c’est fini. Et ce n’est pas trop tôt.

Il faut savoir que j’ai un certain contentieux doublé d’un lourd passé avec cette émission, du coup je risque de ne pas être parfaitement objectif à son sujet. Avant toute chose, je suis honnête, en 5 ans j’avoue avoir regardé des émissions de la StarAc, ou plutôt des morceaux d’émission. Je ne sais même pas exactement pourquoi d’ailleurs, parce que ça ne m’a jamais plu. Par curiosité, par bêtise, par lâcheté, par hypnotisme, par désespoir, parce qu’il n’y avait rien d’autre, parce qu’on m’a obligé, par moquerie, par voyeurisme ? Certainement un peu de tout ça, mais pas toujours tout à la fois non plus hein ! Donc j’assume tout à fait la part d’hypocrisie et d’incohérence en moi quand je dis que c’est vraiment pas très bon alors qu’il m’est arrivé de la regarder quand même.

Dans mon ancien appart, mes voisins étaient de fervents amateurs de variété populaire et du journal de Claire Chazal. C’est donc tout naturellement qu’ils sont devenus de purs accros de la Star Académie dès la toute première émission en 2000. En gros ça se passait ainsi : tous les samedis ou vendredis soirs (selon la journée de retransmission du fameux prime-time), tous (je dis bien tous) les voisins du 1er étage (c’est-à-dire l’étage du dessus) se donnaient rendez-vous dans le salon de l’appart du milieu (c’est-à-dire pile au-dessus de mon salon). Ils montaient le volume du téléviseur à un niveau qui ne laissait aucun doute sur la puissance des petits hauts-parleurs intégrés des télés Sony, et chantaient à tue-tête à la moindre chanson, ou au pire en cas de chanson en anglais ou de paroles un peu compliquées, se contentaient d’accompagner de « lalala » du plus bel effet. Cris de fans et applaudissements compris à chaque début et fin de chanson, cela va sans dire. Est-il utile d’ajouter que les murs et planchers étaient aussi bien insonorisés que s’ils avaient été en papier mâché ?

Vous vous dites certainement que j’exagère un peu, que je noircis le tableau … eh bien je peux vous assurer que non. J’avais vraiment des voisins débiles, c’est la pure vérité. Et il y en avait même un sacré nid au premier. C’est du reste la principale raison qui m’a décidé à déménager.

Depuis, je garde comme qui dirait une certaine aversion pour la Star Académie, qui en plus d’être une émission plutôt bas de gamme, a eu un vrai impact négatif sur l’univers musical des enfants et ados, cibles privilégiées de ce genre d’émission. Les apprentis-chanteurs sont complètement formatés pour entrer dans un moule pas franchement à mon goût. Je ne dis pas qu’ils chantent mal, qu’ils chantent des conneries, je m’en fiche pas mal et je préfère ne pas les attaquer sur ce plan. Et d’ailleurs si tant de personnes aiment la StarAc, c’est qu’il y a certainement une part de talent derrière la machine médiatique, qu’il ne soit pas à mon goût n’est qu’anecdotique.

Non, le reproche principal qu’on peut faire à la StarAc selon moi, c’est de fabriquer à la chaîne des jeunes chanteurs qui se ressemblent tous. Et comme ils trustent tout l’espace médiatique, on finit par entendre toujours la même chose. D’infinies mini-variations sur un thème ultra-étriqué. Ça fait bien longtemps que je n’écoute plus de musique à la radio pour cette raison, et la StarAc n’a fait qu’aggraver la situation je trouve. Au point que le cercle vicieux est en train de se refermer en ce moment, la machine tournera bientôt en vase-clos. En effet, regardez l’âge moyen des candidats à la Star Académie : entre 17 et 20 ans pour la grande majorité. C’est-à-dire ceux-là même dont les goûts musicaux ont été formatés étant ados par les toutes premières émissions de la StarAc ! Leurs références musicales c’est Jenifer et Nolwenn !
Bref, la Star Académie se nourrit de Star Académie, elle fonctionnera en totale autarcie dans quelques années.

Bonjour la diversité. Bonjour la culture musicale. Bonjour TF1.

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Vendredi 27 janvier 2006 5 27 /01 /2006 16:53

Connaissez-vous tous Hulk ?

C’est le colosse de jade, très costaud et un peu idiot de chez Marvel. Créé en 1962 par le duo magique Stan Lee / Jack Kirby, on pourrait situer le personnage à mi-chemin entre le monstre de Frankenstein et Docteur Jekyll & Mr Hyde, le tout à la sauce radioactive (le nucléaire étant la grande peur de l’époque, comme peut l’être la manipulation génétique aujourd’hui).
Pour résumer en quelques mots le concept, il s’agit d’un scientifique qui a été accidentellement exposé à des rayons Gamma, et qui depuis lors se mue en monstre vert à la musculature surdéveloppée sous l’effet de la colère (à l’origine c’était la nuit qui enclenchait automatiquement la transformation -d’ailleurs au tout début il était gris et non pas vert- mais le déclencheur est vite devenu la colère).

Bruce Banner et son alter-ego vert...
Outre la version comics, il y eut à la fin des années 70 une série télévisée diffusée sur CBS de 1978 à 1982, soit 5 saisons de 81 épisodes au total, auxquels viennent s’ajouter 2 épisodes pilotes et 3 téléfilms (plus récents ceux-là : 1988, 1989 et 1990). Bill Bixby y incarnait le docteur David Banner qui en se transformant prenait les traits du musculeux Lou Ferrigno.

Enfin, c’est en 2003 que le personnage est porté sur grand écran avec le film Hulk, réalisé par Ang Lee, avec Eric Bana dans le rôle de Bruce Banner et un Hulk hyper-impressionnant entièrement en images de synthèse.

David Banner ? Bruce Banner ? Pourquoi donc cette différence de prénoms entre les versions ? Comment s’appelle-t-il réellement à la fin du compte ?

 

Comme j’ai déjà souvent entendu cette interrogation, je vais vous expliquer le pourquoi du comment…

Le personnage d’origine se nomme Robert Bruce Banner. C’est l’identité civile de Hulk dans les comics. À l’époque où Stan Lee a créé tous les personnages phares de Marvel, la mode était (à quelques exceptions près) de donner des initiales doubles aux héros : Peter Parker (Spider-Man), Matt Murdock (Daredevil), Reed Richards (Mr Fantastic), Stephen Strange (Dr Strange), etc… C’est donc le nom de Bruce Banner qui a été communément adopté pour ce personnage dans les comics.

Mais quand le héros a été adapté à la télévision, les producteurs l’ont rebaptisé David Banner. Raison invoquée à l’époque : Bruce était trop connoté « Gay » pour eux, déjà qu’un culturiste à la coupe au bol bandait ses muscles torse-nu à l’écran, les producteurs s’étaient mis en tête que David serait un prénom moins tendancieux ( !). Malgré les protestations de Stan Lee, rien n’y fit, tout juste acceptèrent-ils de le renommer officiellement David Bruce Banner (beau lot de consolation !). Voilà pourquoi tous les aficionados de la série TV (qui ne lisaient pas forcément le comic) connaissent le héros sous ce nom de David Banner.

