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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 19:32

Je l’ai souvent cité dans ces pages et ceux qui me connaissent un peu le savent : j’aime Leonard Cohen. C’est d’ailleurs bien au-delà. Il est ma référence musicale majeure. Ses chansons résonnent en moi comme aucune autre. À mes yeux il n’est ni plus ni moins qu’un dieu vivant de la musique. Sur le plan artistique ils ne sont que deux à me toucher à ce point, notre Bernard Lavilliers national pour la scène francophone et Leonard Cohen chez les anglo-saxons.

Il y a longtemps déjà que je songe à écrire un article sur ma relation au chanteur canadien et à son œuvre, tant il fait partie de ma vie depuis des années. J’aurais tant à dire, tant d’émotions à retranscrire que j’aurais peur de manquer de mots. Je m’y attellerai un jour j’en suis sûr, mais pour l’heure je vais me contenter de vous parler de son concert du 29 septembre à l’Olympia, il y a déjà bien assez à en dire ! (et je m’excuse par avance : je sais déjà que je vais pondre une tartine sur le sujet)

345 leonard cohen olympia neons

Malgré ses 78 ans au compteur, Leonard Cohen a enchaîné les concerts et les tournées d’une façon assez incroyable depuis les quatre dernières années. Alors qu’il y a encore quelques années en arrière il était considéré comme perdu pour la scène il a opéré un retour complètement inattendu (et j’allais presque dire inespéré), et quel retour ! Depuis on dirait que le canadien a retrouvé une seconde jeunesse : il multiplie les concerts depuis 2008 et son inspiration est de retour également puisqu’il a signé un nouvel album en début 2012, Old Ideas, qui donne d’ailleurs son nom à sa tournée mondiale actuelle. Et là encore, quel album ! D’une intensité et d’une qualité impeccables, Old Ideas est de ses tous meilleurs albums, renfermant quelques pépites qui se sont révélées comme autant de classiques instantanés quand il les a interprétées en live (en vrac et de manière non-exhaustive : Amen, Darkness, Going Home, Show Me the Place).

La silhouette frêle, le costume sombre et son borsalino bien distinctif sur la tête, Leonard Cohen s’est avancé sur scène sous les acclamations, pour la seconde de ses trois dates à l’Olympia. La classe et l’élégance même. Les années passent et s’inscrivent sur le visage du songwriter, mais son aura ne cesse de prendre de l’ampleur. Il émane de lui quelque chose de très fort, mêlant sérénité, gentillesse et humilité. Sans même parler du talent à l’état pur, cela va de soi. Puis il s’empare du micro, et dans un français parfait, fait part au public de son bonheur de se retrouver dans cette salle légendaire, et de manière très simple annonce « je ne sais pas quand nous nous reverrons, mais je vous promets que ce soir on vous donnera tout ce qu’on a ». Et sur ce, s’exécute.

Au total, le concert aura duré 3h50, entrecoupé en son milieu d’un entracte d’une petite vingtaine de minutes. Et tout du long de ce marathon musical, la magie.

345 leonard cohen olympia songwriter

C’est la cinquième fois que je le vois en concert, et à chaque fois c’est l’émerveillement. Parce que j’avais toujours été persuadé que je n’aurai jamais cette chance, parce que je me souviens de l’incrédulité mêlée de joie incontrôlable et d’une fébrilité insensée quand j’ai appris ce jour de 2008 que le grand Leonard Cohen, MON Leonard Cohen, remontait sur scène après 15 ans d’absence et allait chanter au festival Stimmen de Lörrach, à quarante petits kilomètres de chez moi ! Je me souviens comme l’attente fut longue, et surtout je me souviens des premières secondes où je l’ai vu, à cinq mètres de moi, pour régler la balance sur cette scène en plein air de la Marktplatz de Lörrach. Mieux que dans un rêve, il avait sa guitare à la main, en bras de chemise, chapeau vissé sur la tête et lunettes. Il a chanté tranquillement un Who by Fire dont je me souviendrai toujours, le temps des réglages son, a salué et est reparti avant de reparaître quelques heures plus tard pour donner un concert ahurissant. Je me souviens être ressorti de ce concert en me disant que je ne pourrai jamais plus revoir quelque chose d’aussi beau, ni ressentir quelque chose d’aussi fort pendant un concert, j’en étais presque triste de me dire que le meilleur était désormais derrière moi. C’était sans compter sur les mois suivants, sans savoir que j’allais encore le voir, et le revoir. Depuis, à chaque fois que j’assiste à l’un de ses concerts, je savoure cette chance incroyable, car à chaque fois sa prestation est magique, car à chaque fois j’ai l’impression que c’est la première et la dernière fois, car à chaque fois je touche du doigt un instant de pur bonheur.

