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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Pop Culture : Génération TV

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 08:01

Et voilà donc le troisième et dernier article que j’avais envie de consacrer à la série Californication. J’ai déjà abordé les deux personnages principaux et ce qu’ils m’inspirent, et j’aurais pu donc ici enchaîner en exposant tout le bien que je pense de cette comédie hilarante, rentre-dedans, gentiment politiquement incorrecte (tiens, ne s’agirait-il pas d’un oxymore par hasard ?), un brin sexiste et totalement sexy. J’aurais aussi pu m’épancher sur le formidable sidekick qu’est Charlie Runkle, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Tout comme sur une pléiade de seconds rôles pas piqués des hannetons (à la tête desquels une Kathleen Turner sur le retour complètement surréaliste).

313 charlie marcy
Mais j’ai eu envie finalement de vous causer de tout autre chose.

Dans la série, David Duchovny alias Hank Moody est devenu un écrivain célèbre et adulé de la littérature underground grâce à son best-seller God Hates Us All. On en entend souvent parler tout du long des saisons, on en voit d’ailleurs même quelques exemplaires au détour d’une scène de-ci de-là. Et c’est de là qu’est venue l’idée aux producteurs du show télévisé de produire un objet dérivé qui sort de l’ordinaire.
La plupart du temps on exploitera une licence à succès sous diverses formes, dans le cas d’une série télé cela passe souvent par des t-shirts à l’effigie de héros, et toutes sortes de supports et de goodies au nom de la série. Des albums tirés de la bande son, des livres making-off, pourquoi pas même des figurines quand les héros s’y prêtent. Tout cela est devenu somme toute assez courant, moi-même j’arbore parfois quelques t-shirts faisant référence à ces univers fictionnels que j’affectionne particulièrement (et qui finissent d’achever mon statut de geek indécrottable).

313 hank dedicace
Mais là j’ai trouvé l’idée excellente et vraiment originale. Les producteurs n’ont sorti ni plus ni moins que le roman phénomène de Hank Moody. Vous pourrez donc trouver (aux Éditions Florent Massot pour la version française) le petit bouquin autobiographique signé Hank Moody, God Hates Us All dans toute bonne librairie aux rayons romans. Le texte, écrit en réalité par Jonathan Grotenstein (jeune écrivain américain missionné pour la peine que je ne connaissais absolument pas, du reste c’est son seul ouvrage traduit en français semble-t-il) est censé être l’autobiographie des jeunes années de Hank Moody himself, celle qui le propulsera comme étoile filante de la littérature trash américaine.
À ma connaissance, jamais une série télévisée n’avait accouché comme produit dérivé d’un roman (j’exclus de fait les novellisations on est bien d’accord). Il y a bien eu il y a quelques années le journal de l’agent très spécial Cooper (Dale Cooper : ma vie, mes enregistrements), tiré de la série OVNI de David Lynch Twin Peaks (et coïncidence : David Duchovny y jouait son premier rôle marquant quelques années avant d’interpréter le coincé Fox Mulder de X-Files), ainsi que le fameux Journal intime de Laura Palmer.  Mais je ne crois pas qu’il s’agissait à proprement parler de romans. Toujours est-il que j’ai trouvé l’idée intéressante.

313 hank god hates us all
Bon, à la lecture j’ai quelque peu déchanté, mais en même temps il fallait un peu s’en douter. La qualité de ce petit roman n’atteint évidemment pas l’excellence de la série, ni dans l’humour corrosif ni dans l’inventivité globale. D’où une pointe de déception que je ne peux pas cacher mais qui masque peut-être trop la qualité réelle du bouquin. Car en soi, il ne s’agit pas d’un mauvais livre. Il est même plutôt bien écrit, frais, intéressant, de bonne facture. Ça ne donne pas l’impression d’être un truc torché à la va-vite (bien que l’ouvrage soit court) pour profiter d’un titre porteur. Ça n’est pas non plus, et là c’est assez étonnant et la marque d’un concept cohérent dans sa logique, un objet ultra-référencé à la série puisqu’il est censé lui être largement antérieur. On n’y retrouve par exemple aucun personnage de la série, hormis Hank Moody lui-même bien évidemment. Autrement dit vous pourrez lire (et apprécier) ce roman sans rien connaître de la série télévisée, ce que je trouve plutôt malin puisque ça augmente le spectre des lecteurs potentiels.

313 hank ecrivain
En gros, on suit les aventures du jeune Hank Moody, qui délaisse ses études pour gagner de l’argent facile en devenant dealer d’herbe. Un peu accro aux clichés il a pour ambition de se démarquer de sa famille trop banale à ses yeux, emménager au sein du fameux –quoiqu’un tantinet cheap- Chelsea Hotel, vivre dans la luxure et charmer la top model qu’il y a rencontrée. Bien évidemment rien ne se déroulera comme prévu pour Hank, et ses mésaventures l’amèneront à revoir d’un œil neuf l’idée qu’il se fait de la vie. Tout cela est raconté à la première personne, par un Hank Moody déjà rompu à l’art de la répartie sarcastique (bien qu’il atteindra le niveau expert dans la série), de l’humour à froid, et du réalisme forcé. On sent bien qu’en ce personnage sommeille un potentiel mais qu’il lui faudra encore attendre quelques années avant de l’exploiter parfaitement. Alors je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçu comme je le disais plus tôt, parce que j’en attendais un peu plus de la part du personnage de Hank, tout simplement parce que j’avais en tête celui qu’il est devenu au fil des années (et qu’on voit dans la série) alors que dans le roman on a à faire à la version encore jeune et un peu verte du bonhomme (et donc forcément et très logiquement en deçà du héros adulte). C’est certainement l’effet pervers du concept : raconter la jeunesse d’un héros c’est aussi s’exposer à le présenter moins abouti que la version que l’on connaît le mieux et qu’on a aimée en premier lieu.

Alors évidemment, présenter  ce livre comme un best-seller (ce qu’il est censé être) manque un peu de crédibilité, le résultat n’étant pas aussi percutant qu’on aurait voulu. Mais cela reste un petit roman sympa, bien troussé et agréable à lire (et ses quelques 190 pages en petit format se lisent très rapidement), et surtout une idée sympathique pour élargir et approfondir l’univers d’un héros de télévision.

313 god hates us all couv

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 08:44

Ce deuxième article consacré à la série Californication, je voudrais l’axer autour de LA figure féminine du show.
Tout du long des épisodes, des gonzesses on en compte treize à la douzaine. Voire un peu plus. Faut dire que le gars Hank, qui entraîne dans son sillage de maître-séducteur son pote apprenti-dragueur Charlie Runkle (qui ne boxe pas dans la même catégorie faut dire), les nanas il les enchaîne à tour de bras. Et pas un cageot dans le tas, que du premier choix.

Il y en a pour tous les goûts : blondes, brunes, rousses, jeunes, moins jeunes, timides, dévergondées tendance SM, étudiante-strip-teaseuse … en veux-tu en voilà.

Et pourtant, au milieu de ce flot de canons jamais farouches à dévoiler leurs charmes, il y a une femme qui surnage, qui survole même le reste de la horde féminine accrochée aux baskets de Hank. C’est Karen, l’ex-femme de Hank et mère de leur fille Becca. Avec elle les rôles sont inversés : c’est Hank qui est à ses pieds. Et pour cause : elle est la femme idéale. Rien de moins.

312 hank karen1
Karen, c’est l’actrice Natascha McElhone. Comédienne pas très connue dans nos contrées, j’avais déjà eu un gros flash sur elle la première fois que je l’avais remarquée. Elle jouait la femme décédée de George Clooney dans Solaris (le remake de 2002), celle qui hantait ses pensées et à l’image de laquelle il ne pouvait échapper. Je me rappelle qu’à l’époque le film n’avait pas eu très bonne presse, ni auprès de la critique ni auprès des spectateurs, mais moi il m’avait complètement subjugué. On lui reproche en particulier un rythme extrêmement lent et un manque total d’action. Et c’est précisément parce que le film est avant tout un film d’ambiance et de ressenti qu’il m’a plu. J’avais été littéralement hypnotisé par ses images somptueuses et ses scènes d’une beauté froide, presque figée. Il n’a pas marché avec beaucoup de monde c’est sûr, mais moi j’y ai été très réceptif. Et Natascha McElhone n’y a pas été pour rien : elle y avait (à mes yeux) l’image d’une femme fatale à laquelle on aurait ôté la violence qu’un tel statut peu sous-entendre. Fatale mais d’une douceur extrême. Une combinaison inédite et imparable. J’avais déjà pu la voir plus tôt dans Ronin et Truman Show, mais sans qu’elle sorte du lot, et c’est vraiment dans Solaris que pour moi elle était devenue une icône de féminité. Je n’ai d’ailleurs pas pu résister à l’envie de revoir le film avant d’écrire cet article...

312 Natascha McElhone
Et donc c’est sous les traits de Karen Van Der Beek, architecte d’intérieur, que la belle Natascha illumine la série Californication. Et je dois avouer que les mecs qui ont fait le casting chez Showtime ont eu le nez fin, parce qu’elle a le profil rêvé pour incarner LA femme, celle que Hank, celui qui peut avoir toutes les autres, élève au rang de déesse. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans la série. On a affaire à un séducteur né qui a trouvé celle qu’il croyait chimérique. Celle qui dépasse ses attentes, celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, celle qui l’élève de type irresponsable et qui cède à toutes les tentations en Homme. L’Homme avec un H, celui qu’on voudrait être, qui fait peur et envie à la fois, que le Hank qui enchaîne les conneries cherche à éviter de devenir tout en sachant que c’est ce vers quoi il doit tendre pour passer au statut d’adulte.