David Banner devient l'incroyable Hulk...
Lors de l’adaptation au cinéma, le personnage retrouva son prénom d’origine, mais comme pour entretenir la confusion, c’est le père de Bruce Banner (interprété par Nick Nolte) qu’on nomma David Banner. Ce qui est d’autant moins compréhensible que dans le comic, le père de Bruce se prénomme Brian ! Allez comprendre la logique…

Bref, voilà pourquoi les fans de la série culte de CBS croient dur comme fer que leur héros se prénomme David, alors que pour les autres, son prénom est Bruce. Mais pour tout le monde il reste …
l’Incroyable Hulk !!

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /2006 17:23

Si on peut lui reprocher des tas de choses, la télévision n’en reste pas moins un outil de communication incontournable aujourd’hui. Malgré ses côtés énervants, ses exagérations et ses dérives, je ne renie pas ma dépendance au petit écran. J’ai grandi avec, je pense même faire partie de la première génération pour laquelle la télévision a eu un véritable impact culturel fort.

J’ai connu le temps des trois chaînes (TF1, Antenne 2, FR3), la création de Canal+ (qui a toujours été objet de fascination pour moi, même si je m’y suis abonné il y a deux ans à peine), la naissance puis la mort de La Cinq (quelqu’un se souvient ici du single Touche pas La Cinq qui était sorti pour sauver la chaîne ? un grand moment…), la montée en puissance de M6 et maintenant la multiplication des canaux entre TNT, bouquets satellites et autres câbles.

Aujourd’hui je n’ai pas honte d’avoir accumulé au fil des ans une « culture télé », et ce n’est pas sans une certaine nostalgie que je me souviens de la série V qui marquait le début de mes week-ends le samedi après-midi. De Temps X des frères Bogdanov avec toujours un épisode de la Quatrième Dimension. Du rituel Top 50 présenté par Marc Toesca et son fameux « Salut les p’tits clous ! ». De Nulle Part Ailleurs avec les délires des Nuls, de Poelvoorde ou Antoine de Caunes. De Récré A2 puis Club Dorothée qui ont starisé les dessins animés cultes comme Goldorak, Cobra ou Les Chevaliers du Zodiaque. Des dimanches d’hiver rythmés par Incroyable mais Vrai et l’École des Fans de Jacques Martin entrecoupées d’un épisode de Starsky & Hutch, Magnum ou MacGyver. De l’épisode hebdomadaire du mercredi soir de la sulfureuse série Dallas et son inénarrable JR Ewing, le salaud ultime aux sourcils démesurés, l’homme qu’on adorait détester.
La liste est longue et je pourrais la prolonger encore longtemps.

Tout ça pour dire que ce que la télévision a produit de plus remarquable à mes yeux, sont certainement les séries télévisées. D’aventures, d’espionnage, humoristiques ou romantiques, elles sont un vrai phénomène générationnel et commencent aujourd’hui à être enfin reconnues à leur juste valeur.
Longtemps considérées comme le parent pauvre du cinéma, les séries télé ont réussi à affirmer leur différence et à créer un univers à part, tout autant voire souvent plus respectable que le tout-venant de la production cinématographique.

Et depuis quelques années, on semble enfin accepter cet état de fait. Certaines séries font énormément parler d’elles (Lost tout dernièrement), deviennent quasiment des objets de cultes et ont leurs inconditionnels attitrés, et même souvent créent l’événement.
Pour preuves : la longévité du succès de quelques unes d’entre elles (Urgences, Friends ou X-Files par exemple), les moyens de plus en plus conséquents qui sont dévolus à leur fabrication (des séries comme Lost ou Deadwood ont des budgets et une logistique à faire pâlir d’envie bien des producteurs de cinéma indépendants), la convoitise de certaines équipes créatives par l’industrie du cinéma (Josh Whedon, Kevin Williamson,…), les déclinaisons passées ou à venir sur grand écran d’une multitude de séries à succès (Mission Impossible, X-Files, Drôles de Dames, etc…) et surtout la sortie sur support dvd d’un nombre impressionnant de séries depuis environ 2-3 ans.
Pour ma part, je suis aux anges quand je vois qu’enfin on accorde leur titre de noblesse à ces objets télévisuels qui m’accompagnent depuis toujours.

Alors j’en profite pour faire un peu de pub pour le Hors-Série « Séries Cultes » de Mad Movies qui paraît ce mois, et qui ma foi est assez bien fichu. Si on peut lui reprocher de « passer un peu vite » sur certaines séries, il a l’avantage d’en aborder un grand nombre (près d’une centaine), d’horizons et de périodes très divers.
Attention toutefois : la liste est évidemment très loin d’être exhaustive et il manquera forcément l’une ou l’autre série qu’on a aimée. D’autant plus que dans la liste retenue, le choix est sciemment tourné vers des thèmes « madiens », entendez par là qui entrent dans le prisme des films dont ils traitent d’habitude dans Mad Movies. Exit donc les sitcoms, soaps et autres séries à caractère principalement humoristique ou social. Pas de Friends, pas de Desperate Housewives, pas de Amour Gloire & Beauté, pas de Huit ça Suffit, de Alf, d’Arnold et Willy, de Seinfeld ou de Sex and the City.
Le ton est résolument tourné vers l’action, l’aventure, la SF, le policier, à quelques rares exceptions près (notamment Urgences et les Simpsons).
Autre bémol à apporter : 8,50 euros pour un magasine, faut avouer que c’est pas donné. Pour ce prix vous aurez 130 pages plutôt bien remplies par des passionnés du petit écran.
À vous de voir donc.

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /2006 23:12

(attention : la lecture de cet article pourrait, bien que j’y ai fait attention, vous gâcher le plaisir de certaines scènes à suspens de la série)

Connaissez-vous la série télévisée 24 Heures ? C’est une série à succès qui possède un concept assez original, celui de raconter une histoire sur 24 heures en autant d’épisodes et en « temps réel », c’est-à-dire qu’on suit en continu tout ce que font les personnages durant les 24 heures que dure l’histoire, minute par minute. Du fait du nombre de personnages principaux et des lieux d’action différents, l’usage du split-screen est souvent de mise, afin de voir plusieurs actions simultanées se dérouler à l’écran.

Le personnage principal est Jack Bauer, un agent de la cellule anti-terroriste de Los Angeles qui n’aura de cesse de combattre complots, attaques, attentats et menaces terroristes de tous genres. Les autres protagonistes étant ses collègues de la CAT , les membres de sa famille, et les hautes instances politiques du pays. Le tout est ponctué d’action et de suspens, et les mots d’ordre de la série sont : l’enchaînement de péripéties incessantes et les rebondissements à n’en plus finir.
Bref, un vrai défi pour les scénaristes, et un régal pour les spectateurs.

