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  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 01:54

Ca bouge pas mal en ce moment dans la rue, les manifestations vont bon train et le CPE est dans toutes les bouches… Notez bien que ce ne sont pas les manifestations qui m’étonnent, mais plutôt le fait qu’elles n’arrivent que maintenant, je pensais que ça pèterait déjà beaucoup plus tôt que ça !
Il y a quelques semaines je m’étais déjà fendu d’un article au sujet des CNE / CPE (par ici si par hasard vous désirez le (re)lire), je vous épargnerai donc un long et fastidieux rappel des raisons pour lesquelles je suis foncièrement contre ce nouveau contrat de travail.

Par contre je voudrais revenir sur quelques points soulevés ici ou là et qui m’ont paru intéressants, dans les débats télévisés et radiophoniques, sur des forums que j’ai pu lire dernièrement ou au cours de discussions informelles avec des amis. Excusez d’avance le manque de construction de ce qui suit, cela ressemble plus à une énumération de points qu’à un argumentaire travaillé et savamment articulé…

D’abord j’entends souvent la réflexion selon laquelle les manifestations actuelles sont indignes d’une démocratie parlementaire, qu’une loi votée par les représentants des électeurs doit être appliquée par principe et non pas contestée, et pour reprendre la phrase de certains hommes politiques, que « ce n’est pas la rue qui gouverne ». J’ai plusieurs choses à dire à ce sujet, qui évidemment n’engagent que moi, mais qui auront au moins l’intérêt de vous faire passer un quart d’heure si vous avez du temps à perdre ! :o)

La première chose, c’est que la démocratie signifie : « le pouvoir au peuple » (je ne connais pas l’étymologie grecque exacte, mais le sens est là).
C’est un très beau concept, difficile à appliquer et extrêmement fragile. Ses démons se nomment démagogie, populisme, poujadisme, manipulations, formatage des idées. Et pour tenter de mettre un peu d’ordre dans la démocratie, nous avons un système parlementaire : en gros le peuple élit ses représentants qui eux s’expriment en leur nom pour mettre en place les lois et les règles communes qui sont les bases de la vie en société.
Mais avoir un régime parlementaire, cela ne signifie pas que le peuple ne puisse plus s’exprimer directement, par des manifestations ou des grèves par exemple. Il doit impérativement pouvoir le faire quand ceux qui le représentent ne reflètent par leur avis. Se faire entendre n’est pas anti-démocratique ou anti-constitutionnel, au contraire, c’est un acte civique (et donc politique) fort qui témoigne d’un engagement responsable et d’une participation active à la vie de notre société. Si sur un point précis, on n’est pas d’accord avec ceux qui sont censés nous représenter, il faut le dire, c’est même selon moi le signe d’une conscience collective saine et réactive. Et quand le peuple s’exprime avec une telle intensité que ces derniers jours, je crois qu’il est vraiment indéniable que le message devrait être entendu et pris en compte par les pouvoirs politiques.

Le mouvement contestataire a été initié par les organisations étudiantes, et quelque part cela me rassure. L’ampleur qu’il a pris prouve à mes yeux que ceux qu’on englobe sous le terme générique « jeunes » sont en vérité plutôt loin de l’image qu’on veut bien s’en faire traditionnellement. Alors que d’habitude on décrit le « jeune » comme m’enfoutiste, complètement déconnecté de la vie politique du pays et sans conscience civique, les événements récents apportent un démenti fabuleux à ces idées préconçues. Non ils ne s’en fichent pas, oui ils se soucient de leur avenir et de l’avenir du pays, oui ils ont des convictions sociales et des opinions politiques. Et vraiment, ça me rassure, et même me rend fier. Je me dis que cette jeunesse si souvent mise à l’index, sait encore prendre ses responsabilités, se battre pour son avenir et s’investir dans la société, monter au créneau pour défendre leurs valeurs.

