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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 18:29
Comme je viens de voir Les 4 Fantastiques et le Surfeur d’Argent il y a quelques jours, je vais vous parler de Zodiac. Et puis c’est tout (© et ® Philippe Lucas).

Un nouveau film de David Fincher est toujours un petit événement en soi. L’auteur prodige du fameux Se7en, l’homme qui a réussi à rendre Michael Douglas intéressant dans le très efficace The Game, et qui a donné à Edward Norton et Brad Pitt leur heure de gloire avec l’excellent et controversé Fight Club avait pourtant commis un léger faux-pas lors de son dernier métrage, Panic Room avec Jodie Foster et Forrest Whitacker. Non pas que le film fut mauvais, mais il était sans conteste très en-deçà de ces longs métrages précédents. Tout au plus Fincher y avait-il montré sa dextérité caméra à la main, son amour des images léchées, des plans impressionnants et des mouvements de caméra fun et esthétisants, mais il manquait au film une véritable implication de son réalisateur, au-delà de la pure démonstration technique.

Autant dire que son nouveau film était attendu au tournant. Fincher allait-il redresser la barre ou sombrer dans la facilité et le tape à l’oeil ?
L’attente générée par Zodiac était d’autant plus fiévreuse que le réalisateur revenait au genre qui a fait sa renommée aux yeux du grand public avec Se7en : le film de tueur en série.
Mais cette fois David Fincher s’est attaqué à un personnage réel, le tristement célèbre tueur du Zodiac qui a sévit en Californie dans la région de San Francisco entre 1966 et 1978, et dont l’identité reste aujourd’hui encore mystérieuse. Pour ce faire, Fincher a abordé l’histoire sous trois angles d’approche différents, à travers trois personnages principaux qui ont eu un grand rôle dans l’affaire.

Robert Graysmith et David Toschi enquêtent sur la même chose, mais ne partagent pas la même vision
C’est Robert Graysmith (interprété par Jake Gyllenhaal qui continue de collectionner des rôles à la fois intéressants et diversifiés), dessinateur employé au San Francisco Chronicle, le journal dont le tueur se sert pour faire passer ses messages au public et à la police, qui fait office de personnage central. C’est d’ailleurs sur les deux livres qu’a écrit Graysmith au sujet de cette affaire que Fincher s’est principalement appuyé pour écrire le scripte de son film. Graysmith, passionné dès le début par l’affaire, entre autre pour l’aspect graphique du mystère des messages codés envoyés par le tueur, va mener des années durant une enquête parallèle à celle des autorités et explorer et éclaircir des pistes intéressantes.
Autre protagoniste central, l’inspecteur David Toschi (interprété par un Mark Ruffalo très en vogue en ce moment) est le policier en charge de l’affaire pendant plusieurs années avant de se faire dépasser par les événements et de jeter l’éponge, brisé. Passionné lui aussi, il croit à plusieurs reprises tenir des pistes solides mais se casse les dents à chaque fois sur des incohérences troublantes.
Enfin il y a Paul Avery (interprété par le décidément incontournable et excellent Robert Downey Jr), journaliste vedette du San Francisco Chronicle, spécialisé dans les affaires criminelles et qui va lui aussi buter contre le mystère du Zodiac et y laisser en partie sa santé…

Les enquêteurs de la police pensent enfin tenir leur homme... le Zodiac est-il démasqué ?
Que dire du film ?
Eh bien tout d’abord qu’il est dense. Il dure plus de 2h30 et est un condensé d’informations, un suivi minutieux d’une enquête sans fin, et fait la part belle aux protagonistes et à leurs états d’âmes. À l’opposé de Panic Room, on ne pourra pas reprocher à Fincher un manque d’implication dans le film, c’est même par l’excès inverse qu’il pêche serais-je tenté de dire. En effet, l’affaire est si complexe, et l’unité de temps si diluée (on prête au Zodiac entre 37 et 200 meurtres en 12 ans, l’enquête quant à elle se poursuivra encore bien plus longtemps après les faits) que dans son souci d’exhaustivité et de précision le réalisateur englue quelque peu son film dans les méandres de l’affaire. Malgré quelques effets réussis (les meurtres, ou encore la vue aérienne d’un véhicule circulant dans les rues de San Francisco), la maestria de Fincher ne suffit pas à garder le spectateur dans un état d’implication suffisant pour ne pas trouver le film à un moment ou un autre long.
Les acteurs non plus ne sont pas en cause d’ailleurs. Ils paraissent visiblement très impliqués dans leurs rôles respectifs, et chacun d’entre eux s’en sort parfaitement par des interprétations impeccables.
Un autre point décevant réside dans le fait que l’affaire reste et restera non-élucidée. Inévitablement on ressort du film avec une petite déception (entendons-nous bien, il s’agit de faits réels et historiques, il est évident que Fincher n’allait pas nous proposer une conclusion sous forme de résolution de l’énigme), et on ne peut s’empêcher de penser à quelque chose comme « tout ça pour ça » en constatant qu’une enquête aussi dense se termine sur autant d’inconnues. David Fincher aura probablement voulu parer à ce sentiment en appuyant un peu plus la thèse sous-jacente de Graysmith sur l’identité du tueur, mais tout cela reste au conditionnel et ne verra certainement aucune réponse définitive depuis la mort du suspect principal.

Paul Avery écrit pour la vérité, et pour la gloire...
Alors cela étant, faut-il conseiller la vision de Zodiac ?
Étant donné que j’écris ceci bien après la sortie en salles du film, je pense que le film mérite d’être vu en location au gré d’une soirée dvd. Car je dois bien avouer, malgré tout le bien que je pense et du réalisateur et des acteurs, que le film est intéressant sans être passionnant, et qu’il ne donne pas forcément l’envie d’être vu plus d’une fois. Il est très intéressant d’un point de vue purement factuel, pour l’exposé précis des faits et le suivi minutieux de l’enquête. Mais l’histoire reste touffue et complexe, et donne cette impression d’inachevé dont je parlais plus haut.

Et pour ce qui concerne la réalisation, là où Fincher avait été accusé d’en faire trop sur Panic Room et de privilégier la forme sur le fond, ici c’est exactement l’inverse qui se produit. Zodiac est certainement le film de David Fincher pour lequel il s’efface le plus derrière la caméra et où sa « patte » se fait le moins sentir. Si le thème le nécessitait peut-être, pour ma part j’ai quelques regrets de n’avoir pas retrouvé un peu plus au cours du métrage le talent si spécial du réalisateur fascinant qu’il est.

À vous donc, de voir ce que Zodiac vous inspirera.

L'affiche du film, inspirée des messages codés du tueur
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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 15:39

Je suis allé voir tout récemment Transformers et Motel, je vais donc vous parler du 4ème Morceau de la Femme Coupée en 3.
D'abord parce que je suis trèèèèèès en retard sur mes critiques de films et que celui-ci je l'ai vu il y a déjà longtemps ! (que celles et ceux qui craignent que ma critique  souffre de tout ce temps passé depuis le visionnage se rassurent : il n'y a pas grand-chose à retenir de toute façon...)
Ensuite parce que ce film est court et qu'il ne s'y passe rien, ça fait moins à raconter et je proute toutes celles et ceux qui se plaignent de ma non productivité de ces derniers jours dernières semaines, parce que oh, faites-y un blog vous d'abord.
Enfin parce que je fais ce que je veux, nan mais des fois.

Alors attention, préparez-vous au record du monde du sprint de critique ciné... prêt ? Top !

Louise a de très beaux escarpins rouges
 Louise est une maman trentenaire qui essaie d'apprendre à conduire parce que bon, c'est bien utile quand même. Mais Louise est un peu décalée, du genre mi-rêveuse, mi-gaffeuse, mi-blonde (et mimignonne aussi, c'est au moins ça). Qu'à cela ne tienne, elle aura son permis malgré tout (je me rends compte en écrivant cela que je viens de déflorer le seul début de commencement de suspens du film : oui elle obtient son permis...), et ce faisant va partir à l'aventure dans sa belle auto de location. Direction le centre commercial ! (comme vous le constaterez on n'a pas lésiné sur les moyens pour faire vibrer le spectateur dans ce film) Un petit ennui de clés va la replonger dans son enfance via une longue, très longue, interminable séquence de flash-back dont on retiendra que chez les blondes l'inadéquation à l'univers automobile est héréditaire.

