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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 11:25

L’été s’est avéré pauvre en sorties, mais depuis la fin août les films intéressants commencent à se bousculer en salles. L’opération « ciné cool – 4 € la place » aidant, c’est l’occasion idéale d’en découvrir quelques uns avant la rentrée…

Hier je suis donc allé voir La Science des Rêves, de Michel Gondry. Michel Gondry est le réalisateur français de deux films américains qui ont fait parler d’eux par le passé : Human Nature (que je n’ai pas encore pu voir) avec Patricia Arquette et Tim Robbins et le très beau Eternal Sunshine of the Spotless Mind réunissant Kate Winslet et un Jim Carrey bluffant. Son troisième long métrage est cette fois-ci français, et Gondry en a fait très certainement son film le plus personnel puisqu’il l’a écrit et scénarisé lui-même.

Si l’originalité de Eternal Sunshine of the Spotless mind en avait déboussolé plus d’un, Gondry remet ça de plus belle dans La Science des Rêves, film onirique s’il en est. Tim Burton avait jusqu’ici la réputation d’être un cinéaste doté d’un univers fortement tourné vers le rêve, mais sur ce plan Michel Gondry le ferait presque passer pour un triste et morose matérialiste !

L’histoire de La Science des Rêves est celle de Stéphane Mirioux (Gael Garcia Bernal, le jeune sex-symbol latin lancé par Pedro Almodovar) qui n’a véritablement de français que le nom ! En effet, le jeune homme dont la mère (Miou-Miou) est française débarque à Paris depuis son Mexique ensoleillé, d’où il ramène en plus d’un look décalé un accent à couper au couteau. Stéphane a perdu son père d’un cancer et veut se rapprocher de sa mère qui lui a trouvé un travail de graphiste dans une fabrique de calendrier de la capitale. Loin du boulot de créatif espéré, Stéphane doit se contenter d’un travail laborieux et sans intérêt à ses yeux, et s’intègre tant bien que mal parmi ses collègues au sein desquels il trouve rapidement un allié et confident en la personne de l’excentrique Guy (Alain Chabat). Stéphane rencontre lors d’un déménagement Zoé (Emma de Caunes) et son amie Stéphanie (Charlotte Gainsbourg). Attiré par les deux jeunes filles, il n’ose révéler à Stéphanie qu’il est en fait son voisin, et par la même occasion le fils de sa proprio… Bien qu’il ait du mal à se l’avouer, Stéphane tombe amoureux de Stéphanie, qui sous le charme du jeune homme quelque peu original fuit un peu son excentricité…

Stéphanie (Charlotte Gainsbourg) et Stéphane (Gael Garcia Bernal), amoureux ?
Jusque là, cela pourrait être le scénario type de n’importe quelle comédie romantique d’été… sauf que Michel Gondry ajoute à son histoire une dimension supplémentaire, celle du rêve. En effet, Stéphane est un personnage singulier à plus d’un titre. C’est quelqu’un qui vit dans ses rêves au sens propre du terme, il souffre de distorsion de sa perception de la réalité et mélange sans arrêt la vie réelle et la vie onirique dans laquelle il expérimente ses fantasmes les plus fous, ses délires et ses cauchemars… de quoi déstabiliser son entourage qui ne le comprend pas vraiment. Ce qui rend Stéphane attachant aux yeux de Stéphanie, le rend également instable, imprévisible et parfois incompréhensible…

Stéphane combat Guy (Alain Chabat) pour garder le contrôle de ses rêves !
Ce monde mi-réel mi-onirique donne l’occasion à Michel Gondry de se lâcher totalement du point de vue visuel et sur le plan des idées. Celles-ci s’enchaînent, passant de la plus loufoque à la plus romantique, de la plus poétique à la plus bizarre… Quand Stéphane s’endort, il se retrouve dans son rêve qui n’est autre qu’une émission de télévision virtuelle faite de décors en carton-pâte, représentant sa vie effective et fantasmée. Gondry fait de son héros un personnage à la fois génial (il est capable d’inventer des tas d’objets insensés grâce à son imagination sans limite), et à la fois totalement immature et infantile. Ce qui le rend très attachant et séduisant (voire attendrissant) mais également complètement déconcertant et impropre à toute identification du spectateur au personnage. Est-ce voulu ou seulement une conséquence de ce choix, toujours est-il que la personnalité du héros fait que le spectateur est en permanence tenu à distance, et qu’il ne peut réellement s’identifier émotionnellement au personnage principal. C’est à la fois la qualité et le défaut du film, Gondry nous plonge dans un monde totalement à part et innovant, mais à trop vouloir s’immiscer dans l’inconscient du jeune homme on s’en sent à l’écart tant il est particulier.

Rien de mieux que de déclarer sa flamme en chanson... et en rêve !
Difficile de juger un tel film tellement il ne répond à aucun critère cinématographique et scénaristique habituel. La Science des Rêves est bourré de qualités. Je citerais pêle-mêle l’inventivité et l’originalité qui débordent de chaque image. L’humour et la tendresse des situations et des personnages. L’adéquation des images avec l’histoire. La construction très naturelle des passages oniriques. Mais si le film est intéressant à regarder, il l’est plus sur un plan formel que sur le fond. Les idées sont belles, certaines même réjouissantes (la machine à remonter le temps d’une seconde, sacrée trouvaille !), mais on sort de ce film finalement comme on sort d’un rêve, en se disant : « c’était sympa », suivi presque immédiatement d’un « mais c’était n’importe quoi » (pas dans le sens péjoratif, plutôt dans le sens imagination débridée mais acceptée comme telle). C’est un peu comme lorsqu’on demande à quelqu’un de nous raconter les rêves qu’il a fait durant la nuit : il y a en nous une part de fascination étrange teintée d’amusement même envers les histoires les plus abracadabrantes.

Une chose est sûre : des films qui proposent une telle vision du monde et des relations humaines ne sont pas choses courantes, et de temps en temps ça fait du bien de se laisser emporter par les rêves des autres.
À vous de voir si les rêves des autres vous font envie ou non…

L'affiche très fidèle au film mais peu attractive sur un plan commercial. 

 

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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 16:17

Le nouveau film de M. Night Shyamalan est enfin sur les écrans, et il a été précédé d’une réputation peu flatteuse tant le film a été un flop au box office américain (ce qui soit dit en passant est plus souvent bon signe qu’autre chose).

Depuis son énorme succès avec Sixième Sens, chaque nouveau long métrage de Shyamalan est attendu avec impatience et à chaque fois il a son lot de déçus et de détracteurs. Très certainement parce que le Sixième Sens a marqué durablement, et que même inconsciemment, les spectateurs attendent d’être à chaque fois autant touchés qu’ils l’ont été par la première collaboration entre Shyamalan et Bruce Willis. Ça n’a jamais été mon cas car je n’ai jamais attendu de chose particulière des films de Shyamalan. Ce qui fait qu’à chaque fois j’ai pris ses films pour ce qu’ils sont (et non pas pour la redite du premier que la plupart auraient voulu qu’ils soient), et ça m’a non seulement évité les déceptions mais au contraire, j’ai pu ainsi apprécier pleinement ses différentes oeuvres.

M. Night Shyamalan et Paul Giamatti dans un conte contemporain
De manière générale, ce que j’ai toujours beaucoup aimé chez ce réalisateur c’est son story-telling, l’ambiance qu’il installe dans ses films, et la progression de ses personnages dans l’histoire. D’ailleurs ce que je considère comme des qualités peut s’avérer être à double-tranchant, nombreux sont ceux qui trouvent justement ses films trop lents, trop calmes et pas assez spectaculaires. Et en effet, pour que la sauce prenne, il faut qu’on soit imprégné de l’histoire dès le départ, sinon on se sent sur la touche, et le film peut paraître opaque voire inintéressant.

