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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 07:33

Avec Mufle, je lisais mon premier livre d’Éric Neuhoff. Je ne prenais à vrai dire pas un bien grand risque remarquez, l’objet fait à peine plus d’une centaine de pages d’un texte aéré et écrit plutôt gros. Mais l’accroche de quatrième de couv’, le titre, le clébard en couverture, tout ça m’a fait de l’œil alors j’ai tenté.

 

C’est l’histoire d’un type, la cinquantaine, bourgeois parisien, déjà deux divorces au compteur et de grands enfants, qui découvre comme ça, en consultant le portable de sa compagne Charlotte qui traîne dans la salle de bain qu’elle l’a trompé, pendant ce fameux voyage à Londres où elle se rendait soi-disant pour une vente de bijoux. Évidemment qui cherche trouve : très vite il a les preuves qu’elle le trompe depuis le premier jour puisqu’en réalité elle collectionne les amants et consomme les hommes façon mante religieuse. Faut dire que Charlotte est une femme sur laquelle tout le monde se retourne quand elle entre dans une pièce. Les femmes l’envient et les hommes la désirent… ce qui a d’ailleurs toujours été une source de fierté du narrateur. Ce très court roman décrit l’évolution des sentiments de l’homme trompé, qui va très vite passer de l’amour aveugle à la haine… il paraît que ce sont les deux faces d’une même pièce…

 

Bon, à vrai dire, pas grand-chose de neuf sous le soleil dans le thème abordé. Amour bafoué, tromperie, amour-haine. Du déjà vu, mille fois, en long, en large et en travers sur à peu près tous les formats qui existent. Pas plus mal du coup d’en faire un roman aussi court, puisque de toute manière on n’évitera pas certains poncifs (l’amour qui se mue en haine par exemple) propre à ce genre d’histoires, autant ne pas en faire des tartines non plus et ainsi éviter l’indigestion.

 

Un point à peine plus original, c’est l’inversion du traditionnel rapport homme volage / femme trompée, mais là encore ce n’est pas comme si on tombait des nues en découvrant que ça marche dans les deux sens cette affaire.

 

Non, selon moi s’il y a quelque chose à en retenir, ce n’est pas tant la situation de départ ni son évolution, ni même sa conclusion (ça a déjà tant été traité que le tour en a été fait depuis longtemps, je ne crois pas qu’on puisse encore innover vraiment sur ce sujet), c’est le traitement de la chose. En gros on est quasi constamment dans les pensées du narrateur, et c’est assez incisif. Logique du reste, puisque la peine, la douleur et la colère mêlée d’humiliation ressenties aussi durement que dans le cas cité ici, amène forcément à la méchanceté à un moment ou un autre. Mais au moins ici, pas de faux semblant, par moments le narrateur se lâche vraiment et balance quelques sentences meurtrières vis-à-vis de sa compagne, et à travers elle vis-à-vis des femmes en général, qui ne manqueront certainement pas d’éveiller un soupçon de misogynie à l’encontre de l’auteur (dont la situation, l’âge et en partie la vie privée ont quelques similitudes avec ceux de son personnage).

 

Personnellement je ne l’ai pas ressenti ainsi, mettant simplement certains des propos et des pensées les moins politiquement correctes sur le compte de la détresse sentimentale du cocu, avec plus dans l’idée de l’auteur de montrer comment on peut passer en un éclair d’un sentiment très fort à un autre totalement opposé pour la même personne sous le coup d’émotions de ce type. En fait pour moi, il s’est contenté d’écrire honnêtement ce qui peut passer par la tête de tout le monde dans des circonstances particulièrement éprouvantes.

 

Intéressant de noter au passage l’utilisation pas si fréquente du mot « mufle » qui tient lieu ici de titre. À qui exactement est-il supposé s’appliquer ? À l’homme qui laisse libre court à des pensées pas très classes au sujet de celle qu’il a tant aimée et qui l’a blessé, ou à la femme qui s’est comportée à la façon d’un coureur de jupons au féminin, sans éprouver le moindre remords vis-à-vis de son compagnon ? Du coup j’ai jeté un œil sur le Larousse dont voici la définition (je saute celle qui désigne le museau de certains mammifères) :

Mufle : adjectif et nom masculin, qui est grossier, brutal, sans éducation. Ex : se conduire comme un mufle.

 

À en croire le dictionnaire donc, cet adjectif est uniquement masculin et ne connaît pas d’équivalent féminin. Est-ce parce qu’une femme ne peut pas avoir un tel comportement, ou a-t-on pointé là un manque dans la langue française ? (un manque d’origine… sexiste ?)*

 

Outre ces interrogations d’ordre lexical, je pense que l’intérêt principal de ce roman reste cette écriture incisive, décomplexée. Pas non plus de la grande littérature hein, mais ça touche à l’humain avec une certaine sincérité qui mérite d’être relevée. Sorti de là, j’avoue qu’à l’heure où j’écris cette critique, plusieurs années après l’avoir lu (en 2012 ou 2013 je crois bien), il ne m’en reste pas grand-chose de plus en mémoire. Je ne vais donc pas être plus loquace que cela. Je me souviens d’une lecture facile et rapide, mais pas plus marquante que cela, ni dans un sens ni dans l’autre. À vous de voir donc !

* d’autres mots de la langue française dénoncent la même idée de ce caractère déplaisant et visiblement unilatéralement masculin, et ne connaissent donc pas de pendants féminins : goujat ou malotru par exemple...

 

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commentaires

Marie H. 03/05/2019 20:50

Perso, le mot "mufle" me fait le même effet à chaque fois : j'entends dans ma tête la voix de Maggie traitant Jason de mufle ;-)

Stéph 06/05/2019 14:52

"me fait le même effet à chaque fois" : ah bon tu l'entends si souvent que ça ?!? ;-)
Sinon j'avoue que de prime abord je ne m'en souvenais pas, mais maintenant que tu le dis, c'est tout à fait vrai ! Et en voilà une référence qui me fait plaisir :-)