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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Série(s) en cours

13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 16:45

Voilà bien longtemps que je n’ai pas causé de séries télé ici ! Pourtant j’en suis toujours et encore un gros consommateur. La dernière dont j’ai parlé sur ce blog a été Six Feet Under qui est et reste mon mètre étalon en la matière. L’insurpassable, l’inégalable, l’inimitable Six Feet Under. Cela n’empêche pas que depuis j’ai pu voir et apprécier beaucoup, beaucoup de très bonnes séries, d’excellentes même, et qu’il serait temps que j’en fasse un peu l’article ici. Alors pour commencer j’ai choisi de parler de Boston Justice (Boston Legal en VO).

281 boston justice casting
S’inscrivant dans la longue liste des séries dites « judiciaires » (il s’agit même d’un spin-off d’une autre série, The Practice, et son créateur est également à l’origine de Ally McBeal, deux séries que je n’ai jamais vues pour ma part,), Boston Justice n’a pourtant rien de classique dans le genre. Certes la série prend place au sein du prestigieux cabinet d’avocats Crane, Poole & Schmidt, l’un des plus classieux de Boston et de tout l’État du Massachusets, mais les personnages, le ton employé et les trames scénaristiques sortent franchement des sentiers battus.

281 boston justice shore crane1
Égocentrique, cynique, désabusé, roublard, brillant et outrancier, le personnage principal se nomme Alan Shore, et est interprété par un James Spader transfiguré aussi bien dans le physique que dans le comportement et les manières. Shore est d’un abord détestable, mais se révèlera tout au long des saisons d’une humanité rare et d’une sensibilité aussi fine que son exceptionnelle intelligence. Pour moi, Alan Shore est entré en quelques épisodes seulement dans mon panthéon des personnages de série les plus marquants.

281 boston justice shore wilson
L’autre personnage principal, c’est Denny Crane (William Shatner, complètement halluciné et hallucinant), associé principal et membre fondateur du cabinet. Denny a plus de 6000 victoires au compteur, zéro défaite à son actif. Denny Crane est une légende du barreau, et son activité principale est de le rappeler à tout le monde. Car de tout son vocabulaire, les mots « Denny Crane » sont ceux qu’il répète le plus souvent. Par pur plaisir, même juste pour la sonorité de la chose. En dehors de lui-même, il voue également une passion sans limite pour les femmes (le terme « obsédé sexuel » est bien trop faible en ce qui le concerne) et les armes à feu. Cherry on the cake, Denny est atteint selon lui d’un début de maladie de la vache folle, ce qui lui occasionne quelques troubles de la mémoire cocasses, mais lui donne surtout une excuse imparable pour faire tout ce que bon lui semble. En particulier lorsqu’il s’agit de ses relations avec les femmes.

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Alan et Denny deviennent rapidement les meilleurs amis du monde (et croyez-moi ils poussent le concept trèèèès loin, en témoignent les tous derniers épisodes de l’ultime saison) malgré ce qui les oppose. Car idéologiquement – le sexisme qui les rapproche mis à part – ils sont radicalement opposés. Alan est un démocrate idéaliste, Denny un républicain pur jus. L’un fustige l’administration Bush à la moindre occasion, l’autre se trimballe avec autant d’armes qu’il peut et milite pour la peine de mort. Pourtant les deux hommes s’adorent, et leurs échanges donnent lieu à des discussions mi-humoristiques mi-philosophiques savoureuses en chaque fin d’épisode (c’est un des gimmicks de la série : presque tous les épisodes se terminent par la même scène : Denny et Alan sur la terrasse de leur bureau, devisant de la vie, un verre de whisky dans une main et un cigare dans l’autre).