C’est ce qui s’était passé pour moi avec Incassable, Signes et Le Village, je suis directement entré dans l’histoire, et une fois dans l’ambiance les films ont parfaitement fonctionné sur moi. Beaucoup voient dans les films de Shyamalan des films qui jouent d’une part sur la peur (des revenants dans Sixième Sens, des extra-terrestres dans Signes, des monstres dans Le Village et La Jeune Fille de l’Eau) et qui parallèlement vous embarquent dans une intrigue qui se retourne totalement lors d’un twist final qu’on ne voit pas venir. C’est en partie vrai, mais ce n’est qu’un carcan (pas du tout figé d’ailleurs) dans lequel il inscrit ses films et construit ses histoires. Mais le plus intéressant à mes yeux, c’est tout le reste : le développement de l’intrigue, la gestion des personnages et les émotions qu’ils font partager, et encore et avant tout l’ambiance qu’il installe.

Cleveland rencontre Story, et il n'est pas au bout de ses surprises...
C’est donc dans cet état d’esprit habituel que je suis allé voir La Jeune Fille de l’Eau, et pour la première fois je n’ai pas été convaincu par ce qui a jusqu’ici toujours fait la force de Shyamalan : l’histoire. Je ne me suis tout simplement pas senti impliqué dans les évènements, et du coup j’ai suivi le film en tant que spectateur extérieur.
Le film est un peu différent des thèmes que le réalisateur a abordé jusqu’à présent, ou plutôt dirais-je qu’il a poussé l’idée générale qui l’anime à son extrême. Après avoir touché aux histoires de fantômes, de super-héros et d’extra-terrestres dans ses premiers films, il avait abordé sans vraiment y entrer totalement celui des légendes et des peurs ancestrales avec une ambiance très petit poucet dans Le Village.
Ici il va plus loin et entre de plein pied dans le monde des contes, sans retenue aucune, presque naïvement, en tout cas avec beaucoup de simplicité et d’authenticité. Dans ce film il ne joue plus sur le questionnement et le doute du spectateur, tout est exposé et expliqué. L’élément fantastique est mis en place dès le départ et assumé pleinement : il y a des êtres fabuleux tout autour d’une résidence en plein Philadelphie. Une Narf (une nymphe aquatique) et un Scrunt féroce qui veut en faire son petit-déjeûner, un aigle géant qui sert de transport aérien aux narfs, des êtres mi-singes mi-hommes au nom imprononçable qui veillent au respect des règles entre le bien et le mal, et enfin des humains dotés de pouvoirs qui sont là pour aider la Narf à rentrer chez elle…

Cleveland : dans ses bras une Narf, devant lui un Scrunt !
Bref, tout un bestiaire très particulier et totalement en décalage avec le monde moderne. Comme dans n’importe quel conte pour enfants, sauf que Shyamalan nous demande comme postulat de départ d’y croire et de l’accepter comme la réalité. Là où les contes fonctionnent parce qu’ils s’adressent aux enfants, Shyamalan prend le pari risqué de transposer ce schéma aux adultes (car ce sont avant tout eux son public cible). Et je pense sincèrement que ce pari est quasiment ingagnable. De fait, soit on prend cette histoire à la rigolade (j’ai en effet entendu pas mal de rires dans la salle), soit on réussit à libérer la part d’enfant en nous pour accepter l’histoire telle qu’elle est. Soit encore on regarde le film sans déplaisir, mais d’un œil extérieur, observateur, et sans cette « magie » qui fait qu’on est habituellement immergé dans les films de M. Night Shyamalan, l’impact résultant est beaucoup moins grand.

Cela dit, La Jeune Fille de l’Eau n’est pas un mauvais film, loin de là, il possède même beaucoup de qualités, à commencer par une galerie de personnages intéressants interprétés par des comédiens très inspirés (mention spéciale à Paul Giamatti alias Cleveland, au jeu tout en finesse et en sincérité, et à Bryce Dallas Howard qui a vraiment l’air d’être « d’un autre monde » dans le rôle de la Narf) et une direction d’acteurs très pertinente de la part de Shyamalan. Shyamalan qui maîtrise toujours aussi bien ses effets, bien que ce film-ci repose moins là-dessus que les précédents.

Mais malgré tout, La Jeune Fille de l’Eau ne m’a pas totalement convaincu comme l’ont su le faire ses autres longs métrages. Je l’ai regardé sans passion, conscient de ne pas être impliqué dans l’histoire. Un peu comme lorsqu’on écoute un conte pour enfants avec des oreilles d’adultes… c’est bien fait et amusant, mais ça ne touche pas sa cible. Peut-être le film mériterait-il un second visionnage dans quelques temps, pour être vraiment apprécié pour ce qu’il est.

Ce n’est pas une véritable déception en soi, juste l’impression d’avoir vu un joli film en l’analysant plutôt qu’en le vivant. À voir pour se faire sa propre opinion.

L'affiche énigmatique du film 

 

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 00:47

Après le double concert festif Grande Sophie / Bénabar, il y avait un concert de la Foire aux Vins de Colmar que je ne voulais absolument pas rater, c’était celui de Texas.
Pour deux raisons. La première c’est que depuis leurs débuts je les écoute et aime leur musique. Je dois avoir tous leurs albums studio, et je serais bien embêté de devoir en choisir un seul parmi l’ensemble tant la qualité chez eux rime avec la constance. La seconde c’est que j’ai déjà eu le plaisir de les voir en concert il y a 4-5 ans, et que j’en avais gardé un excellent souvenir.
Deux bonnes raisons donc.

Ce vendredi 18 août, l’amphi de la foire était bourré à craquer, le concert affichait complet depuis plusieurs semaines déjà. Nous étions donc 10 000 personnes à venir applaudir le groupe écossais.
Passons rapidement le groupe de première partie, des jeunes musiciens locaux au demeurant sympathiques mais pas transcendants, à la musique un peu plombée par l’excès de basses et des paroles inaudibles (et pourtant ce n’était pas du hard-rock).

Mais dès l’arrivée de Sharleen Spiteri et de son groupe, la soirée a démarré sur les chapeaux de roues. C’est bien simple, durant les presque deux heures qu’a duré le spectacle, chaque morceau interprété était un tube, du premier au dernier.

Sharleen avait la pêche ce soir là, et elle n'est pas du genre avare sur scène !
Car mine de rien, Texas a 20 ans en 2006… eh oui, ça ne me rajeunit pas de dire ça, mais le groupe de rock de Glasgow s’est formé en 1986 ! J'ai l'impression que c'était hier... Ils avaient connu dès 1989 un succès immense avec le cultissime I Don’t Want A Lover, et depuis ils sortent vaille que vaille album après album, malgré un petit passage à vide au milieu des années 90.

Sharleen Spiteri, 38 ans au compteur, a atteint une certaine maturité sur scène, mais reste toujours une surdouée des performances en live. Toujours le sourire aux lèvres et la parole facile, elle interpelle et discute avec le public, se débrouillant entre un anglais consciencieusement bien articulé et un français pas si mauvais qu’elle tient de son grand-père bordelais.