Cela dit, en se mettant deux secondes dans la peau de Hank Moody, on ne peut que comprendre qu’il succombe à ce point aux charmes de la belle Karen. Observons objectivement. Elle est magnifique. Elle a de l’esprit. Elle a un solide sens de l’humour et de l’autodérision. Elle a des qualités humaines certaines. Elle est über-sexy. Elle est compréhensive à l’extrême (et avec Hank c’est un minimum indispensable). Elle possède un charme fou. Elle est une mère, une femme et une amante passionnée. Et je stoppe là cette liste non-exhaustive sinon on risquerait de m’accuser d’être tombé amoureux d’un personnage de fiction.

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Bref, tout cela pour dire qu’en la personne de Karen, on tient un personnage fascinant. Car il est l’archétype de la perfection faite femme. En tout cas la perfection vue d’un point de vue masculin actuel. Bon d’accord, peut-être que tous ne seront pas d’accord avec cette affirmation, en tout cas c’est l’avis de Hank et le mien, je pars donc de cette vision là de l’héroïne. Elle attire et fait très peur à la fois. Elle fait peur… ou plutôt devrais-je dire, elle impressionne énormément. En fait Karen telle qu’on la voit dans cette série, est la femme qui incarne à la fois une espèce d’absolu (irrésistiblement attirante donc) mais aussi la flamme à laquelle le mâle bêta (on va l’appeler comme ça) risque à tout moment de se brûler les ailes. Celle qui lui donne l’impression d’être un petit garçon à côté d’elle. Celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, bien qu’il en crève d’envie. Celle capable de lui ôter tous ses moyens et toute sa confiance en soi d’un revers de la main, ou de faire de lui un demi-dieu d’un simple sourire.

312 hank karen3
À ce titre d’ailleurs je me demande bien comment le personnage de Karen est perçu par les spectatrices. Tout comme Hank d’ailleurs, même si dans son cas à lui j’ai une idée un peu plus précise de la réponse. Est-elle un personnage de fiction réaliste ? une idéalisation purement sortie d’un esprit masculin ? un exemple à suivre ? une source d’identification ou de jalousie ? une pétasse à rouer de coups ?


En tout cas, boys and girls, n’hésitez pas à me donner votre vision du couple Karen / Hank, ça m’intéresse !!

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 08:38

Allez on va se la péter un peu. Oui amis lecteurs ici débute non pas un article, mais le premier d’une série de trois consacrés à la série télévisée Californication, que j’ai donc décidé d’appeler pompeusement triptyque Californication. En toute humilité.

Pourquoi trois articles ? d’abord parce que j’ai des choses à dire sur cette série que j’aime beaucoup, et que je voudrais éviter de tartiner des lignes et des lignes dans un seul article. Ça sera moins pénible pour vous de le lire découpé en trois parties qu’une seule ! À l’arrivée ça fait autant de blabla mais vous le sentirez moins passer, promis.

Ensuite parce que je voudrais aborder la série sous plusieurs angles d’attaque différents, qui se prêtent donc bien à un découpage en trois parties.
Et puis comme je le disais en début d’article, ça me permet de me la péter un peu.

Je ne vais donc pas aborder la série par saison. J’en ai vu les trois premières pour l’instant, et si j’ai trouvé la troisième un peu en-dessous des deux premières côté rebondissements et péripéties, elle possède une fin cataclysmique qui m’a marqué et qui m’a inspiré le titre de ce premier article, Moody le maudit.

311 hank porsche
Bon, replaçons d’abord dans le contexte : Californication est une série de la chaîne Showtime (ce sont eux qui produisent également les excellents Dexter et Weeds par exemple) qui raconte les aventures de Hank Moody (David Duchovny), un écrivain trash à succès dont le charme très m’enfoutiste est dévastateur auprès des femmes.

311 hank lit
Hank picole sec, fume, ne crache pas sur quelques substances interdites et euphorisantes de temps à autres et ne peut s’empêcher de tringler tout ce qui passe à sa portée. Cause ou conséquence… toujours est-il qu’il est séparé de Karen (Natascha McElhone) avec qui il a une fille de treize ans Becca (Madeleine Martin). Karen a refait sa vie avec un autre homme et Hank broie du noir car sous ses dehors de type qui n’en à rien à cirer de rien, qui pisse sur les conventions et le politiquement correct, son seul et unique problème c’est qu’il a beau être le type le plus cool de l’univers, il n’en est pas moins amoureux d’une femme qui ne veut pas de lui. Bon d’accord ça ne l’empêche pas de batifoler à droite à gauche (et on peut même raisonnablement dire qu’il ne se prive pas le saligaud), de jouer les jolis-cœurs et de ramasser à la pelle les nanas qui lui tombent toutes cuites dans le pieu et de faire comme si sa vie était une perpétuelle fête. Son meilleur ami et agent littéraire Charlie Runkle (Evan Handler) l’aide bien dans cette tâche d’ailleurs, toujours partant pour un truc déviant ou un peu pervers, surtout si c’est à base d’alcool et de jolies pépées.

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C’est là toute la dualité du personnage de Hank Moody, ce qui en fait un personnage touchant et très attachant malgré sa foultitude de défauts dont le dixième devrait pourtant suffire à faire fuir n’importe qu’elle personne vaguement sensée et raisonnable. Hank est invivable, dragueur, insouciant, irresponsable, en un mot : Hank est auto-destructeur (merde, ça fait deux mots). Mais sous sa carapace de mec à la cool, de type que rien ne touche, sous sa répartie implacable et sa fâcheuse tendance à dire à tout va les vérités les plus dérangeantes possibles, il y a un autre Hank. Meurtri, sensible, capable de sentiments très profonds, irrémédiablement amoureux de sa Karen qu’il considère (à raison si je peux me permettre) comme la femme parfaite et idéale. Car Hank joue également de malchance, même s’il n’en laisse rien paraître. Ses qualités sont ses défauts : il est irrésistible mais lui a beaucoup de mal à résister à la tentation… les femmes le haïssent d’abord, ne peuvent s’empêcher de l’aimer ensuite (ce qu’elles trouvent à la fois charmant et irritant), … pour la plupart du temps finir par le haïr à nouveau. Capable du meilleur comme du pire, c’est un peu comme si de manière inconsciente (mais est-ce vraiment totalement inconscient ?) Hank ne pouvait s’empêcher de se saborder lui-même.

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Je ne veux pas spoiler le déroulement de la série, je vais donc éviter de parler de certains événements qui émaillent les trois saisons que j’ai pu voir jusqu’ici, mais ce qu’on peut dire c’est qu’à plusieurs reprises Hank en bave, puis touche du doigt le bonheur tant convoité avant de retomber (la plupart du temps de son propre fait) de plus belle et de remonter la pente lentement, et ainsi de suite… à cet égard la fin de la troisième saison est réellement triste et déchirante si on se place du point de vue de Hank. Lui qui manie l’ironie comme un maître dans ses saillies verbales et ses écrits à succès, le moins qu’on puisse dire c’est que l’ironie du sort il connaît aussi… et qu’il n’y échappe pas malgré tout son talent et ses tactiques d’évitement.

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Hank Moody c’est le type même de l’anti-héros auquel on a directement et irrésistiblement envie de s’identifier. Pensez-donc : il est beau, il possède un vrai génie littéraire, il ne bosse quasiment jamais et vit sur ses droits d’auteur, il est impertinent, drôle, il roule en Porsche 911 Carrera vieux modèle un peu destroy (dont il se préserve avec soin de réparer le phare cassé), toutes les femmes flashent sur lui et il fait pour ainsi dire tout ce qui lui passe par la tête et surtout jamais rien qui lui soit imposé. Le rêve pour tout spectateur mâle lambda non ? Mais je pense sincèrement que ce n’est pas pour toutes ces raisons là qu’il est vraiment touchant et qu’on ne peut s’empêcher de se voir un peu en lui. Car sous son apparence mister cool-attitude, il laisse par moments s’échapper bien malgré lui toute la fragilité dont il est en réalité fait (voir l’épisode traitant de sa relation à son père, entre autres, pour s’en convaincre). C’est un type qui parle de cul comme de météo au petit-déj, surtout pour cacher que c’est face à l’amour qu’il est sans défense. Les femmes sont pour lui des proies, mais il dépose les armes sans même combattre face à La Femme. Et il a beau travailler son image de mec qu’on aimerait tous être, lui tout ce qu’il voudrait c’est être le mec qu’Elle aimerait voir en lui. En fait durant tout la série, ses deux identités contraires ne cessent de s’opposer : l’icône du mâle et la fragilité du petit garçon. Si ça c’est pas en fait la marque d’un grand romantique…


311 hank karen
Mais chut ! Hank a une réputation de queutard à préserver, allez pas lui casser la baraque…

(en tout cas, moi qui suis un mec, je l’aime vraiment ce type, dans le genre loser magnifique qui essaie de sauver les meubles j’ai rarement vu mieux)


Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 16:45

Voilà bien longtemps que je n’ai pas causé de séries télé ici ! Pourtant j’en suis toujours et encore un gros consommateur. La dernière dont j’ai parlé sur ce blog a été Six Feet Under qui est et reste mon mètre étalon en la matière. L’insurpassable, l’inégalable, l’inimitable Six Feet Under. Cela n’empêche pas que depuis j’ai pu voir et apprécier beaucoup, beaucoup de très bonnes séries, d’excellentes même, et qu’il serait temps que j’en fasse un peu l’article ici. Alors pour commencer j’ai choisi de parler de Boston Justice (Boston Legal en VO).

