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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:08

 

À chacun son échelle de valeurs, mais pour moi Sting fait partie des géants du pop rock comme j'aime. Aux côtés de ses collègues Clapton, Knopfler ou Springsteen par exemple. Un des derniers sur ma « liste des géants à voir »... Alors évidemment quand j'ai vu qu'il était annoncé en tournée mondiale (nommée « Back in bass » -Sting a démarré en tant que bassiste) et qu'un de ses arrêts était prévu à Strasbourg, je n'ai pas hésité une seconde, vous pensez bien.

À mes yeux, le concert privé qu'il a donné voici quelque années déjà (c'était en 2001, le soir du funeste 11 septembre) dans sa villa de Toscane et qu'on peut voir sur le dvd All This Time est un incontournable de ce qui se fait de mieux dans le genre. Ce concert est juste génial : pureté du son incomparable, suite ininterrompue de tubes tous plus géniaux les uns que les autres, orchestre pléthorique et ultra-pro, et maîtrise aussi naturelle que totale de la part d'un Sting impressionnant, incarnant rien moins que la classe ultime. Bref une référence en la matière. Pour avoir vu et revu ce concert un très grand nombre de fois, un de mes fantasmes musicaux était de vivre une expérience de ce genre.

349 Sting strasbourg stephanie meyer scene2

Je me doutais bien que le Zénith de Strasbourg ne proposerait pas une ambiance et une aura semblables à celle de la villa italienne de Sting, mais bon l'essentiel restait le son avant tout, la musique, et l'artiste principal. C'est donc confiant que je m'y suis rendu. Mon siège était placé en plein axe de la scène, à une certaine distance cependant, pour ne pas dire à une distance certaine. Au dernier rang pour tout dire. Mais qu'importe me suis-je dis, j'ai une bonne vue (c'est certainement ce qui fonctionne le mieux chez moi)(au moins physiologiquement hein)(et après réflexion, peut-être bien à tous points de vue), et au moins cela m'assurait-il de me trouver assez loin des enceintes géantes qui balancent leurs décibels souvent au-delà de toute raison. Car si mes yeux me donnent satisfaction, mes oreilles s'avèrent beaucoup moins performantes. À vrai dire, si j'étais un super-héros, mes oreilles seraient clairement mon point faible sur lequel s'acharneraient les super-vilains. Ma kryptonite intégrée sous forme de feuilles de choux en quelque sorte.

Bref, tout ça pour dire que j'étais loin de la scène mais que je m'en fichais pas mal, y trouvant même à certains égards mon compte.

Mais contre toute attente, mon positionnement dans la salle ne fut finalement pas aussi optimal que je l'aurais cru. Première chose : quand je dis que j'étais loin, je n'exagère pas. Et quand je pensais que ma vue pallierait la distance, j'étais un poil trop optimiste. Pour illustrer mon propos, je me contenterais de vous faire part, tout du long du concert, de mon enthousiasme au sujet de la violoniste qui accompagnait Sting, me faisant même la réflexion à son sujet, au moment où elle a effectué un chouette solo en arpentant toute la scène, sautant et virevoltant tout en s'escrimant sur son instrument : « elle assure cette nana, et elle se fait plaisir en plus ». Ce n'est qu'après le concert, en retrouvant ma frangine qui était là aussi mais à quelques mètres tout au plus de la scène au milieu de la fosse, que j'appris avec stupéfaction qu'il s'agissait d'UN violoniste en fait. Je rappelle que la vue est donc un de mes points forts. Ceci afin de permettre de vous faire une idée de mon état général...

349 Sting strasbourg stephanie meyer scene1

Au moins mes oreilles auraient-elles dû être préservées des affres d'un volume sonore trop agressif. Seconde erreur. Dès le début du concert, j'ai pu constater qu'on avait droit à du « gros son » comme pourraient le qualifier les amateurs de hard-rock. Autrement dit, c'était fort, très fort, extrêmement fort. Si fort que bien des fois on flirtait avec la saturation pure et simple dans les aigus par exemple. Beaucoup trop violent pour ce qui me tient lieu d'écoutilles. Je n'ai pas longtemps cherché à résister, j'ai sorti mes bouchons d'oreilles prestement, tentant malgré tout à l'un ou l'autre moment plus calme du concert de les retirer pour voir (enfin pour écouter plus exactement mais vous m'aviez compris) ; peine perdue cependant. Là encore, c'est après le concert que ma frangine (la même que tout à l'heure) m'a appris que de là où elle se situait le son était parfait, d'une qualité qu'elle avait même rarement entendue dans ce type de grande salle. On pourrait soupçonner une défaillance de ses propres oreilles (l'entendre siffloter par exemple suffirait à être un argument à charge en ce sens) mais d'autres personnes qui l'accompagnaient (mon oncle et deux cousins, au-delà de tout soupçon a priori) m'ont confirmé que le son avait été d'une excellence qui les avaient aussi étonnés. Autrement dit, sans avoir de maîtrise universitaire dans le domaine de l'acoustique, je peux ici affirmer qu'un même son, dans une même salle, peut s'avérer parfait à un endroit et proprement dégueulasse à un autre.

En conclusion et vous l'aurez compris, j'étais mal placé.

349 Sting Strasbourg-photo-vincent-voegtlin-alsace

Et pourtant, j'ai trouvé que c'était un chouette concert malgré tout cela. C'est dire la qualité de la prestation de Sting. Je ne sais pas si vous avez déjà expérimenté les bouchons d'oreilles pendant un concert, l'effet est particulier. Certains sons sont mis en sourdine (en particulier ceux qui d'habitude me font très mal aux oreilles, à savoir les cris et applaudissements de tout une salle en fin de morceaux et de concert) alors que d'autres sont atténués mais de façon à n'en garder que « le meilleur ». On entend distinctement chaque instrument, chaque note, sans jamais qu'ils soient agressifs. Les effets de saturation sont éliminés, et on a la très curieuse impression d'être totalement seul et isolé au sein de la foule : on entend la musique et on s'entend soi-même en résonance, mais quasiment pas les autres autour de soi. Ce qui n'est pas du tout désagréable d'ailleurs. C'est donc ainsi que j'ai assisté au spectacle de Sting. Que j'ai pu apprécié chaque morceau proposé, chaque orchestration. Bien entendu, quand on s'appelle Sting on a une discographie impressionnante à disposition, avec un choix royal de titres à proposer et l'assurance de faire un tabac quasiment à coup sûr. Il ne s'en est pas privé, vous vous en doutez bien. Il a enchaîné les morceaux, depuis les mégas succès jusqu'aux titres un peu moins connus de temps à autre, certains comme le classique Roxanne, intégralement réorchestrés dans des versions originales. Il y a eu des chansons assez anciennes, celles qu'il interprétait déjà du temps de Police, mais aussi ses succès personnels (si je vous dis Englishman in New-York ou Fragile ça vous cause ?). Les fans en ont eu pour leur argent et bien que de durée moyenne le concert a été une chouette plongée dans l'univers du musicien anglais. S'adressant au public dans un français nickel, se permettant même de faire de l'humour anglais dans la langue de Molière, il n'a pas dérogé à sa règle de la perfection artistique, prouvant une fois de plus tout son talent et sa classe.

Alors je n'ai certainement pas vu ce concert dans les meilleures conditions possibles, mais je n'ai pas regretté une seule seconde d'avoir fait le déplacement. Sting est et reste un des très grands du pop-rock de ces 30 dernières années, et si l'occasion se présentait à moi de le revoir, je sauterais à nouveau sur l'occasion à coup sûr.

Allez, juste pour le plaisir, je vous propose une vidéo de la soirée à Strasbourg pêchée sur youtube, de ce qui pourrait peut-être bien être mon titre favori parmi tous ses tubes : Every Breath You Take.


 



 

(Copyright des photos : Stéphanie Meyer pour le Zénith et Vincent Voegtlin pour L'Alsace)

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 18:15

 

J’avais raté la première édition l’année passée avec la ferme intention de me rattraper cette année-ci. De quoi je parle ? Du concert privé de Fred Blondin sur la péniche Le Chansonnier ! C’était vendredi 26 octobre, et c’était vraiment, vraiment un excellent moment.

