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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 16:06

Après un été somme toute assez morose question sorties en salles, la rentrée, comme l'ensemble de la fin de l'année, se voit bardée de sorties de films tout à fait intéressants. Little Miss Sunshine n'en est pas des moindres, bien que ce ne soit pas celui qui a fait le plus parler de lui avant de débarquer sur les écrans...
Très remarqué lors de son passage au festival du film américain de Deauville (il y a remporté le Grand Prix), ce petit film indépendant apporte une vraie vague de fraîcheur avec lui, et se démarque très nettement et surtout très avantageusement des blockbusters hollywoodiens actuels.

Co-réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris (époux à la ville et réalisateurs de nombreux clips vidéos), Little Miss Sunshine raconte l'odyssée d'une famille américaine dont la benjamine a été retenue pour concourir dans une élection de miss pour enfants. Un peu « justes » financièrement, les Hoover vont être contraints de voyager d'Albuquerque jusqu'en Californie dans le vieux van familial, faisant fi des pannes et autres incidents techniques, et tout en essayant de concilier les personnalités très disparates formant cette famille hors du commun.

Le voyage en van : tout un programme...
Il y a le père de famille, Richard (le très bon Greg Kinnear), un américain pur jus convaincu que tous ceux qui ne sont pas premiers sont d'honteux losers, et qui essaie de publier un livre dans lequel il développe un programme en 9 étapes qui mène au succès.
Il y a la mère Sheryl (la trop rare Toni Collette), qui contente comme elle peut chacun des membres de la famille et se place autant que faire ce peut en médiatrice familiale.
Il y a Frank (l'excellent Steve Carrell) le frère de Sheryl, spécialiste universitaire de Proust et qui vient de tenter de se suicider après sa rupture d'avec un de ses étudiants...
Il y a le Grand-Père (Alan Arkin, décadent au possible), père de Richard, obsédé sexuel au dernier degré, qui sniffe de la coke et dont la philosophie se situe quelque part entre « Carpe Diem » et « Je vous emmerde tous autant que vous êtes ».
Il y a Dwayne (Paul Dano, flippant), le fils aîné de Sheryl, qui a fait voeu de silence jusqu'à ce qu'il puisse devenir pilote de chasse et qui passe sa crise d'adolescence entre l'adulation de son maître à penser Nietzsche et une haine mal contenue envers tous les membres de sa famille.
Et enfin il y a Olive (la géniale petite Abigail Breslin), la plus jeune, rêveuse et un peu boulotte mais qui se voit en reine de beauté. Elle est la seule malgré ses excentricités de petite fille à être « normale » dans cette famille de fous...

Pause repas : l'ambiance est au beau fixe !!
Le film est avant tout un film de comédiens, dont le talent éclatant est le principal intérêt de cette comédie familiale pas si grand-public que cela... Car l'autre intérêt de cette comédie c'est aussi son humour caustique, parfois très méchant, parfois juste moqueur, mais qui touche toujours très juste et qui ne laisse jamais de marbre, qu'on aime ou pas ce type d'humour. À travers les relations très spéciales entre les personnages, le scénario se permet quelques charges directes contre l'american way of life tel qu'il est communément décrit. Toujours bien vues, les piques envers la société américaine et ce qu'elle a de plus pernicieux, donnent un ton très particulier au film, et apportent une profondeur (pour ne pas dire une gravité) inattendue et bonifiant encore un peu plus l'ensemble.

Olive, une petite fille normale au milieu de mini-miss qui font peur !
Peut-être l'effet a-t-il été amplifié par le côté « surprise » du film, toujours est-il que Little Miss Sunshine a été pour moi le premier vrai grand éclat de rire au cinéma depuis bien longtemps. À ce titre, la fin exceptionnelle et délirante vous laisse avec une pêche d'enfer alors que retentit le générique de fin. Un très, très bon moment, à voir absolument.

 L'affiche du film.

 

 

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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 16:05

Voici le titre parfait. En effet, Des Serpents dans l’Avion est à la fois le titre, mais aussi le pitch de départ ainsi que le résumé parfait de tout ce qui se déroule à l’écran.
Il y a un avion. Dans cet avion il y a, outre les passagers, une multitude de serpents venimeux de toutes sortes. Refermez, mélangez le tout, et vous obtenez un film de série Z dans la plus pure tradition.

Enfin de série Z pas tout à fait… du moins si c’est le cas sur le fond, il n’en est rien sur la forme. Des Serpents dans l’Avion c’est peut-être un scénario qui tient en une simple phrase, mais c’est aussi un film qui n’hésite pas sur les effets spéciaux de qualité et une tête d’affiche qui porte une bonne partie du long métrage sur ses seules épaules : Samuel Lee Jackson (la rumeur veut qu’il aurait accepté le film rien que sur son titre !).
Parce qu’une chose est sûre et certaine, Jackson tient là un rôle écrit sur mesure pour lui. Un film où ça pète, où les punchlines pleuvent et où il joue le gars couillu toujours à la cool, à qui rien ne résiste et qui vient à bout de tout le sourire aux lèvres et sans le moindre effort apparent.

L’argument de départ du film est on ne peut plus simple, ce qui a le double avantage de ne pas compliquer volontairement quelque chose qui n’en vaut pas la peine (ou autrement dit : pourquoi faire compliqué si on peut faire simple ?), et de permettre d’aller directement au vif du sujet, à savoir dans un avion qui transporte des centaines de serpents mortellement dangereux.
Un jeune homme (Nathan Phillips alias Sean Jones) est témoin d’un meurtre crapuleux incriminant le chef de la pègre de Hawaï en personne. Il doit aller témoigner à Los Angeles et c’est l’agent spécial du FBI Neville Flynn (Samuel L. Jackson) qui est chargé de l’escorter. Pour ce faire il réquisitionne une partie de l’avion de ligne dans lequel officie la jolie hôtesse de l’air Claire Miller (Julianna Margulies). Mais la mafia, bien décidée à ce que le témoin n’arrive jamais à destination, s’arrange pour inclure dans la soute de l’appareil une cargaison impressionnante de serpents venimeux en tous genres. Ceux-ci sont libérés par une minuterie et se répandent dans tout l’avion, rendus fous d’agressivité par une hormone qui a été soigneusement dispersé sur les colliers de fleurs offerts aux passagers. À partir de ce moment le carnage commence, les serpents s’insinuent partout et mordent tout ce qui passe à portée de crocs. Flynn va devoir se démener pour ramener l’avion à bon port et garder son témoin en vie…

Samuel L. Jackson prend les choses en main !
Évidemment dans la salle on n’attend qu’une chose, c’est que les serpents attaquent, et on n’est pas déçu puisque non seulement ça arrive très tôt dans le film, mais surtout parce que l’attaque est d’une rare sauvagerie pour un film hollywoodien actuel. Les serpents sont visiblement de beaux sadiques et ils ne semblent totalement satisfaits que s’ils parviennent à bien faire souffrir leurs victimes. De ce point de vue le réalisateur David R. Ellis (qui a déjà fait preuve de son dynamisme dans Destination Finale 2, et qui a commis le plus regrettable mais musclé Cellular) se lâche complètement et se fait visiblement plaisir en mettant en scène les morsures les plus horribles dans les situations les plus diverses. Les baiseurs fous qui s’envoient en l’air dans les toilettes de l’avion ouvrent le bal, et dès lors c’est une véritable bataille rangée entre les reptiles malfaisants et les passagers paniqués. D’ailleurs la galerie des personnages est truculente comme dans tous les films de ce genre, mais rares sont ceux qui s’en tireront indemnes…

Vous ssssssshabitez chez vos parents mademoissssselle ?
Au départ j’avoue que je n’étais pas très chaud pour voir ce film en salle, me disant qu’une vision en dvd tranquillement installé dans mon salon suffirait amplement. Et à vrai dire, je n’ai pas trop changé d’avis à ce sujet, mais cela dit je ne regrette absolument pas de m’être déplacé pour le voir au cinéma. J’ai passé un très bon moment de franche rigolade, devant un film totalement décomplexé et qui assume son statut de nanar bourrin. Les effets sont là, l’humour est là, et surtout ce qui place Des Serpents dans l’Avion loin, très loin devant tous les films de genre auquel il s’apparente (entendez par là, tous ces films où des vilaines bébêtes attaquent les gentils héros), c’est sa méchanceté non-censurée et jouissive. Personne n’est à l’abri, ni les jeunes ni les vieux, ni les hommes ni les femmes, ni les sympas ni les affreux. Tous sont des victimes potentielles, et nombreux sont ceux qui sortiront de l’avion les pieds devant. Ellis se permet quelques moments de pure sauvagerie et des répliques tout sauf politiquement correct (le fameux « I’ve had it with these motherfuck’ snakes on this motherfuck’ plane ! » en tête). Rien que pour ce jeu de massacre, le film mérite le coup d’œil et se démarque d’un film comme Arac Attack très amusant lui aussi mais largement moins jusqu’auboutiste que son compère reptilien.