281 boston justice casting
S’inscrivant dans la longue liste des séries dites « judiciaires » (il s’agit même d’un spin-off d’une autre série, The Practice, et son créateur est également à l’origine de Ally McBeal, deux séries que je n’ai jamais vues pour ma part,), Boston Justice n’a pourtant rien de classique dans le genre. Certes la série prend place au sein du prestigieux cabinet d’avocats Crane, Poole & Schmidt, l’un des plus classieux de Boston et de tout l’État du Massachusets, mais les personnages, le ton employé et les trames scénaristiques sortent franchement des sentiers battus.

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Égocentrique, cynique, désabusé, roublard, brillant et outrancier, le personnage principal se nomme Alan Shore, et est interprété par un James Spader transfiguré aussi bien dans le physique que dans le comportement et les manières. Shore est d’un abord détestable, mais se révèlera tout au long des saisons d’une humanité rare et d’une sensibilité aussi fine que son exceptionnelle intelligence. Pour moi, Alan Shore est entré en quelques épisodes seulement dans mon panthéon des personnages de série les plus marquants.

281 boston justice shore wilson
L’autre personnage principal, c’est Denny Crane (William Shatner, complètement halluciné et hallucinant), associé principal et membre fondateur du cabinet. Denny a plus de 6000 victoires au compteur, zéro défaite à son actif. Denny Crane est une légende du barreau, et son activité principale est de le rappeler à tout le monde. Car de tout son vocabulaire, les mots « Denny Crane » sont ceux qu’il répète le plus souvent. Par pur plaisir, même juste pour la sonorité de la chose. En dehors de lui-même, il voue également une passion sans limite pour les femmes (le terme « obsédé sexuel » est bien trop faible en ce qui le concerne) et les armes à feu. Cherry on the cake, Denny est atteint selon lui d’un début de maladie de la vache folle, ce qui lui occasionne quelques troubles de la mémoire cocasses, mais lui donne surtout une excuse imparable pour faire tout ce que bon lui semble. En particulier lorsqu’il s’agit de ses relations avec les femmes.

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Alan et Denny deviennent rapidement les meilleurs amis du monde (et croyez-moi ils poussent le concept trèèèès loin, en témoignent les tous derniers épisodes de l’ultime saison) malgré ce qui les oppose. Car idéologiquement – le sexisme qui les rapproche mis à part – ils sont radicalement opposés. Alan est un démocrate idéaliste, Denny un républicain pur jus. L’un fustige l’administration Bush à la moindre occasion, l’autre se trimballe avec autant d’armes qu’il peut et milite pour la peine de mort. Pourtant les deux hommes s’adorent, et leurs échanges donnent lieu à des discussions mi-humoristiques mi-philosophiques savoureuses en chaque fin d’épisode (c’est un des gimmicks de la série : presque tous les épisodes se terminent par la même scène : Denny et Alan sur la terrasse de leur bureau, devisant de la vie, un verre de whisky dans une main et un cigare dans l’autre).

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Autour de ces deux énergumènes gravitent tout un tas de personnages, plus ou moins récurrents au gré des saisons. À noter tout particulièrement Jerry Espenson (interprété par Christian Clemenson), un avocat atteint du syndrome d’Asperger ce qui le fait garder ses mains constamment collées sur son pantalon (d’où son sobriquet : La Main), sautiller tel un gamin quand il est heureux ou encore émettre toute une gamme de sons bizarres selon son humeur (un bop pour content, deux bop et un ronronnement pour très content). Évidemment avec une telle « particularité » le personnage de Jerry va être au centre de pas mal de scènes décalées et hilarantes, toujours à la limite du burlesque mais jamais ridicule.

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Parmi les innombrables personnages secondaires, on trouve la très blonde et très belle Denise Bauer (Julie Bowen, qu’on peut aussi admirer dans la saison 4 de Weeds), le playboy un peu boy scout et tête à claque Brad Chase (Mark Valley, actuellement dans le rôle de Christopher Chance dans Human Target), les bombesques Tara Wilson (Rhona Mitra) et Lorraine Weller (Saffron Burrows), la très classe Shirley Schmidt (Candice Bergen) ainsi que sa real life doll, l’insupportable Melvin Palmer (Christopher Rich au sourire ultra-brite made in America) ou encore une paire de juges (les juges Brown et Sanders, respectivement joués par Henry Gibson et Shelley Berman) absolument hilarants et qui sont des cibles toutes désignées pour l’intrépide Alan Shore. Et puis il y a aussi des guest-stars qui feront des apparitions le temps de quelques épisodes, notamment le toujours impeccable Tom Selleck et un très touchant Michael J. Fox parmi d’autres…

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Honnêtement, les tous premiers épisodes que j’ai vus m’ont laissé un peu perplexe. Bon d’abord je précise que j’ai vu l’intégralité en dvd, ce qui m’aura évité les programmations chaotiques façon TF1. À première vue j’ai été un peu étonné devant certains choix de mise en scène et de montage. Un look très propre, stylisé, un montage par moment clipesque à la MTV (jingles musicaux, ralentis/accélérés en images saccadées, cadrages particuliers) qui donnent un air de modernité presque décalé pour une série judiciaire. Et puis au début j’ai été franchement dérouté par Spader et Shatner. Oubliez le frêle et effacé Spader de Sexe, Mensonges et Vidéo. Ainsi que le capitaine Kirk qui se promène en pyjama stellaire moule-burnes à longueur d’épisodes de Star Trek. À la place vous avez un couple de pourceaux libidineux qui se font un concours de bons mots et de goujateries. Franchement, je n’ai jamais aimé William Shatner. Je me suis toujours demandé par quel miracle il avait réussi à devenir une star du petit écran, pour moi il avait autant de charisme qu’un pot de chambre, le sourire niais en plus. Star Trek m’a toujours laissé froid (non, même pas honte), quant à Hooker c’est bien simple : rares sont les séries de flics plus mauvaises que celle-ci à mes yeux.

Mais dans Boston Justice… William Shatner dans le rôle excentrique de Denny Crane est juste époustouflant. Il en fait des tonnes et cette exagération pose le personnage d’une façon finalement très réussie. De déclarations poilantes à la sortie du tribunal en tribulations de toutes sortes (pour vous situer le pet au casque du zozo, Denny va pêle-mêle réussir à se faire inculper pour avoir tiré à bout portant sur un SDF qui lui demandait de l’argent, pour racolage actif dans des toilettes publiques, pour attentat à la pudeur, pour propos sexistes… j’en passe et des meilleures), Shatner impose son personnage en jouant à fond l’auto-parodie (clins d’œil au passage à son rôle légendaire de capitaine Kirk) et en faisant preuve d’un sens de l’auto-dérision sans faille. Je détestais William Shatner, j’adore Denny Crane.

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D’ailleurs l’interprétation des deux compères Shatner et Spader sera récompensée à diverses reprises et ils se sont partagé plusieurs Emmy Awards et Golden Globe pour leurs prestations. En tout cas moi je suis fan.

Et puis les scénaristes ne sont clairement pas en reste, le talent des comédiens n’est de loin pas l’unique facteur de qualité de la série. L’humour est corrosif, les histoires originales, inventives, drôles, on ne s’ennuie jamais… et dans le tas les auteurs se permettent même de glisser des thèmes de réflexion sur des grands thèmes de société actuels, avec une très nette coloration politique portée par les plaidoiries génialissimes de Alan Shore. Car, et c’est suffisamment inhabituel dans une série télévisée pour le mettre en avant, le sous-texte de Boston Justice est clairement politisé dans les idées et les convictions (démocrates en l’occurrence). L’administration Bush est directement attaquée à plusieurs reprises, les personnages parlent couramment politique en s’ancrant dans la réalité, devisant des chances d’investiture de Barack Obama et Hillary Clinton (sur ce coup d’ailleurs les auteurs ont parié sur le mauvais cheval), on vit même les élections de 2008 avec force commentaires des différents personnages. D’ailleurs plus les saisons passent, plus les scénaristes en profitent pour faire le procès d’à peu près tout ce qui est tabou et/ou honteux dans la grande Amérique : l’armée et la guerre en Irak, les industries pharmaceutiques toutes puissantes, le lobby des armes, les cigarettiers, la mal-bouffe, la télévision, la justice elle-même, la peine de mort, le droit à l’IVG, le racisme, la pauvreté, la couverture sociale et médicale, la religion, le puritanisme, la prostitution, l’école, … tout y passe et le doigt est mis là où ça démange. Ça se ressent très clairement, dans les deux dernières saisons en particulier les auteurs se sont totalement lâché la bride, se payant même le luxe de se farcir la Cour Suprême des Etats-Unis par deux fois, ouvertement dénoncée comme partisane et politisée au dernier degré. Alan Shore, qui n’a décidément peur de rien, ni du ridicule ni de la plus haute instance juridique américaine, y verra l’occasion d’y imposer et d’y démontrer tout son talent d’orateur, la pertinence de ses idées et l’impertinence de son humour.

