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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:17

Nouveau film de Bertrand Blier, Le Bruit des Glaçons a fait parler de lui sur bien des points.
D’abord parce que c’est son retour derrière la caméra après cinq années d’absence des salles de cinéma. Blier, parfois légèrement surestimé à mon avis, c’est tout de même le type qui a réalisé Les Valseuses, Tenue de Soirée ou encore Trop Belle Pour Toi. Un réalisateur à l’habit anticonformiste marqué. Un type qui a côtoyé les plus grands du cinéma français, des grands anciens comme Georges Lautner, des icônes comme Patrick Dewaere ou Jean-Pierre Marielle, des stars comme Gérard Depardieu, et je ne parle même pas de l’héritage paternel du génialissime Bernard Blier. Bref, dans le paysage cinématographique français, Bertrand Blier est quelqu’un qui compte.
Ensuite parce que pour son nouveau long métrage, Blier réunit deux poids lourds de l’humour, aux styles pourtant très différents, Jean Dujardin abonné aux rôles de beaux gosses un peu cons et frimeurs (OSS 117, Un Gars Une Fille, Brice de Nice) et Albert Dupontel à l’humour grinçant du sale gosse qu’on laisse tout faire parce qu’il est brillant (Bernie, Enfermés Dehors, Le Créateur). La confrontation promettait d’être intéressante.
Enfin parce que le thème lui-même du film de Blier a fait controverse. Je vous en fais un rapide résumé.

267 bruit des glacons charles vin
 Charles (Jean Dujardin) est un écrivain à succès. Cet ancien prix Goncourt n’écrit plus une ligne depuis des années. Sa femme Carole (Audrey Dana) l’a quitté, elle est partie avec son fils. Il vit dans sa propriété de campagne, avec sa dévouée servante Louisa (Anne Alvaro) et la langoureuse Evguenia (Christa Theret), belle plante qu’il entretient pour noyer son chagrin. Mais sa plus fidèle compagne est sa bouteille de vin blanc dont il ne se départit jamais, la traînant avec lui du matin au soir dans un seau rempli de glaçons… Mais un jour, un homme à la dégaine bizarre vient sonner à la porte de Charles. Il se présente : il est son Cancer (Albert Dupontel), et désire faire connaissance avec lui. Ce visiteur étrange, engoncé quelque part entre fausse politesse et cruauté glaçante, est bien résolu à s’incruster dans sa vie.

Voici donc pour le postulat de départ, plutôt original et inédit, on en conviendra. Casse-gueule aussi, parce que faire un film d’un sujet aussi ardu n’est pas chose aisée. Blier parle de mort, et l’aborde par un biais difficile : le cancer. Cette fichue maladie qui fait peur, qui fait horreur, et dont on préfère ne pas parler de crainte de l’attirer… et bien Blier lui a choisi de la mettre en scène, de la rendre burlesque et de s’en moquer. Si l’humour est noir, c’est bien plus encore dans la mise en situation que dans les dialogues.
Forcément, en adoptant cette posture, Blier perdra l’adhésion d’un certain nombre de ses spectateurs, et je peux tout à fait le comprendre, tout le monde n’a pas envie de voir un tel spectacle. D’autres ne sont pas armés pour cela. Et je ne parle pas de ceux pour qui le cancer a été une réalité froide, et qui ne peuvent tout simplement pas accepter l’idée de le voir traité d’une façon burlesque.

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Sans compter également, sur la forme de son histoire. Des personnages caricaturaux et extrêmes, des situations improbables, une logique malmenée de bout en bout : Blier ne nous livre pas un film en fait, mais une fable, un conte moderne qui aura gardé la noirceur d’un conte de Perrault mais en aura perdu l’aspect merveilleux. Le film navigue en eaux troubles, le message est parfois opaque car on ne comprend pas toujours où le cinéaste veut nous mener. D’autant que non content de mettre en scène Albert Dupontel et Myriam Boyer en personnifications perverses de tumeurs malignes, Blier  colle par-dessus tout cela une histoire d’amour un peu glauque et pas vraiment glamour, en la personne de Louisa la servante secrètement éprise de l’écrivain ivrogne. De là à placer l’amour comme seul recours à la maladie il n’y a qu’un pas symbolique que Blier semble vouloir franchir. Irait-il jusqu’à dire qu’il n’y a qu’une femme pour sauver un homme ? C’est peut-être un poil exagéré de prêter cette intention à un réalisateur en d’autres temps attaqué pour machisme voire misogynie (avec les deux héros des Valseuses en témoins de l’accusation). Mais l’idée semble flotter dans l’air…

En fait je suis bien ennuyé au moment de donner mon avis sur Le Bruit des Glaçons. Par bien des aspects le film est inclassable, même en termes basiques de « bon » ou « mauvais ». C’est très théâtral, et son côté fable coupe le film d’un réalisme auquel on essaie pourtant de se raccrocher pour ne pas trop perdre nos repères de spectateurs. En même temps, si Blier avait mis la pédale douce là-dessus, il sciait de fait la branche sur laquelle reposait son script. On ne peut pas reprocher à un film de manquer de réalisme si on accepte au départ qu’un homme puisse discuter le bout de gras avec un mec qui incarne son cancer. Bref c’est déroutant, mais c’est le postulat de départ qui le veut. Les dialogues aussi abritent un étrange paradoxe. Les échanges entre Dupontel et Dujardin sont savoureux, ça s’invective, ça se dispute, ça essaie de jouer au plus malin, en somme c’est plutôt bien écrit. Bien écrit mais pourtant ça sonne parfois faux. Comme quand on lit un bouquin trop bien écrit à voix haute. Bien écrit mais « trop » écrit, c’est peut-être ce qu’on pourrait reprocher aux textes. Les mots sont beaux, les phrases bien trouvées, c’est juste que l’on se voit mal parler ainsi dans la réalité…

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J’ai un peu lu les critiques du film ça et là sur internet. Évidemment on y trouve de tout, mais la plupart du temps les critiques professionnelles sont assez positives en ce qui concerne le retour de Blier derrière la caméra. Et il y a aussi de très nombreux témoignages de spectateurs qui ont détesté le film, jugé trop dérangeant, trop décalé. J’avoue que ça me semble assez logique finalement, que les détracteurs s’expriment plus que les autres. Parce qu’il est facile d’expliquer tout ce qu’on n’a pas aimé dans ce film et pourquoi, bien moins d’arriver à saisir tout ce qui plaît malgré tout. Pour moi Le Bruit des Glaçons n’est pas un mauvais film, et pourtant je ne sais pas vraiment comment le défendre, je ne sais même pas si j’aurais vraiment envie de le revoir. Le film de Blier est perturbant, aucun doute là-dessus.

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S’il est un point qui ne souffre pas de discussion à mon sens, c’est la qualité de l’interprétation. Qu’on n’aime peut-être pas les personnages est possible, mais les comédiens les interprètent à la perfection. Dujardin à ce titre m’a plutôt étonné, car c’est lui qui a le rôle le plus difficile je pense.  Dupontel en cancer mauvais et teigneux, j’allais dire que ça coule presque de source (et ça n’est en rien méchant, bien au contraire j’adore ce type). Celui qui avait plus à perdre dans l’affaire c’était Dujardin. À force de jouer au con dans ses films, ça devient coton de jouer un rôle plus sérieux, surtout dans un film qui lui à un traitement burlesque. Pourtant Dujardin tire son épingle du jeu, il parvient à rester crédible dans le rôle malgré certaines scènes limites. Il n’aurait pas fallu grand-chose pour qu’il tombe dans le ridicule à l’une ou l’autre reprise, sa performance d’équilibriste mérite donc d’être soulignée. Quant à Anne Alvaro, là on est dans un autre registre. C’est simple je ne l’imagine même pas autrement dans la vie que comme elle apparaît à l’écran (ce qui si cela s’avérait vrai serait un sort bien peu enviable) tant elle est dans le rôle.

Alors quoi faire ? Vous conseiller d’aller voir le film ou non ? Franchement je n’en ai aucune idée encore maintenant que j’écris ces mots. J’ai d’ailleurs failli laissé tomber l’idée de chroniquer ce film tant je suis dans l’incapacité de me prononcer là-dessus.
Disons que si le thème ne vous rebute pas, si vous n’avez pas peur d’entrer dans une fable aux accents incommodes (rien à voir avec un Burton par exemple), si vous avez un faible pour Dupontel comme moi, si vous êtes curieux de nature, essayez ce film. Mais je décline toute responsabilité si vous deviez le détester !!

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 15:00

Rangez les livres de poésie et sortez votre kit de badass version eighties.
On oublie les mocassins à pompons et on chausse ses rangers à crampons.
Si vous avez un tatouage c’est mieux, sinon vous pourrez toujours vous faire tatouer une tête de mort sur l’épaule en sortant de la salle.
Oh et puis avant que j’oublie, inutile de demander à madame de vous accompagner, The Expendables c’est un truc d’hommes. Ça va causer napalm et munitions de 12.7, pas de tupperwares ou de dîner presque parfait.

