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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 08:10

Quand j’étais môme j’adorais les mardis. Parce que le soir j’avais le droit de regarder FR3 (non, pas France 3 !), il y avait La Dernière Séance, avec un Eddy Mitchell souvent accompagné d’une jolie ouvreuse de cinéma en uniforme qui nous présentait le film du soir, et neuf fois sur dix il s’agissait d’un Western. J’arrivais même à tirer mon autorisation de veillée jusqu’au dessin animé qui faisait office d’intermède avant le second film du soir. Le mercredi il n’y avait pas école, j’avais des parents cools, et puis les programmes du soir démarraient vraiment à 20h30, pas à 21h15. Ceci explique cela. Du coup j’ai été biberonné chaque mardi soir aux Westerns à la papa, avec des cowboys et des indiens, des duels au revolver, et un John Wayne au stetson impeccable en toute circonstance (sauf bien entendu lorsqu’il arbora la toque en peau de raton laveur de Davy Crockett dans Alamo !!). Et j’adorais ça.

 

Puis le genre est tombé en désuétude. J’ai grandi. La Dernière Séance s’est arrêtée. La télévision est devenue de moins en moins vectrice de culture et de plus en plus dédiée au mercantilisme et à la vente de temps de cerveau humain disponible, chère à TF1 et tant d’autres dans son sillage.

La longue chevauchée commence...

Aujourd’hui quand un Western sort au cinéma, on sait d’avance qu’il aura au mieux un succès d’estime, mais que le public ne se ruera pas en salle, quand bien même le film serait d’une qualité exceptionnelle. C’est comme ça. Les derniers à avoir fait mentir cette règle furent deux géants : Kevin Costner et son Danse avec les Loups majestueux* et Clint Eastwood qui signa en son temps ce qui est souvent considéré comme le crépuscule du Western avec Impitoyable. Mais bon, ça remonte mine de rien à 1990 pour le premier (et ça vous fichera certainement un coup au moral si, comme moi, vous êtes de ceux qui l’ont vu à sa sortie en salle…), et à 1992 pour le second !

C’est malheureusement ce qui est arrivé à ce Hostiles qui n’aura eu ni grande presse, ni grand succès lors de sa sortie l’an dernier. Et pourtant, c’est un vrai, grand film.

 

Mis en scène par Scott Cooper (dont j’avais déjà apprécié Les Brasiers de la colère en 2014), le film démarre en 1892, quelque part dans le Nouveau-Mexique. Le capitaine Joseph Blocker (interprété par un Christian Bale -comme souvent- habité) est chargé d’escorter le prisonnier cheyenne Yellow Hawk (Wes Study, charismatique au possible), un vieux chef de guerre mourant jusqu’à ses terres natales dans le Montana. Blocker et Yellow Hawk ont longtemps été des ennemis jurés, mais le président Harrison, dans un souci d’apaisement avec le peuple indien, a décidé que le chef indien avait passé suffisamment de temps dans les geôles américaines et pourrait mourir sur ses terres, conformément aux traditions cheyennes. C’est à contre-cœur que Blocker se voit contraint de monter cette dernière mission avant de pouvoir lui-même prendre sa retraite de l’armée. Au cours de son périple, l’expédition va recueillir Rosalee Quaid (Rosamund Pike, elle aussi exceptionnelle dans un rôle difficile), une pionnière dont la famille entière a été décimée par un groupe de guerriers comanches. Le trajet jusqu’aux prairies du Montana va s’avérer long et périlleux...

Yellow Hawk et le capitaine Blocker, des ennemis de longue date.

Quand je dis de Hostiles que c’est un vrai grand film, je n’exagère pas un seul instant. Les images sont sublimes (vu les décors naturels traversés rien d’étonnant), l’histoire est simple mais très forte, le ton est à la sobriété et à l’authenticité (en ce point les Westerns modernes ont éliminé certains travers de leurs prédécesseurs des années 1950-1960 : on y est bien moins bavard et cliché qu’alors), les scènes d’action se veulent directes et rudes mais ne cherchent pas forcément à faire du grand spectacle et des démonstrations de force.

 

Mais surtout ce qui fait l’atout majeur de ce film, c’est l’interprétation des comédiens. Avec pour rôles principaux Christian Bale et Rosamund Pike, déjà, on tape dans le casting de luxe. Pas forcément les plus bankables au box-office, mais le tout haut du panier si on parle de talent pur. Ces deux acteurs sont à mes yeux depuis plusieurs années déjà parmi les meilleurs de leur génération, et ils le prouvent encore et toujours, film après film. Dans Hostiles ils éclaboussent de leur classe un film qui déborde pourtant déjà de qualités.

Douce et belle, Rosalee Quaid est aussi une femme qui sait se défendre.

Attention toutefois, je préfère vous prévenir : le film de Scott Cooper est aux antipodes de ce qui se fait actuellement dans l’entertainement cinématographique mainstream. Pas de sur-découpage, pas de montage échevelé des scènes d’action, pas de raccourcis narratifs. Les images sont léchées oui, pas tape-à-l’œil. Nuance. Il y a des scènes puissantes oui (à ce titre la scène d’ouverture vous prend d’entrée aux tripes), mais simples et directes, il n’y a ni esthétisation ni édulcoration de la violence. Le film met en scène un long voyage à travers les contrées américaines, il se permet des plans longs de paysage, des silences, des lenteurs, et c’est bien ! Les personnages endurent mille souffrances, les conditions sont difficiles, ils survivent plus qu’ils ne voyagent, aussi leurs paroles sont mesurées, ils parlent peu mais vrai, les dialogues sont parfois à voix basse, ponctués de murmures et de sous-entendus, les regards parlent souvent d’eux-mêmes, et suffisent au spectateur pour comprendre ce qui les motive et les anime. On est plus souvent dans l’exposition que dans l’explication. Et ça marche bien !

Christian Bale, comme toujours très impliqué dans son rôle.

Ce film est un joyau rare, du début à la fin.

 

Alors si vous êtes amateur de Western, n’hésitez pas une seconde, jetez-vous sur Hostiles, c’est un très grand Western.

Et si vous êtes juste amateur de cinéma, n’hésitez pas l’ombre d’un instant, jetez-vous sur Hostiles, c’est un très grand film.

* Je vous parle là de cinéma… mais il y a plus récent tout de même, à la télévision, chez HBO plus précisément, avec l’exceptionnelle série Deadwood dont j’ai parlé ici il y a looooongtemps. Et qui va enfin connaître un fin digne de ce nom (I hope so), avec un téléfilm annoncé en mai 2019, soit 13 ans après son annulation qui m’avait laissé un goût amer de frustration à l’époque !

 

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 11:56

J’ai adoré.

 

Comment ça c’est un peu court comme chronique d’un film ? Pourtant, ça se résume à ça au bout du compte. Bon, ok, je vais tâcher de développer un peu alors. Mais je vous préviens : j’ai adoré.

 

Ding-Ding, grande nouvelle : je suis fan de super-héros. Pour être plus précis, je suis un fan de l’univers Marvel. Parce que j’ai grandi avec. Leur concurrent direct, DC Comics, ne m’a jamais autant attiré, ni jamais autant plu à la lecture. Ce n’est pas un choix délibéré à la base. Gamin je lisais Strange, Titans, Spidey et consorts, tous estampillés Marvel. Parce que c’est ce qui se trouvait le plus facilement chez mon marchand de journaux et sortait avec la meilleure régularité aussi. Si bien que j’ai grandi avec les héros Marvel et que j’en lis depuis environ 8-9 ans. Pardon, depuis mes 8-9ans, ce qui fait, allez arrondissons, 35 ans de lecture. Sachant que la plupart des comics Marvel ont une périodicité de parution mensuelle, et que j’ai lu à peu près toutes1 les sorties en VF à partir du moment où je suis tombé dedans, ça fait pas mal de pages à l’arrivée. Faudrait que je m’amuse à faire le calcul un jour tiens.

Tiens ? une araignée dans l'espace !

Donc les X-Men, l’Araignée, les Vengeurs, les 4 Fantastiques, Daredevil, Serval, Hulk, Captain Marvel2 et encore tant d’autres, j’ai littéralement grandi avec eux. Et ils ont grandi avec moi aussi, puisque j’ai vu les personnages et les séries évoluer, muter, se transformer, prendre de l’ampleur ou parfois disparaître, jusqu’à devenir aujourd’hui la source d’icônes de la culture de masse par l’intermédiaire du succès des adaptations cinématographiques. Maintenant tout le monde connaît Captain America et Iron Man. Même les Gardiens de la Galaxie sont des stars, alors qu’à la base ce sont d’obscurs troisièmes couteaux de l’univers Marvel papier. Parfois j’ai envie de dire « hey, j’étais là avant, moi ! » à tous ceux qui s’improvisent spécialistes en super-héros parce qu’ils ont vus tous les films Marvel dans l’ordre. Avant c’était plus intime, plus méconnu, plus méprisé aussi d’ailleurs3, mais en même temps plus confortable, plus underground, plus libre comme univers auquel s’intéresser… Dire qu’aujourd’hui avec Avengers : Infinity War, tout le monde sait qui est Thanos, en tant que fan qui a découvert tout ça dans les années 80, je n’en reviens pas.

 

Chhhhhuuuuttt moi aussi je me suis évadé d'un comic book, ne le dites à personne...

Bon je vais doucement ranger ma panoplie de vieux con bougon parce que sinon vous allez croire que je suis du genre à radoter à grands coups de « c’était mieux avant ».

