Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
  • Contact

Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

Recherche

Série(s) en cours

 

1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 18:22

J’ai vu en 2005 pas mal de bons films au cinéma.
2006 s’annonce riche en nouveautés aussi, et si tout ne sera pas forcément excellent, gageons qu’il y aura de belles choses. Faisons un petit tour d’horizon des longs métrages annoncés et qui promettent d’être intéressants.


Tom Yun Goong
, de Prachya Pinkaew avec Tony Jaa et Xing Jing.
Avez-vous tous vu Ong Bak ? C’était le film thaïlandais où fut révélé l’exceptionnel Tony Jaa pour le plus grand plaisir des yeux ébahis des spectateurs amateurs de Muay Thai, et le porte-monnaie du distributeur Luc Besson. Voici le nouveau film du petit prodige des arts martiaux. Comme dans le premier, le scénario simpliste laisse la part belle aux combats surpuissants et à l’humour potache. Ça ne peut donc être que bien !!
Sortie le 8 février.

Tony Jaa is back !!!
The New World
, de Terrence Malick avec Colin Farrell et Christian Bale.
Dans ce film, Malick parle de la colonisation du Nouveau Monde par les colons anglais, qui seront vite confrontés au peuple Indien. Ce film a selon moi 2 points positifs (Malick et Bale) contre un négatif (Farrell). Je lui laisse donc le bénéfice du doute, le thème semble intéressant et les images très belles. À voir.
Sortie le 15 février.


Hostel
, de Eli Roth avec Jay Hernandez et Derek Richardson.
Porté aux nues par Quentin Tarantino himself, Eli Roth est la nouvelle coqueluche des films de genre. L’histoire nous entraîne à la suite d’étudiants américains qui décident de visiter l’Europe, attirés par Prague où les filles ont la réputation d’être jolies et faciles. Celles qu’ils vont rencontrer le sont effectivement, mais elles ne sont que l’appât d’un piège dans lequel vont foncer têtes baissées les futurs victimes d’un hôtel cauchemardesque où torture et démembrement font office de spécialités locales… Hostel est précédé d’une réputation de film choquant, aux images gores voire insupportables. Pour ma part je demande à voir, histoire de juger sur pièce.
Sortie le 1er mars.

Boucher, un métier comme un autre.
16 Blocks
, de Richard Donner avec Bruce Willis, David Morse, Mos Def.
Le nouveau film de Richard Donner met en scène Bruce Willis en flic chargé d’escorter jusqu’au tribunal un témoin dans une affaire de meurtre. Évidemment le déplacement ne va pas être de tout repos puisque visiblement des personnes mal-intentionnées aimeraient voir le témoin en question mort et enterré. Bref, ça risque d’être bourré d’action et Donner n’est pas manchot dans le genre. Je l’attends de pied ferme.
Sortie le 3 mars.


Basic Instinct 2 : Risk Addiction
, de Michael Caton-Jones avec Sharon Stone, David Morrissey et Charlotte Rampling.
La suite de Basic Instinct !!! Longtemps envisagé, souvent retardé ou annulé, du trio gagnant du départ il ne reste que Sharon Stone (exit Michael Douglas et Paul Verhoeven) mais c’est bien l’essentiel n’est-ce-pas ? Reste à savoir si le film saura s’élever au niveau du premier dans le genre thriller érotique. Bon, Sharon a quelques années de plus au compteur mais ce n’est pas Marthe Villalonga non plus, donc pour le côté sexy je reste confiant. C’est plutôt l’intrigue qui m’inquiète : Catherine Tramell est accusée du meurtre de son dernier boyfriend, un psy est chargé d’enquêter sur elle, le jeu de séduction entre eux s’engage. Euh… on n’a pas déjà vu ça quelque part ? Ah ben non, dans le premier ce n’est pas un psy, c’est un flic. Bah ça va alors.
Sortie le 29 mars.


V for Vendetta
, de James McTeigue avec Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea et John Hurt.
Voici l’adaptation du comic-book éponyme du grand Alan Moore et de David Lloyd. Pour moi, il s’agit même d’un des tous meilleurs bouquins de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand scénariste de comics actuel. L’histoire prend place dans un monde d’un futur proche où la Grande-Bretagne est sous le joug d’un régime tyrannique qui contrôle tout et tout le monde. Mais un certain V, terroriste épris de liberté, va s’élever contre l’ordre établi, et s’en prendre avec l’aide d’une jeune fille à l’aspect fragile, aux autorités tout en restant énigmatique et insaisissable. En espérant que le film ne se limitera pas à être un bête actionner de plus, s’il n’est même qu’à moitié aussi bon que le bouquin, ça vaudra le déplacement.
Sortie le 19 avril.

