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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 18:20

Souvent on se plaint (moi le premier) de ne pas avoir suffisamment de temps pour faire tout ce qu’on voudrait. Et on est bien obligé d’accepter le fait que les journées ne font que 24 heures (n’est-ce pas Jack Bauer ?).

Mais finalement ce n’est peut-être pas si mal que ça. Imaginez, si vous étiez vénusien et non pas terrien, votre journée vous paraîtrait très certainement interminable. Jugez plutôt : la période de rotation sidérale de la planète Vénus (c’est-à-dire le temps qu’il lui faut pour tourner une fois sur elle-même autour de son axe, autrement dit encore : une journée) est d’environ 243 jours terrestres !
Et fait amusant, sa période de révolution sidérale (c’est-à-dire le temps qu’il lui faut pour tourner une fois autour du soleil en suivant son orbite, autrement dit également : une année) est d’environ 224,7 jours terrestres.

Ce qui revient à dire que sur Vénus (la planète du système solaire la plus proche de la Terre en termes de taille et de masse), ou si vous préférez celle qu’on nomme aussi l’étoile du berger, la journée dure plus longtemps que l’année !

 

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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 14:22

Période faste pour les comédies françaises sur grand écran en ce moment !
Après le succès phénoménal (plus de 10 millions d’entrées déjà) des Bronzés 3 bien que le film soit très moyen, le dernier Poelvoorde, le Ticket pour l’Espace des allumés Kad & Olivier, la énième aventure du François Pignon de Francis Veber, le génialissime Enfermés Dehors de Dupontel, l’arrivée annoncée à grands coups de promo dans les semaines qui viennent des films de Franck Dubosc (Camping), Dany Boon ( La Maison du Bonheur) et Jean Dujardin (OSS 117), les cinémas regorgent de films français (a priori) amusants.

Certainement pas tous des chefs-d’œuvre, mais incontestablement le signe d’une belle vitalité du genre. Et Jean-Philippe de Laurent Tuel en est encore une belle preuve, car outre un casting sur mesure, le film se construit sur une idée très originale et contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, parfaitement développée et utilisée.

Sa collection centrée autour de Johnny Hallyday est un véritable refuge face au quotidien pour Fabrice.
 Fabrice
(Fabrice Luchini) est un type banal : cadre moyen, un petit pavillon en banlieue, une vie de couple un peu monotone, une fille adolescente rebelle. Ce qui lui donne du punch et rend sa vie plus belle, c’est aussi l’objet de son unique mais envahissante passion, Johnny Hallyday.
Fabrice est le fan ultime du chanteur. Mais après une soirée un peu trop arrosée, il va se réveiller dans un monde qui pour lui a tout de l’enfer : dans ce qu’il suppose être une réalité alternative, Johnny Hallyday n’existe pas. C’est une autre star du rock français qui tient sa place, Chris Summer ( Antoine Duléry).

Désespéré, Fabrice se met alors à la recherche de celui qui aurait du devenir son idole : Jean-Philippe Smet (Johnny Hallyday dans son propre rôle). Il finit par le retrouver, mais le Jean-Philippe de ce monde est un sexagénaire patron d’un bowling !
Fabrice se met alors en tête de faire de Jean-Philippe celui qu’il aurait dû être, c’est-à-dire la méga star du rock Johnny Hallyday.

Horreur et incompréhension : Johnny n'existe pas !!
Voilà pour l’histoire. Si on peut y voir un point de départ proche de Podium de Yan Moix (les protagonistes sont des fans acharnés qui ne vivent que par et pour leur idole) le film s’en démarque très vite, tout en ménageant un petit caméo sympathique à l’inénarrable Bernard Frédéric.
Fabrice Luchini parfois cabotin est ici lumineux, magnifiquement juste et d’une sincérité extrême, et son compère Johnny trouve un rôle « à sa mesure » ! Moi qui suis loin d’être fan du papy rocker, je me suis laissé embarqué par l’enthousiasme teinté de folie douce du personnage de Luchini. Et il y a quand même quelques incontournables du répertoire du chanteur qui ne peuvent pas laisser de marbre.
Sans vouloir trop en dévoiler sur le film, je peux dire qu’on ne voit pas le temps passer, on rit de bon cœur et on est totalement dans le film jusqu’au final très astucieux mais parfaitement cohérent avec le thème de départ.