Et ce samedi soir à l’Olympia fut lui aussi, magique et unique comme tous les précédents. Toujours entouré de ses six musiciens (avec cependant deux changements notoires en l’absence du fabuleux Dino Soldo remplacé par le talentueux violoniste Alexandru Bublitchi et de l’habituel Bob Metzger remplacé par Mitch Watkins), et de ses trois merveilleuses choristes que sont l’éternelle Sharon Robinson et les très douces Webb Sisters, Leonard Cohen a livré un spectacle tel qu’il en a le secret. Sa voix grave et posée, sa présence immense qui contraste avec son physique presque fragile, et surtout, surtout cette sincérité qui transpire de tout son être. Il ne fait pas semblant Leonard, il ne joue pas, il vit sa musique, et il vit chaque seconde de ses concerts intensément. Il n’y a qu’à le regarder ôter son chapeau pour écouter religieusement les solos de chacun de ses musiciens, ou les voix cristallines de ses choristes. Il a les yeux fermés et il écoute respectueusement, murmurant les paroles, accompagnant de ses hochements de tête, s’inclinant humblement pour remercier le talent débordant de ses collaborateurs. Non, il ne joue définitivement pas Leonard, et ça se ressent. Il donne tout ce qu’il a, comme il l’avait promis en début de concert. Et quand on donne sans compter comme lui, on reçoit en retour au centuple. Que ce soit les membres de son orchestre qui semblent lui vouer une admiration sans faille ou le public qui répond à chacune des chansons par des tonnerres d’applaudissements et des ovations debout après chaque classique de son répertoire (et pour ainsi dire, tout son répertoire n’est fait que de classiques à mes yeux), Leonard Cohen semble déclencher un mouvement unanime d’amour, du vrai, du tangible, du palpable dans l’air, pour sa personne.

345 leonard cohen olympia javier mas

Il se donne Leonard, il chante, il joue de la guitare, il fait des pirouettes et des pas de danse à chaque entrée et sortie de scène, il s’agenouille et ferme les yeux quand il entonne des morceaux comme Bird on a Wire ou Dance Me to the End of Love. Il ne calcule rien, il est juste là, entier, et dégage une force insoupçonnée, une sérénité troublante.

Moi j’ai tremblé, ressenti de toute mon âme chaque note, chaque son, chaque vibration. Quel son fabuleux d’ailleurs, qui doit certainement autant à la perfection acoustique de la salle qu’au talent de ses ingénieurs du son que Leonard Cohen ne manque pas de remercier pendant le show. Et c’est vrai qu’une telle limpidité est rare. La moindre petite note de chaque instrument était perceptible, les voix sublimées au point qu’on percevait même les respirations dans les micros. Tout cela sans que les oreilles soient agressées par un volume sonore exagéré bien au contraire, on avait la sensation que le son prenait possession de tout le volume de la salle sans l’écraser un seul instant. Du bonheur sensoriel pour mes oreilles délabrées qui supportent si mal les sons trop puissants d’habitude.

345 leonard cohen olympia album old ideas

Et que dire de cette troupe sensationnelle qui accompagne le chanteur canadien ? L’homme sait s’entourer des meilleurs, et encore une fois j’ai été enchanté par chacun d’eux. Roscoe Beck qui en bassiste chef d’orchestre a su organiser à la perfection chaque titre tout en réservant quelques belles surprises en variant l’orchestration de certains morceaux avec bonheur. Mitch Watkins qui a eu de belles opportunités pour exprimer tout son talent à la guitare électrique, « the impeccable » Neil Larsen perché au-dessus de ses claviers et de son orgue Hammond, Raphael Gayol à la batterie en « prince of precision » comme le surnomme LC, Alexandru Bublitchi qui a eu de belles envolées au violon et bien entendu l’indétronable Javier Mas à la guitare à 12 cordes et à la bandurria qui a encore gratifié Who by Fire et The Gypsy’s Wife d’introductions magnifiques mi-tziganes mi-orientales. Au chœurs il est inutile de présenter « the incomparable » Sharon Robinson qui aura marqué de sa présence vocale tant de disques de Leonard Cohen, et les « sublimes » sœurs Charley et Hattie Webb qui m’avaient émerveillé lors des précédents concerts en reprenant seules à la guitare et à la harpe If It Be Your Will et qui ont proposé cette fois une version inédite de Coming Back to You. Sans oublier le « tour manager » de Cohen, Mike Scoble qui vient aussi jouer de l’harmonica sur le morceau Darkness (morceau absolument terrible en live soit dit en passant).

