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  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 09:41


« L’Afrique était au bord du gouffre, mais heureusement elle a fait un grand pas en avant. »

Mobutu Sese Seko, président rassurant.

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23 février 2006 4 23 /02 /février /2006 17:07

L’année dernière, la marque automobile anglaise MG-Rover a mis les clefs sous la porte. Faute de repreneur un des fleurons de la construction automobile britannique mettait définitivement un terme à sa production.
Définitivement ? eh bien depuis ces derniers mois, les choses ont évolué, et il se pourrait bien que Rover renaisse de ses cendres (pour mon plus grand plaisir d’ailleurs, j’aime beaucoup leurs récentes gammes de voitures).

En 2005, après qu’on ait enterré l’avenir de l’industrie automobile du Royaume-Uni, Nanjing Automobile, une compagnie chinoise, a finalement racheté la défunte société MG-Rover, et possède depuis lors les brevets de fabrication de ses modèles (c’est-à-dire l’ensemble de la gamme MG, et les séries Rover 25, 45 et 75).
Mais la situation n’est pas si simple… La firme BMW (qui avait racheté Rover dans les années 90) possède toujours les droits d’utilisation de la marque Rover, marque qui est en ce moment en négociation de rachat par Nanjing. Ceci dit, il y a de bonnes chances que la négociation aboutisse, Nanjing ayant déjà racheté les droits sur le nom MG à BMW. Pour rappel tout de même, la fameuse Mini-Rover est devenue une marque déposée distincte, et restera quoi qu’il advienne dans le giron du groupe BMW. Tout comme Land Rover du reste, qui n’appartient depuis longtemps plus à la marque Rover (c'est une marque du réseau Ford à présent).

Nanjing a en outre annoncé que la production sera relancée très prochainement (d’abord prévue pour fin 2006, le calendrier prévisionnel serait plutôt décalé en 2007), en commençant par les modèles MG TF (re-stylée) puis MG ZT.

MG ZT 385
Quant au site de production, il devrait être conservé à Longbridge, le berceau historique de la marque au drakkar, avec deux chaînes d’assemblage et un atelier de peinture pour débuter. En tout état de cause, malgré certaines rumeurs annonçant la délocalisation des chaînes de production, Nanjing a officiellement signé le 22 février 2006 (c’est tout frais donc) un bail de 35 ans pour le site industriel de Longbridge (avec cependant une clause de retrait valable 6 mois – restons prudents…).
La production purement mécanique quant à elle (les moteurs) pourrait être transférée en Chine. Pour le design, il est fortement question que Nanjing s’adresse à une société britannique (c’est le nom de la société ARUP qui circule en ce moment).

MG TF
Moi qui aime beaucoup ces voitures, je suis bien content d’apprendre que tout n’est pas perdu. Évidemment je demande à voir : la qualité sera-t-elle au rendez-vous ? Et puis je me demande également : est-ce que l’Union Jack qui flottait en écusson miniature sur chaque auto sera remplacé par un petit drapeau chinois ou restera-t-il présent sur la carosserie des MG-Rover ?
Wait and See.

 

 

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22 février 2006 3 22 /02 /février /2006 17:40

Le Journal de mon Père est un manga.
Moi qui ai appris à lire avec Tintin, qui a été élevé avec Astérix et Gaston Lagaffe, et qui suis tombé dans les comics avant même d’entrer dans l’adolescence, j’ai mis très longtemps avant de lire un manga. Et c’est en écoutant les conseils avisés de connaisseurs en la matière, que j’ai décidé d’attaquer ce pan manquant à ma culture BD. Après le franco-belge et l’américain, je ne pouvais décemment pas rester à l’écart indéfiniment de l’art séquentiel japonais.
J’avais beaucoup d’a priori sur la question, mais l’auteur par lequel j’ai commencé ma découverte de ce continent de papier inexploré, en a balayé un bon nombre.
L’auteur en question, c’est Jirô Taniguchi, internationalement reconnu et primé pour ses mangas de qualité. Et Le Journal de mon Père est peut-être l’un de ses tous meilleurs.