Fred Blondin, ce n’est pas comme si je ne l’avais jamais vu en concert, mais ce soir là était spécial. Habitué à le voir en solo avec ses guitares, j’avais pu le voir accompagné d’un percussionniste il y a un mois pas loin de chez moi, mais jamais entouré d’un groupe de musiciens au complet. Sauf que ça se mérite hein. Faut dire qu’on a bravé le froid, combattu les intempéries, résisté façon marins d’eau douce au tangage au quai ouest et attendu telle une colonie de manchots empereurs sur la banquise pour monter à bord du Chansonnier. L’attente fut longue, certains ont attendu en s’amusant, d’autres sans rien dire, d’autres encore ont lancé des « Fred tu m’aimesouvres à quelle heure ? ». Je ne sais pas si à un moment ou à un autre quelqu’un a murmuré « j’veux qu’il pleuve », en tout cas il a été exaucé… mais peu importe, ce qui n’tue pas nous rend plus fort paraît-il. Alors quand la porte de la péniche s’est ouverte, on n’a pas demandé notre reste avant de nous engouffrer à bord, c’était maintenant ou jamais !

348 paris au bord de leau2

Un concert de Fred, y’a pas de mots, ça ne se raconte pas, ça se vit (bon ok, je vais essayer quand même, rien que pour peut-être vous donner l’envie de venir à votre tour). D’autant plus quand il s’agit d’un concert privé. L’ambiance est particulière. D’abord on se retrouve « entre connaisseurs », un peu comme si on faisait partie d’un club ultra select de buveurs de pinard ou d’amateurs de bon chocolat. Sauf exception, tout le monde connaît bien Fred et ses chansons, ce qui dès le départ place l’ambiance générale un cran au-dessus de la normale. Et puis à force de se croiser en venant le voir de concert en concert, on finit par se retrouver aussi entre amis parce que des affinités se sont créées. On rencontre ou on retrouve des gens sympas avec qui on bavarde agréablement et avec qui on se marre bien. Les goûts communs (en l’occurrence la musique de Fred Blondin) ça rapproche. Même moi qui ne suis pas d’un naturel très causant je me sens toujours bien et à l’aise avec les blondingues. À ma place, au milieu d’autres doux-dingues, entourés de gens que l’on aimerait revoir en quelque sorte. Ça aussi, ça apporte un vrai plus par rapport à un « simple » concert.

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Mais ce concert-là était encore plus spécial que les précédents. Le concept déjà à la base est franchement original. Pendant qu’en ville le week-end débutait dans le froid et la pluie, nous entamions une soirée au bord d’une péniche, avec ballade sur la Seine pendant qu’on nous servait un bon repas, suivie d’un concert à bord. Faut avouer que ce n’est pas courant. Le tout dans la bonne humeur, avec des serveurs super sympas et attentionnés, un tour dans Paris au bord des larmes, un coucou à la Tour Eiffel illuminée de milles feux, de la bonne musique… je ne sais pas ce qu’il faut dire de plus pour vous convaincre (et non pas vaincre) de la qualité de la soirée ! Et je souligne aussi en passant le prix carrément raisonnable, parce que ça mérite d’être dit également.

Parmi les excellents moments passés à bord du Chansonnier, je retiendrai plusieurs choses. La partie musicale bien évidemment, mais ça j’y reviendrai tout à l’heure. Allez pêle-mêle je vous livre comme ça à la volée : la bonne tranche de rigolade qu’on doit à Stéphane D. pour l’évocation de ses extravagantes aventures amoureuses hallydaysques (et croyez-moi s’il avait mis ça dans un roman personne ne l’aurait cru, on lui aurait même certainement rétorqué c’est pas ça la vie), la loterie qui permettait de gagner tout un tas de lots à caractère fortement alcoolisé (mais surtout sans tampon)(désolé, ceux qui n’y étaient pas ne peuvent pas comprendre), le fou-rire final de Laetitia pour lequel on a hésité un temps à appeler les secours tant on pensait qu’elle ne parviendrait pas à s’arrêter… Et puis je me permets de féliciter ma frangine ainsi que Corinne pour avoir réussi à garder leur équilibre (et leur repas !!) tout du long malgré le roulis du bateau ! Ça n’a l’air de rien dit comme ça, juste des trucs de filles tout au plus, mais pour elles ça tenait visiblement de l’exploit ! ;o)

348 fred gros plan2

Alors côté spectacle, un batteur, un percu, un bassiste, un saxo, un clavier et deux guitaristes en plus de Fred (plus une seconde bassiste invitée sur un titre), voilà la composition de chouettes musicos qui ont mis l’ambiance à bord de la péniche. Je m’excuse auprès de ceux dont je n’ai pas retenu le nom, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. Heureusement j'ai eu ma petite soeur pour me rencarder (je crois que Fred lui a filé un petit coup de main aussi)... En tout cas j’ai retenu leurs notes, leurs envolées, leurs solos, leur générosité. J’ai retenu la présence discrète et impeccable des percussions de Klifa Rachedi, j’ai retenu la limpidité de Norbert Krief et la virtuosité de Jean-Michel Kajdan à la guitare, j’ai retenu l’enthousiasme et la bonne humeur de Yves « Dario » Prével aux claviers, j’ai retenu le sourire radieux d’Antonella Mazza lors de son passage à la basse, j'ai retenu l'accord parfait entre la basse élégante de Patrick Conchoux et la batterie précise de Arthur Billiès, j’ai retenu le souffle aérien qui faisait vibrer le saxo de Thierry Farrugia… Quant à Fred, il avait l'air comme un poisson dans l'eau. Enfin sur l'eau en réalité. Bref, j'me comprends. Il a marqué le coup d'ailleurs, en sortant la veste de costard blanche pour toute la première partie du concert. Mais comme un concert de Fred Blondin digne de ce nom ne se passe pas sans une chemise colorée aux motifs improbables, il n'a pas failli à sa tradition vestimentaire dès la seconde partie du spectacle :o).

Remarquez, je me permets ce petit clin d'oeil mais il aurait pu être en caleçon à fleurs et redingote que ça n'aurait rien changé à son talent. J'en soupçonne même qui ne seraient pas contre ce genre de fantaisies esthétiques. Il y a des gens bizarres même (surtout ?!) parmi les blondingues les plus respectables. Non, non, pas de nom. ;o)

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Comme d'habitude, Fred a enchaîné les titres avec générosité, et il avait l'air d'y prendre autant de plaisir que son auditoire. Évidemment le temps a passé trop vite, évidemment on a tous entonné en coeur comme une prière Elle allume les bougies et Le Café du Monde, évidemment la fin du concert est arrivée trop tôt (quoi ? seulement trois heures et quelques de concert ? Nous on était chaud, il aurait pu repartir pour 24 heures qu’on aurait tous signer je crois. Perso, j’aurais été partant pour soigner le mal par le mal et rester quelques minutes de plus…), évidemment on s'est tous dit « oh mon dieu il n'a pas joué L'amour Libre ou Bons Baisers de Medellin » (cela dit tant que j'ai droit à Mordre la Poussière je suis heureux) mais que voulez vous, toutes les bonnes choses ont une fin...

J'en suis revenu ravi, la tête pleine de bonne musique, content d'avoir pu assister à ce concert d'un genre particulier, et heureux également d'avoir pu revoir des gens sympas. Pas facile de retourner au boulot après ça... il y en a qui se plaignent de tout, tout le temps, qui dès que l’hiver arrive répètent sans cesse j’voudrais voir les îles… moi j’voudrais juste revoir Fred à son prochain concert, parce qu'à chaque fois c’est comme un nouveau départ, un coup de boost au cœur et au moral. La belle vie quoi.

Ouais, en tout cas y’a pas à dire, ce fut une bonne journée.

