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  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 13:58

Et voilà, mine de rien j’arrive à mon deux-centième article déjà.
Comme je n’ai pas grand-chose à dire aujourd’hui, je me réfugie dans mon manuel de recettes d’articles faciles pour vous proposer au menu du jour un petit bilan vite fait bien fait.

Depuis le 7 décembre 2005 que mon blog est en ligne, j’en suis à très bientôt 80 000 pages vues pour un cumul de plus de 25 000 lecteurs uniques.
Ces trois derniers mois, je ne sais pas exactement à quoi c’est dû, mais mes statistiques de visites ont fait un petit bond en avant, puisque je suis passé à une moyenne de 13 000 pages vues par mois là où auparavant c’était Byzance quand je parvenais à 3000 pages vues le même mois. Côté visiteurs l’évolution est pas mal non plus, car de ma moyenne (dont j’étais déjà bien content) d’environ 60 visiteurs uniques par jour j’en suis maintenant à des chiffres naviguant entre 150 et 200 visiteurs uniques par jour !

Bon j’ai tout de même un début d’explication : le système de référencement d’over-blog me semble plus qu’efficace ! Que ce soit dans Google classique ou Google image, je suis chaque fois étonné de voir que je figure en bonne position pour des recherches sur lesquelles je n’aurais pas parié grand-chose (pour les films par exemple, alors que le cinéma est certainement l’un des thèmes les plus prolifiques sur la toile).
Un grand merci donc au référencement made in Over-blog !!

Pour la petite histoire, les visiteurs viennent en majorité de France, mais aussi de Suisse, de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Italie et du Canada. Puis dans une moindre mesure (et pour autant qu’on puisse en croire les indications du domaine de provenance des connexions), il y a aussi des visiteurs du Chili, de Côte d’Ivoire, d’Australie, du Vietnam, d’Argentine, du Brésil, du Royaume Uni, d’Afrique du Sud, du Maroc, de Suède, de Pologne, de Thaïlande, d’Espagne, de Finlande, etc…

Je sais bien que ces quelques statistiques n’ont pas grande importance, mais j’aime bien les consulter quand même, je suis curieux de savoir qui vient me visiter…

Pour finir, voici un petit florilège des mots-clés utilisés par certains dans des moteurs de recherche et qui les ont conduits tout droit chez moi… et j’aime autant vous dire qu’il y a des trucs bizarres parfois… (je vous retranscris en gras les recherches telles quelles, fautes comprises)

comment changer un pneu de VTT 20 désolé je n’ai jamais su faire ce genre de trucs
renseignement sur les identité des super hero marvel ah là je suis déjà plus au courant
hibou mort ça fait peur…
les pitt bull et leur description physique blond, bronzé, barbe de trois jours et trimballant les gosses de Angelina Jolie sous les bras, j’ai bon ?
pourquoi lire et écrire pourquoi pas ?
Les mayas le rôle des pompes funèbres euh… un spécialiste dans la salle ?
sit d'horreur pornographique ah ben ça fait plaisir merci
TIRE MOI.COM c’est demandé si gentiment !
que es el popo bull democrates
un traducteur dans la salle ¿
je t'aimerai toujours ah bah ça c’est gentil
pourquoi les manchots n'ont pas froid aux yeux arf ! de vrais petits effrontés effectivement !
fiers d'être français philippe de villiers affiche de campagne profession de foi quoââ ?
bourre moi.com mais on se connaît ?
petit texte sur cloisonner petite question sur quoi ça veut dire ?
axare ???
taxi 3 critique négative rapidement alors hein : c’est une belle daube
clique moi.com petite souris cherche gros matou ?
poissons rouges sautent aquarium pourquoi ça c’est une très bonne question
funeraille de tony almeida pas invité
clou dans pneu pas de bol dans vie
cpe soleil en soi laprairie d’accord
QUIZZ SUR LE FOOTBALL ah non désolé
20 question et son cerveaux sait a quoi tu pense pas la peine j’ai trouvé : tu es une amibe
Pour que la gauche soit fidèle à ses valeurs, déterminée à changer la vie quotidienne pas de propagande cocommuniste ici merci, ou Rico va faire une attaque ! :o)
caricature de phil barney tu ne parles pas de moi j’espère ?
"j'aime les requins" moi aussi
les mesanges mangent quoi? Chez ma grand-mère des graines de tournesol !
thanatopractologie oui moi aussi je suis très gai
amour et amnésie chouette petit film
comment les animaux du nord n'ont pas froid mais si en réalité, ils se caillent les miches !
fin du monde 13 avril 2036 et passe le bonjour à Paco Rabanne
tf1 roi de la débrouille et pas que de ça
arreté de mutation quand? Vous voulez vous débarrasser de moi c’est ça ?
je demande si tu pense à moi euh… oui ?
quatre generation en pompes funébres une famille de joyeux drilles
chorégraphie rabbi jacob Hoy !
meilleurs series+six fet under+prison break+oz je garde la première et la dernière
opinion autour du cpe tu vas pas être déçu
Philippe Swan music Belgium one point !!
X story arabe no comment
ecrire l'allemand trop compliqué
civilisation maya arbres de vie un mix entre Apocalypto et The Fountain ?
a quoi pense tu de moi je pense qu’une remise à niveau en français ne ferait pas de mal
COMMENT MONTER DES PNEUS DANS LE BON SENS et comment écrire en minuscule ?
c moi 191 j’ai pas compris, c’est quoi le code secret ?
la balle au centre analyse vous me ferez chimie, iono, plaquette et gaz du sang
iconographie psyché eros commentaires ouch ! rien que ça ?
la rupture de nate avec brenda moi aussi j’ai été très triste
chippendales laurence m6 pas de ça ici, désolé
comment s'appelle l'acteur du personnage léonidas du film 300 allez, je suis gentil je réponds : Gerard Butler
récits premiere levrette ben euh… c’était bien :o)
avant /apres appart beaucoup de bordel / moins de bordel :o)
tout s'arrange toujours ,même mal toi tu as trouvé ce que tu cherchais je pense
il y a quoi en alsace comme animaux des cigognes, des hamsters géants et Antoine Waechter
torture moi.com allez hop, Richard Claydermann en boucle pendant 48h, je sais, je suis un gros sadique.