 

Or ce n’est pas le cas. Au contraire je ne boude pas mon plaisir de voir mes héros de papier, ceux qui ont bercé mon enfance, mon adolescence, et ont accompagné toute ma carrière de lecteur de comics, prendre vie sous mes yeux, « pour de vrai » dans des films qui ne sont même pas des dessins animés !! Quand j’ai vu la première fois Logan sortir ses griffes et se bastonner dans un ring (rappelez-vous le premier film X-Men), j’en ai eu des frissons4. Et ce n’est pas une façon de parler, mais bel et bien une réaction physique primaire qui a parcouru tout mon corps. Quand j’ai découvert Spiderman s’élancer au bout de sa toile dans le premier film de Sam Raimi, j’étais comme un môme : émerveillé, excité comme une puce, un grand sourire scotché sur le visage. Et avec Avengers : Infinity War, j’ai eu la même sensation, du genre qui va chercher dans les profondeurs, une réaction presque enfantine, en voyant l’impressionnant Thanos à l’écran. Pas quand il apparaît, pas quand il se bastonne avec tout ce qui porte un costume de super-héros dans l’univers cinématique Marvel, mais à la toute fin du film, un des derniers plans, où il sort de sa cabane, s’assied à terre, contemple le paysage et sourit. Pas d’un sourire de conquérant, ni d’un sourire sardonique de méchant fier de sa vilenie, non, mais d’un sourire de soulagement, de contentement et de contemplation. Un sourire sincère de celui qui a accompli une tâche difficile pour la bonne cause. J’ai vu cette scène toute simple à l’écran, et j’ai revu toutes ces cases de BD où Thanos combat tous les super-héros de la Terre, passe pour un fou furieux, un amoureux de la mort et de la destruction5, et qu’il soit vainqueur ou vaincu, reste toujours profondément seul et incompris. J’ai vu tout ça défiler dans cette scène, j’ai vu l’âme du personnage de papier6 qui a hanté tant de mes comics, mise à nu à l’écran. Et ça m’a fait un effet bœuf.

Des vignettes de BD me reviennent en tête...

C’est pour ça que j’ai adoré ce film. Pas seulement aimé, comme la plupart des autres films de super-héros que je vois régulièrement. Vraiment adoré.

Pour ça et pour plein d’autres choses : des images à couper le souffle, des combats homériques, des scènes d’une majesté incroyable, une profusion de personnages, des émotions qui balaient tout le spectre depuis le plaisir pur jusqu’au désespoir le plus noir, des petites doses d’humour, des idées sympas et novatrices, un rythme haletant, des enjeux puissants. Mais l'immense réussite du film tient avant tout dans le personnage de Thanos qui enterre, et de loin, tous les autres super-vilains qu'on a déjà pu voir un jour à l'écran (et ridiculise encore un peu plus si c'est possible, le Steppenwolf tout minable de la récente JLA).

Et puis également parce que j’ai partagé ça avec mon fils Nathan au cinéma. J’ai des souvenirs très clairs et très forts de films qui m’ont marqué à vie et que j’ai vus au ciné au même âge que lui (E.T. ou les premiers Indiana Jones par exemple !!!), et je me dis que peut-être celui-ci laissera chez lui une trace semblable, durable. Et me dire que ce sera un peu associé à moi en même temps, ça me fait plaisir.

La bataille du Wakanda vue par le Faucon

Alors voilà, j’avoue que c’est un peu léger comme critique de film, parce qu’en fin de compte j’ai très peu parlé du film et beaucoup de moi.

Mais ce n’est pas grave, j’avais surtout envie de causer de ce que ça a éveillé en moi plutôt que de commenter l’histoire, le scénario, les acteurs, les réalisateurs, les effets spéciaux, la musique et que sais-je encore… pour tout ça, vous qui irez le voir vous ferez votre propre opinion, vous êtes grands maintenant ! ;-)

1 « à peu près » j’ai dit hein, je suis cependant encore très loin de prétendre à l’exhaustivité.

2 vous aurez remarqué que j’utilise volontairement les noms de l’époque, aujourd’hui, vu l’ampleur mondiale du phénomène, les noms anglais sont la norme et on parlera donc uniquement de Spiderman, des Avengers, de Wolverine voire même des Fantastic Four

3 non seulement la BD avait déjà plutôt mauvaise image (huhuhu jeux de mots) par rapport à la littérature, mais les comics étaient dévalorisés par rapport à la BD franco-belge (les mangas ont connu le même sort lors de leur émergence par chez nous). Remarquez, je commence à constater actuellement que ce sont les films de super-héros qui acquièrent une réputation de films sans intérêt et sans profondeur, et qu’ils sont de plus en plus souvent brocardés comme du sous-cinéma par les gardiens auto-proclamés du « vrai cinéma ». L’histoire change de médium, mais a tendance à bégayer…

4 la seule autre fois où j’ai ressenti ça au cinéma, ça a été la première fois que j’ai vu Jurassic Park sur grand écran. Vous savez, la scène où le professeur Grant voit pour la première fois un brachiosaure et qu’il en est si éberlué qu’il doit s’asseoir par terre, l’émotion lui faisant perdre l’usage de ses jambes : j’étais pareil que lui, sauf que j’étais déjà assis moi. Croyez-le ou pas, mais j’ai eu les larmes qui me sont montées à ce moment-là du film, je n’en revenais pas de ce que je voyais : des dinosaures, des vrais dinosaures devant moi sur l’écran, comme j’en avais rêvés toute mon enfance (car je lisais beaucoup de comics, mais j’avais aussi une collection non-négligeable de livres sur la préhistoire, que je connaissais tous par cœur pour les avoir lus et relus un nombre incalculable de fois). Le choc que m’a procuré ce film a été si brutal, que j’ai été obligé de le revoir quasiment dans la foulée, pour être sûr de n’avoir pas rêvé. Et je porte toujours cette scène culte dans mon cœur de cinéphile / grand enfant / gamin fan de dinosaure. C’est pareil pour l’apparition de Wolverine à l’écran.

5 il est d’ailleurs réellement « amoureux de la mort ».

6 car oui je vous assure que les personnages de papier ont une âme !

L'affiche du film : il y a du people !

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 07:10

Titre assez accrocheur bien qu'un brin inquiétant, et qui cache un film difficile à ranger dans une case tant il aborde des thèmes et des genres très différents. En effet, Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare est un titre à prendre au premier degré, car le film débute environ trois semaines avant la fin annoncée du monde. Il n'y a rien à y faire c'est une fatalité à laquelle personne ne pourra échapper (à moins de se supprimer avant la date fatidique), le monde va disparaître quand l'astéroïde Matilda entrera en collision avec la Terre. L'impact sera destructeur et l'humanité n'y survivra pas. La dernière tentative pour empêcher cette collision a échoué, Dodge (Steve Carell) et Linda (Nancy Carell, eh oui la femme de Steve !), un couple comme tant d'autres, entendent la triste nouvelle alors qu'ils sont en voiture. Linda sort du véhicule et disparait. Dodge ne la reverra plus. Abasourdi et incapable de réagir, Dodge continue à se rendre à son boulot chaque matin, il est assureur. Autant dire qu'il est devenu totalement inutile. De retour d'une soirée « fin du monde » chez des amis, où tout le monde s'adonne à l'alcool et au sexe pour oublier le funeste sort qui les attend, Dodge repense à Olivia, le grand amour de sa vie. C'est aussi à ce moment qu'il rencontre Penny (Keira Knightley), sa voisine avec laquelle il va se lier subitement d'amitié. La question est comment occuper ces trois dernières semaines avant la fin du monde ? Dodge et Penny vont tenter d'y répondre ensemble...

376 jusqua fin du monde nous separe penny dodge sofa

Quand je disais que le film est difficile à répertorier dans un genre c'est parce qu'il pioche dans toute une série de registres différents pour finir par composer une oeuvre assez inclassable. Déjà le contexte de fin du monde et de disparition annoncée de l'humanité entière rappelle directement certaines situations de départ de scénario de SF et d'anticipation, voire de film catastrophe. Ensuite le héros principal est incarné par Steve Carell, l'incontournable Michael Scott de The Office durant sept saisons, un acteur fortement marqué par la comédie, genre dans lequel il excelle. Difficile à prendre au sérieux à 100% donc, et certaines répliques ou situations du film lorgnent ouvertement vers la comédie et l'humour. Autre sujet présent tout au long du film : l'amour. Ce film est très clairement romantique, aucun doute là-dessus. On y parle d'amour délaissé, de rupture difficile, d'amour de jeunesse et d'amour impossible : combo imparable pour tout âme un tantinet fleur-bleue. Enfin le dernier aspect, et non le moindre, que le film aborde frontalement, c'est un questionnement d'un ordre plus philosophique. La fin du monde est à nos portes, que faisons-nous ? Qu'est-ce qui a encore de l'importance quand tout est promis à disparaître ? Est-ce à ce moment-là que l'on découvre qui l'on est vraiment ou que l'on se permet d'être enfin qui l'on a toujours voulu être ? On profite des derniers instants ? On devient fou ? On perd toute inhibition ? On retourne à la sauvagerie ? On se suicide ? On vit dans l'angoisse ? On reste soi-même ou au contraire on change du tout au tout ? Autant de questions et de réponses possibles qu'esquisse plus ou moins sérieusement le film.

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Dis comme ça, avouez que c'est plutôt un beau programme, qui se permet de ratisser large, et qui a le potentiel de contenter beaucoup de personnes. Sauf que... sauf que le film n'est pas exactement ce que théoriquement en se basant sur les thèmes que je viens d'énoncer, il pourrait être. Le premier reproche que je ferais, et certainement le plus important à mes yeux, c'est un certain manque de réalisme. Tout ce qui vit à la surface de la planète va se retrouver réduit en cendres dans pas longtemps, et cela en émeut un certain nombre c'est vrai, mais dans ce film on a quand même une majorité de personnes qui le prennent bien, et je dirais même avec un calme que leur envieraient le Mahatma Gandhi et le Dalaï-lama en personne. Certes on voit quelques petites émeutes et soulèvement de foules, des gens qui cassent des vitrines et foutent le feu à des bagnoles mais très peu finalement sur l'ensemble du film. La plupart se sont résignés et fêtent leurs derniers jours en picolant, baisant et bouffant comme jamais ils ne se l'étaient permis (imaginez un peu : quand tout s'arrête dans trois semaines, plus rien à foutre du sida, du régime hyper-protéiné ou du retrait de permis !). Mais ça reste bon enfant, on s'amuse, on profite de façon positive. Pour dire, il reste même des gens qui bossent encore comme dans ce resto où le personnel continue à vous servir gratuitement par exemple. Et que dire de la femme de ménage de Dodge qui persiste à venir nettoyer tous les lundis ?