Alors bien sûr, dans ces conditions optimales, Leonard Cohen a déroulé son immense talent au fur et à mesure qu’il enchaînait les chansons. La liste des titres est trop longue pour la citer en entier, mais je frissonne toujours de plaisir quand j’entends Tower of Songs, The Future, Suzanne, I’m Your Man, Heart with no Companion, Democracy, Who by Fire, Waiting for the Miracle, First, We Take Manhattan ou encore So Long, Marianne. Inutile également de préciser que pour moi il n’y a définitivement rien ni personne qui surpasse l’interprétation de Hallelujah par son créateur. Et puis quand il entonne mes deux titres préférés, Everybody Knows et The Partisan (je ne vous parle même pas de l’ovation de la salle quand il chante « mais j’ai tant d’amis, j’ai la France entière »), là je suis juste ailleurs, dans une autre dimension. C’est simple, Leonard Cohen est l’un des seuls qui me procure une telle sensation : j’ai l’impression qu’il est là et qu’il chante juste pour moi, que ses mots me sont directement et exclusivement destinés. Peu importe la foule, peu importe le monde tout autour, l’espace d’un instant il n’y a que lui et moi. C’est indescriptible comme sensation. Cela fait partie de ces expériences uniques qu’on ne ressent que très rarement.

345 leonard cohen olympia affiche

Pour être honnête avec vous, je suis certainement l’un des plus mauvais critiques de LC. Ce type et ses chansons hantent ma vie depuis si longtemps qu’ils m’en sont devenus indispensables. Je perds toute objectivité dès que j’entends sa voix. D’ailleurs à quoi me servirait-elle cette objectivité, puisque de toute manière tout ce qu’il produit tient du génie ? Il pourrait fredonner sa liste de courses que j’y trouverais des qualités indiscutables ! ;o)

C’est pourquoi je vous invite à ne pas prendre tout ce que je vous dis ici pour argent comptant, et plutôt d’écouter sa musique pour juger par vous-mêmes. Vous comprendrez à ce moment ce que j’essaie maladroitement d’exprimer. Il est à la fois un maître dans l’art de manier les mots et dans celui de les mettre en mélodie. L’homme « with the gift of a golden voice » vous touche aussi bien le cœur, que l’esprit et les tripes. Il est un monument de la musique et une personnalité hors norme, le voir en concert est à chaque fois pour moi un véritable événement et une chance que je considère comme incommensurable.

Thank you mister Cohen.



Pour le plaisir, quelques vidéos glanées sur youtube (merci aux posteurs !)

Avec pour commencer The Future (concert du 28 septembre 2012)

 


 

 

Puis une superbe version de Who by Fire avec l'intro géniale de Javier Mas (concert du 28 également)

 


 

 

Et enfin The Partisan (concert du 29 septembre 2012)

 

 

 


 

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commentaires

Delphine 03/10/2012 15:39


Alors, donc, si j'ai bien compris ton article, en fait, tu n'aimes pas trop LC, c'est ça ? Tu es juste allé le voir parce que tu n'avais rien de mieux à faire ce week-end... !


Trève de plaisanterie, ton enthousiasme est très communicatif !

Stéph 03/10/2012 19:17



Merci Delphine !


J'ai beau chercher, je me dis qu'effectivement je n'aurais rien pu faire de mieux que ça ce week-end



LeNoNo 03/10/2012 14:07


A la lecture de ton article je me dis que j'ai loupé quelque chose !

Stéph 03/10/2012 19:15



Je confirme !!



Marie H. 03/10/2012 10:28


Quand je lis ton article je replonge dans mes souvenirs. Je clique sur les vidéos et suis immédiatement happée dans l'ambiance si particulière de ses live. Croisons les doigts pour un prochain
concert !

Stéph 03/10/2012 19:14



Je suis presque sûr qu'il va prolonger sa tournée mondiale en 2013. Pour l'instant il a fait une vingtaine de dates je crois en Europe, il enchaîne à partir de fin
octobre aux USA et ensuite... vu ce qu'il a fait pour les tournées 2008-2009-2010 il y a de fortes chances qu'il ajoute des dates tous les 6 mois en fonction de son état de forme. Et samedi à
Paris il était en grande forme !!