Bon ben c’est tout pour cette fois. En route pour les 200 prochains articles… même si j’ai un peu baissé de fréquence ces derniers temps j’ai encore pas mal d’idées en gestation, donc je ne sais pas quand exactement, mais la suite arrive !!

Oups et j’ai failli oublier… merci à celles et ceux qui viennent ici régulièrement, ça me fait très, très plaisir, vraiment.

 

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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 19:52

Le voilà.

Je l’attendais depuis longtemps et c’est lui : le manga qui s’impose à moi comme l’une des plus belles bandes dessinées que j’aie pu lire. Ce n’est pas le premier manga que je lis mais presque, mais c’est le premier à me faire un tel effet. Il entre par la grande porte au sein des œuvres cultes, des bouquins qui ont su me marquer de façon indélébile.

 

Le postulat de départ est très excitant … ne vous êtes vous jamais posé la question de ce que vous feriez si vous pouviez revenir en arrière ? Ce que vous changeriez dans votre vie si vous aviez l’occasion de revivre des périodes-clés, ces moments où certains choix déterminent l’itinéraire d’une vie et où s’estompent comme des rêves les réalités qui auraient pu être, les chemins différents qui resteront à jamais de l’ordre du conditionnel passé ?

 Jiro Taniguchi nous prouve ici à quel point la réponse classique « moi je ne changerais rien » n’est pas si évidente que ça.

 

Voilà très exactement le genre de sujet qui me fascine (cf. Non, rien de rien). Parce que tout en lisant l’histoire de Hiroshi, son retour à l’adolescence alors qu’il a gardé tous ses souvenirs d’homme mûr, on se pose des questions sur soi-même. Sur sa vie, sur ce qu’on regrette d’avoir fait. Sur ce qu’on regrette de n’avoir pas fait.

Cliquer pour agrandir
Taniguchi nous entraîne avec lui dans l’histoire intimiste d’un homme ordinaire. Ça peut paraître un brin rébarbatif dit comme ça… et pourtant c’est tout le contraire.
Le récit est passionnant, parsemé de ces détails qui font d’une histoire une bonne histoire. Et, bien que situé dans le Japon des années 60 la majorité du temps, le récit a quelque chose d’universel, ce quelque chose qui fait qu’il touche tout le monde.

L’auteur prend le temps de poser son décor, ses personnages, il évite de se précipiter dans le déroulement de son intrigue et c’est tant mieux. Car au fil des pages on évolue en même temps que Hiroshi.
D’abord l’étonnement, le refus d’y croire.
Ensuite vient l’expérimentation, on est heureux de voir le personnage profiter de son expérience d’adulte pour améliorer sa vie d’adolescent. On se prend à espérer le voir réaliser telle ou telle chose, on se dit « moi à sa place je ferais ça ! », on vit l’expérience pleinement.
Et enfin on se pose les questions de fond avec lui. A-t-il le droit d’influencer son passé, de prendre des chemins qu’il n’avait pas pris la première fois qu’il avait 14 ans ? Le peut-il seulement ?
Le suspense monte tandis que Hiroshi cherche à résoudre le mystère de son père…

Bref, ce manga est captivant du début à la fin.

Côté dessin, Taniguchi sait faire jouer ses deux principales qualités : la simplicité et le réalisme de son trait tiennent un grand rôle dans le fait qu’on se plonge sans la moindre retenue dans son histoire.

 Quartier lointain est un de mes plus gros coups de cœur de ces dernières années, et je le range sans hésiter parmi les chefs d’œuvre du 9ème art. 

Couverture du premier des deux tomes

(ça se lit en deux tomes dans la collection écritures chez Casterman)

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 12:02

 Nicolas Sarkozy est élu président avec 53% des suffrages et un taux de participation record, autant dire que ça ne se discute pas. Encore moins en Alsace où il  obtenu un score d’environ 65% d’électeurs en sa faveur, ce qui fait de ma région celle qui a le plus massivement voté pour le candidat de l’UMP.
Dire que je me sens isolé en territoire ennemi serait exagéré, parce que je me refuse à tomber dans le piège récurrent qui consiste à systématiquement opposer gauche et droite sur tous les points. Dès lors que l’on ne fait pas de réaction allergique idiote aux personnes de l’autre camp, j’aime à croire la discussion possible, je reste persuadé qu’il existe des moyens de ne pas sombrer dans les débats d’idées stériles comme c’est trop souvent le cas.
Pour ma part j’ai des potes de droite et nos idées divergentes ne nous interdisent pas de nous apprécier pour nos qualités. Être fermé par idéologie et obtus pas principe, ce n’est pas mon truc.