Couverture de l'édition intégrale chez Casterman
Tout d’abord, mes réticences face aux mangas étaient dues au dessin. Bizarrement d’ailleurs, car je fais partie de cette génération qui a adulé Goldorak à la télé, et qui était passionnée par les aventures de Cobra ou des Chevaliers du Zodiaque, qui firent l’âge d’or du fameux Club Dorothée ! Mais je n’étais jamais parvenu à opérer le passage du petit écran au papier. À mes yeux, tous les mangas se ressemblaient, et j’ai toujours été bloqué par les collégiennes aux yeux immenses et par les grimaces grotesques des faire-valoir comiques. Évidemment, maintenant que j’ai pris la peine de feuilleter, comparer et découvrir plusieurs mangas différents, j’ai compris que le genre ne se limite pas à cette définition un peu primaire. J’ai pu me rendre compte de l’étendue d’auteurs différents, et surtout de la qualité de certains d’entre eux.

Deuxième a priori justement : les scénarios. Avant j’associais bêtement mangas et histoires aux scénarios sans fin, peu inventifs, très répétitifs, ultra-basiques, tirés en longueur et tournant toujours autour de deux axes principaux : l’humour et la baston (je passe volontairement sous silence le cas particulier des mangas érotiques).
En gros je m’imaginais qu’il ne s’agissait que de variation à l’infini d’histoires et de personnages à la Dragon Ball. Là encore, j’avais tout faux. Ou du moins sur le principe, car il faut avouer que ce genre est très présent dans la production nippone, mais le manga c’est aussi plein d’autres choses.

Le tout premier manga auquel j’ai vraiment accroché, c’était Quartier Lointain, lui aussi de Jirô Taniguchi. Et il y a quelques temps donc, j’ai pu lire Le Journal de mon Père, et là encore, j’ai été scotché.
L’histoire est celle de Yoichi, et des relations compliquées qu’il a eues avec son père tout au long de son existence. Du traumatisme qu’il a subi au divorce de ses parents, la disparition inexpliquée de sa mère alors qu’il était encore un enfant, et la communication quasi-inexistante entre un fils et un père dont la discrétion confine presque à l’austérité.
Le livre commence avec la mort du père de Yoichi, et nous invite à suivre le jeune homme au fil de ses pensées, qui en cette occasion va se remémorer toute sa vie. C’est avant les funérailles, en écoutant les amis et la famille raconter leurs souvenirs du père de Yoichi, que celui-ci va découvrir sous un jour nouveau l’homme qu’il croyait connaître et qui était devenu presque un étranger pour lui.
Cette histoire est l’histoire d’une profonde remise en question, par moment douloureuse mais finalement salvatrice pour Yoichi. Taniguchi nous plonge dans la culture japonaise si particulière, avec ses coutumes et son art de vivre, où le respect et l’honneur sont des valeurs traditionnelles et prépondérantes. Et pourtant le contexte, lui, reste universel. Au-delà du conflit des générations, la communication au sein d’une famille n’est pas toujours évidente. Quand les personnalités entrent en conflit, que le désir d’indépendance des uns est confronté à l’amour trop protecteur des autres, quand les silences et les non-dits l’emportent sur les mots et le partage des émotions.

Souvenirs d'enfance... (Cliquer pour agrandir)

En définitive, Le Journal de mon Père m’a vraiment subjugué malgré son rythme lent (il faut bien ça pour revenir sur une vie entière). L’histoire est belle bien que triste, et l’auteur dessine aussi bien qu’il raconte (ou peut-être est-ce l’inverse).
Je crois que les mangas n’ont pas fini de m’étonner, et c’est tant mieux.

 

 

 

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21 février 2006 2 21 /02 /février /2006 18:48

Ça faisait un petit moment que je l’avais enregistré sur Canal+, hier soir j’ai enfin pris le temps de le voir : Land of Plenty (en VF Terre d’Abondance) de Wim Wenders.
Wim Wenders est loin d’être un inconnu, et surtout loin d’être manchot ! Le réalisateur d’origine allemande a déjà signé des monuments du cinéma tels que Paris-Texas (1984), Les Ailes du Désir (1987) ou Buena Vista Social Club (1999) entre autres.
Avec Land of Plenty, il filme l’Amérique d’après le 11 Septembre 2001. Sans juger ou dénoncer qui que ce soit, il se contente d’exposer l’état dans lequel se trouvent les habitants du pays de la liberté depuis le traumatisme des Twin Towers. Il le dit lui-même, au départ il songeait à réaliser un documentaire, et finalement il a préféré recourir à une fiction.