Voilà, pour le résumé. D'ailleurs vous avez là en quelques lignes tout le film. Parce qu'il ne s'y passe rien d'autre. Bah si, soyons honnête et rendons à César ce qui est à César, il y a tout de même une scène trépidante de resto-self où l'héroïne négocie un yaourt supplémentaire avec la caissière. Du lourd quoi.

Vous pouvez passer la seconde...

Bon, vous me connaissez, j'essaie toujours de trouver au moins un point positif aux films que je vois et que je chronique, donc il n'y a pas de raison que je ne m'y colle pas ici aussi. Et puis j'aime les défis.
Alors à retenir : Laure Marsac, scénariste-réalisatrice et actrice principale, est jolie. Denis Podalydès en moniteur d'auto-école est très crédible. Mais je le soupçonne de facilité : joue-t-il à la perfection le type qui s'ennuie, ou s'ennuie-t-il réellement ? Je me pose encore la question. Enfin, il y a le titre qui, il faut bien le dire, est plutôt bon, c'est même d'ailleurs sur cette promesse d'originalité qu'il contenait que je me suis basé pour aller voir ce film (on ne gagne pas à tous les coups hein).

Ben finalement j'ai trouvé trois points positifs, on ne me reprochera donc pas d'être un critique assassin. Pour le reste, Le 4ème Morceau de la Femme Coupée en 3 m'a laissé... comment dire... dubitatif. Le genre de film qui peine à débutter, qui peine à se finir, et au milieu inexistant. Petit exploit tout de même : il réussit à paraître très long alors qu'il dure 1h10, générique compris. Faut dire qu'en étoffant un peu il y aurait eu assez d'idées pour faire un court-métrage sympa...

Bref, vous l'aurez compris, j'ai du mal à vous conseiller la vision de ce film. Même si vous êtes en conduite accompagnée et fan de puzzle. Maintenant, vous êtes avertis, faites comme vous le sentez.

L'affiche plutôt réussie du film

 

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 13:37

Bardé de récompenses internationales, La Vie des Autres est un film allemand à l’apparence pourtant bien austère. Cela est certainement dû au sujet qu’il traite : la vie sous le régime de l’ex-RDA, le manque de liberté, la censure politique, et la surveillance quasi-généralisée mise en place par les services de renseignements est-allemands, la Stasi.

L'Hauptman Wiesler écoute et retranscrit consciencieusement tout ce qui se passe chez Georg Dreyman.
Dans ce contexte froid et gris, La Vie des Autres retrace deux histoires montées en parallèle et intimement liées l’une à l’autre. Il y a d’abord Georg Dreyman (Sebastian Koch) artiste et intellectuel de renommé mondiale, l’un des derniers à vouloir demeurer coûte que coûte en RDA malgré le carcan étroit dans lequel il peut s’exprimer derrière le rideau de fer. Faussement sympathisant du pouvoir mais  réellement patriote, Dreyman aime son pays autant que son art, et il rêve de pouvoir faire de la résistance tout en douceur sans devoir abandonner la terre qui l’a vu naître. Usant de diplomatie, d’intelligence et d’une pointe d’hypocrisie teintée d’ironie, il parvient à mener sa barque tant bien que mal entre les politiciens véreux et soupçonneux et ses amis intellectuels opposants au pouvoir en place. L’autre personnage principal du film est un officier zélé de la Stasi, Gerd Wiesler (Ulrich Mühe), un homme froid, méthodique et totalement dévoué à sa cause. Wiesler devient sur ordre de sa hiérarchie l’ombre de Dreyman… C’est lui qui est en charge de le surveiller et de l’espionner afin de le faire tomber pour traîtrise au régime en place. L’Hauptman Wiesler est discret et surtout redoutablement efficace dans son travail. Si bien que rien de la vie de Dreyman ne restera longtemps secret pour lui… ni son intimité avec la belle Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck), comédienne vedette d’Allemagne de l’Est, ni ses convictions politiques profondes…

Dreyman et sa muse, la somptueuse Christa-Maria Sieland.
Le réalisateur Florian Henkel von Donnersmarck aborde dans son film un sujet rarement développé (à ma connaissance) au cinéma : la vie à Berlin-Est avant la chute du mur et l’omniprésence de la Stasi (abréviation de Staats Sicherheit, littéralement « la sécurité de l’État »), le service de renseignement et la police secrète politique qui voit tout, entend tout, observe tout, sait tout.

Le film décrit la réalité d’un pays où la moindre opinion allant à l’encontre de la politique officielle était considérée comme indigne et punissable. Un régime où l’austérité règne, où l’opposition est muselée, enfermée et réduite au silence par la peur, où l’idéal communiste a viré depuis longtemps à la toute puissance de quelques dirigeants et à la privation quasi totale de liberté pour tous les autres.
Si le thème général peut sembler difficile, La Vie des Autres réussit vraiment à plonger le spectateur dans la vie de ses héros. On ressent l’impuissance et l’envie de révolte de Dreyman. On est touché au fur et à mesure qu’on le découvre par la droiture et le dévouement sincère mené à mal de Wiesler.

Nous avons les moyens de vous faire parler...
L’air de rien et sans qu’on s’y attende, le film nous happe dans son récit malgré des acteurs pour la plupart inconnus dans nos contrées (quoiqu’on ait vu récemment l’excellent Sebastian Koch dans le Black Book de Paul Verhoeven), une ambiance générale morose et un thème tout sauf glamour. Sobrement réalisé, parfaitement interprété et d’une sensibilité à l’image du Hauptman Wielser, c’est-à-dire tout en retenue mais profondément sincère, La Vie des Autres fait bien plus que convaincre. Intelligence du propos, subtilité du scénario, justesse de l’interprétation : voilà les principales qualités du film qui a remporté cette année l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood.

Et puis bien que ça n’ait rien à voir, j’ai été agréablement surpris de constater que mes souvenirs d’allemand m’aient permis de me passer le plus clair du temps des sous-titres français ! Mais que cela ne vous retienne pas d’aller le voir si vous n’entravez rien à la langue de Goethe : La Vie des Autres est un sacré bon film, avec ou sans sous-titres !


L'affiche française du film. 

 

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 15:09

J’avais déjà chroniqué voici quelques mois l’excellent comic book 300 de Frank Miller, et j’attendais avec impatience la sortie de l’adaptation au cinéma.
Après le très réussi Sin City de Rodriguez et Miller, voici donc la seconde adaptation d’une œuvre de l’auteur de comics Frank Miller.

Cette fois c’est le canadien Zack Snyder qui se charge de la réalisation, en étroite collaboration avec Miller pour tout ce qui a été choix esthétiques et design. D’entrée la nomination de ce metteur en scène m’avait enthousiasmé tant j’avais été conquis par son précédent long métrage, L’Armée des Morts, qui était déjà d’une force iconique assez impressionnante.

Léonidas reçoit le messager de Xerxès mais ne compte pas une seconde se laisser impressionner...
Il fallait bien ça pour rendre hommage à la bd de Miller qui tire énormément de la puissance de ses dessins : un metteur en scène capable d’insuffler de l’énergie autant que de l’esthétisme dans ce qu’il filme. Et Snyder ne déçoit pas une seconde, bien au contraire même, puisqu’il livre là un film d’une beauté à couper le souffle. Les images sont léchées, tout jusqu’au moindre détail est parfaitement maîtrisé à l’écran, chaque scène étant bourrée jusqu’à la gueule d’effets spéciaux et graphiques somptueux. Le film entier a été tourné en fond vert (à la manière de Sin City ou encore Captain Sky et le Monde de Demain), afin de pouvoir obtenir des images extrêmement travaillées, qui rappellent le trait de Miller d’une part et donnent une identité graphique à nulle autre pareille et immédiatement identifiable au film.

