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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 18:11

Il m'est arrivé une chose inhabituelle ce 18 juin en me rendant à Bercy pour y voir Leonard Cohen, lors de sa tournée 2013. Je me suis demandé si c'était bien raisonnable. Je me suis demandé si de le voir très régulièrement (six fois en six ans cela reste une belle moyenne) ne risquait pas de créer une forme de lassitude, de briser la magie de le voir en live. Et j'ai douté d'autant plus lorsqu'en prenant place dans la salle je constatai que la scène se trouvait un peu loin cette fois, et qu'un couple de géants nordiques venaient de s'asseoir pile devant moi... Oui j'ai eu un doute, j'avoue.

Puis les musiciens sont arrivés, toujours l'équipe somptueuse qui accompagne le maître ces derniers mois sur le Old Ideas World Tour. Roscoe Beck, Neil Larsen, Raphael Gayol, Mitch Watkins, la somptueuse Sharon Robinson, les talentueuses Webb Sisters, l'incroyable Javier Mas, j'espère ne pas en oublier...

Et c'est Leonard Cohen (79 ans en septembre) qui s'est présenté. Ovation du public. Musique. Voix. Dance me to the end of love. Magique. The Future. Intense. Bird on the wire. Écoute religieuse. Everybody knows. Communion totale. C'était parti, les titres allaient s'enchaîner et moi décoller, planer et virevolter dans un autre monde pendant les trois heures du concert.

Comment avais-je seulement pu avoir le moindre doute, je me le demande encore.

372 leonard cohen bercy aff

Oui c'est vrai, j'étais placé un peu plus loin que les fois précédentes, oui c'est vrai j'aurais préféré avoir un couple de nains de la Moria devant moi, mais bon sang ce genre de chose est relégué au niveau du détail insignifiant en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Quand Leonard Cohen chante, c'est bête à dire hein, mais le temps de ses chansons, eh bien la vie change. Le monde extérieur s'estompe, on écoute, on le regarde, on chante un peu aussi, et on est juste bien, quelque part sur un nuage.

Les titres se suivent, les tubes passent sans qu'on ne puisse toucher terre une seule seconde... Who by fire, The Darkness, Democracy, Tower of song, Heart with no companion, Waiting for the miracle, Lover lover lover, I'm your man, So long Marianne, First we take Manhattan, Famous blue raincoat, The Partisan, If it be your will... et encore là, je ne cite que celles qui sont les plus chères à mon cœur et déclenchent une vibration particulière en moi...

372 leonard cohen bercy veronique-bucchini

Monsieur Leonard Cohen va fêter ses 79 ans très bientôt, et il incarne le talent et la classe, si tant est que cela soit possible, encore un peu plus chaque fois que je le vois. Sa musique devient intemporelle, le son de sa voix reste gravée dans l'air, sa générosité et sa gentillesse enveloppent le bonhomme d'une aura à nulle autre pareille. Ce type me scotche à chaque fois. Et quand on pense avoir pris une claque définitive, la fois suivante c'est encore plus fort.

372 leonard cohen bercy portrait2

Non vraiment, je ne sais pas ce qui m'a pris de douter : un concert de Leonard Cohen est à chaque fois un moment unique d'une intensité rare, à chaque fois un cadeau inestimable qu'il ne faut négliger pour rien au monde. C'est à chaque fois un petit moment de bonheur pur, une parenthèse de magie. Évidemment aucun regret de l'avoir revu, et déjà une folle envie de le revoir.

 

Ça tombe bien, mon billet pour son concert de Zurich le 24 août est pris depuis bien longtemps...

See you soon mister Cohen.


372 leonard cohen bercy portrait

 

Et pour prolonger un peu le plaisir, quelques vidéos glânées sur Youtube (merci aux posteurs), avec pour commencer Lover, Lover, Lover :

 

 On continue avec l'excellente I'm Your Man :


 
Et pour finir petit -pardon- énorme plaisir perso avec Everybody Knows :


 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 09:01

C'est le jour de mes 38 ans que Asaf Avidan est venu donner un concert à deux pas de chez moi, au Casino de Bâle. Je ne suis pas encore mégalo au point de croire qu'il s'est arrangé pour que les dates coïncident, mais je le remercie quand même au cas où, c'était sympa de sa part !

Pour être tout à fait honnête, je ne le connaissais quasiment pas avant ce soir-là. De nom un peu, d'oreilles pas bien et de visu carrément pas. Je ne suis pas toujours parfaitement à la page, je le confesse. D'autant que Asaf Avidan est quand même si j'ai bien tout compris à son sujet, un des artistes les plus en vogue en ce moment. Entre certains titres repris pour des campagnes de pub et déjà 4 albums au compteur, le gaillard ne m'a visiblement pas attendu pour se faire connaître. Il a bien fait cela-dit, je suis parfois un peu long à la détente.

Avant cette soirée du 14 avril donc, je n'avais eu que de rares et distantes rencontres avec son œuvre musicale. J'en avais vaguement entendu parler sans chercher à en savoir plus de mon côté, on me l'avait chaudement recommandé à plusieurs reprises, et j'avais pu l'écouter quelques fois, mais à ma décharge, dans des conditions pas au top. En réalité les deux ou trois fois où j'ai pu écouter un de ses CD, c'était en voiture, ce qui pour découvrir sa musique n'est pas l'idéal je peux le confirmer. En effet, entre sa voix hyper aiguë et ses rythmes parfois un peu syncopés, le peu que j'arrivais à distinguer et qui surnageait par-dessus le bruit du moteur ressemblait plus à une succession de petits cris stridents que je n'avais pas trouvés des plus agréables. D'ailleurs pour vraiment confesser mon erreur jusqu'au bout, je n'avais pas réussi à vraiment identifier le chanteur et ses morceaux avant le concert, puisque même lorsque je l'entendais à la radio par exemple, j'étais à chaque fois persuadé jusqu'à ce qu'on me précise (à chaque fois nécessairement aussi) « mais non c'est Asaf Avidan », d'entendre une nouvelle chanteuse que je ne connaissais pas encore.

369 asaf avidan casino bale

Autant dire que je n'étais pas totalement convaincu en allant le voir. Et notre rencontre en live aurait pu très mal se passer d'ailleurs si je n'avais pas eu à ma disposition des bouchons d'oreilles ce soir-là. Faut dire que sur ce sujet, les suisses sont exemplaires : là où en France je vois rarement de mise à disposition de ces bouchons d'oreilles lors de concerts, et quand c'est le cas toujours à des prix prohibitifs, en Suisse c'est systématique : ils sont en libre-service à l'entrée de chaque concert. On ne badine pas avec la santé auditive en Suisse. On ne badine pas avec grand-chose du reste, en Suisse.

Bref, il m'a fallu à peu près 2 secondes 3 dixièmes pour dégainer et enfiler les-dits bouchons après le premier son échappé de la sono ce soir au Casino de Bâle. Sûr que sur ce coup-là ma dextérité aurait mis minable n'importe quel Usain Bolt, Bip-Bip et le Coyote ou Speedy Gonzales venu. Parce que bon sang, j'ai rarement entendu concert aussi tonitruant que celui-ci. Je ne parviens d'ailleurs pas à comprendre par quel miracle celles et ceux qui n'étaient pas équipés de bouchons ont pu survivre, et encore moins ressortir autrement que sourds au dernier degré.

Mais bon, les autres on s'en fout hein, l'essentiel c'est que moi j'étais équipé !

Cela étant dit, ce concert a été pour moi une vraie et belle surprise. D'abord parce que je n'en attendais honnêtement pas grand-chose, ensuite parce que j'y suis allé sans quasiment rien connaître de ce que j'allais entendre, et que malgré cela j'ai été très largement conquis par ce que j'ai vu et entendu. Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas truffer un de mes articles musicaux de titres de chansons et d'albums parce qu'aujourd'hui encore, je suis totalement incapable d'en citer de tête. Vous échappez donc à une liste de titres interminable. Mais ce que je peux dire c'est que c'était bien. Vachement bien. Très loin de l'image sonore déformée que j'en avais eu jusqu'alors. Très loin de ce que à quoi je m'attendais en me basant sur la tonalité de sa voix.

369 asaf avidan casino bale concert

Bien que ne connaissant presque rien du tout, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, j'ai apprécié chaque morceau que j'ai entendu, et j'ai tout spécialement été séduit par la performance scénique du bonhomme. Asaf Avidan est visiblement un type très loquace et foncièrement sympathique. Doté d'une tchatche pas commune et d'un bon sens de l'humour, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas du genre à se contenter de chanter ses chansons et basta. Il communique beaucoup avec son public et instaure un réel échange, qui semble aussi sincère que décontracté et spontané, ce qui n'est pas si courant que cela. Il introduit ses chansons, les explique ou les remet dans un contexte dans un anglais parfaitement compréhensible et même un français tout à fait honorable. On utilise souvent l'expression de spectacle-vivant pour désigner les concerts et les prestations live, mais avec Asaf Avidan on en a toute la définition !

