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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

 

12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 09:36


« Le problème du chômage est simple à résoudre : il faut créer du travail. »

Doc Gynéco, visionnaire décontracté du mobile.

 

 

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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 00:52

La chaîne payante américaine HBO est très certainement l’une de celles qui produit depuis quelques années déjà, les meilleures séries télévisées. Non, je ne parle pas ici des ultra-commerciales Lost ou Prison Break, mais de séries bien supérieures et ambitieuses telles que les excellentes et novatrices The Shield, Carnivale, Rome, Deadwood ou Oz par exemple. D’ailleurs un jour ou l’autre il faudra que je rédige un petit quelque chose sur ces séries là aussi…
 Six Feet Under est l’exemple même de la qualité des séries HBO. Je dirais même qu’elle se situe dans le tout haut du panier.

Le casting principal de la première saison, de gauche à droite : Rico, Keith, David, Claire, Ruth, Nate, Nathaniel, Brenda et Billy.
Pendant cinq saisons et 63 épisodes au total, on suit les aventures des membres de la famille Fisher et de leurs proches.
 Nathaniel Fisher Sr (Richard Jenkins) est le père de famille et patron de l’entreprise familiale de pompes funèbres Fisher & Fils à Los Angeles. Tout commence à la veille de Noël 2000. Pour les fêtes, Nate Fisher (Peter Krause), le fils aîné et un peu rebelle sur les bords, fait le voyage depuis Seattle où il vit, et à cette occasion fait la rencontre quelque peu cavalière d’une bien singulière jeune femme, Brenda Chenowith (Rachel Griffiths) avec qui il entame une relation tout aussi singulière. Mais ce jour là, Nathaniel meurt au volant de son corbillard, percuté de plein fouet par un poids lourd. Nate va devoir revenir définitivement vivre à Los Angeles, pour reprendre en association avec son frère cadet David Fisher (Michael C. Hall) la gérance de l’affaire familiale. L’entreprise de pompes funèbres est également la maison familiale où vivent Ruth Fisher (Frances Conroy) la veuve de Nathaniel et Claire (Lauren Ambrose) la petite dernière qui va bientôt entrer à l’université.

Chaque épisode débute avec la mort, parfois violente, parfois douce, parfois dramatique, parfois ridicule voire drôle, d’une personne (la plupart du temps de parfaits inconnus, et quelques fois des gens liés d’une manière ou d’une autre à la famille Fisher) dont Fisher & Fils va organiser les funérailles.
La plupart du temps ces funérailles (ou l’histoire personnelle du défunt) seront mis en parallèle avec la vie privée des différents personnages principaux, de façon à développer et approfondir leurs idéaux, états d’âmes, questionnements, doutes, croyances ou certitudes.

La famille Fisher après la mort de Nathaniel : Claire, David, Nate et Ruth.
Outre les quatre membres de la famille Fisher, quelques autres personnages principaux gravitent dans leur entourage. Brenda avec qui Nate sort, et qui est elle-même issue d’une famille très spéciale (son frère Billy Chenowith (Jeremy Sisto) en particulier tient un rôle important dans la trame de la première saison principalement). Keith Charles (Matthew St. Patrick), flic, noir et gay, et de surcroît l’amant de David Fisher, qui refuse de faire son coming out. Les différents petits amis de Claire qui vont se succéder au fil des saisons. Federico Diaz (Freddy Rodriguez), l’embaumeur latino surdoué qui travaille pour le compte de l’entreprise Fisher. Puis plus tard dans les dernières saisons, le professeur George Sibley (James Cromwell) ainsi que sa fille Maggie (Tina Holmes), Lisa Kimmel (Lili Taylor) ex-petite amie de Nate, et l’inénarrable Arthur Martin (Rainn Wilson) pendant un temps employé par l’entreprise de pompes funèbres.

Nate et Brenda... de l'amour ?
Tout ce petit monde va vivre et évoluer de façon ininterrompue au cours de ces cinq saisons, d’ailleurs cette série entière semble basée sur le changement, l’évolution. Pas un seul personnage ne connaîtra de stagnation, de statu quo. Que vous les aimiez ou non tels que vous les découvrirez, tous sans la moindre exception, vont évoluer et irrémédiablement changer pour le meilleur ou pour le pire. Ne serait-ce que pour cette raison, la série est déjà très différente du schéma habituel des séries télé, dans lesquelles on pose souvent des personnages très travaillés voire iconiques qu’on se garde bien de faire changer surtout lorsqu’ils plaisent aux téléspectateurs.

 Six Feet Under prend cette politique en contre-pied total, ne laissant jamais aucun personnage « tranquille ». Au contraire même, on souffre parfois de voir des personnages qu’on apprécie prendre des virages, des décisions  et des évolutions profondes qu’on déteste. Six Feet Under n’est absolument pas là pour plaire au sens courant du terme, ni pour flatter ou rassurer le spectateur. C’est à ce titre une des très rares séries à pouvoir se targuer d’une sincérité et  d’une intégrité sans faille dans l’avancée de son scénario. La trame est telle que je me plais à penser que les scénaristes ont réussi à se préserver des pressions de l’audimat et ne jamais prendre en compte les attentes ou désirs probables des spectateurs afin de faire de l’audience.

Keith et David, un couple pas comme les autres.
D’ailleurs il n’y a pas de véritable morale à tirer de cette série, tout se passe comme si les auteurs avaient décidé de considérer les spectateurs comme suffisamment intelligents et capables de juger selon leur propre conscience ce qu’ils voient dans les différents épisodes. Aucun jugement de valeurs imposé, ni politiquement correct, ni philosophie de vie, ni morale.

Dans Six Feet Under on a juste des personnages infiniment vrais, humains, imparfaits. Et des situations qui vont les faire changer, s’adapter ou se perdre. David (Michael C. Hall) est génial, j'ai été époustouflé par Nate (Peter Krause), et j'ai une tendresse toute particulière pour ce vieux donneur de leçon de George (James Cromwell). Je pourrais citer ainsi chacun d'entre eux, tant cette série concentre toute sa force dans le talent de ses acteurs et le travail de ses auteurs.

