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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 14:57

Voilà bien longtemps que je n’avais pas consacré une note à la BD ! En même temps je sais que ce thème n’intéresse pas la majorité de celles et ceux qui lisent mon blog, encore plus particulièrement quand je parle de comics de super-héros. Ne niez pas, j’ai eu des confessions à ce sujet…

Alors aujourd’hui je coupe la poire en deux : je vais vous parler de WE3 (prononcez « We free »), un comic mais pas de super-héros. Non, ce comic-ci a pour personnages principaux des animaux de compagnie ! Bon d’accord, pas n’importe lesquels non plus…

Le trio en tenue de combat : sont-y pas mignons ?
Aux États-Unis, un département spécifique de l’armée travaille dans le plus grand secret à l’élaboration de nouvelles armes biologiques. Mais pas de virus ébola mutant ou de variole survitaminée… les nouvelles armes biologiques (ou plutôt bioniques en fait) sont un chien (nommé 1), une chatte (nommée 2) et un lapin nain (nommé 3) ! Ces animaux domestiques ont subi différentes opérations qui en ont fait de véritables armes cybernétiques, bardées d’armures et de gadgets technologiques mortellement dangereux. Dotés d’une interface reliée à leurs cerveaux, ils peuvent également s’exprimer vocalement, un ordinateur formulant à leur place leurs pensées sous forme de concepts et de mots simples.

Après l'effort le réconfort : manger !
Mais quand l’armée décide de passer au niveau supérieur de développement et de se débarrasser des trois bébêtes, celles-ci ne l’entendent pas ainsi de leurs oreilles poilues et s’enfuient toutes griffes dehors. S’engage alors une chasse effrénée pour récupérer et éliminer les animaux fuyards, le tout le plus discrètement possible… Et ces mini armes de destruction massive ne seront pas si simples que prévu à maîtriser…

1 le chien est tenaillé entre son instinct de survie et l'obéissance à laquelle il a été habitué...
Le moins qu’on puisse dire c’est que le scénariste Grant Morrison démontre une fois de plus l’une de ses plus grandes qualités : il sait étonner et prendre au dépourvu ses lecteurs. L’homme qui a su relancer avec brio des X-Men qui naviguaient en pilote automatique avant son arrivée sur le titre en 2001 propose ici une histoire innovante, au ton original et au thème pas si enfantin qu’on pourrait le croire. Car si on peut y voir basiquement un discours anti-militaire et pour la protection des animaux, on est pourtant très loin d’une diatribe hystérique à la Brigitte Bardot. Ce qui transpire surtout de WE3 (comme d’ailleurs de l’ensemble de son œuvre, de façon plus ou moins évidente depuis Les Invisibles jusqu’à New X-Men en passant par Seven Soldiers of Victory)  c’est l’idée de transgression à l’ordre établi, la lutte pour la liberté, l’indépendance de l’esprit. Et même à travers trois boules de poils en guise de héros, Morrison parvient encore à faire passer des messages et des réflexions universels.

À ses côtés, il a fait appel à un très grand dessinateur écossais, Frank Quitely (The Authority, JLA : Earth 2, All Star Superman, …). Quitely a un style quelque peu controversé, les traits de ses personnages étant souvent mal considérés (trop boursouflés, pas assez lisses, pas assez beaux). Mais moi j’avoue que j’adore ce style percutant à mi-chemin entre un Richard Corben light et un George Perez sous acide ! Et si je ne devais retenir qu’une chose de ses planches, ce serait le dynamisme qu’il y insuffle.

Cliquer pour agrandir la planche.
C’est d’ailleurs à ce niveau que le bât blesse en ce qui concerne l’édition française de WE3, sortie chez Panini en début d’année. Pour adapter le matériau d’origine aux standards de taille des albums français, les planches ont été agrandies, en partie rognées par endroit, et à l’arrivée elles perdent un peu de la force qu’elles avaient dans leur format d’origine (le format comics US). Et au passage, le prix aussi augmente avec la taille… certains comics grand format commencent à coûter vraiment cher !
Dommage également que le « WE3 » du titre n’ait pas été francisé en « NOUS3 » par exemple, on y perd un peu en double-sens ainsi qu’en cohésion avec le reste des mots utilisés par les animaux, souvent phonétiques.

Les sens en éveil : des rats approchent...
Mais cela étant dit, je considère que ces défauts restent minimes et que la BD mérite largement d’être lue en VF si la VO vous échappe (pas toujours évident à trouver par chez nous) ou vous rebute (pas toujours évident d’être un parfait anglophone non plus !!).

Donc si vous avez envie de lire une fable des temps modernes, où les animaux parlent certes un peu moins que chez Lafontaine mais castagnent un peu plus, WE3 fera votre bonheur !


Minou minou minou...
 

 

 

 

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:21


Extraits de correspondances exhumés du fin fond de mon disque dur…


Lundi 8 sept. 2003

Je t'avoue que ce début de semaine est un peu gris, un peu tristounet aussi. Marc a reçu son arrêté de mutation. Il commence le 1er octobre dans son nouveau poste, perdu quelque part dans le Lot. Dans moins d'un mois. Moins le temps de déménager. Bref, ça me fait tout bizarre de me dire que dans quelques jours l'ami qui est assis en face de moi chaque jour ne sera plus là. Ça m'embête plus que ça ne devrait, j'y pense pas mal en ce moment. Il est temps que je me remette à (t’)écrire, ça me changera les idées et m'aérera les pensées...