Musicalement j'ai beaucoup aimé les changements de style, la variété instrumentale et cette spécificité qui m'avait jusqu'alors un peu tenu à distance du chanteur, je veux parler de sa voix très aiguë, m'est apparue dans le contexte complètement adéquate à l'univers sonore de l'artiste. Sa voix, au même titre que celle de Patricia Barber dont je parlais il y a peu, est un instrument à part entière et il s'en sert comme tel. Et le voir en direct chanter pendant deux heures m'a définitivement ôté le lien naturel que j'en faisais avec une voix féminine !

Cependant je confesse une dernière chose. J'ai aimé ce concert, j'ai changé positivement d'avis sur la musique d'Asaf Avidan, mais pourtant je ne me suis pas encore mis à l'écouter sur CD. Ce qui explique d'ailleurs aussi que je sois toujours aussi ignare en ce qui concerne les titres de ses chansons et de ses albums... Ce n'est pas un choix conscient de ma part, je pense que j'y viendrai certainement tôt ou tard, mais pour l'instant à mes yeux, Asaf Avidan est avant tout un artiste de live, que je n'hésiterais pas une seconde à aller revoir.

Et juste pour se replonger dans l'ambiance, voici une vidéo dénichée sur Youtube de sa chanson Reckoning Song lors son premier passage à Bâle il y a deux ans :


 
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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 09:47

 

Le 26 mars passait à Belfort une grande dame du jazz : Patricia Barber et son quartet. En tournée pour la sortie de son dernier album Smash, pour moi c'était l'occasion idéale de réaliser un de mes vieux rêves en allant la voir en live.

Je resitue rapidement Patricia Barber et mon histoire perso avec elle. Car oui, j'ai eu une histoire perso avec elle messieurs-dames. Une histoire purement artistico-musicale mais quand même, du genre qui marque. J'ai découvert Patricia Barber en 1998, par l'intermédiaire de mon ami Rémy. En ces temps reculés, nous partagions lui et moi nos découvertes et coups de cœur artistiques et n'hésitions pas à partir vaillamment à la découverte de nouveautés en tous genres. Alors que je lui faisais découvrir quelques comics parmi les plus cultes de ma collection, qu'on se refilait nos meilleurs dvd (une technologie qui en était à ses tous débuts ! Ça nous rajeunit pas tout ça), qu'on faisait quelques belles découvertes au cinéma (à quelle nostalgie en repensant à The Big Lebowski, le Sixième Sens ou encore Matrix vus ensemble …) et qu'on s'échangeait des romans qui nous avaient marqués, du côté musical on se retrouvait sur des valeurs sûres comme Eric Clapton. Pour ma part je l'ai remis à jour sur mon maître Leonard Cohen et lui m'a fait découvrir deux artistes en particulier : Tony Joe White (un autre de mes fantasmes de concert) et Patricia Barber (ça y est j'ai raccroché les wagons).

366 Patricia Barber Smash

Arpentant les lieux branchés et interlopes de Mulhouse, nous avions pris nos habitudes dans certains magasins de Hi-Fi haut-de-gamme qui nous permettaient régulièrement d'emporter nos propres disques pour les écouter sur leur matériel en démonstration. Et quand je dis haut-de-gamme je ne plaisante pas. Il y avait des installations de plusieurs dizaines de milliers d'euros à vous laisser baba. Et c'est là, avec à mes pieds des amplis et pré-amplis à ampoules de toute beauté, des enceintes plus grandes et plus larges que moi, que j'ai entendu pour la première fois s'élever la voix limpide de Patricia Barber. Je m'en souviens comme si c'était hier alors que ça date du millénaire passé. Un frisson incommensurable et un vrai uppercut musical : Too Rich For My Blood sur du matos qui vaut plusieurs fois mon salaire annuel. Une claque monumentale.

C'était décidé : si je n'aurais certainement jamais un tel équipement chez moi, j'irais au moins la voir chanter pour de vrai ! Je venais de l'entendre pour la première fois et je savais qu'elle était sur ma liste des choses à voir absolument avant de mourir. Depuis lors, j'en avais fait un fantasme et je rêvais d'aller un soir voir Patricia Barber donner un concert au fond d'un club de jazz de New-York.

Aussi, quand j'ai appris qu'elle passait à Belfort pas loin de chez moi, j'ai marqué un temps d'arrêt, le temps d'une hésitation. Et puis bien vite je décidai de remiser à plus tard la partie « au fond d'un club de jazz de New-York » pour prendre ce qu'il y avait à prendre : « voir Patricia Barber en concert », et bien m'en a pris. Ce qui ne veut pas dire que j'ai tiré un trait sur la partie remisée à plus tard, notez bien.

366 patricia barber quartet

Bon, maintenant que je vous ai bien saoulés avec mon histoire de vieux combattants qui n'intéresse que moi (et peut-être Rémy s'il lit encore ce blog), permettez-moi de vous toucher quelques mots de Patricia Barber. Moins connue que des stars comme Norah Jones, Lisa Ekdahl ou encore Diana Krall, elle n'en reste pas moins une des figures féminines majeures du jazz depuis les années 90. Pianiste géniale, elle a une voix absolument terrible. D'ailleurs c'est à mon humble avis son talent principal, tant elle ne se contente pas de chanter mais fait de son organe vocal un instrument à part entière. D'ailleurs pour illustrer mes dires, lors de son concert de Belfort il a fallu attendre pas loin d'une demi-heure pour entendre les premiers mots chantés, alors qu'elle donnait de la voix depuis le début, toute en sons, en onomatopées, en fredonnements musicaux...

Patricia Barber est une grande artiste (et pas qu'en taille), mais elle reste d'une simplicité désarmante. Elle arrive sur scène, se déchausse et s'installe pieds nus à son piano avant d'entamer son concert. Entre sourires, jokes, et moments de profonde concentration, elle est toute entière dans son art, dans sa musique, dans son univers. Un univers fait d'accords mais aussi de silences, de mots et de respirations, de notes et de vibrations. Accompagnée d'un bassiste, d'un batteur et d'un guitariste (respectivement : Larry Kohut, John Deitemeyer et John Kregor), c'est à un spectacle complet et vivant qu'elle convie ses spectateurs, presque en toute intimité, juste pour un moment de partage de quelque chose de beau.

366 patricia barber quartet2

Écouter Patricia Barber c'est une expérience à part, c'est se déconnecter de la réalité pour plonger dans un monde tout entier fait de sons et de mélodies, où s'entremêlent instruments et voix pour ne faire plus qu'un. Je sais que le jazz ne plaît pas forcément à tout le monde, mais elle vaut la peine de prendre le temps de s'y essayer au moins un peu, au moins une fois. Je ne vous garantis pas que vous aimerez, mais je vous garantis que ça ne vous laissera pas de marbre.

Petite séquence nostalgie pour moi, je vous mets ici un lien pour écouter la sublime Too Rich For My Blood... bien entendu c'est la qualité de son de youtube sur un fond d'image fixe, mais n'empêche ça me dresse les poils quand même !


 
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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:12

 

Hier soir, le lundi 22 juillet passait en séance unique le film documentaire Springsteen & I, produit par Ridley Scott (qui a encore de bonnes idées de temps en temps). Séance unique pour ce film, mais à travers le monde entier, dans quelques 50 pays et 2000 cinémas participants à l'événement, dont une cinquantaine en France. J'étais dans l'un deux. Et quelle bonne idée ce fut là.

Réalisé par Baillie Walsh, ce documentaire ne raconte pas la vie privée du Boss, n'est pas une longue interview de la star, ne se veut pas une rétrospective exhaustive de sa carrière et encore moins un catalogue de chansons et d'albums. Bien entendu on voit des tonnes d'images d'archives, certaines récentes d'autres très anciennes, des documents publics comme privés, des extraits de nombreux concerts que ce soit dans de petites salles ou dans des stades immenses. Mais le concept du film n'est pas celui-là. Springsteen & I, c'est le Boss vu par ses fans. Des dizaines de témoignages, d'histoires, de tranches de vies, où les fans racontent leur lien avec Bruce. La façon dont sa musique imprègne leur vie, ce qu'il représente à leurs yeux, comment ils vivent leur relation avec cette star internationale du rock. Et si dit comme cela on pourrait craindre de se retrouver face à une accumulation de groupies décervelées qui hurlent leur amour inconditionnel, il n'en est finalement rien. Oui, il y a bien quelques témoignages de gentils doux-dingues qui vivent un peu leur vie par procuration à travers le phénomène Springsteen, mais ce qui l'emporte avant tout dans cette avalanche de confidences d'amateurs du Boss, c'est une formidable émotion, une énergie incroyable, un humour omniprésent, et un « spirit » commun assez enthousiasmant, convaincant et fichtrement séduisant. Ce qui revient très souvent dans les témoignages, c'est cette sensation d'être au centre des chansons de Bruce. Que le Boss s'adresse à nous et rien qu'à nous et nous parle de nous et rien que de nous, en tant qu'êtres humains et à tous les niveaux.