Un concert de Texas c’est ça : des tubes qui s’enchaînent alternés avec des pauses durant lesquelles Sharleen en profite pour installer une vraie complicité entre elle, ses musiciens et le public. Le tout dans la bonne humeur et loin du spectacle réglé et programmé à la lettre, il y a toujours une large part d’improvisation et de spontanéité. Par exemple, elle n’a pas hésité à faire monter sur scène une fan qui lui avait fait part de son rêve de jouer un morceau à la batterie avec le groupe. Les deux batteurs lui ont fait une petite place (pour qu'elle puisse faire semblant de jouer avec eux) et bien que visiblement surprise de se retrouver devant 10 000 spectateurs, la fan en question s’est bien débrouillée et est parfaitement restée dans le rythme !

Le final seule à la guitare, un moment d'émotion contenue...
Côté musical le concert a été très varié et ne laissait pas de place à l’ennui. Jugez vous-même : Black Eyed Boy, In Our Lifetime, Getaway, Summer Son, Say What You Want, Nevermind, So Called Friend, Can’t Resist, Halo, I Don't Want A Lover,When We Are Together, … que des titres excellents.
Sans parler de la chanson finale, Sharleen seule avec sa guitare qui a laissé parler l’émotion avec Put Your Arms Around Me. Et quel bonheur quand ont retenti les premières notes de mes petites préférées : Every Day Now qu’elle a interprétée au piano, Sleep, une chouette nouveauté du dernier album Red Book en duo avec le guitariste Tony McGovern (sur l'album c'est avec Paul Buchanan), et surtout l’immense Inner Smile, entraînant et jouissif au possible.

Bref, en ressortant de ce concert et si on considère l’ensemble de leur discographie, on ne peut s’empêcher de penser que Texas, comme le bon vin, semble se bonifier avec l’âge, et chaque album qui passe est une preuve de plus que la musique pop-rock de qualité n’est pas morte. Et alors que le groupe fête ses 20 ans, il reste encore et toujours dans le coup, bien ancré sur la scène musicale actuelle.

Longue vie à Texas !

La (superbe) pochette du dernier album studio de Texas, Red Book, une vraie pépite musicale... 
NdS : Je voudrais ici remercier tout particulièrement Fanny (alias Sharleen711) pour m'avoir autorisé à utiliser deux de ses photos du concert de Colmar pour illustrer mon article. Vous pourrez trouver ses autres photos soit sur le site
Texas-Heaven.com, soit sur son blog. Encore merci à elle pour sa gentillesse !

 

 

 

 

 

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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 16:19

Chaque année près de chez moi à Colmar, se déroule pendant une dizaine de jours la Foire aux Vins, qui en marge de la foire exposition est également un festival estival de concerts.
Des artistes les plus connus aux débutants, toutes les tendances musicales y trouvent leur place, c’est ainsi qu’au fil des années j’ai pu y voir de nombreux artistes, de Bernard Lavilliers à Joe Cocker, de Murray Head à Lou Reed, ZZ Top, Deff Leppard, Manu Chao ou encore Compay Segundo, j’en passe et des meilleurs…
Hier soir se produisaient donc sur scène deux artistes français de la vague musicale actuelle, dans un double-concert plus que remuant.

C’est la Grande Sophie qui a ouvert le bal et qui a littéralement mis le feu à la salle. Cette fille-là est une furie ! Elle se donne visiblement à fond sur scène, chante, danse, joue de la guitare, saute dans tous les coins, interpelle les spectateurs, bref elle met une ambiance du tonnerre. Alors que ses albums studio recèlent de chansons tantôt douces tantôt rythmées, sur scène elle a un seul mot d’ordre : faire bouger les gens. C’est elle qui le dit dans une de ses chansons : « J’aime le Rock’n Roll ! », et elle l’a prouvé tout du long du concert.

La Grande Sophie : une guitare à la main elle est inarrêtable !
Elle a enchaîné ses tubes les plus connus et les plus enthousiasmants, avec entre autres Martin, Du Courage, La Suite, le Milieu, la Fin, Égoïste, Je ne changerai jamais, On savait (devenir grand), Rien que nous deux au monde … avec une pêche d’enfer et une bonne humeur communicative. D’ailleurs ça n’a pas fait un pli, elle s’est mis le public dans la poche. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tout le monde chantait et dansait avec elle.
Et alors que je croyais cela réservé aux hard-rockers hirsutes et tatoués de haut en bas, elle s’est jetée tête la première dans la foule en fin de concert et a fait un voyage portée à bout de bras dans toute la fosse pendant que ses musicos s’en donnaient à cœur joie sur la scène ! À l’heure où les grosses stars du rock ne se déplacent plus sans leurs gardes du corps, elle ne s’est pas posé la moindre question avant son bain de foule et ça témoigne de son esprit : festif et déjanté.
J’aimais déjà beaucoup ses albums, mais je dois dire qu’elle prend encore une autre dimension sur scène. À conseiller !

Après la grande brune, c’est un petit brun qui a fait son entrée : Bénabar. Et lui aussi sait s’y prendre pour mettre de l’ambiance dans un concert. En même temps il faut bien dire que la Grande Sophie lui avait déjà bien préparé le terrain, mais il a su ne pas laisser retomber le soufflé !
Comme le concert avait commencé il s’est poursuivi : un artiste habité sur scène et un public conquis devant lui. Entre bons mots, apartés avec le public et chansons drôles et bien foutues, Bénabar a un style bien à lui et avec son air de pas y toucher il sait offrir un spectacle digne de ce nom, même aux gens qui ne viennent pas forcément pour le voir lui. C’est d’ailleurs je trouve une de ses plus grandes qualités : en concert il embarque tout le monde avec lui, les fans comme ceux qui ne le connaissent pas forcément. Ils sont rares ces artistes qui savent enthousiasmer un public à ce point. Pour ma part je l’avais déjà vu (au même festival) il y a deux ans, mais en dehors de cette occasion et de la diffusion sur les ondes de ses chansons, je n’ai jamais écouté ses albums. Autant dire que je connais peu sa musique. Pour autant, quand il se produit sur scène, les rythmes et les paroles de ses chansons fonctionnent parfaitement avec moi. Même sans connaître, je suis happé par le personnage et ce qu’il dégage.

Bénabar : ne vous laissez pas avoir par son air de garçon bien rangé...
Parce que le gaillard, s’il porte toujours costume et chemise blanche, style BCBG, se lâche complètement dès qu’il tient un micro en main ! L’immobilité ne fait pas partie de son jeu de scène. Il court, se tortille, danse, blague, grimace, saute dans tous les sens, se contorsionne… le tout en chantant évidemment ! Il ne s’offre de répit que lors de chansons un peu plus douces, plus posées, parfois presque tristes. Et le reste du temps il joue et déconne avec les spectateurs et avec ses musiciens, il n’arrête pas une seconde. Il doit être monté sur ressort, c’est à se demander comment il fait pour dépenser autant d’énergie en si peu de temps. Quelque part entre Jacques Brel et Gad Elmaleh, il y a le mutant Bénabar. Son style qui allie jolies chansons et textes amusants lui confère une place un peu à part dans le paysage musical français. Un peu comme un Fernandel ou un Bourvil des années 2000…

Bref, hier soir à la Foire aux Vins de Colmar, ça a bougé, et bien bougé. Difficile de dire qui de la Grande Sophie ou de Bénabar a eu le plus de succès, une chose est sûre, aucun n’a laissé de marbre !

Si la chanson française ne vous rebute pas et si vous en avez l’occasion, allez voir ces deux là en tournée, histoire de partager un peu de leur folie, et garre à vous : le vent d’originalité qu’ils soufflent sur la scène française actuelle pourrait bien vous emporter avec eux !