J'ai toujours été plutôt solitaire, ce n'est pas ça qui me fait peur. Simplement, si j'ai peu d'amis je leur accorde une grande importance, ce qui rend le départ de l'un d'eux d'autant plus difficile à accepter. Ce que j'aime chez Marc, c'est son silence. Il sait se taire et écouter. On en a écouté des cd de Leonard Cohen dans un silence religieux au bureau. On en a observé des gens, bien installé en terrasse à déguster notre café. Ce qui ne nous a pas empêché aussi d'avoir des discussions sur des sujets parfois très sérieux ou très futiles, mais toujours agréables et instructives. Il va me manquer.


[…]


Jeudi 25 sept. 2003 - 17h20

... il vient de partir.

Une dernière poignée de main, un dernier au revoir, et alors que jusqu'à présent ça ne m'avait rien fait, je me retrouve là comme un con, avec juste l'envie de chialer.

Je l'ai aidé à charger son dernier carton dans sa voiture, et j'ai vite remonté mes 8 étages. J'ai regardé par la fenêtre de mon bureau, il était toujours là sur le parking, il n'avait pas encore démarré. Au bout d'un long moment la voiture a commencé à bouger, il a fait tout le tour du bâtiment alors qu'il était pourtant garé près de la sortie. Tout doucement. Il s'est arrêté quelques secondes juste sous notre bureau, et il a définitivement franchi le portail pour s'engager dans la rue et disparaître un peu plus loin sur la gauche.

Il m'a offert aujourd'hui deux de ses 33T et un bouquin de dessin sur la perspective qu'il avait depuis longtemps. Et une de ses aquarelles que je viens d'accrocher à ma hauteur, à droite de mon PC.

J'ai pas trop la pêche tout d'un coup.

Ça ira mieux demain.

 

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 10:30

Après ce week-end d’Oscars et de Césars, l’heure du bilan est venue…

Alors voici donc les résultats principaux (ceux pour lesquels j’avais donné mes pronostics) des deux cérémonies :

César du meilleur film : Lady Chatterley
César de la meilleure actrice : Marina Hands pour Lady Chatterley
César du meilleur acteur : François Cluzet pour Ne le dis à Personne

Oscar du meilleur film : Les Infiltrés
Oscar de la meilleure actrice : Helen Mirren pour The Queen
Oscar du meilleur acteur : Forest Whitaker pour Le dernier Roi d’Écosse
Oscar du meilleur réalisateur : Martin Scorsese pour Les Infiltrés
Oscar du meilleur second rôle féminin : Jennifer Hudson pour Dreamgirls
Oscar du meilleur second rôle masculin : Alan Arkin pour Little Miss Sunshine
Oscar du meilleur film étranger : La Vie des Autres

En rouge ce que j’avais pronostiqué qui s’est avéré exact… 5/10 à l’arrivée donc.

Bon, côté Césars je me suis planté… je n’ai vraiment pas vu venir la razzia de Lady Chatterley de Pascale Ferran, mais finalement je me dis que ce n’était pas si imprévisible que ça. Le cinéma français aime bien récompenser des films un peu sous-exposés et que le grand public n’a quasiment pas vu. Pour être tout à fait honnête, je n’ai moi-même appris l’existence de ce film qu’à l’annonce des longs métrages retenus pour les Césars… Donc ne l’ayant pas vu (si ce n’est les quelques extraits diffusés samedi soir à la cérémonie des Césars) je ne me permettrai pas de juger le film sur quoi que ce soit d’autre que sur sa relative discrétion sur les écrans. Cependant quelques satisfactions pour moi : François Cluzet, Guillaume Canet, Kad Merad et Little Miss Sunshine récompensés samedi. Et une Valérie Lemercier en maîtresse de cérémonie absolument géniale. Entre ses différentes interventions toutes plus drôles, impertinentes et intelligentes les unes que les autres, ses petits sketches parodiques avec Thierry Lhermitte et sa chorégraphie de la danse de Rabbi Jacob sur scène, je l’ai trouvée excellente sur tous les points.

J’ai fait mieux sur les Oscars, avec 4 nommés sur 6 prévus par moi. J’avoue que le sacre des Infiltrés me paraît un peu étonnant. Non pas que je remette en cause la qualité du film que j’ai beaucoup aimé du reste, mais j’aurais trouvé plus opportun de décerner les récompenses de meilleur film et meilleur réalisateur à des films originaux plutôt qu’à un remake aussi réussi soit-il. D’autant que dans ces catégories là il y avait du lourd en face… Les Infiltrés était vraiment le dernier des 5 films retenus sur lequel j’aurais parié pour l’Oscar du meilleur film. Mais bon… Little Miss Sunshine a décroché l’Oscar du meilleur scénario à défaut de plus, c’est déjà pas mal.

Sinon, juste une remarque. Indigènes concourait aux Oscars sous la bannière algérienne. Je croyais qu’il s’agissait d’un film français ? En tout cas c’est ainsi qu’il est répertorié sur tous les sites de cinéma que j’ai visités. À ma connaissance il s’agit d’un film produit en France, tourné en langue française et pour l’essentiel en France, avec des interprètes français et qui touche des événements de l’histoire du pays… Quelqu’un connaît la raison de ce changement de nationalité tout à coup ?