365 Springsteen and i aff2

Oui, clairement c'est une sensation de communion intime qu'on a devant le lien qui unit Bruce Springsteen et ses fans. Je crois sincèrement que ce film de fans peut vraiment plaire à n'importe qui, même si vous ne connaissez rien à la vie et l'oeuvre de Bruce Springsteen, tant il déborde de fraîcheur, de générosité et d'énergie. Mais je pense que pour quiconque aura déjà vu un concert du bonhomme, ce film et ce qui s'y dit prendront encore une profondeur supplémentaire. Avec cette impression que l'on comprend mieux ce qui est parfois difficilement descriptible et qui pourtant transpire de tous ces témoignages. En écoutant l'une ou l'autre de ces personnes on se dira inévitablement à un moment ou à un autre « je comprends exactement ce qu'il cherche à exprimer, j'ai vécu ou ressenti la même chose ». Certains m'ont fait sourire, d'autres m'ont fait réfléchir, d'autres encore m'ont ému ou franchement fait rire. Tous ont éveillé quelque chose chez moi. Et ça c'est très fort. Alors oui, on peut toujours se parer d'une bonne couche de cynisme et trouver ici ou là matière à se moquer, c'est d'autant plus facile quand on parle de passion, qui plus est de la passion des autres. Car ces gens se dévoilent, de manière assez impudique même parfois. Mais moi, qui pourtant suis un adepte assumé de l'ironie et du cynisme, j'y ai surtout trouvé de quoi m'enthousiasmer. De voir tous ces gens se livrer et afficher leur amour du Boss, ça m'a donné la banane. J'ai trouvé ce moment totalement inattendu et d'autant plus rafraîchissant de naturel et de sincérité.

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Pour ce qui est du film dans sa construction on a d'abord toute une série de témoignages entrecoupés d'extraits de chansons et de concerts qui se rapportent à des anecdotes bien précises, quelques personnages récurrents que l'on revoit plusieurs fois au cours du métrage (j'ai beaucoup aimé Jon qui raconte son expérience de gamin de neuf ans, le faux Elvis et son épouse, l'humour flegmatique de David ou encore l'ouvrier anglais qui raconte son périple à New-York), une tripotée d'images d'archives, pour finir par un extrait inédit de six morceaux issus d'un concert à Londres en 2012. Et à l'image des concerts de Bruce qui semblent ne jamais finir, il y a encore après cela un épilogue où l'on retrouve certains fans cette fois-ci en compagnie du Boss qui les rencontre après avoir vus leurs témoignages dans le documentaire. Tout cela passe bien et très vite malgré une durée plus que raisonnable du long-métrage, mais si je devais émettre un léger bémol il concernerait l'extrait assez long du concert de Londres. Bizarrement je ne l'ai pas du tout trouvé représentatif d'un concert de Springsteen. Visiblement tourné pendant un festival de rock, l'organisation ne devait pas être celle du Boss qui habituellement est au contact direct avec ses spectateurs, les touchant, les embrassant, les faisant monter sur scène régulièrement, parfois même se faisant porter à bout de bras dans la fosse (remember Bercy 2012 !!). Sur ce concert de Londres il y a un immense vide entre la scène et les barrières maintenant les spectateurs au loin, comme un cordon sanitaire coupant un peu l'échange entre Bruce et son public. J'ai trouvé ce choix de concert dommage, même si je comprends qu'avec le caméo de l'ex-Beatles Paul McCartney il y avait également un petit plus pas négligeable.

Mais bon, l'essentiel n'est pas là. Ce que je retiens du film, c'est avant tout que Bruce Springsteen est un type assez exceptionnel, et qu'il a en conséquence des fans assez exceptionnels eux-aussi. Je ne saurai trop vous conseiller de voir ce film, que vous soyez vous-mêmes fan du Boss ou non peu importe. L'énergie qui se dégage de Springsteen & I se suffit à elle-même.

365 Springsteen and i aff

 

 

(et pour le plaisir, le trailer officiel du film :)

 

 


 
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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:53

Ce vendredi 8 mars avait lieu à la Filature de Mulhouse, haut-lieu culturel de la Cité du Bollwerk, un concert pas comme les autres. À l’occasion des fêtes de Carnaval, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse a donné une représentation qui sort des habitudes pour plusieurs raisons. D’abord les musiciens étaient déguisés et arboraient ainsi divers costumes de Carnaval, j’y reviendrai. Mais aussi, le thème de la soirée étant l’Espace, le programme interprété par l’OSM s’est partagé en deux parties : une première partie consacrée à la suite symphonique Les Planètes de Gustav Holst, composée de sept mouvements dédiés à autant de planètes du système solaire et à leurs caractérisations mythologiques (Mars, celui qui apporte la guerre ; Vénus, celle qui apporte la paix ; Mercure, le messager ailé ; Neptune, le mystique, etc…), puis une seconde partie plus « récréative » puisque c’est dans les musiques de films qu’elle a pioché ses morceaux.

363 space carnaval filature mulhouse planetes nasa-jpl

Je l’avoue bien volontiers, je ne suis pas un grand connaisseur de musique dite classique. Je n’y suis pas pour autant hermétique ni allergique. Évidemment je suis capable de reconnaître certaines compositions de Mozart, j’aime particulièrement la Neuvième Symphonie de Beethoven pour son Hymne à la Joie (John McClane est passé par là !!) et le charme envoûtant du Boléro de Maurice Ravel fonctionne à merveille sur moi, mais j’en reste à peu de choses près là quant à mes connaissances dans ce domaine. C’est dire si ça ne vole pas haut. D’ailleurs pour être parfaitement honnête, le nom de Gustav Holst m’était totalement inconnu avant cette soirée-là, et ce n’est qu’en me renseignant un minimum avant d’écrire cet article que j’ai découvert qui il était et de quoi est composée son œuvre.

363 space carnaval filature mulhouse 2001 odyssee

Cela dit, si je ne suis pas un grand mélomane j’ai d’autres vices, dont celui du cinéma. Et qui dit cinéma, dit musiques de films. Et là, sans être un spécialiste, je suis un tout petit peu plus aguerri. À mes yeux, John Williams est certainement l’un des plus grands dans ce domaine. Et si je confesse ne pas avoir de disque de musique classique dans ma cdthèque, des BOF (Bandes Originales de Films) j’en ai un certain nombre, et pas seulement celles qui se contentent d’aligner des tubes pops connus. Alan Silvestri, Danny Elfman, Hans Zimmer, Michael Kamen, Jerry Goldsmith, ou l’inévitable Ennio Morricone sont plutôt bien représentés dans mes rayonnages. Combien de fois n’ai-je pas écouté la musique originale du film Mad Max 3 Au-delà du Dôme du Tonnerre ? Oh bien sûr on pense immédiatement au génialissime tube We Don’t Need Another Hero de Tina Turner, mais j’adore surtout toute la partie mi-symphonique mi-moderne qu’a composée Maurice Jarre, où le compositeur mêle les élans d’un tonitruant saxophone à la majestuosité d’un orchestre symphonique*. Dans un registre proche, je suis très friand des mélanges orchestre symphonique / guitares électriques qu’on peut trouver dans certaines orchestrations de William Sheller ou lors de certains concerts particuliers de Sting par exemple.

363 space carnaval filature mulhouse john williams

Bref, la musique de film, ça me parle, et j’y suis très sensible.