Mais … bien sûr il y a un « mais ».
L’engagement politique des jeunes ne doit pas masquer le problème annexe qui s’est greffé sur les manifestations. Je veux parler de ces casseurs qui trouvent dans les mouvements de foule actuels l’occasion de perpétrer des actes proprement scandaleux. Destructions de voitures, vitrines fracassées, poubelles incendiées, magasins dévalisés, manifestants sauvagement attaqués, volés et roués de coups, le tout sous les yeux des journalistes et des forces de l’ordre un peu dépassées par les événements.
Non seulement ces actes sont honteux et intolérables, mais en plus quelques indélicats (appelons-les avec pruderie ainsi) en profitent pour éclipser volontairement les revendications anti-CPE au profit de la mise en avant de l’insécurité. Et dès lors l’amalgame n’est pas loin, et le pas souvent allègrement franchi vers le raccourci scandaleux qui sous-entend : les jeunes manifestent contre le CPE + des jeunes casseurs s’infiltrent dans les manifestations = les jeunes anti-CPE cassent tout.
Ou comment l’acte civique de la manifestation politique pour un enjeu sociétal se transforme en deux coups de cuillère à pot et trois images (j’allais dire manipulations) choisies et isolées par quelques médias, en incivilités de la pire espèce. Du coup, le message politique des jeunes qui manifestent en toute conviction est sciemment relégué au second plan et on parle à sa place des débordements de quelques voyous qui n’ont rien à voir avec les étudiants. Que certains s’en servent pour essayer de décrédibiliser le mouvement anti-CPE m’énerve au plus haut point.
Oui les actes de ces casseurs sont totalement intolérables. Non ils n’ont rien à voir avec le débat d’idées autour du CPE.

Deuxième point important : puisqu’il est question de représentativité et de légitimité du pouvoir, il y aurait des choses à dire … Souvenons-nous comment est arrivé en place le gouvernement actuel. Combien de gens ont voté Jacques Chirac en 2002 pour son programme et avec une réelle conviction ? 19% environ. Les 19% de voix qu’il a obtenu à l’issue du premier tour des présidentielles. L’intrus d’extrême-droite au second tour a totalement privé la France d’un débat gauche-droite. Alors que certains sondages allaient même jusqu’à donner Jospin gagnant en face à face contre Chirac, le score inattendu de Le Pen a tout changé. Dès lors, au second tour le choix s’imposait : élire un démocrate ou un facho en puissance. Je me suis évidemment précipité pour voter Jacques Chirac au second tour, mais pas pour son programme ou ses idées politiques avec lesquelles je ne suis pas souvent d’accord (bien que sur certains points je l’ai trouvé très bon, en particulier lors de la crise en Iraq). Je l’ai fait pour réduire au minimum le pourcentage qu’obtiendrait Le Pen au second tour. Parce que contre une menace de l’envergure du FN, il faut faire front et mettre de côté nos mésententes politiques. Mais on aurait pu imaginer que Chirac prenne conscience de la réalité des choses. Que son score de 82% digne d’une république bananière ne reflétait en aucune manière un plébiscite pour sa personne, mais avant tout un rejet net de son concurrent.
Un minimum d’humilité eut été de mise je crois.
Je pensais sincèrement que le président allait constituer un gouvernement un minimum composite, plus penché vers le centre qu’à droite. Mais non, il ne l’a pas fait. On a vu ce que ça a donné depuis : Jean-Pierre Raffarin est devenu le premier ministre le plus impopulaire de la 5ème République, et tous les suffrages depuis 2002 ont à chaque fois été des votes qui désavouaient le pouvoir en place (pour les Régionales et le Référendum européen c’était indéniable par exemple). Avec la nomination de Dominique de Villepin on pensait avoir un chef de gouvernement plus ouvert, plus diplomate et plus rassembleur que le précédent … aujourd’hui il y a une rupture encore plus grande entre les français et le gouvernement (aux derniers sondages, environ 70% de personnes contre le CPE, et ça n’arrêtait pas d’augmenter). Alors quid de la légitimité de ce gouvernement et donc de ses projets ?