L’histoire débute exactement deux ans après l’attentat de New-York, et suit deux personnages à l’opposé l’un de l’autre, et pourtant pas si éloignés que ça.
Lana
est une jeune américaine de 20 ans, expatriée depuis l’enfance, qui revient du Moyen-Orient aux USA et s’engage dans une mission protestante qui vient en aide aux SDF du downtown de Los Angeles.
L’autre personnage est le sergent Paul Jeffries, vétéran du Vietnam, qui a été exposé à l’agent orange à cette époque. Depuis l’attentat des Twin Towers, le sergent sillonne la ville à bord de son vieux van équipé de micros, de caméras et de tout un bric-à-brac para-militaire. Parano au dernier degré, Paul surveille tous ceux qu’il juge suspects (comprenez tous ceux de type moyen-oriental) et vit dans un univers confus où il se prend pour un agent anti-terroriste freelance. Paul est aussi l’oncle de Lana, et celle-ci cherche à le retrouver pour lui remettre une lettre de sa mère (la sœur de Paul donc) morte peu de temps auparavant.

Paul Jeffries, il consigne scrupuleusement sur cassette audio toute ses enquêtes
Au cours de ses pathétiques filatures, Paul va épier Hassan, un SDF d’origine palestinienne qui fréquente la mission où travaille Lana. Un soir, Paul assiste au meurtre de Hassan par des inconnus dans la rue. Persuadé qu’il s’agit d’une affaire mettant en scène des cellules terroristes arabes, Paul enquête pour remonter la piste des malfaiteurs. Lana lui apporte son aide mais dans un tout autre objectif : retrouver la famille de Hassan afin de lui remettre sa dépouille.

Wenders filme avec amour ses personnages, et ça se ressent : jamais il n’est complaisant envers eux, mais jamais non plus il ne les condamne. Il se contente de montrer en quoi ils sont tous très humains, dans leurs forces comme dans leurs faiblesses. Aucun jugement à l’emporte-pièce, seulement un regard juste et objectif sur l’Amérique d’aujourd’hui. Wim Wenders filme l’Amérique ( la Terre d’Abondance du titre) qu’il aime tant pour ses valeurs profondes, sa démesure, sa beauté et sa richesse, sans hésiter à montrer aussi l’envers du décor : la pauvreté, la déchéance de toute une partie de la population laissée à l’abandon.
L’Amérique de Wenders n’est pas un paysage de carte postale, la dualité l’habite.
Pays riche, mais avec une multitude de pauvres et de laissés pour compte. Pays puissant, mais qui se sent désespérément démuni face au terrorisme intérieur. Pays de la liberté, mais qui foule au pied son idéal au nom de la quête de la sécurité absolue. Pays croyant qui prône l’amour de Dieu et de son prochain, mais qui se méfie de tout ce qui n’est pas chrétien.

Lana, jeune femme fragile et forte à la fois
La force de Wim Wenders, c’est de filmer avec sincérité des personnages eux aussi sincères. Même les plus perdus d’entre eux, les plus meurtris, les plus apeurés conservent une humanité touchante.
Et il faut dire que ses personnages sont interprétés de façon magistrale par des acteurs convaincus et convaincants. Dans le rôle de Lana, on retrouve une Michelle Williams méconnaissable, qui n’a plus rien à voir avec la bimbo blonde qu’elle jouait dans la série pour ados Dawson. Dans le film de Wenders elle est touchante de simplicité et de gentillesse, se sortant remarquablement du personnage stéréotypé qu’elle s’est forgé à la télévision.
Paul Jeffries est interprété par l’excellent John Diehl (qu’on a pu voir en ripoux détestable au cours des deux premières saisons de The Shield, ou encore en colonel hyper-patriote dans Fail Safe), véritablement habité par son rôle. Le duo fonctionne à merveille, l’histoire est touchante et permet enfin un autre regard sur les américains. (on retrouve même dans un rôle  mineur l’inénarrable Paulie, beau-frère de l’icône Rocky en personne, j’ai nommé Burt Young)

Et c’est sur la voix grave du génial Leonard Cohen que le film se termine sur une conclusion qui laisse sur l’idée que si l’avenir s’annonce difficile, il n’est pas écrit à l’avance. Que se remettre en question est dur, mais pas impossible.

Un très beau film, définitivement.

