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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
Après un été somme toute assez morose question sorties en salles, la rentrée, comme l'ensemble de la fin de l'année, se voit bardée de sorties de films tout à fait
intéressants. Little Miss Sunshine n'en est pas des moindres, bien que ce ne soit pas celui qui a fait le plus parler de lui avant de débarquer sur les écrans...
Très remarqué lors de son passage au festival du film américain de Deauville (il y a remporté le Grand Prix), ce petit film indépendant apporte une
vraie vague de fraîcheur avec lui, et se démarque très nettement et surtout très avantageusement des blockbusters hollywoodiens actuels.
Co-réalisé
par Jonathan Dayton et Valerie Faris (époux à la ville et réalisateurs de nombreux clips vidéos), Little Miss Sunshine raconte l'odyssée d'une famille américaine dont la
benjamine a été retenue pour concourir dans une élection de miss pour enfants. Un peu « justes » financièrement, les Hoover vont être contraints de voyager d'Albuquerque jusqu'en
Californie dans le vieux van familial, faisant fi des pannes et autres incidents techniques, et tout en essayant de concilier les personnalités très disparates formant cette famille hors du
commun.
Il
y a le père de famille, Richard (le très bon Greg Kinnear), un américain pur jus convaincu que tous ceux qui ne sont pas premiers sont d'honteux losers, et qui essaie de publier un
livre dans lequel il développe un programme en 9 étapes qui mène au succès.
Il
y a la mère Sheryl (la trop rare Toni Collette), qui contente comme elle peut chacun des membres de la famille et se place autant que faire ce peut en médiatrice
familiale.
Il
y a Frank (l'excellent Steve Carrell) le frère de Sheryl, spécialiste universitaire de Proust et qui vient de tenter de se suicider après sa rupture d'avec un de ses
étudiants...
Il
y a le Grand-Père (Alan Arkin, décadent au possible), père de Richard, obsédé sexuel au dernier degré, qui sniffe de la coke et dont la philosophie se situe quelque part entre
« Carpe Diem » et « Je vous emmerde tous autant que vous êtes ».
Il y a Dwayne (Paul Dano, flippant), le fils aîné de Sheryl, qui a fait voeu de silence jusqu'à ce qu'il puisse devenir pilote de
chasse et qui passe sa crise d'adolescence entre l'adulation de son maître à penser Nietzsche et une haine mal contenue envers tous les membres de sa famille.
Et
enfin il y a Olive (la géniale petite Abigail Breslin), la plus jeune, rêveuse et un peu boulotte mais qui se voit en reine de beauté. Elle est la seule malgré ses excentricités de
petite fille à être « normale » dans cette famille de fous...
Le
film est avant tout un film de comédiens, dont le talent éclatant est le principal intérêt de cette comédie familiale pas si grand-public que cela... Car l'autre intérêt de cette comédie c'est
aussi son humour caustique, parfois très méchant, parfois juste moqueur, mais qui touche toujours très juste et qui ne laisse jamais de marbre, qu'on aime ou pas ce type d'humour. À travers les
relations très spéciales entre les personnages, le scénario se permet quelques charges directes contre l'american way of life tel qu'il est communément décrit. Toujours bien vues, les piques
envers la société américaine et ce qu'elle a de plus pernicieux, donnent un ton très particulier au film, et apportent une profondeur (pour ne pas dire une gravité) inattendue et bonifiant encore
un peu plus l'ensemble.
Peut-être
l'effet a-t-il été amplifié par le côté « surprise » du film, toujours est-il que Little Miss Sunshine a été pour moi le premier vrai grand éclat de rire au cinéma depuis bien
longtemps. À ce titre, la fin exceptionnelle et délirante vous laisse avec une pêche d'enfer alors que retentit le générique de fin. Un très, très bon moment, à voir
absolument.
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