Et pour en terminer avec cette histoire de légitimité, j’aimerais aussi juste souligner une incohérence qui démontre bien la différence entre les discours et les actes des dirigeants actuels. En 2004 a été voté un texte de loi dit « Loi Fillon » (sur lequel il y aurait énormément à redire d’ailleurs) qui amorça ce qu’on a appelé alors le « détricotage du droit du travail » mais qui a cependant un mérite qu’il faut bien lui reconnaître : elle stipule que toute modification future apportée au droit du travail doit impérativement passer au préalable par la concertation avec les partenaires sociaux.
Et qu’a fait le gouvernement avec le CPE ? L’exact inverse : il a sorti un texte de loi tiré de son chapeau, sans la moindre concertation, sans le moindre débat d’idées ni discussion préalables. Plus fort même, il a fait passer cette loi par le fameux 49.3, qui l’a soustraite d’un vote à l’assemblée !

A moins qu’on vienne m’expliquer que le CPE n’a rien à voir avec le droit du travail (selon moi il le bouleverse de fond en comble), j’aimerais savoir dans quelle logique, dans quelle cohérence se situe cette façon de procéder.
En gros, on dit « on ne fera rien sans vous concerter », et on fait exactement le contraire. On dit « on restera inflexible sur le CPE », et on  prône le dialogue social en même temps. Il serait peut-être temps d’accorder actes et discours non ?
Et il serait peut-être aussi temps d’écouter un peu ceux qui protestent dans la rue plutôt que de leur répondre un ironique « j’entends aussi ceux qui ne disent rien », parce que ce genre de pirouette linguistique c’est joli en littérature, mais en politique ça aurait plus tendance à crisper ceux qu’on bassine à longueur de temps avec le « dialogue social ».

S’entendre dire « vous n’êtes pas d’accord parce que vous n’avez pas compris, je vais vous réexpliquer », ça commence à bien faire, et ça en devient vexant de se faire prendre pour des neuneus au bout d’un moment. On a bien compris ce qu’est le CPE, merci. C’est justement pour cette raison que tant de gens manifestent.
Il serait grand temps pour les uns et les autres de prendre leurs responsabilités, de laisser de côté les problèmes d’ego et d’orgueil et les conflits de personnes pour enfin avoir un échange constructif (n’est-ce-pas messieurs Villepin et Sarkozy ? n’est-ce-pas messieurs de l’inter-syndicale ?), histoire de faire avancer enfin les choses.

Malheureusement, je n’ai pas l’impression que la tournure des événements prenne cette direction. Quand je vois nos parlementaires se gargariser d’un lapsus du premier ministre (son inversion entre démission et décision), qui pour s’en moquer qui pour le défendre alors que ce n’est franchement pas ce qui importe je crois, je désespère. La politique ne serait donc devenue qu’un concours de bons mots ? On n’est pas sorti de l’auberge : quand quelques humoristes font de la politique, voilà que les hommes politiques se mettent à jouer les rigolos.
Et dire que certains dénoncent les Guignols de l’info comme étant trop caricaturaux …

 

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 16:42

Tiens, revoici une petite contribution à mon site, ça faisait longtemps !  Cette fois-ci, point de double identité secrète à la Batman ou Spider-Man. Non, rien de tout ça, aujourd’hui c’est Stella qui vous propose sa vision de moi (arggh).


Bon, alors comme je suis quand même un peu concerné, je tiens à préciser l’une ou l’autre choses qui pourraient prêter à confusion… (cela dit sans porter atteinte à l’interprétation de l’artiste)

D’abord je n’habite absolument pas dans un monastère perdu au fond des bois (j’ai des fenêtres chez moi quoi ! ;o) ).
Ensuite c’est vrai que j’avais des bouquins qui traînaient un peu partout chez moi, y-compris en vrac par terre, mais depuis très peu de temps, deux belles bibliothèques supplémentaires trônent fièrement dans l’appart. Du coup tout est bien rangé et classé sur les étagères (enfin presque… c’est-à-dire qu’elles sont déjà pleines, mais la suivante ne saurait tarder !).
Et pour finir, et c’est très certainement le plus important : je n’ai pas de pyjama. Ni en ce moment, ni pour dormir, ni pour mettre à jour mon blog :o). Niet, nada, queutchi, nothing, nix, nichts. Et j’ajouterais même que si j’en avais, jamais ô grand jamais il ne serait à pois !!! ;o)