Je suis vert, longiforme, avec deux crochets regorgeant d'un poison violent, je suis, je suis ?
Alors Des Serpents dans l’Avion est plus que conseillé si vous voulez vous plonger dans un bon film bourrin, drôle et méchant, visuellement très réussi. Sachez juste que le scénario est la portion congrue du film, mais soit dit en passant quand on va voir un film avec un titre pareil, on n’y va pas pour voir du Shakespeare, mais … des serpents ! Et là, pas de déception, bien au contraire.

Donc histoire de se laisser aller un bon coup avant d’entamer une rentrée certainement très sérieuse, se priver de ce film serait une erreur. À bon entendeur…

 

L'affiche du film, déjà tout un programme !

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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 11:25

L’été s’est avéré pauvre en sorties, mais depuis la fin août les films intéressants commencent à se bousculer en salles. L’opération « ciné cool – 4 € la place » aidant, c’est l’occasion idéale d’en découvrir quelques uns avant la rentrée…

Hier je suis donc allé voir La Science des Rêves, de Michel Gondry. Michel Gondry est le réalisateur français de deux films américains qui ont fait parler d’eux par le passé : Human Nature (que je n’ai pas encore pu voir) avec Patricia Arquette et Tim Robbins et le très beau Eternal Sunshine of the Spotless Mind réunissant Kate Winslet et un Jim Carrey bluffant. Son troisième long métrage est cette fois-ci français, et Gondry en a fait très certainement son film le plus personnel puisqu’il l’a écrit et scénarisé lui-même.

Si l’originalité de Eternal Sunshine of the Spotless mind en avait déboussolé plus d’un, Gondry remet ça de plus belle dans La Science des Rêves, film onirique s’il en est. Tim Burton avait jusqu’ici la réputation d’être un cinéaste doté d’un univers fortement tourné vers le rêve, mais sur ce plan Michel Gondry le ferait presque passer pour un triste et morose matérialiste !

L’histoire de La Science des Rêves est celle de Stéphane Mirioux (Gael Garcia Bernal, le jeune sex-symbol latin lancé par Pedro Almodovar) qui n’a véritablement de français que le nom ! En effet, le jeune homme dont la mère (Miou-Miou) est française débarque à Paris depuis son Mexique ensoleillé, d’où il ramène en plus d’un look décalé un accent à couper au couteau. Stéphane a perdu son père d’un cancer et veut se rapprocher de sa mère qui lui a trouvé un travail de graphiste dans une fabrique de calendrier de la capitale. Loin du boulot de créatif espéré, Stéphane doit se contenter d’un travail laborieux et sans intérêt à ses yeux, et s’intègre tant bien que mal parmi ses collègues au sein desquels il trouve rapidement un allié et confident en la personne de l’excentrique Guy (Alain Chabat). Stéphane rencontre lors d’un déménagement Zoé (Emma de Caunes) et son amie Stéphanie (Charlotte Gainsbourg). Attiré par les deux jeunes filles, il n’ose révéler à Stéphanie qu’il est en fait son voisin, et par la même occasion le fils de sa proprio… Bien qu’il ait du mal à se l’avouer, Stéphane tombe amoureux de Stéphanie, qui sous le charme du jeune homme quelque peu original fuit un peu son excentricité…

Stéphanie (Charlotte Gainsbourg) et Stéphane (Gael Garcia Bernal), amoureux ?
Jusque là, cela pourrait être le scénario type de n’importe quelle comédie romantique d’été… sauf que Michel Gondry ajoute à son histoire une dimension supplémentaire, celle du rêve. En effet, Stéphane est un personnage singulier à plus d’un titre. C’est quelqu’un qui vit dans ses rêves au sens propre du terme, il souffre de distorsion de sa perception de la réalité et mélange sans arrêt la vie réelle et la vie onirique dans laquelle il expérimente ses fantasmes les plus fous, ses délires et ses cauchemars… de quoi déstabiliser son entourage qui ne le comprend pas vraiment. Ce qui rend Stéphane attachant aux yeux de Stéphanie, le rend également instable, imprévisible et parfois incompréhensible…

Stéphane combat Guy (Alain Chabat) pour garder le contrôle de ses rêves !
Ce monde mi-réel mi-onirique donne l’occasion à Michel Gondry de se lâcher totalement du point de vue visuel et sur le plan des idées. Celles-ci s’enchaînent, passant de la plus loufoque à la plus romantique, de la plus poétique à la plus bizarre… Quand Stéphane s’endort, il se retrouve dans son rêve qui n’est autre qu’une émission de télévision virtuelle faite de décors en carton-pâte, représentant sa vie effective et fantasmée. Gondry fait de son héros un personnage à la fois génial (il est capable d’inventer des tas d’objets insensés grâce à son imagination sans limite), et à la fois totalement immature et infantile. Ce qui le rend très attachant et séduisant (voire attendrissant) mais également complètement déconcertant et impropre à toute identification du spectateur au personnage. Est-ce voulu ou seulement une conséquence de ce choix, toujours est-il que la personnalité du héros fait que le spectateur est en permanence tenu à distance, et qu’il ne peut réellement s’identifier émotionnellement au personnage principal. C’est à la fois la qualité et le défaut du film, Gondry nous plonge dans un monde totalement à part et innovant, mais à trop vouloir s’immiscer dans l’inconscient du jeune homme on s’en sent à l’écart tant il est particulier.

Rien de mieux que de déclarer sa flamme en chanson... et en rêve !
Difficile de juger un tel film tellement il ne répond à aucun critère cinématographique et scénaristique habituel. La Science des Rêves est bourré de qualités. Je citerais pêle-mêle l’inventivité et l’originalité qui débordent de chaque image. L’humour et la tendresse des situations et des personnages. L’adéquation des images avec l’histoire. La construction très naturelle des passages oniriques. Mais si le film est intéressant à regarder, il l’est plus sur un plan formel que sur le fond. Les idées sont belles, certaines même réjouissantes (la machine à remonter le temps d’une seconde, sacrée trouvaille !), mais on sort de ce film finalement comme on sort d’un rêve, en se disant : « c’était sympa », suivi presque immédiatement d’un « mais c’était n’importe quoi » (pas dans le sens péjoratif, plutôt dans le sens imagination débridée mais acceptée comme telle). C’est un peu comme lorsqu’on demande à quelqu’un de nous raconter les rêves qu’il a fait durant la nuit : il y a en nous une part de fascination étrange teintée d’amusement même envers les histoires les plus abracadabrantes.

Une chose est sûre : des films qui proposent une telle vision du monde et des relations humaines ne sont pas choses courantes, et de temps en temps ça fait du bien de se laisser emporter par les rêves des autres.
À vous de voir si les rêves des autres vous font envie ou non…

L'affiche très fidèle au film mais peu attractive sur un plan commercial. 

 

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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 16:17

Le nouveau film de M. Night Shyamalan est enfin sur les écrans, et il a été précédé d’une réputation peu flatteuse tant le film a été un flop au box office américain (ce qui soit dit en passant est plus souvent bon signe qu’autre chose).

Depuis son énorme succès avec Sixième Sens, chaque nouveau long métrage de Shyamalan est attendu avec impatience et à chaque fois il a son lot de déçus et de détracteurs. Très certainement parce que le Sixième Sens a marqué durablement, et que même inconsciemment, les spectateurs attendent d’être à chaque fois autant touchés qu’ils l’ont été par la première collaboration entre Shyamalan et Bruce Willis. Ça n’a jamais été mon cas car je n’ai jamais attendu de chose particulière des films de Shyamalan. Ce qui fait qu’à chaque fois j’ai pris ses films pour ce qu’ils sont (et non pas pour la redite du premier que la plupart auraient voulu qu’ils soient), et ça m’a non seulement évité les déceptions mais au contraire, j’ai pu ainsi apprécier pleinement ses différentes oeuvres.