Séance de thanatopractologie dans les sous-sols de Fisher & Fils.
S’il est indéniable qu’un des thèmes principaux est la mort (et donc forcément aussi la vie et la recherche du sens de la vie), je ne crois pas pour ma part que ce soit là le but premier et ultime des auteurs de la série.
Je crois que le centre de la série, et ce qui en fait tout son intérêt par l’intelligence du traitement, c’est l’étude des relations humaines. L’amour, l’amitié, la famille, la peur, l’envie, la tristesse, le devoir, le sacrifice, le désamour, la haine, l’incompréhension, la religion, le doute, la trahison, la morale, la folie, la mélancolie, l’art, les regrets, la joie, l’enthousiasme, la projection dans l’avenir, les engagements, les responsabilités, le sexe,… tout ce qui fait la vraie vie et motive les relations entre les personnes est abordé dans la série, avec une simplicité et une authenticité qui font parfois peur. Peur car on finit par se rendre compte que ce qui est fascinant c’est que Six Feet Under n’est rien d’autre qu’un miroir de l’âme humaine, et que le miroir est si fidèle qu’on n’y voit pas que les belles choses mais aussi (ou surtout, selon votre personnalité) les parts d’ombres et d’inavouable qu’on aimerait tant oublier parfois. Qui qu’on soit on n’y échappe pas, chacun se retrouvera dans l’une ou l’autre situation, l’un ou l’autre personnage, l’une ou l’autre réaction.
Et Six Feet Under est de ce point de vue sans concession. Elle appuie, sans exagération mais le fait tout de même, là où ça fait mal. Et ça fait d’autant plus mal que ça sonne parfaitement vrai.

Si vous aimez le glamour, les happy end, les univers roses où tout le monde est foncièrement bon, l’optimisme et le positivisme béat, ne regardez pas Six Feet Under, vous détesteriez. Ou plutôt si, regardez cette série et comprenez là, cela vous sera salvateur.

Les réunions de famille ne sont jamais vraiment ce qu'elles paraissent...
Outre le fait que chaque épisode débute par le décès d’une personne, la série a quelques spécificités vraiment originales. La plus intéressante à mon sens réside dans le traitement des pensées des personnages. Très souvent on « voit ce que pensent les héros » grâce à un décrochage qui peut arriver à tout moment. Tout à coup le personnage parle avec un mort, avec lui-même, ou se lâche à dire ce qu’il a au plus profond de lui, ses colères, ses envies, ses peurs ou ses frustrations. Puis l’histoire reprend son cours normal, le héros réintègre la « réalité ». C’est ainsi que le personnage de Nathaniel Fisher, qui meurt pourtant dès le premier épisode, reste un personnage récurrent tout au long des cinq saisons, faisant diverses apparitions sous la forme d’interlocuteur privilégié de la conscience ou des rêves de ses enfants et de sa veuve.

Je tenais aussi à évoquer rapidement le générique de début, absolument sublime. La musique est obsédante, les images sont d’une froideur tétanisante, et l’image des deux mains se lâchant en tout début est d’une beauté glaçante, fascinante et extrêmement dérangeante à la fois, à donner des frissons. Bien qu’ayant vu les cinq saisons en dvd, je n’ai jamais fait l’impasse pour aucun des 63 épisodes sur le générique de début. Rarement j’ai trouvé générique aussi parfait et envoûtant, et c’est typiquement le genre de détail qui démontre définitivement et avec force le soin avec lequel cette série a été élaborée.

Six Feet Under c'est aussi un générique exceptionnel.
Et comme l’indique l’accroche de l’ultime saison « Tout a une fin », Six Feet Under connaît elle aussi une fin. Et quelle fin !
De mémoire de série-vore, je crois n’avoir jamais vu une aussi belle, émouvante et intelligente fin. Que je ne dévoilerai pas ici bien entendu. Mais je ne peux m’empêcher d’en parler tant elle m’a marqué.
Pour tout dire, je n’ai pu m’arrêter de penser et repenser aux dernières minutes du dernier épisode toute une semaine après l’avoir vu. Je ne sais pas si cela tend plus à prouver que je suis quelqu’un de bizarre, plutôt qu’à témoigner de la qualité de cette fin, mais rares sont les œuvres, tous supports confondus, dont le développement et le dénouement auront eu un tel effet durable sur moi. Même aujourd’hui en y repensant, j’en suis encore ému. En la qualifiant de marquante, j’ai l’impression d’user d’un doux euphémisme.

 Six Feet Under aura réussi l’exploit d’être passionnante, cohérente et pertinente de la première à la dernière minute.
Avec Six Feet Under, on touche à la perfection. En toute simplicité.

Après avoir dit cela, est-il utile de préciser que je la recommande vivement ? D’ailleurs non, je ne la recommande même pas. Je la qualifierai juste d’indispensable.

 


Visuel du coffret de la denière saison. Chaque chose, chaque personne, chaque endroit finit par disparaître un jour... 

 

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 22:00

On est déjà en février 2007, il est donc grand temps de procéder au petit bilan de ce qu’il s’est passé dans les salles de cinéma au cours de l’année passée.
Alors comme l’an passé, je vous propose mon petit classement personnel de ce que j’ai pu voir sur grand écran. Évidemment, tout cela est hautement subjectif et n’est que le reflet de mes goûts propres. Sans compter le défaut majeur d’un tel classement : il est impossible de voir tout ce qui sort. Même parmi les films qui m’intéressaient a priori je n’ai pas pu tout voir (manque de temps, pas de programmation dans les cinémas du coin, …), donc forcément mon classement est biaisé dès le départ. Mais bon pour le fun, voici donc ma sélection.


Mon Top 10 de l’année
 :