Voilà, ces petites précisions faites, je veux dire un grand merci à Stella pour son dessin qui m’a bien fait rigoler, et qui m’a surtout fait très plaisir !
Et si vous êtes devenus des fans inconditionnels de ses dessins bleus (qu’on peut voir à cette adresse), écrivez-lui, peut-être qu’elle changera d’avis et se remettra à son blog…

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 16:47

Depuis le gros souci d'alimentation de la plate-forme Redbus ce dimanche, il y a tout un tas de problèmes sur over-blog. Comme Redbus hébergeait les serveurs d'over-blog et que ceux-ci ont dû être déménagés chez un autre hébergeur, les sites ont pas mal de ratés en ce moment.
Normalement tout devait être rétabli aujourd'hui, mais j'ai des soucis avec certaines images déjà postées qui ont disparu, et j'ai beaucoup de mal à en charger de nouvelles pour le moment.

Du coup mon article sur le tout dernier film d'Albert Dupontel, Enfermés Dehors, que j'ai vu hier soir, a pris un peu de retard, je n'avais pas envie de le poster sans les photos qui allaient avec. En tout cas, merci quand même à celles et ceux qui persistent à venir sur mon site un peu sens dessus-dessous ces derniers jours !

En espérant que tout rentrera dans l'ordre bientôt...

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 16:31

Hier soir au Colisée de Colmar, Albert Dupontel venait présenter en avant-première son troisième film en tant que réalisateur : Enfermés Dehors.
Grand amateur de Dupontel, je me devais d’y être. Bien que je n’ai pas encore vu tous les films auxquels il a participé, tous ceux que j’ai déjà pu voir m’ont plu. Depuis ses débuts grinçants d’humour noir en one-man-show, j’avais pris mon pied devant sa première réalisation, Bernie. Et en tant qu’acteur, le bonhomme a su se diversifier et démontrer l’étendue de son talent en toubib un peu paumé dans La Maladie de Sachs de Michel Deville, en énigmatique convoyeur de fond dans Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief, en soldat roublard dans Un Long Dimanche de Fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, ou encore dans le très controversé film de Gaspar Noé Irréversible.

Dans Enfermés Dehors, on retrouve avec plaisir toute l’équipe de comédiens de Bernie : Claude Perron, Hélène Vincent et Roland Bertin répondent présent. Manque malheureusement à l’appel Roland Blanche, décédé en 1999. Et s’ajoutent à tout ce beau monde un Nicolas Marie convaincant (qui n’est pas sans rappeler dans son jeu et sa voix Christian Clavier, et qui avait aussi déjà participé à Bernie), une partie de la troupe des Deschiens : Yolande Moreau, Bruno Lochet et Philippe Duquesne, quelques échappés du Canal+ de la grande époque : Gustave Kervern, Bouli Lanners et Jackie Berroyer, et même deux caméos de marque : Terry Gilliam et Terry Jones !
Avec bien entendu un Albert Dupontel au meilleur de sa forme et à la quadruple casquette : co-producteur / scénariste / réalisateur / acteur.

Roland, un faux flic / vrai SDF à la maladresse ... douloureuse !
La trame de départ est très simple : Roland, un SDF un peu simplet, trouve par hasard un uniforme de policier et décide de s’en servir pour aller manger incognito à la cantine du poste de police. Il va y rencontrer Marie, veuve et ancienne actrice de porno, dont la fillette Coquelicot (avec un C !) a été enlevé par les beaux-parents. Roland qui prend conscience des avantages de porter l’uniforme, va se prendre au jeu et décide d’aider à sa façon un peu maladroite la jeune femme qui ne le laisse pas insensible…

Voilà pour l’histoire. Comme c’était déjà le cas dans Bernie, Dupontel ne recule devant rien pour mettre en place une « ambiance » très particulière : des personnages souvent pathétiques mais malgré tout attachants, des péripéties loufoques, des dialogues savoureux, une bande son tonitruante (et le mot est faible tant elle est forte et stridente par moments, effet voulu qui rend certaines scènes d’autant plus dérangeantes, incongrues ou décalées), et une bonne dose de rire sous forme de poil-à-gratter.
Dupontel a gardé tout son mordant et son côté rentre-dedans n’a jamais été aussi décomplexé ! En gros c’est un film dingue, de dingue, sur des dingues. Il risque donc forcément de déplaire au plus grand nombre, tant son côté parfois too much gène un peu aux entournures…