Ayant vu les quatre saisons déjà diffusées en France, je me suis demandé quel est le personnage récurrent qui m’a le plus marqué, le plus étonné, le plus plu.
D’aucuns répondraient très logiquement Jack Bauer (Kiefer Sutherland) lui-même, héros parmi les héros, un dur qui ne recule devant aucun sacrifice pour son pays. D’autres citeraient Kim Bauer (Elisha Cuthbert), la fille sexy de Jack, qui en digne fille de son père vit également des aventures étonnantes et remuantes. Certains, ou peut-être aussi certaines, parleraient du beau et ténébreux Tony Almeida (Carlos Bernard, personnage très intéressant, peut-être le plus « humain » de tous je trouve), qui a un charisme et une classe exceptionnels. Et évidemment on pourrait aussi énumérer les différents leaders terroristes et autres traîtres à leur patrie qui prolifèrent d’une saison à l’autre et possèdent tous des personnalités intéressantes.

Et bien après y avoir réfléchi, celui qui a ma préférence, qui m’a le plus marqué dans la série, n’est pas un des hommes d’actions qui sauvent le monde une ou deux fois par heure. Non, celui que je trouve en tout point exceptionnel, c’est David Palmer (Dennis Haysbert), l’homme politique dont on voit évoluer la carrière tout au long des différentes saisons.

David Palmer, un homme qui ne prend aucune décision à la légère.
Ce type est le prototype du parfait homme politique tel qu’on aimerait en avoir. Un homme foncièrement droit et honnête, qui défend ses convictions avec force. Un homme qui fait de l’honneur, de la moralité et de la vérité ses valeurs premières, un homme qui même face au doute, aux risques et à l’échec prend toujours les décisions qu’il juge justes. Un homme qui n’hésite pas à mettre sa carrière politique, sa vie privée et son ambition en jeu pour défendre les valeurs humaines qu’il a faites siennes. Un type qui a un cerveau, mais aussi un cœur et une sacrée paire de corones. Et même si ce n’était pas le colosse noir Dennis Haybert qui l’interprétait, je suis persuadé que par sa seule personnalité et son comportement, David Palmer imposerait le respect et impressionnerait tout autant. Voilà enfin un homme politique (et cela n’a rien à voir avec ses idées démocrates) qui donne l’image vraie de quelqu’un de sincèrement au service de la nation, de quelqu’un d’avant tout humain et respectueux des gens plus que de ses ambitions et de sa carrière.

Quand 24 heures se termine, que je coupe mon lecteur dvd et que je retombe sur les infos d’une chaîne de télé, je vois tout sauf des David Palmer à la tête du pays ou à la recherche de voix qui leur permettraient d’y accéder. Tous bords et partis confondus, je ne vois que des ambitieux, des opportunistes, des bonimenteurs. Qui traînent derrière eux des casseroles dont ils préfèrent oublier l’existence, des trahisons, des retournements de vestes ou des coups bas qui n’ont pour objectif que de soigner l’image qu’ils pensent que les électeurs veulent voir d’eux. Ils vont où le soleil brille, servent sans rougir leur soupe à base de démagogie et n’ont pour seule vision politique que les résultats du prochain sondage Ipsos. Les scandales et les coups médiatiques se succèdent, ainsi va le microcosme politique… et ce triste constat m’afflige.

Malgré les hauts et les bas, Palmer reste avant tout un personnage droit et intègre.
Alors je sais bien que David Palmer n’est rien de plus qu’un personnage de fiction, mais c’est bel et bien le seul homme politique à ce jour qui remporterait ma voix sans la moindre retenue de ma part.
Messieurs de droite et de gauche : et si vous jetiez un œil à 24 heures ?!

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Lundi 15 mai 2006 1 15 /05 /2006 22:18

« Deadwood » qu’est-ce que c’est ?

Eh bien c’est le nom d’une série télévisée de la chaîne américaine HBO, dont Canal + a diffusé la première saison au cours de ces derniers mois.
 Deadwood
c’est aussi le nom de la ville dans laquelle se déroule la série. Une ville nouvelle, faite de bric et de broc, fondée par les chercheurs d’or. L’intrigue prend place en 1876 dans le Dakota, du temps des cow-boys à la quête de l’eldorado. À ce moment les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas encore le grand pays d’aujourd’hui, et la terre de ces contrées sont à ceux qui la prennent et l’exploitent. Deadwood naît du néant, en plein territoire indien, la ville grandissant au rythme soutenu de l’arrivée de nouveaux aventuriers rongés par la fièvre de l’or. Car de l’or il y en a beaucoup, on découvre filon sur filon, et l’endroit attire de plus en plus de monde. Les habitants sont une bande d’indésirables, de repris de justice, d’opportunistes de tous poils et de criminels ayant fui la toute jeune société américaine. Deadwood est une ville illégitime, non encore reconnue par les USA, où règne l’anarchie et qui se construit en dehors des lois, si ce n’est celle du plus fort.

La série propose de suivre la vie de quelques personnages très divers dont les destinées vont se croiser à Deadwood.

Il y a Seth Bullock (Timothy Oliphant, habité par son personnage), ancien shérif décidé à faire fortune avec un commerce de quincaillerie avec son associé juif Sol Starr (John Hawkes). Bullock tente de fuir son ancienne vie de garant de la loi, mais reste l’archétype même du personnage droit et intègre, à la violence contenue mais palpable.

Wild Bill Hickok et Seth Bullock, des tireurs hors-pair
Il y a Wild Bill Hickok (Keith Carradine) la fine gâchette, ancien compagnon d’armes de Buffalo Bill, en quête de rédemption, accompagné de Calamity Jane (Robin Weigert), plus pochtronne et paumée que redoutable.

Il y a le couple Brom et Alma Garret (Timothy Omundson et Molly Parker), jeunes bourgeois new-yorkais qui viennent s’encanailler à coups de dollars et espèrent décrocher un concession d’or juteuse.

La belle et honorable Alma Garret cache quelques secrets inavouables...
Il y a Doc Cochran (Brad Dourif, exceptionnel), le docteur qui a fort à faire entre les différentes maladies contagieuses et les prostituées qu’il soigne.

Le doc Cochran est toujours très sollicité à Deadwood !
Il y a le Révérend Smith (Ray McKinnon) dont le gentillesse n’égale que la ferveur à prêcher la bonne parole.

Il y a surtout Al Swearengen (Ian McShane, É-NOR-ME !), le patron roublard du Gem, le saloon-bordel dans lequel tout Deadwood vient dépenser son argent la nuit tombée. Swearengen est un homme sans foi ni loi, qui compte bien faire de Deadwood sa ville, coûte que coûte. Un stratège à la JR Ewing doublé d’un dur à cuire à la volonté et à la poigne de fer.

