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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 06:11

Aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'un album coup de cœur, un album de bande dessinée qui est consacré à un acteur de légende, à l'un des plus charismatiques comédiens du cinéma français de tous les temps : Lino Ventura. Amusant d'ailleurs de noter qu'il était de nationalité italienne. Le destin avait certainement décidé dès sa naissance que c'est en France qu'il connaîtrait ses plus grands succès et bâtirait l'essentiel de sa carrière, puisque c'est un 14 juillet qu'il est né, en 1919, à Parme.

 

Je conçois que les jeunes générations n'ont pas beaucoup de souvenirs de cet acteur pourtant incontournable (il est mort en 1987), et je constate par la même occasion qu'il devient chaque jour plus évident que je me fais vieux. Car Lino Ventura, pour moi, c'est tout sauf un inconnu, et il fait partie de mon héritage culturel, du paysage cinématographique de mon enfance. À mes yeux il a toujours eu une image multiple. Celle d'un colosse d'abord, de par sa carrure et son physique de déménageur. Mais aussi celle de l'incarnation de la classe et de la dignité absolues, du type en costard toujours impeccablement mis, toujours impeccablement rasé et coiffé, un type aussi intimidant que réservé. Un type à la posture incroyablement droite, presque toujours une cigarette à la main, à la parole rare, sobre et toujours juste. Un homme, un vrai, à l'ancienne.

Une page qui dit tout, selon moi, sur l'homme Lino Ventura...

Eh bien c'est très exactement comme cela que je l'ai retrouvé dans cette BD qui réussit à le faire revivre d'une façon tellement précise, tellement juste, qu'on a presque l'impression de le voir bouger et parler en vrai. Cet exploit, car c'en est un de premier ordre, c'est le résultat de la convergence d'un scénario aux petits oignons de la part d'Arnaud Le Gouëfflec et du trait épatant de précision et de simplicité de Stéphane Oiry, qui a su capter et retranscrire des positions, des attitudes et des regards criants de vérité en autant d'instantanés iconiques de la légende Lino. Pour décrire ce moment de lecture qu'est Lino Ventura et l’œil de verre c'est bien simple : autant dans les mots que par l'image, tout ce qui fait l'essence même de Lino Ventura était là, devant mes yeux, sur papier.

Pas facile de résumer Lino...

Le prétexte de l'album est basique : Merlin, un journaliste aussi gauche que perspicace procède à l'interview (fictive) de l'acteur vieillissant et retrace avec lui aussi bien sa carrière que des éléments de sa vie personnelle. Ce qui n'est pas chose aisée tant Lino n'est pas du genre à s'épancher sur sa vie privée ou ses sentiments. C'est un taiseux doublé d'un modeste, et rien ne lui convient mieux comme qualités que la discrétion et l'humilité. Pour en faire un portrait fidèle, il faut lui arracher des confidences et accepter ses silences comme autant d'informations à part entière et qui dessinent en creux le bonhomme. C'est ainsi qu'il parle très peu de son enfance, de son père, de la guerre, de ses enfants, des femmes. Mais ce qu'il en dit, comme ce qu'il n'en dit pas, prend d'autant plus de force, d'importance, de sens.

Avant de briller sur l'écran, Lino Ventura a brillé sur les rings !

J'ai découvert ainsi toute une série d'anecdotes (il était le premier choix, avant Gérard Depardieu, pour incarner Campana en duo avec Pierre Richard dans La Chèvre, rôle qu'il refusa), j'ai mieux compris son rapport au cinéma et sa manière d'envisager un rôle et de gérer sa carrière (à l'ancienne là encore : il n'avait pas d'agent et faisait ses choix en libre conscience selon des critères très précis), j'ai appris toute une série de détails sur l'homme au-delà du comédien. L'évocation de sa carrière de lutteur puis de catcheur professionnel avant de devenir acteur m'a rappelé mes grands-parents qui me racontaient leur plaisir d'avoir pu voir des matchs de catch de Lino Ventura à Mulhouse ! Si j'avais une DeLorean à portée de main je n'hésiterais pas une seconde pour les y accompagner, ça devait être génial...

 

Bref, j'ai passé vraiment un moment de lecture passionnant avec cet album de BD qui m'aura remémoré et appris tant de choses sur une figure incontournable du cinéma. Évidemment ça m'a aussi furieusement donné envie de revoir certains de ses films...

Je ne peux donc, vous l'aurez compris, que vous conseiller la lecture de cette excellente BD !!

Lino Ventura et l'oeil de verre, d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry

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