V et sa jeune protégée.
The Sentinel
, de Clark Johnson avec Michael Douglas, Kiefer Sutherland, Kim Basinger et Eva Longoria.
Michael Douglas incarne un agent des services secrets soupçonné injustement de vouloir assassiner le président des USA et pourchassé par un autre agent spécial (Kiefer Sutherland). Pour compliquer un peu l’affaire, le fugitif entretient avec la femme du président une aventure inavouable… Je sais que dit comme ça, ce n’est pas follement excitant, mais je ne sais pas vraiment pourquoi, j’ai quand même envie de voir de quoi il retourne. Je suis comme ça moi, je n’ai pas toujours très bon goût. :o)
Sortie le 26 avril.


Da Vinci Code
, de Ron Howard avec Tom Hanks, Jean Reno, Audrey Tautou, Ian McKellen.
Est-ce la peine de présenter le film ? L’adaptation du dernier grand best seller littéraire de ces dernières années déboule, et la brochette de noms à l’affiche du film est plus que prometteuse. Je n’ai pas lu le bouquin, j’en ai entendu même plutôt du mal que du bien, mais rien que pour le casting j’ai vraiment envie de le voir. D’autant que Ron Howard sait raconter une histoire et que d’habitude le père Hanks choisit toujours ses films avec goût (et succès). Donc selon moi qu’on ait lu ou non le livre, et qu’on l’ait aimé ou non, le film doit valoir le déplacement. Ne serait-ce que par curiosité.
Sortie le 17 mai.


X-Men 3
, de Brett Rattner avec Hugh Jackman, Ian McKellen, Patrick Stewart, Famke Janssen et Halle Berry.
Les X-Men reviennent dans un film qui semble plus centré sur l’action que les précédents. Quelques nouveaux arrivants parmi les enfants de l’atome à signaler : Angel, le Fauve, le Fléau… À n’en pas douter les effets spéciaux auront la part belle pour sublimer les exploits surhumains des mutants de chez Marvel, le griffu Wolverine et l’électrique Storm en tête. La question principale reste de savoir si ce troisième opus sera aussi bon que les deux premiers. En tout cas je l’attends avec impatience.
Sortie le 24 mai.


(la suite demain…)

 

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2006 3 25 /01 /janvier /2006 15:42

J’ai vu ce film il y a une semaine en troisième partie de soirée sur Canal+… et je n’en attendais vraiment pas grand-chose, ne serait-ce qu’à la vue du titre. Déjà lors de sa sortie en salles je l’avais zappé (il faut dire aussi qu’il n’est pas resté longtemps à l’affiche), et si je me suis attardé dessus à son passage à la télé c’était presque par accident : pas sommeil, pas envie de bouquiner et rien d’intéressant sur les autres chaînes. J’ai donc regardé le début pour « voir à quoi ça ressemble » sans plus de conviction.
Et là j’ai été très agréablement surpris.  Alors que je m’attendais au mieux à une comédie à 2 balles et au pire à une romance à l’eau-de-rose bien niaise, je me suis retrouvé devant une histoire assez originale, un ton décalé et même parfois loufoque, et des acteurs plutôt inspirés.

Amour et Amnésie
(50 First Dates en V.O. ce qui est déjà plus accrocheur comme titre je trouve) mis en scène par Peter Segal (Y a-t-il un Flic pour sauver Hollywood, Self-Control), se situe à Hawaii et raconte l’histoire de Henry Roth (Adam Sandler), un trentenaire séducteur, vétérinaire dans un parc aquatique. Très attaché à son indépendance et son statut de célibataire, il refuse toute liaison sérieuse et s’est fait une spécialité des aventures sans lendemain avec de jolies touristes de passage sur l’île.