M. Night Shyamalan et Paul Giamatti dans un conte contemporain
De manière générale, ce que j’ai toujours beaucoup aimé chez ce réalisateur c’est son story-telling, l’ambiance qu’il installe dans ses films, et la progression de ses personnages dans l’histoire. D’ailleurs ce que je considère comme des qualités peut s’avérer être à double-tranchant, nombreux sont ceux qui trouvent justement ses films trop lents, trop calmes et pas assez spectaculaires. Et en effet, pour que la sauce prenne, il faut qu’on soit imprégné de l’histoire dès le départ, sinon on se sent sur la touche, et le film peut paraître opaque voire inintéressant.

C’est ce qui s’était passé pour moi avec Incassable, Signes et Le Village, je suis directement entré dans l’histoire, et une fois dans l’ambiance les films ont parfaitement fonctionné sur moi. Beaucoup voient dans les films de Shyamalan des films qui jouent d’une part sur la peur (des revenants dans Sixième Sens, des extra-terrestres dans Signes, des monstres dans Le Village et La Jeune Fille de l’Eau) et qui parallèlement vous embarquent dans une intrigue qui se retourne totalement lors d’un twist final qu’on ne voit pas venir. C’est en partie vrai, mais ce n’est qu’un carcan (pas du tout figé d’ailleurs) dans lequel il inscrit ses films et construit ses histoires. Mais le plus intéressant à mes yeux, c’est tout le reste : le développement de l’intrigue, la gestion des personnages et les émotions qu’ils font partager, et encore et avant tout l’ambiance qu’il installe.

Cleveland rencontre Story, et il n'est pas au bout de ses surprises...
C’est donc dans cet état d’esprit habituel que je suis allé voir La Jeune Fille de l’Eau, et pour la première fois je n’ai pas été convaincu par ce qui a jusqu’ici toujours fait la force de Shyamalan : l’histoire. Je ne me suis tout simplement pas senti impliqué dans les évènements, et du coup j’ai suivi le film en tant que spectateur extérieur.
Le film est un peu différent des thèmes que le réalisateur a abordé jusqu’à présent, ou plutôt dirais-je qu’il a poussé l’idée générale qui l’anime à son extrême. Après avoir touché aux histoires de fantômes, de super-héros et d’extra-terrestres dans ses premiers films, il avait abordé sans vraiment y entrer totalement celui des légendes et des peurs ancestrales avec une ambiance très petit poucet dans Le Village.
Ici il va plus loin et entre de plein pied dans le monde des contes, sans retenue aucune, presque naïvement, en tout cas avec beaucoup de simplicité et d’authenticité. Dans ce film il ne joue plus sur le questionnement et le doute du spectateur, tout est exposé et expliqué. L’élément fantastique est mis en place dès le départ et assumé pleinement : il y a des êtres fabuleux tout autour d’une résidence en plein Philadelphie. Une Narf (une nymphe aquatique) et un Scrunt féroce qui veut en faire son petit-déjeûner, un aigle géant qui sert de transport aérien aux narfs, des êtres mi-singes mi-hommes au nom imprononçable qui veillent au respect des règles entre le bien et le mal, et enfin des humains dotés de pouvoirs qui sont là pour aider la Narf à rentrer chez elle…

Cleveland : dans ses bras une Narf, devant lui un Scrunt !
Bref, tout un bestiaire très particulier et totalement en décalage avec le monde moderne. Comme dans n’importe quel conte pour enfants, sauf que Shyamalan nous demande comme postulat de départ d’y croire et de l’accepter comme la réalité. Là où les contes fonctionnent parce qu’ils s’adressent aux enfants, Shyamalan prend le pari risqué de transposer ce schéma aux adultes (car ce sont avant tout eux son public cible). Et je pense sincèrement que ce pari est quasiment ingagnable. De fait, soit on prend cette histoire à la rigolade (j’ai en effet entendu pas mal de rires dans la salle), soit on réussit à libérer la part d’enfant en nous pour accepter l’histoire telle qu’elle est. Soit encore on regarde le film sans déplaisir, mais d’un œil extérieur, observateur, et sans cette « magie » qui fait qu’on est habituellement immergé dans les films de M. Night Shyamalan, l’impact résultant est beaucoup moins grand.

Cela dit, La Jeune Fille de l’Eau n’est pas un mauvais film, loin de là, il possède même beaucoup de qualités, à commencer par une galerie de personnages intéressants interprétés par des comédiens très inspirés (mention spéciale à Paul Giamatti alias Cleveland, au jeu tout en finesse et en sincérité, et à Bryce Dallas Howard qui a vraiment l’air d’être « d’un autre monde » dans le rôle de la Narf) et une direction d’acteurs très pertinente de la part de Shyamalan. Shyamalan qui maîtrise toujours aussi bien ses effets, bien que ce film-ci repose moins là-dessus que les précédents.

Mais malgré tout, La Jeune Fille de l’Eau ne m’a pas totalement convaincu comme l’ont su le faire ses autres longs métrages. Je l’ai regardé sans passion, conscient de ne pas être impliqué dans l’histoire. Un peu comme lorsqu’on écoute un conte pour enfants avec des oreilles d’adultes… c’est bien fait et amusant, mais ça ne touche pas sa cible. Peut-être le film mériterait-il un second visionnage dans quelques temps, pour être vraiment apprécié pour ce qu’il est.

Ce n’est pas une véritable déception en soi, juste l’impression d’avoir vu un joli film en l’analysant plutôt qu’en le vivant. À voir pour se faire sa propre opinion.

L'affiche énigmatique du film 

 

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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 07:54

La suite du film de Disney, qui avait connu un succès surprise en 2003, Pirates des Caraïbes 2 : Le Secret du Coffre Maudit est donc sorti, soutenu par un gros rush médiatique, et a pulvérisé tous les records de l’année dès son premier jour dans les salles.
Dire qu’il était attendu tient du doux euphémisme tant l’attrait populaire se fait sentir pour le film : on en parle un peu partout, et il s’est même permis le luxe inattendu de battre les scores pour un jour de sortie du dernier opus de la troupe du Splendide, Les Bronzés 3 !
Parti comme il l’est, Pirates des Caraïbes 2 devrait connaître une belle carrière pour un film d’été, et culminer certainement autour des 5 millions d’entrées en France.
Il faut dire qu’en dehors de lui, il n’y a pas grand-chose d’alléchant qui sorte sur les écrans ces dernières temps, et la concurrence semble avoir fui comme la peste le mercredi 2 août, jour de sortie de la séquelle made in Disney : trop de  risque de sortir en même temps. Logique.
Le film a bénéficié en outre d’une promotion omniprésente depuis plusieurs mois : pas moyen depuis décembre 2005 de se rendre au cinéma sans voir un trailer ou une bande annonce de Pirates des Caraïbes 2 ! Rarement on avait vu ça…
Et visiblement en terme d’entrées, ça a payé.

Pour ma part j’y suis allé sans en attendre quoi que ce soit, n’ayant pas vu le premier (on m’a juste briefé dessus, histoire de connaître un peu les personnages) et pensant surtout y voir du grand spectacle et des images impressionnantes.
Et à ce niveau, je dois bien dire que j’ai été servi. C’est très beau, les images sont léchées et superbement travaillées, les scènes d’action remplissent le cahier des charges, on en a pour son argent en cascades et effets spéciaux en tous genres. En particulier, tout ce qui concerne Davy Jones et son équipage de pirates morts-vivants croisés avec ce que la faune marine recèle de plus hideux, est traité d’une manière parfaite, les effets spéciaux et images de synthèse sont d’une classe incroyable ! L’équipage maudit et son capitaine à tête de poulpe sont le gros point fort du film, sans contestation possible ils sont une vraie réussite et méritent l’admiration du spectateur tant ils sont en tout point parfaits. Idem pour le monstre des profondeurs, le Kraken, dont les attaques très impressionnantes auraient peut-être gagné un tout petit peu à être filmées en plans plus larges par moment, plutôt que presque uniquement en plans serrés sur une ou deux tentacules à la fois. Cela dit, il est malgré tout plutôt réussi, c’est du chipotage de ma part, j’en conviens.