Al Swearengen, le maître inconstesté des lieux, et qui compte bien le rester !
Il y a Cy Tolliver (Powers Boothe, au sourire glacé), le patron du saloon concurrent du Gem, à l’apparence plus classe mais aux manières toutes aussi violentes que celles de Swearengen.

Al Swearengen et Cy Tolliver, ils se haïssent cordialement mais savent s'associer pour protéger leurs intérêts communs.
Il y a Trixie (Paula Malcomson), l’une des prostituées du Gem et favorite de Al, bien que celui-ci soit adepte de l’adage « Qui aime bien, châtie bien ».

Il y a les chercheurs d’or, la communauté chinoise qui vit en vase-clos, les indiens qui ont été dépossédés de leur terre et qui ne sont jamais loin, des bandits et racailles de toutes sortes, …

Al Swearengen et Mr. Wu, ou comment bien gérer les relations inter-communautaires.
Il y a tout ce petit monde et bien d’autres encore. Grands ou petits rôles, ils sont tous savoureux et très bien écrits.

La série Deadwood décrit comment une ville va se construire et une mini-société se développer en dehors des lois. À Deadwood on veut survivre et faire fortune. Tout autre objectif y est hors de propos et sans avenir.

Que ceux qui n’aiment pas les westerns ne fuient pas pour autant. Ici les codes du genre sont contournés. Il n’y a pas de longues chevauchées dans le désert, pas de batailles rangées entre cow-boys et indiens, pas d’histoire de guerre de sécession, pas de règlement de compte à la OK Corral.
Cette série, au travers de ses personnages principaux, raconte l’histoire d’une ville où la seule règle est de s’enrichir, qu’on soit chercheur d’or ou commerçant, et quels que soient les moyens d’y arriver.

Dans les premiers épisodes, la série semble longue à démarrer. Mais ne vous méprenez pas, si le producteur / scénariste / dialoguiste David Milch prend le temps de bien poser ses personnages et son unité de lieu au début, c’est pour mieux les malmener dès le second tiers de la première saison. Rebondissements et développements aussi inattendus que brusques s’enchaînent dès lors.

La qualité de l’intrigue, à laquelle il faut ajouter des personnages fabuleux et génialement interprétés, ainsi qu’un décor impressionnant (digne des meilleures reconstitutions de Far-West du cinéma), font de Deadwood une série plus qu’étonnante, prenante et originale.

Sol Starr (à gauche), Tolliver et Swearengen (au centre entourés de quelques larbins, le Doc et le Révérend Smith (second en partant de la droite)
La première saison s’est achevée sur Canal + et vient de sortir en coffret dvd, et aux USA la troisième saison va débuter en juin (la série est prévue sur un total de cinq saisons, mais pourrait s’arrêter à la fin de la troisième selon certaines rumeurs).
À découvrir d’urgence !

 

 

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 01:18

Certains affirment haut et fort que la télévision rend con.
Moi je ne partage pas du tout cet avis. Je trouve au contraire qu’elle peut être (notez la nuance, ça ne veut pas dire qu’elle l’est toujours) un bel outil d’information, de communication, d’enrichissement, de culture et de divertissement.
Mais je suis bien forcé de me rendre à l’évidence, il existe des émissions qui ne volent pas très haut, si tant est qu’elles parviennent à décoller du niveau zéro de la bêtise. Ce qui très paradoxalement ne veut pas dire qu’elles ne connaissent pas pour autant un vrai succès populaire auprès des téléspectateurs…
Ce qui m’étonne le plus, c’est l’intérêt que trouvent les participants à certaines émissions du type Real-TV et autres jeux trash. Car en dehors d’une humiliation profonde retransmise dans la France entière, et rediffusable à l’infini par la suite dans toutes sortes d’émissions du style Bêtisiers ou Zapping, ils n’ont vraiment pas grand-chose à gagner. Et pourtant, si l’on peut trouver des excuses aux tous premiers participants à de nouveaux concepts (ils ne savaient pas comment ça allait se passer), je suis atterré par ceux qui se précipitent à leur suite, alors qu’ils savent parfaitement bien comment tout cela se terminera…

Je vous propose d’étayer ceci par trois exemples des plus parlants à mes yeux, et qu’à coup sûr tout le monde connaît.


Exemple 1 : La Nouvelle Star.

Bon, d’abord je tiens à préciser que ne captant pas M6, mes connaissances sur cette émission sont très limitées. En fait, ce que j’en connais, ce sont les extraits que j’en vois au Zapping par exemple. Au début de chaque saison donc, il y a des auditions qui permettent de sélectionner les candidats retenus pour l’émission, ce qui s’apparente finalement à une sorte de radio-crochet à l’échelle nationale. Et là, immanquablement, on nous montre une foule d’anonymes qui chantent comme des casseroles, qui se déhanchent, se tortillent, font des mimiques d’un autre monde, bref qui n’ont pour seul talent musical que l’aptitude à déclencher l’hilarité et la moquerie générale.

Et en tant que téléspectateur, c’est très précisément eux qu’on attend de voir passer avec impatience, histoire de rigoler un bon coup. Je ne suis pas hypocrite, quand je vois certains extraits du « Best Of du pire », je me marre bien aussi. Mais voilà, en se plaçant du point de vue des candidats refoulés sans ménagement, on peut se demander : qu’y gagnent-ils ? Rien, strictement rien, si ce n’est une monumentale honte quand le lendemain de la diffusion les gens les reconnaîtront dans la rue et se foutront de leur gueule. Et pourtant ils y vont, ils sont même plus nombreux d’année en année paraît-il.

Bon, cela étant dit, ils trouvent tout de même une excuse à mes yeux. D’abord ils me font bien rire (mais ça, ça ne compte pas !), mais surtout je suis persuadé qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont risibles. Ils croient (même s’ils se trompent lourdement) en leur chance, en leur talent, et ils ont le courage (l’inconscience ? la folie ?) de s’exposer au jugement de la France entière. En gros, ils sont foncièrement sincères dans leur démarche, et se font bien exploiter par les producteurs de l’émission. Si on devait faire le rapport entre leur temps d’antenne et la force de l’humiliation subie, je crois que de toutes les émissions confondues, ce sont ces candidats là qui exploseraient les ratios !!


Exemple 2 : le Maillon Faible.

Voilà l’exemple parfait d’une émission que je déteste et dont je ne supporte pas plus de cinq minutes consécutives de visionnage. Le concept est très simple : les concurrents répondent chacun leur tour à des questions de culture générale (dont le degré de  difficulté oscille entre le « très simple » et le « à peine compliqué ») sur un peu tout et rien. Puis à l’issue de chaque manche, chacun vote pour le nom de celui qu’il veut voir quitter la partie avant la manche suivante.