Henry et Jocko, morse caractériel.
Il va pourtant déroger à sa propre règle suite à sa rencontre avec Lucy Whitmore (Drew Barrymore), une jeune femme avec qui il fait connaissance et dont il obtient un rendez-vous pour le lendemain.
C’est là que tout dérape… En effet, quand Henry revoit Lucy, celle-ci ne le reconnaît pas, agissant comme si elle ne l’avait jamais vu de sa vie. Obstiné, Henry va découvrir le secret étrange de Lucy, secret qu’elle-même ignore. Elle est atteinte, depuis un accident de voiture qui a eu lieu une année plus tôt, d’un dysfonctionnement de sa mémoire à court terme, si bien que chaque matin elle a oublié ce qui s’est passé la veille.
Henry, sincèrement amoureux de la jeune femme, va devoir tous les jours la rencontrer, l’aborder et la séduire comme si c’était chaque fois le premier jour…

Lucy, la fille sans mémoire mais pas sans cervelle.
Sur un concept proche à la base du génialissime Un Jour sans Fin, cette variation sur le thème d’une journée qui se répète éternellement est plutôt réussie, ponctuée de scènes émouvantes ou drôles selon les moments, et de seconds rôles savoureux : le médecin neurologue (Dan Aykroyd), le frangin sous stéroïdes (Sean Astin), le pote déjanté d’Henry (Pomaika’i Brown), etc…

Bref, autant j’avais de gros doutes sur ce film avant de le voir, autant je trouve qu’il mériterait d’être largement plus connu maintenant que je l’ai vu.

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 18:11

Ok, je l’avoue, j’ai toujours aimé George Clooney.
Qu’il soit pédiatre urgentiste (Urgences), aux prises avec des vampires (Une Nuit en Enfer), militaire escroc (Les Rois du Désert), voleur surdoué (Ocean’s Eleven), prisonnier évadé (O’Brother), psychiatre astronaute (Solaris) ou avocat amoureux (Intolérable Cruauté), ce type là assure. Un acteur de grande classe selon moi.

Mais depuis qu’il est aussi réalisateur, c’est bien simple : je l’adore ! Il m’avait déjà convaincu avec son premier film Confessions d’un Homme Dangereux, il récidive avec son second long métrage, Goodnight, and Good Luck.
Clooney a su démontrer depuis longtemps qu’il n’a pas seulement une gueule de playboy, il est aussi bourré d’humour, sait aborder des sujets très sérieux avec beaucoup de réflexion, et possède un esprit critique développé et une conscience politique affirmée. En voici encore la preuve avec son dernier film.

L’histoire se situe en 1953, et narre le conflit d’opinions entre le sénateur du Wisconsin Joseph McCarthy et quelques journalistes de CBS, menés par le présentateur vedette de l’époque, Edward R. Murrow.
George Clooney mêle astucieusement et de manière très fluide et naturelle des images d’archives (par exemple McCarthy n’est jamais interprété par un comédien, ce sont toujours de vraies images de lui à l’écran) à ce qu’il filme lui-même dans un Noir & Blanc soigné, à la fois classieux et abrupte.

Le réalisateur parvient à montrer avec beaucoup de finesse l’intensité et l’importance de l’opposition entre Murrow et McCarthy, décuplant habilement la valeur documentaire de son film. Là où Clooney dit vouloir avant tout rendre hommage à son père, lui-même journaliste de télévision, transparaît de manière assez évidente une critique non dissimulée de la télévision (déjà promise à la décadence d’aujourd’hui), et des méthodes des dirigeants américains actuels, qui sous prétexte de protéger la Nation réduisent les libertés individuelles comme peau de chagrin. Le parallèle est vite fait entre la « chasse aux sorcières » menée par le comité de lutte contre les activités anti-américaines de McCarthy et les lois du « Patriot Act » mises en place par le gouvernement Bush.

Ed Murrow, journaliste dans la tourmente.

Et comme pour se concentrer davantage sur son rôle de réalisateur, Clooney a l’humilité de ne pas se donner le rôle principal, se ménageant un second rôle peu mis en avant. L’humilité et certainement aussi l’intelligence, car cela ne fait qu’accentuer encore l’intérêt sur le propos du film (plutôt que sur la star). La brochette d’acteurs est par ailleurs formidable : un Robert Downey Jr tout en retenue côtoie un Jeff Daniels méconnaissable ou encore un Frank Langella impeccable. Et les deux qui éclaboussent le film de leur talent sont à mon avis Ray Wise (alias Don Hollenbeck) en présentateur émotif et aussi fragile que ses convictions sont profondes, et surtout David Strathairn, dont l’interprétation de Ed Murrow est parfaite en tous points.
D’ailleurs je vous conseille fortement de voir le film en VO (je ne sais pas du reste s’il est proposé en VF quelque part), ne serait-ce que pour la voix de Strathairn durant les séquences d’émissions en direct. Le ton, le phrasé, le rythme, tout renvoie à la perfection aux standards télévisés des années 1950.