1. Little Miss Sunshine
de Jonathan Dayton & Valerie Faris : c’est frais, drôle, émouvant, parfois dur et surtout d’une originalité folle. Une comédie comme on en fait trop peu.
2. Enfermés Dehors
de Albert Dupontel : c’est de la folie pure made in Dupontel, grinçant et dérangeant, pour ceux qui aiment le poil-à-gratter.
3. Black Book
de Paul Verhoeven : le grand retour gagnant du hollandais fou Verhoeven dans un film inattendu et d’autant plus surprenant.
4. La Colline a des Yeux
de Alexandre Aja : le film qui enterre l’idée préconçue qu’un remake est toujours plus mauvais que son original. Dur, poignant, stressant et sans concession, pour ceux qui aiment se faire du mal.
5. Lord of War
de Andrew Niccol : un des tous meilleurs rôles de Nicolas Cage, tout simplement. Un film de cynisme pur et dur pour un résultat marquant.
6. L’Honneur du Dragon
de Prachya Pinkaew : petit plaisir personnel. Scénario ultra-basique mais images incroyables grâce aux prouesses physiques du surdoué Tony Jaa. Pour ceux qui aiment les éléphants et le muay-thaï.
7. Superman Returns
de Bryan Singer : alors que le film a été décrié un peu partout, moi j’ai été emporté dès les premières images. D’autant plus étonnant que Superman ce n’est pas ma tasse de thé… mais je persiste et signe : c’est un très bon film de super-héros !
8. Les Infiltrés
de Martin Scorsese : encore un remake et encore du très bon. Le casting est tout bonnement énorme, l’intrigue excellente et la réalisation au top. Pour ceux qui aiment les films de flics, de gangsters et de taupes.
9. Good Night, and Good Luck
de George Clooney : ambiance feutrée, images léchées, un film engagé, intelligent et plein de classe. Normal c’est du Clooney…
10. Les Fils de l’Homme
de Alfonso Cuaron : la petite surprise de l’année. Un film d’anticipation de grande qualité qui déboule sans prévenir, ça ne se refuse pas ! Pour ceux qui aiment les ambiances fin du monde.


Les Flops de l’année
 :

- Les Bronzés 3, amis pour la vie de Patrice Leconte : c’est tellement dommage de gâcher une série jusqu’alors excellentissime par cette suite insipide. D’aucuns affirment que dans 20 ans le film sera culte… je n’y crois pas une seconde.
- Chaos de Tony Giglio : à croire que Jason Statham que j’aime pourtant beaucoup ne choisit que des films complètement nuls. Celui-ci se veut original, alors qu'on a tout compris dès le départ. Il se veut fin mais use de ficelles si grosses qu’il faudrait ne pas être allé au cinéma ces 20 dernières années pour être surpris par ce film.
- Pirates des Caraïbes 2 : le Secret du Coffre Maudit de Gore Verbinski : le plus gros carton international de l’année est un ballon de baudruche. C’est censé être drôle, trépidant, dantesque. C’est ampoulé, long à mourir et ennuyeux.


Les films très attendus mais un peu décevants
 :

Lorsqu’on est attendu au tournant, que le thème du projet ou la personnalité des auteurs font qu’un film génère de grosses attentes, et qu’à l’arrivée le film livré est bon mais sans plus, forcément on crée une certaine frustration (pour ne pas dire déception) chez les spectateurs. Cette année ça a été le cas pour quelques films, auxquels je ne veux en aucun cas cependant jeter la pierre. Ils ne sont donc absolument pas à classer dans les « mauvais films », mais plutôt dans les « bons mais auraient pu (dû) mieux faire »…

- La Jeune Fille de l’Eau de M. Night Shyamalan : le réalisateur sort tellement du schéma de ses précédents films qu’il provoque l’incompréhension de ses fans sans pour autant convaincre les autres. Beau film, mais un peu vain, ou peut-être tout simplement mal compris.
- Président de Lionel Delplanque : le thème annoncé promettait beaucoup, surtout avec Dupontel dans le rôle de président de la république, mais s’il n’est pas mauvais le film manque de souffle et d’énergie, on en ressort forcément un peu sur sa faim.
- Mémoires de nos Pères de Clint Eastwood : il n’est jamais facile de réaliser un diptyque dont chacun des films se suffise parfaitement à lui-même. Même Eastwood ne peut éviter une petite frustration à ses spectateurs, malgré cependant une thématique très intéressante et une bonne mise en scène.
- The Fountain de Darren Aronofsky : superbe film aux images très belles et aux interprétations très diverses. Mais sa forme a de quoi dérouter, surtout si l’on s’attendait à quelque chose de plus linéaire et défini.


Les films sympas à voir pour le fun
 :

Vous aimez le grand spectacle mais quand même dans un film qui se tient un minimum ? Voici de quoi en prendre plein les yeux sans chercher plus loin que le bout de son nez… mais ça ressemble quand même un peu à des plaisirs coupables j’avoue !

- X-Men 3, l’Affrontement Final de Brett Ratner : loin de la qualité des deux premiers films, Ratner arrive au moins à livrer un film impressionnant avec des effets spéciaux très réussis et qui rendent justice aux pouvoirs des mutants qui foisonnent dans le film.
- Poseidon de Wolfgang Petersen : là encore c’est un remake (donc du déjà vu), mais il a pour lui des moyens assez énormes qui permettent de proposer des scènes-chocs et des effets spéciaux somptueux.
- Des Serpents dans l’Avion de David R. Ellis : le fun à l’état pur ! le film est couillu, drôle, jouissif, et il faut bien le dire aussi, un peu con.


Les films de l’année que j’ai diversement appréciés
 :

- Du Jour au Lendemain de Philippe Le Guay : comédie sans prétention avec un Poelvoorde toujours aussi efficace et drôle.
- Inside Man de Spike Lee : preuve qu’un film de commande peut être très bon, Spike Lee s’en sort parfaitement sur ce film de braquage (bien aidé par les comédiens il faut bien le dire).
- Jean-Philippe de Laurent Tuel : rien que pour voir Luchini chanter du Johnny à tue-tête ça vaut le coup. Bon d’accord, dépassé ça il ne reste pas grand-chose, mais voilà quoi…
- Je vous trouve très beau de Isabelle Mergault : certainement la meilleure comédie classique française de l’année, pleine de bons mots et à l’histoire sympathique.
- Romanzo Criminale de Michele Placido : très bon film situé dans le contexte de la mafia italienne, basé sur des faits réels.
- La Science des Rêves de Michel Gondry : si vous n’avez pas peur de passer dans un autre monde, fait de rêves, de décors en papier mâché et de gens bizarres, l’univers de Gondry vous plaira, sinon passez votre chemin.
- Scoop de Woody Allen : Woody se refait une santé et table sur la comédie policière iconoclaste avec un plaisir communicatif. À voir comme une agréable sucrerie, du genre dont il ne faudrait pas abuser non plus.
- Syriana de Stephen Gaghan : belle fresque de politique-fiction pas si éloignée que cela de la réalité. Acteurs au diapason, histoire un peu complexe, un film qui fait réfléchir.
- Thank You For Smoking de Jason Reitman : belle prestation d’acteurs sur un sujet à controverse et plutôt habilement traité dans ce film. À voir comme une curiosité.
- V pour Vendetta de James McTeigue : s’attaquer à un monument de la bande-dessinée anglo-saxonne est toujours périlleux, les fans ayant la capacité effrayante de se transformer très vite en intégristes à la moindre virgule modifiée. Pour ma part, sans crier au génie, je trouve l’adaptation plutôt réussie. Et pourtant je suis fan du comic.