 

 

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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 07:54

La suite du film de Disney, qui avait connu un succès surprise en 2003, Pirates des Caraïbes 2 : Le Secret du Coffre Maudit est donc sorti, soutenu par un gros rush médiatique, et a pulvérisé tous les records de l’année dès son premier jour dans les salles.
Dire qu’il était attendu tient du doux euphémisme tant l’attrait populaire se fait sentir pour le film : on en parle un peu partout, et il s’est même permis le luxe inattendu de battre les scores pour un jour de sortie du dernier opus de la troupe du Splendide, Les Bronzés 3 !
Parti comme il l’est, Pirates des Caraïbes 2 devrait connaître une belle carrière pour un film d’été, et culminer certainement autour des 5 millions d’entrées en France.
Il faut dire qu’en dehors de lui, il n’y a pas grand-chose d’alléchant qui sorte sur les écrans ces dernières temps, et la concurrence semble avoir fui comme la peste le mercredi 2 août, jour de sortie de la séquelle made in Disney : trop de  risque de sortir en même temps. Logique.
Le film a bénéficié en outre d’une promotion omniprésente depuis plusieurs mois : pas moyen depuis décembre 2005 de se rendre au cinéma sans voir un trailer ou une bande annonce de Pirates des Caraïbes 2 ! Rarement on avait vu ça…
Et visiblement en terme d’entrées, ça a payé.

Pour ma part j’y suis allé sans en attendre quoi que ce soit, n’ayant pas vu le premier (on m’a juste briefé dessus, histoire de connaître un peu les personnages) et pensant surtout y voir du grand spectacle et des images impressionnantes.
Et à ce niveau, je dois bien dire que j’ai été servi. C’est très beau, les images sont léchées et superbement travaillées, les scènes d’action remplissent le cahier des charges, on en a pour son argent en cascades et effets spéciaux en tous genres. En particulier, tout ce qui concerne Davy Jones et son équipage de pirates morts-vivants croisés avec ce que la faune marine recèle de plus hideux, est traité d’une manière parfaite, les effets spéciaux et images de synthèse sont d’une classe incroyable ! L’équipage maudit et son capitaine à tête de poulpe sont le gros point fort du film, sans contestation possible ils sont une vraie réussite et méritent l’admiration du spectateur tant ils sont en tout point parfaits. Idem pour le monstre des profondeurs, le Kraken, dont les attaques très impressionnantes auraient peut-être gagné un tout petit peu à être filmées en plans plus larges par moment, plutôt que presque uniquement en plans serrés sur une ou deux tentacules à la fois. Cela dit, il est malgré tout plutôt réussi, c’est du chipotage de ma part, j’en conviens.

Davy Jones (Bill Nighy), aussi impressionnant que méchant...
Mais voilà, en dehors de ça, tout le reste du film m’a laissé froid. Peut-être est-ce dû à mon ignorance du premier film, mais j’ai trouvé l’histoire plutôt inconsistante (en gros il faut trouver une clé pour ouvrir un coffre pour sauver l’âme des héros et sauver la belle de service – qui soit dit en passant s’en sort très bien toute seule) et très, très lente à se dérouler… Le film dure 2h30 en tout (de plus l’intrigue ne se dénoue pas puisqu’elle se finit sur un cliffhanger annonçant la conclusion dans le troisième et dernier( ?) opus de la série), et entre les quelques scènes d’action plus ou moins pertinentes pour l’avancée du récit, on a droit à d’interminables scènes de transition, de bavardages et de passages inutiles qui plombent le film. Pour un film d’action à grand spectacle, trouver le temps de s’ennuyer n’est pas vraiment gage de réussite…
Quand par exemple une idée au départ séduisante telle que la scène de « duel à trois » (je crois que ça n’a pas de nom spécifique, si ? un « triel » ça existe ?) se voit étaler pendant une demi-heure alors qu’aucun des trois combattants ne cherche à nuire aux autres (du moins si on en juge aux coups portés en faisant bien attention à ne pas blesser l’adversaire), cette scène qui devrait avoir du peps et apporter du rythme au film devient lassante à force de répétitions à n’en plus finir. Je trouve ça vraiment dommage.

Norrington (Jack Davenport), Will Turner (Orlando Bloom) et Jack Sparrow (Johnny Depp) au début d'une interminable scène de combat au sabre.
Un film estampillé Disney est forcément à destination du grand public, ou du moins un spectacle familial, pas besoin d’être grand clerc pour s’en douter avant même de le voir. Pas de surprise sur ce point, le film est en adéquation avec son public cible (j’ai même été surpris de voir au tout début un passage à l’ambiance très glauque, avec des corbeaux qui arrachent les yeux de pauvres prisonniers enfermés dans des cages sommaires).
Toutefois je ne m’attendais pas à ce que le personnage principal, Jack Sparrow interprété par un Johnny Depp cabotin au possible,  soit traité sur un ton si décalé, à l’humour aussi outrancier et théâtral que ça. Parce que là, non seulement Depp force le trait, mais on peut dire qu’il en recolle une couche supplémentaire dans l’attitude surjouée voire insupportable de son personnage. Roulement d’yeux dans tous les sens, texte proclamé avec extravagance plutôt que joué (on dirait parfois Depardieu en Cyrano), démarche efféminée caricaturale plus digne d’un échappé des Queers de TF1 que d’un capitaine pirate, bref… on a un Sparrow sous acide qui ressemble plus à un personnage de carnaval qu’à un pirate.
Je sais bien que le film n’a pas vocation à être « réaliste », mais là on sombre dans l’excès inverse, et ça a joué en défaveur du film à mes yeux. Je suis bien conscient que ce décalage fait partie des spécificités du personnage, qu’il est voulu ainsi, qu’il fonctionne ainsi et même qu’il plaît ainsi si on en croit le succès du film, c’est juste que dans ce cas je ne dois pas être du tout dans la cible pourtant très large du public visé par Pirates des Caraïbes. J’ai connu la même impression qu’avec des films comme La Momie et sa suite par exemple, dont les excès à caractère prétendument humoristique m’ont rendu le film entier indigeste. Parce que si l’humour est omniprésent dans Pirates des Caraïbes 2, il ne m’a jamais fait rire. Je l’ai détecté, il était là, j’ai bien compris toutes les tentatives de gags et de faire rire, sauf que pour moi c’est tombé à plat à chaque fois. Peut-être est-ce ce côté poussif « on va bien déconner vous allez voir » annoncé à grand renfort de grand-guignol qui m’a bloqué. Peut-être suis-je imperméable à cet humour là, peut-être suis-je coincé, allez savoir. En tout cas, l’humour second degré affiché du film est à ranger, selon mes critères, parmi les points négatifs du film plus qu’autre chose, je trouve qu’il ne fonctionne absolument pas.
Quant aux autres personnages principaux, Keira Knightley dans la peau de Elisabeth Swann sort son épingle du jeu en interprétant un rôle de femme forte et jolie, sans pour autant paraître incontournable (en gros n'importe quelle jolie fille un peu athlétique pouvait faire l'affaire je pense). Will Turner alias Orlando Bloom est certainement le plus transparent de tous, pas insipide juste inconsistant. Bill Nighy (Davy Jones) pour sa part s'en sort très honorablement sous les tentacules du capitaine maudit, bien que le doublage français ne permette pas de se rendre compte du travail effectué sur sa voix.