Rapidement, un bilan de vos pronostics :

 Goldesch : bravo tu as trouvé François Cluzet. Mais c’est tout désolé !! ;o)  1/6
 Yaponchik :  tu aurais mieux fait de parier sur Les Infiltrés comme tu le voulais … sinon 3 bons résultats pour toi, pas mal. 3/6
 Chelmi : tout faux sauf Les Infiltrés justement ! rien que pour ça tu mérites mes félicitations !! :o) 1/6
 Mooutche : bien joué pour Marina Hands et Helen Mirren, mais en dehors des nanas t’as tout faux ;o) 2/6
 NoNo : Cluzet et Les Infiltrés ok, non pour le reste… mais tu dois être content pour Ne le dis à Personne qui a remporté une belle brochette de récompenses malgré tout. Il faudrait vraiment que je le vois ce film… 2/6
 Spooky : hors-jeu pour les Césars tu as marqué un point avec Helen Mirren. Désolé c’est trop peu pour se qualifier pour la finale. 1/3

C’est donc Yaponchik qui a le meilleur ratio, à égalité avec… ben moi pardi !

Voilà, à l’année prochaine pour de nouveaux paris qui ne servent à rien, et à bientôt pour des articles je l’espère un peu plus constructifs… ;o)

 

 


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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 20:50

Ce week-end ont lieu les cérémonies française et américaine de remises des récompenses sanctionnant les films de 2006. Tout d’abord les Césars samedi soir, puis les Oscars dans la nuit de dimanche à lundi.

Je vous propose de faire quelques pronostics quant aux résultats principaux. Je sais, c’est un peu casse-gueule, mais on s’en fout, c’est marrant. Et puis surtout l’article que j’avais prévu sur le comic WE3 n’est pas encore prêt et il ne va pas s’écrire tout seul, alors je meuble comme je peux en attendant. Le cas échéant je différencie mes pronostics de mes préférences…


Alors commençons par les récompenses françaises :

Sont nommés pour le César du meilleur film Lady Chatterley de Pascale Ferran, Indigènes de Rachid Bouchareb, Je vais bien ne t’en fais pas de Philippe Lioret, Ne le dis à Personne de Guillaume Canet et Quand j’étais Chanteur de Xavier Giannoli.
 Mon pronostic : bien que le film de Canet a eu un très bon buzz, à mon avis la statuette n’échappera pas à Indigènes.

Sont nommés pour le César du meilleur acteur Michel Blanc pour Je vous trouve très beau, Alain Chabat pour Prête-moi ta Main, François Cluzet pour Ne le dis à Personne, Gérard Depardieu pour Quand j’étais Chanteur, et Jean Dujardin pour OSS 117.
 Mon pronostic : mon favori du cœur est Chabat, mais je pense que ça se jouera entre Blanc et Cluzet. Choix difficile… allez disons François Cluzet.

Sont nommées pour le César de la meilleure actrice Cécile de France pour Quand j’étais chanteur et Fauteuils d’orchestre, Catherine Frot pour La tourneuse de pages, Charlotte Gainsbourg pour Prête-moi ta main et Marina Hands pour Lady Chatterley.
 Mon pronostic
 : ma préférence va à Charlotte Gainsbourg, mais je parie sur Catherine Frot à l’arrivée.


Et on passe aux les récompenses américaines :

Sont nommés pour l’Oscar du meilleur film Babel de Alejandro Inarritu, Les Infiltrés de Martin Scorsese, Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood, Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton & Valerie Faris, et The Queen de Stephen Frears.
 Mon pronostic : je pense que ça va se jouer entre Lettres d’Iwo Jima et Little Miss Sunshine, et sur ce coup je reste sur mon coup de cœur 2006, donc je mets une option sur Little Miss Sunshine. Ça serait bien un Oscar de meilleur film pour une comédie (de cette qualité).

Sont nommés pour l’Oscar du meilleur acteur Leonardo Di Caprio pour Les Infiltrés, Ryan Gosling pour Half Nelson, Peter O’Toole pour Venus, Will Smith pour A la Recherche du Bonheur et Forest Whitaker pour Le dernier Roi d’Écosse.
 Mon pronostic : Leonardo Di Caprio mériterait la statuette, mais comme à l’époque de Titanic (là par contre il ne méritait pas …), je pense qu’il va se faire griller au finish. Par qui ? je mise le tapis sur Forest Whitaker. All in !

Sont nommées pour l’Oscar de la meilleure actrice Penelope Cruz pour Volver, Judi Dench pour Chronique d’un Scandale, Helen Mirren pour The Queen, Meryl Streep pour Le Diable s’habille en Prada et Kate Winslet pour Little Children.
 Mon pronostic : j’hésite entre Cruz, Mirren et Dench… et si ma préférence va à l’espagnole, je parie quand même sur Helen Mirren.


Bon voilà pour les récompenses principales, j’ajouterai pour le fun l’Oscar du meilleur réalisateur pour Clint Eastwood (une statuette de plus), les Oscars des meilleurs seconds rôles masculins et féminins pour les acteurs de Little Miss Sunshine (où ça du parti pris ?), et La Vie des Autres pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Á votre tour de vous mouiller, jouez à deviner qui va gagner les différentes statuettes et pariez avec moi…

Ah oui, je précise pour ceux du fond qui roupillent près du radiateur, que pour être validés en tant que pronostics, vos votes doivent être postés avant l’annonce des résultats…

 


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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 21:52

L’autre jour j’ai vu un extrait du passage de l’ancien chanteur populaire et nouveau libre-penseur philosopho-politique Enrico Macias dans l’émission télévisée de Laurent Ruquier.