J’essaie donc d’être ouvert, et plutôt curieux (puisque de toute façon maintenant c’est parti pour au minimum 5 années) de voir ce que Sarko va faire, comment il va tenir ses promesses, et surtout comment les gens vont réagir devant les actes après avoir approuvé (peut-être sans vraiment réaliser à quoi cela va correspondre dans les faits) les discours.

Tel que j’ai lu et compris le programme du nouveau président cependant, j’ai du mal à trouver beaucoup de raisons de m’enthousiasmer…

Pour commencer, on va pouvoir dire adieu au CDI au profit d’un contrat de travail unique et plus ou moins inspiré du CNE, autrement dit le prototype du fameux CPE. Rappelons pour mémoire que Sarko était contre le CPE pour 2 raisons principales : parce que ça ne concernait que les jeunes (il aurait voulu que ça s’applique à tout le monde) et parce que ça faisait chier Villepin. Bref, moins de protection du travailleur, un droit du travail mis à mal, et la précarité de l’emploi qui va (encore) faire un bond en avant. Ça m’a toujours sidéré qu’on puisse faire avaler au gens ce concept iconoclaste qui veut que pour protéger l’emploi et lutter contre le chômage on facilite les licenciements. En même temps puisqu’il suffit de radier des gens d’une liste pour faire croire qu’ils n’existent plus, sûr que Sarko va y arriver à ses 5% de chômeurs…

Ensuite il va falloir faire des économies, de grosses économies. Pas sur le budget de la défense, pas sur les cadeaux fiscaux aux entreprises en bonne santé qui licencient pour plaire au système boursier devenu roi. Non, les économies se feront sur les dépenses publiques, traduisez dans le vocabulaire de Sarkozy par la diminution drastique du Service Public. Entendons-nous bien : je suis persuadé qu’il y a des choses à faire pour moderniser et améliorer le fonctionnement du service public, mais Sarko ne se pose pas la question sous cet angle, puisque sans enter à aucun moment dans les détails de sa proposition, il avance simplement le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite. OK.

Je me permets juste de rappeler qu’à longueur d’année tout le monde se plaint d’un manque d’enseignants, du dénuement des hôpitaux publics, du déneigement jamais assez rapide des routes en hiver, sans parler des effectifs de la police dont le renforcement est souhaité par une immense majorité. Alors Nico tu vas virer qui ? moi je le sens venir gros comme une maison : finies les lignes SNCF qui ne rapportent pas assez (autrement dit tu habites un petit patelin et tu n’as qu’un train pour aller bosser… eh bien tu n’en auras plus du tout), fermés les bureaux de Poste qui ne sont pas au centre des grandes agglomérations ( et tant pis mémé s’il faut faire 40 bornes pour aller à la Poste la plus proche, tu te démerdes), bradées au privé GDF et EDF, les fleurons du public qui rapportent pourtant du fric à l’État, et tant pis pour la hausse de vos factures d’énergie à venir (car dans tous les pays qui ont privatisé ces secteurs les prix se sont envolés). Sans même parler du désengagement de l’État d’une multitude de missions publiques. Exemple : presque toutes les routes nationales qui sont refourguées aux départements (avec tout un tas d’autres missions dont ils se seraient bien passées d’ailleurs). Ça vous fera soi-disant payer moins d’impôts sur le revenu à l’État et ça fera revenir Johnny en France. Mais ne vous inquiétez pas, vos impôts locaux vont faire un bond très bientôt. Ou alors on laisse les routes à l’abandon, au choix. Autre solution : on colle des péages partout même hors autoroutes, on verra bien si l’usager va faire des économies…

Bref, si il est en effet nécessaire de rationaliser les dépenses publiques, démanteler le Service Public n’est pas la bonne solution à mon avis. On y va tout droit pourtant.

Quoi d’autre ? eh bien prévoyez dans les mois qui viennent des grèves, des manifestations et un beau bordel. N’oubliez pas que l’an prochain on fête les 40 ans de mai 68…

Sinon juste un mot sur les futurs ministres… J’aime beaucoup Jean-Louis Borloo, mais j’espère sincèrement qu’il ne sera pas premier ministre. Tout le monde pronostique François Fillon et j’espère que ce sera lui. Et qu’il s’entourera au gouvernement de types comme Coppé, Devedjian, Douste-Blazy, Juppé, Bachelot, Boutin, toutes celles et ceux que je ne supporte pas, les rigolos de première qui ont les dents qui rayent le parquet, les imbuvables. Juste histoire d’accélérer leur chute par leur impopularité (parce que la gauche n’a pas le monopole des têtes à claques !)