Que dire de plus au sujet de cet excellent film ? Allez une petite anecdote intéressante : le scénario est si original qu’il s’est fait remarquer outre-atlantique, Hollywood a d’ores et déjà racheté le concept, et on murmure pour l’adaptation rien moins que… le nom de Madonna à la place de notre Johnny national !

Pour l’idée originale, pour la performance des acteurs et même si vous n’êtes pas branché Johnny Hallyday, il faut aller voir Jean-Phillipe.

 

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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 15:08

Tiens puisque je vous ai touché deux mots au sujet des renseignements téléphoniques, restons dans le monde de la communication et de la publicité.

J’écoute beaucoup la radio, surtout quand je suis en voiture, et c’est là que sévissent régulièrement une « famille » de pubs qui prennent vraiment les gens pour des débiles légers.

Quel que soit le produit ou le service vanté par ces publicités, invariablement elles finissent par : « appelez le 32 quelque chose et dites turlututu chapeau pointu » (je prends l’exemple ici d’une publicité pour les chapeaux pointus vous l’aurez deviné). Ces accroches me gonflent sévère.
Non mais sérieusement, est-ce que ça viendrait à l’esprit de quelqu’un de prendre son téléphone, de composer le numéro indiqué et de dire haut et fort « GMF ! » ou « ANTARGAZ ! » comme s’il s’agissait d’un mot de passe, un sésame connu de vous seul…

Parce que le gars à l’autre bout de le ligne, son seul désir c’est de vous fourguer un truc histoire de gagner sa vie, vous pensez que si vous ne dites pas le mot magique il refusera de vous parler ?! Je me demande vraiment où les publicitaires sont allés dénicher ce concept, moi ça me dépasse. Ils nous prennent à ce point pour des bas du front dans les agences de pub ?
Alors, si quelqu’un a des infos sur ça (il doit bien y avoir une raison finement psychologique derrière ce type de formule je pense), j’aimerais qu’on m’explique le pourquoi du comment.
Y a-t-il des études statistiques sur l’impact positif d’une telle phrase par exemple ? C’est basé sur quel raisonnement ? vraiment ça m’intéresse de savoir.

En tout cas ce qui est sûr à 100%, c’est que sur moi ça ne marche carrément pas. Loin de m’inciter à appeler, ça m’horripile plutôt.
(oh je sais, pas de quoi en faire un fromage évidemment, mais on a le droit de s’énerver pour des conneries aussi hein !)

 

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6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 03:16

"118 218, 118 218, toutouyoutou, toutouyoutou,…" (Le Numéro)
"J'fais le 118 000 et je trouve le numéro d'une discothèque..." (Telegate France)
"2 x 118 712 ça fait quoi ? ça fait 2 renseignements jeune homme." (France Télécom - Orange)
"118 008, le seul renseignement garanti 100% pages jaunes." (Les Pages Jaunes)

Ça va faire plusieurs mois (la course aux renseignements a officiellement débuté en novembre 2005) que ces publicités fleurissent partout : télévision, radio, presse. Tout ça parce que le service du 12, les renseignements de France Télécom, a disparu (pour cause de fin de monopole) depuis le mois d’avril 2006 et qu’une foule de concurrents privés et publics se tirent la bourre pour devenir la nouvelle référence en matière de renseignements.
Mais tout de même, j’en arrive à me poser des questions. Tout ce matraquage publicitaire, ça doit coûter des sommes folles non ? Donc on peut logiquement imaginer que si autant de prestataires privés dépensent tout ce fric, c’est que l’investissement doit être hyper-rentable, ou alors ces mecs sont suicidaires.
C’est là que je m’étonne. Suis-je donc le seul à ne jamais me servir des renseignements ? ( bon si d’accord, une seule fois il y a 10 ans, j’étais de passage dans une ville et je voulais y contacter quelqu’un dont j’avais oublié le numéro de téléphone, mais c’est vraiment la seule fois !) Aujourd’hui, il n’y a rien de plus simple, pratique et gratuit que d’utiliser les pages blanches ou jaunes sur internet. Et avant internet, j’avais un bon vieux bottin et voilà tout.