Les regrets
:

Pour finir, une petite liste (non-exhaustive) de films que j’aurais bien aimé voir, que ce soit par simple curiosité, à cause de leur bonne réputation ou juste sur une intuition positive, mais que j’ai malheureusement ratés en salle.

- A Scanner Darkly de Richard Linklater
- Babel de Alejandro Gonzalez Inarritu
- Borat de Larry Charles
- Casino Royale de Martin Campbell
- Da Vinci Code de Ron Howard
- Le Dahlia Noir de Brian De Palma
- Dans la Peau de Jacques Chirac de Michel Royer & Karl Zéro
- Déjà Vu de Tony Scott
- Le Diable s’habille en Prada de David Frankel
- The Host de Joon-Ho Bong
- Jarhead de Sam Mendes
- Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro
- Love Song de Shainee Gabel
- Ma Super-Ex de Ivan Reitman
- Miami Vice de Michael Mann
- Munich de Stephen Spielberg
- Ne le dis à Personne de Guillaume Canet
- Nos Voisins les Hommes de Tim Johnson & Karey Kirkpatrick
- Le Nouveau Monde de Terrence Malick
- The Prestige de Christopher Nolan
- Le Secret de Brokeback Mountain de Ang Lee
- Severance de Christopher Smith
- Shortbus de John Cameron Mitchell
- Super Nacho de Jared Hess
- Takeshis’ de Takeshi Kitano
- Truman Capote de Bennett Miller
- Une Vérité qui dérange de Davis Guggenheim
- La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge de Todd Edwards & Tony Leech
- Walk the Line de James Mangold


Voilà, cette rétrospective est terminée, libre à vous d’y ajouter vos commentaires que je lirai avec intérêt.
Et je terminerai juste en rappelant que l’an passé, mon film préféré a remporté l’Oscar 2006 du meilleur film (remember Collision de Paul Haggis), alors vais-je réitérer l’exploit avec Little Miss Sunshine ? vais-je confirmer mes talents de grand prédicateur devant vos yeux ébahis ? ou bien vais-je me planter lamentablement et perdre définitivement la maigre crédibilité qu’il me reste ? (parce que quand même, je crois que placer L’Honneur du Dragon sixième meilleur film de 2006, ça a dû bien entamer mon capital crédibilité auprès de vous non ?)
Suspens…

En tout cas, l’année 2007 s’annonce riche et variée en matière de cinéma. Je vous annonce dès aujourd’hui deux films qui à mon avis feront date : 300 de Zack Snyder, et Spider-Man 3 de Sam Raimi.
Mais nous en reparlerons en temps voulu…


N.B. : Désolé pour les titres de films sans lien, j'avais eu la flemme de rédiger un article dessus après les avoir vus...

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 17:20

La sortie sur les écrans de The Fountain, c’est le grand retour de Darren Aronofsky, réalisateur considéré comme culte par toute une génération depuis qu’il a produit Pi et surtout le très remarqué Requiem For A Dream. Le retour était effectivement attendu, car l’absence date de 2001 tout de même, année de sortie de Requiem For A Dream.

Pour ce nouveau film, Aronofsky a de l’ambition : l’histoire qu’il veut aborder n’est  rien de moins que « le combat à travers les âges d’un homme pour sauver la femme qu’il aime ». C’est du moins de cette façon qu’est décrit le film dans son dossier de presse. L’histoire se décline effectivement en trois parties distinctes mais irrémédiablement liées les unes aux autres. Là où réside toute l’ambiguïté du film d’ailleurs, c’est dans la nature de ces liens entre les différentes parties du film, laissée au jugement et à la lecture de chacun.

Tommy et Izzy face à la maladie, chacun réagit différemment.
Présent : Tommy Creo est un scientifique, docteur en génétique qui tente coûte que coûte de trouver un remède pour sauver sa femme Izzy, atteinte d’une tumeur au cerveau incurable. Il sent qu’il approche de la solution lorsqu’il expérimente un remède à base de l’écorce d’une essence d’arbre mystérieuse et rare en provenance d’Amérique du Sud. Izzy pressentant sa fin proche écrit à l’attention de Tommy l’histoire métaphorique d’un chevalier de la cour d’Espagne parti au Nouveau Monde trouver le secret de l’immortalité pour sauver sa reine de la Sainte Inquisition. Et c’est à Tommy qu’elle demande d’écrire le dernier chapitre, le dénouement à son (leur) histoire…
Passé : Tomas est un conquistador espagnol du XVIème siècle qui part à la demande de sa reine Isabel en Amérique à la recherche du secret de l’arbre de vie. En revenant avec ce secret  qui n’est autre que la clé de l’immortalité, il sauvera du grand inquisiteur celle qu’il aime et pourra vivre éternellement avec elle.
Futur : Tom est un spationaute du futur, mi-explorateur mi-yogi. Il voyage dans une bulle en compagnie d’un arbre ressemblant étrangement à l’arbre de vie, à travers l’espace en direction de la supernova (une étoile mourante) Shibalba, considérée par la civilisation Maya comme l’endroit où reposent les esprits des morts après leur vie physique, et où tel le Phénix légendaire, la vie renaît de ses cendres sous une nouvelle forme.

Tomas va devoir lutter pour atteindre le secret de l'immortalité
Voilà pour la mise en situation. Une précision à toutes fins utiles : malgré le pitch du film, ne vous attendez surtout pas à un film de voyage dans le temps, ni même de héros immortels à la façon Highlander, cela n’a rien à voir, ni sur la forme ni sur le fond.
Évidemment, les rôles de Tommy, Tomas et Tom sont interprétés par Hugh Jackman (émouvant en docteur, impressionnant en conquistador, convaincu mais moins convaincant en yogi), ceux de Izzy et de la reine Isabel sont dévolus à la magnifique Rachel Weisz (toute en douceur, pudeur, fragilité et simplicité).

À partir de là, Aronofsky n’impose quasiment pas sa propre vision mais laisse le spectateur interpréter ce qu’il voit. Vous pouvez rester très terre-à-terre et considérer le présent comme la réalité, le passé et le futur comme des chapitres de l’histoire écrite par Izzy, et par Tommy pour le dernier chapitre. Histoire qui serait une allégorie de ce que le couple a vécu, et de la phase de deuil de Tommy.