Le chanteur a déclaré d’un ton professoral, je cite : « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis ».

Cette pensée profonde du vieux sage troubadour m’a heurté de plein fouet, et là, les yeux ronds devant tant d’évidence mise à nue, ce fut pour moi comme une divine révélation.
Il avait parlé, et j’avais entendu.

Voilà pourquoi, dès le lendemain, je me suis acheté un téléphone portable. Il était temps. Merci Enrico.

 

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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 11:28

Voilà, j’entame ici une nouvelle catégorie d’articles, Coupure Pub, que je consacrerai à vous présenter des sites divers et variés sur lesquels je me balade de temps à autres et que j’ai envie de faire découvrir. Sites que j’ajouterai au fur et à mesure dans mes liens à visiter (s’ils n’y sont pas déjà).

Alors j’ai décidé de commencer par le blog d’une jeune femme que j’ai découvert tout à fait par hasard en décembre. En fait c’est en regardant de plus près les statistiques de provenance des visiteurs de mon site que je suis tombé sur une recherche bizarre sur google qui avait amené un pauvre égaré chez moi. Je ne me souviens plus quels étaient les mots clés exacts qu’il avait utilisés, toujours est-il qu’ils m’avaient fait suffisamment rire pour que je vérifie par moi-même quels pouvaient être les sites bizarres vers lesquels ils menaient (en dehors du mien s’entend).
Et c’est ainsi qu’entre une pléthore de sites à caractère plus ou moins pornographique, apparut dans le référencement de google, l’intitulé d’un site qui m’a tout de suite accroché : Affreuse, sale et méchante. Tout un programme.

On aurait pu croire à un site consacré à quelques déviances sexuelles portant leur centre d’intérêt sur des vieilles moches scato et SM, mais non, pas du tout. En lieu et place d’un énième site de débauche à faire pâlir d’horreur tout bon électeur de Philippe « chaque coup compte » De Villiers, c’est un blog bourré d’humour et de talent que j’ai trouvé (remarquez ça doit très certainement aussi faire fuir les électeurs suscités).

Mais attention, pas n’importe quel humour hein… caustique, décalé, parfois cynique, intelligent et écrit dans un chouette style, du genre qui fait l’effet d’un citron frais qu’on mord à pleines dents : tellement bon mais tellement acide qu’on ne peut pas s’empêcher de faire une petite grimace de contentement. Ouais bon, évidemment si vous n’aimez pas le citron vous pouvez pas comprendre la comparaison. Ou alors faites un effort d’imagination hein. Enfin bon, passons…

Outre le fait que vous allez apprendre le sens de mots nouveaux tels que sybaritisme par exemple (non Dello ne t’enfuis pas !), vous pourrez y lire plein de petites choses très intéressantes sur le sein dans tous ses états (je t’avais bien dit de pas partir Dello), la cuisine façon Affreuse sale et méchante, les petites choses de la vie de tous les jours, l’art et la littérature (par exemple cette étude du fameux tableau de Delacroix vaut son pesant de cacahouètes), et bien plus encore…

Bref, un blog drôle et intelligent, exactement le genre  de chose que j’adorerais écrire si j’avais le talent d’ Affreuse, sale et méchante !!

 

 

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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 09:00


Alors comme ça il paraîtrait que ces derniers temps je fais des articles trop longs, trop étalés et avec beaucoup trop de blabla ?!

Preuve que non.

 

 

 

 

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 14:29

Bon, je préfère annoncer la couleur d’entrée : oui, je suis fan de Rocky.
Voilà, ça, c’est fait.

Autant dire qu’en aucun cas je ne pourrais être considéré comme objectif et sans parti pris dans le commentaire qui va suivre.
Mon amour pour Rocky vient de loin. De Rocky 3 : L’œil du Tigre et de Rocky 4 pour être plus précis, autrement dit ma première rencontre avec le boxeur poids-lourd s’est faite au travers des deux films les plus « guerriers » de la série des six qui composent la saga de l’étalon italien. Et quand on est à peine ado et qu’on assiste aux combats titanesques d’un Rocky contre le sauvage Clubber Lang (Mr. T) ou le monstrueux Ivan Drago (Dolph Lundgren), on est envoûté par le personnage, il est le héros absolu. Ce n’est qu’ensuite que j’ai découvert les deux premiers films de la série, et c’est en particulier avec le tout premier opus que j’ai été touché au cœur par Rocky l’homme, après avoir adulé Rocky le cogneur qui ne recule jamais. Puis j’ai vu sur le tard le très critiqué Rocky 5, et je vous avais prévenu en préambule que je n’étais plus objectif pour un sou dès qu’il s’agit de lui, mais j’ai même trouvé des choses à sauver dans ce film que Sylvester Stallone lui-même considère comme mauvais. C’est dire le peu de crédibilité que j’ai sur ce sujet, je m’en rends bien compte.

Alors quand le projet Rocky 6, devenu entre temps Rocky Balboa, a été annoncé l’an dernier avec dans son sillage déjà tout un cortège de détracteurs et de persifleurs trop heureux d’accueillir par avance comme le nanar ultime le nouveau film de Stallone, je suis certainement passé pour un imbécile heureux en me disant impatient de voir le sexagénaire rechausser les gants.
C’est donc avec l’envie d’un gosse mais aussi la crainte proportionnelle d’être déçu que je suis allé voir le dernier combat du vieux lion. Et j’en suis sorti ravi et absolument convaincu.