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281 boston justice juge sanders
À mes yeux c’est simple, Boston Justice est la meilleure série d’avocats que j’ai pu voir à ce jour. Drôle et intelligente, parfois à la limite du burlesque elle sait pourtant repousser les limites sans jamais aller trop loin. Elle reste désopilante tout en ayant du fond, de la réflexion, de l’âme. Si la comédie l’emporte souvent sur le reste, elle n’en demeure pas moins une série référence pour pointer aussi du doigt tout ce qui ne fonctionne pas aux USA. Et elle n’hésite pas une seconde à faire une distinction très nette (pour ne pas dire partisane) entre la Justice et « ce qui est juste ». Car les avocats de la série (et à travers eux les auteurs) ne font pas intervenir que des textes de loi, mais aussi des contextes, des émotions, de la sensibilité, bref ils introduisent dans le code pénal de l’humanité, parfois même de l’humanisme. Oh oui, il y a une part de naïveté, certainement beaucoup d’idéalisme également là-dedans, mais on s’en fout, c’est tellement bien fichu comme série. Et puis en plus on se marre bien. Évidemment le public américain n’a pas suivi au-delà de 5 saisons et la série a été déprogrammée. Ce qui nous laisse quand même une centaine d’épisodes de pur bonheur.

Mais pour finir de vous convaincre de la haute qualité de cette petite pépite télévisuelle je n’ai qu’une chose à ajouter.

Denny Crane.


281 boston justice denny crane1

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 21:45

En supplément à mon article sur cette excellente série qu’est Six Feet Under, je voulais revenir plus en détails sur l’un de ses personnages principaux, Nate Fisher (interprété par Peter Krause).


Comme je l’avais souligné, Six Feet Under tire l’essentiel de sa force et de son intérêt de ses personnages. Tous sans exception sont d’une vérité et d’une justesse confondantes, et à ce titre ils sont tous très intéressants. Mais il y en a un pour moi qui sort du lot, et qui m’a touché et ému encore un peu plus que les autres. Il s’agit de Nate, pour tout ce qu’il représente et incarne à mes yeux. À vrai dire, je dois bien l’avouer, je suis tombé en plein dans le piège de l’identification et de la projection. Piège qui s’est refermé rapidement sur moi et qui s’est révélé parfois cruellement révélateur.

Sans vouloir trop en révéler sur les différentes intrigues de la série, je vais essayer d’expliquer pourquoi Nate m’a si profondément marqué.

Au début de la série, Nate est présenté comme le type cool, bien dans sa peau, gentil et sympa, quoiqu’un brin solitaire et peut-être aussi un peu individualiste. On sait de lui qu’il a quitté la maison familiale très tôt, pour fuir un avenir qui lui semblait être tout tracé et qu’il considérait comme inapproprié pour lui. Il avait grandi dans une entreprise de pompes funèbres, a été très tôt au contact de la mort, et il voulait plus que tout vivre loin de cette ambiance et de ce métier. Par conviction, par vrai dégoût ou seulement en vertu du principe de l’opposition père / fils aîné post-crise d’adolescence tardive, on ne le saura jamais vraiment avec précision. Certainement un mélange de tout cela.

Mais voilà qu’à 35 ans, le destin le rattrape. Après la mort accidentelle de son père, Nate va se retrouver avec son frère David (son exact opposé de ce point de vue, David tient plus que tout à l’entreprise familiale) à la tête de cette entreprise de pompes funèbres qu’il a tant cherché à fuir. Nate est face à un choix : soit il refuse ce rôle et l’entreprise de son père à laquelle sont très attachés sa mère et son frère (et qui plus est qui fait office de maison familiale) disparaîtra, soit il accepte d’exercer ce métier qu’il déteste depuis toujours et assume son statut d’aîné en prenant en quelque sorte la place laissée vacante par son père, celle de l’homme de la maison.


Nate va choisir de ne pas laisser tomber les siens, quitte sa vie de célibataire libre et sans responsabilité qu’il avait à Seattle et s’installe à Los Angeles pour enfiler le costume de ce qu’il s’était pourtant juré de ne jamais être : un croque-mort version moderne.
Cela ne se fera pas sans peine pour lui, mais entre désintérêt et dégoût, il parviendra à donner le change tant bien que mal.

Outre ses difficultés à bien accepter son nouveau métier, Nate va vivre une histoire d’amour plutôt tumultueuse avec Brenda. Entre prises de becs, réconciliations, jalousies et sentiments profonds, leur relation bascule indifféremment du chaud au froid selon les jours. Mais on sent bien que ces deux paumés des relations sentimentales qui n’ont jamais vraiment su ce qu’est une relation stable et durable à deux, se sont trouvés et s’accrochent l’un à l’autre comme à une bouée de sauvetage, sans se l’avouer.


Bref, dans les deux premières saisons, on vit vraiment les difficultés de Nate avec lui, on ne peut s’empêcher de le soutenir, de vouloir le voir surmonter les embûches. Comme je le disais plus tôt, dès le départ et de façon naturelle et inconsciente, je me suis identifié au personnage. Non pas que je me considère comme le beau gosse sympa qu’incarne Peter Krause à l’écran (loin de là !... d’ailleurs petit aparté : ne serait-il pas bien mieux avec des moustaches à la Magnum ce grand chevelu, hmm ? ), mais surtout parce que sans en avoir pris conscience je me retrouvais dans ses pensées, ses réactions, ses doutes, et ses difficultés face aux choix qui se présentent à lui.

Puis arrive ce que je considère comme la grosse rupture de la série, le moment où elle bascule vers autre chose, où elle prend un autre visage, plus dur. Et c’est justement à travers le personnage de Nate que cela se ressent le plus, comme s’il était le symbole de tout ce que les auteurs veulent faire passer de sombre dans Six Feet Under. À partir de la troisième saison Nate change du tout au tout. Il devient sans prévenir quelqu’un d’autre. Il se retrouve devant de nouvelles responsabilités et face à de nouveaux choix, et prend des décisions qu’on ne l’aurait pas imaginé prendre dans les saisons précédentes. Alors que la seconde saison finit de façon tout à fait dramatique, la troisième reprend dans un cadre limite malsain, quelques temps après la fin de la seconde saison. On découvre ce qui s’est passé entre temps et qui fait que Nate se retrouve dans une situation inattendue et inédite.


Pour tout dire, j’étais tellement désorienté par cette troisième saison que j’ai cru (et espéré un peu aussi) pendant les 4 ou 5 premiers épisodes qu’il s’agissait d’une immense farce issue de ses rêves éveillés que font parfois les personnages au cours de la série. Tant je ne retrouvais pas le personnage auquel je m’étais habitué et attaché. Et les trois dernières saisons vont être pour Nate un chemin de croix durant  lequel il va faire un long, très long parcours afin de se retrouver lui-même tout en assumant toutes ses responsabilités.

Trois saisons durant lesquelles il m’est même arrivé de le détester tant je trouvais qu’il faisait fausse route, tant j’espérais des réactions qui ne venaient pas, tant je n’étais pas d’accord avec ses choix, tant j’avais envie de le retrouver tel qu’il était au début de la série.

Et ce n’est qu’avec un peu de recul que je me suis rendu compte de la vraie raison pour laquelle je m’étais mis à le détester par moments. Exactement pour la même raison qui m’avait fait l’aimer. Par identification.


Car même dans ses pires moments, même lorsque le personnage était aux antipodes de ce que j’aurais aimé voir, j’arrivais encore à me retrouver en lui. Dans ses doutes, ses erreurs, ses choix impossibles, ses angoisses et son rapport à lui-même.
C’est très certainement le point très précis qui fait de Nate Fisher un personnage de fiction qui me paraissait si réel qu’en le voyant je faisais abstraction du contexte fictionnel. Le rapport du personnage à lui-même. Ce questionnement permanent dans lequel évoluait Nate au fil des saisons, cette recherche éperdue de lui-même.
Voilà ce qui m’a intimement marqué chez lui, et voilà également où se situe exactement le lien si profond que j’ai avec lui.

Nate, sous ses dehors sympa, cool, détendu et sûr de lui, est un monstre de doutes. Il se pose sans cesse des questions sur sa vie, son avenir, ses choix. Il cherche désespérément à trouver un équilibre entre ce qu’il est, ce qu’il voudrait être et ce qu’il devrait être. Il est sans arrêt au centre d’un combat entre le naturel, l’envie, la raison et le devoir, et ça le ronge d’autant plus qu’il n’existe pas de réponses définitives aux questions qu’il se pose.


Alors qu’au début il n’est qu’une sorte de grand adolescent insouciant qui a du mal à accepter de devenir un adulte, il devient un homme qui face aux aléas de la vie ne sait plus trop qui il est. Un homme qui est obligé de faire des choix, et tout imparfait qu’il est, qui se trompe parfois, y compris en voulant bien faire. Un homme qui se retrouve dans l’obligation d’assumer ses décisions et qui se refuse le droit de les regretter.

Nate Fisher est l’illustration même des trois facettes  qui forment chaotiquement une personne : ce qu’elle s’imagine être, ce qu’elle aimerait être, et ce qu’elle est vraiment. Et parfois, dans des moments difficiles de la vie, généralement de façon inattendue, les trois facettes prennent conscience de l’existence les unes des autres, et c’est alors que s’engage le vrai, le seul combat qui vaille d’un homme : se trouver ou se perdre.
Et ces moments sont à l’image de la vie. Pas forcément beaux, pas forcément drôles, et sans la moindre assurance de réussir, ni de bien finir.


Voilà pourquoi j’ai tellement aimé Nate. Parce que je l’ai regardé évoluer et que j’ai fini par comprendre que non seulement il s’adressait directement à moi, mais bien plus que cela, il me parlait de moi.
J’ai rencontré un personnage d’une série télé, un héros de fiction.
Il s’appelait Nate Fisher, et dans une autre vie il était moi.