Si Sarko est malin il collera des têtes plus populaires et sympas, comme Borloo, Santini, Rachida Dati –et j’ai même entendu parler de Bockel !-, aux postes importants. De toute façon il lui faudra faire des choix judicieux étant donné qu’il a annoncé qu’il n’y aurait que 15 ministres et la parité hommes-femmes (bonne blague ça aussi d’ailleurs).

Bref, je suis vraiment curieux de voir ça. Les prochains temps vont être mouvementés, et les perspectives pas forcément très réjouissantes. Vas-y Nico à toi de jouer. Fais ce que tu as dit comme tu l’as dit, qu’on voit si les français t’ont élu sur tes idées ou sur tes slogans. On dit souvent que le pire ennemi du PS c’est le PS lui-même, quelque chose me dit que ça va se décliner à droite aussi…
 

 

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 17:43


Allez voter.


P.S. : si vous êtes électeur de Sarko, ce message ne s’adresse pas à vous hein… d’ailleurs vous vous détendez, vos paupières se font lourdes, vos muscles se relâchent, une douce chaleur prend agréablement possession de votre corps, vous sombrez lentement et vous vous abandonnez dans le bien-être le plus total… dormez pour les 48 heures à venir je le veux…
 

 

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 16:30

Depuis le débat de mercredi soir, on a déjà entendu toutes sortes de commentaires avisés, aussi bien dans un sens que dans l’autre.
Selon les uns, Ségo a gagné le match aux points. Selon les autres, Sarko a gagné la bataille en ne tombant jamais dans le piège de l’énervement qui lui était tendu.

Ce que j’en retiens moi, c’est que sur le fond Ségo a certainement été meilleure que prévu et elle n’a rien lâché. Sur ce point elle a été la gagnante de l’affrontement. Sur la forme en revanche, Sarko est apparu calme et posé (presque décevant si on compare avec cette nervosité qu’on lui reproche d’habitude), alors que Ségo a été agressive, sèche, cassante.
J’ai bien peur que les idées et les arguments de Ségo que j’ai trouvés pour la plupart (pas tous non plus cependant) convaincants pèseront beaucoup moins lourd dans la balance que l’image d’instit aigrie d’un autre âge qu’elle a donné d’elle.

Les gens voient et retiennent avant tout l’apparence, et malheureusement cela fait déjà bien longtemps qu’ils votent plus pour une personnalité que pour des idées.
C’est ce qui me fait dire qu’objectivement, bien qu’ayant trouvé Ségo plus convaincante que Sarko, c’est malgré tout elle qui a perdu ce débat.

J’étais parti dans l’idée de décortiquer ici les argumentaires de l’un et de l’autre, mais bof… je me contenterai de dire que Sarko est le meilleur orateur et communiquant des deux, et de très loin. Dommage pour moi que je ne sois pas d’accord avec la grande majorité de ses prises de positions.

Mais bon, ce n’est pas une si grande déception que ça, jamais je n’avais cru aux chances de la socialiste contre Sarko, elle a même fait mieux que je n’aurais cru.
Cela étant dit, je crois qu’il va falloir me résigner à l’inéluctable, la prestation des deux candidats de mercredi soir ne changera certainement rien à l’affaire.
On va s’en prendre pour 5 ans renouvelables de Sarko et puis voilà.
La gauche aura peut-être à nouveau sa chance en 2017, va savoir…
 

 

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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 13:48

La maison ressemble à un nid douillet, perdue quelque part au bout du monde.
Précédée de deux autres demeures coquettes et des installations d’un éleveur de brebis, elle est à l’extrémité du hameau du Ressegayre, à l’écart de Cazals, petit village rural du Lot.

Il est 17h00, le soleil a brillé toute la journée sans discontinuer. Il fait chaud mais pas étouffant, un brin d’air est charrié par une brise discrète mais infiniment agréable.
Je descends au rez-de-chaussée, j’ouvre la porte-vitrée et le volet, me voilà sur la terrasse à deux pas du gazon. Une haie de vignes grimpantes sous laquelle on peut s’abriter, quelques fleurs, deux arbres fruitiers bourgeonnants, et au-delà c’est l’étendue verte. Où que l’on dirige son regard, c’est cette couleur qui englobe tout.

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D’abord la prairie parsemée de châtaigniers encore nus et de brebis paissant paresseusement, lâchant de temps à autre un « bêêêêh », plus pour la forme que par réelle conviction. Puis la forêt qui est comme une symphonie de vert. Il y a les chênes en grand nombre, d’un vert clair et doux au regard. De rares et solennels peupliers disputent le statut de minorité oppressée à quelques épineux d’un vert sombre qui obscurcissent par leur couleur et leur épaisseur le sous-bois. Et seul contre tous, à la lisière de la forêt, un majestueux saule pleureur semble hésiter entre la solitude de la prairie et la compagnie du reste de ses congénères du peuple arboré.

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Je m’assieds sur une chaise de jardin, face à la prairie, sous l’œil tout juste distrait des brebis trop occupées à ne rien faire.
Défait de mes chaussures qui m’ont pesé toute la journée et de ma chemise devenue inutile, je laisse le soleil de fin de journée darder ses doux rayons sur ma peau. Les caresses du vent et la chaleur réconfortante du soleil se succèdent tour à tour. Je n’ai pas chaud, je n’ai pas froid. Je suis bien.