Davy Jones (Bill Nighy), aussi impressionnant que méchant...
Mais voilà, en dehors de ça, tout le reste du film m’a laissé froid. Peut-être est-ce dû à mon ignorance du premier film, mais j’ai trouvé l’histoire plutôt inconsistante (en gros il faut trouver une clé pour ouvrir un coffre pour sauver l’âme des héros et sauver la belle de service – qui soit dit en passant s’en sort très bien toute seule) et très, très lente à se dérouler… Le film dure 2h30 en tout (de plus l’intrigue ne se dénoue pas puisqu’elle se finit sur un cliffhanger annonçant la conclusion dans le troisième et dernier( ?) opus de la série), et entre les quelques scènes d’action plus ou moins pertinentes pour l’avancée du récit, on a droit à d’interminables scènes de transition, de bavardages et de passages inutiles qui plombent le film. Pour un film d’action à grand spectacle, trouver le temps de s’ennuyer n’est pas vraiment gage de réussite…
Quand par exemple une idée au départ séduisante telle que la scène de « duel à trois » (je crois que ça n’a pas de nom spécifique, si ? un « triel » ça existe ?) se voit étaler pendant une demi-heure alors qu’aucun des trois combattants ne cherche à nuire aux autres (du moins si on en juge aux coups portés en faisant bien attention à ne pas blesser l’adversaire), cette scène qui devrait avoir du peps et apporter du rythme au film devient lassante à force de répétitions à n’en plus finir. Je trouve ça vraiment dommage.

Norrington (Jack Davenport), Will Turner (Orlando Bloom) et Jack Sparrow (Johnny Depp) au début d'une interminable scène de combat au sabre.
Un film estampillé Disney est forcément à destination du grand public, ou du moins un spectacle familial, pas besoin d’être grand clerc pour s’en douter avant même de le voir. Pas de surprise sur ce point, le film est en adéquation avec son public cible (j’ai même été surpris de voir au tout début un passage à l’ambiance très glauque, avec des corbeaux qui arrachent les yeux de pauvres prisonniers enfermés dans des cages sommaires).
Toutefois je ne m’attendais pas à ce que le personnage principal, Jack Sparrow interprété par un Johnny Depp cabotin au possible,  soit traité sur un ton si décalé, à l’humour aussi outrancier et théâtral que ça. Parce que là, non seulement Depp force le trait, mais on peut dire qu’il en recolle une couche supplémentaire dans l’attitude surjouée voire insupportable de son personnage. Roulement d’yeux dans tous les sens, texte proclamé avec extravagance plutôt que joué (on dirait parfois Depardieu en Cyrano), démarche efféminée caricaturale plus digne d’un échappé des Queers de TF1 que d’un capitaine pirate, bref… on a un Sparrow sous acide qui ressemble plus à un personnage de carnaval qu’à un pirate.
Je sais bien que le film n’a pas vocation à être « réaliste », mais là on sombre dans l’excès inverse, et ça a joué en défaveur du film à mes yeux. Je suis bien conscient que ce décalage fait partie des spécificités du personnage, qu’il est voulu ainsi, qu’il fonctionne ainsi et même qu’il plaît ainsi si on en croit le succès du film, c’est juste que dans ce cas je ne dois pas être du tout dans la cible pourtant très large du public visé par Pirates des Caraïbes. J’ai connu la même impression qu’avec des films comme La Momie et sa suite par exemple, dont les excès à caractère prétendument humoristique m’ont rendu le film entier indigeste. Parce que si l’humour est omniprésent dans Pirates des Caraïbes 2, il ne m’a jamais fait rire. Je l’ai détecté, il était là, j’ai bien compris toutes les tentatives de gags et de faire rire, sauf que pour moi c’est tombé à plat à chaque fois. Peut-être est-ce ce côté poussif « on va bien déconner vous allez voir » annoncé à grand renfort de grand-guignol qui m’a bloqué. Peut-être suis-je imperméable à cet humour là, peut-être suis-je coincé, allez savoir. En tout cas, l’humour second degré affiché du film est à ranger, selon mes critères, parmi les points négatifs du film plus qu’autre chose, je trouve qu’il ne fonctionne absolument pas.
Quant aux autres personnages principaux, Keira Knightley dans la peau de Elisabeth Swann sort son épingle du jeu en interprétant un rôle de femme forte et jolie, sans pour autant paraître incontournable (en gros n'importe quelle jolie fille un peu athlétique pouvait faire l'affaire je pense). Will Turner alias Orlando Bloom est certainement le plus transparent de tous, pas insipide juste inconsistant. Bill Nighy (Davy Jones) pour sa part s'en sort très honorablement sous les tentacules du capitaine maudit, bien que le doublage français ne permette pas de se rendre compte du travail effectué sur sa voix.

Elisabeth Swann (Keira Knightley) n'est pas qu'une jolie fille, elle sait se défendre !
Alors qu’en est-il de Pirates des Caraïbes 2 au final ?
Comme je n’en attendais rien de spécial je n’ai pas vraiment été déçu. J’en retiens les très belles images et les effets spéciaux somptueux disséminés à travers tout le film. J’en retiens également une étonnante lenteur dans la narration mais aussi des personnages auxquels je n’ai rien trouvé d’intéressant en tant que tels, et donc dont je me suis désintéressé du sort, et du coup de l’intrigue générale.
Pour avoir sondé le net et plus particulièrement les sites consacrés au cinéma, j’ai cru comprendre que le film remporte un vif succès, non seulement en terme de box office, mais aussi de bouche à oreille, les spectateurs l’ayant vu étant visiblement satisfaits du film. Je fais (pour une fois) partie de la minorité de ceux qui n’ont pas trouvé grand-chose d’intéressant dans Pirates des Caraïbes 2, qui pour moi, loin d’être le film événement de l’été, n’est rien d’autre qu’un coup de canon dans l’eau.
Ça fait BOUM et ça fait SPLASH, mais on en ressort à peine éclaboussé alors qu’on nous promettait d’être littéralement emporté par un flot irrésistible d’action et d’émotions fortes…


Une des affiches du film, très classique. 

 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 19:51

Après Batman Begins de Christopher Nolan en 2005, DC relance sur grand écran la carrière de l’autre icône incontournable de son catalogue de super-héros : Superman. Et quel héros ! De tous, il est réputé être le premier (ce sont ses créateurs Joe Shuster et Jerry Siegel, qui ont posé en 1938 avec lui les jalons du comic de super-héros), et surtout le meilleur.

Dans Superman Returns, on est projeté plusieurs années après l’histoire du dernier film de la licence (Superman IV, 1987), durant lesquelles Superman (Brandon Routh) avait disparu de la surface de la Terre pour se rendre à l’emplacement de sa planète détruite Krypton, pour y chercher des réponses sur son passé. Quand il revient sur Terre, il découvre que le monde a appris à se passer de lui, y compris sa chère et tendre Loïs Lane (Kate Bosworth), mais il sera très vite remis à contribution face au danger imminent que représente un Lex Luthor (Kevin Spacey) plus revanchard que jamais et bien décidé à prendre le contrôle de la planète entière, en utilisant pour cela la technologie kryptonienne laissée à l’abandon pendant son absence par Superman…
Voilà pour le scénario somme toute assez simple.

Superman (Brandon Routh) revient et retrouve sa forteresse de solitude qui visiblement a été visitée en son absence...
Pour tout dire, moi qui suis un grand amateur de super-héros de toutes sortes, je n’ai jamais accroché à Superman, le prototype pourtant parfait du genre. Il est justement trop « parfait ». Rien ne peut lui résister, rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le surpasser. Possédant un pouvoir incommensurable (puissance sans limite, super-vitesse, sens exacerbés, vision à rayon X, rayons occulaires dévastateurs, souffle réfrigérant, résistance à tous les impacts ainsi qu’au vide et aux températures extrêmes,…) et l’âme d’un éternel boy-scout, Clark Kent alias Superman est au sommet de ce qui se fait de mieux en termes de surhommes.
Ce trop plein de pouvoir fait de lui un héros qui ne craint rien ni personne, il est invulnérable, intouchable, imbattable. Au point qu’il en devient très vite si lisse qu’on a du mal à s’intéresser à son sort et pour cause : comment s’inquiéter pour quelqu’un qui ne risque jamais rien et dès lors, comment trouver de l’intérêt à ses aventures dont il sortira toujours vainqueur puisqu’il incarne la perfection ?
Non pas qu’il y ait tant de suspense avec les autres super-héros, eux aussi finissent la plupart du temps par gagner (quoique cette tendance commence à perdre du terrain au profit de quelques losers et de héros subissant de cuisants échecs, bien que ce ne soit pas la règle générale en la matière), mais dans le cas de Superman on ne peut même pas croire un instant qu’il puisse se trouver en danger, ce qui à mes yeux annihile d’entrée tout l’intérêt d’un récit.