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Il y a bien quelques survivalistes qui se préparent aussi à vivre enfin leur plus grand fantasme, à savoir s'enfermer dans leur bunker avec de quoi bouffer des gâteaux secs et du pâté lyophilisé pendant des années, un jeu de fléchettes et la Holy Bible pour uniques occupations, mais là encore ça reste très gentillet tout ça. Très peu réaliste, et pour cause. Je pense que si le scénariste du film avait voulu s'engager sur la voie du réalisme, le film aurait été beaucoup plus sombre et déprimant qu'il ne l'est. Et du coup il y aurait eu beaucoup moins de place (et de cohérence) pour les autres thèmes développés : l'histoire d'amour en premier lieu, le rapport de Dodge avec son père (Martin Sheen) ensuite, et bien évidemment le film aurait tout perdu de sa légèreté et de son humour un peu flegmatique. En ce sens, la perte de réalisme du film se justifie car elle permet au reste d'exister (et que justement il s'agit bien plus d'une histoire d'amour que d'une histoire de fin du monde), n'empêche que moi, cela m'a quand même grandement gêné, et m'a tenu à distance de l'histoire.


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Autre chose qui a parasité mon visionnage du film, et pas qu'un peu : l'héroïne principale, à savoir Keira Knightley. Dire que j'ai eu beaucoup de mal à la supporter tient de l'euphémisme. Cette nana m'a donné envie de lui coller des baffes à longueur de temps. Aussi bien Penny pour ce qu'est son personnage que Keira pour sa façon hallucinée de la jouer. J'ai beau chercher, je dois revenir à la toute première fois où je l'ai vue pour citer un film dans lequel elle joue que j'ai aimé et où je l'ai appréciée elle. C'était The Jacket avec Adrien Brody, film datant de 2005 mine de rien ! Pas un chef d'oeuvre mais un petit film malin et plaisant. Et j'y avais trouvée Keira Knightley très belle. Depuis elle ne cesse de m'énerver de plus en plus (allez, je lui accorde une bonne prestation dans A Dangerous Method de David Cronenberg, film très moyen mais belles interprétations), et plus le temps passe plus elle se squelettise, ce qui lui fait perdre tout son charme à mes yeux. Une chose est sûre, autant la prestation de Steve Carell m'a convaincu dans Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare, autant celle de Keira Knightley m'aura agacé. Ce qui est gênant vu la place de son personnage dans l'histoire.

376 jusqua fin du monde nous separe penny

Quant à la fin, elle pourra déplaire à certains, pour moi elle a ceci pour elle qu'elle est cohérente et logique (donc parfaitement prévisible) si l'on prend l'ensemble du film en considération. Je n'ai été donc ni surpris ni déçu par cette fin.

Que m'est-il donc resté de ce film ? J'avoue être sorti du cinéma un peu perplexe. Pas mauvais en soi, assez original il faut bien le dire, plutôt décalé aussi. Des choses que j'ai aimées, d'autres pas du tout. Un beau brassage de thèmes, un ton assez moderne mais un peu fouillis. J'ai trouvé le mélange de genres intéressant, mais le résultat pas forcément à la hauteur de mes attentes. En fait, c'est un vrai « film à mais ». Pour chaque chose qui nous plaît on peut citer quelque chose qu'on n'a pas aimé. Bref, c'était pas mal, mais...

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 19:40

Il y a un an l'été dernier, l'événement c'était The Dark Knight Rises, opus final de la trilogie de Christopher Nolan consacrée au plus sombre des super-héros : Batman. Attendu comme le chef d'oeuvre ultime par beaucoup, précédé par des teasers et bandes annonces plus alléchants les uns que les autres, le moins qu'on puisse dire c'est que ce film concentrait en son endroit les espoirs les plus fous des geeks les plus acharnés tout comme du grand public qui avait été convaincu et enthousiasmé par le second volet de la trilogie, l'unanimement applaudi The Dark Knight.

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Pour ma part, je pense que c'est justement ce second film, qui a servi de formidable rampe de lancement à The Dark Knight Rises, qui est aussi ce qui l'aura le plus desservi à l'arrivée. Par le simple jeu des comparaisons d'une part, et par celui plus insidieux d'une trop grande attente qui aura prêté le flanc d'autant plus largement à un sentiment de déception devant ce qui était censé être l'apogée ultime de la trilogie.

Car très loin d'être un mauvais film, The Dark Knight Rises est clairement un cran en-dessous de son prédécesseur, The Dark Knight. Et ce cran d'écart a créé de grosses déceptions (en partie injustifiées dans leur ampleur, en partie justifiée sur le fond). Essayons d'y voir un peu plus clair et de décrypter au moins sommairement ce qui a pu mener à cette sortie sinon ratée du moins contrastée du Caped Crusader.

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Le film commence huit années après la fin du précédent. Après les manigances machiavéliques du Joker et surtout après l'épisode tragique qui a entraîné la mort du procureur adulé Harvey Dent, Batman est devenu l'homme à abattre, l'ennemi numéro un à Gotham City. Suite à ces événements, la police s'est renforcée et la criminalité a spectaculairement chuté, rendant Gotham plus sûre qu'elle ne l'avait jamais été. Le super-héros masqué a cessé d'apparaître depuis longtemps, et son alter-ego Bruce Wayne (Christian Bale) a sombré dans la misanthropie et la déchéance aussi bien physique que psychologique. Vivant comme un ermite au sein de son manoir, coupé du monde de son plein gré, Bruce Wayne n'est plus que l'ombre de lui-même. Pourtant la conjonction de plusieurs petites choses vont pousser Batman à reprendre ses activités. D'abord c'est la séduisante voleuse Selina Kyle (Anne Hathaway) qui va piquer au vif le milliardaire en lui subtilisant quelques bijoux mais surtout des données qui vont permettre à ses commanditaires de mettre la main sur les Industries Wayne et de ruiner son propriétaire. Ensuite c'est l'entrée en jeu de Bane (Tom Hardy), terroriste masqué aux méthodes extrêmes qui vient semer le trouble à Gotham. Ce dernier est qui plus est, selon les informations que parvient à glaner Batman, l'héritier direct de Ra's Al Ghul (Liam Neeson), ex-mentor de Bruce Wayne devenu son ennemi juré (cf le premier film de la trilogie Batman Begins). Enfin, un jeune policier, John Blake (Joseph Gordon-Levitt) aussi exemplaire que performant et motivé à faire régner la justice, et qui a percé à jour la double-identité du super-héros à la retraite, le pousse à revenir dans le jeu tant il croit en la justesse de ses actions passées. Revenu sur le devant de la scène, Batman va vite s'apercevoir que toute cette histoire va bien plus loin qu'il ne l'imaginait et s'apparente plus à une immense machination dans laquelle il tient un des rôles principaux...

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J'ai tenté ici de faire un résumé le plus concis possible du début du film, c'est déjà assez touffu et il manque pourtant encore pas mal d'intrigues et de personnages secondaires pour être vraiment complet. Il y a la relation entre Bruce et Alfred (Michael Caine) qui se délite, les questionnements existentiels du commissaire Gordon (Gary Oldman) qui entretient le mensonge autour de la mort de Dent et l'implication véritable de Batman pour préserver les conséquences positives que ce drame a eu sur l'état de la pègre à Gotham, l'implication de la riche et belle Miranda Tate (Marion Cotillard) dans les projets des Industries Wayne pour créer une source d'énergie plus propre et plus sûre, la position de directeur des Industries Wayne qu'a prise Lucius Fox (Morgan Freeman), l'obsession du chef de la police Peter Foley (Matthew Modine) à mettre la main sur Batman plutôt que se consacrer à arrêter Bane et ses hommes de main... etc, etc... Bref, la somme des intrigues et sous-intrigues, ainsi que le développement de chacun des protagonistes de premier et second plan font de ce film une œuvre dense et très riche. Peut-être trop. Pourtant Christopher Nolan démontre avec brio toute sa maîtrise de la narration, puisqu'à aucun moment on n'est perdu dans son histoire, il parvient toujours à raccrocher entre elles les pièces du puzzle géant qu'il façonne sur l'ensemble de sa trilogie, et ceci malgré toute la complexité dont fait preuve son scénario global. Quand on sait que Batman est aussi et avant tout considéré comme un blockbuster, et donc un film censé attirer le grand public et ratisser le plus large possible, il faut lui accorder cela : Nolan ne se sera pas laissé aller à la facilité pour autant. Il ne prend pas les spectateurs pour des imbéciles tout juste bon à grignoter du pop-corn devant quelques scènes d'action bien ficelées. Et contre toute attente, ses films fonctionnent auprès du public malgré cela (remember Inception), preuve que le bonhomme sait y faire.

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Mais peut-être que sur The Dark Knight Rises, Nolan aura atteint les limites de ce genre d'exercice. Le film est long sans ennuyer pour autant, mais on ne peut s'empêcher par moment de se dire qu'il y a trop de choses dedans. Qu'en voulant bien faire, en voulant être parfait et exhaustif, Nolan en aura en fin de compte un peu trop fait.