Moi j’ai littéralement adoré !
Ils sont rares ces films qui rentrent dans le lard du spectateur, qui font rire avec la tristesse du monde moderne, qui revendiquent haut et fort leurs effets les plus frappants et qui évoluent sans la moindre compromission à la bienséance sans pour autant faire de la provoc gratuite. Celui-ci en est. Il est bourré jusqu’à la gueule de séquences chocs, de délires visuels et de personnages truculents et inimitables. Du Dupontel pur jus.
J’avais adoré Bernie, Enfermés Dehors le surpasse pourtant par moments.

Albert Dupontel a frappé un grand coup avec ce film. Il faut le voir si vous n’avez pas peur de sortir des sentiers battus du cinéma actuel.

  
 Cliquer sur l'affiche pour aller sur le site officiel du film

 

 

 

 

 

 

 

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27 mars 2006 1 27 /03 /mars /2006 17:04

Vous avez déjà tous entendu parler des X-Men ? En BD, au cinéma, en jeu vidéo ou encore en dessin-animé, on a eu du mal à leur échapper ces dernières années. Les X-Men, créés dès 1963 dans Uncanny X-Men #1 par Stan Lee et Jack Kirby, après des débuts plus que timides, ont connu le succès à partir de 1975 et de la prise en main du scénario par Chris Claremont. Dans les années 80, leur popularité a littéralement explosé. Depuis ils sont devenus le fer de lance de l’éditeur Marvel, une véritable institution.

Face à ce succès sans égal, Marvel a été très réactive, et s’est empressée d’exploiter le filon. Tout un univers s’est alors développé autour des mutants, tout ce qui était de prêt ou de loin estampillé « X » se vendait comme des petits pains. Les séries spin-off ont donc fleuri : d’abord les Nouveaux Mutants, puis pêle-mêle X-Factor, Wolverine, X-Force, Cable, etc … sans parler des mini-séries évènementielles à n’en plus finir. En 1991, Chris Claremont et Jim Lee lancent une seconde série mensuelle consacrée aux X-Men, sobrement intitulée X-Men, et qui venait donc s’ajouter à Uncanny X-Men. Avec le succès, les personnages mutants s’étaient à ce point multipliés qu’il n’y avait aucun inconvénient à avoir deux équipes d’X-Men distinctes, une pour chaque série.

Couverture du #2
Tout récemment, c’est une troisième série régulière consacrée aux mutants qui a vu le jour. Pour éviter le phénomène de « ras-le-bol » des lecteurs devant toutes ces séries X, Marvel a joué la carte des « vedettes ». La nouvelle série, baptisée Astonishing X-Men, a été donc confiée aux mains d’une équipe choc : Joss Whedon au scénario (le créateur de  Buffy et les Vampires en personne) et John Cassaday au dessin (auteur de superbes épisodes de Planetary entre autres, également dessinateur de Je suis Légion en ce moment chez les Humanoïdes Associés).
Et la fine équipe a fait très fort : Astonishing X-Men #1 s’est vendu à plus de 210 000 exemplaires, et s’est stabilisé aux alentours des 135 000 ventes par numéro, là où ses aînées se vendent en moyenne à 90 000 unités pour Uncanny X-Men et 80 000 pour X-Men. Astonishing X-Men fait partie en ce moment des toutes meilleures ventes de comics aux USA.

Logan apprécie moyennement que Cyclope se console de la mort de Jean Grey dans les bras de Emma Frost... (cliquer pour agrandir)
Les personnages repris par Whedon et Cassaday pour former cette nouvelle équipe sont des « classiques » de l’univers mutant : Cyclope, Emma Frost, le Fauve, Kitty Pryde et l’incontournable Wolverine. Leur première aventure se compose d’un story-arc de 6 épisodes, nommé Gifted, qui plante à la fois le décor, précise d’entrée les relations entre les membres de l’équipe, introduit un nouvel ennemi (l’extraterrestre Ord), lance plusieurs subplots intéressants et surtout ramène d’entre les morts un autre illustre X-Man. Rien que ça !