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Merde alors, dire que je l’attendais ce film-là, c’est encore loin du compte. Depuis que Sly avait annoncé son intention de réunir un maximum de stars des films d’action, du siècle dernier comme d’aujourd’hui, pour la série B ultime, j’en avais des frissons. D’abord je n’y croyais pas trop, parce que tout cela relevait plus du fantasme d’adolescent attardé qu’autre chose. Puis Stallone a recommencé à avoir le vent en poupe avec les succès consécutifs de Rocky Balboa puis John Rambo (dans l’ordre les numéros 6 et 4 de leurs séries respectives), ce qui lui a donné des billes pour mener son projet un peu fou à bien.

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Et il l’a fait.

Sylvester Stallone, le roi de l’actioner des années 80-90, a réuni plus de muscles et de testostérones que vous ne pouviez l’imaginer. Ouais d’accord, il n’y a pas si longtemps on a vu 300 spartiates plus musclés les uns que les autres se coltiner en jupettes. Mais ici on ne parle pas de chippendales. Sly lui, il vous parle de vieux de la vieille, des mecs burinés, des gueules à faire peur, des barbouzes, des durs de durs.

264 expendables ross gunnar yin
Jugez plutôt.
Les Expendables c’est une équipe de mercenaires ultra-pro, avec quelques années au compteur mais qui assurent encore un max. À leur tête, Barney Ross (Sylvester Stallone). Dans les rangs il y a le géant suédois Gunnar Jensen (Dolph Lundgren), le petit mais fatal Yin Yang (Jet Li), le gros bras Toll Road (Randy Couture), l’amoureux des gros calibres Hale Caesar (Terry Crews) et enfin le bras droit de Ross et virtuose du couteau Lee Christmas (Jason Statham). Et puis il y a Tool (Mickey Rourke) qui ne va plus sur le terrain mais qui endosse pêle-mêle les rôles de conseiller-confesseur-pourvoyeur de matos et de gonzesses-tatoueur de l’équipe. Rien que leurs noms, c’est déjà tout un poème.

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L’équipe de Ross est contactée par un mystérieux monsieur Chapelle (Bruce Willis) pour une mission sur une petite île-nation d’Amérique centrale. D’abord mis en concurrence avec Trench (Arnold Schwarzenegger) c’est Ross qui accepte finalement le boulot. L’île en question est sous le joug du Général Garza (David Zayas), mais Ross et Christmas ne vont pas tarder à comprendre que derrière le dictateur fantoche se cache celui qui tire les ficelles, James Monroe (Eric Roberts), un ancien de la CIA qui est devenu trafiquant de drogue. Monroe est flanqué en permanence de ses deux gardes du corps personnels (Gary Daniels et « Stone Cold » Steve Austin). Sur place, Ross et Christmas vont bénéficier de l’aide de la propre fille du général Garza, Sandra (Giselle Itié) qui mène la fronde contre son père et Monroe.
Bien décidés à venir en aide à Sandra, à libérer l’île de la dictature militaire et à régler son compte au ripoux Monroe, Ross et ses Expendables vont devoir faire du ménage sur l’île…

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Vous l’aurez constaté par vous-même, j’aurais très bien pu faire très court et très simple en disant : il y a du beau monde et ça va castagner. Parce que ça résume aussi parfaitement bien le film. Un scénario qui n’est rien d’autre qu’un mélange de clichés du genre qui s’enchaînent avec pour seul objectif d’être caution à de l’action à gogo, et un casting plein à craquer de gueules d’amour venus apporter leurs noms et leur petits bras musclés parce que c’est tout ce qu’on leur demande.

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Parce que soyons honnêtes, l’histoire est minimaliste et on sent bien que la plupart des rôles sont là parce que Sly voulait absolument placer l’un ou l’autre de ses potes dans le film. L’exemple du personnage de Mickey Rourke est emblématique : il a un look incroyable et une présence qui en dégage, mais son personnage aurait aussi bien pu être coupé du montage final que ça n’aurait rien changé à l’histoire. Mais qu’est-ce qu’il aurait été dommage de se passer de sa gueule cassée dans ce film qui finalement ne se veut rien d’autre qu’une immense palette de personnages hauts en couleurs qui font leur numéro. Oui Rourke vient cachetonner comme quasiment tous ses collègues sur ce film, mais c’est très exactement pour ça qu’on va voir The Expendables !

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En tout cas en ce qui me concerne, dès le départ j’y allais pour ça. Pour voir ensemble tous ces mecs qui ont à un moment ou un autre été des symboles de virilité à l’ancienne, qui pour la plupart ont été des stars de zèderies sans nom, et qui auront titillé mes bas instincts d’adolescent mâle en manque d’images fortes à l’époque où mes héros se nommaient John McLane ou Ivan Drago. D’ailleurs imaginez-vous que Stallone avait encore d’autres noms sur sa liste de stars à intégrer dans son film : Jean-Claude Van Damme, Kurt Russell, Steven Seagle ou encore Wesley Snipes ont aussi été approchés mais n’ont pour l’une ou l’autre raisons pas pu collaborer à l’entreprise… Que le film soit simpliste, bourrin, à l’image des meilleurs films d’action à l’heure de leur apogée à la fin des années 80 (souvenez-vous des épiques Commando avec Schwarzy, Scorpion Rouge avec Lundgren en spetsnatz rebelle, du survolté et suicidaire Martin Riggs dans le premier Arme Fatale ou encore Hans Gruber qui se fait défoncer la gueule par un flic pieds-nus dans Piège de Cristal…) c’est non seulement assumé et revendiqué comme tel par le scénariste-réalisateur-acteur Stallone, mais c’est aussi très exactement ce que j’en attendais moi en tant que spectateur à chromosome Y qui me tapais tous les films de Van Damme au ciné quand j’avais 14 ans.

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Stallone essaie tout de même de dépasser par moments le statut de pur film d’action en saupoudrant ça et là dans son long métrage quelques répliques dignes des meilleures punch-lines du genre, la scène du trio Stallone-Willis-Schwarzenegger n’est d’ailleurs qu’un immense prétexte à voir 3 méga-stars s’envoyer des vannes et des clins d’œil à leurs carrières respectives. Stallone flirte avec l’auto-parodie et s’en sort plutôt bien, puisqu’il évite le ridicule tout en en faisant faire des caisses à ses acteurs.

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Pour ce qui est de l’approche un peu plus psychologique (si, si) des personnages, Sly s’y essaie également, mais on le sent moins à l’aise qu’il a pu l’être dans son dernier Rocky par exemple. En gros dans The Expendables on a droit à Ross qui se remet en question et pour qui sauver la fille du général c’est aussi sauver son âme de mercenaire (oui je sais c’est gros, non je sais c’est pas hyper-crédible, oui je suis d’accord ça m’a fait sourire aussi), et à Christmas qui a des soucis de couple avec sa nénette (Charisma Carpenter qui tient le rôle de la bombasse parce qu’il en faut bien une dans un film de mecs) et qui les règle en démontant la tête du péteux qui essaie de lui souffler sa brune. Voilà pour la caution psychologique du film, et on est bien d’accord Stallone aurait pu s’en passer. N’empêche que c’est peut-être très con mais ça reste bien jouissif de voir Jason Statham se fritter avec quelques basketteurs pour l’honneur de sa belle.

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Bon allez, je plaide coupable : je sais que The Expendables n’est pas ce qu’on pourrait appeler un « bon film », mais franchement, je m’en fiche comme de l’an quarante. Revoir sur grand écran Dolph Lundgren (habitué depuis belle lurette aux séries Z sorties en direct-to-video) savater un blaireau qui lui manque de respect tout en conduisant un 4x4 en pleine course-poursuite, c’est pour moi un petit morceau de bonheur brut. Brut, adjectif à comprendre dans tous ses sens. Et je ne vous parle même pas de sa façon bien à lui de se tataner avec le poids léger de l’équipe Jet Li (dont les talents d’artiste martial ont été un peu sous-exploités à mon goût) : le géant suédois tient le chinois à bout de bras, tentant de l’assommer en le fracassant au plafond !

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Si Lundgren est mon « petit » préféré (on ne peut pas dire qu’il ait une tronche de porte-bonheur mais il reste mon péché-mignon), les autres ne sont pas en reste. Terry Crews et sa sulfateuse de dingue (ah… souvenirs émus de Blain et sa pétoire qui rase une parcelle de forêt amazonienne dans Prédator !!!) ; Stallone et Steve Austin qui se mettent sur la gueule dans un combat homérique ; Éric Roberts en salaud impérial qui a toujours laissé le statut de star hollywoodienne à sa frangine Julia pour se garder tous les rôles de méchants bien pourris (et il a le physique de l’emploi le gaillard) dans des films plus nazes les uns que les autres ; Gary Daniels qui en souvenir de tous ces films d’arts martiaux à petit budget dont il était la star, donne bien du fil à retordre aux Expendables qui doivent s’y prendre à plusieurs pour en venir à bout. Un petit regrets pour David Zayas (que j’avais vu pour la première fois dans la monumentale série carcérale Oz en leader charismatique du clan hispanique, et qui depuis ces dernières années incarne un flic bourrin mais intègre dans la série Dexter), qui est sous-exploité dans son rôle et se contente de faire les gros yeux à sa fille et sa tête de méchant constipé face à Éric Roberts qui pour sa part exulte en salopard ultime.