Les guerriers spartiates en formation pour repousser la première vague d'assaut perse...
Au point qu’on pourrait parfois craindre que cela ne nuise au réalisme des scènes. Il faut bien dire qu’à ce point de vue la scène du loup par exemple n’est pas du tout réaliste, mais on peut légitimement penser que Snyder a voulu jouer sur la peur enfantine de l’animal, et l’aspect « légende » ou « conte » du récit (la scène illustre l’histoire relatée par un orateur de l’enfance du roi Léonidas). Mais pour tout le reste, les images bien que retravaillées à l’extrême n’entrent pas en conflit avec la crédibilité de l’histoire, c’est très beau et on s’en rend à chaque seconde compte, mais cela n’empêche absolument pas de croire à ce que l’on voit.

Léonidas montre la voie à suivre à ses hommes : la victoire est la seule option envisageable.
À ce sujet d’ailleurs on pouvait également craindre que le rendu des batailles entre deux factions à ce point disproportionnées soit peu crédible, mais chaque combat, chaque assaut est un petit chef d’œuvre de mise en scène et d’originalité à laquelle se livre le réalisateur. Les chorégraphies sont somptueuses, tout à la fois belles et crédibles, sauvages, puissantes et d’une précision impressionnante. Les héros eux-mêmes sont des incarnations de la perfection (de ce point de vue d’ailleurs, ce film pourtant réputé violent peut être considéré comme un pur film destiné à plaire aux femmes : mesdames vous pouvez mettre au rebus vos calendriers de rugbymen huilés au cache-sexe ovale, vous aurez à la place 300 guerriers spartiates qui ne feraient qu’une bouchée du premier Sébastien Chabal venu !), de magnifiques machines de guerre, nés et formés à une seule chose : se battre, et vaincre.

Les 300 confectionnent un mur des cadavres de leurs ennemis...
J’avais déjà abordé l’histoire dans ma chronique du comic, je vous refais rapidement un résumé du scénario. Le roi-dieu Xerxès 1er  (Rodrigo Santoro, aussi beau qu’impressionnant), souverain de Perse, est en marche avec son armée gigantesque sur la Grèce qu’il compte bien annexer à son empire. Mais Léonidas (Gerard Butler, exceptionnel de charisme dans un rôle très physique), roi de Sparte n’est pas de ceux qui se laissent impressionner et décide de se dresser contre l’envahisseur. Les mains liées par le Conseil de la Cité et l’oracle des Éphores (des mystiques sans l’accord desquels rien ne peut se faire), il ne peut cependant déclarer officiellement la guerre à Xerxès, et ne peut pas lever contre lui l’armée spartiate. Il part donc à la tête de 300 valeureux guerriers pour tenir coûte que coûte le passage obligé vers la Grèce, le fameux passage des Thermopyles, dit « les gorges chaudes ». Dans cet étroit gouffre, le nombre ne compte plus tant, et les 300 spartiates vont tenir le siège d’une armée perse qui semble sans fin. Pendant ce temps à Sparte, la reine Gorgo (Lena Headey, à la stature de reine parfaite, divinement belle et d’une classe sans égale), épouse de Léonidas va tenter de faire changer d’avis le Conseil des sages afin d’envoyer des renforts au roi dont le petit contingent fait pourtant bien mieux que résister jour après jour.

Léonidas et Xerxès en pleine négociation.
Je n’en dis pas plus sur l’issue de l’affrontement entre les perses et les spartiates, si ce n’est que la bataille des Thermopyles a bel et bien existé, bien que les faits relatés ici sont évidemment librement adaptés, romancés et très certainement assez loin de la réalité sur certains points (ne serait-ce qu’au sujet de l’armée Perse, alors que la légende parle d’un million d’hommes les historiens l’évaluent plutôt à plusieurs dizaines de milliers).

Je l’avoue volontiers, j’attendais énormément de ce film. Et je le dis tout net, j’ai eu bien plus encore à me mettre sous la dent que ce que j’espérais.

L'armée perse est vaste, et comprend de nombreux guerriers plus impressionnants les uns que les autres, ici un géant et les troupes de choc de Xerxès, les Immortels...
Ce film est un monument, à tous les niveaux. L’interprétation est fabuleuse (je n’ai qu’un regret : ne pas avoir pu voir le film en VO), les images sont sans pareil, le story-telling parfaitement maîtrisé, les scènes de batailles dégagent une puissance, une force et une émotion que j’ai rarement vues ailleurs. À titre de comparaison, elles surclassent largement à mes yeux (qui l’eut cru possible ?) celles de la trilogie du Seigneur des Anneaux.
L’adaptation est fidèle bien qu’il ait été ajouté au récit de Miller une partie concernant la reine Gorgo restée à Sparte (ajout qui s’intègre parfaitement du reste) et qui ne figure pas dans le comic d’origine. Et surtout 300 a une identité visuelle incroyablement marquée et marquante.

Léonidas et ses hommes attendent de pied ferme les troupes perses...
Zack Snyder a réussi à trouver le traitement d’image idéal pour rendre hommage au trait de Miller, la beauté des images transcende leur force. Tout particulièrement, le réalisateur a trouvé un ton de rouge assez exceptionnel, très sombre, et omniprésent tout au long du film, que ce soit avec les capes des spartiates où lors des effusions de sang des combats.
Bref, pour moi 300 est un vrai monument aussi bien de mise en scène que de beauté visuelle et de puissance des images.

J’ai cependant entendu dernièrement pas mal de critiques accusant le film d’être « facho » (un qualificatif tellement souvent employé au sujet de tout et n’importe quoi qu’on se demande parfois si ceux qui l’utilisent en connaissent l’exacte signification), d’être ouvertement offensant à l’égard des peuples arabes, voire même de justifier à mots cachés la guerre en Irak. À cela il est d’autant plus difficile de répondre que ce genre d’attaque est pour moi dénué de sens. Des grecs ont combattu des perses (pas des « arabes » d’ailleurs soit dit en passant, l’empire perse s’étalait bien au-delà des ethnies arabes). N’y cherchez aucune métaphore, il s’agit d’histoire. De l’histoire mise en scène et adaptée, oui, mais pas remaniée pour en changer le sens profond ni lui donner une portée actuelle.

Xerxès 1er, le Dieu-Roi.
Aujourd’hui, il faudrait donc soigneusement éviter d’évoquer des faits qui remontent à l’Antiquité pour ne pas froisser des sensibilités exacerbées. Si encore cela avait été fait dans le but de rabaisser ouvertement une ethnie par rapport à une autre, ce serait sujet à discussion pourquoi pas. Mais là, dans le cas très précis de 300, je ne vois honnêtement pas où se situe l’attaque raciale. On peut évidemment tout intellectualiser et interpréter à outrance, mais il y a des limites au grand n’importe quoi tout de même.

 300 est un film de guerre, un film de genre dans le plus pur sens du terme, une œuvre violente (d’aucuns diraient que c’est réservé aux gros bourrins) et sans grande dimension philosophique, oui. Et après ? Je ne peux franchement pas prêter à Miller ou Snyder des intentions cachées de dénigrer les nations arabes actuelles, de véhiculer des idées pro-Bush ou je ne sais quelles autres inepties de ce genre. Pour moi c’est totalement hors de propos.

La reine Gorgo ne reste pas inactive à Sparte pendant que son roi combat l'envahisseur.
D’ailleurs si le film pose effectivement comme héros le roi Léonidas (avec ce que cela comporte d’hollywoodien dans la définition : sans peur, sans reproche, incarnation de la perfection), dans sa bd Miller laissait un peu plus transparaître le fait que les plus sauvages n’étaient pas toujours ceux que l’on aurait pu penser (cf. mon article sur le comic book 300). Soulignant ainsi qu’il ne cherchait pas à imposer l’idée d’une soi-disant supériorité d’une civilisation par rapport à une autre.
Et dans le film, si l’on cherche coûte que coûte un message de cet ordre, à la limite je dirais plutôt qu’il se permet de montrer du doigt au passage les croyances et les mythes qui passent avant le bien être de l’Homme, et qui sont parfois aussi prétexte à corruption et autres jeux d’influences rémunérées… (je pense évidemment en disant cela aux Éphores qui incarnent le mysticisme et l’obscurantisme intéressé en opposition au bon sens du roi Léonidas).