L'extraterrestre Ord, version encrée uniquement (cliquer pour agrandir)
Quelques points importants à retenir de Gifted : d’abord les costumes en spandex sont de retour chez les X-Men. En effet, après le succès des films, le scénariste de l’époque, Grant Morrison, avait relégué les costumes bariolés au placard, histoire de mieux coller à la version cinématographique des personnages. Ces dernières années les X-Men arboraient donc un simple uniforme en cuir noir, très passe-partout et sobre. Le retour aux costumes de couleur marque ainsi une rupture avec ce qu’avait fait ces derniers temps Morrison. C’est aussi la volonté affirmée d’ancrer la série dans un contexte plus tourné « super-héros » que ne l’avait fait le scénariste britannique. Bref, Whedon marque sa différence et opère par la même occasion un « retour aux sources » graphiquement parlant.

Ensuite le ton de l’histoire évolue. Le côté très sombre, adulte et froid de Morrison fait place à un rythme plus dans la tendance « actioner », les thèmes graves restent présents mais Whedon insuffle une certaine dose d’humour à ses histoires. D’ailleurs l’expérience des séries télévisées de l’auteur se ressent tout particulièrement dans le découpage de l’action et dans les dialogues vraiment excellents.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même,  elle voit les X-Men affronter un inconnu, Ord (qui semble leur en vouloir personnellement pour des raisons encore un peu obscures), pendant qu’une éminente généticienne, Kavita Rao, lâche une véritable bombe dans les médias : elle affirme que les mutants ne seraient pas une nouvelle étape dans l’évolution de l’homme, mais les victimes d’une maladie génétique. Maladie à laquelle elle aurait trouvé … un vaccin ! ce qui n’est pas sans susciter l’émoi au sein de la communauté mutante…
Au cours de leur enquête, les X-Men vont découvrir que Ord et le docteur Rao sont liés, mais surtout que l’un des leurs qu’ils croyaient mort (depuis Uncanny X-Men #390, en mars 2001) était en fait prisonnier et leur servait de cobaye pour l’élaboration du vaccin : Colossus, le géant à la peau métallique, bien vivant et en pleine forme. Celui-ci rejoint logiquement l’équipe dès sa libération.

Premier affrontement entre Ord et les X-Men (cliquer pour agrandir)
Scénaristiquement, Astonishing X-Men démarre vraiment bien, c’est indéniable. Moi qui avais certaines réserves sur Joss Whedon (non seulement il débute dans le monde des comics, mais surtout je suis tout sauf fan de ses séries télé Buffy et Angel…), je dois bien dire qu’il est vraiment à la hauteur du challenge. L’autre grande force de la série, c’est l’orfèvre John Cassaday. Il fait ici plus que confirmer son talent de dessinateur, il le magnifie. Dans son style pseudo-réaliste il introduit du punch, du rythme, de la force et du glamour, c’est je pense son meilleur travail à ce jour (du moins de ce que j’ai déjà pu lire de lui).

 Astonishing X-Men
est une « grosse machine », et elle tire vers le haut tout l’univers mutant de Marvel qui avait bien besoin d’un nouveau souffle depuis le départ de l’excellent Grant Morrison. Si vous ne deviez lire qu’une série X, choisissez Astonishing X-Men sans hésiter, c’est du tout bon.

  
(En VO ça se lit dans les épisodes #1-6 de Astonishing X-Men chez Marvel et en VF dans les #1-6 du magazine mensuel Astonishing X-Men chez Panini/Marvel France.)