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PS : Un énorme merci à Francis Biblot pour m'avoir permis d'utiliser ces clichés rien moins que magnifiques (vous pouvez voir ses photos sur sa page facebook), et merci à ma frangine pour l'organisation de cette sortie à Panam...

PPS : Quelques lecteurs l'auront peut-être remarqué, je me suis amusé à truffer l'article de titres de chansons de Fred. Ok, certains ont été insérés au chausse-pied, d'autres à peine plus discrètement... les connaisseurs seront-ils capables de tous les détecter et de me dire combien il y en a ?

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 19:32

Je l’ai souvent cité dans ces pages et ceux qui me connaissent un peu le savent : j’aime Leonard Cohen. C’est d’ailleurs bien au-delà. Il est ma référence musicale majeure. Ses chansons résonnent en moi comme aucune autre. À mes yeux il n’est ni plus ni moins qu’un dieu vivant de la musique. Sur le plan artistique ils ne sont que deux à me toucher à ce point, notre Bernard Lavilliers national pour la scène francophone et Leonard Cohen chez les anglo-saxons.

Il y a longtemps déjà que je songe à écrire un article sur ma relation au chanteur canadien et à son œuvre, tant il fait partie de ma vie depuis des années. J’aurais tant à dire, tant d’émotions à retranscrire que j’aurais peur de manquer de mots. Je m’y attellerai un jour j’en suis sûr, mais pour l’heure je vais me contenter de vous parler de son concert du 29 septembre à l’Olympia, il y a déjà bien assez à en dire ! (et je m’excuse par avance : je sais déjà que je vais pondre une tartine sur le sujet)

345 leonard cohen olympia neons

Malgré ses 78 ans au compteur, Leonard Cohen a enchaîné les concerts et les tournées d’une façon assez incroyable depuis les quatre dernières années. Alors qu’il y a encore quelques années en arrière il était considéré comme perdu pour la scène il a opéré un retour complètement inattendu (et j’allais presque dire inespéré), et quel retour ! Depuis on dirait que le canadien a retrouvé une seconde jeunesse : il multiplie les concerts depuis 2008 et son inspiration est de retour également puisqu’il a signé un nouvel album en début 2012, Old Ideas, qui donne d’ailleurs son nom à sa tournée mondiale actuelle. Et là encore, quel album ! D’une intensité et d’une qualité impeccables, Old Ideas est de ses tous meilleurs albums, renfermant quelques pépites qui se sont révélées comme autant de classiques instantanés quand il les a interprétées en live (en vrac et de manière non-exhaustive : Amen, Darkness, Going Home, Show Me the Place).

La silhouette frêle, le costume sombre et son borsalino bien distinctif sur la tête, Leonard Cohen s’est avancé sur scène sous les acclamations, pour la seconde de ses trois dates à l’Olympia. La classe et l’élégance même. Les années passent et s’inscrivent sur le visage du songwriter, mais son aura ne cesse de prendre de l’ampleur. Il émane de lui quelque chose de très fort, mêlant sérénité, gentillesse et humilité. Sans même parler du talent à l’état pur, cela va de soi. Puis il s’empare du micro, et dans un français parfait, fait part au public de son bonheur de se retrouver dans cette salle légendaire, et de manière très simple annonce « je ne sais pas quand nous nous reverrons, mais je vous promets que ce soir on vous donnera tout ce qu’on a ». Et sur ce, s’exécute.

Au total, le concert aura duré 3h50, entrecoupé en son milieu d’un entracte d’une petite vingtaine de minutes. Et tout du long de ce marathon musical, la magie.

345 leonard cohen olympia songwriter

C’est la cinquième fois que je le vois en concert, et à chaque fois c’est l’émerveillement. Parce que j’avais toujours été persuadé que je n’aurai jamais cette chance, parce que je me souviens de l’incrédulité mêlée de joie incontrôlable et d’une fébrilité insensée quand j’ai appris ce jour de 2008 que le grand Leonard Cohen, MON Leonard Cohen, remontait sur scène après 15 ans d’absence et allait chanter au festival Stimmen de Lörrach, à quarante petits kilomètres de chez moi ! Je me souviens comme l’attente fut longue, et surtout je me souviens des premières secondes où je l’ai vu, à cinq mètres de moi, pour régler la balance sur cette scène en plein air de la Marktplatz de Lörrach. Mieux que dans un rêve, il avait sa guitare à la main, en bras de chemise, chapeau vissé sur la tête et lunettes. Il a chanté tranquillement un Who by Fire dont je me souviendrai toujours, le temps des réglages son, a salué et est reparti avant de reparaître quelques heures plus tard pour donner un concert ahurissant. Je me souviens être ressorti de ce concert en me disant que je ne pourrai jamais plus revoir quelque chose d’aussi beau, ni ressentir quelque chose d’aussi fort pendant un concert, j’en étais presque triste de me dire que le meilleur était désormais derrière moi. C’était sans compter sur les mois suivants, sans savoir que j’allais encore le voir, et le revoir. Depuis, à chaque fois que j’assiste à l’un de ses concerts, je savoure cette chance incroyable, car à chaque fois sa prestation est magique, car à chaque fois j’ai l’impression que c’est la première et la dernière fois, car à chaque fois je touche du doigt un instant de pur bonheur.

Et ce samedi soir à l’Olympia fut lui aussi, magique et unique comme tous les précédents. Toujours entouré de ses six musiciens (avec cependant deux changements notoires en l’absence du fabuleux Dino Soldo remplacé par le talentueux violoniste Alexandru Bublitchi et de l’habituel Bob Metzger remplacé par Mitch Watkins), et de ses trois merveilleuses choristes que sont l’éternelle Sharon Robinson et les très douces Webb Sisters, Leonard Cohen a livré un spectacle tel qu’il en a le secret. Sa voix grave et posée, sa présence immense qui contraste avec son physique presque fragile, et surtout, surtout cette sincérité qui transpire de tout son être. Il ne fait pas semblant Leonard, il ne joue pas, il vit sa musique, et il vit chaque seconde de ses concerts intensément. Il n’y a qu’à le regarder ôter son chapeau pour écouter religieusement les solos de chacun de ses musiciens, ou les voix cristallines de ses choristes. Il a les yeux fermés et il écoute respectueusement, murmurant les paroles, accompagnant de ses hochements de tête, s’inclinant humblement pour remercier le talent débordant de ses collaborateurs. Non, il ne joue définitivement pas Leonard, et ça se ressent. Il donne tout ce qu’il a, comme il l’avait promis en début de concert. Et quand on donne sans compter comme lui, on reçoit en retour au centuple. Que ce soit les membres de son orchestre qui semblent lui vouer une admiration sans faille ou le public qui répond à chacune des chansons par des tonnerres d’applaudissements et des ovations debout après chaque classique de son répertoire (et pour ainsi dire, tout son répertoire n’est fait que de classiques à mes yeux), Leonard Cohen semble déclencher un mouvement unanime d’amour, du vrai, du tangible, du palpable dans l’air, pour sa personne.

345 leonard cohen olympia javier mas

Il se donne Leonard, il chante, il joue de la guitare, il fait des pirouettes et des pas de danse à chaque entrée et sortie de scène, il s’agenouille et ferme les yeux quand il entonne des morceaux comme Bird on a Wire ou Dance Me to the End of Love. Il ne calcule rien, il est juste là, entier, et dégage une force insoupçonnée, une sérénité troublante.

Moi j’ai tremblé, ressenti de toute mon âme chaque note, chaque son, chaque vibration. Quel son fabuleux d’ailleurs, qui doit certainement autant à la perfection acoustique de la salle qu’au talent de ses ingénieurs du son que Leonard Cohen ne manque pas de remercier pendant le show. Et c’est vrai qu’une telle limpidité est rare. La moindre petite note de chaque instrument était perceptible, les voix sublimées au point qu’on percevait même les respirations dans les micros. Tout cela sans que les oreilles soient agressées par un volume sonore exagéré bien au contraire, on avait la sensation que le son prenait possession de tout le volume de la salle sans l’écraser un seul instant. Du bonheur sensoriel pour mes oreilles délabrées qui supportent si mal les sons trop puissants d’habitude.