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Ajoutez à cette palette de durs à cuire une palanquée d’explosions en tous genres, des cascades à l’ancienne (entendez par là très peu d’effets spéciaux numériques), quelques bons mots par-ci par-là, une ou deux décapitations, des armes à feu qui laissent des trous béants dans les cibles, et vous obtiendrez The Expendables, un film des années 80 tourné en 2010, juste pour le plaisir coupable de quelques types comme moi qui assument de prendre leur pied devant un truc aussi con, violent, et … incontournable.



Euh… ça s’est senti que ça m’a plu ?

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 07:44

Entre deux articles sur ce que je lis, je vous propose un petit commentaire sur un film que j’ai vu dernièrement : Inception de Christopher Nolan. Depuis le temps que je ne me suis plus essayé à l’exercice de la critique ciné je ne promets rien hein, mais pour recommencer je n’ai pas choisi le plus mauvais film de l’année, loin de là ! Et il y en a des choses à dire sur ce Inception, je vais tenter de mettre bon ordre dans mes réflexions…

D’abord un petit résumé.
 Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) est un voleur d’un genre nouveau. Spécialisé dans l’espionnage industriel il est capable avec ses collaborateurs d’entrer dans le subconscient des gens pour en extraire leurs secrets les mieux cachés. Pour ce faire, il s’introduit dans les rêves de ses victimes par un appareillage qui lui permet de connecter plusieurs personnes entre elles et de leur faire vivre des « rêves partagés ».
Cobb est contacté par un homme d’affaire japonais, Saito (Ken Watanabe) pour une mission inédite. Cette fois il ne s’agit pas d’aller voler les secrets d’un concurrent (Fischer Jr, interprété par Cillian Murphy), mais de lui souffler une idée et de l’ancrer suffisamment dans son subconscient pour que la victime croit l’avoir eue elle-même, et qu’elle agisse ainsi de sa propre initiative dans le sens que désire Saito. Cette opération est une inception, et si elle fonctionne c’est tout simplement le crime parfait. Mais pour que cela réussisse il va falloir que Cobb implante cette idée parasite très profondément dans le subconscient de Fischer et se rendre dans les strates les plus enfouies de l’esprit de sa cible, ce qui augmente considérablement la complexité mais aussi la dangerosité de l’opération. D’autant plus que Cobb cache à ses coéquipiers l’existence d’un élément extérieur et qui semble vouloir systématiquement saboter ses incursions dans le monde des rêves…


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Je stoppe là le résumé pour ne pas entrer trop dans les détails, mais sachez que Nolan parvient à nous plonger dans le monde de ses parasiteurs de rêves en nous expliquant clairement comment tout fonctionne sans perdre le spectateur malgré les concepts complexes qu’il aborde, et sans pour autant devenir pompeusement explicatif ce qui pourrait nuire au rythme. C’est d’ailleurs une des grandes forces du réalisateur : il met en scène très naturellement un environnement complexe régi par des règles qui demandent au spectateur d’être attentif et de faire preuve d’un peu de jugeotte tout en n’oubliant pas qu’il est aux commandes d’un blockbuster hollywoodien, qui plus est un film d’action et de suspense. Et soyons clairs : Nolan joue et gagne sur les deux tableaux !

À ce sujet d’ailleurs, ce qui m’avait poussé à aller voir ce film, c’est la présentation que j’en ai entendue sur France Inter où le journaliste rapportait ce que les critiques professionnels américains disaient quasi-unanimement à propos d’ Inception. À savoir que c’est un très bon film, mais qu’ils pronostiquaient qu’il ne fonctionnerait pas auprès du public américain : il faut trop réfléchir ! Forcément, ça m’a donné un a priori positif sur le film. Et puis ça m’a fait marrer accessoirement aussi.

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Dans les faits c’est évident, Inception se démarque du tout venant hollywoodien. Il a un scénario très travaillé et qui ne cède pas systématiquement à la facilité, mais qui se donne les moyens de ses ambitions. Le film aborde des concepts poussés, on suit des personnages qui évoluent dans un rêve imbriqué dans un rêve lui-même imbriqué dans un autre rêve, avec des règles qui veulent par exemple que le temps qui s’écoule dans la réalité se trouve décuplé dans le rêve, re-décuplé dans le rêve secondaire et ainsi de suite plus on s’enfonce dans les « strates de rêves ». C’est ainsi  que quelques heures de sommeil pour le dormeur se transforment en plusieurs jours pour le rêveur, voire en plusieurs mois ou années si on s’enfonce dans les « couches de rêve inférieures ». C’est ainsi également que l’état physique du dormeur influence l’environnement du rêveur : si le dormeur est secoué ou tombe dans son sommeil, le rêveur voit son environnement trembler ou se retrouve en état d’apesanteur !

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D’ailleurs je me permets juste un aparté sur des détails que je n’ai pas bien compris : à un moment dans le film des dormeurs font une chute vertigineuse, ce qui entraîne que dans leur rêve partagé ils se retrouvent en apesanteur. Mais dans ce rêve là ils dorment également et rêvent aussi… or leur chute qui se traduit par un état d’apesanteur dans le premier rêve ne se répercute pas sur le second rêve où ils évoluent parfaitement normalement. Pour tout dire (mais ça n’est pas ça l’important), au moment où ils chutent ils sont déjà dans un rêve, juste pour vous donner une idée de l’imbrication des événements les uns dans les autres… Mais bon j’ai un peu peur de ne pas me faire très bien comprendre par ceux qui n’ont pas vu le film là… Bref, tout ça pour dire que c’est un des points qui m’a posé problème, je chipote peut-être un peu où je n’ai pas bien compris, mais tel que c’était présenté il me semble qu’il y a un petit problème de cohérence.
Idem pour les façons de s’extraire d’un rêve. Je ne vais pas trop entrer dans les détails non plus mais dans la strate la plus profonde, celle des limbes où Saito se retrouve prisonnier une vie entière, le personnage de Ariane (Ellen Page) s’en extrait sur l’ordre de Cobb en se jetant dans le vide… et là j’ai du mal à comprendre pourquoi si c’était si simple, Cobb ne l’a pas fait quand il s’y est retrouvé coincé pendant des années lors de son premier passage là-bas…
Enfin, dernière chose qui me turlupine, c’est le rôle exact de Ariane. Elle est recrutée par Cobb pour devenir son architecte, autrement dit c’est elle qui va penser en détail l’environnement onirique dans lequel les dormeurs en rêve partagé vont évoluer. Mais à moins que je n’ai pas compris, je ne vois pas bien où elle intervient dans les rêves qui doivent aboutir à l’inception chez Fischer ? elle a créé l’environnement du rêve ? si oui, de toutes les strates ou seulement de la première ? les rêveurs ne sont-ils pas sensés évoluer dans le rêve de l’architecte pour évoluer dans l’environnement qu’il aura conçu à l’avance ? bref, je suis un peu perdu sur ce point je l’avoue…

Bien, alors après mon petit aparté, qui n’a de petit que le qualificatif que je lui donne, j’ai peur que tous ceux qui n’ont pas vu le film et qui viennent de lire ceci se disent « oulah ça m’a l’air bien prise de tête ce truc ». Qu’ils se rassurent, si ce qu’ils viennent de lire leur paraît obscur et confus c’est tout simplement parce que je n’ai pas le talent de Nolan pour exposer tout cela plus clairement. Si vous allez voir le film, je vous assure que vous ne serez pas perdu, le réalisateur est un guide de première classe ! (bon évidemment, il vous faudra éviter de piquer un roupillon au passage, ça pourrait effectivement rendre le reste du film opaque, mais sinon ça devrait rouler)

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De manière générale, si Inception réserve de très bonnes scènes d’action (le combat en apesanteur par exemple) et des effets spéciaux à couper le souffle qui s’insèrent parfaitement dans l’histoire (ils ne sont pas là juste pour la frime quoi), le film joue également à un autre niveau de lecture, et propose au spectateur qui le voudra bien (car on peut parfaitement s’en tenir à une vision « premier degré ») une réflexion sur ce qu’est la réalité, sur la dualité entre conscient et subconscient et sur la complexité de l’esprit humain. Pour ma part, pendant une bonne partie du film j’étais persuadé qu’en fin de compte toute l’histoire était en train de se dérouler dans un immense rêve de Cobb, que sa femme (Marion Cotillard) n’était pas réellement morte mais juste revenue dans le monde réel, et que Cobb rêvait qu’il avait rêvé tout cela… J’avais un peu peur à la moitié du film d’avoir compris le dénouement et je m’attendais presque jusqu’à la fin à ce retournement de situation (même si ça aurait trop ressemblé à une happy end pour le coup), qui aurait très bien pu se tenir scénaristiquement parlant. Et à vrai dire, la toute fin du film n’est peut-être pas aussi certaine qu’on le croit, rien ne permet de dire avec certitude (enfin je crois) que Cobb ne continue pas encore et toujours de rêver…