Rocky à quelques minutes du dernier combat de sa vie...
J’évacue d’entrée les défauts du film.
Avant toute chose, c’est peut-être la plus grosse faiblesse du film, l’adversaire de Rocky est très certainement le moins charismatique et le moins impressionnant de toute le série. Même dans Rocky 5, le fadasse Tommy « Machine » Gunn (Tommy Morrison) en imposait plus, par le physique et par le lien humain qui le reliait à Rocky dans l’histoire. Ici le champion Mason « The Line » Dixon (Antonio Tarver) aurait aussi bien pu être un quelconque basketteur voire un rappeur sauce 50 cents que c’était la même chose. Lors du combat final, à la tombée des peignoirs, il fait pâle figure à côté de Stallone pourtant de 35 ans au bas mot son aîné … Bref, l’acteur qui incarne le rôle (Antonio Tarver) pourrait bien être ce qu’on appelle communément une erreur de casting. Comparé au Apollo Creed (Carl Weathers) des premiers films, il est tout bonnement inexistant.

Autre défaut « à noter tout de suite comme ça après on parle d’autre chose », le film manque évidemment d’une certaine crédibilité. Un vieux boxeur de 60 piges contre le champion du monde des poids-lourds ne tiendrait certainement pas deux rounds sur un ring. Fut-ce Stallone, Schwarzenegger, Van Damme ou qui vous voudrez. Il y a bien eu un antécédent avec l’immense George Foreman qui était remonté avec succès sur les rings pour finir sa carrière à 49 ans, mais non seulement cela tient de l’exceptionnel mais qui plus est je le verrais mal, aujourd’hui qu’il atteint la soixantaine, réitérer un tel exploit.
Mais bon, sans ce postulat de départ, pas de film. Et vu la qualité du film, je suis prêt à fermer les yeux là-dessus et à me laisser raconter de belles histoires sur la volonté de l’esprit plus forte que toutes les lois de la biologie et du vieillissement du corps…

Le vieux cogneur en a encore sous la semelle !
 Rocky Balboa, écrit, réalisé et évidemment interprété par Sylvester Stallone, est un immense uppercut à la mâchoire de tous ceux qui s’en moquaient des mois à l’avance. Ce film est d’une simplicité et d’une sincérité désarmantes, et c’est là toute sa force. Bien qu’il se soit quelque peu égaré au fil des épisodes, on retrouve ici Rocky, le Rocky du premier film, tel qu’il a toujours été, tel qu’il n’aurait jamais dû changer.

Stallone l’a compris car il est loin d’être idiot malgré ses biscottos un peu défraîchis et son regard de chien battu : pour remettre Rocky sur le devant de la scène, la seule solution était de revenir aux sources, et c’est ce qu’il réussit avec brio dans cet ultime épisode de la saga.

Rocky a soixante ans (l’âge réel de Stallone), cela fait longtemps qu’il a raccroché ses gants. Aujourd’hui il tient un petit restaurant italien où il amuse les clients de ses anecdotes de boxeur. La douce Adrienne (Talia Shire) est morte d’un cancer voilà trois ans, laissant derrière elle un  Rocky triste comme les pierres, un fils (Milo Ventimiglia) à la personnalité frustrée d’être toujours dans l’ombre de la notoriété de son champion de père, et un frère Paulie (inusable Burt Young) toujours aussi invivable et toujours plus touchant au fur et à mesure qu’il s’enracine dans l’antipathie et la râlerie imbuvable.

Paulie, indécrottable et toujours fidèle au poste.
Et voilà que Rocky revient sous les feux des projecteurs par l’intermédiaire de quelques commentateurs sportifs qui jurent par tous leurs dieux que l’ancien double-champion du monde au meilleur de sa forme gagnerait haut la main dans un combat qui l’opposerait au champion actuel des poids-lourds, jugé très fort mais incapable de prouver sa vraie valeur de combattant faute d’opposant valable. Il ne faut pas plus que cela et l’envie irrésistible de remonter une dernière fois sur le ring pour convaincre le vieux cogneur d’accepter de disputer un match d’exhibition contre le champion en titre.

Résumé ainsi, cela fait très court comme argument d’un film, et peu crédible il faut bien l’avouer. Et bien malgré cela, la formule fonctionne parfaitement, car Stallone a compris que ce n’est pas Rocky le boxeur mais bien Rocky l’homme qu’il devait mettre au centre de son récit. D’où l’impression évidente de retour aux sources, car contrairement à ce que peuvent penser tous ceux qui ne connaissent Rocky que de réputation, le premier Rocky n’a jamais été autre chose que cela. Certainement pas un bête film de baston sur un ring de boxe, mais l’histoire d’un loser qui décide de saisir la dernière chance de sa vie de devenir ce qu’il n’aurait jamais osé espérer être, et de gagner la seule chose qui compte à ses yeux : le respect de ses pairs et l’amour de sa chère Adrienne. Le premier film Rocky prenait place dans les quartiers pauvres de Philadelphie, ses héros étaient des gens ordinaires, voire même rendus transparents par le désespoir d’une vie morne et triste. Dans ce nouvel opus, Stallone replonge son personnage dans cette ambiance, dans ces quartiers, dans cet état d’esprit.