345 leonard cohen olympia album old ideas

Et que dire de cette troupe sensationnelle qui accompagne le chanteur canadien ? L’homme sait s’entourer des meilleurs, et encore une fois j’ai été enchanté par chacun d’eux. Roscoe Beck qui en bassiste chef d’orchestre a su organiser à la perfection chaque titre tout en réservant quelques belles surprises en variant l’orchestration de certains morceaux avec bonheur. Mitch Watkins qui a eu de belles opportunités pour exprimer tout son talent à la guitare électrique, « the impeccable » Neil Larsen perché au-dessus de ses claviers et de son orgue Hammond, Raphael Gayol à la batterie en « prince of precision » comme le surnomme LC, Alexandru Bublitchi qui a eu de belles envolées au violon et bien entendu l’indétronable Javier Mas à la guitare à 12 cordes et à la bandurria qui a encore gratifié Who by Fire et The Gypsy’s Wife d’introductions magnifiques mi-tziganes mi-orientales. Au chœurs il est inutile de présenter « the incomparable » Sharon Robinson qui aura marqué de sa présence vocale tant de disques de Leonard Cohen, et les « sublimes » sœurs Charley et Hattie Webb qui m’avaient émerveillé lors des précédents concerts en reprenant seules à la guitare et à la harpe If It Be Your Will et qui ont proposé cette fois une version inédite de Coming Back to You. Sans oublier le « tour manager » de Cohen, Mike Scoble qui vient aussi jouer de l’harmonica sur le morceau Darkness (morceau absolument terrible en live soit dit en passant).

Alors bien sûr, dans ces conditions optimales, Leonard Cohen a déroulé son immense talent au fur et à mesure qu’il enchaînait les chansons. La liste des titres est trop longue pour la citer en entier, mais je frissonne toujours de plaisir quand j’entends Tower of Songs, The Future, Suzanne, I’m Your Man, Heart with no Companion, Democracy, Who by Fire, Waiting for the Miracle, First, We Take Manhattan ou encore So Long, Marianne. Inutile également de préciser que pour moi il n’y a définitivement rien ni personne qui surpasse l’interprétation de Hallelujah par son créateur. Et puis quand il entonne mes deux titres préférés, Everybody Knows et The Partisan (je ne vous parle même pas de l’ovation de la salle quand il chante « mais j’ai tant d’amis, j’ai la France entière »), là je suis juste ailleurs, dans une autre dimension. C’est simple, Leonard Cohen est l’un des seuls qui me procure une telle sensation : j’ai l’impression qu’il est là et qu’il chante juste pour moi, que ses mots me sont directement et exclusivement destinés. Peu importe la foule, peu importe le monde tout autour, l’espace d’un instant il n’y a que lui et moi. C’est indescriptible comme sensation. Cela fait partie de ces expériences uniques qu’on ne ressent que très rarement.

345 leonard cohen olympia affiche

Pour être honnête avec vous, je suis certainement l’un des plus mauvais critiques de LC. Ce type et ses chansons hantent ma vie depuis si longtemps qu’ils m’en sont devenus indispensables. Je perds toute objectivité dès que j’entends sa voix. D’ailleurs à quoi me servirait-elle cette objectivité, puisque de toute manière tout ce qu’il produit tient du génie ? Il pourrait fredonner sa liste de courses que j’y trouverais des qualités indiscutables ! ;o)

C’est pourquoi je vous invite à ne pas prendre tout ce que je vous dis ici pour argent comptant, et plutôt d’écouter sa musique pour juger par vous-mêmes. Vous comprendrez à ce moment ce que j’essaie maladroitement d’exprimer. Il est à la fois un maître dans l’art de manier les mots et dans celui de les mettre en mélodie. L’homme « with the gift of a golden voice » vous touche aussi bien le cœur, que l’esprit et les tripes. Il est un monument de la musique et une personnalité hors norme, le voir en concert est à chaque fois pour moi un véritable événement et une chance que je considère comme incommensurable.

Thank you mister Cohen.



Pour le plaisir, quelques vidéos glanées sur youtube (merci aux posteurs !)

Avec pour commencer The Future (concert du 28 septembre 2012)

 


 

 

Puis une superbe version de Who by Fire avec l'intro géniale de Javier Mas (concert du 28 également)

 


 

 

Et enfin The Partisan (concert du 29 septembre 2012)

 

 

 


 
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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 18:32

 

Il est des “petits” concerts qui donnent de grands plaisirs.

Voir The Boss avec 18 000 autres personnes, applaudir Coldplay parmi 80 000 spectateurs, c’est grand, c’est bon, c’est fort. Mais on peut être beaucoup moins nombreux et pourtant passer un tout aussi excellent moment.

Et quand Fred Blondin est annoncé en concert quelque part, on a toujours la promesse de passer une soirée extra. Justement le chanteur à la voix rocailleuse passait la semaine dernière dans le coin. Le jeudi à Belfort et le vendredi à Montigny-les-Vesoul. C’était beaucoup trop près de chez moi pour que je n’y aille pas ! Bien sûr les deux soirs… quand on aime, on ne compte pas.

D’ailleurs ça doit être un des leitmotivs de Fred Blondin, parce que pour avoir eu le plaisir de le voir plusieurs fois déjà, j'ai pu me rendre compte que s’il y a bien une particularité qui caractérise ses concerts, c’est la générosité. Quand Fred prend sa guitare et chante, il n’est pas là pour une heure et demie et puis s’en va. Non, Fred est là pour assurer le spectacle, il enchaîne les morceaux, il s’amuse, il se fait plaisir autant qu’à son auditoire. Si un de ses titres se nomme Donner, ce n’est pas une coïncidence. Il n’y a qu’à le voir quand il dégaine sa gratte électrique, il a l’air ailleurs, loin, très loin même. Et il nous emmène avec lui, parce que c’est ça Fred Blondin : un type sympa, bourré de talent et qui vit dans un endroit où même les emmerdes n’arrivent pas : la musique.

Que ce soit jeudi au Roger’s Café ou vendredi au Barouf, Fred a fait ce qu’il fait le mieux (enfin à ma connaissance hein, il est peut-être aussi très doué pour les pâtes carbonara ou le patin à glace va savoir) : il a mis l’ambiance et partagé avec nous un moment de bonne musique. Tout seul en guitare sèche / voix, ou accompagné comme la semaine dernière, ses concerts dégagent un truc spécial. Que ce soit mélangé à la saveur du blues d’un morceau comme Le Café du Monde, du rock quand il reprend à sa sauce Félicie, du reggae avec Oh Mon Dieu ou d’une chanson aux accents plus mélancoliques comme Mickey Jaloux, il y a toujours cette marque bien particulière. Ça s’appelle l’authenticité et ça se ressent au premier riff de guitare, à la première intonation de voix. Et bordel, que c’est bon.

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Jeudi et vendredi, Fred a partagé la scène avec quelques compères. Le jeudi, c’est le percussionniste (Jeff il me semble) du groupe qui l’a précédé (et j’ai eu beau rechercher le nom du groupe -bien sympa d’ailleurs, il ne peut pas en être autrement quand on reprend du Leonard Cohen ou du Lavilliers cela dit en passant- je n’ai pas réussi à remettre le doigt dessus, vraiment désolé) qui l’a rejoint pour l’accompagner, avec de temps en temps quelques notes d’harmonica par le chanteur de ce même groupe de première partie. Tiens d’ailleurs pour la petite histoire je crois même avoir reconnu dans le public présent ce soir-là un certain Francis Décamps, rien moins qu’un des membres d’origine du groupe belfortain Ange. Bon bien entendu vous ça ne vous fait rien, mais pour moi Ange c’est juste un monument du rock français. Bref, parenthèse fermée.

Et puis vendredi c’est pour l’ensemble de la soirée que l’accompagnait aux percussions (et de bien belle manière faut le souligner) un certain Monsieur Zacharias (j’espère ne pas me tromper dans l’orthographe). Et un autre « régional de l’étape », prénommé Aurélien, est intervenu au clavier sur quelques morceaux également.