C’est pourquoi j’ai été très surpris de retrouver des similitudes très nettes entre certains passages de Mars, celui qui apporte la guerre de Gustav Holst et certains passages des compositions de John Williams pour Star Wars ! Au point d’ailleurs que j’ai d’abord cru que c’était du John Williams ! Et effectivement, concordances il y a entre l’œuvre de Holst et celle de Williams qui s’est inspiré de lui à plusieurs reprises (et il n’est pas le seul). Ça a donc été une expérience inédite pour moi que d’assister à un concert symphonique, et j’avoue que ça m’a bien plu. Et si j’ai découvert à cette occasion les morceaux de Holst, j’étais comme un poisson dans l’eau dès que l’orchestre a abordé la seconde partie consacrée aux musiques de films. Avec tout d’abord un enthousiasmant Ainsi parlait Zarathustra de Strauss tout droit sorti de 2001, l’Odyssée de l’Espace. C’est déjà un morceau qui en impose sur disque, mais alors interprété par un orchestre symphonique ça envoie !! Les timballes et autres percussions donnent une puissance assez phénoménale à l’ensemble. J’y ai aussi retrouvé le grand John Williams dans une de ses partitions pour l’univers Star Wars (pas le thème principal mais une variation plus douce de la seconde trilogie : Anakin’s Theme). Ainsi qu’avec le thème principal de Rencontres du 3ème Type qui est de ceux qui m’ont le plus marqué (rappelez-vous du film de Spielberg qui égrène ses cinq notes tout du long de l’histoire et dans un final grandiose de son et de lumières). Puis il y a eu du James Horner avec le thème du film Cocoon, un peu moins connu mais très beau lui aussi. Ainsi que du David Arnold avec le thème aux accents très militaires et guerriers de Independance Day. Mais mon gros plaisir de la soirée ça a été sans conteste le superbe thème de Superman (version 1978), toujours et encore de l’immense John Williams. C’était juste énorme !

363 space carnaval filature mulhouse superman

D’ailleurs, il y avait un Superman dans l’orchestre, si je me rappelle bien il jouait du cor aux côtés d’un Charlot et d’une Bat-Girl très estivale… Et oui, souvenez-vous, je disais en début d’article que pour cette soirée les musiciens étaient costumés ! C’est ainsi qu’on a pu croiser ce soir-là sur scène, sous la baguette d’un chef d’orchestre astronaute, un Albator à la grosse caisse, un cow-boy nonchalant au tuba, des Blues Brothers qui se partageaient trombones et bassons, un pape très Ben Sixteen avec une Sœur Marie-Thérèse aux flûtes et hautbois, une Catwoman toute de cuir vêtue au violoncelle au milieu de clowns et autres princesses, une fée à l’orgue, une sorcière et un mousquetaire violonistes, des petits rats de l’opéra plutôt baraqués aux percussions, un mexicain au xylophone, deux harpistes tout droit sorties d’un conte de fées, un maître Jedi et un homme-grenouille à la clarinette, des ouvriers de chantier aux contrebasses, j’en passe et j’en oublie à coup sûr. Un déguisement m’aura cependant fait m’interroger un temps. Le costume d’une des altos me rappelait furieusement un personnage de comics : la Pro de Garth Ennis et Amanda Conner (avis aux connaisseurs…) !! Jupe très courte, décolleté plongeant et cagoule violette, sincèrement je ne vois pas à quel autre personnage cette tenue pouvait faire référence. Ce qui est quand même étonnant, je dois le dire, puisqu’en dehors d’elle-même, j’ai dû être le seul à savoir en quoi elle était déguisée !! (et que ce choix reste un peu inattendu au sein d’un orchestre symphonique)(mais elle a bien fait cela dit hein, je salue l’initiative !)(mademoiselle, sachez que je vous ai comprise !!).

363 space carnaval filature mulhouse la pro

Bref, pour une première fois, j’ai adoré cette soirée de concert classique. J’espère bien pouvoir assister à la prochaine édition consacrée à des musiques de films, et je remercie mon ami Éric d’avoir pensé à moi pour partager ce bon plan !

Et pour faire saliver dans les chaumières, je vous propose les vidéos de deux morceaux  dirigés par le Maître John Williams en personne, d'abord le thème de Rencontre du Troisème Type :


 

Ensuite le thème de Superman :


 




 

 

* À ce propos, on a peu l’habitude de voir des saxophones dans un orchestre symphonique. Cet instrument a pourtant été inventé au début des années 1840 (par Adolphe Sax) qui le destinait aux orchestres symphoniques et aux fanfares militaires. C’est finalement au XXème siècle qu’il a connu un succès immense en devenant l’instrument emblématique du Jazz, puis en se répandant largement au sein des orchestres de musiques modernes comme le Rock, le Rythm’n’Blues, la Soul, la Pop, …)


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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 20:25

Ce mardi 19 mars au soir, le Roger’s Café à Belfort était The place to be !

Et pour cause, le sympathique Café-concert de la cité du Lion accueillait sur sa scène un groupe de légende : The Commitments !!

The Commitments, c’est le groupe dont Alan Parker raconte les frasques dans son film éponyme de 1991. Une bande de jeunes irlandais désoeuvrés de Dublin qui décident de devenir les rois de la Soul au pays de U2 ! Ce film avait marqué toute une génération (dont je fais partie) en grande partie pour sa bande son qui est une suite ininterrompue de reprises de tubes de la musique Soul, allant de Aretha Franklin à Otis Redding en passant par Al Green ou Wilson Pickett.

362 the commitments rogers cafe groupe film

Mais The Stars from the Commitments c’est aussi un groupe de musiciens qui a survécu au film ! et depuis les années 90, ils ont continué à se produire en concerts en interprétant tous les morceaux qu’on peut entendre dans le film (à ce sujet je ne saurais que trop vous conseiller les deux albums qui forment la Bande Originale du Film, c’est de la bombe du début à la fin). Pour être honnête, je dois dire que jusqu’à peu je ne savais pas que ce groupe existait encore et continuait d'évoluer sur scène. Ce n’est pourtant pas faute d’aimer le film d’origine ! Je l’ai déjà vu un bon nombre de fois et ne m’en lasse toujours pas, les cd de la bande son du film tournent régulièrement dans mon lecteur, et j’avais tellement adoré le personnage du chanteur Deco Cuff que j’avais suivi la carrière (peu prolifique malheureusement) de son interprète Andrew Strong (qui a signé dans la foulée du film un album titré Strong tout à fait réjouissant). Mais que The Commitments en tant que vrai groupe avait perduré, je ne l’ai su qu'il y a peu de temps.

C’est d’ailleurs un peu déçu que j’ai appris que du groupe tel que représenté dans le film il ne subsistait plus que deux membres d’origine, à savoir le bassiste Kenneth McCluskey (Derek « meatman » Scully dans le film) et le premier batteur Dick Massey (Billy « l’animal » Mooney dans le film). Point d’Andrew Strong à la voix d’or ni de Johnny Murphy (Joey « les lèvres » Fagan) à la trompette sacrée.

Mais !…

… il aura suffit du premier morceau en live hier soir au Roger’s Café pour complètement me rassurer. The Commitments dans leur composition actuelle, c’est de la pure bombe, et sincèrement ils n’ont pas grand chose à envier à leurs prédécesseurs sur grand écran.

362 the commitments rogers cafe groupe1

Pourtant je doutais vraiment qu’on puisse remplacer Andrew Strong au chant sans que la puissance des morceaux n’en pâtisse, et son absence était pour moi un grand regret… avant de voir les Commitments sur scène avec leur formidable chanteur Myles Hyland. Ce petit bonhomme (qui par moment et sous certains angles avait des faux-airs de Jean-Luc Mélenchon sous acide)(mais certainement que la vodka qui était dans mon verre et les vapeurs de bière ambiantes n’ont pas dû être totalement étrangères à ce rapprochement facial douteux) n’est pas surnommé « Soul Man » pour rien par ses collègues. Parce qu’il n’a peut-être pas le coffre d’un Andrew Strong, mais croyez-moi il envoie du bois quand même, et côté énergie et enthousiasme il se pose là ! Quel punch, quelle envie, quel plaisir il prend sur scène le bestiau ! Et c’est loin d’être le seul à assurer un max… mine de rien, d’entrée de jeu les Commitments ont déjà réalisé un exploit : celui de tenir à 9, instruments compris, sur la minuscule scène du Roger’s Café. Allez je les cite : Myles Hyland au chant donc, Ken McCluskey à la guitare (contrairement au film où il était bassiste), Dick Massey à la batterie, Abe Hampton aux claviers, Andreas Nolan à la basse, Sandra Jane Hyland et Antoinette Dunleavy aux chœurs et au chant, ainsi qu’un saxophoniste et un trompettiste dont j’ai malheureusement oublié les noms.