Comme tout cela me laissait perplexe, j’ai revêtu ma panoplie de détective privé et j’ai cherché à savoir  à combien s’élève le montant des recettes de ce marché du renseignement. Eh bien c’est contre toute attente un véritable pactole que celui du 12. Jusqu’à sa disparition le 12 comptait quelques 25 millions de clients annuels, soit un chiffre d’affaires direct de 380 millions d’euros, et presque le double en chiffre d’affaires indirect (frais de mise en correspondance, services divers). Soit au total près d’un milliard d’euros !!! Incroyable n’est-ce-pas ? On comprend mieux dès lors l’acharnement de certains à remporter le morceau.

Mais pour les futurs utilisateurs des 118 quelque chose, une petite mise en garde s’avère utile : sachez que selon le numéro que vous choisirez, les tarifs peuvent être très variables et se décomposent de façons parfois très différentes. Quasiment chaque prestataire demande un prix fixe par appel auquel viennent s’ajouter selon les cas un tarif supplémentaire à la durée et un surcoût après mise en relation avec le numéro recherché… Et comme il y a plus d’une vingtaine de prestataires différents on trouve vraiment de tout dans la tarification. Depuis le 118 300 (Telemedia) à 45cts l’appel jusqu’aux cinq opérateurs principaux (voir les pubs plus haut) qui tournent tous autour de 1 euro l’appel, le panel est large. Depuis avril il y a même une surprise de taille avec l’entrée dans la bataille de Iliad (également propriétaire de Free, OneTel et l’annuaire inversé Annu) qui propose au 118 818 des renseignements et mise en relation gratuits !! (pour tout appel depuis une ligne France Télécom, portable Orange ou Freebox)

Pour bien faire le tri dans toute cette offre, voici un tableau comparatif de prix : http://www.allo118.com/comparateur-tarifs-numeros-118

Et tant que j’y suis, une autre petite info qui n’est pas trop de notoriété publique pour l’instant : le service du 12 de France Télécom n’a pas disparu corps et âme, il est devenu le 118 710, autrement dit le prestataire low-cost de France Télécom et coûte 56 cts par appel. Étonnant de voir que France Télécom fait la promotion exclusivement de son nouveau service de renseignements, le 118 712, à 1.12 euros par appel celui-ci. Idem pour Le Numéro qui axe toute sa publicité autour du 118 218 à 90 cts l’appel alors qu’il possède aussi le numéro low-cost 118 713 à 56 cts l’appel.
Mêmes boîtes mais prix différents et communication publicitaire uniquement autour du plus cher.

Bon sang, c’est vraiment si juteux que ça le filon du renseignement ? D’ici à ce que la mafia russe ne se lance sur le marché avec un 118 007 on en n’est pas loin ! Ah ben non zut, ce numéro là est déjà pris par Belgacom – Allo Bottin

 

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5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 15:02

Je ne m’en cache pas, Benoît Poelvoorde fait partie de mes petits chouchous, de ceux que j’aime tant que même ses mauvais films trouvent un œil compatissant chez moi.
Je me suis donc penché sur son dernier film, Du Jour au Lendemain de Philippe Le Guay, et j’ai trouvé qu’il s’agit d’une bonne comédie. Le problème c’est qu’à côté de l’électro-choc de Enfermés Dehors de Dupontel, les films « juste bons » ont moins d’impact. Mais en toute honnêteté, Du Jour au Lendemain, c’est vraiment pas mal du tout.

L’histoire de départ en est la suivante : François Berthier (Benoît Poelvoorde) est ce qu’on pourrait appeler un vrai poissard. Un type de rien qui fait preuve d’une malchance incroyable jumelée à une discrétion et une timidité qui confinent à la transparence tant il paraît insignifiant.  De fait, sa vie est à son image : un manque de chance chronique digne d’un Pierre Richard dopé au pot belge, un boulot minable dans une banque où il est totalement déconsidéré, et une femme qui le quitte pour vivre le grand amour avec un jeune et beau chef de chantier.
Bref, la loose totale.
Mais un matin, alors que tout allait au plus mal la veille, tout change. Le monde lui sourit, tout fonctionne pour lui. Les gens sont aimables avec lui, plus aucune crasse ne lui tombe dessus au contraire, son patron s’excuse de l’avoir maltraité et lui offre une promotion, même les femmes le regardent d’un œil nouveau. C’est là que commence la longue descente vers … la réussite totale ! Car pour un type comme Berthier, le changement est si brutal qu’il le vit de plus en plus mal…