Et puis comme à chaque fois qu’il passe quelque part dans l’Est de la France, ça a été aussi l’occasion de revoir quelques autres irréductibles blondingues du coin, ce qui ajoute au plaisir de se rendre aux concerts de Fred. Corinne, Arnaud, Valérie, Franck, Éric, Janick, Philippe … et la liste s’allonge au fur et à mesure du temps !

Comme ces deux concerts se sont déroulés sans ma frangine (que j’ai convertie à Blondin voilà déjà bien longtemps, elle est bien cette petite) pour prendre de chouettes photos, je n’ai malheureusement aucun cliché des deux soirées pour illustrer cet article, mais j’ai quand même trouvé une chouette vidéo sur Youtube, que son posteur Pierrik Fumey Dumoulin ne m’en voudra j’espère pas de mettre en lien ici.

À coup sûr j’aurai un article un peu plus fourni à mettre en ligne fin octobre, après le prochain rendez-vous avec Fred Blondin à Paris cette fois… j’ai hâte d’y être !

Allez, la vidéo d’un de mes titres préférés en plus, ça tombe bien : Des gens que l’on aimerait revoir. Enjoy !


 
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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 19:58

Dimanche 2 septembre, le groupe Coldplay a donné un concert au Stade de France. Et quel concert ! plein comme un œuf, le stade de Saint-Denis affichait complet pour la venue des anglais. Dès le départ le ton est donné : le chanteur et leader Chris Martin annonce que le concert est filmé (pour un futur dvd live ?) et qu’ils ont bien l’intention de faire de ce moment un moment unique (oui bon ok il l’a dit d’une manière à peine plus imagée « our best fuckin’ concert »).

 

Et il faut bien l’avouer, les britanniques ont mis les petits plats dans les grands. Le spectacle était grandiose : la mise en scène, l’énergie transmise par le groupe et l’enchaînement des morceaux auront assuré la réussite du pari de Coldplay, celui d’enflammer le stade.

À l’entrée du concert chaque spectateur s’est vu remettre deux bracelets de couleur. Ces derniers étant sertis de diodes rouges, bleues, vertes, blanches, jaunes… et commandées à distance pour s’allumer ou clignoter au rythme de la musique. Très chouette idée, et quand 80 000 paires de bracelets s’illuminent dans le stade cela donne un spectacle assez impressionnant ! Mais ce n’est pas tout : grands écrans, jeux de lumières, pluies de confettis multicolores, ballons de baudruches géants lâchés dans la foule, feux d’artifices… visuellement Coldplay a mis le paquet et le rendu est génial, donnant une ambiance très festive au concert. Musicalement, évidemment allais-je dire, le groupe déroule du gros et bon son. Principalement axé sur leur dernier album Mylo Xyloto, d’autres morceaux plus anciens et qui ont fait le succès des anglais s’intercalent et sont repris en chœur par le public. Petite surprise supplémentaire : la chanteuse Rihanna est venue en personne pour chanter son duo avec le groupe Princess of China. Pour le plus grand bonheur de Chris Martin, qui plein d’enthousiasme, propose de profiter de la présence de la chanteuse pour reprendre dans la foulée une seconde fois la chanson (par pur plaisir sincère ou pour un problème de captation sur le premier passage allez savoir, mais on en a pris une double ration avec plaisir quoi qu’il en soit). Rihanna reviendra en fin de concert pour interpréter une de ses chansons, Umbrella, dans une version épurée seulement accompagnée de Chris Martin au piano.

338 coldplay rihanna

Proche de son public, Chris Martin ne s’économise pas une seconde. Le gaillard parcourt la scène (très large) en tous sens, le fait de chanter ne l’empêchant pas une seconde de courir comme un dératé et de sauter partout. Il tient une forme olympique le garçon. L’avancée centrale de la scène principale l’emmène à plusieurs reprises loin au cœur du public, et le groupe fera même une échappée belle sur une plate-forme à l’autre extrémité du stade, manière de contenter pendant trois ou quatre titres aussi ceux qui sont loin de la scène, vraiment sympa.

On sent une sincérité, un enthousiasme, une envie de faire plaisir et de s’amuser parmi chacun des membres du groupe. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’en retour le public a répondu présent. Dans l’opération séduction, Coldplay s’en sort avec les honneurs, les spectateurs sont conquis, la fièvre a pris le stade. Coldplay est de ces groupes qui créent un vrai sentiment de communion avec leur public. Ce n’est pas que du show, il y a une dimension supplémentaire, celle qui donne l’impression au public, dans toute sa diversité, de partager le temps d’un concert un univers commun, à la manière d’une virgule positive, trop courte mais intensément forte.

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Bien entendu chacun a ses préférences et ses titres favoris, mais il est indéniable que des sommets ont été atteints quand ont retenti les titres phares que sont Viva la Vida et Paradise. Cette dernière d’ailleurs a été reprise une seconde fois en fin de concert, pour un enregistrement destiné à une émission caritative américaine pour la recherche sur le cancer. Vous me direz, deux titres doublés dans un concert ça fait beaucoup c’est vrai, mais quand la qualité est là (et elle était là) en n’en veut qu’à moitié aux artistes. Certes j’aurais préféré entendre un Strawberry Swing plutôt que deux fois de suite Princess of China, mais ce type de reproche s’apparenterait un peu à du caprice d’enfant gâté tant le concert a été excellent. Je m’abstiendrai donc. Et puisqu’on parle de nos goûts personnels, je me permets d’ajouter que le final sur Every Teardrops is a Waterfall m’a ravi.

338 coldplay stade de france

En conclusion, je dirais que Coldplay au Stade de France a été un très grand moment, un poil trop court à mon goût (au total cela n’a pas dû dépasser les 1h45 de spectacle, encore loin des performances springsteeniennes) mais vraiment intense et d’une qualité bluffante. Au niveau musical, Coldplay n’a rien à envier à qui que ce soit, niveau spectacle je crois que ce concert se rapproche de très prêt (pour vous faire une idée) de ce que U2 avait proposé lors de son historique 360° Tour. Il ne reste plus pour Chris Martin qu’à s’inspirer de l’endurance du Boss et ce sera parfait à tout point de vue. L’énergie et le talent, il les a incontestablement !

Et pour finir, quelques vidéos de qualités diverses glanées ça et là...
Avec tout d'abord Viva la Vida :



Paradise :


et enfin Every Teardrops is a Waterfall en guise de final :


(merci aux posteurs de vidéos)


 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 05:53

Depuis le temps que je voulais voir un concert du Boss en live… combien de fois ai-je bavé d’envie en regardant le dvd de son époustouflant concert à Barcelone en 2002 lors du Rising Tour… eh bien ça y est c’est fait. Le 5 juillet Bruce Springsteen & The E Street Band se produisaient à Bercy, et cette fois je n’ai pas raté l’occasion d’aller les voir.
Et quelle claque. Un concert dantesque. Juste énorme. Une tuerie de 3h40, sans aucun temps mort. Et quelle force, quelle intensité, quelle énergie ! Jamais vu ça. En communion avec une salle comble (et comblée), Springsteen a livré un show incroyable, comme je crois que lui seul est capable d’en faire.