Les scénaristes ont bien tenté avec les années de poser des limites à son invincibilité, en le rendant sensible à la kryptonite par exemple, mais ce genre d’artifices et d’astuces de narration ne sont pas déclinables à l’infini, ce qui limite d’autant les mésaventures potentielles du héros rouge et bleu.

Et pourtant, très curieusement, alors que lire Superman a plus tendance à m’endormir qu’à me tenir en haleine, à chaque fois que je le vois sur un écran de cinéma, c’est tout l’inverse. Comme si quelque chose de magique se produisait… C’était déjà le cas avec le Superman incarné par l’inoubliable Christopher Reeve dans les films de l’innovant et précurseur Richard Donner, et cela fonctionne encore une fois avec cette nouvelle version plus moderne : je trouve Superman au cinéma bigrement enthousiasmant !

Richard White (James Marsden), Clark Kent et Loïs Lane (Kate Bosworth) assistent en direct à la télévision aux méfaits de Luthor.

À la condition expresse d'accepter l'idée qu'une paire de lunettes puisse devenir un déguisement qui permette de ne pas être reconnu par ses proches Superman Returns a en effet plus d’un point positif jouant en sa faveur (j’occulte volontairement dans cette chronique les aspects négatifs et autres petits défauts du film).


Tout d’abord, cela tient à la personnalité et aux qualités de son réalisateur, Bryan Singer (qui a délibérément préféré déserter la pré-production de X-Men 3 pour se lancer dans l’aventure hasardeuse d’un nouveau Superman). Bryan Singer avait déjà bien potassé son sujet avec les mutants de Marvel, et il arrive encore une fois avec ce film à un mariage harmonieux entre personnages de comics et support cinématographique, là où tant d’autres se sont cassé les dents sur la cruciale étape de « l’adaptation » d’un medium à l’autre.
Son sens du storry-telling et de la mise en valeur des personnages compense son manque d’aisance avec un monde qu’il ne connaît finalement de son propre aveu que très peu, celui des super-héros.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est peut-être justement là que Singer fait la différence avec d’autres. Quand certains réalisateurs, fans auto-proclamés d’un super-héros, s’enlisent dans les difficultés à extirper leur personnage de son carcan de papier (l’exemple parfait : Mark Steven Johnson sur Daredevil), Bryan Singer sait en retirer le meilleur et le traduire dans un langage et un format nouveaux, ceux du 7ème art, de l’image en mouvement, du cinéma, bref son mode d’expression à lui ! Et force est de constater que cela lui réussit : il est parvenu à adapter ceux qui semblaient inadaptables au cinéma, les X-Men, aussi n’est-il pas surprenant qu’il ait pu si bien relever le défi de redonner vie à celui que tout le monde avait enterré en même temps que nous quittait son incarnation à l’écran, Christopher Reeve.

Car Bryan Singer a réussi : comme l’annonce le titre du film, Superman est à nouveau là ! Son interprète Brandon Routh, a ce qu’il faut de simplicité, d’humilité et de justesse pour parvenir à s’effacer derrière l’icône et à donner corps sans le dénaturer à un Superman qu’on a l’impression de toujours avoir connu. Un peu comme si ça avait toujours été lui, un peu comme si c’était encore Reeve qui revêtait le costume rouge et bleu…
Et l’autre tête d’affiche, Kevin Spacey, n’est pas en reste dans le rôle de Lex Luthor ! Physiquement en plein dans le personnage, Spacey parvient par son jeu parfait à interpréter un Luthor plus vrai que nature, machiavélique à souhait, à l’esprit génial et à l’ego surdimensionné, non sans un sens de l’humour pince sans rire et nihiliste du meilleur effet.

Lex Luthor (Kevin Spacey) accompagné de Kitty (Parker Posey) n'est pas là pour faire de la figuration !
Mais surtout, ce qui fait la grande force, incontestablement, de ce Superman Returns, ce sont les images, toutes plus belles les unes que les autres. Des effets spéciaux à tomber par terre de réalisme et parfaitement mises en valeur dans les scènes d’action du film. La scène d’ouverture, où l’on voit Krypton disparaître dans l’explosion de son soleil devenu géante rouge puis naine blanche et supernova est superbe, le sauvetage aérien du boeing est à couper le souffle et que dire de la balle de revolver qui vient s’écraser contre la rétine de Superman… énorme !!!
Enfin, enfin on voit un super-héros voler vraiment ! Car quand on voit Superman voler, on n’a aucun doute : c’est tout à fait évident que ce type là vole aussi naturellement que moi je marche. Cela peut paraître bête à dire, mais rien que ça c’est déjà bluffant et terriblement excitant à mes yeux.

Et cerise sur le gâteau, deux clins d’œil aux fans des films de Superman version Reeve sont présents : les images réutilisées de Marlon Brando en Jor-El, père naturel de Superman, qui s’adresse à lui dans son repère glacé, sa forteresse de solitude.
Mais aussi et surtout, la musique, intégralement reprise du film de 1978, signée John Williams. Bryan Singer le dit volontiers lui-même, et je partage pleinement son avis à ce sujet : « la musique de John Williams est si parfaite qu’il était inutile de chercher à en composer une nouvelle ». Et pour cause : quand au début du film le thème si connu de Superman retentit, on est littéralement pris d’un frisson de plaisir et d’enthousiasme, et les images étant à l’avenant de l’émotion musicale, alors que le film commence  à peine on est déjà conquis…
En tout cas, avec moi ça a marché à fond.

Pas de doute : Superman est de retour.

 

L'une des affiche (superbe) du film.

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 11:25
 La Colline a des Yeux est le remake du film du même nom qu’avait réalisé en 1977 Wes Craven, devenu depuis une star du film d’horreur avec notamment Les Griffes de la Nuit (le premier de la série des Freddy) ou Shocker, et qui a connu l’immense succès commercial en remettant au goût du jour les slashers avec sa trilogie Scream.

Comme le genre connaît un regain de popularité en ce moment (des récents succès tels que The Descent ou Massacre à la tronçonneuse version 2005 sont là pour en témoigner), ce vieux briscard de Wes Craven a lancé et produit le remake de son propre film. Préférant ne pas tourner deux fois le même film (ce qui ne l’avait pas gêné du reste pour la série des Scream…), il a laissé le poste de réalisateur à un petit frenchie venu faire ses armes à Hollywood, Alexandre Aja.

Alexandre Aja s’était au préalable fait remarquer avec son second long métrage qui avait eu l’effet d’une bombe dans tous les festivals auxquels il avait été présenté : Haute Tension (avec une Cécile de France encore peu connue à l’époque et le toujours excellent Philippe Nahon à l’affiche). Fort de ce bagage plébiscité aussi bien par le public que par les professionnels, Aja s’est vu proposer ce remake un peu inattendu.

Et il faut bien avouer que pour son premier film hollywoodien (gageons qu’il y en aura d’autres), le jeune réalisateur français a fait fort, très fort. La Colline a des Yeux relève d’un concept archi-classique dans son genre : une famille américaine type (un couple quinquagénaire adepte de l’auto-défense, leur fille aînée, son mari et leur bébé, et leur deux autres enfants à la sortie de l’adolescence) part en vacances et se perd en plein désert en voulant couper au plus court. Mais dans ce désert, bordant un ancien site d’essais nucléaires de l’US Army, vit une communauté d’autochtones dégénérés, violents et cannibales, descendants d’anciens mineurs exposés depuis des générations aux radiations et oubliés de la grande Amérique triomphante.
Évidemment, la famille de vacanciers va faire les frais de cette rencontre désagréable, et dès lors le film bascule dans l’ultra-violence et le gore le plus macabre.