Mais la promiscuité n’était visiblement pas un problème pour les rois de la soul, bien au contraire même, puisque durant tout le concert Myles Hyland se rapprochait au plus près des spectateurs en chantant quasiment dans la foule des premiers rangs, les surplombant à peine des quelques centimètres de hauteur de la scène. Ils ont enchaîné les titres sans temps mort, succès après succès, tube après tube, devant un public conquis d’avance et massé dans tout le bar. Du gros son il y en a eu, et du bon ! Bon je ne vais pas faire la liste complète des titres, mais quand même je ne peux pas ne pas en donner au moins quelques uns, les plus emblématiques et entraînants selon moi : Mr Pitiful, Mustang Sally, In The Midnight Hour, Chain of Fools, Destination Anywhere, la génialissime Treat Her Right, Hard to Handle, Land of a Thousand Dances, Fa-Fa-Fa-Fa-Fa, The Dark End of the Street et la monumentale Try a Little Tenderness pour ne citer que ceux-là.

362 the commitments rogers cafe affiche

Vraiment au poil le programme qu'ils nous avaient concocté. D'ailleurs je pense qu'ils ont été récompensé par l'ambiance au sein du public, je crois bien que personne n'est sorti du Roger's Café ce soir là sans avoir la banane (car oui, dans ma génération ça se dit encore, avoir la banane !). Et à ce sujet (pas la banane, la sortie) c'est certainement une des premières fois que je sors d'un concert où les mecs du groupe qui viennent de jouer à fond pendant deux heures attendent à la sortie, serrent la pince des gens qui s'en vont et les remercient d'être venus !! Merde les gars, c'est à nous de vous dire merci pour ce moment de pure musique et de communion soul ! Ces mecs là jouent à travers le monde entier et restent quand même des types extras, gentils et totalement accessibles.

Alors hier j'étais à Belfort. Un mardi soir. Au Roger's Café. Et pourtant j'ai cru pendant deux petites heures être un vendredi soir dans un pub de Dublin, dans une scène du film d'Alan Parker. Ai-je besoin d'ajouter que c'était une soirée géniale ?



Et pour vous faire une idée, voici un lien vers un clip promo des Stars from the Commitments :

 


 

Edit du 21/03/13 : le patron du Roger's Café a posté sur Youtube un extrait de la soirée d'hier, et pas n'importe lequel, Try a Little Tenderness, dont je me permets d'ajouter le lien ici :


 
Edit du 27/03/13 : ma frangine, toujours à l'affût n'a pas laisser échapper une seconde vidéo de la soirée du 19 dont voici le lien, c'est Treat Her Right et c'est du tout bon :



 
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 07:19

Attention, énorme coup de cœur !

 

Ma première rencontre musicale (croyais-je) avec Berry remonte à quelques temps déjà. J’écoutais France Inter, je ne sais plus trop quelle émission, quand y passe une magnifique reprise par une très jolie voix féminine de la non moins merveilleuse chanson de Bourvil La Tendresse. De suite, je suis conquis, et je note quand l’animateur précise qu’il s’agit de la chanteuse Berry. De retour chez moi, je cherche un peu, sur le net et je trouve ce que je veux : La Tendresse apparaît sur la version collector du premier album de Berry, nommé Mademoiselle. Pas évident à trouver d’ailleurs cette version, mais j’y parviens tout de même et j’écoute donc l’album : tiens il y a un ou deux airs que je reconnais ! La chanson Mademoiselle justement, mais aussi Le Bonheur ont eu toutes deux leur petit succès. Mais après une ou deux écoutes un peu distraites, je finis par revenir encore et encore sur La Tendresse, chanson que j’aime tout particulièrement et que du coup j’ai collé sur tout un tas de best-of de ma conception. Puis un disque en remplaçant un autre, l’album de Berry cède sa place dans mon lecteur à d’autres…

359 berry album mademoiselle

En fin d’année dernière, je vois que Berry vient de sortir son second album : Les Passagers. Et dans la foulée j’apprends qu’elle passe à Colmar en février pour la promotion de cet album. L’occasion faisant le larron je prends à la fois l’album et des places pour le concert. Pour découvrir l’album je fais ce que je fais souvent, je le laisse tourner sur mon ordi au boulot en musique de fond. Dès la première écoute, deux titres m’accrochent d’emblée l’oreille : Brune et Claquer dans les Doigts. Et en un rien de temps et sans crier gare, je réalise que toutes les chansons de l’album se sont imprégnées en moi, les airs, les mélodies et les paroles me trottent dans la tête. Agréablement surpris, je reprends le premier album que j’avais un peu délaissé et je l’alterne régulièrement avec le second pour me rendre compte qu’en fait, chez Berry il n’y a rien à jeter ! Une voix douce et agréable, sensuelle aussi, des accords mélodieux et des textes très beaux… D’ailleurs dans le second album, je me suis surpris à découvrir de très belles références à d’autres univers musicaux : Brune bien entendu qui est Gainsbourienne en diable, je dirais même presque Mélodie Nelsonienne en vérité ! Mais aussi Voir du Pays dont les accents de bossa-nova et les textes me font penser à mon si cher Bernard Lavilliers. Quant à Ce matin, j’y entends un peu de Barbara, des réminiscences de Françoise Hardy, un soupçon de William Sheller dans certaines orchestrations tout du long de l’album… et pour en revenir à l’album Mademoiselle, je redécouvre que les deux morceaux Les Heures Bleues et Chéri sont en fait des mises en musique de poèmes de Verlaine !

359 berry concert egon jazz2
Bref, tout ça pour dire à quel point tout cela foisonne de belles choses, qu’il y a dans l’univers musical de Berry un subtil mélange d’originalité et de classicisme, que c’est riche, férocement mélodieux, et complètement immersif. Il plane au-dessus de ces deux albums un vrai parfum de nostalgie. Mais pas celle qui vous plombe et vous rend morne, non, celle qui vous fait passer de la tristesse au sourire le temps d’une pensée. Il y a des mots difficiles parfois, mais toujours une certaine légèreté dans la voix qui les prononce, et ce contraste est saisissant, et avec moi en tout cas ça marche parfaitement. Berry chuchote quelques mots, accompagnée d’une guitare ou d’un piano, et d’un coup d’un seul elle me chope et m’entraîne exactement où elle veut. Comme ça, avec la plus grande douceur, mais avec une force irrésistible. Alors oui, quand je disais « coup de cœur » en début d’article, je ne crois pas exagérer…


359 berry voiture zoe ghertner

Mais avec tout ça je n’ai pas encore abordé le concert de Colmar !

D’abord quelques mots sur la première partie, assurée par une jeune femme du nom d’Anastasia. Toute seule avec ses deux guitares, Anastasia fait le show avec sa voix unique et sa musique perchée quelque part entre le jazz bluesy, le rock funky et le groove ensoleillé. C’est difficile à décrire mais ça marche bien ! quant aux textes, ils sont à la fois amusants, modernes, poétiques et colorés. À l’image de la chanteuse en fait ! on devine par moments des liens de parenté avec Camille ou Anaïs dans le genre de chansons qu’Anastasia propose, mais dans son style propre qu’on ne peut pas confondre avec un autre déjà existant, ce qui n’est pas si courant pour une jeune chanteuse. Elle possède de plus un brin de voix assez extraordinaire, lui permettant de jouer aussi bien dans les graves qu’avec les aigus (arf, je me prends pour un coach de The Voice maintenant !!). Bref, c’est frais, c’est bon, et ça fonctionne bien sur scène. Et pour ceux que cela intéresse, son premier album, Beau Parleur, sort à la vente en mars…

359 anastasia beau parleur

Quant au concert de Berry, j’ai tout d’abord été étonné. À vrai dire, après avoir beaucoup écouté ses disques ces derniers temps, je m’attendais inconsciemment à un concert un peu plus intimiste, plus minimaliste. Alors que pas du tout : Berry est arrivée sur scène avec cinq musiciens : deux guitaristes (tous deux excellents), un bassiste, un batteur et un clavier. Du coup l’orchestration était plus « fournie » que je ne pensais, et certains titres ont pris une ampleur différente de leur version studio. C’était par exemple le cas de Brune, morceau que j’apprécie déjà tout particulièrement mais qui sur scène était encore un peu plus boosté par l’orchestration et surtout par la partie guitare électrique, très réussie. Berry et ses musiciens ont interprété beaucoup de chansons, alors que paradoxalement j’ai trouvé le concert court, c’est certainement dû aux titres eux-mêmes qui ne sont pas forcément de très longue durée. Berry a évidemment repris les morceaux les plus attendus car les plus connus que sont Mademoiselle, Le Bonheur, Chéri et Demain (ces deux derniers titres étant vraiment excellents en live). Et du nouvel album je crois bien qu’elle a tout interprété. Appréciant chaque morceau je ne vais pas en faire le listing complet, mais je me dois quand même de citer les enthousiasmants Claquer dans les Doigts, Si C’est la Vie et Voir du Pays, la très belle Les Mouchoirs Blancs et la magnifique Ce Matin. Je n’ai malheureusement pour moi pas eu droit à la reprise de La Tendresse que j’aime tant, mais il y a une chanson parmi toutes qui m’a vraiment marqué, et qui est de loin l’une des plus touchantes que j’ai entendue ces dernières années : Plus Loin. Vrai moment d’émotion, émotion qui s’est aussi emparée de Berry qui a discrètement séché ses larmes à la fin du morceau avant d’enchaîner sur une autre chanson. Plus Loin est vraiment une chanson hors du commun, de celles qui vous prennent aux tripes par sa simplicité, sa force, sa douceur et ses mots (d’ailleurs sur l’album Mademoiselle, l’enchaînement des titres Plus Loin et Demain donne une profondeur et un contexte particuliers au second titre).