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Il paraît qu’on était 18 000 ce soir là dans l’arène du Palais Omnisport de Paris Bercy. En tout cas une chose est sûre : personne n’était assis, du début jusqu’à la fin tout le monde dansait, remuait, bougeait et chantait au rythme des titres envoyés par le gars du New Jersey.
31 pour être exact. 31 titres pour un concert marathon d’une puissance que j’ai rarement vue, et jamais sur une telle longueur. 31 titres dont une quinzaine de différents par rapport au concert de la veille au même endroit. Le Boss a une telle profusion de chansons et de hits à sa disposition qu’il peut se permettre de modifier la moitié de sa setlist d’un soir à l’autre et de parvenir à contenter son public malgré tout. Certes, jeudi soir nous n’avons pas eu droit aux Born In The USA, The River ou encore Badlands qu’il avait interprétés le mercredi soir, mais peu importe, il y avait tant d’autres classiques sous la main…

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Parmi les 31 titres je ne vais pas tout citer, juste dire que Springsteen a réussi à mêler parfaitement nouveautés et morceaux plus anciens. Les titres de son dernier album en date (Wrecking Ball – 2012) sont d’ailleurs particulièrement bien adaptés à la scène, je retiendrais entre autres We Take Care Of Our Own, Wrecking Ball ou encore Land Of Hope And Dreams repris en chœur par les fans. Évidemment il y a eu les « incontournables » issus de l’album The Rising (2002) comme My City Of Ruins, un The Rising hyper vitaminé et un génialissime Waintin’ On A Sunny Day durant lequel le Boss a fait monter sur scène une jeune fille pour la faire chanter avec lui le refrain. Et puis du plus ancien encore avec un For You en solo au piano, Born To Run, Because The Night, Dancing In The Dark, j’en passe et j’en oublie. Très proche de son public, Springsteen en a pour tout le monde, à droite, à gauche, derrière la scène… et va même jusqu’à se permettre quelques incartades au milieu de la fosse dont une où il se fera porter à bout de bras sur une vingtaine de mètres pour rejoindre la scène. Il joue avec les gens, harangue la foule après 3 heures de concert : « Fatigués ? » et d’enchaîner par un « one two, one two three four » qui annonce le titre suivant sans laisser la moindre seconde de répit entre deux morceaux.

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Du spectacle le Boss sait en donner et sa générosité semble sans limite. Idem d’ailleurs pour tous les autres membres du E Street Band (élargi à une quinzaine de musiciens) dont les inoxydables Bittan, Nils Lofgren et Little Steven Van Zandt aux guitares, Garry Tallent (le type au nom prédestiné) à la basse, Patti Scialfa (madame Springsteen) à la guitare acoustique et l’immense Max Weinberg, gardien du rythme et cœur battant du band, à la batterie. Le violon de Soozie Tyrell, les cinq cuivres, les chœurs, claviers, percussionnistes… tout le monde suit l’exemple du Boss et donne sans compter. Pendant le concert Bruce Springsteen rend hommage à plusieurs personnes, dont une partie de sa famille (sa maman Adèle, sa fille Jessica qu’il fera danser sur scène, sa sœur et belle-sœur sont présentes dans la salle) et bien entendu au regretté Clarence Clemens, mythique saxophoniste du groupe remplacé avec talent par son neveu Jake Clemens.

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Les morceaux s’enchaînent, les minutes, que dis-je, les heures passent, la salle vibre, l’énergie distillée en est presque palpable… et 3h40 plus tard, Springsteen et le E Street Band saluent une foule électrisée et en délire.
Je n’en reviens toujours pas, ce type a un talent inouï. Musical bien sûr, mais d’une autre teneur également. Ce bonhomme de bientôt 63 piges n’a pas son égal pour vous filer une pêche d’enfer, et créer le temps d’un concert une bulle en dehors de l’espace temps où rien d’autre ne compte que la scène, la musique et ce lien entre un artiste hors du commun et son public.

Vous n’avez pas vu de concert de Rock tant que vous n’avez pas vu un concert du Boss. Il n’est pas le Boss pour rien.

Et pour le plaisir, Waitin' On A Sunny Day par Bruce et la petite Amandine, ce jeudi 5 juillet 2012 à Bercy :



 


The Rising un peu chaotique les 15 premières secondes :

 


 

 

Et un petit Born To Run pour la route :



 

 

Crédits photos : © Patrice Guino pour Rockerparis.blogspot.fr & Marie Hoegel


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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 10:45

“Nice to see you, it’s been a long time.”

Tu m’étomes Tonn. Euh, tu m’étonnes Tom.
20 ans. Cela faisait 20 longues années que Tom Petty & the Heartbreakers ne s’étaient pas produits sur scène en France. Et mercredi 27 juin ils étaient là, fringants sexagénaires, en concert au Grand Rex de Paris.
Et moi aussi j’étais là. Forcément. Le cœur battant, le sourire aux lèvres et cette émotion spéciale qui accompagne les moments rares et tant attendus. Parce que Tom Petty c’est une de mes références musicales majeures, un de ceux que j’écoute en continu depuis des années au point que sa musique m’imprègne inconsciemment. Combien de fois me suis-je pris à siffloter ou fredonner un de ses titres ? C’est simple, pour moi il est au panthéon des artistes anglo-saxons que je vénère, juste après Leonard -Dieu le père- Cohen et au même niveau qu’un Bruce Springsteen, qu’un Eric Clapton ou qu’un Mark Knopfler.

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Pourtant en France, le nom de  Tom Petty & the Heartbreakers n’éveille pas grand-chose chez le commun des mortels. Citez-le autour de vous et vous récolterez comme uniques réactions des « euh, qui ça ? » qui attesteront pour le moins de la pauvreté ambiante question culture musicale. Star aux USA, songwriter de talent et guitariste hors pair, Tom Petty est curieusement méconnu dans nos contrées. Pourtant ce n’est pas un perdreau de l’année, le bonhomme a connu ses premiers gros succès dès la fin des années 70 et n’a pas chômé durant sa quarantaine d’années de carrière. Mais voilà, faut pas compter sur la programmation musicale de RTL2, NRJ et consorts pour entendre du Tom Petty sur les ondes françaises… bonjour la diversité musicale. D’ailleurs moi-même je l’ai découvert voilà des années sur les judicieux conseils d’un collègue à l’oreille fine et au goût musical averti (thanx Pascal).

Mais revenons au Grand Rex.
Les briseurs de cœurs se s’ont fait attendre (début de concert à 20h00, trois quarts d’heure de première partie assurée par Jonathan Wilson, et arrivée de Tom et ses potes à 21h30), mais dès leur entrée c’est du grandiose, pas de tour de chauffe, on attaque d’emblée à fond les ballons (seul bémol du concert, le son n’aura pas toujours été au top, en particulier dans les aigus poussés un peu trop à fond pour mes pauvres oreilles) avec un enchaînement de hits qui réveillent (Listen to Her Heart, You Wreck Me, un I Won’t Back Down d’anthologie et un Here Comes My Girl repris en cœur par le public). Petty est là et bien là, costume trois pièces sur chemise blanche, ses éternels cheveux blonds mi-longs, la barbe soignée, changeant de gratte quasiment à chaque chanson, la classe incarnée. Et il n’est pas seul, tout du long du concert ses compères auront tour à tour l’occasion de démontrer leur talent : les excellents Ron Blair à la basse, Scott Thurston à la guitare, Benmont Tench aux claviers, le phénomal Steve Ferrone qui finira en nage à la batterie et l’incroyable Mike Campbell complètement habité par le son de sa guitare électrique.

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En dehors de quelques titres de leur dernier album en date Mojo (2010), tous les morceaux seront antérieurs à 1994. Tant pis pour moi qui aime bien The Last DJ (album de 2002) et qui adore Echo (1999) je me ferai une raison. Mais ce n’est pas comme si le groupe manquait de hits, difficile de tout caser en un concert. Et puis quelques hommages au passage, comme la géniale reprise de Peter Green (Oh Well) et l’inattendu Oh Carol de Chuck Berry.
Puis mon bonheur devient total quand Tom Petty entonne Free Fallin’ et Learning to Fly qui sont de très loin mes deux titres préférés. Je suis ailleurs le temps de ces deux chansons. Dans un autre monde, celui du son parfait, de l’accord ultime. Satellisé le Stéph.
Ça déroule et ça s’enchaîne, de riffs géniaux en ovations du public, Tom Petty termine sur Refugee et un Running Down A Dream du tonnerre. Enfin pas tout à fait, puisque le rappel se fera les doigts dans la prise au rythme des incontournables Mary Jane’s Last Dance et An American Girl. Et déjà le concert prend fin, ça fait deux heures et pourtant ça a filé à toute allure. C’est pas comme si je n’en reprendrais pas volontiers une louche, mais ce que j’ai entendu m’a comblé. Je suis doublement content d’ailleurs, puisque j’avais traîné ma petite sœur à ce concert, bien décidé à lui faire découvrir Tom Petty pour ses trente ans (elle est grande maintenant, il était temps qu’elle s’y mette) et on dirait bien que la greffe a pris.