L'affiche du film
(Pour ceux qui veulent en savoir plus, vous pouvez télécharger le dossier de presse complet en français en suivant ce lien)

 

 

 

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19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 11:44

Il paraît que je te ressemble. Que j'ai tes yeux, tes expressions, ta voix au téléphone...
Moi ce que je vois surtout, c'est toutes ces qualités que tu avais et que je n'ai pas. Pourtant j'aurais bien aimé.

Il est des combats qu'on ne peut pas gagner. Personne ne t'en veut pour ça. Tu manques, si tu savais.

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 12:29

Mesdames, Mesdemoiselles,
je tenais ici à vous rappeler que demain est le dernier jour des soldes, et que si vous désirez profiter de prix imbattables, c’est maintenant ou jamais (enfin, plus avant quelques mois quoi). Et pour celles qui ont le bonheur d’habiter pas trop loin de la frontière avec l’Allemagne, je crois vraiment qu’il reste de trèèèèès bonnes affaires à faire là-bas !

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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 17:13

Je t’aimerai toujours.
Quelle connerie.
Et dire que j’y croyais quand j’ai prononcé cette phrase le plus sérieusement du monde, en la regardant dans les yeux. Ça m’avait donné de l’assurance il y a 12 ans, face à son air moqueur et à son visage beau comme la lumière du jour.
Maintenant Mathilde gît là, à mes pieds, son sang d’un rouge sombre a fini de s’étaler.
Moi je ne sais pas exactement depuis combien de temps je n’ai pas bougé, ma mémoire semble avoir fait l’impasse sur les minutes (les heures ?) qui se sont écoulées depuis qu’elle s’est écroulée devant moi.
A-t-elle souffert ? J’imagine que oui, et ça me fait froid dans le dos. Pourtant il fait chaud. Cette putain de canicule s’abat jour après jour, encore et encore, ne laissant aucun répit aux gens depuis plus d’un mois. Même la nuit n’apporte plus son lot de fraîcheur. Les vêtements sentent l’humidité et la transpiration mélangées aux odeurs de déodorants devenus vite inutiles, et ceci dès le matin. On pourrait se changer toutes les heures à ce train là, tellement on sue.
Sûr que ça les a attirées, cette odeur âcre de transpiration. Elles étaient arrivées voici dix jours dans le village, on ne s’y attendait vraiment pas si tôt. Putain de saloperies. Pourtant au fond de notre vallée des Vosges je pensais qu’on aurait un petit sursis. Mais non.

Au tout début je n’y avais pas cru. Ça a débuté fin juin, avec la mort du pape. Faut dire que le pauvre vieux avait fait son temps … et même plus que son temps ! Il ne tenait plus debout depuis belle lurette. Puis est arrivé le temps où il ne tenait plus assis. Pour finir, il ne tenait même plus éveillé le bougre. Et à force de ne plus rien tenir, il avait fini par lâcher prise …
C’est sûr qu’il s’est battu le vieux. À croire qu’il ne voulait à aucun prix rencontrer enfin son créateur ! Bizarre tout de même, pour un pape …
Enfin bon, quand il a rendu l’âme à son propriétaire … il a fallu le remplacer. Les cardinaux se sont réunis, comme le veut la tradition. Deux noms alimentaient la rumeur. Le cardinal Montségur du Luxembourg, vitrine de la chrétienté nouvelle, ouverte au monde et réformiste. Pour le mariage des prêtres et le port de la capote pour se protéger du fléau du sida. Je ne suis pas du genre à courir à la messe le dimanche, mais selon mes critères ce gars ne disait pas que des conneries. Et le cardinal Palappin de Côte d’Ivoire, tout ce qu’il y a de plus traditionnel et classique comme religieux de ce rang, mais avec un handicap énorme. Il était noir comme la nuit. Oui, bien sûr la religion prône la tolérance et l’amour de son prochain. N’empêche qu’il était noir.
J’imagine les discussions de couloirs et les tractations entre groupes influents au sein du Vatican … Toujours est-il que c’est bel et bien un filet de fumée blanche qui s’échappa de la cheminée de la chapelle Sixtine suite à la réunion du conclave … un nouveau pape avait donc été élu. Il se nomma Pie XIII, et il s’agissait jusqu’alors du cardinal Di Santo du Brésil !
Eh ouais, exit le réformiste et le black, tout le monde s’était mis d’accord pour un type plus consensuel, et faut croire qu’on ne lui avait pas demandé son avis, parce qu’il avait l’air aussi surpris que le reste du monde. Sauf que si j’ai bien tout compris, le Di Santo a merdé … il n’était pas à la hauteur quoi. Les fâmeux secrets que les papes se transmettent l’un à l’autre … parmi eux il y en a certainement un ou deux qui lui ont fait tourner la tête, si bien que totalement affolé il paraît qu’il a lâché le morceau à quelques oreilles opportunes, toutes heureuses d’apprendre les secrets les plus cachés de l’Église.
Je ne sais pas exactement de quoi il retourne, il y a bien des rumeurs qui circulent, mais c’est un peu tout et n’importe quoi. Certaines parlent de la descendance cachée du Christ, d’autres de la venue de l’Anté-Christ, d’autres encore laissent entendre que Jésus avait été non pas le fils de Dieu mais celui du Diable, né homme pour racheter les fautes aux yeux de Dieu de son satané père … Bref, comme je l’ai dit : tout et n’importe quoi.