François Berthier et son bureau étriqué dans un recoin où personne ne se soucie de lui. Et encore, là le néon marche correctement !
Comme on peut s’en douter en voyant le thème, c’est vraiment un film qui repose entièrement sur les épaules de son acteur principal. Et le rôle est écrit sur mesure pour Poelvoorde qui est excellent (j’allais dire comme d’habitude) dans la peau de son personnage tantôt malchanceux puis chanceux, mais dans tous les cas complètement déposé par les événements. A noter également la performance du très bon Rufus dans le rôle de l’agent de sécurité de la banque féru d’histoire de France et de généalogie.

Bref, je dirais que le film est à l’image de son interprète principal : drôle, simple, sincère et généreux. Une bonne comédie qui assure de faire passer un bon moment, c’est déjà pas mal non ?

Une affiche bien à l'image du film !

 

 

 

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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 18:48

Que vous soyez pour, que vous soyez contre, et même si vous vous en fichez comme de l’an 40, vous n’avez pas pu y échapper tant le sujet était omniprésent dans les médias ces deux ou trois dernières semaines : le CPE a fait parler de lui.
On ne parlait même que de lui.

Ce qui m’étonne d’ailleurs un peu, car je vous rappelle tout de même que juste avant cela, un autre sujet avait pris possession des journaux télévisés, des émissions de radio et de la presse. Eh oui souvenez-vous ce n’est pas si vieux pourtant : la grippe aviaire !

Pourtant ça semblait plus que grave comme problème. Un million de volailles abattues dans l’Ain après qu’un ou deux canards soient retrouvés enrhumés dans le département et qu’un élevage pourtant confiné s’était vu contaminé on ne sait trop comment. On nous rebattait à ce point les oreilles avec le fameux H5N1 que les journalistes en mal d’information à sensation en étaient arrivés à des extrêmes des plus pathétiques.
Pour mémoire, on a quand même eu droit en gros titres des journaux télévisés et des flash-infos à la radio (même sur les fréquences considérées comme les plus « sérieuses ») des infos-choc du type : « Dix étourneaux retrouvés morts au pied d’un arbre dans le centre de la France  », et « Un chat domestique mort dans le nord de l’Allemagne ». Ce qui approche quand même dangereusement le degré zéro de l’information de qualité vous en conviendrez.
Et bizarrement, depuis les manifestations anti-CPE, on n’entend plus parler de ce virus pourtant promis à dévaster la volaille, voire la population toute entière de l’Europe.

Alors moi j’en conclus que de deux choses l’une : soit la gravité de la menace de la grippe aviaire a été un chouïa exagérée par des médias en mal de sensations fortes, soit le remède au H5N1 c’est de prendre sa carte syndicale et d’aller manifester joyeusement contre le CPE.

Et dans le cas de la seconde hypothèse, on sera bien obligé d’admettre qu’il aura eu son utilité finalement, ce contrat première embauche !! ;o)
(Bon c'est pas tout ça mais je vous laisse, il y a une cuisse de poulet qui m'attend.)

 

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 01:54

Ca bouge pas mal en ce moment dans la rue, les manifestations vont bon train et le CPE est dans toutes les bouches… Notez bien que ce ne sont pas les manifestations qui m’étonnent, mais plutôt le fait qu’elles n’arrivent que maintenant, je pensais que ça pèterait déjà beaucoup plus tôt que ça !
Il y a quelques semaines je m’étais déjà fendu d’un article au sujet des CNE / CPE (par ici si par hasard vous désirez le (re)lire), je vous épargnerai donc un long et fastidieux rappel des raisons pour lesquelles je suis foncièrement contre ce nouveau contrat de travail.