Elisabeth Swann (Keira Knightley) n'est pas qu'une jolie fille, elle sait se défendre !
Alors qu’en est-il de Pirates des Caraïbes 2 au final ?
Comme je n’en attendais rien de spécial je n’ai pas vraiment été déçu. J’en retiens les très belles images et les effets spéciaux somptueux disséminés à travers tout le film. J’en retiens également une étonnante lenteur dans la narration mais aussi des personnages auxquels je n’ai rien trouvé d’intéressant en tant que tels, et donc dont je me suis désintéressé du sort, et du coup de l’intrigue générale.
Pour avoir sondé le net et plus particulièrement les sites consacrés au cinéma, j’ai cru comprendre que le film remporte un vif succès, non seulement en terme de box office, mais aussi de bouche à oreille, les spectateurs l’ayant vu étant visiblement satisfaits du film. Je fais (pour une fois) partie de la minorité de ceux qui n’ont pas trouvé grand-chose d’intéressant dans Pirates des Caraïbes 2, qui pour moi, loin d’être le film événement de l’été, n’est rien d’autre qu’un coup de canon dans l’eau.
Ça fait BOUM et ça fait SPLASH, mais on en ressort à peine éclaboussé alors qu’on nous promettait d’être littéralement emporté par un flot irrésistible d’action et d’émotions fortes…


Une des affiches du film, très classique. 

 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 19:51

Après Batman Begins de Christopher Nolan en 2005, DC relance sur grand écran la carrière de l’autre icône incontournable de son catalogue de super-héros : Superman. Et quel héros ! De tous, il est réputé être le premier (ce sont ses créateurs Joe Shuster et Jerry Siegel, qui ont posé en 1938 avec lui les jalons du comic de super-héros), et surtout le meilleur.

Dans Superman Returns, on est projeté plusieurs années après l’histoire du dernier film de la licence (Superman IV, 1987), durant lesquelles Superman (Brandon Routh) avait disparu de la surface de la Terre pour se rendre à l’emplacement de sa planète détruite Krypton, pour y chercher des réponses sur son passé. Quand il revient sur Terre, il découvre que le monde a appris à se passer de lui, y compris sa chère et tendre Loïs Lane (Kate Bosworth), mais il sera très vite remis à contribution face au danger imminent que représente un Lex Luthor (Kevin Spacey) plus revanchard que jamais et bien décidé à prendre le contrôle de la planète entière, en utilisant pour cela la technologie kryptonienne laissée à l’abandon pendant son absence par Superman…
Voilà pour le scénario somme toute assez simple.

Superman (Brandon Routh) revient et retrouve sa forteresse de solitude qui visiblement a été visitée en son absence...
Pour tout dire, moi qui suis un grand amateur de super-héros de toutes sortes, je n’ai jamais accroché à Superman, le prototype pourtant parfait du genre. Il est justement trop « parfait ». Rien ne peut lui résister, rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le surpasser. Possédant un pouvoir incommensurable (puissance sans limite, super-vitesse, sens exacerbés, vision à rayon X, rayons occulaires dévastateurs, souffle réfrigérant, résistance à tous les impacts ainsi qu’au vide et aux températures extrêmes,…) et l’âme d’un éternel boy-scout, Clark Kent alias Superman est au sommet de ce qui se fait de mieux en termes de surhommes.
Ce trop plein de pouvoir fait de lui un héros qui ne craint rien ni personne, il est invulnérable, intouchable, imbattable. Au point qu’il en devient très vite si lisse qu’on a du mal à s’intéresser à son sort et pour cause : comment s’inquiéter pour quelqu’un qui ne risque jamais rien et dès lors, comment trouver de l’intérêt à ses aventures dont il sortira toujours vainqueur puisqu’il incarne la perfection ?
Non pas qu’il y ait tant de suspense avec les autres super-héros, eux aussi finissent la plupart du temps par gagner (quoique cette tendance commence à perdre du terrain au profit de quelques losers et de héros subissant de cuisants échecs, bien que ce ne soit pas la règle générale en la matière), mais dans le cas de Superman on ne peut même pas croire un instant qu’il puisse se trouver en danger, ce qui à mes yeux annihile d’entrée tout l’intérêt d’un récit.

Les scénaristes ont bien tenté avec les années de poser des limites à son invincibilité, en le rendant sensible à la kryptonite par exemple, mais ce genre d’artifices et d’astuces de narration ne sont pas déclinables à l’infini, ce qui limite d’autant les mésaventures potentielles du héros rouge et bleu.

Et pourtant, très curieusement, alors que lire Superman a plus tendance à m’endormir qu’à me tenir en haleine, à chaque fois que je le vois sur un écran de cinéma, c’est tout l’inverse. Comme si quelque chose de magique se produisait… C’était déjà le cas avec le Superman incarné par l’inoubliable Christopher Reeve dans les films de l’innovant et précurseur Richard Donner, et cela fonctionne encore une fois avec cette nouvelle version plus moderne : je trouve Superman au cinéma bigrement enthousiasmant !

Richard White (James Marsden), Clark Kent et Loïs Lane (Kate Bosworth) assistent en direct à la télévision aux méfaits de Luthor.

À la condition expresse d'accepter l'idée qu'une paire de lunettes puisse devenir un déguisement qui permette de ne pas être reconnu par ses proches Superman Returns a en effet plus d’un point positif jouant en sa faveur (j’occulte volontairement dans cette chronique les aspects négatifs et autres petits défauts du film).


Tout d’abord, cela tient à la personnalité et aux qualités de son réalisateur, Bryan Singer (qui a délibérément préféré déserter la pré-production de X-Men 3 pour se lancer dans l’aventure hasardeuse d’un nouveau Superman). Bryan Singer avait déjà bien potassé son sujet avec les mutants de Marvel, et il arrive encore une fois avec ce film à un mariage harmonieux entre personnages de comics et support cinématographique, là où tant d’autres se sont cassé les dents sur la cruciale étape de « l’adaptation » d’un medium à l’autre.
Son sens du storry-telling et de la mise en valeur des personnages compense son manque d’aisance avec un monde qu’il ne connaît finalement de son propre aveu que très peu, celui des super-héros.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est peut-être justement là que Singer fait la différence avec d’autres. Quand certains réalisateurs, fans auto-proclamés d’un super-héros, s’enlisent dans les difficultés à extirper leur personnage de son carcan de papier (l’exemple parfait : Mark Steven Johnson sur Daredevil), Bryan Singer sait en retirer le meilleur et le traduire dans un langage et un format nouveaux, ceux du 7ème art, de l’image en mouvement, du cinéma, bref son mode d’expression à lui ! Et force est de constater que cela lui réussit : il est parvenu à adapter ceux qui semblaient inadaptables au cinéma, les X-Men, aussi n’est-il pas surprenant qu’il ait pu si bien relever le défi de redonner vie à celui que tout le monde avait enterré en même temps que nous quittait son incarnation à l’écran, Christopher Reeve.

Car Bryan Singer a réussi : comme l’annonce le titre du film, Superman est à nouveau là ! Son interprète Brandon Routh, a ce qu’il faut de simplicité, d’humilité et de justesse pour parvenir à s’effacer derrière l’icône et à donner corps sans le dénaturer à un Superman qu’on a l’impression de toujours avoir connu. Un peu comme si ça avait toujours été lui, un peu comme si c’était encore Reeve qui revêtait le costume rouge et bleu…
Et l’autre tête d’affiche, Kevin Spacey, n’est pas en reste dans le rôle de Lex Luthor ! Physiquement en plein dans le personnage, Spacey parvient par son jeu parfait à interpréter un Luthor plus vrai que nature, machiavélique à souhait, à l’esprit génial et à l’ego surdimensionné, non sans un sens de l’humour pince sans rire et nihiliste du meilleur effet.