 

 

 

 

 

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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 20:22

J’avais prévu pour aujourd’hui un long article sur les Astonishing X-Men (spéciale dédicace à NoNo), que j’ai rédigé et qui attend son heure depuis deux jours déjà. Mais cet après-midi, je me suis bêtement coincé un doigt en déplaçant une plaque en ferraille dans la cour de ma grand-mère. Du coup le dit doigt (l’index droit) se retrouve indisponible pour le moment, ce qui exclue derechef la mise en ligne de mon article sur les comics. Parce qu’il est rédigé, mais pas encore tapé (je fais partie des arriérés qui s’obstinent encore à écrire avec un crayon sur du papier…), et que là, non c’est pas possible. Je fais des merveilles à la frappe à deux doigts façon déclaration de vol au commissariat de police, mais à un doigt je m’avoue vaincu. Pour tout dire il m’a fallu déjà une heure pour taper ce petit mot, et je suis à deux doigts de craquer.
Bref, je passe la main pour aujourd’hui.

(argggh, Laurent Ruquier sort de mon corps, tes jeux de mots ne me font pas rire !!)

 

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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 21:28

« J'adore les cacahuètes. Tu bois une bière et tu en as marre du goût. Alors tu manges des cacahuètes. Les cacahuètes c'est doux et salé, fort et tendre,comme une femme. Manger des cacahuètes, it's a really strong feeling. Et après tu as de nouveau envie de boire de la bière. Les cacahuètes c'est le mouvement perpétuel à la portée de l'homme. »

Jean-Claude Van Damme, gourmet physicien.

 

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 10:48

J’ai entendu une info hier qui m’a vraiment fait marrer. Richard Cocciante, le compositeur et chanteur franco-italien et son épouse viennent d’être condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à 30 mois d’emprisonnement dont 10 mois fermes. Ce n’est pas ça que j’ai trouvé drôle (c'est même plutôt sévère selon moi), mais plutôt la raison pour laquelle ils ont été condamnés : fraude fiscale. En effet, le fisc estime à plus de 6 millions d’euros les revenus du couple pour l’année 2000, ce qui aurait dû l’amener à payer environ 2,8 millions d’euros d’impôt sur le revenu.
Pour mémoire, Cocciante venait de connaître un immense succès en tant que compositeur des musiques de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, dont les ventes d’albums et les spectateurs se chiffraient en millions.
Or pour la même année, le couple Cocciante a déclaré en tout et pour tout 9 300 euros au fisc français !! Ils auraient même pu demander à bénéficier de la prime pour l’emploi !!! :o) Pour sa défense, le chanteur déclare qu’il n’était pas et n’est toujours pas résident français (il dit avoir résidé à Monaco en 2000 et en Irlande depuis), alors qu’une enquête de vérification du fisc atteste de sa présence quasi-continue sur le territoire français à cette époque. Bref, tout ça va sûrement se finir en Cour d’Appel...

N’empêche, bien que je considère que 2,8 millions d’impôts sur 6 millions et quelques de revenus ça fait beaucoup à payer, oser déclarer seulement 9 300 euros quand on ne pouvait pas allumer un poste de radio ou une télé sans entendre Quasimodo faire sa déclaration à Esmeralda sur tous les tons, c’est un peu fort.

9 300 euros ? Je ne sais même pas si c’est le budget annuel coiffeur-brushing de Cocciante !! :o)

 

 

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 17:02

Bon… je me suis rendu compte que dernièrement ce blog manque cruellement d’images. Et je le sais de source sûre : il y en a parmi vous qui en ont marre du texte, tout le temps du texte… Ils demandent des couleurs, des formes et des textures, et ils n’ont pas tort.

Alors je m’exécute, et je vous propose un petit compromis entre mots et photos. Connaissez-vous Annie Leibovitz ? Si vous vous intéressez à la photo peut-être, sinon (et c’était mon cas jusqu’à il y a peu de temps) ce nom ne vous dira pas grand chose. Par contre, ses photos ont fait le tour du monde, et certaines sont tellement connues que vous n’avez pas pu passer à côté sans les remarquer.
(
Je vous parle rapidement de la photographe, et ensuite je vous laisse regarder ses œuvres, ok ?)