 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /Fév /2007 00:52

La chaîne payante américaine HBO est très certainement l’une de celles qui produit depuis quelques années déjà, les meilleures séries télévisées. Non, je ne parle pas ici des ultra-commerciales Lost ou Prison Break, mais de séries bien supérieures et ambitieuses telles que les excellentes et novatrices The Shield, Carnivale, Rome, Deadwood ou Oz par exemple. D’ailleurs un jour ou l’autre il faudra que je rédige un petit quelque chose sur ces séries là aussi…
 Six Feet Under est l’exemple même de la qualité des séries HBO. Je dirais même qu’elle se situe dans le tout haut du panier.

Le casting principal de la première saison, de gauche à droite : Rico, Keith, David, Claire, Ruth, Nate, Nathaniel, Brenda et Billy.
Pendant cinq saisons et 63 épisodes au total, on suit les aventures des membres de la famille Fisher et de leurs proches.
 Nathaniel Fisher Sr (Richard Jenkins) est le père de famille et patron de l’entreprise familiale de pompes funèbres Fisher & Fils à Los Angeles. Tout commence à la veille de Noël 2000. Pour les fêtes, Nate Fisher (Peter Krause), le fils aîné et un peu rebelle sur les bords, fait le voyage depuis Seattle où il vit, et à cette occasion fait la rencontre quelque peu cavalière d’une bien singulière jeune femme, Brenda Chenowith (Rachel Griffiths) avec qui il entame une relation tout aussi singulière. Mais ce jour là, Nathaniel meurt au volant de son corbillard, percuté de plein fouet par un poids lourd. Nate va devoir revenir définitivement vivre à Los Angeles, pour reprendre en association avec son frère cadet David Fisher (Michael C. Hall) la gérance de l’affaire familiale. L’entreprise de pompes funèbres est également la maison familiale où vivent Ruth Fisher (Frances Conroy) la veuve de Nathaniel et Claire (Lauren Ambrose) la petite dernière qui va bientôt entrer à l’université.

Chaque épisode débute avec la mort, parfois violente, parfois douce, parfois dramatique, parfois ridicule voire drôle, d’une personne (la plupart du temps de parfaits inconnus, et quelques fois des gens liés d’une manière ou d’une autre à la famille Fisher) dont Fisher & Fils va organiser les funérailles.
La plupart du temps ces funérailles (ou l’histoire personnelle du défunt) seront mis en parallèle avec la vie privée des différents personnages principaux, de façon à développer et approfondir leurs idéaux, états d’âmes, questionnements, doutes, croyances ou certitudes.

La famille Fisher après la mort de Nathaniel : Claire, David, Nate et Ruth.
Outre les quatre membres de la famille Fisher, quelques autres personnages principaux gravitent dans leur entourage. Brenda avec qui Nate sort, et qui est elle-même issue d’une famille très spéciale (son frère Billy Chenowith (Jeremy Sisto) en particulier tient un rôle important dans la trame de la première saison principalement). Keith Charles (Matthew St. Patrick), flic, noir et gay, et de surcroît l’amant de David Fisher, qui refuse de faire son coming out. Les différents petits amis de Claire qui vont se succéder au fil des saisons. Federico Diaz (Freddy Rodriguez), l’embaumeur latino surdoué qui travaille pour le compte de l’entreprise Fisher. Puis plus tard dans les dernières saisons, le professeur George Sibley (James Cromwell) ainsi que sa fille Maggie (Tina Holmes), Lisa Kimmel (Lili Taylor) ex-petite amie de Nate, et l’inénarrable Arthur Martin (Rainn Wilson) pendant un temps employé par l’entreprise de pompes funèbres.

Nate et Brenda... de l'amour ?
Tout ce petit monde va vivre et évoluer de façon ininterrompue au cours de ces cinq saisons, d’ailleurs cette série entière semble basée sur le changement, l’évolution. Pas un seul personnage ne connaîtra de stagnation, de statu quo. Que vous les aimiez ou non tels que vous les découvrirez, tous sans la moindre exception, vont évoluer et irrémédiablement changer pour le meilleur ou pour le pire. Ne serait-ce que pour cette raison, la série est déjà très différente du schéma habituel des séries télé, dans lesquelles on pose souvent des personnages très travaillés voire iconiques qu’on se garde bien de faire changer surtout lorsqu’ils plaisent aux téléspectateurs.

 Six Feet Under prend cette politique en contre-pied total, ne laissant jamais aucun personnage « tranquille ». Au contraire même, on souffre parfois de voir des personnages qu’on apprécie prendre des virages, des décisions  et des évolutions profondes qu’on déteste. Six Feet Under n’est absolument pas là pour plaire au sens courant du terme, ni pour flatter ou rassurer le spectateur. C’est à ce titre une des très rares séries à pouvoir se targuer d’une sincérité et  d’une intégrité sans faille dans l’avancée de son scénario. La trame est telle que je me plais à penser que les scénaristes ont réussi à se préserver des pressions de l’audimat et ne jamais prendre en compte les attentes ou désirs probables des spectateurs afin de faire de l’audience.

Keith et David, un couple pas comme les autres.
D’ailleurs il n’y a pas de véritable morale à tirer de cette série, tout se passe comme si les auteurs avaient décidé de considérer les spectateurs comme suffisamment intelligents et capables de juger selon leur propre conscience ce qu’ils voient dans les différents épisodes. Aucun jugement de valeurs imposé, ni politiquement correct, ni philosophie de vie, ni morale.

Dans Six Feet Under on a juste des personnages infiniment vrais, humains, imparfaits. Et des situations qui vont les faire changer, s’adapter ou se perdre. David (Michael C. Hall) est génial, j'ai été époustouflé par Nate (Peter Krause), et j'ai une tendresse toute particulière pour ce vieux donneur de leçon de George (James Cromwell). Je pourrais citer ainsi chacun d'entre eux, tant cette série concentre toute sa force dans le talent de ses acteurs et le travail de ses auteurs.

Séance de thanatopractologie dans les sous-sols de Fisher & Fils.
S’il est indéniable qu’un des thèmes principaux est la mort (et donc forcément aussi la vie et la recherche du sens de la vie), je ne crois pas pour ma part que ce soit là le but premier et ultime des auteurs de la série.
Je crois que le centre de la série, et ce qui en fait tout son intérêt par l’intelligence du traitement, c’est l’étude des relations humaines. L’amour, l’amitié, la famille, la peur, l’envie, la tristesse, le devoir, le sacrifice, le désamour, la haine, l’incompréhension, la religion, le doute, la trahison, la morale, la folie, la mélancolie, l’art, les regrets, la joie, l’enthousiasme, la projection dans l’avenir, les engagements, les responsabilités, le sexe,… tout ce qui fait la vraie vie et motive les relations entre les personnes est abordé dans la série, avec une simplicité et une authenticité qui font parfois peur. Peur car on finit par se rendre compte que ce qui est fascinant c’est que Six Feet Under n’est rien d’autre qu’un miroir de l’âme humaine, et que le miroir est si fidèle qu’on n’y voit pas que les belles choses mais aussi (ou surtout, selon votre personnalité) les parts d’ombres et d’inavouable qu’on aimerait tant oublier parfois. Qui qu’on soit on n’y échappe pas, chacun se retrouvera dans l’une ou l’autre situation, l’un ou l’autre personnage, l’une ou l’autre réaction.
Et Six Feet Under est de ce point de vue sans concession. Elle appuie, sans exagération mais le fait tout de même, là où ça fait mal. Et ça fait d’autant plus mal que ça sonne parfaitement vrai.

Si vous aimez le glamour, les happy end, les univers roses où tout le monde est foncièrement bon, l’optimisme et le positivisme béat, ne regardez pas Six Feet Under, vous détesteriez. Ou plutôt si, regardez cette série et comprenez là, cela vous sera salvateur.

Les réunions de famille ne sont jamais vraiment ce qu'elles paraissent...
Outre le fait que chaque épisode débute par le décès d’une personne, la série a quelques spécificités vraiment originales. La plus intéressante à mon sens réside dans le traitement des pensées des personnages. Très souvent on « voit ce que pensent les héros » grâce à un décrochage qui peut arriver à tout moment. Tout à coup le personnage parle avec un mort, avec lui-même, ou se lâche à dire ce qu’il a au plus profond de lui, ses colères, ses envies, ses peurs ou ses frustrations. Puis l’histoire reprend son cours normal, le héros réintègre la « réalité ». C’est ainsi que le personnage de Nathaniel Fisher, qui meurt pourtant dès le premier épisode, reste un personnage récurrent tout au long des cinq saisons, faisant diverses apparitions sous la forme d’interlocuteur privilégié de la conscience ou des rêves de ses enfants et de sa veuve.

Je tenais aussi à évoquer rapidement le générique de début, absolument sublime. La musique est obsédante, les images sont d’une froideur tétanisante, et l’image des deux mains se lâchant en tout début est d’une beauté glaçante, fascinante et extrêmement dérangeante à la fois, à donner des frissons. Bien qu’ayant vu les cinq saisons en dvd, je n’ai jamais fait l’impasse pour aucun des 63 épisodes sur le générique de début. Rarement j’ai trouvé générique aussi parfait et envoûtant, et c’est typiquement le genre de détail qui démontre définitivement et avec force le soin avec lequel cette série a été élaborée.

Six Feet Under c'est aussi un générique exceptionnel.
Et comme l’indique l’accroche de l’ultime saison « Tout a une fin », Six Feet Under connaît elle aussi une fin. Et quelle fin !
De mémoire de série-vore, je crois n’avoir jamais vu une aussi belle, émouvante et intelligente fin. Que je ne dévoilerai pas ici bien entendu. Mais je ne peux m’empêcher d’en parler tant elle m’a marqué.
Pour tout dire, je n’ai pu m’arrêter de penser et repenser aux dernières minutes du dernier épisode toute une semaine après l’avoir vu. Je ne sais pas si cela tend plus à prouver que je suis quelqu’un de bizarre, plutôt qu’à témoigner de la qualité de cette fin, mais rares sont les œuvres, tous supports confondus, dont le développement et le dénouement auront eu un tel effet durable sur moi. Même aujourd’hui en y repensant, j’en suis encore ému. En la qualifiant de marquante, j’ai l’impression d’user d’un doux euphémisme.