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Alors que je suis plongé dans la lecture de mon roman, je stoppe un instant pour me concentrer sur ce qui se passe autour de moi. Dans les châtaigniers et les haies, les oiseaux sont les rois. Je reconnais les piaillements et l’agitation des moineaux, ils sont ici comme partout ailleurs : intenables. Les mésanges sont là aussi, moins nerveuses que leurs collègues à robe brune, et au chant plus mélodieux. Quelques gros merles font la loi, ils ont l’air jeunes, leur robe n’est pas encore noire.
Au loin j’entends avec une régularité de métronome le « tacatacatac » distinctif d’un pic qui s’acharne sur un tronc, histoire d’y déloger son dîner. Car déjà le soleil baisse vers l’horion découpé par les collines.

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Le berger arrive. Abby, la petite chienne caniche saute dans tous les sens en aboyant, son caractère joyeux tranchant avec le sérieux de ses trois compagnons noirs et blancs. Trois shetlands, ces chiens de bergers à l’allure fine, se déploient dans le pré mais force est d’avouer que malgré leur enthousiasme et leur professionnalisme, ils n’ont pas grand-chose à faire. Les brebis ont commencé à se regrouper vers la grille, prêtes à se rendre à la bergerie. Les bêlements redoublent, l’apathie des ovidés ayant fait place en un instant à un bel empressement de rentrer chez eux.

Le soleil devient rasant alors qu’un somptueux flambée virevolte sans vouloir se poser dans le jardin. Puis c’est un sphinx qui apparaît et se met en stationnaire à proximité du pavé de fleurs. J’attrape mon appareil photo et m’approche sans geste brusque pour tenter d’immortaliser son vol pendant qu’il butine. Peine perdue. Le papillon décide d’aller voir ailleurs si je n’y suis pas, n’appréciant visiblement pas d’être observé alors qu’il prend son repas. Revenant m’asseoir, je continue ma lecture interrompue. Les lignes s’enchaînent, les pages passent, je ne vois pas le temps passer. Déjà le soleil n’est plus là, mais la température reste agréable et la luminosité bien suffisante.

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Dans la forêt, quelque part loin devant moi, un cerf rée. Un cri de gorge puissant et répété à trois reprises. Attend-il une réponse ou indique-t-il simplement sa présence à quelques douces biches avant la nuit ? Je ne sais, mais son cri est comme le signal à tous que la nuit va tomber et qu’il devient ce-faisant et pour toute sa durée, le seul maître des lieux.

Derrière moi une fenêtre s’ouvre, j’entends la voix de Marc. Je crois qu’il a faim…

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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 20:25

Je dois le confesser, je ne lis plus assez.
Je parle de lire des romans.
Il fut un temps où la lecture était bien plus qu’un passe-temps ou une passion, c’était une composante principale de ma vie. Jusqu’à mes 20 ans, j’engloutissais bouquins sur bouquins avec un appétit qui confinait à l’insatiabilité.

Et puis, la vie. Le boulot, les obligations et les responsabilités grignotent l’essentiel du temps-libre qui nous était pourtant promis au travers l’indépendance acquise avec le statut « d’adulte ».

La paresse, l’internet et la télévision se chargent d’occuper ce qui reste. Si bien que malgré la curiosité et l’envie, qui elles au moins ne m’ont jamais quitté, les livres dont la succession jalonnait mon existence, sont vite devenus la portion congrue de mes loisirs. La lecture n’en est par pour autant totalement bannie, bien au contraire, car ma passion dévorante pour la BD a tenu bon, secondée de manière tout à fait honorable par mon intérêt pour quelques magazines spécialisés allant du cinéma aux comics, en passant par les sciences. Et pour tout dire, la tenue de ce blog, même s’il n’y paraît rien, est également quelque peu vorace en temps et en investissement.
Mais de romans, si l’année m’en voit lire trois ou quatre, c’est déjà une belle performance.

Je dois bien avouer cependant que j’ai été assez veinard malgré cette quasi-désertion des rayonnages littérature. Car presque à chaque fois que j’ai replongé dans un roman, il s’est agit d’un bon bouquin.

Mais celui que je viens de lire la semaine passée dépasse la définition de « bon bouquin ». Est-ce parce que je l’ai lu dans le calme le plus absolu d’une maison isolée au fin fond de la campagne verdoyante du Lot que l’effet sur moi en a été décuplé, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que L’Élégance du Hérisson de Muriel Barbery (aux éditions Gallimard) m’a profondément touché, à un point qu’il ne m’avait pas été donné de ressentir depuis longtemps. Au point même que j’hésite à trop en dire de peur de ne pas en parler assez bien. Je m’y risque cependant.

Tout se passe au 7 rue de Grenelle à Paris, au sein d’un immeuble bourgeois. Renée Michel, 54 ans, en est la concierge. Veuve, laide et un peu enrobée, elle est l’image d’Épinal de la concierge. À ceci près qu’elle est dotée d’une intelligence et d’une sensibilité rares, qu’elle cache volontairement derrière une façade de bonne femme morne et sans instruction. Pour vivre heureuse, vivons cachée pense-t-elle. Être à la fois pauvre, laide et intelligente ne lui apporterait que des ennuis selon elle, aussi s’ingénie-t-elle à gommer son intellect supérieur à la moyenne à la vue des autres.
 Paloma Josse a 12 ans et habite l’immeuble du 7 rue de Grenelle. Elle est exceptionnellement intelligente et porte un regard sans concession sur le monde. Les adultes la désespèrent, et tandis qu’elle cache elle aussi son esprit hors-norme à son entourage, elle ne voit qu’une solution à la vacuité de la vie : le jour de ses 13 ans, elle se suicidera.

