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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
Voilà un bon moment que je n’ai plus parlé de bande-dessinée ici ! Ce blog commence à fortement pencher du côté cinéma, je vais donc essayer de rétablir
quelque peu l’équilibre…
Aujourd’hui
place à l’une des œuvres phares de Frank Miller : 300.
Dans
le monde des comics, Frank Miller est un auteur reconnu et complet, il illustre aussi bien qu’il scénarise, ou peut-être est-ce l’inverse. L’homme a roulé sa bosse dans l’univers des super-héros,
et ceci dans les deux grandes écuries que sont Marvel et DC. Le relaunch complet d’un Daredevil aux ventes alors moribondes a été son premier succès. Il est à l’origine de
plusieurs nouveaux personnages dont le plus connu est sans doute Elektra. Puis il a revisité par deux fois Batman en personne, pour accoucher d’un sublime Batman : Dark
Knight Returns où il était à la fois au stylo et aux pinceaux, et du non moins réussi Batman : Year One où il scénarisait les débuts du héros de Gotham mis en image par
David Mazzucchelli.
Laissant
pour un temps les super-héros de côté, Miller s’est alors investi dans des projets plus personnels, dont le sublime Sin City, polar urbain ultime, et 300, un récit mêlant faits
historiques et légende au temps de la Grèce Antique.
Après
le Noir & Blanc somptueux de Sin City, Miller revient à la couleur pour mettre en image l’histoire de la bataille des Thermopyles. 300 raconte comment en 480 avant J.-C., le
roi des spartiates Léonidas à la tête de 300 valeureux guerriers, va seul tenir tête à l’invasion de l’armée perse forte de milliers d’hommes. Les spartiates qui ont la réputation d’être
les guerriers les plus farouches du monde vont devoir défendre le passage des Thermopyles, par lequel le roi Xerxès 1er compte passer pour envahir et annexer la Grèce toute
entière. La légende veut que l’héroïque résistance des hommes de Léonidas va non seulement conduire toutes les cités grecques à s’unir contre les perses, mais bien plus encore, devenir l’élément
fondateur ni plus ni moins de la démocratie occidentale.
Bien
sûr d’un point de vue purement historique, Miller se permet des libertés scénaristiques, mais dans l’ensemble il reste exact dans les grands faits. Il présente les spartiates comme de purs
guerriers, nés et élevés pour se battre, à la science de la guerre extrêmement développée, à la discipline de fer et totalement hermétiques à la moindre idée de capitulation. L’honneur est leur
motivation principale, mue en grande partie par l’orgueil d’un peuple spartiate qui se considère comme supérieur à toutes les autres citées grecques et s’érige dès lors comme le seul modèle à
suivre.
Entre
cruauté et grandeur d’âme, le roi Léonidas est l’exemple ultime de l’héroïsme et du sacrifice. Loin de l’humanisme qui caractérise la notion de héros de nos jours, il est avant tout un roi
conquérant et implacable, qui pour vaincre utilise indistinctement la violence la plus brutale, la tactique militaire en fin stratège, la cruauté extrême et surtout la peur qu’il installe dans le
cœur de ses ennemis afin de les affaiblir. Miller souligne habilement et sans forcer le trait qu’entre Xerxès et Léonidas qui se veulent tous les deux civilisés (dans le sens antique du terme),
le plus barbare des deux n’est pas forcément toujours celui que l’on croit.
Graphiquement,
Frank Miller parvient avec brio à se distancier de son style si particulier qu’il a développé pour sa série Sin City. S’il en garde la force brute et un visuel percutant, il y ajoute en
même temps que la couleur un souffle épique qui va à merveille à l’histoire qu’il développe. Impression renforcée par le choix d’un format à l’italienne du plus bel effet qui augmente encore
l’aspect spectaculaire des batailles enragées qu’il met en images. Si ce n’est qu’on pourrait lui reprocher un rangement difficile dans une bibliothèque du fait de son format, cette BD est
l’adéquation quasi-parfaite entre le fond et la forme.
Vraiment,
avec 300, Frank Miller signe une de ses œuvres maîtresses, et je ne peux que vivement conseiller la lecture de ce comic. Et pour les plus hermétiques à la lecture ou pour ceux qui
n’arriveraient pas à mettre la main sur cet album des éditions Rackham, je vous annonce que le tournage de l’adaptation au cinéma a débuté il y a peu et que les premiers extraits sont tout
simplement fabuleux.
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