Outre sa complexité narrative et quelques digressions qui font dévier son film du chemin tout tracé qu'est censé emprunter tout gros film d'action qui se respecte, il y a un point bien précis qui est à inscrire à mon avis dans la liste de ce qui aura été source de déception (même relative). Je veux parler du méchant principal, Bane. Alors que dans les différentes bandes annonces il s'annonçait comme le méchant ultime, l'adversaire le plus coriace et le plus impressionnant de Batman, dans les faits il en est loin. Dans un comic book comme dans un film d'action, on dit souvent qu'une histoire est bonne si son vilain est bon. Plus le héros aura fort à faire pour vaincre son adversaire, plus l'histoire sera intéressante. Que seraient les X-Men sans Magnéto ? Que seraient Luke Skywalker et Han Solo sans Dark Vador ? Que seraient Kyle Reese et Sarah Connor sans le Terminator ? Et dans la trilogie Batman de Christopher Nolan, le contraste est encore plus saisissant je trouve. En effet, autant j'apprécie ces films, autant j'admire Christian Bale pour pas mal de ses films, autant je trouve le personnage de Bruce Wayne / Batman fade dans les films de Nolan.

374 dark knight rises selinaJ'ai toujours trouvé que c'est tout ce qui gravite autour de Batman / Wayne qui donne de l'intérêt aux films. Les personnages secondaires comme Alfred ou Lucius Fox par exemple. Les gadgets hi-techs comme la batmobile. Et bien évidemment les méchants, avec en tête de tous l'incroyable Joker interprété par Heath Ledger dans le second film. C'est selon moi la performance unique de Ledger dans le rôle du Joker qui a fait le succès immense (et mérité) de The Dark Knight. Et c'est justement en s'imposant comme « méchant parfait » que le Joker a ruiné toute possibilité aux suivants de marquer durablement. Forcément une comparaison a lieu dans l'esprit des gens, et forcément le Joker incarné par Ledger arrive bon premier, loin devant les autres. Du coup Bane reste sur le carreau. Il faut dire aussi à la décharge de Tom Hardy que ce masque qui lui cache tout le bas du visage et cette voix déformée perchée quelque part entre celle d'un Dark Vador qui n'aurait pas encore mué et d'une voix off sortie d'un doublage de manga ne l'aident pas. Comment imposer un jeu d'acteur dans ces conditions ? C'était vraiment l'handicaper dès le départ. Et ce n'est ni son crâne rasé ni sa carrure de bœuf qui apportera la finesse d'interprétation qu'a su trouver Ledger en son temps (qui jouait lui aussi un personnage ultra-caricatural pourtant !). En voyant Bane, j'ai eu plus d'une fois l'impression d'un personnage lourdaud, presque bovin, qui chercherait à se donner des airs shakespeariens. Et ça m'a déçu.

Dès lors on se retrouve avec un film opposant un héros un peu terne (Bale) à un méchant un peu monolithique (Hardy), ce qui tout de même n'est pas la meilleure recette quand on cherche à captiver l'attention et à faire monter la tension dramatique.

374 dark knight rises bane batman

J'ai un peu l'air de charger la barque, je m'en rends bien compte, en parlant de The Dark Knignt Rises. Ce n'est cependant pas mon intention, car sur bien des points, j'ai apprécié ce film. D'abord parce qu'il complète les deux précédents et forme avec eux une œuvre complète et plutôt cohérente. Je pense du reste que l'un des objectifs principaux de Nolan était de dresser un portrait complet de Bruce Wayne en suivant son évolution dans le temps. Depuis ses origines dans le premier volet, en passant par son apogée de héros puis son sacrifice dans le second, pour finir par une renaissance et la dernière chevauchée avant son chant du cygne. Car ce troisième film est bel et bien une fin. Nolan met un terme à son Batman, boucle la boucle, donne sa conclusion. Si Batman doit revenir (et à coup sûr ce sera un jour le cas), ce sera un autre Batman, d'un autre réalisateur qui devra reprendre le personnage à la base et le réinventer.

374 dark knight rises stade

Ensuite il y a du point de vue de la réalisation de belles choses dans ce film. Des changements d'ambiances et de rythme maîtrisés, d'excellents dialogues (entre Alfred et Wayne par exemple), bien entendu de somptueux effets spéciaux, des scènes d'actions plutôt réussies (la scène du début où un avion se fait aborder en plein vol, ou celle du stade de football américain qui s'écroule sur lui-même en plein match, c'est vraiment du grand spectacle !), une gestion sonore impeccable (mise à part cette voix désincarnée de Bane) et tout l'environnement de Gotham qui reste très convaincant. Au chapitre des personnages secondaires, si je passe sur le cas de l'ultime scène de Marion Cotillard qui a fait son petit buzz sur le net, je note deux bonnes surprises. La première c'est Anne Hathaway dans le rôle de Catwoman (bien que ce nom ne soit jamais prononcé dans le film). Je n'aurais pas parié un kopeck sur elle avant de la voir. Parce que je la trouve trop superficielle, qu'elle a une connotation disneyienne bien trop marquée pour moi, et parce que Michelle Pfeiffer qui l'a précédée dans ce rôle est insurpassable. Et pourtant, comme Ledger qui s'était nettement et astucieusement démarqué de la version Nicholson du Joker, Hathaway a su inventer un nouveau personnage avec son interprétation de Selina Kyle. Sans aller jusqu'à crier au génie, elle joue juste, elle s'efface derrière son personnage, et elle séduit juste ce qu'il faut. L'autre bonne surprise ça a été Joseph Gordon-Levitt dans un rôle certes assez sobre, mais qui créera la surprise sur la toute fin (et qui restera vraisemblablement sans suite). Étonnamment il aura su insuffler à son personnage ce qui aura peut-être manqué à celui de Christian Bale : du calme et de l'assurance.

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En conclusion (parce que je m'étale, je m'étale, mais on n'a pas que ça à faire !), je dirais que The Dark Knight Rises est un bon film, souffrant malheureusement de la comparaison avec l'opus précédent. Il prend cependant son plein intérêt dans le cadre du visionnage de la trilogie complète de Christopher Nolan et gagne à coup sûr à être revu dans ces conditions.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 18:12

C'est en zappant sur son téléviseur que Steven Soderbergh est tombé un jour par hasard sur une émission d'Ultimate Fighting opposant des adversaires féminines. C'est là qu'il découvre la grande championne du moment : Gina Carano. Tombant instantanément sous le charme de la jeune femme (et très franchement, on peut le comprendre), il décide qu'elle sera l'héroïne d'un de ses films. Comme la vie est bien faite, il trouve là l'occasion de faire d'une pierre deux coups et de concrétiser une des envies qu'il a depuis longtemps : en grand fan de James Bonderies il rêve de réaliser un film d'espionnage. Il vient de trouver son espionne. Elle s'appelle Gina Carano, elle est sexy, elle est ultra-féminine et manie l'uppercut et le high-kick avec force et grâce.

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Propulsée en tête d'affiche alors qu'elle n'a tenu jusqu'alors que de rares petits rôles plutôt anecdotiques, Soderbergh entoure son apprentie comédienne d'un casting haut de gamme du genre dont il a le secret. Car oui, l'un des avantages à s'appeler Steven Soderbergh, c'est de pouvoir réunir autour de soi un casting de luxe comme qui rigole. Gina Carano se retrouve donc à donner la réplique à rien moins que : Ewan McGregor, Michael Fassbender, Bill Paxton, Antonio Banderas, Michael Douglas et Channing Tatum. Et quand je dis « donner la réplique », cela peut inclure aussi « tataner la tronche ».

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Question scénario, c'est assez classique. Mallory Kane (Gina Carano) est un agent d'élite (c'est plus classe que de dire une barbouze) qui travaille pour l'organisation semi-clandestine de Kenneth (Ewan McGregor), accessoirement son ex-petit ami. Envoyée en Espagne, elle dirige une petite équipe de mercenaires qui a pour mission de délivrer un journaliste chinois retenu en otage. Lors de sa mission suivante, elle découvre qu'on cherche délibérément à l'éliminer tout en l'incriminant dans un meurtre qu'elle n'a évidemment pas commis. Elle va devoir se sortir de ce mauvais pas seule et découvrir qui l'y a entraînée...

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Bon, en gros, on nous fait le coup du super agent secret trahi qu'on cherche à éliminer, ce qui relève presque de la tarte à la crème quand on parle de film d'espionnage. Mais sur ce canevas ultra-rebattu et assez prévisible, Soderbergh parvient toutefois à tisser un récit intéressant. D'abord par son choix de narration destructurée à base de flashbacks qui dévoilent peu à peu l'affaire. Ensuite par le choix de ses personnages, tous très charismatiques (citons un Michael Fassbender en Paul, agent britannique d'une classe folle mais aussi capable d'une grande sauvagerie). Et puis par la froideur et du récit, des héros peu bavards, quelques mouvements de caméra et un montage pas dénués d'intérêt, un fond musical qui passe quelquefois au premier plan sonore ce qui donne un cachet original à certaines scènes, notamment d'action ou de poursuite, qui resteraient sans cela dans un registre très classique. Bref, le réalisateur livre un bel objet filmique avec une histoire simple mais au classicisme revisité. On n'échappera pas au jeu d'éclairage et de couleurs qui viennent souligner les différentes ambiances, une des marques de fabrique de Soderbergh (qu'il avait poussée jusqu'à l'exagération dans Traffic), chose que personnellement je n'apprécie que moyennement, je trouve ça un peu too much comme effets visuels.

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L'intérêt principal reste le casting sur lequel s'appuie le film, son interprète principale en tête, et les scènes de baston où justement elle passe de la sensualité à la débauche d'énergie et de violence pure (une fille aussi sexy qui tape aussi dur, et qui ramasse aussi de sacrées volées, ça fait de l'effet, surtout quand on sait qu'elle a fait ça aussi pour de vrai dans des combats de MMA !). Sorti de là on a des personnages un peu caricaturaux et faits sur mesure pour leurs interprètes : Channing Tatum en gros bourrin pas très fute-fute, Ewan McGregor en tête à claques détestable tout droit sorti d'un camp scout si l'on en juge uniquement par la coupe de cheveux, Michael Douglas au profil de requin qui incarne à lui seul l'ensemble des magouilleurs officiels de l'administration fédérale, Michael Fassbender en parfait tueur à gages james-bondien, classe et magnétique, à la fois physique et cérébral et un Antonio Banderas latino jusqu'au bout des castagnettes.