Tom voyage au sein de sa bulle, accompagné de l'arbre de vie et de l'esprit d'Izzy
Mais vous pouvez également interpréter cela de façon plus ésotérique, comme une réflexion sur la vie, la mort et la vie après la mort. C’est d’ailleurs un peu le chemin que le réalisateur propose en filigrane au spectateur (libre à lui de le suivre ou non) surtout avec la partie concernant Tom l’explorateur du futur. On sent bien par le parti pris de donner à Tom un look de yogi, et par la présence de l’arbre de vie dans la bulle spatiale, que le message finement souligné par Aronofsky flirte avec les concepts de réincarnation, de continuité de la vie par-delà la mort physique, de la survivance de l’esprit au corps. La très belle séquence de Tomas buvant la sève de l’arbre de vie avant d’en devenir lui-même une partie abonde également en ce sens.

Et c’est peut-être là que le film m’a le moins intéressé / touché. Autant j’ai beaucoup apprécié l’histoire d’amour de Tommy et Izzy, le combat acharné du scientifique pour repousser l’inéluctable, autant j’ai aimé la partie se déroulant au XVIème siècle pour sa reconstitution emplie de poésie et d’images symboliques, autant la partie lorgnant plus ouvertement sur une sorte de bouddhisme new-age m’a laissé perplexe. Les images sont belles, mais le message et le point de vue sous-entendus qui y sont liés m’ont laissé froid je l’avoue. D’où une  certaine distanciation vis-à-vis du film, un je-ne-sais-quoi qui m’empêche d’y adhérer totalement, de me sentir vraiment emporté par l’histoire, et convaincu par son propos.

Retrouvailles sous la neige...
Il n’en reste pas moins que les performances d’acteurs sont exceptionnelles (film après film, Hugh Jackman n’en finit plus de démontrer qu’il n’est pas qu’un beau gosse baraqué, Rachel Weisz quant à elle n’a depuis longtemps plus rien à prouver de son talent de comédienne), que la mise en scène bien que lente (lenteur impérative question ambiance) est somptueuse, et que Aronofsky montre qu’il sait produire des images magnifiques, toujours impeccablement au service de son histoire.

Si The Fountain ne m’a pas convaincu sur le fond, il s’agit néanmoins d’un film d’une grande force, qui ne manquera pas de vous interpeller à défaut de vous convaincre et/ou plaire. À vous de voir.

L'affiche française du film. 

 

 



 

 

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 16:47

Voilà un long métrage qui a suscité avant sa sortie la curiosité à plus d’un titre.

Tout d’abord parce qu’un film de Martin Scorsese est toujours un événement, et il est toujours attendu avec plus d’impatience que d’autres projets tant le réalisateur cristallise autour de lui les passions.

Ensuite parce que le nouveau film de Scorsese est un remake, qui plus est d’un film asiatique (celui de Infernal Affairs, film hong-kongais de Andrew Lau et Alan Mak). Depuis peu le cinéma asiatique est devenu pour Hollywood une nouvelle source d’inspiration, puisque lorsqu’ils ne débauchent pas les stars et metteurs en scènes locaux, les studios piochent allègrement dans les succès japonais ou coréens pour en faire des remakes à la sauce yankee et à grands renforts de stars en mal de rôles marquants. Les exemples sont légions, et malheureusement trop peu souvent à la hauteur de leurs ambitions, ce qui permettra au moins de ne pas perdre de temps à les énumérer...
Donc Scorsese en personne (considéré tout de même comme un auteur de premier ordre) qui se commet dans un remake, forcément cela attise la curiosité.

Et enfin parce que Les Infiltrés bénéficie d’un casting tout simplement somptueux en terme de renommée et de potentiel d’entrées au box-office. Mais la profusion de talents n’est pas toujours gage de qualité, et là aussi le film pique la curiosité, ne serait-ce que pour voir si autant de stars d’Hollywood peuvent cohabiter sereinement.

Costello et Billy en grande discussion : qui est donc la taupe ?
Et bien force est de constater que sur l’ensemble des questions que Les Infiltrés pouvait susciter, à chaque fois la réponse se révèle plutôt positive.

Scorsese et les films de gangsters ce n’est pas nouveau, et ici il parvient non seulement à s’en sortir parfaitement du point de vue réalisation formelle et maîtrise de son scénario, mais il réussit également à panacher le classicisme et l’originalité avec une certaine classe.

 Les Infiltrés (The Departed en V.O.) est une histoire à la trame tortueuse dans un cadre toutefois plutôt classique : la guerre entre les services de police et une organisation criminelle, celle de Franck Costello (Jack Nicholson dans un rôle taillé sur mesure pour lui) le caïd incontesté de la ville depuis des années.
La police infiltre un agent dans l’entourage de Costello afin de faire définitivement tomber celui qui leur échappe depuis toujours. Le jeune Billy Costigan (Leonardo Di Caprio absolument bluffant de justesse) est recruté à la sortie de l’école de police et accepte cette mission d’autant plus dangereuse que seuls ses deux supérieurs sont au courant de son véritable statut d’infiltré (Mark Wahlberg et Martin Sheen, tous deux remarquables).
Mais en parallèle, le vieux Costello en parfait stratège infiltre lui aussi dans le plus grand secret un de ses agents, Colin Sullivan (Matt Damon, tout en retenue) au sein du service de police qui le traque.
Tout le piment du film réside donc dans cette confrontation à distance entre les espions des deux camps, chacun essayant de découvrir le premier l’identité de la taupe du parti adverse tout en se couvrant lui-même.

Costello et Sullivan comptent bien déjouer les plans de la police...
Le semi reproche sous-entendu dans le simple fait de préciser qu’il s’agit d’un remake est pour sa part balayé d’un revers de main du maître. Le film possède malgré l’origine première de son scénario de base une identité bien à lui, elle-même forgée grâce à la combinaison des talents de Scorsese et des différents interprètes principaux. Il ne s’agit ni d’une décalque de l’original, ni d’une resucée sans saveur, il s’agit bel et bien d’un film de Scorsese dans le meilleur sens du terme. D’aucuns disent même que la version de Scorsese est bien supérieure à celle d’origine.