Vraiment, les attaques sur les mauvaises intentions prêtées par certains au film m’étonnent, et me désespèrent également un peu je l’avoue. Si tout, même un film comme 300 est sujet à ce type de polémique, le monde n’est pas sorti de l’auberge…

This is Sparta !!!
 300 est là pour donner du plaisir au spectateur.

Un plaisir que certains trouveront barbare pourquoi pas, sans intérêt même tant qu’on y est.
Mais pour moi ce n’est rien d’autre que cela : un plaisir immense. Visuel, esthétique, émotionnel. Ne cherchez pas plus loin et laissez-vous emporter par ce qui se passe à l’écran. Vous verrez, ça pourrait peut-être même vous faire du bien.

Allez, comme aujourd’hui je ne suis pas avare en qualificatifs, je dirais en toute simplicité et en conclusion que 300 fait partie de ces rares films instantanément cultes. Et ouais, rien que ça.


L'affiche française du film. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 18:15

Premier film super-héroïque de l’année 2007 qui en comptera un certain nombre et pas des moindres (un certain Spider-Man 3 ça vous dit quelque chose ?), Ghost Rider finit enfin par arriver dans les salles de cinéma. Je dis « enfin » parce que cela va faire plus d’un an que la sortie du film, pourtant tourné depuis belle lurette, était repoussée (officiellement pour des raisons techniques), pas parce que je l’attendais impatiemment.
Pour être franc, je n’ai jamais été fan du personnage de comics (désolé Rico) dont le film est tiré, le trouvant un tantinet too much. Mais par principe, j’essaie de ne pas rater les adaptations ciné de comics, donc j’avais la ferme intention de ne pas passer à côté de ce Ghost Rider

Il y a même de belles images dans ce film !
 Barton Blaze (Brett Cullen) et son fils Johnny (Matt Long) sont des cascadeurs à moto qui travaillent en duo. Pour sauver son père atteint d’un cancer, le jeune Johnny va accepter de vendre son âme à Méphistophélès, l’incarnation du Diable (Peter Fonda). Ce n’est que bien des années plus tard, une fois devenu adulte, que Johnny Blaze (Nicolas Cage) va devoir en payer le prix. Pour combattre son fils Blackheart (Wes Bentley), le Diable fait du motard son guerrier chargé de mater la révolte de son fils. Blaze est donc condamné à se transformer une fois la nuit venue et en présence du mal en Ghost Rider, l’esprit de la vengeance, un motard à tête de mort commandant aux flammes de l’enfer… Évidemment cette transformation infernale intervient juste au moment de sa vie où Johnny renoue avec son amour de jeunesse, Roxanne Simpson (Eva Mendes), ce qui ne sera pas sans mettre en danger la jeune femme. Johnny rencontre également lors d’une de ses virées vengeresses un mystérieux fossoyeur (Sam Elliott) qui semble en savoir beaucoup sur lui et pourrait bien l’aider à se sortir de sa malédiction…

Nico et son patron, le Diable !
Bon alors autant le dire tout de suite, Ghost Rider est loin de n’avoir que des qualités ! Pour tout dire, il en est même très très loin…

À la nomination de Mark Steven Johnson, qui avait déjà officié sur Daredevil (à la réalisation) et Elektra (à la production), au poste de réalisateur mais également de scénariste, on pouvait déjà légitimement être inquiet. Le bonhomme avait réussi à plomber malgré de beaux effets et quelques éclairs esthétiques salvateurs la licence pourtant prometteuse de Daredevil le super-héros aveugle. Au point d’échauder Ben Affleck lui-même de se fourvoyer dans une suite (c’est dire !). Avec Ghost Rider, il récidive en livrant un film sans envergure et plutôt mou du genou, et ce malgré la présence d’un acteur de premier plan tel que Nicolas Cage.

Passons rapidement sur le scénario : celui-ci parvient à être à la fois ultra-simpliste et embrouillé à la fois ! Bel exploit ! En gros Blaze combat les méchants, sauve la belle et se rebelle contre son employeur parce que c’est un bon gars quand même. Et pourtant plusieurs fois au cours du film, j’ai eu du mal à bien comprendre les raisons qui motivaient certaines de ses actions (sa chevauchée avec Sam Elliott qui disparaît une fois arrivé à destination, l’histoire des contrats revendiqués par Blackheart…) tellement c’était clair.

Les méchants sont... ben euh méchants.
Ou alors peut-être qu’à force de m’ennuyer j’ai décroché de l’histoire… Parce que le second gros reproche qu’on peut faire au film de Mark Steven Johnson c’est qu’il est long et qu’il ne s’y passe pas grand-chose malgré cela ! Avec trente minutes de métrage en moins, le film aurait certainement gagné en nervosité, ce qui aurait au moins pu peut-être sauver le côté action-movie qu’on attendait et auquel on n’a même pas eu droit ! L’histoire pourtant pas bien compliquée à la base s’enlise dans des nunucheries sentimentales à deux balles et qui plus est jouées avec les pieds, qui font perdre un temps fou pour n’arriver à rien d’autre qu’à décrocher des bâillements de la part du spectateur.

Bref il ne se passe quasiment rien à l’écran, on s’ennuie profondément. Même les scènes d’action laissent froid, quant aux combats ils sont affreusement torchés en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Aucune imagination, pas de créativité, zéro surprise, que dalle. Il ne reste que de très beaux effets spéciaux, quelques scènes furtives (la chevauchée dans le désert, la moto infernale sur le pont ou sur le building) et quelques plans (les acolytes de Blackheart, le Ghost Rider) esthétiquement très réussis qui rappellent furieusement … de belles planches d’illustrations du comic. Mais au cinéma ça ne suffit pas malheureusement pour convaincre sur toute la durée d’un film (1h50 tout de même !).

Que viens-tu faire là-dedans Sam Elliott ? Prier pour nous pauvres pêcheurs qui avons cru en ce Ghost Rider ?
Quant à l’interprétation… ça laisse là aussi à désirer. On a envie de mettre des baffes à Nicolas Cage pour qu’il se réveille tellement il compose un personnage apathique, et Eva Mendes, la belle plante du film (et encore… une espèce de croisement improbable entre J-Lo et Cindy Crawford tout sauf classe), n’a visiblement pas été choisie pour ses talents de comédienne. Ou alors c’était voulu et son jeu affligeant (une grande pro des mimiques faciales visiblement, ce qui d’ailleurs contrastait fortement avec l’inexpressivité du visage de Cage) était à prendre au second degré et je n’ai rien compris. Je ne l’exclus pas hein. Les méchants eux… bah ils sont vraiment très méchants. Ils auraient eu un papier sur le front avec la mention « Very, very bad guy » que ç’eut été pareil… Et puis la palme revient au copain de Blaze (Donal Logue)à mi-chemin entre le sidekick humoristique et le parasite scénaristique (ce qui bien souvent revient au même d’ailleurs). On se demande quel autre rôle que d’enfoncer encore plus le film il pouvait bien avoir…

Eva Mendes : sois belle et par pitié, tais-toi !
Je n’épilogue pas trop non plus sur l’affreuse affiche du film (vous pouvez juger par vous-mêmes plus bas) où Nicolas Cage arbore une tête qu’il est tout bonnement impossible de prendre au sérieux tant l’expression du visage est caricaturale… (et on passera sous silence cette coupe de cheveux sortie dont ne sait où…). Je préfère, et de loin, sa tête de Ghost Rider toute en os et en flammes ! Cela fait au moins un point positif : je craignais un peu que le Ghost Rider fasse pitié, voire pire, fasse rire, mais agréable surprise, il est très réussi et crédible dans ses mouvements.