Tout le roman est écrit à la première personne, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Il y a deux narrateurs différents, la concierge et la jeune fille, qui se succèdent de chapitres en chapitres. Ces derniers d’ailleurs sont très courts, donnant un rythme soutenu à l’histoire et une fluidité agréable à la lecture.
Au travers de ces deux visions décalées et originales du monde, Muriel Barbery construit deux personnages riches, attachants et diablement intéressants. Dans ce cas précis, l’usage de la narration à la première personne ne permet pas pour autant l’identification aux personnages principaux (du moins pas dans mon cas !), mais l’auteure (ça se met au féminin ce terme non ?) parvient à les rendre touchants, vrais et parfaitement crédibles. Et Muriel Barbery en profite pour laisser déferler au gré des pages quelques traits d’esprits fulgurants et certaines idées et réflexions tout à fait réjouissantes.

Mais, et c’est là l’essentiel et le cœur du bouquin, l’intelligence exacerbée des deux héroïnes ne rend pas le roman froid, analytique ou conceptuel, elle est tout au contraire le catalyseur inattendu et imparable d’une histoire toute en émotions et en sentiments.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été transporté ainsi par deux personnages de fiction aussi attachants. Chaque page du roman nourrit l’impatience de découvrir le devenir de ses deux esprits exceptionnels camouflés dans des corps a priori incompatibles avec l’intellect qu’ils renferment. Cette incongruité corps/esprit augmentant d’autant l’impact des réflexions et de la vision du monde  de Renée et de Paloma.

Vraiment, L’Élégance du Hérisson est une lecture marquante et certainement l’un des meilleurs romans (si tant est que mon maigre panel récent de lectures puisse valider la pertinence de cette affirmation) que j’ai pu lire dernièrement.
J’adresse donc un immense merci à la personne qui m’a fait découvrir ce livre (coucou Stella… je ne peux même plus te mettre en lien maintenant que tu n’as plus de blog…). Ce fut un très beau et très inspiré cadeau.

Mais à propos, ça veut dire quoi exactement l'élégance du hérisson ? Pour le savoir, lisez ce bouquin ! 

 

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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 21:18


« Nous n’avons pas besoin de quelqu’un qui change d’avis comme elle change de jupe. »

Michèle Alliot-Marie, fer de lance de la parité hommes-femmes pour l’usage de petites phrases mesquines en politique.
 

 

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 07:35

Ceux qui me connaissent le savent, je suis un gros consommateur de bandes-dessinées. Faut dire que j’ai appris à lire avec Tintin, Gaston Lagaffe et Astérix, que j’ai été élevé au Pif Gadget et à Petzi l’Ourson, que je suis tombé dans les comics via Strange et consorts alors que je n’avais pas encore 10 ans, et que j’ai eu le plaisir de rencontrer quelques personnes qui m’ont fait découvrir des trésors insoupçonnés dans la BD franco-belge et plus tard encore les mangas.
Et avec mon indépendance financière les choses se sont encore accélérées… je n’en finis plus d’empiler les comics chaque mois et de remplir mes étagères de bibliothèques, mobilier que je consomme à fréquence de plus en plus rapprochée…

Ceux qui me connaissent le savent également, je suis un gros producteur de listes. J’aime répertorier, classer, organiser, lister, cataloguer, trier, banque-de-donneriser un peu tout et n’importe quoi. Vous imaginez sans peine qu’une collection de BD se prête tout particulièrement à ce genre de petit plaisir… Comme de nombreux collectionneurs, j’ai donc commencé par lister manuscritement mes BD. Et avec mon souci du détail des infos à récupérer, j’ai rapidement rempli quelques cahiers à spirales. Je suis donc très vite passé à quelque chose d’un peu plus « propre » en saisissant tout cela dans un classique mais efficace tableau Excel. Mais cherchant à mieux faire encore, et à associer le pratique à l’esthétique et à l’exhaustivité, je me suis mis à plancher sur une vraie base de données sous Access, munie d’une interface sympa et avec dans l’idée d’incorporer le visuel des couvertures à ma liste de titres…

Et c’est alors que je réfléchissais à créer cette petite application perso que je suis tombé par hasard sur un site de gestion de BD en ligne, comme il en existe d’ailleurs quelques uns sur le net. Le site en question, c’est BDovore.com, et j’en suis vite tombé accro.
Pour plusieurs raisons. D’abord c’est un service gratuit et en ligne, deux caractéristiques non négligeables. Ensuite parce que la banque de données est plutôt bien fournie et mise à jour très régulièrement, ce qui est appréciable. Mais en plus de cela il y a vraiment toutes les formes de BD qui y sont gérables. Depuis le traditionnel album franco-belge jusqu’à la dernière nouveauté en manga, en passant aussi pas les comics vendus en kiosques (les sorties Presse côtoient les sorties librairies dans la même base, cool !), et même les comics en V.O. ! Et puis aussi des ouvrages un peu périphériques à la BD comme par exemple les encyclopédies Marvel ou des recueils d’illustrations pour peu que l’auteur soit aussi auteur de BD. Sans parler de la possibilité de différencier les différentes éditions d’un même album, option chère à tout collectionneur pointilleux !