 Six Feet Under aura réussi l’exploit d’être passionnante, cohérente et pertinente de la première à la dernière minute.
Avec Six Feet Under, on touche à la perfection. En toute simplicité.

Après avoir dit cela, est-il utile de préciser que je la recommande vivement ? D’ailleurs non, je ne la recommande même pas. Je la qualifierai juste d’indispensable.

 


Visuel du coffret de la denière saison. Chaque chose, chaque personne, chaque endroit finit par disparaître un jour...  

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /Juil /2006 01:18

Certains affirment haut et fort que la télévision rend con.
Moi je ne partage pas du tout cet avis. Je trouve au contraire qu’elle peut être (notez la nuance, ça ne veut pas dire qu’elle l’est toujours) un bel outil d’information, de communication, d’enrichissement, de culture et de divertissement.
Mais je suis bien forcé de me rendre à l’évidence, il existe des émissions qui ne volent pas très haut, si tant est qu’elles parviennent à décoller du niveau zéro de la bêtise. Ce qui très paradoxalement ne veut pas dire qu’elles ne connaissent pas pour autant un vrai succès populaire auprès des téléspectateurs…
Ce qui m’étonne le plus, c’est l’intérêt que trouvent les participants à certaines émissions du type Real-TV et autres jeux trash. Car en dehors d’une humiliation profonde retransmise dans la France entière, et rediffusable à l’infini par la suite dans toutes sortes d’émissions du style Bêtisiers ou Zapping, ils n’ont vraiment pas grand-chose à gagner. Et pourtant, si l’on peut trouver des excuses aux tous premiers participants à de nouveaux concepts (ils ne savaient pas comment ça allait se passer), je suis atterré par ceux qui se précipitent à leur suite, alors qu’ils savent parfaitement bien comment tout cela se terminera…

Je vous propose d’étayer ceci par trois exemples des plus parlants à mes yeux, et qu’à coup sûr tout le monde connaît.


Exemple 1 : La Nouvelle Star.

Bon, d’abord je tiens à préciser que ne captant pas M6, mes connaissances sur cette émission sont très limitées. En fait, ce que j’en connais, ce sont les extraits que j’en vois au Zapping par exemple. Au début de chaque saison donc, il y a des auditions qui permettent de sélectionner les candidats retenus pour l’émission, ce qui s’apparente finalement à une sorte de radio-crochet à l’échelle nationale. Et là, immanquablement, on nous montre une foule d’anonymes qui chantent comme des casseroles, qui se déhanchent, se tortillent, font des mimiques d’un autre monde, bref qui n’ont pour seul talent musical que l’aptitude à déclencher l’hilarité et la moquerie générale.

Et en tant que téléspectateur, c’est très précisément eux qu’on attend de voir passer avec impatience, histoire de rigoler un bon coup. Je ne suis pas hypocrite, quand je vois certains extraits du « Best Of du pire », je me marre bien aussi. Mais voilà, en se plaçant du point de vue des candidats refoulés sans ménagement, on peut se demander : qu’y gagnent-ils ? Rien, strictement rien, si ce n’est une monumentale honte quand le lendemain de la diffusion les gens les reconnaîtront dans la rue et se foutront de leur gueule. Et pourtant ils y vont, ils sont même plus nombreux d’année en année paraît-il.

Bon, cela étant dit, ils trouvent tout de même une excuse à mes yeux. D’abord ils me font bien rire (mais ça, ça ne compte pas !), mais surtout je suis persuadé qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont risibles. Ils croient (même s’ils se trompent lourdement) en leur chance, en leur talent, et ils ont le courage (l’inconscience ? la folie ?) de s’exposer au jugement de la France entière. En gros, ils sont foncièrement sincères dans leur démarche, et se font bien exploiter par les producteurs de l’émission. Si on devait faire le rapport entre leur temps d’antenne et la force de l’humiliation subie, je crois que de toutes les émissions confondues, ce sont ces candidats là qui exploseraient les ratios !!


Exemple 2 : le Maillon Faible.

Voilà l’exemple parfait d’une émission que je déteste et dont je ne supporte pas plus de cinq minutes consécutives de visionnage. Le concept est très simple : les concurrents répondent chacun leur tour à des questions de culture générale (dont le degré de  difficulté oscille entre le « très simple » et le « à peine compliqué ») sur un peu tout et rien. Puis à l’issue de chaque manche, chacun vote pour le nom de celui qu’il veut voir quitter la partie avant la manche suivante.

L’originalité tient dans le fait que l’animatrice (Laurence Boccolini, croisement improbable entre une mère supérieure, un pit-bull et Batman) est là, contrairement à tous les autres jeux télévisés, pour mettre les concurrents plus bas que terre, à grands coups de jeux de mots lancés d’un ton glacial et méprisant. Finalement l’intérêt du jeu ne se résume non pas à voir les concurrents donner les bonnes réponses aux questions, mais à assister à un concours de casse digne d’un Brice de Nice shooté aux hormones de taureau.

Car quoi qu’il arrive, tous les participants quels qu’ils soient, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, bons ou mauvais, en prennent plein la face pour pas un rond. Pas un rond au sens figuré comme au sens propre, car le système de jeu est tel que la pression mise sur les candidats annule toutes leurs chances d’aligner le nombre de bonnes réponses suffisantes pour décrocher le jackpot. Il y en a toujours qui font tout capoter, qui banquent trop tôt ou qui se plantent dans la panique, et même les meilleurs se laissent déstabiliser (ou comble de l’ironie et preuve définitive de l’immoralité de ce jeu, ils se font éliminer par les autres qui les considèrent comme « trop forts » et donc dangereux). À l’arrivée les gains de l’unique vainqueur sont la plupart du temps pitoyables.

Bref, si vous participez au Maillon Faible, non seulement les gains éventuels sont minables, mais vous êtes sûr de vous faire allumer devant la France entière par la maîtresse-abboyeuse Boccolini. Encore une fois je me demande : où donc est l’intérêt des concurrents là-dedans … ?


Exemple 3 (et j’ai gardé le meilleur pour la fin) : l’Île de la Tentation.

Le concept est trash, donc forcément attirant. Quatre couples se voient offrir des vacances de rêve dans des lieux paradisiaques. Seul hic, les femmes partent de leur côté et les hommes du leur pour un séjour séparé d’une dizaine de jours. Pour corser le tout, les femmes sont escortées par une escouades de playboys, éphèbes et chippendales bodybuildés triés sur le volet, alors que les hommes sont accompagnés d’une brochette de nymphettes plus provocantes et aguicheuses les unes que les autres. But des tentateurs/trices : faire succomber les concurrents à leurs charmes (oui je sais, ça se rapproche dangereusement sur le papier à de la prostitution, mais de là à traiter TF1 de proxénètes il n’y a qu’un pas … que je ne franchirai pas).

Finalité du « jeu » : après leurs vacances séparées propices à tous les excès (et aux situations extrêmes délibérément provoquées et mises en scène par la production), les couples se retrouvent et doivent décider à la lumière de leurs comportements respectifs s’ils repartent ensemble ou s’ils se séparent, le tout face caméra évidemment. Précision utile : il n’y a aucun gain en jeu, rien du tout à gagner si ce n’est des vacances tous frais payés mais avec vingt caméras en permanence sur votre dos (avec micros longue portée, vision nocturne et tout le tremblement). Au mieux vous repartez comme vous êtes venu, mais avec votre vie sentimentale et sexuelle déballée sur la place publique. Au pire vous repartez seul, mais avec votre vie sentimentale et sexuelle déballée sur la place publique. Et une chaude-pisse ramassée en prime si vraiment vous êtes poissard.

Bref, il n’y a rien de rien à gagner, et absolument tout à perdre (ce n’est pas un hasard si TF1 refuse les couples mariés ou ayant des enfants), à commencer par votre dignité et votre honneur. Car depuis les cinq saisons que l’émission existe, à chaque fois c’est la même chose : que les couples se séparent ou non au terme du « jeu »,  il y a inévitablement des choses diffusées à l’antenne que les personnes pourront se reprocher après coup, ils n’éviteront pas les pots cassés. Sans parler des discussions pseudo-philosophiques en string, autour de l’amour, de l’amitié et de la fidélité, le tout arbitré par une Céline Géraud à l’encéphalogramme proche de celui de la rainette arboricole, autant à sa place dans cette émission qu’une belle mouche dans un bol de lait.

Parmi les gimmicks récurrents de l’émission, l’un en particulier m’écorche les oreilles à chaque fois que je l’entends : quand les concurrents ou l’animatrice parlent du « jeu », ils le qualifient invariablement « d’aventure ». Intéressant glissement sémantique que de parler de « vivre une aventure » alors que l’expression qui serait la plus appropriée serait plutôt « avoir une aventure »…

Mais attention, je suis sincère : si je parle de l’Île de la Tentation en ayant la dent dure, je confesse également la regarder. Je ne fais pas partie des inconditionnels, mais si l’occasion se présente, je regarde. Au départ par voyeurisme il faut bien le dire, mais ça j’en suis revenu depuis longtemps. Parce que ne vous méprenez pas, malgré l’étalage de chairs, vous ne verrez jamais un téton pointer le bout de son nez, ni aucune autre prouesse physique autrement que suggérée, ou au mieux mimée… Les portes se referment toujours au moment fatidique, le voile tombe toujours pudiquement au dernier moment, comme si TF1 se refusait de confirmer une bonne fois pour toute l’immoralité évidente de ce « jeu ». On nourrit habilement la frustration du téléspectateur tout en maintenant toujours chez lui l’espoir d’en voir « un peu plus » à la prochaine émission…

J’en suis revenu disais-je donc, maintenant ce qui m’intéresse quand je regarde (la plupart du temps, je ne fais d’ailleurs qu’écouter la télé en fond sonore pendant que je pianote sur le net) ce sont les gens qui participent, leurs comportements et leurs discours (souvent parfaitement à l’opposé l’un de l’autre du reste).Et il faut bien dire qu’il y a de véritables phénomènes !!