L’originalité tient dans le fait que l’animatrice (Laurence Boccolini, croisement improbable entre une mère supérieure, un pit-bull et Batman) est là, contrairement à tous les autres jeux télévisés, pour mettre les concurrents plus bas que terre, à grands coups de jeux de mots lancés d’un ton glacial et méprisant. Finalement l’intérêt du jeu ne se résume non pas à voir les concurrents donner les bonnes réponses aux questions, mais à assister à un concours de casse digne d’un Brice de Nice shooté aux hormones de taureau.

Car quoi qu’il arrive, tous les participants quels qu’ils soient, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, bons ou mauvais, en prennent plein la face pour pas un rond. Pas un rond au sens figuré comme au sens propre, car le système de jeu est tel que la pression mise sur les candidats annule toutes leurs chances d’aligner le nombre de bonnes réponses suffisantes pour décrocher le jackpot. Il y en a toujours qui font tout capoter, qui banquent trop tôt ou qui se plantent dans la panique, et même les meilleurs se laissent déstabiliser (ou comble de l’ironie et preuve définitive de l’immoralité de ce jeu, ils se font éliminer par les autres qui les considèrent comme « trop forts » et donc dangereux). À l’arrivée les gains de l’unique vainqueur sont la plupart du temps pitoyables.

Bref, si vous participez au Maillon Faible, non seulement les gains éventuels sont minables, mais vous êtes sûr de vous faire allumer devant la France entière par la maîtresse-abboyeuse Boccolini. Encore une fois je me demande : où donc est l’intérêt des concurrents là-dedans … ?


Exemple 3 (et j’ai gardé le meilleur pour la fin) : l’Île de la Tentation.

Le concept est trash, donc forcément attirant. Quatre couples se voient offrir des vacances de rêve dans des lieux paradisiaques. Seul hic, les femmes partent de leur côté et les hommes du leur pour un séjour séparé d’une dizaine de jours. Pour corser le tout, les femmes sont escortées par une escouades de playboys, éphèbes et chippendales bodybuildés triés sur le volet, alors que les hommes sont accompagnés d’une brochette de nymphettes plus provocantes et aguicheuses les unes que les autres. But des tentateurs/trices : faire succomber les concurrents à leurs charmes (oui je sais, ça se rapproche dangereusement sur le papier à de la prostitution, mais de là à traiter TF1 de proxénètes il n’y a qu’un pas … que je ne franchirai pas).

Finalité du « jeu » : après leurs vacances séparées propices à tous les excès (et aux situations extrêmes délibérément provoquées et mises en scène par la production), les couples se retrouvent et doivent décider à la lumière de leurs comportements respectifs s’ils repartent ensemble ou s’ils se séparent, le tout face caméra évidemment. Précision utile : il n’y a aucun gain en jeu, rien du tout à gagner si ce n’est des vacances tous frais payés mais avec vingt caméras en permanence sur votre dos (avec micros longue portée, vision nocturne et tout le tremblement). Au mieux vous repartez comme vous êtes venu, mais avec votre vie sentimentale et sexuelle déballée sur la place publique. Au pire vous repartez seul, mais avec votre vie sentimentale et sexuelle déballée sur la place publique. Et une chaude-pisse ramassée en prime si vraiment vous êtes poissard.

Bref, il n’y a rien de rien à gagner, et absolument tout à perdre (ce n’est pas un hasard si TF1 refuse les couples mariés ou ayant des enfants), à commencer par votre dignité et votre honneur. Car depuis les cinq saisons que l’émission existe, à chaque fois c’est la même chose : que les couples se séparent ou non au terme du « jeu »,  il y a inévitablement des choses diffusées à l’antenne que les personnes pourront se reprocher après coup, ils n’éviteront pas les pots cassés. Sans parler des discussions pseudo-philosophiques en string, autour de l’amour, de l’amitié et de la fidélité, le tout arbitré par une Céline Géraud à l’encéphalogramme proche de celui de la rainette arboricole, autant à sa place dans cette émission qu’une belle mouche dans un bol de lait.

Parmi les gimmicks récurrents de l’émission, l’un en particulier m’écorche les oreilles à chaque fois que je l’entends : quand les concurrents ou l’animatrice parlent du « jeu », ils le qualifient invariablement « d’aventure ». Intéressant glissement sémantique que de parler de « vivre une aventure » alors que l’expression qui serait la plus appropriée serait plutôt « avoir une aventure »…

Mais attention, je suis sincère : si je parle de l’Île de la Tentation en ayant la dent dure, je confesse également la regarder. Je ne fais pas partie des inconditionnels, mais si l’occasion se présente, je regarde. Au départ par voyeurisme il faut bien le dire, mais ça j’en suis revenu depuis longtemps. Parce que ne vous méprenez pas, malgré l’étalage de chairs, vous ne verrez jamais un téton pointer le bout de son nez, ni aucune autre prouesse physique autrement que suggérée, ou au mieux mimée… Les portes se referment toujours au moment fatidique, le voile tombe toujours pudiquement au dernier moment, comme si TF1 se refusait de confirmer une bonne fois pour toute l’immoralité évidente de ce « jeu ». On nourrit habilement la frustration du téléspectateur tout en maintenant toujours chez lui l’espoir d’en voir « un peu plus » à la prochaine émission…

J’en suis revenu disais-je donc, maintenant ce qui m’intéresse quand je regarde (la plupart du temps, je ne fais d’ailleurs qu’écouter la télé en fond sonore pendant que je pianote sur le net) ce sont les gens qui participent, leurs comportements et leurs discours (souvent parfaitement à l’opposé l’un de l’autre du reste).Et il faut bien dire qu’il y a de véritables phénomènes !!

L’an dernier par exemple a été mémorable : il y avait deux couples qui m’ont particulièrement fait rigoler (cela dit, au premier degré c’était plutôt triste à pleurer). Les petits jeunes du Sud, Marion et Nicolas qui chialaient à chaque fois qu’ils parlaient devant la caméra, c’était incroyable les grimaces qu’ils pouvaient faire, à pleurer de rire (je sais c’est méchant, mais vraiment ils étaient irrésistibles). Ceux-là ont été vraiment sages et ne se sont pas laissés tenter du tout, mais à la place ils sont passés pour de parfaites andouilles.

Le petit Nicolas, il va pleurer...   Marion... elle pleure de voir Nicolas pleurer...   Le petit Nicolas, il a pleuré...
Quant à l’autre couple, un peu plus âgé, et dont l’accent ne laissait aucun doute sur leur origine du Ch’Nord, Laurence et François, ils sont non seulement passés pour des imbéciles finis (leurs moindres interventions étaient affligeantes), mais en plus pour de véritables obsédés sexuels. Ce qu’ils ont parfaitement le droit d’être, pas de jugement de valeur de ma part là-dessus, ce que je veux dire c’est juste que l’émission leur a collé une image certainement exagérée et totalement déplorable. D’autant qu’ils sont les premiers et seuls depuis l’existence de l’émission à avoir réussi à faire fuir les tentateurs/trices eux-mêmes, dont le rôle est pourtant clairement de séduire les participants.

