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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Pop Culture : Comics Story

Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /2005 15:03

C’est bien souvent ainsi qu’on se l’imagine, avec une cape, un juste au corps laissant deviner une musculature bien virile ou d’affriolantes formes féminines, parfois affublé d’un masque protégeant son anonymat, et capable de prouesses hors-normes qui le rendent si singulier … je veux parler du super-héros bien sûr.

Outre son apparence stéréotypée, il y a d’autres a priori auxquels on l’associe très souvent. Le manichéisme. Les super-pouvoirs. Le patriotisme. Les lectures infantiles. Tout ceci et bien d’autres choses encore.

Et c’est vrai, l’image simpliste qu’on a du super-héros est loin d’être totalement injustifiée. Au départ les comics de super-héros étaient bel et bien destinés aux enfants et aux adolescents. Les personnages peuvent soulever des voitures, voler ou lancer des rayons d’énergie. Les gentils luttent contre les méchants, et sont les garants de la morale, de la bienséance occidentale, et bien souvent aussi les protecteurs du drapeau national. Tout cela est vrai, indiscutable. Mais …

 Mais ça ne s’arrête pas là, ne se résume pas à ça. Loin de là. Les comics, et les super-héros qui les habitent, sont bien plus que ça. Leur univers est riche de nuances, ils ne sont simples finalement que pour ceux qui ne les lisent pas …

Combien de fois voit-on dans les commentaires ou avis sur un album de comics des choses telles que « dans le style classique des comics » pour définir le dessin par exemple ? Et le plus drôle, c’est que cette phrase est employée d’un jour à l’autre au sujet de dessinateurs aux styles pourtant très différents … Est-ce l’habitude de donner des étiquettes ? est-ce parce que la culture comics ne fait pas partie de la culture bédéphile européenne ? ou est-ce simplement un manque d’intérêt flagrant, qui confine plus à l’indifférence volontaire qu’à l’ignorance compréhensible ?

De même, quand un comics ne traite pas d’un encapé aux pouvoirs surhumains, c’est l’exclamation, la surprise la plus totale, très souvent accompagnées d’une phrase laconique du type « pour une fois on sort de la sempiternelle histoire basique de super-héros ». Pour oser sortir une telle platitude (qui plus est inexacte de fait), encore faut-il soit rien n’y connaître, soit rien ne vouloir connaître aux comics.

Car oui, les comics sont vastes, les sujets tout aussi divers qu’en bd franco-belge, et les traitements sont propres à chaque auteur. C’est d’une banalité affligeante de dire cela au sujet de n’importe quelle œuvre littéraire, ou n’importe quelle bd européenne, et pourtant au sujet des comics j’ai l’impression souvent qu’il ne s’agit pas d’une évidence. Non seulement les comics ne traitent pas que de super-héros (des exemples ? De mal en Pis, Mariée par Correspondance, Sin City, ou encore un nombre conséquent de graphic novels de Will Eisner, parmi tant d’autres), mais dans les histoires même de super-héros, il existe des traitements scénaristiques et thématiques très différents, et une profusion d’artistes originaux et novateurs.

Alors à tous ceux qui résument les comics à un gentil en collants contre un méchant en armure, je dis ceci : au lieu de généraliser à outrance, lisez-en. Y-compris des histoires super-héroïques d’ailleurs, juste pour vous rendre compte qu’un artiste reste un artiste même outre-atlantique, que chaque histoire possède son scénario et son style graphique, que chaque auteur laisse un peu de lui dans ce qu’il raconte, quels que soient les personnages qu’il met en scène. Qu’il y a des bonnes et des mauvaises lectures dans les comics comme partout ailleurs, pas plus mais pas moins non plus. Que parfois ça fait du bien d’ouvrir son esprit comme on ouvrirait une fenêtre histoire de dépoussiérer un peu les étagères de nos certitudes.

 Je ne vous promets évidemment pas l’extase à chaque lecture, mais de belles surprises ça assurément.

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 18:15

Avengers est une des plus anciennes séries régulières de Marvel. Stan Lee et Jack Kirby l’avaient lancée en 1963, du temps du renouveau des super-héros. L’équipe regroupait alors Iron-Man, Thor, Hulk, Ant-Man (devenu très vite Giant-Man) et The Wasp, qui n’allaient pas tarder dans les tous premiers épisodes à retrouver le corps congelé du Captain America (Avengers vol.1 #4) de la seconde guerre mondiale, qui avait été conservé en état d’hibernation depuis lors. Cap allait devenir très vite le leader incontesté et la véritable âme de l’équipe, qui connaîtra des dizaines de compositions différentes au fil du temps. Le nombre de héros qui sont ou ont été Vengeurs un jour est impressionnant.
Mais la série Avengers était devenue trop classique, pour ne pas dire vieillissante. En comparaison avec les X-Men et leurs constants relaunchs, ou avec l’univers Ultimate, foisonnant d’idées et tout neuf, Avengers faisait figure de dinosaure.
Pour son 500ème numéro, Marvel a donc décidé de frapper un grand coup, et a pour ce faire donné carte blanche au scénariste à succès Brian Michael Bendis (Torso, Ultimate Spider-Man, Powers, Daredevil, …) et au dessinateur vedette David Finch (Ultimate X-Men, Aphrodite IX, New Avengers, …) afin de redorer le blason terni des Vengeurs, et faire redécoller les ventes.
C’est donc au #500 que débute la saga « Chaos », dernière aventures des Vengeurs. Et elle démarre très fort : au terme du premier épisode de ce story-arc qui en compte quatre, Scott Lang alias l’Homme-Fourmi II est déchiqueté dans une explosion causée par un Valet de Cœur zombifié, l’hôtel mythique des Vengeurs est détruit par une attaque de robots Ultron et Miss Hulk réduit littéralement en miettes le synthézoïde Vision devenu bizarrement fou. Rien que ça.
Et ça ne s’arrête pas là : dès le #502 une armada Kree s’en prend à une équipe des Vengeurs renforcée par tous ses membres réservistes. Dans cette bataille, c’est Clint Barton, le très charismatique et adulé héros Œil-de-Faucon qui perd la vie en se sacrifiant pour ses amis, avant que les Krees ne disparaissent aussi inexplicablement qu’ils étaient apparus.
C’est dans le #503 enfin qu’on apprend qui se cachait derrière tout cela : Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge, pilier de l’équipe et membre de très longue date des Vengeurs (elle rejoint l’équipe dans Avengers vol.1 #16 de mai 1965). Mutante capable d’influer sur les probabilités grâce à la « magie du chaos », elle peut virtuellement tout faire, et Wanda avait peu à peu sombré dans la folie et la schizophrénie depuis qu’elle avait accouché de jumeaux qui s’avérèrent des émanations inconscientes de son pouvoir immense et non pas ses véritables enfants.
Elle ne s’était jamais totalement remise de ce choc, et ses coéquipiers n’avaient pas remarqué sa lente descente vers la dépression et la folie. C’est avec l’aide du Docteur Strange que les Vengeurs parviennent à maîtriser la Sorcière Rouge, tout en découvrant sa dernière victime, son amie et mentor Agatha Harkness ; avant de la confier à son père (qui n’est autre que Magnéto), dans un état catatonique.