Bref, si je vous conseille vivement ce film, je vous mets cependant en garde : il n’y a rien de spectaculaire ou de trépidant dans cette histoire, c’est juste le témoignage d’une époque douloureuse de l’histoire des États-Unis. Pas d’action, seulement un grand conflit d’idées politiques et de concepts sociaux.

 

 

Mais c’est magistralement raconté.

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 17:38

2005 a été l’année de deux films à grand spectacle qui ont bien plus de points communs qu’on ne pense à première vue. Les films auxquels je pense sont King Kong et La Guerre des Mondes. Je me suis amusé à faire un petit comparatif.

King Kong et La Guerre des Mondes sont deux films qui ont le même but : en mettre plein la vue du spectateur. Et l’un comme l’autre tient ses promesses. Techniquement ils sont très travaillés, truffés d’effets spéciaux parfaits en tous points : crédibles et impressionnants à la fois. Le nec plus ultra.
Dans les deux cas il s’agit de remake de vieux films mythiques, qui ont marqué l’inconscient collectif et évidemment contribué à poser certaines bases des genres qu’ils représentent. Le King Kong d’origine date de 1933 alors que La Guerre des Mondes au cinéma remonte à 1953, mais le roman de H.G. Wells de 1898 avait déjà connu une première diffusion à succès sous forme de fiction radiophonique en 1938 par Orson Welles.

À la barre de ces deux blockbusters hollywoodiens, on retrouve des réalisateurs exceptionnels. La méga-star et ultra-bankable Steven Spielberg, et le multi-oscarisé et couronné de succès pour sa monumentale trilogie tolkienne, Peter Jackson. Ils ont tous les deux déjà signé des films cultes dans leurs genres (les SDA, E.T., les Indiana Jones, Bad Taste, etc…) et ont décidé de s’attaquer à des monuments de leur jeunesse, des films qui ont modelé leur univers cinématographique.
Leurs films mettent en scène des icônes du cinéma fantastique. Le gorille géant et les tripodes destructeurs pilotés par des martiens, s’imposent comme des classiques des films de « monstres » (les tripodes, bien que mécaniques, possèdent toute la sauvagerie et la puissance d’un King Kong, et incarnent tout autant –sinon plus encore- la peur aux yeux des frêles humains).

Fallait pas énerver Kong !

Dans les deux histoires, les protagonistes principaux vont évoluer pour changer du tout au tout. Ann Darrow (Naomi Watts), tout d’abord victime sacrifiée et prisonnière du simien géant, va s’y attacher et finir par nouer une relation complice avec lui. Ray Ferrier (Tom Cruise), père inconstant et inconsistant va devenir pleinement responsable et adulte (au point de choisir à un moment entre ses enfants, ou encore tuer de sang froid un homme pour protéger sa fille).
Les deux longs métrages nous proposent des scènes d’anthologie : King Kong qui combat trois tyrannosaures simultanément, la sortie de terre du premier tripode géant, la fuite du troupeau de diplodocus, les plaines ensanglantées jonchées de ruines et de végétaux extra-terrestres, l’attaque de King Kong dans la salle de spectacle, la scène de cache-cache dans la cave entre l’œil mécanique et les survivants terrorisés…
Mais ils ne sont pas non plus dépourvus de défauts : la fin de La Guerre des Mondes est tout de même très décevante avec sa happy-end qui semble plus que déplacée (tout le monde est sauf, tout le monde se retrouve dans la joie, plus aucune trace des attaques extra-terrestres). Et j’ai été passablement bassiné par le ballet sur glace de Ann et Kong en plein Central Park ou encore les fameux échanges belle-bête ponctués de « c’est merveilleux » (surlignés au marqueur fluo pour qu’on comprenne bien surtout) en regardant le coucher de soleil sur l’horizon lointain (d’abord sur l’île, ensuite à Manhattan). On a connu plus fin.