Par contre je voudrais revenir sur quelques points soulevés ici ou là et qui m’ont paru intéressants, dans les débats télévisés et radiophoniques, sur des forums que j’ai pu lire dernièrement ou au cours de discussions informelles avec des amis. Excusez d’avance le manque de construction de ce qui suit, cela ressemble plus à une énumération de points qu’à un argumentaire travaillé et savamment articulé…

D’abord j’entends souvent la réflexion selon laquelle les manifestations actuelles sont indignes d’une démocratie parlementaire, qu’une loi votée par les représentants des électeurs doit être appliquée par principe et non pas contestée, et pour reprendre la phrase de certains hommes politiques, que « ce n’est pas la rue qui gouverne ». J’ai plusieurs choses à dire à ce sujet, qui évidemment n’engagent que moi, mais qui auront au moins l’intérêt de vous faire passer un quart d’heure si vous avez du temps à perdre ! :o)

La première chose, c’est que la démocratie signifie : « le pouvoir au peuple » (je ne connais pas l’étymologie grecque exacte, mais le sens est là).
C’est un très beau concept, difficile à appliquer et extrêmement fragile. Ses démons se nomment démagogie, populisme, poujadisme, manipulations, formatage des idées. Et pour tenter de mettre un peu d’ordre dans la démocratie, nous avons un système parlementaire : en gros le peuple élit ses représentants qui eux s’expriment en leur nom pour mettre en place les lois et les règles communes qui sont les bases de la vie en société.
Mais avoir un régime parlementaire, cela ne signifie pas que le peuple ne puisse plus s’exprimer directement, par des manifestations ou des grèves par exemple. Il doit impérativement pouvoir le faire quand ceux qui le représentent ne reflètent par leur avis. Se faire entendre n’est pas anti-démocratique ou anti-constitutionnel, au contraire, c’est un acte civique (et donc politique) fort qui témoigne d’un engagement responsable et d’une participation active à la vie de notre société. Si sur un point précis, on n’est pas d’accord avec ceux qui sont censés nous représenter, il faut le dire, c’est même selon moi le signe d’une conscience collective saine et réactive. Et quand le peuple s’exprime avec une telle intensité que ces derniers jours, je crois qu’il est vraiment indéniable que le message devrait être entendu et pris en compte par les pouvoirs politiques.

Le mouvement contestataire a été initié par les organisations étudiantes, et quelque part cela me rassure. L’ampleur qu’il a pris prouve à mes yeux que ceux qu’on englobe sous le terme générique « jeunes » sont en vérité plutôt loin de l’image qu’on veut bien s’en faire traditionnellement. Alors que d’habitude on décrit le « jeune » comme m’enfoutiste, complètement déconnecté de la vie politique du pays et sans conscience civique, les événements récents apportent un démenti fabuleux à ces idées préconçues. Non ils ne s’en fichent pas, oui ils se soucient de leur avenir et de l’avenir du pays, oui ils ont des convictions sociales et des opinions politiques. Et vraiment, ça me rassure, et même me rend fier. Je me dis que cette jeunesse si souvent mise à l’index, sait encore prendre ses responsabilités, se battre pour son avenir et s’investir dans la société, monter au créneau pour défendre leurs valeurs.

Mais … bien sûr il y a un « mais ».
L’engagement politique des jeunes ne doit pas masquer le problème annexe qui s’est greffé sur les manifestations. Je veux parler de ces casseurs qui trouvent dans les mouvements de foule actuels l’occasion de perpétrer des actes proprement scandaleux. Destructions de voitures, vitrines fracassées, poubelles incendiées, magasins dévalisés, manifestants sauvagement attaqués, volés et roués de coups, le tout sous les yeux des journalistes et des forces de l’ordre un peu dépassées par les événements.
Non seulement ces actes sont honteux et intolérables, mais en plus quelques indélicats (appelons-les avec pruderie ainsi) en profitent pour éclipser volontairement les revendications anti-CPE au profit de la mise en avant de l’insécurité. Et dès lors l’amalgame n’est pas loin, et le pas souvent allègrement franchi vers le raccourci scandaleux qui sous-entend : les jeunes manifestent contre le CPE + des jeunes casseurs s’infiltrent dans les manifestations = les jeunes anti-CPE cassent tout.
Ou comment l’acte civique de la manifestation politique pour un enjeu sociétal se transforme en deux coups de cuillère à pot et trois images (j’allais dire manipulations) choisies et isolées par quelques médias, en incivilités de la pire espèce. Du coup, le message politique des jeunes qui manifestent en toute conviction est sciemment relégué au second plan et on parle à sa place des débordements de quelques voyous qui n’ont rien à voir avec les étudiants. Que certains s’en servent pour essayer de décrédibiliser le mouvement anti-CPE m’énerve au plus haut point.
Oui les actes de ces casseurs sont totalement intolérables. Non ils n’ont rien à voir avec le débat d’idées autour du CPE.