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Bref vous l’aurez compris, ce film fait marcher les neurones, et amène à se poser des questions. Ce qui est un très bon point selon moi.
Pour autant, je n’arrive pas vraiment à lui accorder le qualificatif de « culte » que j’entends et lis à son propos assez régulièrement. C’est vrai qu’il est original et marquant. Mais il lui aura manqué un petit quelque chose malgré tout pour me marquer encore plus et passer dans mon panthéon de films cultes. Je n’ai pas encore exactement réussi à cerner quoi, mais je pense que les personnages et leurs interprètes y sont en partie pour quelque chose. Manque de bol pour moi, deux des personnages principaux me posent problème : Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard. Quels que soient les films où ils apparaissent, j’ai une certaine retenue à leur égard (c’est complètement idiot je sais bien mais c’est ainsi). DiCaprio, qui pourtant a prouvé depuis longtemps son talent d’acteur et sa capacité à jouer des rôles adultes (dans Les Infiltrés de Scorsese par exemple), me reste de façon indélébile en tête avec une énorme étiquette d’éternel grand ado. Je ne peux m’empêcher dès que je le vois de le revoir dans son rôle de Titanic, et encore plus tôt dans la série Growing Pains (Quoi de neuf docteur ? en VF). Impossible de m’en détacher. Pour Marion Cotillard c’est encore autre chose, c’est plus la personne qui m’insupporte et je n’arrive presque jamais à la voir comme un personnage mais toujours comme Marion Cotillard (à l’exception notable d’ Un long dimanche de Fiançailles de Jeunet, où son personnage avait réussi à prendre le pas sur l’actrice à mes yeux).
Au chapitre des bonnes surprises j’ai cependant beaucoup aimé Cillian Murphy (loin de son personnage diabolique d’Épouvantail dans The Dark Knight du même Nolan) et Tom Hardy dans le rôle de Eames le baroudeur brut de décoffrage. Quant à Ellen Page, là encore j’ai eu du mal à la voir comme une adulte. Même comme étudiante pour moi ça ne le fait pas. Son physique lui donne l’air d’être une gamine de 14 ans, ce qui pour son rôle d’architecte de la bande m’a un peu gêné…

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C’est amusant, je me rends compte en essayant de terminer mon article de deux choses : d’une je suis bien bavard pour ma « reprise » d’article ciné. Ça ne va pas vous donner l’envie que j’en fasse d’autres. De deux Inception est un film que j’ai vraiment beaucoup aimé et que je ne saurais que recommander à tout le monde, et pourtant la majeure partie de mon article est critique vis-à-vis de lui ! Alors je ne voudrais surtout pas donner une mauvaise -et fausse- image du film : Inception est un excellent film, intelligent et divertissant à la fois ce qui n’est pas si courant que cela, très bien écrit et génialement réalisé (Christopher Nolan est devenu l’une des valeurs sûres du cinéma américain actuel). Il faut absolument le voir, comme ça vous pourrez comme moi en reparler longuement et vous poser plein de questions à son sujet. Car finalement n’est-ce pas cela l’intérêt principal d’un film : vous marquer suffisamment pour y repenser une fois la porte du cinéma refermée… ?

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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 10:41
L’année 2007 a été certainement l’une des années où l’on a le plus pris conscience de l’état d’urgence écologique dans lequel se trouve notre planète… Cela fait maintenant bien longtemps que le message est véhiculé par quelques uns mais pour on ne sait quelle raison exactement, il est enfin pris au sérieux par la majorité d’entre nous. Les farfelus d’il y a une quinzaines d’années qui annonçaient le réchauffement climatique, la fonte des glaces ou encore la raréfaction des poissons dans les océans ont vu leurs avertissements enfin reconnus comme légitimes.
Quand il y a à peine une demi-douzaine d’années des « experts » mettaient encore en doute le lien entre la pollution atmosphérique due à l’homme et le réchauffement de la planète, on assiste aujourd’hui à un revirement de situation espérons-le salvateur, tout au moins la prise de conscience semble-t-elle se généraliser.

Notre planète vue de l'espace : belle et fragile...
Cette tendance à remettre l’écologie en avant se manifeste entre autres par la production de films documentaires par l’intermédiaire desquels l’humanité est mise face à ses responsabilités. C’est clairement l’objectif de films tels que Une Vérité qui Dérange de Al Gore par exemple. Plus contemplatif, un peu moins alarmiste dans le discours, Un Jour sur Terre de Alastair Fothergill et Mark Linfield est un documentaire germano-britannique d’une qualité rare qui aura nécessité 5 années de production avant d’arriver sur les écrans.

Les mastodontes des mers engloutissent des milliers de kilomètres à la nage lors de leur migration...
Le concept en est assez simple : le film débute au Pôle Nord et entraîne le spectateur au cours d’un voyage qui va le faire traverser les latitudes du Nord au Sud, découvrant ainsi toute une variété de climats, de territoires, de végétations, d’environnements et d’animaux, et formant un tableau magnifique de notre planète. Car c’est la très grande force de ce film : les images sont tout bonnement superbes, réellement exceptionnelles de beauté. La nature y est montrée dans toute sa simplicité mais également dans toute sa majesté, tour à tour touchante, drôle, cruelle, étonnante, impressionnante…

Après la sécheresse vient le temps de la baignade pour les éléphants !!
Tourné en caméra Haute Définition, on en prend plein les yeux et vues sur grand écran les images n’en sont que plus fortes encore… depuis l’ours polaire qui peine à trouver sa pitance jusqu’à l’éléphanteau qui combat de toutes ses forces pour survivre au soleil et aux tempêtes de sable en passant par la parade amoureuse de l’oiseau de paradis, le ballet majestueux des espadons qui se font un festin de poissons, la migration de la baleine et de son baleineau ou encore le survol de l’Himalaya par les oies sauvages… Le film regorge d’images toutes plus sublimes les unes que les autres, certaines dures d’autres plus tendres, mais toutes marquantes.

L'oiseau de paradis sait faire ce qu'il faut pour plaire à sa dame...
Le spectacle est au rendez-vous de chaque séquence et on ressort de ce film avec la démonstration magistrale que notre planète abrite un nombre incroyable de merveilles. Et c’est là qu’est le paradoxe du film : j’en suis personnellement ressorti heureux d’avoir vu d’aussi somptueuses images mais aussi assez déprimé par l’envers de la médaille, cette impression affreuse que tout ceci n’en a plus pour longtemps. Et le commentaire des réalisateurs au cours d’une interview qu’ils ont donnée est éloquent, s’ils sont très fiers de ces images qu’ils ont mis des années à tourner, ils disent également que d’ici quelques années (et ils entendent par là « entre 10 et 20 ans ») ils n’auraient tout bonnement plus pu faire un tel film. Qu’à très courte échéance des scènes complètes montrées dans leur documentaires ne pourront plus être filmées car elles auront simplement cessé d’exister. Le constat est amer mais indiscutable : notre planète est aussi belle qu’elle est fragile.

Beau, majestueux, fort... et si fragile pourtant.
La voix-off du film (en français les commentaires sont dits par la chanteuse Anggun en VO par Patrick Stewart) n’est jamais défaitiste ou exagérément grave, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que pour la plupart des espèces ou des paysages montrés au cours du documentaire la fin était proche, et que c’était déjà cuit, que l’on fasse ce genre de films de mise en garde ou non. Et ça, tout somptueux que le film soit, ça fout un peu le bourdon faut bien le dire…

La très belle affiche française du film.
Les photos sont issues du site officiel que je vous engage à aller visiter : www.loveearth.com/fr/film
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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 00:47
Avec La Vengeance dans la Peau, voici le troisième film du tryptique consacré à l’agent secret qui a pour initiales J.B. Non, il ne s’agit pas du so british James Bond, ni du toujours pressé Jack Bauer, mais de Jason Bourne, héros créé par le romancier américain Robert Ludlum. Jason Bourne (Matt Damon) est un agent de la CIA sur-entraîné, une arme létale des plus dangereuses, capable de se fondre dans n’importe quel environnement et auquel on confie les missions les plus extrêmes. Enrôlé dans le programme top-secret Treadstone permettant à la CIA de commander à distance des assassinats politiques, Jason Bourne va perdre la mémoire au cours d’une de ses missions. Livré à lui même, handicapé par son amnésie mais encore doté de tous ses réflexes de tueur et de tout son savoir-faire d’agent spécial, il va devoir lentement remonter la piste de son passé pour découvrir qui il est réellement. Devenu un électron libre gênant, ses anciens supérieurs n’auront de cesse de tenter de l’éliminer une bonne fois pour toutes…

Jason Bourne, ou Matt Damon au top de sa forme physique.
C’était le point de départ du premier film, La Mémoire dans la Peau à la fin duquel Bourne arrivait à disparaître en compagnie de sa compagne Marie (interprétée par l’allemande Franka Potente). Dans le second volet, La Mort dans la Peau, ils étaient repérés en Inde par des tueurs agissant secrètement pour d’obscurs dirigeants de la CIA. Après l’assassinat de Marie, Bourne s’était lancé à la poursuite de son ancien chef avant de disparaître à nouveau dans la nature. On retrouve donc dans ce troisième film Jason Bourne aux prises avec ses anciens commanditaires qui ont décidé de l’éliminer pour de bon dans le cadre du programme Blackbriar, une évolution du projet Treadstone dont il est l’un des derniers survivants et à ce titre, une menace pour ce qu’il est supposé savoir d’embarrassant… Bourne va être au centre d’une course-poursuite au cours de laquelle il sera tour à tour chasseur et chassé.