C’est dans Avengers Finale, un maxi-épisode de janvier 2005, sur lequel plusieurs artistes collaborent (dont Alex Maleev ou Steve Epting), que l’aventure des Vengeurs connaît son terme. Avec plusieurs membres tués, les survivants anéantis par la révélation de la trahison de leur amie, décident de dissoudre officiellement l’équipe des Vengeurs. La série Avengers s’arrête , 42 ans après son premier numéro.
Avec cette dernière saga cataclysmique des Vengeurs, Marvel et Bendis parviennent à l’effet voulu. Les épisodes finaux de Avengers ont été très largement suivis et commentés, le comic a fait une percée dans les ventes (dépassant les 100 000 exemplaires, devant Uncanny et Ultimate X-Men, ce qui est exceptionnel pour Avengers) et le scénario a causé un vrai choc aux fans.
La Sorcière Rouge une traîtresse passe encore (d’autant que c’est sa folie qui l’a poussée à agir), Vision détruit pourquoi pas (un robot ça peut se reconstruire, ce qui lui est déjà arrivé du reste), mais la vraie polémique c’est la mort des héros, et en particulier celle d’Oeil-de-Faucon.
Clint Barton a de tout temps été le contre-poids de Captain America. Le chien fou, le mauvais garçon, la tête brûlée parfaite. Il était un personnage culte des Vengeurs. Et bon nombre des fans reprochent à Bendis de n’avoir voulu faire qu’un « coup scénaristique », ni plus ni moins, pour qu’on parle de lui. Honnêtement, c’est mon avis aussi.

D’abord pour la façon assez expéditive, minable et illogique dont est mise en scène la mort d’Oeil-de-Faucon.
Pour un personnage de ce rang, c’est limite. Et ce qui me conforte dans ma conviction, c’est le traitement qu’en fera Bendis par la suite. Passé l’épisode de sa mort, on n’en parle quasiment plus, et ce décès ne servira finalement pas l’histoire (qui continue dans la toute nouvelle série New Avengers). Je veux dire par là qu’il n’a aucun impact en soi sur l’évolution des autres personnages de l’équipe.
Quand dans Amazing Spider-Man, Gwen Stacy meurt à cause du Bouffon Vert (dans Amazing Spider-Man vol.1 #121 de juin 1973), c’est un cataclysme pour Peter Parker qui sera marqué à vie (on le ressent encore dans les épisodes actuels, plus de 30 ans après !).
Quand Jean Grey meurt (dans Uncanny X-Men #137 de septembre 1980), Scott Summers et toute l’équipe sont durablement traumatisés, et subissent de vraies répercussions sur leurs vies et leurs personnalités. Répercussions qui seront les moteurs du scénario des épisodes suivants, s’étalant parfois sur plusieurs années.

Ici, malgré l’importance et tout le background du personnage qui vient de disparaître, rien.
Bendis ne traite pas du tout cet aspect des choses et c’est bien dommage, car il s’ôte lui-même tout l’impact, l’importance et la cohérence que son histoire aurait pu prendre dans la vie des Vengeurs.

OEil-de-Faucon est mort, et il est mort pour rien. Pourtant les héros ne devraient jamais mourir en vain.

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /2005 16:06

Ah, voilà une série humoristique récente et très réussie. Elles ne sont pas si courantes que ça il faut dire.

En dehors de Manu Larcenet, il y a peu d’auteurs qui sachent me faire rire de bon cœur dans la BD franco-belge d’aujourd’hui. Les maîtres en la matière datent tous d’il y a quelques temps. Si je ne résiste pas au Astérix de Goscinny et Uderzo, au Gaston Lagaffe de Franquin, aux délires d’un Gotlib ou aux franchouillards Bidochon de Binet, de nos jours je ne peux guère citer que quelques albums de Larcenet (La Légende de Robin des Bois par exemple) et la série des Pauvres Aventures de Jérémie de Riad Sattouf qui me fassent franchement marrer.

Que ce soit ses déboires sentimentaux dans le tome 1 Les Jolis Pieds de Florence, ou ses vacances délirantes dans le tome 2 Le Pays de la Soif, Jérémie est un loser attachant qui partage avec ses copains loufoques des aventures drôlesques (oui j’aime bien utiliser des mots qui n’existent pas parfois). Le tome 3 Le Rêve de Jérémie, dans lequel il s’installe avec sa nouvelle petite amie bourrée aux as tout en fantasmant sur un club échangiste du coin de sa rue, est un peu en-dessous des deux premiers opus, mais demeure un bon moment de lecture tout de même.