Bref, beaucoup de points communs donc. Pourtant je dois avouer une nette préférence pour La Guerre des Mondes. Si les deux films se valent du point de vue spectaculaire, celui de Spielberg a éveillé en moi quelques petites choses en plus.
Quand je vois King Kong en action dans sa jungle je suis scotché. C’est très bien foutu, c’est fun et les images sont hyper-crédibles.
Mais quand je vois surgir du sous-sol et tout détruire sur son passage le premier tripode de Spielberg, je peux aussi dire que je suis scotché à mon siège tellement les images sont bluffantes, mais en plus j’ai sérieusement la trouille. Spielberg a su recréer cette même angoisse sourde que lorsque je regarde Les Dents de la Mer par exemple. Non seulement on s’en prend plein les yeux et les oreilles (d’ailleurs la bande son est extraordinaire et participe à hauteur égale avec les images à l’ambiance du film), mais ce vieux briscard de la pellicule qu’est Spielberg sait ménager ses effets et prendre le spectateur aux tripes avec tant de force qu’on est soulagé quand enfin l’action se calme à l’écran.

Seuls dans la cave. Vraiment seuls ?

Voilà la différence selon moi qu’il y a entre les deux films. Là où Peter Jackson fait preuve d’une grande technicité, d’une gestion des effets spéciaux impressionnante et d’une mise en scène musclée qui sait rendre l’action avec force, Steven Spielberg cumule les mêmes qualités que son homologue néo-zélandais, avec en plus un talent de conteur hors-norme, qui fait qu’on est bien plus impliqué dans son film que « simplement spectateur ».
À qualité d’images identique, Spielberg insuffle un supplément d’âme à son métrage, et ça, ça change tout.

 

 

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 16:54

L’heure est venue de se pencher sur ce que l’année 2005 nous a offert dans les salles de cinéma. Alors voici mon classement des films sortis en France en 2005 et que j’ai pu voir.
Évidemment je précise d’emblée que ce classement n’engage que moi, qu’il n’a pas la prétention d’élire les « meilleurs » ou les « pires » films de l’année, mais seulement de lister ce que j’ai aimé, ou pas aimé du tout. C’est d’ailleurs d’autant plus subjectif qu’il est de toute manière quasi-impossible de voir tous les films sortant dans l’année.
C’est parti.

Mon Top 10 de l’année
 :

1. Collision de Paul Haggis : destins croisés de personnages hauts en couleurs qu’on aime détester ou qu’on déteste aimer. Parfois les deux en même temps.
2. Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black : c’est drôle, c’est original, c’est délirant, c’est bourré d’action et de comédiens excellents, bref c’est génial.
3. Garden State de Zach Braff : une belle histoire, tout simplement, portée par une BO incroyable.
4. Sideways de Alexander Payne : une comédie hilarante et infiniment touchante.
5. Sin City de Robert Rodriguez et Frank Miller : adaptation du comic du même nom. Casting énorme, images superbes, une vraie réussite.
6. Saw de James Wan : un film sadique, astucieux et délicieusement horrible.
7. Million Dollar Baby de Clint Eastwood : le genre de film qui devient un classique dès sa sortie en salle.
8. A History of Violence de David Cronenberg : le retour gagnant de Cronenberg. Plus de détails ici.
9. La Guerre des Mondes de Steven Spielberg : un vrai bon gros film d’ambiance. Mention spéciale à la première attaque des tripodes géants et à la bande son qui en décuple la puissance.
10. Broken Flowers de Jim Jarmusch : un délice de jeux d’acteurs variés et tous impeccables, tout particulièrement Bill Murray et Sharon Stone.

Mon Flop 5 de l’année
 :

1. Revolver de Guy Ritchie : tape-à-l’œil, incompréhensible, incohérent, malgré un casting de grande classe le film se plante dans les grandes largeurs.
2. Transporteur 2 de Corey Yeun : un film tellement raté qu’il en devient involontairement drôle bien qu’il se veut sérieux. C’est dire.
3. Furtif de Rob Cohen : hybride de Supercopter et K-2000, avec un scénario nul c’en est impressionnant.
4. Night Watch de Timur Bekmambetov : de superbes images et des effets plutôt réussis pour une histoire où visiblement le réalisateur a compilé tout ce qu’il a aimé, depuis la série Manimal jusqu’aux vampires en passant par Matrix ou Highlander. Indigeste.
5. The Island de Michael Bay : au début Michael Bay essaie de faire un film intelligent mais n’y parvient pas. Ensuite il se lâche et fait du Bay pur jus. Et c’est encore pire.