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Alors pour répondre à la question du début de cet article, « c’est qui Tom Petty ? », c’est simple. Du grand art, du bon rock, de l’excellente musique : c’est ça Tom Petty & The Heartbreakers.

Et pour mon plaisir et le votre, je ne résiste pas à l’envie de mettre ici en lien quelques vidéos de la soirée au Grand Rex :

un I Won’t Back Down qui remue dans les chaumières,

 


un Free Fallin’ stratosphérique,

 


et un Learning To Fly pour atteindre le septième ciel !

 





Crédits photos : © Carsten Wilde pour Rocknconcert.com

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:21

Mon prochain billet “musical” prévu devait être consacré au concert de Ben Howard du 2 mai à Strasbourg. C’était déjà un report de date puisqu’au départ il était programmé en février. Et puis le 30 avril j’ouvre ma boîte mail et boum, message d’annulation pour le concert prévu 2 jours plus tard. Grrrr. Annulation hein, pas report. Je regarde où je pourrais le voir quand même prochainement et je m’aperçois qu’il est programmé dans une petite salle à Zurich (à peine une heure et demie de route de chez moi) … le soir même. Sold out of course. Caramba encore raté. Après c’est tout de suite beaucoup plus loin, beaucoup plus tard et beaucoup plus cher aussi au passage. Scheize, me dis-je, c’est bel et bien cuit donc, je ne verrai pas le petit prodige anglais dans une salle à dimensions humaines, près de chez moi et à un prix raisonnable. Parce qu’à coup sûr, la prochaine fois qu’il passera dans le coin, il sera devenu une star dont le concert programmé au Zénith local coûtera bonbon. Fais ch###.

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Mais bon, comme je ne suis pas du genre rancunier je le fais quand même ce billet sur Ben Howard. Parce qu’il en vaut vraiment le coup le gaillard. J’ai découvert son album en novembre ou décembre dernier, me rappelle plus bien, à l’occasion de son passage sur la scène de Taratata. J’avais trouvé sa musique et sa prestation live géniales, j’ai donc embrayé sur l’album, Every Kingdom et je n’ai pas été déçu du voyage.

Je ne suis pas musicologue et je n’ai aucun doctorat en bon goût musical pour faire foi de ce que j’avance, mais c’est du tout bon. Je peux me planter dans les catégories mais si ça ne tenait qu’à moi je classerais la musique du bonhomme quelque part entre la pop anglaise actuelle et le folk, tendance cool. C’est pas clair ? alors prenez un Damien Rice pour ses mélodies, la poésie et la mélancolie qui habitent ses chansons (parfois même le lyrisme et les chœurs idoines), et collez-y une voix et des accords à la James Blunt. Ça vous donnera une petite idée de ce que fait Ben Howard.

Je vous vois venir, les allergiques à James Blunt vont sournoisement me rétorquer « mais c’est pour les adolescentes de seize ans maximum alors ? », ce à quoi je répondrais solennellement par un « prout » franc et massif.
J’avais prévenu je n’ai pas de diplôme en musicologie, je me sens donc quelque peu démuni côté arguments définitifs qui en jettent. Tout ce que je peux dire, c’est que j’aime vraiment beaucoup ce que ça donne, et que ce que j’ai pu en voir ici et là sur Youtube m’a confirmé qu’en live ça doit être super sympa à écouter. Allez pour la peine, je vous ai mis en lien un morceau accoustique : Ben avec sa guitare sèche, et une orchestration minimum pour l'accompagner, vous vous ferez votre propre idée. Moi c’est clair, j’aime.

 


 


Pour citer quelques titres en passant, je dirais que le premier morceau de l’album, Old Pine donne une bonne idée de l’ensemble de l’album, aux rythmes variant du « très cool » à « l’enthousiasme entêtant », aux mélodies simples et classes, aux jeux de guitares et de voix tout du long. Les deux titres qui ferment le ban (Gracious et surtout la superbe Promise) sont quant à eux des invitations à heumeumer* avec lui tout du long sur une musique à écouter au calme, du genre qu’on aimerait qu’elles ne cessent jamais tant les mélodies sont belles et possèdent un pouvoir relaxant…

Bref, vous avez bien compris, je conseille vivement l’écoute de Every Kingdom, l’album de Ben Howard. Et j’espère bien réussir à le voir un de ces jours en live, quelque chose me dit que ça doit valoir la peine.



* ben quoi, vous n’heumeumez jamais sur des musiques cool dont les paroles vous échappent ? moi tout le temps. Parce que malheureusement les paroles des chansons étrangères m’échappent quand même plus que régulièrement. Celles des chansons françaises aussi d’ailleurs de plus en plus souvent. Ce qui n’est pas sans m’inquiéter.

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:26

Parmi mes rares résolutions pour 2012, je me suis fixé comme objectif de parler un peu plus souvent de musique sur ce blog.
Puis je me suis demandé par quoi je pourrais bien commencer pour m’attaquer à cette ambitieuse idée. D’abord j’ai été tenté de me lancer en vous parlant de ceux qui sont dans mon panthéon d’artistes, ceux qui font partie intégrante de mon être tant je les adule. Ou alors des concerts récents que j’ai pu voir, parce qu’il n’y a quand même rien qui surpasse le live. Mais finalement je me suis dit que ce serait assez logique de parler des albums qui tournent en boucle en ce moment sur mon pc ou dans ma voiture. C’est ainsi que je m’en vais vous dire tout le bien que je pense de Like A Man, le tout nouvel album de Adam Cohen.

Moi qui considère son père, Leonard Cohen, comme l’artiste ultime, l’icône à jamais insurpassable, un dieu vivant de la musique et de la poésie, j’ignorais jusqu’il y a peu de temps que son fils, Adam Cohen, chantait lui aussi.

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J’ai découvert, non sans une petite crainte (celle d’être déçu en comparaison de tout ce qu’a pu me faire ressentir son illustre père), son tout dernier album à l’occasion des fêtes de fin d’années. Et après une petite journée d’écoute, j’étais définitivement conquis par le bonhomme.

D’un style un peu plus moderne que son père, Adam ne peut pour autant en aucune manière renier son héritage musical ! Belles mélodies, importance du texte, utilisation des chœurs féminins, il y a même certains titres sur lesquels sa voix rappelle à s’en méprendre celle de son père 40 ans plus tôt. Cela m’a tout particulièrement frappé sur What Other Guy par exemple. What Other Guy qui est au passage très certainement le plus beau morceau de l’album, avec à ses talons la chanson Like A Man qui a donné son titre à l’album. D’ailleurs j’ai depuis cette découverte, lu l’une ou l’autre interview de Adam Cohen, et cela ne m’a pas du tout surpris d’y apprendre que ces deux titres justement avaient été qualifiés de « classiques instantanés » par le sage Leonard. Je vous assure qu’il ne s’agit pas là d’un jugement exagéré et partial dicté par la fierté paternelle, ces deux titres sont réellement deux petits bijoux. Beaux, sobres, qui accrochent l’oreille et l’esprit, bref parfaits.
Tout l’album du reste est très agréable à écouter. Au même titre que les deux chansons déjà citées, Overrated, Stranger et Beautiful sont elles aussi de celles qui vous chopent, et si on les laisse faire, vous trottent toute la journée dans la tête…

 


 


Pour autant qu’on ne peut nier la parenté entre la musique de Adam et de Leonard, le fiston s’en démarque toutefois sur certains points. Ces chansons ont un je ne sais quoi de plus optimiste qui transpire des paroles comme des airs, ses rythmiques et ses arrangements ont une base un peu plus moderne. Et si la voix ressemble dans ses intonations, Adam a un phrasé moins net que celui de Leonard (moi qui possède une oreille à la limite du handicap sévère dès que j’essaie de comprendre de l’anglais à l’oral, je saisis cependant tout ce que chante Leonard, ce qui n’est pas aussi évident avec Adam).