Reste à espérer que les prochains tomes reviendront au niveau des premiers, mais pour l’instant si vous cherchez une BD amusante, fraîche et moderne, Les Pauvres Aventures de Jérémie est une série de premier choix.
En tout cas, moi je suis client.

Ça peut faire une bonne idée de cadeau pour Noël, il vous reste 2 jours...

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /2006 18:41

C’est en février 2004 qu’apparaissent les Ultimate Fantastic Four.
Depuis 2000, Marvel a lancé avec succès son univers Ultimate, et voilà donc le tour des 4 Fantastiques d’y avoir leur série.



L’univers Ultimate, ce n’est ni plus ni moins qu’une relecture des personnages cultes de Marvel, mais après transposition de leurs origines de nos jours. Les Fantastic Four classiques ont débuté leur carrière en 1962, ils ont donc 40 années d’aventures derrière eux, et presque déjà tout vécu : ils ont combattu les plus grandes menaces de l’univers, ont disparu plusieurs fois, sont morts, sont revenus à la vie, ont sauvé des dizaines de fois le monde voire la réalité toute entière, ont visité le passé, l’avenir et les dimensions parallèles, … tout cela et bien plus encore.
Les personnages ont évolué, grandi en même temps que leurs lecteurs, et commencent à avoir un lourd passé derrière eux. Parfois si volumineux qu’il dissuade les lecteurs novices de se plonger dans leurs aventures, tant le poids de ce qui s’est passé en 40 ans peut impressionner.

Car chez Marvel on cultive les concepts de « continuité » et « d’univers partagé ». C’est-à-dire que tous les héros vivent dans le même monde, ce qui permet des rencontres et autres crossovers gigantesques (comme si par exemple en franco-belge Tintin, Astérix et Gaston Lagaffe se rencontraient le temps d’une aventure), et ce qui implique aussi que ce qui se passe dans une série peut potentiellement avoir des répercussions sur toutes les autres. Cela veut dire également que ce qui arrive à un personnage peut avoir des conséquences sur sa « vie » plusieurs dizaines d’épisodes plus tard, la fameuse continuité implique que toute histoire d’un personnage est considérée, dès lors qu’elle est éditée, comme faisant officiellement partie intégrante de son passé, et il peut y être fait référence n’importe quand à l’avenir.

C’est une caractéristique de Marvel depuis 1962 (DC , l’autre géant de l’édition de comics, s’y est mis aussi, mais a été pendant très longtemps beaucoup moins strict sur ce point, ce qui a eu pour effet de voir cohabiter des versions très différentes d’un même personnage au gré des envies des auteurs), qui a indiscutablement joué en sa faveur en accentuant le réalisme de cet univers de papier, et l’authenticité de ses héros.

Mais il y a un double-revers à la médaille : d’une part la cohérence globale de l’univers Marvel est d’autant plus difficile à préserver du fait qu’il ne cesse de s’étendre, du fait du nombre d’artistes amenés à travailler dessus, et du fait de l’accumulation des contraintes des épisodes passés qui entravent la créativité des auteurs du moment. D’autre part, et c’est encore plus problématique, cela finit par poser de grosses difficultés au niveau du lectorat. Difficile en effet de débarquer après 40 ans et se sentir à l’aise sur une série sans rien n’en avoir jamais lu auparavant … d’où la raréfaction des nouveaux lecteurs.

C’est donc dans un désir de simplification et pour attirer de nouveaux lecteurs, que Marvel a lancé sa ligne éditoriale Ultimate. L’univers classique continue sur sa voie, et on crée à côté, d’une manière totalement indépendante, un duplicata des personnages, vierges de toutes aventures, comme s’ils venaient d’être créés en 2000 plutôt qu’en 1962. Les auteurs ont le double-avantage de travailler sur des icônes déjà connues et reconnues du public comme Spider-Man ou les X-Men par exemple, mais sans avoir la moindre contrainte scénaristique liée au passé à respecter. Il s’agit en fait d’une version moderne, rajeunie et adaptée aux goûts du jour de héros vieux de 40 années pour la plupart.



C’est ainsi que dans le premier story-arc en 6 épisodes de UFF, The Fantastic, Brian Michael Bendis et Mark Millar au scénario, associés à l’excellent Adam Kubert aux crayons, nous content les nouvelles origines des 4 Fantastiques. On note d’ailleurs au passage des différences notables entre la version ultimate et la version classique. Par exemple l’âge des protagonistes, plus jeunes dans la nouvelle version. L’origine des pouvoirs aussi change. Ce n’est plus lors d’un voyage en fusée qu’ils se feront bombarder de rayons cosmiques, c’est au cours d’une expérience de téléportation au travers une dimension parallèle nommée N-Zone (l’équivalent de la Zone Négative dans l’univers classique) que les corps de Red Richards, Sue (Jane en VF) et Johnny Storm, Ben Grimm et Victor Van Damme (eh oui, Fatalis voit ses origines liées au groupe de départ, et a troqué son nom de Von Doom contre celui d’un fameux belge aware !!) acquièrent de fabuleux pouvoirs. On assiste ensuite à la découverte de leurs nouveaux pouvoirs par les auto-proclamés Fantastiques, alors qu’ils sont confrontés à leur premier ennemi : l’Homme-Taupe, revisité lui aussi. Quant à Fatalis, il disparaît dans l’expérience de téléportation et reste introuvable.

Scénaristiquement c’est bien fichu, avec juste ce qu’il faut de nouveautés pour entretenir l’originalité tout en ménageant quelques clins d’œil référentiels pour ceux qui connaissent les origines datant de 1962 par Stan Lee et Jack Kirby.