Le trop rare Scott Glenn
Autant dire que le scénario est assez dense, les rapports entre les personnages et leurs motivations officielles et/ou officieuses rendent bien compte de la complexité de certains enjeux, faisant de la CIA un véritable nid de vipères où hiérarchie et intérêts personnels entrent parfois en conflit… On retrouve parmi les personnages récurrents l’agent Pamela Landy (Joan Allen) qui enquête sur Bourne et Treadstone avec pour ferme intention de clarifier la situation et remettre de l’ordre dans les affaires parfois bien sombres fomentées à Langley. Il y a également Nicky (Julia Stiles), ancienne collaboratrice et informatrice de Bourne du temps du programme Treadstone. Le casting s’enrichit sur ce troisième film de l’excellent David Strathairn dans le rôle de Noah Vosen et du toujours impeccable Scott Glenn dans le rôle de Erza Kramer, les supérieurs de Pamela Landy. À noter également la prestation de Edgar Ramirez alias l’implacable tueur Paz lancé sur les traces de Bourne.

Nicky sera d'une aide précieuse pour Jason...
Encore une fois derrière la caméra, le réalisateur Paul Greengrass reprend son style très personnel et assez peu conventionnel pour un film hollywoodien de cette envergure. Il filme souvent caméra à l’épaule, en plans serrés, avec des mouvements de caméra parfois assez chaotiques pour insuffler encore plus de réalisme à l’action. La lumière est froide, l’image parfois granuleuse, bref Greengrass travaille sa mise en scène et reste dans l’esprit de ce qu’il avait fait dans le second volet de la trilogie. J’avoue que je ne suis pas fan de ce genre d’images, bien que je lui concède que cela donne une véritable personnalité forte au film et sert de manière générale plutôt bien le propos. Mais à trop vouloir bousculer les habitudes de spectateur de film aux images léchées et glamour telles que celles des aventures de James Bond, Greengrass tombe un peu dans l’excès inverse. Privilégier le réalisme c’est bien, que l’on ne comprenne plus ce qu’il se passe à l’écran par moment, ça l’est moins. Et c’est malheureusement une des choses qu’on peut reprocher au film. Cela étant les conditions de visionnage influent beaucoup. Avant d’aller voir La Vengeance dans la Peau j’avais regardé la veille le précédent film de la série à la télévision, pour bien me replonger dans l’histoire. Et j’avoue que de regarder le film sur un écran de télé a été bien plus agréable visuellement que cela ne l’avait été lorsque je l’avais vu au cinéma. Autrement dit l’inconfort était bien moindre, presque gommé, sur petit que sur grand écran pour La Mort dans la Peau, il en sera donc peut-être de même pour La Vengeance dans la Peau

David Straithairn alias Noah Vosen, règle les opérations de traque de Bourne à Langley
De façon plus générale, la trilogie Bourne reste un objet hollywoodien assez peu commun, qui casse les codes graphiques habituels des films d’espionnage et qui est d’une indéniable qualité. Bon, pas de quoi s’en relever la nuit non plus pour y repenser, mais ça fait partie de ces films bien faits, qui ne nous prennent pas pour des imbéciles et qui ont en eux une vraie authenticité. Alors je ne sais pas si j’irai voir le prochain (car Matt Damon n’exclut pas de signer à nouveau sur la franchise Jason Bourne) mais avec ce troisième film la boucle entamée lors du premier est bouclée, et laisse plutôt sur une bonne impression.

L'affiche assez réussie tout en étant clasique du film.
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 00:00
Cet été est sorti en catimini sur les écrans un petit thriller tout ce qu’il y a de plus classique, fonctionnant sur un canevas on ne peut plus simple et commun.

 Amy et David Fox (Kate Beckinsale et Luke Wilson) forment un couple tout proche de la rupture. Sur la route depuis toute la journée, ils sont contraints de s’arrêter dans un coin paumé pour la nuit. Heureusement pour eux, il y a un motel tout près de l’endroit où leur voiture tombe en panne. Heureusement ?… pas si sûr…
Outre le fait que le motel en question soit miteux, son gérant (Frank Whaley) est un type à l’air bizarre… Quand David tombe sur une cassette vidéo où l’on voit des meurtres commis dans la chambre même qu’ils occupent pour la nuit les choses se confirment : l’endroit est plus que malsain. Amy et David ont toutes les chances de devenir les prochaines victimes des snuff movies que le gérant tourne dans son motel avec quelques compères aussi déjantés que lui. Barricadés dans leur chambre, ils vont tenter de faire face à leurs assaillants…

Il a vraiment un truc de louche ce motel...
Comme je le disais, rien d’extravagant dans le propos du film : un couple est pris au piège dans un motel et doit survivre aux assauts de quelques timbrés du fin fond de la campagne américaine. Il est clair que le film ne cherche pas à jouer sur l’originalité, et son jeune réalisateur Nimrod Antal récite avec soin sa leçon en nous servant un concentré qu’on dirait tout droit sorti du manuel du bon petit thriller horrifique des familles. Autrement dit classique mais efficace. On y retrouve les ficelles habituelles mais bien exploitées, quelques scènes anxiogènes plus ou moins réussies, des solutions désespérés, des victimes qui se rebellent, un dénouement attendu. Mais si le film ne brille pas par son exubérance, il n’est pas pour autant ennuyeux. Court (même pas 1h30), assez nerveux, on est bien dans l’histoire et l’action ne laisse pas le spectateur sortir du film. Bref on a là un film honnête, modeste et réaliste, qui ne prétend pas jouer dans la cour des grands, loin des promesses racoleuses d’un Hostel au patronyme proche et à la réputation bien surévaluée par rapport à sa qualité réelle.

Motel : un film où on regarde par là fenêtre !
Au point même qu’on se demande si le film avait une chance de faire une carrière au cinéma. En tout cas le réalisateur prouve qu’il a de bonnes bases, et qu’il est capable de fournir un travail sérieux et appliqué qui répond au cahier des charges du film de genre. Les comédiens quant à eux jouent juste et n’en font pas des tonnes ce qui est toujours appréciable tant ça peut être un travers facile dans ce genre de film.

... et pas que par les fenêtres !
Alors si vous vous retrouvez un soir, toutes lumières éteintes, seul devant votre écran de télé, Motel peut faire son petit effet. Sans prétention mais efficace, le film fera un parfait dvd à louer pour vos soirées d’hiver.

L'affiche du film.
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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 11:28
Vous me connaissez, je suis un grand amateur de super-héros, et j’avoue que depuis quelques années je suis particulièrement gâté car ces derniers sont très à la mode et donnent lieu à toute une tripotée d’adaptations au cinéma. Enfin « gâté » c’est peut-être vite dit parce que pour un Spider-Man ou un Superman Returns exceptionnels dans l’année, vous avez droit aussi à des trucs aussi insipides et ratés que Ghost Rider ou Elektra.

Toujours est-il que cette année, l’événement de l’été chez les super-héros sur grand écran c’était la suite de la franchise des Quatre Fantastiques. Non pas que le premier film eut été une telle réussite que la suite attise à ce point les attentes (à vrai dire le premier film des Quatre Fantastiques était clairement orienté film d’action familial et en avait déçu plus d’un car très édulcoré et gentillet), mais la grande attraction de ce second volet c’est l’invité d’honneur qui se joint à l’équipe du Baxter Building : le Surfeur d’Argent himself.