281 boston justice shore crane2
Autour de ces deux énergumènes gravitent tout un tas de personnages, plus ou moins récurrents au gré des saisons. À noter tout particulièrement Jerry Espenson (interprété par Christian Clemenson), un avocat atteint du syndrome d’Asperger ce qui le fait garder ses mains constamment collées sur son pantalon (d’où son sobriquet : La Main), sautiller tel un gamin quand il est heureux ou encore émettre toute une gamme de sons bizarres selon son humeur (un bop pour content, deux bop et un ronronnement pour très content). Évidemment avec une telle « particularité » le personnage de Jerry va être au centre de pas mal de scènes décalées et hilarantes, toujours à la limite du burlesque mais jamais ridicule.

281 boston justice jerry espenson
Parmi les innombrables personnages secondaires, on trouve la très blonde et très belle Denise Bauer (Julie Bowen, qu’on peut aussi admirer dans la saison 4 de Weeds), le playboy un peu boy scout et tête à claque Brad Chase (Mark Valley, actuellement dans le rôle de Christopher Chance dans Human Target), les bombesques Tara Wilson (Rhona Mitra) et Lorraine Weller (Saffron Burrows), la très classe Shirley Schmidt (Candice Bergen) ainsi que sa real life doll, l’insupportable Melvin Palmer (Christopher Rich au sourire ultra-brite made in America) ou encore une paire de juges (les juges Brown et Sanders, respectivement joués par Henry Gibson et Shelley Berman) absolument hilarants et qui sont des cibles toutes désignées pour l’intrépide Alan Shore. Et puis il y a aussi des guest-stars qui feront des apparitions le temps de quelques épisodes, notamment le toujours impeccable Tom Selleck et un très touchant Michael J. Fox parmi d’autres…

281 boston justice denise bauer
Honnêtement, les tous premiers épisodes que j’ai vus m’ont laissé un peu perplexe. Bon d’abord je précise que j’ai vu l’intégralité en dvd, ce qui m’aura évité les programmations chaotiques façon TF1. À première vue j’ai été un peu étonné devant certains choix de mise en scène et de montage. Un look très propre, stylisé, un montage par moment clipesque à la MTV (jingles musicaux, ralentis/accélérés en images saccadées, cadrages particuliers) qui donnent un air de modernité presque décalé pour une série judiciaire. Et puis au début j’ai été franchement dérouté par Spader et Shatner. Oubliez le frêle et effacé Spader de Sexe, Mensonges et Vidéo. Ainsi que le capitaine Kirk qui se promène en pyjama stellaire moule-burnes à longueur d’épisodes de Star Trek. À la place vous avez un couple de pourceaux libidineux qui se font un concours de bons mots et de goujateries. Franchement, je n’ai jamais aimé William Shatner. Je me suis toujours demandé par quel miracle il avait réussi à devenir une star du petit écran, pour moi il avait autant de charisme qu’un pot de chambre, le sourire niais en plus. Star Trek m’a toujours laissé froid (non, même pas honte), quant à Hooker c’est bien simple : rares sont les séries de flics plus mauvaises que celle-ci à mes yeux.

Mais dans Boston Justice… William Shatner dans le rôle excentrique de Denny Crane est juste époustouflant. Il en fait des tonnes et cette exagération pose le personnage d’une façon finalement très réussie. De déclarations poilantes à la sortie du tribunal en tribulations de toutes sortes (pour vous situer le pet au casque du zozo, Denny va pêle-mêle réussir à se faire inculper pour avoir tiré à bout portant sur un SDF qui lui demandait de l’argent, pour racolage actif dans des toilettes publiques, pour attentat à la pudeur, pour propos sexistes… j’en passe et des meilleures), Shatner impose son personnage en jouant à fond l’auto-parodie (clins d’œil au passage à son rôle légendaire de capitaine Kirk) et en faisant preuve d’un sens de l’auto-dérision sans faille. Je détestais William Shatner, j’adore Denny Crane.

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D’ailleurs l’interprétation des deux compères Shatner et Spader sera récompensée à diverses reprises et ils se sont partagé plusieurs Emmy Awards et Golden Globe pour leurs prestations. En tout cas moi je suis fan.