 Graphiquement, le plus vieux des frères Kubert assure un travail très correct et sait insuffler le punch qu’il faut au moment où il le faut.

Bref, là où je n’attendais pas grand-chose, voire même là où je craignais la grosse déception, cette « re-création » des Fantastiques m’a plutôt agréablement surpris, et je reste très satisfait de ma lecture. Si vous voulez vous mettre aux Fantastiques, Ultimate FF est idéal, et pour ceux qui connaissent déjà les habitants du Baxter Building, jetez-y un œil par curiosité, vous ne devriez pas le regretter.


Bonne lecture à tous.

(En VO il s'agit des épisodes UFF#1-6, qu'on trouve en VF dans le bimestriel UFF#1-3)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Jeudi 12 janvier 2006 4 12 /01 /2006 13:18

Sins Past est à mes yeux l’une des plus importantes histoires de Spider-Man de ces dernières années. Il faut dire que le tisseur a connu dernièrement des hauts et des bas. Après avoir crevé le plafond des chiffres de ventes au début des années 90 quand il a été confié au jeune prodige Todd MacFarlane (futur papa de Spawn !), il y a eu une longue traversée du désert pour le héros arachnéen qui a vu sa popularité décliner jusqu’à tomber au plus bas avec la fameuse Saga des clones, une histoire alambiquée, incohérente, incompréhensible, et interminable qui fera fuir, dégoûtés, bon nombre de fans du monte-en-l’air.

Devant l’ampleur du désastre, Marvel réagit tard mais fort. Spider-Man est ramené à ses « bases » (c’est-à-dire qu’on tire un grand trait sur presque tout ce qui a été fait avant et on revient à la formule qui a fait son succès), non sans casse au passage, et parallèlement est lancé Ultimate Spider-Man, la version « années 2000 » du Spider-Man des origines.
Si Ultimate Spider-Man ne tarde pas à cartonner (avec Brian-Michael Bendis et Mark Bagley aux commandes), la version classique du héros ne redécolle pas. Marvel débauche alors la star montante, Joe-Michael Straczynski (Rising Stars et Midnight Nation chez Top Cow, Babylon 5 pour la télévision) pour s’occuper de Peter Parker, associé au talentueux et indéboulonnable John Romita Jr. Dès lors, Amazing Spider-Man reprend de la hauteur. Les histoires sont de qualité, les scénarios intéressants, bref on vibre à nouveau pour le tisseur.

Et voilà qu’en août 2004, alors que John Romita Jr quitte l’aventure Spider-Man après près de 24 années de bons et loyaux services (pour se consacrer à d’autres séries de la Maison des Idées comme Wolverine ou Black Panther), JMS sort l’histoire qui marquera son passage dans la destinée de Peter Parker, dans les #509 à 514 de Amazing Spider-Man. C’est Mike Deodato Jr qui prend le relais aux crayons, et de bien belle manière, puisqu’il revient avec un style très réaliste et bien moins brouillon qu’auparavant (à comparer à ses prestations passées sur Thor, Hulk ou  Elektra).

Page crayonnée (cliquez pour agrandir)   Page finalisée (cliquez pour agrandir)


Dans l’histoire en 6 parties Sins Past, JMS va introduire une révélation qui fera date chez les spider-fans. Une révélation sur le passé de Gwen Stacy, premier amour de Spidey. Pour ceux qui ne savent pas qui elle est et ne connaissent que la Mary-Jane Watson qu’on voit dans les 2 films de Sam Raimi, je fais un rapide topo sur elle.
Sachez que dans le comics, avant la rousse MJ, il y a eu la blonde Gwen …
Peter et Gwen se sont rencontrés au lycée et ont fait l’université ensemble. Gwen a été son premier grand amour, et tout semblait à croire qu’ils étaient destinés à finir leur vie ensemble. Mais c’est Norman Osborn, alias le Bouffon Vert, qui transformera l’histoire d’amour en tragédie. Lorsqu’il découvre l’identité de Spider-Man, il enlève Gwen et l’emporte en haut du pont de Brooklyn (scène reprise dans le premier film, avec MJ à la place de Gwen). S’en suit une bataille entre Spider-Man et le Bouffon au cours de laquelle celui-ci précipite Gwen dans le vide. Spider-Man tente de la rattraper avec sa toile, mais le choc brise la nuque de la jeune fille, qui meurt dans Amazing Spider-Man #121. Ce n’est que bien plus tard que Peter connaîtra à nouveau l’amour avec MJ, leur amie commune. Voilà pour vous situer Gwen Stacy.

La mort de Gwen (cliquez pour agrandir)   La mort de Gwen (cliquez pour agrandir)

Sins Past débute donc avec une lettre que reçoit Peter chez lui, une lettre datée de quelques jours, écrite et signée de la main de … Gwen Stacy elle-même. Dans cette lettre inachevée, elle parle à Peter d’une révélation horrible qu’elle ne peut se résoudre à lui faire. Peter reçoit des menaces envers Tante May et MJ, et à plusieurs reprises doit en découdre avec deux mystérieux adversaires masqués, à la force et à l’agilité étonnantes. C’est en enquêtant sur la lettre de Gwen que Peter découvre, éberlué, qu’elle avait eu des jumeaux, Gabriel et Sarah, nés prématurés durant les quelques mois qu’elle avait passés en étude en France. Enfants dont Peter n’est pas le père, faute d’avoir eu de relations intimes avec Gwen.