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Pour l'exercice de style, pour l'interprétation, pour Michael Fassbender et surtout pour Gina Carano je conseille ce petit film sans grande prétention et qui est un peu passé inaperçu à sa sortie, mais qui reste plutôt bien fichu.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 06:53

S'il est une question qui se rapporte à The Amazing Spider-Man, la nouvelle version cinéma des aventures de mon homme-araignée préféré, c'est : « Pourquoi ? ».

Je lis les aventures du tisseur depuis un bail maintenant. Il est entré dans ma vie de lecteur et de petit garçon alors que je devais avoir quelque chose comme huit ou neuf ans. Un bail je vous dis. Et depuis il ne m'a plus quitté (au contraire il a même rameuté pas mal de ses potes en moule-burnes colorés). Au tournant des années 2000, quand Sam Raimi a transposé mon héros de papier sur grand écran j'avais été aux anges. Le temps d'une trilogie (qui a tellement parlé à mon âme de gamin lecteur de comics que j'ai même été capable de défendre le troisième opus au-delà de toute objectivité), j'avais rencontré Peter Parker pour de vrai, il avait pris vie devant mes yeux et m'avait complètement séduit tant j'y retrouvais ce qui avait bercé ma jeunesse.

Aussi avais-je été bien triste d'apprendre que le quatrième volet de la série de films mis en scène par Sam Raimi avait été abandonné. Déjà, un premier « pourquoi ?» venait poindre sur mes lèvres. La trilogie avait ramassé tant d'argent et remporté un tel succès que j'avais du mal à comprendre ce qui pouvait pousser les producteurs à ne pas faire fructifier la poule aux œufs d'or rouge et bleue.

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Le deuxième « pourquoi ? » n'a pas tardé à arriver quand l'annonce d'un reboot a été officialisée. Une franchise de trois films dont le plus ancien n'a même pas dix ans, et on voudrait déjà procéder à un reboot ?! Pour ceux qui ne le sauraient pas, un reboot c'est une autre façon de dire « on efface tout et on recommence ». Autrement dit, on oublie les trois films de Raimi et on reprend tout du début avec une nouvelle équipe artistique. Ce qui veut dire qu'on repasse par la case « narration des origines » par exemple. Pour moi c'était purement incompréhensible. Raconter à nouveau un truc qui l'a déjà été il n'y a même pas dix ans (et plutôt bien qui plus est), ça s'appelle se répéter inutilement. Voire même être carrément contre-productif. Parce que c'est quand même risqué de refaire à peu de chose près le même film qui raconte les mêmes choses qu'il y a quelques temps, alors que tant de personnes ont vu la première version. Ça n'est pas la meilleure façon d'attiser la curiosité des spectateurs selon moi... parce que quand même, là on est à deux doigts du foutage de gueule ouvertement assumé.

Mais bon, je ne suis pas un garçon aussi contrariant qu'on pourrait bien le croire, aussi leur laissais-je encore le bénéfice du doute. En me disant : les mecs de la prod ne sont pas complètement fous et il s'agit de grosses sommes en jeu, ils ne s'amuseraient pas à faire n'importe quoi juste pour le plaisir quand même.

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Et puis j'ai vu le film. Et là, fort logiquement, s'est donc imposé à moi le troisième « pourquoi ? ». Parce que si je m'étais interdis de juger trop sévèrement par avance ce film, après l'avoir vu ben, je pouvais me l'autoriser. Or, qu'ai-je vu exactement ? Je ne vais pas faire la liste exhaustive des ressemblances et différences entre le premier film de Sam Raimi et le film de Marc Webb (un type au nom prédestiné soit dit en passant). Je ne vais pas non plus faire le résumé du film ici, même si c'est d'habitude ce que je fais pour causer d'un film. Or justement, j'aurais l'impression d'encore en rajouter une couche dans la répétition, je m'abstiendrai donc. Qu'ai-je vu exactement disais-je donc... et bien pour résumer mon impression voici : à mes yeux tout ce qui est repris ou très proche de la version de 2002 est moins bien fait que dans l'original. Et tout ce qui est différent et nouveau par rapport à l'ancienne version, m'a semblé ne rien apporter de décisivement meilleur, ou plutôt devrais-je dire n'a pas été suffisamment pertinent et efficace. C'est un peu raide dit comme ça, et pourtant c'est bien ce que j'ai ressenti en voyant le film. Ce qui étrangement ne veut pas dire que je considère ce Amazing Spider-Man comme un mauvais film, loin de là, il est même dans une bonne moyenne dans la catégorie « films de super-héros ». Mais il passe après la trilogie de Raimi, et donc ne peut pas échapper à la comparaison, qui n'est pas forcément flatteuse à son endroit. C'est du reste le plus gros défaut du film, je le confesse. Si je n'avais pas vu mieux peu de temps avant, certainement aurais-je été plus enthousiasmé par cette version.

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Cependant la vision du film m'aura toutefois apporté quelques débuts de réponses à mes « pourquoi ? ». Clairement, ce film a été produit pour attirer un public plus jeune que celui d'il y a dix ans. Andrew Garfield qui incarne Peter Parker, ou Emma Stone qui interprète le rôle de Gwen Stacy sont en effet carrément plus djeun's, plus glam, plus in, plus dans la vibe, plus tout-ce-que-vous-voulez-qui se-dit-aujourd'hui-pour-signifier-que-les-ados-les-kiffent-foutrement-mieux-avec-ces-gueules-là que leurs prédécesseurs, de dangereux trentenaires qu'on nous faisait passer pour des lycéens. C'est vrai, Tobey Maguire a beau avoir une tronche de gamin attardé, il a quand même 38 balais le pépère (oh bordel, mon âge...). Et Kirsten Dunst, toute craquante qu'elle est (si si, revoyez la scène du baiser à l'envers en t-shirt mouillé) est trentenaire elle aussi... et comme elle a commencé le cinéma étant gamine on a l'impression de la voir sur les écrans depuis une éternité que voulez-vous... Cela étant dit, je tiens à préciser que même s'il ne les fait pas, mais alors pas du tout, Andrew Garfield fête lui aussi cette année ses trente printemps hein … donc la logique du rajeunissement du casting à tout prix a ses propres limites visiblement.

Bref, The Amazing Spider-Man a rajeuni l'image des héros principaux, et par ce fait semble avoir gagné le pari de plaire aux plus jeunes. Pourtant côté histoire, un des arguments avancés pour ce reboot a été de dire qu'on chercherait à être plus fidèle à la version papier du héros. Souvenez-vous en 2002, certains ont pu s'émouvoir de ne pas entendre parler de Gwen Stacy (le premier grand -et tragique- amour de Peter Parker) mais directement de voir entrer en scène Mary-Jane Watson, la seconde (par ordre chronologique) amoureuse symbolique dans la vie de Peter. C'était passé sous couvert d'adaptation cinéma, et il n'était pas totalement faux de considérer Gwen Stacy comme un « vieux » personnage disparu depuis longtemps (elle meurt -désolé si je spoile quelqu'un qui voudrait se mettre aujourd'hui à lire l'intégrale de Spider-Man hein, mais vous ne devez pas être bien nombreux quand même- au début des années 70 dans les comics), qui ne parlerait que très peu aux spectateurs alors que Mary-Jane était le personnage féminin principal de la BD depuis près de 30 ans au moment de la sortie du film. Histoire de coller à l'actualité du comics, il n'était pas déraisonnable de sauter Gwen (oups) pour se rendre directement à l'essentiel (une rousse que tu tiens vaut mieux que deux blondes que tu auras) avec MJ (ce n'est que mon avis)(sur MJ)(et sur les rousses).

367 amazing spider-man gwen parapluie

Tout ça pour dire que j'aime les rousses que l'on pouvait se dire qu'au moins avec ce nouveau film on aurait quelque chose de plus proche des vraies origines du comics. Sauf que non, désolé, mais non. Dans l'esprit, j'ai trouvé l'adaptation de Raimi, malgré ses infidélités capillo-chromatiques, bien plus proche du comic que celle de Webb. Certes oui, on a voulu donner un coup de jeune, remettre dans un contexte plus actuel et moderne l'histoire de Peter Parker, mais moi ça m'a gêné aux entournures. L'histoire reliant les parents de Peter au docteur Connors par exemple, je l'ai trouvée très médiocre. L'idée de faire de Gwen l'assistante d'un pur génie scientifique (Connors donc) qui tient ce boulot comme un petit boulot d'appoint après le lycée, alors même qu'elle accède par ce biais à des recherches ultra-pointues et ultra sécurisées, m'a semblé un peu... comment dire cela... exagéré ? Capillo-tracté ? (oui, j'aime les mots composés commençant par capillo) portnaouaquesque ? (oui, parfois j'aime aussi inventer des mots improbables que pourtant vous comprenez)

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Mais pour en revenir à l'idée de fidélité au matériau d'origine (à savoir le comics créé en 1963 par Stan Lee et Steve Ditko), la principale chose qui m'a déplu, fortement déplu, carrément mis en colère limite que j'étais fielleux et chagrin (et là je ne parle même pas des 14 euros -14!!- qu'a coûté la place de cinéma en 3D salle Imax !!) en sortant de la projection, c'est que ce Peter Parker-là réussit en à peine plus de deux heures de film à dévoiler son identité à un nombre impressionnant de personnes ! Tout lecteur du monte-en-l'air sait que l'une des choses les plus importantes dans son existence de super-héros est et restera toujours (malgré une tentative hasardeuse durant l'épisode Civil War pour ceux à qui ça parle) de préserver son identité secrète, nom de Dieu de bordel de chiottes. Désolé je m'emporte. Combien de mésaventures tragiques, combien d'humiliations publiques, combien d'injustices déchirantes, de bons plans ratés, de gonzesses sacrifiées Peter a-t-il dû subir au cours de sa longue carrière de super-héros pour ne pas dévoiler qu'il se cachait sous le masque de l'Araignée ? (oui j'aime utiliser les vieux noms fancisés et abandonnés qu'on donnait avant à Spider-Man) C'est un des ressorts dramatiques du comic bon sang ! C'est un des traits de caractère et une des spécificités absolues de ce personnage merde zut alors ! Désolé, je m'emporte à nouveau. Fielleux et chagrin vous disais-je.