359 berry concert egon jazz3

Mais ne vous y trompez pas, Berry n’est pas une nouvelle Mylène Farmer, larme à l’œil et tenues affriolantes. Elle est même plutôt son opposé (et c’est tant mieux !). C’est avec un merveilleux sourire aux lèvres qu’elle chante sur scène, qu’elle s’adresse au public ou qu’elle éclate de rire avec ses musiciens. Elle est heureuse de chanter et cela se voit, d’ailleurs elle fait tout pour partager son bonheur avec ceux qui l’écoutent. Et pour cela elle n’a pas besoin d’artifices, de chorégraphies bizarres ni de soutif apparent non plus, elle est juste belle et dégage un charme naturel qui, croyez-moi, suffit amplement.

359 berry concert egon jazz1

Le seul bémol que j’aurai sur la prestation de Berry et de ses musiciens, tient en deux mots : trop court !! En effet, une petite heure et quart après le début de concert, elle nous laissait déjà repartir dans le froid et la nuit de Colmar… j’aurais aimé plus, mais ça c’est mon côté d’incorrigible gourmand qui reprend le dessus. Que voulez-vous, quand j’aime j’essaie toujours d’en profiter au maximum.

Alors pour vous en faire profiter un peu aussi, je vous propose quelques liens vers des chansons de Berry trouvées sur le net (rien qui soit tiré du concert à Colmar cependant). Berry c’est un vrai grand et beau talent de la scène musicale française, découvrez-la, écoutez-la et aimez-la.


359 berry album les passagers

Pour celles et ceux qui veulent découvrir ce que ça donne en live, voici une sélection de vidéo glanées sur youtube (merci aux posteurs !!) avec pour commencer un des titres phares du nouvel album : Si C'est La Vie


 



On continue avec la gaingsbourienne Brune :


 



 

Une version live de Plus Loin, de l'émotion pure :


 



 

Et on finit (parce qu'il faut bien finir, je pourrais continuer longtemps comme ça) avec une autre version live, de la très belle chanson Demain :


 
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 20:17

Il y a quelques semaines j’ai découvert, en première partie du concert du groupe Ange à Sausheim, un certain Alex Bianchi, qui en quelques notes m’a instantanément et énormément plu. Et voilà que j’apprenais son passage au Roger’s Café ce vendredi 8 février… ni une ni deux, je me suis dit que c’était là une excellente occasion d’approfondir un peu le sujet.

 

Faut bien le dire, il n’y avait pas foule ce soir là au Roger’s Café. Le froid et la neige qui s’abattaient sur Belfort ont dû y être pour quelque chose à mon avis. Toujours est-il que le bar avait bien du mal à se remplir ce vendredi soir. À moins que les gens ne soient restés chez eux pour regarder les victoires de la musique à la télé ? Ça m’étonnerait un tantinet cela dit. Je crains d’ailleurs qu’il y ait eu même plus de monde à mater des gogols en maillots de bain faire de grands ploufs sur la chaîne concurrente. On a la télé qu’on mérite paraît-il… Bref, c’est donc devant un public restreint (mais convaincu !) que Alex Bianchi a entamé son concert un peu plus tard que prévu. Heureusement au fil des minutes qui passaient, les belfortains semblants sortir de chez eux comme les plus lève-tard des animaux nocturnes, la salle s’est peu à peu remplie malgré tout.

357 alex bianchi monsieur marco

Sur scène il y avait donc deux types un peu bizarres, voire même carrément barrés, bourrés d’énergie et surtout de bonne humeur. Alex Bianchi à la guitare et au chant, et Marc-Antoine Schmitt, dit Monsieur Marco, à la contrebasse, à la basse et au chant aussi un peu. Ils ont été rejoints en cours de route par un batteur dont j’ai malheureusement oublié le nom (mes plus plates excuses à lui) et qui les accompagnait pour la première fois sur scène si j’ai bien tout compris.

Et malgré le fait qu’au début du concert il n’y avait pas affluence dans le bar, ces gaillards là ont su donner ce qu’ils étaient venus partager ce soir là : un très chouette moment de musique ! D’ailleurs, il suffit de les voir jouer pour se rendre compte qu’ils prennent leur pied sur une scène : Alex a un sourire qui lui colle au visage quasiment en permanence, quant à Marco il a l’air totalement habité derrière sa contrebasse (dit comme ça, ça n’a pas l’air d’être un instrument hyper-marrant et pourtant utilisé à la manière de Marco ça devient un truc juste énorme). Pour ce qui est de leurs titres, cela va du festif et joyeux comme Cool (un de mes préférés) au plus mélancolique comme Manon, en passant par le revendicatif (sans être prise de tête non plus) comme Indignons-nous. Mais toujours avec une petite pointe de blues, un soupçon de soul, et une voix chaude de rockeur. Alsacien aux racines italiennes, Alex chante parfois en italien (Per Tanto Tempo, très entraînant) mais la majorité de ses chansons sont en français. Cela dit, je l’ignorais mais ma sœur me l’a appris (elle est forte ma sœur), Marco et Alex font également partie du groupe Les Bredelers, et à ce titre sont aussi tout à fait capable d’en pousser une petite en alsacien. Mais bon, en terre franc-comtoise, ils s’en sont visiblement abstenus ! et je pense que le public local leur en saura gré pour ça.

Parmi leurs chansons, je citerais également mais sans être exhaustif La Nonchalance, Silence ! on pense… (qui est aussi le titre de leur album), Petit Soiffard, Chut !, l’excellent Si Dieu était une Femme, et puis petit plaisir personnel, leur reprise de Est-ce ainsi que les Hommes Vivent ? de Léo Ferré (reprise aussi en son temps par Bernard Lavilliers). Rien que de très bons morceaux, aux rythmes enthousiasmants et toujours servis par la voix rocailleuse à souhait de Alex Bianchi.

357 alex bianchi aff

Je suis souvent éberlué par la somme de talent qu’on peut voir ainsi dans un petit concert qui ne paie pas de mine, au fond d’un café concert, alors que les ondes sont si souvent squattées par d’autres qui en ont bien moins sous la pédale. Concrètement j’ai du mal à m’expliquer comment un duo comme celui-ci n’est pas plus connu. Comment une telle voix n’a pas été repérée et ne passe pas régulièrement à la radio. Ça me dépasse. Alors oui, bien sûr, Alex n’a pas le physique d’un M Pokora (pour faire une comparaison entre strasbourgeois en plus), mais bordel, lui il a du talent à revendre. Il compose, parfois il écrit, il joue et il chante. Et il le fait infiniment mieux que tant de ces blaireaux dont le seul talent artistique qu’ils sont capables d’exposer est celui de leur tatoueur ou de leur coiffeur.

Parfois ce genre de chose me laisse non seulement pantois, mais aussi déprimé.

Alors j’écoute chanter Alex Bianchi, et la pêche revient. Ce type n’a pas qu’un talent musical : il possède aussi celui de partager sa bonne humeur. Ses chansons vous filent la banane, et pour ça moi je dis : Oh Merci Alex Bianchi ! Oh Merci Monsieur Marco !

Je vous invite chaudement à visiter son site, à écouter ses chansons (découvrez-le sur youtube par exemple, mais surtout essayez son album !), à aller le voir en concert. Enfin, je ne vous oblige pas hein, mais si vous aimez la bonne musique…

Je vous propose en direct de youtube, une version live de Cool super sympa :


 

Un reportage datant de quelques années déjà :


 

Et un petit bonus, Alex à la fraîche qui interprète la magnifique chanson Betty de Bernard Lavilliers :


 


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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 11:03

Il y a une quinzaine de jours, Fred Blondin avait quelques dates de concert dans l’Est de la France, dont une à Belfort, au Roger’s Café. D’ailleurs je l’y avais déjà vu cet automne et en avais un peu causé ici. Forcément, Belfort c’est juste à côté de chez moi, je ne pouvais pas ne pas y aller.