François ne se rend pas compte que tout le monde rit de lui...
Retournez au boulot ou allez chez votre boulanger après un été complet où l’on vous montre à la télé comme le con ultime et le lubrique invétéré… Je pense sincèrement que ces gens ont dû subir un enfer après la diffusion des émissions.

Laurence et François ont inspiré les humoristes en herbe d'internet...
D’un côté j’assume le fait que j’ai ri d’eux ouvertement, mais de l’autre j’essaie aussi de me mettre à leur place et je ne parviens pas à comprendre : pourquoi diable avoir fait cette émission ? Et c’est chaque année le même résultat avec juste des acteurs et des circonstances autres. Encore une fois je me répète : quel est l’intérêt des couples qui y participent ? Mystère…


Voilà, après m’être longuement (un peu trop peut-être…) étalé sur mes exemples, je vais essayer de trouver une conclusion à mon article… mmmh, pas facile…

D’abord, bravo aux courageux qui ont tout lu ! (euh, y’a quelqu’un ?)
Donc pour finir je reprendrai ce que je disais au début en complétant un tant soit peu : non, selon moi la télé ne rend pas forcément con, par contre elle nous en montre de sacrés !

(À ceux auxquels il reste une parcelle de courage, vous pouvez laisser un commentaire, pour les autres vous pouvez quitter ce blog et reprendre une activité normale.)

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /2007 00:52

La chaîne payante américaine HBO est très certainement l’une de celles qui produit depuis quelques années déjà, les meilleures séries télévisées. Non, je ne parle pas ici des ultra-commerciales Lost ou Prison Break, mais de séries bien supérieures et ambitieuses telles que les excellentes et novatrices The Shield, Carnivale, Rome, Deadwood ou Oz par exemple. D’ailleurs un jour ou l’autre il faudra que je rédige un petit quelque chose sur ces séries là aussi…
 Six Feet Under est l’exemple même de la qualité des séries HBO. Je dirais même qu’elle se situe dans le tout haut du panier.

Le casting principal de la première saison, de gauche à droite : Rico, Keith, David, Claire, Ruth, Nate, Nathaniel, Brenda et Billy.
Pendant cinq saisons et 63 épisodes au total, on suit les aventures des membres de la famille Fisher et de leurs proches.
 Nathaniel Fisher Sr (Richard Jenkins) est le père de famille et patron de l’entreprise familiale de pompes funèbres Fisher & Fils à Los Angeles. Tout commence à la veille de Noël 2000. Pour les fêtes, Nate Fisher (Peter Krause), le fils aîné et un peu rebelle sur les bords, fait le voyage depuis Seattle où il vit, et à cette occasion fait la rencontre quelque peu cavalière d’une bien singulière jeune femme, Brenda Chenowith (Rachel Griffiths) avec qui il entame une relation tout aussi singulière. Mais ce jour là, Nathaniel meurt au volant de son corbillard, percuté de plein fouet par un poids lourd. Nate va devoir revenir définitivement vivre à Los Angeles, pour reprendre en association avec son frère cadet David Fisher (Michael C. Hall) la gérance de l’affaire familiale. L’entreprise de pompes funèbres est également la maison familiale où vivent Ruth Fisher (Frances Conroy) la veuve de Nathaniel et Claire (Lauren Ambrose) la petite dernière qui va bientôt entrer à l’université.

Chaque épisode débute avec la mort, parfois violente, parfois douce, parfois dramatique, parfois ridicule voire drôle, d’une personne (la plupart du temps de parfaits inconnus, et quelques fois des gens liés d’une manière ou d’une autre à la famille Fisher) dont Fisher & Fils va organiser les funérailles.
La plupart du temps ces funérailles (ou l’histoire personnelle du défunt) seront mis en parallèle avec la vie privée des différents personnages principaux, de façon à développer et approfondir leurs idéaux, états d’âmes, questionnements, doutes, croyances ou certitudes.

La famille Fisher après la mort de Nathaniel : Claire, David, Nate et Ruth.
Outre les quatre membres de la famille Fisher, quelques autres personnages principaux gravitent dans leur entourage. Brenda avec qui Nate sort, et qui est elle-même issue d’une famille très spéciale (son frère Billy Chenowith (Jeremy Sisto) en particulier tient un rôle important dans la trame de la première saison principalement). Keith Charles (Matthew St. Patrick), flic, noir et gay, et de surcroît l’amant de David Fisher, qui refuse de faire son coming out. Les différents petits amis de Claire qui vont se succéder au fil des saisons. Federico Diaz (Freddy Rodriguez), l’embaumeur latino surdoué qui travaille pour le compte de l’entreprise Fisher. Puis plus tard dans les dernières saisons, le professeur George Sibley (James Cromwell) ainsi que sa fille Maggie (Tina Holmes), Lisa Kimmel (Lili Taylor) ex-petite amie de Nate, et l’inénarrable Arthur Martin (Rainn Wilson) pendant un temps employé par l’entreprise de pompes funèbres.

Nate et Brenda... de l'amour ?
Tout ce petit monde va vivre et évoluer de façon ininterrompue au cours de ces cinq saisons, d’ailleurs cette série entière semble basée sur le changement, l’évolution. Pas un seul personnage ne connaîtra de stagnation, de statu quo. Que vous les aimiez ou non tels que vous les découvrirez, tous sans la moindre exception, vont évoluer et irrémédiablement changer pour le meilleur ou pour le pire. Ne serait-ce que pour cette raison, la série est déjà très différente du schéma habituel des séries télé, dans lesquelles on pose souvent des personnages très travaillés voire iconiques qu’on se garde bien de faire changer surtout lorsqu’ils plaisent aux téléspectateurs.

 Six Feet Under prend cette politique en contre-pied total, ne laissant jamais aucun personnage « tranquille ». Au contraire même, on souffre parfois de voir des personnages qu’on apprécie prendre des virages, des décisions  et des évolutions profondes qu’on déteste. Six Feet Under n’est absolument pas là pour plaire au sens courant du terme, ni pour flatter ou rassurer le spectateur. C’est à ce titre une des très rares séries à pouvoir se targuer d’une sincérité et  d’une intégrité sans faille dans l’avancée de son scénario. La trame est telle que je me plais à penser que les scénaristes ont réussi à se préserver des pressions de l’audimat et ne jamais prendre en compte les attentes ou désirs probables des spectateurs afin de faire de l’audience.

Keith et David, un couple pas comme les autres.
D’ailleurs il n’y a pas de véritable morale à tirer de cette série, tout se passe comme si les auteurs avaient décidé de considérer les spectateurs comme suffisamment intelligents et capables de juger selon leur propre conscience ce qu’ils voient dans les différents épisodes. Aucun jugement de valeurs imposé, ni politiquement correct, ni philosophie de vie, ni morale.