Non mais c'est vrai quoi. Spider-Man, même en version djeuns avec une coupe à la con façon Vivelle Dop qui le rend tellement plus cute aux yeux des gamines acnéiques, se doit, et c'est un impératif impérieux (oui, j'aime les pléonasmes par redondance), de préserver son anonymat. Sinon, ce n'est pas Spider-Man, c'est quelqu'un d'autre. Je ne sais pas, mais ce genre de « détail », ça aurait pu être utile d'en toucher un mot aux scénaristes. Je dis ça, je dis rien.

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Bon, je bavasse, je bavasse, mais concrètement j'ai presque oublié de vous dire que le méchant principal, le Lézard interprété par Rhys Ifans dans sa version humaine et par des images de synthèse un peu bof-bof dans sa version reptilienne est plutôt pas mal dans une des deux versions. Vous laisse deviner laquelle. Que les effets spéciaux liés plus spécifiquement à Spider-Man sont assez réussis même s'il faut être honnête, on ne s'en relèvera pas la nuit. Encore une fois, je n'ai pas été scotché comme il y a dix ans en découvrant le Spider-Man de Raimi virevolter au bout d'un fil. Mais ça c'est certainement parce qu'avec tous ces effets spéciaux de dingos on devient des enfants gâtés et qu'on ne sait plus apprécier ce qu'on a. Que Emma Stone est certes mignonne, mais qu'elle est blonde et ne porte pas de t-shirt mouillé (je veux dire dans le film, dans sa vie privée j'en sais rien). Et que c'est cool de voir de plus en plus souvent Irrfan Khan (le Docteur Ratha dans le film) au cinéma dans des grosses productions parce que c'est un chouette acteur. Allez stop, j'arrête là.

De toute manière, le film a marché, c'est un fait. Les gens sont retournés voir une histoire qu'ils avaient déjà vue, et en mieux, à peine quelques années auparavant. Je m'inclus dans la liste des moutons qu'on tond hein, pas de problème. Au point que des suites sont prévues pour les années à venir. Trois suites aux dernières nouvelles. Mais bon, là-dessus je ne m'avancerai pas trop, même le succès ne garantit plus un avenir pérenne de nos jours. Demandez à Sam Raimi tiens.


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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:12

 

Hier soir, le lundi 22 juillet passait en séance unique le film documentaire Springsteen & I, produit par Ridley Scott (qui a encore de bonnes idées de temps en temps). Séance unique pour ce film, mais à travers le monde entier, dans quelques 50 pays et 2000 cinémas participants à l'événement, dont une cinquantaine en France. J'étais dans l'un deux. Et quelle bonne idée ce fut là.

Réalisé par Baillie Walsh, ce documentaire ne raconte pas la vie privée du Boss, n'est pas une longue interview de la star, ne se veut pas une rétrospective exhaustive de sa carrière et encore moins un catalogue de chansons et d'albums. Bien entendu on voit des tonnes d'images d'archives, certaines récentes d'autres très anciennes, des documents publics comme privés, des extraits de nombreux concerts que ce soit dans de petites salles ou dans des stades immenses. Mais le concept du film n'est pas celui-là. Springsteen & I, c'est le Boss vu par ses fans. Des dizaines de témoignages, d'histoires, de tranches de vies, où les fans racontent leur lien avec Bruce. La façon dont sa musique imprègne leur vie, ce qu'il représente à leurs yeux, comment ils vivent leur relation avec cette star internationale du rock. Et si dit comme cela on pourrait craindre de se retrouver face à une accumulation de groupies décervelées qui hurlent leur amour inconditionnel, il n'en est finalement rien. Oui, il y a bien quelques témoignages de gentils doux-dingues qui vivent un peu leur vie par procuration à travers le phénomène Springsteen, mais ce qui l'emporte avant tout dans cette avalanche de confidences d'amateurs du Boss, c'est une formidable émotion, une énergie incroyable, un humour omniprésent, et un « spirit » commun assez enthousiasmant, convaincant et fichtrement séduisant. Ce qui revient très souvent dans les témoignages, c'est cette sensation d'être au centre des chansons de Bruce. Que le Boss s'adresse à nous et rien qu'à nous et nous parle de nous et rien que de nous, en tant qu'êtres humains et à tous les niveaux.

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Oui, clairement c'est une sensation de communion intime qu'on a devant le lien qui unit Bruce Springsteen et ses fans. Je crois sincèrement que ce film de fans peut vraiment plaire à n'importe qui, même si vous ne connaissez rien à la vie et l'oeuvre de Bruce Springsteen, tant il déborde de fraîcheur, de générosité et d'énergie. Mais je pense que pour quiconque aura déjà vu un concert du bonhomme, ce film et ce qui s'y dit prendront encore une profondeur supplémentaire. Avec cette impression que l'on comprend mieux ce qui est parfois difficilement descriptible et qui pourtant transpire de tous ces témoignages. En écoutant l'une ou l'autre de ces personnes on se dira inévitablement à un moment ou à un autre « je comprends exactement ce qu'il cherche à exprimer, j'ai vécu ou ressenti la même chose ». Certains m'ont fait sourire, d'autres m'ont fait réfléchir, d'autres encore m'ont ému ou franchement fait rire. Tous ont éveillé quelque chose chez moi. Et ça c'est très fort. Alors oui, on peut toujours se parer d'une bonne couche de cynisme et trouver ici ou là matière à se moquer, c'est d'autant plus facile quand on parle de passion, qui plus est de la passion des autres. Car ces gens se dévoilent, de manière assez impudique même parfois. Mais moi, qui pourtant suis un adepte assumé de l'ironie et du cynisme, j'y ai surtout trouvé de quoi m'enthousiasmer. De voir tous ces gens se livrer et afficher leur amour du Boss, ça m'a donné la banane. J'ai trouvé ce moment totalement inattendu et d'autant plus rafraîchissant de naturel et de sincérité.

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Pour ce qui est du film dans sa construction on a d'abord toute une série de témoignages entrecoupés d'extraits de chansons et de concerts qui se rapportent à des anecdotes bien précises, quelques personnages récurrents que l'on revoit plusieurs fois au cours du métrage (j'ai beaucoup aimé Jon qui raconte son expérience de gamin de neuf ans, le faux Elvis et son épouse, l'humour flegmatique de David ou encore l'ouvrier anglais qui raconte son périple à New-York), une tripotée d'images d'archives, pour finir par un extrait inédit de six morceaux issus d'un concert à Londres en 2012. Et à l'image des concerts de Bruce qui semblent ne jamais finir, il y a encore après cela un épilogue où l'on retrouve certains fans cette fois-ci en compagnie du Boss qui les rencontre après avoir vus leurs témoignages dans le documentaire. Tout cela passe bien et très vite malgré une durée plus que raisonnable du long-métrage, mais si je devais émettre un léger bémol il concernerait l'extrait assez long du concert de Londres. Bizarrement je ne l'ai pas du tout trouvé représentatif d'un concert de Springsteen. Visiblement tourné pendant un festival de rock, l'organisation ne devait pas être celle du Boss qui habituellement est au contact direct avec ses spectateurs, les touchant, les embrassant, les faisant monter sur scène régulièrement, parfois même se faisant porter à bout de bras dans la fosse (remember Bercy 2012 !!). Sur ce concert de Londres il y a un immense vide entre la scène et les barrières maintenant les spectateurs au loin, comme un cordon sanitaire coupant un peu l'échange entre Bruce et son public. J'ai trouvé ce choix de concert dommage, même si je comprends qu'avec le caméo de l'ex-Beatles Paul McCartney il y avait également un petit plus pas négligeable.

Mais bon, l'essentiel n'est pas là. Ce que je retiens du film, c'est avant tout que Bruce Springsteen est un type assez exceptionnel, et qu'il a en conséquence des fans assez exceptionnels eux-aussi. Je ne saurai trop vous conseiller de voir ce film, que vous soyez vous-mêmes fan du Boss ou non peu importe. L'énergie qui se dégage de Springsteen & I se suffit à elle-même.

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(et pour le plaisir, le trailer officiel du film :)

 

 


 
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 20:02

Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, ce sont deux noms que j’associe instantanément aux deux oeuvres qui pour moi les ont rendus irrémédiablement cultes : C’est arrivé près de chez vous pour le premier, et Bernie pour le second. Certes ils ont fait des tas d’autres choses, de qualités diverses et variées, mais ils restent des icônes indétrônables de mon paysage cinématographique pour leurs rôles dans ces deux films-ci. Et pourtant depuis les vingt dernières années durant lesquelles ils ont hanté les salles de cinéma, ces deux gugusses n’avaient jamais eu l’occasion de se rencontrer sur un projet commun.

Alors forcément, quand l’annonce du Grand Soir les mettant en scène ensemble a été faite, j’ai sauté de joie. D’autant que ce ne sont pas les deux seuls noms qui attirent l’attention sur ce film : les réalisateurs ne sont pas non plus des manchots dans le monde de la comédie et du rire poil-à-gratter français : Benoît Delépine et Gustave Kervern, associés sur plusieurs longs métrages (Aaltra, Avida, Louise-Michel et Mammuth) et personnages incontournables du Groland de Jules-Édouard Moustic.