Lex Luthor (Kevin Spacey) accompagné de Kitty (Parker Posey) n'est pas là pour faire de la figuration !
Mais surtout, ce qui fait la grande force, incontestablement, de ce Superman Returns, ce sont les images, toutes plus belles les unes que les autres. Des effets spéciaux à tomber par terre de réalisme et parfaitement mises en valeur dans les scènes d’action du film. La scène d’ouverture, où l’on voit Krypton disparaître dans l’explosion de son soleil devenu géante rouge puis naine blanche et supernova est superbe, le sauvetage aérien du boeing est à couper le souffle et que dire de la balle de revolver qui vient s’écraser contre la rétine de Superman… énorme !!!
Enfin, enfin on voit un super-héros voler vraiment ! Car quand on voit Superman voler, on n’a aucun doute : c’est tout à fait évident que ce type là vole aussi naturellement que moi je marche. Cela peut paraître bête à dire, mais rien que ça c’est déjà bluffant et terriblement excitant à mes yeux.

Et cerise sur le gâteau, deux clins d’œil aux fans des films de Superman version Reeve sont présents : les images réutilisées de Marlon Brando en Jor-El, père naturel de Superman, qui s’adresse à lui dans son repère glacé, sa forteresse de solitude.
Mais aussi et surtout, la musique, intégralement reprise du film de 1978, signée John Williams. Bryan Singer le dit volontiers lui-même, et je partage pleinement son avis à ce sujet : « la musique de John Williams est si parfaite qu’il était inutile de chercher à en composer une nouvelle ». Et pour cause : quand au début du film le thème si connu de Superman retentit, on est littéralement pris d’un frisson de plaisir et d’enthousiasme, et les images étant à l’avenant de l’émotion musicale, alors que le film commence  à peine on est déjà conquis…
En tout cas, avec moi ça a marché à fond.

Pas de doute : Superman est de retour.

 

L'une des affiche (superbe) du film.

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 13:56
J’avais prévu de continuer sur ma lancée avec un autre quizz spécial chansons françaises que j’ai en réserve, mais j’ai reçu il y a quelques temps un petit message de la part de NoNo me proposant un quizz qu’il avait concocté de ses petits doigts agiles et tout droit sorti de son esprit facétieux et pétri de rock anglo-saxon.

Donc aujourd’hui c’est ce quizz là que je vous propose. Rien que du très bon en plus, mais presque exclusivement en anglais par contre… Il y a de grands classiques du genre, et que des noms d’artistes ou de groupes prestigieux.

Je rappelle rapidement le concept : une liste de 20 artistes, une liste de 20 titres de chansons, le but étant de relier chaque chanson à son interprète légitime. Pour ne pas fausser le jeu, je compte sur l’esprit fair-play des joueurs pour ne pas s’inspirer des réponses des autres ni utiliser de moteurs de recherche comme Google pour trouver les bonnes associations de noms.

Voici les 20 interprètes :

 Red Hot Chili Peppers, The Doors, No One Is Innocent, The Cure, Led Zeppelin, Metallica, Dire Straits, Noir Désir, Guns ’n Roses, Chuck Berry, Nirvana, Velvet Underground, ZZ Top, John Lee Hooker, Ray Charles, AC/DC, Supertramp, Pink Floyd, U2, The Rolling Stones.


Et voici les 20 titres :

 Johnny B. Goode - What I say - Enter Sandman - Stairway to Heaven - À l’arrière des TaxisHeroin - Where the Streets have no Name - Take the Long Way Home - La Peau - All Apologies - The End - La Grange - Just like Heaven - One of these Days - Welcome to the Jungle - Highway to Hell - Boom Boom - Paint it Black - Once upon a Time in the West - Give it away.


Comme ce n’est pas moi qui ai préparé ce quizz, j’ai pu en profiter pour y jouer, et j’ai trouvé 12 bonnes réponses, ce qui est plutôt moyen comme score dirons-nous…

Et vous, saurez-vous relever le défi de NoNo ?

 

 Edit du 8 août : vous trouverez les bonnes réponses en fin de commentaires, un immense merci à tous les participant(e)s. Vous pourrez bientôt à nouveau mesurer vos connaissances musicales dans le prochain quizz spécial qui sera consacré aux chansons françaises cette fois.   ;o)

 

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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 00:18

Certains affirment haut et fort que la télévision rend con.
Moi je ne partage pas du tout cet avis. Je trouve au contraire qu’elle peut être (notez la nuance, ça ne veut pas dire qu’elle l’est toujours) un bel outil d’information, de communication, d’enrichissement, de culture et de divertissement.
Mais je suis bien forcé de me rendre à l’évidence, il existe des émissions qui ne volent pas très haut, si tant est qu’elles parviennent à décoller du niveau zéro de la bêtise. Ce qui très paradoxalement ne veut pas dire qu’elles ne connaissent pas pour autant un vrai succès populaire auprès des téléspectateurs…
Ce qui m’étonne le plus, c’est l’intérêt que trouvent les participants à certaines émissions du type Real-TV et autres jeux trash. Car en dehors d’une humiliation profonde retransmise dans la France entière, et rediffusable à l’infini par la suite dans toutes sortes d’émissions du style Bêtisiers ou Zapping, ils n’ont vraiment pas grand-chose à gagner. Et pourtant, si l’on peut trouver des excuses aux tous premiers participants à de nouveaux concepts (ils ne savaient pas comment ça allait se passer), je suis atterré par ceux qui se précipitent à leur suite, alors qu’ils savent parfaitement bien comment tout cela se terminera…

Je vous propose d’étayer ceci par trois exemples des plus parlants à mes yeux, et qu’à coup sûr tout le monde connaît.


Exemple 1 : La Nouvelle Star.

Bon, d’abord je tiens à préciser que ne captant pas M6, mes connaissances sur cette émission sont très limitées. En fait, ce que j’en connais, ce sont les extraits que j’en vois au Zapping par exemple. Au début de chaque saison donc, il y a des auditions qui permettent de sélectionner les candidats retenus pour l’émission, ce qui s’apparente finalement à une sorte de radio-crochet à l’échelle nationale. Et là, immanquablement, on nous montre une foule d’anonymes qui chantent comme des casseroles, qui se déhanchent, se tortillent, font des mimiques d’un autre monde, bref qui n’ont pour seul talent musical que l’aptitude à déclencher l’hilarité et la moquerie générale.

Et en tant que téléspectateur, c’est très précisément eux qu’on attend de voir passer avec impatience, histoire de rigoler un bon coup. Je ne suis pas hypocrite, quand je vois certains extraits du « Best Of du pire », je me marre bien aussi. Mais voilà, en se plaçant du point de vue des candidats refoulés sans ménagement, on peut se demander : qu’y gagnent-ils ? Rien, strictement rien, si ce n’est une monumentale honte quand le lendemain de la diffusion les gens les reconnaîtront dans la rue et se foutront de leur gueule. Et pourtant ils y vont, ils sont même plus nombreux d’année en année paraît-il.

Bon, cela étant dit, ils trouvent tout de même une excuse à mes yeux. D’abord ils me font bien rire (mais ça, ça ne compte pas !), mais surtout je suis persuadé qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont risibles. Ils croient (même s’ils se trompent lourdement) en leur chance, en leur talent, et ils ont le courage (l’inconscience ? la folie ?) de s’exposer au jugement de la France entière. En gros, ils sont foncièrement sincères dans leur démarche, et se font bien exploiter par les producteurs de l’émission. Si on devait faire le rapport entre leur temps d’antenne et la force de l’humiliation subie, je crois que de toutes les émissions confondues, ce sont ces candidats là qui exploseraient les ratios !!