Norrin Radd est le Surfeur D'argent, un être aux pouvoirs immenses...
Le Surfeur d’Argent est un personnage mythique issu de l’imagination du duo non moins mythique Stan Lee / Jack Kirby. Extra-terrestre humanoïde de la planète Zenn-La, Norrin Radd de son vrai nom se sacrifie pour préserver sa planète de Galactus, une entité cosmique sans âge, surnommé le Dévoreur de Mondes (et pour cause : il se nourrit de toute l’énergie d’une planète ne laissant qu’un caillou sans vie après son passage). En échange de la clémence de Galactus pour sa planète natale, Norrin devient le Surfeur d’Argent, un être d’une puissance inouïe pourvu du « pouvoir cosmique » que lui confère son nouveau maître. Sillonnant l’espace infini, il est le héraut de Galactus, chargé de lui trouver ses repas à travers les galaxies et de prévenir les éventuels habitants des planètes-cibles de l’arrivée du dévoreur.

Façonné graphiquement par son créateur Jack Kirby et John Buscema qui sera le dessinateur attitré du comics à ses débuts, le Surfeur est un des personnages fétiches du scénariste Stan Lee qui en fait un héros atypique, mêlant au sein de ses aventures voyages cosmiques, puissance illimitée et réflexions philosophiques sur l’existence, la condition humaine, le bien et le mal.

Son pouvoir cosmique permet au Surfeur de traverser la matière solide comme s'il s'agissait d'un liquide..
Autant dire que l’annonce de sa présence dans le second volet des Quatre Fantastiques a excité l’imagination des fans du personnage et des connaisseurs de l’univers Marvel.
Dans le film, les Fantastiques vont donc être confrontés à cet être tout-puissant venu sur Terre annoncer l’arrivée imminente de Galactus… et le Docteur Fatalis revenu d’entre les morts voit l’arrivée de cet extra-terrestre comme une aubaine, l’occasion inespérée d’acquérir un pouvoir quasi-illimité qui lui permettrait de se venger de l’équipe des Fantastiques qui l’avaient bien ridiculisé dans le précédent film. Mais quand on voit de quelle manière les Quatre Fantastiques se font malmener par le Surfeur, on se demande comment ils pourront parer au danger mille fois supérieur que représente son maître Galactus qui s’apprête à fondre sur la Terre…

Les 4 Fantastiques face au Surfeur : feront-ils le poids ?
Voilà pour le scénario. Simple, concis, mais diablement alléchant. On se dit qu’avec une histoire pareille on va enfin pouvoir admirer les Fantastiques dans toute leur splendeur, parce que avouons-le le premier film nous avait un peu laissés sur notre faim de ce côté là. Et effectivement, les promesses sont tenues ! Toujours à la barre, le réalisateur Tim Story paraît plus à l’aise avec ses personnages et en tire tout le spectaculaire qu’on était en droit d’attendre. Les images sont tout simplement superbes, le Surfeur (interprété par Doug Jones et héritant de la voix caverneuse de Laurence Fishburne) est d’une beauté et d’une majesté sidérantes (un mec à poil sur une planche de surf volante et peint de la tête aux pieds en argent, ça pouvait faire craindre le pire !). Il eut été facile de se planter visuellement et de faire du Surfeur un truc bizarre voire ridicule, mais bien au contraire, le personnage souffre d’un design absolument parfait ! Et les manifestations de ses pouvoirs sont elles aussi plus que soignées : à l’image c’est un vrai régal. À ce titre d’ailleurs la course poursuite aérienne Surfeur d’Argent / Torche est un pur bonheur visuel.

Johnny est le premier des Fantastiques à réussir à approcher le Surfeur... pour son plus grand malheur !
Les Quatre Fantastiques quant à eux sont également bien servis du point de vue des effets spéciaux, et leurs capacités bien mieux exploitées dans ce film que dans le précédent à mon avis. La Chose (Michael Chiklis) est un peu moins mis en avant (normal, le Surfeur lui pique son statut de star du film), la Torche (Chris Evans) reste insupportable mais son pouvoir continue d’émerveiller la rétine, Mr Fantastic (Ioan Gruffudd) est mieux servi que précédemment et passe de faire-valoir à personnage à part entière, il n’y a guère que l’Invisible (Jessica Alba) qui reste assez insipide (je persiste à dire qu’elle est la grosse erreur de casting de cette franchise). Julian McMahon pour sa part en rajoute une couche dans le cabotinage dans le rôle du Docteur Fatalis dont les menaces font pâle figure devant celle que représente le Surfeur et Galactus.
Galactus qui d’ailleurs est peut-être l’une des déceptions du film car… on ne le voit pas autrement que sous la forme d’une espèce de nuage interstellaire menaçant (il y a bien vers la fin la forme caractéristique de son casque que l’on aperçoit, mais c’est plus un clin d’œil aux fans du comics qu’autre chose). Dans les pages des Fantastic Four, Galactus est un personnage immense, de plusieurs centaines de mètres de haut, à l’aspect humanoïde, un géant aux côtés duquel les héros font figure de moucherons. On comprend que de le voir sous la forme d’une nuée de poussière galactique ait pu désappointer voire en décevoir certains. L’explication officieuse est que tout l’investissement en effets spéciaux a été concentré sur le Surfeur d’Argent et qu’il n’y avait plus suffisamment de budget pour matérialiser un Galactus crédible et fidèle à sa version papier. Plus j’y pense et plus je me dis que finalement ce n’est peut-être pas plus mal comme ça. Il valait mieux se concentrer sur le Surfeur pour relever et remporter aussi magnifiquement le défi de sa matérialisation, que de diviser les efforts sur deux personnages (le Surfeur et Galactus) et à l’arrivée être déçu par les deux. On peut certes toujours faire mieux, mais moi j’ai trouvé mon compte dans ce film tel qu’il est.

Chevauchant sa planche cosmique, le Surfeur en jette !
Percutant, beau, spectaculaire, fun voilà à mon sens les qualités du film, le tout soutenu par une bande son très efficace. Et le côté grand-public m’a paru moins gênant que dans le premier film, ce qui me fait considérer ce deuxième épisode comme étant plus réussi et enthousiasmant que le premier de la série. Bref pas un grand film, mais divertissant et répondant parfaitement à son cahier des charges. Je le regarderai à nouveau avec plaisir, juste pour revoir le Surfeur traverser au ralenti des buildings liquéfiés sur un son de cloche glaçant…

L'affiche du film : un peu simpliste...
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 20:02
Après les adaptations de bandes-dessinées (de Batman à Superman en passant par Spider-Man, les Bidochons, Astérix et tant d’autres), après les adaptations de jeux vidéos (Tomb Raider, Silent Hill, Resident Evil, etc…), voici venir une nouvelle mode : l’adaptation de dessins animés en longs métrages live (annoncés prochainement : Cosmocats, une nouvelle version des Maîtres de l’Univers, ou encore Dragon Ball  -qui est c’est vrai avant toute chose une BD). En tête de file arrive ce projet un peu fou, celui de porter sur grand écran le dessin animé des années 80, Transformers !

Pour ceux qui ne situent pas, Transformers c’est un véritable objet de culte pour tous les petits garçons qui avaient une dizaine d’années durant la seconde moitié de la décennie des 80’s. J’ai quelques souvenirs émus des samedis soirs où s’enchaînaient sur cette merveilleuse chaîne qu’était la toute nouvelle Canal + deux émissions cultissimes en clair et sans décodeur que pour rien au monde je ne ratais : l’hebdomadaire du Top 50 présenté par Marc « salut les p’tits clous » Toesca et le dessin animé le plus in de l’époque, les Transformers !
Le contexte ? des robots extra-terrestres scindés en deux clans, les gentils Autobots et les méchants Decepticons s’affrontent sur la Terre et ont la capacité de se transformer à volonté (dans un bruitage caractéristique mi-métallique mi-synthé) qui en voiture de sport, qui en avion de combat, qui en camion. Ne me demandez pas comment ni pourquoi un robot ultra-moderne venant d’une autre planète pouvait avoir la forme d’un combi-van Volkswagen, à 10 ans ce genre de détails vous passent loin au-dessus la tête. Toujours est-il que c’était fun, totalement nouveau comme concept et furieusement classe ! D’autant qu’à l’époque tout cela se déclinait également sous la forme d’une ligne de jouets high-tech qui ont garni bon nombre de sapins de Noël tellement ça avait de succès.

Baston de robots !!
Donc Transformers a été et reste un  dessin animé mythique pour toute une génération, comme l’avaient été avant eux Goldorak ou Albator. Mais de là à en faire un film live, le pari semblait risqué pour ne pas dire totalement fou. Voir un truck américain se transformer en gros robot rouge qui se met sur la gueule avec un autre qui avait la forme d’un tank cinq minutes avant, ça le faisait en dessin animé mais « en vrai » on n’y croyait pas trop…
Mais deux choses ont rendu les choses possibles et envisageables : l’arrivée sur le projet d’un certain Michael Bay (réalisateur bourrin-en-chef, mais poids lourd hollywoodien des blockbusters d’action) à la réalisation et du non moins célèbre Steven Spielberg à la production. L’un était gage de spectacle, l’autre gage de sérieux (dans cet ordre !). Et puis est arrivé un mini-événement qui a fait basculer les plus sceptiques … certaines pubs Citroën et quelques clips de fans mettant en scène des robots ultra-réalistes se transformant en voiture de façon très convaincante qui ont fait le tour du monde… Tout à coup on avait la preuve que techniquement parlant, les effets spéciaux digitaux dernier cri permettaient de voir de vrais Transformers grandeur nature et tout à fait crédibles.