Et sachez que malgré tout ça, Ghost Rider a été un carton au box-office américain et même français (enfin il faut relativiser : c’est un carton par rapport au four auquel il était promis quasi-unanimement par la critique avant sa sortie). En même temps la série des Taxi aussi, alors… le grand public reste cohérent dans ses choix au moins.

Bref, Nicolas Cage qui voulait depuis si longtemps tourner dans une adaptation d’un comic de super-héros (il était fortement question de lui au cours du développement des récents Batman Begins, Superman Returns et du futur Iron-Man dont à chaque fois il a été écarté au dernier moment) a tiré le mauvais numéro avec ce Ghost Rider. Mais qu’à cela ne tienne, il est déjà engagé sur un nouveau projet d’adaptation de super-héros et pour cause : c’est lui-même avec son fiston Weston Cage qui sont les scénaristes du comic-book ! (ça s’appelle Enigma chez Virgin Comics). Sans parler du premier rôle qu’il devrait tenir dans l’adaptation d’un autre comic, The Sadhu (toujours chez Virgin Comics).

In Your Face !
Pour la petite histoire, l’acteur est depuis très longtemps un fan invétéré de comics (il ne peut donc être tout à fait mauvais). Il a choisi son pseudonyme (alors qu’il aurait pu prendre son vrai nom Coppola, et ainsi bénéficier de l’aura de son oncle Francis Ford Coppola) en rapport avec son super-héros Marvel fétiche, Power-Man alias Luke Cage. À présent il est lui-même co-scénariste de comics et encore plus fort : il a prénommé son fils né en 2005 Kal-El, du prénom kryptonien de Superman !

Si ça ce n’est pas une preuve de sa passion je ne sais plus ! Il ne lui reste plus qu’à trouver un rôle dans une bonne adaptation, digne de ce nom. Courage Nicolas, je suis avec toi !


L'hideuse affiche du film : arrête Nicolas j'ai peur ! 

 

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 11:28

Voilà un film très bizarre, qui ne manquera pas d’étonner, et qui va éveiller, en son sens ou à son encontre, les passions. Alors que Bug est presque unanimement porté aux nues par la presse, j’avoue être beaucoup moins enthousiaste que les critiques professionnels…

Le réalisateur culte William Friedkin (L’Exorciste, French Connection, Le Convoi de la Peur, Traqué, … excusez du peu) revient sur les grands écrans avec cette adaptation d’une pièce de théâtre tout droit sortie de Broadway. De son propre aveu, Friedkin déclare avoir été frappé par la force émotionnelle et les dialogues qui font de ce huis-clos une œuvre terriblement oppressante et dérangeante. C’est avant tout sous cet angle qu’il a voulu porter à l’écran l’histoire de ce couple affecté d’un mal étrange…

Agnès, une femme à l'existence morose...
 Agnès (Ashley Judd) est une serveuse un peu paumée, vivant avec le souvenir d’un enfant disparu et dans la crainte permanente du retour de son ex-mari violent Jerry (Harry Connick Jr). Son existence est plutôt morne, et sa vie sociale quasi-inexistante si ce n’est la relation privilégiée qu’elle a avec R.C. une collègue de travail (Lynn Collins). Cette dernière lui présente un soir Peter (Michael Shannon), un étrange garçon, mi-vagabond mi-bourlingueur, à l’apparence renfermée, mais gentil et attentionné. Peter et Agnès, deux âmes esseulées et quelque peu hors du monde, vont sympathiser et entamer une relation à mi-chemin entre l’amour et la dépendance. Vivant quasiment en vase clos dans la chambre de motel d’Agnès, les deux personnages principaux vont bientôt se retrouver la cible d’attaques de mystérieux et voraces insectes minuscules qui se logent sous leur peau… Mais est-ce bien la réalité ou une démence paranoïde contagieuse qui les touche ?

Le film est donc, vous l’aurez compris, avant tout une étude psychologique des personnages, et de fait, ce sont bel et bien les comédiens qui portent à bout de bras Bug. Friedkin a donc décidé, vu l’importance de l’interprétation, de faire appel à la confirmée Ashley Judd pour le rôle difficile d’Agnès, et à un Harry Connick Jr. parfait en mari violent et ex-taulard. Pour le rôle masculin principal, on découvre (du moins moi, car je n’avais jamais vu cet acteur auparavant) Michael Shannon et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il habite totalement son personnage. Tantôt touchant, tantôt inquiétant, son visage hors du commun marque le spectateur et colle exactement au rôle. Lynn Collins en copine délurée et Brian F. O’Byrne (dans le rôle du Docteur Sweet qui intervient sur la fin du métrage), aux rôles secondaires, complètent le casting qui se résume donc en tout et pour tout à cinq comédiens.
L’autre enjeu primordial de Bug outre l’interprétation, ce sont les dialogues, car c’est à travers eux que la situation va lentement évoluer pour faire se métamorphoser l’intrigue au fur et à mesure que le film avance.

Jerry , tout juste sorti de taule, apprécie très moyennement l'intrusion de Peter dans la vie de son ex, Agnès.
Et finalement, c’est justement sur ces deux pierres angulaires (interprétation et dialogues), sur lesquelles repose entièrement le film, que se portent mes réserves.

Les acteurs, dans l’ensemble pourtant plutôt convaincants, semblent trop souvent à l’extrême limite de leur exercice, et j’ai eu à plusieurs reprises le sentiment qu’il flirtaient plus que dangereusement avec le sur-jeu et l’exagération. Ashley Judd par exemple, plutôt à son aise au départ dans un rôle crasseux un peu à la Charlize Theron dans Monster, est moins convaincante dans son interprétation graduellement grandissante de la folie, où elle finit par en faire des tonnes. Michael Shannon, qui a pour lui le physique du rôle, en devient parfois presque caricatural tellement il joue sur son air inquiétant et angoissé. Quant à Harry Connick Jr qui a un rôle plus basique (le bas du front arrogant) s’en tire mieux mais il faut bien avouer que le degré de difficulté dans l’interprétation est moindre.
Les dialogues quant à eux, ont les défauts de leurs qualités : je ne sais pas exactement s’ils ont été adaptés ou récupérés tels quels de la pièce de Broadway, mais je les ai trouvés très « théâtraux » justement. Manquant par moment cruellement de fluidité et de naturel, et ce faisant ne facilitant pas la tâche des comédiens.

Derrière la caméra, William Friedkin parvient à installer une ambiance oppressante et stressante au travers de ses images et du son. Mais il est loin cependant d’être aussi convaincant dans la réalisation qu’il a pu l’être sur ses chefs d’œuvres que sont L’Exorciste ou French Connection. Il rappelle sans cesse (mais très certainement volontairement) par sa mise en scène que c’est d’une pièce de théâtre filmée qu’il s’agit, et on a la très nette impression d’un véritable « découpage en actes » du film. Et comment pardonner à ce grand du septième art deux scènes (qui plus est plutôt longues) où l’on voit très distinctement le micro sur perche pointer sa fourrure au-dessus de la tête des acteurs ?! Que ce genre de choses échappent au tournage je veux bien, mais qu’elles passent l’étape du montage c’est à la limite de l’amateurisme.

Agnès et Peter sont assaillis par les insectes et veulent le prouver à R.C., dubitative...
Quant à l’histoire en elle-même, si de manière générale elle atteint plutôt bien son but (angoisser et intriguer le spectateur), certaines scènes à mon sens trop grandiloquentes empêchent de vraiment plonger dans le film, et le crescendo émotionnel recherché tombe un peu à plat. De manière générale quand une scène qui se veut dramatique a tendance à faire sourire c’est mauvais signe, et par moments le film est limite de ce point de vue.
Il n’en reste pas moins que l’intrigue est intéressante, mais c’est le traitement en général qui fait que la mayonnaise ne prend pas. En tout cas pas avec moi.

Je n’arrive pas objectivement à classer pour autant ce film dans la catégorie des « mauvais films », parce qu’on sent bien qu’il y avait là la possibilité de faire quelque chose de vraiment excellent, mais à l’arrivée le film ne parvient pas à s’élever au niveau où on l’attendait. À mes yeux s’il n’est pas formellement mauvais, Bug est très décevant, et je me garderai bien de le conseiller.