Exemple 2 : le Maillon Faible.

Voilà l’exemple parfait d’une émission que je déteste et dont je ne supporte pas plus de cinq minutes consécutives de visionnage. Le concept est très simple : les concurrents répondent chacun leur tour à des questions de culture générale (dont le degré de  difficulté oscille entre le « très simple » et le « à peine compliqué ») sur un peu tout et rien. Puis à l’issue de chaque manche, chacun vote pour le nom de celui qu’il veut voir quitter la partie avant la manche suivante.

L’originalité tient dans le fait que l’animatrice (Laurence Boccolini, croisement improbable entre une mère supérieure, un pit-bull et Batman) est là, contrairement à tous les autres jeux télévisés, pour mettre les concurrents plus bas que terre, à grands coups de jeux de mots lancés d’un ton glacial et méprisant. Finalement l’intérêt du jeu ne se résume non pas à voir les concurrents donner les bonnes réponses aux questions, mais à assister à un concours de casse digne d’un Brice de Nice shooté aux hormones de taureau.

Car quoi qu’il arrive, tous les participants quels qu’ils soient, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, bons ou mauvais, en prennent plein la face pour pas un rond. Pas un rond au sens figuré comme au sens propre, car le système de jeu est tel que la pression mise sur les candidats annule toutes leurs chances d’aligner le nombre de bonnes réponses suffisantes pour décrocher le jackpot. Il y en a toujours qui font tout capoter, qui banquent trop tôt ou qui se plantent dans la panique, et même les meilleurs se laissent déstabiliser (ou comble de l’ironie et preuve définitive de l’immoralité de ce jeu, ils se font éliminer par les autres qui les considèrent comme « trop forts » et donc dangereux). À l’arrivée les gains de l’unique vainqueur sont la plupart du temps pitoyables.

Bref, si vous participez au Maillon Faible, non seulement les gains éventuels sont minables, mais vous êtes sûr de vous faire allumer devant la France entière par la maîtresse-abboyeuse Boccolini. Encore une fois je me demande : où donc est l’intérêt des concurrents là-dedans … ?


Exemple 3 (et j’ai gardé le meilleur pour la fin) : l’Île de la Tentation.

Le concept est trash, donc forcément attirant. Quatre couples se voient offrir des vacances de rêve dans des lieux paradisiaques. Seul hic, les femmes partent de leur côté et les hommes du leur pour un séjour séparé d’une dizaine de jours. Pour corser le tout, les femmes sont escortées par une escouades de playboys, éphèbes et chippendales bodybuildés triés sur le volet, alors que les hommes sont accompagnés d’une brochette de nymphettes plus provocantes et aguicheuses les unes que les autres. But des tentateurs/trices : faire succomber les concurrents à leurs charmes (oui je sais, ça se rapproche dangereusement sur le papier à de la prostitution, mais de là à traiter TF1 de proxénètes il n’y a qu’un pas … que je ne franchirai pas).

Finalité du « jeu » : après leurs vacances séparées propices à tous les excès (et aux situations extrêmes délibérément provoquées et mises en scène par la production), les couples se retrouvent et doivent décider à la lumière de leurs comportements respectifs s’ils repartent ensemble ou s’ils se séparent, le tout face caméra évidemment. Précision utile : il n’y a aucun gain en jeu, rien du tout à gagner si ce n’est des vacances tous frais payés mais avec vingt caméras en permanence sur votre dos (avec micros longue portée, vision nocturne et tout le tremblement). Au mieux vous repartez comme vous êtes venu, mais avec votre vie sentimentale et sexuelle déballée sur la place publique. Au pire vous repartez seul, mais avec votre vie sentimentale et sexuelle déballée sur la place publique. Et une chaude-pisse ramassée en prime si vraiment vous êtes poissard.

Bref, il n’y a rien de rien à gagner, et absolument tout à perdre (ce n’est pas un hasard si TF1 refuse les couples mariés ou ayant des enfants), à commencer par votre dignité et votre honneur. Car depuis les cinq saisons que l’émission existe, à chaque fois c’est la même chose : que les couples se séparent ou non au terme du « jeu »,  il y a inévitablement des choses diffusées à l’antenne que les personnes pourront se reprocher après coup, ils n’éviteront pas les pots cassés. Sans parler des discussions pseudo-philosophiques en string, autour de l’amour, de l’amitié et de la fidélité, le tout arbitré par une Céline Géraud à l’encéphalogramme proche de celui de la rainette arboricole, autant à sa place dans cette émission qu’une belle mouche dans un bol de lait.

Parmi les gimmicks récurrents de l’émission, l’un en particulier m’écorche les oreilles à chaque fois que je l’entends : quand les concurrents ou l’animatrice parlent du « jeu », ils le qualifient invariablement « d’aventure ». Intéressant glissement sémantique que de parler de « vivre une aventure » alors que l’expression qui serait la plus appropriée serait plutôt « avoir une aventure »…

Mais attention, je suis sincère : si je parle de l’Île de la Tentation en ayant la dent dure, je confesse également la regarder. Je ne fais pas partie des inconditionnels, mais si l’occasion se présente, je regarde. Au départ par voyeurisme il faut bien le dire, mais ça j’en suis revenu depuis longtemps. Parce que ne vous méprenez pas, malgré l’étalage de chairs, vous ne verrez jamais un téton pointer le bout de son nez, ni aucune autre prouesse physique autrement que suggérée, ou au mieux mimée… Les portes se referment toujours au moment fatidique, le voile tombe toujours pudiquement au dernier moment, comme si TF1 se refusait de confirmer une bonne fois pour toute l’immoralité évidente de ce « jeu ». On nourrit habilement la frustration du téléspectateur tout en maintenant toujours chez lui l’espoir d’en voir « un peu plus » à la prochaine émission…

J’en suis revenu disais-je donc, maintenant ce qui m’intéresse quand je regarde (la plupart du temps, je ne fais d’ailleurs qu’écouter la télé en fond sonore pendant que je pianote sur le net) ce sont les gens qui participent, leurs comportements et leurs discours (souvent parfaitement à l’opposé l’un de l’autre du reste).Et il faut bien dire qu’il y a de véritables phénomènes !!

L’an dernier par exemple a été mémorable : il y avait deux couples qui m’ont particulièrement fait rigoler (cela dit, au premier degré c’était plutôt triste à pleurer). Les petits jeunes du Sud, Marion et Nicolas qui chialaient à chaque fois qu’ils parlaient devant la caméra, c’était incroyable les grimaces qu’ils pouvaient faire, à pleurer de rire (je sais c’est méchant, mais vraiment ils étaient irrésistibles). Ceux-là ont été vraiment sages et ne se sont pas laissés tenter du tout, mais à la place ils sont passés pour de parfaites andouilles.

Le petit Nicolas, il va pleurer... Marion... elle pleure de voir Nicolas pleurer... Le petit Nicolas, il a pleuré...
Quant à l’autre couple, un peu plus âgé, et dont l’accent ne laissait aucun doute sur leur origine du Ch’Nord, Laurence et François, ils sont non seulement passés pour des imbéciles finis (leurs moindres interventions étaient affligeantes), mais en plus pour de véritables obsédés sexuels. Ce qu’ils ont parfaitement le droit d’être, pas de jugement de valeur de ma part là-dessus, ce que je veux dire c’est juste que l’émission leur a collé une image certainement exagérée et totalement déplorable. D’autant qu’ils sont les premiers et seuls depuis l’existence de l’émission à avoir réussi à faire fuir les tentateurs/trices eux-mêmes, dont le rôle est pourtant clairement de séduire les participants.