Doug (Aaron Stanford) qui déteste les armes va devoir apprendre à s'en servir malgré tout...
Interdit en salle aux moins de 16 ans, le film n’est effectivement pas à mettre devant tous les yeux. De par les handicaps physiques et les visages déformés des irradiés, la violence des assauts et de certaines scènes-choc, et l’ambiance très malsaine qui se dégage des images, La Colline a des Yeux a de quoi choquer les âmes les plus sensibles.
Mais pour qui aime le genre, le film réjouit et sait ménager à la fois le suspense tout en soignant l’action et l’horreur (l’attaque de la caravane et le périple dans le village en ruine sont des passages très forts).

Brenda (Emilie de Ravin) la fragile adolescente ... pas si fragile que ça !
Bien que cette nouvelle version n’a pas la chance de bénéficier du charisme de l’inoubliable Michael Berryman comme le premier film (vous avez droit à la place à la présence d’une héroïne de Lost, Emilie de Ravin, la belle à la place de la bête en quelque sorte), le remake est parfaitement bien mené et réussi. Alexandre Aja démontre ici et sans ambiguïté, que les français aussi savent faire du vrai cinéma de genre. Nombreux même, sont ceux qui jugent son film supérieur à l’original de Wes Craven.

Alors si vous avez le cœur bien accroché et l’envie de vous faire un peu peur dans la pénombre d’une salle de cinéma, La Colline a des Yeux répondra sans problème à vos attentes. C’est un vrai bon film d’horreur (et il n’y en a pas tant que ça !). Si vous êtes allergique au genre, passez votre chemin et allez voir Nos Voisins les Hommes, le dernier film d’animation de DreamWorks !

L'affiche française du film (très réussie à mon goût)

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4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 11:02

L’été est propice aux films à grand spectacle, ceux qui vous en mettent plein la vue avec pour base commune un budget conséquent et des effets spéciaux dernier cri (l’un découlant souvent de l’autre). Parmi ces films appelés communément blockbusters, on a selon l’envie plusieurs sous-catégories : l’action-movie pur et dur façon L’Arme Fatale ou Die Hard, le film de super-héros qui est en vogue depuis quelques étés, et le film de catastrophes et cataclysmes en tous genres.

C’est à cette dernière famille qu’appartient Poseidon de Wolfgang Petersen, qui n’est autre que le remake du film L’Aventure du Poseidon de Ronald Neame de 1972, avec à l’époque en tête d’affiche Gene Hackman et Ernest Borgnine. A priori on serait tenté de penser que ce film ne s’imposait pas, là où le premier du nom se laisse encore très bien regarder même 30 ans après sa sortie, et surtout après que James Cameron ait réalisé le film de naufrage ultime avec son Titanic, qui s’enlise parfois dans le guimauve avec les frasques de Leonardo DiCaprio mais qui se pose en mètre-étalon absolu pour toutes les scènes d’action et les effets spéciaux mettant en scène le naufrage de « l’insubmersible ».

On peut donc légitimement se demander « à quoi bon aller voir Poseidon ? », et malgré tout à partir du moment où l’on s’installe dans son siège et que le film démarre, on se laisse emporter par ce qui se passe à l’écran et on suit les (més)aventures des héros sans déplaisir.

Le scénario de Poseidon reprend l’argument du film original : lors d’une croisière un luxueux paquebot se voit frapper en pleine nuit de la Saint Sylvestre par une gigantesque vague déferlante qui a pour effet de le retourner, si bien que le bateau se retrouve à flotter à l’envers. Parmi les survivants, un petit nombre d’entre eux entreprennent de remonter les niveaux du paquebot un à un jusqu’à atteindre la coque dans l’espoir d’y trouver une issue vers la surface. La poignée de survivants doit user d’ingéniosité et de courage pour déjouer les pièges que recèle le bateau à la dérive. S’engage alors une course contre la montre entre eux et l’eau dont le niveau monte inexorablement au fur et à mesure que le bateau s’enfonce.

Un petit groupe de rescapés va tenter de remonter jusqu'à la surface...
Comme dans tous les films catastrophe, il y a des personnages un peu caricaturaux qui ne seront pas beaucoup plus développés que ce que le permettent les dix premières minutes de présentation pré-naufrage. Et finalement peu importe, là n’est pas l’objet d’un tel film.
Il y a donc en vrac, un playboy joueur de poker dont l’instinct de survie est plus qu’aiguisé (Josh Lucas).
Il y a le môme de service (Jimmy Bennett) et sa jolie maman (Jacinda Barrett) qui ne laisse pas de marbre le joueur de poker qui choisit bien mal son moment pour draguer…
Il y a l’ex-maire de New-York (excusez du peu) et pompier de son état qui incarne à lui tout seul l’héroïsme à l’américaine post-11 septembre à grand renfort de mâchoire carrée (Kurt Russell), ainsi que sa fille (Emmy Rossum) qu’il a du mal à voir grandir et s’afficher avec son petit ami (Mike Vogel).
Il y a un vieux-beau gay qui vient de se faire larguer par son cher et tendre et qui entrevoit le suicide comme une solution à ses problèmes (Richard Dreyfuss).
Il y a le jeune serveur (Freddy Rodriguez) et sa petite amie (Mia Maestro) qu’il fait voyager en passagère clandestine dans sa cabine.
En dehors du petit garçon malicieux et du serveur, les autres personnages n’ont plus grand chose à voir avec les héros du film de 1972. À l’époque le héros qui mène les survivants à la surface était un prêtre qui préférait l’action à la prière et qui était adepte du « Aide-toi et le Seigneur t’aidera » de circonstance. Aujourd’hui, ils sont deux à reprendre le flambeau : le héros pur et dur ex-pompier et le beau gosse individualiste mais dont le bon cœur l’amènera à aider les plus faibles à s’en tirer.

Comme dans tous les films catastrophe, il y a des dangers de plus en plus pressants et les épreuves s’enchaînent sans relâche pour les rescapés. Et comme dans tous les films catastrophe, il y a ceux qui vont s’en sortir et ceux qui vont y rester, ce qui est d’ailleurs toujours l’occasion de prendre des paris et de mesurer vos talents de prédiction à l’imprévisiblité des scénaristes.

Comme dans tous les films catastrophe, il y a des actes héroïques et de bravoure, et puis les lâches qui essaient de s’en sortir coûte que coûte, au détriment des autres s’il le faut. Et enfin, comme dans tous les films catastrophe, il y a une happy-end pour une partie du casting qui s’en sort après de titanesques efforts et sont récupérés par des secouristes qui font leur apparition toujours quelques secondes avant le générique de fin.

Josh Lucas et Richard Dreyfuss en mauvaise posture.
Bref, Poseidon est un film de genre parfaitement ancré (jeu de mots) dans sa catégorie, et si on accepte les règles qui régissent le genre, le film de Wolfgang Petersen remplit parfaitement sa mission : de l’action, de l’héroïsme, des effets spéciaux impressionnants et un peu de mélo (mais point trop n’en faut) pour enrober le tout. Le vieux réalisateur allemand démontre qu’il en a encore sous le pied et fait parler son expérience des tournages en milieu marin (il a précédemment dirigé Das Boot en 1981 et En Pleine Tempête en 1999). Il est et reste un technicien de l’image chevronné, et sait mettre en scène ce genre de film à grand spectacle.

Finalement, Poseidon ne souffre pas trop de la comparaison à son illustre prédécesseur, et le cahier des charges est correctement rempli. Il étonne même par deux fois, à travers deux scènes choc dont la présence m’a surpris dans un tel film conçu dans le carcan standardisé des grosses productions hollywoodiennes : le sacrifice violent d’un survivant emporté dans une cage d’ascenseur, et la noyade en gros plan d’un des personnages.

À voir donc pour ce qu’il est : un blockbuster de l’été, avec tous les défauts et qualités que cela suppose, mais qui se révèle être un spectacle réussi. À noter la prestation de mon acteur fétiche, Richard Dreyfuss, qui, même quand sa présence à l’écran est limitée parvient toujours à insuffler beaucoup d’humanité aux personnages qu’il incarne.

Maintenant que vous savez de quoi il s’agit, à vous de juger…


L'affiche renversante du film... 

 

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 18:38

Après le succès des deux premiers opus des aventures sur pellicule des mutants vedettes de la Marvel , le troisième et dernier volet de la trilogie débarque en grandes pompes dans les salles (présentation hors compétition à Cannes et promotion assurée par les stars du film). Bien qu’au départ la version cinématographique des X-Men n’était pas prévue sous la forme de trois films, le succès public aidant, les producteurs Avi Arad et consorts ont succombé à la mode actuelle des trilogies. Et force est de constater que les films se suivent et s’imbriquent correctement, avec suffisamment de cohérence pour former un tout relativement homogène dont chaque partie reste visible indépendamment des autres.