Et puis les scénaristes ne sont clairement pas en reste, le talent des comédiens n’est de loin pas l’unique facteur de qualité de la série. L’humour est corrosif, les histoires originales, inventives, drôles, on ne s’ennuie jamais… et dans le tas les auteurs se permettent même de glisser des thèmes de réflexion sur des grands thèmes de société actuels, avec une très nette coloration politique portée par les plaidoiries génialissimes de Alan Shore. Car, et c’est suffisamment inhabituel dans une série télévisée pour le mettre en avant, le sous-texte de Boston Justice est clairement politisé dans les idées et les convictions (démocrates en l’occurrence). L’administration Bush est directement attaquée à plusieurs reprises, les personnages parlent couramment politique en s’ancrant dans la réalité, devisant des chances d’investiture de Barack Obama et Hillary Clinton (sur ce coup d’ailleurs les auteurs ont parié sur le mauvais cheval), on vit même les élections de 2008 avec force commentaires des différents personnages. D’ailleurs plus les saisons passent, plus les scénaristes en profitent pour faire le procès d’à peu près tout ce qui est tabou et/ou honteux dans la grande Amérique : l’armée et la guerre en Irak, les industries pharmaceutiques toutes puissantes, le lobby des armes, les cigarettiers, la mal-bouffe, la télévision, la justice elle-même, la peine de mort, le droit à l’IVG, le racisme, la pauvreté, la couverture sociale et médicale, la religion, le puritanisme, la prostitution, l’école, … tout y passe et le doigt est mis là où ça démange. Ça se ressent très clairement, dans les deux dernières saisons en particulier les auteurs se sont totalement lâché la bride, se payant même le luxe de se farcir la Cour Suprême des Etats-Unis par deux fois, ouvertement dénoncée comme partisane et politisée au dernier degré. Alan Shore, qui n’a décidément peur de rien, ni du ridicule ni de la plus haute instance juridique américaine, y verra l’occasion d’y imposer et d’y démontrer tout son talent d’orateur, la pertinence de ses idées et l’impertinence de son humour.

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À mes yeux c’est simple, Boston Justice est la meilleure série d’avocats que j’ai pu voir à ce jour. Drôle et intelligente, parfois à la limite du burlesque elle sait pourtant repousser les limites sans jamais aller trop loin. Elle reste désopilante tout en ayant du fond, de la réflexion, de l’âme. Si la comédie l’emporte souvent sur le reste, elle n’en demeure pas moins une série référence pour pointer aussi du doigt tout ce qui ne fonctionne pas aux USA. Et elle n’hésite pas une seconde à faire une distinction très nette (pour ne pas dire partisane) entre la Justice et « ce qui est juste ». Car les avocats de la série (et à travers eux les auteurs) ne font pas intervenir que des textes de loi, mais aussi des contextes, des émotions, de la sensibilité, bref ils introduisent dans le code pénal de l’humanité, parfois même de l’humanisme. Oh oui, il y a une part de naïveté, certainement beaucoup d’idéalisme également là-dedans, mais on s’en fout, c’est tellement bien fichu comme série. Et puis en plus on se marre bien. Évidemment le public américain n’a pas suivi au-delà de 5 saisons et la série a été déprogrammée. Ce qui nous laisse quand même une centaine d’épisodes de pur bonheur.

Mais pour finir de vous convaincre de la haute qualité de cette petite pépite télévisuelle je n’ai qu’une chose à ajouter.

Denny Crane.


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commentaires

Denny Crane 13/12/2010 20:38



Oups, toutes mes excuses je me suis emberlificoté avec les Denis, Deny et Denny ....



Stéph 14/12/2010 09:10



Et encore, on peut citer également Donnie Crane, le fils illégitime de Denny !



Deny Crane 13/12/2010 20:33



Je suis bien de ton avis Denis Crane est excellent, et si je n'ai pas vu toute la série les épisodes que j'ai vus m'ont bien fait rigoler ; plutôt sympatoche comme série télé.



Stéph 14/12/2010 09:11



Denny Crane !