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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 13:21

Franchement j’hésite à vous en dire plus. Plus que le titre, Room.

Parce que je l’ai lu sans rien en savoir d’autre, et que c’est très certainement grâce à cela que ce bouquin m’a à ce point dérouté, ennuyé, puis chopé pour finalement me laisser avec la trace d’une bonne vieille claque comme ça faisait longtemps que je ne m’en étais pas prise.

Alors forcément moi, là maintenant, à l’heure d’écrire une chronique à son sujet, j’hésite.

Parce que j’ai peur qu’en en disant plus que son titre, j’en dise déjà trop. Que j’amoindrirai l’impact. En même temps si je n’en dis rien, j’ai peu de chance de vous inciter à le lire, alors que pourtant je ne peux que conseiller à tout le monde sa lecture !

 

Dilemme, dilemme.

 

Après évidemment, vu qu’il a eu un sacré buzz à sa sortie (ça date quand même de 2011 – 2012 cette histoire-là), qu’il a déjà été adapté en film (que je n’ai pas vu), et que donc vous en avez peut-être déjà entendu parler par ailleurs, il y a des chances que vous en sachiez déjà largement plus que moi au moment de ma lecture.

N’empêche, je vais essayer d’être le moins bavard possible quant au résumé, et d’en révéler le strict minimum.

 

Room c’est l’histoire de Jack. Jack vient d’avoir 5 ans. Jack est un petit garçon heureux, qui déborde de vitalité, et le centre de son univers, c’est Maman. Ils vivent de manière fusionnelle, ne se quittent jamais. Dans leur chambre ils font tout ensemble. La seule ombre à ce tableau idyllique c’est le Grand Méchant Nick, heureusement Maman cache toujours Jack dans Petit Dressing lors de ses venues. Mais Jack a 5 ans aujourd’hui : c’est un grand à présent !

 

Et je vais m’arrêter là pour ce qui est du résumé. Si vous tenez à en savoir plus vous avez deux solutions : la plus facile, vous tapez Room dans n’importe quel moteur de recherche et vous saurez tout ce qu’il y a à en savoir, et même bien plus. Ou bien vous optez pour la seconde solution, la moins simple : vous lisez ce roman assez exceptionnel de Emma Donoghue et vous découvrez par vous-même ce qu’il y a à découvrir.

Il va de soi que je vous conseille la seconde solution.

 

Cependant attention ! Si vous ne voulez rien savoir du tout cessez de lire ici, sinon voici tout de même une ou deux choses que je peux vous dire sur ce que ce roman a produit comme effet sur moi…

 

La première chose à savoir, c’est que le narrateur de l’histoire c’est Jack. Et Jack a tout juste 5 ans. Il parle donc comme un enfant de 5 ans. Son monde est riche et il côtoie beaucoup de monde dans son univers : il y a Madame Lucarne, Monsieur Tapis, Madame Table, Monsieur Évier, Petit Dressing, Monsieur Lit et bien d’autres ! Et sa vie, comme celle de chaque enfant, est rythmée par d’innombrables rituels…

… et pour tout dire ne sachant pas ce que j’allais lire, l’entame du bouquin m’a vraiment été difficile. Entre le langage d’un enfant de 5 ans et l’aspect ultra-répétitif du moindre petit détail de son existence (qui pour lui ne sont pas des détails mais bel et bien des événements de première importance, comme tout ce que fait un enfant de cet âge-là), j’ai souffert à la lecture. Je me suis ennuyé, et j’ai même commencé à douter sérieusement de l’intérêt de cette histoire qui n’en finissait pas et semblait ne mener nulle part… Je crois l’avoir déjà dit ici l’une ou l’autre fois, j’ai cette fâcheuse tendance à ne pas abandonner un livre dont j’ai entamé la lecture, fut-il chiant à mourir. Et j’en conviens, c’est plutôt débile comme attitude, car j’aurais souvent gagné du temps en m’autorisant à laisser tomber une lecture ennuyeuse, lourde et/ou soporifique plutôt que de m’imposer d’en venir à bout coûte que coûte. Mais je me dis que si je veux me permettre d’émettre un avis dessus, le moins que je puisse faire c’est de le lire intégralement. Quitte à ce que le calvaire de ma lecture n’accroisse d’autant la perception négative que j’en aurai et n’aggrave ce que j’aurai à en dire plus tard. « C’est le jeu ma pauv’ Lucette. »

Mais cette fois-ci, avec Room, cette attitude bornée a sauvé ma lecture. Je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais il doit y avoir au bas mot 80 à 100 pages, celles du début qui m’ont vraiment été pénibles à lire. Pas loin du premier quart du bouquin en fait. Et puis tout à coup le déclic se fait ! Quasiment d’une page à l’autre, tout s’éclaire, tout prend sens, et l’ennui m’a quitté instantanément au détour d’une page, au début d’une nouvelle phrase, d’un nouveau paragraphe. Et c’est la première claque, quand on comprend ce qu’on a lu jusqu’alors. Et on comprend que cet ennui à la lecture était un mal pour un bien, mieux : un passage obligé et indispensable pour que la suite revête autant de force ! Et la deuxième claque vient dans la foulée, quand en même temps que Jack, et même avec un brin d’avance sur lui, puisqu’on n’a plus 5 ans, on comprend ce qui va se passer par la suite. Alors le suspens prend ses droits. Le roman vous chope par les roustons et ne vous lâche plus une seule seconde, plus une seule ligne. Pourtant c’est toujours Jack qui raconte, toujours avec ses mots à lui, avec sa naïveté à lui, dans son monde à lui. Et tout ce qui était lourdingue au départ devient passionnant. Et c’est même justement parce que le point de vue narratif est celui d’un enfant de 5 ans, que le récit prend une envergure toute particulière et encore bien plus vaste et profonde que si le point de vue était celui d’un adulte.

 

Ce roman, passée sa première partie volontairement longuette, vous chope aux tripes et vous lessive émotionnellement.

Gros coup de coeur.

 

Alors n’oubliez pas : Room. C’est tout ce que vous avez besoin de vraiment savoir sur ce livre.

 

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