Je réalise que je parle de l’album de Adam Cohen en le comparant au travail de son père, ce qui n’est peut-être pas l’approche la plus judicieuse. Mais pour moi il est impossible de passer outre la filiation, je ne peux juste pas faire autrement. Et si cela peut paraître un tantinet injuste pour le fils de voir son travail ainsi ausculté à travers le prisme de celui qu’a livré son père avant lui, j’ai été rassuré et même confirmé dans mon inclinaison à la comparaison père / fils en entendant Adam Cohen en interview dans l’émission Taratata. Adam y avouait n’avoir quasiment rien écrit de « neuf » pour produire cet album. Il s’est contenté de regrouper des chansons qu’il avait abandonnées et laissées dans un coin tout au long de sa carrière. Certaines comme Out of Bed ont été écrites il y a déjà vingt ans. Et pourquoi les avait-ils abandonnées jusqu’à aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’elles étaient à son goût trop proches des chansons de son père, dans leur architecture, leurs thèmes ou leur poésie. Que jusqu’alors il avait cherché dans ses précédents albums à se démarquer de l’œuvre de Leonard Cohen, mais qu’à présent il a dépassé ce stade et s’affirme enfin comme il est réellement, y compris dans ses influences paternelles.

Et après avoir entendu cet album, je me dis que finalement, dans le talent il doit y avoir une sacrée part d’hérédité. Adam Cohen en est une preuve vivante.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 09:27

Parler d’un film, gloser d’un livre, commenter un comic book, je sais à peu près faire (z’êtes gentils, laissez moi cette illusion, merci). En tout cas, ça m’est assez naturel. Mais causer musique… je trouve ça beaucoup plus difficile que ça n’en a l’air. D’abord et certainement parce que je ne suis pas musicien (à mon grand regret). Du coup j’ai du mal à trouver les mots pour décrire ce que j’entends. Pourtant je suis très réceptif à la musique hein, c’est pas le souci, le truc c’est de parvenir à en dire quelque chose d’autre que « c’est bien », « j’aime » ou « ça ne me plaît pas »… Quelque chose qui n’ait pas l’air trop naze non plus, trop plat, trop convenu.
C’est pour cette raison que j’aborde peu souvent le sujet ici, par crainte d’être tout sauf pertinent, et totalement inintéressant.

Voilà, cette précaution sous forme d’avertissement préalable étant prise, je vais donc essayer ici de vous toucher deux mots d’un album qui m’a littéralement soufflé. Un cd, c’est simple, que par période j’écoute en boucle. Au boulot, dans ma voiture. Que je chantonne partout ailleurs dans ma tête tout le reste du temps. Et quand je dis « par période » ça peut durer des jours voire des semaines. Musicalement mono-maniaque le gars.

L’album en question c’est Viva la Vida, du groupe anglais Colplay.
Oui d’accord, c’est pas la dernière nouveauté en date dans les bacs des disquaires. Pardon, en top vente des téléchargements je voulais dire. Mais on s’en fout, quand c’est bon et qu’on aime, l’âge ne compte pas (dixit Anna Nicole Smith le jour de son mariage). De toute manière j’ai depuis longtemps abandonné l’idée d’être le type le plus fashion du monde. Au point que moi-même j’ai découvert cet album (à l’origine sorti en 2008) pas loin de deux ans après le reste du monde. Pire que ça : je ne connaissais quasiment rien de Coldplay jusqu’alors (un ou deux morceaux à tout casser). Et puis évidemment la chanson titre Viva la Vida qui m’avait dès le départ bien plu tout en me faisant imperceptiblement penser à un autre morceau que je classe dans mes incontournables : Better Sweet Symphonie du groupe The Verve. Sans pouvoir dire exactement pourquoi du reste. Une rythmique entêtante, des accords proches, une orchestration enthousiasmante avec ses violons qui prennent le pouvoir, je ne saurais dire vraiment. C’est ce qui m’a poussé à acheter cet album pour voir (dont le titre complet d’ailleurs est Viva la Vida or Death and All His Friends). Et au bout de deux ou trois écoutes j’étais conquis. Scotché. Cueilli. Ensorcelé.

Car ce que je dis du morceau Viva la Vida, je peux le dire de chacun des titres qui composent l’album. Rien à jeter. Rien d’un peu « moins bon » que le reste. Tout est excellent, du début à la fin. Ça faisait longtemps que je n’avais pas trouvé une telle cohérence dans un album de pop-rock. Une espèce d’album-concept réussi de la première à la dernière note. Assez phénoménal…

Je ne vais pas passer en revue chaque chanson, on va éviter le fastidieux et le soporifique. Ne me remerciez pas, c’est normal, je m’étale déjà bien assez comme ça, je le sais bien…
Mais quand même, je ne peux pas m’empêcher de parler en particuliers des titres les plus longs comme Lovers in Japan / Reign of Love, Yes, ou encore Death and All His Friends qui se permettent le luxe d’enchaîner dans le même morceau deux voire trois mélodies différentes qui se répondent et se complètent. Et tant pis si ça dure sept minutes, au contraire même je dirais tant mieux !

Pour être tout à fait honnête, je ne me suis même pas penché vraiment sur les paroles des chansons. Un titre comme Strawberry Swing par exemple m’intrigue mais je ne cherche pas à le décortiquer plus avant. Ah oui, j’oubliais de dire que je suis une quiche en anglais oral. Ça doit être mon oreille défaillante ou mon cerveau en kit la cause, toujours est-il que je suis incapable de comprendre plus que quelques mots par ci par là qui se détachent et que je reconnais… Ouais je sais la honte. Je vous merde.
Ça me le fait moins avec Coldplay qu’avec des baragouineurs qui marmonnent entre leurs dents tels que Bruce Springsteen ou Mark Knopfler (pas de mauvaise interprétation attention : pour moi ce sont des monstres sacrés hein), n’empêche que j’ai du mal. Le seul qui fasse résonner chaque syllabe de ses mots dans ma tête c’est mon Dieu vivant, j’ai nommé Leonard Cohen. Mais j’y reviendrais peut-être une autre fois, c’est pas le sujet.

Et franchement je m’en fous de pas y biter grand-chose aux textes de cet album. Ce qui me prend à chaque fois c’est la musicalité de l’ensemble, les orchestrations mi-symphoniques mi-rock. Les voix qui s’accordent parfaitement aux instruments, les chœurs qui ponctuent le tout par derrière. Et l’énergie. Parce que cet album, si je le trouve épatant sur bien des points, possède à mes yeux une qualité unique, que très rarement j’ai retrouvé ailleurs, ou du moins pas sur un album complet. Toute musique dégage un ressenti, résonne en chacun d’une manière différente, crée des sentiments chez celui qui l’écoute. Quand j’écoute cet album, j’entends deux sons en parfait équilibre, qui éveillent deux sensations pourtant très éloignées l’une de l’autre, mais que je retrouve ici dans un parfait mélange. J’y entends d’une part quelque chose qui me soulève et m’entraîne dans un enthousiasme et un dynamisme irrésistibles, et à côté de ça il y a toute une gamme de notes et d’intonations qui éveillent en moi un sentiment de nostalgie sourde, presque de tristesse mais pas tout à fait, un peu comme la Saudade chère à Lavilliers mais anglicisée. Un mélange de larmes et de sourire. Très difficile à décrire et définir mais qui se ressent pourtant avec une émouvante limpidité.

Ouais, pas facile à expliquer. Mais c’est vraiment ainsi que je ressens cet album. Avec force et douceur. Et c’est pour ça que je peux l’écouter en boucle. Pour ça qu’il est dans mon top albums, tous artistes et tous genres confondus. Pour ça que j’aime Viva la Vida or Death and All His Friends et pour ça que j’avais envie d’en parler un peu, tant bien que mal, ici.

298 viva la vida

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