356 grand soir jeanpierre 86 not

Déjà, rien qu’avec cette brochette d’allumés, Le Grand Soir promettait beaucoup. Ajoutez-y le pitch : deux frères aux relations conflictuelles (Benoît auto-rebaptisé Not le « plus vieux punk à chien d’Europe » et Jean-Pierre, le petit vendeur de matelas qui vénère tout ce qui est aux normes) et tous deux complètement paumés au sein d’une société qu’ils n’acceptent pas et qui ne les accepte pas, partent ensemble en quête de liberté. Leur road trip en zone commerciale de banlieue va les amener à élaborer un projet ambitieux : il leur faut faire changer les mentalités. Ils veulent bousculer la société. Et pour cela ils voient grand, ils se donnent pour mission de déclencher la révolution, l’anarchie... le Grand Soir.

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Ici, plus encore que dans leurs précédents films, Kervern et Delépine imposent leur style qui est un curieux mélange de poésie urbaine et d’âpreté du quotidien. Le décor qu’ils choisissent en dit déjà long : une immense zone commerciale bardée des enseignes les plus connues, mais qui pourtant bien souvent ressemble à un immense désert où divaguent Benoît et Jean-Pierre. La société de consommation et le monde ultra-normé des franchises sont les ennemis désignés, des ennemis tout-puissants, contre lesquels se battre signifie s’exclure et se marginaliser. Mais cela n’arrête pas Not, qui est un pur rebelle. Ce qui compte pour lui c’est 8.6 son clébard, la rectitude de sa crête et son approvisionnement en binouze et en yaourts. Jean-Pierre quant à lui est son opposé, mais le jour où sa femme le quitte, son patron le vire et qu’il se retrouve sans le moindre sou, il bascule. Les deux frangins se retrouvent et Not va prendre en main son frère, lui apprendre ce que c’est de vivre dans la rue, ce qu’est sa notion de la Liberté et le prix qu’il faut payer pour en jouir.

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Le film est bien entendu une comédie, mais il est bien plus que cela. Rire n’empêche pas de réfléchir. Comédie dramatique ce serait peut-être un peu exagéré comme terme, mais comédie sociale, voilà qui résume mieux l’esprit du long métrage. Pour autant on n’est pas dans une œuvre moralisatrice, son but n’est pas de dénoncer à longueur de pellicule. Mais les réalisateurs (qui sont également les scénaristes) nous placent face à une réalité dure, parfois cruelle, et terriblement ancrée dans une actualité de crise et un sentiment de « no future » pour reprendre une rengaine punk connue.

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Heureusement, pour contre-balancer cette grisaille et ce pessimisme ambiant, il reste une arme fabuleuse et qu’ils manient en grands maîtres : l’humour. Avant toute chose, c’est dans les personnages tous plus décalés les uns que les autres qu’on le retrouve. Not et Jean-Pierre cela va de soi, sont, à l’image de leurs interprètes, deux sacrés numéros, des tarés à la masse, des cinglés de première. Forcément on se marre avec eux. Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de garder une profonde sincérité et une humanité touchante. Mais il y a aussi tous ceux qui les entourent, à commencer par leurs parents : le père (Areski Belkacem) à qui il faut parler lentement parce qu’il a subi un AVC l’été dernier et la mère (Brigitte Fontaine) complètement cintrée et lunaire, les deux tiennent la gérance d’une Pataterie où ils passent le plus clair de leur temps à éplucher des pommes-de-terre. Il y a aussi les habituels complices du duo Delépine / Kervern qui font de petites apparitions mais qui valent leur pesant de cacahouètes : Bouli Lanners en vigile du centre commercial, qui a une scène de dialogue mémorable avec le père des deux allumés à crêtes, on aperçoit en clin d’œil Yolande Moreau et on fait la rencontre d’un devin pas comme les autres : Gérard Depardieu qui lit l’avenir avec force détails dans l’eau-de-vie.

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Mais l’humour est aussi là dans les dialogues qui viennent désamorcer les situations parfois critiques. J’ai adoré ce passage où Jean-Pierre, qui s’est fait virer de son boulot et de son couple, veut récupérer quelques économies à la banque et que le guichetier lui explique que sa femme a vidé leur compte à la Halle aux chaussures, au Grenier des cheveux ( !) et en abonnement à des séances de musculation du périnée ( !!). Avant d’ajouter en aparté et sur un ton de confidence : « de vous à moi, il ne faut jamais faire de compte-commun, l’amour doit garder une part de mystère ». C’est noir, c’est cruel, mais c’est à mourir de rire. Enfin selon moi en tout cas…

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Il est clair que Le Grand Soir est avant toute chose une mise en avant du pouvoir comique et des personnalités hors-normes de ses deux comédiens principaux. La démonstration de leur talent n’est certes plus à faire, mais il n’en reste pas moins qu’ils bouffent l’écran chacun à leur manière et à chacune de leurs scènes. Mais ce film ne tient pas qu’à ses acteurs vedettes. Ce que j’ai vraiment apprécié dans le film du duo grolandais, c’est ce mélange subtil de réalité et de délire, de poésie et de pragmatisme, de tendresse et de dureté. Un peu comme si les réalisateurs nous offraient une fenêtre qui donne sur nos vies, sur la crise actuelle et ceux qu’elle laisse sur le carreau, mais une fenêtre sur la vitre de laquelle ils n’auraient pas pu s’empêcher de dessiner un clown enfantin à la gouache. On rit parfois de bon cœur, parfois jaune. On se moque parfois, et parfois on a pitié. Les personnages sont tout en exagération, mais ne font par cette particularité que répondre en écho à la société d’aujourd’hui.

Le Grand Soir est un grand film. Jetez-y un œil, il mérite vraiment d’être vu.


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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:05

Amis fans de baston sur pellicule, amateurs de coups de tatanes savamment dosés, de bourre-pifs en tous genres, d’arts martiaux filmés au ralenti et de coups de lattes en retournés acrobatiques, bien le bonjour. Vous êtes au bon endroit au bon moment. Car aujourd’hui je vais vous parler de The Raid, film indonésien qui sera à mon avis le nouveau jalon du film de baston pour la décennie à venir.

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Parmi mes innombrables défauts, j’ai le mauvais goût d’aimer aussi les films où l’on échange plus de mandales que de lignes de dialogue. Les drames c’est bien, le romantisme pourquoi pas, et la philosophie introspective je ne suis pas contre, mais que voulez-vous, de temps en temps une bonne explication de texte entre musculeux qui se mettent des baffes, ça me délasse. Et je ne suis pas sectaire dans le domaine. Aussi loin que mes souvenirs remontent, j’étais déjà client du duo Terence Hill / Bud Spencer et des tonitruantes gifles que distribuait ce dernier à tout va dans les années 70-80, des enseignements shaolin du petit scarabée de la série Kung Fu, des claquements d’articulations et du cri qui tue de Bruce Lee, sans oublier des séances d’entraînement sur quartiers de bœufs congelés de Rocky. Fan de la première heure du belgeophone Jean-Claude Van Damme dans la peau de Frank Dux au kumité de Hong-Kong, j’ai des souvenirs émus du Steven Seagle svelte et gominé (sa passion pour la charcuterie bio l’ayant depuis rattrapé) de Nico ou Justice Sauvage, j’ai l’image gravée dans ma mémoire du bras herculéen d’un Schwarzy au sommet de sa forme portant son tronc d’arbre comme qui rigole au début du cultissime Commando, et je ne peux m’empêcher d’écraser une larme sur la symbolique de ce grand gaillard de Dolph Lundgren en spetsnaz abandonné mais secouru par un petit bushman dans ce film méconnu qu’est Le Scorpion Rouge. Et que dire de la démonstration de combat au corps-à-corps de Martin Riggs à la fin du premier Arme Fatale ? Que du bonheur pour moi.

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Avec les années qui passent, forcément on se dit qu’on a déjà tout vu, et on est moins facilement impressionnable que quand on est adolescent. Mais de temps en temps, un type se dégage du lot et on ne peut pas s’empêcher de se dire : « ouch, celui-là il dépote ». Plus récemment (on va dire ces 15 dernières années), ça a été le cas pour des gugusses comme Jason Statham (son récent Safe prouve toute sa valeur de comédien de film d’action), Scott Adkins (dont la tronche le classe plus souvent parmi les méchants que les gentils, voire Expendables 2 par exemple) ou encore le méconnu Michael Jay White au physique et à la technique impressionnants (s’il est coupable d’interpréter Spawn dans l’adaptation du comic, il démontre toute sa classe dans des petits budgets à titres improbables comme Un seul deviendra invincible 2 ou Never Back Down 2).

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Mais pour ce qui est de grandes claques récentes (je parle au figuré pour le coup)(arf, je fais des jeux de mots parfois moi, dingue), au cours des années 2000 je n’en ai eu que deux : les deux films thaïlandais Ong Bak et L’Honneur du Dragon. Toutes les deux infligées par le même petit bonhomme d’un mètre soixante huit mais monté sur ressorts : Tony Jaa. Ses performances physiques et athlétiques sur ces deux films sont pour moi ce qui s’est fait de mieux dans le genre depuis longtemps. Pour vous en convaincre, jetez un œil sur la course poursuite à pieds de Ong Bak et surtout sur la montée des marches d’un hôtel de luxe dans L’Honneur du Dragon filmée en un seul plan-séquence où l’on voit Tony Jaa gravir étage après étage tout en se défaisant des assaillants qui déferlent sur lui : du grand art, époustouflant. Pour moi, Tony Jaa, spécialiste du muay thai, est l’artiste martial qui a marqué de façon indélébile le film de baston dans les années 2000.