Faut pas faire chier Optimus Prime hein !!
D’objet de moquerie et de râtage annoncé, le film Transformers est passé à un statut de film très attendu et prometteur.

Alors qu’en est-il au bout du compte ?
Eh bien Transformers s’avère être parfaitement conforme à ce qu’on attendait du film : une réussite technique, une débauche d’effets spéciaux de grande qualité, un film pop-corn qui se revendique comme tel. C’est tout. Attention, ça peut paraître lapidaire ce que je dis, mais ne l’interprétez pas de façon trop dure, parce que lorsque je dis que du point de vue des effets spéciaux le film est magnifique, ce n’est pas peu dire et c’est vraiment une très grosse réussite. Mais voilà, pour moi l’intérêt du film commence et s’arrête là, et reste finalement assez limité.

Tiens, un robot soudeur...
Côté scénario, la trame générale est celle du dessin animé : les gentils robots combattent les méchants robots, l’avenir de la planète est en jeu, et l’issue de la confrontation dépendra en grande partie d’un lycéen un brin loser (Shia LaBeouf, qui a la tête de l’emploi) pris dans la bagarre robotique dont il profitera pour emballer la bombe anatomique du lycée (Megan Fox, qui a la tête –et le reste- de l’emploi aussi). Voilà pour les enjeux, c’est plutôt simple mais on ne demandait pas plus de toute façon, on sait ce qu’on va voir avant d’y aller, faut pas jouer les hypocrites non plus.

Megan et Shia, vraiment la gueule de l'emploi non ?
Non, ce qui m’a beaucoup plus déçu, pour ne pas dire carrément gonflé, c’est le traitement général du film. Oui je sais bien que c’est le blockbuster de l’été et qu’à ce titre ça doit être le plus spectaculaire et grand public possible mais j’ai beau faire, j’ai du mal avec l’humour, les personnages et le carcan scénaristique de ce type de films. Des passages tels que la partie de cache-cache de robots grands comme des maisons dans le jardin des parents du héros moi ça ne me fait pas rire une seconde, bien au contraire. Oui vous avez raison je ne suis qu’un vilain rabat-joie. Mais ça me gonfle une telle débauche de fric et d’effets spéciaux pour en faire un film fadasse sauce débile.

euh chéri, je crois que ça va couper...
Autre gros défaut : le film est in-ter-mi-na-ble. Il dure environ 2h30 et je vous assure qu’il y a une bonne heure en trop. Au bout d’un moment ça devient plus que répétitif, les bastons de robots se suivent et se répètent au point d’ennuyer ce qui est quand même paradoxal pour un film grand spectacle qui en met plein la vue, vous en conviendrez. Surtout que malgré tout le soin apporté aux scènes d’action et aux effets spéciaux, il y a des passages si rapides, si sophistiqués qu’on n’y voit tellement de choses à l’écran qu’on n’y comprend plus rien. Encore un sacré paradoxe… c’est très beau, impressionnant, réaliste et détaillé mais à l’arrivée en lieu et place de baston entre deux robots géants, on a un amas de ferraille en mouvement à l’écran. Très beau, réaliste et détaillé mais un amas de ferraille quand même.

Bref, il paraît que le mieux est l’ennemi du bien, demandez à Michael Bay une démonstration, il se fera un plaisir. Sans compter qu’avec tout ça le réalisateur épileptique reste le maître incontesté de la multiplication frénétique des plans de coupe et des scènes clipesques, et il est hors de question pour lui d’abandonner sa « marque de fabrique »…

A mon avis c'est la courroie d'alternateur...
Alors voilà, pour résumer, Transformers en met plein la vue, et si vous aimez les robots et la belle mécanique, vous serez servis, pas de doute là-dessus. Pour ma part je n’étais pas mécontent de voir la fin du film enfin arriver, parce qu’on a beau aimer les effets spéciaux qui en jettent personne n’est à l’abri d’une overdose. En tout cas moi j’ai saturé. Ça m’a fait l’effet inverse de celui escompté. C’est un peu comme du hard-rock plan-plan à fond pendant trop longtemps : d’abord ça pète bien mais au bout d’un moment ça devient monotone et ça m’endort. Ben ouais que voulez-vous, j’arrive à me passionner pour des films tout en lenteurs comme Solaris de Soderbergh, et je suis à deux doigts de m’endormir sur du Michael Bay. Je sais, je suis bizarre.

L'affiche, très classique, du film.
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 16:32
Quand je disais que j’avais cumulé un certain retard (pour ne pas dire un retard certain) en ce qui concerne mes chroniques de films je n’avais pas menti… et pour preuve j’en suis aujourd’hui à chroniquer un film que j’ai vu en salles alors qu’il sort déjà en dvd !!

Alors pas de perte de temps supplémentaire, parlons du Spider-Man 3 de Sam Raimi.
Tout d’abord précisons que s’il a été présenté comme l’ultime volet d’une trilogie sur le tisseur de Marvel, personne n’était dupe et tout le monde se doutait bien qu’avec le succès de la franchise, on n’en resterait certainement pas là. C’est ce qui se confirme en ce moment avec le buzz autour du quatrième volet et l’engagement des uns et des autres (Sam Raimi, Tobey Maguire, Kirsten Dunst, …) pour tourner la suite des aventures de Peter Parker

Le troisième long métrage consacré à Spider-Man était plutôt attendu. En effet, considéré par beaucoup comme parmi les toutes meilleures adaptations de comics à l’écran, Spider-Man 3 se devait d’être à la hauteur des films précédents. D’autant plus que le programme était alléchant : la présence du costume noir, Venom, L’Homme Sable, l’arrivée de Gwen Stacy, le retour du Bouffon Vert… bref du lourd pour tout arachno-fan qui se respecte, moi le premier !
Il faut dire aussi qu’avec les deux premiers opus Sam Raimi avait fait fort, très fort, il se devait donc de faire au moins aussi bien.

Cette belle blonde n'est autre que Gwen Stacy, rivale de Mary-Jane...
Mais je dois bien dire que ce troisième film n’est pas exactement ce que j’attendais et n’a pas atteint l’excellence des deux premiers, se situant un cran nettement en-dessous.
Loin de moi l’idée de le jeter aux orties et de lui nier toute qualité, c’est juste que la déception est parfois disproportionnée quand les attentes sont grandes.

Au chapitre des déceptions donc, voyons ce qui ne va pas dans ce film.
En premier lieu Venom. Ennemi emblématique et parmi les plus impressionnants que compte le tisseur, Venom était très attendu par les fans. Sam Raimi pourtant dès le départ l’avait dit : il n’a pas d’affinité avec ce personnage pourtant plébiscité par les lecteurs. En effet Venom est apparu fin des années 80 début 90’s alors que Sam Raimi est un fan de la première heure, plus attiré par les vilains « historiques » existants depuis les années 60-70 comme le Bouffon Vert ou Octopus. Cédant à la pression des fans et de la production ou ayant réellement changé d’avis à son sujet, Raimi avait finalement accepté la présence de Venom dans le troisième volet.
Mais à l’écran le personnage semble totalement sous-exploité, pour ne pas dire délaissé par le réalisateur. Ses origines (il est vrai compliquées à expliquer si on avait voulu s’en tenir à celles du comics) sont bâclées comme rarement on l’a vu (un météore s’écrase sur Terre et un organisme parasite extra-terrestre noir s’en échappe pour contaminer le premier venu qui s’avère être, oh coïncidence, Peter Parker), ses apparitions à l’écran en tant que double maléfique de Eddie Brock (Topher Grace) sont peu enthousiasmantes, bref Venom est ouvertement mis au second rang par le réalisateur.

Venom en arrière plan et flou : allégorique !
En second lieu, on ne peut pas ne pas parler de ce qui est sensé être le nœud dramatique du film, à savoir la double-personnalité de Peter Parker. Au naturel doux, gentil et sympathique, le jeune homme se transforme au contact du parasite alien et laisse apparaître sa face noire. Il devient arrogant, violent, sombre. Et là rien ne va plus… En lieu et place de changement de personnalité, on a droit à un Peter Parker qui s’habille en noir pour montrer qu’il n’est pas content, qui se fait une raie sur le côté gominée avec grosse mèche sur le front digne du plus ringard des Clark Kent, qui marche en roulant des épaules pour montrer que non seulement il n’est pas content mais qu’il est aussi très méchant, qui se prend pour Travolta échappé de Saturday Night Fever pour montrer qu’il n’est plus le pauvre petit Peter tout timide (et ça bouh… ça fait pitié peur !)…

l'y vous fait-y pas peur comme ça ?