Par l’intermédiaire de Paulie par exemple, toujours là pour traiter tout le monde d’enculé entre deux paroles sensées et en laissant suinter une sensibilité à fleur de peau. Mais aussi grâce à la très bonne idée de ramener un personnage secondaire du premier film, la petite Mary (Geraldine Hughes) à qui Rocky fait maladroitement la morale avant de se faire envoyer paître. Mary a depuis grandi et est devenue une femme à la vie curieusement aussi triste et morne que l’étaient celles de Rocky et Adrienne dans le premier film.

Rocky et Mary, trente ans après...
Que Rocky la reprenne sous son aile marque symboliquement le lien de continuité directe entre les premier et dernier films. Comme si délibérément Stallone laissait tout ce qui s’est passé dans l’intervalle de côté (comprenez, dans les films intermédiaires). Il joue à fond la nostalgie et les renvois permanents au premier film, et la ficelle si grosse soit-elle, fonctionne à merveille.
Et pourtant Stallone va loin : flash-backs tirés du Rocky de 1976, incrustations d’images anciennes, retour sur tous les lieux importants du premier film, et même de tous petits détails sont là pour ceux qui comme moi connaissent la genèse de Rocky par cœur (le chien, certaines scènes d’entraînement, le footing qui se termine en haut des marches de la place du musée de Philadelphie, les œufs crus ingurgités par demi-douzaine au petit-déjeûner, la dégaine vieux cuir rapé et chapeau enfoncé, …).

Mais surtout, c’est le personnage de Rocky qui n’a pas changé malgré ses trente années de plus au compteur. Il reste le gentil gars à la réflexion simple qui fait ce que son cœur lui dit de faire, un peu pataud, un peu naïf, parfois un peu lourd et maladroit, mais extrêmement touchant d’humanité, de simplicité et de vérité.
Et en définitive c’est cela que j’ai certainement le plus aimé. Le personnage de Rocky à 60 ans que nous propose Stallone sonne infiniment juste. Il est crédible humainement jusqu’au bout des ongles.

Séance d'entraînement pour Rocky, le but : gagner coûte que coûte de la puissance de frappe.
Il s’agit de bien plus que d’un personnage fétiche , c'est un véritable alter-ego : Stallone est Rocky. Rocky est Stallone. Sans l’ombre d’un doute.
 Rocky Balboa est à ranger au même niveau que le premier opus. C’est la fin magnifique d’une série inégale, et c’est d’autant plus remarquable qu’il est rare pour une si longue série de finir sur une aussi belle note.
Allez le voir.


L'affiche en forme de clin d'oeil au premier Rocky. 

 

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 15:54

Le nouveau film de Mel Gibson en tant que réalisateur arrive en salle, et il a été précédé d’une campagne plutôt négative, il faut bien l’admettre.

D’abord parce que le précédent film de Gibson a suscité une vive polémique. Avec sa Passion du Christ, Gibson a été accusé (à tort ou à raison, je ne saurais le dire encore aujourd’hui, après avoir pourtant vu le film) d’imposer une vision très engagée de la mort du Christ, là où il se justifie en affirmant qu’il ne cherchait qu’à rester le plus fidèle possible aux textes sacrés. Le fait que le film a été porté aux nues et est devenu l’étendard de mouvements catholiques fondamentalistes a certainement joué en sa défaveur aux yeux de l’opinion publique, qui a en toute logique étiqueté le film du seau du « fondamentalisme religieux », passant sous silence certaines de ses qualités purement cinématographiques.

Ensuite parce que fin de l’année dernière, le clan Gibson a fait parler de lui. Entre les frasques de Mel, arrêté pour conduite en état d’ivresse et qui à cette occasion a tenu des propos clairement antisémites (qui ont vite fait la une des journaux à scandales), et les engagements de son père au sein d’un groupe politique d’extrême-droite ouvertement xénophobe, la famille Gibson est plus que limite d’un point de vue « moral ».

Patte de Jaguar et son père, le chef du village.
Et puis pour finir, le nouveau film de l’australien n’est pas forcément des plus engageants pour le grand public : 2h30, tourné intégralement en dialecte Maya, le Yucatèque, et donc sous-titré (pour la même raison que La Passion du Christ a été tournée en Araméen et Latin : Gibson dit vouloir ainsi s’approcher au mieux d’une réalité historique), sans la moindre tête d’affiche, avec un scénario résumé à sa plus courte expression : un survival violent en pleine jungle d’Amérique du Sud au XVème siècle. Bref, pas de quoi déchaîner la passion des foules…

Et bien malgré tout cela, Apocalypto a été pour moi une véritable claque. J’ai été scotché à mon siège tout du long, le film ne m’a laissé aucun répit pendant ses 2h30 de métrage. Incapable de décoller les yeux de l’écran, j’ai été littéralement happé et j’ai vécu ce film de l’intérieur, viscéralement.
Mel Gibson a livré un film monstrueux (dans le meilleur sens du terme).

Les habitants du petit village sont emportés en tant qu'esclaves à la grande cité Maya...
L’histoire est simple. Patte de Jaguar est un chasseur et jeune père de famille, fils du chef d’un petit village perdu dans l’immensité verte de la forêt tropicale d’Amérique du Sud. Lorsque le village est attaqué par des esclavagistes mayas, il est emmené de force comme tous les adultes du clan à la grande Cité Maya. Son village détruit, une partie des villageois massacrés et les autres faits prisonniers comme lui, Patte de Jaguar n’a dès lors plus qu’une idée en tête : se libérer par tous les moyens et retourner au village pour y sauver sa femme Sept enceinte et son fils, qu’il avait eu le temps de soustraire au rapt en les cachant au fond d’un puit dont il ne peuvent sortir seuls.