Tornade (Halle Berry) se déchaîne !
On retrouve donc les X-Men quelques temps après la fin du deuxième volet. Cyclope ne se remet pas du décès de Jean Grey, Tornade et Wolverine ont pris sa suite à la tête du groupe et de l’école pour jeunes surdoués du Professeur Xavier. L’intégration des mutants parmi les humains « normaux » est de plus en plus difficile et le racisme « génétique » se fait plus présent et virulent. Dans ce contexte, l’annonce par l’industriel Warren Worthington II et le docteur Rao, selon lesquels la condition de mutant n’est pas une évolution naturelle de l’homo sapiens mais une maladie, fait l’effet d’une bombe, d’autant qu’est annoncée dans la foulée la découverte d’un vaccin capable de faire redevenir humain n’importe quel mutant.
Au sein même de la communauté mutante, la nouvelle est diversement accueillie. Il y a ceux qui rejettent cette idée, prônant leur droit à la différence, et ceux pour qui ce vaccin apparaît comme une solution à leurs problèmes d’intégration, voire même une véritable libération pour ceux qui connaissent des mutations « handicapantes » ou problématiques.

 Magnéto
et sa confrérie des mutants ne tardent pas à prendre la tête du mouvement anti-vaccin et voient là une occasion supplémentaire de donner le pouvoir à l’Homo Superior au détriment de l’Homo Sapiens. Les X-Men quant à eux sont partagés : ils ne désirent pas renier leur condition de mutants, mais refusent de laisser Magnéto s’en prendre aux humains. La réapparition surprise d’une Jean Grey mystérieusement ressuscitée et dotée d’une double personnalité répondant au nom de Phénix vient encore ajouter à la confusion ambiante…

Jean Grey ou le Phénix ?
Scénaristiquement, X-Men 3 développe la confrontation mutants / humains qui reste la thématique principale du comics depuis toujours. Pour ce faire, les scénaristes reprennent en partie une intrigue récente de la série Astonishing X-Men, l’idée de Josh Whedon selon laquelle on peut « guérir » les mutants grâce au vaccin du docteur Rao.

Succédant à Bryan Singer parti à la concurrence pour mettre en scène le nouveau Superman Returns, c’est Brett Ratner qui dirige ce troisième opus. Le départ de Singer avait été un coup dur pour les fans des deux premiers films, car le réalisateur avait réussi à convaincre aussi bien les amateurs du comic d’origine que les amateurs de cinéma par ses qualités et sa capacité à transposer à l’écran les super-héros considérés comme difficilement adaptables tels que Wolverine ou Diablo par exemple. L’arrivée sur le film de Brett Ratner avait même fait craindre le pire, car en comparaison de Bryan Singer, le réalisateur des deux Rush Hour et de Dragon Rouge faisait bien pâle figure pour ne pas dire plus…

Callisto (Dania Ramirez), dangereuse et impitoyable
C’est donc avec la crainte que Ratner ne dénature ce que Singer avait réussi à construire que je suis allé voir le film. Et finalement je dois avouer que Brett Ratner s’en sort plutôt pas mal. Bien sûr il n’a pas la vision et la classe naturelle de Bryan Singer, mais il est loin de déshonorer le matériau d’origine. Certes les personnages sont moins développés que dans les précédents épisodes, et l’accent est mis sur les scènes d’action et les affrontements entre mutants. Mais tout bien considéré, Ratner peut se permettre, sans que cela nuise trop au film, d’être moins axé sur la psychologie des personnages puisque ceux-ci ont déjà été présentés et développés précédemment par Singer. Malgré tout, les nouveaux personnages introduits ici en pâtissent quelque peu. Parmi eux, seul le Fauve, alias Hank McCoy, ministre délégué aux affaires mutantes tire bien son épingle du jeu, alors que Kitty Pryde et Colossus (qu’on avait déjà aperçus dans les précédents volets), Angel, Madrox, le Fléau, Callisto (dans des versions plus ou moins éloignées de celles du comic) sont très sommairement présentés et développés.

Le Fléau (Vinnie Jones) est libéré par Magnéto (Ian McKellen) et ses sbires
Question rythme, on sent que Ratner veut jouer avant tout la carte de l’action, et on a droit à plusieurs scènes qui permettent de voir les personnages user et abuser de leurs super-pouvoirs, ce qui je l’avoue m’a réjoui. C’est bien fait, pas génial mais efficace (sauf à mon avis la scène d’introduction des X-Men dans la salle des dangers qui est très décevante : on espérait une scène d’anthologie où l’on verrait à la fois la fameuse salle d’entraînement des mutants et un mythique robot Sentinelle, et à l’arrivée on se retrouve avec quelques éclairs, quelques explosions et une pauvre tête de robot en ferraille pas bien impressionnante, bref, avec trois fois rien…).

On peut aussi déplorer quelques raccourcis gênants et/ou illogiques : la scène où Magnéto disparaît de la maison des Grey par on ne sait quel tour de passe-passe avec tous ses acolytes et Phénix, ou encore la nuit qui tombe sur Alcatraz plus vite qu’il ne faut pour le dire !
Au chapitre des déceptions, j’ajouterais également la sous-utilisation du personnage de Malicia (c’était déjà le cas dans le précédent film), le manque de charisme de Colossus (même quand il balance Wolverine comme un obus dans la bataille), l’utilité très anecdotique de Angel dans l’intrigue et surtout la disparition de l’effectif des X-Men du pourtant très réussi Diablo, qui m’avait vraiment enchanté dans le second épisode.

Monsieur le ministre, Hank McCoy alias le Fauve (Kelsey Grammer)
Du côté positif, je retiendrais avant tout un bestiaire élargi de mutants, même si certains sont des versions très librement revisitées de leurs équivalents papier. L’intrigue autour du Phénix est elle aussi assez éloignée de celle du comic, mais reste à mon avis cohérente et plutôt bien menée (et je trouve Famke Jansen en Phénix visuellement très réussie). Les effets spéciaux restent de bonne facture, et je ne peux réprimer un plaisir un peu enfantin à chaque fois que je vois les personnages utiliser leurs pouvoirs si extraordinaires, qui avaient tant marqué mon esprit de jeune lecteur des X-Men à l’époque où je les lisais religieusement dans Spécial Strange… Cela reste évidemment une réaction très personnelle et éminemment subjective j’en suis conscient, mais rien que pour ça, voir les X-Men sur grand écran est à chaque fois très excitant pour moi.

Le dernier point positif que je veux évoquer ici (mais j’ai cru comprendre qu’il n’est pas considéré comme tel par tous les amateurs des X-Men), c’est la liberté prise par les scénaristes en ce qui concerne la destinée de certains personnages. En effet, il semble acquis aujourd’hui qu’il n’y aura pas de quatrième film dédié aux X-Men (par contre un film consacré à Wolverine avec quelques guest-stars mutantes est d’ores et déjà sur les tablettes des producteurs), et de ce fait certains personnages principaux sont sans vergogne sacrifiés et connaissent des fins tragiques (je vous laisse découvrir lesquels). Non seulement ça rajoute un côté sombre à l’histoire, mais à mes yeux cela permet de gagner en crédibilité (des gugusses qui se battent à longueur de film à coup de super-pouvoirs terrifiants et qui s’en sortent toujours tous sans le moindre problème, ça lasse à force et surtout ça manque d’intérêt).  Je trouve que cette liberté scénaristique par rapport au comic d’origine est ici bienvenue, et sert parfaitement l’intérêt du film, même si cela insupporte les allergiques aux adaptations qui ne sont pas d’une fidélité parfaite.

L'incontournable Wolverine (Hugh Jackman)
Pour conclure, je dirais que X-Men 3 n’est pas le film de l’année. Je pense même qu’il est inférieur au deux premiers films de la trilogie mutante. Cependant il est et reste un film spectaculaire et divertissant, qui reprend à son compte les meilleurs moments du comic d’origine tout en les adaptant intelligemment sur l’écran. Je sais que je suis certainement plus indulgent à son égard que je ne le serais avec d’autres, tout simplement parce que les X-Men sont des monuments inébranlables de ma jeunesse. Mais bon, ce n’est pas grave, j’assume :o).