Deuxième point important : puisqu’il est question de représentativité et de légitimité du pouvoir, il y aurait des choses à dire … Souvenons-nous comment est arrivé en place le gouvernement actuel. Combien de gens ont voté Jacques Chirac en 2002 pour son programme et avec une réelle conviction ? 19% environ. Les 19% de voix qu’il a obtenu à l’issue du premier tour des présidentielles. L’intrus d’extrême-droite au second tour a totalement privé la France d’un débat gauche-droite. Alors que certains sondages allaient même jusqu’à donner Jospin gagnant en face à face contre Chirac, le score inattendu de Le Pen a tout changé. Dès lors, au second tour le choix s’imposait : élire un démocrate ou un facho en puissance. Je me suis évidemment précipité pour voter Jacques Chirac au second tour, mais pas pour son programme ou ses idées politiques avec lesquelles je ne suis pas souvent d’accord (bien que sur certains points je l’ai trouvé très bon, en particulier lors de la crise en Iraq). Je l’ai fait pour réduire au minimum le pourcentage qu’obtiendrait Le Pen au second tour. Parce que contre une menace de l’envergure du FN, il faut faire front et mettre de côté nos mésententes politiques. Mais on aurait pu imaginer que Chirac prenne conscience de la réalité des choses. Que son score de 82% digne d’une république bananière ne reflétait en aucune manière un plébiscite pour sa personne, mais avant tout un rejet net de son concurrent.
Un minimum d’humilité eut été de mise je crois.
Je pensais sincèrement que le président allait constituer un gouvernement un minimum composite, plus penché vers le centre qu’à droite. Mais non, il ne l’a pas fait. On a vu ce que ça a donné depuis : Jean-Pierre Raffarin est devenu le premier ministre le plus impopulaire de la 5ème République, et tous les suffrages depuis 2002 ont à chaque fois été des votes qui désavouaient le pouvoir en place (pour les Régionales et le Référendum européen c’était indéniable par exemple). Avec la nomination de Dominique de Villepin on pensait avoir un chef de gouvernement plus ouvert, plus diplomate et plus rassembleur que le précédent … aujourd’hui il y a une rupture encore plus grande entre les français et le gouvernement (aux derniers sondages, environ 70% de personnes contre le CPE, et ça n’arrêtait pas d’augmenter). Alors quid de la légitimité de ce gouvernement et donc de ses projets ?

Et pour en terminer avec cette histoire de légitimité, j’aimerais aussi juste souligner une incohérence qui démontre bien la différence entre les discours et les actes des dirigeants actuels. En 2004 a été voté un texte de loi dit « Loi Fillon » (sur lequel il y aurait énormément à redire d’ailleurs) qui amorça ce qu’on a appelé alors le « détricotage du droit du travail » mais qui a cependant un mérite qu’il faut bien lui reconnaître : elle stipule que toute modification future apportée au droit du travail doit impérativement passer au préalable par la concertation avec les partenaires sociaux.
Et qu’a fait le gouvernement avec le CPE ? L’exact inverse : il a sorti un texte de loi tiré de son chapeau, sans la moindre concertation, sans le moindre débat d’idées ni discussion préalables. Plus fort même, il a fait passer cette loi par le fameux 49.3, qui l’a soustraite d’un vote à l’assemblée !