Par contre ce qui est avéré, c’est que c’est à partir de là qu’elles sont apparues. Pas tout de suite aussi nombreuses, mais bien vite elles ont déferlé en hordes sauvages sur le monde.
Saloperies.
Des espèces de monstres à mi-chemin entre le démon et le vampire. Comme ces derniers, il suffisait qu’elles mordent une personne pour que dans les quatre heures qui suivent, la transformation s’opère et que le malheureux mordu devienne lui-même une de ces abominations. Et pas la peine d’essayer de se réfugier dans une église ou de brandir un crucifix comme dans les films, les créatures s’en fichaient royalement. Non, le seul truc qui marchait encore pas trop mal, c’était les carabines, les flingues, les fusils. Les armes à feu quoi. Et fallait viser la tête. Va mordre quelqu’un quand t’as plus de mâchoire … t’as beau t’appeler Belzebuth ou Lilith tu peux toujours te brosser ! Simple, mais efficace.

Le problème ça a été la rapidité de propagation de ces choses. Elles sont apparues sans que personne ne s’y attende, a priori la révélation des secrets papaux a déclenché « l’enfer sur Terre ». Ensuite on n’a pas voulu tout de suite y croire. On pensait à des canulars, à des détraqués ou au pire à des hallucinations collectives. Mais ça s’est répandu vite, les hordes sont devenues Légion, et il fut trop tard pour réagir efficacement. Plus d’autre solution que de se cacher, se terrer dans des caves, des bunkers, des coins reculés et difficilement accessibles. En sachant bien qu’à un moment ou un autre ça coincerait niveau nourriture, eau, hygiène de vie … côté nerfs aussi.
Il y a dix jours les premiers … démons-vampires … je ne sais pas comment ça se nomme, moi je les appelle les saloperies … sont arrivés à Aubure, notre village. Ça a été un carnage. On était quelques-uns à se battre farouchement, décidés à vendre chèrement notre peau. Et puis faut dire que les saloperies n’étaient pas encore trop nombreuses à nous harceler. Mais ça a doucement changé, il y en eut de plus en plus, et nous étions de moins en moins nombreux, chacune de nos pertes allant inexorablement grossir les rangs ennemis …

On s’était retranché dans une petite ferme plus en hauteur, et on tenait pas trop mal le siège. Au bout de sept jours les saloperies se sont faites plus discrètes, va savoir pourquoi. On pouvait même sortir en groupe sans trop de danger pour se ravitailler en eau et en nourriture. Et ce matin en cherchant de l’eau au puits, elles nous sont tombées dessus par surprise et en nombre. Les deux frangins Guybert ont été les premiers à y passer. Complètement bouffés par les hordes de saloperies en furie. Nathan le boulanger, Denis le facteur et Josée sa femme ont été les suivants. Sygmund le curé en a dégommé pas moins de cinq avant de se faire submerger par le nombre. On avait presque réussi à s’en tirer quand une de ces horreurs qui avait les traits déformés d’un gamin de huit ans est sortie de je ne sais quel coin sombre derrière la ferme et s’est accrochée comme une sangsue à la jambe droite de Mathilde. Il fallut que je m’y reprenne à deux fois pour l’arracher tant il s’accrochait le diablotin. Mathilde saignait, sa cuisse était bien entaillée, un morceau de chair pendait encore à l’endroit de la morsure. J’ai tout de suite compris. On s’est précipité à l’intérieur, on a tout bouclé, on a couru s’enfermer dans la cave et elle s’est mise à pleurer. Les autres se sont éloignés, et nous ont laissés dans un coin de la cave pour se regrouper plus loin, nous jetant un œil craintif au moindre mouvement brusque, au moindre cri de désespoir de Mathilde.