L’an dernier par exemple a été mémorable : il y avait deux couples qui m’ont particulièrement fait rigoler (cela dit, au premier degré c’était plutôt triste à pleurer). Les petits jeunes du Sud, Marion et Nicolas qui chialaient à chaque fois qu’ils parlaient devant la caméra, c’était incroyable les grimaces qu’ils pouvaient faire, à pleurer de rire (je sais c’est méchant, mais vraiment ils étaient irrésistibles). Ceux-là ont été vraiment sages et ne se sont pas laissés tenter du tout, mais à la place ils sont passés pour de parfaites andouilles.

Le petit Nicolas, il va pleurer...   Marion... elle pleure de voir Nicolas pleurer...   Le petit Nicolas, il a pleuré...
Quant à l’autre couple, un peu plus âgé, et dont l’accent ne laissait aucun doute sur leur origine du Ch’Nord, Laurence et François, ils sont non seulement passés pour des imbéciles finis (leurs moindres interventions étaient affligeantes), mais en plus pour de véritables obsédés sexuels. Ce qu’ils ont parfaitement le droit d’être, pas de jugement de valeur de ma part là-dessus, ce que je veux dire c’est juste que l’émission leur a collé une image certainement exagérée et totalement déplorable. D’autant qu’ils sont les premiers et seuls depuis l’existence de l’émission à avoir réussi à faire fuir les tentateurs/trices eux-mêmes, dont le rôle est pourtant clairement de séduire les participants.

François ne se rend pas compte que tout le monde rit de lui...
Retournez au boulot ou allez chez votre boulanger après un été complet où l’on vous montre à la télé comme le con ultime et le lubrique invétéré… Je pense sincèrement que ces gens ont dû subir un enfer après la diffusion des émissions.

Laurence et François ont inspiré les humoristes en herbe d'internet...
D’un côté j’assume le fait que j’ai ri d’eux ouvertement, mais de l’autre j’essaie aussi de me mettre à leur place et je ne parviens pas à comprendre : pourquoi diable avoir fait cette émission ? Et c’est chaque année le même résultat avec juste des acteurs et des circonstances autres. Encore une fois je me répète : quel est l’intérêt des couples qui y participent ? Mystère…


Voilà, après m’être longuement (un peu trop peut-être…) étalé sur mes exemples, je vais essayer de trouver une conclusion à mon article… mmmh, pas facile…

D’abord, bravo aux courageux qui ont tout lu ! (euh, y’a quelqu’un ?)
Donc pour finir je reprendrai ce que je disais au début en complétant un tant soit peu : non, selon moi la télé ne rend pas forcément con, par contre elle nous en montre de sacrés !

(À ceux auxquels il reste une parcelle de courage, vous pouvez laisser un commentaire, pour les autres vous pouvez quitter ce blog et reprendre une activité normale.)

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Lundi 15 mai 2006 1 15 /05 /Mai /2006 22:18

« Deadwood » qu’est-ce que c’est ?

Eh bien c’est le nom d’une série télévisée de la chaîne américaine HBO, dont Canal + a diffusé la première saison au cours de ces derniers mois.
 Deadwood
c’est aussi le nom de la ville dans laquelle se déroule la série. Une ville nouvelle, faite de bric et de broc, fondée par les chercheurs d’or. L’intrigue prend place en 1876 dans le Dakota, du temps des cow-boys à la quête de l’eldorado. À ce moment les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas encore le grand pays d’aujourd’hui, et la terre de ces contrées sont à ceux qui la prennent et l’exploitent. Deadwood naît du néant, en plein territoire indien, la ville grandissant au rythme soutenu de l’arrivée de nouveaux aventuriers rongés par la fièvre de l’or. Car de l’or il y en a beaucoup, on découvre filon sur filon, et l’endroit attire de plus en plus de monde. Les habitants sont une bande d’indésirables, de repris de justice, d’opportunistes de tous poils et de criminels ayant fui la toute jeune société américaine. Deadwood est une ville illégitime, non encore reconnue par les USA, où règne l’anarchie et qui se construit en dehors des lois, si ce n’est celle du plus fort.

La série propose de suivre la vie de quelques personnages très divers dont les destinées vont se croiser à Deadwood.

Il y a Seth Bullock (Timothy Oliphant, habité par son personnage), ancien shérif décidé à faire fortune avec un commerce de quincaillerie avec son associé juif Sol Starr (John Hawkes). Bullock tente de fuir son ancienne vie de garant de la loi, mais reste l’archétype même du personnage droit et intègre, à la violence contenue mais palpable.

Wild Bill Hickok et Seth Bullock, des tireurs hors-pair
Il y a Wild Bill Hickok (Keith Carradine) la fine gâchette, ancien compagnon d’armes de Buffalo Bill, en quête de rédemption, accompagné de Calamity Jane (Robin Weigert), plus pochtronne et paumée que redoutable.

Il y a le couple Brom et Alma Garret (Timothy Omundson et Molly Parker), jeunes bourgeois new-yorkais qui viennent s’encanailler à coups de dollars et espèrent décrocher un concession d’or juteuse.

La belle et honorable Alma Garret cache quelques secrets inavouables...
Il y a Doc Cochran (Brad Dourif, exceptionnel), le docteur qui a fort à faire entre les différentes maladies contagieuses et les prostituées qu’il soigne.

Le doc Cochran est toujours très sollicité à Deadwood !
Il y a le Révérend Smith (Ray McKinnon) dont le gentillesse n’égale que la ferveur à prêcher la bonne parole.

Il y a surtout Al Swearengen (Ian McShane, É-NOR-ME !), le patron roublard du Gem, le saloon-bordel dans lequel tout Deadwood vient dépenser son argent la nuit tombée. Swearengen est un homme sans foi ni loi, qui compte bien faire de Deadwood sa ville, coûte que coûte. Un stratège à la JR Ewing doublé d’un dur à cuire à la volonté et à la poigne de fer.

Al Swearengen, le maître inconstesté des lieux, et qui compte bien le rester !
Il y a Cy Tolliver (Powers Boothe, au sourire glacé), le patron du saloon concurrent du Gem, à l’apparence plus classe mais aux manières toutes aussi violentes que celles de Swearengen.

Al Swearengen et Cy Tolliver, ils se haïssent cordialement mais savent s'associer pour protéger leurs intérêts communs.
Il y a Trixie (Paula Malcomson), l’une des prostituées du Gem et favorite de Al, bien que celui-ci soit adepte de l’adage « Qui aime bien, châtie bien ».

Il y a les chercheurs d’or, la communauté chinoise qui vit en vase-clos, les indiens qui ont été dépossédés de leur terre et qui ne sont jamais loin, des bandits et racailles de toutes sortes, …

Al Swearengen et Mr. Wu, ou comment bien gérer les relations inter-communautaires.
Il y a tout ce petit monde et bien d’autres encore. Grands ou petits rôles, ils sont tous savoureux et très bien écrits.

La série Deadwood décrit comment une ville va se construire et une mini-société se développer en dehors des lois. À Deadwood on veut survivre et faire fortune. Tout autre objectif y est hors de propos et sans avenir.

Que ceux qui n’aiment pas les westerns ne fuient pas pour autant. Ici les codes du genre sont contournés. Il n’y a pas de longues chevauchées dans le désert, pas de batailles rangées entre cow-boys et indiens, pas d’histoire de guerre de sécession, pas de règlement de compte à la OK Corral.
Cette série, au travers de ses personnages principaux, raconte l’histoire d’une ville où la seule règle est de s’enrichir, qu’on soit chercheur d’or ou commerçant, et quels que soient les moyens d’y arriver.

Dans les premiers épisodes, la série semble longue à démarrer. Mais ne vous méprenez pas, si le producteur / scénariste / dialoguiste David Milch prend le temps de bien poser ses personnages et son unité de lieu au début, c’est pour mieux les malmener dès le second tiers de la première saison. Rebondissements et développements aussi inattendus que brusques s’enchaînent dès lors.

La qualité de l’intrigue, à laquelle il faut ajouter des personnages fabuleux et génialement interprétés, ainsi qu’un décor impressionnant (digne des meilleures reconstitutions de Far-West du cinéma), font de Deadwood une série plus qu’étonnante, prenante et originale.

Sol Starr (à gauche), Tolliver et Swearengen (au centre entourés de quelques larbins, le Doc et le Révérend Smith (second en partant de la droite)
La première saison s’est achevée sur Canal + et vient de sortir en coffret dvd, et aux USA la troisième saison va débuter en juin (la série est prévue sur un total de cinq saisons, mais pourrait s’arrêter à la fin de la troisième selon certaines rumeurs).
À découvrir d’urgence !