Dans Six Feet Under on a juste des personnages infiniment vrais, humains, imparfaits. Et des situations qui vont les faire changer, s’adapter ou se perdre. David (Michael C. Hall) est génial, j'ai été époustouflé par Nate (Peter Krause), et j'ai une tendresse toute particulière pour ce vieux donneur de leçon de George (James Cromwell). Je pourrais citer ainsi chacun d'entre eux, tant cette série concentre toute sa force dans le talent de ses acteurs et le travail de ses auteurs.

Séance de thanatopractologie dans les sous-sols de Fisher & Fils.
S’il est indéniable qu’un des thèmes principaux est la mort (et donc forcément aussi la vie et la recherche du sens de la vie), je ne crois pas pour ma part que ce soit là le but premier et ultime des auteurs de la série.
Je crois que le centre de la série, et ce qui en fait tout son intérêt par l’intelligence du traitement, c’est l’étude des relations humaines. L’amour, l’amitié, la famille, la peur, l’envie, la tristesse, le devoir, le sacrifice, le désamour, la haine, l’incompréhension, la religion, le doute, la trahison, la morale, la folie, la mélancolie, l’art, les regrets, la joie, l’enthousiasme, la projection dans l’avenir, les engagements, les responsabilités, le sexe,… tout ce qui fait la vraie vie et motive les relations entre les personnes est abordé dans la série, avec une simplicité et une authenticité qui font parfois peur. Peur car on finit par se rendre compte que ce qui est fascinant c’est que Six Feet Under n’est rien d’autre qu’un miroir de l’âme humaine, et que le miroir est si fidèle qu’on n’y voit pas que les belles choses mais aussi (ou surtout, selon votre personnalité) les parts d’ombres et d’inavouable qu’on aimerait tant oublier parfois. Qui qu’on soit on n’y échappe pas, chacun se retrouvera dans l’une ou l’autre situation, l’un ou l’autre personnage, l’une ou l’autre réaction.
Et Six Feet Under est de ce point de vue sans concession. Elle appuie, sans exagération mais le fait tout de même, là où ça fait mal. Et ça fait d’autant plus mal que ça sonne parfaitement vrai.

Si vous aimez le glamour, les happy end, les univers roses où tout le monde est foncièrement bon, l’optimisme et le positivisme béat, ne regardez pas Six Feet Under, vous détesteriez. Ou plutôt si, regardez cette série et comprenez là, cela vous sera salvateur.

Les réunions de famille ne sont jamais vraiment ce qu'elles paraissent...
Outre le fait que chaque épisode débute par le décès d’une personne, la série a quelques spécificités vraiment originales. La plus intéressante à mon sens réside dans le traitement des pensées des personnages. Très souvent on « voit ce que pensent les héros » grâce à un décrochage qui peut arriver à tout moment. Tout à coup le personnage parle avec un mort, avec lui-même, ou se lâche à dire ce qu’il a au plus profond de lui, ses colères, ses envies, ses peurs ou ses frustrations. Puis l’histoire reprend son cours normal, le héros réintègre la « réalité ». C’est ainsi que le personnage de Nathaniel Fisher, qui meurt pourtant dès le premier épisode, reste un personnage récurrent tout au long des cinq saisons, faisant diverses apparitions sous la forme d’interlocuteur privilégié de la conscience ou des rêves de ses enfants et de sa veuve.

Je tenais aussi à évoquer rapidement le générique de début, absolument sublime. La musique est obsédante, les images sont d’une froideur tétanisante, et l’image des deux mains se lâchant en tout début est d’une beauté glaçante, fascinante et extrêmement dérangeante à la fois, à donner des frissons. Bien qu’ayant vu les cinq saisons en dvd, je n’ai jamais fait l’impasse pour aucun des 63 épisodes sur le générique de début. Rarement j’ai trouvé générique aussi parfait et envoûtant, et c’est typiquement le genre de détail qui démontre définitivement et avec force le soin avec lequel cette série a été élaborée.

Six Feet Under c'est aussi un générique exceptionnel.
Et comme l’indique l’accroche de l’ultime saison « Tout a une fin », Six Feet Under connaît elle aussi une fin. Et quelle fin !
De mémoire de série-vore, je crois n’avoir jamais vu une aussi belle, émouvante et intelligente fin. Que je ne dévoilerai pas ici bien entendu. Mais je ne peux m’empêcher d’en parler tant elle m’a marqué.
Pour tout dire, je n’ai pu m’arrêter de penser et repenser aux dernières minutes du dernier épisode toute une semaine après l’avoir vu. Je ne sais pas si cela tend plus à prouver que je suis quelqu’un de bizarre, plutôt qu’à témoigner de la qualité de cette fin, mais rares sont les œuvres, tous supports confondus, dont le développement et le dénouement auront eu un tel effet durable sur moi. Même aujourd’hui en y repensant, j’en suis encore ému. En la qualifiant de marquante, j’ai l’impression d’user d’un doux euphémisme.

 Six Feet Under aura réussi l’exploit d’être passionnante, cohérente et pertinente de la première à la dernière minute.
Avec Six Feet Under, on touche à la perfection. En toute simplicité.

Après avoir dit cela, est-il utile de préciser que je la recommande vivement ? D’ailleurs non, je ne la recommande même pas. Je la qualifierai juste d’indispensable.

 


Visuel du coffret de la denière saison. Chaque chose, chaque personne, chaque endroit finit par disparaître un jour...  

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 21:45

En supplément à mon article sur cette excellente série qu’est Six Feet Under, je voulais revenir plus en détails sur l’un de ses personnages principaux, Nate Fisher (interprété par Peter Krause).


Comme je l’avais souligné, Six Feet Under tire l’essentiel de sa force et de son intérêt de ses personnages. Tous sans exception sont d’une vérité et d’une justesse confondantes, et à ce titre ils sont tous très intéressants. Mais il y en a un pour moi qui sort du lot, et qui m’a touché et ému encore un peu plus que les autres. Il s’agit de Nate, pour tout ce qu’il représente et incarne à mes yeux. À vrai dire, je dois bien l’avouer, je suis tombé en plein dans le piège de l’identification et de la projection. Piège qui s’est refermé rapidement sur moi et qui s’est révélé parfois cruellement révélateur.

Sans vouloir trop en révéler sur les différentes intrigues de la série, je vais essayer d’expliquer pourquoi Nate m’a si profondément marqué.

Au début de la série, Nate est présenté comme le type cool, bien dans sa peau, gentil et sympa, quoiqu’un brin solitaire et peut-être aussi un peu individualiste. On sait de lui qu’il a quitté la maison familiale très tôt, pour fuir un avenir qui lui semblait être tout tracé et qu’il considérait comme inapproprié pour lui. Il avait grandi dans une entreprise de pompes funèbres, a été très tôt au contact de la mort, et il voulait plus que tout vivre loin de cette ambiance et de ce métier. Par conviction, par vrai dégoût ou seulement en vertu du principe de l’opposition père / fils aîné post-crise d’adolescence tardive, on ne le saura jamais vraiment avec précision. Certainement un mélange de tout cela.