Les autres films de l’année que j’ai diversement appréciés
:

- 3 Enterrements
de Tommy Lee Jones : pour ceux qui veulent voir Tommy Lee Jones sous un nouveau jour. Plus de détails ici.
- 4 Fantastiques
de Tim Story : film familial sur une famille de super-héros. Pas transcendant mais plutôt divertissant.
- 36 Quai des Orfèvres
de Olivier Marchal : acteurs impeccables pour une histoire très glauque. D’autant plus glauque qu’elle est inspirée de faits réels.
- Batman Begins
de Christopher Nolan : le retour du dark knight à l’écran, sous les traits d’un Christian Bale convaincant, mais quelques lacunes en ce qui concerne les scènes d’action.
- Calvaire
de Fabrice du Welz : ambiance malsaine pour un petit film très réussi.
- Constantine
de Francis Lawrence : de grosses libertés ont été prises entre la version ciné et la version BD, mais le film réussit à créer un univers et des images au design convaincant. Mention spéciale à Lucifer et Gabrielle.
- Creep
de Christopher Smith : vous ne prendrez plus jamais le métro passé 22 heures après ce film.
- Danny the Dog
de Louis Leterrier : un scénario basique mais bien mené, un bon casting et des scènes d’action réussies. Sympa.
- Domino
de Tony Scott : à voir surtout pour les prestations d’acteurs. Mickey Rourke confirme qu’il renaît de ses cendres depuis Sin City, et Keira Knightley est excellente.
- H2G2
de Garth Jennings : un film délirant bourré d’humour au douzième degré et de très bons effets spéciaux pour une comédie inter-galactique.
- In Her Shoes
de Curtis Hanson : les relations chaotiques de deux sœurs que tout oppose. Cameron Diaz est parfaite, l’histoire gentillette.
- The Jacket
de John Maybury : petit film fantastique inattendu qui tire son épingle du jeu malgré une histoire de voyage temporel toujours un peu casse-gueule à rendre cohérent. Très bons comédiens.
- King Kong
de Peter Jackson : LE film à grand spectacle et effets spéciaux de l’année. Parfait sur ce point, il est malgré tout un peu trop long à mes yeux.
- Star Wars 3
de George Lucas : très certainement le meilleur de la nouvelle trilogie, pas dénué de défauts pour autant, mais très sympa à voir. On se rend compte tout de même que la magie de la première trilogie a bel et bien disparu.
- La Vie Aquatique
de Wes Anderson : une comédie un peu à l’ancienne, basée avant tout sur les personnages et pourtant très originale.

Les « Bof » de l’année
 :

- Saw 2
de Darren Lynn Bousman : certes plus fort que le premier pour les scènes de tortures et de pièges, tout le reste déçoit : scénario incohérent, personnages caricaturaux et surjoués, double-twist final sans saveur, et en VF doublage horrible.
- Match Point
de Woody Allen : de très bons acteurs mais un je ne sais quoi qui fait que le film m’exaspère au lieu de me passionner.
- Elektra
de Rob Bowman : pas mauvais, pour un téléfilm d’action à la Alias. Mais ça reste très pauvre pour un film en grande salle, et surtout c’est à cent lieues du personnage de comic.

Les bonnes surprises parce que je n’en attendais vraiment pas grand chose
:

- H2G2
: le film casse-gueule qui aurait pu facilement virer au grand-guignol inintéressant. Et bien non, c’est réussi !
- Constantine
 : les adaptations de BD sont toujours à double-tranchant. Les partis pris de celui-ci sont certes une trahison vis-à-vis du comic, mais donnent un film malgré tout cohérent et plutôt réussi.
- La Guerre des Mondes
 : un remake d’une histoire clichée de SF avec en prime Tom Cruise en héros ça peut faire peur. Mais tout s’efface devant le talent de metteur en scène de Spielberg. Une vraie leçon de cinéma de genre.