La belle, mais un peu hors-sujet, affiche française du film. 

 

 

 

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 10:30

Après ce week-end d’Oscars et de Césars, l’heure du bilan est venue…

Alors voici donc les résultats principaux (ceux pour lesquels j’avais donné mes pronostics) des deux cérémonies :

César du meilleur film : Lady Chatterley
César de la meilleure actrice : Marina Hands pour Lady Chatterley
César du meilleur acteur : François Cluzet pour Ne le dis à Personne

Oscar du meilleur film : Les Infiltrés
Oscar de la meilleure actrice : Helen Mirren pour The Queen
Oscar du meilleur acteur : Forest Whitaker pour Le dernier Roi d’Écosse
Oscar du meilleur réalisateur : Martin Scorsese pour Les Infiltrés
Oscar du meilleur second rôle féminin : Jennifer Hudson pour Dreamgirls
Oscar du meilleur second rôle masculin : Alan Arkin pour Little Miss Sunshine
Oscar du meilleur film étranger : La Vie des Autres

En rouge ce que j’avais pronostiqué qui s’est avéré exact… 5/10 à l’arrivée donc.

Bon, côté Césars je me suis planté… je n’ai vraiment pas vu venir la razzia de Lady Chatterley de Pascale Ferran, mais finalement je me dis que ce n’était pas si imprévisible que ça. Le cinéma français aime bien récompenser des films un peu sous-exposés et que le grand public n’a quasiment pas vu. Pour être tout à fait honnête, je n’ai moi-même appris l’existence de ce film qu’à l’annonce des longs métrages retenus pour les Césars… Donc ne l’ayant pas vu (si ce n’est les quelques extraits diffusés samedi soir à la cérémonie des Césars) je ne me permettrai pas de juger le film sur quoi que ce soit d’autre que sur sa relative discrétion sur les écrans. Cependant quelques satisfactions pour moi : François Cluzet, Guillaume Canet, Kad Merad et Little Miss Sunshine récompensés samedi. Et une Valérie Lemercier en maîtresse de cérémonie absolument géniale. Entre ses différentes interventions toutes plus drôles, impertinentes et intelligentes les unes que les autres, ses petits sketches parodiques avec Thierry Lhermitte et sa chorégraphie de la danse de Rabbi Jacob sur scène, je l’ai trouvée excellente sur tous les points.

J’ai fait mieux sur les Oscars, avec 4 nommés sur 6 prévus par moi. J’avoue que le sacre des Infiltrés me paraît un peu étonnant. Non pas que je remette en cause la qualité du film que j’ai beaucoup aimé du reste, mais j’aurais trouvé plus opportun de décerner les récompenses de meilleur film et meilleur réalisateur à des films originaux plutôt qu’à un remake aussi réussi soit-il. D’autant que dans ces catégories là il y avait du lourd en face… Les Infiltrés était vraiment le dernier des 5 films retenus sur lequel j’aurais parié pour l’Oscar du meilleur film. Mais bon… Little Miss Sunshine a décroché l’Oscar du meilleur scénario à défaut de plus, c’est déjà pas mal.

Sinon, juste une remarque. Indigènes concourait aux Oscars sous la bannière algérienne. Je croyais qu’il s’agissait d’un film français ? En tout cas c’est ainsi qu’il est répertorié sur tous les sites de cinéma que j’ai visités. À ma connaissance il s’agit d’un film produit en France, tourné en langue française et pour l’essentiel en France, avec des interprètes français et qui touche des événements de l’histoire du pays… Quelqu’un connaît la raison de ce changement de nationalité tout à coup ?


Rapidement, un bilan de vos pronostics :

 Goldesch : bravo tu as trouvé François Cluzet. Mais c’est tout désolé !! ;o)  1/6
 Yaponchik :  tu aurais mieux fait de parier sur Les Infiltrés comme tu le voulais … sinon 3 bons résultats pour toi, pas mal. 3/6
 Chelmi : tout faux sauf Les Infiltrés justement ! rien que pour ça tu mérites mes félicitations !! :o) 1/6
 Mooutche : bien joué pour Marina Hands et Helen Mirren, mais en dehors des nanas t’as tout faux ;o) 2/6
 NoNo : Cluzet et Les Infiltrés ok, non pour le reste… mais tu dois être content pour Ne le dis à Personne qui a remporté une belle brochette de récompenses malgré tout. Il faudrait vraiment que je le vois ce film… 2/6
 Spooky : hors-jeu pour les Césars tu as marqué un point avec Helen Mirren. Désolé c’est trop peu pour se qualifier pour la finale. 1/3

C’est donc Yaponchik qui a le meilleur ratio, à égalité avec… ben moi pardi !

Voilà, à l’année prochaine pour de nouveaux paris qui ne servent à rien, et à bientôt pour des articles je l’espère un peu plus constructifs… ;o)

 

 


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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 20:50

Ce week-end ont lieu les cérémonies française et américaine de remises des récompenses sanctionnant les films de 2006. Tout d’abord les Césars samedi soir, puis les Oscars dans la nuit de dimanche à lundi.

Je vous propose de faire quelques pronostics quant aux résultats principaux. Je sais, c’est un peu casse-gueule, mais on s’en fout, c’est marrant. Et puis surtout l’article que j’avais prévu sur le comic WE3 n’est pas encore prêt et il ne va pas s’écrire tout seul, alors je meuble comme je peux en attendant. Le cas échéant je différencie mes pronostics de mes préférences…


Alors commençons par les récompenses françaises :

Sont nommés pour le César du meilleur film Lady Chatterley de Pascale Ferran, Indigènes de Rachid Bouchareb, Je vais bien ne t’en fais pas de Philippe Lioret, Ne le dis à Personne de Guillaume Canet et Quand j’étais Chanteur de Xavier Giannoli.
 Mon pronostic : bien que le film de Canet a eu un très bon buzz, à mon avis la statuette n’échappera pas à Indigènes.

Sont nommés pour le César du meilleur acteur Michel Blanc pour Je vous trouve très beau, Alain Chabat pour Prête-moi ta Main, François Cluzet pour Ne le dis à Personne, Gérard Depardieu pour Quand j’étais Chanteur, et Jean Dujardin pour OSS 117.
 Mon pronostic : mon favori du cœur est Chabat, mais je pense que ça se jouera entre Blanc et Cluzet. Choix difficile… allez disons François Cluzet.

Sont nommées pour le César de la meilleure actrice Cécile de France pour Quand j’étais chanteur et Fauteuils d’orchestre, Catherine Frot pour La tourneuse de pages, Charlotte Gainsbourg pour Prête-moi ta main et Marina Hands pour Lady Chatterley.
 Mon pronostic
 : ma préférence va à Charlotte Gainsbourg, mais je parie sur Catherine Frot à l’arrivée.


Et on passe aux les récompenses américaines :

Sont nommés pour l’Oscar du meilleur film Babel de Alejandro Inarritu, Les Infiltrés de Martin Scorsese, Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood, Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton & Valerie Faris, et The Queen de Stephen Frears.
 Mon pronostic : je pense que ça va se jouer entre Lettres d’Iwo Jima et Little Miss Sunshine, et sur ce coup je reste sur mon coup de cœur 2006, donc je mets une option sur Little Miss Sunshine. Ça serait bien un Oscar de meilleur film pour une comédie (de cette qualité).

Sont nommés pour l’Oscar du meilleur acteur Leonardo Di Caprio pour Les Infiltrés, Ryan Gosling pour Half Nelson, Peter O’Toole pour Venus, Will Smith pour A la Recherche du Bonheur et Forest Whitaker pour Le dernier Roi d’Écosse.
 Mon pronostic : Leonardo Di Caprio mériterait la statuette, mais comme à l’époque de Titanic (là par contre il ne méritait pas …), je pense qu’il va se faire griller au finish. Par qui ? je mise le tapis sur Forest Whitaker. All in !