De ce scénario extrêmement simple (d’aucuns diraient simplistes), Gibson fait un film d’une puissance incroyable, une œuvre instantanément culte tant elle a d’impact sur le spectateur. La simplicité et la linéarité du propos n’y change rien à l’affaire, on est irrésistiblement pris par le film, et on a l’impression en en ressortant, d’avoir retenu sa respiration tout du long tant il est intense.

Patte de Jaguar et sa femme Sept
Parmi les reproches qu’on lui fait souvent, la violence du film revient très souvent comme argument des anti-Apocalypto. J’avoue que cet argument n’a pas grande valeur à mes yeux. Si c’était effectivement valable pour La Passion du Christ où les scènes de torture et de crucifixion étaient vraiment insoutenables et où la violence atteignait à plusieurs reprises le stade de l’overdose, pour Apocalypto il en va très différemment. Bien sûr il y a quelques scènes dures, des images crues et une violence non édulcorée est montrée explicitement à l’écran. Mais c’est toujours à bon escient, jamais en exagération et surtout parfaitement intégré à l’histoire. Les séquences dures et violentes sont bel et bien là, mais elles ne prennent pas le pas sur le reste du film qui est d’une cohérence assez remarquable pour une œuvre d’une telle durée.

Oeil du Milieu est en chasse...
Les acteurs, tous plus inconnus les uns que les autres (pour moi en tous les cas) ont un jeu absolument bluffant, et la reconstitution à laquelle Mel Gibson s’est scrupuleusement attaché font que le film est d’une vérité criante. On est réellement immergé dans l’unité de temps et de lieu, tout sonne parfaitement juste, bref, Gibson a plus que gagné son pari d’authenticité. Pour le jeune acteur Rudy Youngblood (Patte de Jaguar) il s’agit d’une première apparition à l’écran, et pour une première on peut dire qu’il s’en tire admirablement. Opposés à lui, Raoul Trujillo dans le rôle de Zéro Loup et Gerardo Taracena (Œil du Milieu) sont également impeccables, tout en force et en brutalité.

L’année commence à peine que déjà j’ai l’impression d’en avoir vu l’un des films les plus impressionnants ! 2007 a l’air vraiment très bien parti question cinéma…

Il faut absolument voir Apocalypto, mais attention : vous n’en sortirez pas indemne.


La très belle affiche française du film. 

 

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 21:45

En supplément à mon article sur cette excellente série qu’est Six Feet Under, je voulais revenir plus en détails sur l’un de ses personnages principaux, Nate Fisher (interprété par Peter Krause).


Comme je l’avais souligné, Six Feet Under tire l’essentiel de sa force et de son intérêt de ses personnages. Tous sans exception sont d’une vérité et d’une justesse confondantes, et à ce titre ils sont tous très intéressants. Mais il y en a un pour moi qui sort du lot, et qui m’a touché et ému encore un peu plus que les autres. Il s’agit de Nate, pour tout ce qu’il représente et incarne à mes yeux. À vrai dire, je dois bien l’avouer, je suis tombé en plein dans le piège de l’identification et de la projection. Piège qui s’est refermé rapidement sur moi et qui s’est révélé parfois cruellement révélateur.

Sans vouloir trop en révéler sur les différentes intrigues de la série, je vais essayer d’expliquer pourquoi Nate m’a si profondément marqué.

Au début de la série, Nate est présenté comme le type cool, bien dans sa peau, gentil et sympa, quoiqu’un brin solitaire et peut-être aussi un peu individualiste. On sait de lui qu’il a quitté la maison familiale très tôt, pour fuir un avenir qui lui semblait être tout tracé et qu’il considérait comme inapproprié pour lui. Il avait grandi dans une entreprise de pompes funèbres, a été très tôt au contact de la mort, et il voulait plus que tout vivre loin de cette ambiance et de ce métier. Par conviction, par vrai dégoût ou seulement en vertu du principe de l’opposition père / fils aîné post-crise d’adolescence tardive, on ne le saura jamais vraiment avec précision. Certainement un mélange de tout cela.

Mais voilà qu’à 35 ans, le destin le rattrape. Après la mort accidentelle de son père, Nate va se retrouver avec son frère David (son exact opposé de ce point de vue, David tient plus que tout à l’entreprise familiale) à la tête de cette entreprise de pompes funèbres qu’il a tant cherché à fuir. Nate est face à un choix : soit il refuse ce rôle et l’entreprise de son père à laquelle sont très attachés sa mère et son frère (et qui plus est qui fait office de maison familiale) disparaîtra, soit il accepte d’exercer ce métier qu’il déteste depuis toujours et assume son statut d’aîné en prenant en quelque sorte la place laissée vacante par son père, celle de l’homme de la maison.


Nate va choisir de ne pas laisser tomber les siens, quitte sa vie de célibataire libre et sans responsabilité qu’il avait à Seattle et s’installe à Los Angeles pour enfiler le costume de ce qu’il s’était pourtant juré de ne jamais être : un croque-mort version moderne.
Cela ne se fera pas sans peine pour lui, mais entre désintérêt et dégoût, il parviendra à donner le change tant bien que mal.

Outre ses difficultés à bien accepter son nouveau métier, Nate va vivre une histoire d’amour plutôt tumultueuse avec Brenda. Entre prises de becs, réconciliations, jalousies et sentiments profonds, leur relation bascule indifféremment du chaud au froid selon les jours. Mais on sent bien que ces deux paumés des relations sentimentales qui n’ont jamais vraiment su ce qu’est une relation stable et durable à deux, se sont trouvés et s’accrochent l’un à l’autre comme à une bouée de sauvetage, sans se l’avouer.