Les minutes se sont écoulées lentement mais finalement ce qui devait arriver se produisit. Elle cessa de sangloter, se redressa, la tête penchée en avant, les yeux fixés au sol. D’un mouvement rapide elle releva la tête, me fixa deux secondes qui parurent une éternité, avant de se jeter brusquement sur moi, toutes canines dehors. Mon fusil à pompe était chargé et j’ai tiré un seul coup qui a fait mouche immédiatement. À cette distance, il ne restait plus rien de la tête de ce qui fut Mathilde. On ne distinguait au-dessus de ses épaules que sa chevelure blonde et beaucoup de sang.



Soudain le fil de mes pensées est interrompu par un bruit sourd et violent. Ça vient de derrière la porte principale de la cave. Un deuxième coup, puis un troisième. On aperçoit le brillant d’une lame traverser la lourde porte. C’est une hâche. On les entend crier de l’autre côté du mur, elles semblent avoir envahi la ferme … tout le monde dans la cave est pétrifié.

J’entends pleurer.
Je recharge mon fusil.
Saloperies.

 

 

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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 16:54

Ceux qui me connaissent savent que j’aime les comics, et que je ne suis jamais rassasié de lectures super-héroïques. Et j’ai la chance de compter parmi mes amis des gens qui savent tenir un crayon, et qui s’en servent rudement bien !
Alors voilà qu’après le talentueux Pierig, c’est l’illustre ChrisMic qui m’a imaginé dans la peau d’un super-héros bien connu…
Ce dessin vient de son excellent blog, que je ne peux que conseiller à tout le monde, et plus précisément d’une note dans laquelle il se demande « Pourquoi les chauves-souris volent ? » (c’est une chose qu’il faut savoir sur lui : il aime se poser des questions existentielles comme ça). Et sa réponse toute personnelle fait donc intervenir mon flair de fin limier, et je revêts pour l’occasion rien de moins que le costume du super-héros détective : Batman !

Alors merci beaucoup à ChrisMic d’avoir pensé à moi pour le rôle, et surtout de me laisser gentiment poster son dessin ici.

 

 

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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 18:56

Le 14 février c’est la Saint Valentin , autrement dit, la fête des amoureux. Et ces dernières années, un peu à l’image de Halloween ou de la fête des grands-mères, la Saint Valentin a pris des proportions de plus en plus importantes (médiatiquement et surtout commercialement).

Bref, on n’est pas obligé de la fêter, mais elle ne fait de mal à personne, donc chacun fait comme il le veut. Pour ma part je partage l’idée de ma fée selon laquelle on n’a pas besoin d’un jour particulier dans l’année où l’on s’aimerait plus que les autres. C’est pourquoi je n’apporterai pas ma pierre au romantisme ambiant du moment, mais tenterai une autre approche (qui a dit rébarbative ?).
Si certains font le rapprochement entre la Saint Valentin et la célébration romaine du dieu Faune le 15 février (les Lupercales), d’autres avancent que la mi-février correspond aux premiers accouplements de certains oiseaux (enfin, ceux qui échappent à la grippe aviaire) annonçant ainsi le début de la fin de l’hiver. Mais l’origine exacte de cette fête se perd quelque part en Angleterre au Moyen-Âge, sans que j’ai réussi à en savoir précisément plus (d’ailleurs si quelqu’un pouvait éclairer ma lanterne, je suis preneur).

Toujours est-il que le dieu romain de l’amour, Cupidon, y est souvent mêlé, et l’iconographie de la Saint Valentin ne manque pas de le représenter armé de son petit arc, prêt à attiser les sentiments de ceux sur lesquels il décochera ses flèches d’argent dans le coeur…