Les Grosses déceptions, ceux dont j’attendais beaucoup et qui m’ont d’autant plus déçu
:

- Saw 2 : à trop vouloir en faire, on finit par mal faire. C’est le cas ici et c’est dommage. Et ni Donnie Wahlberg (pourtant génial dans Boomtown), ni Dina Meyer (dont le personnage ne sert à rien dans le film) n’y changent rien : ce n’est pas foncièrement mauvais (il y a quelques bonnes scènes flippantes), c’est juste raté.
- Night Watch
: on attendait un chef-d’oeuvre venu de Russie, la bande-annonce était plus qu’alléchante, à l’arrivée on a un patchwork hétéroclite d’influences plus ou moins mal digérées par le réalisateur. Très décevant.
- Revolver
 : là aussi, on attendait beaucoup mieux de Guy Ritchie et de son casting de « sales gueules ». Mais avec cette histoire sans queue ni tête et ce montage apocalyptique il plombe délibérément son film. Vraiment dommage.

Les regrets, ceux que j’aurais voulu voir en salle
:

- The Matador
de Richard Shepard
- Don’t Come Knocking
de Wim Wenders
- Lady Vengeance
de Park Chan-Wook
- Shaun of the
Dead de Edgar Wright
- Les Poupées Russes
de Cédric Klapisch
- Le Crime Farpait
de Alex de la Iglesia
- Locataires
de Kim Ki-Duk
- Captain Sky et le Monde de Demain
de Kerry Conran
- Combien tu m’aimes
de Bertrand Blier
- Dr Kinsey
de Bill Condon
- Otage
de Florent Emilio Siri
- The Machinist
de Brad Anderson
- Doom
de Andrezj Bartkowiak
- The Descent
de Neil Marshall

et pour finir …

L’extra-terrestre de l’année
 :

- Casshern
de Kazuaki Kiriya : tellement hors-norme que je ne sais toujours pas quoi en penser aujourd’hui encore.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2005 5 23 /12 /décembre /2005 10:50

Autant le dire d’entrée, ce film est plutôt déconcertant. Du moins l’a-t-il été pour moi qui m’attendais à voir tout autre chose. Il est présenté un peu partout comme le nouveau western à voir, et sa bande-annonce ultra-cut laissait à penser que le film est bourré d’action à la sauce texane, que ça va défourailler sec et qu’on aura à peine le temps de souffler entre les poursuites à cheval et les confrontations de cow-boys bien virils.

Tout faux. Bande-annonce complètement à côté de la plaque.
En lieu et place de poursuite à cheval, on a droit à un long cheminement dans le désert rocailleux à dos de mules, et en guise de duel aux revolvers, c’est à une confrontation psychologique et à de profondes introspections des personnages qu’on a à faire.
Et passée la surprise, ce n’est finalement pas plus mal. Le ton est dur, cassant, sans concession dans ce film où le rythme est celui d’un pays où le soleil brûle la peau, où l’aridité se ressent au travers de la pellicule.

Melquiades Estrada (Julio Cedillo, acteur que je ne connaissais pas du tout jusqu’alors) est un clandestin mexicain travaillant comme vacher au Texas. Mike Norton (Barry Pepper, très convaincant dans un rôle difficile qu’il tient parfaitement) est un garde-frontière fraîchement muté dans le coin qui essaie de compenser sa morne vie de couple avec Lou-Ann (January Jones, jusqu’ici plutôt présente dans des films pour ados style American Pie) par un zèle teinté de violence dans son travail.
C’est au cours d’une de ses rondes qu’il tue Melquiades. Se rendant compte de sa bavure, il laisse le corps aux chacals et au soleil, sa hiérarchie passant l’incident sous silence. Mais c’est compter sans l’ami de Melquiades, Pete Perkins (Tommy Lee Jones, cow-boy bourru et buriné), qui a décidé de trouver le coupable. Quand il découvre le fin mot de l’histoire, et comprenant que le shérif local ne fera rien pour rendre justice au clandestin mort, Pete enlève Mike et l’entraîne avec lui dans un long périple vers le village natal de Melquiades où il compte enterrer son corps (qui est donc lui aussi du voyage).
S'en suit une prise d'otage assez inédite, sous forme de parcours initiatique pour ses deux protagonistes : Mike le lâche caché derrière un uniforme et Pete le vieux bourlingueur un peu fêlé qui veut rendre un dernier hommage à son ami mort pour rien.