Sont nommées pour l’Oscar de la meilleure actrice Penelope Cruz pour Volver, Judi Dench pour Chronique d’un Scandale, Helen Mirren pour The Queen, Meryl Streep pour Le Diable s’habille en Prada et Kate Winslet pour Little Children.
 Mon pronostic : j’hésite entre Cruz, Mirren et Dench… et si ma préférence va à l’espagnole, je parie quand même sur Helen Mirren.


Bon voilà pour les récompenses principales, j’ajouterai pour le fun l’Oscar du meilleur réalisateur pour Clint Eastwood (une statuette de plus), les Oscars des meilleurs seconds rôles masculins et féminins pour les acteurs de Little Miss Sunshine (où ça du parti pris ?), et La Vie des Autres pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Á votre tour de vous mouiller, jouez à deviner qui va gagner les différentes statuettes et pariez avec moi…

Ah oui, je précise pour ceux du fond qui roupillent près du radiateur, que pour être validés en tant que pronostics, vos votes doivent être postés avant l’annonce des résultats…

 


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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 14:29

Bon, je préfère annoncer la couleur d’entrée : oui, je suis fan de Rocky.
Voilà, ça, c’est fait.

Autant dire qu’en aucun cas je ne pourrais être considéré comme objectif et sans parti pris dans le commentaire qui va suivre.
Mon amour pour Rocky vient de loin. De Rocky 3 : L’œil du Tigre et de Rocky 4 pour être plus précis, autrement dit ma première rencontre avec le boxeur poids-lourd s’est faite au travers des deux films les plus « guerriers » de la série des six qui composent la saga de l’étalon italien. Et quand on est à peine ado et qu’on assiste aux combats titanesques d’un Rocky contre le sauvage Clubber Lang (Mr. T) ou le monstrueux Ivan Drago (Dolph Lundgren), on est envoûté par le personnage, il est le héros absolu. Ce n’est qu’ensuite que j’ai découvert les deux premiers films de la série, et c’est en particulier avec le tout premier opus que j’ai été touché au cœur par Rocky l’homme, après avoir adulé Rocky le cogneur qui ne recule jamais. Puis j’ai vu sur le tard le très critiqué Rocky 5, et je vous avais prévenu en préambule que je n’étais plus objectif pour un sou dès qu’il s’agit de lui, mais j’ai même trouvé des choses à sauver dans ce film que Sylvester Stallone lui-même considère comme mauvais. C’est dire le peu de crédibilité que j’ai sur ce sujet, je m’en rends bien compte.

Alors quand le projet Rocky 6, devenu entre temps Rocky Balboa, a été annoncé l’an dernier avec dans son sillage déjà tout un cortège de détracteurs et de persifleurs trop heureux d’accueillir par avance comme le nanar ultime le nouveau film de Stallone, je suis certainement passé pour un imbécile heureux en me disant impatient de voir le sexagénaire rechausser les gants.
C’est donc avec l’envie d’un gosse mais aussi la crainte proportionnelle d’être déçu que je suis allé voir le dernier combat du vieux lion. Et j’en suis sorti ravi et absolument convaincu.

Rocky à quelques minutes du dernier combat de sa vie...
J’évacue d’entrée les défauts du film.
Avant toute chose, c’est peut-être la plus grosse faiblesse du film, l’adversaire de Rocky est très certainement le moins charismatique et le moins impressionnant de toute le série. Même dans Rocky 5, le fadasse Tommy « Machine » Gunn (Tommy Morrison) en imposait plus, par le physique et par le lien humain qui le reliait à Rocky dans l’histoire. Ici le champion Mason « The Line » Dixon (Antonio Tarver) aurait aussi bien pu être un quelconque basketteur voire un rappeur sauce 50 cents que c’était la même chose. Lors du combat final, à la tombée des peignoirs, il fait pâle figure à côté de Stallone pourtant de 35 ans au bas mot son aîné … Bref, l’acteur qui incarne le rôle (Antonio Tarver) pourrait bien être ce qu’on appelle communément une erreur de casting. Comparé au Apollo Creed (Carl Weathers) des premiers films, il est tout bonnement inexistant.

Autre défaut « à noter tout de suite comme ça après on parle d’autre chose », le film manque évidemment d’une certaine crédibilité. Un vieux boxeur de 60 piges contre le champion du monde des poids-lourds ne tiendrait certainement pas deux rounds sur un ring. Fut-ce Stallone, Schwarzenegger, Van Damme ou qui vous voudrez. Il y a bien eu un antécédent avec l’immense George Foreman qui était remonté avec succès sur les rings pour finir sa carrière à 49 ans, mais non seulement cela tient de l’exceptionnel mais qui plus est je le verrais mal, aujourd’hui qu’il atteint la soixantaine, réitérer un tel exploit.
Mais bon, sans ce postulat de départ, pas de film. Et vu la qualité du film, je suis prêt à fermer les yeux là-dessus et à me laisser raconter de belles histoires sur la volonté de l’esprit plus forte que toutes les lois de la biologie et du vieillissement du corps…

Le vieux cogneur en a encore sous la semelle !
 Rocky Balboa, écrit, réalisé et évidemment interprété par Sylvester Stallone, est un immense uppercut à la mâchoire de tous ceux qui s’en moquaient des mois à l’avance. Ce film est d’une simplicité et d’une sincérité désarmantes, et c’est là toute sa force. Bien qu’il se soit quelque peu égaré au fil des épisodes, on retrouve ici Rocky, le Rocky du premier film, tel qu’il a toujours été, tel qu’il n’aurait jamais dû changer.

Stallone l’a compris car il est loin d’être idiot malgré ses biscottos un peu défraîchis et son regard de chien battu : pour remettre Rocky sur le devant de la scène, la seule solution était de revenir aux sources, et c’est ce qu’il réussit avec brio dans cet ultime épisode de la saga.

Rocky a soixante ans (l’âge réel de Stallone), cela fait longtemps qu’il a raccroché ses gants. Aujourd’hui il tient un petit restaurant italien où il amuse les clients de ses anecdotes de boxeur. La douce Adrienne (Talia Shire) est morte d’un cancer voilà trois ans, laissant derrière elle un  Rocky triste comme les pierres, un fils (Milo Ventimiglia) à la personnalité frustrée d’être toujours dans l’ombre de la notoriété de son champion de père, et un frère Paulie (inusable Burt Young) toujours aussi invivable et toujours plus touchant au fur et à mesure qu’il s’enracine dans l’antipathie et la râlerie imbuvable.

Paulie, indécrottable et toujours fidèle au poste.
Et voilà que Rocky revient sous les feux des projecteurs par l’intermédiaire de quelques commentateurs sportifs qui jurent par tous leurs dieux que l’ancien double-champion du monde au meilleur de sa forme gagnerait haut la main dans un combat qui l’opposerait au champion actuel des poids-lourds, jugé très fort mais incapable de prouver sa vraie valeur de combattant faute d’opposant valable. Il ne faut pas plus que cela et l’envie irrésistible de remonter une dernière fois sur le ring pour convaincre le vieux cogneur d’accepter de disputer un match d’exhibition contre le champion en titre.

Résumé ainsi, cela fait très court comme argument d’un film, et peu crédible il faut bien l’avouer. Et bien malgré cela, la formule fonctionne parfaitement, car Stallone a compris que ce n’est pas Rocky le boxeur mais bien Rocky l’homme qu’il devait mettre au centre de son récit. D’où l’impression évidente de retour aux sources, car contrairement à ce que peuvent penser tous ceux qui ne connaissent Rocky que de réputation, le premier Rocky n’a jamais été autre chose que cela. Certainement pas un bête film de baston sur un ring de boxe, mais l’histoire d’un loser qui décide de saisir la dernière chance de sa vie de devenir ce qu’il n’aurait jamais osé espérer être, et de gagner la seule chose qui compte à ses yeux : le respect de ses pairs et l’amour de sa chère Adrienne. Le premier film Rocky prenait place dans les quartiers pauvres de Philadelphie, ses héros étaient des gens ordinaires, voire même rendus transparents par le désespoir d’une vie morne et triste. Dans ce nouvel opus, Stallone replonge son personnage dans cette ambiance, dans ces quartiers, dans cet état d’esprit.