Ce qui fait très certainement la grande force du film, c’est surtout l’interprétation, malgré toutes les réticences que j’ai pu éventuellement avoir à un moment à l’énoncé du casting. On pouvait craindre le cabotinage avec des vieux briscards tels que Jack Nicholson ou Martin Sheen, et si effectivement le personnage du grand Jack reste truculent, il ne verse jamais dans l’exagération. Si cabotinage il y a , il est plutôt à chercher du côté de Mark Wahlberg et Alec Baldwin, interprétant avec un plaisir visible des personnages hauts en couleurs. On pouvait craindre que certains acteurs soient un peu « légers » pour de tels rôles, comme Leonardo Di Caprio ou Matt Damon par exemple, et au contraire ce sont eux qui s’en sortent avec le plus d’honneur. Di Caprio en tête d’ailleurs, avec une composition proprement époustouflante, à mille lieues de l’image de beau gosse éternel teen-ager qu’il se traîne depuis toujours.

Ellerby et Dignam, deux flics durs à cuire à qui on la fait pas.
Et sans vouloir divulguer la fin, le moins qu’on puisse dire c’est que le scénario ne laisse aucun répit au spectateur et que les personnages seront malmenés jusqu’au bout. Pour ma part la fin m’a très agréablement surpris dans sa forme comme dans son fond, assez éloignée de la moralité ou de la happy-end trop souvent de mise dans les blockbusters américains.

Alors oui, sur tous les plans Les Infiltrés de Scorsese est une très bonne surprise. Et très certainement l’un des meilleurs films de l’année 2006.


L'affiche française du film. 

 

 

 

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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 13:54

Oulalah… quand on voit de quand date mon dernier article, le moins qu’on puisse dire c’est que je me la suis coulée douce ces derniers temps ! Ma fréquence de postage à dû en prendre un sacré coup…

Et par la même occasion j’ai pris un sacré retard dans mes articles plus ou moins en rapport avec l’actualité… Bon là je suis en train d’en rédiger une petite fournée, mais ce n’est pas encore tout à fait prêt à être mis en ligne. C’est pourquoi j’écris ces quelques lignes, ne serait-ce que pour vous rassurer : non je ne suis pas mort. Ni en pleine hibernation au fond d’une grotte. Ni dans un pays lointain sans accès au net (bien que je sois un peu dans la lune ces derniers temps).

C’est juste que je manquais un peu de temps, voilà toute la maigre explication à mon silence récent. Mais ça ne m’a pas empêché d’avoir quelques idées, qu’il ne me reste plus qu’à mettre en forme et à publier…

Alors pour remercier celles et ceux qui passent vaille que vaille ici quotidiennement, même en ces temps de vaches maigres rédactionnelles, voici en exclusivité un avant-goût des articles que je prépare et qui ne devraient plus tarder à montrer le bout de leur nez dans le coin.

Tout d’abord j’ai un beau retard de chroniques cinéma en réserve ! Les Infiltrés de Martin Scorsese, The Fountain de Darren Aronofsky, l’énorme Apocalypto de Mel Gibson, le Rocky Balboa de Sylvester Stallone… et certainement d’autres qui vont s’ajouter à la liste d’ici quelques jours. Sans compter la rétrospective de l’année ciné 2006. Moi qui trouvais déjà que ce blog penchait de plus en plus exclusivement du côté du septième art, je ne vais pas arranger son cas…

Mais pour compenser un peu ce raz-de-marée d’articles cinéma, j’ai aussi dans ma réserve quelques pastafarismes croustillants, deux-trois BD dont je tenais à parler, des séries télé génialissimes à vous présenter, l’un ou l’autre billets d’humeur, un quizz musical tout prêt, et des sites à vous faire découvrir par l’intermédiaire de la nouvelle catégorie « pub » dont j’avais déjà parlé il y a quelques semaines.

Bref, je ne suis pas du tout à court d’idées, c’est juste qu’il va falloir que je me secoue un peu pour finaliser tout ça.

Ça va venir, ça va venir…

 

 

 

 

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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 19:14

S’il est un réalisateur contemporain que j’aime tout particulièrement, c’est bien ce fou hollandais qui après une carrière sans concession à Hollywood revient tourner son nouveau film sur le vieux continent. Non bien sûr je ne veux pas parler de ce tâcheron de Jan deBont (l’homme qui par accident miraculeux a commis le pourtant très bon Speed), mais du maître incontesté : Paul Verhoeven.

Bien que ses derniers films hollywoodiens n’aient pas connu le succès qu’ils auraient mérité, il est et reste l’un des plus fascinants metteurs en scènes actuels, tant dans la forme que pour le fond des histoires qu’il porte sur grand écran. La première grosse claque qu’il m’ait envoyée en pleine gueule de jeune cinéphile pas encore averti remonte à 1985 avec son impitoyable La Chair et le Sang où il dirigeait son compatriote, l’immense Rutger Hauer.

Rachel / Ellis et Hans en mission d'approche de l'officier Müntze...
Dans la foulée le bonhomme a enchaîné avec des moyens revus à la hausse, Hollywood oblige, avec rien moins que Robocop en 1988 et Total Recall en 1990, deux films qui ont fait date dans le genre fantastique de la fin des 80’s. Après le flic-cyborg et la rébellion sur Mars d’un Schwartzy en forme olympique, Verhoeven a signé un autre monument qui est resté gravé dans la mémoire collective et qui a  révélé une bombe anatomique qui depuis n’a malheureusement plus jamais connu de tel sommet : c’est lui qui a fait croiser / décroiser les jambes de Sharon Stone dans Basic Instinct (en 1992) !