Peter face au passé (cliquez pour agrandir)

Et le plus fort réside … dans l’identité du père des jumeaux, qui n’est autre que Norman Osborn en personne, l’ennemi le plus intime de Spider-Man !!! C’est Mary-Jane, au courant de toute l’affaire en tant que confidente privilégiée de Gwen, qui révèle tout à Peter, médusé d’apprendre de la bouche même de sa femme cet épouvantable secret.
Jugez plutôt : Peter apprend en bloc que sa douce et tendre Gwen Stacy avait eu une brève liaison avec Norman Osborn, son pire ennemi, alors que leur propre relation avait toujours été chaste. Et qu’elle a eu de lui des jumeaux, qui ont non-seulement hérité des pouvoirs extraordinaires de leur père, mais aussi subit de ce fait une dégénérescence génétique qui les fait vieillir 3 fois plus vite que la normale (évidemment, les mystérieux adversaires en noir que Spidey a combattu au début de l’histoire sont Gabriel et Sarah, persuadés que Peter est leur vrai père et qu’il les a abandonnés eux et leur mère).

Le voici face à une triple trahison : Gwen l’a trompé, de plus avec son ennemi juré, et MJ a toujours été au courant sans jamais rien lui dire. Voilà un vrai et grand bouleversement dans la vie de Spider-Man, bouleversement d’autant plus puissant qu’il amène à considérer d’un nouvel œil tout un pan de l’histoire du héros, en destituant de son piédestal Gwen Stacy de manière tout à fait plausible. C’est d’ailleurs ce que les fans hardcore de Spidey ont reproché à JMS : ne pas respecter le personnage devenu culte qu’a été Gwen Stacy. C’est comme si on venait vous dire que Rudolph Valentino était en fait gay ou que John Wayne avait peur des armes à feu, ça va à l’encontre de tout ce qu’on a toujours cru savoir du personnage de la douce Gwen.

Et pourtant je ne peux qu’avouer que JMS a parfaitement réussi son coup : tout colle jusque dans les moindres détails. On a du mal à le croire parce qu’on ne veut pas le croire, pourtant c’est vraiment étayé et plausible. Et c’est justement parce que cette histoire est imparable, et parce que les faits s’insèrent sans mal dans le passé des personnages sans créer d’incohérence de continuité, que la révélation prend une telle force, que la trahison fait si mal. C’est la première fois que je me suis senti trahi personnellement au même titre que Peter Parker par un personnage de BD. Preuve que Gwen représentait jusqu’alors dans l’inconscient collectif des lecteurs une forme de perfection, et que JMS a réussi à nous démontrer que même dans les comics, les êtres humains parfaits et irréprochables n’existent pas.
Rien que pour ça, bravo monsieur Straczynski !


(en VO ça se lit dans Amazing Spider-Man vol.1 #509 à 514, en VF dans le mensuel de Panini/Marvel France Spider-Man vol.2 #63 à 68 - avril à septembre 2005) 

 

 

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /2006 17:38

Wolverine est un des personnages phares de l’univers Marvel. Il est sans conteste le X-Man préféré des lecteurs, et sa popularité est telle qu’il est omniprésent dans de nombreuses séries.
Principal protagoniste d’une pléthore de mini-séries qui lui sont consacrées, présent dans toutes les séries dédiées aux X-Men, depuis peu membre des Vengeurs … il collectionne les apparitions en guest-star et apparaît sur un nombre impressionnant de couvertures de comics. Bref, bien que moins connu du grand public qu’un Spider-Man, il est incontournable.

C’est donc très paradoxal de se dire qu’en même temps, sa série régulière n’a jamais vraiment déchaîné les passions. Pour ma part je l’ai d’ailleurs toujours trouvée plus anecdotique que les autres séries où il a été mis en scène. Même les grands évènements de sa « carrière » de super-héros ont eu lieu ailleurs que dans sa série, c’est tout de même un comble !
Quand Barry Windsor-Smith nous conte sa mésaventure avec l’organisation Arme X, c’est dans la mini-série du même nom. Quand Magnéto arrache son adamantium au squelette de Logan, c’est dans X-Men #25. Quand nous sont dévoilées les origines du nabot griffu, c’est encore dans une mini-série évènementielle (Origin par Joe Quesada, Paul Jenkins et Andy Kubert).

Inconsciemment, j’ai moi-même en tant que lecteur, toujours considéré la série Wolverine comme une « série B » face à ses aînées telles que Uncanny X-Men, Avengers ou Amazing Spider-Man. Une série souvent plaisante et distrayante, mais où il ne se passait rien de crucial.
Et j’ai l’impression en lisant les commentaires dans les forums, ou en discutant avec d’autres lecteurs de comics, que c’est un peu le sentiment de tout le monde.

Marvel a dû certainement faire le même constat, car il a été décidé de « booster » la série Wolverine en y créant l’événement. Tout d’abord, l’équipe créative a été remaniée, avec l’arrivée du décapant Mark Millar (tout auréolé du succès de ses Ultimates et Authority) au scénario, et de John Romita Jr en personne, transfuge de sa mythique série Amazing Spider-Man, au dessin. Excusez du peu.


De cette collaboration inédite est né le story-arc en six parties Enemy of the State, qui joue la rupture de ton avec ce qui avait été fait depuis des années sur la série. Millar dans son style percutant a décidé de revenir aux bases du personnage de Wolverine.
Qu’est-ce qui a fait que Wolverine sorte ainsi du lot des nouveaux X-Men lancés en 1975 ? Sa bestialité.
Logan est certes un héros, mais avant tout parce que l’humain prend le pas sur l’animal qui est en lui. Plus on remonte dans son historique, plus on se rend compte qu’il était sauvage, incontrôlable. C’est donc sur cet aspect que Millar base son histoire. Que se passerait-il si Wolverine se lâchait, s’il laissait parler la bête sauvage en lui ? D’autant que selon sa propre expression, il est sans conteste « le meilleur dans sa partie » …