Je me suis donc lancé cet été dans la création d’un compte (sous mon pseudo de bédéphile internaute : Marv) et la saisie des BD en ma possession, que j’essaie de tenir à jour hebdomadairement au fur et à mesure de mes achats.

Alors évidemment l’exhaustivité n’étant pas plus de ce monde que la perfection, BDovore n’est pas exempt de petits défauts. Au départ on trouve ça un peu fouillis au niveau des différents menus et de l’ergonomie des pages, mais on s’y fait vite et ce n’est pas si grave. Et bien sûr au niveau de la base de données on n’évitera jamais totalement les coquilles, les doublons ou les erreurs sur l’un ou l’autre album. De même qu’il manque parfois des BD dans la base, soit des anciennes BD encore pas saisies dans la base, soit des nouveautés très récentes. Mais de ce point de vue, il y a des outils permettant de proposer aux webmasters des corrections, des ajouts de nouvelles BD ou des complétions d’informations manquantes. J’avoue pour ma part n’avoir pas encore pris le temps de saisir dans la base des titres qui n’y figurent pas mais que je possède, mais je compte bien le faire un jour ou l’autre.

Et puis une fois qu’on a saisi sa collection on a toute une gamme d’outils statistiques à sa disposition, qui permettent un peu de décortiquer sa collection sous plusieurs angles. On peut également faire ses prévisions d’achats, gérer les prêts qu’on fait à d’autres personnes, et option très intéressante, évaluer la valeur de sa bibliothèque ! (bien que pour l’instant certains prix exacts manquent dans la base). Enfin, histoire de frimer un peu ou tout simplement de partager sa passion, on peut rendre public l’accès à sa collection. D’ailleurs si tout ça vous intéresse et que vous voulez voir à quoi ça ressemble, voici le lien vers ma collection (plus ou moins à jour…), vous pourrez vous faire une idée du site.

Pour tout amateur de BD (et de listes dons…), je conseille donc vivement BDovore. Et pour plus d’infos pratiques et découvrir un peu les autres utilisateurs du site, il y a aussi un forum (pas aussi actif que des forums comme celui de BDParadisio mais convivial et sympa) où vous trouverez pas mal de réponses aux questions les plus courantes de l’utilisateur débutant.

En tout cas je remercie vraiment le créateur du site et ceux qui l’administrent et le font vivre : ils m’ont évité de me prendre la tête à développer ma propre application ! Alors vive BDovore.com !!
192-bdovore.gif 

 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 07:27

« … Non je ne regrette rien, ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal, tout ça m’est bien égal […] c’est payé, balayé, oublié, je me fous du passé. »

C’est bien sûr Édith Piaf qui chantait ça, même les plus hermétiques à la chanson française connaissent je pense.

Non, rien de rien, non je ne regrette rien...
Si je mets cet extrait en introduction, c’est parce qu’on dirait que cette idée s’est généralisée, que le credo « ni remords, ni regrets » (au passage, c’est aussi le titre d’une chanson de l’helvète Stephan Eicher) est devenu le seul valable, la règle imposée.

Je le comprends d’autant moins que ce n’est absolument pas ma vision de la vie.Je ne suis pas encore (trop) vieux, et pourtant à tout juste 32 ans des regrets j’en ai déjà, et certains me poursuivent depuis belle lurette.

La vie de tout un chacun est parsemée de moments-clés, ces instants où l’on se retrouve à une intersection qui impose de faire un choix qui va modeler le reste de son existence. Et qu’on le veuille ou non, on ne fait pas toujours le meilleur choix. On peut se tromper, faire fausse route, c’est humain. Au-delà même des choix qui s’avèrent catastrophiques, il y a aussi ceux qui ne mènent pas forcément à l’échec mais qui restent cependant peu fructueux. Ceux qui amènent à se demander avec une certaine nostalgie mêlée de curiosité ce qui se serait passé si on avait bifurqué dans une autre direction.

Pour ma part j’ai une qualité qui parfois se retourne contre moi. J’ai une très bonne mémoire. Évidemment ça a ses bons côtés : ça m’a bien aidé tout au long de ma scolarité par exemple, et ce n’est pas inutile non plus au Trivial Pursuit !  J’arrive à retenir sans trop d’effort les noms d’obscurs seconds rôles de séries B juste parce qu’ils m’ont plu, je me souviens des péripéties que vivent les personnages de Santa Barbara au cours des 2137 épisodes que compte ce soap qui a bercé ma jeunesse (shame on me, je sais, je sais…), je suis capable de raconter par le menu la majeure partie des dizaines de comics mensuels que j’ingurgite depuis mes 10 ans…

Cela étant dit, je n’ai pas une mémoire encyclopédique non plus, je me suis pas de ces surdoués qui possèdent une mémoire photographique ou de ces hyper-mnésiques qui retiennent jusqu’au moindre détail chaque seconde de leur vie.
Mais tout ce qui me touche, me plaît, m’interpelle de près ou de loin, j’ai des facilités à le retenir. Depuis la plus absurde futilité jusqu’aux moments charnières, les plus importants.
Et quand je dis que cette mémoire peut se retourner par moments contre moi, c’est quand justement je suis incapable d’oublier ce qui devrait l’être pour avancer sereinement. Avoir des tonnes de souvenirs joyeux et revigorants c’est une bénédiction, mais la contre-partie à payer pour moi c’est de ressasser et vivre aussi continuellement avec mes échecs passés, mes peines, mes hontes et mes remords.