Annie Leibovitz est une photographe New-Yorkaise, née en 1949 dans le Connecticut. Alors qu’elle finit ses études au San Francisco Art Institute, elle commence à se faire connaître pour ses photos dès 1969 dans le magazine Rolling Stone. Elle va se faire une spécialité des portraits de stars et devient à partir de 1983 la photographe en chef de Vanity Fair. Elle est l’auteur de plusieurs recueils de photographies (dont surtout Women en 1999 et American Music en 2003), et de documentaires photos (sur les conflits armés au Rwanda et en Bosnie, ainsi que sur la maltraitance des femmes).

Et maintenant, place aux images…

La controversée couverture de Vanity Fair avec Demi Moore enceinte et nue !
Michael Jackson du temps de sa splendeur
The Boss en couverture de Rolling Stone
La couverture de Vanity Fair du mois dernier, avec Scarlett Johansson, Keira Knightley et Tom Ford
Lance Armstrong, very strong !
Iggy Pop, incontournable
L'écrivain américain William S. Burroughs
La mythique photo de John Lennon et Yoko Ono

Alors, il y en a bien au moins une que vous connaissiez non ?

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 14:37

Vendredi soir, Alain Souchon, qui est en tournée en ce moment, était de passage sur Mulhouse, et j’en ai profité pour le voir pour la première fois en concert.
J’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre, j’avais toujours intuitivement classé Souchon parmi les artistes à écouter sur cd, pas vraiment comme un show-man qui prend toute son envergure sur scène. D’abord parce qu’il a une petite voix, un style de chansons assez posé, et puis surtout parce qu’il est un artiste discret à l’image de poète, de gentil, de dandy. Pas une bête de scène quoi.

Eh bien sur ce coup-là, j’ai été bluffé par le bonhomme.
Aussi petit et maigrichon soit-il, ce gars est monté sur piles Duracell ! Il gambade, il gesticule, il sautille sans arrêt. Dans le genre pantin désarticulé sur scène, jusqu’à présent c’est William Sheller qui tenait la palme pour moi, mais Souchon n’a rien à lui envier ! Et attention, résistant le bougre : plus de deux heures de spectacle sans discontinuer ni baisser de rythme.


Autre bonne surprise : sa voix. Toujours très claire, parfaitement audible et juste. Un vrai plaisir que de l’écouter chanter. Moi qui pensais que ce n’était pas son point fort, je me suis totalement trompé : il assure ! (et un bon point au son limpide et pas exagérément fort, vraiment de bonne qualité)

Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est l’ambiance du concert. Je m’attendais à un truc un peu cosy, du genre classe mais sage et bien ordonné, sans trop d’exubérance. Là encore j’avais tout faux : il a réussi à se mettre en un rien de temps le public dans sa poche (public vraiment de tous âges d’ailleurs) et a mis une ambiance géniale, joyeuse et festive. Ça bougeait bien quoi ! (et pourtant ce n’est pas le genre à faire du rock endiablé !)


Et surtout sa grande force, c’est son répertoire énorme. J’avais écouté quelques fois son dernier album (La Vie Théodore) de peur d’être un peu paumé avec ses nouvelles chansons (pour ses anciens albums pas de problème, mais c’est vrai que le dernier je ne m’y étais pas encore plongé en dehors des singles qui passent à la radio). Mais en fait, nouvelles comme anciennes, les rythmes de ses chansons sont toujours entraînants, qu’on les connaissent par cœur ou juste un peu, elles sont toutes agréables à l’oreille. Et évidemment, on a eu droit aussi à une panoplie impressionnante de ses anciens succès : Ultra Moderne Solitude, Foule Sentimentale, Rive Gauche, L’Amour à la Machine, Sous les Jupes des Filles, Rame, Les Filles électriques
Et parmi elles mes petites préférées : C’est déjà ça et La Ballade de Jim, du grand Souchon.
Bien sûr il en a tant qu’il en manquait certaines que j’aurais beaucoup aimé entendre comme S’asseoir par terre, Bidon, J’ai Dix Ans ou Jamais Content par exemple… mais ce qu’on a eu était déjà excellent en soi…

Alors voilà, ce que je peux en dire c’est que j’ai été très agréablement surpris. Je savais déjà que j’aimais ses disques, maintenant je sais aussi que ses concerts valent le coup.
Alain Souchon, un artiste à écouter, mais aussi à voir !

 

 

 

 

 

 

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