On assiste donc au début de l’arc à un piège dans lequel Wolverine va tomber. L’Hydra, et la Main (deux des plus puissantes organisations criminelles de l’univers Marvel) s’associent pour transformer Wolverine en tueur à leur solde. Ils chargent le fantômatique et redoutable Gorgone, maître-ninja, de capturer le griffu et de le leur livrer moribond afin de lui faire subir un lavage de cerveau diabolique. Au-delà même de cela, il est littéralement reprogrammé pour devenir un tueur indomptable. La stratégie des criminels est simple : faire assassiner des super-héros par Wolverine afin de les récupérer pour les transformer à leur tour en tueurs implacables comme la Main l’avait fait à l’époque avec Elektra (tuée par Bullseye dans Daredevil vol.1 #181). En effet, la Main a la capacité de réanimer les corps de personnes mortes depuis peu de temps, pour en faire des quasi-zombies totalement soumis à ses ordres.
En ciblant des sur-hommes, ils tentent de gonfler leurs rangs de tueurs dotés de super-pouvoirs. Ce sera l’occasion de voir Wolverine en solo contre quelques stars du Marvel universe : Elektra, les 4 Fantastiques, Daredevil, ses coéquipiers X-Men… et c’est Captain America qui finira par le neutraliser, juste après qu’il ait tué l’un des X-Men lancé à sa poursuite. C’est sur la capture de Logan par le SHIELD (agence gouvernementale d’espionnage et d’affaires sur-humaines)d’un côté et la récupération d’Elektra par la Main (pour la seconde fois donc) que se finit Enemy of the State.


Comme souvent avec Millar, on ne s’ennuie pas à voir Wolverine semer le chaos alors que les autres héros se démènent pour l’arrêter. Les duels entre Wolverine et les nombreux héros qui interviennent au long des six épisodes sont très intéressants, pleins de punch et bien trouvés. Et il fait quelques victimes de second plan au passage, histoire de donner du poids et de l’authenticité à l’histoire.

Point de vue dessins, John Romita Jr rend une copie parfaite, il met dans ses planches de la puissance, de la fluidité et du spectaculaire, le tout mêlé à sa science bien rôdée de la narration. Il est et reste définitivement l’une des valeurs les plus sûres de l’écurie Marvel.

(Cliquez ici pour agrandir)


En résumé, si l’histoire et son déroulement sont assez basiques, les deux auteurs prennent visiblement du plaisir sur cette aventure de Logan, et ça se ressent à la lecture. C’est même plutôt communicatif. Bref, ce story-arc assure le spectacle tout en préparant le terrain à sa suite directe qui occupera les six épisodes suivants du duo Millar/Romita : Agent of the SHIELD.

 

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Mardi 31 janvier 2006 2 31 /01 /2006 17:50

Voici venir le nouveau personnage de BD de Diego Aranega. Après Focu, un autre héros dont le patronyme cache mal la personnalité, c’est Victor Lalouz qui prend le relais pour faire marrer dans les chaumières.
Mais si Victor fait rire, ce n’est pas un farceur, pas un blagueur, ni un comique troupier. Quand on rit c’est toujours à ses dépends, et même quand il essaie d’être drôle, ce n’est jamais de sa blague qu’on rit…

Victor, radio-star...
Comme il le dit si bien dans les premières planches, c’est Victor Lalouz avec un L, pas Victor Labouz avec un B. La différence est de taille et il y tient. En tout cas le titre de ce tome annonce fièrement la couleur : ce n’est pas parce que Victor est un loser qu’il n’a pas d’ambition. D’ailleurs autant son nom est explicite, autant Victor semble le seul à ne pas se rendre compte de ce qu’il est.
Au point que par une étrange ironie du sort, le loser va devenir populaire justement parce qu’il est tellement naze, que tout le monde pense qu’il le fait exprès et qu’il est le roi de l’humour au douzième degré.
Dans En Route pour la Gloire, on va découvrir comment Victor va devenir en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, animateur de radio pour djeun’s. Ça m’a d’ailleurs ramené une douzaine d’années en arrière, quand la mode était aux émissions trash et un peu débiles, branchées cul et humour à deux balles. Rappelez-vous les moments de gloire de Fun Radio ou Skyrock : Doc et Difool (ça n’est pas sale), Tabatha Cash et ses conseils sexy, Maurice (Allokivala ?), SuperNana ou encore les débuts de Cauet
Et bien mélangez bien tout ça et imaginez un gars qui à l’antenne en fait un remix au premier degré. Ce gars, c’est Victor Lalouz.

Mais en dehors du boulot, Victor c’est aussi un type qui se fait des plans cul tout seul, qui vit en permanence dans un monde décalé dont il est le héros, qui voudrait bien emballer les filles même si c’est sa mère qui choisit ses slips, et qui appelle son psy papa.
Vous l’aurez compris : si je vous dis que Victor Lalouz est formidable, ce n’est pas lui qui me contredira ! Alors n’hésitez pas à vous payer une bonne tranche de rigolade (et ne vous moquez pas trop de lui : c’est quand même un gars cool Victor) en plongeant tête la première dans le nouveau délire de Diego Aranega.

Victor Lalouz, c’est drôle. Victor Lalouz, c’est fin (enfin presque). Victor Lalouz c’est bon. Mangez-en.

(et pour ceux qui en redemandent, je vous conseille de visiter son blog)

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Vendredi 10 février 2006 5 10 /02 /2006 18:49

Après avoir vécu les nouvelles origines des Fantastiques version Ultimate dans les six premiers épisodes, voici le story-arc Doom, dans lequel nous apprenons ce qu'il est advenu de Victor Van Damme, seul des cinq participants à l'expérience de téléportation de Red, et dont on avait plus eu de nouvelle depuis lors.