Pour les années 2010, j’ai déjà trouvé celui qui a pris le relais. Il s’appelle Iko Uwais, il est indonésien, il pratique le silat (art martial indonésien) et son air juvénile et son regard d’ange sont en parfait décalage avec son extrême habileté au combat rapproché. Je l’avais vu dans son film précédent, Merantau, déjà réalisé par le gallois expatrié en Indonésie Gareth Evans. Si certaines scènes mettaient alors bien en avant son talent de combattant, ce film ne m’avait pas convaincu pleinement, ni dans sa réalisation ni dans son interprétation. À mon sens, Merantau laissait entrevoir un certain potentiel, mais l’ensemble restait encore trop inabouti, bourré de défauts de jeunesse. Mais le duo Evans / Uwais s’est reformé pour accoucher de The Raid, et cette fois la chrysalide a laissé place au papillon… la progression depuis Merantau est à tout point de vue énorme !

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La réputation de The Raid a précédé son arrivée dans les salles, aussi je m’attendais à être déçu, tant j’avais entendu de commentaires dithyrambiques à son sujet. Plus l’espérance entretenue est grande, plus la déception peut s’avérer profonde. Et si c'est malheureusement très souvent le cas… et bien ce film aura fait mentir cette règle !

Je vous résume en quelques mots le scénario prétexte au film. Une unité spéciale de policiers de Jakarta décide de prendre d'assaut un immeuble qui sert de forteresse à la pègre locale. Problème : le bâtiment est une véritable citadelle réputée imprenable, fait une quinzaine d'étages et est infesté par une horde armée de gangsters, hommes de mains et voyous en tous genres. Le plan est simple : s'introduire discrètement dans la tour, sécuriser étage après étage en mettant hors d'état de nuire ses habitants, et monter ainsi jusqu'au dernier étage pour y épingler, Tama (Ray Sahetapy) le Boss de la pègre qui y règne en maître absolu. L'escouade est menée par l'officier Jaka (Joe Taslim, un champion de judo indonésien dans son tout premier rôle au cinéma), et compte en son sein le jeune policier Rama (Iku Uwais). Mais le plan de départ va vite déraper car Tama flanqué de ses deux lieutenants Andi (Donny Alamsyah) et Mad Dog (Yayan Ruhian), prévenu par un indic, attendait ses assaillants de pied ferme. Dès lors le piège se referme sur les policiers qui vont devoir lutter pour leurs vies...

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Le film est une suite quasi-ininterrompue de combats de toutes sortes. Gunfights, combats à l'arme blanche et à mains nues : la moindre séquence du film est une ôde à l'action et à la baston. Machette, couteau, hache, flingue, tout est bon pour rétamer son adversaire. Le film déborde d'énergie, est mené tambour battant et ne laisse pas un moment de répit, ni aux personnages ni aux spectateurs. Le personnage principal Rama enchaîne d'ailleurs à ce point les combats et séquences d'action qu'on se demande à quoi il carbure et si par hasard ses os ne seraient pas recouverts d'adamantium comme un certain nabot poilu et griffu venu du Canada. Car s'il distribue les coups, il en prend pas mal aussi, et pour être honnête un centième de se qu'il se ramasse aurait dû suffire à le laisser sur le carreau ce petit bonhomme.

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Mais peu importe, tant le niveau des combattants est excellent, les chorégraphies aux petits oignons et les techniques employées impressionnantes. À ce titre, le combat homérique (et qui semble ne jamais finir !) qui oppose Rama, Andi et Mad Dog est un pur chef d'oeuvre. De l'énergie en barre, de l'adrénaline à haute dose et un rythme effréné du début à la fin de ce règlement de comptes qui ferait passer n'importe quel ultimate fighter pour un aimable plaisantin. Alors que chaque coup porté devrait mettre KO un boeuf, ces trois lascars se mettent sur la gueule sans discontinuer pendant un temps qui paraît infini. Et si Iku Uwais est impressionnant de rapidité et de précision dans ses gestes, son vis-à-vis Mad Dog interprété par le tout petit Yayan Ruhian est juste incroyable de rage, de violence et de technique pure alliée à un sadisme et une arrogance qu'on s'imagine à peine exagérées. Le genre de péquin qui ne paie pas de mine du haut de son mètre soixante et de ses cinquante kilos tout mouillé, mais qui bouffe le foie d'un Hulk Hogan pour son petit déj. Et encore, une main dans le dos.


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Pendant les une heure et quarante minutes que dure ce film, on est au paradis du coup de latte. Quelques effets bien sanguinolents par ci, quelques passages un peu gores par là. Mais toujours une énergie, une violence et une technique à couper le souffle. Les artistes martiaux et chorégraphes sont bien évidemment les premiers à féliciter pour ce spectacle incroyable. Mais il y en a un autre qui mérite les louanges, c'est le réalisateur Gareth Evans, car ce n'est pas si souvent qu'on peut admirer des combats aussi parfaitement filmés, aussi parfaitement lisibles, et avec un impact maximum sur le spectateur. Qui en redemande d'ailleurs (enfin moi oui).

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The Raid est sans l'ombre du moindre doute le nouveau mètre étalon du film de baston pour les années 2010. Va falloir s'accrocher pour faire aussi bien et impressionnant. Parce qu'avec un pareil niveau, les indonésiens de The Raid vont faire de l'ombre à pas mal de monde.


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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 18:22

Avec Sur la Route, le réalisateur brésilien Walter Salles signe l’adaptation d’un roman américain culte, On The Road de Jack Kerouac, publié en 1956.

Le roman de Kerouac est un road-movie autobiographique qui voit des jeunes gens traverser les États-Unis au gré du vent, épris de liberté, de littérature et de jazz, au tout début des années 50. Le personnage principal, Sal Paradise, qui est l’alter-ego de Kerouac, vient de perdre son père immigré canadien, vit à New-York et rêve de devenir écrivain. Il rencontre alors Dean Moriarty (qui représente son ami Neal Cassady), un ex-taulard au charme ravageur et au comportement imprévisible, mariée à la très jeune et très jolie Marylou (alter-ego de LouAnne Henderson, première femme de Cassady). Entre Sal et Dean l’amitié est fusionnelle et leur quête d’absolu et de liberté les décide à partir sur les routes d’Amérique, à la découverte du monde dans un esprit de fête et de détachement de la société. On croise au fil de leurs voyages d’autres personnages tels que Carlo Marx (représentant un autre de leurs amis de l’époque, le poète et écrivain : Allen Ginsberg) ou l’étrange Old Bull Lee (inspiré de William S. Burroughs). Et si parfois les chemins de Sal et Dean divergeront, les deux hommes resteront à jamais liés.

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Je préfère prévenir avant toute chose, je n’ai pas lu le roman de Kerouac. Je sais qu’il est considéré comme culte par beaucoup de gens, et qu’il a marqué toute une génération d’après-guerre aussi bien aux USA que dans nos contrées. Aussi je ne peux en aucun cas juger le film pour son statut d’adaptation n’ayant aucun point de comparaison avec l’oeuvre d’origine. J’ai donc vu ce film pour lui-même, en néophyte complet de l’univers de Kerouac. Je l’ai vu à sa sortie en salles, c’est-à-dire il y a maintenant environ quatre ou cinq mois, et en rassemblant mes idées pour écrire cet article je me suis rendu compte que je n’en avais gardé que peu de souvenirs. Ce qui n’est pas forcément très bon signe, vous en conviendrez. Pour être honnête, l’histoire de ces jeunes écrivains en herbe qui vivent au jour le jour et jouissent jusqu’à l’excès de la vie ne m’a pas marqué. J’ai cherché les raisons objectives à cet état de fait, car le film est pourtant loin d’être mauvais. Je pense que ce sont les personnages qui ne m’ont pas touché. Alors que paradoxalement j’ai trouvé les interprètes plutôt très bons dans leurs rôles. Sam Riley dans le rôle de Sal est un personnage principal solide, au caractère dépeint tout en finesse. Garrett Hedlund qui interprète Dean dégage un charisme impressionnant et sa prestation est à la (dé)mesure du personnage. Kristen Stewart incarne une Marylou pleine de charme, de douceur et de fausse-fragilité de façon très convaincante. D’ailleurs moi qui fuis les films comme Twilight qui ont fait la renommée de cette actrice, je n’avais même fait le rapprochement avec les films de vampires romantiques pour adolescentes. Et les seconds rôles m’ont plu aussi, que ce soit Tom Sturridge en Carlo Marx, Viggo Mortensen en Old Bull Lee, Elisabeth Moss (la formidable Peggy Olson de Mad Men) en Galatea Dunkel, Kirsten Dunst en Camille la seconde femme de Dean, ou encore Steve Buscemi en vendeur itinérant lubrique...

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Mais voilà, à aucun moment je n’ai été entraîné par les personnages à leur suite. J’ai toujours bien gardé ma place de spectateur, détaché de ce qui se passe à l’écran. Je n’ai pas ressenti l’excitation et le grisement des personnages pendant leurs virées délirantes et leurs débordements en tous genres, je n’ai pas eu de peine (ni d’étonnement d’ailleurs) quand les choses tournent parfois mal pour certains. Une sensation à rapprocher un peu de celle que j’ai eue en lisant L’Attrape-Coeur de J.D.Salinger. Réaliser qu’on est en présence d’une oeuvre importante, avoir conscience de ses qualités objectives, mais pourtant ne pas accrocher à l’ensemble tout en le regrettant presque. C’est très certainement ce qui explique qu’il ne me reste en tête que peu de passages du film à peine quelques mois après l’avoir vu. Pourtant les images étaient travaillées et belles, la réalisation sobre et efficace et les décors parfaits tant ils reproduisent l’ambiance de l’Amérique des années 1950.

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Alors déconseiller Sur la Route en le qualifiant de mauvais film serait injuste, car ce n’est objectivement pas du tout un mauvais film. Le conseiller alors que moi-même il ne m’en reste pas grand-chose et que je n’ai pas spécialement l’envie de le revoir me paraît difficile aussi. Bon je m’en sortirai donc par ce qui pourrait passer pour une piètre pirouette (mais qui n’en est pas une, mais non, mais non) : voyez-le et faites-vous votre propre idée dessus !

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