A moins qu’on vienne m’expliquer que le CPE n’a rien à voir avec le droit du travail (selon moi il le bouleverse de fond en comble), j’aimerais savoir dans quelle logique, dans quelle cohérence se situe cette façon de procéder.
En gros, on dit « on ne fera rien sans vous concerter », et on fait exactement le contraire. On dit « on restera inflexible sur le CPE », et on  prône le dialogue social en même temps. Il serait peut-être temps d’accorder actes et discours non ?
Et il serait peut-être aussi temps d’écouter un peu ceux qui protestent dans la rue plutôt que de leur répondre un ironique « j’entends aussi ceux qui ne disent rien », parce que ce genre de pirouette linguistique c’est joli en littérature, mais en politique ça aurait plus tendance à crisper ceux qu’on bassine à longueur de temps avec le « dialogue social ».

S’entendre dire « vous n’êtes pas d’accord parce que vous n’avez pas compris, je vais vous réexpliquer », ça commence à bien faire, et ça en devient vexant de se faire prendre pour des neuneus au bout d’un moment. On a bien compris ce qu’est le CPE, merci. C’est justement pour cette raison que tant de gens manifestent.
Il serait grand temps pour les uns et les autres de prendre leurs responsabilités, de laisser de côté les problèmes d’ego et d’orgueil et les conflits de personnes pour enfin avoir un échange constructif (n’est-ce-pas messieurs Villepin et Sarkozy ? n’est-ce-pas messieurs de l’inter-syndicale ?), histoire de faire avancer enfin les choses.

Malheureusement, je n’ai pas l’impression que la tournure des événements prenne cette direction. Quand je vois nos parlementaires se gargariser d’un lapsus du premier ministre (son inversion entre démission et décision), qui pour s’en moquer qui pour le défendre alors que ce n’est franchement pas ce qui importe je crois, je désespère. La politique ne serait donc devenue qu’un concours de bons mots ? On n’est pas sorti de l’auberge : quand quelques humoristes font de la politique, voilà que les hommes politiques se mettent à jouer les rigolos.
Et dire que certains dénoncent les Guignols de l’info comme étant trop caricaturaux …

 

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 16:42

Tiens, revoici une petite contribution à mon site, ça faisait longtemps !  Cette fois-ci, point de double identité secrète à la Batman ou Spider-Man. Non, rien de tout ça, aujourd’hui c’est Stella qui vous propose sa vision de moi (arggh).


Bon, alors comme je suis quand même un peu concerné, je tiens à préciser l’une ou l’autre choses qui pourraient prêter à confusion… (cela dit sans porter atteinte à l’interprétation de l’artiste)

D’abord je n’habite absolument pas dans un monastère perdu au fond des bois (j’ai des fenêtres chez moi quoi ! ;o) ).
Ensuite c’est vrai que j’avais des bouquins qui traînaient un peu partout chez moi, y-compris en vrac par terre, mais depuis très peu de temps, deux belles bibliothèques supplémentaires trônent fièrement dans l’appart. Du coup tout est bien rangé et classé sur les étagères (enfin presque… c’est-à-dire qu’elles sont déjà pleines, mais la suivante ne saurait tarder !).
Et pour finir, et c’est très certainement le plus important : je n’ai pas de pyjama. Ni en ce moment, ni pour dormir, ni pour mettre à jour mon blog :o). Niet, nada, queutchi, nothing, nix, nichts. Et j’ajouterais même que si j’en avais, jamais ô grand jamais il ne serait à pois !!! ;o)

Voilà, ces petites précisions faites, je veux dire un grand merci à Stella pour son dessin qui m’a bien fait rigoler, et qui m’a surtout fait très plaisir !
Et si vous êtes devenus des fans inconditionnels de ses dessins bleus (qu’on peut voir à cette adresse), écrivez-lui, peut-être qu’elle changera d’avis et se remettra à son blog…

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 16:47

Depuis le gros souci d'alimentation de la plate-forme Redbus ce dimanche, il y a tout un tas de problèmes sur over-blog. Comme Redbus hébergeait les serveurs d'over-blog et que ceux-ci ont dû être déménagés chez un autre hébergeur, les sites ont pas mal de ratés en ce moment.
Normalement tout devait être rétabli aujourd'hui, mais j'ai des soucis avec certaines images déjà postées qui ont disparu, et j'ai beaucoup de mal à en charger de nouvelles pour le moment.