Mais voilà qu’à 35 ans, le destin le rattrape. Après la mort accidentelle de son père, Nate va se retrouver avec son frère David (son exact opposé de ce point de vue, David tient plus que tout à l’entreprise familiale) à la tête de cette entreprise de pompes funèbres qu’il a tant cherché à fuir. Nate est face à un choix : soit il refuse ce rôle et l’entreprise de son père à laquelle sont très attachés sa mère et son frère (et qui plus est qui fait office de maison familiale) disparaîtra, soit il accepte d’exercer ce métier qu’il déteste depuis toujours et assume son statut d’aîné en prenant en quelque sorte la place laissée vacante par son père, celle de l’homme de la maison.


Nate va choisir de ne pas laisser tomber les siens, quitte sa vie de célibataire libre et sans responsabilité qu’il avait à Seattle et s’installe à Los Angeles pour enfiler le costume de ce qu’il s’était pourtant juré de ne jamais être : un croque-mort version moderne.
Cela ne se fera pas sans peine pour lui, mais entre désintérêt et dégoût, il parviendra à donner le change tant bien que mal.

Outre ses difficultés à bien accepter son nouveau métier, Nate va vivre une histoire d’amour plutôt tumultueuse avec Brenda. Entre prises de becs, réconciliations, jalousies et sentiments profonds, leur relation bascule indifféremment du chaud au froid selon les jours. Mais on sent bien que ces deux paumés des relations sentimentales qui n’ont jamais vraiment su ce qu’est une relation stable et durable à deux, se sont trouvés et s’accrochent l’un à l’autre comme à une bouée de sauvetage, sans se l’avouer.


Bref, dans les deux premières saisons, on vit vraiment les difficultés de Nate avec lui, on ne peut s’empêcher de le soutenir, de vouloir le voir surmonter les embûches. Comme je le disais plus tôt, dès le départ et de façon naturelle et inconsciente, je me suis identifié au personnage. Non pas que je me considère comme le beau gosse sympa qu’incarne Peter Krause à l’écran (loin de là !... d’ailleurs petit aparté : ne serait-il pas bien mieux avec des moustaches à la Magnum ce grand chevelu, hmm ? ), mais surtout parce que sans en avoir pris conscience je me retrouvais dans ses pensées, ses réactions, ses doutes, et ses difficultés face aux choix qui se présentent à lui.

Puis arrive ce que je considère comme la grosse rupture de la série, le moment où elle bascule vers autre chose, où elle prend un autre visage, plus dur. Et c’est justement à travers le personnage de Nate que cela se ressent le plus, comme s’il était le symbole de tout ce que les auteurs veulent faire passer de sombre dans Six Feet Under. À partir de la troisième saison Nate change du tout au tout. Il devient sans prévenir quelqu’un d’autre. Il se retrouve devant de nouvelles responsabilités et face à de nouveaux choix, et prend des décisions qu’on ne l’aurait pas imaginé prendre dans les saisons précédentes. Alors que la seconde saison finit de façon tout à fait dramatique, la troisième reprend dans un cadre limite malsain, quelques temps après la fin de la seconde saison. On découvre ce qui s’est passé entre temps et qui fait que Nate se retrouve dans une situation inattendue et inédite.


Pour tout dire, j’étais tellement désorienté par cette troisième saison que j’ai cru (et espéré un peu aussi) pendant les 4 ou 5 premiers épisodes qu’il s’agissait d’une immense farce issue de ses rêves éveillés que font parfois les personnages au cours de la série. Tant je ne retrouvais pas le personnage auquel je m’étais habitué et attaché. Et les trois dernières saisons vont être pour Nate un chemin de croix durant  lequel il va faire un long, très long parcours afin de se retrouver lui-même tout en assumant toutes ses responsabilités.

Trois saisons durant lesquelles il m’est même arrivé de le détester tant je trouvais qu’il faisait fausse route, tant j’espérais des réactions qui ne venaient pas, tant je n’étais pas d’accord avec ses choix, tant j’avais envie de le retrouver tel qu’il était au début de la série.

Et ce n’est qu’avec un peu de recul que je me suis rendu compte de la vraie raison pour laquelle je m’étais mis à le détester par moments. Exactement pour la même raison qui m’avait fait l’aimer. Par identification.


Car même dans ses pires moments, même lorsque le personnage était aux antipodes de ce que j’aurais aimé voir, j’arrivais encore à me retrouver en lui. Dans ses doutes, ses erreurs, ses choix impossibles, ses angoisses et son rapport à lui-même.
C’est très certainement le point très précis qui fait de Nate Fisher un personnage de fiction qui me paraissait si réel qu’en le voyant je faisais abstraction du contexte fictionnel. Le rapport du personnage à lui-même. Ce questionnement permanent dans lequel évoluait Nate au fil des saisons, cette recherche éperdue de lui-même.
Voilà ce qui m’a intimement marqué chez lui, et voilà également où se situe exactement le lien si profond que j’ai avec lui.

Nate, sous ses dehors sympa, cool, détendu et sûr de lui, est un monstre de doutes. Il se pose sans cesse des questions sur sa vie, son avenir, ses choix. Il cherche désespérément à trouver un équilibre entre ce qu’il est, ce qu’il voudrait être et ce qu’il devrait être. Il est sans arrêt au centre d’un combat entre le naturel, l’envie, la raison et le devoir, et ça le ronge d’autant plus qu’il n’existe pas de réponses définitives aux questions qu’il se pose.


Alors qu’au début il n’est qu’une sorte de grand adolescent insouciant qui a du mal à accepter de devenir un adulte, il devient un homme qui face aux aléas de la vie ne sait plus trop qui il est. Un homme qui est obligé de faire des choix, et tout imparfait qu’il est, qui se trompe parfois, y compris en voulant bien faire. Un homme qui se retrouve dans l’obligation d’assumer ses décisions et qui se refuse le droit de les regretter.

Nate Fisher est l’illustration même des trois facettes  qui forment chaotiquement une personne : ce qu’elle s’imagine être, ce qu’elle aimerait être, et ce qu’elle est vraiment. Et parfois, dans des moments difficiles de la vie, généralement de façon inattendue, les trois facettes prennent conscience de l’existence les unes des autres, et c’est alors que s’engage le vrai, le seul combat qui vaille d’un homme : se trouver ou se perdre.
Et ces moments sont à l’image de la vie. Pas forcément beaux, pas forcément drôles, et sans la moindre assurance de réussir, ni de bien finir.


Voilà pourquoi j’ai tellement aimé Nate. Parce que je l’ai regardé évoluer et que j’ai fini par comprendre que non seulement il s’adressait directement à moi, mais bien plus que cela, il me parlait de moi.
J’ai rencontré un personnage d’une série télé, un héros de fiction.
Il s’appelait Nate Fisher, et dans une autre vie il était moi.


 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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