Je ne suis ni le pire ni le meilleur des hommes, la question n’est pas là, mais j’ai eu parfois des raisons de m’en vouloir sérieusement. Et si j’arrive à pardonner (vieux reste d’une éducation trop emprunte de judéo-christianisme ?), il n’est qu’une personne qui ne trouve pas d’excuses à mes yeux : moi-même. Du coup, mes biens aimés souvenirs nourrissent aussi mes regrets, c’est inéluctable. J’ai toujours fonctionné ainsi.

Régulièrement, à la classique question « Si vous pouviez recommencer, que changeriez-vous à votre vie ? », j’entends l’invariable réponse « Rien, je referais tout à l’identique, y-compris les erreurs, parce que ce qu’on apprend de nos erreurs forme notre personnalité ».
Et tout le monde s’acharne à répondre ça, comme si répondre autrement serait s’injurier soi-même. Il ne faut surtout pas avouer ses échecs, faire comme si ce n’était pas grave, jouer celui qui surmonte tout parce que sinon cela nous condamne (même si c’est inexact) à l’image de celui qui a « raté sa vie ».

Regrets interdits !!
Parfois j’en viens à me demander si dans la réponse toute faite de ceux qui ne regrettent rien, il n’y a pas une sorte de fuite en avant éperdue, une forme d’auto-persuasion qui tiendrait presque du réflexe de survie. Croient-ils vraiment viscéralement en ce qu’ils disent, ou est-ce une façon de se persuader soi-même en se positionnant comme celui qui assume tout avec le sourire aux lèvres face aux autres ?

Entendons-nous bien : ma vie n’est pas un supplice, ce texte n’est pas un apitoiement sur moi-même, n’allez surtout pas vous imaginer je ne sais quoi. Je sais faire la part des choses et jamais je n’oserais me faire passer pour quelqu’un à plaindre. Comme tout un chacun j’ai connu des bonheurs et des malheurs, et si je devais en tirer un bilan, ce serait mentir que d’affirmer que pour moi la balance de la vie a penché du mauvais côté. Je suis conscient de mes chances, loin de moi l’idée de vouloir jouer les victimes et les pleureuses à deux sous. Mais là n’est pas mon propos.

Ce que je ne comprends pas, c’est cette façon quasi-généralisée de verser dans l’optimisme béat. Quoiqu’il arrive, de toujours positiver, quitte à nier les réalités peu reluisantes, ou à minimiser leur importance. Le positivisme forcené (mais je pourrais dire la même chose du négativisme du reste) me dépasse, me fatigue, m’agace.

Faut-il donc être un optimiste inébranlable toute sa vie, sous peine de basculer dans la catégorie « losers » ? Avouer un échec, avouer un regret et admettre l’importance de nos actes manqués nous met-il forcément sur la touche, loin des bienfaits d’une société qui va toujours de l’avant, où un regard en arrière est considéré comme une faiblesse ?
N’y a-t-il donc pas de place pour l’objectivité ? Être vraiment objectif sur soi-même est certes difficile, mais faut-il pour autant céder à la facilité de ne jamais rien regretter ?
J’ai souvent l’impression que le fait de ne justement « jamais rien regretter » est présenté comme une grande force de caractère, un grand courage. Je le vois pour ma part comme l’exact inverse : pour moi c’est d’admettre qu’on a été mauvais, nul, triste, méprisable qui est une force, pas de le nier ou le passer sous silence. L’angélisme et le défaitisme ne sont que deux faces d’une même pièce, et sont aussi vains et dangereux l’un que l’autre.

Oui, j’ai d’immenses regrets et d’immenses hontes. Et si j’ai honte de certains de mes actes, une chose dont je n’ai aucunement honte, quitte à m’exposer à l’incompréhension de certains, c’est d’avoir des regrets justement.
(et tant pis si cette phrase est compliquée, alambiquée et bourrée de répétitions !)

J’ai commencé ce texte avec un extrait de chanson, je finirai donc de même. Voici donc une phrase qui me poursuit partout où je vais, qui fait certainement parti des valeurs les plus ancrées en moi, et qui illustre parfaitement ma vision de la vie (attention, je sors les grands mots…).
Cette phrase toute bête mais chargée de sens, je la dois comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs à un artiste qui compte énormément pour moi, Bernard Lavilliers.
Vous connaissez peut-être déjà, elle est extraite de Nord - Sud, je vous la livre :

« Alors écoute : tout s’arrange toujours. Même mal… »

En quelques mots, tout est dit.
Alors écoute : tout s'arrange toujours. Même mal. 

 

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