Bref, du grand n’importe quoi tendance bouffonnerie alors que ce changement est sensé être un profond chamboulement, quelque chose de noir, de profond, de sérieux et de grave. Autant dire que non seulement on n’y croit pas, mais en plus le personnage devient ridicule plutôt qu’inquiétant. Certains ont d’ailleurs émis l’idée que Raimi l’a fait exprès pour souligner qu’il n’était lui-même pas libre de montrer le véritable mauvais côté de Spider-Man du fait que la franchise de films était plus orientée grand public et enfants pour cause de succès des deux premiers. Peut-être. Mais de là à plomber complètement l’intérêt dramatique de l’histoire, je trouve ça exagéré, pour ne pas dire suicidaire.

Enfin et pour en terminer avec les mauvais points, Spider-Man 3 donne de plus en plus dans le gnan-gnan, la guimauve, le sentimentalisme, le soap-opéra (on avait déjà remarqué cette tendance s’amplifier dans le second film). Ça donne des longueurs, des scènes cucul la praline, des dialogues un peu fleur-bleus (moi j’aurais même plutôt tendance à dire tout simplement niais), et ça ralentit le film au point même qu’on se prend à s’ennuyer un tantinet par moment. Là où dans les deux premiers films Raimi avait évité l’exagération en étant toujours un peu sur la corde-raide, dans celui-ci il semble avoir perdu ses talents d’équilibristes et met les pieds dans le plat à l’une ou l’autre reprise. Bien sûr c’est depuis toujours une des composantes du comics Amazing Spider-Man ce côté aventures de super-héros mâtinées d’imbroglios sentimentaux, mais on a connu Raimi plus inspiré et plus fin dans les précédents films.

Aaaaaah Mary-Jane...
Avec tout ça vous allez finir par croire que je n’ai pas aimé du tout Spider-Man 3… et c’est faux ! Parce que si je déplore ses défauts, je lui trouve également de bien belles qualités.

D’un point de vue purement technique c’est toujours aussi beau et réussi. Effets spéciaux, scènes de combats, actions spectaculaires : on retrouve tout ce qu’on a déjà aimé dans les deux premiers, parfois même en mieux.
L’introduction du personnage de Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard), à rebours chronologique par rapports aux histoires d’origine du comic, est finalement plutôt réussie alors que j’avais eu de sérieux doutes sur la cohérence scénaristique à son annonce.

Spidey face à l'Homme-Sable version montagne !

Mais surtout LE point positif du film, la chose à retenir avant tout, c’est l’introduction du personnage de Flint Marko (Thomas Haden Church) alias l’Homme-Sable. Si Raimi a flingué Venom, il a donné à l’Homme-Sable une envergure exceptionnelle et en a fait un des plus beaux personnages de la galerie cinématographique du tisseur. On sent clairement dans son traitement que Sam Raimi aime de tout son cœur Flint Marko. Il y a une énergie, une poésie, une beauté, et une force enthousiasmante dans chaque apparition du personnage à l’écran. Contrairement au cas Venom, Raimi prend tout son temps pour développer et expliquer les origines du Sandman, peaufine la personnalité de Marko en exposant son histoire et son drame, il en fait en quelque sorte son monstre de Frankenstein à lui (toute proportion gardée évidemment). Un méchant qui n’en est pas vraiment un, ou alors par la force des choses. Un homme qui seul contre tous fait parfois les mauvais choix avec les meilleures intentions. Bref, on sent que Sam Raimi aurait aimé faire de l’Homme-Sable le personnage principal du film (et ce dernier aurait tout à fait bien pu être le seul ennemi du tisseur sans que le film n’en eut souffert).

Flint Marko, le personnage incontournable du film
Ce qui est valable dans les comics est valable au cinéma : c’est la qualité du méchant qui détermine tout le reste. Et justement c’est là tout le problème de Spider-Man 3 : vous avez d’un côté un Venom inconsistant et une face sombre de Parker ridicule, et de l’autre côté un Homme-Sable fascinant et majestueux. Et par conséquent une partie de film ratée et une autre exceptionnellement réussie.
Autant dire que dans un bon jour vous verrez avant tout le bon côté de Spider-Man 3, et dans un mauvais jour le film ne fera que vous énerver un peu plus par tous ses aspects gavants. Finalement le film est à l’image de son héros : il a une double-personnalité plutôt troublante !!

L'affiche du film à l'accroche à prendre au propre comme au figuré
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 21:41
Le film Le Scaphandre et le Papillon est l’adaptation par Julian Schnabel du livre du même nom de Jean-Dominique Bauby, qui raconte son histoire et le combat d’un homme dont l’esprit est littéralement enfermé dans son corps. Le livre avait beaucoup fait parler de lui, en grande partie du fait que son auteur, mort peu de temps après la sortie du livre, était atteint du « locked-in syndrome ».

 Jean-Dominique Bauby (Mathieu Amalric, tout simplement incroyable) est le rédacteur en chef du magazine féminin Elle. Entre déboires amoureux, un divorce, un père dépendant (l’inoxydable Max von Sydow) et un engagement professionnel de chaque instant, sa vie est très rythmée, et il est ce qu’on peut appeler un homme actif. Mais un accident cérébral va cruellement changer tout cela.

Mathieu Amalric et Max von Sydow : un fils qui s'occupe de son père dépendant
Du jour au lendemain, Jean-Dominique se réveille dans un lit d’hôpital sans trop savoir au départ ce qu’il y fait, atteint du locked-in syndrome, une pathologie grave et irréversible. Il réalise avec effroi qu’il a perdu à jamais tout contrôle de son corps, devenu une masse inerte sans même la possibilité de s’exprimer. Seul un œil encore répond à sa volonté. Plus aucun autre mouvement que celui de l’œil et de la paupière, plus de sens du toucher, plus d’expression par la parole. Il lui reste l’ouïe, un champ de visibilité très restreint et un esprit intact, pris au piège d’un corps-prison.
Effondré, détruit moralement et infiniment seul, Jean-Dominique va finir par se lancer dans la rédaction d’un livre-témoignage, un dernier acte de création alors qu’il n’a plus aucun contrôle sur lui et sur sa vie. Car Jean-Dominique perd progressivement le peu qu’il lui reste de liberté : le nerf optique décroît et il n’a aucun temps à perdre. Chaque nuit il va mentalement rédiger son livre, le mémoriser et le dicter le jour venu, lettre après lettre à l’une de ces soignantes (Marie-Josée Croze), par un système simple mais fastidieux de clignements d’œil.

Marie-Josée Croze dans le rôle de celle qui va redonner la parole à Jean-Dominique
Évidemment la situation de Jean-Dominique Bauby est horrible, d’autant plus lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une histoire vraie. L’auteur du livre (et personnage principal du film) a écrit sa propre histoire, sa propre condition, sa propre souffrance.
Le film nous présente sa vision des choses, le monde vu par son unique œil, ses pensées, son infini désespoir, sa solitude intense. Émotionnellement très forte, l’histoire racontée à la première personne évite cependant ce que je craignais avant d’aller voir le film. On ne tombe à aucun moment dans le larmoyant ou le pathos. Pourtant l’histoire aurait pu très facilement s’y prêter. Le scénario et la mise en scène ne jouent pas à tirer les larmes au spectateur, le film est  d’une sensibilité et d’une justesse rare, sans aucune exagération, sans aucun artifice facile.

Le thème est grave, l’histoire atroce mais le ton est sans concession. Privé de parole, Jean-Dominique n’est pas privé de pensée, c’est même tout ce qui lui reste. C’est en voix-off qu’on entend toutes ses réflexions intérieures, tous ses monologues avec lui-même, toutes ses réponses à ses interlocuteurs qui ne peuvent pas l’entendre.
Dans cet exercice, Mathieu Amalric parvient brillamment par sa seule voix à faire passer dans son jeu tous les sentiments et nuances que l’absence de jeu corporel lui interdit.
Les moments certainement les plus touchants et forts du film sont d’ailleurs portés par cette voix-off exceptionnelle, criante de vérité, déchirante de désespoir, de solitude, de tristesse, de cynisme mais d’une profonde humanité. Quoi de plus triste que cet homme qui ne peut crier son amour à celle qui fait vibrer son âme…

Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner, un amour plus fort que le silence ?
En grande partie filmé en caméra subjective le film n’est pas toujours « agréable » à regarder, car on est réellement placé dans la peau et dans l’inconfort de Jean-Dominique. Comme lui, on ne voit que d’un œil, comme lui on est impuissant sur tout ce qui nous entoure, on ne maîtrise ni lumière ni son, on ne peut pas répondre aux sollicitations, et cette sensation affreuse d’impuissance totale est si bien rendue que l’on peut s’en trouver mal à l’aise même en tant que simple spectateur.

Alors oui, le film est dur mais ne tombe jamais dans les excès.
L’interprétation est magistrale et le film touche par sa mise en scène chaque spectateur, car il nous place dans la peau du personnage, sa souffrance devient la nôtre.
Un film fort et poignant, dur à regarder, mais dont on sort grandi.

L'affiche du film.
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