Difficile de commenter son concert sans me répéter par rapport à ce que j’ai déjà pu vous raconter au sujet de Fred dans mes deux billets précédents (pour ses concerts au Barouf et sur la péniche du Chansonnier). Il y a toujours cette même générosité et cette même envie de partager sa musique, qui font de Fred Blondin un type pas comme les autres. Un artiste pas comme les autres. Cette fois encore ça s’est vu et ressenti tout du long de sa prestation. Il se marre, il s’amuse et il reste accessible. Qu’il soit sur scène ou accoudé au bar pour boire un verre (ou deux, ou douze), c’est juste un mec simple et sympa. Faut le voir quand il se fait des solos à la gratte électrique sur certains titres. Fred est quelque part dans son monde, dans une bulle faite seulement de son et d’accords. Il a l’air de vraiment s’éclater avec son instrument, ce type vit sa musique et c’est aussi chouette à voir qu’à écouter.

Fidèle à son habitude, Fred a enchaîné les morceaux, je ne vais donc pas me lancer dans une longue énumération de titres… mais je ne peux pas m’empêcher de dire que c’est toujours génial d’entendre mes titres préférés, au rang desquels Perso, Mordre la Poussière, Le Mal par le Mal ou encore Des Gens que l’on aimerait Revoir. Merdum, me voilà qui énumère quand même… Bon j’arrête. Je rajoute juste un commentaire tout spécial pour son interprétation d’un autre de ses morceaux que j’adore : sa reprise de La Belle Vie de Sacha Distel qui est vraiment excellente. Voilà c’est dit, j’arrête là. (ci-dessous une petite vidéo prise lors du concert du 26 octobre 2012)


 

 

Et puis comme une bonne nouvelle peut en cacher une autre (ah, on me souffle à l’oreillette que je m’emmêle les pinceaux avec un proverbe ferroviaire), Fred nous a confirmé qu’il enregistrerait son tout nouveau double-album à la fin de ce mois (donc ça devrait pas tarder si c’est pas déjà en cours), ce qui laisse imaginer qu’on aura bientôt droit à une fournée de nouvelles chansons dans pas longtemps (ou de déjà entendues par le biais de SoundCloud.com où Fred met parfois en ligne de nouveaux titres pour les gens qui le suivent sur le net). Je n’en sais pas plus sur le contenu, mais j’espère qu’il y aura des morceaux comme Bonne Journée et La Belle Vie* dont je parlais plus haut…

Fred nous a aussi confié qu’il partait bientôt chanter au soleil, pieds dans l’eau et chemise à fleurs (sur ce dernier point j’allais dire : comme d’hab !), mais je ne suis pas certain d’avoir bien saisi tous les détails puisqu’il a été un moment aussi question de Brême. Très belle ville au demeurant, mais pas très connue pour ses plages de sable fin. Il y a bien une période de l’année, on va dire une quinzaine de jours en juillet, durant lesquels la glace polaire se retire et libère les rivages de la Mer du Nord, mais ça me paraît léger quand même comme climat tropical. Quelque chose a dû m’échapper. Ou alors c’est ma tendance à capter des bribes de conversations à droite à gauche et à les relier dans un ordre plus ou moins aléatoire. C’est pas exclu.

Comme d’habitude, ça a été également l’occasion de retrouver d’autres blondingues (en plus de ma petite sœur qui ne s’est pas faite prier pour m’accompagner), en l’occurrence Stéphane et Laetitia D. et leur indéfectible bonne humeur, Janick et sa fidèle caméra (encore un immense merci pour les dvd des deux concerts de septembre que j’ai visionné dans la foulée) et l’ami Francky que je revois toujours avec plaisir. Je profite de ces quelques mots pour leur passer un amical salut ! On se reverra à coup sûr au prochain passage de Fred dans le coin…

354 fred blondin rogers cafe


PS : merci à ma soeurette pour son appareil qui prend de chouettes photos en toutes circonstances et à Stéphane D pour sa science innée du cadrage (et des chiens de traineau).



* deux chansons pour lesquelles Fred a déjà un second fan en plus de moi quoi qu’il arrive : mon petit loulou Nathan qui du haut de ses trois ans fredonne déjà les paroles avec son père. Ah, ma frangine aussi qu’elle me dit. Bon ben trois fans déjà alors !

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 00:17

En dehors de quelques zozos dans mon genre, c'est-à-dire un peu bizarres sur les bords, je crains que peu d'entre vous connaissent Ange. C'est triste pour vous, c'est triste pour eux, mais ma foi c'est comme ça. Quand on ne passe pas à la radio et à la télé, on a beau être sur la scène française du rock depuis plusieurs décennies, il n'y a qu'une petite partie du grand public qui a connaissance de votre existence.

Alors laissez-moi faire les présentations et vous parler un peu de ce formidable groupe français.

351 ange sausheim groupe denis mousty

Mes lecteurs de blog, Ange. Ange, mes lecteurs de blog. Bon, ça c'est fait.

Le groupe Ange est originaire du Territoire de Belfort. Et il est né en 1970. Autrement dit, le groupe est plus vieux que moi. Bien qu'il s'inscrive dans la grande famille du rock, on ne peut pas dire que son style de musique soit aussi aisément définissable. Au cours des années 70, en peu de temps ils sont devenus une référence, l'emblème d'un genre nouveau, et si on peut se situer par rapport à eux, eux-mêmes restent incomparables. Rock progressif, pop-folk, délires musicaux et chansons à textes : c'est en substance le mélange de genres dont ils ont nourri leur style. Ils ont un temps été classés aux côtés de groupes tels que Magma par exemple, si cela peut éclairer votre lanterne, bien que moi j'ai du mal à les ranger dans quelle que case que ce soit. Si l'on devait citer un album référence parmi leur vingtaine d'albums studios (hors live, compilations et spéciaux) sortis en plus de quarante ans d'existence, je pense que Émile Jacotey, bien que déjà ancien (il date de 1975, très bonne année soit dit en passant), serait un bon choix, ayant eu les faveurs des critiques et un certain succès public à l'époque de sa sortie. Et si le groupe compte un répertoire impressionnant, des titres comme Ôde à Émile, Vu d'un Chien ou Les Fils de Mandrin seraient assez représentatifs de leur style décalé. Leur reprise de Ces Gens-Là de Jacques Brel reste elle aussi un monument du genre.

351 ange sausheim emile jacotey

Comme de nombreux groupes musicaux, surtout avec une telle longévité, la composition de Ange a souvent changé. Au départ il y avait l'axe principal, les frères Décamps, avec Francis aux claviers et Christian au chant, ce qui n'empêche pas ce dernier de gratter la guitare ou pianoter de temps en temps. Dès le départ, Christian Décamps, en tant que voix du groupe et co-compositeur (la grande majorité des titres historiques ont été composés par Francis, certains par Brézovar, Jelsch a participé également), incarne l'âme du groupe, le moteur de Ange, et prend naturellement le rôle de leader. La composition du groupe fluctuant d'années en années, entre départs et retours des membres des origines que sont en plus des deux frères le fabuleux guitariste Jean-Michel Brézovar, le talentueux bassiste Daniel Haas et l'énergique batteur Gérard Jelsch, d'autres artistes se joindront pour quelques mois ou quelques années au groupe, le noyau dur restant les deux frangins Décamps.

351 ange sausheim groupe 1975 aragondange

Ma rencontre avec les rockeurs francs-comtois se fera en toute fin des années 1980, en 1989-90 très exactement. En 1989, le maire de la ville de Belfort leur passe une commande un peu spéciale : la cité au Lion veut une oeuvre musicale destinée à fêter dignement le bicentenaire de la Révolution Française. Christian Décamps et ses compères ne se feront pas prier, et accoucheront d'un opéra-rock déjanté, Sève qui peut, dont le conteur de l'histoire est un chêne, Quercus Robur, pédonculé du Val du Rosemont, qui voit monter sous ses branches la fièvre des hommes qui débouchera sur la Révolution Française. Moi, du haut de mes quatorze ans, je découvre cet album bizarre dans lequel un arbre me parle des hommes d'il y a deux cents ans mais qui ne sont pas si différents de ceux d'aujourd'hui... je tombe dessus totalement par hasard. Faut dire qu'à cette époque, mon ami Nico et moi sommes inséparables, et son frangin de plusieurs années notre aîné écoute des trucs d'un autre monde dans la chambre d'à côté. On avait beau s'éclater avec les premiers films de Jean-Claude Van Damme, écouter en boucle la BO de Top Gun et de Dirty Dancing (je n'ai pour seule défense que mon jeune âge à opposer à vos moqueries. Et puis qui n'a jamais été fan de Dirty Dancing n'a jamais été jeune, d'abord)(prout !), et se faire des plans ultra-précis pour se partager les gonzesses que chacun draguerait à la sortie de l'église (si, si), le frangin avait un atout de taille : des enceintes deux ou trois fois plus puissantes que celles de mon ami. Impossible donc de ne pas entendre ce qu'il écoutait. C'est ainsi qu'en bon fan de Ange, il m'a passé sans le savoir le virus. Je me suis discrètement renseigné pour savoir de quoi il s'agissait sans me faire envoyer balader (pour lui nous devions voguer entre le statut de parasites inconsistants et celui de moustiques vaguement désagréables). Armé des noms du groupe et de l'album, j'ai dégoté le disque en magasin. Dès lors mon sort était scellé : Ange m'accompagnerait désormais à jamais.