François ne se rend pas compte que tout le monde rit de lui...
Retournez au boulot ou allez chez votre boulanger après un été complet où l’on vous montre à la télé comme le con ultime et le lubrique invétéré… Je pense sincèrement que ces gens ont dû subir un enfer après la diffusion des émissions.

Laurence et François ont inspiré les humoristes en herbe d'internet...
D’un côté j’assume le fait que j’ai ri d’eux ouvertement, mais de l’autre j’essaie aussi de me mettre à leur place et je ne parviens pas à comprendre : pourquoi diable avoir fait cette émission ? Et c’est chaque année le même résultat avec juste des acteurs et des circonstances autres. Encore une fois je me répète : quel est l’intérêt des couples qui y participent ? Mystère…


Voilà, après m’être longuement (un peu trop peut-être…) étalé sur mes exemples, je vais essayer de trouver une conclusion à mon article… mmmh, pas facile…

D’abord, bravo aux courageux qui ont tout lu ! (euh, y’a quelqu’un ?)
Donc pour finir je reprendrai ce que je disais au début en complétant un tant soit peu : non, selon moi la télé ne rend pas forcément con, par contre elle nous en montre de sacrés !

(À ceux auxquels il reste une parcelle de courage, vous pouvez laisser un commentaire, pour les autres vous pouvez quitter ce blog et reprendre une activité normale.)

 

 

 

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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 15:55

Il y a déjà quelques temps que je m’étais fait cette remarque, et la chaleur de ces derniers jours me pousse à avoir ici une petite pensée pour nos amis les Gothiques.

Vous savez, ces jeunes un peu en marge qui se cherchent une identité dans le mouvement mi-religieux, mi-fashion, mi-musical (je sais, ça fait trois « mi », mais ce n’est pas grave) en suivant les règles vestimentaires de ceux qu’on appelle couramment les Gothiques.
D’ailleurs cette dénomination est un peu fourre-tout tant leurs membres ne se définissent pas tous de la même façon. Pour certains il s’agit d’une passion pour des thèmes tels que le vampirisme, il y a même ceux qui poussent plus loin jusqu’au satanisme, pour d’autres c’est beaucoup plus lié à la musique (Hard / Metal avec par exemple Marilyn Manson, ou tout à l’opposé Mylène Farmer), d’autres encore y associent plutôt tatouages et piercings, mais dans tous les cas il y a une constante qui les rapprochent : le look.

Un bon gothique suit quelques règles immuables. Il s’habille en noir, se maquille en noir (avec parfois un peu de rouge), se teint les cheveux en noir, porte des bijoux argentés très stylisés (avec pics, dragons et têtes de morts), ou au minimum pour les filles une croix chrétienne autour du cou. Enfin, il s’expose au minimum au soleil, afin d’avoir le teint de peau le plus blanc possible.

Autant dire qu’être gothique par 35°C à l’ombre, ce n’est pas une sinécure ! Moi-même qui porte volontiers du noir, je sais d’expérience le calvaire que ça peut devenir en été, surtout par un été aussi caniculaire qu’en 2003 ou que cette année. D’ailleurs cela fait longtemps que l’habitude a été prise : passé le mois de mai, mes vêtements passent du sombre au clair et je troque le noir contre du blanc.

Alors quand je croise des petits jeunes en ville, en total-look gothique alors que j’ai du mal à supporter mon pantalon de toile pour aller bosser, même si je trouve ce mouvement un peu « too-much » et gentiment zinzin (rien de méchant là-dedans je le précise), je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour eux et les désagréments qu’ils supportent pour être à l’image de leur passion.

Être gothique en été, même si ça n’a que peu d’intérêt à mes yeux, mérite quoi qu’on en dise le respect !!

 

 

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 11:25
 La Colline a des Yeux est le remake du film du même nom qu’avait réalisé en 1977 Wes Craven, devenu depuis une star du film d’horreur avec notamment Les Griffes de la Nuit (le premier de la série des Freddy) ou Shocker, et qui a connu l’immense succès commercial en remettant au goût du jour les slashers avec sa trilogie Scream.

Comme le genre connaît un regain de popularité en ce moment (des récents succès tels que The Descent ou Massacre à la tronçonneuse version 2005 sont là pour en témoigner), ce vieux briscard de Wes Craven a lancé et produit le remake de son propre film. Préférant ne pas tourner deux fois le même film (ce qui ne l’avait pas gêné du reste pour la série des Scream…), il a laissé le poste de réalisateur à un petit frenchie venu faire ses armes à Hollywood, Alexandre Aja.

Alexandre Aja s’était au préalable fait remarquer avec son second long métrage qui avait eu l’effet d’une bombe dans tous les festivals auxquels il avait été présenté : Haute Tension (avec une Cécile de France encore peu connue à l’époque et le toujours excellent Philippe Nahon à l’affiche). Fort de ce bagage plébiscité aussi bien par le public que par les professionnels, Aja s’est vu proposer ce remake un peu inattendu.

Et il faut bien avouer que pour son premier film hollywoodien (gageons qu’il y en aura d’autres), le jeune réalisateur français a fait fort, très fort. La Colline a des Yeux relève d’un concept archi-classique dans son genre : une famille américaine type (un couple quinquagénaire adepte de l’auto-défense, leur fille aînée, son mari et leur bébé, et leur deux autres enfants à la sortie de l’adolescence) part en vacances et se perd en plein désert en voulant couper au plus court. Mais dans ce désert, bordant un ancien site d’essais nucléaires de l’US Army, vit une communauté d’autochtones dégénérés, violents et cannibales, descendants d’anciens mineurs exposés depuis des générations aux radiations et oubliés de la grande Amérique triomphante.
Évidemment, la famille de vacanciers va faire les frais de cette rencontre désagréable, et dès lors le film bascule dans l’ultra-violence et le gore le plus macabre.

Doug (Aaron Stanford) qui déteste les armes va devoir apprendre à s'en servir malgré tout...
Interdit en salle aux moins de 16 ans, le film n’est effectivement pas à mettre devant tous les yeux. De par les handicaps physiques et les visages déformés des irradiés, la violence des assauts et de certaines scènes-choc, et l’ambiance très malsaine qui se dégage des images, La Colline a des Yeux a de quoi choquer les âmes les plus sensibles.
Mais pour qui aime le genre, le film réjouit et sait ménager à la fois le suspense tout en soignant l’action et l’horreur (l’attaque de la caravane et le périple dans le village en ruine sont des passages très forts).

Brenda (Emilie de Ravin) la fragile adolescente ... pas si fragile que ça !
Bien que cette nouvelle version n’a pas la chance de bénéficier du charisme de l’inoubliable Michael Berryman comme le premier film (vous avez droit à la place à la présence d’une héroïne de Lost, Emilie de Ravin, la belle à la place de la bête en quelque sorte), le remake est parfaitement bien mené et réussi. Alexandre Aja démontre ici et sans ambiguïté, que les français aussi savent faire du vrai cinéma de genre. Nombreux même, sont ceux qui jugent son film supérieur à l’original de Wes Craven.

Alors si vous avez le cœur bien accroché et l’envie de vous faire un peu peur dans la pénombre d’une salle de cinéma, La Colline a des Yeux répondra sans problème à vos attentes. C’est un vrai bon film d’horreur (et il n’y en a pas tant que ça !). Si vous êtes allergique au genre, passez votre chemin et allez voir Nos Voisins les Hommes, le dernier film d’animation de DreamWorks !

L'affiche française du film (très réussie à mon goût)

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