Avec ces trois méga-succès d’affilée au box-office, Verhoeven est en odeur de sainteté et les producteurs lui laissent les coudées franches pour ses nouveaux projets. En ressortent donc Showgirls en 1996  (honteusement réduit par la critique à son image libidineuse sans jamais vouloir voir plus loin dans le décorticage en bonne et due forme de la société américaine à laquelle il s’attaque directement), et l’énorme Starship Troopers en 1998 (parmi tous ses films mon préféré, et qui a eu entre autre qualité celle de révéler aux yeux du monde une autre bombe sexuelle du grand écran, la sulfureuse Denise Richards). Les deux films n’ayant pas eu le succès escompté (surtout aux States ou les charges du hollandais contre l’american way of life sont restées en travers d’un public soit trop jeune et donc trop premier degré, soit trop conservateur et donc réfractaire à toute idée un tant soit peu dérangeante et/ou subversive), Verhoeven doit redresser la barre et regagner le cœur des spectateurs. Il se lance donc dans un film plus classique dans le genre fantastique en abordant le thème ultra-rebattu de l’homme invisible avec L’Homme sans Ombre en 2000. Mais Verhoeven reste Verhoeven et il ne peut s’empêcher de donner dans le dérangeant. Il livre donc un film techniquement et esthétiquement très réussi, mais à la trame un peu bancale, entre deux eaux, celles du divertissement pur et basique et celles de la satyre teintée de quelques dérapages sadico-sexuels (oui j’invente des mots). Il en résulte un film qui laisse un goût d’inachevé, formellement abouti mais sans véritable constance dans le ton. Et un nouveau semi-échec question entrées au box-office.
L'officier Müntze, un gradé qui a du mal à se situer dans l'idéologie nazie.
S’en suivent six longues années de silence durant lesquelles quelques rumeurs persisteront sans jamais se concrétiser en vrais projets. Tout le monde espérait que Verhoeven rempile pour un second Basic Instinct, celui-ci se fera finalement dans la douleur et sans lui (avec le flop retentissant que l’on sait). L’autre gros buzz autour du réalisateur concernait un de ses vieux projets jamais mis en chantier, un film d’anthologie sur l’épopée des Croisades avec Schwartzy en tête d’affiche. Projet plus qu’alléchant, mais qui ne verra jamais le jour (trop compliqué, trop cher, trop sujet à la polémique religieuse).

Et voilà ce bon vieux Paul Verhoeven de retour dans sa Hollande natale pour y rompre sa trop longue absence sur le grand écran. Et pour se remettre un pied à l’étrier du cinéma international, il ne choisit pas forcément la facilité. Il décide de prendre pour thème la Résistance néerlandaise durant la Seconde Guerre Mondiale. Il décide de se passer de la grosse machinerie hollywoodienne histoire d’y gagner en liberté de ton quitte à y perdre en budget et en promotion internationale. Il décide enfin de construire son nouveau film comme ses premiers, en étant très impliqué dans le scénario et sans s’appuyer sur la moindre tête d’affiche.

Hans, un patriote pur et dur.
Triple pari sacrément risqué, mais sur les trois tableaux Verhoeven joue … et gagne !

Oui, les films sur la Seconde Guerre Mondiale sont légions et le risque de redite était élevé, mais le hollandais parvient à trouver un point de vue somme toute original pour son film. Il y raconte l’histoire d’une jeune juive hollandaise qui refuse de s’enfuir devant l’invasion nazie, et qui bien au contraire va infiltrer la Gestapo pour le compte de la Résistance locale. Et il s’appuie pour ce faire sur des événements ayant réellement existé et l’histoire de plusieurs résistants historiques dont il s’inspire pour créer son propre personnage et ses aventures dramatiques.

Oui, la production cinématographique néerlandaise n’a ni la renommée ni les moyens somptueux des productions des grands studios américains, mais Verhoeven nous démontre qu’aux Pays-Bas si on n’a pas la réputation et le fric d’Hollywood, on a l’ambition et le talent suffisant pour largement compenser ce handicap.

Oui, un film avec uniquement des acteurs inconnus (hormis un second rôle tenu par un Udo Kier en très grande forme), qui plus est néerlandais, ce n’est pas objectivement ce qui attire le plus la foule, et ça ne donne pas a priori confiance en ce qu’on va voir. Mais le réalisateur capitalise sur son propre nom (l’homme a tout de même un sacré nombre d’irréductibles fidèles spectateurs cinéphiles qui lui font confiance et connaissent ses qualités) et sur une valeur par trop souvent oubliée par les studios fournisseurs de blockbusters à la chaîne : une excellente histoire. Et ça ne fait pas un pli : un bon scénario allié au talent d’un réalisateur comme Verhoeven, ça donne à l’arrivée un film plus que réussi, acclamé par la critique et au succès auprès du public finalement pas si ridicule qu’on aurait pu le craindre.

Ellis est infiltrée et use de ses talents de chanteuse pour amuser la Gestapo...
Alors Black Book c’est quoi au juste ?  C’est l’histoire de Rachel Stein (Carice van Houten, la révélation du film tant elle bouffe littéralement l’écran), une jeune juive qui perd toute sa famille alors qu’ils essaient de fuir le pays et l’oppression nazie. Sous le nom de Ellis de Vries elle décide de prêter main forte à la Résistance où elle rencontre le charismatique et patriotique Hans (Tom Hoffman, une sorte de Russell Crowe hollandais). Elle va malgré les pires dangers infiltrer la Gestapo en approchant l’officier Müntze (Sebastian Koch, parfait dans un rôle ambigu) qui succombe vite à ses charmes. Entre trahisons, amour, cruauté et mensonges, le film raconte la vie mouvementée de cette taupe dans les services de renseignements allemands jusqu’à la libération en 1945.

Franken, le nazi dans sa plus horrible incarnation !
Paul Verhoeven prouve une fois de plus avec Black Book à quel point il est pétri de talent. Sa narration est limpide, et malgré la durée conséquente du film (2h25 tout de même), on ne s’ennuie pas une minute tant il nous maintient  immergés dans l’histoire. Là où Verhoeven savait donner dans la démesure sur des films tels que Starship Troopers, il fait preuve de retenue et de la juste mesure nécessaire et suffisante pour ne pas étouffer son film par un style trop démonstratif. Il enchaîne moments intimistes et scènes choc avec brio, sans verser dans le too much ni s’empêtrer dans des temps morts. Et la plus grande réussite du réalisateur selon moi est sans conteste le casting qu’il a su réunir et sa direction d’acteurs. Les comédiens, sont aussi inconnus qu’excellents, tous autant qu’ils sont. Mention spéciale à l’actrice principale, Carice van Houten, qui sous ses faux airs de Naomi Watts se révèle une jeune comédienne au talent immense. Les deux autres rôles principaux tenus par Sebastian Koch et Tom Hoffman sont tout aussi réussis l’un que l’autre, et j’ajouterais un coup de chapeau pour Waldemar Kobus qui incarne l’ignoble mais savoureux officier véreux Franken. Typiquement le genre de personnage qu’on adore détester !

Vraiment, Black Book tient toutes ses promesses, Verhoeven est à nouveau parmi nous et il n’a pas raté son retour !! Black Book est un très grand film, à voir absolument.