Outre quelques flashbacks contant la jeunesse de Victor sous le joug d'un père tyrannique, froid et violent, on le retrouve lui aussi muté par son passage en Zone N. Alors que dans l'univers classique, Von Doom porte une armure de métal intégrale suite à l'accident qui l'a défiguré et dont il rend responsable Richards, ici Van Damme (rappelez-vous, son identité civile a été un peu remaniée dans cette version) a subi une transformation et possède des pouvoirs surhumains. Sa peau a été remplacée par du métal, il ne s'agit plus d'une armure. Son métabolisme s'est transformé en poison qu'il peut expulser par la bouche en un nuage toxique. Mais une chose n'a pas changé : dans l'univers ultimate aussi, il tient Red Richards pour responsable de son état, et à ce titre lui en veut mortellement.
Début d'un nouveau story-arc.
Ces six nouveaux épisodes nous amènent au premier confrontement entre Doom et les FF. L'équipe créatrice a changé, c'est Warren Ellis qui est au scénario, et Stuart Immonen qui assure les crayonnés. Si j'ai toujours apprécié Immonen dans ses différents travaux (Shock Rockets, Sebastian X, Superman : Identité secrète,...), je dois dire que je le trouve très irrégulier sur ces six épisodes-ci. Plutôt bon et fluide dans les quatre premiers épisodes, son trait se simplifie dans le plus mauvais sens du terme dans les deux derniers, on a presque l'impression de voir des esquisses et non ses dessins habituels, tant son style devient brouillon et minimaliste. Comme s'il avait été pris par le temps et avait fini en toute hâte, bâclant son travail. Très dommage.

Côté scénario par contre, Warren Ellis (The Authority, Planetary, StormWatch, Transmetropolitan,...) est fidèle à lui-même : c'est du bon et c'est varié.
À l'intrigue principale, il rattache habilement quelques subplots, flashbacks et digressions bienvenus. On apprend par exemple certaines choses qui en 40 ans n'ont jamais été abordées dans l'univers classique. Ellis s'attarde ainsi à donner des explications détaillées et scientifiquement documentées sur certains points telles que la téléportation ratée responsable de leur état, et répond à des questions cruciales comme « Que devient la nourriture que vient d'ingérer Red Richards quand il s'étire ? » ou encore «  La Chose va-t-elle aux toilettes ? ».
Le tout avec un humour qui fait mouche.
Question embarassante... (Cliquer pour agrandir)
Bref, on en apprend beaucoup sur les personnages auxquels on s’attache vraiment, l’originalité reste de mise et l’action est malgré tout au rendez-vous. Ellis s’impose sans difficulté alors que Immonen coince un peu sur la fin, mais dans l’ensemble ce story-arc est très intéressant, et reste une lecture que je recommande.
Réponse embarassée... (Cliquer pour agrandir)
(En VO ça se lit dans les épisodes #7-12 de UFF chez Marvel et en VF dans les #4-6 du magazine UFF chez Panini/Marvel France.)

 



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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /2006 17:40

Le Journal de mon Père est un manga.
Moi qui ai appris à lire avec Tintin, qui a été élevé avec Astérix et Gaston Lagaffe, et qui suis tombé dans les comics avant même d’entrer dans l’adolescence, j’ai mis très longtemps avant de lire un manga. Et c’est en écoutant les conseils avisés de connaisseurs en la matière, que j’ai décidé d’attaquer ce pan manquant à ma culture BD. Après le franco-belge et l’américain, je ne pouvais décemment pas rester à l’écart indéfiniment de l’art séquentiel japonais.
J’avais beaucoup d’a priori sur la question, mais l’auteur par lequel j’ai commencé ma découverte de ce continent de papier inexploré, en a balayé un bon nombre.
L’auteur en question, c’est Jirô Taniguchi, internationalement reconnu et primé pour ses mangas de qualité. Et Le Journal de mon Père est peut-être l’un de ses tous meilleurs.

Couverture de l'édition intégrale chez Casterman
Tout d’abord, mes réticences face aux mangas étaient dues au dessin. Bizarrement d’ailleurs, car je fais partie de cette génération qui a adulé Goldorak à la télé, et qui était passionnée par les aventures de Cobra ou des Chevaliers du Zodiaque, qui firent l’âge d’or du fameux Club Dorothée ! Mais je n’étais jamais parvenu à opérer le passage du petit écran au papier. À mes yeux, tous les mangas se ressemblaient, et j’ai toujours été bloqué par les collégiennes aux yeux immenses et par les grimaces grotesques des faire-valoir comiques. Évidemment, maintenant que j’ai pris la peine de feuilleter, comparer et découvrir plusieurs mangas différents, j’ai compris que le genre ne se limite pas à cette définition un peu primaire. J’ai pu me rendre compte de l’étendue d’auteurs différents, et surtout de la qualité de certains d’entre eux.

Deuxième a priori justement : les scénarios. Avant j’associais bêtement mangas et histoires aux scénarios sans fin, peu inventifs, très répétitifs, ultra-basiques, tirés en longueur et tournant toujours autour de deux axes principaux : l’humour et la baston (je passe volontairement sous silence le cas particulier des mangas érotiques).
En gros je m’imaginais qu’il ne s’agissait que de variation à l’infini d’histoires et de personnages à la Dragon Ball. Là encore, j’avais tout faux. Ou du moins sur le principe, car il faut avouer que ce genre est très présent dans la production nippone, mais le manga c’est aussi plein d’autres choses.