Par l’intermédiaire de Paulie par exemple, toujours là pour traiter tout le monde d’enculé entre deux paroles sensées et en laissant suinter une sensibilité à fleur de peau. Mais aussi grâce à la très bonne idée de ramener un personnage secondaire du premier film, la petite Mary (Geraldine Hughes) à qui Rocky fait maladroitement la morale avant de se faire envoyer paître. Mary a depuis grandi et est devenue une femme à la vie curieusement aussi triste et morne que l’étaient celles de Rocky et Adrienne dans le premier film.

Rocky et Mary, trente ans après...
Que Rocky la reprenne sous son aile marque symboliquement le lien de continuité directe entre les premier et dernier films. Comme si délibérément Stallone laissait tout ce qui s’est passé dans l’intervalle de côté (comprenez, dans les films intermédiaires). Il joue à fond la nostalgie et les renvois permanents au premier film, et la ficelle si grosse soit-elle, fonctionne à merveille.
Et pourtant Stallone va loin : flash-backs tirés du Rocky de 1976, incrustations d’images anciennes, retour sur tous les lieux importants du premier film, et même de tous petits détails sont là pour ceux qui comme moi connaissent la genèse de Rocky par cœur (le chien, certaines scènes d’entraînement, le footing qui se termine en haut des marches de la place du musée de Philadelphie, les œufs crus ingurgités par demi-douzaine au petit-déjeûner, la dégaine vieux cuir rapé et chapeau enfoncé, …).

Mais surtout, c’est le personnage de Rocky qui n’a pas changé malgré ses trente années de plus au compteur. Il reste le gentil gars à la réflexion simple qui fait ce que son cœur lui dit de faire, un peu pataud, un peu naïf, parfois un peu lourd et maladroit, mais extrêmement touchant d’humanité, de simplicité et de vérité.
Et en définitive c’est cela que j’ai certainement le plus aimé. Le personnage de Rocky à 60 ans que nous propose Stallone sonne infiniment juste. Il est crédible humainement jusqu’au bout des ongles.

Séance d'entraînement pour Rocky, le but : gagner coûte que coûte de la puissance de frappe.
Il s’agit de bien plus que d’un personnage fétiche , c'est un véritable alter-ego : Stallone est Rocky. Rocky est Stallone. Sans l’ombre d’un doute.
 Rocky Balboa est à ranger au même niveau que le premier opus. C’est la fin magnifique d’une série inégale, et c’est d’autant plus remarquable qu’il est rare pour une si longue série de finir sur une aussi belle note.
Allez le voir.


L'affiche en forme de clin d'oeil au premier Rocky. 

 

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 15:54

Le nouveau film de Mel Gibson en tant que réalisateur arrive en salle, et il a été précédé d’une campagne plutôt négative, il faut bien l’admettre.

D’abord parce que le précédent film de Gibson a suscité une vive polémique. Avec sa Passion du Christ, Gibson a été accusé (à tort ou à raison, je ne saurais le dire encore aujourd’hui, après avoir pourtant vu le film) d’imposer une vision très engagée de la mort du Christ, là où il se justifie en affirmant qu’il ne cherchait qu’à rester le plus fidèle possible aux textes sacrés. Le fait que le film a été porté aux nues et est devenu l’étendard de mouvements catholiques fondamentalistes a certainement joué en sa défaveur aux yeux de l’opinion publique, qui a en toute logique étiqueté le film du seau du « fondamentalisme religieux », passant sous silence certaines de ses qualités purement cinématographiques.

Ensuite parce que fin de l’année dernière, le clan Gibson a fait parler de lui. Entre les frasques de Mel, arrêté pour conduite en état d’ivresse et qui à cette occasion a tenu des propos clairement antisémites (qui ont vite fait la une des journaux à scandales), et les engagements de son père au sein d’un groupe politique d’extrême-droite ouvertement xénophobe, la famille Gibson est plus que limite d’un point de vue « moral ».

Patte de Jaguar et son père, le chef du village.
Et puis pour finir, le nouveau film de l’australien n’est pas forcément des plus engageants pour le grand public : 2h30, tourné intégralement en dialecte Maya, le Yucatèque, et donc sous-titré (pour la même raison que La Passion du Christ a été tournée en Araméen et Latin : Gibson dit vouloir ainsi s’approcher au mieux d’une réalité historique), sans la moindre tête d’affiche, avec un scénario résumé à sa plus courte expression : un survival violent en pleine jungle d’Amérique du Sud au XVème siècle. Bref, pas de quoi déchaîner la passion des foules…

Et bien malgré tout cela, Apocalypto a été pour moi une véritable claque. J’ai été scotché à mon siège tout du long, le film ne m’a laissé aucun répit pendant ses 2h30 de métrage. Incapable de décoller les yeux de l’écran, j’ai été littéralement happé et j’ai vécu ce film de l’intérieur, viscéralement.
Mel Gibson a livré un film monstrueux (dans le meilleur sens du terme).

Les habitants du petit village sont emportés en tant qu'esclaves à la grande cité Maya...
L’histoire est simple. Patte de Jaguar est un chasseur et jeune père de famille, fils du chef d’un petit village perdu dans l’immensité verte de la forêt tropicale d’Amérique du Sud. Lorsque le village est attaqué par des esclavagistes mayas, il est emmené de force comme tous les adultes du clan à la grande Cité Maya. Son village détruit, une partie des villageois massacrés et les autres faits prisonniers comme lui, Patte de Jaguar n’a dès lors plus qu’une idée en tête : se libérer par tous les moyens et retourner au village pour y sauver sa femme Sept enceinte et son fils, qu’il avait eu le temps de soustraire au rapt en les cachant au fond d’un puit dont il ne peuvent sortir seuls.

De ce scénario extrêmement simple (d’aucuns diraient simplistes), Gibson fait un film d’une puissance incroyable, une œuvre instantanément culte tant elle a d’impact sur le spectateur. La simplicité et la linéarité du propos n’y change rien à l’affaire, on est irrésistiblement pris par le film, et on a l’impression en en ressortant, d’avoir retenu sa respiration tout du long tant il est intense.

Patte de Jaguar et sa femme Sept
Parmi les reproches qu’on lui fait souvent, la violence du film revient très souvent comme argument des anti-Apocalypto. J’avoue que cet argument n’a pas grande valeur à mes yeux. Si c’était effectivement valable pour La Passion du Christ où les scènes de torture et de crucifixion étaient vraiment insoutenables et où la violence atteignait à plusieurs reprises le stade de l’overdose, pour Apocalypto il en va très différemment. Bien sûr il y a quelques scènes dures, des images crues et une violence non édulcorée est montrée explicitement à l’écran. Mais c’est toujours à bon escient, jamais en exagération et surtout parfaitement intégré à l’histoire. Les séquences dures et violentes sont bel et bien là, mais elles ne prennent pas le pas sur le reste du film qui est d’une cohérence assez remarquable pour une œuvre d’une telle durée.

Oeil du Milieu est en chasse...
Les acteurs, tous plus inconnus les uns que les autres (pour moi en tous les cas) ont un jeu absolument bluffant, et la reconstitution à laquelle Mel Gibson s’est scrupuleusement attaché font que le film est d’une vérité criante. On est réellement immergé dans l’unité de temps et de lieu, tout sonne parfaitement juste, bref, Gibson a plus que gagné son pari d’authenticité. Pour le jeune acteur Rudy Youngblood (Patte de Jaguar) il s’agit d’une première apparition à l’écran, et pour une première on peut dire qu’il s’en tire admirablement. Opposés à lui, Raoul Trujillo dans le rôle de Zéro Loup et Gerardo Taracena (Œil du Milieu) sont également impeccables, tout en force et en brutalité.

L’année commence à peine que déjà j’ai l’impression d’en avoir vu l’un des films les plus impressionnants ! 2007 a l’air vraiment très bien parti question cinéma…

Il faut absolument voir Apocalypto, mais attention : vous n’en sortirez pas indemne.


La très belle affiche française du film. 

 

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