Du coup mon article sur le tout dernier film d'Albert Dupontel, Enfermés Dehors, que j'ai vu hier soir, a pris un peu de retard, je n'avais pas envie de le poster sans les photos qui allaient avec. En tout cas, merci quand même à celles et ceux qui persistent à venir sur mon site un peu sens dessus-dessous ces derniers jours !

En espérant que tout rentrera dans l'ordre bientôt...

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 16:31

Hier soir au Colisée de Colmar, Albert Dupontel venait présenter en avant-première son troisième film en tant que réalisateur : Enfermés Dehors.
Grand amateur de Dupontel, je me devais d’y être. Bien que je n’ai pas encore vu tous les films auxquels il a participé, tous ceux que j’ai déjà pu voir m’ont plu. Depuis ses débuts grinçants d’humour noir en one-man-show, j’avais pris mon pied devant sa première réalisation, Bernie. Et en tant qu’acteur, le bonhomme a su se diversifier et démontrer l’étendue de son talent en toubib un peu paumé dans La Maladie de Sachs de Michel Deville, en énigmatique convoyeur de fond dans Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief, en soldat roublard dans Un Long Dimanche de Fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, ou encore dans le très controversé film de Gaspar Noé Irréversible.

Dans Enfermés Dehors, on retrouve avec plaisir toute l’équipe de comédiens de Bernie : Claude Perron, Hélène Vincent et Roland Bertin répondent présent. Manque malheureusement à l’appel Roland Blanche, décédé en 1999. Et s’ajoutent à tout ce beau monde un Nicolas Marie convaincant (qui n’est pas sans rappeler dans son jeu et sa voix Christian Clavier, et qui avait aussi déjà participé à Bernie), une partie de la troupe des Deschiens : Yolande Moreau, Bruno Lochet et Philippe Duquesne, quelques échappés du Canal+ de la grande époque : Gustave Kervern, Bouli Lanners et Jackie Berroyer, et même deux caméos de marque : Terry Gilliam et Terry Jones !
Avec bien entendu un Albert Dupontel au meilleur de sa forme et à la quadruple casquette : co-producteur / scénariste / réalisateur / acteur.

Roland, un faux flic / vrai SDF à la maladresse ... douloureuse !
La trame de départ est très simple : Roland, un SDF un peu simplet, trouve par hasard un uniforme de policier et décide de s’en servir pour aller manger incognito à la cantine du poste de police. Il va y rencontrer Marie, veuve et ancienne actrice de porno, dont la fillette Coquelicot (avec un C !) a été enlevé par les beaux-parents. Roland qui prend conscience des avantages de porter l’uniforme, va se prendre au jeu et décide d’aider à sa façon un peu maladroite la jeune femme qui ne le laisse pas insensible…

Voilà pour l’histoire. Comme c’était déjà le cas dans Bernie, Dupontel ne recule devant rien pour mettre en place une « ambiance » très particulière : des personnages souvent pathétiques mais malgré tout attachants, des péripéties loufoques, des dialogues savoureux, une bande son tonitruante (et le mot est faible tant elle est forte et stridente par moments, effet voulu qui rend certaines scènes d’autant plus dérangeantes, incongrues ou décalées), et une bonne dose de rire sous forme de poil-à-gratter.
Dupontel a gardé tout son mordant et son côté rentre-dedans n’a jamais été aussi décomplexé ! En gros c’est un film dingue, de dingue, sur des dingues. Il risque donc forcément de déplaire au plus grand nombre, tant son côté parfois too much gène un peu aux entournures…

Moi j’ai littéralement adoré !
Ils sont rares ces films qui rentrent dans le lard du spectateur, qui font rire avec la tristesse du monde moderne, qui revendiquent haut et fort leurs effets les plus frappants et qui évoluent sans la moindre compromission à la bienséance sans pour autant faire de la provoc gratuite. Celui-ci en est. Il est bourré jusqu’à la gueule de séquences chocs, de délires visuels et de personnages truculents et inimitables. Du Dupontel pur jus.
J’avais adoré Bernie, Enfermés Dehors le surpasse pourtant par moments.

Albert Dupontel a frappé un grand coup avec ce film. Il faut le voir si vous n’avez pas peur de sortir des sentiers battus du cinéma actuel.

  
 Cliquer sur l'affiche pour aller sur le site officiel du film

 

 

 

 

 

 

 

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