Le tout premier manga auquel j’ai vraiment accroché, c’était Quartier Lointain, lui aussi de Jirô Taniguchi. Et il y a quelques temps donc, j’ai pu lire Le Journal de mon Père, et là encore, j’ai été scotché.
L’histoire est celle de Yoichi, et des relations compliquées qu’il a eues avec son père tout au long de son existence. Du traumatisme qu’il a subi au divorce de ses parents, la disparition inexpliquée de sa mère alors qu’il était encore un enfant, et la communication quasi-inexistante entre un fils et un père dont la discrétion confine presque à l’austérité.
Le livre commence avec la mort du père de Yoichi, et nous invite à suivre le jeune homme au fil de ses pensées, qui en cette occasion va se remémorer toute sa vie. C’est avant les funérailles, en écoutant les amis et la famille raconter leurs souvenirs du père de Yoichi, que celui-ci va découvrir sous un jour nouveau l’homme qu’il croyait connaître et qui était devenu presque un étranger pour lui.
Cette histoire est l’histoire d’une profonde remise en question, par moment douloureuse mais finalement salvatrice pour Yoichi. Taniguchi nous plonge dans la culture japonaise si particulière, avec ses coutumes et son art de vivre, où le respect et l’honneur sont des valeurs traditionnelles et prépondérantes. Et pourtant le contexte, lui, reste universel. Au-delà du conflit des générations, la communication au sein d’une famille n’est pas toujours évidente. Quand les personnalités entrent en conflit, que le désir d’indépendance des uns est confronté à l’amour trop protecteur des autres, quand les silences et les non-dits l’emportent sur les mots et le partage des émotions.

Souvenirs d'enfance... (Cliquer pour agrandir)

En définitive, Le Journal de mon Père m’a vraiment subjugué malgré son rythme lent (il faut bien ça pour revenir sur une vie entière). L’histoire est belle bien que triste, et l’auteur dessine aussi bien qu’il raconte (ou peut-être est-ce l’inverse).
Je crois que les mangas n’ont pas fini de m’étonner, et c’est tant mieux.

 

 

 

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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /2006 01:15

Il est en ce moment une tendance dans le monde des comics, qui consiste à faire venir au sein des équipes créatives des artistes issus d’autres secteurs.
Est-ce pour s’attirer de nouveaux lecteurs que les maisons d’édition ont mis en place cette politique ? Ou peut-être pour gagner en crédibilité et en sérieux aux yeux de ceux qui voient les comics comme du sous-art ? (Aux USA les comics ne sont pas considérés comme la BD en France, on ne parle pas de forme d’art à leur sujet, mais juste de produits commerciaux)

Actuellement donc, on dénombre pas mal de transfuges de la télévision, du cinéma et de la littérature aux commandes de séries, et non des moindres, outre-atlantique. On peut citer John Michael Straczynski (créateur entre autres de Babylon 5 à la télévision) qui est scénariste de Amazing Spider-Man depuis quelques années. Joss Whedon (les séries télé Buffy et les Vampires et Angel, bientôt l’adaptation cinématographique de Wonder Woman) a également remporté un vif succès au scénario de la série Astonishing X-Men. Marvel a annoncé l’arrivée de Damon Lindelof, l’un des auteurs de la série vedette Lost sur une mini-série Hulk Vs Wolverine dans l’univers Ultimate. Même Thomas Jane (acteur) s’est piqué au jeu et va scénariser une mini-série consacrée au personnage qu’il a incarné à l’écran : le Punisher. Sans parler des romanciers et écrivains qui scénarisent des comics : Reginald Hudlin sur Black Panther par exemple, Robert Weinberg sur Cable, le fabuleux Neil Gaiman (1602, Sandman, Death, etc…), Michael Moorcock sur Tom Strong, Orson Scott Card, Brad Meltzer, Greg Rucka, Peter David, …

Bref, en quête de notoriété ou de crédit, l’industrie du comic sait diversifier ses auteurs et jouer sur le renom de ceux-ci dans d’autres arts pour donner une nouvelle image aux comics.
Mais dans ce débauchage massif d’écrivains, Marvel vient de frapper un grand coup. En effet, la Maison des Idées a dévoilé récemment son association avec le roi de la littérature fantastique Stephen King en personne !
Le maître incontesté des ventes de romans horrifico-fantastiques devrait scénariser l’adaptation en comics de sa saga La Tour Sombre , western post-apocalyptique qui raconte les aventures de Roland de Gilead, descendant d’une légendaire lignée de Pistoleros. L’adaptation devrait se faire sous forme de mini-séries de 6 épisodes, correspondants aux différents tomes de la saga, en commençant par l’enfance du Pistolero, en préquelle aux romans.

Projet de couverture (cliquer pour agrandir)   Crayonné du Pistolero (cliquer pour agrandir)
Le dessinateur retenu par Marvel pour ce projet n’est pas des moindres. Il s’agit de Jae Lee, un véritable virtuose du crayon, dont le style à l’encrage très particulier est somptueux. Il s’était fait connaître ave sa reprise de la série Namor il y a une quinzaine d’années après John Byrne, son style très sombre avait fait polémique.
Depuis, son trait s’est affiné, sa personnalité s’est affirmée et il a officié sur de nombreuses séries ou mini-séries (Hellshock, Inhumans, Fantastic Four – 1234, …). Associé au coloriste frenchie Richard Isanove ( Wolverine : Origin, 1602, …), les planches d’essai qu’ils ont produites ont convaincu Marvel et King qu’ils étaient les hommes de la situation. Je vous laisse juger par vous-mêmes sur les extraits que je mets en ligne.

Page d'intro par Lee / Isanove (cliquer pour agrandir)   Page d'intro par Lee / Isanove (cliquer pour agrandir)
Jae Lee et Richard Isanove, très motivés, ont d’ores-et-déjà prévenu qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, qui leur demandera au minimum 3 années de travail s’il reste tel que prévu. Les dernières rumeurs viennent pourtant tempérer cet entrain. En effet Stephen King a proposé qu’un de ses associés le supplée au scénario, expliquant qu’il a déjà un calendrier chargé. Mais cela a créé un tel buzz négatif sur les forums internet spécialisés, que le mécontentement des lecteurs aurait fait changer d’avis l’écrivain, qui serait donc revenu sur sa décision de déléguer le scénario. Aux toutes dernières nouvelles donc, Stephen King est toujours de la partie et les premiers numéros du comic devraient sortir courant 2006.
Je suis très curieux de voir le résultat.

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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