Voici en quelques mots la légende de Cupidon et de Psyché…
Cupidon (du latin cupere : désirer), alias Eros dans la mythologie grecque, était le fils de la déesse de l’amour et de la beauté, Vénus en personne. Celle-ci, affreusement jalouse de la beauté de Psyché, une jeune mortelle, ordonna à son fils de la faire tomber amoureuse de l’homme le plus laid de la Terre , pour la punir d’être si belle. Mais c’est Cupidon lui-même qui tomba sous le charme de la jeune femme, et pour la soustraire à la colère de Vénus l’emporta dans un palais caché de tous. Là, il la visitait chaque nuit, lui promettant une vie de bonheur et une descendance immortelle à condition qu’elle ne voit jamais son visage, afin qu’elle ne puisse le reconnaître. Psyché, mal conseillée par ses sœurs, ne put pourtant s’abstenir de regarder le visage de son amant, et l’épia une nuit à la lueur d’une bougie alors qu’il dormait. Déçu de ce manque de confiance en lui, Cupidon l’abandonna, et Psyché erra tristement à sa recherche. Mais l’histoire se termina plutôt bien : après une longue quête emplie de péripéties l’opposant à Vénus elle-même, elle finit par reconquérir le cœur de Cupidon, et c’est Jupiter en personne qui se chargea de la rendre immortelle, à l’égal des dieux, afin qu’ils puissent se marier enfin. De cette union, naquit une fille qui fut nommée Volupté…

Aujourd’hui Cupidon est représenté sous la forme d’un enfant androgyne, avec ou sans ailes, nus et armé d’une fleur ou plus souvent d’un arc. Son image a curieusement glissé pour passer de celle d’un beau jeune homme blond à celui d’un angelot facétieux. Personnellement je préférais cette image de gravure de mode à celle d’enfant ailé… et vous ?

 

 

Edit du 05.10.2010 :
À l'époque où j'ai écrit ce texte, j'étais muni d'un esprit facétieux et taquin. J'avais donc "caché" un lien vers une autre image qui vous permettait, en cliquant sur l'angelot débile ci-dessus, d'afficher un autre angelot, un peu différent, en la personne d'un archer nu comme un ver, ventripotent, l'oeil pas vif et ne cachant rien de ses attributs virils (arc, flèches et popaul en berne).
Je ne connais rien des rouages mystiques du système de référencement sur google, toujours est-il que par une équation qui m'est incompréhensible, je me retrouvais très souvent en première page d'une recherche google image sur des mots clés pourtant pas en rapport du tout (du genre : "jeune homme blond", "photo d'enfant", "gravure de mode ancienne", "fleurs d'enfant", etc, y-compris parfois des recherches des plus anodines et sans le moindre rapport avec cette image). Et croyez-moi, ce type de recherches est très courant, ce qui me ramenait environ 5 à 10 visites en moyenne par jour rien que pour cette photo. J'ai même reçu il y a quelques semaines, une plainte officielle d'un père de famille s'indignant de tomber sur cette photo en cherchant une photo d'enfant sur internet. Bon, en temps normal, rien que pour ce genre de plainte j'aurais laissé l'image en question en place, mais là, tous les jours je suis sidéré des renvois complètement hors de propos vers cette photo que me procure Google, dont décidément je ne comprendrai jamais la logique de référencement...
D'autant que je le redis encore une fois : cette photo n'apparaît pas sur mon blog ! Il fallait cliquer sur le lien caché pour la voir s'ouvrir en pop-up !!! (ce qui me fait dire aussi que le père de famille en question avait vraiment envie de la trouver cette photo, n'est-ce-pas Monsieur Pohardy ?, mais bref, passons). Même son nom n'expliquait pas cette sur-exposition sur le net (l'image se nommait banalement "cupidon2.jpg").
Toujours est-il que j'ai décidé qu'il valait mieux que j'ôte le lien pointant vers cette photo siiii choquante, ma blague de l'époque étant de toute manière de mauvais goût il paraît.
Ah, les joies d'internet.

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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 19:23

Voici une affaire qui pourrait sortir tout droit d’un scénario de la série Les Experts. Non pas les experts de Las Vegas, ni de Miami ou Manhattan, mais ceux de Sydney.
Car c’est dans la métropole australienne que s’est tenu une enquête pour le moins inhabituelle. Dix officiers de police d’une brigade de Sydney ont été soumis à un test d’ADN.
Pas dans le cadre d’une affaire de viol ou de tueur en série. Il s’agissait juste de retrouver celui qui avait uriné sur l’uniforme de leur chef dans les vestiaires.
L’histoire ne rapporte pas ce qu’il est advenu du coupable démasqué par la science, mais après ça on ne doutera plus aussi facilement de l’efficacité de la police !

(pour info, l’affaire remonte à janvier 2000… et oui, je ressors mes archives de temps en temps… ;o) )

 

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