L'affiche (pas très belle) du film. 

 

 

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25 avril 2006 2 25 /04 /avril /2006 15:38

Voici enfin l’adaptation sur grand écran du génialissime comic éponyme de Alan Moore et David Lloyd dont j’ai déjà parlé par ici.
Je dis « enfin », car le film avait été programmé pour la rentrée 2005 avant d’être reporté en avril 2006. Plusieurs rumeurs avaient couru alors sur les raisons pour lesquelles le film avait un tel retard sur la date avancée (alors que le tournage avait tenu les délais), et bien que ce ne fut pas officiellement confirmé (ni infirmé d’ailleurs à ma connaissance), il semblerait que les attentats dans les rues et le métro de Londres avaient mis la Warner en posture délicate. En effet, dans V pour Vendetta, le personnage de V est justement un terroriste, et il fait exploser au cours du film quelques monuments londonien… Préférant ne pas jouer sur la coïncidence de mauvais goût (bien qu’involontaire), les distributeurs auraient donc pris la décision de décaler de quelques mois la sortie de leur film.

Quoi qu’il en soit, V pour Vendetta ouvre donc le bal des adaptations de comics de l’année 2006 (à venir : X-Men 3 et Superman très bientôt). Mais V pour Vendetta n’entre pas dans l’image stéréotypée qu’on peut se faire de loin des comics de super-héros. D’abord parce que le personnage principal n’est pas un super-héros tel qu’on a l’habitude d’en voir. Il porte certes un costume et cache son identité au reste du monde, mais l’analogie s’arrête selon moi là. V est plutôt à rapprocher de personnages tels que le Che par exemple, avec un soupçon de mystère pseudo-fantastique en plus. Est-il totalement humain ? A-t-il des capacités hors normes, des pouvoirs ? On n’a pas vraiment de réponses à ces questions, juste quelques ébauches d’explications, des pistes qui laissent à chacun sa libre-interprétation. Peut-être est-il un humain « génétiquement modifié », ou juste quelqu’un qui sait si bien manipuler son « public » qu’il arrive à paraître « surnaturel » à ses yeux…

Première apparition de V : derrière le masque... ce n'est pas Zorro !!
Et finalement cela n’a que très peu d’importance. Tout comme sa véritable identité du reste. La question n’est pas « qui est-il ? » mais bien « que veut-il ? ».
C’est là la seconde et principale différence entre V et n’importe quel autre personnage costumé de comics, V est un savant mélange de terroriste (avec tout ce que cela implique : attentats à la bombe et meurtres compris) et de défenseur de la liberté (il est un vrai idéaliste, qui prône l’anarchie pour retrouver le libre-arbitre). Comme si cela ne suffisait pas, Moore fait de son personnage déjà flou quelqu’un qui cherche aussi à régler des comptes personnels avec certains détenteurs du pouvoir. Bien évidemment, dans le contexte de l’histoire, il ne fait pas de doute que les dirigeants de l’Angleterre de ce futur proche sont de vrais dictateurs, détestables au possible. Mais le fait que V mélange son action militante pour la libération du pays à de la vraie vengeance (on apprend au fur et à mesure de l’histoire que V a de quoi en vouloir personnellement à quelques personnages clés du gouvernement en place) entache un tant soit peu son image d’idéaliste pur, et laisse planer un doute sur la personnalité profonde de l’homme derrière le masque.
En tant que symbole d’un idéal, V semble dans son bon droit, mais dès lors qu’on va plus loin dans ses motivations on s’aperçoit également que V n’est pas l’homme parfait qu’on pense au premier abord. Pétri de culture, amoureux de liberté et défenseur de la veuve et de l’orphelin certes, mais il est aussi empli de haine à l’égard de ceux qu’il vise, ce qui quelque part le rapproche étrangement d’eux. Un dialogue entre lui et sa petite protégée Evey permet d’ailleurs de bien s’en rendre compte, et lui-même semble troublé par cette vision des choses : V évoque les monstruosités qu’on lui a fait subir, et Evey lui rétorque que ça l’a lui-même transformé en monstre.

Et Evey ne se trompe pas. Elle souligne très justement que V dans sa volonté d’imposer son utopie est du genre à appliquer la règle de la fin qui justifie les moyens, quitte à passer aux yeux de certains pour un monstre. Evey, au travers de ce qu’elle endure, est d’ailleurs parfaitement placée pour ressentir ce double sentiment contradictoire. L’idée est noble et l’homme est bon, mais ses actes sont parfois très éloignés du « bien » tel qu’on se le représente.
Le paradoxe du personnage de V est d’ailleurs l’une des plus grandes réussites selon moi dans l’œuvre de Moore. De tous les héros qu’il a créés ou fait évoluer dans toutes les séries qu’il a abordées au cours de sa carrière de scénariste (depuis La créature des Marais à la Ligue des Gentlemen Extraordinaires en passant par les Watchmen, Top Ten, Promethea et tant d’autres), V est certainement le plus passionnant, le plus riche et le plus impressionnant.

Evey ne sait que penser de V : est-il fou ou génial ?
Pour en revenir plus précisément au film, je dirais que V pour Vendetta est certainement l’une des toutes meilleures adaptations de comics qu’il m’ait été donnée de voir au cinéma. Car le film cumule deux choses qui dans ce genre d’exercice sont très difficiles à obtenir : la fidélité au comic de départ et l’accessibilité et la compréhensibilité parfaite même pour ceux qui ne connaissent pas la BD. Du coup le film s’ouvre la possibilité de plaire à la fois aux fans de l’histoire de Moore et au grand public qui ne soupçonne même pas l’existence de ce dernier.

Il est d’ailleurs étonnant de voir que Alan Moore ait demandé à ne pas être associé au film (il n’est pas crédité au générique en tant que créateur de l’histoire originale, et cela à sa propre demande), alors que ce film rend pourtant vraiment justice au travail de Moore. Il faut très certainement aller chercher la raison profonde dans la brouille qui existe entre le scénariste et DC Comics, la maison d’édition américaine pour laquelle il a beaucoup travaillé et chez qui il a édité d’ailleurs ses best-sellers tels que V for Vendetta ou Watchmen. Ne touchant pas le moindre kopeck de droits d’auteur sur V for Vendetta, et étant donné que Moore est définitivement fâché avec les dirigeants de DC qui les détiennent, il est finalement assez logique de sa part de ne pas vouloir apposer son nom en gage de qualité d’un film sur lequel il ne touchera rien alors qu’il est le créateur de l’histoire d’origine. Et dans le monde du comics, Moore n’a pas besoin de la publicité que pourrait lui rapporter le succès éventuel du film, il est de toute manière et depuis belle lurette considéré comme l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur scénariste de tous les temps.

Du point de vue purement cinématographique, sans être un chef d’œuvre, le film s’en tire très honorablement et le réalisateur James McTeigue, sur lequel beaucoup de monde avait des doutes, prouve que l’adaptation d’un comic tel que V pour Vendetta était non seulement possible mais parvient de plus à bien gérer le potentiel de cette histoire tout en story-telling.
Côté casting également c’est un sans faute. Étonnant de voir que malgré le masque qui cache son visage pendant tout le film, Hugo Weaving parvient à donner une personnalité attachante et complexe au personnage de V. Là où on pouvait légitimement craindre que le costume grandiloquent de V et son langage très soutenu le ridiculise ou le décrédibilise, c’est tout l’inverse. Natalie Portman quant à elle est fabuleuse dans le rôle de Evey Hammond, passant de la fragilité à la force avec autant d’authenticité dans le regard. Un très beau rôle pour la jeune actrice. Il faut également noter le charisme et le jeu de John Hurt en Haut Chancelier Sutler complètement dément, ainsi que de Stephen Rea qui est tout simplement parfait dans le rôle du flic à la poursuite de V (pourtant le rôle n’est pas facile : l’inspecteur Finch est un homme qui fait son devoir un peu contre son gré, mais son manque d’enthousiasme ne grève en rien son intelligence et son instinct d’enquêteur), totalement en conformité avec le personnage de papier.

Bref, V pour Vendetta est la très bonne surprise de cette année, car il est vrai je ne m’attendais pas à ce que le film soit aussi réussi et dans l’esprit de la BD. Que vous connaissiez le comic d’origine ou pas, ce film est vraiment à voir.


L'affiche du film 

 

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