 


L'affiche du film, qui n'hésite pas à mettre en avant ses acteurs, bien qu'inconnus pour le public international.
 

 

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 00:01

Toujours à la recherche d'une bonne résolution à prendre pour la nouvelle année, pour 2007 je vous propose d'en suivre une tout droit venue de nos amis Shadoks...


Et bonne année à toutes et tous !!

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 10:49


« Je suis déçue par Arte. »

Lova Moor, intellectuelle de renommée mondiale.

 

 

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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 15:39

Après son carton planétaire avec Million Dollar Baby, récompensé par de nombreux prix et surtout plébiscité par le public de façon quasi unanime, le nouveau projet de Clint Eastwood était attendu avec une certaine impatience. En effet l’homme a pris au fur et à mesure des films qu’il a réalisé une nouvelle dimension, qui dépasse de loin l’image qu’il avait entretenue par ses différents rôles au cours de sa longue carrière hollywoodienne. L’acteur était déjà aimé, le réalisateur est porté aux nues (et à mon humble avis, à raison).

Lorsqu’il a annoncé vouloir s’attaquer à un récit situé pendant la Seconde Guerre Mondiale pour son nouveau projet, les réactions ont cependant été mitigées. D’une part la curiosité de voir ce qu’un réalisateur de la trempe et de la maturité de Eastwood pourrait faire avec un film d’un genre aussi balisé, non sans un certain espoir d’en voir surgir le film de guerre ultime. Mais d’autre part aussi le fait que justement le film de guerre est un genre tellement visité que le thème a déjà été décliné sous toutes les coutures, et l’inquiétude que dès lors Eastwood ne pourrait éviter la redite.

Mais le vieux briscard a fait pencher la balance en sa faveur lorsqu’il a dévoilé la teneur toute particulière de son nouveau projet. En effet celui-ci est ambitieux : Clint avait dans l’idée de tourner un diptyque centré autour d’une bataille dans le Pacifique entre l’armée américaine et les troupes japonaises, la bataille pour le contrôle de l’île de Iwo Jima, point névralgique et décisif pour asseoir la suprématie militaire de l’un ou l’autre des belligérants sur toute une partie du Pacifique. Mais la vraie originalité du concept tenait dans le fait que ces deux films serait le point de vue de chacune des deux armées. Avec Flags of our Fathers, Eastwood expose donc la vision de cette bataille du côté américain, son prochain film prévu tout prochainement Lamps before the Wind étant consacré à l’interprétation japonaise du même événement.

La photo mythique qui fit de quelques soldats de véritables héros.
Pour ce faire, Clint Eastwood nous narre l’histoire vraie de trois soldats américains, ceux qui seront célébrés comme les héros de toute une nation au moment où l’Amérique commençait à manquer cruellement de motivation et de soutien populaire pour l’effort de guerre. Ces trois hommes, qui doivent leur statut de héros au fait d’être présents sur la mythique photo de la bannière étoilée hissée au sommet du mont Suribahi, photo multi-diffusée dans tous les médias américains de l’époque, vont passer de l’état de simples combattants à celui de symboles vivants de l’Amérique triomphante.

Et c’est très certainement là que Eastwood parvient à surprendre une fois de plus. Là où l’on s’attendait à un film de guerre, on se retrouve dans une toute autre thématique, celle du statut de héros. Car si le film est effectivement ancré dans un contexte militaire et que le réalisateur nous réserve quelques scènes de bataille tout à fait réussie formellement, ce n’est pas du tout le point central de son récit. Eastwood préfère s’attarder sur la démythification du fameux cliché du mont Suribahi et nous emmène avec lui dans sa réflexion sur ce qu’est un héros. Sur l’image d’un homme aux yeux des autres et la confrontation avec sa propre vision de lui-même.

Ira, le Doc et Rene sont devenus des symboles, mais leurs pensées restent avec leurs amis restés au front.
Les trois soldats, John « Doc » Bradley (Ryan Phillippe, étonnant de maturité), Rene Gagnon (Jesse Bradford, dans un rôle difficile) et l’amérindien Ira Hayes (Adam Beach, exceptionnel de justesse) vont être confrontés à la médiatisation et surtout à l’instrumentalisation dont ils vont être l’objet de la part des hommes politiques au pouvoir.
À cela chacun des trois réagit différemment, et Eastwood démontre avec tact à quel point le rôle de héros est difficile à endosser. Le fait que le film soit tiré d’événements et de personnages ayant réellement existé renforce encore un peu plus l’empathie du spectateur vis-à-vis des personnages principaux. Clint Eastwood a su ainsi parfaitement éviter le piège qui le guettait. Réaliser un film de grande envergure sur la Seconde Guerre Mondiale aurait pu s’avérer ardu. Passer après les scènes de batailles apocalyptiques de films tels que Il faut sauver le Soldat Ryan de Spielberg, ou après des films aussi réussis et définitifs que La Ligne Rouge de Terrence Malick était loin d’être évident, mais le grand Clint parvient à éviter les comparaisons dangereuses en adoptant finalement un point de vue original.

Ira Hayes, un amérindien au coeur d'une guerre qui va changer son existence.
Oui, Mémoires de nos Pères est un film de guerre, mais il est loin de n’être que ça. Son thème principal est avant tout la question du mythe du héros. Au pays où l’image est reine, et où les héros sont des légendes, il est inattendu mais réjouissant de voir un film d’une telle dimension dont l’argument central consiste justement à déconstruire ces concepts. Peut-être d’ailleurs est-ce une des raisons pour lesquelles le film n’a pas rencontré un franc succès public. Ou alors est-ce dû aussi au fait que le diptyque de Clint Eastwood a comme une saveur d’inachevé (impression qui s’évaporera peut-être à la vision du second film Lamps before the Wind).

En tout cas, Mémoires de nos Pères mérite d’être vu, et surtout considéré, comme autre chose qu’uniquement un film de guerre. C’est un long métrage ambitieux, au discours qui peut parfois paraître peu optimiste sur les hommes, bien qu’il se veuille certainement plus réaliste que réellement pessimiste. Et il y a fort à parier que le film mettant en exergue le point de vue japonais de la bataille d’Iwo Jima permettra très certainement de compléter et de mieux apprécier encore l’ensemble de l’œuvre de Clint Eastwood.


L'affiche française du film. 

 

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