351 ange sausheim seve qui peut

C'est au début des années 1990 que le groupe dans sa formation d'origine se reforme, signant un bel album, Les Larmes du Dalaï-Lama, avec dans la foulée une tournée d'adieu. Tournée d'adieu du groupe d'origine, s'entend. 1995 : lors de cette tournée, Ange s'arrête à Mulhouse. Ce sera le premier concert de ma vie. Et ce sera un moment inoubliable.

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Les vieux de la vieille s'arrêtent quasiment tous et prennent leur retraite de la scène musicale, ou voguent vers d'autres aventures en solitaires, tel Francis. Seul persiste Christian Décamps. Et comme il aime à le dire, un Ange est éternel... Si bien que le groupe renaît de ses cendres peu de temps après. Pour recruter de nouveaux musiciens, Christian n'a pas à chercher très loin. À ce moment et depuis quelques temps déjà, il est à la base d'un second groupe, je me risquerais presque à le qualifier de groupe spin-off, en analogie avec ce qui existe au cinéma, en BD ou à la télévision. Ce groupe c'est Christian Décamps & Fils, au sein duquel on retrouve Christian et une bande de petits jeunes de la nouvelle génération, au sein desquels le fiston du leader, Tristan Décamps. Comme les Nouveaux Mutants qui sont formés et promis à devenir les prochains X-Men chez Marvel (en tant que fan de comics et de Ange, je me permets ce parallèle qui ne parlera pas à grand monde j'en suis bien conscient), les membres de Christian Décamps & Fils ont été formés par le maître et héritent tout naturellement de la place de leurs aînés quand ceux-ci décident de raccrocher leurs instruments.

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Le nouvel Ange est né. Tristan remplace Francis aux claviers, Hassan Hajdi succède à Brézovar à la gratte électrique et Thierry Sidhoum prend la relève de Daniel Haas. La batterie passe aux mains d'Hervé Rouyer qui était déjà à ce poste au sein de Christian Décamps & Fils. L'actuel batteur, Benoît Cazzulini, à la personnalité un peu moins marquée que certains de ses prédécesseurs, tient tout de même les baguettes de Ange depuis presque 10 ans, et de bien belle manière.

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Et le pari de relancer Ange de fond en comble est un pari réussi : les albums se succèdent, et clairement un nouveau souffle s'empare du groupe. On reste dans le style musical de Ange, qui, s'il évolue avec le temps, conserve son identité propre. Les jeunes apportent du neuf mais s'inscrivent dans l'histoire du groupe : les nouveaux morceaux sont excellents, et ils savent jouer les succès de leurs prédécesseurs en se les appropriant avec respect. Deux albums références (à mes yeux hein, je ne suis pas détenteur du bon goût universel, ça se saurait) sortent de cette nouvelle mouture de Ange : La Voiture à Eau en 1999 et ? (c'est bien le titre de l'album : un point d'interrogation) en 2006, qui sont en tous points de vue exemplaires. Bon an mal an, le groupe avance vers ses 40 années d'existence, qu'il fêtera dignement en 2010. Reliés à l'association Un pied dans la marge, qui édite tout particulièrement le trimestriel Plouc Magazine (histoire de souligner un peu plus ce qui a toujours été une des caractéristiques principales et marque de fabrique de Ange : leur ancrage provincial en opposition au parisianisme de la musique en vogue et qu'on entend dans les médias), Ange fait mieux que survivre. Le groupe a une solide base de fans (aussi appelés les Imbibés pour les intimes) et parvient à sortir des albums studios très régulièrement, assortis de disques live et de disques bonus réservés aux membres de l'association.

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Les rôles au sein de la formation évoluent eux aussi : de leader et chef d'orchestre, Christian se fait moins omniprésent : les albums se succèdent et chacun s'essaie par exemple au chant. Tristan assez régulièrement, puis même Hassan et Thierry prennent de l'assurance et se lancent. À noter d'ailleurs, le passage dans le groupe de Caroline Crozat qui sera le pendant vocal féminin de Christian pendant plusieurs années. Aujourd'hui, le groupe accuse ses 42 ans d'existence, et n'aura jamais connu de période aussi longue avec la même formation de base (Christian, Tristan, Hassan et Thierry) qui est à la barre depuis 17 ans déjà.

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Ce sont ces gaillards là qui ont signé cette année l'album Moyen-Âge, encore un très bon opus, aux résonances très rock (merci les riffs de guitares de Hassan Hajdi) et à l'énergie toujours palpable. Ne les ayant pas vus sur scène depuis 2006, en dehors d'un spectacle en one-man-show de Christian Décamps en 2008, je n'ai pas pu résister une seconde à aller les voir lors de leur étape à Sausheim pour leur tournée Moyen-Âgeuse. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus. Le temps file mes bons amis, le temps file... Pour la petite histoire, la dernière fois que j'ai applaudi le talent de guitariste de Hassan (alias le norvégien du groupe, dixit Christian), ce dernier avait un crâne rasé, Bruce Willis-style. Quelle ne fut pas ma surprise en le voyant à Sausheim, arborant une tignasse qui rendrait Yannick Noah en personne vert de jalousie ! Notez bien que lui non plus ne m'a pas reconnu. J'ai pris 5 ans dans les dents et je porte la barbe à présent. Et puis il ne me connaît pas, c'est vrai, omettais-je ce détail ?

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Le concert a tenu toutes ses promesses. Christian toujours prêt à faire le spectacle, chanteur, trublion, musicien, poète, comédien, conteur... et les autres en pleine forme, se donnant sans retenue dans tous les registres. Un enthousiasme de chaque instant et une énergie communicative. Ange a cette particularité qui n'appartient qu'à eux : ils font de la musique un art complet, transcendant. Être un membre de Ange, ce n'est pas seulement être un excellent musicien ou un show-man hors du commun, c'est être un artiste complet, entier et d'une sincérité absolue. Ces types-là ne vivent pas de leur musique, ils vivent leur musique. Sans jamais tricher une seule seconde. Et c'est ce qui fait toute leur singularité.

La représentation de ce soir de novembre à Sausheim a été un parfait mélange entre titres nouveaux issus du dernier album (dont les excellents Tueuse à Gages, Un Goût de Pain Perdu ou encore Les Mots simples, j'ai malheureusement attendu en vain Le Cri du Samouraï qui n'a pas retenti cette nuit-là) et titres plus anciens des succès passés du groupe (Aujourd'hui c'est la Fête chez l'Apprenti Sorcier, Le Ballon de Billy, Harmonie, Au-delà du Délire, ...).

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J'ai retrouvé cette magie, cette communion, cette poésie et cette énergie pure qui se dégagent toujours de la musique de Ange. Elle ne m'a jamais quitté, mais en live, cet univers si spécial prend une envergure encore supérieure. Si j'étais un d'jeun dans la vaïbe, je dirais que j'ai kiffé ma race. Mais j'ai bientôt 38 ans et, comme dirait un philosophe bien connu des services de police de Los Angeles, j'ai passé l'âge de ces conneries. Alors je me suis contenté de prendre mon pied et d'adorer chaque seconde de cette soirée avec Ange.

Bon sang les gars, vous m'avez manqué, je ne m'étais pas rendu compte à quel point. See you soon.

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PS : emporté par mon élan et le plaisir de vous parler de Ange, j'ai failli omettre de vous toucher un mot sur la première partie de leur concert ! C'est un duo, Alex Bianchi et Monsieur Marco qui s'en sont chargés, et ce fut une très chouette découverte ! Des morceaux entraînants et festifs, une énergie et un enthousiasme à revendre, et la voix chaude et rocailleuse à souhait de Alex Bianchi m'ont plus que largement convaincu. Je leur souhaite une aussi longue et féconde carrière que celle de Ange !

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Les photos sont respectivement
de Denis Mousty (groupe 2012), Aragondange (groupe 1975), et de Vincent Gable (tous les portraits)

 

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