Bref, dans les deux premières saisons, on vit vraiment les difficultés de Nate avec lui, on ne peut s’empêcher de le soutenir, de vouloir le voir surmonter les embûches. Comme je le disais plus tôt, dès le départ et de façon naturelle et inconsciente, je me suis identifié au personnage. Non pas que je me considère comme le beau gosse sympa qu’incarne Peter Krause à l’écran (loin de là !... d’ailleurs petit aparté : ne serait-il pas bien mieux avec des moustaches à la Magnum ce grand chevelu, hmm ? ), mais surtout parce que sans en avoir pris conscience je me retrouvais dans ses pensées, ses réactions, ses doutes, et ses difficultés face aux choix qui se présentent à lui.

Puis arrive ce que je considère comme la grosse rupture de la série, le moment où elle bascule vers autre chose, où elle prend un autre visage, plus dur. Et c’est justement à travers le personnage de Nate que cela se ressent le plus, comme s’il était le symbole de tout ce que les auteurs veulent faire passer de sombre dans Six Feet Under. À partir de la troisième saison Nate change du tout au tout. Il devient sans prévenir quelqu’un d’autre. Il se retrouve devant de nouvelles responsabilités et face à de nouveaux choix, et prend des décisions qu’on ne l’aurait pas imaginé prendre dans les saisons précédentes. Alors que la seconde saison finit de façon tout à fait dramatique, la troisième reprend dans un cadre limite malsain, quelques temps après la fin de la seconde saison. On découvre ce qui s’est passé entre temps et qui fait que Nate se retrouve dans une situation inattendue et inédite.


Pour tout dire, j’étais tellement désorienté par cette troisième saison que j’ai cru (et espéré un peu aussi) pendant les 4 ou 5 premiers épisodes qu’il s’agissait d’une immense farce issue de ses rêves éveillés que font parfois les personnages au cours de la série. Tant je ne retrouvais pas le personnage auquel je m’étais habitué et attaché. Et les trois dernières saisons vont être pour Nate un chemin de croix durant  lequel il va faire un long, très long parcours afin de se retrouver lui-même tout en assumant toutes ses responsabilités.

Trois saisons durant lesquelles il m’est même arrivé de le détester tant je trouvais qu’il faisait fausse route, tant j’espérais des réactions qui ne venaient pas, tant je n’étais pas d’accord avec ses choix, tant j’avais envie de le retrouver tel qu’il était au début de la série.

Et ce n’est qu’avec un peu de recul que je me suis rendu compte de la vraie raison pour laquelle je m’étais mis à le détester par moments. Exactement pour la même raison qui m’avait fait l’aimer. Par identification.


Car même dans ses pires moments, même lorsque le personnage était aux antipodes de ce que j’aurais aimé voir, j’arrivais encore à me retrouver en lui. Dans ses doutes, ses erreurs, ses choix impossibles, ses angoisses et son rapport à lui-même.
C’est très certainement le point très précis qui fait de Nate Fisher un personnage de fiction qui me paraissait si réel qu’en le voyant je faisais abstraction du contexte fictionnel. Le rapport du personnage à lui-même. Ce questionnement permanent dans lequel évoluait Nate au fil des saisons, cette recherche éperdue de lui-même.
Voilà ce qui m’a intimement marqué chez lui, et voilà également où se situe exactement le lien si profond que j’ai avec lui.

Nate, sous ses dehors sympa, cool, détendu et sûr de lui, est un monstre de doutes. Il se pose sans cesse des questions sur sa vie, son avenir, ses choix. Il cherche désespérément à trouver un équilibre entre ce qu’il est, ce qu’il voudrait être et ce qu’il devrait être. Il est sans arrêt au centre d’un combat entre le naturel, l’envie, la raison et le devoir, et ça le ronge d’autant plus qu’il n’existe pas de réponses définitives aux questions qu’il se pose.


Alors qu’au début il n’est qu’une sorte de grand adolescent insouciant qui a du mal à accepter de devenir un adulte, il devient un homme qui face aux aléas de la vie ne sait plus trop qui il est. Un homme qui est obligé de faire des choix, et tout imparfait qu’il est, qui se trompe parfois, y compris en voulant bien faire. Un homme qui se retrouve dans l’obligation d’assumer ses décisions et qui se refuse le droit de les regretter.

Nate Fisher est l’illustration même des trois facettes  qui forment chaotiquement une personne : ce qu’elle s’imagine être, ce qu’elle aimerait être, et ce qu’elle est vraiment. Et parfois, dans des moments difficiles de la vie, généralement de façon inattendue, les trois facettes prennent conscience de l’existence les unes des autres, et c’est alors que s’engage le vrai, le seul combat qui vaille d’un homme : se trouver ou se perdre.
Et ces moments sont à l’image de la vie. Pas forcément beaux, pas forcément drôles, et sans la moindre assurance de réussir, ni de bien finir.


Voilà pourquoi j’ai tellement aimé Nate. Parce que je l’ai regardé évoluer et que j’ai fini par comprendre que non seulement il s’adressait directement à moi, mais bien plus que cela, il me parlait de moi.
J’ai rencontré un personnage d’une série télé, un héros de fiction.
Il s’appelait Nate Fisher, et dans une autre vie il était moi.


 

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