 

 

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /Mai /2006 23:12

(attention : la lecture de cet article pourrait, bien que j’y ai fait attention, vous gâcher le plaisir de certaines scènes à suspens de la série)

Connaissez-vous la série télévisée 24 Heures ? C’est une série à succès qui possède un concept assez original, celui de raconter une histoire sur 24 heures en autant d’épisodes et en « temps réel », c’est-à-dire qu’on suit en continu tout ce que font les personnages durant les 24 heures que dure l’histoire, minute par minute. Du fait du nombre de personnages principaux et des lieux d’action différents, l’usage du split-screen est souvent de mise, afin de voir plusieurs actions simultanées se dérouler à l’écran.

Le personnage principal est Jack Bauer, un agent de la cellule anti-terroriste de Los Angeles qui n’aura de cesse de combattre complots, attaques, attentats et menaces terroristes de tous genres. Les autres protagonistes étant ses collègues de la CAT , les membres de sa famille, et les hautes instances politiques du pays. Le tout est ponctué d’action et de suspens, et les mots d’ordre de la série sont : l’enchaînement de péripéties incessantes et les rebondissements à n’en plus finir.
Bref, un vrai défi pour les scénaristes, et un régal pour les spectateurs.

Ayant vu les quatre saisons déjà diffusées en France, je me suis demandé quel est le personnage récurrent qui m’a le plus marqué, le plus étonné, le plus plu.
D’aucuns répondraient très logiquement Jack Bauer (Kiefer Sutherland) lui-même, héros parmi les héros, un dur qui ne recule devant aucun sacrifice pour son pays. D’autres citeraient Kim Bauer (Elisha Cuthbert), la fille sexy de Jack, qui en digne fille de son père vit également des aventures étonnantes et remuantes. Certains, ou peut-être aussi certaines, parleraient du beau et ténébreux Tony Almeida (Carlos Bernard, personnage très intéressant, peut-être le plus « humain » de tous je trouve), qui a un charisme et une classe exceptionnels. Et évidemment on pourrait aussi énumérer les différents leaders terroristes et autres traîtres à leur patrie qui prolifèrent d’une saison à l’autre et possèdent tous des personnalités intéressantes.

Et bien après y avoir réfléchi, celui qui a ma préférence, qui m’a le plus marqué dans la série, n’est pas un des hommes d’actions qui sauvent le monde une ou deux fois par heure. Non, celui que je trouve en tout point exceptionnel, c’est David Palmer (Dennis Haysbert), l’homme politique dont on voit évoluer la carrière tout au long des différentes saisons.

David Palmer, un homme qui ne prend aucune décision à la légère.
Ce type est le prototype du parfait homme politique tel qu’on aimerait en avoir. Un homme foncièrement droit et honnête, qui défend ses convictions avec force. Un homme qui fait de l’honneur, de la moralité et de la vérité ses valeurs premières, un homme qui même face au doute, aux risques et à l’échec prend toujours les décisions qu’il juge justes. Un homme qui n’hésite pas à mettre sa carrière politique, sa vie privée et son ambition en jeu pour défendre les valeurs humaines qu’il a faites siennes. Un type qui a un cerveau, mais aussi un cœur et une sacrée paire de corones. Et même si ce n’était pas le colosse noir Dennis Haybert qui l’interprétait, je suis persuadé que par sa seule personnalité et son comportement, David Palmer imposerait le respect et impressionnerait tout autant. Voilà enfin un homme politique (et cela n’a rien à voir avec ses idées démocrates) qui donne l’image vraie de quelqu’un de sincèrement au service de la nation, de quelqu’un d’avant tout humain et respectueux des gens plus que de ses ambitions et de sa carrière.

Quand 24 heures se termine, que je coupe mon lecteur dvd et que je retombe sur les infos d’une chaîne de télé, je vois tout sauf des David Palmer à la tête du pays ou à la recherche de voix qui leur permettraient d’y accéder. Tous bords et partis confondus, je ne vois que des ambitieux, des opportunistes, des bonimenteurs. Qui traînent derrière eux des casseroles dont ils préfèrent oublier l’existence, des trahisons, des retournements de vestes ou des coups bas qui n’ont pour objectif que de soigner l’image qu’ils pensent que les électeurs veulent voir d’eux. Ils vont où le soleil brille, servent sans rougir leur soupe à base de démagogie et n’ont pour seule vision politique que les résultats du prochain sondage Ipsos. Les scandales et les coups médiatiques se succèdent, ainsi va le microcosme politique… et ce triste constat m’afflige.

Malgré les hauts et les bas, Palmer reste avant tout un personnage droit et intègre.
Alors je sais bien que David Palmer n’est rien de plus qu’un personnage de fiction, mais c’est bel et bien le seul homme politique à ce jour qui remporterait ma voix sans la moindre retenue de ma part.
Messieurs de droite et de gauche : et si vous jetiez un œil à 24 heures ?!

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /Mars /2006 17:23

Si on peut lui reprocher des tas de choses, la télévision n’en reste pas moins un outil de communication incontournable aujourd’hui. Malgré ses côtés énervants, ses exagérations et ses dérives, je ne renie pas ma dépendance au petit écran. J’ai grandi avec, je pense même faire partie de la première génération pour laquelle la télévision a eu un véritable impact culturel fort.

J’ai connu le temps des trois chaînes (TF1, Antenne 2, FR3), la création de Canal+ (qui a toujours été objet de fascination pour moi, même si je m’y suis abonné il y a deux ans à peine), la naissance puis la mort de La Cinq (quelqu’un se souvient ici du single Touche pas La Cinq qui était sorti pour sauver la chaîne ? un grand moment…), la montée en puissance de M6 et maintenant la multiplication des canaux entre TNT, bouquets satellites et autres câbles.

Aujourd’hui je n’ai pas honte d’avoir accumulé au fil des ans une « culture télé », et ce n’est pas sans une certaine nostalgie que je me souviens de la série V qui marquait le début de mes week-ends le samedi après-midi. De Temps X des frères Bogdanov avec toujours un épisode de la Quatrième Dimension. Du rituel Top 50 présenté par Marc Toesca et son fameux « Salut les p’tits clous ! ». De Nulle Part Ailleurs avec les délires des Nuls, de Poelvoorde ou Antoine de Caunes. De Récré A2 puis Club Dorothée qui ont starisé les dessins animés cultes comme Goldorak, Cobra ou Les Chevaliers du Zodiaque. Des dimanches d’hiver rythmés par Incroyable mais Vrai et l’École des Fans de Jacques Martin entrecoupées d’un épisode de Starsky & Hutch, Magnum ou MacGyver. De l’épisode hebdomadaire du mercredi soir de la sulfureuse série Dallas et son inénarrable JR Ewing, le salaud ultime aux sourcils démesurés, l’homme qu’on adorait détester.
La liste est longue et je pourrais la prolonger encore longtemps.

Tout ça pour dire que ce que la télévision a produit de plus remarquable à mes yeux, sont certainement les séries télévisées. D’aventures, d’espionnage, humoristiques ou romantiques, elles sont un vrai phénomène générationnel et commencent aujourd’hui à être enfin reconnues à leur juste valeur.
Longtemps considérées comme le parent pauvre du cinéma, les séries télé ont réussi à affirmer leur différence et à créer un univers à part, tout autant voire souvent plus respectable que le tout-venant de la production cinématographique.

Et depuis quelques années, on semble enfin accepter cet état de fait. Certaines séries font énormément parler d’elles (Lost tout dernièrement), deviennent quasiment des objets de cultes et ont leurs inconditionnels attitrés, et même souvent créent l’événement.
Pour preuves : la longévité du succès de quelques unes d’entre elles (Urgences, Friends ou X-Files par exemple), les moyens de plus en plus conséquents qui sont dévolus à leur fabrication (des séries comme Lost ou Deadwood ont des budgets et une logistique à faire pâlir d’envie bien des producteurs de cinéma indépendants), la convoitise de certaines équipes créatives par l’industrie du cinéma (Josh Whedon, Kevin Williamson,…), les déclinaisons passées ou à venir sur grand écran d’une multitude de séries à succès (Mission Impossible, X-Files, Drôles de Dames, etc…) et surtout la sortie sur support dvd d’un nombre impressionnant de séries depuis environ 2-3 ans.
Pour ma part, je suis aux anges quand je vois qu’enfin on accorde leur titre de noblesse à ces objets télévisuels qui m’accompagnent depuis toujours.

Alors j’en profite pour faire un peu de pub pour le Hors-Série « Séries Cultes » de Mad Movies qui paraît ce mois, et qui ma foi est assez bien fichu. Si on peut lui reprocher de « passer un peu vite » sur certaines séries, il a l’avantage d’en aborder un grand nombre (près d’une centaine), d’horizons et de périodes très divers.
Attention toutefois : la liste est évidemment très loin d’être exhaustive et il manquera forcément l’une ou l’autre série qu’on a aimée. D’autant plus que dans la liste retenue, le choix est sciemment tourné vers des thèmes « madiens », entendez par là qui entrent dans le prisme des films dont ils traitent d’habitude dans Mad Movies. Exit donc les sitcoms, soaps et autres séries à caractère principalement humoristique ou social. Pas de Friends, pas de Desperate Housewives, pas de Amour Gloire & Beauté, pas de Huit ça Suffit, de Alf, d’Arnold et Willy, de Seinfeld ou de Sex and the City.
Le ton est résolument tourné vers l’action, l’aventure, la SF, le policier, à quelques rares exceptions près (notamment Urgences et les Simpsons).
Autre bémol à apporter : 8,50 euros pour un magasine, faut avouer que c’est pas donné. Pour ce prix vous aurez 130 pages plutôt bien remplies par des passionnés du petit écran.
À vous de voir donc.

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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