Là où on attendait Tommy Lee Jones dans le premier degré et l’action un peu basique, on trouve un artiste complet (co-producteur – réalisateur – comédien) qui sait donner de la nuance à son histoire, qui ménage un rythme lent mais consciencieusement maîtrisé et parfaitement adéquat. Il se permet même d’intégrer à son récit de savoureuses ironies du sort (la relation entre Melquiades et Lou-Ann, la vie de Melquiades au Mexique).

Alors effectivement le film est lent, voire même se traîne un peu, mais à bien y réfléchir quoi de plus normal : par 40°C sous le soleil on ne va pas courir dans tous les sens. S’il peut s’agir d’un défaut aux yeux de certains (surtout ceux qui s’attendaient à un film d’action non-stop), je le prends plutôt comme la volonté de Jones d’affirmer un caractère cohérent au film et de rester fidèle à l’histoire qu’il a écrite. Tommy Lee Jones a décroché pour son rôle le prix d’interprétation masculine à Cannes, mais il aurait aussi bien pu revenir à Barry Pepper qui signe là une prestation de tout premier ordre.
Trois Enterrements
est donc un film à voir, à condition d’accepter son rythme et son approche peu commune du genre pourtant ultra-rebattu par ailleurs qu’est le western.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2005 2 13 /12 /décembre /2005 14:58

David Cronenberg est un réalisateur atypique. De par le choix de ses sujets, les thématiques qu’il développe et le style de narration qu’il adopte. Son dernier film à m’avoir marqué avait été Crash (1996), au sujet controversé et aux images et à l’ambiance troublantes.

Cette fois-ci, Cronenberg semble faire de la sobriété sa ligne de conduite. Son film est fort et son histoire (qui est l’adaptation du comics du même nom de John Wagner et Vince Locke) est bien en place, la trame implacable tout du long. On est happé par ce qui se passe du début à la fin, malgré le classicisme apparent du film.

Car si la forme est classique, le fond l’est bien moins. Dans une petite ville du fin fond des États-Unis, Tom Stall (Viggo Mortensen, à 100 lieues de son rôle d’Aragorn dans la trilogie du Seigneur des Anneaux) est un père de famille simple et travailleur, un homme qui aime sa femme (Maria Bello, au jeu aussi juste qu’elle est séduisante) et chérit son foyer. Un citoyen modèle dont toute la ville reconnaît le sérieux, le calme et l’honnêteté.

Tom Stall tient un petit restaurant de quartier. Tout va changer pour lui le soir où deux malfrats de la pire espèce d’allumés braquent son restaurant et menacent de tuer une des employées. Tom réagit vite et fort, tue les deux braqueurs et devient le héros de la ville et des chaînes de télévision locales. Peu de temps après cette médiatisation inattendue, un caïd de la pègre de Philadelphie (Ed Harris, inquiétant au possible) commence à le harceler lui et sa famille, persuadé qu’il n’est pas Tom Stall mais Joey Cusack, tueur à gages retiré mystérieusement du milieux mafieux depuis de nombreuses années.

 

Le film est basé sur deux axes principaux : d’une part la menace de la pègre et d’autre part les relations entre les membres de la famille Stall quand Tom est soupçonné de double identité. Et ce contraste est saisissant. La puissance et la fulgurance des quelques scènes de violence (sans concession autant vous prévenir) tranchent avec la densité des relations humaines mises en scène, particulièrement entre Tom et sa femme.

À l’arrivée, je ne saurais dire quel est l’aspect du film qui fonctionne le mieux et est le plus intéressant, la confrontation physique ou la confrontation psychologique. Cronenberg joue astucieusement sur les deux plans, et s’en sort aussi bien sur l’un que sur l’autre, ce qui est en soi déjà une belle réussite. Quant à la scène finale, toute en finesse et en non-dits, elle clôt selon moi parfaitement le film sur une note positive sans sombrer dans la happy-end de base.

Allez pour la forme, un point un peu plus négatif (mais c’est vraiment histoire de trouver un truc à redire hein), le rôle de William Hurt est assez superficiel, son passage dans le film un peu court, et vu le talent du bonhomme on est en droit de le regretter.

Pour tout le reste, le nouveau film de David Cronenberg est un coup de maître. Il restera à mon avis une date importante dans la filmographie du réalisateur. Et Viggo Mortensen peut d’ores et déjà se féliciter de ses choix de carrière « post-Seigneur des Anneaux ».

Partager cet article
Repost0